Résistance politique: l’American Indian Movement à l’ONU contre le génocide et l’impérialisme et pour la reconnaissance des droits natifs…

 “Avant de prendre une décision, nous devons considérer les implications de nos actes jusqu’à sept générations dans le futur.” (Proverbe Amérindien)

=  =  =

“Les terres en apparence arides et vides qui furent transformées en réserves indiennes contiennent plus de la moitié des ressources d’uranium connues des Etats-Unis, environ un quart du charbon, 20% du pétrole, gaz naturel, et de larges quantités de cuivre et autres minerais importants. Si les nations indiennes retrouvaient le contrôle de ces ressources naturelles, le gouvernement devrait traiter avec nous sur une base égalitaire. Les Etats-Unis pourraient être forcés de payer pour deux cents ans de mensonges et d’escroqueries comme prix d’accès.” (Russell Means, 1995)

 

AMERICAN INDIAN MOVEMENT GRAND GOVERNING COUNCIL

MINISTRY FOR INFORMATION 
P.O. Box 13521 
Minneapolis MN 55414 
612/ 721-3914 . fax 612/ 721-7826 
Email: aimggc@worldnet.att.net 
Web Address: www.aimovement.org

 

Intervention et remarques au forum permanent des affaires indigènes de l’ONU

 

 

Le 20 Mai 2011

 

url de l’article original:

http://www.aimovement.org/moipr/UNclyde.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

10ème session, le 20 Mai 2011, ONU, Agenda New York cas #5 Nee Gon Nway Wee Dung (Clyde H. Bellecourt), directeur exécutif de l’American Indian Movement, Heart of the Earth Inc.

Boozhoo, salutations, Madame la présidente, membres du forum, amis et membres de la famille. Mon nom traditionnel spirituel est Nee Gon Nway Wee Dung (NdT: la famille Bellecourt est Objiwe, comme l’est Dennis Banks autre fondateur de l’AIM, seconde nation en population du Canada après les Cree et quatrième nation native américaine derrière les Navajos, Cherokee et Lakota Sioux), ce qui veut dire: Tonnerre avant l’orage. Mon nom colonial est Clyde Bellecourt (NdT: Nom de famille à consonnance française, vraisemblablement en héritage de l’alliance des Objibwe avec les Français au XVIIIème siècle). C’est toujours un grand honneur que de pouvoir parler avec le leadership des peuples indigènes de la planète et des peuples du monde. Permettez-moi de vous donner un historique bref de l’ International Indian Treaty Council (IITC) (NdT: Le Conseil International du Traité Indien) et de ce forum permanent sur les affaires indigènes du conseil économique et social des Nations-Unies. Je suis un des fondateurs et le directeur national pour les Etats-Unis de l’American Indian Movement (AIM) et un des co-fondateurs de l’IITC.

L’AIM fut formé en Juillet 1968 lorsque nous avons senti qu’absolument rien n’était fait pour améliorer les conditions de vie des peuples indiens, qui étaient forcés de vivre sous la domination des Etats-Unis d’Amérique. Absolument aucun des traités qui avaient été signés entre les nations natives et les gouvernements des Etats-Unis n’était respecté et honoré, traités qui nous garantissaient la survie pour nous et nos enfants, le droit de pratiquer notre propre cérémonial spirituel, de parler nos propres langages, de chasser, de pêcher et cultiver et de cueillir et de pratiquer nos formes traditionnelles de gouvernement.

En 1974, neuf mois et demi après la libération de Wounded Knee, le leadership de l’AIM fut menacé de centaines d’années d’emprisonnement pour défendre nos droits issus des traités à Wounded Knee sur la réserve de Pine Ridge de la nation Oglala Lakota (Sioux) dans le Dakota du Sud (NdT: Il convient de dire ici, comme l’a rappelé à maintes reprises un autre grand activiste de l’AIM Russell Means, que la “réserve Oglala de Pine Ridge” est connue administrativement sous le terme de: “Camp de prisonniers de guerre no44”…). Au cours des auditions à la cour fédérale des Etats-Unis, le traité de Fort Laramie de 1868 a été introduit et mentionné chaque jour par le fameux avocat Larry Laventhal, comme part de notre système de défense dans un des plus longs procès de l’histoire criminelle du gouvernement américain impliquant des Indiens. Le juge Fred Nichols refusa de considérer cette pièce légale internationale comme faisant partie de notre défense.

