Terrorisme d’État: La maison mère de l’État policier donne la mesure…

Tempête en retour

 

David Swanson

 

Le 29 Janvier 2013

 

url de l’article original:

http://warisacrime.org/content/blowback-hurricane

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La plupart de la violence à laquelle nous devons faire face est une violence que nous avons provoquée nous-même. Ceux qui nous confrontent au moyen de la violence ont autant tort que notre provocation. Mais nous ne sommes pas aussi innocents que nous voudrions l’être.

Ceci semble n’être qu’un simple concept n’attendant qu’une conformation factuelle, mais en fait c’est dramatiquement en porte-à-faux avec le concept ridiculement mal conçu de ce que les gens pensent qu’avoir tort est. D’après cette notion commune, le tort est comme une boule de pâte à modeler. Si elles le cassent en deux, alors deux personnes peuvent recevoir la moitié du blâme. Mais le blâme est une quantité finie et la pâte durcie est dificile à briser. Ainsi, lorsque celle-ci est attachée à une personne, alors tous les autres ne peuvent plus pour ainsi dire être blâmés.

J’ai mis en défaut le président Obama pour avoir donné des instructions au ministère de la justice de ne pas poursuivre quiconque au sein de la CIA pour des faits de torture, quelqu’un m’a dit alors que le ministre de la justice Eric Holder était en fait à blâmer pour cela et que donc Obama lui ne l’était pas. Si vous êtes comme moi, ce genre de calcul va vous paraître parfaitement et bizarrement stupide. La question de savoir si Obama est à blâmer est une question de savoir ce qu’il a fait ou n’a pas fait, Holder n’entre en rien dans ce cas de figure. La question de savoir si Holder est à blâmer revient à celle de savoir si Holder a agit contre l’intérêt du bien général, cela n’a rien à voir avec Obama. L’un ou l’autre ou les deux ou aucun des deux pourraient être à blâmer ou non. Ils pourraient être tous les deux à blâmer ainsi que 18 autres personnes. Nous avons des problèmes avec les lois sur les armes à feu, sur les médicaments psychotropes, les films, la télé, les jeux vidéo, les exemples de violence provenant de notre propre gouvernement et bien des éléments de notre propre culture; et aucun d’entre eux n’efface les autres.

Le tort est illimité. Plutôt qu’une boule de pâte à modeler, le tort devrait plutôt être comparé à des gouttelettes d’eau condensant dans l’air sur du verre froid. Il n’y a aucune limite, elles apparaissent dès qu’elles sont en contact avec un verre froid. Leur quantité n’est en aucun cas en relation avec le mal fait. Un million de personnes peuvent porter la responsabilité d’un mal trivial, ou une personne seule peut-être entièrement responsable et être blâmée pour une horrible tragédie.

Un autre exemple pourrait mieux expliquer la conception commune d’où vient le tort, la culpabilité. Un homme condamné pour meurtre est prouvé innocent, mais les proches de la victime veulent néanmoins le punir (en proportion du mal fait). Une autre personne est prouvée déséquilibrée mentalement ou incompétente ou mineure, mais est punie de la même façon. Le tort, la culpabilité sont perçus comme une boule de pâte à modeler en feu qui doit êtte renvoyée d’une personne à l’autre, désepérément, jusqu’à ce qu’elle puisse s’attacher a quelqu’un qui la mérite. Une fois cela fait, il n’y a plus d’urgence à trouver quelqu’un (ou quelque chose) d’autre qui serait aussi à blâmer. Le tort, la culpabilité est un concept qui est rivé dans l’esprit des gens avec un concept de vengeance. Il est plus difficile de chercher vengeance contre plusieurs entités, plusieurs personnes ou institutions qui comportent tous des degrés divers de culpabilité. C’est bien plus facile de simplifier. Une fois que la demande de vengeance parmi les offensés ou victimes est satisfaite, ceux-ci arrêtent alors de chercher de nouveaux débouchés de culpabilité (NdT: c’est le principe de ce qu’on appelle le “bouc émissaire” qu’il soit coupable ou non…)

