Colonialisme occidental: L’idéologie raciste de l’occident régule toujours l’assujettissement des nations autochtones des Amériques…

Nous avons traduit cet article de Steven Newcomb, intellectuel et activiste Shawnee, qui illustre parfaitement la façon dont les nations indigènes ont été et sont toujours traités en Amérique du nord (et du sud). Pourquoi Harper et le gouverneur général du Canada (nommé par la reine d’Angleterre), qui est le représentant de la couronne britannique au Canada, nation totalement dépendante politiquement du Royaume-Uni et des Etats-Unis et économiquement des Etats-Unis dont il est un satellite comme la Pologne ou la Tchécoslovaquie l’étaient de l’URSS. (ceci est un parallèle tout à fait valide), refusent-ils de rencontrer chef Spence en grève de la faim ? La réponse est en partie dans cet article: parce le gouvernement canadien (comme le gouvernement américain) suit les textes qui fondent leur relation avec les nations natives. Ces textes datent du XVIIIème et début XIXème siècles et sont fondamentalement racistes dans leur conception même. Toute la politique du ministère des affaires indiennes canadien est fondée essentiellement sur une décision de la cour suprême des… Etats-Unis de 1823, qui stipule entre autre que les nations locales sont des sous-hommes que l’occident tout puissant peut déposséder par droit divin.

Nous avons traduit à Noël le manifeste du mouvement Idle No More et avons relayé des informations importantes sur le mouvement. Notre position est la suivante, nous l’avons dit et le répétons: l’activisme des nations indigènes des Amériques est la voie du futur, nous devons écouter et nous joindre à ces mouvements pour briser le cercle infernal de l’oppression et de l’exploitation fondé exclusivement sur des concepts absolument racistes motivant la domination d’une « civilisation éclairée » sur « des sauvages » ne reconnaissant même pas la propriété privée ! Il est grand temps de foutre toute cette ignominie par dessus bord. Nous avons beaucoup à apprendre des oppressés depuis 500 ans, car ne nous leurrons pas… Nous sommes aujourd’hui victimes du même racisme anti-humanité de la part de l’oligarchie. Leur combat a terme est le notre, c’est aussi simple que cela !

— Résistance 71 —

 

La doctrine coloniale de la découverte et le mouvement Idle No More

 

Steven Newcomb

 

Le 4 Janvier 2013

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/opinion/colonial-doctrine-discovery-and-idle-no-more-146731

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors que nous approchons le 200ème anniversaire de la mort sur le champ de bataille du grand leader Shawnee Tecumseh, tué par les forces américaines sur la rivière Thames en Amérique du Nord le 5 Octobre 1813, une très grosse vague d’activisme de la part des nations aborigènes et des peuples de Turtle Island vient soudain déferler sur cette région géographique connue maintenant sous le nom de Canada.

Le puissant activisme que nous voyons s’exercer est une campagne à travers le continent appelée “Idle No More”. Cette campagne est mise en avant par la courageuse grève de la faim de chef Thérésa Spence de la nation Attiwapiskat. Au jour de l’écriture de cet article, elle en est à son 22ème jour de grève de la faim et s’affaiblit de jour en jour.

L’action de Chef Spence fait partie de sa demande de rencontrer personnellement le premier ministre canadien Stephen Harper ensemble avec “son excellence l’honorable David Johnson, gouverneur du Canada pour le Royaume-Uni”. Elle désire rencontrer ces deux hommes en tant que représentants de gouvernements afin de discuter de problème pressant pour son peuple et pour les autres nations autochtones et peuples du continent, tels que les traités et les droits inhérents.

Evidemment, il y a beaucoup de problèmes que les nations indigènes et peuples de Turtle Island de cette région du continent, essaient de discuter avec le gouvernement canadien. Ceci va des centaines de femmes aborigènes assassinées ou portées disparues en Colombie Britannique, au pipeline de Keystone XL, en passant par l’exploitation des peuples autochtones et des territoires, sans parler du processus de termination injustement appelé “processus de traité” en Colombie Britannique des milliers d’enfants Indiens qui continuent à être mis en milieu d’assimiliation culturelle dans des familles adoptives non-aborigènes.

De mon point de vue, toutes  ces affaires pressantes sont le résultat direct de l’histoire de la déshumanisation à laquelle les nations natives et des peuples de Turtle Island ont été soumis depuis des siècles. Je suis fasciné par les racines conceptuelles du système de pensée existant et qui continue d’être utilisé contre les nations indigènes et les peuples de cette vaste région géographique appelée maintenant Canada.