Bien sûr le monde sait aujourd’hui que toutes les accusations furent abandonnées. Le juge Fred Nichols établit que “les rivières de la justice se sont transformées en boue dans mon tribunal au cours de ces neuf mois et demi. Ce ne sont pas les nations indiennes qui sont coupables ici, c’est le gouvernement des Etats-Unis.” Il exprima une rage judiciaire contre la mauvaise conduite du gouvernement, l’utilisation illégale de la force militaire contre nous et les perquisitions et saisies illégales. “Qui croyez-vous être ?” demanda t’il au procureur. “Vous ne pouvez pas utiliser les forces militaires des Etats-Unis n’importe où dans le monde sans l’accord du président ou du congrès”. Il prononça ensuite le non-lieu.

A la suite de ces évènements, l’AIM décida que nous devions former un conseil de traités pour amener notre cas devant la communauté internationale, ou nous ne pourrions jamais survivre en tant que peuples, à cause des tentatives incessantes de nous annihiler, les violations continues des traités, la destruction de nos ressources naturelles et les attaques perpétuelles contre notre façon de vivre traditionnelle, ceci incluant la sauvagerie sans borne depuis un siècle de cette institution qu’est le Federal Indian Boarding Schools (NdT: Programme fédéral de relocation des enfants des nations indigènes et d’insertion forcée par le moyen d’un système d’internats qui a connu les pires abus sur les enfants indiens depuis le XIXème siècle…). La première réunion se tint dans la réserve Sioux de Standing Rock dans l’état du Dakota du Sud. Des délégués et les leaders traditionnels de 96 nations natives assistèrent à cette première réunion historique.

L’AIM détermina que nous ne pourrions jamais survivre en tant que peuples à moins que nous ne puissions faire état de nos griefs devant le monde et d’amener notre cas devant la cour de justice internationale. Le génocide dont nous avons été victimes ne nous a pas permis de prier de notre manière traditionnelle, de parler nos langues ou de pratiquer notre façon de vivre traditionnelle. Ces assauts permanents sur nos cultures continuent d’une manière ou d’une autre jusqu’à aujourd’hui.

En 1975, l’IITC  demanda à l’ONU pour le statut d’ONG et ceci fut accordé en 1977, faisant de l’IITC la première organisation pour les droits indigènes à être reconnue par l’ONU. En Septembre de cette année-là, l’IITC hébergea immédiatement une conférence internationale qui se réunit à Genève. Ceci incluait 282 délégués venant de tout l’Hémisphère occidental, bon nombre des Amériques centrale et du sud, personnes souvent en exil politique. Le forum permanent des peuples indigènes siégeant ici aujourd’hui fut le résultat de cette conférence de Genève et nous atteignirent quelques 370 millions membres de peuples indigènes de part le monde. Comme vous le savez tous, il a fallu trente années de lutte au sein de la structure onusienne pour faire valoir la Declaration of the Rights of the Indigenous People (DRIP) du monde, qui fut finalement adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le 13 Septembre 2007.

Mes frères et mes sœurs, la bataille pour protéger la terre continue, quand 70% de toutes les ressources énergétiques de l’Amérique du Nord se trouvent toujours sur le sol indien. De manière la plus importante: l’eau, notre médecine la plus précieuse, est toujours volée par les gouvernements et les industries veules. Nous devons être solidaires pour combattre ces actes monstrueux pour la survie de nos enfants. Nous devons continuer de penser comme nos grands-pères et grands-mères, nos chefs et nos grands leaders avant nous, qui envisionnaient ce que ce serait pour leurs enfants sept générations plus tard.