Quand des pirates de l’air ont détourné et fracassé des avions sur les tours du WTC et du Pentagone, ils furent blâmés pour les faits. Tous ceux qui les ont aidés furent blâmés (après tout, il est difficile de se venger des morts…), mais quiconque a provoqué ou accidentellement permis que ces crimes se produisent n’a absolument pas été inquiété. Il n’y avait plus de pâte à modeler à jeter aux alentours… Blâmer le gouvernement américain d’avoir passé des années à armer, entrainer des fanatiques religieux en Afghanistan et les avoir provoqué en Palestine ou Arabie Saoudite voudrait dire d’arrêter de culpabiliser les pirates de l’air. Blâmer le gouvernement américain de ne pas avoir anticipé les attentats voudrait dire déculpabiliser les pirates de l’air.

Ce genre de raisonnement infantile nous a empêché de comprendre la véritable portée du retour de bâton que notre nation a rencontré.

Il y a des cas de figure où aucun blâme n’est à administrer. Quelqu’un qui tue en légitime défense est moins responsable que celui qui tue une victime innocente. Transcrire cela au niveau du public ou même de l’arène internationale, semble être un échec pour moi. Les mouvements sociaux violents sont à blâmer même lorsqu’ils résistent à l’injustice. Les crimes de résistance des nations natives américaines et des esclaves peuvent être perçus comme des crimes alors même que nous les comprenons comme étant un retour de bâton. Les crimes du Japon de la seconde guerre mondiale ont créé une grande culpabilité pour le Japon et ceci demeure inchangé alors même que nous comprenons les évènements historiques qui ont fait que les Etats-Unis ont poussé le Japon à la guerre et à l’impérialisme. Souvent dans l‘histoire des Etats-Unis avons-nous été confrontés à un monstre Frankenstein que nous avons nous-mêmes créé, que nous avons inentionnellement provoqué. Ceci est très différent du mythe de notre innocence et de l’agression démesurée des autres à notre égard. Une meilleure compréhension des évènements n’excuse pas l’acte d’agression, mais cela efface l’innocence du gouvernement américain.

Saddam Hussein fut notre créature. Ainsi que Kadhafi et Al-Assad. “Intervenir” en langage du Pentagone veut dire “changer de système”. Nos dictateurs restent coupables de leurs crimes quand nous apprenons que nous les avons financé. Chaque certifié de l’École des Amériques (NdT: School of Americas, le laboratoire et académie de subversion et de torture de la CIA) qui retourne chez lui pour assassiner et torturer est à blâmer pour le faire, ainsi que l’école des Amériques pour leur enseigner de le faire, et le contribuable qui la finance et les gouvernements qui y envoient des élèves pour y suivre des cours (de torture).

Nous imaginons que ces Iraniens irrationnels nous ont attaqué sans raison en 1979, alors que le coup d’état de la CIA en Iran en 1953 rendît la prise de l’ambassade prévisible, ce qui est différent de justifiable.

La Grande-Bretagne et son apprenti / futur maître les EtatsUnis craignaient de longue date une alliance entre la Russie et l’Allemagne. Ceci amena à la facilitation de la création de l’URSS et mena également au soutien du développement du nazisme en Allemagne. Le but était un conflit russo-germanique et non pas la paix. Quand la guerre est vue comme inévitable, la grande question est de savoir où la faire et non pas comment l’éviter. Le traité de Versailles à la fin de la 1ère guerre mondiale a pavé la route de la seconde, aidé en cela par les politiques économiques et commerciales de l’occident durant des décennies.

Également à Versailles, le président américain Wilson refusa de rencontrer un jeune homme du nom de Ho Chi Minh, peut-être une contribution initiale à un futur grand retour de bâton. La guerre froide fut bien sûr provoquée par des mensonges, des menaces et une course à l’armement.

