Archive pour octobre, 2012

Quand la résistance pédagogique devient résistance politique: L’université de la Terre zapatiste pour une communauté ouverte d’apprentissage…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, philosophie, politique et social with tags , , , , , , , , , on 27 octobre 2012 by Résistance 71

L’Université de la Terre à San Cristóbal de Las Casas

 

Le 10 octobre 2012

 

par Christine Lapostolle

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/L-Universite-de-la-Terre-a-San

 

Spécialiste ?

— Pourquoi ne souhaites-tu pas que cet échange soit transcrit sous forme d’entretien ? 
— Je ne supporte pas la position du « spécialiste », j’ai horreur de passer pour celui qui sait.

Pendant quelques heures, j’ai discuté avec Jérôme Baschet au sujet de l’Université de la Terre à San Cristóbal de Las Casas, au Mexique, et des écoles mises en place par les communautés autonomes zapatistes du Chiapas.

L’Université de la Terre (aussi appelée Cideci : Centre indigène de formation intégrale) naît dans la mouvance de l’action de l’ancien évêque du Chiapas Samuel Ruiz. Samuel Ruiz est un des défenseurs de la théologie de la libération qui s’est propagée dans plusieurs pays d’Amérique latine à partir des années 1960. La théologie de la libération a été très importante dans l’expérience des communautés indiennes qui ont ensuite formé l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), notamment l’idée de l’auto-organisation des opprimés, l’idée qu’il s’agit moins de porter la bonne parole que de demander et d’écouter, selon la méthode dite du tijwanel (faire sortir ce qu’il y a dans le cœur de l’autre) — il s’agit de promouvoir une circulation horizontale de la parole dans des assemblées, de recueillir la parole présente dans le peuple pour la rassembler et la redistribuer. Tu retrouves cela chez les zapatistes : ne plus être assisté parce qu’on est pauvre, organiser sa vie à partir de ses richesses propres, aussi minimes soient-elles en termes d’argent, à partir de l’expérience qu’on a et des ressources de la communauté.

Concrètement, l’Université de la Terre est implantée à l’extérieur de San Cristóbal de Las Casas, à quelques kilomètres, au pied des montagnes. C’est un lieu magnifique. C’est la première chose qui frappe. La beauté du lieu. Tu arrives tu vois ce site, ces bâtiments au milieu de la végétation. C’est plein de verdure, entretenue avec soin. Des fleurs partout, des peintures murales…

Les bâtiments ont été construits par ceux qui travaillent là, progressivement, au fil des années, avec les moyens du bord, avec des dons, de l’argent gagné, notamment celui des cultures au milieu desquelles se trouve l’Université.

À l’Université de la Terre sont surtout organisés des apprentissages pratiques : agriculture, électricité, informatique, mécanique… Il y a aussi la fabrication (relativement artisanale) de livres. On cherche des façons de faire adaptées à une économie locale ; il s’est par exemple développé ces derniers temps une unité de recyclage des carapaces de crevettes : la crevette est pêchée en abondance sur la côte Pacifique, à partir des carapaces de crevettes on obtient un matériau qui peut servir à toutes sortes usages — mais je ne connais pas bien la question !

L’Université de la Terre est ouverte à tous ceux qui veulent apprendre, sans exigence de diplôme ou de niveau. Tout le monde a le niveau ! Elle sert aux jeunes Indiens des communautés zapatistes — elle est d’abord conçue comme un soutien aux zapatistes, mais il y a aussi des jeunes d’autres communautés indiennes. Et il y a des gens de San Cristóbal qui viennent. Tu viens là parce que tu veux te former dans tel ou tel domaine. Il n’y a pas de durée établie, les étudiants habitent sur place, il n’y a pas d’examens, de diplômes, c’est à chacun de savoir quand il a acquis ce qu’il était venu chercher. On peut repartir et revenir autant de fois qu’on en sent le besoin. La formation est à la fois libre et personnalisée. Il y a des formateurs, mais les gens s’entraident et avancent aussi comme ça. L’idée est celle d’une « communauté ouverte d’apprentissage » : même si certains ont plus d’expérience dans tel ou tel domaine, on construit ensemble des apprentissages, ce qui diffère de la conception d’une éducation dispensée par certains à d’autres qui la reçoivent.

Il n’y a pas d’enseignement théorique à proprement parler, mais beaucoup de rencontres sont proposées et tout le monde est convié. Les zapatistes y ont organisé plusieurs grands rassemblements ces dernières années, avec des gens qui venaient de tous les coins du monde : la rencontre organisée en 2007 après la mort de l’historien André Aubry a eu lieu là ; cinq mille personnes se sont retrouvées pour le Festival de la Digne Rage en janvier 2009… L’Université de la Terre se définit comme un « espace autonome », en rébellion contre les structures de l’État. Et lors d’une des rencontres organisées par l’EZLN, Marcos l’a déclarée « territoire zapatiste » (ce qui devrait constituer une protection vis-à-vis des possibles attaques gouvernementales).

C’est une sorte d’interface entre les communautés zapatistes et le reste du monde. Elle n’est bien sûr pas reconnue par le gouvernement mexicain. Elle n’a pas fait l’objet d’attaques frontales, mais elle subit pas mal de harcèlement, notamment via la Commission fédérale d’électricité, qui veut intenter un procès pour des dettes supposées alors que l’Université de la Terre est maintenant équipée de son propre générateur d’électricité. Les étudiants doivent se relayer jour et nuit pour des tours de garde à l’entrée. Récemment, des camions de l’armée fédérale sont venus patrouiller aux abords de l’Université de la Terre ; les soldats sont même descendus à pied avec leurs armes à la main, ce qui a suscité beaucoup d’inquiétude.

Je le redis, un des points importants est la beauté des lieux, une beauté simple, liée à la nature, au site et à la végétation, et à la gentillesse des gens, au sens communautaire. Tout le monde est frappé par l’accueil qu’on y reçoit. Évidemment en France quand tu dis « communauté » cela évoque tout de suite de vieilles images post-soixante-huitardes. Mais là, la référence, c’est la communauté indienne, avec le sens du collectif et de l’entraide qui la caractérise.

En dehors des grandes rencontres, tu as deux types de séminaires fréquentés à la fois par les étudiants, et aussi par des gens de la ville, par des sympathisants venant d’autres parties du Mexique et d’autres pays — tous ceux qui le souhaitent peuvent venir.

En outre il y a très souvent des invités de passage qui font des conférences ou exposent leur expérience de lutte dans leur pays. Les étudiants préparent et commentent après coup, ce qui est une occasion d’apprentissage sur telle partie du monde, sur certains problèmes qui nous concernent tous…

Le premier type de séminaire a lieu une fois par semaine. C’est le jeudi soir, ça commence à cinq heures, le temps qu’on se dise bonjour, qu’on prenne un premier café, ça fait plutôt six heures et là on discute parfois jusqu’à onze heures du soir. L’objet de ces séminaires, c’est l’actualité politique, chiapanèque, mexicaine et internationale, la lecture de la presse. Chaque semaine on distribue à tout le monde un stock d’articles, une cinquantaine de pages, les gens lisent, et on discute des articles la semaine suivante. Ce n’est pas l’actualité au sens Twitter, il y a un petit décalage avec le présent immédiat, en plus les articles au moment où on les distribue datent en général de quelques jours… Mais ça n’a aucune importance. L’actualité dans la minute, dans ce contexte, ça n’a pas de sens.

La séance commence par un compte rendu des lectures de la semaine en trois langues : en espagnol d’abord, trois quarts d’heure à peu près. Tout le monde en principe comprend l’espagnol, mais il y a des gens qui sont plus à l’aise en tsotsil ou en tseltal, alors il y a aussi des comptes rendus en tsotsil et en tseltal. Cela demande beaucoup de temps. Il faut beaucoup de patience. Ces conférences sont une vraie mise à l’épreuve de la patience pour un Occidental. Tout le monde écoute, écoute longtemps, et tout le monde parle, il n’y a pas de temps de parole, on laisse parler tous ceux qui veulent aussi longtemps qu’ils le veulent. Jamais on ne va couper la parole à quelqu’un. On le laisse parler, on le laisse aller au bout de ce qu’il a à dire. Et après, s’il y a lieu, on va formuler un autre point de vue en prenant autant de temps que nécessaire. Tous ceux qui parlent ne sont pas des habitués de la rhétorique, parfois il faut à quelqu’un très longtemps pour parvenir à exprimer ce qu’il veut dire. Tant pis, on ne s’énerve pas, on l’écoute. Ce respect de la parole est assez rare en Occident, je crois. Tu n’as pas besoin de savoir bien parler pour t’exprimer. Si tu as quelque chose à dire, tu le dis avec tes mots, tu cherches tes mots, on t’écoutera. Tout le monde écoute tout le monde, c’est un principe de base, c’est une sorte d’apprentissage de la parole en groupe…

Il y en a qui se taisent : il y a des étudiants qui ne disent rien. Mais tu as aussi des gens qui viennent ponctuellement, des gens de la ville, qui viennent avec leurs questions, leurs problèmes particuliers. Et comme c’est entièrement ouvert, tu as des gens qui ignorent ce qui s’est dit la fois précédente. Par exemple, il y a souvent des discussions autour de la question des terres : tu as beaucoup de gens, dans la périphérie de San Cristóbal qui se sont installés, ils ont construit sur des terres qui appartiennent officiellement à l’État. Ils fondent un quartier et puis au bout de quelques années la question de la propriété du sol se pose. En principe au Mexique, État ou gros propriétaire, si tu ne fais rien de tes terres pendant plusieurs années, elles peuvent passer aux mains de ceux qui les occupent et en font quelque chose. Mais cela donne lieu à des conflits. L’État joue de cela, sans forcément intervenir directement, il fait pression, il va faire des incursions au moment où on ne s’y attend pas, laisser planer la menace…

Ceux qui participent aux séminaires viennent d’horizons divers : des étudiants, des universitaires, des gens de différentes trajectoires politiques, anciens trotskistes, libertaires… Il y aussi des gens qui appartiennent ou ont appartenu aux structures de l’évêché. Parfois, il y a des nouveaux qui débarquent et qui t’expliquent ce qu’il faudrait faire comme si tu n’y avais jamais réfléchi… Ou quelqu’un qui se met à t’expliquer en long et en large quelque chose qui a déjà été discuté la semaine précédente où il n’était pas là. Tant pis, on écoute, on laisse parler. C’est la même chose dans les communautés. Toutes les décisions sont discutées autant que nécessaire, même s’il faut parler très longtemps. On ne prend la décision que quand tout le monde est d’accord. Et personne ne s’énerve. Je vois mal ce genre de chose ici en France. J’ai un ami qui ne supporte pas ! Il vient mais ça l’exaspère qu’on ne puisse pas se contredire, il ne supporte pas que les gens parlent sans limite de temps…

On est une quarantaine de personnes. Autour d’une grande table. Il y a le café, les petits pains, ça rentre, ça sort…

Un samedi matin par mois, c’est le second type de séminaire, on se réunit pour discuter autour d’un livre. Là on est moins nombreux, tous les étudiants ne sont pas présents. On choisit un livre et on l’étudie ensemble. Selon les mêmes principes de parole que ceux que je viens d’évoquer. Ces derniers temps on s’est penchés sur les écrits d’Ivan Illich. Avant, pendant trois ans, tous les samedis on a lu les livres d’Immanuel Wallerstein — sa critique du capitalisme mondialisé, la théorie des systèmes-monde — sa pensée compte beaucoup à l’Université de la Terre. Avec Ivan Illich, on est au cœur de la réflexion sur l’éducation. Illich a vécu au Mexique, son Centre pour la formation interculturelle (le Cidoc) était implanté à Cuernavaca. Dans les dernières rencontres internationales organisées par l’EZLN ou autour des anniversaires du 1er janvier 1994, la pensée d’Illich a été assez présente. À plus forte raison depuis le rapprochement avec Javier Sicilia, le poète dont le fils a été assassiné en 2011 : les zapatistes ont organisé une grande mobilisation pour soutenir la Marche pour la paix qu’il a engagée pour dénoncer le crime organisé. Javier Sicilia est un disciple d’Ivan Illich.

Une des idées principales d’Illich en matière d’éducation et d’apprentissage, c’est d’en finir avec l’école-institution. Repenser la question de l’enseignement, de la transmission, en dehors du rapport d’autorité et de normalisation qu’instaure l’école comme institution qui s’arroge le monopole du savoir légitime. Illich dénonce aussi le caractère contre-productif de l’école (comme d’autres institutions : l’hôpital, les transports, etc.) qui en délégitimant de nombreux savoirs et de nombreuses pratiques, produit un mode de savoir et des pratiques standardisés, abstraits, coupés de la vie. Lorsqu’il parle d’une société sans école, ce n’est pas forcément qu’aurait été aboli tout lieu spécifique voué aux apprentissages, mais il conteste le fait de réduire à l’école le périmètre de l’apprentissage. Chacun doit pouvoir accéder aux connaissances dont il a le désir et tout le monde peut apprendre à tout le monde. Chacun sait des choses qu’il peut transmettre si on établit les conditions qui le permettent. On a beaucoup moins souvent qu’on ne le croit besoin de maîtres, on a besoin d’une pratique des savoirs, d’une circulation, d’un échange ininterrompu. Il s’agit de valoriser les apprentissages liés à l’expérience, à la vie réelle, l’auto-apprentissage, l’inter-apprentissage, non pas l’éducation a priori mais les apprentissages en fonction des besoins effectifs, des situations, etc. Illich prône la déspécialisation, il s’oppose à la délégation de l’enseignement à des spécialistes autorisés. Tout le monde sait, dit-il, et a des capacités à transmettre.

