Archive pour juin, 2012

Résistance à l’hypocrisie généralisée: Quand l’histoire est l’ennemi… (John Pilger)

Posted in actualité, désinformation, documentaire, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 juin 2012 by Résistance 71

Nous avons traduit le dernier article de John Pilger, un des tous derniers grands journalistes d’enquête, qui s’est fait la voix de la vérité et le pourfendeur de l’hypocrisie généralisée de l’occident depuis plusieurs décennies.

L’hypocrisie criminelle occidentale atteint aujourd’hui des sommets jamais atteints dans l’histoire et nous assistons à une manipulation quotidienne de l’information et des faits historiques, qui si perpétrée plus longtemps effacera la mémoire collective au profit d’une propagande ne servant que les intérêts particuliers.

Pilger pose la question de manière pertinente: pourquoi acceptons-nous tout cela ?

— Résistance 71 —

L’histoire est l’ennemi alors que de “brillantes” opérations de guerre psychologique deviennent l’information

Par John Pilger

 

Le 21 Juin 2012,

 

url de l’article original:

http://www.johnpilger.com/articles/history-is-the-enemy-as-brilliant-psy-ops-become-the-news

et

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=31528

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En arrivant dans un village du sud-Vietnam, je remarquais deux enfants qui étaient des témoignages vivants de la plus longue guerre du XXème siècle. Leurs terribles déformités étaient familières. Tout le long du fleuve Mékhong, là où les forêts étaient pétrifiées, de petites mutations humaines vivaient du mieux qu’elles le pouvaient.

Aujourd’hui, à l’hôpital pédiatrique Tu Du de Saïgon, un ancien bloc opératoire est connu sous le nom de “musée” et de manière non-officielle comme le “musée des horreurs”. Cette pièce a des étagères où se tiennent de grands bocaux en verre contenant des fœtus grostesques. Pendant l’invasion du Vietnam, les Etats-Unis ont pulvérisé un puissant herbicide sur la végétation et les villages afin de “retirer sa planque à l’ennemi”. Ceci était l’agent orange, qui contient de la dioxine, un poison si puissant qu’il cause mort fœtale,  fausses-couches, dégàts chromosomiques et cancers.

En 1970, un raport du sénat américain révéla que “les Etats-Unis avaient déversé (sur le sud-vietnam) une quantité du produit toxique équivalent en volume à 3kg de la substance par personne de la population, ceci incluant femmes et enfants”. Le nom de code de cette opération à coup d’arme de destruction massive, l’opération Hades, fut changé en un nom plus amical: Operation Ranch Hand. Il est estimé aujourd’hui que 4,8 millions des victimes de cet agent orange sont des enfants.

Len Aldis, secrétaire de la société de l’amitié anglo-vietnamienne, est revenu récemment du Vietnam en possession d’une lettre à délivrer au Comité Olympique International de la part de l’Union des Femmes Vietnamiennes. Le président de l’union, Nguyen Thi Thanh Hoa, y décrit “les sévères déformités congénitales (causées par l’agent orange) de génération en génération”. Elle demande au COI de reconsidérer sa décision d’accepter comme sponsor officiel la compagnie Dow Chemical, qui fut une des compagnies responsables de la production du poison et qui a refusée de compenser les victimes.

Aldis a délivré la lettre personnellement au bureau de Lord Coe, le président du comité organisateur des JO de Londres. Il n’a eu aucune réponse. Quand Amnesty International mit en lumière le fait qu’en 2001 Dow Chemical acheta “la compagnie responsable de la terrible fuite de gaz de Bhopal en Inde en 1984, qui tua de 7 000 à 10 000 personnes immédiatement et environ 15 000 les vingt années qui suivirent”, David Cameron décrivit Dow comme “étant une entreprise réputée”. Santé à tous donc, lorsque les caméras balaieront les décors valant 7 millions de Livres britanniques qui habillent le stade olympique: le produit d’un “contrat” de 10 ans entre le COI et un tel destructeur réputé.

L’histoire est enterrée avec les morts et les déformés du Vietnam et de Bhopal. Et l’histoire est l’ennemi. Le 28 Mai, le président Obama a lancé une campagne de falsification de l’histoire de la guerre du Vietnam. Pour Obama, il n’y a pas eu d’agent orange, pas de zones de tirs libres, pas de tirs au lapin, pas de couverture des massacres, pas de racisme rampant, pas de suicides (alors que plus d’Américains se sont suicidés que ne sont morts durant la guerre), pas de défaite au main d’une armée de résistance levée d’une société apauvrie. Ce fut, a dit Mr Prometteur de beaux jours, “une des histoires les plus extraordinaires de bravoure et d’intégrité de l’histoire de l’armée américaine”.

Le lendemain, le New York Times publiait un long article documentant comment Obama sélectionne personnellement les victimes de ses attaques de drones de par le monde. Il fait cela les “Mardis de la terreur” quand il parcourt les noms d’une “kill list”, certains étant des adolescents, incluant une “fille qui fait bien plus jeune que ses 17 ans”. Beaucoup sont inconnus ou simplement d’âge militaire. Guidés par des “pilotes” assis devant un écran ordinateur à Las Vegas, les drones tirent des missiles Hellfire (NdT: qu’on peut traduire par “feu de l’enfer”), qui pompent l’air des poumons et pulvérisent leurs victimes. En Septembre dernier, Obama a tué un citoyen américain, Anouar El-Alaki, sur la simple rumeur qu’il incitait au terrorisme. “Celui-là est facile”, a t’il été dit de sa déclaration par ses aides alors qu’il signait l’arrêt de mort de l’intéressé. Le 6 Juin, un drone a tué 18 personnes dans un village d’Afghanistan incluant des femmes et des enfants ainsi que des personnes âgées qui célébraient un mariage.

L’article du New York Times n’était pas une fuite ou un exposé. C’était une pièce de relation publique, de propagande, créée par le gouvernement Obama pour montrer à quel point le “commandant en chef” peut-être un dur à cuire dans une année électorale. S’il est réélu, la marque Obama va continuer à servir docilement les riches et puissants, à poursuivre ceux qui disent la vérité, à menacer les nations, à disséminer des virus informatiques et à assassiner des gens tous les Mardis.

Les menaces contre la Syrie, coordonnées depuis Washington et Londres, marquent un nouveau sommet de l’hypocrisie. Contrairement à la propagande brute présentée sous forme d’information, le journalisme d’enquête du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung identifie ceux responsables du massacre de Houla comme étant les “rebelles” soutenus par Obama et Cameron. Les sources du quotidien incluent les rebelles eux-mêmes. Ceci n’a pas été complètememt ignoré en Grande-Bretagne. Ecrivant dans son blog personnel, toujours si discrètement, Jon Williams, l’éditeur en chef de l’information de la BBC, sert de manière effective sa “couverture” de l’évènement, citant des officiels occidentaux qui décrivent l’opération de guerre psychologique contre la Syrie comme étant “brillante”. Aussi brillante que la destruction de la Libye, de l’Irak et de l’Afghanistan.

Tout aussi brillante que la dernière promotion de propagande du Guardian d’Alistair Campbell, le collaborateur en chef de Tony Blair pour l’invasion criminelle de l’Irak. Dans ses “carnets”, Campbell essaie d’éclabousser le sang irakien sur le diable Murdoch. Il est vrai qu’il y en a suffisamment pour les tremper tous. Mais la reconnaissance du fait que les médias respectables, libéraux, et flatteurs de Blair, furent un accessoire vital pour que soit perpétrer une telle épidémie de crimes, est bien sûr omise et demeure un singulier test d’honnêteté intellectuelle et morale en Grande-Bretagne.

Pendant encore combien de temps devrons-nous nous soumettre à un tel “gouvernement invisible” ? Ce terme pour une propagande insidieuse, a été utilisé pour la première fois par Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud et inventeur de la relation publique moderne, n’a jamais été plus à propos. “La fausse réalité” demande une amnésie historique, le mensonge par omission et le transfert du signifiant vers l’insignifiant. De cette façon, les systèmes politiques promettant sécurité et justice sociale ont été remplacés par la piraterie, l’austérité et la “guerre perpétuelle”: un extrémisme dédié à renversé la démocratie. En appliquant ceci à un individu, nous identifierions un psychopathe. Pourquoi l’acceptons-nous ?

Programme de la Foire à l’Autogestion 2012… Çà commence demain !!…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , on 21 juin 2012 by Résistance 71

PROGRAMME DE LA FOIRE À L’AUTOGESTION

 

Les 22, 23 et 24 juin 2012.

VENDREDI 22 JUIN

Au Lycée autogéré de Paris (LAP), 393, rue de Vaugirard, Paris 15e

Horaire Au Lycée autogéré de Paris
17 h Ouverture de la Foire
18 h Forum « Autogestion et pédagogie »
19 h
20 h 30 Repas

SAMEDI 23 JUIN

A la Parole errante, 9, rue François-Delbergue, Montreuil (métro Croix-de-Chavaux)

Horaire Forum Gradins extérieurs Librairie Michèle-Firk Stand de la Mare aux diables Espace cinéma
10 h Ouverture de la Foire
11 h Forum « Autogestion, syndicalisme et luttes sociales »        
12 h   Atelier : Libérer la parole    
13 h   Débat : Printemps arabe, où en est-on Atelier : Grèce, autogestion et coopératives Atelier : Ecriture d’un scénario de jeu de rôle grandeur nature  
14 h Forum « Autogestion argentine »    
15 h Débat : « Féminisme et partage des tâches domestiques » Atelier : Education libertaire  
16 h   Film Grandpuits et petites victoires d’Olivier Azam, 80 min
17 h Forum « Autogestion et production : monter une production alternative » Débat: Luttes, logement et autogestion : actualités, pratiques et perspectives Atelier : Libérer la parole  
18 h     Quatre courts-métrages sur l’autogestion argentine, 30 min., proposés par Pico y Pala
19 h          
20 h Soirée festive :

Sound system avec DJ Aurélie et DJ Kind of Red aux platines.

