La société contre l’état: Mission époussetage…

John Kane rejoint ici exactement ce que nous pensons. Nous avons employé cette image du « dépoussiérage » de nos valeurs et connaissance et avons souvent dit que le travail d’éveil et d’apport de de solution est un travail de « technicien de surface » plus qu’autre chose. Les sociétés qui nous ont précédées avaient des solutions qu’il nous faut retrouver. La couche de poussière est certes épaisse, mais avec une huile de coude collective, on peut retrouver une société (et non pas un état, grosse nuance..) propre comme un sou neuf…

Le salut de l’humanité viendra de ce que les populations occidentales libérées de l’idéologie colonialiste, se tiendront debout, côte à côte avec nos frères autochtones de toutes les nations colonisées. La société humaine possède un universalisme organisationnel qui n’est pas étatique. Celui-ci est enseveli sous une couche de gravas et de détritus accumulés au fil des inepties oligarchiques en cours. A nous d’épousseter et de redécouvrir ce joyau…

— Résistance 71 —

 

Épousseter pour notre survie

 

John Kane (Mohawk)

 

25 février 2014

 

url de l’article:

http://bsnorrell.blogspot.com/2014/02/john-kane-mohawk-remove-dust-for-our.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’aime beaucoup cette expression “épousseter”. L’image la plus basique de ceci évoque le fait d’épousseter la poussière qui se serait accumulée sur nos ceintures Wampum au fil des années de négligence ou quoi que ce soit d’autre de notre connaissance accumulée. Nous l’utilisons de manière générale en tant qu’expression souvent associée à la perpétuation de notre culture. Mais à un moment, la ligne entre la survie de notre culture, distinction et autonomie ainsi que juste la simple survie, sera balayée comme une ligne tracée dans cette même poussière qui semble nous recouvrir maintenant.

Nous ne ressentons peut-être pas le besoin d’apprendre des techniques de survie pour le peu de temps qu’il nous reste avant de retourner à la terre-mère, mais les incroyables bénéfices à court-terme et besoins à long terme devraient être clairs. C’est bien de parler d’environnement et de consommer avec modération, mais comment cela est-il même possible quand on dit aux gens que la fabrique même du “rêve américain” ou de “l’économie globale” dépend de la confiance du consommateur et de sa consommation bien au-delà de sa capacité de payer ? Et je ne parle pas seulement de la capacité de pouvoir payer en dollars, je parle de la dette qui incombe à la société, hypothéquer notre santé et mettre en faillite les ressources de la planète.

La survie en fait est retourner à la réalité, à la vraie vie. C’est au sujet de comprendre notre véritable place dans la création. C’est là où nous comprenons si les siècles d’endoctrination en quelque systèmes de croyance que vous suivez sont réels ou juste de pures conneries. Est-ce que que votre culture ou l’interprétation que vous en faites, vous a préparé à comprendre votre place dans la création ? Ou vous fiez-vous simplement à des prières et à brûler du tabac pour être celui qui résoud les problèmes ?

Apprendre à survivre n’est pas faire quelque chose avec moins. C’est à propos de comprendre ce qui est important. Si épousseter ne nous aide pas à réévaluer nos priorités alors peut-être avons-nous besoin d’un meilleur plumeau. Si nous pensons qu’une cérémonie de semis est sacrée mais nous ne plantons, semons pas, si nous pensons que faire une cérémonie de moisson est important, mais nous ne moissonnons pas, alors je dis que nous avons loupé quelque chose en cours de route. Nous devons penser sincèrement au type de vie que nous vivons maintenant si nous voulons avoir quelque espoir que ce soit pour nos enfants et petits-enfants. Nous devons repenser ce qu’est un foyer, ce qu’est une famille et ce qu’est une communauté. Être Haudenosaunee ou Rohtinoshoni ne veut pas dire que vous avez une “longue maison”. Mais cela veut dire que vous êtes de la voie de la longue maison.

C’est bien de parler de souveraineté et de se dresser pour la défendre ; mais notre mot pour cela est “Tewatahtawi” ce qui veut dire “nous portons nous-même” Quand nous battrons-nous pas seulement pour le droit de nous porter nous-mêmes, mais de nous battre et nous préparer à porter réellement ? Le monde change tout autour de nous. Le capitalisme et l’industrialisation ont conduit notre environnement au ravin. Tout l’environnementalisme du monde ne va pas rafistoler Humpty Dumpty (Rondu Pondu). Le monde n’en est pas à sa fin. Il n’est pas question de faire peur ou de prédire une apocalypse ; mais de reconnaître les changements qui arrivent.

