Résistance politique: Autogestion et créations désobéissantes…

« Nous n’avons pas de problème avec la désobéissance civile mais avec l’obéissance… »

— Howard Zinn —

La solution pour la société existe en elle-même, elle est aussi vieille que l’humanité: solidarité, égalité, autogestion et confédération des communes libres complémentaires en dehors de toute structure institutionnelle étatique ou privée à vocation forcément autoritaire, parasitaire et oppressive. Des brouillons ont déjà été ébauchés, il suffit de reprendre là où la Commune de Paris de 1871 l’avait laissé, en améliorant bien évidemment. La nature humaine n’est pas guerrière et destructrice, elle est humanitaire et solidaire. Il suffit de dépoussiérer pour retrouver la bonne attitude et virer la fange qui pourrit la société: le capitalisme et son cerbère de toujours: l’État.

Regardons en nous-même pour y voir le reflet des luttes des peuples indigènes que nous avons colonisés depuis plus de 500 ans. Nous avons beaucoup à apprendre, car la « démondialisation » passe par la décolonisation et la décolonisation passe forcément par notre décolonisation. Nous, les peuples occidentaux, avons été colonisés par l’oligarchie en place.. Le combat anti-colonialiste des nations et peuples colonisés est le notre. Lorsque nous aurons compris cela. Le grand chambardement pourra commencer… d’abord avec un changement d’attitude des peuples occidentaux.

Pas _ pas nous y arrivons…

— Résistance 71 —

 

Résistances destructrices, créations désobéissantes

 

 

Le Monde Libertaire

 

 

11 Avril 2013

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/anticapitalisme/16347-resistances-destructrices-creations-desobeissantes

 

Qui n’a jamais brisé un ordinateur à coups de marteau, qui n’a jamais jeté des piles de journaux aux quatre vents, qui n’a jamais crevé les pneus des camionnettes transportant ces journaux lors d’une action syndicale, celui-là comprendra moins que d’autres l’action des luddites, ces briseurs des nouveaux métiers à tisser et à tricoter, « machines odieuses », voleuses de pain, qui affamèrent hommes, femmes et enfants, tous « chair à usines », au début du XIXe siècle en Angleterre.

Les luddites et le grand chambardement

La Colère de Ludd donne une excellente description de cette révolte ouvrière contemporaine de la naissance du capitalisme et de l’industrialisation de l’Angleterre. En dépit du peu d’informations directes, si ce n’est les fiches de police, les chansons ouvrières et les courriers luddites adressés aux patrons, aux magistrats et aux policiers, le mouvement luddite est assez bien cerné par l’auteur, Julius Van Daal ; en dépit également des maigres informations pour cause de l’omerta complice de la population. Bien que quelques-uns n’échappèrent pas à la corde, il faut dire en effet que peu de luddites furent dénoncés et déférés devant les tribunaux tant ils surent se protéger de la répression et des mouchards.

Comme un policier demandait à un luddite mourant des renseignements dénonçant ses compagnons, ce dernier demanda à l’inquisiteur : « Savez-vous garder un secret ? » L’inquisiteur répondit par l’affirmative. Le luddite lui dit alors : « Moi aussi. » Et il mourut.

Les luddites ne furent pas les rétrogrades destructeurs refusant le progrès technique que les vainqueurs veulent bien faire d’eux ; ils furent au contraire des précurseurs sur nombre d’idées. La conclusion de l’auteur est à cet égard d’une grande clarté.

Oui, les luddites et des poètes comme Shelley ou Byron eurent une bonne longueur d’avance sur tous ceux qui pensent prévoir l’avenir des sociétés.

Les luddites sans doute échouèrent : « Peu d’observateurs pondérés auraient parié sur le succès de l’insurrection. »

« La suite des événements, où l’État fera d’ailleurs preuve d’une grande maîtrise dans son déchaînement réactionnaire même, nous donne à penser qu’un tel succès aurait nécessité quelque péripétie prodigieuse, quelque improbable intervention de la Providence, tant le rapport de force était visiblement défavorable aux rebelles. C’est ce constat de faiblesse et d’atomisation qui les contiendra dans l’expectative ou la prudence, après qu’ils eurent fait montre de tant d’audace, et les retiendra de déferler sur le Parlement et les palais des grands… » (p. 180).

