Chansons engagées pour un 2014 enragé… 4ème partie

Pour la fin d’année (nous refusons de dire « fêtes », car ce monde n’est certainement pas en fête, où alors une infime portion… certainement toujours les mêmes…) nous proposons à nos lecteurs une série de textes / chansons engagés de la francophonie, textes qui donneront un élan de courage pour la lutte de 2014.

Nous continuons aujourd’hui avec une seconde chanson de Georges Brassens qui mériterait d’être plus connu…

L’oligarchie nous emmène en eaux tumultueuses et le patriotisme en ces contrées est la garant de toutes les doctrines colonialistes et coercitives, un second fléau venant épauler le premier.

Comme le disait Léon Tolstoï, un des plus célèbres antipatriotes, le définissant ainsi : « le patriotisme est un principe qui justifie l’instruction d’individus qui commettront des massacres de masse ; un commerce qui exige un bien meilleur outillage pour tuer d’autres hommes que la fabrication de produits de première nécessité — chaussures, vêtements ou logements; une activité économique qui garantit de bien meilleurs profits et une gloire bien plus éclatante que celle dont jouira jamais l’ouvrier moyen. »

Attention danger !…

— Résistance 71 —

 

Les Patriotes

 

Georges Brassens (1976)

 

Audio:

http://www.youtube.com/watch?v=C__u70_czrw

 

Les invalid’s chez nous, l’revers de leur médaille

C’est pas d’être hors d’état de suivr’ les fill’s, cré nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir retourner au champ de bataille.

Le rameau d’olivier n’est pas notre symbole, non!

 

Ce que, par-dessus tout, nos aveugles déplorent,

C’est pas d’être hors d’état d’se rincer l’œil, cré nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir lorgner le drapeau tricolore.

La ligne bleue des Vosges sera toujours notre horizon.

 

Et les sourds de chez nous, s’ils sont mélancoliques,

C’est pas d’être hors d’état d’ouïr les sirènes, cré de nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir entendre au défilé d’la clique,

Les échos du tambour, de la trompette et du clairon.

 

Et les muets d’chez nous, c’qui les met mal à l’aise

C’est pas d’être hors d’état d’conter fleurette, cré nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir reprendre en chœur la Marseillaise.

Les chansons martiales sont les seules que nous entonnons.

 

Ce qui de nos manchots aigrit le caractère,

C’est pas d’être hors d’état d’pincer les fess’s, cré nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir faire le salut militaire.

jamais un bras d’honneur ne sera notre geste, non!

 

Les estropiés d’chez nous, ce qui les rend patraques,

C’est pas d’être hors d’état d’courir la gueus’, cré nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir participer à une attaque.

On rêve de Rosalie, la baïonnette, pas de Ninon.

 

C’qui manque aux amputés de leurs bijoux d’famille,

C’est pas d’être hors d’état d’aimer leur femm’, cré nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir sabrer les belles ennemies.

La colomb’ de la paix, on l’apprête aux petits oignons.

 

Quant à nos trépassés, s’ils ont tous l’âme en peine,

C’est pas d’être hors d’état d’mourir d’amour, cré nom de nom,

Mais de ne plus pouvoir se faire occire à la prochaine.

Au monument aux morts, chacun rêve d’avoir son nom.

 

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