Marasme socio-politique: La solution des communes libres et autogérées… Suite et fin…

Ceci est la seconde et dernière partie de l’essai d’Isaac Puente de 1932: « El communismo libertario », traitant plus spécifiquement de l’organisation économique et politique de la nouvelle société. Ce texte a servi de base à la nouvelle société libertaire espagnole gérée par la CNT entre 1936 et 1939, bien que l’organisation ait commencé bien avant, notamment dans certaines régions de l’Espagne comme l’Andalousie où l’anarchisme s’est implanté depuis les années 1860.

Certaines propositions peuvent paraître un peu « démodées », mais sont en fait parfaitement adaptable à la société existant depuis la fin du XXème siècle. N’oublions jamais que la pensée libertaire n’est en rien dogmatique, qu’elle s’est adaptée et s’adapte toujours à l’évolution (ou plutôt la régression…) de la société actuelle. A cet égard ,des propositions de changement sociétaires comme proposées par Murray Bookchin  et Janet Biehl et leur municipalisme libertaire ou  celle d’un Michaël Albert sur l’économie participative ou « écopar » sont de très bons exemple de quelques manières d’adapter la pensée et le modèle libertaire au monde qui nous entoure.

90% des problèmes inhérents se résoudront dans la pratique et les solutions seront trouvées ici et maintenant ou dans le temps par les personnes directement concernées par la gestion de leur commune libre et de leur inclusion dans une fédération active des communes libres. Un des meilleurs exemples depuis 1994 est le mouvement autonome zapatiste du Chiapas dans le sud du Mexique. Ce mouvement ne se revendique pas anarchiste, mais a synthétisé une pratique libertaire du communisme (dans le sens de fédération de communes) totalement adaptée à leur environnement et à leur culture. Cela marche pour eux et marchera, adapté, pour toute collectivité capable de transcender ses différences.

En cela le pamphlet d’Isaac Puente demeure d’une incroyable actualité tant dans la vision des choses que dans la recette d’application pratique. Pour y parvenir, il faut retrouver cette qualité de la nature humaine primordiale qui a été ensevelie sous une sacrée couche d’immondices, résidus de la société du spectacle et de la consommation effrennée: La solidarité et l’entr’aide mutuelle…

— Résistance 71 —

1ère partie

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~ Traduit de l’espagnols par Résistance 71 ~

 

L’organisation économique de la société

 

Le communisme libertaire est fondé sur l’organisation économique de la société, l’intérêt économique étant le seul lien commun entre les individus en cela qu’il représente le seul lien qui nécessite un accord de tous. L’organisation sociale du communisme libertaire n’a aucun autre but que de mettre sous propriété commune tout ce qui constitue les moyens de création de richese de la société, à savoir: les moyens et les outils de production et les produits eux-mêmes (NdT: ainsi dans l’ère moderne que les moyens de distribution et de services) et aussi de faire une obligation commune que chacun contribue à cette production en accord avec son énergie, son talent / savoir-faire, et de voir ensuite que les produits soient distribués à tous en accord avec les besoins de chacun.

Tout ce qui ne qualifie pas comme fonction économique ou comme activité économique se trouve de facto en dehors de la compétence de l’organisation basée sur l’économie et est en conséquence ouvert à l’initiative personnelle et à l’activité individuelle.

Le contraste entre l’organisation fondée sur des politiques différentes, ce qui est une caractéristique commune à tous les régimes basés sur l’état et une organisation fondée sur les facteurs économiques, dans un régime qui nie l’état, ne peut pas être plus radical, plus dramatique. Afin de démontrer ce contraste dans sa pleine mesure, nous avons élaboré ce schéma comparatif:

  • L’organisation politique (étatique):
    – Traite les gens comme des enfants, incapables de s’organiser ou de se gouverner eux-mêmes sans supervision.
    – Tous les pouvoirs résident dans l’état: l’économie, l’éducation, l’administration de la justice, l’interprétation des lois, la création de la richesse et l’organisation de toutes les fonctions.
    – L’état est souverain. Toutes les forces (armée, police, tribunaux, prisons) sont concentrées dans ses mains. Les citoyens sont sans défense, désarmés, ce qui ne les empêche pas d’être labellisé ‘souverains” par les soi-disantes démocraties.
    – Les gens sont groupés selon leurs croyances politiques, religieuses ou sociales, de manière minimum aussi loin que cela constitue la façon dont les gens diffèrent entr’eux et varient le plus.
    – L’état, qui représente une petite minorité, clâme avoir une grande capacité, habilité et sagesse par rapport aux groupements sociaux divers. “Une tête sait plus que le reste mis ensemble”.
    – En établissant une forme fixe à tout jamais (la constitution ou le code), l’état déforme le futur et mutile la vie, qui est à multiples facettes et en changement constant.
    – L’état s’approprie tout. Les citoyens n’ont rien d’autre a faire que de payer, d’être obéissants, de produire et de suivre la volonté suprême de la personne en contrôle. L’état nous dit: “Donnez-moi le pouvoir et je vais vous rendre heureux.”
    – La société est divisée en deux castes antagonistes: ceux qui donnent les ordres et ceux qui obéissent aux ordres.
    – Seuls des droits de papier, fictionnels sont accordés: liberté, souveraineté, autonomie etc… afin de nourrir la flamme sacrée de l’illusion politique
    – Le progrès et l’évolution de la société mène l’état à travers des formes despotiques et absolutistes vers son effondrement. Le fascisme est une solution tardive apportée par l’état, tout comme le socalisme. L’état déguise et cache ses privilèges seulement pour finir par les perdre petit à petit alors que les consciences individuelles et de classes se développent.
    – Quand l’organisation est politiquement fondée, la hiérarchie s’accentue vers un pinacle. Au dessus des citoyens se trouve le conseil municipal, au-dessus le conseil national: toujours plus haut, le “gouverneur” et encore plus haut le gouvernement.
  • L’organisation d’union syndicale (communisme libertaire):
    – Prend en compte chaque collectivité professionnelle et reconnaît leur capacité à organiser leurs propres affaires. Considère la supervision inutile et l’état superflu.
    – L’initiative passe aux organisations professionnelles, le contrôle de l’éducation aux enseignants, le contrôle des services de santé aux travailleurs de ce secteur. Le contrôle des communications passe aux techniciens et aux assemblées de travailleurs, tandis que le contrôle de la producrion passe à la Fédération des syndicats (communes).
    – Le pouvoir retourne là où il n’aurait jamais dû partir en cela que chaque groupe va le redistribuer à ses membres, il n’est plus accumulé, chaque individu aura sa part et l’assemblée aura ce que chacun lui accorde.
    – Les gens s’unifient par occupation commune et par besoins communs dans l’union (la commune) et aussi loin que la commune/municipalité libre est concernée, les gens s’assemblent par localité et intérêts partagés. De cette façon, les choses en commun se trouvent maximisées.
    – L’assemblée professionnelle comprend ainsi le maximum de justesse, de savoir-faire et de sagesse. Tous ensemble, nous en savons plus qu’une personne seule, même éduquée.
    – Sous une organisation de municipalité libre (union), les lignes de conduite à suivre seront continuellement révisées à la lumière des circonstances.
    – En l’absence des intermédiaires et des rédempteurs, chaque individu doit gérer ses propres affaires et doit s’habituer à la gestion sans passer par des intermédiaires, se libérant ainsi de cette habitude acquise au travers de siècles d’asservissement politique.
    – Chaque citoyen refuse de n’être qu’un producteur et rien de plus. Les positions administratives ne seront que temporaires, sans exemption de travail productif. Ces positions seront constamment dépendantes des décisions atteintes par les assemblées.
    – La liberté fondamentale, la liberté économique, est mise en pratique. La démocratie, à savoir le gouvernement du peuple par le peuple sera une réalité. Le fédéralisme sera réel avec la reconnaissance donnée à la plus grande autonomie et indépendance de la municipalité et de chaque entité productrice.
    – L’évolution des collectivités professionnelles les mène à toujours plus de perfectionnement et de croissance. Elles ont évolué de la défense des intérêts économiques particuliers égoïstes de l’individu vers la formation qui va les équiper pour accepter leur rôle dans la société.
    – Là où l’organisation est fondée sur l’économique, la “hiérarchie” fonctionne vraiment du bas vers le haut (NdT: bien qu’il ne s’agisse plus véritablement d’une société pyramidale, ou alors d’une pyramide très, très applatie…). Les décisions d’un comité peuvent être annulées par un plenium: des décisions pléniaires par l’assemblée et les décisions de l’assemblée peuvent être altérées par le peuple.

