Marasme socio-politique: La solution des communes libres et autogérées…

Le communisme libertaire

Isaac Puente (1932) ~ 1ère partie ~

 

~ Traduit de l’espagnol par Résistance 71 ~

2ème partie

 

Introduction par Résistance 71:

Isaac Puente fut un des rares membres des classes non-ouvrière ou non-paysanne ayant eut une certaine influence durant la période pré-révolutionnaire dans l’Espagne acquise à la CNT (anarcho-syndicalisme) des années 1930.

Puente était un médecin basque et un anarchiste qui soutenait les thèse du communisme libertaire. Il était un ardent collaborateur de la presse anarchiste syndicaliste. Nous avons traduit ici de larges extraits d’un de son célèbre pamphlet sur le communisme libertaire: “El Communismo Libertario”, communisme étant ici à prendre bien sûr au véritable sens, c’est à dire au sens de “pouvoirs aux communes autogérées” et non pas au sens marxiste du terme (communisme autoritaire d’état).

Ce pamphlet de Puente fut très largement diffusé et lu. Il fut une inspiration pour la création de la plateforme sociale historique formulée par la CNT lors de son congrès de Saragosse en Mai 1936. La ville de Saragosse fut dès Décembre 1933 au centre du soulèvement et ce fut sur cette plateforme que les travailleurs libertaires espagnols établirent leur base de lutte contre le fascisme et amenèrent le progressisme et la libération sociale à un degré jusqu’ici jamais atteint.

Malheureusement, Isaac Puente fut une des toutes premières victimes des fascistes franquistes, pris derrière les lignes, il fut abattu en Juillet 1936.

Puente avait établi une vaste différence entre la vision libertaire et celle des mouvements syndicaux réformistes qui sévissent dans le monde depuis lors (réformiste voulant dire que les leaders foie jaunes des syndicats ouvriers ont renoncé à la fonction révolutionnaire transformatrice des syndicats et ont échangé, vendu, les aspirations émancipatrices des travailleurs (euses) contre le confort d’être membre de la “classe politique”, d’arrondir les angles et de se contenter de miettes conssenties par le patronat et son ange gardien: l’état et ainsi de ne plus faire de vague ni faire tanguer le bateau…). Les syndicats actuels ont des leaders réactionnaires, au lit avec l’establishment, embourgeoisés dans une classe moyenne autoritaire et conservatrice par essence (préservation du consensus du statu quo). De fait, si toute l’illusion sociale créée par l’état aux ordres des oligarques finanço-industriels, venait à disparaître du jour au lendemain, les travailleurs seraient parfaitement capables de gérer leur lieu de travail, les tâches et productions à effectuer. C’est par la conscience de notre véritable intérêt commun que nous, les travailleurs pouvons nous unir comme jamais auparavant et œuvrer de concert, solidairement. Isaac Puente nous a laissé une certaine marche à suivre, perfectible dans la pratique bien sûr, mais qui a prouvée sa valeur dans l’Espagne révolutionnaire des années 1933-1939. Il est évident que dans la pratique moderne, certaines façons de concevoir les choses peuvent être révisées, rien n’est dogmatique (Murray Bookchin par exemple a repensé le municipalisme libertaire dans les années 1970-80, en conservant les grandes lignes proposées par Puente et les anarchistes du XXIème siècle conçoivent parfaitement que la propriété privée non lucrative peut rester privée pourvu que cela demeure dans le domaine de la coopération, tandis que la propriété privée à but lucratif et capitaliste se doit d’être éliminée…).

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Le communisme libertaire (1932)

Isaac Puente ~ Larges extraits ~

La Confederaciòn Nacional del Trabajo (CNT) est un outil pour les luttes révolutionnaires dont un des buts de réalisation de la classe laborieuse est: l’installation du communisme libertaire. Ceci est un système de coexistence humaine, de coopération qui tente de trouver un moyen de résoudre le problème économique sans utiliser l’état ou la politique et ce en accord avec les principes de la formule très connue: “A chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.”

