Illusion démocratique: sachons gérer et organiser la répartition

L’organisation de la répartition

 

Alternative Libertaire & Fédération Anarchiste

 

Le lien entre le travail et la consommation

 

Nous pensons que le fait de devoir travailler pour pouvoir consommer est quelque chose qui va de soi. Si dans la société actuelle toutes les variantes de refus du travail (absentéisme ou chômage volontaire…) sont totalement légitimes, comme manifestation d’une résistance à l’exploitation, nous

réaffirmons, une fois de plus, que nous ne sommes “contre le travail” mais contre la façon dont il est organisé par les capitalistes.

Nous en parlions dans le paragraphe sur la responsabilité et la motivation: dans une société où nous aurions la liberté de maîtriser notre travail, de le faire pour nous autant que pour les autres, il serait bien étonnant que la “fainéantise” prenne une ampleur telle que l’on aurait à s’en protéger.

Pourtant, il nous faut bien envisager des cas de ce genre. Imaginons qu’au sein de notre commune, l’un d’entre nous refuse de s’investir dans quoi que ce soit, ou qu’il s’inscrive dans un collectif de travailleurs et qu’il manque régulièrement à son poste, ou qu’il passe ses journées de travail en se fichant de la bonne marche du collectif. Et bien, après avoir tout tenté pour comprendre ce qui ne va pas, pour lui proposer d’autres arrangements, et si ces tentatives s’avèrent infructueuses, il devra assumer sa “mauvaise volonté”. Nous lui dirons d’aller chercher une autre commune, un autre collectif de travail qui l’accepte!Enfin si des groupes d’individus ne veulent pas travailler dans le cadre des fédérations de la société anarchiste, parce qu’ils refuseraient, par exemple, “l’industrialisation ” (à l’instar de certains écologistes d’aujourd’hui), ils seront bien évidemment libres de vivre comme ils le souhaitent. S’ils veulent se regrouper pour vivre en communauté autonome, pourquoi pas! S’ils veulent vivre en autarcie dans la misère matérielle, en se privant de ce qu’apporte le progrès technologique, cela est leur affaire et ne regarde qu’eux.

La régulation de la consommation

 

On nous a posé la question des dizaines de fois: en l’absence de monnaie, et si les individus ne sont plus tenus de gérer un budget, comment éviter que les produits les plus rares, les plus beaux, les plus récents, soient pris d’assaut? Si, dans un dépôt, on met en “libre service” tous les disques lasers du stock, il se pourrait effectivement que les premiers ne laissent rien pour les autres! (bien qu’une société libertaire, engageant à la responsabilité, nous inciterait sans doute à adopter des comportements radicalement différents). Les fédérations de consommateurs peuvent facilement trouver des méthodes pour “réguler” l’accès des produits à leurs adhérents. Les systèmes du prêt et de la commande n’existent-ils pas déjà dans notre société? Rien n’empêcherait de les généraliser. Toutes les nouveautés (en matériels audiovisuels, informatiques…) pourraient, dans un premier temps, être mises en prêt, afin de pouvoir servir successivement à de nombreux individus, dans l’attente de leur fabrication en grande série. Toutes les demandes particulières de produits plus ou moins spécifiques, pourraient donner lieu à des réservations. Pour ce qui est de l’alimentation, il ne serait guère difficile de prévoir une distribution mesurée et surveillée des denrées rares. Les fédérations de consommateurs chargeraient les travailleurs des dépôts de veiller à ce que personne ne fasse d’abus: si tel ou tel individu se sert chaque fois avec les meilleurs produits, le rôle des “permanents” serait de lui opposer un refus et de discuter avec lui,quitte à poser le problème lors d’une assemblée générale de l’organisme si la situation devenait conflictuelle. Mais en arriver à de telles “extrémités” serait certainement très rare.