La richesse et le travail

Il y a deux choses qui doivent être partagées parmi la population d’une nation: la richesse ou produire pour la consommation de la population entière et le travail requis pour y parvenir. Ceci serait une solution juste et équitable. Une solution qui serait également très rationnelle. Mais dans la société capitaliste, la richesse ne va que dans un seul secteur, un secteur qui ne travaille pas, tandis que le travail lui est assigné à un autre secteur dont les besoins en matière de consommation ne sont pas satisfaits. C’est à dire que nous nous retrouvons dans une situation inverse de ce qui se produit dans la nature, qui alimente toujours plus de substance ou de sang aux membres ou organes qui font le travail. […]

[…] Alors que de nos jours quelques sept millions de travailleurs (NdT: Dans l’Espagne de 1932) sont engagés dans la production de richesse et que cela veut dire qu’ils doivent travailler une moyenne de huit heures par jour, si les 14 millions de personnes capables de travailler se mettaient à la tâche, cela voudrait dire qu’il ne faudrait plus que 4 heures par jour de travail et par personne pour achever la même production. Ceci est la leçon simple et claire que nous pouvons déduire d’une bonne et juste distribution. Ceci est l’utopie que les anarchistes veulent mettre en place.

Le potentiel économique de notre pays

Comme on peut s’y attendre, l’introduction du communisme libertaire dans notre pays, seul de toutes les nations européennes à le faire, amènera l’hostilité des nations capitalistes. Utilisant la défense des intérêts de ses sujets comme prétexte, l’impérialisme bourgeois tentera d’intervenir par la force des armes pour écraser notre système dès sa naissance. Une intervention armée d’une ou plusieurs nations extérieures voudra dire: guerre mondiale. Afin d’éviter la menace d’une révolution sociale dans leur pays, les nations capitalistes préféreraient le plan en sous-main de financer une armée mercenaire comme ils l’ont fait en Russie. […]

[…] Quoi qu’il en soit, si les gens arrivent à tirer le maximum des ressources de notre zone rurale et parviennent ainsi à développer pour eux-mêmes des standards de vie meilleurs, alors ils deviendront les meilleurs défenseurs du communisme libertaire. Un autre danger est le blocus de nos côtes par les navires de guerre des pays capitalistes, ce qui voudra dire que nous devrons nous contenter de nos seules ressources intra muros. Vu la longuer de nos régions côtières ce blocus pourra être facilement contourné, mais la possibilité demeure et nous devrons adresser cette question au préalable. […]

Note du traducteur: suit ici une liste des ressources et possibilités pour l’Espagne des années 1930 sur plusieurs pages… […]

La mise en pratique

Le communisme libertaire est basé sur des organisations qui existent déjà, grâce auxquelles la vie économique dans les villes et les villages peut se dérouler à la lumière des besoins particuliers de chaque localité. Ces organisations sont les syndicats et les municipalités libres. Le syndicat rassemble les individus, les groupe selon la nature de leur travail. En premier lieu, il regroupe les ouvriers d’une usine, d’un atelier ou d’une entreprise, ceci étant la plus petite cellule jouissant d’autonomie en ce qui concerne sa propre activité. Uni à d’autres cellules identiques, ceci constitue une section au sein du syndicat départemental ou industriel. Les syndicats locaux se fédèrent entr’eux, formant une fédération locale, composée des comités élus par les cellules syndicales; une assemblée pléniaire se constitue et une assemblée générale, qui en dernière instance est suprêmement souveraine.