Reste que tout dépend de la question suivante : apprendre pour quoi ? Pour vivre dans quel monde, dans quelle réalité sociale ?

Les écoles des communautés

Promotores, le mot n’est pas terrible en français où le promoteur évoque surtout l’immobilier ! Mais en espagnol, dans le contexte dont je parle, il faut l’entendre au sens premier : celui qui promeut, fait aller en avant, qui suscite l’élan…

Dans les communautés, ceux qui enseignent aux enfants dans les écoles primaires sont appelés promotores. Trois cents écoles primaires existent aujourd’hui dans la seule zone des Altos (Hautes Terres), l’une des cinq zones gouvernées par les autorités autonomes zapatistes. Les promotores ont été formés pour leur tâche mais ils ne sont pas payés. Ils ne gagnent pas d’argent, ils reçoivent seulement une aide en produits alimentaires de la communauté où ils enseignent ; ils continuent aussi à participer à la production agricole de leur famille, à la récolte du café, leur activité ne se limite pas à l’enseignement. Au moment de la récolte du café, l’école s’arrête, tout le monde s’y met, les enfants aussi. À la fois les promotores ont été formés pour faire l’école, mais ils participent aux autres activités quand c’est nécessaire.

Souvent ils manquent de pas mal de choses… ils n’ont pas forcément de quoi acheter le matériel scolaire ou les livres dont ils auraient besoin, et pas même de quoi s’acheter un nouveau pantalon ! De toute façon le principe c’est : on a une petite salle pour faire la classe, tant mieux, mais si on ne l’avait plus, on ferait la classe sous un arbre.

Au premier abord, l’organisation générale se présente un peu comme ici. C’est très structuré. Il y a six années. On acquiert des connaissances. Tu fais ton cursus. Là ils ont un peu calqué sur le système officiel. Ça ressemble à l’idée qu’on a de l’école. On peut se dire, c’est un peu dommage. Mais où ça change, c’est dans le statut même du promoteur et dans la manière de concevoir l’éducation — comment on apprend. Il n’y a pas de compétition, il n’y a pas d’échec ou de réussite. Tu as des savoirs à acquérir et on t’explique jusqu’à ce que ce soit acquis. Ceux qui ont compris plus vite aident les autres. Et on ne passe à autre chose que quand tout le monde a compris.

L’école n’est pas organisée de façon identique partout. Il y a cinq zones entre lesquelles se répartissent les communautés, et dans chaque zone, même si les principes généraux sont les mêmes, il y a des variations importantes.

Dans l’école secondaire, tout le monde est capable d’enseigner tout. La non-spécialisation, cela veut dire que les promotores doivent se débrouiller avec la situation telle qu’elle se présente. Quelqu’un commence à être bien formé dans une discipline, mais s’il y a un manque dans une autre discipline qu’il n’a pas encore enseignée il faut qu’il s’y mette : quelqu’un part et il faut tout réorganiser… Souvent, dans les communautés, les gens jeunes éprouvent le besoin de partir un an ou deux dans le nord du Mexique ou aux États-Unis, c’est un peu le voyage obligé : même si les conditions de vie sont très dures, les gens partent, puis en général reviennent dans la communauté. Si quelqu’un s’arrête, on prend son travail en charge. Même si a priori on ne sait pas faire ce qu’il faisait — on apprend, on trouve. Il faut faire avec ce qu’on a, apprendre sur le tas. Il faut se débrouiller. Ce n’est pas un principe, ce n’est pas systématique, mais quand il faut résoudre un problème d’organisation on change la répartition des rôles. Tu enseignais l’histoire, et tu vas faire les sciences naturelles…

Les élèves habitent sur place. Garçons et filles bien sûr. Qui va dans les élèves secondaires ? Ce sont les intéressés eux-mêmes qui décident, il n’y a pas l’idée de repérer les meilleurs ou ce genre de chose. On va à l’école secondaire si on a envie d’aller à l’école secondaire et de faire quelque chose d’utile pour la communauté, c’est tout.

Les matières, ce ne sont pas exactement des matières au sens où on l’entend ici, ce sont des aires de connaissances : communication et langages, mathématiques, sciences sociales, sciences de la vie, humanisme, production.

Comment former les formateurs ? Il ne s’agissait pas de passer par l’enseignement classique mexicain. Il a fallu tout faire. La mise au point a pris plusieurs années. Ça a donné lieu à des discussions interminables. Entre les gens des communautés, qui savaient ce qu’ils voulaient, et des invités extérieurs, des sympathisants zapatistes, des gens qui, soit avaient une pratique d’enseignement, soit avaient envie de réfléchir à cette question en étant déjà sensibles aux enjeux des communautés autonomes. Il n’en est pas sorti des manuels, mais des textes, oui.

Les savoirs sont vus dans la perspective zapatiste, forcément. Dans la perspective des gens qui luttent. Dans les communautés, comme à l’Université de la Terre, la conception de l’éducation est sous-tendue par un projet politique, qui met l’autonomie au cœur des enjeux. Les communautés, l’Université de la Terre, sont conçus comme des espaces autonomes et le but est que l’autonomie gagne du terrain.

Le risque d’endoctrinement, il n’est certainement pas plus grand que dans l’école des sociétés capitalistes ! Il faut faire attention, certainement, mais le danger d’endoctrinement est assez faible car les zapatistes n’ont jamais été partisans d’une ligne politique rigide, ils ne pratiquent guère ce qu’on appelait, en d’autres temps, le travail de « formation politique ». Il y a des convictions partagées — la volonté d’autonomie dans tous les domaines, le rejet du capitalisme, l’égalité, l’idée de prendre en compte la réflexion, le point de vue de chacun : les décisions de ne prennent jamais à la majorité, il n’y a pas de spécialiste de ceci ou cela qui aurait plus voix au chapitre que les autres, on discute jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord et on agit ensuite.

L’une des idées majeures dans l’enseignement des écoles, et ça vaut pour toutes les matières, c’est que pour aller vers le plus lointain, on part du plus proche. Et on s’appuie toujours sur du concret. En histoire par exemple, on va commencer par apprendre l’histoire de la communauté, puis celle du Chiapas, puis du Mexique, puis du monde… En science tu vas commencer par travailler à partir de ce que tu as autour de toi, tu observes, les plantes, les animaux qui sont là, en maths tu vas partir des problèmes à résoudre dans la vie quotidienne…

Partir de soi, partir du concret, rendre tout concret. Cela veut dire aussi une implication du corps, des gestes. Le mouvement plutôt que la quasi-immobilité où le maître est debout et parle à des élèves assis qui écoutent en silence. Je prends un exemple. Tu expliques la densité de la population. Tu dis « densité de population », pour la plupart des élèves cela n’évoque rien. Alors tu vas faire une démonstration, plutôt que de t’en tenir aux mots, tu te lèves, tu vas au milieu de la pièce, tu fais venir des élèves, tu les répartis dans l’espace pour illustrer ce que tu veux montrer — quinze personnes par ici, trois par là, trois autres… tu fais une petite mise en scène. Et tout le monde est dix fois plus impliqué.

Il y a aussi des livres, bien sûr. Chaque école a une bonne bibliothèque. Et pour celui qui veut approfondir une question, il y a les livres, il y a Internet…

Il ne faut pas oublier qu’en ce qui concerne les zapatistes, si les Accords de San Andrés sur les droits indigènes ont été signés par le gouvernement fédéral et l’EZLN, le gouvernement a ensuite refusé les modifications de la Constitution qui devaient en découler. On est dans une sorte de no man’s land, l’armée, ou les forces paramilitaires, ne sont jamais très loin, l’État trouve régulièrement des moyens, même sourds, pour inquiéter les gens dans les communautés. C’est une sorte de harcèlement lent, insidieux.

Il s’agit, à l’Université de la Terre, dans les écoles zapatistes, mais plus largement aussi, de créer des pratiques différentes, des relations différentes entre nous tous ; il s’agit bien d’un projet politique, en rupture avec les formes de vie et d’expérience propres au système institutionnel et à la société capitaliste. Un autre monde dans ce monde-ci, pas pour des lendemains qui chantent et déchantent, mais tout de suite, avec ce qu’on a à portée de main, avec les limites que cela suppose. Des énergies qui se mobilisent pour construire collectivement, sans trop savoir comment, sans plan global préalable, un flux. Le chemin n’est pas tracé, il faut l’inventer, pas après pas, sans certitude.

 

Résistance au Nouvel Ordre Mondial: L’Iran prépare une série de sanctions contre l’Europe…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, crise mondiale, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique with tags , , , , , , , , , on 26 octobre 2012 by Résistance 71

Dans ce bras de fer déjà engagé, pas du tout certain que l’UE tienne la route. L’Iran par contre subit des sanctions et embargo depuis 1979 et y est bien plus préparé.

Qui sera à genoux en premier ? Les paris sont ouverts !

— Résistance 71 —

 

L’Iran menace d’arrêter toute exportation de pétrole et considère des sanctions anti-européennes

 

RT

 

Le 23 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/iran-stop-oil-export-sanctions-072/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’Iran prévient qu’elle pourrait arrêter ses exportations de pétrole, faisant ainsi exploser le prix du barril, si les sanctions des Etats-Unis et de l’UE se renforçaient plus avant. Dans ce cas précis, dit Téhéran, nous avons une stratégie de remplacement pour continuer sans les revenus du pétrole. “Si vous continuez à rajouter des sanctions, nous allons stopper toute exportation de pétrole dans le monde”, a dit le ministre iranien du pétrole Rostam Qasemi à des journalistes Mardi. “Le manque de pétrole iranien sur le marché fera monter le prix du barril de manière très conséquente.” L’Iran est en ce moment sous la pression de sanctions internationales, principalement concernant ses exportations de pétrole, sanctions imposées par le conseil de sécurité de l’ONU, les USA et l’UE afin de faire arrêter le programme nucléaire controversé de la république islamique. Washington et quelques-uns de ses alliés croient que le programme est utilisé pour développer l’arme nucléaire.

Le 15 Octobre, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont approuvé un nouveau package de sanctions ciblant les secteurs financier de l’Iran, son commerce, son énergie, ses transports et de télécommunication. Tôt en Octobre, les législateurs américains ont aussi étendu un lot de sanctions déjà dures contre l’Iran.

Les mesures ont sévèrement touché l’économie de l’Iran, mais Qasemi a dit que celle-ci a un “plan B” qui permettra au pays de compenser les pertes de profits dûes à ses ventes de pétrole. Il n’a pas dit combien de temps l’économie pouvait fonctionner sans le pétrole.

L’Iran continue de pomper le pétrole à sa capacité normale et produit quelques 4 millions de barrils / jour., a dit Qasemi, contredisant le rapport de l’OPEP disant que la production du pays était tombée à 2,7 millions de barrils /jour. Il a ajouté que “L’Iran a fait face à des sanctions américaines depuis plus de 30 ans tout en continuant à gérer optimalement son secteur pétrolier.”

Le parlement iranien considère des sanctions contre l’Europe

Énervés après une nouvelle bordée de sanctions, les legislateurs iraniens travaillent sur “un package d’embargo préemptif” qui toucherait les états européens, a rapporté la chaîne de télévision iranienne de langue anglaise Press TV.

Les officiels pensent faire agir les sanctions en trois phases:

La première privera les ennemis de l’Iran de son brut léger de très haute qualité. D’après le rapport, 70 raffineries européennes dépendent du pétrole iranien.

La seconde phase verra l’embargo sur les biens transportés depuis les états européens qui ont participés à imposer les sanctions contre Téhéran.

La troisième phase interdirait les citoyens iraniens de voyager dans les pays hostiles.

Résistance politique et désobéissance civile en cours à Notre-Dame-des-Landes

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, démocratie participative, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , on 26 octobre 2012 by Résistance 71

Sur les expulsions et la résistance en cours 
à Notre-Dame-des-Landes

 

Le 25 octobre 2012, par ZAD

 

url de l’article original: Avec vidéos

http://www.lavoiedujaguar.net/Sur-les-expulsions-et-la

 

Assemblée d’organisation de la manifestation de réoccupation : 
vendredi 26 octobre, à 19 heures, à B17, 
17, rue Paul-Belamy à Nantes.

La date définitive de la manifestation de réoccupation sera confirmée à l’issue de cette assemblée.

Depuis mardi 23 octobre au matin, la ZAD [1] est envahie et occupée par des centaines de policiers en tout genre. Ils s’attaquent petit à petit aux maisons et cabanes occupées, qu’ils détruisent et emportent minutieusement pièce par pièce hors de la zone pour ne rien laisser qui puisse servir à reconstruire ou résister.