Épousseter ne signifie pas juste apprendre les chansons de nos cérémonies ; c’est d’apprendre ce qu’elles reconnaissent et de prendre le temps, en fait de reconnaître ces choses. Peut-être ne devons-nous pas faire pousser notre propre nourriture et construire nos maisons mais le temps est venu de commencer à apprendre ou plutôt de réapprendre. Nous ne pouvons pas nous attendre à obtenir cette capacité d’un coup de baguette magique. Cette mémoire génétique et cette connaissance qui nous ont été transmises par ceux qui nous ont précédés, ont évolué avec le temps. Une grande partie de cette connaissance peut nous être bien utile aujourd’hui, mais si nous ne mettons pas la main à la pâte maintenant, nous serons mal équippé pour ce qui arrive. Les empires vont et viennent. Nous en avons vu beaucoup depuis ces 500 ans de contact avec les Européens. Nous avons vu de grands changements dans les plus de 10 000 ans avant cela. Les descendants  de ceux qui étaient là bien avant nous ne sont ni attitrés d’un futur durable, ni ne sont exemptés de la furie des changements de la Terre. Nous nous appelons nous mêmes “Onkwe Onwe” ou les “ habitants originaux ou véritables”, mais c’est bien plus que cela. C’est la description d’un être humain que demeure vrai au monde dans lequel il vit. Il a un futur qui est connecté à son passé. Il est vrai… pour toujours.

Les archéologues et anthropologues parlent de manière romantique des anciennes civilisations des Amériques et font des hypothèses sur leur provenance et ce qui est advenu d’elles. Oui, nous avons fait ce que d’autres cultures ont fait, nous avons bâti des cités et des monuments, nous avons créé des religions et des disparités. Nous avons fait la guerre aux hommes et à la création. Puis nous avons arrêté, nous avons appris. Nous avons épousseté, alors que nous avons écarté cette fausse réalité que nous avions créée, le véritable Onhkwe Onwe a de nouveau fait surface. Ceci ne s’est pas produit par intervention divine ou par accident, mais par planification et reconnaissance.

Beaucoup de ceux que nous appelons maintenant notres ne changeront pas leur façon de faire ou d’être. Ils marcheront la main dans la main dans leur folie sycophante, avec leurs seigneurs capitalistes ou “fiduciaires”, jusqu’à sauter de la falaise qu’ils ont eux-mêmes créé.

Des choix seront faits et continuer sur le même chemin est un choix. Si nous n’aimons pas ce que nous voyons en nous regardant quand nous époussetons, alors la création, le même professeur qui amena sagesse et savoir à ceux qui vinrent avant nous, enseignera une fois de plus, à ceux qui le désirent vraiment.

2 Réponses vers “La société contre l’état: Mission époussetage…”

  1. Voilà qui répond bien à mon questionnement du moment…
    Merci R71 ; ça me permet, et je pense n’être pas la seule, de reconsidérer la question. Car, je suis en total accord avec cet article, et parfois, mes épaules se baissent sous la lourdeur de la tâche et se sentiment, que peut-être ce que je pense est idiot. Puis, en lisant, ce genre d’articles, je me dis que décidément ; je ne suis pas si idiote que cela puisque d’autres personnes pensent comme moi, et organisent leur pensée tout comme moi. Perso, je cherche à apprendre tout les jours, je me dit que cela me servira, tôt ou tard. Je vais vous faire une confidence ; en regardant une émission sur les civilisations anciennes ; je me demandais ce que je ferai si l’on m’obligeait à me convertir à une religion, où à me soumettre à un dieu… Comme je suis incapable de croire en un dieu, en un prophète, en quoi que se soit et que je ne serai pas capable de mentir ; cela serait le dernier jour de ma vie… Parfois, je me dis que c’est anormal de ne croire en rien… Mais, tant de crimes, tant d’horreurs l’ont été au nom d’un Dieu… Je suis bouleversée par la course des étoiles, par le lever ou le coucher du soleil, par les cycles de la lune, lorsque le vent souffle dans les feuilles des arbres et qu’elles parlent. En fait je suis bien plus en phase avec la nature et c’est pour cela que je me sens « Terrienne » avant tout et que je ne suis pas matérialiste du tout ! Et c’est pour cela, que je souffre autant à vrai dire et que ce changement de paradigme me conviendrait car je suis en phase avec ça ! Merci R71 et A+.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.