La municipalité libre est l’assemblée de travailleurs dans de petites localités, villages ou hameaux, jouissant de pouvoirs souverains en regard de toutes les affaires locales. En tant qu’institution d’origine ancienne, elle peut, malgré la dilution par les institutions politiques actuelles, retrouver sa souveraineté ancienne et prendre en charge l’organisation de la vie locale.

L’économie nationale est le résultat de la coordination de diverse localités qui constituent la nation. Quand chaque localité a son économie en bonne marche et bien administrée, l’ensemble doit devenir un arrangement harmonieux et la nation devenir parfaitement en paix avec elle-même. Le fait est que la perfection ne doit pas être imposée depuis le haut, mais que cela doit fleurir depuis la base, devenant ainsi un épanouissement spontané et non pas une floraison forcée. De la même manière que des accords entre individus sont atteints par la communication entr’eux, l’harmonie entre les localités sera perpétrée de la même façon: par des contacts périodiques et circonstantiels au cours d’assemblées pléniaires et de congrès et le contact endurant et continu établi par les fédérations industrielles.

Regardons de manière séparée l’organisation rurale et urbaine, puis l’organisation de l’économie dans son entièreté.

L’organisation rurale

Cet en zone rurale que la mise en place du communisme libertaire présente le moins de complications, car cela ne demande que l’activation de la municipalité libre, ou la commune, qui est l’ensemble des habitants d’un village ou d’un hameau rassemblé en un conseil ayant les pleins pouvoirs pour administrer et gérer les affaires locales, principalement la production et la distribution.

De  nos jours, le conseil n’est pas un agent libre, il est regardé comme une entité mineure et ses décisions peuvent être invalidées par le conseil de chef-lieu ou de gouvernement ou les entreprises, trois institutions parasites qui vivent sur le dos de l’assemblée, l’ensemble, du peuple.

Dans la municipalité libre, le territoire entier de sa juridiction sera placé sous la formule de la propriété commune et non pas une partie de territoire municipal comme cela est la cas aujourd’hui; les collines, les arbres, les pâturages, les terres arables, les bêtes de sommes (NdT: aujourd’hui la machinerie) et les animaux d’élevages, les bâtiments, les machines et les améliorations fermières, le surplus de matériel et la production accumulée ou placée en stockage par ses habitants.

Ainsi, les seules choses qui demeureront du domaine de la propriété privée seront les choses nécessaires à chaque individu, comme le logement, l’habillement, les meubles, les outils de travail, les parcelles mises à disposition de chaque habitant pour leur propre production vivrière qu’ils pourront consommer ou faire comme passe-temps sur le temps libre et distribuer.

Tout surplus aux requis de vie nornal pourra être collecté à tout moment par la municipalité avec l’accord préalable de l’assemblée, dans la mesure où tout ce qui est acccumulé sans besoin réel ne nous appartient pas et en fait prive quelqu’un d’autre de sa possession. La nature nous donne le droit de propriété sur ce dont nous avons besoin pour vivre décemment, mais nous ne pouvons pas clâmer quoi que ce soit au delà de ce que nous avons fondamentlaement besoin sans commettre un vol (NdT: cf Proudhon), sans usurper le droit de propriété de tous et donc de la collectivité.

Tous les résidents seront égaux:

Ils produiront et contribueront également à la maintenance logistique de la commune, sans différenciation autre que celle de l’aptitude à certaines tâches (âge, spécificité professionnelle, etc…). Tous prendront une part égale dans la décision administrative prise en assemblée et tous auront des droits égaux de consommation en accord avec leur besoin (familles, couples sans enfants, personnes âgées, célibataires, familles nombreuses etc…) ou lorsque cela est inévitable, en accord avec une politique de rationnement.

Quiconque refuse de travailler dans la communauté (mis à part bien sûr les enfants, les malades, les handicappés ou les personnes âgées) seront démunis de leurs droits: de délibérer en assemblée et de consommer.

