Résistance politique: Venir à terme avec notre culture colonialiste ou la transcendance libératrice ~ 1ère partie ~

Nous avons traduit de larges extraits d’une des recherches essentielles du professeur de science politique de l’université de Victoria (BC, Canada) Taiaiake Alfred, publiée en 1999 sous le titre: « Peace, Power & Righteousness, an indigenous manifesto » et réédité en 2009, que nous publions ici en deux parties.

Comment lutter efficacement contre le colonialisme toujours en vigueur dans des pays comme le Canada ou les Etats-Unis ainsi que contre cette mentalité globaliste néo-coloniale qui perdure dans la société occidentale ? Comment aller au delà, transcender cette hégémonie culturelle de destruction fondamentalement raciste et euro-centriste pour unifier le monde au sein d’un nouveau paradigme de paix et de tolérance.

Plus qu’une analyse, une vision fraîche pour une société universelle égalitaire.

— Résistance 71 —

*  *  *

“Avant l’arrivée de l’homme blanc, nous, Indiens n’avions pas de chefs. Nous avions des leaders bien sûr, des hommes et des femmes choisis par consensus pour leur sagesse et leur courage. L’idée d’une hiérarchie pyramidale avec une personne à son sommet était un concept européen. Quand dans un premier temps, les blancs demandèrent de parler à un “chef”, mes ancêtres ne surent pas trop quoi répondre. Ils poussèrent quelqu’un en avant en guise de porte-parole, pas nécessairement le plus intelligent ou le plus courageux du lot, juste quelqu’un qui avait une certaine volonté de parler aux étrangers et de savoir ce qu’ils voulaient dans notre pays. Mais aussi loin que les blancs furent concernés, la personne désignée était le monarque, une sorte de roitelet et ainsi autorisé à certains privilèges. Ceci ne servit pas nos meilleurs intérêts, mais nous avons été coincés avec des “chefs” depuis lors et nous essayons d’en tirer le mieux que nous pouvons. Nos chefs ne règnent pas, ne commandent pas. Quand des sujets importants apparaissent pour être discutés, ils se rassemblent, discutent et cherchent le consensus en leur sein ; ensuite ils disent aux membres des communautés ce qu’ils pensent qu’il devrait se passer, ils suggèrent.”

~ Russell Means ~

 

“Les Apaches, qui en fonction des circonstances, acceptaient le leadership de Geronimo pour son habileté de combattant, lui tournaient systématiquement le dos lorsqu’il voulait mener sa guerre personnelle. Geronimo, dernier grand chef de guerre nord-américain, qui passa trente années de sa vie à vouloir “faire le chef” … et n’y parvint pas.”

~ Pierre Clastres ~

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Pour une meilleure réfutation du colonialisme: “Paix, Pouvoir et Rectitude, un manifeste indigène” (Seconde édition 2009, extraits)

 

Taiaiake Alfred, Ph.D

Professeur de Science Politique à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada

Kanahwake Mohawk du Québec

 

~ Extraits traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

1ère partie

2ème partie

 

La colonisation est un processus qui nous déconnecte de nos responsabilités les uns envers les autres, de notre respect des uns envers les autres, de notre respect pour la terre et de nos responsabilités et respect envers la culture…

Le pouvoir de l’État, incluant des concepts européens tels que: l’imposition, la citoyenneté, l’autorité exécutive et la souveraineté doivent être éradiqués de la politique des communautés natives…

La notion de traditionalisme dont je me suis fait l’avocat demande une part de savoir donner et recevoir sur un plan culturel avec les personnes non-indigènes; il doit y avoir un respect pour ce que les deux côtés peuvent contribuer et partager. Ceci demande également une forme de self-respect et la confiance de bâtir sur ce que nous savons être juste et bon pour nos peuples. En tant que mouvement pour gagner le respect envers les peuples indigènes, cette forme de traditionalisme n’a pas ses prérogatives construites sur un conflit racial. Ce n’est pas une question de l’Homme blanc contre l’Homme rouge, mais du juste contre l’injuste, du vrai sur le faux, considérés dans la large fenêtre des valeurs que nous partageons tous: liberté, égalité, justice, paix…

A la question d’est-ce que je me considère comme Canadien ? La réponse est non. J’ai essayé de rechercher le moment dans l’histoire où le Canada a décidé légalement, au moins légalement, que nous soyons considérés comme citoyens. Ce qui est une blague, parce que comme j’ai entendu quelqu’un le dire: “légalement oui, nous sommes considérés comme citoyens et pourtant la même législation, L’Indian Act, est toujours là pour nous rappeler que nous ne le sommes pas.” Pour moi, vous ne pouvez pas regarder l’Indian Act, regarder les précédents de justice et en tirer la conclusion que nous sommes des citoyens…

Défier la société de base et questionner sa propre structure, son système de valeurs d’acquisition et de valeurs individuelles, ainsi que les faux tenants du colonialisme, est essentiel si nous voulons aller au delà des problèmes qui minent toutes nos société, native et blanche et si nous voulons reconstruire les relations entre nos peuples. Une lecture profonde de la tradition montre un univers moral pour lequel l’ensemble de l’humanité est redevable en tenant compte du même standard…