Si les luddites furent défaits, leur combat contribua à créer ce que l’on nommera plus tard la « conscience de classe » d’une classe ouvrière se formant en parallèle à la naissance du capitalisme avec la figure du prolétaire moderne solidaire de ses compagnons de lutte.

Conscience de classe et solidarité semblent de nos jours en perdition, grignotées, corrodées, rongées par l’atomisation ouvrière et l’évolution de ce capitalisme et de ce que l’on nomme la globalisation.

Les luddites furent ces saboteurs magnifiques qui frappèrent au cœur la pratique capitaliste et qui seront, par la suite, imités de par le monde.

Les luddites furent vaincus, entre autres raisons parce qu’un fossé se creusa entre eux et le camp réformateur et démocratique qui réprouvait le bris des machines et les diverses violences qui accompagnaient les actions. Également, et surtout, parce que les forces répressives furent plus que démesurées ; donnée importante sur laquelle il faudrait quand même s’attarder longuement. Ajoutons, pour finir, que la donne sociale se modifia avec la chute de Napoléon et la fin des guerres extérieures.

Ainsi, les luddites anticipèrent, en acte, le projet ouvrier de grève générale et d’expropriation, autrement dit le grand chambardement.

De tous les grands chambardements sociaux de l’Histoire, aucun ne perdura, vaincu par la répression, détourné de l’authenticité de ses débuts ou corrompus par le goût immodéré du pouvoir des uns et par la perversion d’un capitalisme aux multiples visages qui a maintenant mondialisé sa domination et qui se décline en de multiples catastrophes comme la perte de la souveraineté alimentaire et la famine, la destruction des écosystèmes, la dilapidation de la biodiversité, etc.

Pratiques de démondialisation

Et, pour la première fois dans notre histoire − s’il respecte la directive européenne de 1994 −, le paysan ne peut plus replanter le grain qu’il a récolté. Directive ignoble, non suivie par une association comme Kokopelli et par quelques autres qui ont pris le contre-pied de cette illégitime loi en y désobéissant.

Aussi, une « démondialisation » − qui se répandrait silencieusement − s’est mise en branle avec la résistance des exploités et des dominés ; une « démondialisation » qui ouvre des « brèches », comme l’écrit John Holloway dans son Crack capitalism.

C’est du moins la thèse que développe Bénédicte Manier dans Un million de révolutions tranquilles.

Révolutions ? Peut-être pas au sens habituel, mais actions radicales car elles partent de la base, se passent de l’État et du secteur privé capitaliste. Il s’agit dès lors d’inventer rapidement des solutions pour répondre à la demande populaire et à ses difficultés.

Ainsi, l’auteur nous cite ces paysans indiens, sur des terres asséchées, qui retrouvent des techniques anciennes d’irrigation et de distribution de l’eau − savoirs détruits par le colonialisme et méprisés par le pouvoir actuel qui les harcèlent ; paysans qui ont réussi à faire reverdir leur contrée.

Ainsi l’organisation de femmes pauvres, en Inde toujours, qui se lancent sans argent ou presque dans la fabrication de galettes de lentilles et qui réussissent leur autonomie financière.

Ainsi ces autres femmes, souvent analphabètes, venues de plusieurs pays pour un stage dans le collège aux pieds nus de Tilonia, en Inde encore, et qui repartent avec un statut d’ingénieures capables alors de promouvoir l’énergie solaire dans leur propre village.

Ainsi ces multiples coopératives, de toutes sortes et en tous lieux, créées à partir d’entreprises jugées non rentables mais qui restent viables quand elles sont gérées « en sortant d’une logique du profit à court terme ». Il s’agit alors de répartir la richesse autrement et de construire une économie tournée vers les besoins de la population (nous savons, bien sûr, que les coopératives ne datent pas d’aujourd’hui et que certaines ont eu le temps de s’écarter des principes fondateurs).

Ainsi, en nombre infini, seraient les activités de culture maraîchère et de jardinage, la plupart du temps autogérées par des femmes ; femmes détentrices traditionnellement des savoirs agricoles, mais écartées de la propriété légales de ces terres.

Ainsi les circuits courts, présents dans nos propres villages français, initiés par les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (amap).

Ainsi les nouveaux jardiniers urbains, comme à Detroit aux États-Unis, ville en grande partie abandonnée par l’industrie automobile, où ont été aménagés friches, terrasses, toits et plates-bandes, pour la culture des légumes jusqu’à l’autosuffisance.

