Résistance politique: Soutien et communication entre les mouvement de résistance à l’oligarchie planétaire est la clé du succès…

Les mouvements de résistance à l’oppression colonialiste des nations indiennes des Amériques commencent à se liguer et à communiquer efficacement entre eux. Nous l’avons dit ici même à plusieurs reprise: c’est la lutte contre l’oppression et le colonialisme institutionnelle depuis plus de 500 ans des nations indiennes de l’Amérique du Nord et du Sud, leur message et les liens qui s’établiront immanquablement entre ces mouvements et ceux de libération anti-colonialiste en Afrique et en Palestine, qui serviront de modèle pour la vie émancipatrice des peuples occidentaux.

Soyons à l’écoute, nous avons énormément à apprendre des mouvements de lutte contre l’oppression systématique développés au Chiapas, Oaxaca (Mexique), l’American Indian Movement, Idle No More maintenant au Canada, les luttes des Mapuches au Chili, des Quechuas du Pérou, tout comme de la résistance palestinienne et de la résistance anti-colonialiste africaine (non-islamiste, puisque nous savons aujourd’hui que les mouvements islamistes des Frères Musulmans à Al Qaïda, sont pilotés à distance par les services de l’occident…).

Tous ont en commun une volonté de gestion traditionnelle de leur société, qui passe par l’abolition de l’État. (re)Lisons l’anthropologue français Pierre Clastres qui fit date dans la recherche anthropologique et acceptons le fait que toute société traditionnelle dite « primitive », n’est pas une société étatique en devenir, mais qu’en fait, tout, tout dans l’agencement et l’organisation de leur société est fait pour que ne puisse pas apparaître l’État, vu par ses sociétés comme la garantie de la tyrannie. (« La Société contre l’État », Pierre Clastres, 1974, éditions de minuit).

— Résistance 71 —

 

Idle No More ! Lettre de Bolivie

 

Le 26 février 2013,

 

par Óscar Olivera

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/Idle-No-More-Lettre-de-Bolivie

 

 

Idle No More, en espagnol, en anglais, en français et dans la langue de l’indignation, signifie : mettons la parole en mouvement, mettons nos corps en mouvement.

Les nouvelles qui nous parviennent du Nord, de cette terre froide qu’on appelle Canada, sont comme un vent impétueux et brûlant : il s’agit de la grève de la faim de notre sœur, Theresa Spence. Pour nous, cette grève de la faim représente le désir de justice de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, jeunes et vieux indigènes issus de nombreux points du globe, notamment de notre Amérique, de territoires ayant des gouvernements (mal nommés) indigènes et/ou populaires (en Équateur, en Argentine et en Bolivie).

Depuis l’an 2000, du Kollasuyo [1], de Cochabamba, nous nous dressons contre l’oubli et pour le recouvrement de notre voix et de notre capacité à décider de notre présent et de notre futur. Douze ans plus tard [2], nous sommes toujours debout et nous cheminons, vainquant chaque jour l’indifférence, le mépris, la contrainte, la colère et les pillages auxquels veulent nous soumettre continuellement les gouvernants, les politiciens associés aux multinationales qui détruisent nos terres. Ils ne parviendront jamais à nous vaincre, et c’est pour cela que d’ici, du cœur de cette Terre, nous vous disons que votre lutte, frères du Nord, est notre lutte.

C’est notre lutte comme le sont toutes les batailles que livrent nos frères du Sud : frères et sœurs de la Patagonie argentine, Mapuches du Chili, Quechuas de Cajamarca au Pérou, Quichuas de la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE), paysans du Paraguay, Indiens des terres basses du Territoire indigène et parc national Isiboro Secure (TIPNIS) en Bolivie, frères et sœurs du Cauca en Colombie, du Honduras, du Guatemala, du Salvador, et la courageuse et digne Armée zapatiste de libération nationale avec nos frères et sœurs chiapanèques de la forêt Lacandone.

Votre lutte, frères et sœurs du Nord, est notre lutte. Vous n’êtes pas seuls. Vous n’êtes pas seules. Vous ne le serez jamais. La preuve, ce sont ces quinze mois de résistance à la contrainte, à l’autoritarisme et à la prétention des riches et des puissants à vouloir transformer l’éducation en un vaste négoce. La résistance de ces étudiants universitaires au Québec a été la nôtre et, si personne n’a réussi à prostituer l’éducation, c’est grâce à l’organisation, grâce à l’unité et grâce à l’action de quelques poignées de gens, c’est grâce au peuple canadien et au peuple québécois.