Les lieux et jardins encore occupés sont régulièrement harcelés, couverts de lacrymos, piétinés… La police essaie de rendre impossibles les moments de rassemblement ou de réunion. Depuis mardi, les occupant.e.s et les personnes arrivées sur place ont répondu par des barricades, des blocages des axes utilisés par les flics, par des réoccupations, des projectiles, du feu, des insultes et des sarcasmes… Depuis maintenant quatre jours, sous une pluie constante, quelques centaines de personnes tiennent la zone coûte que coûte face à la police et comptent bien y rester. Des manifestations, des actions ont lieu tous les soirs à Nantes et dans d’autres villes et ce n’est pas fini.

Sept maisons en dur ont déjà été expulsées, ainsi que quelques cabanes, mais de nombreuses autres demeurent dispersées dans les bois, les champs, sur les arbres. Outre les occupant.e.s, des locataires, propriétaires et paysans sont toujours menacés eux aussi de devoir dégager de la ZAD. Autant dire que cette tentative d’expulsion XXL est partie pour durer. Nous ne pouvons encore présager de la manière dont les expulsions vont se poursuivre, en continu ou pas, dans les prochains jours sur d’autres cabanes et habitats. Mais il semble assuré que l’occupation militaire de la zone et la destruction des maisons déjà expulsées continuent la semaine prochaine… « Le Sabot » (jardins maraîchers occupés en manif le 7 mai 2010) a résisté toute la semaine dernière aux pressions policières, mais il est possible que la préfecture cherche à le faire dégager dès la semaine prochaine. Une maison expulsée et réoccupée quelques heures plus tard vendredi soir aux Fosses-Noires est menacée dans les quarante-huit heures. Les cabanes dans les arbres et installations aériennes tiennent toujours et pourraient se multiplier. Il est très probable par ailleurs qu’une seconde grande offensive ait lieu après le 28 octobre, puisque trois nouvelles maisons seront expulsables, dont « Les Rosiers », première bâtisse occupée sur la ZAD il y a de cela cinq ans. Quoi qu’il en soit, nous appelons dès aujourd’hui et pour les semaines à venir à l’arrivée de relais et renforts créatifs et déterminés par ici, pour reconstruire et tenir, ainsi qu’à la poursuite d’actions de pression ailleurs. Face aux possibilités de durcissement, en terme d’interpellations notamment, il faut tout faire pour que les occupant.e.s ne se retrouvent pas isolé.e.s (guettez les infos sur zad.nadir.org, des idées pour se bouger, points de rendez-vous et d’accueil sont donnés ainsi que des infos fraîches en continu sur la situation et des conseils sur le matériel à amener).

D’ores et déjà bravo à fond, à tou.te.s celles et ceux qui ont mené des actions de solidarité, des manifs, des rassemblements, à trois ou à deux mille, envoyé des messages de soutien, apporté du ravitaillement, des chaussettes, et de quoi lutter… Cela réchauffe grave le cœur, les pieds et alimente la rage, en ces journées de résistance pluvieuse, de savoir que d’autres s’attaquent au PS, à Vinci et consorts, constructeurs de l’aéroport et broyeurs de nos vies.

La manifestation de réoccupation

En ce qui concerne la manifestation de réoccupation, annoncée en cas d’expulsion (voir appel), nous voyons toujours la nécessité d’un moment de mobilisation large, constructive et offensive après ce premier round d’expulsion. Nous percevons toujours autant la pertinence de nous retrouver, occupant.e.s, habitant.e.s du coin et d’ailleurs, agriculteur.rice.s, associations et autres pour dire que rien n’est joué dans cette lutte, que nous reviendrons toujours et que nous ne laisserons pas l’aéroport se faire. Il nous faut reconstruire ensemble un lieu ouvert d’organisation de la lutte sur les terres menacées. Nous remettons d’autant moins en cause ce projet qu’il semble aujourd’hui sur toute les lèvres.

La manifestation de réoccupation aura donc bien lieu !

Nous avions annoncé qu’elle se déroulerait le quatrième samedi après les premières expulsions conséquentes sur la zone. Pour autant, si cette première vague d’expulsion a bien démarré il y a quatre jours, elle n’a encore connu aucune interruption et ne nous a pas laissé beaucoup souffler. De ce fait, nous avons décidé qu’il nous était nécessaire de prendre un peu de recul sur la situation avant de confirmer une date.

Nous appelons donc à une assemblée générale pour organiser cette manifestation de réoccupation avec tous les groupes, assos, et personnes qui le souhaitent vendredi 26 octobre, à 19 heures, à B17 rue Paul-Belamy à Nantes… La date de manifestation sera confirmée à l’issue de cette assemblée. Nous vous invitons à la relayer le plus largement et le plus rapidement possible, afin que chacun.e puisse s’organiser pour venir. Nous appelons tous les collectifs qui soutiennent ce projet à commencer à mobiliser et à s’organiser dès maintenant à ce sujet.

Et puis en attendant on cherche d’ores et déjà des cuisines collectives, chapiteaux, musiciens, batucadas, cabanes en kit, matériaux, outils, tracteurs… en vue de la réoccupation.

Des occupant.e.s de la ZAD et collectifs solidaires, qui ne lâcheront rien 
Pour tous contacts : 
reclaimthezadZone à défendre 
Tritons crêté.e.s contre béton armé

 

Notes

[1] ZAD, administrativement “zone d’aménagement différé”, devenue “zone à défendre” — voire “zone d’autonomie définitive” — pour la résistance au projet d’aéroport (note de “la voie du jaguar”).

Résistance politique: L’approche historique fait la différence… Mémento pour la Palestine.

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 26 octobre 2012 by Résistance 71

Nous le répétons depuis un bon moment. Il faut étudier l’histoire en modifiant l’angle d’approche. L’histoire est relatée et écrite par les nantis, les privilégiés et les vainqueurs des guerres. Pourquoi ne pas analyser les évènements historiques vus sous l’angle des démunis, des opprimés et des vaincus ? Howard Zinn outre-atlantique avait ouvert cette voie avec son « Histoire populaire des Etats-Unis » (1980). Si cette recherche nous aide à comprendre les tenants de l’impérialisme américain depuis ses origines, il est évident que le même travail puisse être effectué pour les histoires de toutes les nations. En ce qui concerne Israël, son histoire est inextricablement liée à celle du sionisme et l’exploitation d’évènements tragiques.

Il est frappant de constater la similitude en bien des points entre la création de l’état d’Israël, le calvaire du peuple palestinien et la quasi extermination et expropriation criminelles des nations natives du continent américain depuis 1492. Nous nous devons d’analyser les crimes de l’occident sans complaisance, car c’est en changeant profondément les attitudes par la compréhension d’une histoire démythifiée, que nous changerons la société qui est en fait une entité organique faite de chair et de sang.

Cette étude de Rudi Barnet lève le voile sur des évènements volontairement laissés dans l’ombre. C’est en exorcisant nos peurs et notre honte que nous changerons le monde, pas en préservant le statu quo oligarchique, ce que tous les rouages du système, historiographie comprise, accomplissent au fil du temps pour mieux nous contrôler.

— Résistance 71 —

 

“Le génocide nazi n’est pas mon affaire !” [1]

 

Par Rudi Barnet

 

Octobre 2012

(1)

 

Les textes de ce « Memento pour la Palestine » n’ont pas la prétention d’être exhaustifs sur la dramatique histoire du peuple palestinien.

Ils sont seulement le résultat des recherches d’un citoyen lambda qui veut « comprendre ».

L’objectif essentiel est de fournir un « aide-mémoire » à celles et ceux qui, comme moi, sont opposés à toute forme d’embrigadement et qui placent l’être humain au-dessus de toute religion et idéologie!

Sauf oubli, on pourra trouver les références de chaque citation ou information.

Ainsi le lecteur pourra en vérifier la provenance et compléter ses connaissances.

En espérant que ces informations permettront aux citoyens indifférents ou aveuglés par la propagande sioniste,  d’être moins crédules et d’avoir une approche plus objective et plus  humaine de cette tragédie.

Ce « Mémento » est dédié à Yvonne Sterk (Rafiqua Yvon), infatigable militante de la justice et de la paix et grande voix de la résistance palestinienne, qui nous a quittés en 2012. [2]

Qui parle à qui ?

Enfant, les témoignages et les informations sur la “solution finale“ m’épouvantaient.

Adolescent, j’ai vu les terribles images de « Nuit et Brouillard » de Resnais et le visage d’Irena Sendlerowa, la résistante polonaise qui sauva plus de 2500 enfants du ghetto de Varsovie… Elles sont restées gravées en moi.

Raoul Wallenberg, ce jeune diplomate suédois qui sauva tant de vies juives en Hongrie et Marek Edelman, le héros du ghetto de Varsovie, font également partie de mon « petit panthéon » personnel. Et c’est, chaque fois, la gorge serrée que j’entre dans ce quartier du ghetto de Venise qui a donné son nom à tous les ghettos du monde.

Comme tous les racismes, l’idéologie qui a généré l’horreur nazie doit être combattue sans relâche et les lieux de mémoire doivent être préservés pour témoigner de cette face nauséabonde de l’être humain.

Il n’y aura jamais assez de publications, de films, de manifestations pour dénoncer et informer sur ce déshonneur de l’humanité et la Justice doit être intransigeante envers tout acte ou parole agressant nos concitoyens pour la couleur de leur peau, leur religion ou leur culture.

A quelle nation, à quel peuple appartenez-vous ?

La solidarité inconditionnelle à l’Etat d’Israël de certains citoyens de mon pays, qu’ils soient ou non de religion ou de culture hébraïque, et leur allégeance à ce régime – Nous et notre pays Israël… Notre ambassadrice… Notre hymne national “Hativah“ !… comme on peut l’entendre en permanence sur “Radio Judaica“ [3] – m’a toujours troublé et intrigué.

Ils semblent vivre dans un monde différent de leurs concitoyens … Comme en exil!

Se rendent-ils compte que la primauté qu’ils donnent à un Etat étranger, alors qu’ils appartiennent à notre pays, a quelque chose de… schizophrénique?[4]

N’ont-ils pas conscience que l’horrible entreprise d’extermination hitlérienne ne concerne pas l’Etat d’Israël, mais tous les citoyens du monde, qu’ils soient de religion hébraïque ou non?

Ne voient-ils pas la perversité des dirigeants israéliens et des fanatiques sionistes qui entretiennent cette confusion et l’utilisent en permanence pour justifier leurs exactions envers le peuple palestinien?

Ce qu’on peut lire ou entendre dans les médias européens de culture juive est, la plupart du temps, sans relation avec la vie de la communauté israélite locale.

Au lieu d’informer les citoyens sur des sujets sociaux, politiques ou culturels, de débattre des problématiques d’actualité de leur ville ou de leur pays, la plupart de ces médias consacrent un maximum d’espace et de temps à Israël (faits divers, vie politique… même le bulletin météo) et à relayer la propagande du régime sioniste.

… Tout en accusant les pacifistes locaux d’importer le « conflit ».

Ce ne sont, bien souvent, que critiques acerbes des organisations internationales (ONU, Cour internationale de justice, Unesco…), rejets virulents de toute critique d’Israël, discours condescendants envers les autres communautés religieuses (surtout musulmanes), propos injurieux sur les Palestiniens[5], etc.

C’en est au point que, dans certains pays, ceux qu’on appelle les « sayanim » en hébreu (bénévoles, aides, assistants…) collaborent directement avec le Mossad[6] en lui communiquant des informations sur des concitoyens, en participant aux campagnes de propagande… jusqu’à, parfois, faire de l’espionnage.[7]

Comment ces gens parviennent-ils à concilier cette soumission à un Etat étranger avec le respect dû à leur pays?

Un conte pour endormir les enfants

A l’école de mon village, notre instituteur nous vantait les mérites de “ces courageux colons qui allaient faire fleurir un désert“ et nous racontait avec enthousiasme l’épopée de ces valeureux pionniers.

Le monde sortait alors d’une guerre terrible, la communauté juive avait connu une tragédie effrayante et le petit écolier que j’étais se réjouissait de ce « happy end », de ce départ vers un avenir prometteur.

Longtemps, les enfants de ma génération ont cru à cette fable. Tout comme, sans doute, les jeunes juifs socialistes, idéalistes qui, de bonne foi, sont partis d’Europe pour créer les premiers kibboutzim.

On sait maintenant que le slogan « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » n’était qu’une tromperie sordide! Loin d’être un désert, il y avait là-bas des centaines de villes et villages, des cultures prospères, des jardins, des êtres humains de religions diverses.

… Un peuple de plus d’un million d’humains vivait sur cette terre et la cultivait ![8]

Le temps a passé et, peu à peu, la réalité s’est dévoilée.

On sait maintenant que l’Etat d’Israël est le résultat d’une colonisation violente qui a débuté bien avant la guerre de 1940/45…. Et qu’elle n’a que très peu de lien avec la terrible « solution finale » nazie!

On sait aussi, depuis l’ouverture d’une partie importante des archives israéliennes, que la création de l’Etat d’Israël a été réalisée en commettant un véritable crime contre l’humanité : une nettoyage ethnique!

Ce « Plan D » élaboré par Ben Gourion et froidement exécuté par les milices sionistes visait à « désarabiser » (sic) le pays en tuant les opposants, en expulsant les populations et en rasant villes et villages.

Il fut méticuleusement mis en œuvre dès 1947, près d’un an avant la proclamation de l’Etat.

