Colonialisme et génocide américain: Un tribunal sur les pensionnats indiens se réunit du 22 au 25 octobre 2014…

Après la nouvelle du génocide paraguayéen des Indiens Aché qui passe en justice en Argentine… Voici que passe en revue légale l’ethnocide/génocide des pensionnats indiens au pays du goulag levant… Il est plus que temps que l’occident paie pour ses crimes depuis le XVème siècle et que les peuples occidentaux comprennent enfin que la domination depuis plus de 5 siècle de la soi-disant civilisation occidentale sur le monde est fondée sur des dogmes fondamentalement racistes, ethnocidaires et génocidaires. La vérité nous libèrera, nous et le monde du paradigme politique colonial, fléau de l’humanité.

— Résistance 71 —

 

Tribunal sur les pensionnats pour Indiens Oneida, Wisconsin, Octobre 2014

 

Indigenous Resistance

 

17 Août 2014

 

url de l’article:

http://indigenousresistancejuly2014.blogspot.com/2014/08/tribunal-on-indian-boarding-schools.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Blue Skies Foundation a programmé un tribunal spécialisé sur les expériences des enfants autochtones qui furent forcés d’intégrer des pensionnats pour Indiens dans leur jeune âge. Ce tribunal doit se réunir du 22 au 25 octobre courant au Radisson Hotel and Conference Centre, Oneida, dans l’état du Wisconsin.

Blue Skies Foundation travaille avec le personnel de l’Human Rights Action Centre de l’université du Minnesota à Minneapolis, Jack Healey, Bill Means, co-fondateur de l’International Indian Treaty Council (NdT: et frère de Russell Means), ainsi qu’avec Sheron Leonard, Pele Films et bien d’autres personnes intéressées à documenter la sombre histoire des pensionnats pour Indiens.

Un panel de juges autochtones qualifiés écoutera les témoins qui donneront leurs expériences empiriques sur les abus et mauvais traitements dont ils ont souffert aux mains du gouvernement fédéral et du conseil des églises (qui géraient les pensionnats), alors qu’ils étaient forcés de vivre loin de leurs familles et de leurs nations. Des mots mêmes du fondateur et du superintendant de la tristement célèbre Carlisle Indian School, le général Richard Henry Pratt, il s’agissait de “transférer l’enfant né sauvage dans l’environnement de la civilisation et il grandira avec un langage et des habitudes civilisés.”

En conclusion des auditions du tribunal, les juges donneront un résumé exécutif de leurs trouvailles et conclusions qui sera partagé avec les communautés autochtones.

Ces auditions du tribunal seront diffusées en direct professionnellement depuis la Californie et les contenus des témoignages seront formatés en un DVD qui sera utilisé dans les écoles comme outil pédagogique. Nous essayons de rendre une histoire transparente tant que nous avons toujours à notre disposition quelques témoins capables de raconter leurs propres histoires.

Une des raisons de mettre en place un tribunal sur les pensionnats indiens est d’amener une certaine attention sur le traitement réservé aux enfants de ces pensionnats et de commencer à comprendre et à faire comprendre les effets que ces traitements eurent sur le long terme vis à vis des survivants et de leur vie. On nous explique les châtiments corporels subis par les enfants en punition d’avoir parlé leur propre langue, les abus sexuels, viols et la violence physique et mentale qui eut lieu au nom de “l’éducation” de nos enfants et afin de les dépouiller de leurs “racines sauvages” et de les introduire à la “civilisation”.

Nous pensons avoir la capacité de capturer une documentation de première main de la part de quelques personnes de nos peuples et ceci est vital car nous obtiendrons de vive voix, de leurs propres mots, la dure réalité de l’expérience de ces pensionnats pour Indiens.

Il y a ceux d’entre nous qui ressentent qu’en tant que peuple autochtone, nous sommes tous les victimes de cette ère des pensionnats. Certains de nos parents y sont entrés aussi jeunes qu’à 3 ou 4 ans. Dans leurs années les plus formatrices et laissant le plus d’impression, ils ne reçurent aucuns conseils de manière gentille et avec amour. D’après nos sources, ils furent élevés dans une sorte de code militaire, dans la façon même dont les repas étaient servis, dont ils devaient faire leur lit et de la façon dont ils devaient se déplacer d’un endroit à un autre. Tout ceci est directement issu d’un manuel militaire. Les châtiments corporels pour de petites fautes comme parler leur langue natale laissèrent une marque psychologique indélébile sur beaucoup. Certains des châtiments corporels restèrent avec les intéressés, qui les utilisèrent sur leurs propres enfants une fois adulte et après avoir fondé une famille.