La valeur de la critique indigène du monde occidental ne réside pas dans la création de fausses dichotomies mais dans la vision que les attitudes et structures coloniales imposées au monde par les Européens ne sont pas des manifestations d’un diabolisme inhérent: elles ne sont que les réflexions de la compréhension de son propre pouvoir et de sa relation avec la nature par la société blanche. Le régime brutal de l’avancement technologique européen, qui intente  dominer, s’est confronté à son opposé direct avec les sociétés indigènes des Amériques. Le résultat de la quasi extinction des peuples natifs a créé un vide dans lequel le régime européen a établi sa domination politique, économique et philosophique. En leur sein même, les État européens et leurs rejetons d’outre-mers personalisent toujours les mêmes impulsions destructrices et irrespectueuses qu’ils représentaient déjà il y a plus de 500 ans…

Au moment de leur premier contact avec les Européens, la très vaste majorité des sociétés natives américaines avaient achevé la véritable civilisation: elles n’abusaient pas de la planète terre, elles promouvaient la responsabilité communale, elles pratiquaient l’égalité des relations de genres et elles respectaient la liberté individuelle. Avec leur prise de conscience des relations sacrées qu’ils avaient, eux, en tant qu’humains, le devoir d’aider à maintenir, les hommes et femmes de ce nouveau monde se dictaient une philosophie dans laquelle l’existence et la survie de tout être vivant, spécifiquement les animaux et les plantes, ne doivent pas être mises en danger. Ils reconnaissaient et obéissaient les lois et ne réduisaient pas la liberté des autres créatures. Ainsi, ils assuraient la protection de leur plus chère possession: leur propre liberté. Ce contexte de vie a changé et les peuples natifs vivent aujourd’hui dans un monde matérialiste et consummériste de globalisation industrielle, un monde diamétralement opposé à la culture sociale et politique de celui qui maintenait nos communautés d’autrefois….

Dans ma propre communauté de Kahnawake (Mohawk, Iroquois du Québec), les gens furent questionnés au début des années 1990, concernant l’importance culturelle de services sociaux variés et on leur demanda de considérer une liste d’expressions au sujet des valeurs traditionnelles et de donner leur niveau d’adhérence à ces valeurs. En voici un résumé:

  • Être responsable de toute la création: 97% adhéraient fortement
  • Importance la famille périphérique: 89% adhéraient fortement
  • Respect de la force intérieure et de la sagesse: 88% adhéraient fortement
  • Importance de l’éducation de la jeunesse: 88% adhéraient fortement
  • Aspect sacré et autonome de l’enfant: 78% adhéraient fortement
  • Importance de l’unité familiale: 78% adhéraient fortement
  • Importance de la sagesse ancestrale: 71% adhéraient fortement
  • Importance du partage et de la coopération: 71% adhéraient fortement

Cette étude d’une communauté démontrait la reconnaissance des valeurs traditionnelles malgré l’imposition de la culutre européenne…

En 1933, le sage Lakota (Sioux) Luther Ours Debout avait anticipé cette frustration provenant des valeurs occidentales:

Il est vrai que l’homme blanc a amené un grand changement. Mais les fruits variés de sa civilisation, bien que très colorés et très tentants, rendent malades et sont mortels… Je vais avancer l’hypothèse que l’homme qui s’est assis sur la terre battue de ce tipi, méditant sur la vie et ses significations, acceptant l’existence de toutes les créatures et reconnaissant l’unité avec tout l’univers des choses a reçu dans son être profond, la véritable essence de la civilisation. Et quand l’homme natif a abandonné cette forme de développement, la croissance de son humanisme en fut retardée.

Après avoir eu leur liberté volée et leurs civilisations écrasées par le colonialisme, les peuples natifs sont parfaitement conscients de la crise politique et sociale à laquelle ils doivent faire face…. Alors pourquoi n’avons-nous pas rejeté la voie européenne qui nous fait tant de mal et n’avons-nous pas rejoint le chemin indigène de la paix, du pouvoir et de la vertu ? La réponse à cette question est la raison la plus importante de toutes les questions importantes auxquelles nous devons faire face, celle du leadership, de la chefferie. Comprendre le leadership, c’est comprendre la philosophie politique native: les conceptions du pouvoir et les valeurs primordiales qui créent la légitimité et permettent au gouvernement de fonctionner de manière appropriée et efficace. Un bon leadership indigène assure que le gouvernement est enraciné dans la tradition, en accord avec les valeurs culturelles de la communauté. Les structures politiques  non-natives, leurs valeurs et différents styles de leadership, mènent à des formes compromises et coercitives de gouvernement qui contredisent les valeurs indigènes de base et sont la raison principale du pourquoi les crises sociales et politiques persistent chez nous.

Nous n’avons pas totalement récupéré du colonialisme, car notre leadership a été compromis. Et nous demeurerons soumis à la domination politique, intellectuelle et économique de la société occidentale tant que les leaders de nos communautés ne réaliseront pas le pouvoir des philosophies indigènes et n’agiront pas pour restaurer le respect de la sagesse traditionnelle.

[…] En choisissant entre des formes de gouvernemet indigénes revitalisantes ou la maintenance des formes européennes qui leur ont été imposées, les communautés natives ont le choix entre deux formes radicalement différentes d’organisation sociale: l’une fondée sur la conscience et l’autorité du bien et l’autre sur la coercition et l’autoritarisme. Le concept natif de gouvernance est fondé sur ce que Russell Barsh, un grand élève et connaisseur des sociétés indigènes, a appelé la “primauté de conscience”. Il n’y a pas d’autorité centrale ou coercitive et la prise de décision est collective. Les leaders comptent sur leurs capacités de persuasion pour parvenir à un consensus qui respecte l’autonomie des individus, chacun étant libre de ne pas adhérer et de demeurer inaffecté par la décision collective. Le clan ou la famille est l’unité de base de l’organisation sociale et des formes plus élargies d’organisation, de la tribu à la confédération en passant par la nation (NdT: un exemple typique demeure la société iroquoise composée de 5, puis 6 nations confédérées) sont toutes fondées sur l’autonomie politique et l’indépendance économique des unités de clan au moyen d’un contrôle familial des terres et des ressources.