Le mouvement de liberté de la classe laborieuse progresse au travers des expériences amères de l’histoire. De chaque échec, le mouvement ressort rajeuni et plein d’une vigueur nouvelle. C’est une force en devenir, le moule du futur. Il porte en lui-même une graine de perfectibilité sociale et il anticipe la présence d’une aspiration qui vient du plus profond de l’être humain, une aspiration qui ne peut pas périr dusse t’elle se perdre en chemin cent fois encore. […]

[…] Le communisme libertaire est une société organisée sans l’État et sans la propriété privée et il n’y a nul besoin d’inventer quelque chose ou de façonner une nouvelle organisation pour y parvenir. Les centres autour desquels la vie dans le futur sera organisée sont déjà avec nous dans la société d’aujourd’hui, la libre coopération et la municipalité (commune) libre.

Le syndicat, la coopération: Elle convient spontanément aux travailleurs des usines et à tous les endroits d’exploitation collective.

La municipalité (commune): Une assemblée avec des racines ancrées dans le passé où, toujours spontanément, les habitants des villages, des hameaux se rassemblent et montrent la voie de la résolution de problèmes de la vie sociale dans la zone rurale (par “villages”, l’auteur désigne des agglomérations de quelques milliers d’habitants).

Les deux formes d’organisations seront gérées sous les principes de la fédération démocratique, seront souveraines dans leurs prises de décisions, sans être attachées à aucun autre corps social, leur seule obligation étant de se fédérer avec les autres communes selon des termes édictés par la situation économique et des requis de liaison et de communication avec les autres corps organisés des fédérations industrielles.

L’union et la municipalité/commune libres assumeront la propriété commune et collective de tout ce qui est sous statut privé à l’heure actuelle et régulera la production et la consommation dans chaque localité.

Amener conjointement les deux vocables de “communisme” et de “libertaire” est une indication en elle-même de la fusion de ces deux idées : l’une d’entre elles est collectiviste, tendant à amener une harmonie de l’ensemble par les contributions et la coopération des individus, sans mettre en danger leur indépendance de quelque façon que ce soit, tandis que l’autre idée est individualiste, cherchant à rassurer l’individu que son indépendance sera respectée. L’ouvrier d’usine, le cheminot, et le maçon ne peuvent rien faire totalement par eux-mêmes, ils ont besoin de joindre leur force et savoir-faire avec des collègues, à la fois pour remplir les tâches se présentant, mais aussi pour protéger leurs intérêts en tant que personne. Par contraste, l’artisan et le fermier peuvent vivre indépendamment et même potentiellement se suffirent à eux-même, ce qui a pour résultat que l’esprit individualiste est très ancré en eux. Ainsi, le syndicat remplit les besoins d’une organisation collectiviste, tandis que la municipalité, commune libre est plus favorable aux sentiments individualistes de l’agriculteur.

La pauvreté est le symptôme et l’esclavage la maladie. (NdT: n’oublions pas que Puente est un médecin…) […]

[…] Tous les défauts que nous déplorons dans la société aujourd’hui (il serait déplacé de les nommer tous ici) ont leur origine dans l’institution du pouvoir, c’est à dire, dans l’état et l’institution de la propriété privée, dont l’accumulation produit le capital. L’Homme est à la merci de ces deux afflictions sociales qui lui échappent: elles le rendent insignifiant, avare, et dénué de solidarité quand il est riche et cruellement insensible à la souffrance humaine quand il exerce le pouvoir. La pauvreté dégrade l’humain, mais la richesse le pervertit. L’obéissance réduit l’Homme à un état de prostration, alors que l’autorité déforme ses sensibilités. Rien n’a jamais été plus grande cause de larmes et de sang versés que le capital, avec son appétit insatiable pour le profit. L’histoire entière est remplie des crimes et des tortures infligés par l’autorité.

L’accumulation de richesse, tout comme l’accumulation de pouvoir par le petit nombre, ne peut seulement se faire qu’en privant et opprimant les autres. Pour détruire la pauvereté et ainsi détruire l’esclavage, l’accumulation de propriété et de pouvoir doit être résistée de façon à ce que personne ne puisse plus faire que ce dont il/elle a besoin et personne ne soit autorisé à être chef et commander aux autres.