Le logement pose sans doute des problèmes plus complexes. Deux questions doivent être soulevées: celle de la propriété et celle de la répartition proprement dite. Hostile à la propriété privée des moyens de production, nous sommes pour la propriété d’usage. Cela veut dire qu’un individu est considéré propriétaire de biens lorsqu’il les utilise pour lui-même. Ainsi, son logement devient une propriété inaliénable. Tant qu’il y habite, personne ne peut le lui reprendre sans son consentement et pour quelque motif que ce soit. Le principe de l’accumulation du patrimoine par l’héritage disparaît. Par contre, il resterait toujours la possibilité de laisser, de son vivant, un logement aux personnes de son choix, à condition qu’elles y emménagent.

Ensuite, l’œuvre constructive de la révolution sera jugée sur la capacité à fournir à chaque individu, à chaque famille, un logement disposant de tout le confort techniquement possible. Dans les zones urbaines, on devra repenser entièrement l’occupation des sols. Les quartiers résidentiels et les cités HLM, manifestation criante de l’injustice sociale, devront matériellement disparaître pour reconstruire des habitations, collectives ou individuelles, dans un souci constant d’égalité. Ce qui n’exclurait pas, au contraire, des plans “d’urbanisme” diversifiés et originaux, ayant fait l’objet de débats publics au sein des Communes. Mais, nous direz-vous, comment les Communes vont-elles gérer la répartition des résidences individuelles et des appartements en habitation collective? Une fois de plus, il nous faut prendre les choses dans l’ordre: c’est la demande qui doit commander la production. Supposons un cas de figure: si l’ensemble de la population exprime le souhait d’un lotissement individuel, et bien l’idée de l’habitat collectif n’aura plus qu’à être purement et simplement abandonnée! Tout dépendra des besoins et des envies exprimées par les habitants, et, durant la période où se mettra en place cette transformation, les Communes répartiront provisoirement, par la négociation, le parc de logements disponibles. Quant aux résidences les plus luxueuses, les Communes pourraient décider de les socialiser et de les transformer en résidences de villégiature, de santé, en lieux de vie etc. Toutes les solutions sont une fois de plus imaginables.

 L’éducation libertaire

 

En parlant de l’éducation après la production et la répartition, nous ne voudrions pas laisser croire que nous la considérons moins importante. L’éducation a continuellement suscité un très fort intérêt de la part des anarchistes, conscients que la personnalité de l’individu, sa psychologie et son sens éthique commencent à se modeler dans les premières années de sa vie.

Nous définirons l’éducation libertaire en quelques grands points.

Inscrite dans l’égalité d’une société sans classes, l’éducation doit être organisée pour donner à chacun les mêmes possibilités d’accès au savoir et ce dans tous les domaines. Dans le cadre du refus de la division du travail “manuel / intellectuel”, nous devons être sensibilisés et incités très tôt à toutes les formes d’activités sociales et économiques, des plus simples aux plus complexes. L’éducation libertaire rejette l’endoctrinement. Ce n’est pas en assenant un discours “anarchiste” à des “élèves”, autrement dit en employant des méthodes contraires à nos fins, que les enfants et les adolescents apprendront à penser librement. Le système éducatif d’une société anarchiste leur donnera les moyens intellectuels de leur autonomie en développant au maximum leur sens critique.

Il en découle que l’école libertaire sera publique et laïque. Non pas une laïcité d’État mais une laïcité garantissant une liberté d’initiative tous azimuts. Si l’éducation ne peut être laissée à des religieux ou à des sectes, l’école doit être un espace où l’on étudie et où l’on débat de toutes les questions, où l’on apprend à réfléchir et à argumenter, à construire ses idées personnelles. S’il ne sera pas permis à des professeurs “d’enseigner une religion” (ou “d’enseigner” le fascisme!), les programmes seront conçus pour passer au crible les discours théologiques et idéologiques afin de comprendre leurs tenants et leurs aboutissants. Un débat ouvert sur la société intègre forcément l’intégralité des interrogations philosophiques, scientifiques et politiques.

L’accès au savoir ne doit pas être limité à une tranche d’âge: tout adulte doit pouvoir choisir des temps d’études, la durée de ces périodes étant fixée par les Fédérations de l’Education (en fonction de leurs moyens).

