Réthorique et propagande occidentale: « Agression russe » en Ukraine orientale… Vraiment ?…

Le mythe de l’agression russe

 

Tony Cartalucci

 

3 Août 2014

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2014/08/the-myth-of-russian-aggression.html#more

 

~ Traduit de l(anglais par Résistance 71 ~

 

Le terme d’ “agression russe” a inondé les manchettes des médias occidentaux et a même bénéficié du titre d’un décret du sénat américain le S.2277 de cette année: S.2277 – Russian Aggression Prevention Act of 2014. Mais à quelle “agression” l’occident se refère t’il ? Un regard sur l’histoire russe de ces 500 dernières années en comparaison de celle disons de la Grande-Bretagne, de la France et même de l’Amérique avec son dogme de la “destinée manifeste”, fait le portrait de la Russie comme étant une nation plus préoccupée de ce qui se passe à l’intérieur de ses frontières ou à ses frontières, plutôt qu`â une expansion hégémonique mondiale. L’idée même d’anciennes colonies lointaines est une idée britannique, française, hollandaise, espagnole et portugaise. Même l’intervention militaire, géopolotique ou économique actuelles dans ces anciennes colonies n’est le fait que des Etats-Unis et des pays d’Europe.

Les Etats-Unis seuls ont des centaines de bases militaires dans le monde, ont occupé l’Allemagne de manière permanente ainsi que le Japon depuis plus d’un demi-siècle, l’Afghanistan depuis plus de 10 ans et ont envahi et occupé l’Irak depuis presque aussi longtemps.

“L’agression russes “ est un truc de marketing

Dans un édito d’opinion posté dans le journal Globe and Mail intitulé: « Our duty is to stand firm in the face of Russian aggression, », le premier ministre canadien Stephen Harper déclare de manière erronnée

“Le monde est attristé et à juste titre outragé par les images des restes calcinés du vol de la Malaysia Airline MH17 et par les près de 300 victimes de 11 pays éparpillés dans les champs de l’Ukraine orientale. Alors que le pénible travail d’identifier les restes des dépouilles des victimes et de poursuivre les perpétrateurs de cet acte criminel sans nom ne font que commencer, le monde peut-être certain d’une chose: Il n’y aura aucun affaiblissement dans notre résolution de punir le régime de Poutine d’avoir menacer la paix et la sécurité de l’Europe centrale et de l’Est.”

La pathétique tentative de Harper de lier la Russie au désastre du vol MH17 révèle la vérité derrière la formule de “l’agression russe”, une campagne de marketing ourdie par l’occident pour minimiser l’obstruction à sa très réelle agression globale. Le fait que Harper soit à la tête de la nation du Canada, qui n’est en aucune manière menacée par l’ “agression russe” réelle ou imaginaire, expose plus avant la nature frauduleuse du narratif mis en place par l’occident.

L’agresseur jouant les victimes, de Hitler à l’OTAN

De la Libye au Mali, de la Syrie à l’Ukraine et au delà, l’occident s’est engagé dans des ingérences géopolitques directes et indirectes et des manipulations sous des formes différentes et variées incluant les opérations militaires secrètes, les opérations de renseignement et de terrorisme par procuration et même des interventions militaires directes. Alors que l’occident arrive aux limites et aux frontières de nations capables de se défendre et qu’une défense existe, les experts et les politiciens ont commencé à cadrer cela en terme “d’agression”. L’obstruction de l’expansion occidentale à travers l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du sud est vue et cadrée comme étant une “agression”, tout comme le fit Adolf Hitler en regard des nations qui rechignaient à l’expansion du nazisme dans les années 1930.

Au bout du compte, des cas légitimes “d’agression” et “d’expansionisme” pourraient facilement être énumérés. Par exemple une carte de l’Europe de ces dernières décennies montrant l’expansion du territoire russe pourrait être un indicateur fiable. Mais le problème est qu’une telle carte montrerait juste l’opposé et montrerait l’évidence de l’OTAN s’incrustant sur les frontières avec la Russie derrière le prétexte d’une “Europe une et libre”.

Pour les “experts” et politiciens qui affirmeraient que l’expansion de l’OTAN s’est faite en dehors de toute agression, mais plutôt au travers de la participation volontaire et aux aspirations des peuples au sein des nouveaux membres de l’OTAN, ce que les Etats-Unis eux-même admettent être faux. Les soi-disantes “révolutions colorées” de la Serbie à la Georgie en passant par l’Ukraine ont été créées, financées et exécutées par les Etats-Unis et autre membres de l’OTAN afin de renverser des ordres politiques et des fronts d’opposition à l’OTAN et d’installer un ordre politique qui l’embrasse, rien de moins que ce qu’ont fait tous les autres empires au travers de l’histoire humaine par leurs sytèmes de vice-roi et autres formes d’admnistration impérialiste (colonialiste) par procuration.

En fait, le journal du Guardian admettait dans un article datant de 2004, “US campaign behind the turmoil in Kiev,” que : “Tandis que les gains de la révolution orange sont ukrainiens, la campagne elle-même est une création américaine, un exercice brillant et sophistiqué de marketing de masse, qui dans 4 pays en quatre ans, a été utilisée pour sauver des élections truquées et renverser des régimes non désirés. Financée et organisée par le gouvernement américain, deployant des consultants américains, des statisticiens, des diplomates, les deux gros partis politiques américains (républicain et démocrate) et des ONG américaines (NdT: La 5ème colonne de l’empire…), la campagne fut d’abord utilisée en Europe à Belgrade en 2000 afin de faire battre Slobodan Milosevic aux élections.

