Résistance au colonialisme: L’escroquerie de l’entreprise Canada et du fond fiduciaire indien détourné…

La voie indienne

 

Mohawk Nation News

 

23 juillet 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/07/23/indian-way/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Au début des années 1970, les Mohawks de Kanahwake construisaient une école traditionnelle à l’arrière de notre communauté. Le projet fut à court d’argent. La longue maison (NdT: le conseil traditionnel) décida d’envoyer quelques personnes au bureau des affaires indiennes à Ottawa pour collecter quelque argent de notre fond fiduciaire indien.

Les Mohawks arrivèrent au bureau des affaires indiennes et dirent: “Notre peuple nous a envoyé pour récupérer nos fonds (fiduciaires)”. On leur refusa. Nos représentants dirent qu’ils reviendraient une semaine plus tard pour collecter.

La semaine d’après, les Mohawks arrivèrent avec du renfort. Les affaires indiennes les attendaient. Un employé leur dit que la police était en route pour les virer. Nos représentants se préparèrent pour la rencontre. Des tables et des chaises furent retournées et des meubles furent entassés. La police arriva, regarda et s’en alla.

Le ministre des affaires indiennes de l’époque, Jean Chrétien, envoya ses aides de camp indiens dire à nos représentants: “Ceci n’est pas la façon dont on procède”. Il lui fut dit: “Notre peuple nous envoie. Nous resterons tant que nous n’aurons pas l’argent de notre peuple !” Les aides les persuadèrent de quitter la salle de réunion et d’aller à l’hôtel Skyline. Quelques jours plus tard, un chèque fut présenté qui couvrait la quasi totalité des dépenses pour la nouvelle école.

Nous savions que chaque centime des revenus qui allèrent dans ce fond fiduciaire venait et vient toujours des dividendes de l’extraction de nos ressources volées. Ils étaient supposés placer la moitié de tout (de par les accords du traité Wampum Deux Rangées) ce qui avait jamais été fait sur notre terre avec nos ressources sur un compte pour nous les autochtones. La couronne (les actionnaires de l’entreprise Canada) prirent 100% et le mirent sur un fond de revenus consolidés sans que nous le sachions et bien sûr sans notre consentement. Avec l’avènement de la loi illégale sur les Indiens (Indian Act du Canada), ils se déclarèrent les “trustees”, fiduciaires de tous nos fonds, territoires et ressources. Le Canada, comme toute entreprise commerciale, est construite pour donner le maximum de bénéfices à ses actionnaires (la “couronne”, c’est à dire la City de Londres et sa banque d’Angleterre sous l’égide du Vatican). L’entreprise corporation Canada est construite sur notre fond fiduciaire indien. Tout l’argent en extra est déclaré bénéfices et distribués aux actionnaires comme dividendes.

5 Réponses to “Résistance au colonialisme: L’escroquerie de l’entreprise Canada et du fond fiduciaire indien détourné…”

  1. En devenir Says:

    Bonjour,

    Je suis tombé avant hier sur un groupe lors d’un festival suisse nommé: A Tribe Called Red. Il soutiennent les « Natives » et font une musique qui change du commun. Vraiment intéressant!

    • oui oui nous connaissons, ce sont des DJ indiens d’Ottawa… Approche musicale très intéressante, représentative du mouvement natif urbain… Nous recommandons, pas mal de leur musique est dispo gratuitement en ligne.

    • Pour ceux intéressés, le site d’A Tribe Called Red…
      Musique à télécharger:
      http://atribecalledred.com/

    • En devenir Says:

      J’ai commencé à lire le livre de Daniel Guérin (1/3 environ) et j’ai bon nombre de questions, mais ma principale est la suivante: qu’en est-il de la liberté? Comment est-elle abordée? N’est-ce pas la une des limites de l’anarchisme? Que se passe-t-il pour l’individu qui violerait une femme un soir? Je crois avoir lu de Stirner: »Si c’est juste pour moi, c’est juste. Il est possible que ce ne soit pas juste pour les autres: c’est leur affaire et non la mienne: qu’ils se défendent. » Il me vient donc une énième question: le concept de morale, de bien et de mal existe-t-il? Je serais très intéressé d’avoir votre avis sur cette question!