L’organisation des systèmes éducatifs doit associer les travailleurs de l’éducation, les jeunes et, dans une certaine mesure, les parents. Bien entendu nous ne pouvons présager ici de ce que seraient les relations parents-enfants dans une société libertaire. L’émancipation des jeunes des tutelles parentales impliquerait qu’ils assument le plus tôt possible leur indépendance. Selon nous, la socialisation des individus ne passe pas forcément par la famille, même “non-autoritaire”. Si tout enfant a besoin de repères, de “référents”, l’instauration d’une société libertaire oblige à une réflexion nouvelle sur “l’autorité parentale”.

 L’information

L’information, dans une société autogestionnaire, aurait une importance capitale. Être informé est la première condition pour que les populations opèrent des choix politiques en toute connaissance de cause. Aujourd’hui, les médias nous abreuvent de faits d’actualité, mais les informations sur la gestion des entreprises ne sont pas accessibles. Les comptabilités publiques sont, de par leur complexité, inutilisables par le commun des mortels! Le système de dominance actuel a d’ailleurs intérêt à augmenter cette complexité pour justifier l’existence d’une élite qui, elle, “sait” (ou feint de “savoir ?) ce qui se cache derrière les multiples graphiques et équations économiques! Il nous faut distinguer deux types d’informations: les informations de caractère “professionnel” et celles relatives aux actualités politiques, culturelles, etc.

Les Fédérations informeraient leurs adhérents et la population du bilan de leurs activités. Elles rendraient compte de leurs problèmes, des différentes innovations technologiques, des nouveaux investissements envisagés (en moyens techniques et humains) ou des relations qu’elles entretiennent. Elles présenteraient aux consommateurs les produits fabriqués, leur mode de diffusion, leur qualité etc. (ce qui remplacerait la publicité marchande qui désinforme le public plus qu’elle ne l’informe).

Les médias de l’audiovisuel, de la radio et de la presse écrite, seront l’œuvre de communes, de régions, de regroupements particuliers, selon toutes les affinités possibles. Étant donné l’absence de monnaie, les médias de la presse écrite ne pourront pas vendre leurs publications Ces dernières seront forcément gratuites. “Mais alors, nous demanderez-vous, s’il n’y a plus la sanction du marché, comment seront déterminées les quantités de tirages ?”. C’est une nouvelle fois, la demande exprimée par les individus (et retransmise par les Communes) ou les statistiques sur l’écoulement des titres dans les dépôts de distribution, qui fourniront les indications nécessaires aux organismes éditeurs. Ils auront pour mission d’imprimer un ensemble de titres, dans les proportions définies par les Communes. S’ils ne peuvent publier tous les titres, ils s’engageront à fournir les matériels et les matières premières pour que les associations aient les moyens de s’auto éditer (la répartition des moyens techniques sera évidemment faite dans la mesure des possibilités, des stocks de papier disponibles…). En fin de compte, la seule limite à l’édition sera “physique”: les quantités de papier et la capacité productive des imprimeries. Et les petites associations y trouveront un immense avantage car elles ne seront plus handicapées par le sacro-saint “seuil d’autofinancement”. Dans l’audiovisuel, le but sera aussi de garantir une “production” grandement diversifiée. Cela n’exclut pas l’existence de grandes “chaînes”, organisées comme les autres structures sociales sur la base de l’autogestion, avec une part des émissions conçues et animées par des professionnels. En effet, les métiers de l’animation et du journalisme ne s’improvisent pas, du moins si l’on veut conserver une certaine exigence de qualité. Comme dans la presse, les fédérations des métiers de l’audiovisuel mettront les moyens adéquats à disposition de groupements associatifs.

La gestion des conflits

 

La société libertaire ne serait pas une société “idéale”, sans conflits, et ces conflits n’auraient pas tous la même envergure et la même gravité. Les conflits au sein d’un collectif de travail ou d’une fédération ne posent pas de problèmes particuliers: c’est aux travailleurs de ces collectifs d’établir leurs règles de fonctionnement. Le contrat, en cas de non-respect des clauses, peut être rompu. Libre alors à chaque individu et groupe d’individus de se positionner dans d’autres collectifs de travail si des problèmes “d’incompatibilités d’humeurs” s’avèrent insolubles. Les divergences entre deux fédérations (sur un plan de travail, sur des livraisons, sur une occupation des sols…) peuvent être réglées par la négociation. Au besoin, les deux fédérations en appelleraient à une commission inter-fédérale de conciliation.