La municipalité libre se fédèrera avec ses contre-parties dans d’aures localités et avec les fédérations industrielles nationales. Chaque localité mettera ses surplus de production à disposition pour échange en retour pour les choses dont elles ont besoin. Elle contribuera au travail d’intérêt général comme l’entretient et le développement des réseaux routiers, ferroviers, réservoirs, châteaux d’eau, reforestation etc…

En échange de leur contribution à l’intérêt général régional ou national, les membres de la municipalité libre pourront bénéficier des services publiques comme la poste, téléphone, chemin de fer, autoroute, électricité, services de santé, hôpitaux, sanitariums et spas, une éducation supérieure universitaire et des articles et produits non manufacturés localement.

Le surplus d’énergie humaine sera utilisé pour de nouveaux travaux et de nouvelles productions comme la municipalité le juge bon pour son développement collectif et en partageant le travail parmi tout le monde, réduisant le nombre d’heures de travail effectif et la longuer de la journée de travail pour chacun.

Le villageois ne doit pas trop se préoccuper de la municipalité libre dans la mesure où ses ancêtres ont vécu de manière similaire. Dans chaque village on peut trouver des travaux faits en commun et une propriété commune pour un meilleur partage des activités (comme la collection de combustibles ou les pâturages communs). De plus il y a des procédures de droit coutumier rural, des façons et certains moyens par lesquels des solutions peuvent toujours être trouvées quelque soit la difficulté et dans ces procédures, la décision n’est jamais prise par une seule personne, même si elle était élue pour le but des autres, mais une décision est atteinte par l’accord de tout le monde (NdT: pas de majorité… mais l’unanimité !)

L’organisation urbaine

En ville, la partie jouée par la municipalité libre est jouée par la fédération locale. Dans de grands centres urbains, de telles organisations peuvent exister dans chaque district. La souveraineté ultime de la fédération locale des syndicats industriels réside avec l’assenblée générale de tous les producteurs locaux.

Leur mission est de mettre en place la vie économique de leur localité, mais spécifiquement la production et la distribution, à la lumière des requis de leur propre localité et de même, des demandes d’autres localités (par le truchement de la fédération).

En temps de révolution, les syndicats prendront possession des usines et des ateliers, des logements, des bâtiments et des services publics, des matériaux, matières premières et matières premières et matériaux stockés.

Un carnet de producteur, délivré par le syndicat approprié, sera indispensable pour que tout le monde pusse jouir de ses droits, en plus de l’information détaillée concernant le besoin de consommation comme par exemple: la taille de la famille, le nombre de jours et d’heures travaillés, tout cela sera aussi consigné dans le carnet (NdT: tout cela de nos jours se fera bien sûr par informatique). Les seuls personnes exemptes seront les enfants, les personnes âgées et les handicappés.

Le carnet de producteur confère un droit à tout ceci:

  • A consommer en accord avec ses besoins de tous les produits distribués dans cette localité.
  • De posséder pour son usage personnel un logement adéquat, des meubles en conséquence, un poulailler et un allotement de terrain pour la culture de légumes selon les besoins personnels et de la localité.
  • L’utilisation de tous les services publics
  • De prendre part à toutes les décisions, votes, effectués dans l’usine, l’atelier, l’entreprise, la section, le syndicat et la fédération locale de l’intéressé.
  • La fédération locale suppléera aux besoin de sa localité et veillera à ce que l’industrie particulière se développe du mieux possible pour les besoins les plus urgents de la nation.
  • Lors de l’assemblée générale, le travail sera alloué aux syndicats, qui répercuteront la tâche aux sections, tout comme les sections le feront sur les lieux de travail avec le but permanent de palier à ce qu’il n’y ait pas de personnes non employées, d’augmenter le résultat quotidien des rotations de travailleurs d’une industrie ou de couper par le nombre requis la journée de travail.
  • Toute chose entreprise qui n’est pas du domaine économique sera laissé à l’initiative privée individuelle ou d’un groupe.
  • Chaque syndicat devra chercher à s’engager dans des activités qui seront bénéficaires pour tout le monde, spécifiquement ces activités concernant la protection de la santé des producteurs et de rendre le travail des plus agréable.