Ainsi ces citoyens qui se réapproprient le droit de battre monnaie.

Ainsi ces autres qui, pour habiter ensemble, autoconstruisent des écovillages ou, par exemple dans le département de l’Isère, l’écohameau de La Chabeaudière, où vivent d’ailleurs certains de nos amis.

Ainsi les cliniques gratuites nord-américaines, les maisons médicales autogérées de Belgique et les médecins aux « pieds nus » ailleurs.

 

Un mouvement qui se défie des décideurs

Bénédicte Manier cite dans une note le concept des trois « s » de Gandhi : swaraj, l’autogouvernance citoyenne des villages, swadeshi, l’autosuffisance économique locale, et sarvodoya, le bien-être collectif. Remarque judicieuse dans cet ouvrage que de mettre l’accent sur la préoccupation d’un Gandhi qui ne fut pas uniquement un activiste de la non-violence.

Dans ce monde, viennent de surgir une volonté d’initiatives nouvelles et une capacité d’innovation sociale portées par une société civile qui découvre sa force − le tout largement ignoré du grand public −, une force cependant en butte aux tracasseries administratives auxquelles il faudra bien encore désobéir.

La caractéristique de ce mouvement planétaire va de pair avec une organisation qui ne fait plus confiance ni aux partis, ni aux syndicats, ni à l’État, ni au secteur privé, mais qui s’organise horizontalement et sans hiérarchie, court-circuitant le monde politique à l’aide des nouvelles techniques de communication.

On assiste donc aujourd’hui à l’émergence d’une société post-mondialisée : ce qu’Edgar Morin décrit comme des « forces de résistance, de régénération, d’invention, de création » qui se multiplient mais qui sont « dispersées, sans liaison, sans organisation, sans centre, sans tête ». Nous n’allons pas trop nous plaindre de ce dernier manque.

Mais, me direz-vous, oui, vous les révolutionnaires impatients, vous qui voulez transformer le monde en un clin d’œil : « Toutes ces actions ne sont que remède sur jambe de bois. »

Certes, nous pouvons le penser, mais nous serions bien aveugles si nous ne constations pas que l’impasse économique que nous vivons a contribué à répandre l’idée qu’un autre système économique était possible et nécessaire et que, devant cette prise de conscience, de nouvelles aspirations se font jour et se transforment en actes.

Il s’agirait tout simplement de changer la vie. Et pour donner encore la parole à un poète, écoutons Paul Éluard qui dit : « Un autre monde existe, il est dans celui-ci. »

 

André Bernard

 

Sources :

 

Bénédicte Manier, Un million de révolutions tranquilles, Les liens qui libèrent, 2012, 326 p.

Julius Van Daal, La Colère de Ludd, L’insomniaque, 2012, 288 p.

John Holloway, Crack capitalism, 33 thèses contre le capital, Libertalia éd., 2012, 462 p.

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15 Réponses to “Résistance politique: Autogestion et créations désobéissantes…”

  1. Bien sûr c’est intéressant mais je ne comprends pas comment vous comptez vous passer de « l’état » qui est la structure censée superviser le collectif, le vivre ensemble. Comment créer une sécurité sociale sans l’état? Comment accepter que des individus sains payent pour des individus malades si l’état n’existe pas? etc…

    A moins bien entendu que l’on crée un système socio-économique déconnecté de l’argent et que l’on invente autre chose. mais pour l’instant je reste un fervent « socialiste » dans l’esprit.

    • On n’a pas besoin de l’État pour tout çà !.. L’État est une des formes historique de la société, c’est un passage, il disparaîtra. La société antidate l’État, l’humain prévaut et prévaudra.
      Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la conception même de l’État est fondée sur une escroquerie qui dure depuis des siècles.
      Ton commentaire arrive à point, nous éditons en ce moment une traduction que nous avons faite d’un des grands textes de Michel Bakounine sur l’immoralité de l’État, texte écrit en 1870, avant même la Commune de Paris.
      Ce texte est stupéfiant dans son aspect visionnaire et son analyse au scalpel. Pierre Clastres, le grand anthropologue social français que nous citons souvent ici car nous pensons son travail être de toute première importance pour comprendre sans ambage et véritablement les tenants de la société et de l’État, n’a fait que confirmer empiriquement par ses études supplémentaires, ce que Bakounine et Kropotkine avaient analysé, prouvé et dit 100 ans auparavant.