Pour conclure madame la présidente, nous demandons que le président Barack Obama, en tant que “chef des armées” et son conseil de guerre, reconnaissent et donnent des excuses publiques pour l’attaque continue contre les peuples indiens, pour avoir comparé un de nos plus grands leaders, Géronimo, à un des terroristes notoires connu du monde sous le nom d’Oussama Ben Laden. Il est grand temps pour l’Amérique de se débarrasser de la mentalité du far-west et du mythe que “le seul bon indien est l’indien mort”.

Finalement madame la présidente, ma délégation attend beaucoup du renforcement des relations de cette grande famille qui a été créée et développée à travers le monde et que nos enfants dans sept générations, se rappelleront de nous pour avoir protégé et promis leur héritage légal d’un mode de vie spirituel et traditionnel.

L’esprit de Géronimo vivra en chacun de nous pour toujours !

 

 

6 Réponses vers “Résistance politique: l’American Indian Movement à l’ONU contre le génocide et l’impérialisme et pour la reconnaissance des droits natifs…”

  1. […] politique, société état et démocratie. Suivez toutes les réponses à cet article via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou envoyer un rétrolien depuis votre […]

  2. 370 millions réclament leur droits !

    et le probléme loin d’être résolu avance cependant à grand pas, de 2 manières par l’information qui retrace la véritable histoire de ces génocides perpétrés à travers la planète et par une action commune fédérer les diverses communautés.

    Sur ces derniers point, les peuples d’Amazonie sont de plus en plus reliés entre eux par internet et parviennent ainsi à alerter sur leurs droits actuels face à l’offensive toujours ausi importante des compagnies forestières et minières, mais l’articulation de leurs luttes sur la société civile, par ce moyen est un progrès important.

    • Oui et le coup d’arrêt au colonialisme, passe par la divulgation de la vérité sur le passé: les génocides des populations natives des Amériques et qu’il y ait enfin une reconnaissance au grand jour, chiffres à l’appui de l’esclavage et des souffrances occasionnées dans le monde entier par l’occident génocidaire.
      Et non, la souffrance n’est pas l’apanage d’un seul groupe ethnique, très, très loin de là !

  3. Ils ont tout à fait raison, ces êtres qui ont été tués du Nord au Su des Amériques au nom de la «putain» de religion catholique. Les Espagnols, les Portugais, les Français, les Anglais et, ceux dont ne parle jamais parce que c’est un tabou, les juifs qui ont été complices de tous les colonailistes occidentaux et, de préférence, blancs, qui doivent payer pour leurs méfaits contre des personnes qui vivaient naturellement et dont les croyances étaient sans aucun doute moins pourries que celles du monothéisme, juif, catholique ou musulman. Le bible est sans doute le plus grand mensonge qui n’a jamais été propagé par des gens avides de pouvoir. Voilà ce que je pense de nos religieux, politiciens, etc. qui, de toute façon font tous partie de la maguouille.

  4. PLUS J’APPREND DE CHOSES EN DEHORS DU MAINSTREAM
    INCOLORE ET PLUS JE SUIS
    EFFARÉ OU PLUS =ABASOURDI :
    CHAQUE ELEMENT DE VERITÉ (QUI PARLE DIRECTEMENT A MA CONSCIENCE ) SE RACCORDE ET POUR CRÉER UN TABLEAU APOCALYPTIQUE OÙ CHAQUE ELEMENT SE MET EN PLACE ET JUSTIFIE UN AUTRE
    ELEMENTS QUI, SÉPARÉMENT, ME SEMBLAIENT
    DE LA PLUS HAUTE

  5. TRES IMPOLIMENT (ASSOCIALEMENT ) JE NE VOUS AI PAS REMERCIÉ ,ET LE REGRETTE =MERCI POUR CE TRAVAIL (FOUILLÉ ETSANS COMPLAISANCE )
    DE JOURNALISTE DIGNE DE CE NOM
    ( 2 MOTS DEVENUS ANTAGONIQUES )

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