      • Excellent d’avoir commencé la lecture.
        Stirner est un anarchiste individualiste et n’est pas représentatif du mouvement anarchiste en général. Il a néanmoins posé la question de la liberté individuelle.
        La liberté n’est pas la limite de l’anarchisme elle en est le moteur et la raison d’être. Pour être libre collectivement, il faut être libre individuellement. Bakounine disait en substance qu’il ne pouvait pas être libre sans que les autres le soient.
        Dans ton exemple précis du violeur, nous avons affaire ici à un cas pathologique d’une personne ayant un sérieux problème psychologique, le violeur ne relève pas d’un univers carcéral obsolète mais de la médecine.
        Pour fonctionner, une société doit se fonder sur la loi naturelle qui implique le respect de soi et des autres, l’égalité, la non-propriété, la coopération, et l’évidence de ne pas tuer. Le système restrictif et coercitif des lois est l’œuvre d’une oligarchie ayant érigé en dogme fataliste le « bienfondé » d’une structure sociétaire pyramidale, qui est anti-naturelle et ne peut-être à terme que répressive et coercitive puisque qu’un système établit doit maintenir la domination de l’infime minorité sur la vaste majorité. C’est ainsi que toujours plus de lois et réglementations sont créées pour subjuguer et asservir la masse des peuples.
        Le bien en société naturellement « anarchiste » est ce qui est bon pour l’intérêt général sans nuire à autrui. Le mal est le reste. La gestion du mal s’opère depuis une structure étatique rigide, oppressive, coercitive qui a le monopole de la violence pour forcer l’individu et les groupes d’individus à suivre une « loi du plus fort » induite artificiellement par la perpétuation de la division politique et des conflits d’intérêts. Supprimer la cause de la discorde à la source rétablit l’équilibre perdu de la société. C’est toute la finalité de l’idée anarchiste.
        L’individu est souverain, mais seul il ne peut rien, car l’Homme est grégaire par nécessité, sa fonction naturelle est de vivre en société qui n’est en aucun cas l’État comme la propagande oligarchique le martèle depuis plus de 2000 ans.
        La peur viscérale des oligarques est de se retrouver face a des millions de gens rejetant d’un bloc les institutions politico-économiques en vigueur et maintenues par la force, pour développer un modèle de société plate, où le pouvoir serait une nouvelle fois dilué dans le peuple pour ne plus en sortir, un peu à l’image des sociétés ancestrales amérindiennes qui existent toujours aujourd’hui, où la notion de propriété, d’échange monétaire, de division politique et sociale en castes de dominants et de dominés de riches et de pauvres, serait bannie et où chaque décision (certaine facile à prendre d’autre demandant plus de discussion pour un consensus), serait prise par le peuple souverain avec pour motivation ultime dans la prise de décision, l’intérêt général bien compris non seulement au moment de prendre la décision mais aussi sur les répercussions que cette décision aura sur les 7 générations à venir (ou 6 ou 8, peu importe pourvu que ce soit suffisamment loin dans le temps…). En clair les garde-fous de la société sont les conséquences naturelles que toute décision prise pourra avoir sur nous, la terre, l’environnement dans un futur lointain…
        Si les décisions politiques prises ces 50 dernières années l’avaient été en fonction de ces critères, le monde serait-il ce qu’il est aujourd’hui ? Serions-nous en train de discuter sur une plateforme électronique des moyens pour sortir de la spirale mortifère dans laquelle l’humanité a été lancée par somme toute une infime portion d’entre nous que nous avons laissé dominer et grandir hors de toute raison à un certain moment de notre histoire…
        Un texte célèbre ici de Pierre Kropotkine « La Morale Anarchiste » qui en dit bien plus long sur le sujet… Finis Guérin d’abord en gardant à l’esprit que ce livre est plus fondé sur une historiographie de la pratique politique de l’anarchisme, que sur une base spirituelle.

        Voici ce que dit Kropotkine à un moment donné dans sa morale anarchiste:
        « La fourmi, l’oiseau, la marmotte et le Tchouktche sauvage n’ont lu ni Kant ni les saints Pères, ni même Moïse. Et cependant, tous ont la même idée du bien et du mal. Et si vous réfléchissez un moment sur ce qu’il y a au fond de cette idée, vous verrez sur-le-champ que ce qui est réputé bon chez les fourmis, les marmottes et les moralistes chrétiens ou athées, c’est ce qui est utile pour la préservation de la race — et ce qui est réputé mauvais, c’est ce qui lui est nuisible. Non pas pour l’individu, comme disaient Bentham et Mill, mais bel et bien pour la race entière.

        L’idée du bien et du mal n’a ainsi rien à voir avec la religion ou la conscience mystérieuse : c’est un besoin naturel des races animales. Et quand les fondateurs des religions, les philosophes et les moralistes nous parlent d’entités divines ou métaphysiques, ils ne font que ressasser ce que chaque fourmi, chaque moineau pratiquent dans leurs petites sociétés :

        Est-ce utile à la société ? Alors c’est bon. — Est-ce nuisible ? Alors c’est mauvais. »

        Avons-nous tant bien que mal répondu à ta question ? n’hésite pas si tu en a d’autres au fur et à mesure des lectures. Attention: On a pas réponse à tout ! 😉

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