      Pour comprendre pourquoi et comment on peut VRAIMENT faire sans l’État nous conseillons toujours ces textes:
      – « L’entraide mutuelle » de Pierre Kropotkine
      – « L’État et son rôle historique » Pierre Kropotkine
      – « Dieu et l’État » de Michel Bakounine
      – « La Société contre l’État » de Pierre Clastres
      – « Après la révolution » de Diego de Santillan, la partie intitulée « Étude générale » de la révolution espagnole 1936-1939

      Entraide mutuelle, coopération, travail collectif et développement communautaire sont ancrés dans la nature humaine et non pas cette escroquerie de la « survie du plus apte » et autres fadaises du darwinisme-social.

      Le socialisme tel qu’il est conçu par le paradigme étatique n’est que l’autre face de la même pièce oligarchique capitaliste. Il ne garantit que la perpétuation du statu quo. C’est un leurre fondé sur une escroquerie, celle de l’État.

      bientôt notre traduc’ du texte de Bakounine… Une référence en la matière !

  2. […] « Nous n’avons pas de problème avec la désobéissance civile mais avec l’obéissance… » – Howard Zinn – La solution pour la société existe en elle-même, elle est aussi vieille que l’humanité: solidarité, égalité, autogestion et confédération des…  […]

  3. Mon socialisme n’a évidemment jamais existé. Je ne parle pas du communisme qui est une escroquerie.
    L’état représente pour moi la part collective que les individus mettent ensemble pour pouvoir vivre ensemble. Ensuite il faut savoir comment le gérer en créant des liens de contrôle entre les individus et « l’état » justement. Ce peut être des jurys citoyens, des chartes citoyennes, etc…Bref une démocratie directe.

    Enfin tout cela est vaste mais il ne faut pas penser « Etat » et « socialisme » comme ce que l’on nous montre aujourd’hui. Tout est à reconstruire!

    • Oui sur le papier, c’est ce que l’oligarchie a réussi à convaincre les masses, que l’État est celui qui pourvoit, l’ange-gardien de la citoyenneté trop idiote et incompétente (c’est l’axiome de base…) pour réfléchir et se prendre en compte; État qui a bien sûr tout fait sous l’égide des oligarques pour maintenir les peuples dans l’ignorance et la servilité utile… Le fait est que tout ceci est un leurre, une supercherie ne visant qu’à maintenir l’oligarchie en place, quel que soit le régime politique, marxiste inclus.
      La société a existé bien avant l’État et la façon dont les sociétés sont généralement organisées (pas toujours il est vrai) l’est de manière égalitaire, participative, collectiviste (la société non-étatique reconnaît la possession mais pas la propriété privée, car il n’y a souvent pas d’échanges fondés sur le profit…) et non-autoritaire (le « chef » est un médiateur et un parleur et non un commandant, il ne le devient que lorsque l’oppression issue du parasitisme est introduite dans la société).

      Le communisme au sens marxiste n’est que l’envers de la même pièce capitaliste, il ne fait que renforcer l’État (bien que le marxisme veuille soi-disant le supprimer… aux calendes grecques…) et donc l’oligarchie, c’est juste changer les aristocrates en place, toujours pilotés par la puissance economique car rien de ce côté n’est remis en cause.
      Le communisme prit au sens kropotkinien à savoir « l’association libre des communes égalitaires et auto-gérées », c’est à`dire pris au sens littéral sociétaire de « commune » n’est pas une escroquerie. Il fonctionne, a fonctionné parfaitement bien et est sans aucun doute l’avenir de l’humanité.

      L’État est une étape transitoire de l’évolution de la société, un mal nécessaire à la compréhension de la voie à suivre et en aucun cas la « fin de l’Histoire » chère aux hegeliens. Nous arrivons historiquement à la croisée des chemins: Le système étatique en place entre dans sa dernière phase de mutation, celle du super-état fasciste transnational, géré par les cartels monopolistes du royaume de l’économie, ce qui est appelé le Nouvel Ordre Mondial ou la Gouvernance Mondiale que tous les larbins de l’oligarchie appelle de leurs vœux pieux n’est que la phase ultime du capitalisme: L’État totalitaire mondial, le parachèvement du dogme de l’État.
      Ce projet échouera, probablement après un carnage (non-thermonucléaire) à l’échelle planétaire, le problème viendra de l’après… Que choisirons-nous pour remplacer ce système oppresseur et criminel ?… Nous précipiterons-nous pour réélire une clique de parasites et continuer le cycle de la représentation oligarchique qui pas à pas reconstruira le carcan totalitaire et oppressif dans lequel nous sommes ? Ou verrons-nous le chemin de la sagesse, celui de l’auto-gestion, du refus de l’autorité écrasante, de la délégation parasitaire et le refus de l’exploitation par la propriété privée des moyens de productions, de distribution et de services ?
      C’est maintenant, pour cette génération et les suivantes, qu’il nous faut préparer les esprits à prendre les bonnes décisions le temps venu. Cela passe par la conscience politique, une vision objective et une action collective vers l’émancipation.