La démocratie directe par la voie du suffrage peut se pratiquer tant que les enjeux liés à des choix de gestion ne suscitent pas d’opposition politique réelle et tant que l’unanimité n’est pas nécessaire à la cohésion sociale. Il n’y aurait pas de quoi épiloguer des mois pour décider si telle rue va devenir piétonne, si un quartier doit être rénové ou si l’on doit, dans l’unité de production où l’on travaille, réorganiser des postes! De la même façon, l’absence d’unanimité entre des fédérations régionales ne doit pas bloquer pendant des années la construction d’un axe routier… Après une information et un débat ces questions peuvent donc être tranchées par un vote des mandatés fédéraux ou par référendum.

De plus, les procédés de vote pourraient varier selon l’importance relative des problèmes. Pour les décisions de moindre importance, la majorité simple suffirait. Dans d’autres cas (par exemple: le déplacement d’un site d’une unité de production entraînant une réorganisation de l’activité professionnelle pour les travailleurs de ce site) on pourrait appliquer la majorité des trois quarts ou des deux tiers; autant de modalités devant être définies par les Fédérations.

Des conflits plus sérieux, d’ordre politique, peuvent se poser. Ce serait le cas de divergences portant sur le choix de société. Prenons un cas de figure théorique: la question de la production et de la circulation automobile. Il serait bien évidemment de l’intérêt de tous de développer au maximum les transports collectifs, plus économiques en énergie et plus “intelligents” car plus “rationnels”. Toutefois, il n’est pas difficile d’imaginer des désaccords sur ce point. Certains seraient radicalement “contre l’automobile ”, au nom d’un “anti-productivisme” rétrograde, alors que d’autres seraient partisans de conserver une production importante de véhicules et de confortables infrastructures routières et surtout autoroutières. Comment régler la question lorsque qu’un blocage de ce type peut mener jusqu’à des affrontements? Et lorsqu’on voit la détermination d’une frange de nos “écolos” d’aujourd’hui, on ne peut douter que la question des autoroutes, qui pour nous ne justifierait au fond aucune “dramatisation”, sera prise très au sérieux! Il n’y a pas ici de “remèdes miracles”: que la majorité impose son choix à la minorité ou que cette dernière puisse opposer un droit de veto, dans les deux cas, une partie de la population se fait léser. La seule solution reste la recherche maximale du consensus: cela passe par une information complète des individus sur les sujets en question, des débats, une disposition des fédérations pour la diplomatie. On peut en effet penser qu’en y consacrant le temps qu’il faut une solution de compromis pourrait être trouvée.

Ceci dit n’oublions pas qu’aucun mode de prise de décision ne peut concilier des choix qui ne sont pas conciliables, et rendre inutile le militantisme d’opposition. L’important est que ces oppositions s’expriment par des arguments et non par la violence physique.

Nous aurions pu prendre des exemples plus sérieux: des collectivités religieuses pourraient revendiquer la mainmise sur l’éducation de leurs enfants. D’autres réactionnaires pourraient lutter en faveur d’un retour à “l’ordre ancien”, à l’autoritarisme, à l’économie marchande. Face à ces contestations, nous ne devrons employer ni la répression ni la censure; comme le système libertaire sera jugé sur pièces, il faudra faire en sorte qu’il fonctionne suffisamment bien pour couper ces mouvements de toutes bases sociales.

En tout état de cause, si le mode de règlement des conflits en société anarchiste ne peut être parfait, la plus magnifique des victoires serait d’en avoir fini avec la barbarie guerrière, avec ces gouvernements et machineries politico-militaires qui enrégimentent les foules dans de sinistres farces patriotiques et sanglantes; et c’est bien cette possibilité que nous offrirait une société débarrassée des États, où les différentes régions du monde seraient fédérées dans une union mondialiste et où le désarmement serait la règle.