Nous présentons dans ces lignes notre solidarité à votre action, qui est notre action. Notre solidarité avec vos voix, qui sont les nôtres, notre solidarité avec vos tambours, qui sont les nôtres. Notre solidarité avec votre joie. Nous réaffirmons notre désir d’être l’écho de la lutte que vous livrez, notre volonté d’œuvrer pour que cette lutte se transforme en victoire, en joie, en vie.

Hasta la victoria siempre.

Oscar Olivera 
guerrier de l’eau

Janvier 2013 
Cochabamba, Bolivie. 
Été indien au Sud, 
hiver joyeux, combatif 
et brûlant au Nord

Traduit par M.L. 
Texte espagnol : ACIN

Notes

[1] Le Kollasuyo, qui correspond à l’actuelle Bolivie, formait la partie méridionale de l’Empire inca.

[2] L’auteur fait référence à « la guerre de l’eau », qui s’est déroulée dans la ville de Cochabamba (Bolivie) en 2000.

 

5 Réponses to “Résistance politique: Soutien et communication entre les mouvement de résistance à l’oligarchie planétaire est la clé du succès…”

  1. […] Les mouvements de résistance à l’oppression colonialiste des nations indiennes des Amériques commencent à se liguer et à communiquer efficacement entre eux.  […]

  2. il faudrait peut être porter une attention particulière à un sujet qui commence à être évoqué et qui concerne l’Europe, à savoir la vente de parties de territoires de certains pays d’Europe avec l’aval des organisations internationales et de la commission européenne, à savoir la vente ou la location à des européens de l’Ouest des terres agricoles dans des pays comme la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie et l’Ukraine.

    11 millions d’ha agricoles seraient ainsi à attribuer en Roumanie !

    Ces terres provenant de la disparition des terres collectivisées sous le régime communiste avaient été réattribuées aux paysans à raison de 10 ha par famille. mais ne possédant pas la technologie adéquate pour les exploiter, tracteurs et autres matériels agricoles et ne pouvant les acquérir, étant donné la modicité des revenus, soit 200 € mensuel, salaire de base, comme l’on sait et les jeunes générations étant partis à la ville, seules des personnes agées résident à la campagne.

    Il s’agit d’un hold up généralisé ! d’autant plus qu’il est réalisé par les banques et les bourses de Chicago et les bourses européennes, l’acquéreur n’étant qu’un sous traitant à qui les banques prêtent abondamment l’argent qui est nécessaire ( achat parfois de lots de 5 000 ha pour y cultiver des céréales ) dont le prix d’achat est fixé par ces bourses là, suffisamment bas et les paysans locaux redevenant ainsi les ouvriers à 200 € mensuel pour travailler sur ces terres louées ou vendues.

    • exactement ce qu’il s’est produit aux Etats-Unis au debut du XIXème siècle…

      • Cr qui est grave, c’est que ces pays où on délocalise nos activités ( constructions automobiles ) se débarassent aussi de leur trop plein de main d’oeuvre inemployable, qui ne va plus vers les villes come en Pologne également vers les pays de l’ouest : 500 000 polonais sont déjà installés en Europe de l’Ouest et la politique agricole commune dont on nous vante tant ne va servir aujourd’hui qu’à abonder ces nouveaux exploitants
        sous traitants des banques et des bourses qui reçoivent également pour leur implantation des subventions européennes,
        et l’amaigrissement de nos aides ne sert qu’en fait qu’à être transférés vers ces pays qui nous concurrenceront ayant de la min d’oeuvre agricole à bas coût.

        il y a déjà des journalistes accrédités par ces multinationales qui hier soir défendaient cette pratique d’acquisition des terres sur TV7, en exhibant des paysans qui étaient contents de devenir ainsi les salariés de ces nouveaux expoitants, en mentant d’entrée et disant qu’ils percevait 500 € mensuels, alors que je venais de voir dans les jours précedents un documentaire accablant parlant lui de 200 € mensuels.

        Si les ouvriers et paysans roumains percevaient un salaire de 500 €, ils ne seraient d’emblée plus rentables et ça se sauraient, car ils ne quitteraient pas en masse leurs pays pour venir travailler en France, pour gagner péniblement 600 €.

  3. […] idle no more, terrorisme d’état. Suivez toutes les réponses à cet article par flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou envoyer un rétrolien depuis votre […]

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