      Ceci est un ample sujet, menant à un ample débat. Mais il est nécessaire que nous fassions le maximum pour sortir les gens de la torpeur, de la transe imbécile dans laquelle ils ont été plongés à dessein. L’humain est capable de grandes choses, individuellement et collectivement, il suffit de le mettre dans les conditions adéquates, conditions qui ne sont plus remplies depuis l’avènement de la séparation artificielle de la société en classes antagonistes montées l’une contre l’autre par les oligarques qui tirent les marrons du feu et se marrent…

      Nos blogs respectifs contribuent peut-être un peu à une certaine prise de conscience… En tout cas, il faut continuer, nous n’avons plus le choix. Certains disent qu’il vaut mieux mourir debout que vivre à genoux, nous, nous disons qu’il faut simplement vivre debout ! Il suffit de dire NON !

      • J’adhère à votre réponse dans son entièreté. Je crois aussi que la notion d’état ne disparaîtra que lorsque les humains seront pleinement humains et comprendront qu’ils ne peuvent se développer qu’ensemble, les uns avec les autres et non contre les autres.
        C’est pourquoi ma vision socialiste n’est pas une vision paralysante c’est une vision qui permet aux humains de créer des structures collectives. Mais si cela se fait naturellement alors ce sera encore mieux.
        Je partage tout à fait votre vision de l’état fasciste qui sera transnational et supra-national. C’est pour cela que je défends de mon côté le nationalisme comme expression patriotique d’une identité qui ne doit pas disparaître sous le rouleau compresseur mondialiste. Au même titre que la culture des bantous d’Afrique, des bulgares ou des indiens. Je déteste la monoculture mondialiste fasciste.

        • Oui juste, mais attention néanmoins à la notion de « patriotisme », totalement étatisée et le nationalisme, source de bien des atrocités aux services des oligarques. Patriotisme et nationalisme mettent l’huile sur le feu de la division et en cela mènent au chaos, à la guerre et au maintien du statu quo oligarchique. Ils sont de merveilleux outils de division, de discorde et de chaos artificiellement insufflés.

          Voici ce qu’en dit Bakounine (entre autre…):

          « Le patriotisme va à l’encontre de la morale ordinaire humaine
          Cette flagrante négation de l’humanité, qui constitue l’essence même de l’état est du point de vue de ce dernier le devoir suprême et la plus grande des vertus: Ceci est appelé patriotisme et il constitue la moralité transcendante de l’État. Nous l’appelons transcendante car ordinairement, elle transcende le niveau de morale humaine et de justice, qu’elles soient privées ou communes et ainsi se place souvent en contradiction envers elles. Ainsi par exemple, offenser, opprimer, voler, piller, assassiner ou réduire en esclavage un autre être humain est, pour la morale humaine ordinaire, commettre un crime sérieux.
          Dans la vie publique au contraire, du point de vue du patriotisme, quand ceci est fait pour la plus grande gloire de l’état afin de conserver ou de développer sa puissance, tout ceci devient un devoir et une vertu. Et ce devoir, cette vertu devient obligatoire pour chaque citoyen patriotique. Chacun est attendu de se décharger de ces devoirs non seulement en respect des étrangers, mais aussi en respect de ses concitoyens, membres et sujets d’un même état, quand le bien-être de l’État le lui demande… Nous avons déjà vu qu’en excluant une vaste majorité de l’humanité de son sein, en la plaçant à l’extérieur des obligations des devoirs réciproques de morale, de justice et de droit, l’État nie l’humanité avec ce mot à la forte résonnance: patriotisme et impose l’injustice et la crauté à ses sujets comme étant le devoir suprême. »

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