Résistance politique pour une société égalitaire: de l’origine de la richesse (P. Kropotkine)

L’anarchie dans l’évolution socialiste (extrait)

 

Pierre Kropotkine

 

Conférence à la salle Lévis, Paris, 1887

 

 

Citoyennes et citoyens ! Vous êtes-vous posé cette question : D’où vient la fortune des riches ? — est-ce de leur travail ? Ce serait une bien mauvaise plaisanterie que de le dire. Mettons que M. de Rothschild ait travaillé toute sa vie. Mais, vous aussi, chacun des travailleurs dans cette salle, a aussi travaillé. Pourquoi donc la fortune de Rothschild se chiffre-t-elle par des centaines de millions, et la vôtre par si peu de chose ?

La raison en est bien simple. C’est que vous vous êtes appliqués à produire vous-mêmes, tandis que M. Rothschild s’est appliqué à recueillir le fruit du travail des autres. Tout est là.

«Mais, comment se fait-il, me dira-t-on, qu’il se soit trouvé des millions d’hommes laissant les Rothschild accaparer le fruit de leurs travaux ?» — La réponse est simple : ils ne pouvaient pas faire autrement, puisqu’ils sont misérables !

En effet, imaginez une cité dont tous les habitants — à condition de produire des choses utiles pour tout le monde — trouvent le gîte, le vêtement, la nourriture et le travail assuré ; et supposez que dans cette cité débarque un Rothschild, porteur d’un baril d’or.

S’il dépense son or, le baril s’allègera rapidement. S’il l’enferme sous clef, il ne débordera pas, parce que l’or ne pousse pas comme les haricots, et, au bout d’une année, notre Rothschild ne retrouvera pas, dans son tiroir, 110 louis s’il n’y en a mis que cent. Et s’il monte une usine et propose aux habitants de la cité de travailler dans cette fabrique pour cinq francs par jour tandis qu’ils en produiront pour dix, on lui répondra : « Monsieur, chez nous vous ne trouverez personne qui veuille travailler à ces conditions ! Allez ailleurs, cherchez une cité de misérables qui n’aient ni travail assuré, ni vêtement, ni pain, qui consentent à vous abandonner la part du lion dans les produits de leur travail, pourvu que vous leur donniez de quoi acheter du pain. Allez là où il y a des meurt-de-faim ! Là vous ferez fortune ! »

L’origine de la fortune des riches, c’est votre misère ! Point de misérables d’abord ! Alors, il n’y aura point de millionnaires !

 

 

24 Réponses vers “Résistance politique pour une société égalitaire: de l’origine de la richesse (P. Kropotkine)”

  1. La richesse des riches ne provient pas du vol. Sauf dans les cas de corruption des copains des hommes de l’Etat. La richesse des riches provient uniquement des échanges librement acceptés avec d’autres.

    Chaque échange volontaire crée de la richesse pour le vendeur et de la richesse pour l’acheteur. Sinon, l’un des deux refuserait. Cette logique de l’action humaine est l’explication de la quasi-totalité de la création des richesses dans le monde.

  2. Véritéoblige Says:

    @gidmoz

    théorie bien spéciale que la tienne.
    J’imagine que l’exploitation de l’homme par l’homme ne te dit rien?Tu dois vivre au pays des bisounours!

  3. @Véritéoblige
    Mon boulanger me vend un pain pour un euro. cela signifie que, pour lui, ce pain vaut moins que un euro. Sinon, il préférerait son pain plutôt que un euro. Et cela signifie aussi que, pour moi, ce pain vaut plus que un euro. Sinon, je refuserai d’acheter et conserverai un euro au fond de ma poche.

    En achetant ce pain à mon boulanger, mon boulanger s’est enrichit. Et je me suis enrichi. Sinon l’un de nous deux aurait refusé.

    Ainsi, chaque échange volontaire, accepté, crée de la richesse pour le vendeur et crée de la richesse pour l’acheteur.

    Vous me parlez de l’exploitation. Le vendeur ne force pas l’acheteur. L’acheteur ne force pas le vendeur. Cet échange de pain ou de travail est donc à l’avantage du vendeur et à l’avantage de l’acheteur.

    Ainsi, le salarié y gagne à travailler. Et son employeur y gagne aussi à embaucher ce salarié. Tous deux y gagnent.

