Résistance politique et désobéissance civile en cours à Notre-Dame-des-Landes

Sur les expulsions et la résistance en cours 
à Notre-Dame-des-Landes

 

Le 25 octobre 2012, par ZAD

 

url de l’article original: Avec vidéos

http://www.lavoiedujaguar.net/Sur-les-expulsions-et-la

 

Assemblée d’organisation de la manifestation de réoccupation : 
vendredi 26 octobre, à 19 heures, à B17, 
17, rue Paul-Belamy à Nantes.

La date définitive de la manifestation de réoccupation sera confirmée à l’issue de cette assemblée.

Depuis mardi 23 octobre au matin, la ZAD [1] est envahie et occupée par des centaines de policiers en tout genre. Ils s’attaquent petit à petit aux maisons et cabanes occupées, qu’ils détruisent et emportent minutieusement pièce par pièce hors de la zone pour ne rien laisser qui puisse servir à reconstruire ou résister.

Les lieux et jardins encore occupés sont régulièrement harcelés, couverts de lacrymos, piétinés… La police essaie de rendre impossibles les moments de rassemblement ou de réunion. Depuis mardi, les occupant.e.s et les personnes arrivées sur place ont répondu par des barricades, des blocages des axes utilisés par les flics, par des réoccupations, des projectiles, du feu, des insultes et des sarcasmes… Depuis maintenant quatre jours, sous une pluie constante, quelques centaines de personnes tiennent la zone coûte que coûte face à la police et comptent bien y rester. Des manifestations, des actions ont lieu tous les soirs à Nantes et dans d’autres villes et ce n’est pas fini.

Sept maisons en dur ont déjà été expulsées, ainsi que quelques cabanes, mais de nombreuses autres demeurent dispersées dans les bois, les champs, sur les arbres. Outre les occupant.e.s, des locataires, propriétaires et paysans sont toujours menacés eux aussi de devoir dégager de la ZAD. Autant dire que cette tentative d’expulsion XXL est partie pour durer. Nous ne pouvons encore présager de la manière dont les expulsions vont se poursuivre, en continu ou pas, dans les prochains jours sur d’autres cabanes et habitats. Mais il semble assuré que l’occupation militaire de la zone et la destruction des maisons déjà expulsées continuent la semaine prochaine… « Le Sabot » (jardins maraîchers occupés en manif le 7 mai 2010) a résisté toute la semaine dernière aux pressions policières, mais il est possible que la préfecture cherche à le faire dégager dès la semaine prochaine. Une maison expulsée et réoccupée quelques heures plus tard vendredi soir aux Fosses-Noires est menacée dans les quarante-huit heures. Les cabanes dans les arbres et installations aériennes tiennent toujours et pourraient se multiplier. Il est très probable par ailleurs qu’une seconde grande offensive ait lieu après le 28 octobre, puisque trois nouvelles maisons seront expulsables, dont « Les Rosiers », première bâtisse occupée sur la ZAD il y a de cela cinq ans. Quoi qu’il en soit, nous appelons dès aujourd’hui et pour les semaines à venir à l’arrivée de relais et renforts créatifs et déterminés par ici, pour reconstruire et tenir, ainsi qu’à la poursuite d’actions de pression ailleurs. Face aux possibilités de durcissement, en terme d’interpellations notamment, il faut tout faire pour que les occupant.e.s ne se retrouvent pas isolé.e.s (guettez les infos sur zad.nadir.org, des idées pour se bouger, points de rendez-vous et d’accueil sont donnés ainsi que des infos fraîches en continu sur la situation et des conseils sur le matériel à amener).

D’ores et déjà bravo à fond, à tou.te.s celles et ceux qui ont mené des actions de solidarité, des manifs, des rassemblements, à trois ou à deux mille, envoyé des messages de soutien, apporté du ravitaillement, des chaussettes, et de quoi lutter… Cela réchauffe grave le cœur, les pieds et alimente la rage, en ces journées de résistance pluvieuse, de savoir que d’autres s’attaquent au PS, à Vinci et consorts, constructeurs de l’aéroport et broyeurs de nos vies.

La manifestation de réoccupation

En ce qui concerne la manifestation de réoccupation, annoncée en cas d’expulsion (voir appel), nous voyons toujours la nécessité d’un moment de mobilisation large, constructive et offensive après ce premier round d’expulsion. Nous percevons toujours autant la pertinence de nous retrouver, occupant.e.s, habitant.e.s du coin et d’ailleurs, agriculteur.rice.s, associations et autres pour dire que rien n’est joué dans cette lutte, que nous reviendrons toujours et que nous ne laisserons pas l’aéroport se faire. Il nous faut reconstruire ensemble un lieu ouvert d’organisation de la lutte sur les terres menacées. Nous remettons d’autant moins en cause ce projet qu’il semble aujourd’hui sur toute les lèvres.

La manifestation de réoccupation aura donc bien lieu !

Nous avions annoncé qu’elle se déroulerait le quatrième samedi après les premières expulsions conséquentes sur la zone. Pour autant, si cette première vague d’expulsion a bien démarré il y a quatre jours, elle n’a encore connu aucune interruption et ne nous a pas laissé beaucoup souffler. De ce fait, nous avons décidé qu’il nous était nécessaire de prendre un peu de recul sur la situation avant de confirmer une date.

Nous appelons donc à une assemblée générale pour organiser cette manifestation de réoccupation avec tous les groupes, assos, et personnes qui le souhaitent vendredi 26 octobre, à 19 heures, à B17 rue Paul-Belamy à Nantes… La date de manifestation sera confirmée à l’issue de cette assemblée. Nous vous invitons à la relayer le plus largement et le plus rapidement possible, afin que chacun.e puisse s’organiser pour venir. Nous appelons tous les collectifs qui soutiennent ce projet à commencer à mobiliser et à s’organiser dès maintenant à ce sujet.

Et puis en attendant on cherche d’ores et déjà des cuisines collectives, chapiteaux, musiciens, batucadas, cabanes en kit, matériaux, outils, tracteurs… en vue de la réoccupation.

Des occupant.e.s de la ZAD et collectifs solidaires, qui ne lâcheront rien 
Pour tous contacts : 
reclaimthezadZone à défendre 
Tritons crêté.e.s contre béton armé

 

Notes

[1] ZAD, administrativement “zone d’aménagement différé”, devenue “zone à défendre” — voire “zone d’autonomie définitive” — pour la résistance au projet d’aéroport (note de “la voie du jaguar”).

3 Réponses vers “Résistance politique et désobéissance civile en cours à Notre-Dame-des-Landes”

  1. […] état et démocratie, société libertaire. Suivez toutes les réponses à cet article via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou envoyer un rétrolien depuis votre […]

  2. Christiane Lapotre Says:

    Moi-même, j’habite en Bourgogne et il m’est très difficile, vu la
    distance, de participer physiquement à la ré-occupation de la ZAD, mais j’espère que les riverains et ceux qui habitent à proximité sauront apporter leur soutien de quelque nature que ce soit, suivant leur possibilité.
    Tous les patriotes les soutiennent et les encourage à résister jusqu’à la capitulation du pouvoir kleptomane et destructeur de notre patrimoine pour le bénéfice des multinationales broyeurs des peuples.

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