L’objectif de créer un Israël ethniquement « pur » n’a pas vraiment été atteint puisque « seulement » 750 à 800.000 palestiniens furent expulsés, quelques milliers de civils exécutés et 531 villages rasés.

Et qu’il reste encore des Palestiniens sur cette terre.

Il a fallu de nombreuses années pour que, peu à peu, les détails de cette ignominie soient accessibles au public! [9]

Même les historiens sionistes reconnaissent aujourd’hui l’existence de ce plan…  En minimisant son importance et les conséquences de son contenu, évidemment!

De la bonne utilisation de la « Shoah »

Aujourd’hui on sait… Pour autant qu’on veuille savoir!

On sait qu’à partir de 1882 et jusqu’en 1939, environ 460.000 colons (principalement d’Europe centrale et orientale) sont arrivés par vagues successives!

En 1891 (!) l’essayiste hébreu Ahad Ha’Am commentait ainsi sa visite en Palestine: « A l’étranger nous sommes habitués à croire qu’Israël est presque vide ; que rien n’y pousse et que celui qui veut acheter de la terre peut aller là-bas acheter les terres qu’il désire.  En réalité, la situation n’est pas ainsi. Dans ce pays, il est difficile de trouver une terre cultivable qui ne soit déjà cultivée ».[10]

De 1939 à 1946, 150.000 nouveaux colons débarquèrent.

Seule une petite partie d’entre eux étaient des martyrs des camps nazis. [11]

Ce n’est que bien plus tard qu’à l’instar du journaliste israélien Boas Evron, nous avons réalisé que « La conscience de l’holocauste était en réalité un instrument d’endoctrinement de la propagande officielle, un ramassis de slogans, une vision du monde faussée dont le vrai but n’était nullement la compréhension du passé, mais bien la manipulation du présent » [12]

Un Tribunal de Nuremberg pour…

Les colons sionistes des années 30, qualifiés de terroristes par l’occupant anglais, ne se préoccupaient guère de ce qui se passait en Europe !

En décembre 1942, David Ben Gourion (David Grün de son nom originel, émigra de Pologne en 1906), futur fondateur de l’Etat d’Israël, ayant été informé de la mise en œuvre de la “solution finale“ par les Nazis, se montra pour le moins indifférent (voir la citation/titre).

Il est aussi l’auteur de cette affirmation cynique (1938) : « Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants Juifs d’Allemagne par leur transfert en l’Angleterre et seulement la moitié d’entre eux en les transférant vers Eretz-Israël, je choisirais celui-ci, parce que nous sommes confrontés non seulement à la comptabilisation de ces enfants mais aussi avec la comptabilité historique du peuple juif. »[13]

Ce mépris pour les martyrs de l’Holocauste a été violemment stigmatisé par Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de criminels nazis, au Congrès sioniste de 1946 : “Cela ne nous aurait pas fait de mal d’organiser notre propre procès de Nuremberg contre tous ceux (les dirigeants sionistes) qui n’avaient pas accompli leur devoir envers nous, nos familles et le peuple juif » .[14]

Ce procès réclamé par Wiesenthal n’a évidemment jamais eu lieu!

Il aurait notamment amené à rendre publics quelques aspects très peu glorieux du mouvement sioniste… Comme sa coopération avec le régime hitlérien (Les images des militants du Betar de Jabotinsky[15] paradant à Berlin en 1936[16] sont bien connues)!

Itzhak Shamir, collabo du régime nazi

La complicité avec le régime nazi débuta dès l’avènement du “führer“ en 1933 avec le “Haavara Agreement“ entre l’Agence Juive[17] et les autorités allemandes pour l’exportation de capitaux, de produits manufacturés et le transfert d’émigrants.

On estime que 40 à 60.000 juifs allemands ont pu bénéficier de cet accord et que les transactions auraient portés sur 14.000.000 £ de l’époque!

Cet accord entre l’Agence Juive et le régime nazi perdura jusqu’en 1942 ![18]

Le procès revendiqué par Wiesenthal aurait aussi permis d’en apprendre plus sur le projet d’alliance militaire[19] du « Groupe Stern » d’Itzhak Shamir[20] avec le régime hitlérien.

Cette proposition de 1941 – Il y avait alors déjà huit ans que Dachau, le premier camp de concentration, était en « activité » – valu à Shamir d’être arrêté et emprisonné par les Britanniques pour « terrorisme et collaboration avec l’ennemi nazi ».[21]

Natif de Biélorussie (son nom d’origine : Yezernistky) Shamir est arrivé en Israël en 1935.

Mis à part les quelques mois qu’il passa dans une prison de l’occupant britannique, son palmarès d’exploits terroristes, de 1937 à 48, fut « remarquable » : attentats contre les civils palestiniens, assassinats divers dont celui de Folke Bernadotte, le médiateur de l’ONU, etc.

Il intégra ensuite le Mossad[22] et en fut un des patrons pendant une dizaine d’années.

Plus tard, il devint premier ministre!

Ce sulfureux personnage qui disait en 1988 que « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles… Leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs! » [23] a été enterré cette année 2012, dans le « carré des héros de la nation » et a reçu les hommages obséquieux de nombreux chefs d’Etat occidentaux, dont François Hollande, Président de la France!

Ce que nous racontait notre instituteur était donc “bidon“!

C’est donc aussi une ignominie d’instrumentaliser les monstruosités nazies pour justifier l’invasion de la Palestine. Ce n’est pas au peuple qui vit sur cette terre à payer pour les crimes de l’Allemagne nazie, ni pour les nôtres!

Il est d’ailleurs paradoxal, choquant même, de constater que des rescapés du nazisme ou leurs descendants, ne soutiennent pas aujourd’hui des êtres humains qui subissent l’oppression.

Quelle est cette aberrante mécanique mentale qui conduit à l’indifférence face au malheur d’innocents ?

Un mufti bien utile…

A l’école du village, on nous racontait aussi que « les Arabes qui vivent en Israël s’étaient alliés aux nazis et qu’il fallait les écraser, que Al-Husseini, le mufti de Jérusalem était leur leader, qu’il avait collaboré avec Hitler et appelé les Palestiniens à se joindre aux forces de l’Axe ».

Nous ignorions alors – certains l’ignorent d’ailleurs toujours, ou feignent de l’ignorer – que cet Amin Al-Husseini avait quitté la Palestine en 1937 (Liban, Irak… et en Allemagne depuis 1941), qu’il était largement discrédité dans le monde arabe…  et que son influence sur la population de son pays était plus que limitée.

Preuve en est le faible résultat de ses exhortations auprès des nations arabes et de ses compatriotes : seuls 6 300 volontaires de divers pays arabes (Egypte, Arabie, Liban, Turquie…et Palestine) rejoignirent les organisations militaires nazies, tandis qu’ils furent 259 000, dont 9 000 Palestiniens, à rejoindre les forces alliées! [24]

Que cet Al-Husseini ait été un personnage exécrable est incontestable – ce n’était visiblement pas l’avis du gouvernement français qui l’hébergea et le protégea en 1945 – mais de là à en faire le “chef“ des Palestiniens…

Et lui consacrer plus de place au mémorial de Yad Vashem qu’à des Himmler ou Goebbels – l’espace qui lui est consacré dans “Encyclopedia of the Holocaust“ est seulement dépassé par celui concernant Hitler lui-même – serait risible si ce n’était clairement une manipulation visant à présenter les Palestiniens comme coresponsables du génocide hitlérien.[25]

L’ironie morbide de l’Histoire veut que ce mémorial Yad Vashem a été construit sur les terres et les ruines du village martyr de Ein Kerem…  et en face de ce qui fut Deir Yassin. [26]

Deir Yassin, cet Oradour palestinien où, comme prévu dans le sinistre plan de nettoyage ethnique, se déroula un des pires massacres de civils perpétrés en 1948 par les milices sionistes.

Il est fort probable que les guides du mémorial préfèrent escamoter cette information depuis le licenciement d’un des leurs : il avait osé en parler à des visiteurs.[27]

… Des nazis bien utiles aussi

Il est troublant de constater qu’aucun “Tribunal de Nuremberg ou de La Haye“ n’ait jugé certains complices objectifs des massacres nazis, notamment les membres des gouvernements anglais, étatsunien et canadien qui “savaient“ dès 1942, qui connaissaient la mise en œuvre de la “solution finale“ et qui ont cyniquement laissé faire.

Après 1945, les “Alliés“ ont été plus que laxistes avec les criminels de guerre allemands, notamment les USA – mais la politique de l’URSS était similaire – qui ont accueilli et protégé de nombreux nazis, dont quatre à cinq mille membres du réseau du général hitlérien Reinhard Gehlen, devenus de bons citoyens américains et “recyclés“ dans la CIA ! [28]

… Quand ce n’est pas le tapis rouge qui est déroulé pour les accueillir, comme pour l’ingénieur nazi Werhner von Braun [29] et son équipe, responsable des V2 qui firent tant de morts….

Aux USA, il fit carrière comme directeur du centre de vol spatial de la NASA et termina ses jours comme citoyen étatsunien couvert d’honneurs (On créa même un « Werhner von Braun Day »)!

… Au même moment les USA fermaient leur frontière à de nombreux juifs qui fuyaient l’horreur !

Pourquoi fait-on silence sur ces crimes? Pourquoi n’ont-ils jamais été jugés ?

Témoignage personnel…

C’est avec stupeur et colère que j’ai appris de la bouche même d’un ex beau-frère qu’il coulait des jours tranquilles à Tel-Aviv (il y est mort depuis) avec sa fille et ses petits-enfants.

Cet homme était un SS belge de la “Légion Wallonie“. Il avait combattu sur le front de l’Est et prétendait avoir participé à la bataille de Stalingrad.[30]

Après la guerre, il avait été emprisonné et déchu à vie de ses droits civils.

La dernière fois que je l’ai rencontré, j’ai pu vérifier que son idéologie n’avait pas changé, son antisémitisme s’était simplement mué en haine des « Arabes ».

D’où sa stupéfaction quand je lui appris que les Palestiniens étaient des Sémites.[31]

Selon ses dires, il se réunissait parfois avec quelques-uns de ses anciens “camarades“, devenus comme lui citoyens d’Israël.

Cette situation ne semble guère gêner le gouvernement israélien. Il est vrai que des leaders de l’extrême droite européenne sont régulièrement accueillis par les Lieberman et consorts.

… Et premières questions

Quand, fin 2008, l’armée israélienne a fait pleuvoir la mort sur Gaza durant 22 jours – tuant 1387 personnes, dont  257 enfants, et faisant 5.500 blessés, sans oublier les milliers de bâtiments détruits – les discussions n’ont pas manqué avec des amis qui, mal informés par les « médias officiels », qualifiaient encore d’autodéfense ce que d’autres considéraient comme un crime.

Les interrogations étaient multiples :

Par quel mécanisme schizophrénique une grande partie des juifs « extérieurs », notamment d’Europe, peuvent-ils s’identifier à un tel Etat ?

Imagine-t-on les catholiques en faire de même avec le Vatican?… Les musulmans avec l’Arabie Saoudite?…

Quelle logique aberrante amène des conquérants brutaux à se prendre pour les défenseurs de la démocratie, alors que leurs agissements sont universellement qualifiés de crimes contre l’humanité?

Par quelle construction démente certains en sont-ils arrivés à être persuadés que ce sont les Palestiniens qui veulent occuper leurs terres et qu’ils ne font que se défendre contre eux?

D’où vient que la population israélienne se voile ainsi la face et se fasse la complice d’un régime qui traite le peuple palestinien comme de nouveaux “Untermenschen“ ?

Comment font certains de mes compatriotes pour nier l’évidence, pour minimiser les actes d’un régime qui a toutes les caractéristiques d’un État voyou et pour déclarer antisémite tout opposant à ce régime criminel?

Qu’est-ce qui les empêche de voir la folie des Lieberman[32] et consorts?

Bref état des lieux

Avec la myriade de villages militairement isolés les uns des autres, la Cisjordanie, où vit la majorité du peuple palestinien, ressemble indéniablement aux “réserves indiennes“ des Etats-Unis.

L’ensemble de ce territoire est sous le contrôle de l’armée israélienne qui fait régulièrement des incursions dans la maigre zone A (4% du territoire!) qui est, en principe, sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.

La zone B, dite mixte, est en réalité totalement contrôlée par Israël.

Sachant que l’Autorité palestinienne  n’a aucun pouvoir sur la zone C, il suffit de regarder la carte pour se rendre compte que Abbas et le Fatah ne contrôlent plus rien, excepté ce qu’Israël décide de lui déléguer, momentanément!

Seul Gaza peut encore être considéré comme territoire sous autorité palestinienne.

Objectivement parlant, c’est devenu le “plus grand camp de concentration à ciel ouvert du monde“[33] avec ses 1,6 million de personnes enfermées dans un espace de 360 km2… 7 fois moins que le Luxembourg!

Selon l’ONU, cette population passera à 2,1 millions en 2020 ce qui portera la densité à 5.800 habitants au km2.

En août 2012, des responsables de l’ONU ont averti [34] : si des mesures ne sont pas prises contre le blocus qui continue à leur être imposé, les conditions de vie des habitants de la bande de Gaza vont s’aggraver d’ici 2020.