Une caratéristique essentielle du concept de gouvernance indigène est son respect de l’autonomie individuelle. Ce respect empêche la notion de “souveraineté”, l’idée qu’il peut y avoir un transfert permanent du pouvoir ou de l’autorité de l’individu vers une abstraction du collectif appelée “gouvernement”. La tradition indigène voit le gouvernement comme le pouvoir collectif des membres individuels d’une nation; il n’y a pas de séparation entre la société et l’État (NdT: en fait, il conviendrait plutôt de dire comme l’a démontré l’ethnologue social Pierre Clastres que l’État est rendu impossible dans la société indigène…). Le leadership est exercé en persuadant les individus de mettre leur pouvoir individuel en commun pour le bien collectif. Par contraste, dans la tradition européenne, le pouvoir est capitulé à des représentants de la majorité, dont les décisions sur ce qu’ils pensent être le bien commun sont ensuite imposées à tous les citoyens.

Dans la tradition indigène, l’idée d’auto-détermination commence vraiment avec soi-même, l’identité politique, avec ses libertés, pouvoirs et responsabilités inhérents, n’est pas abandonnée à aucune entité externe. Seuls les individus déterminent leurs intérêts et leur destinée. Il n’y a aucune coercition, seulement la persuasion de la conscience basée sur les principes hérités et collectivement raffinés de la structure de la société. Avec l’héritage collectif d’un univers spirituel cohérent et d’une culture traditionnelle, le désaccord profond est très rare et est résolu par l’exemption individuelle de l’implémentation et des implications d’une décision particulière. Quand un différent entre l’individu et le collectif devient inconciliable, alors l’individu quitte le groupe. (NdT: Ceci est une façon d’agir de la société anarchiste… De fait en bien des points, les sociétés autochtones sont des sociétés anarchistes, bien ordonnées, anti-autoritaires, décentralisées et non-étatiques, ce mode de gouvernance fait partie du patrimoine universel de la société humaine quelque soit l’endroit géographique semblerait-il…).

L’auto-détermination collective dépend de la coordination de conscience des individus et des pouvoirs d’auto-détermination. Ces relations de pouvoir sont canalisées en des formes de prises de décision et de résolutions de disputes fondées sur la reconnaissance du fait qu’au-delà de l’individu, il existe une communauté d’intérêt naturelle: la famille étendue. Ainsi, dans presque toutes les cultures indigènes, l’ordre fondateur du gouvernement est le clan et presque tous les systèmes indigènes sont agencés sur un processus de prise de décision collective organisée autour du clan. C’est l’érosion de cette relation traditionnelle au pouvoir et la dépendance forcée envers un gouvernement central pour être viable, qui est à la racine de l’injustice dans l’esprit indigène. (NdT: ne pourrions-nous pas pas invoquer ici le fait qu’il en va de même pour nous les occidentaux ? N’avons-nous pas été soumis il y a longtemps à la même injustice ?…) Barsh reconnait une vérité qui s’applique aux institutions à la fois au niveau local et au niveau plus généralisé: “Le mal des états modernes est leur pouvoir de décider qui mange ou pas”. Couplée à la force armée, elles utilisent la dépendance qu’elles ont elle-mêmes créée, pour forcer l’obéissance des peuples à la volonté d’une structure abstraite d’autorité servant les intérêts d’une élite politique et économique. C’est un affront à la justice que des individus puissent être dépouillés de leur pouvoir d’auto-détermination et forcés à se soumettre aux décisions d’un système basé sur la conscience et les intérêts d’autres personnes.

Les principes sous-jacents du gouvernement représentatif de style européen par la force coercitive est à l’opposé des valeurs desquelles découlent le leadership indigène et le pouvoir. Dans les cultures indigènes, les valeurs essentielles d’égalité et de respect sont réfléchies dans la pratique de la prise de décision par consensus et la résolution de dispute au travers d’une évaluation attentive et d’une considération équilibrée de tous les intérêts et points de vue en lice. Dans les sociétés indigènes, la gouvernance résulte de l’interaction du leadership avec le pouvoir autonome des individus qui constituent la société. La gouvernance, dans un sens ingigène, ne peut être pratiquée que dans un petit environnement décentralisé parmi des gens qui partagent la même culture (NdT: L’ethnologue politique Pierre Clastres a montré dans ses recherches que la gouvernance indigène fut aussi pratiquée dans de grandes nations comportant plusieurs centaines de milliers d’individus, ainsi l’extension au grand nombre demeure possible). Elle se centre sur la réalisation du consensus et la création d’un pouvoir collectif, lié par six principes:

  • La gouvernance dépend de la participation active des individus
  • La gouvernance équilibre plusieurs couches de pouvoir égal
  • La gouvernance est dispersée
  • La gouvernance est situationnelle
  • La gouvernance est non-coercitive
  • La gouvernance respecte la diversité

[…] Ainsi, l’imposition de structures politiques coloniales est la source de la plupart du factionalisme au sein des communautés natives (NdT: N’est-ce pas voulu dans la plus pure optique du diviser pour mieux règner ?)