21 h
22 h
23 h

DIMANCHE 24 JUIN

A la Parole errante, 9, rue François-Delbergue, Montreuil (métro Croix-de-Chavaux)

Horaire Forum Gradins extérieurs Librairie Michèle-Firk   Espace cinéma
10 h Ouverture de la Foire
11 h Forum « Décroissance et autogestion »   Atelier : Lieux autogérés ouverts au public   Film : D’égal à égales de Corine Mélis et Christophe Cordier, 52 min
12 h Débat: « Produire et consommer autrement »      
13 h       Film : Inventaire avant liquidation de Rémy Ricordeau, 54 min
14 h Forum « Autogestion et projet de société » Débat : présentation du plan ESSE      
15 h   Atelier « Kit coop »   Film : DSK, Hollande, etc. d’Aurore Van Opstal, Julien Brygo et Pierre Carles, 90 min
16 h     Atelier partage d’expériences autogestionnaires    
17 h      
18 h Clôture de la Foire

 

 

 

 

VENDREDI 22 JUIN

Lieu : Lycée autogéré de Paris (393 rue de Vaugirard, métro Convention), qui fête ses 30 ans.

18 h-20 h : forum « Autogestion et pédagogie »

Avec, entre autres :

  • Laurent Ott (philosophe et acteur social, membre de l’Icem-Pédagogie Freinet),
  • une ou un enseignant de l’école Fernand-Labori (pédaogie Freinet) à Paris 18e,
  • une ou un enseignant du Lycée autogéré de Paris.
  • mais aussi des actrices et acteurs de la tendance intersyndicale Émancipation et de SUD-Éducation.

SAMEDI 23 JUIN

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, restauration, animation musicale, cycle cinéma, vidéos, ateliers, débats… Plus d’une cinquantaine de structures participantes.

10 h : Ouverture de la Foire à l’autogestion

11 h-13 h : forum « Autogestion, syndicalisme et luttes sociales »

Avec, entre autres :

  • Julien Gonthier (Solidaires-Industrie), qui évoquera le travail pour implanter un syndicalisme de lutte et autogestionnaire dans l’industrie ;
  • le conseiller juridique d’un syndicat du nettoyage, qui nous parlera de l’auto-organisation des luttes des travailleuses et travailleurs, souvent immigrés, parfois sans papiers ;
  • des anarchistes grecs, qui évoqueront le mouvement populaire dans leur pays ;
  • une actrice des CAFards (Montreuil), qui évoquera l’expérience de l’Assemblée générale interprofessionnelle de Montreuil en 2010, dans la lutte pour la défense des retraites.

12 h-13 h : Atelier : Libérer la parole

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. Organisé par AL ; max. 15 participant-e-s. S’inscrire ici.

13 h-14 h : Atelier : Grèce, autogestion et coopératives

Pour poursuivre le débat entamé dans le forum précédent, des camarades grecs nous parleront plus spécifiquement de la situation politique et sociale dans la péninsule.

13 h-17 h : Atelier : Écriture d’un scénario de jeu de rôle grandeur nature (MAD)

Atelier d’écriture collective d’un scénario de jeu. Ou comment mettre en place une activité de loisir imaginatif autogérée à travers l’exemple de l’écriture de scénarios. Présentation et réflexion du jeu de rôle grandeur nature, de ses enjeux, et de la réappropriation de la ville comme espace de jeu. Organisé par la Mare aux diables sur son stand, 20 participant-e-s max. S’inscrire ici.

13 h-15 h : Débat : Printemps arabe, où en est-on ?

L’actualité des luttes dix-huit mois après le Printemps arabe, avec Raouf, Marouane Taharouri et Laurent Esquerre, coordinateurs du dossier spécial d’Alternative libertaire de mars 2012.

14 h-16 h : forum « Autogestion argentine »

Avec :

  • Trois camarades du Frente de Organisaciones de Lucha (FOL, Argentine) qui parleront du travail en coopérative et dans les mouvements sociaux des quartiers populaire ; aborderont les différents types de production : métallerie, menuiserie, boulangerie, couture, nettoyage… ; la situation politique (jeu de chassé-croisé avec le gouvernement Kirchner) ; la formation d’un syndicat des travailleurs en coopérative (AGTCAP) ; les luttes récentes pour défendre l’existence et le statut des coopératives autogérées ; et une expérience directe : la métallerie du FOL.
  • Frank Mintz (auteur, tendance intersyndicale Autre futur) fera le bilan des récupérations d’entreprises en Argentine.
  • Daniel Pinos apportera un éclairage à partir d’expériences chilienne, cubaine et espagnoles.

15 h-17 h : Débat : « Féminisme et partage des tâches domestiques »

A la base du patriarcat, les tâches domestiques et leur répartition traditionnelle sexuée. Sous-traitance ? Autogestion collective ? Négociation de couple ? Comment combattre ce système ? »

Organisé par des militantes féministes.

15 h-17 h : Atelier : « Education libertaire »

Avec :

  • Hugues Lenoir (formateur, auteur).
  • Pascal (enseignant au Lycée autogéré de Paris)
  • Milan (élève au Lycée autogéré de Paris)

Après un rappel historique des quelques principes de la pédagogie libertaire, Pascal et Milan témoigneront sur la pédagogie autogestionnaire en actes.

16 h : cinéma : Grandpuits et petites victoires d’Olivier Azam, 80 min, Les Mutins de Pangée, 2010.

Synopsis : Octobre 2010. Le gouvernement veut faire passer en force sa réforme des retraites, mesure d’austérité phare du quinquennat Sarkozy. La rue se réveille. Les dépôts et raffineries de pétrole sont bloqués. Les grévistes de la raffinerie Total de Grandpuits en Seine et Marne vont devenir malgré eux le fer de lance d’une lutte qui a mobilisée des millions de Français.

Grandpuits et petites victoires renoue avec l’Histoire populaire française en mettant en perspective la grève avec les luttes du passé (Grèves générales, réquisitions, caisses de grèves…) dont on tire pas mal d’enseignements et d’encouragements à l’action.

Tout en nous faisant vivre une grève de l’intérieur, au côté de personnages attachants, le film décrypte la stratégie gouvernementale, patronale et le rôle prépondérant des médias. Traversé par le questionnement des ouvriers sur la lutte collective, le récit nous embarque dans une véritable aventure humaine. Un outil de débat et de réflexion pour les luttes à venir.

Voir la bande annonce et trouver plus d’info.

Projection suivie d’un débat en présence du réalisateur et d’un gréviste de la raffinerie de Grandpuits (sous réserve).

17 h-18 h : Atelier : Libérer la parole

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. Organisé par AL ; max. 15 participant-e-s. S’inscrire ici.

17 h-19 h : Débat: Luttes, logement et autogestion : actualités, pratiques et perspectives

Publics attendu : tout le monde, sauf promoteurs immobiliers ;-). Organisé par la CGA.

17 h-19 h : forum « Autogestion et production : monter une production alternative »

Avec, entre autres :

  • Julie, de la ferme coopérative La Clémenterie (Ardèche) ;
  • Christian Vaillant (scop La Navette) ;
  • Michel Lulek (éditions du réseau REPAS) ;
  • Marc Bourgeois (scop Ambiance Bois), qui parleront de leurs projets et de leur parcours.

18 h : cinéma : quatre courts-métrages sur l’autogestion argentine, du Colectivo audiovisual del Sur, La Galponera et Coodinadora de Organisaciones de Base, 30 min.

Quatre courts-métrages réalisés entre 2009 et 2012 par des médias alternatifs argentins sur les coopératives autogérés et les conflits qu’elles ont affronté.

Projection proposée par Pico y Pala en présence de Matias Barrio, du Frente de Organizaciones en Lucha.

20h-23h : soirée festive

Avec, entre autres, DJ Aurélie + Iskander et DJ Kind of Red aux platines.

DIMANCHE 24 JUIN

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, animation musicale, vidéos, ateliers, débats… Plus d’une cinquantaine de structures participantes.

13 h-14 h : Atelier : Lieux autogérés ouverts au public

Avec :

  • la Commune libre d’Aligre…
  • Ecobox

11 h-13 h : forum « Décroissance et autogestion »

Avec, entre autres :

  • Paul Ariès (politologue et écrivain) ;
  • Alex, syndicaliste et animateur de l’émission Les Mangeux d’terre sur Radio libertaire

11 h 30 : cinéma : D’égal à égales de Corine Mélis et Christophe Cordier, 52 min, Canal Marches, 2011

Ce film s’intéresse à des pionnières. Elles sont migrantes ou filles d’immigrants, et syndicalistes. Elles ont choisi de s’engager face à la dureté des conditions de travail et à la précarité des salariés dans les secteurs du nettoyage, du commerce, des services aux particuliers, d’industries à l’agonie, où l’on retrouve nombre de femmes issues de l’immigration.

Par-delà les conflits du travail, elles nous racontent une démarche d’émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d’actualité, tandis que s’accentue la précarisation du salariat. Dans l’espoir d’être traitées, enfin, « d’égal à égales ».

Voir un extrait et trouver plus d’info.

Projection suivie d’un débat en présence du coréalisateur, Christophe Cordier, et d’une syndicaliste (sous réserve).

