Le fondement du colonialisme occidental d’hier et d’aujourd’hui: L’arrogance raciste eurocentrique…

“Le gouverment défend les intérêts de la classe aisée. Il a augmenté les prix pour aider les industriels, donné des subsides aux intérêts des transports et plus de 10 millions d’acres de terre gratuits aux chemins de fer. Il a utilisé les forces armées contre les Indiens pour les expulser de leurs terres ancestrales, pour mâter la rebellion sociale, pour envahir des pays dans les Caraïbes pour le seul bénéfice des planteurs américains, des banquiers et des investisseurs. C’était et c’est toujours le gros gouvernement centralisé à l’œuvre… Comme l’a si bien dit l’oratrice populiste Mary Ellen Lease en 1890: Un gouvernement de, par et pour Wall Street.”

~ Howard Zinn, 2001 ~

 

Le juge Scalia de la cour suprême et la nature raciste de la loi fédérale indienne

 

Steven Newcomb

 

6 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/06/06/justice-scalia-and-racist-nature-federal-indian-law

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a quelques années, le juge de la cour suprême des Etats-Unis Antonin Scalia se trouvait à une réunion publique où se trouvait également Tom Cole, député républicain de l’Oklahoma. Apprenant que Cole était de la première nation des Chickasaw, Scalia lui dit alors: “N’oubliez-pas que vous appartenez à une race conquise.

L’utilisation par le juge Scalia du mot “race” place son commentaire dans un cadre évident de référence raciale. L’idée que les Amérindiens ont été “conquis” évoque le thème de l’infériorité (ceux voués à “être conquis”) et de la supériorité (le groupe racial qui dit avoir conquis “la race” traitée comme “inférieure”). En d’autres termes, le commentaire du juge Scalia était basé sur l’idée d’une domination raciale: “Nous sommes la race victorieuse et vous êtes inférieurs, la race ‘conquise’ “. Pour faire bref, le commentaire du juge Scalia était une expression raciste flagrante et serait en fait correctement ré-exprimée de cette manière: “N’oubliez pas que vous appartenez à une race dominée”.

Le département d’études ethniques de l’université de l’Oregon caractérise et étudie le racisme en tant que système de domination. Le racisme est structuré en termes de schéma du haut vers le bas et de supérieur et inférieur en ce qui concerne la domination et la subordination. Un exemple typique de racisme est d’automatiquement juger les gens ayant une couleur de peau sombre, avec des caractéristiques faciales “non-blanches” comme étant inférieurs aux “blancs”, aux gens avec une couleur de peau plus claire et des caractéristiques faciales européennes.

Pour un raciste, peau sombre et caractéristiques raciales non blanches sont des preuves de l’infériorité des gens plus “noirs”. Un jugement raciste d’infériorité peut également être fondé sur une autre caractérisation, comme par exemple une identification “de groupe”. Le simple fait d’être d’une “société non-blanche” et donc “plus basse” que la “norme” supposée supérieure des sociétés “blanches”, est suffisant pour être catalogué par un raciste comme “inférieur”.

Donald Sterling, le propriétaire de l’équipe de Basket-Ball de la NBA des Los Angeles Clippers a été impliqué dans une tempête de controverses au sujet de ce qui a été caractérisé comme des “commentaires racistes” faits à sa copine au sujet des noirs et des métis. Ses commentaires furent fuités anonymement dans les médias par le diffuseur de ragots TMZ et ceci eut pour résultat la condamnation du racisme dans les médias. L’attitude universelle semble être: “Comment Sterling ose t’il parler de la sorte au sujet des afro-américains pros qui jouent en NBA ?”

Les conséquences furent très rapides: Sterling va sûrement devoir vendre sa franchise des Clippers (dont il fera un gros profit sans aucun doute). Il a été banni à vie de la NBA et a eu une amende de 2,5 millions de dollars. Cela va lui faire mal et prendre une grosse portion de sa fortune estimée à 900 millions de dollars. Après l’amende, il lui restera 897 500 000 $ pour essayer de joindre les deux bouts. Ce genre de punition va sans nul doute lui donner une bonne leçon…

Un expert blanc de CNN a dit qu’il croyait que le scandale était fini et que la répudiation universelle des commentaires de Sterling ont lancé un signal clair que le racisme n’avait plus court aux Etats-Unis. Il est vrai que les africains-américains n’en sont plus au temps des toilettes publics et des fontaines séparés, des sièges dans les fonds des bus durant les jours des lois Jim Crow. Mais quoi qu’il en soit, pour les secteurs les plus pauvres de la société noire-américaine, les problèmes quotidiens issus du racisme institutionnel auxquels elle doit faire face, abondent.

