Égalité, solidarité, liberté… Le chemin socio-politique vers le bonheur de tous, pour tous et par tous…

Le bicentenaire de la naissance de Bakounine est une opportunité pour beaucoup de (re)découvrir sa pensée influente et toujours d’une actualité brûlante.

Toute personne désireuse de comprendre pourquoi la société occidentale en est là, dans ce marasme socio-politique tout aussi unique dans l’histoire, que l’influence de l’empire aux commandes de la tyrannie planétaire ; pourquoi nous les peuples, sommes nous-mêmes victimes de l’idéologie hégémonique, raciste et eugéniste de nos « élites » auto-proclamées et parasites, et surtout désireuse d’y apporter des solutions viables, se doit de lire les quatre grands penseurs dont la mise en pratique des idées mènerait le monde vers la justice, la paix et la liberté, choses que nous ne sommes absolument pas parvenus à parachever au gré de plus de mille ans de « civilisation » occidentale et d’avènement des états-nations répressifs ne représentant que les intérêts du 0,01% de la population mondiale. Ces quatre penseurs sont dans l’ordre chronologique: Etienne de la Boétie, Pierre Joseph Proudhon, Michel Bakounine et Pierre Kropotkine. Nous reviendrons bientôt sur quelques suggestions de lecture, antidotes à la propagande oligarchique ambiante.

— Résistance 71 —

 

Qui suis-je ?

Michel Bakounine (1860)

Je ne suis ni un savant, ni un philosophe, ni même un écrivain de métier. J’ai écrit très peu dans ma vie et je ne l’ai jamais fait, pour ainsi dire, qu’à mon corps défendant, et seulement lorsqu’une conviction passionnée me forçait à vaincre ma répugnance instinctive contre toute exhibition de mon propre moi en public.

Qui suis-je donc, et qu’est-ce qui me pousse maintenant à publier ce travail ? Je suis un chercheur passionné de la vérité et un ennemi non moins acharné des fictions malfaisantes dont le parti de l’ordre, ce représentant officiel, privilégié et intéressé à toutes les turpitudes religieuses, métaphysiques, politiques, juridiques, économiques et sociales, présentes et passées, prétend se servir encore aujourd’hui pour abêtir et asservir le monde.

Je suis un amant fanatique de la liberté, la considérant comme l’unique milieu au sein duquel puissent se développer et grandir l’intelligence, la dignité et le bonheur des hommes ; non de cette liberté toute formelle, octroyée, mesurée et réglementée par l’État, mensonge éternel et qui en réalité ne représente jamais rien que le privilège de quelques-uns fondé sur l’esclavage de tout le monde ; non de cette liberté individualiste, égoïste, mesquine et Fictive, prônée par l’École de J.-J. Rousseau, ainsi que par toutes les autres écoles du libéralisme bourgeois, et qui considère le soi-disant droit de tout le monde, représenté par l’État, comme la limite du droit de chacun, ce qui aboutit nécessairement et toujours à la réduction du droit de chacun à zéro.

Non, j’entends la seule liberté qui soit vraiment digne de ce nom, la liberté qui consiste dans le plein développement de toutes les puissances matérielles, intellectuelles et morales qui se trouvent à l’état de facultés latentes en chacun ; la liberté qui ne reconnaît d’autres restrictions que celles qui nous sont tracées par les lois de notre propre nature ; de sorte qu’à proprement parler il n’y a pas de restrictions, puisque ces lois ne nous sont pas imposées par quelque législateur du dehors, résidant soit à côté, soit au-dessus de nous ; elles nous sont immanentes, inhérentes, constituent la base même de tout notre être, tant matériel qu’intellectuel et moral ; au lieu donc de trouver en elles une limite, nous devons les considérer comme les conditions réelles et comme la raison effective de notre liberté.

J’entends cette liberté de chacun qui, loin de s’arrêter comme devant une borne devant la liberté d’autrui, y trouve au contraire sa confirmation et son extension à l’infini ; la liberté illimitée de chacun par la liberté de tous, la liberté par la solidarité, la liberté dans l’égalité ; la liberté triomphante de la force brutale et du principe d’autorité qui ne fut jamais que l’expression idéale de cette force ; la liberté, qui après avoir renversé toutes les idoles célestes et terrestres, fondera et organisera un monde nouveau, celui de l’humanité solidaire, sur les ruines de toutes les Églises et de tous les États.

Je suis un partisan convaincu de l’égalité économique et sociale, parce que je sais qu’en dehors de cette égalité, la liberté, la justice, la dignité humaine, la moralité et le bien-être des individus aussi bien que la prospérité des nations ne seront jamais rien qu’autant de mensonges. Mais, partisan quand même de la liberté, cette condition première de l’humanité, je pense que l’égalité doit s’établir dans le monde par l’organisation spontanée du travail et de la propriété collective des associations productrices librement organisées et fédéralisées dans les communes, et par la fédération tout aussi spontanée des communes, mais non par l’action suprême et tutélaire de l’État.

C’est là le point qui divise principalement les socialistes ou collectivistes révolutionnaires des communistes autoritaires partisans de l’initiative absolue de l’État (marxistes). Leur but est le même ; l’un et l’autre partis veulent également la création d’un ordre social nouveau fondé uniquement sur l’organisation du travail collectif, inévitablement imposé à chacun et à tous par la force même des choses, à des conditions économiques égales pour tous, et sur l’appropriation collective des instruments de travail.

