Résistance politique: L’ingérence chronique de Washington avec les frères pétards du colonialisme made in USA: John Foster et Allen Dulles (Paul Craig Roberts)

Une fois de plus c’est l’histoire qui nous libérera. Sans comprendre la véritable histoire, pas celle narrée dans les bouquins écrits et commandités par l’oligarchie, nous n’avons aucune référence pour analyser le présent et anticiper le futur.

Comprendre l’histoire et s’informer, c’est lutter contre le lavage de cerveaux permanent.

— Résistance 71 —

 

Les agendas secrets de Washington

 

Paul Craig Roberts

 

28 Septembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/09/28/washingtons-secret-agendas-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

On pourrait maintenant penser que même les Américains auraient compris le flot constant de fausses alarmes que Washington déclenche afin de tromper les gens et les forcer à soutenir son agenda caché.

Le public a gobé le mensonge au sujet des Talibans en Afghanistan qui seraient des terroristes affiliés à Al Qaïda. Des Américains ont combattu une guerre de 13 ans pour enrichir l’entreprise de Dick Cheney, Halliburton, et bien d’autres intérêts privés, tout cela pour que cela se termine en un autre échec de Washington.

Le public a aussi gobé le mensonge disant que Saddam Hussein en Irak avait des “armes de destruction massive” qui étaient une menace pour l’Amérique et que si les Etats-Unis n’envahissaient pas l’Irak, les Américains se retrouvaient à risques de voir “un champignon atomique au-dessus d’une ville américaine”. Avec la montée de l’EIIL, cette longue guerre est apparemment loin d’être finie. Des milliards et des milliards de dollars de profits supplémentaires vont s’engranger dans les coffres des entreprises du complexe militaro-industriel et de la sécurité américain alors que Washington combat ceux qui redessinent les fausses frontières du Moyen-Orient créées par les Britanniques et les Français après la première guerre mondiale lorsque ceux-ci s’emparèrent des territoires appartenant précédemment à l’empire Ottoman.

Le public américain a gobé les mensonges au sujet de Kadhafi et de la Libye. Ce pays auparavant stable et prospère est maintenant livré à un chaos sans nom.

Le public américain a gobé le mensonge disant que l’Iran a ou est en train de construire des armes nucléaires. Sanctionné et diabolisé par l’occident, l’Iran s’est réorienté vers l’Est, retirant de ce fait un des plus gros producteurs de gaz et de pétrole de l’influence occidentale.

Le public a aussi gobé le mensonge qu’Al-Assad de Syrie avait utilisé des “armes chimiques contre son propre peuple”. Les djihadistes que Washington a formé et envoyé renverser Assad sont devenus, en tout cas selon la propagande de Washington, une menace pour l’Amérique.

La plus grande menace pour le monde est l’insistance de Washington pour maintenir son hégémonie. L’idéologie d’une poignée de néo-conservateurs est la base de cette insistance. Nous devons faire face à la situation où une poignée de psychopathes néo-conservateurs américains ont décidé de déterminer la destinée de nations entières.

Beaucoup continuent de croire les mensonges de Washington, mais de plus en plus le monde voit Washington comme étant la plus grande menace à la paix et à la vie sur terre. L’affirmation que les Etats-Unis sont cette nation “exceptionnelle et indispensable” (NdT: fondée sur la doctrine dite de la “destinée manifeste” que les yankees prennent tout à fait au sérieux…) est utilisée pour justifier du “droit” de Washington à dicter sa volonté aux autres pays.

Les victimes des bombardements de Washington sont invariablement des civils et les morts de ces personnes vont produire plus de recrues pour l’EI. Il y a déjà des appels pour que Washington ramène les “bottes au sol” (NdT: la bidasserie) en Irak, autrement, disent ces voix “la civilisation occidentale est condamnée et nos têtes seront coupées”. La nouvelle propagande fabriquée de la “menace russe” demande toujours plus de dépense de l’OTAN et toujours plus de bases militaires aux frontières de la Russie. “Une force d’action rapide” est en train d’être créée pour répondre au plus vite à une menace non-existante en provenance de la Russie et de sa supposée invasion des états baltes et de la Pologne, puis de l’Europe.

En général, cela prend environ un ou deux ou trois ou quatre ans pour que le public américain comprenne qu’il a été roulé dans la farine par la propagande et ses mensonges, mais au moment où le public réalise l’affaire, il a déjà avalé la prochaine fournée de turpitudes et de mensonges propagandistes et il est “concerné” par la toute nouvelle “menace”. Le public américain semble être incapable de comprendre que comme la première, seconde, troisième, quatrième, cinquième menace étaient des supercheries, la sixième l’est également, tout comme le seront la septième, la huitième et la neuvième.