Richard Miles, l’ambassadeur américain à Belgrade joua un rôle clef. L’an dernier, comme ambassadeur US à Tbilissi (Georgie), il répéta le truc, conseillant Mikhaïl Saakachvili sur le comment sortir Edouard Chévardnadzé. Dix mois après le succès de Belgrade, l’ambassadeur américain à Minsk (Biélorussie). Michael Kozak, un vétéran d’opérations similaires en Amérique Centrale, notoirement au Nicaragua, organisa une campagne qusiment identique pour essayer de sortir l’homme fort du régime biélorusse, Alexandre Loukatchenko.

Cette révolution échoua. “Il n’y aura pas de Kostunica en Biélorussie”, avait déclaré le président biélorusse se référant à Belgrade. Mais l’expérience gagnée au gré des opérations en Serbie, Georgie et Biélorussie fut incommensurable pour comploter afin de battre le régime de Léomid Kouchma à Kiev.

L’opération, celle qui consiste à fabriquer la démocratie avec des élections et de la désobéissance civile, est maintenant si bien huilée, que la méthode est maintenant devenue un moule pour gagner les élections d’autres gens.

En d’autres termes, de la Biélorussue à la Georgie en passant par la Serbie et l’Ukraine, les Etats-Unis ont insidieusement renversé des gouvernements pas seulement au gré d’agression militaire, mais aussi avec des opérations secrètes visant à manipuler des élections et à renverser des régimes politiques que refusent d’accepter les résultats tronqués et bidonnés planifiés. Certainement donc des régimes résultant de telles pratiques ne rejoignent pas “volontairement” l’OTAN et celle-ci est sûrement en train de s’étendre au moyen d’une campagne de subversion violente et sans loi de nations étrangères, l’une après l’autre, l’Ukraine redevenant de nos jours une cible de choix.

Les nazis à notre porte (une fois de plus)

Les parallèles entre l’OTAN et l’Allemagne nazie sont bien plus qu’anecdotiques. En Ukraine le régime actuel, résultant du coup et soutenu par l’OTAN et l’Union Européenne est littéralement nazi. Du “Parti de la Patrie” au Parti Svoboda ouvertement nazi et leurs ailes politiques variées incluant le maintenant tristement célèbre front du Secteur Droit, le fascisme d’ultra-droite est une fois de plus en train de mener l’expansionnisme en territoire russe et non pas provenant de lui.

Les tentatives actuelles de l’occident de faire le portrait de la préoccupation de la Russie sur l’Ukraine et de la menace nazie qui trépigne sur son pas de porte comme étant celui du leader soviétique Joseph Staline et de son but pour l’invasion de la Pologne pour remuer les peurs et l’hystérie anti-communiste et anti-soviétique programmées de longue date dans les psychées des audiences occidentales, donne incidemment un parallèle historique valide. Alors que l’invasion de la Pologne fut une atteinte à la souveraineté nationale polonaise et un acte de guerre, ce fut fait pour créer une barrière entre l’URSS et la montée de l’Allemagne nazie sous la houlette de Hitler. Une telle barrière fut un des facteurs qui permît alors aux soviétiques de se mobiliser et de monter une contre-offensive à l’opération Barbarossa hitlérienne d’invasion de l’URSS. Ceci finit par faire tourner la table contre Hitler et mena à la chute du nazisme en Europe.

Au-delà de la cause et de l’effet, il y a plusieurs autres similarités entre l’invasion de la Pologne par Staline et le soutien politique d’aujourd’hui de la Fédération de Russie envers les Ukrainiens de l’Est, qui ont maintenant combattu le régime de Kiev depuis des mois avec succès. Au-delà des fabrications de “preuves” par l’occident contre des nations comme l’Irak, la Libye, la Syrie comme un prétexte de guerre, Washington a fourni très très peu de preuves de quoi que ce soit qu’il annonce et accuse. Pas de preuves n’ont été fournies pour montrer que la Russie “envahit” l’Ukraine orientale. La Russie a au contraire, choisi la voix de la retenue malgré l’emploi par l’occident de plusieurs pièges pour la forcer à intervenir en ukraine, ce faisant, la Russie a gagné un consensus global conséquent, érodé par les tentaitves de l’occident de déguiser sa propre agression sur le monde et son expansionnisme comme étant une “promotion de la démocratie” et des “interventions humanitaires”.

2 Réponses vers “Réthorique et propagande occidentale: « Agression russe » en Ukraine orientale… Vraiment ?…”

  1. Doctorix Says:

    Excellente traduction du dernier article de PC Roberts par « les crises »
    http://www.les-crises.fr/pcr-russie-faible/
    J’en profite pour vous montrer comment « les crises » font participer le lectorat à la traduction rapide des articles trouvés en anglais (ou autres langues).
    Plusieurs traducteurs peuvent se coller ensemble sur un texte, chacun un paragraphe, avec communication des traducteurs en instantané, qui se donnent des conseils: c’est tout à fait bluffant.
    Un exemple ici (c’est évidement terminé, mais juste pour comprendre le principe):
    https://les-crises.framapad.org/44?
    En moins d’une heure c’était bouclé, sans faute, grâce à plusieurs lecteurs.
    On aimerait bien participer ici aussi!

    • Doctorix Says:

      Je crois que j’ai chopé un sale virus. Je vois du génésis partout et mon « participer » ci dessus déclenche un cookie.
      Help!

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