12 h-14 h : Débat: « Produire et consommer autrement »

On échangera sur la construction d’une autonomie alimentaire pour contrer la dépendance aux centrales d’achat. Pour l’auto-organisation de circuits de production, de transformation et de distribution alternatifs : consom’acteurs, scops et coopératives alimentaires, jardins partagés…

Avec :

  • Consom’Solidaires,
  • la scop Courts-circuits Saint-Denis,
  • la scop La Conquête du pain,
  • la scop Andines

13 h 30 : cinéma : Inventaire avant liquidation de Rémy Ricordeau, 54 min, Réal Production, 2010

Un monde est en train de finir où plus rien ne semble pouvoir continuer comme avant. Les bouleversements s’imposent à tous, l’avenir paraît incertain. Le pire est-il pour autant inévitable ? A travers l’évocation de leurs expériences, des jeunes travailleurs et chômeurs témoignent des méfaits d’une société qui formate les hommes et leur mode de vie. Ils engagent une réflexion sur la nécessité d’initier d’autres pratiques politiques et d’autres rapports sociaux que ceux induits par le salariat et le consumérisme. S’esquissent alors des perspectives de transformations sociales où l’utopie se substitue au réalisme mortifère.

Voir la bande annonce ou trouver plus d’info.

Projection suivie d’un débat avec le réalisateur, Rémy Ricordeau.

14 h-16 h : forum « Autogestion et projet de société »

En cours d’élaboration. L’ambition est d’évoquer, dans les grandes lignes, ce que pourrait être une société post-capitaliste, tout en dégageant les points d’interrogation et les points de désaccord reflétant le pluralisme des structures participant à la Foire. Suspense !

14 h-15 h: Débat : présentation du plan ESSE

Présentation du plan « Économie sociale, solidaire et écologique » par l’association Plan ESSE.

15 h-16 h : Atelier « Kit coop »

Réfléchir à des outils grand public pour relocaliser l’économie. Organisé par l’association Plan ESSE, max. 10 participant-e-s. S’inscrire ici.

15 h 30 : cinéma : DSK, Hollande, etc. d’Aurore Van Opstal, Julien Brygo et Pierre Carles, 90 min, Arapèdes Production et PLPL, 2012

Les rapports médias/politique passés au crible avant l’élection présidentielle de 2012. Ou comment la presse présélectionne les candidats compatibles avec les intérêts du pouvoir économique. Après avoir fait le forcing pour la candidature de Dominique Strauss-Kahn en 2010, c’est sur François Hollande que se sont reportées les voix des « grands » médias à partir de l’affaire du Sofitel de New York. Particularité des deux hommes : ils ont tous les deux fait Sciences-Po et l’école de commerce HEC.

En n’imaginant pas d’autre second tour possible qu’un duel Hollande/Sarkozy et en présentant cet affrontement comme un un combat gauche/droite alors qu’il s’agit plus vraisemblablement d’un affrontement centre droit/droite dure, les médias dominants cherchent-ils à éviter la présence d’un vrai candidat de gauche au 2e tour de l’élection présidentielle ?

En savoir plus sur le projet ou visionner des extraits.

Projection suivie d’un débat avec un des coréalisateurs.

16 h-18 h : Atelier partage d’expériences autogestionnaires

Objectifs :Discuter entre nous de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, proposer des aspects pratiques, des méthodes d’amélioration.  Comme support de discussion, et afin de rester dans le concret, nous présenterons notre bibliothèque Antigone, son histoire et son fonctionnement. Atelier organisé par la bibliothèque Antigone, max. 20 participant-e-s. S’inscrire ici.

Résistance à l’empire: La Chine et le Japon contournent les sanctions de l’UE et du pays du goulag levant sur le pétrole iranien…

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La Chine et le Japon sécurisent le pétrole iranien contournant les sanctions européennes

 

RT

 

Le 20 Juin 2012

 

url de l’article original:

http://rt.com/business/news/aisa-iran-oil-export-305/

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Japon est un des acheteurs principaux de pétrole brut iranien et il vient de déclarer qu’il va donner une couverture d’assurance pour les pétroliers iraniens, tandis que la Chine elle, propose d’utiliser ses propres pétroliers pour le transport afin de contourner les sanctions sur le pétrole décrétées par l’UE Le parlement japonais a approuvé une assurance gouvernementale couvrant jusqu’à 7,6 milliards de dollars pour chaque pétrolier transportant le petrole brut iranien vers le pays. La Chine a offert à l’Iran d’utiliser ses propres pétroliers afin d’assurer une partie de son approvisionnement en pétrole.

Le Japon et la Chine ont annoncé qu’ils allaient charger environ 620 000 barils de pétrole brut iranien par jour à partir du mois prochain, d’après l’agence Reuters.

Les sanctions de l’UE non seulement interdisent aux pays membres d’importer le pétrole iranien, mais aussi incluent un embargo sur les compagnies d’assurance afin qu’elles ne couvrent pas les exportations pétrolières iraniennes. Les sanctions doivent être appliquées au 1er Juillet. Ces mesures vont affecter le Japon, la Corée du Sud, la Chine et l’Inde, qui avaient l’habitude d’acheter environ les deux tiers des exportations de pétrole brut iranien, ou environ 1,45 millions de barils / jour ; elles s’appuient sur les compagnies européennes pour assurer les cargaisons.

Les sanctions des Etats-Unis et de l’UE sont faites pour couper les revenus pétroliers de l’Iran afin que la nation abandonne son programme nucléaire. L’inde, qui a obtenue une exemption des Etats-Unis cette semaine, considère également d’offrir des garanties souveraines afin de contourner l’embargo de l’UE. “Nous luttons pour trouver des solutions”, a dit le ministre du pétrole S. Jaipal Reddy à des journalistes lors d’une réunion des pays de l’OPEP à Vienne la semaine dernière.

Quoi qu’il en soit, la Corée du Sud a échoué à obtenir une exemption des sanctions de l’UE et planifie d’arrêter d’importer du pétrole iranien.

Crise sociale mondiale: La société organique, vivante, évolutrice doit prendre le pas sur la sclérose capitaliste…

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Pour comprendre comment nous sortir des sables mouvants générés par la société spectacle marchande, nous devons envisager les problèmes sous des angles inédits.

John Holloway, très proche du mouvement zapatiste mexicain, nous y incite…

— Résistance 71 —

 

Changer le monde sans prendre le pouvoir

 

Entretien avec John Holloway (Juin 2008)

 

url de l’article en ligne:

http://www.lavoiedujaguar.net/Changer-le-monde-sans-prendre-le

 

 

Changer le monde sans prendre le pouvoir. Le sens de la révolution aujourd’hui, essai de John Holloway (éditions Syllepse, Paris, et Lux, Montréal, 2008), a suscité de violentes réactions à la gauche de la gauche. La thèse défendue contrarie : penser la révolution en terme de parti et de prise de pouvoir mène à un échec inévitable.

Entretien (publié dans CQFD en juin 2008) avec l’auteur, chercheur en sciences sociales irlandais installé au Mexique depuis 1991.

John, tu es proche des zapatistes, à ton avis que peut apporter la théorie politique à un mouvement comme le leur ?

John Holloway : Antonio García de León [1] a fait remarquer dès les premiers jours de l’insurrection zapatiste que cette révolte venait de l’intérieur de nous-même. En disant qu’ils veulent construire un monde nouveau sans prendre le pouvoir, ils nous ont lancé un défi pratique et théorique. Les tentatives pour changer le monde en prenant le pouvoir ont échoué. Alors comment s’y prendre ? Il n’y a pas de modèle préexistant.

Ici, en pleine commémoration de 68, la gauche semble incapable de penser les émeutes des cités, mais aussi le refus du travail salarié. La gauche traditionnelle conçoit la lutte de classes comme une lutte entre le travail et le capital. Elle oublie que Marx insistait sur le caractère ambivalent du travail comme une clef pour comprendre le capitalisme. Il faisait la distinction entre le travail aliéné ou abstrait et l’activité vivante consciente ou travail utile – ce que je préfère appeler le « faire ». 1968 était avant tout une révolte contre le travail aliéné, la révolte du « faire » contre le travail. En 1968, il devient clair que la lutte contre le capital est avant tout une lutte contre le travail. Au lieu de penser la lutte de classes en termes de « travail » contre « capital », il faut la penser en termes de « faire » contre « le travail et donc le capital ». Voilà le défi : comment développer ici et maintenant une vie où nous pourrions faire ce que nous considérons comme nécessaire ou désirable, au lieu d’abandonner nos jours à un travail qui produit le capital ? C’est pourquoi l’idée de « chômeurs heureux » est si importante. En Argentine, les piqueteros [2] les plus radicaux ne se battent pas pour l’emploi, mais pour une vie consacrée à « faire » ce qu’ils considèrent important. Si nous refusons de travailler c’est parce que nous voulons faire quelque chose de mieux de nos vies : rester au lit, sortir faire un tour avec le chien, jouer de la musique, organiser une révolution, qu’importe… Notre refus ouvre la porte à un « faire-autrement », et ce « faire-autrement » est l’avant-garde de notre lutte contre le capital. Cette lutte n’est pas seulement de la négation, mais de la négation-et-création, la création de quelque chose qui ne colle pas avec le capitalisme. Tant que nous ne parlons que de refus, nous autorisons le capital à fixer le planning.

Mais comment affirmer nos résistances, de l’émeutier de cité au chômeur qui se lève tard, face aux vieilles catégories de pensées ?

Nous avons tous nos hauts et nos bas, et parfois on se sent perdu, en particulier parce que nos luttes sont fragmentées. Je vois ça en termes de création de failles, d’espaces ou de moments dans lesquels nous disons : « Ici, dans cet espace ou ce moment, nous ne ferons pas ce que le capital veut que nous fassions. » Des failles plus que de simples espaces autonomes. Les failles s’agrandissent, courent, se creusent. Ces failles sont les espaces du « faire contre le travail ». Si, comme la gauche traditionnelle, nous sommes aveugles à cet antagonisme, tout le reste suit : l’État, le pouvoir, le progrès, etc.