Il y a deux motivations fondamentales. Par notre nature humaine et la façon dont nous vivons, les gens ont deux choses qu’ils ne peuvent pas supprimer: la satisfaction des besoins vitaux et économiques de base tels manger, boire, se vêtir, se loger, obtenir une éducation, une assistance médicale, des moyens de communications, et la satisfaction du besoin de liberté ou du contrôle individuel de nos propres actions. […]

[…] Le communisme libertaire doit rendre possible la satisfaction des besoins économiques en respectant le besoin d’être libre. Par notre amour de la liberté, nous refusons tout communisme monastique ou de barraque, le communisme de la fourmillière ou de la ruche et le style de communisme cheptel et son berger cher à l’URSS. Il y a certains préjudices dont il faudra nous affranchir, examinons quelques uns des plus importants.

Préjudice #1: La croyance que la crise, toute crise est passagère

Le capital et l’état sont deux institutions anciennes: ils sont dans une crise mondiale qui est progressive et incurable. Ce sont deux organismes qui, comme toute chose naturelle dans ce monde, porte au sein de leur propre décomposition, les graines des organismes qui vont leur succéder. Dans le monde naturel, il n’y a pas de création et de destruction, il n’y a que la transformation des choses en d’autres. Le capital se noit dans sa propre fange. […]

[…] Des idées subversives montent parmi la classe laborieuse et ces idées font leur chemin. L’état également suffoque au sein de ses propres machinations de pouvoir. Il se retrouve sans cesse obligé de créer toujours plus de forces répressives et une plus grande bureaucratie, faisant passer le poids mort du parasitisme sur les impôts volés aux contribuables. La conscience individuelle qui grandit et s’éveille de manière plus fine à chaque instant qui passe, est en porte-à-faux avec les limites fixées par l’état. L’imminence d’un effondrement du système a forcé l’état à faire machine arrière dans son évolution historique vers plus de formes démocratiques, afin de revêtir l’uniforme fasciste en Italie et d’autres dictatures ailleurs, incluant la dictature du prolétariat en Russie. Des crises ont augmenté les demandes de la classe travailleuse contre les vieilles institutions du capital ; l’état, cette très vieille institution, est maintenant confronté aux aspirations libertaires des peuples. Elles le submergeront à terme.

Il est futile de s’accrocher à de vieux systèmes et d’essayer de trouver des paliatifs ou des réformes, ou de boucher les trous dans la coque, même si ces paliatifs peuvent être aussi séduisants que l’ “impôt unique” de Henry George; ils arrivent bien trop tard pour insuffler une nouvelle vie dans un organisme décrépit. Nous devons au lieu de cela nous concentrer sur ce qui ne demande qu’à naître, ce qui désire remplacer ce qui disparaît, sur ces forces séminales qui essaient de se faire jour dans la société.

Préjudice #2: La supposition que le communisme libertaire est le produit de l’ignorance

Parce que les libertaires et le communisme libertaire sont soutenus massivement par des gens qui ont la réputation de ne pas être éduqués et d’être incultes, des gens qui n’ont pas de diplômes universitaires, il est supposé que cela est une solution simpliste qui ne prend pas en considération les multiples complexités de la vie et des problèmes inhérents au changement de la société sur une grande échelle.

De manière collective, les travailleurs en connaissent bien plus à propos de sociologie que les intellectuels; de plus, ils sont bien plus clairvoyants lorsque vient le temps d’appliquer des solutions. […]

[…] Dans bien des cas ce sont les “ignorants” qui ont énoncés la solution, et cela est précisément parce que malgré leur connaissance réputée, les intellectuels ne savaient rien du sujet. Les travailleurs l’ont adopté comme leur bannière, la raison en est que collectivement, la classe travailleuse possède une vision du futur bien plus précise et une plus grande largeur d’esprit que toutes les classes intellectuelles mises ensemble.

Préjudice #3: L’aristocratie intellectuelle

Ceci résulte de l’attitude qui veut que les gens ne soient pas équipés pour vivre une vie de liberté et qu’ils sont en conséquence dans le besoin d’une supervision. Les intellectuels cherchent à obtenir le même privilège aristocratique sur les gens aujourd’hui que la noblesse avait auparavant. Ils aspirent à devenir les leaders et les instructeurs des gens. Tout ce qui brille n’est pas or dit le vieil adage. En fait, beaucoup d’intellectuels échouent à se hisser au dessus du troupeau commun et ce même avec les ailes que leur procurent leurs diplômes universitaires et  beaucoup de membres de la classe laborieuse sont les égaux des intellectuels en termes de talent.