[…] Se revêtir du manteau de la tradition n’est pas un substitut pour changer d’attitude, spécifiquement lorsqu’est impliquée la relation au pouvoir. Dans bien trop de communautés natives, l’adhérence à la tradition n’est qu’une façade légère masquant l’avidité de pouvoir et de succès comme définis par la société usuelle. La tradition indigène est profondément égalitaire, elle ne met aucune distance substantielle entre les leaders et les autres personnes, sans parler de l’impossibilité d’y exercer une quelconque autorité coercitive que ce soit. Pourtant, ce sont des caractéristiques importantes du système politique imposé aux peuples natifs. La dure vérité est que beaucoup de ceux qui ont une position d’autorité dans les communautés natives en sont venus à totalement dépendre du cadre colonial pour leur pouvoir, leur emploi et leur statut. Très peu de leaders natifs pourraient espérer tenir un rôle de leader si les critères traditionnels étaient appliqués. Ils ne pourraient pas assumer leur tâche dans une société non-coercitive, participatrice, transparente et basée sur le consensus. La faim de pouvoir, de notoriété et d’argent empêche beaucoup de gens de voir ce qui est le mieux pour la communauté sur le long terme.

[…]

Dans la guerre contre les nations indigènes, l’État d’abord aliène les individus de leurs communautés et leur culture et ensuite capitalise sur cette aliénation en les retournant comme agents qui vont travailler plus avant pour les intérêts de l’état au sein des communautés (NdT: Il en va de même dans la société occidentale où les dissidents sont soit achetés par l’oligarchie pour la servir… ou soit ils sont éliminés politiquement ou physiquement s’ils refusent…) […]

Indéniablement, bon nombre de natifs qui travaillent dans les institutions d’état ou dans des gouvernements soutenus par l’état, pensent qu’ils travaillent pour l’intérêt de leur peuple. Il y a une forte croyance, très naïve, parmi eux qu’il est possible de “promouvoir le changement depuis l’intérieur”. Rétrospectivement, ceux qui ont essayés cette approche ont échoué de voir cette croyance pour ce qu’elle est: bien plus une justification qu’une raison… Les gens qui choisissent de travailler pour ou avec les institutions coloniales se sont construit une identité politique pour eux-mèmes qui justifie leur participation. Ceci n’est pas une excuse pour avoir tort, car ils ont tort, mais cela indique le besoin vital d’un plus grand sens des valeurs traditionnelles parmi les peuples natifs.

[…]

Comme l’éducatrice Cree Roslyn Ing me l’a dit un jour: “si nous devons honorer ce que nos ancêtres ont enduré et pourquoi ils sont morts, nous avons la responsabilité de vouloir exister en tant que peuple Cree et de continuer”.

Le temps de blâmer l’homme blanc et le lointain passé est révolu. Les gens devraient être capables de reconnaître que le véritable ennemi est suffisamment proche qu’on peut le toucher. Comme me l’a dit un chef de la tribu Ehattesaht du nord de l’île de Vancouver: “Le plus gros problème est que les gens ont développé une mentalité de victime et blâment les autres pour leur oppression plutôt que de faire le travail pour en sortir. La culture de la dépendance et le sentiment de défaite sont nos plus gros problèmes.”

Aussi longtemps que le gouvernement fédéral travaille à maintenir les peuples natifs dans une dépendance politique et économique, les leaders devront résister aux efforts de l’État pour diminuer l’intégrité de la culture et d’empêcher la réclamation des voies traditionnelles qui sont la clef de notre reprise de pouvoir.

[…]

Considérons la notion de justice, la source des notions de bien et de mal à laquelle toute discussion sur la nature et l’utilisation du pouvoir doit se référer.

Le concept dominant occidental de la justice est enraciné dans un idéal d’équité ou de normalité fondamentalement individualiste et matérialiste. Par contraste, les notions indigènes de justice surviennent parmi le contexte de la croyance en une relation universelle des éléments, qui constituent notre univers. Les idées natives se centrent sur un impératif respectueux de coexistence équilibrée parmi tous les humains, les animaux et les êtres spirituels, ensemble avec la terre mère. La justice est vue comme étant un éternel processus de maintien de cet équilibre crucial et de démontrer un véritable respect pour le pouvoir et la dignité de chaque partie de ce cercle d’inter-dépendance. L’injustice est vue comme étant un disfonctionnement, une érosion, qui perturbe en un certain point, l’équilibre crucial. Dans la sphère de la politique ou des relations sociales par exemple, le disfonctionnement peut résulter de la dégénération du pouvoir naturel d’une personne ou d’une communauté, par négligence de la sagesse traditionnelle ou par disrepect de la dignité de la création (des autres personnes, des autres êres, de la nature, ou de soi-même), déséquilibrant par là-même l’équilibre du pouvoir, de la paix et de l’harmonie.

Le but de la justice indigène est le mieux caractérisé par la réalisation d’une coexistence respectueuse, une restauration de l’harmonie dans le réseau de relations et des implications renouvelées afin d’assurer l’intégrité physique, émotionnelle et la santé spirituelle de tous les individus des communautés. Les idées indigènes de justice diffèrent de celles des idées occidentales en trois choses fondamentales:

  • Elles ne sont pas principalement concernées par des questions d’équité dans le traitement ou la distribution
  • Il n’y a pas d’impératif universel ou de mise à niveau qui puisse être utilisé pour justifier la limitation de la liberté
  • Le cadre culturel qui détermine si le pouvoir a été utilisé de manière appropriée n’inclut pas seulement les relations humaines qui forment notre société, mais également toutes les autres relations.

