Le modèle colonialiste sioniste: Les Etats-Unis et le Canada

Ce qui est expliqué ci-dessous par Steven Newcomb peut également servir d’explication de ce qu’il se passe en Palestine depuis 1948 parce que cela relève des mêmes concepts appliqués à une situation simplement n’impliquant plus les chrétiens et leur doctrine coloniale, mais celle de la doctrine coloniale dérivée sioniste. Des sionistes qui sont du reste venus en Amérique étudier les méthodes de contrôle des populations autochtones des régimes coloniaux en place (Etats-Unis et Canada).

Nous ne le dirons jamais assez, le colonialisme, en tant que stigmate du capitalisme privé ou d’état, est le fléau le plus abject de notre soi-disante “civilisation”. Il est plus que temps de nous en débarrasser.

~ Résistance 71 ~

 

La demande de droit de réduction et les Nations-Unies

 

Steven Newcomb

 

12 Juillet 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/07/12/claimed-right-reduction-and-united-nations

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Considérez un moment l’existence de toute nation originelle de ce continent (des Amériques), qui a eu une relation intime avec son territoire depuis des temps immémoriaux. Assumons que le peuple de cette nation a vécu pendant des milliers d’années en relation culturelle, spirituelle, économique harmonieuse avec les terres et les eaux de son territoire. Ce peuple a de manière indubitable, des mots dans son propre langage pour exprimer son amour et son appréciation pour ces terres et ces eaux qui lui ont permis de faire mieux que survivre, ainsi que pour les sols vivants de la Terre-Mère, qui ont été enrichis des os de ses ancêtres.

Maintenant, passez à une tout autre image mentale. C’est l’image d’un envahisseur qui arrive de terres bien lointaines, possédant dans sa mentalité une autorité présumée pour caractériser, pour définir en termes limitatifs, le type de relation qu’il pense que la nation déjà en place depuis tant de temps a avec ses terres, ses eaux et ses sols.

Dans le contexte de l’invasion, le peuple d’une nation originelle doit faire quelques choix. Il peut choisir d’utiliser ses propres mots dans sa propre langue pour caractériser ses relations avec les terres et eaux de son territoire, de sa perspective. Ou il peut choisir d’adopter les idées concoctées par l’envahisseur dans le langage de l’envahisseur pour caractériser la relation que l’envahisseur affirme qu’il a avec ses terres et ses eaux. Ou encore, le peuple de la nation originelle peut tenter d’utiliser simultanément, de manière contradictoire, ses propres termes et ceux de l’envahisseur.

En 1823, dans le rendu de la cour suprême des Etats-Unis dans l’affaire Johnson contre McIntosh, la cour a présumé le droit de caractériser, en termes limitatifs, le type de relation que le gouvernement des Etats-Unis pensait que les nations originelles d’Amérique du Nord devaient avoir en rapport avec les territoires de ces dites nations. La cour a défini la relation comme étant un “droit de possession”, ce qu’elle choisît alors de qualifier métaphoriquement de “droit d’occupation”.

D’après la cour, le premier “peuple chrétien” à localiser les terres des païens et des infidèles était caractérisé comme ayant assumé la “domination ultime” (domination souveraine) sur ces terres, ce basé sur le “droit” de “découverte”. C’était un droit que la cour suprême déclara “confiné aux pays alors inconnus au peuple chrétien”. En d’autres termes, les chrétiens affirmèrent un “droit de découverte” seulement sur des terres habitées par des nations non-chrétiennes.

L’action de la cour suprême d’imposer une définition limitatrice de “l’occupation” pour les nations originelles du continent était fondée sur la cour poursuivant alors un droit de réduction présumé ou auto-proclamé. La cour présuma un droit de “réduire” métaphoriquement le statut libre et indépendant de nos nations en redéfinissant notre indépendance comme ayant été “diminuée”, c’est à dire terminée par l’acte de “découverte”. Un exemple de ce présumé Droit de Réduction est trouvé dans le concept latin de dominorum christianorum ou “domination chrétienne”, de la bulle papale du 3 Mai 1493 (NdT: Inter Caetera du pape Alexandre VI).

L’imposition dominatrice de telles définitions par la cour suprême sur nos nations fut basée sur un droit présumé du “peuple chrétien” d’exercer le pouvoir de deprimantur, le terme latin invoqué par le pape Alexandre VI lorsqu’il appela que nos nations originelles soient réduites ou subjuguées. Que nos ancêtres ne fussent pas chrétiens et que les territoires ne fussent pas déjà en possession d’aucun prince chrétien, furent deux justifications utilisées par le pape pour autoriser les monarques chrétiens d’exercer un droit de réduction et de domination contre nos nations et peuples à perpétuité.