Pour toi, la prise de pouvoir est donc forcément un échec pour un mouvement qui souhaite changer le monde…

Je distingue deux types de pouvoir, le « pouvoir- sur » (le pouvoir du capital, le pouvoir de l’État…) et le « pouvoir-faire » : notre pouvoir de créer, de faire des choses, qui est forcément un pouvoir social puisque notre « faire » dépend toujours du « faire » des autres. Rejeter l’idée de prendre le pouvoir ne nous met pas dans un vide. Au contraire, cela signifie que nous ne devons pas prendre le « pouvoir-sur » mais construire notre « pouvoir-faire. »

Dans ton livre, il est beaucoup question d’identités. Que t’inspire le repli identitaire ?

Le capitalisme nous pousse à nous identifier aux rôles qu’il nous fait jouer. Le mouvement contre le capital est nécessairement anti-identitaire. Un mouvement qui dit : « Non, nous sommes plus que ça ! » Si on dit seulement « nous sommes noirs, nous sommes femmes, nous sommes gays, nous sommes indigènes », alors on est piégé dans une logique qui nous réintègre dans la domination. Nous avons besoin de dépasser nos identités, d’affirmer et de nier dans un même souffle : nous sommes noirs et plus que cela, nous sommes femmes et plus que cela. Dès leur soulèvement, les zapatistes ont dit qu’ils se battaient pour les droits des indigènes mais aussi pour la création d’un monde nouveau fondé sur la reconnaissance de la dignité.

Qu’est-ce qui peut donc nous rassembler ? Où se trouve notre force ?

Notre force, c’est que nous sommes des personnes ordinaires. C’est la chose la plus profonde que les zapatistes disent : « Nous sommes des hommes et des femmes, des vieux et des enfants ordinaires, donc nous sommes rebelles. » Si l’antagonisme central est entre le « faire » et le travail, la contradiction centrale du capitalisme est donc la frustration. La frustration engendrée est probablement l’expérience la plus profonde que nous partageons tous et toutes. Elle se transforme en explosions et nous apprend le langage de la révolte.

Propos recueillis et traduits par Julien Bordier et Juliette Goudeket. 
CQFD n° 57, juin 2008.

Notes

[1] Historien, auteur de Resistencia y utopia, Era, 1998.

[2] Piqueteros : mouvements de masse rassemblant les chômeurs d’un quartier ou d’une banlieue.

Illusion démocratique: Peur, obscurantisme, crétinisation et mercantilisme, armes prévisibles du Nouvel Ordre Mondial…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , on 19 juin 2012 by Résistance 71

« Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne viennent pas pour qu’il n’y ait personne. »

– Coluche —

 

3ème texte essentiel de notre petite trilogie Raoul Vaneigem… A méditer longtemps!

 

1ère partie: Vive la Commune !

2ème partie: La gratuité est l’arme absolue contre l’économie

– Résistance 71 –

 

Par-delà l’impossible

 

par Raoul Vaneigem

 

Avril 2012

 

url de l’article original (en ligne):

http://www.lavoiedujaguar.net/Par-dela-l-impossible

 

L’impossible est un univers clos. Néanmoins, nous en possédons la clé et, comme nous le soupçonnons depuis des millénaires, la porte s’ouvre sur un champ d’infinies possibilités. Ce champ, il nous appartient plus que jamais de l’explorer et de le cultiver. La clé n’est ni magique ni symbolique. Les Grecs anciens la nommaient « poésie », du verbe poiein, construire, façonner, créer.

Depuis qu’avec la civilisation marchande s’est instauré le règne des princes et des prêtres — dont les lamentables résidus continuent de grouiller sur le cadavre de Dieu — le dogme de la faiblesse, de la débilité native de l’homme et de la femme n’a cessé d’être enseigné, aux dépens de la créativité, faculté humaine par excellence. La loi du pouvoir et du profit ne condamne-t-elle pas l’enfant à vieillir prématurément en apprenant à travailler, à consommer, à s’exhiber sur un marché d’esclaves où la roublardise concurrentielle et compétitive étouffe l’intelligence du cœur et de la solidarité ?

Nous sommes en butte à une dénaturation constante où la vie est vidée de sa substance tandis que la nécessité de survivre se réduit à la quête animale de la subsistance. Le droit aléatoire à l’existence s’acquiert au prix d’un comportement prédateur qui monnaie et rentabilise la peur.

Alors que le travail socialement utile — agriculture naturelle, école, hôpitaux, métallurgie, transports — se raréfie et se dégrade, le travail parasitaire, assujetti aux impératifs financiers, gouverne les Etats et les peuples au nom d’une bulle financière vouée à imploser. La peur règne et répond à la peur. La droite populiste récupère la colère populaire. Elle lui désigne des boucs émissaires interchangeables, juifs, arabes, musulmans, chômeurs, homosexuels, métèques, intellectuels, en-dehors, et l’empêche ainsi de s’en prendre au système qui menace la planète entière. Dans le même temps, la gauche populiste canalise l’indignation en des manifestations dont le caractère spectaculaire dispense de tout véritable projet subversif. Le nec plus ultra du radicalisme consiste à brûler les banques et à organiser des combats de gladiateurs entre flics et casseurs comme si ce combat dans l’arène pouvait ébranler la solidité du système d’escroquerie bancaire et les Etats qui, unanimement, en assument les basses œuvres.

Partout la peur, la résignation, la fatalité, la servitude volontaire obscurcissent la conscience des individus et rameutent les foules aux pieds de tribuns et de représentants du peuple, qui tirent de leur crétinisation les derniers profits d’un pouvoir vacillant.

Comment lutter contre le poids de l’obscurantisme qui, du conservatisme à la révolte hargneuse et impuissante du gauchisme, entretient cette léthargie du désespoir, alliée de toutes les tyrannies, si révoltantes, si ridicules, si absurdes qu’elles soient ? Pour en finir avec les diverses formes de grégarisme, dont les bêlements et les hurlements jalonnent le chemin de l’abattoir, je ne vois d’autre façon que de ranimer le dialogue qui est au cœur de l’existence de chacun, le dialogue entre le désir de vivre et les objurgations d’une mort programmée.

Par quelle aberration consentons-nous à payer les biens que la nature nous prodigue : l’eau, les végétaux, l’air, la terre fertile, les énergies renouvelables et gratuites ? Par quel mépris de soi juge-t-on impossible de balayer sous le souffle vivifiant des aspirations humaines cette économie qui programme son anéantissement en accaparant et en saccageant le monde ? Comment continuer à croire que l’argent est indispensable alors qu’il pollue tout ce qu’il touche ?

Que les exploiteurs s’opiniâtrent à convaincre les exploités de leur inéluctable infériorité, c’est dans la logique des choses. Mais que révoltés et révolutionnaires se laissent emprisonner dans le cercle artificieux de l’impossible, voilà qui est scandaleux. J’ignore combien de temps s’écoulera avant que volent en éclats les tables d’airain de la loi du profit, mais aucune société véritablement humaine ne verra le jour tant que ne sera pas brisé le dogme de notre incapacité à fonder une société sur la vraie richesse de l’être : la faculté de se créer et de recréer le monde.

Jusqu’à ce que les mots porteurs de vie se fraient un chemin dans la forêt pétrifiée, où les mots glacés et gélatineux consacrent le pouvoir d’une mort froidement rentabilisée, peut-être est-il indispensable de répéter inlassablement : oui il est possible d’en finir avec la démocratie corrompue en instaurant une démocratie directe ; oui il est possible de pousser plus avant l’expérience des collectivités libertaires espagnoles de 1936 et de mettre en œuvre une autogestion généralisée ; oui il est possible de recréer l’abondance et la gratuité en refusant de payer et en mettant fin au règne de l’argent ; oui il est possible de liquider l’affairisme en prenant à la lettre la recommandation « Faisons nos affaires nous-mêmes » ; oui il est possible de passer outre aux diktats de l’Etat, aux menaces des mafias financières, aux prédateurs politiques de quelque étiquette qu’ils se revendiquent.

Si nous ne sortons pas de la réalité économique en construisant une réalité humaine, nous permettrons une fois de plus à la cruauté marchande de sévir et de se perpétuer.

Le combat qui se livre sur le terrain de la vie quotidienne entre le désir de vivre pleinement et la lente agonie d’une existence appauvrie par le travail, l’argent et les plaisirs avariés, est le même qui tente de préserver la qualité de notre environnement contre les ravages de l’économie de marché. C’est à nous qu’appartiennent les écoles, les produits de l’agriculture renaturée, les transports publics, les hôpitaux, les maisons de santé, la phytothérapie, l’eau, l’air vivifiant, les énergies renouvelables et gratuites, les biens socialement utiles fabriqués par des travailleurs cyniquement spoliés de leur production. Cessons de payer pour ce qui est à nous.

La vie prime l’économie. La liberté du vivant révoque les libertés du commerce. C’est sur ce terrain-là que, désormais, le combat est engagé.

Raoul Vaneigem

Publié dans L’Impossible n° 2, 
avril 2012.

Illusion démocratique: L’économie est une arme de destruction massive… Comment la vaincre sans coup férir ?

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2ème partie d’une petite trilogie d’essais / entretien récents de Raoul Vaneigem, philosophe contemporain avec lequel nous nous sentons sans aucun doute le plus d’affinités.

Une autre voix pour l’autogestion et la désobéissance civile…

1ère partie: « Vive la Commune ! »

3ème partie: Par delà l’impossible

 

— Résistance 71 —

 

« La gratuité est l’arme absolue de la vie contre l’économie »

 

ENTRETIEN PUBLIÉ DANS SINÉ MENSUEL EN OCTOBRE 2011.

lundi 21 novembre 2011, par Raoul Vaneigem

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/La-gratuite-est-l-arme-absolue-de

 

Membre de l’Internationale situationniste de 1961 à 1970, Raoul Vaneigem est l’auteur du Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Gallimard, 1967), d’où furent tirés les slogans les plus percutants de Mai 68, et d’une trentaine d’autres livres. Dernier titre paru : L’État n’est plus rien, soyons tout (Rue des Cascades, Paris, 2010).

Peux-tu donner une brève définition des situationnistes ?