La justice consiste en la maintenance de l’état de coexistence harmonieuse, qui est le but de toute activité politique, spirituelle et économique. En ce qui concerne la vision indigène de la justice, la détermination de ce qui est bien ou mal ne peut pas être effectuée du contexte particulier de l’action en cause ou de la personne en question, parce que réétablir l’harmonie demande non seulement une considération de tous les éléments concernés mais leur participation active pour résoudre le cas. Cette résolution implique le dialogue, l’explication, et la réparation de la fabrique même de la relation particulière, ce qui veut dire la cicatrisation. La justice est un processus de cicatrisation des relations de façon à ce que chaque élément puisse vivre son pouvoir naturel et puisse remplir ses devoirs de responsabilité.

Ainsi l’injustice, dans le concept indigène, est une absence d’harmonie et d’équilibre. Cela ne se réalise pas dans l’action d’un acte particulier, des actes peuvent être perçus comme étant injustes, mais seulement dans leur effet.

[…]

Le problème est que pour le moment, la politique native est toujours comprise et pratiquée au travers du prisme de la loi telle qu’elle est structurée par l’État. Dans ce cadre, l’État n’a rien a craindre des leaders indigènes, car même s’ils réussissaient à parachever leur but d’auto-gouvernance, la structure de base du pouvoir (étatique) demeurera intacte.

[…]

Une critique du pouvoir de l’État qui voit l’oppression comme une fonction inévitable de l’État (Ndt: ce qui représente la vision anarchiste, libertaire de l’État…), même quand elle est restreinte par un contrat socio-politique constitutionnellement défini, devrait avoir une résonnance spéciale pour les peuples indigènes, dans la mesure où leurs nations n’ont jamais été partie intégrante de quelque contrat que ce soit et ont pourtant été forcées d’opérer au sein d’un cadre fonctionnel qui présuppose la légitimité de la souvertaineté de l’État sur eux-mêmes. Argumenter pour obtenir des droits au sein de ce cadre ne fait que renforcer la prétention anti-historique de l’État de sa souveraineté par contrat.

En acceptant cet état de fait, nous donnons tout le pouvoir nécessaire à l’État de dominer les peuples natifs. De cette manière, “des relations de force perpétuelles” sont devenues la norme. Les peuples indigènes bien entendu, reconnaissent la différence entre le système coercitif étatique et leur système traditionnel… L’État tente de réécrire l’histoire pour légitimiser son exercice du pouvoir (sa souveraineté) sur les peuples indigènes. Les peuples natifs luttent pour résister au cooptage de leur sens historique.

A suivre…

== 2ème partie ==

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21 Réponses to “Résistance politique: Venir à terme avec notre culture colonialiste ou la transcendance libératrice ~ 1ère partie ~”

  1. http://unmondesansislam.wordpress.com/2012/08/25/il-est-temps-decouter-la-voix-des-ex-musulmans/

    est-ce du colonialisme ?

    Par ailleurs j’ai vu sur naturalnews qu’en Hongrie 500 hectares d’OGM avait été incendiés ………….

    • cela donne directememt dans l’idéologie néo-conservatrice du « choc des civilisations », l’idéologie de la manipulation et de la division.

      • L’Islam est une idéologie de manipulation.

        IMPORTANT : À savoir que selon le code de l’Islam, lorsque des versets sont contradictoires, seuls les versets les plus récents comptent. Or, les versets de paix et de tolérance (période de la Mecque) sont les premiers, donc les plus anciens. Les versets qui appellent à la conquête du monde par la violence (période de Médine) les ont abrogés. Mais ces premiers versets de paix et de tolérance sont utilisés pour tromper les mécréants et s’infiltrer au sein de leurs sociétés afin de mieux les attaquer de l’intérieur. Les versets de paix sont aussi utilisés pour manipuler les musulmans qui se trouvent coincés entre la confusion des paroles de Allah et la peur, car quitter l’Islam est passible de mort. http://unmondesansislam.wordpress.com/2013/02/05/lislam-est-lennemi-de-la-liberte

        IMPORTANT : À savoir que LA CONSTRUCTION D’UNE MOSQUÉE PORTE ATTEINTE À L’INTÉRÊT DE LA VILLE ET DE SES HABITANTS. Pourquoi ? Parce qu’une mosquée n’est un lieu de culte mais un centre de gouvernement islamique. L’absence de liturgie, l’absence de cérémonie cultuelle, l’absence de clergé, l’absence de service religieux intermédiaire entre les fidèles et Allah, rend l’existence d’une mosquée absolument pas nécessaire pour prier. Pourquoi les musulmans désirent-ils tant construire des mosquées en Europe? Parce que la mosquée peut être utilisée comme lieu de réunions politico-religieuses, de centre d’endoctrinement, de centre d’entraînement, et qu’elle peut servir de place forte en cas de conflit. Suite de l’article ici : http://www.resistancerepublicaine.eu/2013/mais-si-monsieur-camoin-une-mosquee-porte-atteinte-a-linteret-de-la-ville-et-de-ses-habitants-par-beate