Tandis que des propos racistes exprimés de manière privée à l’encontre de riches Afro-Américains qui jouent au basket professionnellement ne seront pas tolérés, spécifiquement s’il transparaît que ces vues racistes exprimées en privé sont grandement publicisées, il en va de toute autre manière lorsqu’il s’agit de l’expression d’un racisme envers les secteurs les plus pauvres de la société afro-américaine et envers d’autres soi-disants “groupes ethniques”. Un cas flagrant étant le commentaire du juge Scalia envers le citoyen de la nation Chicksaw Tom Cole. Le fait que Cole soit un membre dûment élu et qu’il siège au congrès des Etats-Unis n’a pas altéré la langue amère et raciste de Scalia.

Tandis que je refuse de penser ou d’écrire au sujet des nations originelles et de leurs peuples comme une “race” ou un “groupe ethnique”, cela n’en est pas moins un problème qu’un juge de la cour suprême des Etats-Unis avoue qu’il nous regarde comme une “race” qui est inférieure en résultante de l’affirmation que nous avons été “conquis”, ou en d’autres termes, “dominés”.

Il y a certainement une très grande différence entre Donald Sterling et Antonin Scalia. Après tout, Donald Sterling n’allait jamais être arbitre d’un match de NBA. Ce n’est pas comme s’il avait été forcé hors de la NBA pour l’empêcher de pouvoir utiliser son cadre de référence raciste pour juger des joueur de basket Afro-Américains sur le terrain ou utiliser ses vues racistes pour influencer le résultat de matches de basket spécifiques.

Quant au juge Scalia, il a siégé à la cour suprême des Etats-Unis pendant près de 28 ans et pendant cette période, il a utilisé son cadre psychique et mental raciste en ce qui concerne nos nations originelles (“Indiennes”) comme étant une race conquise (dominée) dans ses prises de décisions dans des affaires impliquant des Indiens. Pourquoi son commentaire ouvertement raciste à l’encontre de Cole n’a t’il pas rencontré une expression publique de scandale de la part des leaders du Pays Indien ? Pourquoi n’y a t’il pas eu de campagne persuasive pour faire virer Scalia de tout cas impliquant des nations et des peuples amérindiens ?

L’expert blanc de CNN qui a dit que le racisme avait généralement disparu aux Etats-Unis n’a très certainement jamais lu le livre de Robert A. Williams intitulé: “Like a Loaded Weapon: the Rehnquist Court, Indian Rights, and the Legal History of Racism in America”, 2005. Dans ce livre, le professeur Williams stipule de manière très claire que la loi fédérale américaine sur les Indiens est un secteur entier de la législation américaine qui est le produit d’une pensée fondamentalement raciste qui a été institutionnalisée aux Etats-Unis. Où est le scandale à ce sujet dans les médias américains ?

Alors que je préfère plus cadrer la discussion en termes de “racisme religieux” en me basant sur les termes de la Doctrine Chrétienne de la Découverte et de Domination, Williams démontre clairement que la loi fédérale indienne est un système d’idées structurés en termes de supériorité blanche et d’infériorité non-blanche, ce qui continue à être utilisé à la cour suprême des Etats-Unis de manière anti-indienne quotidiennement. Quiconque voudrait affirmer que le racisme n’a plus cours aux Etats-Unis aujourd’hui n’a aucune idée du fait que la cour suprême continue de prendre des décisions basées sur la loi fédérale indienne, elle-même fondée sur des précédents et une jurisprudence racistes contre nos nations et peuples originels.

En ce qui concerne la déclaration du juge Scalia, le bureau du député Cole m’a dit qu’il ne commenterait pas “sur une converstaion privée”. Son bureau n’a pas dit que l’incident ne s’était jamais produit, ou que Scalia n’avait jamais fait cette déclaration au député Cole ; son bureau l’a simplement classifié comme étant “privé”, alors même que le député raconta de manière évidente le commentaire de Scalia à une conférence d’avocats dans l’Oklahoma.

2 Réponses vers “Le fondement du colonialisme occidental d’hier et d’aujourd’hui: L’arrogance raciste eurocentrique…”

  1. arndebian Says:

    Encore une conversation du genre Mulland-Fuck-the-EU dévoilée au grand jour. Décidement ces journalistes n’ont aucune gêne !

    La race supérieure ne peut même plus s’exprimer clairement, tout fout le camp !

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