Archive pour novembre, 2011

Préparation de la 3ème guerre mondiale: le plan de destruction de l’Iran va bien au delà des installations nucléaires…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 19 novembre 2011 by Résistance 71

Le plan d’Israël est de détruire les infrastructures civiles iraniennes

 

par Kurt Nimmo


Le 18 Novembre 2011,

Url de l’article original:

http://www.infowars.com/israels-plan-to-destroy-irans-civilian-infrastructure/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Israël ne désire pas seulement attaquer le programme nucléaire iranien naissant, mais aussi ses infrastructures civiles.

Eli Lake, écrivant pour The Daily Beast, cite des officiels du renseignement américain présents et passés qui disent que la liste des cibles d’Israël inclut le grille de distribution d’électricité de l’Iran, l’internet, le réseau de téléphonie portable et les fréquences d’urgence des pompiers et de la police.

Des officiels disent qu’Israél a développé une arme qui simule un signal de maintenance de téléphone portable et commande aux réseaux cellulaires d’entrer en “sommeil” et arrête les transmissions. Elle a aussi des brouilleurs électroniques qui peuvent interompre les fréquences d’urgence des premiers secours et de la police.

Les grilles civiles de distribution d’électricité irnaiennes sont connectées sur internet et sont donc vulnérable à une attaque cybernétique utilisant des virus informatiques tel que Stuxnet, une version sophistiquée de programme malicieux développé par les Etats-Unis et Israël. Un ancien membre du renseignement militaire états-uniens a aussi dit au Daily Beast que les Israéliens ont aussi la capacité de lancer une attaque DoS (Denial of Service) sur le système de commande et de contrôle de l’Iran qui est connecté sur internet.

Les Israéleins vont utiliser un drone connu sous le nom d’Eitan pour attaquer les infrastructures civiles iraniennes. Le drone Eitan peut rester en vol pendant 20 heures d’affilées et peut porter un cargo d’un tonne. Une autre version du drone peut néanmoins voler pendant 45 heures de rang, rapporte le Daily Beast. L’Eitan fait partie d’une unité spéciale de l’armée de l’air israélienne connue sous le nom de “Corbeaux du Ciel”, qui est spécialisée en guerre électronique.

L’existence d’un programme fait pour incapaciter l’infrastructure civile cruciale, non liée au programme nucléaire de l’Iran, révèle que le plan israélo-américain est de ramener le pays à l’âge de pierre de la même façon que cela fut infligé à l’Irak en 2003.

Avec l’invasion illégale de Bush en 1991, les civils irakiens et leurs infrastructures furent délibérément ciblés par l’armée américaine. Le bombardement sauvage eut “un impact apocalyptique” sur l’Irak et a transformé le pays en une nation de “l’âge pré-industriel”, alors qu’il était “jusqu’en janvier, une société plutôt urbanisée et mécanisée”, écrivit William Blum, citant des sources et observations des Nations-Unies.

“Les bombardements des villes irakiennes n’ont eu aucune utilité militaire, mais fut fait pour annihiler les infrastructures civiles. Des manœuvres en Caroline du Sud en Juillet 1990 avaient entraîné des pilotes à bombarder des cibles civiles et les déclarations du Pentagone à propos des plans de bombarder des cibles civiles en Août et en Septembre 1990 ont été des preuves que ces cibles avaient été désignées bien en avance de la date du 15 Janvier 1991”, écrit David Model dans son livre: “Mentir pour l’Empire ou comment commettre des crimes de guerre en regardant le monde droit dans les yeux”

“Des éléments critiques de l’infrastructure civile furent détruits incluant les systèmes de communication, les rafineries de pétrole, les générateurs et centrales électriques, les stations de traitement et de distribution des eaux, les barrages et les centres de transports”, continue Model. “Plus de 90% de la capacité électrique de l’Irak fut détruit dans les premiers jours des bombardements.”