En Cisjordanie, Israël poursuit chaque jour le vol de l’eau, les destructions de maisons et les expulsions pour l’installation de colonies. A Jérusalem-Est, le régime développe la judaïsation en chassant les habitants, sous l’œil complice des Etats-Unis et des pays de l’Union européenne.

Une des techniques utilisées pour s’accaparer les terres est de décréter que tel champ ou telle oliveraie devient zone militaire.

Une fois les occupants expulsés, l’armée décide que ce n’est plus une zone militaire… Et la cède aux colons!

Il faut y ajouter ce honteux mur (760 km prévus) qui empiète un peu plus sur les terres palestiniennes. Quand il sera achevé, 9,5 % de la Cisjordanie sera côté israélien! [35] et privera les habitants de leurs récoltes, d’accès à leurs puits, à leur famille.

Dans certains cas – Al Walaja[36] avec ses 2000 habitants est l’exemple le plus connu – le village est carrément enfermé par cette muraille.

En 2004, Israël a été condamné par la Cour de Justice Internationale de La Haye.

Elle a exigé la destruction du mur ainsi que le démantèlement des colonies installées au delà de la Ligne Verte de 1967… Israël a répondu par le mépris en continuant à ériger la barrière et en accélérant la colonisation en Cisjordanie!

Il est vrai que, comme le proclamait Sharon : « Israël a le droit de mettre les autres en procès, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif et l’État d’Israël » [37]

Qui peut d’ailleurs encore croire un seul instant que cette muraille a comme objectif d’empêcher les attentats terroristes quand on sait qu’elle est loin d’être hermétique : chaque jour, environ 15.000 ouvriers palestiniens la franchissent clandestinement pour se faire exploiter comme travailleurs « illégaux“… et sous-payés, évidemment.

Le nettoyage ethnique n’a pas cessé depuis 1947… Seulement la méthode!

 

Rudi Barnet

 

A suivre « Memento (2) »

« Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes »

 

Note: même article avec photos:

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12768

 

=  =  =

 

1 Ben Gourion en 1942! (« Righteous Victims » de Benny Morris, ? »Knopf Doubleday Publishing Group? », 2001 p. 162-163)

2 « La première fedayine européenne » (Lucas Catherine dans « De Wereld Morgen » du 29/7/2012)

3 Radio du CCOJB, mouvement sioniste belge de droite, équivalent au CRIF français

4 Psychose délirante chronique caractérisée par une discordance de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde.

5 Simple exemple de cette « littérature »(parmi les dizaines de textes diffusés sur les sites sionistes) : « Il faudra utiliser dorénavant, avec ces bêtes sauvages, la méthode « safari » : Une première équipe arrive sur place avec des fusils équipés de flèches porteuses d’une dose de produit anesthésiant, … et tire jusqu’à ce que le troupeau hostile soit neutralisé, Une deuxième équipe assure un périmètre de sécurité pour dissuader les autres bêtes sauvages d’approcher, la troisième équipe,

des vétérinaires, traite les « animaux » au sol afin d’assurer à terme leur ‘’remise sur pattes‘’ !

(Gérard Pierre sur « JSSNews »du18/5/2012)

6 Organisation comparable à la CIA, responsable de multiples assassinats, enlèvements, attentats, empoisonnements, etc.

Lire : Claire Hoy et Victor Ostrovsky, « Mossad, un agent des services secrets israéliens parle »  (Presses de la Cité, 1990)

7 Jacob Cohen « Le Printemps des Sayanim » (Editions l’Harmattan », 2010) et « Info-Palestine » du 4/9/2012

8 752 048 personnes selon un recensement anglais de 1922 et de plus d’un million en 1944 selon le « Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs »

9 « Le Nettoyage Ethnique de la Palestine » de Ilan Pappe (Fayard, 2006)

10 « Emet me-Erez Yisrael » (La vérité d’Erez Israël) de Ahad Ha-am (Asher Hirsch Ginsberg)

11 Edwin Black, « L’Accord de Transfert: L’histoire non-dite du pacte secret entre le Troisième Reich et la Palestine Juive »

(New York : Macmillan Publishing Co. Londres : Collier Macmillan Publishers, 1984)

12 « Holocaust : The uses of Disaster » de Boas Evron, Journaliste et écrivain israélien (Radical América 1983)

13 « Victimes, Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste » de Benny Morris (EditionsComplexe, 2003)

14 “Simon Wiesenthal, l’homme qui refusait d’oublier“ de Tom Segev (Liana Levi)

15 Né en Ukraine, fondateur du Bétar et de la Légion Juive, principal instigateur politique de l’Irgoun, l’armée clandestine

sioniste, responsable d’attentats contre l’occupant britannique et d’assassinats de civils palestiniens

16 Mouvement de jeunesse para-militaire juif radical, sioniste d’extrême droite

17 Créée en 1929, c’est le gouvernement de fait de la population juive palestinienne

18 Encyclopeadia Judaica 2008

19 Traduction du rapport allemand sur ce projet sur « en.wikipedia.org/wiki/File:SternGang-Doc-Nazi-Collaboration »

20 Ce groupe (appelé aussi « Lehi ») était clairement d’extrême droite. Il prône un Etat israélien basé sur les principes du fascisme

italien (lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Lehi)

21 Nathan Yalin-Mor, “Histoire du Groupe Stern“ (Presses de la Renaissance,1978) et Charles Enderlin, “Shamir“ (éditions

Olivier Orban, 1991)

22 Services secrets d’Israël (comparable à la CIA)

23 Discours aux colons juifs (New York Times du 1/4/1988)

24 “Les Arabes et la Shoah“ de Gilbert Achcar, professeur à l’Université de Londres (Actes Sud 2009)

25 Le grand Mufti, les Palestiniens et les nazis (Dominique Vidal, Monde Diplomatique de Décembre 2009)

26 Ziyad Clot “Il n’y aura pas d’Etat palestinien“ (Max Milo Editions)

27 « Haaretz » du 23/4/2009

28 Frank Garbely et Jean-Michel Meurice « Le système Octogon » (Maha Productions 2008)

29 Pierre Durand « Du nouveau sur le passé nazi de Wernher von Braun » (L’Humanité » du 3/2/1997) et « La Libération (26) : Dora,   enterré deux fois » de Morice (« Agoravox » du 23/6/2011)

30 Un détracteur sioniste m’a appris que la « Légion Wallonie » n’a jamais été à Stalingrad… ce rexiste était donc un vantard!

31 Parlant une langue sémitique (arabe, araméen, hébreu…) et originaire du Proche-Orient

32 Originaire de Moldavie, a émigré en Israël en 1978

33  Selon le dictionnaire : lieu fermé de grande taille créé pour regrouper et détenir une population considérée comme ennemie

34 « Le Parisien » du 27/8/2012

35 Laurent Zecchini dans son article « Prières contre le mur de Crémisan » (Le Monde du 19-20 août)

36 Voir le reportage « La bataille d’Al Walaja » (www.france24.com/fr/20100723)

37 A la BBC le 25/3/2001

38 Lire la lettre des 29 peronnalités juives au « New York Times » du 4 décembre 1948

 

Résistance à l’ingérence: Mise en sourdine des va t’en guerre français contre l’Iran…

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique française with tags , , , , , , on 25 octobre 2012 by Résistance 71

Les remarques du ministre des affaires étrangères français sur le programme nucléaire iranien sont complètement irresponsables: Mehmanparast

 

Press TV

 

Le 24 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/2012/10/24/268554/french-fm-remarks-irresponsible-iran/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien Ramin Mehmanparast a qualitfié d’irresponsables les récentes remarques faites par le ministre français des affaires étrangères à propos du programme énergétique nucléaire iranien.

“Nous considérions la France comme étant une avocate du rôle des organisations internationales et de leurs institutions affiliées, mais il semblerait maintenant que le gouvernement français se démarque de sa position traditionnelle sur la scène internationale” a dit Mehmanparast Mercredi.

“Il y a cette question de savoir comment le ministre français des affaires étrangères puisse parler du danger pour l’Iran d’obtenir des armes nucléaires tout en ignorant complètement les inspections effectuées par l’AIEA durant ces dernières années et qui ont rejetées toute diversion par la République Islamique d’Iran de ses buts pacifiques”, a ajouté Mehmanparast.

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a dit le 21 Octobre que l’Iran apparaissait en course pour achever son but de produire l’arme nucléaire vers le milieu de 2013. Fabius a dit que des experts, qu’il n’a pas identifiés, “ont établi de manière indisputable” que l’Iran avait amassé un lot complet de centrifugeuses qui “apparamment permettrait la capacité pour l’Iran d’avancer vers la possession d’armes nucléaires dans la première moitié de l’année prochaine, la fin de la première moitié.”

Mehmanparast a exprimé l’espoir que Fabius ne répétrait pas les erreurs de quelques anciens officiels français qui adoptèrent des positions “radicales et iréalistes” contre l’Iran.

Les Etats-Unis, Israël et quelques-uns de leurs alliés ont accusé l’Iran de poursuivre un programme d’énergie nucléaire à des fins non civiles.

L’Iran rejette ces allégations, argumentant qu’en tant que signataire du traité de non-prolifération nucléaire et en tant que membre de l’AIEA, elle est autorisée à développer et à acquérir une technologie nucléaire à des fins pacifiques.

Média et contre-propagande: Les juifs d’Iran n’ont pas besoin de nos services…

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, presse et média with tags , , , , , , , on 25 octobre 2012 by Résistance 71

Et personne n’en parle ; ce qui n’est franchement pas étonnant, donc nous relayons… Mais on va sûrement dire que le type a été forcé sous la torture à faire ces déclarations…

— Résistance 71 —

 

Député juif: La communauté juive en Iran n’a pas besoin de

l’Occident

 

Al Manar

 

Le 24 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=82701&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=28&s1=1

 

Un membre au Conseil de la Choura , le député juif iranien, Syamak Morra Sadq, a déclaré que que la communauté juive en Iran n’a pas besoin de la sympathie occidentale et si un problème surgit , il sera résolu à travers le dialogue national et rien d’autre.

Le député , qui participait à une réunion tenue ad hoc entre les députés iraniens pour discuter du prochain rapport d’Ahmed Shahid sur les droits de l’homme, a souligné que  » l’Iran est le berceau de la liberté, de la pensée religieuse et de la coexistence pacifique entre les adeptes des différentes religions célestes ».

Il a souligné que « l’Iran s’est caractérisée par la tolérance depuis les anciens temps et surtout après la victoire de la Révolution islamique. Ainsi, il n’y a pas de signes d’hostilité envers la communauté juive ou envers une religion particulière ».

Il a expliqué         que         « les communautés religieuses en Iran sont libres d’exercer leurs activités et leurs adeptes ne font l’objet d’aucune poursuite judiciaire ou pérsecution en raison de leur appartenance religieuse ».

Concernant le rapport rédigé par Ahmed Shahid, le responsable iranien juif a estimé que ce dernier  » travaille pour le compte

des Occidentaux et que certainement il rédigera un rapport qui plaira à ses maîtres ».

Il a rappelé  » qu’à l’époque médivale , quand l’Occident pérsecutait ses scientifiques et ses savants, les torturant ou les assassinant, l’Iran jouissait de la liberté d’expression et de la liberté de religion ».

Et de préciser:  » la communauté juive en Iran ne peut pas être séparée du peuple iranien, elle n’a nullement besoin de la tutelle ou de la compassion de l’étranger, car l’Iran est pour elle plus tendre qu’une mère « .

Résistance politique: Expansion sans précédent du totalitarisme au pays du goulag levant (ex-USA)…

Posted in 11 septembre, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 25 octobre 2012 by Résistance 71

Etats-Unis état policier: En Amérike, il n’y aura jamais de véritable débat

 

Par Dr. Paul Craig Roberts

 

Le 24 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/police-state-usa-in-amerika-there-will-never-be-a-real-debate/5309506

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il faudrait une aide divine à Obama et Romney s’ils devaient jamais participer à un véritable débat sur un véritable problème à l’Oxford Union. Ils se feraient massacrer.

Les “débats” pré-présidentielles ont révélé que non seulement les candidats, mais aussi le pays entier, sont complètement déconnectés de tout véritable problème et de la tournure dangereuse que tout cela prend. Par exemple, vous ne sauriez jamais que maintenant tout citoyen américain peut-être emprisonné et exécuté sans procédure judiciaire légale. Il suffit que la décision soit prise quelque part en haut de la pyramide de l’exécutif pour que la liberté voire la vie d’un citoyen américain soit terminée.

Aucun doute de ce que les Américains pensent, s’ils pensent que cela existe déjà, que cela ne pourra arriver qu’à des terroristes qui méritent leur sort. Mais comme absolument aucune preuve ou procédure légale n’est requise, comment saurons-nous jamais que cela n’arrive qu’à des terroristes ? Peut-on vraiment faire confiance à un gouvernement qui a déclenché des guerres dans 7 pays différents sur la seule base de mensonges et de fabrications ? Si le gouvernement américain a menti à propos des armes de destruction massives irakiennes afin d’envahir ce pays, pourquoi ne mentirait-il pas à propos des terroristes ?

L’Amérique a besoin d’un débat public sur le comment peut-on être plus en sécurité après avoir éliminé la protection constitutionnelle de la procédure judiciaire ? Si le pouvoir du gouvernement n’est pas limité par la constitution, alors sommes-nous gouvernés par des Césars ? Les pères fondateurs ne pensaient pas que nous devrions faire confiance à un César en ce qui concerne notre sécurité. Pourquoi le devrions-nous maintenant, qu’est-ce qui a changé ?