A ma connaissance, un argument n’a jamais été soutenu par le leadership indien et cet argument est celui-ci: Le gouvernement des Etats-Unis n’a pas aujourd’hui et n’a jamais eu, un quelconque droit légitime d’imposer des concepts limitatifs métaphoriques comme celui “d’occupation” (des terres) et de “nation dépendante domestiquement” sur nos nations originelles et nos peuples.

En ne défiant pas explicitement la subjection, domination de nos nations à de tels concepts que ceux “d’occupation” et de “nation dépendante domestiquement”, le leadership indien a tacitement accepté le Droit de Réduction présumé des Etats-Unis et agit comme si les nations originelles de ce continent sont désireuses d’accepter le système de domination qui leur a été imposé.

Le Juge Suprême de la cour Justice Marshall, qui écrivit le rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh, a caractérisé nos ancêtres comme “un peuple dont les droits lui ont été arrachés”. Sur un plan physique, le terme “arracher” (NDT: “wrest” en anglais) est défini comme “des mouvements violents de torsion” ; mais il y a un autre sens qui s’appliquerait ici: “divertir vers une utilisation non naturelle ou impropre”, peut également être interprêté comme “déformer”, voulant dire “changer de sa condition normale, de sa signification ou de son interprétation”.

Déformer mène aussi à “sortir de la véritable signification”. Ceci combiné avec l’admission tardive de Marshall au sujet du rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh que la décision de la cour suprême a employé “une prétention extravagante pour convertir la découverte d’un pays habité en une conquête”, une chose devient très claire: La cour suprême a fabriqué une litanie de mensonges et de déformations à l’interprétation qui ont été utilisés depuis 1823 dans un effort de réduire et de diminuer nos nations et nos peuples toujours plus avant.

Le désaccord du juge Thomas (rejoint en cela par Alito, Ginsberg et Scalia) dans l’affaire Michigan contre la Communauté Indienne de Bay Mills, a utilisé la phrase “la subjection des “tribus indiennes” à l’autorité et à la protection des Etats-Unis”, pour nommer le système de domination utilisé contre nos nations et nos peuples. Cette opinion en désaccord avec ce qui précède dit en termes non équivoques que les quatre objecteurs chercheront qu’un de leurs collègues les rejoingne pour qu’ils puissent utiliser le système de “subjection” pour diminuer plus fortement la force de nos nations en invalidant “l’immunité souveraine tribale”.

Maintenant que nous avons été capables d’identifier ce système de domination, la question se pose: Quand le leadership indien va t’il commencer à défier directement les mensonges et les déformations que constitue la loi fédérale américaine sur les Indiens (U.S Federal Indian Law) et son système politique ?

La dernière chose au monde que le leadership indien se doit de faire est d’être en faveur pour que l’ONU reconnaisse formellement le sytème américain de domination, de réduction et de déformation d’interprétation appelé “US Federal Indian Law and Policy”, en étant en faveur du fait que l’ONU reconnaisse nos nations et peuples originels comme des “tribus reconnus fédéralement par les Etats-Unis”. Et pourtant, c’est exactement ce qu’il se passe au niveau de l’ONU en ce qui concerne le “document résultant” qui est préparé pour la réunion pléniaire de haut niveau à l’assemblée générale de l’ONU en Septembre prochain.

Bizarrement, l’effort d’intégrer le système de loi fédérale et de politique indienne américain au sein de l’ONU et de la sorte le “normaliser” internationalement, se fait au nom d’une “réforme” en implémentant” de manière supposée la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (UNDRIP).

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Une Réponse to “Le modèle colonialiste sioniste: Les Etats-Unis et le Canada”

  1. Doctorix Says:

    Le parallèle avec la Palestine est flagrant: en 1914, ce pays comptait 570.000 arabes, 60.000 juifs et 57.000 chrétiens.
    Il s’agit bien d’une main-mise tout ce qu’il y a d’arbitraire sur un territoire étranger, dans les deux cas.
    La Palestine n’était certainement pas « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ».
    Jean-Pierre Petit a très bien traité ce problème dans un très long article de 2009:
    http://www.jp-petit.org/Israel_Palestine/pays_soufrance_et_haine.htm
    Si vous avez le courage de lire ces 36 pages, c’est assez clair. Vous apprendrez notamment que les sionistes qui se plaignent (à juste titre) des attentats arabes ne font que recueillir les fruits des graines qu’ils ont semées avec cette liste de la soixantaine d’attentats de l’organisation terroriste juive Irgoun entre 1936 et 1939 sur le territoire palestinien (un peu après le milieu de l’article). Il semble bien que cette organisation ait inventé le terrorisme…

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