Même si vous êtes partisan du fait que les Etats-Unis doivent dominer la planète militairement, quelques bases militaires qui sont construites en ce moment même sont assez difficile à justifier, sauf par une expansion inconsidérée ou une provocation intentionnelle de la Chine. On ne peut que supposer comment la Chine le perçoit. Alors même que les Etats-Unis dépensent bien plus que la Chine par an en budget militaire, l’augmentation du budget de celle-ci, provoqué par des déploiements de troupes américaines, est utilisée par les médias pour justifier toujours plus de dépenses militaires par le gouvernement américain. La plupart des Américains n’ont pas plus connaissance de ce que leur gouvernement provoque la Chine que la plupart des Israéliens n’en ont une de ce que leur gouvernement fait vraiment aux Palestiniens. Regardez ces jeunes Israéliens exposés pour la première fois à l’occupation de la Palestine par leur pays. Leur vie et leur monde en sont bouleversés. (NdT: Ceci réfère à un reportage effectué en Israël où des jeunes ont visionnés le film “Five Broken Cameras” d’Emad Burnat, film interdit par le ministère de l’éducation israélien. Le documentaire étudie la réaction des jeunes Israéliens après avoir visionné le film de Burnat… Édifiant ! A voir ici: http://www.youtube.com/watch?v=i1wEszQYEzg )

Imaginez si les Américains apprenaient ce pour quoi est utilisé l’armement qu’ils financent. Les armes américaines représentent 85% des ventes d’armes dans le monde. Alors que la National Rifle Association (NRA) a acheté un parti politique, l’entreprise Lockheed Martin elle en a acheté deux. Personne n’en parle, mais beaucoup de guerres américaines ont été combattues contre de l’armement américain. Les guerres américaines comme celle récente en Libye, ont pour résultat toujours plus de violence, comme au Mali maintenant. Les attaques des drones américains en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen génèrent une grande colère et ont déjà provoqué un retour de bâton sous la forme du ciblage et de la mort de pilotes de drones ainsi que des tentatives d’actes terroristes aux Etats-Unis.

Quand apprendrons-nous quoi que ce soit ? Le groupe de hackers Anonymous remplace des sites internet gouvernementaux avec des jeux vidéos en signe de “vengeance” de la mort d’Aaron Schwartz et nous rigolons. Mais la vengerance est à la racine de notre incapacité de penser de manière sensée à propos de la culpabilité, ce qui est à terme, la racine de notre incapacité à comprendre ce qui est fait aux autres gens dans le monde en notre nom et avec notre argent. Parce que la guerre n’est pas inévitable, chaque endroit où nous la provoquons est sûrememt un endroit qui aurait vécu en paix sans nous. Nous dépensons 170 milliards de dollars par an pour maintenir des troupes dans des pays étrangers, dans des pays d’autres gens. La vaste majorité des gens qui vivent à proximité des bases militaires américaines ne veulent pas de ces bases dans leur pays ni de vivre dans ces conditions. Beaucoup sont exaspérés par leur présence. Le retour du bâton va continuer. Nous devons commencer à vraiment comprendre que cela est normal, que c’est le thème récurrent de notre histoire entière, que sa predictabilité bien sûr ne le justifie pas, que nous sommes coupables et aussi qu’il y a beaucoup de culpabilité à distribuer pour ceux qui l’ont mérités.

David L. Swanson est un activiste américain, blogueur et écrivain, son site internet: http://warisacrime.org

5 Réponses vers “Terrorisme d’État: La maison mère de l’État policier donne la mesure…”

  1. Gaudefroy Says:

    Bonjour,
    je tiens d’abord à vous remercier pour votre travail admirable de traducteur, en particulier sur la vitamine D ou le municipalisme libertaire.
    Etienne Chouard a posté sur sa page facebook un extrait en anglais concernant l’holocauste au Congo. Peut-être cela vous intéresserais de le traduire.
    Amicalement.

     » Pardon de relayer directement en anglais : je n’ai pas le temps de traduire, mais c’est révoltant. Ça me remue d’autant plus que je suis en train de lire un livre bouleversant : « Les fantômes du roi Léopold. La terreur coloniale dans l’État du Congo, 1884-1908 » d’Adam Hochschild.
    Apparemment, ça continue. C’est affreux.
    J’ai honte, pardon.
    Three centuries ago, the West used colonialism and slavery to rape Africa of its lucrative natural resources.