Si nous sommes placés devant tant de menaces terroristes que la constitution se doit d’être suspendue pour être remplacée par des actions issus de décrets venant d’un exécutif incontrôlable, comment se fait-il alors que toutes les actions terroristes sont des arnaques organisées par le FBI ? En 11 ans, il n’y a pas eu un seul cas dans lequel le “terroriste” a eu l’initiative !

En onze ans après le 11 Septembre, les actes de terrorisme domestique ont été insignifiants pour tant qu’ils aient existés. Qu’est-ce qui justifie les dépenses de l’énorme Département de la Sécurité de la Patrie ? (NdT: Department of Homeland Security ou DHS, la Stasi, securitate de l’empire du goulag levant…) Pourquoi ce département possède t’il des équipes spéciales ultra-sophistiquées avec des véhicules blindés ? Qui sont les cibles de ces unités militarisées ? Si 11 années de meurtres, assassinats, estropiages et déplacement de millions de musulmans de par le monde par le gouvernement américain n’ont pas provoqué d’énormes actes de terrorisme aux Etats-Unis, pourquoi le département de la sécurité de la patrie crée t’il une force armée pour lui-même ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat parlementaire à ce sujet ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat public ? Comment un gouvernement qui est déjà largement dans le rouge concernant son budget, peut-il se permettre une seconde force militaire intra muros n’ayant aucun but défini légalement et constitutionnellement ?

Quelle est la motivation de la Sécurité de la Patrie pour créer une “Jeunesse de la Patrie” (NdT: un équivalent américain de la Hitler Jugend) Le corps constitué de la FEMA (Federal Emergency Management Administration) est-il un déguisement pour de plus sinistres actions à venir, une jeunesse hitlérienne comme certains sites internet le suggèrent ? Est-ce que l’achat massif de munitions par le département de la sécurité de la patrie est lié à la montée nationale du corps des 18-24 ans ? Comment tant de choses incroyables peuvent-elles se dérouler sous nos yeux et ne pas être questionnées ?

Pourquoi Romney n’a t’il pas demandé à Obama pourquoi il travaille à renverser le délibéré d’une cour fédérale de justice ayant établi que les citoyens américains ne peuvent pas être sujets à la détention indéfinie en violation totale de la constitution des Etats-Unis ? Est-ce que parce que Romney et ses conseillers néo-conservateurs sont d’accord avec Obama et ses conseillers ? Si cela est le cas, alors pourquoi un tyran serait-il meilleur qu’un autre ?

Pourquoi les Etats-Unis ont-il construit tout un réseau de camps de détention pour lesquels ils sont en train de recruter des “spécialistes en internement” ? Pourquoi l’armée américaine a maintenant comme politique “d’établir un programme de travail pour les prisonniers civils ainsi que des prisons civiles sur des camps militaires” ?

Voici le rapport de Rachel Maddow sur le comment Obama critique le régime néoconservateur Bush/Cheney pour ses violations de la constitution des Etats-Unis et la loi statutaire américaine et ensuite propose de faire la même chose lui-même: http://www.youtube.com/watch?v=L8J_lcHwkvc

Comment le débat présidentiel a t’il pu ignorer le fait que des drones nous survolent ici-même aux Etats-Unis ? Quel est le but de tout ceci ? Pourquoi les plus petites forces de police au fin fond de la nation sont-elles équipées avec des véhicules blindés ? Je les ai vu de mes propres yeux. Dans de toutes petites communautés pâquerettes au nord d’Atlanta en Georgie, des communautés sous les standards des MacMansion de multi-millions de dollars, ont une police complètement militarisée avec des véhicules blindés et des équipes d’intervention style GIPN (NdT: SWAT team en anglais) avec un équipement militaire complet. Qu’en est-il ? Ces petites communautés rurales ne verront jamais l’ombre d’un terroriste ou même ne feront jamais l’expérience d’une prise d’otages. Et pourtant ils sont maintenant armés jusqu’aux dents. Ils sont si lourdement armés qu’ils pourraient être envoyés au combat contre le 3ème Reich ou l’armée rouge !

Toutes ces questions suggèrent que la perfection morale des Etats-Unis n’est qu’une moquerie. Aucun débat ne se produira. Ah mais, c’est à cause de l’économie bande d’idiots, ah bon, pourquoi n’y a t’il pas non plus de débat économique ? Le mois dernier la réserve fédérale a annoncé le QE3. Si QE1 et 2 n’ont pas marché, pourquoi quiconque, y compris le président de la réserve fédérale, pense qu’un QE3 marchera ?

Et pourtant, les marchés financiers hautement irrationnels, qui n’ont absolument aucune idée de quoi que ce soit, furent remplis de joie par ce QE3. Ceci ne peut être que parce que ce qui régule le marché des équité est de la propagande, du pirouettage, de la désinformation, sûrement pas des faits. La bourse est incapable de prendre une décision correcte. Les décisions sont prises par les idiots du marché n’opérant que sur du court terme. La seule voie sûre est de se sauver de tout cela. Cette stratégie assure que les gérants de porte-feuilles soient toujours avec leurs pairs et ainsi ne perdent pas de clients.

Cela aurait été superbe de voir Obama et Romney se confronter dans un vrai débat sur le comment le QE3, créé pour aider les banques “trop grosses pour échouer” insolvables, peut aider le fonctionnement des ménages, avec deux gagnes-pain, sur une base de revenus réelle comme il y a 45 ans, ce qui représente le véritable revenu moyen des ménages.

En quoi sauver des banques désignées comme étant “trop grosses pour se planter”, va aider la famille dont les boulots ou le boulot majeur a été exporté en Chine, en Inde et ce pour maximiser les profits entrepreneuriaux, les bonuses de performance des exécutifs et les gains de capitaux des actionnaires ?

De manière évidente la population laborieuse des Etats-Unis a été sacrifiée au profit des méga-riches.

Une question appropriée serait: Pourquoi les standards de vie des travailleurs américains ont-ils été sacrifiés au profit des méga-riches ? Jamais une telle question ne sera posée dans un “débat présidentiel”.

Au XXIème siècle, les citoyens américains sont devenus des fantômes, des non-entités. Ils sont brutalisés par la police dont les salaires viennent du contribuable. Les citoyens, pour avoir protesté contre des injustices ou sans aucune raison, sont battus, arrêtés, passés au taser et même assassinés. La police, payée par le public, a battu des gens paralysés dans des fauteuils roulants, piégé ceux qui les appellent à l’aide contre des criminels, passé au taser des grands-mères et des enfants et abattu de sang-froid des citoyens désarmés qui n’avaient rien fait d’autre que de perdre le contrôle d’eux-mêmes sous l’emprise de l’alcool, de la drogue ou de la rage pure et simple.

Les Américains lobotomisés paient de plus en plus d’impôts à chaque niveau du gouvernement pour être protégés contre la violence gratuite, mais ce que leurs impôts soutiennent en fait est la violence gratuite contre eux-mêmes. Chaque Américain, sauf le petit nombre de méga-riches qui contrôlent Washington, peut être arrêté et dépossédé à la fois de sa liberté et de sa propriété sur la seule base d’une allégation d’un membre du pouvoir exécutif qui pourrait désirer son épouse, sa copine, sa propriété ou par simple vengence ou pour exterminer un rival ou pour marquer des points contre un lycée, une université ou un concurrent en affaire.

En Amérique aujourd’hui, la loi ne sert que les puissants, pas la justice. De fait, il n’y a pas de loi et il n’y a pas de justice. Seulement un pouvoir échappant à tout contrôle et irresponsable.

Quel est le but de voter lorsque le résultat est le même ? Les deux candidats représentent les intérêts d’Israël, pas les intérêts des Etats-Unis. Les deux candidats représentent les intérêts du complexe militaro-industriel, de l’agro-business, des industries offshore, la suppression des syndicats et des travailleurs, l’annulation totale des libertés civiles et de la constitution des Etats-Unis, qui se trouvent sur le chemin d’un pouvoir exécutif sans partage.

Aux Etats-Unis aujourd’hui, le pouvoir de l’argent est roi. Il n’y a rien d’autre dans l’équation. Pourquoi aller voter pour soutenir la continuation de votre propre exploitation ? Chaque fois que les Américians votent, ils votent pour leur propre oblitération.

L’histoire aux sources de l’impérialisme: L’origine du génocide des nations natives d’Amérique…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 24 octobre 2012 by Résistance 71

“Ma propre histoire personnelle ne peut pas être racontée, même dans sa forme actuelle abrégée, sans faire un retour en arrière longtemps avant ma naissance en 1944, en remontant à 1890 et 1876 et 1868 et 1851 et oui, jusqu’à toutes ces dates calamiteuses que furent les relations entre les hommes rouges et les hommes blancs, jusqu’à ce grave jour sombre, le plus sombre de toute l’histoire de l’humanité: le 12 Octobre 1492, le jour où notre grand malheur commença.”

“Voilà ce que l’American Indian Movement (AIM) fut et est toujours, ce n’est pas un complot subversif, pas une foule radicale, mais un collectif de leaders qui travaillent à l’unisson, utilisant des moyens matériels pour achever un but politique et spirituel: la survie de nos peuples… Il n’y a pas de suiveurs à l’AIM. Nous sommes tous des leaders. Nous sommes, chacun d’entre nous, une armée d’une personne, œuvrant pour la survie d’un peuple et d’une Terre, notre mère. Ce n’est pas réthorique. C’est une implication profonde. C’est ce que nous sommes.”

~ Leonard Peltier (activiste de l’AIM et prisonnier politique aux Etats-Unis depuis 36 ans, matricule # 89637-132. “Prison Writings, my Life is my Sun Dance”, 1999)

* * *

Pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui, il faut comprendre ce qu’il s’est passé dans l’histoire. En cela, les livres d’histoire d’école et classiques ne sont que des aides à la compréhension chronologique de l’histoire, pas à sa compréhension socio-politique, puisque l’histoire officielle est cela: officielle. Elle est l’histoire que l’oligarchie veut que nous nous rappelions, sans faire de vagues, sans faire tanguer le bateau, l’histoire représentant la ligne du parti du consensus oligarchique. Lorsqu’on gratte le vernis historique et son décorum de préservation idéologique, on découvre la face hideuse de la bête immonde. Ce texte ci-dessous, écrit en 1542, soit 50 ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, nous expose ce que fut la réalité historique de la conquête du nouveau monde, loin du mythe organisé et perpétré des « aventures du navigateur Colomb ». Chaque phase de l’histoire possède ses archives, la vérité est là, il suffit d’aller la chercher.

Ce texte est important pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui ou dans un passé pas si lointain. L’impérialisme n’est pas nouveau ; ses crimes non plus. tant que l’occident par les yeux et l’entendement de ses peuples ne verra pas ce qui se cache derrière l’histoire de salon écrite par vainqueurs et nantis, jamais rien ne pourra changer. Pour changer la société, il faut comprendre, c’est par la compréhension que l’on change d’attitude. Une fois les attitudes changées… TOUT est possible ! TOUT ! Pour cela il faut cesser d’avoir peur et apprendre à regarder la réalité, notre réalité, notre culpabilité eut égard du monde et de l’humanité, en face. Ne plus se dérober et accepter l’évidence: l’occident est une machine génocidaire, il l’était historiquement avant-hier, hier et l’est toujours aujourd’hui, il suffit de regarder l’état du monde actuel. Faisons la paix avec le monde si nous ne le pouvons avec nous-même devant tant de culpabilité. De là viendra le changement et de nulle part ailleurs: La vérité libère !

— Résistance 71 —

 

Bref rapport de la destruction des Indes*

par Bartolemé de Las Casas (1542)

 

Version espagnole: “Brevisima relacciòn de la destrucciòn de las Indias”

 

*par “Indes” Las Casas veut bien sûr dire l’Amérique ou le “nouveau monde”, sachant que pendant longtemps on a cru que Colomb avait découvert les Indes par la “route ouest”.

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

Les Indes furent découvertes en l’an mille quatre cents quatre-vingt-douze. L’année suivante, beaucoup d’Espagnols y allèrent avec l’intention de coloniser la terre. Ainsi, quarante neuf années se sont écoulées depuis que les premiers colons s’établirent sur la nouvelle terre, la première de ces terres et la plus joyeuse fut appelée Hispaniola (NdT: aujourd’hui Haïti), île qui a six cents lieues de circonférence (NdT: Une lieue espagnole du XVIème siècle correspondait à 6,687km, un pourtour de 600 lieues correspond donc à un petit plus de 4000km). Autour d’elle dans toutes les directions, se trouvent une multitude d’autres îles, certaines petites, certaines très grandes et toutes comme nous l’avons vu de nos propres yeux, étaient densément peuplées avec des populations locales appelées Indiens. Cette grande île était peut-être l’île la plus densément peuplée au monde. Il doit y avoir bien plus de deux cents lieues de terres arables sur cette île et les régions côtières ont été explorées sur plus de dix milles lieues et chaque jour encore plus de terre est explorée. Jusqu’ici, chaque lieue de terre explorée est comme une ruche d’abeilles concernant les gens qui y habitent. C’est un peu comme si Dieu avait concentré la plus grande majorité de la population mondiale sur ces terres.