        IMPORTANT : À savoir, un point fondamental de l’Islam est l’omission par parole ou par action, la dissimulation ou falsification sont des prescriptions coraniques. Quand il s’agit de développer l’islam, tous les coups sont permis. La taqiyya – dissimulation – est un devoir pour les croyants en situation d’infériorité, de minorité comme en Occident; par contre, dès que le rapport de force s’inverse, alors les musulmans peuvent envisager l’agression. À lire : La Taqiyya et les règles de la guerre islamique par Raymond Ibrahim. http://www.meforum.org/2577/taqiyya-regles-guerre-islamique

        Les imams qui semblent inoffensifs sont les pires; comme Hassen Chalgoumi l’imam de Drancy qui dit avec le sourire “L’islam de France, c’est notre rêve”… “Notre djihad à nous c’est la tolérance” ou comme Dalil Boubakeur le recteur de la Grande Mosquée de Paris, et Mohamed Moussaoui le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui se présentent comme des boucliers contre l’extrémisme… alors que l’idéologie de l’Islam est extrême et ils le savent très bien. Et aux États-Unis, Feisal Abdul Rauf fait la même chose avec son projet arnaque “Cordoba Initiative”. Tous ces musulmans “modérés” sont les espions infiltrés dans la ville de Troie et leur mission est de nous convaincre de construire des mosquées et de nous endormir. Lorsque nous dormirons, les croyants-soldats sortiront des mosquées, attaqueront la garde du pays et ouvriront alors les portes au reste de l’armée qui entra, massacra les hommes et les garçons et réduira en esclavage les femmes et les filles exactement comme au Soudan, exactement comme Simon Deng l’explique. http://pointdebasculecanada.ca/archives/527.html

        IMPORTANT : Pour les musulmans la terre entière appartient à Allah, l’humanité entière a été créée musulmane, (NB : Jésus était musulman… selon les musulmans) c’est pourquoi ceux qui rejettent Allah sont des mécréants (même si ils croient en Dieu). Le but de l’islam, le devoir de tous les musulmans est de se battre par tous les moyens pour rendre la terre entière à Allah, pour ramener dans le droit chemin de l’Islam tous les mécréants.

        Coran – La victoire éclatante.

        48-13. Et quiconque ne croit pas en Allah et en Son messager… alors, pour les mécréants, Nous avons préparé une fournaise ardente. (Les mécréants sont les idiots non-musulmans qui aident à construire des mosquées en France pour que les musulmans leur préparent l’enfer sur terre.)

        48-14. À Allah appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Allah demeure cependant, Pardonneur et Miséricordieux. (N.B. La terre entière est à Allah qui est miséricordieux uniquement si vous êtes soumis aux lois injustes et immorales de l’Islam)

        48-28. C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de vérité [l’Islam] pour la faire triompher sur toute autre religion. Allah suffit comme témoin.
        Les valeurs de l’Islam sont incompatibles avec les valeurs de la France : Liberté, Égalité, Fraternité

        Les musulmans qui aiment la France doivent trouver le courage de quitter l’Islam et la oumma (mafia) musulmane pour devenir pleinement français car il est impossible d’être loyal envers l’Islam en étant français, comme il est impossible d’être loyal envers la France en étant musulman.

        http://unmondesansislam.wordpress.com/interdire-le-coran-et-lislam-en-europe

        • Allons, on retrouve le même type de fadaises à une sauce différente dans la bible, les évangiles, la torah et tous ces textes néfastes. Leur but est l’endoctrinement et le contrôle des esprits au profit de ceux qui tirent les ficelles.
          Le concept même de « dieu » est une négation de la liberté humaine. C’est une mise en esclavage permanente au profit d’une entité en perpétuel couroux qui sacrifie tout sur son « passage ».
          Il faut être demeuré pour toujours croire en ces fariboles à notre époque ! Toutes les religions ont eu et ont toujours leurs frappés du missel, leurs inquisiteurs, l’islam aussi, qui vit sûrement sa période « inquisitoriale », mais où est une fois de plus la responsabilité de l’occident qui manipule la manipulation…

          « La différence entre dieu et le père Noël ? le père noël lui, il est vrai »
          — Coluche —

    • Il pue ce site ou je me goure ?…
      A travers cette stigmatisation, à mon sens ils ne cherchent qu’une acceptation tacite des peuples occidentaux au pillage uranium/pétrole.
      « Casser du bougnoule » va devenir totalement normal.

  2. @Ibn al-Rawandi
    A quand un site également sur les génocides, vols, pillages, viols, conversions forcées, inquisition, torture, bûchers perpétrés par l’église, idem pour les atrocités commises au nom du dieu et des bouquins judaïques ?…
    La réaltié est la suivante: Toute religion est une infâmie. Toutes ces superstitions que sont les croyances en des ou un dieu, les pattes de lapin, fer à cheval. trèfle à quatre feuilles, poupée vaudou et autres turpitudes, ne sont que des inventions pour mieux contrôler l’esprit humain, diviser l’humanité toujours au profit d’une même clique de parasites. C’est l’histoire perpétuelle de l’alliance du prêtre, du guerrier et du juge pour opprimer la vaste majorité des peuples, ceci existe depuis que la société en général a adopté l’état comme modèle systémique, qu’il soit séculier ou religieux.
    Dans l’état séculier, les fadaises religieuses ont été remplacées par d’autres fadaises prenant la place de la domination du barbu: les fadaises de « l’économie de marché ».
    L’économie et dieu sont des inventions humaines qui nient la liberté universelle et maintient l’Homme en esclavage.
    C’est cela la réalité des choses… et il est grand temps de se réveiller à ces réalités incontournables si nous voulons vraiment renverser la marée de l’oppression. La réalité, c’est çà:

    « Si dieu est, l’Homme est esclave, or l’Homme peut, doit être libre, donc dieu n’existe pas. Je défie qui que ce soit de sortir de ce cercle et maintenant qu’on choisisse. »
    — Michel Bakounine —

    « Si dieu est, il est nécessairement le maître éternel, suprême, absolu et si ce maître existe, l’Homme est esclave, mais s’il est esclave, il n’y a pour lui ni justice, ni égalité, ni fraternité ni prospérité possibles…Son existence implique nécessairement l’esclavage de tout ce qui se situe en dessous de lui. Donc si dieu existait, il n’y aurait qu’un seul moyen pour lui de servir la liberté humaine et ce moyen serait de cesser d’exister. »
    — Michel Bakounine —

    • Rien à voir.
      L’occident à commis des massacres dans un but politique de colonisation comme toutes les grandes puissances du monde entier. L’occident n’est qu’un des multiples colonisateurs du monde entier. Les états chrétiens et les institutions chrétiennes agissaient alors en contradiction total du message du Christ qui est un message d’Amour et de compassion, comme le message de Bouddha.

      La oumma musulmane est le pire colonisateur de tous les temps et massacre les peuples au nom de Allah car le message de Mahomet est un message de haine et d’appel à le violence. Les islamistes vivent le vrai Islam. Les musulmans modérés ne vivent pas le vrai Islam, ils devraient quitter l’Islam avant d’être obliger de combattre pour sauver leur vie. Car lorsque les islamistes prendront le pouvoir ils devront se battre pour leur prouver qu’ils sont de vrais musulmans et ainsi sauver leur vie.

      La haine de l’occident aveugle et pour comprendre l’Histoire il faut étudier l’Histoire dans sa globalité.

      Je vous conseille le site de Jean Sévillia
      http://www.jeansevillia.com/index.php?page=fiche_livre&id=1

      • Toutes les religions sont des organes de contrôle de l’esprit humain. Les oligarques de tout poil le savent parfaitement bien.
        Croire en dieu c’est comme croire au père noël ou au pouvoir de la patte de lapin…
        Ce ne sont que des superstitions pathétiques.
        L’Islam en est une parmi les autres.

        • Faux.

          Il y a de nombreuses forment de spiritualités à travers le monde. Elles ont en communs le Bien et le Soin. Pas l’Islam.
          L’Islam n’est pas une religion.
          L’Islam est un système politique totalitaire et génocidaire.

          Personne ne peut prouver que Dieu existe.
          Personne ne peut prouver que Dieu n’existe pas.

          Si Dieu existe… Dieu n’est pas un père car dieu n’est pas un homme. Si Dieu… existe Dieu est Amour-Joie-Création
          Comme il n’y a pas de Création sans Liberté, Dieu est Liberté.

          Si des gens ont cru ou croient en Dieu et que cela les aident à agir avec amour et générosité alors Dieu est une belle réalité.

          Si les gens tue parce qu’ils suivent à la lettre les recommandations coranique, alors Allah n’est pas Dieu.

          • Relisez bien et méditez nos citations de Bakounine… Le mec avait bien cerné la question…On touche le nerf sensible non? qu’est-ce qui vous affecte tant que cela: que la religion soit une fadaise ou qu’on en dise du mal ? Le missel (ou tout autre litérature religieuse doctrinaire) est-il votre livre de chevet ?
            Certains focalisent trop sur le sionisme/judaïsme… vous focalisez sur l’islam, et par là-même faites partie des mêmes mouvements (volontairement ou non, çà, vous seul le savez ;-)) qui prônent la division, la haine et la violence inter-communautaire. Bref la recette préconisée par les criminels prônant le « choc des civilisations » bidon.
            Nous disons simplement: toute religion est une escroquerie et il serait grand temps que nous considérions l’humain et sa relation simple avec l’autre. tant qu’on garde la barbu des nuages dans l’équation, la guerre perdurera, ce que veulent bien entendu les oligarques qui se gavent et se foutent royalement en privé de toutes ces conneries de bondieuseries.
            Donc: Au diable dieu !
            🙂 🙂

          • Si vous comprenez l’anglais…
            Le meilleur sketch jamais fait sur la religion: George Carlin on religion.

            çà déconstipe… Laissez vous faire… 🙂

            Enjoy the great Carlin :

  3. […] Nous devons venir à terme avec notre idéologie colonialiste, c’est la seule façon de changer le monde vraiment pour le meilleur. Écoutons les nations autochtones des Amériques qui luttent contre le terrorisme d’état depuis 1492… Ils savent et peuvent grandement nous conseiller, tout comme nous le pouvons également, c’est dans l’échange que nous grandirons et enterrerons l’oligarchie qui nous opprime tous… Eux et nous, même à des degrés différents, une oppression demeure une oppression. […]

  4. Je connais et j’aime bien Carlin.
    Mais vous faites erreur une croyance en Dieu si cela apporte réconfort et aide à vivre plus généreusement, c’est bien.
    Le problème n’est pas de croire ne un Dieu d’Amour. Le problème c’est lorsque les religions se prennent pour Dieu.

    Vous faites encore plus erreur lorsque vous parlez de « Notre culture colonialiste » et ses méfaits.

    Maintenant voyons un peu la culture colonialiste… plutôt esclavagiste de l’Islam.

