Résistance politique: Canada, pas d’enquête nationale sur les meurtres et disparitions de femmes autochtones… Les Mohawks lancent un ultimatum à Harper…

La question est: Pourquoi le gouvernement Harper et ceux avant lui ont-ils toujours ignoré les demandes d’enquête nationale sur ce sujet des disparitions des femmes et filles autochtones ?
Par négligence ? J’m’en foutisme ? Sûrement, en partie, mais l’avenir nous dira certainement ce qui se cache derrière ces affaires, par exemple un vaste réseau de trafic d’humains, de prostitution forcée, dans lequel comme pour l’affaire des “écoles résidentielles pour Indiens”, certains membres des autorités locales, provinciales, nationales, des clergés, du politique, se retrouveront impliqués directement ou indirectement dans des activités hautement criminelles et étouffées depuis trop longtemps.

S’il n’y a pas eu d’enquête alors que tout ceci dure depuis 20 ans et plus, c’est que plus que vraisemblablement, il y a quelque chose de “gros” à cacher et une enquête fouillée mettrait au jour des choses que les autorités et pouvoirs publics ne veulent pas être dévoilées. Réaction typique: on ignore, puis quand on ne peut plus ignorer… On met les deux pieds sur le frein… et on tape. Le pouvoir a peur et il a manifestement quelque chose à cacher…

A suivre avec grand intérêt. Le système colonial tremble sur ses bases, continuons à aider nos frères à secouer l’édifice toujours plus… L’effondrement est proche.

— Résistance 71 —

 

Brant donne à Harper jusqu’à la fin Février pour lancer une enquête officielle

 

Jim Windle

 

12 Février 2014

 

url de l’article:

http://tworowtimes.com/news/national/brant-harper-feb-inquiry/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’activiste Mohawk de Tyendinaga Shawn Brant a donné jusqu’à la fin Février à Steven Harper, premier ministre du Canada, pour appeler une enquête nationale sur la disparition des femmes autochtones.

Si cela n’est pas fait, il a promis une action directe de grande envergure, ayant réuni le soutien d’un grand nombre d’organisations et d’individus.

Ceci est devenu un problème grandissant qui a défrayé la chronique depuis maintenant plus de 20 ans avec un article/reportage du quotidien Globe & Mail, mais au lieu de décroître, le nombre de femmes autochtones manquantes ou assassinées n’a fait que croître à un rythme effrayant, jusqu’au chiffre actuel d’entre 600 et 800 cas, la vaste majorité n’étant pas résolus ni même proprement enquêtés.

D’après Brant, si nous mettions ce chiffre dans un contexte de population non-autochtone, cela serait équivalent aux meurtres et/ou disparition de quelques 50 000 femmes. Si cela était le cas, Brant se demande comment le gouvernement Harper et les agences de police canadiennes (fédérale, provinciales et locales) réagiraient si 50 000 femmes blanches étaient portées disparues.

“Les chefs de police et leurs associations, les premiers ministres de toutes les provinces, l’Assemblée des Premières Nations et les familles des quelques 3000 femmes indigènes assassinées ou disparues (depuis des décennies), ont appelé de manière unique et conjointe: Une enquête nationale immédiatement !” a écrit Brant sur son site internet.

La Police Provinciale de l’Ontario (OPP) n’a pas été heureuse d’apprendre le soutien obtenu par Brant lorsqu’il s’est présenté aux élections de “chef” en Novembre dernier, le gouvernement n’était pas non plus ravi de cela.

“Ils ne peuvent plus dire que ‘c’est Shawn et une poignée d’acolytes’”, a dit Brant dans un entretien avec la chaîne de télévision aborigène APTN après son échec à remporter les élections. (NdT: La chefferie traditionnelle n’est pas élective chez les Indiens des Amériques, le chef n’a du reste pas de pouvoir, il ne commande pas ; l’élection aux conseils de bandes ou de tribus est un apport colonial, qui sert à contrôler l’action politique au sein des nations autochtones et à assurer une “souveraineté” dûment contrôlée… Comme toujours certains y voit une façon “d’agir et de pouvoir réformer de l’intérieur”, opération futile dans la très vaste majorité des cas. Il en va de même pour le vote dans la société occidentale. Ce n’est qu’une illusion savamment entretenue…)

Brant a réussi à collecter 350 voix en territoire Tyendinaga (Ontario) sur sa plateforme de promesse d’action directe sérieuse si le gouvernement Harper continuait à ignorer ce problème majeur des disparitions.

La lettre de Brant à Harper inclut ce qui suit: “Dans un rapport publié en septembre 2013 par Mary Anne Pearce et récemment obtenu par la GRC (police montée), quelques 824 femmes des nations premières ont maintenant été identifiées comme ayant été assassinées ou étant toujours portées disparues, avec la majorité de ces cas s’étant déroulés ces 15 dernières années.

Votre manque de volonté à considérer ce premier pas vers une réconciliation est bien documenté et compris. Il est de notre opinion que tous les moyens diplomatiques pour vous convaincre d’ordonner une enquête nationale ont échoué. Plus encore, les larmes, la tristesse  et le désarroi des familles accablées ne vous ont pas fait avancer dans une position de compassion.

Nous avons donc décidé que nous allions prendre quelque action nécessaire que ce soit pour vous forcer à ordonner une enquête nationale sur cette crise des meurtres et disparitions des femmes et des jeunes filles autochtones.”

Dans un entretien sur APTN, Brant a prévenu d’une action directe sérieuse et à grande échelle sous la forme de blocus des transports entre Toronto et Montréal si Harper continuait à ignorer la situation.

Et ceci n’est que le début. D’après Brant, des manifestations feront alors tache d’huile au travers du Canada.

Dans le passé, Brant a été marginalisé par les médias et par certaines personnes  de son propre peuple, mais cette fois-ci, il a derrière lui un nombre bien plus considérable d’Onkwehonwe (NdT: Peuples natifs de l’Île de la Grande Tortue ou Amérique du Nord) pour peser avec lui dans la balance avec des suiveurs au sein même des organisations natives nationales, provinciales et leurs affiliations, qui ont d’après lui endorsé sa résolution de faire mener à bien une enquiete nationale.

 

 

 

2 Réponses vers “Résistance politique: Canada, pas d’enquête nationale sur les meurtres et disparitions de femmes autochtones… Les Mohawks lancent un ultimatum à Harper…”

  1. USA XVIIème ~ XVIIIème siècles: 19 millions d’Indiens indigènes, années 1970: 270 000… Où sont-ils passés ? « Pas en vacances à Hawaii… » comme le dit un intervenant autochtone au début du documentaire…

    Documentaire complet (en anglais, actives les sous-titres… 29min40): « Holocaust of the Native American Indians »:

  2. […] Cette article datant de Décembre 2012 est bien sûr à mettre en relation avec notre traduction récente de l’article sur l’ultimatum à Harper. […]

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