L’ordre économique général

Les pressions économique incitent l’individu à coopérer dans la vie économique de la localité. Ces mêmes pressions économiques sont ressenties par les collectifs, les obligeant à coopérer dans la vie économique de la nation. Mais pour accomplir ceci, nul besoin d’un conseil central ou d’un comité suprême (NdT: référence directe ici au politburo de l’URSS, seule nation communiste autoritaire d’état à l’époque), qui portent en eux la semence du totalitarisme et sont les points de focalisation de toute dictature, tout en étant des nids féconds pour la bureaucratie. Nous maintenons, que nous n’avons nul besoin d’un architecte ou d’une quelconque autorité ordinatrice au delà de l’accord mutuel entre les localités. Dès que chacune et toutes les localités (villes, villages ou hameaux) a mis en ordre sa vie interne, l’organisation de la nation sera complétée. De plus, une fois que tous les individus membres seront certains que leurs besoins seront assurés, alors la vie économique de la municipalité ou de la fédération sera également achevée.

En biologie, pour qu’un organisme parvienne à un bon fonctionnement physiologique et une certaine normalité, chacune de ses cellules doit assumer une fonction qui ne demande qu’une chose: que l’apport de sang et la transmission nerveuse se passent correctement. Nous pouvons en dire de même d’une nation (NdT: ce qui rejoint le concept de la société “organique” de l’anarchiste Gustav Landauer). La vie de la nation est normale et assurée lorsque chaque localité joue sa part et la circulation sanguine qui amène ce dont elle a besoin et élimine ce qui la gène, est régulée (en d’autres termes, le transport est fonctionnel…) et quand donc les localités sont en contact les unes avec les autres et communiquent sur leurs besoins potentiels et mutuels.

Ceci est le moment où les fédérations industrielles entrent en lice, n’étant juste que les corps pour l’élaboration de services collectivisés qui ont besoin d’être gérés sur le modèle d’un schéma national, tels que les communications (poste, téléphone, etc..) et les transports (chemins de fer, navigation fluviale et côtière, routes nationales, autoroutes, transport aérien)

Au dessus de l’organisation locale, il ne doit y avoir aucune superstructure sauf celles inhérentes aux organisations locales (NdT: là encore attaque directe contre le communisme autoritaire d’état marxiste) dont une fonction particulière ne peut pas être effectuée de manière locale. Les seuls interprètes de la volonté nationale sont les congrès et lorsque les circonstances le demandent, ils doivent , temporairement, exercer une telle souveraineté qui leur sera donnée par des décisions plébicitées des assemblées locales.

A part les fédérations nationales pour le transport et les communications, il pourra y avoir des fédérations régionales afin de gérer les problèmes liés aux eaux et forêts ou à la production d’électricité.

Les fédérations nationales maintiendront en propriété commune les routes, les chemins de fer, les bâtiments, l’équipement, la machinerie de production, de distribution et de service et les ateliers. Elles offriront librement leurs services aux localités ou aux individus qui coopèrent de leur effort particulier à l’économie nationale, offrant leurs produits ou leurs surplus, motivés pour produire autant que faire se peut, plus que les besoins de la demande nationale et donnant leur contribution personnelle aux travaux et services qui pourraient en avoir besoin.

La mission des fédérations nationales des communications et des transports est de mettre les localités en contact permanent les unes avec les autres, construisant des services de transport entre les régions productrices et consommatrices, donnant la priorité aux denrées périssables qui doivent être consommées rapidement, tels que le poisson, le lait et produits laitiers, la viande et les fruits et légumes. De la bonne organisation des transports dépend des sources de produits fiables dans des zones de besoin ainsi que la non-congestion des zones où du surplus est produit. […]

[…] Ni la bonne conduire de l’économie, ni la liberté de l’individu ne demandent de plus grandes complications.