Une formation universitaire pour obtenir une profession n’implique en rien une supériorité, car une telle formation n’est pas gagnée dans une concurrence ouverte mais plutôt sous la protection de privilèges économiques.

Ce que l’on appelle le bon sens, une compréhension rapide des choses, une capacité intuitive, l’initiative et l’originalité ne sont pas des choses qui peuvent être achetées ou vendues dans les universités. Ces qualités peuvent être trouvées indifféremment chez des intellectuels ou des illétrés dans une proportion équivalente. Une mentalité inculte, en terme de férocité ignorante, est préférable que des esprits qui ont été empoisonnés par le privilège et érodés par le hâchoir de la routine de l’enseignement. […]

Préjudice #4: L’affirmation que nous ne nous réjouissons que pour l’art, la science et la culture

[…] L’art, la science ou la culture, ne peuvent ultimement pas être achetés par l’argent ou pris de force. Bien au contraire, si ils ont une valeur quelconque, c’est celle de répudier toute subjection et de défier toute subordination. […]

[…] Lorsqu’un travailleur (euse) demande du pain et presse pour plus de justice en essayant de s’émanciper, c’est seulement pour être critiqué qu’il (elle) détruit l’art, la science, la culture, ainsi cela ne peut-ietre que naturel que cette personne devienne un iconoclaste et balaie de la main cette idole intouchable qui est utilisée pour la fixer dans sa misère et son esclavage. Qui a dit que l’art, la science ou la culture devaient-être diminués de quelque façon que ce soit par le développement du bien-être et la jouissance de la liberté ?

Préjudice #5: Que nous ne sommes pas équipés pour bâtir une nouvelle vie

Le nouvel ordre économique a besoin d’une assistance technique, telle que celle qui existe entre le spécialiste et le travailleur non qualifié… Ce n’est pas l’amour de la bourgeoisie qui incite le technicien à travailler, mais la nécessité économique. Demain, ce qui incitera tout le monde à coopérer dans la production sera aussi la nécessité économique, mais une nécessité économique qui sera ressentie par tous ceux qui sont des citoyens actifs et participant. Nous ne faisons pas seulement confiance en ceux qui travaillent par dévotion ou vertu. […]

[…] Nous nous faisons les avocats d’un régime social où il ne sera pas nécessaire pour les gens d’être esclaves afin de les forcer à produire…

Préjudice #6: La croyance dans le besoin d’un architecte social

Cette croyance que la société a besoin d’un pouvoir pour maintenir l’ordre ou que la masse va se dissoudre dans le chaos à moins qu’il n’y ait une force de police pour prévenir cela, est un préjudice, qui a été inculqué par la politique. Ce qui maintient les sociétés en cohérence, en ordre, ce n’est pas l’obligation de ce faire par les pouvoirs en place, ni les visions intelligentes et prémonitoires de ceux en position de gouverner, qui imaginent toujours être en possession de cette qualité. Non, ce qui cimente les sociétés ensemble, ce qui les rend cohérentes, c’est l’instinct de sociabilité et le besoin naturel de l’entre aide. Plus encore, les sociétés tendent à assumer des formes encore plus parfaites non pas parce que leurs leaders le choisissent ainsi, mais parce qu’il y a une tendance naturelle et spontanée vers l’amélioration au sein de ceux qui composent ces sociétés, une aspiration innée de ce type dans tout groupe humain.

Par le même faux cheminement d’idée, nous créditons la croissance et le développement d’un enfant à l’attention des parents comme si la croissance et la maturité étaient dûes a quelques causes extérieures. Mais la croissance et le développement sont toujours présents chez tout enfant sans que personne n’ait besoin de les induire. La chose qui est importante est qu’on ne les empêche pas des e produire, ni ne les bloque. […]

[…] Dans la pédagogie nationale (dans une éducation “centrée sur l’enfant”), le rôle principal des enseignants est que ceux-ci s’immergent dans la tâche biologique humble de nettoyer la voie et d’enlever les obstacles qui se trouvent sur le chemin de l’inclinaison naturelle de l’enfant à assimiler l’information et la forme elle-même. Les personnes auto-éduquées (NdT: de nos jours ce qu’on appelle “l’école à la maison” ou “home schooling”, combiné avec une certaine forme ultérieure d’autodidactisme) donnent une preuve plus que suffisante que l’enseignant, le professeur, n’est pas un partenaire indispensable dans le processus de l’apprentissage.