    Today, they simply use multinational mega-corporations based in Paris, London and New York, deploy the most common tactic on Third World nations of divide and conquer, and equip the warring factions with American, British, French, Russian and Chinese-made weapons.

    So whilst we push the Africans into blood-letting, we slip the gold out from under the carpet, all to appease our hungry appetites in the West for the latest mobile phone and 24c gold necklace, without paying the Africans a dime for what it’s worth.

    Whoever said the West believed in free and fair trade and stability in Africa?

    Yet, Hari demonstrates that as Western citizens we aren’t as helpless in this atrocious war as it seems.

    Perhaps the global economic recession might be a positive way of strangling our rampant, selfish consumerism. One less golden necklace for Christmas might actually save a life in Congo.

    How we fuel Africa’s bloodiest war

    What is rarely mentioned is the great global heist of Congo’s resources

    The deadliest war since Adolf Hitler marched across Europe is starting again – and you are almost certainly carrying a blood-soaked chunk of the slaughter in your pocket. When we glance at the holocaust in Congo, with 5.4 million dead, the clichés of Africa reporting tumble out: this is a « tribal conflict » in « the Heart of Darkness ». It isn’t. The United Nations investigation found it was a war led by « armies of business » to seize the metals that make our 21st-century society zing and bling. The war in Congo is a war about you.

    Every day I think about the people I met in the war zones of eastern Congo when I reported from there. The wards were filled with women who had been gang-raped by the militias and shot in the vagina. The battalions of child soldiers – drugged, dazed 13-year-olds who had been made to kill members of their own families so they couldn’t try to escape and go home. But oddly, as I watch the war starting again on CNN, I find myself thinking about a woman I met who had, by Congolese standards, not suffered in extremis.

    I was driving back to Goma from a diamond mine one day when my car got a puncture. As I waited for it to be fixed, I stood by the roadside and watched the great trails of women who stagger along every road in eastern Congo, carrying all their belongings on their backs in mighty crippling heaps. I stopped a 27 -year-old woman called Marie-Jean Bisimwa, who had four little children toddling along beside her. She told me she was lucky. Yes, her village had been burned out. Yes, she had lost her husband somewhere in the chaos. Yes, her sister had been raped and gone insane. But she and her kids were alive.

    I gave her a lift, and it was only after a few hours of chat along on cratered roads that I noticed there was something strange about Marie-Jean’s children. They were slumped forward, their gazes fixed in front of them. They didn’t look around, or speak, or smile. « I haven’t ever been able to feed them, » she said. « Because of the war. »

    Their brains hadn’t developed; they never would now. « Will they get better? » she asked. I left her in a village on the outskirts of Goma, and her kids stumbled after her, expressionless.

    There are two stories about how this war began – the official story, and the true story. The official story is that after the Rwandan genocide, the Hutu mass murderers fled across the border into Congo. The Rwandan government chased after them. But it’s a lie. How do we know? The Rwandan government didn’t go to where the Hutu genocidaires were, at least not at first. They went to where Congo’s natural resources were – and began to pillage them. They even told their troops to work with any Hutus they came across. Congo is the richest country in the world for gold, diamonds, coltan, cassiterite, and more. Everybody wanted a slice – so six other countries invaded.

    These resources were not being stolen to for use in Africa. They were seized so they could be sold on to us. The more we bought, the more the invaders stole – and slaughtered. The rise of mobile phones caused a surge in deaths, because the coltan they contain is found primarily in Congo. The UN named the international corporations it believed were involved: Anglo-America, Standard Chartered Bank, De Beers and more than 100 others. (They all deny the charges.) But instead of stopping these corporations, our governments demanded that the UN stop criticising them.

    There were times when the fighting flagged. In 2003, a peace deal was finally brokered by the UN and the international armies withdrew. Many continued to work via proxy militias – but the carnage waned somewhat. Until now. As with the first war, there is a cover-story, and the truth. A Congolese militia leader called Laurent Nkunda – backed by Rwanda – claims he needs to protect the local Tutsi population from the same Hutu genocidaires who have been hiding out in the jungles of eastern Congo since 1994. That’s why he is seizing Congolese military bases and is poised to march on Goma.