Seulement les communistes s’imaginent qu’ils pourront y arriver par le développement et par l’organisation de la puissance politique des classes ouvrières et principalement du prolétariat des villes, à l’aide du radicalisme bourgeois, tandis que les socialistes révolutionnaires, ennemis de tout alliage et de toute alliance équivoques, pensent, au contraire, qu’ils ne peuvent atteindre ce but que par le développement et par l’organisation de la puissance non politique mais sociale et, par conséquent, antipolitique des masses ouvrières tant des villes que des campagnes, y compris tous les hommes de bonne volonté des classes supérieures qui, rompant avec tout leur passé, voudraient franchement s’adjoindre à eux et accepter intégralement leur programme.

De là, deux méthodes différentes. Les communistes croient devoir organiser les forces ouvrières pour s’emparer de la puissance politique des États. Les socialistes révolutionnaires s’organisent en vue de la destruction, ou si l’on veut un mot plus poli, en vue de la liquidation des États. Les communistes sont les partisans du principe et de la pratique de l’autorité, les socialistes révolutionnaires n’ont de confiance que dans la liberté. Les uns et les autres également partisans de la science qui doit tuer la superstition et remplacer la foi, les premiers voudraient l’imposer ; s’efforceront de la propager, afin que les groupes humains convaincus, s’organisent et se fédèrent spontanément, librement, de bas en haut, par leur mouvement propre et conformément à leurs réels intérêts mais jamais d’après un plan tracé d’avance et imposé aux masses ignorantes par quelques intelligences supérieures.

Les socialistes révolutionnaires pensent qu’il y a beaucoup plus de raison pratique et d’esprit dans les aspirations instinctives et dans les besoins réels des masses populaires que dans l’intelligence profonde de tous ces docteurs et tuteurs de l’humanité qui, à tant de tentatives manquées pour la rendre heureuse, prétendent encore ajouter leurs efforts. Les socialistes révolutionnaires pensent, au contraire, que l’humanité s’est laissée assez longtemps, trop longtemps, gouverner, et que la source de ses malheurs ne réside pas dans telle ou telle autre forme de gouvernement mais dans le principe et dans le fait même du gouvernement, quel qu’il soit.

C’est enfin la contradiction, devenue déjà historique, qui existe entre le communisme scientifiquement développé par l’école allemande et accepté en partie par les socialistes américains et anglais, d’un côté, et le proudhonisme largement développé et poussé jusqu’à ses dernières conséquences, de l’autre, acccepté par le prolétariat des pays latins.

Une Réponse vers “Égalité, solidarité, liberté… Le chemin socio-politique vers le bonheur de tous, pour tous et par tous…”

  1. « ces docteurs et tuteurs de l’humanité qui, à tant de tentatives manquées pour la rendre heureuse, prétendent encore ajouter leurs efforts. » hep vous d’abord !

    Parce qu’un mort n’a plus de voix pour dire par lui même s’il a tort ou raison alors que des propos généraux s’inscrivent dans le temps; des théories particulières n’ont plus lieux à trouver leur espace dans un monde mouvant; parce que la liberté si elle s’arrache d’un rien ne pousse pas du vide au vide ; parce que si je ne correspond pas à ce monde à cette gnose à ce paradigme je n’en suis pas moins libre ici et maintenant alors que tu as construit cet espace et que tu as le pouvoir de m’en effacer; alors ma liberté par qui est elle restreinte ? Peut être par moi même peut être par cet autre que je suis aussi pour vous. Et peut être par l’idée que je me fait de ce toi et l’idée que tu te fait de cet autre peut être que BHL a les genoux cagneux qu’ils sont si inconfortable que s’en est un long courrier en strapontin. Peut être qu’être debout n’est qu’un grand fantasme.

    Peut être que la vie n’a qu’un lien entre tous celui d’élire par groupes coopérant ou par individus Darwinisés.

    Peut être et alors ? Jusqu’à présent la vérité est multiple et la science est une ; ou alors tu dirais l’inverse la vérité n’est qu’une et la science multiple ? Alors dit moi laquelle est prépondérante toi même je disais oui toi même ! Tu assoit tes propos par des recueils signés auquel tu n’ajoute que le contexte élogieux de leur remise en question d’une « doctrine »….
    Finalement serais tu la caricature du trait que tu dénonce ?
    As tu eu besoin de connaître le menuisier qui fabriquai tes chaises ? A quel moment t’es tu plus intéressé à ces grandes idées sans chercher à comprendre d’où venaient les petites choses tu chercherais à emplir de ressentiments celui qui fait que dans ta lutte tu peut poser tes fesses à ton bureau ?

    Tu ne vote pas : Réactionnaire !
    Tu ne crois pas en l’élévation du peuple malgré les contraintes du vivre ensemble : Réactionnaire !
    Tu donne à tes propos le sens d’un suffrage censitaire le poids de ta culture en n’osant porter seul les mots que tu relais : Réactionnaire !

    Ce fond noir c’est le deuil de la liberté : je n’ai pas à dire qui je cite ! car si je me souvient je devient responsable champion et licteur.

    Au fait sans aménité aucune si tu pouvait abréger les textes et claviarder à l’essentiel…
    J’ai rien contre les idées argumentées mais une image vaudrait mille mots là tu nous décrit mille maux sans une image…

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