Nous pourrions dire la même chose en ce qui concerne la médecine. Le médecin peut revendiquer avoir guéri le patient et le public peut le croire dans les grandes largeurs, mais ce qui est réellement responsable de la guérison, est la tendance naturelle du corps à restaurer son propre équilibre et ses mécanismes de défense. Les médecins font leur meilleur travail quand, une fois de plus avec cette humilité biologique, ils ne font qu’enlever les obstacles et les empêchements qui se dressent sur la route de la restauration des systèmes de défense. Dans bon nombre de cas, des patients ont guéri sans médecins voire malgré ceux-ci.

Pour que les sociétés humaine s’organisent et pour que se perfectionnent ces organisations, il n’y a aucun besoin de l’interférence de quiconque. Il est suffisant que personne ne porte entrave au déroulement des choses. Une fois de plus, il est très naïf de vouloir améliorer la vie humaine et de rechercher à remplacer les tendances humaines naturelles avec des contraintes de pouvoir ou en agitant la baguette du chef d’orchestre. Avec une humilité biologique, nous les anarchistes, demandons que ces tendances organisationnelles et instinctives soient laissées à leur libre-cours.

Préjudice #7: Placer la connaissance avant l’expérience

Ceci revient à vouloir obtenir une dextérité avant un entrainement propice, une habilité précédant un apprentissage, une expérience pratique précédant des tentatives ou des calles aux mains précédant un dur labeur.

On nous demande de venir de but en blanc avec la réalisation d’un système sans failles, de garantir que les choses vont se passer de telle ou telle façon et pas comme ceci ou cela, sans hoquet et sans erreur. Si apprendre à vivre devait être fait de la sorte, alors notre apprentissage ne finirait jamais, ni l’enfant n’apprendrait jamais à marcher, ni le jeune à rouler à vélo. Bien au contraire, dans la vraie vie, les choses se passent de manière inverse. On commence par prendre la décision de travailler et au travers de ce travail, on apprend. Le médecin commence sa pratique alors qu’il n’est pas du tout maître de son art, maîtrise qui s’acquiert au cours de la confrontation du diagnostique chez les patients, des erreurs, et beaucoup d’échecs. Sans entrainement préalable en économie familiale, une maîtresse de maison peut maintenir sa famille la tête en dehors de l’eau au moyen de la bonne gestion d’un salaire inadéquat. On devient spécialiste en émergeant de la médiocrité petit à petit.

Vivre au sein du communisme libertaire sera comme apprendre à vivre. Ses points faibles et ses faiblesses seront apparents au départ. Si nous étions des politiciens nous peindrions un paradis emprunt de perfections. N’étant qu’humains et étant au courant de ce que peut-être la nature humaine, nous sommes confiants que les gens apprendront à marcher de la seule manière efficace qui soit: en marchant.

Préjudice #8: Des politiciens comme intermédiaires

Le pire de tous les préjudices est de croire qu’un idéal peut devenir réalité par l’intermission de quelques uns, même si ces quelques-uns ne désirent pas être connus sous le nom de politiciens. […]

[…] S’il devait échoir aux politiciens d’amener à la réalité le communisme libertaire, nous devrions alors nous satisfaire d’un régime qui ne qualifierait en aucune manière ni comme “communiste”, ni comme “libertaire”.

Comme nous sommes opposés au jonglage permanent et à l’escroquerie de l’action politique, nous nous faisons les avocats de l’action directe, qui n’est rien d’autre que la réalisation immédiate de l’idée que l’on a présente à l’esprit et d’en faire une réalisation factuelle tangible et non pas une quelconque fiction écrite abstraite ou une vague promesse. C’est la réalisation de la chose dans son entièreté, résultant de l’accord de la totalité, sans se remettre entre les mains de messies et sans faire confiance à de quelconques intermédiaires.

Plus nous recourons à l’action directe et restons loin de tout intermédiaire, plus les chances pour le communisme libertaire de se réaliser physiquement seront grandes.