Non. Le vivant est irréductible aux définitions. Ce qu’il y avait de vie et de radicalité chez les situationnistes continue à se développer dans les coulisses d’un spectacle qui a toutes les raisons de le taire et de l’occulter. En revanche, la récupération idéologique dont cette radicalité a été l’objet connaît une vague mondaine dont les intérêts n’ont rien de commun avec les miens.

Que voulaient dire les situs quand ils affirmaient que le situationnisme n’existait pas ?

Les situationnistes ont toujours été hostiles aux idéologies, et parler de situationnisme serait mettre une idéologie où il n’y en a pas.

Pour quelles raisons as-tu rompu avec l’Internationale situationniste en 1970 ? Avec le recul, que penses-tu de Guy Debord ?

J’ai rompu parce que la radicalité qui avait été prioritaire jusqu’en mai 1968 était en train de se dissoudre dans des comportements bureaucratiques. Chacun a alors choisi ou de poursuivre seul sa voie, ou d’abandonner le projet d’une société autogérée. Peut-être Debord et moi étions-nous plus dans la complicité que dans l’affection, mais qu’importe la rupture ! Ce qui a été sincèrement vécu n’est jamais perdu. Le reste n’est que l’écume de la futilité.

Quel regard portes-tu sur le mouvement des Indignés ?

C’est une réaction de salut public, à l’encontre de la résignation et de la peur qui donnent à la tyrannie du capitalisme financier son meilleur soutien. Mais l’indignation ne suffit pas. Il s’agit moins de lutter contre un système qui s’effondre qu’en faveur de nouvelles structures sociales, fondées sur la démocratie directe. Alors que l’État envoie à la casse les services publics, seul un mouvement autogestionnaire peut prendre en charge le bien-être de tous.

L’utopisme est-il toujours à l’ordre du jour ?

L’utopisme ? Mais c’est désormais l’enfer du passé. Nous avons toujours été contraints de vivre dans un lieu qui est partout et où nous ne sommes nulle part. Cette réalité est celle de notre exil. Elle nous a été imposée depuis des millénaires par une économie fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme. L’idéologie humaniste nous a fait croire que nous étions humains alors que nous restions, pour une bonne part, réduits à l’état de bêtes dont l’instinct prédateur s’assouvissait dans la volonté de pouvoir et d’appropriation. Notre « vallée de larmes » était considérée comme le meilleur des mondes possibles. Or, a-t-on inventé un mode d’existence plus fantasmatique et plus absurde que la toute-puissante cruauté des dieux, la caste des prêtres et des princes régnant sur les peuples asservis, l’obligation de travailler censée garantir la joie et accréditant le paradis stalinien, le Troisième Reich millénariste, la Révolution culturelle maoïste, la Société de bien-être (le Welfare State), le totalitarisme de l’argent hors duquel il n’y a ni salut individuel ni salut social, l’idée enfin que la survie est tout et que la vie n’est rien ? À cette utopie-là, qui passe pour la réalité, s’oppose la seule réalité qui vaille : ce que nous essayons de vivre en assurant notre bonheur et celui de tous. Désormais, nous ne sommes plus dans l’utopie, nous sommes au cœur d’une mutation, d’un changement de civilisation qui s’esquisse sous nos yeux et que beaucoup, aveuglés par l’obscurantisme dominant, sont incapables de discerner. Car la quête du profit fait des hommes des brutes prédatrices, insensibles et stupides.

Explique-nous comment la gratuité, selon toi, est un premier pas décisif vers la fin de l’argent.

L’argent n’est pas seulement en train de dévaluer (le pouvoir d’achat le prouve), il s’investit si sauvagement dans la bulle de la spéculation boursière qu’elle est vouée à imploser. La tornade du profit à court terme détruit tout sur son passage, elle stérilise la terre et dessèche la vie pour en tirer de vains bénéfices. La vie, humainement conçue, est incompatible avec l’économie qui exploite l’homme et la terre à des fins lucratives. À la différence de la survie, la vie donne et se donne. La gratuité est l’arme absolue contre la dictature du profit. En Grèce, le mouvement « Ne payez plus ! » se développe. Au départ, les automobilistes ont refusé les péages, ils ont eu le soutien d’un collectif d’avocats qui poursuit l’État, accusé d’avoir vendu les autoroutes à des firmes privées. Il est question maintenant de refuser le paiement des transports publics, d’exiger la gratuité des soins de santé et de l’enseignement, de ne plus verser les taxes et les impôts qui servent à renflouer les malversations bancaires et à enrichir les actionnaires. Le combat pour la jouissance de soi et du monde ne passe pas par l’argent mais, au contraire, l’exclut absolument.

Il est aberrant qu’une grève entrave la libre circulation des personnes alors qu’elle pourrait décréter la gratuité des transports, des soins de santé, de l’enseignement. Il faudra bien que l’on comprenne, avant le krach financier qui s’annonce, que la gratuité est l’arme absolue de la vie contre l’économie.

Il ne s’agit pas de casser les hommes mais de casser le système qui les exploite et les machines qui les font payer.

Tu prônes la désobéissance civile. Qu’entends-tu par là ?

C’est ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en Tunisie, au Portugal. C’est ce que résume le titre de mon pamphlet écrit pour des amis libertaires de Thessalonique, L’État n’est plus rien, soyons tout. La désobéissance civile n’est pas une fin en soi. Elle est la voie vers la démocratie directe et vers l’autogestion généralisée, c’est-à-dire la création de conditions propices au bonheur individuel et collectif.

Le projet d’autogestion amorce sa réalisation quand une assemblée décide d’ignorer l’État et de mettre en place, de sa propre initiative, les structures capables de répondre aux besoins individuels et collectifs. De 1936 à 1939, les collectivités libertaires d’Andalousie, d’Aragon et de Catalogne ont expérimenté avec succès le système autogestionnaire. Le Parti communiste espagnol et l’armée de Lister l’écraseront, ouvrant la voie aux troupes franquistes.

Rien ne me paraît plus important aujourd’hui que la mise en œuvre de collectivités autogérées, capables de se développer lorsque l’effondrement monétaire fera disparaître l’argent et, avec lui, un mode de pensée implanté dans les mœurs depuis des millénaires.

Tu désapprouves le système carcéral mais, en 1996, tu as participé à Bruxelles à la Marche blanche qui, selon la presse française, réclamait une répression accrue des actes de pédophilie. N’est-ce pas contradictoire ?

Voilà bien un exemple de contre-vérité journalistique manifeste. Si les parents des victimes de Dutroux avaient réclamé la peine de mort pour l’assassin, la foule aurait abondé dans leur sens. Or, c’est le contraire qui s’est passé. J’admire le courage et le sens humain de Gino et Carine Russo, qui se sont opposés résolument à toute idée de peine de mort (ils ont même prévenu qu’ils n’accepteraient pas que le meurtrier soit, comme de coutume, liquidé par les autres prisonniers). La Marche blanche a été l’exemple rarissime d’une émotion populaire qui en appelait au refus de la pédophilie au nom de l’humain et du refus des prédateurs, et non par le biais de la répression pénale. Il y avait là une dignité tranchant avec l’ignominie populiste qui consiste à se servir de l’émotion pour promouvoir la bestialité répressive, la vengeance. Où voit-on aujourd’hui une réaction collective dénoncer cette stratégie du bouc émissaire qui, pour empêcher que la colère des citoyens ne s’en prenne aux mafias affairistes, qui les ruinent, sonne le tocsin de la peur et du sécuritaire pour désigner comme menace et ennemi potentiel l’autre, l’étranger, le « différent » – juif, arabe, tzigane, homosexuel ou, au besoin, simple voisin ?

Tu as plusieurs enfants. Ne trouves-tu pas cruel de faire délibérément naître de nouveaux êtres dans ce monde-ci ?

J’exècre la politique nataliste qui, en multipliant mécaniquement les enfants, les condamne à la misère, à la maladie, à la désaffection, à l’exploitation laborieuse, militaire et sexuelle. Seul l’obscurantisme religieux, idéologique et affairiste y trouve son compte. Mais je refuse qu’un État ou une autorité, quelle qu’elle soit, m’impose ses ukases. Chacun a le droit d’avoir des enfants ou de n’en avoir pas. L’important est qu’ils soient désirés et engendrés avec la conscience que tout sera fait pour les rendre heureux. Ce sont ces nouvelles générations – tout à fait différentes de celles qui furent les fruits de l’autoritarisme familial, du culte de la prédation, de l’hypocrisie religieuse – qui aujourd’hui sont en train d’opposer, si confusément que ce soit, la liberté de vivre selon ses désirs au totalitarisme marchand et à ses larbins politiques.

Parle-nous de la cause animale, dont les penseurs révolutionnaires n’ont longtemps tenu aucun compte.

Il s’agit moins d’une cause animale que d’une réconciliation de l’homme avec une nature terrestre qu’il a exploitée jusqu’à présent à des fins lucratives. Ce qui a entravé l’évolution de l’homme vers une véritable humanité, c’est l’aliénation du corps mis au travail, c’est l’exploitation de la force de vie transformée en force de production. Notre animalité résiduelle a été refoulée au nom d’un esprit qui n’était que l’émanation d’un pouvoir céleste et temporel chargé de dompter la matière terrestre et corporelle. Aujourd’hui, l’alliance avec les énergies naturelles s’apprête à supplanter la mise à sac des ressources planétaires et vitales. Redécouvrir notre parenté avec le règne animal, c’est nous réconcilier avec la bête qui est en nous, c’est l’affiner au lieu de l’opprimer, de la refouler et de la condamner aux cruautés du défoulement. Notre humanisation implique de reconnaître à l’animal e droit d’être respecté dans sa spécificité.

En Belgique, le vote est obligatoire. As-tu déjà voté dans ta vie ? Tu paies les amendes ?

Je ne vote jamais, je n’ai jamais reçu d’amende.