Et de tout cet univers d’humanité, ces gens sont les plus innocents, les plus dénués de méchanceté et de duplicité, les plus obéissants et les plus fidèles à leurs maîtres locaux et aux Espagnols qu’ils servent. Ils sont par nature, les plus patients, les plus humbles, les plus pacifiques qui soient. Ils ne tiennent aucune rancœur, ne connaissent pas la dispute, ne sont ni excitables ni querelleurs. Ces gens sont les plus dénués de rancœur, de haine ou de désir de vengence de toutes les populations du monde. C’est parce qu’ils sont si faibles et complaisants qu’ils sont moins enclins à subir les rigueurs du travail forcé et meurent souvent de maladies. Les fils des nobles parmi nous, élevés dans les raffinements extrêmes de la vie, ne sont pas plus délicats que ces Indiens même ceux parmi eux qui ont le rang de vils travailleurs. Ils sont aussi pauvres, car non seulement ils ne possèdent pas grand chose, mais ne désirent rien posséder. Pour cette raison, ils ne sont ni arrogants, ni jaloux, ni veûles. Leurs repas sont tels, que la nourriture des saint pères dans le désert ne pourrait-être plus parcominieuse, frugale et pauvre. Quant à leur coutume vestimentaire, ils sont généralement nus avec seulement leur “pudenda” (NdT: parties génitales) couvertes d’une manière ou d’une autre et quand ils couvrent leurs épaules, c’est avec un carré d’étoffe pas plus grand que deux varas (NdT: La Vara espagnole de cette époque était de 83,5cm). Ils n’ont pas de lit et dorment sur un genre de matelas ou dans un genre de filet suspendu appelé barnacas. Ils sont très propres de leur personne, ils sont alertes et intelligents, dociles et ouverts aux doctrines, très capables de recevoir notre sainte foi catholique et de se comporter de façon pieuse. Lorsqu’ils entendent la parole divine, ils sont si avides d’en savoir plus et de recevoir les saints sacrements de l’église et de pratiquer le culte divin que véritablement, les missionnaires œuvrant ici doivent être bénis de la plus grande des patience divine afin de pouvoir tempérer tant d’ardeur et de foi. Quelques Espagnols séculiers qui sont ici depuis longtemps disent que la bonté des Indiens est indéniable et que si ces gens pouvaient être amenés à ne voir qu’un seul Dieu véritable, alors ils seraient les peuples les plus fortunés du monde.

Et pourtant, dans cette bergerie, dans cette terre de naufragés spirituels, vinrent des Espagnols qui commencèrent de suite à se comporter comme des bêtes immondes, des loups, des tigres ou des lions qu’on avait affamé pendant des semaines. Et les Espagnols ne se sont pas comportés autrement durant ces quarante dernières années, jusqu’à cette heure, car ils se comportent comme des bêtes haineuses, tuant, terrorisant, affligeant, torturant et détruisant les natifs, faisant tout cela avec les méthodes de cruauté les plus variées, dont on n’avait jamais entendu parlé ou vu auparavant et ce à un tel degré que cette île d’Hispaniola qui fut si peuplée (avec une population estimée à environ 3 millions de natifs), a maintenant une population indigène de l’ordre de deux cents personnes. (NdT: Ce qui représente par un calcul simple environ 75 000 Indiens tués de différentes manière: torture, meurtre, travaux forcés, maladies, esclavage et déportation, par année sur une seule île, Las Casas ne parle pas d’ailleurs ! ).

L’île de Cuba est presque aussi longue que la distance entre Valladolid et Rome, l’île est maintenant presque complètement dépeuplée. San Juan (Puerto Rico) et la Jamaïque sont deux des îles les plus productives et attractives, elles sont toutes deux maintenant désertées et dévastées. Dans la partie au nord de Cuba et d’Hispaniola se trouve les îles Lucayos voisines, regroupant environ une soixantaine d’îles incluant Gigantes et bien d’autres, certaines petites, d’autres plus grandes. Les meilleures d’entr’elles étaient plus fertiles que les magnifiques jardins du roi de Séville. Elles étaient les terres les plus saines du monde où vivaient plus de cinq cents mille âmes, elles sont maintenant désertées, inhabitées par la moindre créature vivante. Tous les gens ont été massacrés ou ont péri en captivité, déportés sur Hispaniola où ils ont été vendus comme esclaves. Quand les Espagnols se rendaient compte que certains avaient fuit, ils envoyaient un navire à leur recherche. Celui-ci voyagea trois années parmi les île à la recherche de ceux qui avaient fuit pour les massacrer. Un bon chrétien les aidait à s’enfuir et prenant pitié d’eux, les avait aidé à devenir de bons chrétiens. J’ai vu de mes yeux onze de ces personnes.

Plus de trente autres îles dans le voisinage de San Juan sont dépeuplées pour les mêmes raisons et la terre est inoccupée. Sur ces terres, j’ai estimé qu’il y avait environ 2100 lieues (environ 14 000km) de terres qui ont été ruinées et dépeuplées, vidées de toute personne.

Quant à l’intérieur des terres, si vaste, que cela représente au moins dix fois l’Espagne en incluant l’Aragon et le Portugal, contenant plus de terres que la distance entre Séville et Jérusalem ou plus de deux mille lieues, nous sommes sûrs que les Espagnols ont dévasté ces terres de leur attitude abominable et cruelle et ont exterminé les peuples rationnels qui y habitaient. Nous pouvons estimer très certainement que ces quarante dernières années ont vu le massacre de plus de douze millions d’hommes, de femmes et d’enfants, par l’action infernale des chrétiens. En vérité, je pense sans me tromper que le nombre des gens massacrés est plus proche de quinze millions.

Les manières les plus communes employées par les Espagnols qui s’appellent eux-mêmes des chrétiens et qui sont venus pour extirper ces pauvres nations et les effacer de la surface de la terre, sont les guerres sanglantes et cruelles. Ainsi, après avoir massacré tous ceux qui se battaient pour défendre leur vie ou pour échapper aux tortures horribles qu’ils auraient dû endurer, c’est à dire lorsqu’ils avaient massacré tous les jeunes hommes et leurs leaders (les Espagnols généralement épargnaient les femmes et les enfants, qui étaient ensuite sujets à la pire des servitudes jamais souffert par l’humain ou l’animal), ils réduisaient en esclavage les survivants. Avec ces méthodes tyranniques infernales, ils réduisaient et affaiblissaient un nombre important de ces pauvres nations indiennes.

Leur raison de tuer et de détruire un tel nombre infini d’âmes est que les chrétiens ont un but ultime, celui d’obtenir l’or et de gonfler leurs richesses en un laps de temps très court et ainsi pouvoir se hisser à des hauteurs sociales complètement disproportionnées à leur mérite véritable. Nous devons garder présent à l’esprit que leur ambition et veûlerie sans bornes, la plus grande jamais vu dans l’histoire, est la cause de leur méchanceté et de leurs crimes. De plus, ces terres sont si riches et bénies et les natifs si passifs et patients, si faciles à subjuguer, que nos Espagnols n’ont pas plus de considération pour eux que pour des bêtes.

Je dis tout ceci par la connaissance de tout ce dont j’ai été le témoin. Mais je ne derais même pas dire “que des bêtes”, tant ils ont manifesté plus de pitié pour les animaux, je devrais plutôt dire comme des excréments sur une place publique. Ainsi ils ont enlevé aux Indiens leur vie et leur âme, et des millions comme je l’ai mentionné, sont morts sans la foi et sans les bénéfices des saints sacfements. Ceci est un fait connu et prouvé admis en soi par les gouverneurs tyrans, eux-mêmes les tueurs. Jamais les Indiens de toutes les Indes n’ont commis d’actes contre les chrétiens espagnols, tandis que ces chrétiens ont d’abord commis des actes cruels et des agressions inombrables contre eux ou les nations voisines. Au début, les Indiens regardaient les Espagnols comme des anges tombés des cieux. Ce ne fut que bien après que les Espagnols ne commencèrent à utiliser la violence contre eux, les tuant, les volant, les torturant, que les Indiens se rebellèrent contre eux…

L’île d’Hispaniola fut la première île où les Espagnols arrivèrent comme je l’ai déjà dit. C’est là que ces chrériens perpétrèrent leurs premiers ravages et leurs premières oppressions contre les peuples natifs. Ce fut la première terre du nouveau monde a être détruite et dépeuplée par les chrétiens et là commencèrent-ils leur subjection des femmes et des enfants, qu’ils emmenèrent loin des Indiens pour les utiliser et en abuser, mangeant la nourriture que ceux-ci produisaient de leur sueur et de leur labeur. Les Espagnols ne se contentèrent pas de ce que les Indiens leur donnaient de leur propre bonne volonté, et en accord avec leur capacité, qui était toujours trop petite pour l’insatiabilité des énormes appétits espagnols, car un chrétien mange et consomme en un jour ce qui suffirait à nourrir trois maisons habitées par dix Indiens pour un mois. Ils commirent également des actes de violences et d’oppression qui firent réaliser aux Indiens que ces gens n’étaient pas descendus du ciel. Certains Indiens cachèrent leur nourriture tandis que d’autres cachaient leur femme et leurs enfants, tandis que d’autres s’enfuirent dans les montagnes pour échapper aux terribles interactions avec les chrétiens.

Et les chrétiens les attaquèrent avec rage et force coups, jusqu’à ce que finalement ils prirent les nobles des villages. Ensuite ils se comportèrent avec une telle honte que le plus respecté des leaders de ces îles a dû voir son épouse se faire violer par un officier chrétien.

A partir de ce moment là. Les Indiens cherchèrent des moyens pour se débarrasser des chrétiens et les rejeter de leurs terres. Ils prirent les armes, mais celles-ci étaient très faibles et de peu d’utilité offensive, encore moins défensive (c’est du reste à cause de cela que les guerres entre Indiens quand elles ont lieu, ressemblent bien plus à des jeux d’enfants). Les chrétiens sur leurs chevaux, armés de leurs épées et de leurs lances, commencèrent à massacrer les Indiens et à perpétrer des actes des plus cruels. Ils attaquèrent les villes et n’épargnèrent ni les enfants, ni les vieillards, ni les femmes enceintes, ni les femmes au lit après avoir accouché, non seulement en les frappant de leurs épées, les démembrant, les coupant en morceaux, comme s’il s’agissait de mouton dans un abattoir. Ils pariaient aussi entr’eux pour savoir qui d’un coup d’épée ou de lance, pourrait couper un homme en deux, lui couper la tête ou l’éviscérer d’un seul coup de lance.

Ils prirent les nouveaux nés du sein de leurs mères, les prenant par les pieds et les fracassant tête première sur la roche ou les saisissant par les bras et les jetant dans les rivières, s’esclaffant de rire et disant alors que les bébés s’enfonçaient dans l’eau: “Brûlez en enfer, vous les enfants du diable”. Ils passèrent d’autres enfants au fil de l’épée avec leurs mères et quiconque se trouvait à proximité. Ils construisirent des échafauds bas sur lesquels les pieds des victimes qui pendaient touchaient presque le sols, celles-ci étaient attachées par lot de treize, rappelant ainsi  notre sauveur et ses douze apôtres, puis ils mettaient le feu à du bois entreposé à leurs pieds et ainsi les brûlaient vifs. A d’autres, ils enroulaient leur corps dans de la paille et y mettaient le feu. Avec d’autres qu’ils voulaient garder vivants, ils leur coupaient les mains et les attachaient autour du cou des victimes en leur disant: “vas maintenant colporter le message”, ce qui voulait dire: portes la nouvelle aux Indiens qui ont fuis dans la montagne. Les Espagnols s’occupaient généralement des leaders indiens de la manière suivante:  Ils construisaient une grille métallique qu’ils suspensaient sur quatre piques fourchues. Ils y attachaient les victimes et alllumaient dessous un petit feu, ainsi petit à petit, alors que les victimes hurlaient de désespoir et de tourment, leurs âmes s’échappaient…

Après que les guerres et les massacres furent terminés, lorsqu’il ne survivaient plus que quelques jeunes garçons, quelques femmes et quelques enfants, les survivants étaient distribuées parmi les chrétiens comme esclaves. Le repartimiento ou la distribution était faite selon le rang et l’importance du chrétien auquel les esclaves étaient accordés. Certains en recevaient trente, d’autres quarante, d’autres encore cinquante et d’autres cent ou deux cents. En plus de son rang, on prenanit aussi en considération la faveur dans laquelle le tenait le tyran local appelé gouverneur. Le prétexte était que ces Indiens survivants devaient être instruits des articles de la foi chrétienne, comme si ces chrétiens qui étaient de manière évidente idiots, cruels, veûles et vicieux, pouvaient prendre soins des âmes ! Ce qu’ils firent demandait l’envoi des jeunes hommes dans les mines d’or, ce qui représente un travail épouvantable et d’envoyer les femmes dans les champs des grands ranches pour trimer la terre, travail en fait seulement faisable par des hommes dans la force de l’âge. Ils ne leur donnaient pour toute nourriture que des herbes et des légumes, des choses de peu de substance. Le lait maternel des mères se tarît et en peu de temps les jeunes enfants périrent tous. Comme les hommes et les femmes étaient séparés, il ne pouvait y avoir de relations maritales. Les hommes mouraient dans les mines et les femmes mouraient dans les ranches des mêmes causes: épuisement et faim. C’est ainsi que fut décimée cette île autrefois si densément peuplée.