Après ces conflits de nature “collective” , nous devons aborder ceux de type inter-individuel: les agressions, les vols, les crimes… Pour poser correctement le problème, nous savons que la “délinquance” est, dans sa quasi intégralité, le résultat d’une société inégalitaire et de l’oppression. Plus de 80% des individus emprisonnés le sont pour des raisons économiques: “voleurs”, “escrocs”, “dealers”. La monnaie n’est pas “la cause” du vol mais elle le facilite grandement, justement parce que l’argent n’a pas d’odeur. Sans la monnaie, nous pourrions déjà éviter toute incitation à la fraude, à l’escroquerie, au cambriolage. Sans la frustration économique générée par le modèle de la consommation de masse et la misère, on peut supposer, sans risquer d’être utopistes, que les actes d’agression et de vol pour ces motifs financiers ne se poseraient plus.

Par contre, aucune société, aussi juste et égalitaire soit-elle, ne pourra complètement éradiquer les agressions sexuelles ou les crimes passionnels. Si l’on ne peut penser qu’en société anarchiste, “tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes ”, on peut espérer réduire drastiquement le nombre des agressions et des crimes de ce genre. En effet les relations entre les individus ne sont pas indépendantes de l’organisation sociale. Quand sont affirmées, et pratiquées dans les faits, l’égalité et la liberté sociale, ces relations, basées aujourd’hui sur les modèles de domination, de possession et de jalousie, changeraient forcément de nature. Les mutations dans les rapports affectifs toucheraient d’abord la vieille institution de la “famille”: certains voudraient, dans ces années de “crises”, nous la présenter comme la cellule de base, le “cocon” premier; grâce auquel l’individu se construit! C’est pourtant l’inverse: la famille réduit le nombre des repères de l’individu, restreint son champ de socialisation, lui inculque finalement, dès le plus jeune âge, les notions d’obéissance et surtout d’exclusivité, c’est-à-dire de fidélité. Cette éducation se traduit ultérieurement par les sentiments de jalousie et de possession maladive. En provoquant une révolution culturelle, la révolution sociale modifierait profondément les “savoir-être”.

Cependant, face aux individus, même en nombre moindre, qui représenteraient toujours un danger pour autrui, comment devrait procéder la société anarchiste? Nous ne pouvons accepter ni la justice “spontanée” des foules, avec ses méthodes expéditives – le “lynchage” de l’accusé(e) – ni l’institution judiciaire, supposant un appareil de contrôle et une police. Nous pensons que l’organisation sociale fédérative doit dans ce cas aussi, se doter de structures “autogestionnaire ”: ce sera aux communes de mandater, non pas des “juges ” tout puissants, mais des commissions, chargées d’enquêter sur les faits, et, éventuellement, d’assurer un suivi social de tel ou tel individu reconnu “coupable”. C’est seulement si la personne n’est plus maître de ses actes que la Commune peut décider de la placer dans une structure de soins. L’essentiel étant pour ne pas reproduire les hôpitaux psychiatriques et les prisons de notre époque, de garantir un contrôle collectif et la totale transparence des procédures. Il n’y aurait donc plus de jugement définitif et chaque action de sanction (dont le nombre serait, rappelons-le, finalement extrêmement réduit) prendrait la forme d’un questionnement sur les causes de ces “déviances ”. Car la société libertaire ne saurait “juger” sans se remettre en cause: si un individu a été violent envers sa compagne ou son enfant, c’est qu’il subsiste une frustration et que les modèles de rapports affectifs entre les individus doivent être de nouveau l’objet d’un débat collectif.

 

20 Réponses to “Illusion démocratique: sachons gérer et organiser la répartition”

  1. Ok merci quand même,
    Je vais me démerder.

  2. shana230 Says:

    Le capitalisme a réussi une chose, et non des moindre :
    Détourner l’argent du travail vers les actionnaires.