    • Les dés sont pipés dès le départ, parce qu’aucun des deux ne devraient être dans cette « relation » illusoire d’achat-vente. Le concept est aliénant. Vos deux protagonistes n’ont pas le choix, ils ne sont pas libres, ils sont contrôlés par des « forces de marchés » induites, oppressives et criminelles à échéance.

  4. @Résistance71
    Au contraire, le pêcheur vend ses poissons à l’agriculteur pour avoir du blé. L’éleveur vend du bétail pour voir du pain et du poisson. La monnaie est des sacs de sel, par exemple. Ce sacs de sel sont des « biens intermédiaires » des échanges.

    Grace aux échanges, le pêcheur mange du pain et de la viande. ce sont des échanges qui ne sont jamais gratuits. On veut échanger mais pour obtenir le plus possible. Le vendeur vend au meilleur prix. L’acheteur préfère acheter au prix le plus bas. Ce sont des lois humaines. Nous sommes tous comme ça.

    • Non.. C’est induit, l’économie est induite par l’humain, n’existe aucunement dans la nature. C’est une invention humaine de contrôle et de destruction. En cela l’économie ne peut en aucun cas être une « science ». C’est un tissu de fadaises induites qui n’a aucun lieu d’être.

      L’argent comme l’état n’a absolument aucune raison d’être… sauf pour une oligarchie manipulatrice qui a pipée les dés depuis le départ.

      L’état, le capital, l’économie… ne sont que des superstitions obsolètes.

      La véritable révolution sociale passe par le droit au bien-être. Le « droit au travail » sous sa forme de pression sociale pseudo-inéluctable n’est que commercialisme patenté. Il faut nous réapproprier le patrimoine de l’humanité pour le bien commun et stopper les accapareurs qui enchaînent la société à l’archaïsme béat.

    • Rien n’a vraiment changé d’avec le système féodal, de fait le capitalisme se dirige vers une phase néo-féodale post-industrielle. Comme tout devient propriété privée, les nantis se gavent toujours plus et les esclaves du salariat doivent accepter ou mourir de faim. L’entreprise économique n’a absolument aucun souci du bien-être commun, droit naturel de tous… L’entreprise et le tissu systémique qu’elle a créé ne s’intéresse qu’au profit du spéculateur dans le dogme à peine masqué (de moins en moins en tout cas) du capitalisme monopoliste.

      La phase ultime du capitalisme est la fusion de l’état et de la grosse entreprise industrielle et financière monopoliste en un état supranational fasciste (par la définition même du fascisme donnée par Mussolini). C’est ce que la pourriture oligarchique aux commandes nomme la « gouvernance mondiale » ou le « Nouvel Ordre Mondial », la phase ultime du capitalisme dans sa métamorphose la plus hideuse.

      Il est du devoir de tout citoyen du monde de lutter et de vaincre l’hydre avant qu’elle ne prenne forme définitive. Tel est le combat, il n’y en a pas d’autre ! et il est bien au-delà des leurres des paradigmes politiques et religieux induits pour nous diviser.

      Le capitalisme hégémonique et eugéniste n’a qu’une peur: l’union des peuples au-delà des clivages bidons.
      Le jour ou tous nous nous tiendront debout, solidaires et décidés face aux diktats capitaliste, ce sera l’arrêt de mort du système oligarchique, la perte des privilèges et l’avènement d’une société socialement émancipée, égalitaire, seule condition de la liberté individuelle et collective.

  5. @Résistance71
    Je ne vous parle ni de politique, ni d’économie. Je vous parle de ce qui se passe dans un village. Chacun échange ce qu’il produit avec son voisin. Car son voisin produit autre chose utile. L’un est cordonnier, ou boulanger, ou boucher, ou agriculteur, ou éleveur. Il faut bien échanger avec les autre pour avoir des chaussures, du pain, de la viande, du poisson. Souvent dans les pauvres villages français, le bol de blé était la monnaie pour échanger les biens entre villageois.

    • Oui c’est le stade de la « société des métiers complémentaires »… Il faut aller au delà et voir le fond réel de la problématique.

      • @Résistance71
        Il ne s’agit ni de métier, ni de société, ni de société de métier. Il s’agit que le boulanger échange un pain contre un rôti du boucher. Ou alors le boucher vend un rôti au couvreur. Et le boulanger vend un pain au boucher. Ils échangent des bols de blés en guise de monnaie.

        J’ai le sentiment que vous condamnez ces échanges simples, humains, naturels. Je me trompe?

          • @Résistance71
            Merci de me rassurer sur ce point. Tant mieux.