Quelle leçon peut-on tirer de cette longue année pendant laquelle la Belgique s’est passée de tout gouvernement ?

Aucune. Pendant le sommeil lucratif des hommes politiques – cinquante-cinq ministres qui n’ont pas de problèmes de fins de mois –, les mafias financières continuent à faire la loi et se passent très bien des larbins qui sont à leur botte.

Comment vois-tu la « révolution » en cours dans les pays arabes ? L’islam te semble-t-il une menace pour elle ?

Où le social l’emporte, les préoccupations religieuses s’effacent. La liberté qui se débarrasse aujourd’hui de la tyrannie laïque n’est pas disposée à s’accommoder d’une tyrannie religieuse. L’islam va se démocratiser et connaître le même déclin que le christianisme. J’ai apprécié le slogan tunisien : « Liberté pour la prière, liberté pour l’apéro ! »

Finalement, tu restes un optimiste irréductible, non ?

Je pourrais me contenter de la formule de Scutenaire [1] : « Pessimistes, qu’aviez-vous donc espéré ? » Mais je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Je me fous des définitions. Je veux vivre en recommençant chaque jour. Il faudra bien que la dénonciation et le refus des conditions insupportables qui nous sont faites cèdent la place à la mise en œuvre d’une société humaine, en rupture absolue avec la société marchande.

Recueillis par Jean-Pierre Bouyxou, 
Siné Mensuel, octobre 2011.

Notes

[1] L’écrivain belge Louis Scutenaire (1905-1987) est l’auteur de Mes inscriptions. Raoul Vaneigem lui a consacré un livre dans la collection « Poètes d’aujourd’hui » (Seghers, 1991).

Illusions démocratiques: De votards à communards ou la passion de la liberté !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , on 17 juin 2012 by Résistance 71

Dans la « ferveur » du grand cirque  électoral, qui une fois de plus étreint notre nation inepte, vouée depuis des lustres au culte marchand et à ses idoles de sang et d’airain(tement), nous avons décidé de publier une petite trilogie de textes à la fois sulfureux, pertinents et truculents, textes qui émanent d’une des dernières plumes critiques francophones digne de ce nom: Raoul Vaneigem.

Connu pour sa participation à l’Internationale Situationniste de la fin des années 1960 et du début des années 70, ce grand écrivain critique belge nous laisse un véritable trésor littéraire à (re)découvrir. Auteur en 1967 de son célèbre « Traité de Savoir-Vivre pour les jeunes générations« , long essai qui inspira tant le mouvement de 1968 avec son pendant situationniste du compère Guy Debord et sa « Société du Spectacle » ; Vaneigem continua à gratifier l’humanité d’autres excellents ouvrages et essais tels que: « Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et la possibilité de s’en défaire » (1992), « De l’inhumanité de la religion » (1999), « Pour une internationale du genre humain » (2000) et le remarquable « Pour l’abolition de la société marchande-Pour une société vivante » (2002).

Nous avons choisi de reproduire trois essais de Raoul Vaneigem, trois textes courts qui ne manqueront pas d’interpeller les consciences et titiller cette créativité solidaire qui est partie intégrante de notre nature humaine, pourtant si habilement ensevelie sous les couches multiples des déjections nauséabondes de la société marchande/spectacle, par une pseudo-élite inepte, parasitaire et autoproclamée.

Le premier essai s’intitule « Vive la Commune ! » (2007)

Le second essai: « La gratuité est l’arme absolue contre l’économie » (2011)

Le troisième essai: « Par delà l’impossible » (Avril 2012)

 

Bonne lecture et puisse l’inspiration politique ressurgir de vide intersidéral proposé par nos pathétiques « démocraties représentatives » où le citoyen est réduit depuis 1789 ou peu s’en faut (1776 aux Etats-Unis), à l’état de serf / électeur et de serf / contribuable… Non seulement nous méritons mieux que cela… mais nous SOMMES mieux que cela ! La Commune invoquée ici par Vaneigem (non pas celle de 1871…) en est une autre preuve s’il en fallait encore une…

— Résistance 71 —

 

Vive la Commune !

 

par Raoul Vaneigem

 

Décembre 2007

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/Vive-la-Commune

 

Nous vivons dans la clarté de l’obscur. Ce que le spectacle du monde nous montre sous les feux quotidiens de la rampe n’est qu’une mise en scène du totalitarisme marchand. Il occulte le désir de vivre, présent en chacun, pour lui substituer le désir de rentabiliser l’absence de vie.

C’est à peine si la presse des arrogantes démocraties européennes a consacré quelques lignes à l’insurrection d’Oaxaca. Jamais les journalistes qui se revendiquent de la liberté d’expression n’ont si unanimement manifesté par leur servilité leur mépris des libertés individuelles. Leur obédience à l’affairisme planétaire écarte sans scrupule ce qui est par essence scandaleux : la gratuité dont se revendique la générosité humaine. L’économie, la course à l’argent et au pouvoir, voilà le leitmotiv de la misérable représentation médiatique où hommes, femmes et enfants sont conditionnés à devenir les spectateurs de leur propre déchéance.

L’empire de la marchandise a mis la résignation et la lâcheté au rang des vertus. Quelle gifle à la veulerie occidentale que l’audace des habitants d’Oaxaca s’insurgeant contre un gouverneur corrompu dont les exactions ne diffèrent pas de celles que nous connaissons dans la vertueuse Europe, si ce n’est qu’il est d’usage au Mexique que les policiers municipaux et les escadrons paramilitaires tirent sur les mécontents. Ici, les patrons escroquent ouvertement le bien public sans avoir à recourir aux tueurs tant le fatalisme et le désespoir des masses travaillent en leur faveur. On comprend qu’exalter, analyser, voire se borner à mentionner l’exemple d’Oaxaca relèvent de l’incongruité pour ceux qui font métier d’informer.

À nous d’apprendre que les manifestations de la vie n’ont aucune chance de se transmettre par le biais d’une parole asservie aux impératifs marchands.

L’aspiration à vivre pleinement appartient aux faits qui ne se laissent ni corrompre ni effacer totalement. Seule la conscience d’une solidarité avec ce que nous avons en nous et entre nous de plus vivant et de plus humain peut briser les chaînes d’une oppression que la peur et le mépris de soi forgent partout.

Rien n’est plus important aujourd’hui que de faire savoir aux individus qu’ils ne sont pas seuls quand ils récusent le désespoir, retrouvent l’audace et avancent avec la détermination de construire leur vie en libérant les territoires quadrillés et dévastés par le totalitarisme marchand.

Nous n’avons tiré aucune leçon de l’histoire, disent ceux qui se complaisent dans leur rôle d’éternelles victimes. L’évolution du monde semble leur donner raison. À défaut d’instaurer des valeurs nouvelles, fondées sur la vie et sur la détermination d’en assurer la souveraineté, nous sommes confrontés à un vide où s’engloutissent pêle-mêle les valeurs patriarcales et le souvenir des luttes entreprises contre l’État, l’armée, la police, la religion, les idéologies.

Le travail, où l’on « perd sa vie à la gagner », exerce aujourd’hui un double effet de nuisance par sa raréfaction et par son investissement croissant dans les services parasitaires. En effet, ceux qui célèbrent sa vertu et font miroiter, en garantissant plus d’emplois, l’espérance d’un bonheur consommable sont les mêmes qui ferment les usines parce que les actionnaires tirent moins de profit du travail que de la Bourse. Dans le même temps, les agioteurs font du travail inutile l’instrument de leur enrichissement. Ils sacrifient la production de matières premières, jadis prioritaire, au profit d’entreprises aussi artificieuses qu’aléatoires dont le jeu spéculatif des actionnaires règle et dérègle le sort, au mépris des salariés. L’Europe qui se targuait d’être le berceau de la démocratie en est devenue le cercueil.

Tout ce qui a démontré sa nuisance par le passé revient comme un remugle d’égout : le libéralisme, cette imposture qui identifie la liberté individuelle à la prédation ; le nationalisme, fauteur de guerres ; le fanatisme religieux ; les détritus du bolchevisme ; les nostalgiques du fascisme.

C’est de l’histoire de leur inhumanité que les hommes ne tirent guère de leçons, réitérant dans une parodie à la fois ridicule et sanglante les pires aberrations du passé. Le prétendu devoir de mémoire, qui nous enseigne les horreurs du passé, les guerres, les massacres, la sainte Inquisition, les pogromes, les camps d’extermination et les goulags, perpétue le vieux dogme religieux d’une impuissance congénitale à vaincre le mal, auquel l’honneur prescrit d’opposer cette éthique qui repose sur le libre arbitre comme un fakir sur une chaise à clous.

Des entreprises hasardées de siècle en siècle en faveur d’une vie meilleure, la mémoire ne retient que leur défaite. Anacharsis Cloots, Jacques Roux, Babeuf, décapités par les jacobins ; la Commune de Paris écrasée par les versaillais ; les conseils ouvriers et paysans liquidés par Lénine et Trotski ; les collectivités libertaires espagnoles détruites par les staliniens. Une défaite, vraiment ?

J’appelle défaite l’étouffement des libertés individuelles par l’individualisme libéral, par le mensonge du nationalisme identitaire, par l’imposture du prétendu communisme, par le socialisme et la démocratie corrompue, par la dictature des libertés économiques. Ne voyez-vous pas que ce qui a été tenté en faveur de la vie et que les armes de la mort ont apparemment vaincu renaît sans cesse ? C’est de son inachèvement que nous devons tirer les leçons car il nous appartient d’aller plus avant.

La Commune d’Oaxaca est, en ce sens, exemplaire. Simple tumulte contre les exactions et les malversations d’un gouverneur, la mobilisation de la population aboutit à la formation d’une Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (APPO) initialement dominée par les politiques, dont les traditionnels détritus léninistes et trotskistes. L’entrée dans l’APPO des barricadiers, de la population urbaine et des communautés indiennes des régions environnantes limite et s’emploie à briser les manœuvres et la mainmise des hommes de pouvoir sur l’assemblée.