    Sinon, il faut bien entendu une organisation mise en place pour la vie de tous les jours et bien entendu dans tous les domaines, ensuite, il suffit de la bonne volonté de chacun, et beaucoup de problèmes actuels disparaitront de la société actuelle.
    ça ne se fera pas du jour au lendemain, et avant que ce soit idyllique, il faudra un certain temps et un temps certain…
    Le plus difficile sera de faire comprendre que c’est possible ce type de vie, car les gens sont habitués dans leurs gênes à toujours obéir à quelqu’un…

    • Ce n’est pas génétique c’est pavlovien… la soumission est pavlovienne et non pas génétique. Complètemenmt artificiellement créer par les « ingénieurs sociaux » qui ont émergés des recherches payées par l’oligarchie afin de se préserver et de convaincre les peuples que la servitude est la norme, qu’il n’y a pas d’autre alternative comme disait la mère Thatcher en son temps…
      Il suffit de dire NON ! en masse pour que cette fumisterie s’arrête… Mais pour avoir du succès à établir un autre mode de société égalitaire, nous devons retrouver notre sens politique et social et œuvrer ENSEMBLE pour une société égalitaire, seule garantie de la liberté.

      Il n’y a pas de liberté possible sans égalité et non pas l’inverse. La devise de la révolution française a été mise à l’envers volontairement de façon à leurrer le peuple… avec succès depuis plus de 200 ans !

      Sans égalité sociale, pas de liberté possible, simple. Il faut arrêter de mettre la charrue avant les bœufs et corriger le tir. On nous a induit en erreur depuis le départ, mais rien n’est inéluctable, sauf la mort !

  3. Le libertarien est un anarchiste cohérent. Aussi bien en Droit, qu’en Science Politique, qu’en Science économique. Par exemple:

    Vous parlez de la répartition des richesses crées entre le salarié et l’employeur. Le salarié vend son service à son client. Cet échange crée de la richesse pour le salarié, c’est bien évident. Le travail acheté par le client enrichit aussi le client, c’est tout aussi évident.

    La répartition des richesses ainsi produites est convenu, a priori, entre le salarié et son client. Cette répartition convient au salarié et convient au client-employeur. Sinon, l’un des deux aurait refusé le contrat de travail.

    La question de la répartition de la richesse créée est entièrement résolue par chaque échange entre ces deux individus, par le contrat existant entre eux deux.

    • Non parce que la « proposition » de contrat de travail n’est pas juste et équitable, en effet le salarié n’a que sa force de travail à vendre, s’il avait un autre moyen de subsistance il refuserait le « contrat ». Aussi simple que cela, l’oligarchie laisse t’elle le choix ?.. Certainement pas et de surcroit elle abuse et profite d’une situation de déséquilibre dans « l’échange » depuis le départ de cette vaste fumisterie.

      La société contrôlée par les nantis depuis le départ (les dés sont bel et bien pipés) a préservé le privilège de se garder la part du lion dans la soi-disan « proposition de contrat » et ceux-ci se la refourguent de génération en génération par le système toujours oppresseur de « l’héritage » afin de faire tourner les « élites » auto-proclamées en circuit quasi fermé, seul moyen de préserver le système de servage par le salariat.

      Votre raisonnement ne fait que valider l’oppression qui s’exerce depuis des siècles sur les peuples, des roitelets aux monarques de « droit divin » en passant par les républiques aristocratiques devenues bananières.

      Faites vous semblant de ne par voir cela ou êtes-vous de bonne foi dans votre position oligarchique ?

      • @Resistance71
        Mon exemple d’un salarié et de son client employeur est général. Rien ne vous permet de dire, a priori, si c’est le client qui ne trouverait aucun autre salarié pour l’aider. Ou bien si c’est le salarié qui ne trouverait aucun autre employeur pour lui acheter son travail.

        Un ingénieur choisit son client-employeur. Un bon maçon est payé de l’or. C’est lui qui choisit son employeur. Rien ne vous permet d’affirmer que l’employeur serait, a priori, celui qui aurait le choix. Rien ne vous permet de dire, a priori, que le salarié ne disposerait d’aucun choix.