            Ainsi chaque échange est avantageux pour chaque co-échangeur. Sinon, l’un refuserait. Le boulanger trouve un avantage à acheter le rôti du boucher. Chacun échange pour la seule raison qu’il trouve un avantage à échanger. Cet avantage obtenu par l’échange est une richesse créée, acquise par chaque co-échangeur.

            L’échange crée de la richesse pour le vendeur et crée de la richesse pour l’acheteur. L’échange a ainsi créé deux richesses. L’échange a réparti la richesse totale ainsi créée entre le vendeur et l’acheteur.

            La micro-économie étudie, entre autres, la répartition exacte de la richesse créée entre l’acheteur et le vendeur. Cette répartition dépend de la courbe de l’offre et de la courbe de la demande.

    • Sauf que le marché ( les banques, sociétés d’assurance, fonds d’investissement ) ont tout destabilisé. la création de l’hypermarché détenu par les actionnaires, car lorsque Carrefour ou les autres. Lorsque Carrefour fait une compression de personnel et demande à ses franchisés qu’il exploite le m^me remède, ce sont les actionnaires qui réclament un retour sur investissement y compris dans les grosses entreprises du CAC 40 dont les dirigeants réclament aujourd’hui que le pods des actionnaires diminue face au Conseil d’administration.

      Ces mastodontes par le monopole qu’ils ont avec les Centrales d’achat, outil aux mains des actionnaires et les semenciers de même. Tous ces gens sont liés par les mêmes intérêts et la classe politique est devenue leur serviteur.

      Et en détruisant l’emploi, les villages eux-mêmes ne peuvent se reconstruire, car c’est le lieu idéal où une forme d’autogestion pourrait naitre, mais voisinent maintenant des gens aux intérêts trop divers.

      • @emma b.
        Mon propos ne visait à reconstruire un tel village pauvre du moyen-age. Je montre seulement que l’échange entre deux individus est toujours avantageux pour l’un et avantageux pour l’autre. A condition, bien sûr, que l’un n’exerce aucune contrainte sur l’autre. Si cet échange n’était avantageux pour l’un des deux, il renoncerait à cet échange.

  6. N’oubliez pas que les villages au sens où ils existaient il y a 50 ans n’existent plus.

    il ya dans le village, une population très hétéroclite, d’employés ou d’ouvriers qui travaillent dans la commune voisine, des retraités d’une agriculture qui a disparu, des agriculteurs qui pratiquent la monoculture ou tirent leurs revenus d’un ou 2 produits mais, tournesol ou de l’élevage en batterie, , de l’agriculteur qui fait un peu de maraichage et survit de celui qui est ratraité de la fonction publique revenu vivre dans son village et de l’anglais qui est venu ou d’un autre venu rénover une habitation historique ou qui se construit une habitation bourgeoise avec parc et piscine et la coiffeuse qui a sa boutique en ville.

    Dobnc des gens avec des intérêts divers et des moyens d’existence plus importants et croyez-mo, tout ce monde va au supermarché, même si c’est plus couteux et s’ils pourraient s’autonomiser sur les produits alimentaires.

  7. La pauvreté qui s’étend va donner un coup d’arrêt à cette évolution, puisque les supermarchés auraient perdu 3 % de leur chiffre d’affaires, mais cela va se faire très lentement et sous quelle forme ? Je l’ignore, car la société consumériste a tellement changé les individus, l’individualisme tue la société et les échanges deviennent difficiles.

    • @emma b.
      Chacun préfère son intérêt, et celui de sa famille, à celui du voisin. On l’aime bien. Mais chacun a son fric. On a travaillé pour le gagner. On a le droit de le consacrer au but qu’on s’est choisit dans sa vie. Sa famille ou toute autre valeur légitime. Ce n’est pas de l’individualisme. Ce n’est pas de l’égoïsme. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

  8. L’échange sur trois fois rien ne changera pas la société et c’est bien ce que je souligne mais on pourrait reconstruire quelque chose de viable, à partir des villages où vous pouvez organiser votre autonomie, à partir de la nourriture, ce qui constitue dans un budget une part très importante du budget, légumes, fruits, viande et l’étendre à toutes sortes de dépenses fleurs et arbres d’ornement, une autogestion modulable selon le projet de chacun de renouer plus ou moins avec l’autre, le voisin d’autant plus que dans le village circule amis, parents et il pourrait se reconstruire un circuit pour de toutes sortes de denrées, patisseries limitées au départ aux patisseries des dates festives et chacun selon le voeu de chacun de participer à ce qui est collectif.
    Dans les villages, il y a des forêts et des ruisseaux er parfois un fleuve donc l’aquaculture et le bois de chauffe. De même l’échange de livres ou la récupération de livres dans les brocantes pour les mettre au service de tous etc c’est indéfini et viable.