Le discours est d’une grande clarté : « Nous voulons ce qui aujourd’hui aux yeux des gouvernements et des patrons criminels et exploiteurs constitue le pire des délits : nous voulons la justice et la dignité, nous voulons ne plus avoir peur d’exprimer nos idées, nous voulons ne plus être victimes de ségrégation pour la couleur de notre peau, notre pensée, notre langue ou nos goûts, nous voulons des aliments sains que nous obtenons par notre travail et ne plus être volés par les riches, nous voulons employer notre énergie créatrice pour le bien commun, nous voulons la libération de nos prisonniers et de nos prisonnières. Nous voulons la liberté de choisir notre façon de vivre et que personne ne nous impose ses mensonges, sa violence et sa manière de gouverner, et nous savons que ce que nous voulons est correct et juste.

Nous voudrions devenir frères et sœurs dans cette lutte par en bas, avec tous ceux et toutes celles qui, à la ville ou dans l’arrière-pays, ont comme nous opposé résistance à tous les maîtres du pouvoir et de l’argent, nous voulons jumeler nos expériences de lutte avec le moindre recoin de notre État, nous voulons dialoguer et échanger avec toutes les femmes et tous les hommes de l’Oaxaca. »

Il serait temps que – réagissant contre la passivité, le manque de créativité, le fatalisme, l’obédience aux bureaucrates politiques et syndicaux – les démocrates européens, avilis, crétinisés, couillonnés par les démocraties corrompues qu’ils ont portées au pouvoir, découvrent dans la volonté d’émancipation qui se manifeste à Oaxaca la conscience de cette dignité humaine qui, de la Révolution française au mouvement des occupations de Mai 1968, n’a cessé de faire entendre ses exigences.

J’appelle à la solidarité avec ceux qui « participent activement au mouvement social actuel et veulent que ce mouvement reste fidèle à ses principes d’autonomie et d’indépendance vis-à-vis des partis politiques, en revendiquant l’assemblée souveraine comme la manière la plus juste et la plus harmonieuse pour réussir à nous comprendre, à nous organiser de façon autonome et à nous autogouverner. Un lieu où les accords du peuple ne se fondent ni sur la prédominance de la majorité sur une minorité ni sur aucune autre façon d’imposer son point de vue comme celle communément exercée par le pouvoir de ceux d’en haut, mais sur le respect mutuel entre toutes les composantes du peuple. L’autonomie entendue comme la construction d’autres réalités montrant qu’il existe une autre manière de changer les choses à la source, dans laquelle les peuples décident de leurs propres modes de vie, et non au sein d’institutions qui ne font que réformer l’oppression et la répression, comme le font les partis politiques qui produisent des tyrans, homme ou femme, des caciques et un autoritarisme chez tous ceux et toutes celles qui y accèdent à travers des postes qui leur confèrent une quelconque autorité. »

C’est cela la démocratie. Elle a toujours voulu être tout. Elle a été quelque chose, en regard des tyrannies qui l’interdisaient. Elle n’est plus rien qu’un hochet entre les mains des multinationales et des intérêts marchands.

L’exploitation et l’inhumanité qu’elle produit n’a pas changé – un esclave mort au travail a toujours permis d’en acheter deux –, elle a seulement gangrené la totalité de la planète. Mais c’est aussi de cette planète dont la vie est menacée avec celle de millions d’êtres vivants que va surgir une Internationale du genre humain. Elle sera confuse, incertaine, tâtonnante ; elle sera, comme disent les zapatistes, non un modèle mais une expérience.

Si condamnées qu’elles soient au mépris, au discrédit, à la clandestinité, la résistance à l’oppression et l’aspiration à une existence heureuse et créatrice n’ont jamais cessé de se manifester. C’est en vain que l’obscurantisme spectaculaire et ses larbins étouffent de leur inanité sonore le fracas des casseroles martelées avec lesquelles les femmes d’Oaxaca sonnent le rappel d’une population armée de sa seule volonté de vivre. Aucun silence ne couvre le bruit des chaînes qui se brisent.

Raoul Vaneigem 
6 décembre 2007

Ingérence occidentale en Syrie: Quand certain média laisse la pensée critique s’exprimer… Trop rare pour ne pas le mentionner !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, OGM et nécro-agriculure, politique française, presse et média, résistance politique with tags , , , , , , , , , , on 17 juin 2012 by Résistance 71

Cinq longues minutes de vérité sur la Cinq

 

par Louis Denghien

 

Le 15 Juin 2012,

 

url de l’article original:

http://www.infosyrie.fr/re-information/cinq-longues-minutes-de-verite-sur-la-cinq/

 

Jeudi 14 juin, l’émission C dans l’air (sur la Cinq) d’Yves Calvi était consacré à l’engagement français en Afghanistan, de Sarkozy en Hollande. Mais l’animateur et ses invités ont fait un petit crochet par la Syrie, pour répondre à une question d’un auditeur sur l’ »inaction » de la France en Syrie. Un des participants, Gérard Chaliand, directeur du centre européen d’Études des Conflits et spécialisé dans les questions de terrorisme et de guérillas, répond alors en substance qu’une intervention serait hautement contre-productive, et que le renversement de Bachar donnerait lieu à des vengeances d’un haut degré de férocité de la part des rebelles ? Yves Calvi interpelle alors Chaliand sur les « enfants torturés » et lui demande si l’on doit rester sans rien faire par rapport à pareilles horreurs. Et là Gérard Chaliand, sans se démonter, dit que les pleurs humanitaires ne sont en l’espèce que la couverture de desseins beaucoup plus politiques : il évoque le rôle des États-Unis, d’Israêl et des pétro-monarchies sunnites décidées à frapper l’ennemi iranien à travers la Syrie. Et il fait remarquer les dizaines de milliers de victimes civiles du conflit à Ceylan, les trois millions de morts de la guerre civile du Congo et tous ceux d’un certain nombre d’autres conflits n’ont jamais empêché les Occidentaux de dormir, et que donc les campagnes médiatiques sont généralement le reflet de préoccupations beaucoup géopolitiques qu’humanitaires.

Pendant cette rapide mise au point, qui avait l’air d’ouvrir des horizons sidéraux à Calvi, Chaliand était appuyé par Jean-Dominique Merchet de journal Marianne, autre spécialiste reconnu des questions géostratégiques et militaires. En face, les représentants de la doxa anti-syrienne, Christophe Barbier de L’Express et d’I-Télé et, dans une moindre mesure, Grégory Pons de Valeurs Actuelles, n’avaient tout d’un coup plus grand chose à dire.

Il ne faut pas s’exagérer la portée de quatre ou cinq minutes de vérité dans une des émissions du vaste P.A.F. Mais cependant, de tels points de vue hétérodoxes, donnés par des spécialistes agréés par le Système et bénéficiant d’ailleurs d’une crédibilité et d’une expertise dans leur domaine, ne peuvent passer inaperçue de dizaines de milliers de téléspectateurs. Ceux de l’émission d’Yves Calvi ont appris ce 14 juin, s’ils ne s’en doutaient déjà, que la violence en Syrie n’est pas le monopole de Bachar et de son armée, que ses opposants sont des persécuteurs en puissance et que les dirigeants occidentaux sont des Tartuffe – ce dernier point étant plus, pour l’immense majorité de l’opinion française, une confirmation d’avantage qu’une révélation.

* * *

Dans les commentaires sous l’article original ce commentaire de “papyelian”:

— “Deux séjours en Syrie en 2011,un autre du 19/05/2012 au 12/06/2012 (Alep,Damas).
J’ai pris des notes de témoignages et du vécu de la population ainsi que nos observations.
En résumé, bandes armées qui s’apparentent à la mafia à Alep, avec demandes de rançons et kidnapping (quotidien )
Bus arrêtés sur les routes par l’ASL ,et si un militaire est présent, il est abattu sur le champ.Le miliaire est une cible privilégiée ,même en pleine rue à n’importe quelle heure.Le tueur est grassement payé pour ce travail.
Magasins fermés sur ordre des rebelles sous peine de destruction(le samedi 2/06 par ex).
Des usines ont été brûlées , les jeunes ne trouvent pas de travail,si ce n’est celui du salaire de la peur en tant que garde du corps.Nous avons le témoignage de l’un d’eux.
Alep qui vivait la nuit est une ville morte à 22h30.

Attaques de pick up transportant du gaz , entraînant une pénurie et la flambée des prix (x par 7 pour le gaz )

Alep souffre mais soutient son président et vit comme une trahison la position de la France sur la Syrie.
L’embargo se fait aussi sur la santé ,preuve que la vie des syriens importe peu aux « amis de la Syrie « .Des médecins nous ont confié qu’ils n’avaient pas le nécessaire pour les chimios.

Une anecdote: un voleur est arrêté à Slemaniyé début mai, le lendemain Al Jezzira diffuse des images de heurts avec la police faisant passer le voleur pour un manifestant pacifique.

Dans les villages , la vie est calme et organisée ,moins de pénurie de gaz et mazout, les gens s’organisent pour se défendre de l’intrusion des rebelles.
Aucun alepin ne se rend avec sa voiture à Homs ou Damas, l’immatriculation du véhicule en fera une cible des bandes armées.

Pas de touristes, beaucoup d’hôtels ont fermé.C’est le marasme économique qui vient s’ajouter à la peur des bandes armées,des attentats , et de la mafia.

Damas reste égale à elle même,vie nocturne et diurne,même constat sur la position de la France .