        Il existe des multitudes d’employeurs possibles pour chaque salarié en recherche. Le salarié choisit. De plus, le salarié peut accepter un job qui ne lui convient pas exactement. Puis il continue à rechercher un autre employeur qui lui conviendrait mieux.

        Prétendre que le choix du salarié n’existerait pas est contraire à la réalité. Dès lors le salarié ET l’employeur conviennent d’un contrat. Ils sont d’accord sur le contrat. Ni l’un ni l’autre n’est contraint par l’autre.

        • Vous parlez de cas particuliers… Il n’y a pas de choix dans l’aspect général.
          Où vous êtes capitaliste propriétairs et exploitez les gens qui ne possèdent rien ou vous êtes un travailleur qui n’a aucun choix si ce n’est de vendre sa force de travail pour subsister. c’est la seule différence avec l’esclavage: la pitance du salariat pour pouvoir subvenir à soi-même (plus ou moins), c’est l’invention capitaliste de la fin du XIXème sècle. Le capitaliste n’est plus responsable de son esclave, il s’en est déchargé socialement. S’il n’a plus droit de vie ou de mort physique (depuis peu..) il a droit de vie et de mort sociale…

          Il vous faut raisonner dans le général et non le particulier. Il y a toujours quelques exceptions, c’est une évidence.

  4. « La société contrôlée par les nantis depuis le départ (les dés sont bel et bien pipés) »

    Avant de parler de redistribution de richesses, il faudrait parler d’écoulement de ce que l’on produit, car même lorsque on est organisé en coopératives ou autres formes d’entreprises basées sur l’a solidarité ou l’autogestion, il faut trouver des acheteurs.

    Là est le problème, car lorsque l’acheteur est toujours celui qui est plus ou moins rattaché au marché et c’est déjà le cas dans commerce équitable, qui n’est souvent pas si équitable que cela.

    j’ai regardé une émission sur une coopérative au Pérou, pour un produit le chapeau, le panama où elle avait été fondé pour échapper aux intermédiaires qui écoulaient les chapeaux sur les marchés occidentaux, eh bien le résultat c’est évident que cette coopérative permettait à ces femmes de percevoir des salaires plus élévés mais qui permettaient tout juste de vivre cependant et où toute la famille parfois travaillait pour que les commandes soient assurées et c’est la directrice de cette coopérative qui était interrogée, et ses revenus lui permettait maintenant d’envoyer ses enfants à l’école mais pas d’envoyer ses enfants à l’université !

    Donc tant que l’écoulement des produits sera entre les mains des centrales d’achat comme chez nous et aux USA les produits bio sont entre les mains de 2 grands groupes pour l’essentiel de la production qui n’ont pas respecté les régles qui leur ont été imposé
    car il y a eu recemment une rupture d’approvisionnement et on en a parlé ou entre les mains d’un acheteur conventionnel comme au Pérou moins gourmand que les multinationales, le problème perdurera et c’est tout le problème des ONG qui se baladent dans les pays du Tiers Monde et qu’on nous montre à longueur d’antenne.

    Tant qu’ils ne maitriseront pas eux-mêmes l’écoulement des produits par des gens chez nous à leur service et soucieux de garantir des débouchés et non d’en profiter encore, même si ce n’est pas de l’esclavage, cela ne resemble pas pas à ce que l’on espérerait.

    • Absolument Emma..
      C’est pourquoi il est évident que le problème est la propriété privée ou d’état des moyens de production, de distribution et de services… Le problème est facile à résoudre, collectivement.
      Pour ce faire, il faut avoir une conscience sociale et la volonté individuelle et collective de « lâcher-prise » d’avec l’archaïsme ambiant…

      • @Resistance71
        Pourquoi l’Etat interdirait-il à un homme seul de produire des chapeaux? Pourquoi interdire à cet individu de donner un salaire à un ouvrier qui l’aide?
        Si l’Etat interdit aux individus de produire eux-mêmes, c’est un immense gaspillage de ressources humaines. C’est la pauvreté et la misère.