De plus, aucune de ces attaques militaires américaines n’a eu pour résutat une meilleure situation dans ces pays, comme l’a si honnêtement dit Vladimir Poutine. Et pourtant, le public et ses représentants du Congrès, soutiennent chaque nouvelle aventure militaire malgré l’incroyable historique de mensonges, de tromperie et d’échec documentés.

Peut-être que si on enseignait aux Américains leur véritable histoire à la place de contes de fées totalement idéalistes, ils seraient mois naïfs et moins susceptibles à la propagande du gouvernement. (NdT: Ceci est en fait valable pour tous les pays occidentaux, même s’il convient de reconnaître que l’enseignement de l’histoire de manière générale au pays du goulag levant est à un très haut niveau de pathétisme…). J’ai déjà recommandé le livre de Peter Kuznick et d’Oliver Stone “The Untold History of the United States”, ainsi bien sûr que “Une histoire populaire des Etats-Unis” d’Howard Zinn, maintenant je recommande le livre “The Brothers” de Stephen Kinzer, l’histoire de la longue main mise des frères John Foster et Allen Dulles sur le ministère des affaires étangères américain et la CIA, ainsi que leur diabolisation des gouvernements réformistes qu’ils ont souvent réussi à renverser. L’histoire des frères Dulles par Kinzer et de leurs complots pour renverser six gouvernements donne une vision de l’intérieur sur comment Washington opère aujourd’hui.

En 1953, les frères Dulles renversèrent le leader démocratiquement élu de l’Iran, Mohamed Mossadeq et imposèrent au pays la dynastie du Shah (Palavi), empoisonnant les relations irano-américaines jusqu’à aujourd’hui. Les Américains seront peut-être menés vers une autre guerre inutile contre l’Iran à cause de l’empoisonnement des relations entre les deux pays par les frères Dulles depuis 1953.

Puis les frères Dulles ont renversé le président très populaire du Guatemala Arbenz, parce que sa réforme sur la terre menaçait l’intérêt d’United Fruit Company, cliente du cabinet légal des frères Dulles, Sullivan & Crowwell. Les frères lancèrent alors une incroyable campagne de désinformation dépeignant Arbenz comme un dangereux communiste qui était une menace pour la civilisation occidentale (NdT: le slogan rappelle t’il quelque chose ?..) Les frères engagèrent des dictateurs comme Somoza au Nicaragua et Batista à Cuba contre Arbenz. La CIA organisa des frappes aériennes et une force d’invasion, mais rien ne pouvait arriver tant que le soutien du peuple à Arbenz ne s’évanouissait pas. Les frères Dulles arrangèrent cela par le cardinal Spellman, qui engagea l’archevêque Rossell y Arellano. “Une lettre pastorale fut lue dans les églises guatémaltèques le 9 Avril 1954.”

Chef-d’œuvre de propagande, la lettre pastorale dépeignait Arbenz comme un dangereux communiste qui était en fait l’ennemi du peuple du Guatémala. De fausses émissions de radio produisirent une fausse réalité de victoires de combattants de la liberté et de défections dans l’armée. Arbenz demanda à l’ONU d’envoyer des observateurs, mais Washington s’assura que cela ne se produisit pas. Les journalistes américains, à l’exception de James Reston, soutinrent ces mensonges éhontés ; Washington menaça et corrompit les plus hauts commandants de l’armée guatémaltèque, qui forcèrent Arbenz à démissionner. Le remplaçant choisit par la CIA et très bien payé, le colonel Castillo Armas, fut installé au pouvoir comme successeur d’Arbenz.

Nous avons récemment assisté à une opération très similaire en Ukraine (NdT: Le modus operandi du renversement d’Arbenz en fait a été repris presque point par point pour le renversement de Khadafi…)

Le président Eisenhower remercia la CIA pour avoir éviter “la formation d’une tête de pont communiste sur notre continent” et le ministre des affaires étrangères John Foster Dulles donna un discours sur la radio et la télévision nationales, dans lequel il déclara que les “évènements récents au Guatémala avaient exposé le but diabolique du Kremlin” et ce malgré le fait absolument incontesté que la seule puissance étrangère opérant au Guatémala était… les frères Dulles.