Le réseau de distribution de l’eau potable fut particulièement visé et cela eut pour effet direct la mort de centaines de milliers d’enfants irakiens.  La capacité de l’Irak a produire de la nourriture fut aussi détruite par des attaques sur les centres agriculturels, les usines alimentaires, les dépôts ainsi que le système de distribution et d’approvisionnement. La moitié de la production agricole de l’Irak dépendait du système d’irrigation qui fut complètement détruit.

En plus des centaines d’hôpitaux, de centres de soins, de mosquées et d’écoles, le Pentagone de Bush bombarda les villes densément peuplées, tuant des milliers et des milliers de civils. Le trafic routier civil fut ciblé et des véhicules comme les autobus et les voitures particulières furent bombardés de manière répétitive.

Par suite de la destruction de l’Irak, l’ONU imposa des sanctions économiques draconiennes sur le pays qui résultèrent en la mort de plus d’un million de personnes, incluant 500 000 enfants. Quand ceci échoua pour déloger le dictateur Saddam Hussein (un ancien agent de la CIA), le fils de Bush lança une autre invasion sur le pays en 2003. Plus d’un million de personnes moururent dans cette seconde attaque.

Israël et les Etats-Unis planifient de faire la même chose avec l’Iran, en utilisant le programme nucléaire comme une excuse, de la même manière que les néo-conservateurs utilisèrent Saddam Hussein et ses soi-disant armes de destruction massive, comme excuse pour aplatir le pays.

Avant l’invasion de Bush senior, l’Irak était un pays industrialisé avec des infrastructures modernes, de l’eau et de l’électricité dans tout le pays. Après la première invasion et l’imposition de sanctions médiévales, le pays revint au niveau des états africains qui ont échoués.

L’Iran, malgré son programme nucléaire naissant, ne menace ni Israël, ni les Etats-Unis. Le problème d’après les banquiers internationaux et les mondialistes est que l’Iran n’est pas un état vassal qui se cantonne dans la pauvreté et la misère comme la plupart de ses voisins. L’Iran ne prend pas ses ordres à Wall Street et à la City de Londres.

Même le FMI a été obligé de noter que l’économie de l’Iran a augmenté de 3,2% cette année sur la force d’une plus grande production agricole et de prix pétroliers plus hauts. L’Iran n’est pas endetté auprès des banquiers et refuse d’acquiscer à la conduite hégémonique insatiable d’Israël; c’est pourquoi l’Iran doit être réduite en ruines.

Média et propagande: ingérence en Syrie, nouveau témoignage dénonçant la propagande impérialiste des va t’en guerre criminels occidentaux.

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 19 novembre 2011 by Résistance 71

Ce témoignage s’ajoute à celui de l’historien et économiste américain Webster G. Tarpley qui est en ce moment même également en Syrie, vraisemblablement dans la même délégation que Claude Beaulieu.

Interview de Tarpley qui corrobore tout à fait les dires ici exprimés (audio en anglais):

http://tarpley.net/2011/11/15/report-from-syria/

Halte à la propagande impérialiste belligérante et à l’ingérence dans les affaires souveraines des peuples !

— Résistance 71 —

 

LE PRÉSIDENT DU COMITE VALMY À DAMAS POUR SAUVER LA PAIX EN RÉTABLISSANT LA VÉRITÉ

 

jeudi 17 novembre 2011, par Comité Valmy

 

Url de l’article original:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2037

 

 

Depuis une semaine, accompagné de personnalités françaises et francophones, Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy, est présent en Syrie, à l’invitation du Patriarche des Chrétiens d’Orient.

Il a eu l’occasion d’observer la réalité de la situation et il a pu faire de nombreuses rencontres, notamment avec le Patriarche orthodoxe russe Cyrille, quand celui-ci est venu exprimer la solidarité du peuple russe avec le peuple syrien.

Aujourd’hui, Claude Beaulieu tient à témoigner de ce qu’il a constaté sur place.