Le tribunal va regarder les pensionnats pour Indiens comme une autre forme de génocide (NdT: ethnocide d’après l’anthropologue Robert Jaulin, qui peut mener au génocide comme c’est le cas en l’occurence…) contre nos peuples. Nous comprenons qu’il s’agit d’une sorte de vol de l’identité en ce qui concerne notre langue, notre culture, et notre façon spirituelle de vivre, qui nous furent retirés. Bien que certaines communautés aient pratiqué des cérémonies de cicatrisation du passé afin d’avancer dans la vie, nous pensons que nous ne pouvons pas aller de l’avant sans au préalable faire face à ce qui nous a handicapé émotionnellement depuis tant d’années. Nous allons tenter de bâtir une passerelle pour qu’en tant que nations, nous puissions établir un plan qui nous ramènera le plus près possible de nos origines. Nous voulons une coopération du gouvernement des Etats-Unis et du conseil des églises pour qu’ils aident à explorer toutes les possibilités d’authentification de notre belle et riche façon de vivre.

Ceci est une invitation à nous rejoindre, à participer soit en témoignant ou en écoutant et assistant financièrement pour rendre possible la documentation finale de l’histoire et de la vérité. Cette entreprise se doit d’être l’objet d’un effort communautaire total afin de pouvoir obtenir un impact qui aura force de processus de cicatrisation du mal fait. Nous savons qu’afin de pouvoir continuer à aller de l’avant de manière saine, nous devons confronter les problèmes qui nous ont blessé et nous blessent encore. Nous ne pouvons plus continuer à nous mettre la tête dans le sable et prétendre que tout va bien dans nos communautés. Le très haut taux de suicide, l’alcoolisme galopant, les abus de drogues et de substances toxiques et maintenant les problèmes de gangs de jeunes ne peuvent plus être ignorés plus longtemps. Nous devons faire face aux racines de tous les maux auxquels nous avons à faire. Nous devons faire face à temps de problèmes et de défis en tant que peuples autochtones.

Nous devons commencer à rendre responsable les “gérants” à qui fut donnée la force coercitive à utiliser contre nos enfants. Nos parents entrèrent dans ces pensionnats comme de très jeunes enfants innocents et ils furent forcés d’avoir honte d’eux-mêmes à cause de la couleur de leur peau et de la langue qu’ils parlaient, choses avec lesquelles ils étaient simplement nés avec.

Ils ont essayé d’échapper à la réalité parce qu’ils ont pensé qu’ils étaient dans une situation sans espoir et sans aucune chance de sortie. Certains se sont tournés vers l’alcoolisme, d’autres se sont suicidés et d’autres encore ont abandonné et se sont livrés à cette nouvelle forme de vie où rien n’est sacré (assimilation). Nous voulons essayer d’honorer nos ancêtres en reconnaissant les sacrifices qu’ils ont fait, nous voulons honorer tous les bébés et jeunes enfants qui dorment dans des tombes marqués du mot “inconnu” et des parents qui se demandèrent des années durant quand leurs enfants reviendraient-ils à la maison. Nous devons narrer notre propre histoire avec nos pieds fièrement ancrés dans le sol.

Je vais vous laisser sur un rappel de ce à quoi nos parents et nos grands-parents ont dû faire face et vous demande de nous rejoindre sur notre chemin vers la cicatrisation.

Je ne crois pas que les Indiens, des gens qui pour la vaste majorité ne parlent pas anglais, vivent dans l’insalubrité et la dégradation, qui font peu de progrès année après année, qui sont une source perpétuelle de dépenses pour notre gouvernement et une menace constante pour des milliers de voisinage blancs de ce pays, sont un frein à la civilisation et un blocage pour notre progrès, aient quelque droit que ce soit de retenir par la force leurs enfants hors de l’école afin qu’ils grandissent et deviennent comme eux-mêmes, une race de barbares et de demi-sauvages.” – T.J Morgan, commissaire aux affaires indiennes de 1889 à 1893.

La Fondation Blue Skies, Inc. a un statut fédéral 501C3 reconnu d’association à but non lucratif, organisée exclusivement pour des buts charitables, éducationnels et spirituels (ID#45-2364127). Spécifiquement, Blue Skies cherche à représenter, améliorer et préserver le peuple amérindien, sa culture et sa spiritualité.

Blue Skies Foundation, Inc.

N5679 Skylark Drive

De Pere, Wisconsin 54115

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