Ce qui s’était déjà passé est qu’un gouvernement démocratique et réformiste fut renversé parce qu’il compensait United Fruit Company pour la nationalisation de ses terres en jachère à une valeur listée par l’entreprise sur sa déclaration de revenus. La plus importante firme légale des Etats-Unis, ou plutôt devrait on dire plus précisément, la fabricante de la politique étrangère des Etats-Unis, la firme Sullivan & Cromwell, n’avait aucune intention de permettre à un gouvernement démocratiquement élu de prévaloir sur les intértêts de ses clients. L’extraordinaire naïveté du public américain, les médias corrompus jusqu’à la moëlle et un Congrès endoctriné et incompétent, ont laissé les frères Dulles réussir à renverser une démocratie.

Gardez présent à l’esprit que cette utilisation du gouvernement des Etats-Unis au service d’intérêts privés s’est passé il y a 60 ans, longtemps avant les régimes corrompus des Clinton, George W. Bush et Obama. Sans aucun doute plus tôt également.

Ensuite les frères Dulles tournèrent leur attention sur Ho Chi Minh, un leader nationaliste, qui avait demandé aux Etats-Unis de l’aider à se débarrasser du colonialisme français au Vietnam, alors partie de l’Indochine française. Mais John Foster Dulles, un anti-communiste pur et dur, catalogua faussement Ho Chi Minh comme menace communiste, qui établissait la stratégie des dominos sur les occidentaux innocents. Le nationalisme et l’anti-colonialisme n’étaient que des paravents pour la subversion communiste, avait déclaré Foster Dulles.

Paul Kattenburg, le chef de cabinet du ministère des affaires étrangères en charge du Vietnam, suggéra qu’au lieu de la guerre, les Etats-Unis devraient donner 500 milions de dollars à Ho Chi Minh en aide à la reconstruction pour rebâtir le pays de la guerre contre la mauvaise gestion française, ce qui libérerait Ho de la dépendence envers l’URSS et la Chine et donc de leur influence. Ho fit appel à Washington plusieurs fois, mais l’inflexibilité démoniaque des frères Dulles empêcha toute réponse sensée, au lieu de cela, l’hystérie des frères Dulles se déchaîna contre la “menace communiste”, ce qui aboutît finalement à une longue guerre coûteuse et au fiasco que l’on connaît et qu’on appelle la guerre du Vietnam. Kattenburg ajouta même plus tard qu’il fut suicidaire pour les Etats-Unis de “se crever les yeux, se couper les oreilles et de castrer sa capacité analytique, de se fermer à la vérité à cause de préjugés aveugles.” Malheureusement pour les Américains et le monde, une capacité analytique castrée est le seul point fort de Washington.

Ensuite les cibles suivantes des frères Dulles furent le président Sukarno d’Indonésie, le premier ministre patrice Lumumba du Congo et Fidel Castro. Le complot contre Castro fut un tel désastre, que cela coûta son boulot à Allen Dulles. Le président Kennedy perdit confiance en la CIA et dit à son frère Bobby qu’après sa réélection, il allait briser la CIA en mille morceaux. Lorsque Kennedy vira Allen Dulles, la CIA comprît alors la menace et frappa la première.

Warren Nutter, le président de mon comité de dissertation de thèse de doctorat et plus tard secrétaire d’état à la défense aux affaires de sécurité internationale, enseigna à ses élèves que pour que le gouvernement américain maintienne la confiance du peuple, ce que requiert la démocratie, la politique du gouvernement doit être les affirmations de nos principes et doit être ouvertement communiquée au peuple. Les agendas cachés, comme ceux des frères Dulles et des régimes Clinton, Bush et Obama, doivent s’appuyer sur le secret, la manipulation et par là même, éveiller le manque de confiance du peuple. Si les Américains sont trop psychologiquement conditionnés pour le remarquer, beaucoup d’étrangers eux, ne le sont pas.

Les agendas secrets du gouvernement des Etats-Unis ont coûté énormément aux Américains et à beaucoup de personnes dans le monde. Essentiellement, les frères Dulles ont créé la guerre froide avec leurs agendas secrets et leur hystérie anti-communiste. Ces agendas secrets ont impliqués les Américains dans des guerres longues, coûteuse et inutiles au Vietnam et au Moyen-Orient. Des agendas secrets de la CIA et de l’armée tentant des changements de régime à Cuba furent bloqués par le président Kennedy, ce qui résulta en son assassinat, qui sans cela, aurait sûrement mis un terme à la guerre froide quelques 20 ans avant que Ronald Reagan ne saisissent cette opportunité.

Les agendas secrets ont prévalu depuis si longtemps que le peuple américain lui-même est maintenant corrompu. Comme le dit le dicton: “Un poisson pourrit toujours par la tête”. La pourriture de Washington s’étend maintenant à la nation entière.

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