1) Le scandale de la propagande guerrière véhiculée par les médias occidentaux

A écouter les médias occidentaux, l’armée et la police syrienne seraient devenues des hordes sanguinaires qui massacreraient le peuple. La réalité ridiculise ce grossier mensonge, dont le seul but est de justifier une invasion guerrière.

Sur le terrain, nous constatons que les meurtres et les attentats, mensongèrement attribués par les médias français aux forces syriennes, sont en réalité le seul fait de groupes armés étrangers ou de salafistes syriens extrêmement minoritaires, qui tirent sur la foule et sur les militaires pour créer le chaos et pour fabriquer des images trompeuses, à destination des médias complices des va-t-en-guerre occidentaux.

Les policiers et les militaires syriens doivent à la fois déjouer ces pièges, protéger les populations et mettre hors d’état de nuire ces criminels fauteurs de guerre.

Cette mission est d’autant plus difficile que les groupes en question sont soutenus, armés et financés par les USA et l’Union européenne, comme l’a avoué leur chef, Khaddam. [1]

2) La force de l’union nationale syrienne contre l’éventualité d’une agression occidentale

Il ne se passe pas un jour sans manifestations de masse [2], au cours desquelles les Syriens se retrouvent dans les rues pour exprimer leur volonté unitaire patriotique et pour soutenir le gouvernement légitime.

Cette vigueur à défendre la souveraineté de la nation syrienne transcende les clivages politiques et confessionnels ; elle soude le peuple, fermement décidé à résoudre par lui-même ses difficultés en restant maître de son destin et en respectant la légalité.

Malgré les crimes et les exactions commis par les terroristes, la manipulation visant à exacerber les clivages confessionnels échoue : dans une clairvoyance exemplaire, le peuple syrien se rassemble et démontre encore une fois l’invincibilité et la cohérence de l’attachement à la souveraineté populaire, de la laïcité et de la prééminence du Droit.

Les opposants syriens préfèrent majoritairement éviter à leur pays une intervention étrangère plutôt que rallier le Conseil national syrien, dans lequel ne se regroupent en définitive que des aventuriers instrumentalisés par les ennemis de la Syrie et des extrémistes salafistes qui envisagent de transformer le pays en place forte d’Al Qaïda.

Dans ces conditions, le Président du Comité Valmy appelle les Français à la plus grande vigilance sur les informations et reportages diffusés par les médias français, déjà coupables d’avoir travesti la réalité pour rendre possible les agressions sur la Côte d’Ivoire et la Libye.

Il souhaite, sans illusion, que la diplomatie française prenne conscience que son asservissement aux Etats-Unis – qui construisent une manipulation de plus pour justifier une agression guerrière de plus – n’est pas une erreur, mais une faute. De par l’Histoire, la France a une responsabilité particulière envers les peuples syriens et libanais. Tout gouvernement qui l’oublierait ne serait pas un authentique gouvernement français mais un pitoyable exécutant états-unien.

Que la faute libyenne ne soit pas répétée en Syrie !

Notes

[1] –Interview de Khaddam sur Israeli TV

[2] –Syrie :les manifestations que personne ne veut voir

Nouvel Orde Mondial: la chasse aux sorcières s’organise, les beaux jours de l’inquisition refleuriront bientôt pour le plus grand bonheur de l’oligarchie criminelle…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , on 19 novembre 2011 by Résistance 71

« Un état totalitaire est en fait une théocratie et sa classe dirigeante, pour garder le pouvoir, doit être pensée comme étant infaillible… Le totalitarisme demande en fait l’altération continuelle du passé et sur le long terme, le remaniement de la croyance en une vérité objective. » (George Orwell) ~

Nous avons été surpris et consterné  d’apprendre que ce fut la Confédération Nationale du Travail anarcho-syndicaliste qui se prêta à cette visible mascarade de débat et coopère à l’ostracisme de la dissidence à l’impérialisme occidental.