A suivre…

2ème partie

13 Réponses to “Marasme socio-politique: La solution des communes libres et autogérées…”

  1. […] française, société état et démocratie. Suivez toutes les réponses à cet article via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou envoyer un rétrolien depuis votre […]

  2. Diffidle l’émergence des communes autogérées en Europe et notamment en France, car avec le bouleverment de l’agriculture productiviste et spécialisée qui a transformé toutes les structures agricoles, le village n’est plus constitué que par des retraités ou chomeurs de pettites sructures familiales, d’un grand nombre, 1/3 d’entre eux d’urbains installés à la camagne mais dont le travail est en ville et de divers pauvres qui se sont installés dans les villages parce ce que le cout des loyers ou la prtopriété est trop élevé en ville.

    c’est si vrai que les communes autogéres ou qui pourraient le devenir ne voit le jour qu’en Amérique klatine ou en Europe centrale où les srutures agricoles n’ont pas été transformées par l’agriculure intensive.

    Il y a effectivement en Espagne des expériences de ce type. Il pourrait y en avoir en Gréce, au Portugal. L’Afrique est aussi un bon terrain d’implantation.

    Et la volonté d’introduire les OGM s’inscrit dans une perspective de changer, à leur profit, le modéle agricole, de manière irréversible.

    • Oui, c’est juste. Chez nous il suffit de s’adapter, les zones rurales d’aujourd’hui se géreraient plus à la façon d’usines dans un premier temps soit. Mais la vision du futur serait de revenir à une agriculture plus traditionnelle et donc un retour à l’autogestion municipale. Rien n’est impossible, il suffit d’adapter au besoin du moment et prévoir l’évolution future en se fixant des buts à atteindre pour les communes.
      Tout est une question d’adaptation, de compréhension, de vision et d’adaptation sans jamais perdre de vue la chose la plus importante: l’intérêt général local et son intégration dans le tout de la fédération.

  3. moi je ne me vois pas gérer un abattoir – tout le monde aux légumes ……….

    • Personne ne demandera de « gérer » un abattoir à ceux qui ne veulent pas. Un monde végétarien résoudrait bon nombre de problèmes, mais avant cela, que les gens consomment de la viande avec modération et de manière responsable, ce serait déjà pas mal. Une chose est sûre: si on demandait à la majorité des gens de tuer la vache s’ils veulent du bifsteak, il y aurait bien plus de végétariens.
      Gandhi disait en substance que si les murs des abattoirs étaient transparents, plus personne ne mangerait de la viande. C’est très juste, de plus la viande n’est pas une nécessité de vie, les protéines végétales étant tout aussi efficaces pour notre corps.

  4. Que ce soit les protéines animales ou les légumes, ce qui importe et nous coule aujourd’hui, c’est le modéle choisi, élevage en batterie, surexploitation des mers, agro industrie avec des publicités incitant à la consommation et non à la modération et à l’autonomie et ce sont les mêmes unis qui nous imposent ces modéles et nous aurons un mal fou à les déconstruire.

    On le voit avec les OGM, dont la base est la consommation de pesticides pour aboutir à un productivisme qui nous détruit par ses effets desastreux sanitaires, sociaux, environnementaux.

    Et la bataille n’est plus seulement économique entre les pouvoirs et la société, mais politique.

    La propagande des industriels insiste desormais non plus les aspects sanitaires, dont les dangers, dont les peuples sont desormais convaincus, mais sur les l’indépendance pour la sécurité alimentaire, ce qui est totalement faux, avec les OGM ou indépendance énergétique pour les gaz de schistes.

    Devant les brèches ouvertes par l’étude de Séralini et d’autres, les campagnes de propagande s’intensifient.

    il faut donc continuer ces combats, car devant le réveil des peuples, les clivages qui apparaissent sur ces sujets, ne sont plus droite et gauche et s’ils s’accentuent, la force des peuples est plus grande.

    Si chacun tient à rester dans sa « paroisse’ pour certaines questions telles le mariage gay, il y a des combats qui nécessitent une union la plus large possible et ce sont ceux là ! comme le combat qui commence à porter ses fruits contre les pollutions ou desastres environnementaux, provoqués par l’exploitation pétrolière, partout à travers le monde, que ce soit par total, BP, Chevron et autres.

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