    • @emma b.
      Au contraire, chaque échange est sur « trois fois rien ». Chaque échange est entre deux individus. Et ces deux individus sont toujours satisfaits d’échanger. Et leur échange ne nuit à personne.

      Il n’est pas nécessaire, amha, d’imaginer une « organisation sociale » pour tout fonctionne bien. Chaque échange ne concerne que deux individus seulement.

  9. freeasabird Says:

    Dans l’échange équilibré il y a partage des « richesses » (ici entendu comme fruits du travail). : le boulanger et le maçon échangent leur savoir faire en sorte que chacun ait un toit et du pain à sa table .
    Mais ce que nous entendons habituellement par riche sous-entend une autre acception de la notion de richesse : déséquilibre de l’échange qui permet à l’un de s’attribuer plus de fruits du travail qu’un autre .
    Le riche est celui qui possède plus de biens .
    A cet état de fait s’ajoute la machine capitaliste : celui qui possède plus de biens qu’il n’en utlise (du capital) prête à intérêts . Dès lors il acquiert encore plus de biens . Le déséquilibre s’accroît de manière exponentielle jusqu’à ce qu’il devienne un pouvoir « formidable » de truster tous les biens pour être enfin le « Maître du monde » .
    Et là en général, la partie est finie .

    • @freeasabird
      Le boulanger et le maçon se vendent leurs produits et services. Il ne se vendent pas leurs « savoir-faire », mais seulement leur production. C’est très différent.

      Mais le boulanger établit son prix de vente sans se préoccuper de la vie privée du maçon. Si son prix est trop haut, il vendra trop peu de pain et gagnera moins d’argent. Si son prix est trop bas, il ne pourra pas produire autant de pain que ses clients le lui demandent. Et certains de ses clients repartiront sans avoir eu leur pain et seront mécontents. Donc le boulanger trouve un prix du pain qui correspond à sa journée normale de travail et qui optimise son gain chaque jour.

      Le prix du pain dépend ainsi de l’offre du boulanger et de la demande des clients.

      • freeasabird Says:

        bien sûr que la concurrence fait baisser la valeur des biens à un certain moment . C’est pourquoi nous achetions à des prix dérisoires des produits extrêmement manufacturés, et cela sous-entendait alors une exploitation accrue du travailleur .

        L’étape finale du capital c’est le monopole sur certains produits : là les prix flambent et l’exploité n’a plus acces au produit .
        Il suffit de se demander si l’ouvrière chinoise qui a fait le jean du boulanger français peut acheter le pain de celui-ci .

        Mais la question de l’enrichissement est dans l’exploitation du travail d’autrui, pas dans l’échange, même si l’échange au final contribue à accentuer le déséquilibre dès lors qu’on arrive à des spéculations sur les denrées en même temps que le travail, lui, est totalement sous-évalué …

        Tout cela, c’est complètement has been . Si nous acceptions de repenser notre société de manière globale, la gratuité ne nous ferait pas peur . La gratuité répondra aux besoins, tous les besoins, et rien que les besoins . Le travail se paye de lui-même par la fierté . Un mot que l’on n’entend plus que de manière négative . Pourtant, on sait encore dire à quelqu’un qui se fourvoie : « t’as pas de figure ! » . Le travail est une grande partie de notre « figure » , c’est tout, on n’a pas besoin de menacer de faim et de mort l’humain pour qu’il produise . Il est naturellement producteur . Chacun à son rythme, et à sa manière . Tout le malheur vient de ce que tout le monde a peur de travailler plus qu’un autre . qu’il se lâche, qu’il se fasse plaisir ! qu’il cesse de surveiller son voisin ! qu’il cultive les vertus comme sa plus belle rétribution . Elles sont tout ce qui passe à travers les eaux du léthé .

        • @freeasabird
          Les boulangers de mon quartier sont en concurrence. Et pourtant, ils vivent très bien. La concurrence me permet d’avoir des prix raisonnables. Et la concurrence n’interdit pas aux commerçants d’avoir une bonne rémunération. La concurrence garantit le juste prix. Juste pour le client. Et Juste pour le commerçant.

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