Qu’un leader de l’une de ces nations originelles de Turtle Island se sente obligé d’entrer en grève de la faim pendant plus de vingt jours dans un effort de gagner une entrevue avec le premier ministre du Canada, est, de mon point de vue, la preuve du phénomène de la déshumanisation et du manque de respect.

Un livre intitulé: “Aboriginal Law: Cases, Materials and Commentary” (2009), écrit par Thomas Isaac, explique et dénonce le système et les cas légaux du Canada gérant les affaires avec les nations autochtones et peuples du continent. Les deux premiers documents majeurs publiés dans le livre sont la Proclamation Royale de 1763, écrite par le roi George d’Angleterre et le rendu de la cour suprême de justice de 1823: Johnson & Graham’s Lessee vs MacIntosh, rédigé par le juge John Marshall. Bizarrement, cette décision est aussi une partie prenante clé du système  légal fédéral canadien des affaires indiennes. Ceci parce que les treize colonies originales qui devinrent les Etats-Unis débutèrent en tant que colonies britanniques sous l’autorité de la couronne d’Angleterre.

En préambule de la décision de justice Johnson vs M’Intosh, le juge écrivit que “Le créateur de toute chose a imprimé dans l’esprit de sa créature humaine certains principes de justice abstraite.” Les “droits des nations civilisées”, déclara Marshall, se devaient d’être déterminés par la cour de justice sur la base de ces principes de “justice abstraite”.

En plaçant “nations civilisées”, “principes de justice abstraite” et “Homme”, dans la même catégorie, la cour suprême, par implication inversée, plaçant simultanément les peuples aborigènes que la cour étiquette “sauvages cruels”, dans la catégorie des “non-humains” ou “sous-hommes”.

La cour suprême des Etats-Unis dit aussi dans cette décision qu’elle reconnaît les “nations civilisées” posséder “l’indépendance parfaite”. Par implication, l’inverse est également vrai: la cour refusa de reconnaître aux nations ou gens qu’elle considérait comme “sauvages” et “païens” le droit à l’ “indépendance parfaite”. Pour bien clarifier ce point, le juge Marshall dit injustement des Indiens: “Leurs droits à la souveraineté complète, en tant que nations indépendantes, étaient nécessairement diminués par le principe fondamental que la découverte donne titre de propriété à ceux qui découvrent.”

“Alors que les différentes nations européennes respectaient  le droit des natifs, comme occupant”, écrivit la cour, “ils assumaient que la domination ultime étaient pour elles-mêmes, et elles demandèrent et exercèrent le pouvoir d’attribuer la terre pourtant toujours en possession des autochtones, en conséquence de cette domination ultime.”

Pourquoi un tel langage est-il si significatif ? Parce qu’il montre que les traits de raisonnement ancré dans un racisme profond et de une déshumanisation passés, continuent de coloniser et de dominer le présent. Idle No More a aussi besoin de devenir une protestation contre les causes sous-jacentes des griefs que les nations aborigènes expérimentent aujourd’hui, des causes qui sont enracinées conceptuellement dans le passé de la chrétienté occidentale et du soi-disant “âge de la découverte”.

Ces traits de caractère conceptuels sus-mentionnés ont été sanctifiés dans le système légal fédéral des affaires indiennes du gouvernement du Canada. Ceci a eu pour résultat, la déshumanisation endémique, le manque de respect, et le déshonneur exhibé contre des nations de personnes originellement libres et indépendantes de ce continent va continuer sans arrêt tant que nous ne trouverons pas un moyen de créer un dialogue plus informé au sujet des racines du problème auquel nous avons à faire face.

Nous avons besoin de créer un dialogue détaillé et de débattre au sujet de l’histoire coloniale et des origines du Canada et des Etats-Unis ainsi que de l’origine du système idéologique de domination et de subordination qui est toujours utilisé contre nos nations et nos peuples autochtones par ces deux gouvernements.

Ceci est la base sur laquelle nous devons nous rassembler dans une alliance inter-continent des nations originellement libres, comme envisionné par Tecumseh il y a deux cents ans et par Pontiac avant lui.

Steven Newcomb (Shawnee/Lenape) est co-fondateur et co-directeur de l’Institut des Lois Indigènes, auteur de “Païens dans la terre promise: décodage de la doctrine de la découverte chrétienne” (Fulcrum, 2008). Il est aussi le coordinateur de la recherche pour la tribu Sycuan de la nation Kumeyaay sur le territoire Kumeyaay. 

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