    It is a lie. François Grignon, Africa Director of the International Crisis Group, tells me the truth: « Nkunda is being funded by Rwandan businessmen so they can retain control of the mines in North Kivu. This is the absolute core of the conflict. What we are seeing now is beneficiaries of the illegal war economy fighting to maintain their right to exploit. »

    At the moment, Rwandan business interests make a fortune from the mines they illegally seized during the war. The global coltan price has collapsed, so now they focus hungrily on cassiterite, which is used to make tin cans and other consumer disposables. As the war began to wane, they faced losing their control to the elected Congolese government – so they have given it another bloody kick-start.

    Yet the debate about Congo in the West – when it exists at all – focuses on our inability to provide a decent bandage, without mentioning that we are causing the wound. It’s true the 17,000 UN forces in the country are abysmally failing to protect the civilian population, and urgently need to be super-charged. But it is even more important to stop fueling the war in the first place by buying blood-soaked natural resources. Nkunda only has enough guns and grenades to take on the Congolese army and the UN because we buy his loot. We need to prosecute the corporations buying them for abetting crimes against humanity, and introduce a global coltan-tax to pay for a substantial peacekeeping force. To get there, we need to build an international system that values the lives of black people more than it values profit.

    Somewhere out there – lost in the great global heist of Congo’s resources – are Marie-Jean and her children, limping along the road once more, carrying everything they own on their backs. They will probably never use a coltan-filled mobile phone, a cassiterite-smelted can of beans, or a gold necklace – but they may yet die for one.

    • Merci.
      Extrait effectivement très intéressant… Avez-vous les références: auteur, titre, date, lien url s’il y a lieu.
      C’est nécessaire pour toute traduction.
      merci de nous suivre et d’œuvrer pour la connaissance, c’est elle qui nous libèrera !

      • Gaudefroy Says:

        Voici la page source, ce texte illustrant d’ailleurs un dessin.

        Et, pan sur le bec car je ne l’avais pas vue, une traduction quasi complète de l’article par jules guillou dans les commentaires de la page facebook d’étienne :

         » Il y a trois siècles de cela, l’Occident usa du colonialisme et l’esclavage pour violer l’afrique en lui pillant ses ressources naturelles.

        De nos jours, ils utilisent tout simplement des mega-corporations, des multinationales basées à Paris, Londres et New-York, déploient la tactique la plus communément utilisée sur les nations du « tiers-monde » du divisé pour mieux regner, en équipant les factions armées d’armes de fabrications américaine, britannique, française, russe et chinoise. (ndt: nous pourrions également ajouter israëlienne..)

        Donc tandis que nous poussons les Africains à se vider de leur sang, nous dérobons l’or « de sous les tapis », tout cela pour apaiser nos appétits affamés d’occidentaux pour le dernier téléphone mobile ou des colliers en or 24 carats, sans payer un centime aux Africains pour ce que cela vaut..

        Qui a dit que les citoyens occidentaux croyaient en un libre échange et commerce équitable et la stabilité en Afrique?

        Ceci étant, Hari démontre qu’en tant que citoyens ocidentaux, nous ne sommes pas aussi impuissants face à cette guerre atroce qu’il n’y paraitrait..

        Peut-être que la récession économique mondiale pourrait être une voie positive pour « étrangler » notre rampant consumérisme égoïste. Un collier en or de moins pour la nuit de Noël peut en effet sauver une vie au Congo.

        Comment nous alimentons la guerre la plus sanglante d’Afrique?

        Ce qui est rarement mentionné est le pillage global des ressources du Congo.