    • Vous faites à notre avis de la dissonance cognitive (voir ici: https://resistance71.wordpress.com/2011/07/21/resistance-politique-lesprit-critique-est-source-de-progres/ ). Votre argument sur le concept religieux individuel est limitatif et peu représentatif de ce qu’est la religion. Donnez leur la chance demain et les inquisiteurs rouvriront les portes des donjons et brûleront encore leurs « hérétiques ». La religion est source d’obscurantisme, d’abrutissement et de contrôle des populations. Croire en dieu est nier la liberté humaine, être esclave de l’oppression pour l’éternité.
      Comme le disait Voltaire dans une remarquable remarque à tiroir: « Si dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer »… Admirable de critique sans pouvoir s’attirer les foudres des inquisiteurs.

      Pour ce qui est de la culture occidentale, elle TRANSPIRE le colonialisme et ce depuis la Grèce et la Rome antiques, les débuts de la chrétienté, Charlemagne et les croisades du XIIème siècle…L’occident a lui-même colonisé la plus grande partie du monde musulman, l’occident a utilisé certaines sociétés musulmanes comme sous-traitantes de son commerce d’esclaves aux XVIIeme et XVIIIème siècles, de fait, l’occident ne serait pas à ce stade avancé de décadence et d’arrogance sans cette culture colonialiste. La France fut et est toujours un fer de lance du colonialisme, aujourd’hui, tout se passe au nom de « l’humanitaire » car la mayonnaise de la « mission civilisatrice » ne prend plus et pour cause… Tout est fondé sur l’idéologie scandaleuse de la supériorité d’une race et d’une culture sur les autres et que par là même, ses membres ont « un devoir de civilisation » envers les « sauvages », comme le disait cet abruti de Jules Ferry, figure grand-guignolesque du colonialisme français du XIXème siècle.

      Le colonialisme est le fléau qui œuvre contre l’humanité au profit du même petit nombre d’oligarques. Au delà de ces criminels, c’est le système qu’il faut abattre sans rémission et développer le contre-pouvoir autogestionnaire. C’est le retour à l’autogestion et au démantèlement des états religieux et séculiers qui sauveront l’humanité. Cela devient de plus en plus apparent pour bien des gens.

      « Ils nous ont fait beaucoup de promesses, bien plus que je puisse me rappeler, mais ils n’en ont jamais tenu une. Ils avaient aussi promis qu’ils prendraient notre terre et ils l’ont prise. »
      — Chef Nuage Rouge, Oglala Sioux —

  5. ils ne peuvent plus, en effet, se prévaloir d’une domination raciale, alors ils inculquent la notion de domination culturelle en prenant comme prétexte que l’appartenance musulmane et donc l’Islam imprégnerait tous les comportements et de cette idéologie simpliste, ils en font un fonds de commerce qu’ils cimentent auprès des plus pauvres et qui gagne ainsi toutes les sphères, en se servant de tous les outils et en falsifiant même le terrorisme, comme s’il n’y avait pas dans ces mouvements et dans ces sociétés, la résistance à l’Occident et à la destruction des sociétés arabes, à travers des guerres.

    L’exemple de la Syrie et de la Lybie, qui est totalement entre les mains des milices, feront je l’espère réfléchir les bourgeoisies locales, qui pensaient que l’Occident leur voulaient du bien.

    Comme on ne peut plus les coloniser, on les détruit ! et on les mets entre les mains des islamistes même modérés qui collaborent avec les mafias occidentales.

    On voit ainsi comment au Maroc, épargné par les guerres, les partis de gauche se sont vendus au pouvoir de Mohamed VI.

  6. […] Taiaiake Alfred, professeur de science politique à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada et […]

  7. […] Cet article que nous avons traduit ci-dessous se situe à une extrême du problème colonial en Amérique du Nord en général et au Canada en particulier. Si les arguments présentés sont tout à fait valides, la conclusion quant à l’issue nous paraît être à la fois démesurée et surtout irréaliste. En effet, il apparaît au travers de l’histoire et des recherches effectuées à cet effet, que la solution au problème colonial ne soit pas seulement dans le camp des pays et peuples colonisés sous une forme de révolte ou une autre, mais également et peut-être essentiellement dans le camp des colons. Pour effectivement débarrasser le monde du colonialisme et de son fondement radicalement raciste et hégémonique, il est de la plus haute importance que les peuples occidentaux embrassent le concept de l’éradication de l’idéologie dominante en les gagnant définitivement à la cause indigène et donc anti-coloniale. Ce n’est donc pas en clâmant: "Les blancs dehors comme ils sont venus c’est à dire sans rien…" que cela fera gagner le momentum nécessaire au mouvement anti-colonial global. Une fois de plus nous y voyons les limites tracées immanquablement par toute forme d’extrêmisme idéologique. Cette conclusion en est une. De fait, la solution est de gagner une majorité de colons à la cause anti-coloniale en insistant sur la nécessité à la fois de la reconnaissance des torts coloniaux et de la restitution des terres et ressources autochtones tout en suivant une "voie du milieu", celle déjà proposée et acceptée en 1613 par les premiers colons hollandais puis anglais, du traité Wampum à deux rangées. Ceci représente la solution la plus réaliste et viable pour tous au delà de tout extrêmisme néfaste. Cette idée a été parfaitement exprimée par la professeur de science politique Mohawk Taiaiake Alfred du l’université de Victoria en Colombie Britannique, lorsqu’il étudia le problème de la restitution à des fins de réconciliation véritable. Une autre de ses études sur la solution coloniale ici. […]

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