        • Parce que l’état est le garant des privilèges et maintient la suprématie du sérail.
          L’état est le garde-chiourme des vampires.

          • @résistance71
            Et si cet artisan travaille sans embaucher personne, l’Etat- lui donnera-t-il le droit de fabriquer et de vendre ses chapeaux? Ou bien, selon vous, doit-il rester chez lui à ne rien faire?

            • L’état lui dira de faire ce que l’oligarchie décidera à ce moment précis de l’histoire.
              Ce qu’il doit faire ?… se liguer avec les autres de sa « guilde », se fédérer avec les autres guildes et envoyer paître toute représentation des intérêts des contrôleurs en chef…

            • @Résistance71
              Cet artisan veut fabriquer un magnifique chapeau pour son voisin boulanger. Doit-il demander l’autorisation à l’État pour que ce chapelier échange du pain contre un chapeau avec son boulanger? Ne croyez-vous pas que c’est inutile de déranger toute cette oligarchie? Le boulanger et le chapelier sont satisfait de l’échange. Pourquoi, selon vous, l’État et l’oligarchie s’en mêlerait-il? Ne croyez-vous que ce serait beaucoup de temps perdu pour tout le monde?

            • L’état n’a aucun lieu d’être…

  5. shana23jfw Says:

    J’ai entendu ce matin dans l’émission de Sophie Davant, que des agriculteurs s’étaient réunis pour fonder un Supermarché d’agriculteurs.
    Je n’ai pas pu suivre ce qu’ils en disaient, mais ce serait déjà un bon début si les agriculteurs se regroupaient ainsi, à condition que l’idée ne soit pas à nouveau contournée, comme celles des coopératives qui au départ étaient justement faites pour aider les agriculteurs à vendre leurs marchandises sans perte et les clients afin de ne pas payer tous les intermédiaires…
    ça remonte à … je ne sais plus quelles années le début des coopératives… qui ont mal tourné et pour les agriculteurs et pour les clients !!!

  6. shana23jfw Says:

    à condition que l’idée ne soit pas à nouveau détournée et non contournée…
    Désolée !!!

  7. J’avais dit à @Résistance71
    « Cet artisan veut fabriquer un magnifique chapeau pour son voisin boulanger. Doit-il demander l’autorisation à l’État pour que ce chapelier échange du pain contre un chapeau avec son boulanger? Ne croyez-vous pas que c’est inutile de déranger toute cette oligarchie? Le boulanger et le chapelier sont satisfait de l’échange. Pourquoi, selon vous, l’État et l’oligarchie s’en mêlerait-il? Ne croyez-vous que ce serait beaucoup de temps perdu pour tout le monde? »

    Résistance71 m’a répondu: « L’état n’a aucun lieu d’être… ».

    Comment dois-je comprendre votre phrase « l’Etat n’a aucun lieu d’être… ». L’Etat n’a aucun justification a exister? Je suis libertarien « anarcap ». C’est donc ce que je pense. Je pense que l’Etat est purement destructeur et n’a aucune utilité. Mais je ne crois pas que vous le pensiez.

  8. Mais les SCOP dans l’environnement qui est le notre, même lorsqu’elles émergent ont le plus grand mal à s’imposer, parce ce que la Grande distribution et ses franchisés ( petits supermarchés ) avec ses centrales d’achats qui sont exploités et réduits au silence et les producteurs qui eux sont spoliés car rémunération trop faible dominent le marché.

    à lire, l’article paru aujourd’hui dans Le Monde sous le titre :

    « rue de la scop »

    La réalité d’une scop est extrêmement bien décrite.

    La solution est dans la disparition de ces mastodontes que sont les supermarchés et leur force de frappe « les franchisés » plus petits qui structurent tout le territoire.

    c’est tellement le cas que en Inde, où Carrefour et Wal Mart veulent s’introduire, et où ils ne sont autorisés que dans les grandes villes. mais comme ils acceptaient sous réserve de venir avec leurs franchisés, qui mailleraient leur territoire et on leur a opposé un refus catégorique pour les franchisés, ils ont donc ajournés leur implantation.

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