Conclusion

Le communisme libertaire est un couloir ouvert par lequel la société peut s’organiser librement et de son propre accord et par qui l’évolution de la société peut suivre une direction sans déviations artificielles. Il représente la solution la plus rationnelle de toutes les solutions sur la question économique sociétaire en cela qu’il correspond à un partage équitable de la production et du travail nécessaire requis pour parvenir à une solution. Personne ne peut réfuter cette nécessité de se joindre à l’effort comparatif de production, car c’est la nature elle-mème qui nous impose cette dure loi du travail dans des climats qui ne sont parfois pas propices à notre sassiété.

Le devoir économique est le lien de la société, mais il est et doit demeurer, le seul devoir pour lequel le collectif prime sur l’individuel. Toutes les autres activités, culturelles, artistiques, scientifiques, sportives, devront demeurer en dehors du contrôle de la collectivité et rester entre les mains de ces groupes enclins à poursuivre ces activités et à les encourager.

Comme la journée de travail obligatoire (la journée de travail nécessaire en fonction de la technologie disponible), n’épuisera pas la capacité de travail de chaque individu, il y aura de surcroi des types de productions contrôlées, d’autres productions libres et spontanées, une production directement inspirée par le désir et l’enthousiasme, une production qui sera de satisfaction personnelle et aura sa propre récompense intrinsèque. Dans cette production sera semée et germera les semences d’une nouvelle société, la nouvelle société exaltée et dirigée vers l’anarchisme et aussi loin que cela remplisse les besoin de la société, la supervision économique des individus par des organisations deviendra totalement inutile.

Mille objections seront faites à tlout ceci, la plupart si dénuées de sens qu’elles ne mériteront même pas de réfutation. Une objection qui est très souvent émise est celle de la fainéantise. La fainéantise est le résultat d’un climat favorable à celle-ci, c’est là que la nature justifie la cossardise, rendant l’individu indolent.

Nous reconnaissons parfaitement le droit à la paresse aussi loin que ceux qui cherchent à exercer ce droit soient d’accord de continuer leur vie sans l’aide des autres. Nous vivons dans une société où le paresseux, l’incompétent et l’antisocial sont des catégories de personnes qui prospèrent et savourent énormément de pouvoir, d’honneur et de richesses. Si de telles personnes acceptent de renoncer à cela, il n’y a aucun obstacle a ce qu’ils demeurent comme sujets d’exhibition dans des musées ou galleries, avec les animaux fossilisés que nous y trouvons aujourd’hui.

Isaac Puente (1932)

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1ère partie de l’essai

3 Réponses vers “Marasme socio-politique: La solution des communes libres et autogérées… Suite et fin…”

  1. […] état et démocratie, société libertaire. Suivez toutes les réponses à cet article via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou envoyer un rétrolien depuis votre […]

  2. rien n’empêche de reconstruire au niveau local d’autres modéles, que ceux qui nous ont été imposés jusqu’ici et que l’austérité et avec elle l’élargissement de la pauvreté nous obligera à repenser et les différentes formes qui lui sont données sont à observer sur toute l’Europe aussi bien qu’en Amérique latine où le modéle existe avec les communes auto gérées.

    rien n’empêche déjà d’échanger des expériences sur internet, au lieu d’attendre que les journalistes nous en informe, car les médias sont un lieu où ces expériences ne constituent qu’un sujet mineur.

    parallélement, il faut poursuivre les luttes contre ce modéle que les maitres du monde ont réussi, à notre insu, à imposer à la planète entirèe, tout en considérant qu’ils ont des attaches solides dans la classe politique et une des tendances qui leur est inféodé et poursuit son travail de sape, à savoir les néos cons.

    pour autant, les moyens traditionnels, par l’ampleur qu’ont pris les manifestations en Espagne, Portugal et Italie sont efficaces et il faut les garder et les amplifier.

    le combat à Notre Dame des Landes est aussi un combat local, qui commence, par sa médiatisation à interesser tout le monde et à grandir, comme moyen sur un projet local.

    • in extensio: construction du contre-pouvoir autogestionnaire et désobéissance civile…
      Pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu, et il est évident qu’il n’y en aura jamais !

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