* * *

Bartolomé de Las Casas (Séville, 1471Madrid, 1566), est un prêtredominicainespagnol, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques des colons espagnols et avoir défendu les droits des Amérindiens.

Bartolomé de las Casas est peut-être né en 1474 à Séville, mais d’autres historiens l’y font naître vers 1484 ou 1485. Il est le fils de Pedro de las Casas, modeste marchand qui appartenait semble-t-il à une lignée de juifs convertis par la contrainte après 1492, appelés marranes. À 9 ans, il voit le retour de Christophe Colomb à Séville après son premier voyage. Son père et son oncle ont participé au deuxième voyage de Colomb qui part de Cadix, le 25 septembre 1493. Bartolomé de las Casas a gardé une relation intime avec les fils de Colomb. Au retour de son père, il côtoie un esclave indigène et, en 1502, il part pour le nouveau monde avec le nouveau gouverneur. Il a alors 18 ans.

Voir la suite sur Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bartolomé_de_Las_Casas

Résistance politique: Temps d’arrêter les babillages usuels !

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Nous dirons même plus: Grève générale expropriatrice, afin de mettre en pratique directe l’autogestion locale puis la fédération des communes libres.

Il est grand temps de construire le contre-pouvoir autogestionnaire qui commence localement. Cette idée est universelle et est partagée par les amérindiens par exemple et par extension toutes les nations natives quelle que soir leur culture. La hiérarchisation issue du modèle pyramidal de société est inepte, oligarchique et ploutocratique par essence.

L’autogestion et la confédération des communes libres est l’avenir de l’humanité.

« Voici le secret de la richesse: trouvez les affamés et ceux qui n’ont rien, payez les une demie-couronne et faites leur produire dix schillings par jour, amassez une fortune par ce moyen, puis augmentez la par quelques coups chanceux avec l’aide appropriée de l’État. » (Pierre Kropotkine, « Expropriation »)

— Résistance 71 —

 

Nous ne Gagnerons pas sans La Grève Générale !

Communiqué de la Coordination syndicaliste de la Fédération anarchiste – 14 octobre 2012

 

14 octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1077

 

Que ce soit sous Hollande comme sous Sarkozy, le capitalisme demeure. Depuis quelques années, ce système économique et sa financiarisation ultralibérale fabriquent une crise qui cible toujours les mêmes catégories sociales pour mieux enrichir les barons du système. Les profits obtenus par les pressions sur les salaires sont détournés de l’investissement dans l’appareil productif pour enrichir toujours plus les actionnaires, et pour des spéculations financières qui partent en fumée.

Quelques individus comme Bernard Arnault, PDG de LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) ou Lakshi Mittal, le patron d’ArcelorMittal comptent parmi les milliardaires mondiaux les plus fortunés tandis que la famille Peugeot s’est installée en Suisse avec son petit coussin douillet de 4 milliards d’euros.

Pendant qu’ils s’enrichissent et qu’ils spéculent, en France, entre 1998 et 2008, les 10% les plus pauvres ont reçu 2,8% de l’ensemble de la richesse nationale alors que les 10% les plus riches en ont disposé de 31,7%.

Que ce soit en France ou ailleurs, la crise n’est pas pour eux, elle est pour les autres, c’est-à-dire pour NOUS !

Ici et maintenant, c’est le changement… en pire avec le raz-de-marée des licenciements annoncés depuis l’été : 6500 départs « imposés » annoncés à PSA, 1250 emplois menacés chez Sanofi, 570 chez ArcelorMittal à Florange, 2500 au Crédit immobilier de France, auxquels il faut ajouter les 6000 emplois en moins prévus dans le secteur du bâtiment en 2012 et toutes les suppressions de postes de la fonction publique. Et cette liste n’est pas exhaustive…

De plus, Hollande et Ayrault, en adhérant au TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) – c’est-à-dire le pacte budgétaire européen – veulent inscrire la rigueur et l’austérité comme règle d’or de leur gestion, comme tous les gouvernants de la zone euro.

Face à ce marasme cynique, les ripostes en ordre dispersé proposées par les confédérations syndicales – telles que les récentes journées « saute-moutons » du 30 septembre, du 6 et du 9 octobre – ne sont évidemment pas en mesure de combattre efficacement ni les licenciements ni le cortège des mesures antisociales qui s’abattent sur la population (gel des salaires, hausse des cotisations, déremboursement des soins, généralisation des CDD et de la précarité, etc.).

En agissant ainsi, ces confédérations veulent emboîter le pas de leurs homologues espagnols ou portugais soumis à la troïka (FMI, BCE et Commission européenne) à l’heure où les travailleurs et les travailleuses, les chômeurs et les chômeuses, les retraité-e-s et les jeunes les débordent dans la rue.

La Coordination syndicaliste de la Fédération anarchiste dénonce fermement cette stratégie qui leurre les salarié-e-s et ne conduit nulle part, comme l’ont démontré les mouvements de 2003 et 2010 contre les réformes des retraites. Les bureaucraties syndicales ont une lourde responsabilité dans ces échecs qu’elles ont sciemment organisés. Pire, elles contribuent ainsi à la démoralisation et à la résignation du monde du travail.

Au contraire, face aux milliers de suppressions d’emplois annoncées, les militant-e-s syndicalistes de la Fédération anarchiste proposent de construire des revendications unitaires claires et de se donner les moyens de les faire aboutir. En premier lieu, notre objectif est : AUCUN LICENCIEMENT ! Et, pour cela, il nous faut :

Passer de la colère à la révolte consciente et organisée. Construire dans la durée une riposte à la hauteur des enjeux par l’instauration d’assemblées générales souveraines, regroupant toutes et tous les salarié-e-s engagé-e-s dans l’action et mandatant de manière impérative leurs représentant-e-s à tous les niveaux (local, régional, national et international). Mettre en place des comités de grève autogérés et unitaires, regroupant syndiqué-e-s et non-syndiqué-e-s, en lien avec les structures syndicales combatives. Travailler à coordonner les luttes afin de construire les conditions propices à un mouvement d’action et de grève générale illimitée en France et en Europe et au-delà, seule manière de répondre aux attaques subies et de faire capoter les plans sociaux mortifères. Elaborer ainsi les conditions de la prise en main de leur lutte par les salarié-e-s eux-mêmes afin d’aboutir à la grève générale expropriatrice et révolutionnaire.

Il est urgent de s’organiser en rejoignant la Fédération anarchiste et en construisant des sections syndicales de combat.

La Coordination syndicaliste de la Fédération anarchiste francophone

Disparition d’un grand résistant qui a perpétué la lutte contre le terrorisme occidental des natifs amérindiens depuis 1492 jusque dans les XXème et XXIème siècles…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 23 octobre 2012 by Résistance 71

Russell Means (1939-2012) activiste Sioux n’est plus

 

“L’univers qui contrôle toute vie a un équilibre mâle, femelle qui est prévalent sur notre grand-mère sacrée: la Terre.

Cet équilibre doit être reconnu et doit devenir le facteur déterminant dans toutes les décisions que chacun prend, qu’elles soient spirituelles, sociales, sanitaires, éducationnelles ou économiques.

Une fois que l’équilibre est devenu une partie intégrante de la vie de chacun, toute plannification, recherche, action directe, et suivi devient une suite logique. Les buts ciblés deviennent des réalités de manière consistante. De bonnes choses arrivent aux bonne personnes, rappelez-vous toujours que le temps est de votre côté.

Mitakuye Oyasin (Nous sommes tous inter-reliés)”

(Russell Means, repose en paix – 10 Novembre 1939~22 Octobre 2012)

 

Les Etats-Unis ne sont qu’une grande réserve indienne et nous sommes tous dedans. Ainsi pensait Russell Means (Oglala, Lakota Sioux), activiste politique légendaire, leader du American Indian Movement (AIM) dans les années 1970, dont il fut un des fondateurs avec son compère Dennis Banks et accessoirement acteur de cinéma (rôle de Chingakook dans “Le Dernier des Mohicans” aux côtés de Daniel Day Lewis). Means mena le blocage du QG du Bureau of Indian Affairs (BIA) à Washington D.C en 1972 et fut un des activistes qui tint tête au gouvernement américain et ses forces de l’ordre à Wounded Knee en 1973 dans la Dakota du Sud, sur le territoire de la réserve de Pine Ridge, au même endroit qui vit le massacre en 1890 de plus de 200 Sioux Lakota, hommes, femmes, enfants et vieillards par le 7ème de cavalerie de l’armée des Etats-Unis.

L’Amérindien Russell Means a donné une interview édifiante de 90 minutes expliquant comment les nations natives de l’Amérique du nord et les Américains eux-mêmes de manière générale, sont tous emprisonnés dans une énorme réserve. Means fut le leader de la République des Lakotas, un mouvement politique qui a déclaré son indépendance des Etats-Unis et a refusé de reconnaître l’autorité de ses présidents ou de ses gouvernements, se retirant de manière unilatérale de tous les traités signés avec le gouvernement fédéral et redéfinisant ses frontières, qui couvrent  des milliers de kilomètres carrés entre les états du Dakota du nord, Dakota du sud, le Nebraska, le Wyoming et le Montana.

Means a expliqué comment les Amérindiens ont été mis en esclavage dans des camps de prisonniers de facto ceci étant le résultat de la restriction de leur ressource de nourriture par le gouvernement fédéral et l’application de tactiques colonialistes, un processus qui a maintenant aussi été infligé sur les Etats-Unis dans leur ensemble, ceux-ci sont maintenant devenus une “énorme réserve indienne”, d’après Means.

Means a prévenu que les Américains avaient complètement perdu la capacité de toute pensée critique et que chaque génération devient moins responsable que la précédente et en conséquence moins libre en ignorant un document presque parfait: la constitution, qui est en fait un dérivé des lois natives (n’oublions pas que Benjamin Franklin s’inspira beaucoup de la constitution des nations Haudonosaunee ou iroquoises pour écrire la constitution des Etats-Unis. La constitution iroquoise ou « La grande loi de la paix » existe depuis environ l’an 1000 et est la plus vieille  constitution de l’histoire de l’humanité.). Dans son interview, Means fait la chronique des pertes de libertés depuis les années 1840, année qui marque la naissance des corporations, la déclaration de la loi martiale par Lincoln, jusque vers la fin du XIXème siècle et dans le XXème siècle lorsque le congrès américain “commença à donner le droit aux banques à régner sans partage” et que les intérêts privés commencèrent à imprimer la monnaie et à mettre tout le monde sous la coupe tyrannique de la dette.

Vidéo interview de Russel Means (96 min): “Bienvenue dans la réserve” (Welcome to the reservation) en suivant le lien ci-dessous.

La vidéo est en anglais. Il est possible d’activer les sous-titres en français en cliquant sour l’icône “captions”, en sélectionnant d’abord de mettre les sous-titres en anglais, puis de cliquer sur “translate” puis choisir “French, français” dans le menu.

Avertissement: le sous-titrage français est très approximatif…

Lien de la vidéo:

http://www.youtube.com/watch?v=-LA-S64QY3o

Russel Means a publié (avec le journaliste Marvin J. Wolf) en 1995 son autobiographie “Where White Men Fear to Tread” que l’on pourrait traduire par “Là où les hommes blancs ont peur de s’aventurer”, qui raconte de manière franche et sans détours sa vie, son activisme, ses forces et ses faiblesses (qui furent nombreuses de son propre aveu).

Son style franc et direct ne lui a pas fait que des amis, mais il n’en était que plus respectable pour cela.

Là où Gandhi répondait à un journaliste anglais qui lui avait demandé ce qu’il pensait de la civilisation occidentale en lui disant que “c’était une bonne idée”, Russel Means dans son livre disait ceci:

“La meilleure mesure de la civilisation occidentale n’est pas les mathématiques, ou quoi que ce soit dans cette ligne de pensée, ou l’agriculture ou les systèmes politiques ou la théologie ou la philosophie. La ‘civilisation’ dans l’esprit occidental est fait de police et de prison. Elles représentent loi et ordre.”

Autre extrait du livre sur l’arrogance et le racisme blanc envers les afro-américains et les natifs.

“… Nous sommes des attractions touristiques. Jusqu’à ce jour, des femmes, jamais des hommes, viennent vers moi quand je porte mes cheveux en tresses et viennent les tirer. Jusqu’au moment des années 1960 et le Black Power Movement, certaines femmes blanches avaient pour habitude d’attrapper les petits enfants noirs américains et leur caressaient la tête. Elles ne font plus cela maintenant, mais quand elles voient un indien portant ses cheveux en tresses, elles vont aller droit vers lui et vont lui tirer les tresses. Ceci représente une violation de ma personne, et j’ai appris une façon de l’arrêter. Quand une femme s’approche, me prend les tresses et dit: “que c’est mignon”, je lui met la main sur la poitrine et dis: “que c’est mignon !”. Elle ne me touchera plus jamais.”

Hoka Hey Russell tu fus et demeures une inspiration pour beaucoup !

— Résistance 71 —