Résistance politique: Les mouvements de résistance indigènes du Canada et des Etats-Unis se lient…

… Rejoignons-les ! Brisons ces mêmes chaînes idéologiques colonialistes qui lient les peuples occidentaux et les peuples colonisés (ou néo-colonisés..). En ce qui concerne le continent des Amériques, il s’agit toujours d’une colonisation pure et simple, même si différente de celle qui eut lieu en Afrique et en Asie et qui s’est métamorphosée en ingérence néo-colonialiste. Pour l’un les colons sont toujours sur place, comme ceux qui oppriment la Palestine, pour les autres les colons sont « retournés chez eux », en laissant une dépendance économico-politique menant à un neo-colonialisme de facto.

Nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Les autochtones sont menacés par le présent et non par le passé

 

Andrew Gavin Marshall

 

13 Août 2013

 

url de l’article:

http://andrewgavinmarshall.com/2013/08/13/aboriginals-threatened-by-present-not-past/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un article récent publié dans le quotidien La Province, la pigiste Naomi Lakritz a écrit que les peuples indigènes devaient laisser tomber le “manteau de la victimisation” et prendre “leur responsabilité individuelle”.

L’idée essentielle, comme Lakritz élabora avec moi dans un échange de courriels, était que les peuples indigènes devaient “aller de l’avant” et arrêter de “se prélasser dans le passé”.

Comment les gens peuvent-ils “aller de l’avant” avec l’histoire, si l’histoire elle-même n’est pas allée de l’avant avec eux ? Les peuples aborigènes insistent sur leur histoire afin que nous puissions apprendre la notre. Nos histoires sont entremêlées et l’ont été depuis que les premiers colons sont arrivés d’Europe sur ce continent.

En 1920, Duncan Campbell, le vice-ministre canadien des affaires indiennes déclara: “ Je veux me débarrasser du problème indien.” Le programme “d’assimilation” (ou “génocide culturel”) fut largement mis en place par le biais des “pensionnats” pour indiens.

Cinquante ans plus tard, notre gouvernement a utilisé des enfants indiens comme rats de laboratoire, expérimentant sur eux au sujet d’idées nutritionnelles et médicamenteuses.

Les communautés indigènes du pays manquent d’accès à l’eau potable et ce de manière bien plus importante que le reste de la population canadienne. Elles ont bien plus de problèmes d’insécurité alimentaire, de chômage, de mauvais logement, de pauvreté, de mortalité enfantine, d’abus de substances diverses, d’addictions et de suicides et constituent de plus, un pourcentage bien plus important de la population carcérale et ce de manière complètement disproportionnée.

Plus tôt cette année, le gouvernement Harper a annoncé “une énorme augmentation dans les projets concernant les ressources naturelles canadiennes”, et ce dans la décennie à venir et pour un montant potentiel de 600 milliards de dollars.

La vaste majorité de ces projets se passeront “sur ou tout près” des terres autochtones (comme si la terre n’avait pas été au préalable complètement colonisée…)

Les lois tous azimuts d’Harper ont réduit la protection des lacs de 40 000 à 97 et des rivières de 2,5 millions à juste 63, traçant ainsi la route à l’exploitation entrepreneuriale de l’environnement et sa dégradation. Que ce soit à côté d’une mine de diamants de DeBeers (Afrique du Sud) à Attawapiskat ou près des sites de sables bitumeux d’Alberta, les communautés autochtones sont directement exposées à la dévastation de l’environnement et aux coûts sanitaires de nos “projets de développement”.

C’est dans ce contexte qu’à la fin 2012, les peuples indigènes du Canada ont lancé le mouvement Idle No More, prenant la responsabilité non seulement de leurs droits en tant que natifs, mais aussi de la protection de l’environnement, connectant avec les peuples autochtones des Etats-Unis afin de s’opposer aux projets de pipelines et autres si destructeurs de l’environnement et ce au moyen de manifestations pacifiques, de barrages routiers et de campagnes de responsabilité publique.

Le gouvernement canadien passe des lois tout azimut au bénéfice de larges entreprises qui exploitent les ressources naturellles, ce qui précipite la dégradation environnementale, poussant non seulement le Canada, mais aussi l’espèce humaine dans son entièreté, vers l’inévitable extinction à laquelle doit faire face tout organisme auto-destructeur.

Au lieu de dire aux peuples autochtones “d’arrêter de blâmer le passé” et de prendre “leurs responsabilités”, peut-être que le reste du Canada devrait arrêter d’ignorer la passé et de prendre en charge le présent de façon à nous assurer que nous ayons un futur et ce pas seulement en tant que nation, mais aussi simplement en tant qu’espèce biologique. Peut-être est-il temps pour le reste du Canada de devenir finalement Idle No More (“Plus jamais en sourdine”)…

— Andrew Gavin Marshall est un chercheur et écrivain à Montréal.

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