Quelqu’un aurait-il des tuyaux pour faire paraître dans la presse un descriptif plus complet de la réalité en Syrie?
Je voudrais aussi dénoncer un scandale : un serveur de restaurant à Alep a obtenu un visa pour la France .Sa soeur , qui est en Turquie, a versé 7000 euro à une personne de l’ambassade de France en Turquie.Il m’est insupportable de penser que certains se font de l’argent sur la détresse d’autrui.
Merci” —

Nouvel Ordre Mondial: la mort par transgénisme, pas de la science-fiction mais une réalité quotidienne…

Posted in actualité, militantisme alternatif, OGM et nécro-agriculure, politique et lobbyisme with tags , , , , , , , on 16 juin 2012 by Résistance 71

Coupable: Un leader de la biotechnonologie Syngenta, officiellement accusé de cacher la mort d’animaux nourris avec son maïs génétiquement modifié

 

Anthony Gucciardi


Le 15 Juin 2012,

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/busted-biotech-leader-syngenta-charged-over-covering-up-animal-deaths-from-gm-corn/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

RELATED: Bilderberg’s Syngenta Settles After Contaminating U.S. Water Supply With Herbicide

Dans une victoire des plus poignante contre des créations génétiquement modifiées, une entreprise importante de biotechnologie connue sous le nom de Syngenta a été officiellement accusée d’avoir menti sur sa connaisance quant au fait que son maïs Bt génétiquement modifié tue le cheptel qu’il nourrit. Le plus fort est que non seulement la compagnie a nié ce fait, mais qu’elle l’a fait sous serment lors d’un procès attenté et qui s’est terminé en 2007. Les chefs d’accusation furent finalement édictés après une longue lutte légale qu’un fermier allemand, Gottfried Gloeckner, avait initié contre la méga-corporation; le bétail de production laitière de Mr Gloeckner étant décédé après avoir mangé la toxine Bt contenue dans le maïs et ayant succombé à une “maladie mystérieuse”.

Elevées dans sa propre ferme entre 1997 et 2002, les vaches laitières étaient exclusivement nourries avec le maïs Syngenta Bt 176 dès 2000. A cette époque, la mystérieuse maladie commença au sein du bétail. Syngenta paya Gloeckner 40 000 Euros dans un effort pour acheter son silence, quoi qu’il en soit, des poursuites judiciaires civiles furent lancées contre l’entreprise. De manière incroyable, 2 vaches mangèrent du maïs génétiquement modifié (maintenant interdit en Pologne à cause de sérieuses préoccupations pour la santé) et moururent. Pendant le procès. Syngenta refusa d’admettre que leur maïs GM était responsable des décès. De fait, la firme alla même jusqu’à prétendre n’avoir aucune connaissance de quelque nuisance possible que ce soit.

Le cas fut débouté et Gloeckner, le fermier qui lança la procédure, se retrouva avec des milliers d’euros de dette. Ce n’est pas tout: Gloeckner continua à perdre beaucoup de vaches à cause du maïs Bt de Syngenta. Après avoir arrêté d’utiliser le maïs transgénique en 2002, Gloeckner tenta un nouvelle enquête avec l’Institut Robert Koch et impliquant Syngenta. Les données et résultats de cette enquête ne sont toujours pas accessibles au public, et l’enquête n’examina qu’une seule vache. Néanmoins en 2009, Gloeckner fit équipe avec le groupe activiste allemand connu sous le nom de Bündnis Aktion Gen-Klage et amenèrent éventuellement Syngenta devant une cour compétente en matière criminelle.

Utilisant le témoignage d’un autre fermier dont les vaches périrent également après avoir mangé le maïs transgénique de Syngenta, Gloeckner et son équipe ont accusé le géant de la biotechnologie de la mort de 65 vaches laitières, d’avoir nié la connaissance entre la cause et l’effet, et de rendre la firme responsable de ne pas avoir enregistré les décès des animaux. L’équipe accuse même personnellement Hans Theo Jahmann, le patron de Syngenta Allemagne, de volontairement avoir dissimulé la connaissance des faits.

Les accusations mettent en lumière à quel point les entreprises de biotechnologie sont prêtes à aller pour cacher les preuves mettant en évidence la relation malsaine entre leurs produits génétiquement modifiés et le mal qu’ils peuvent provoquer. Monsanto par exemple, a même menacé l’état du Vermont aux Etats-Unis, d’une action judiciaire si l’état tentait d’étiquetter ses ingrédients génétiquement modifiés. Pourquoi ont-ils tant peur que les consommateurs sachent ce qu’ils leur mettent en bouche ?

Additional Sources:

Institute of Science in Society

Syngenta Charged for Covering up Livestock Deaths from GM Corn

Médias et propagande: Quand il convient de parler de crimes médiatiques…

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique française, presse et média, résistance politique with tags , , , , , , , , , , on 16 juin 2012 by Résistance 71

Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation

 

Par Guillaume de Rouville

 

Le 13 Juin 2012,

 

url de l’article original:

http://lidiotduvillage.org/2012/06/13/crimes-mediatiques-ou-les-consequences-meurtrieres-de-la-desinformation/

 

Depuis la chute du mur de Berlin, l’emprise des médias atlantistes sur les opinions publiques occidentales, au lieu de décliner en raison de la disparition de la menace communiste, s’est développée au point de supprimer quasiment toutes les voix dissidentes des canaux d’information non marginaux ou alternatifs. En France, pays un peu plus rétif que ses voisins à la mainmise atlantiste, ce travaille de nettoyage médiatique a été achevé par Nicolas Sarkozy avec l’aide de personnalités néoconservatrices comme Christine Ockrent ou Philippe Val (legs sur lequel le nouveau Président très atlantiste ne reviendra évidemment pas).

Il en résulte un unanimisme de l’information dont on pourrait s’accommoder en invoquant l’imperfection des Homo Sapiens s’il n’avait pour objectif principal de cacher des crimes de masses dont les élites dirigeantes des démocraties occidentales se rendent coupables avec une impunité déconcertante.

Les crimes médiatiques sont une composante à part entière des crimes politiques plus généraux qui ensanglantent la scène internationale où nos dirigeants déchaînent leur volonté de puissance. Sans une complicité active des médias atlantistes avec les élites occidentales les guerres en Irak et en Afghanistan, le dépeçage de la Libye et la descente aux enfers de la Syrie, n’auraient pas pu être réalisés aussi facilement.

Ainsi, il y a eu crime médiatique quand l’Otan a décidé d’attaquer l’Afghanistan dans la foulée des attentats du 11-Septembre parce que les médias ont refusé sciemment d’interroger les motivations de l’administration Bush dans cette guerre et de questionner la responsabilité directe des néoconservateurs dans ces attentats.

Il y a eu crime médiatique quand les États-Unis et leurs alliés ont envahi l’Irak en 2003 parce que les médias ont relayé volontairement de fausses informations sur la présence d’armes de destruction massive.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont inventé la fable du bombardement de Benghazi par Kadhafi pour envahir la Libye, quand ils ont laissé, sans broncher, les dirigeants occidentaux, avec la caution morale de quelques intellectuels atlantistes (dont J.B. Botul), donner le pouvoir à des milices wahhabites proches d’Al-Qaeda et créer une guerre civile afin d’accomplir des objectifs géostratégiques dont les peuples d’Occident et d’Orient ne verront jamais les bénéfices (moraux ou matériels).

Il y a crime médiatique quand les médias attribuent de manière opportune la paternité des massacres en Syrie (Houla) au clan au pouvoir pour faire tomber un régime qui ne répond plus à leurs objectifs dans la région ; il y a crime médiatique quand l’Occident peut, sans que les médias ne s’en émeuvent, armer des groupes terroristes, organiser des massacres de civils et apporter la guerre civile et religieuse dans un pays en paix.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont choisi de taire le soutien des États-Unis à un coup d’État au Honduras en 2009 et que ce silence couvre les cris des torturés et des suppliciés.

Il y a un crime médiatique quand les médias passent sous silence les implications pour les libertés fondamentales de la loi NDAA votée par l’administration Obama en décembre 2011 qui autorise les détentions arbitraires (des citoyens américains ou étrangers) comme au temps de l’absolutisme royal en France.

Il y a crime médiatique quand aucun grand média ne cherche à expliquer les raisons et les dessous de la guerre contre le terrorisme ni l’alliance des Occidentaux avec les défenseurs du terrorisme islamique (Arabie Saoudite et Qatar).

Il y a eu crime médiatique dans tous ces exemples parce que les médias mainstream ont délibérément choisi de se faire les porte-parole d’une élite à la quelle ils appartiennent ou à laquelle ils s’identifient, élite qui commet, de manière répétée, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité contraires aux valeurs des Lumières.

L’incompétence n’est pas une excuse suffisante pour écarter la responsabilité directe des médias dans les crimes que nous avons mentionnés (d’autant que les médias alternatifs ont offert ou offrent des analyses précises et pertinentes sur l’ensemble de ces événements). L’incompétence ne peut pas être, en effet, à ce point partagée, voire unanime, tandis que la soumission volontaire à la parole officielle peut l’être en raison du commun dénominateur qui caractérise l’ensemble des médias qui comptent pour forger l’opinion des bourgeois cultivés : l’idéologie atlantiste. En effet, sans une idéologie commune et puissante capable de souder ensemble les intelligences humaines les plus diverses, autant d’erreurs et d’approximations dans l’information ne pourraient pas être commises de manière répétée et à propos de la plupart des événements cruciaux.

Nul besoin ici de mentionner tous les crimes médiatiques commis par les médias atlantistes tant la liste est longue et presque sans fin. Nous voulions juste rappeler l’évidence suivante au moment où le traitement médiatique du drame syrien semble atteindre en Occident un degré d’abjection rarement égalé : la désinformation tue des innocents.

Aux citoyens de rendre leurs journalistes comptables de celle-ci lorsque cette désinformation est manifestement volontaire, à défaut d’en accepter la part d’ombre pour soi-même et de démobiliser sa conscience face à la brutalité du monde. Aux citoyens de s’organiser pour faire tomber les tyrannies médiatiques qui dominent les opinions publiques occidentales. Pour que cessent les crimes des mass media.