        La guerre la plus meurtrière depuis qu’Adolf Hitler marcha à travers l’Europe démarre de nouveau – et vous êtes très probablement en train de porter un morceau du massacre sanglant dans votre poche. Quand nous jetons un coup d’oeil à l’holocauste au Congo, avec 5.4 millions de mort, les clichés journalistiques sur l’Afrique ressortent aussitôt: ceci est un « conflit tribal » dans « le coeur de la noirceur » (sic). Ce n’est pas le cas. L’investigation de l’ONU a trouvé qu’il s’agit d’une guerre menée par « des armées de business » to s’approprier les métaux qui permettent à notre société du 21ème siècle d’être « zing & bling » (ndt: certainement quelque chose du genre tape à l’oeil et prétentieuse..). Il s’agit là d’une guerre qui vous concerne.

        Tous les jours, je pensais aux gens que j’ai rencontré dans les zones de guerre à l’est du Congo lorsque j’y étais en reportage. Des quartiers étaient remplis de femmes victimes de viols en réunion par des miliciens qui avaient aussi fait feu dans leur vagin. Les battaillons d’enfants soldats – drogués, égarés à 13ans, qui ont été endoctrinés pour tuer des membres de leurs propres familles afin qu’ils ne puissent s’achapper et rentrer dans leurs foyers. Mais étrangement, lorsque je regarde la guerre qui redémarre sur CNN, je me retrouve à penser à la femme que j’ai rencontré qui n’était, selon les standards congolais, pas morte « in extremis ». (ndt: ?)

        D’une mine de diamants, je repartais vers Goma un jour lorsque j’ai eu une crevaison. Tandis que j’attendais pour la réparation, je me suis assis au bord de la route et ai regardé les grandes files de femmes arpentant toutes les routes dans l’est du Congo, portant tous leurs biens sur leurs dos ces amas d’affaires les handicapant terriblement. J’ai interpellé une femme de 27 ans nommée Marie-Jean Bisimwa, qui avait 4 jeunes enfants titubants à ses cotés. Elle m’a dit avoir de la chance. Certes, son village avait été brulé. Certes, elle avait perdu son mari au milieu de ce chaos. Certes, sa soeur avait été violée et était devenue « folle ». Mais ses enfants et elle étaient en vie.

        Je l’ai accompagné (en voiture), et ce n’était que l’affaire de quelques heures de dialogue sur des routes jonchées de « cratères » que je réalisa que quelque chose ne tournait pas rond avec les enfants de Marie-Jean. Ils étaient affalés en avant, leurs regards fixés devant eux. Ils n’ont pas regardé autour, parlé ou sourit. « Je n’ai jamais été en mesure de les nourrir », dit-elle, « à cause de la guerre ».

        Leurs cerveaux ne s’étaient pas développés, ils ne le pourraient plus désormais. « Iront-ils mieux? » demanda-t-elle. Je l’ai déposée dans un village aux alentours de Goma, et ses enfants la suivèrent, avec difficulté, et sans expression.

        Il y a deux versions pour le départ de cette guerre – la version officielle, et la véritable histoire. La version officielle est qu’après le génocide rwandais, les meurtriers Hutus s’enfuirent, par la frontière avec le Congo, à l’intérieur de celui-ci. Le gouvernement rwandais n’alla pas là où les génocidaires étaient, du moins pas de suite. Ils sont allé là où les ressources naturelles du Congo se trouvaient – et en ont commencé le pillage. Ils ont même dit à leurs troupes de travailler avec n’importe quel Hutu qu’ils pouvaient croiser. Le Congo est la pays le plus riche du monde en or, diamants, coltan (colombite-tantalite) , cassitérite et plus encore.
        Tout le monde en voulait une tranche – Six autres pays envahirent alors.

        Ces ressources n’étaient pas volées pour être utilisées en Afrique. Elles étaient saisies pour qu’elles puissent ensuite nous être vendues. Plus nous en achetions, plus les envahisseurs volaient – et torturaient. La montée « en puissance » des téléphones mobiles provoqua une acceleration des morts, car la colombite-tantalite qu’ils contiennent est principalement trouvée au Congo. l’ONU nomma les firmes internationales qu’elle croyait être impliquées: Anglo-America, Standard Chartered Bank, De Beers et plus de 100 autres. (Toutes nient leur implications) Mais au lieu de stopper ces firmes, nos gouvernements ont demandé que l’ONU cesse de les critiquer.

        Il y eu des moments où les combats s’estompèrent. En 2003, un accord de paix fut finalement implémenté par l’ONU et les armées internationales se retirèrent. Beaucoup continuèrent « en proxy » via des milices – mais le carnage s’intensifia. Jusqu’à aujourd’hui. Comme pour la première guerre, il y a une histoire de « couverture » et la vérité. Un leader milicien congolais nommé Laurent Nkunda – soutenu par le Rwanda – affirme qu’il a besoin de protéger la population Tutsi locale des mêmes génocidaires Hutu qui se sont reclus dans les jungles de l’est du Congo depuis 1994. C’est pourquoi il se saisi des bases militaires congolaises & veut marcher sur Goma.

        C’est un mensonge. François Grignon, Directeur pour l’Afrique de l’International Crisis Group, me dit la vérité: « Nkunda est financé par des hommes d’affaire rwandais afin qu’ils puissent conserver le contrôle des mines dans le Nord-Kivu. C’est là même le noyau dur de ce conflit. Ce à quoi nous assistons désormais sont les « bénéfices » de l’économie illégale de la guerre menée pour préserver leur droit d’exploitation. »

        A ce moment, les intérêts financiers rwandais tirent une fortune des mines qu’ils ont illégallement saisi durant la guerre. Le prix mondial de la colombite-tantalite s’est effondré, donc ils se concentrent maintenant sur la cassitérite, qui est utilisée pour faire des boites de conserves et autres produits jetables. Au fur et à mesure que la guerre commence à s’intensifier, ils sont face à une éventuelle perte de contrôle du gouvernement élu (sic) du Congo – ils y ont donc donné un nouveau coup de départ sanglant.

        Cependant, le débat à propos du Congo dans l’occident – quand celui-ci existe du moins – se concentre sur notre incapacité à fournir le « pansement » adéquat, sans mentionner que nous causons la plaie. Il est vrai que les 17 000 forces de l’ONU dans le pays sont dans un échec abyssal pour protéger la population civile, et devraient être renforcées en urgence. Mais il est plus important encore de stopper l’alimentation de cette guerre par l’achat de ressources naturelles pillées au prix du sang. Nkunda n’a que le nécessaire en fusils et grenades pour s’en prendre à l’amée congolaise et aux casques bleus car on lui finance son attirail. Nous devons poursuivre en justice les firmes les achetant pour commettre des crimes contre l’humanité, et introduire une taxe mondiale sur la colombite-tantalite pour payer une force substantielle garante de paix. Pour y arriver, nous devons bâtir un système international qui estime (dans le sens respect) les vies des individus noirs plus qu’il n’estime le profit.

        Quelque part là bas – perdue au milieu du pillage global des ressources du Congo – se trouve Marie-Jean et ses enfants, errant le long des routes une fois de plus, portant tout ce qu’ils ont sur leurs dos. Ils n’utiliseront certainement jamais un téléphone mobile au colombite-tantalite, une conserve de haricots en cassirétite formée, ou un collier en or – mais ils pourraient mourir pour l’une de ces choses. « 

  2. Nous sommes en train d’assister, sous couvert de lutte contre l’islamisme qui n’est pas moins présent depuis 2008 dans les régions, puisqu’il a conquis le Mali et est représenté au gouvernement et qu’il engagé une lutte d’influence avec l’islamisme modéré, à un redécoupage de l’Afrique entre Occidentaux pour l’accès aux matières premières :

    les européens au Mali, Niger, Tchad, Soudan

    et les américains en RDC avec l’aide de Kagamé dont nous supportons les dépenses et qui avec l’Ouganda dont les armées formées par les français et américains occupent le nord de la RDC, avec la bienveillance de la force internationnale mandatée par l’Onu, qui observe et garantit le bon déroulement du pillage.

  3. L’Afrique meurt comme le ciel est bleu : c’est atrocement devenu normal.
    Réac à deux balles je serais tenté de dire qu’ados, on voulait tout faire péter. Maintenant faut un iMachin, le reste ne compte pas.
    Coupables, responsables, complices… même à des degrés différents y’a pas de quoi être fiers.

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