Le paradigme « gauche-droite » a toujours été un leurre dont le seul dessein est la division des peuples pour que les oligarques règnent et continuent à se barrer avec la caisse et donc le pouvoir en toute impunité. L’idéal anarchiste est celui d’une société sans hiérarchie, sans classe, égalitaire et autogérée. A cet égard, les anarchistes ne coopèrent pas avec le système en place dont le seul but avéré est la corruption des idées, le mensonge, l’oppression et la coercition au gré de ses institutions pour le seul profit du petit nombre. Le capitalisme, le communisme autoritaire d’état (qui n’est qu’une branche du capitalisme), l’état et la religion sont les outils de l’oppression et de l’inégalité sociale par excellence.

Comment la CNT, forte de toute son expérience historique de la lutte sociale, a t’elle pu se laisser embarquer si naïvement dans une telle aventure de cooptation de l’idéologie impérialiste en place au point de participer elle-mème à l’ostracisme d’une dissidence est inquiétant… A quel degré de réformisme est-elle sujette ?… A t’elle oublié les trahisons historiques permanentes de la « gauche » caviar et autoritaire d’état pour maintenir le statu quo oligarchique?

Qu’a t’on promis en sous-main à la CNT pour son soutien à l’idéologie en place ? A qui profite cette pantalonnade ?

Rappelez-vous compagnons que le mensonge et la trahison de l’état et de ses commanditaires sont leur raison d’être et de vivre. Ne vous trompez pas d’ennemi !

Mussolini disait lui-même: « Le fascisme devrait être plutôt appelé corporatisme, parce qu’il est la fusion de l’état et de la puissance industrielle ».

Voilà ce qu’est le fascisme et lorsqu’on regarde autour de soi on ne peut que constater de son avènement global. Pour le parachever, il faut à l’oligarchie créer une telle crise, un tel chaos planétaire, que les peuples accepteront la fusion définitive en une gouvernance mondiale dirigée par les cartels de la finance et de l’industrie. Le fascisme absolu. Pour y parvenir, l’oligarchie emploie toutes les méthodes possibles à l’échelle planétaire, voilà pourquoi il faut penser et agir à cette échelle, aller du général au particulier. Voilà la lutte, voilà le combat.

Rappelons la déclaration du congrès de la CNT de Barcelone en Mai 1936:

« La première nécessité est le combat contre le fascisme par l’action directe; puis la défense en commun de la révolution sociale qui naîtra de la défaite du fascisme. Ensuite les travailleurs des diverses régions, considérées comme autonomes, décideront seuls du régime social de la communauté. »

C’est toujours vrai aujourd’hui, autant si ce n’est plus qu’en 1936… Ne nous trompons pas d’ennemis, l’oligarchie n’attend que cela et téléguide à cet effet. La CNT nous a habitué à mener le vrai combat, ce n’est pas le moment de se tromper de cible !

— Résistance 71 —

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Purification idéologique en France

 

The Cheshire Cat

 

 

Le 17 novembre 2011

 

url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Purification-ideologique-en-France.html?lang=fr

 

 

De culture anglophone, j’avais une vision quelque peu idéaliste des anarchistes. Pour moi, le sigle « CNT » évoquait surtout « L’hommage à la Catalogne » de George Orwell, les héritiers des martyrs de la République Espagnole, des gens d’une générosité capable d’inspirer une société plus libre, plus fraternelle, sans haine et sans contrainte…

 

En m’aventurant pour la première fois au siège de la CNT de la rue des Vignoles, dans le 20ème arrondissement de Paris, je m’attendais vaguement à voir un assemblage quelque peu bigarré de jeunes rêveurs d’un monde meilleur encouragés par de gentils vieillards aux yeux étincelants d’une sagesse acquise le long d’une vie consacrée au service de l’humanité.
 
J’exagère, mais pas beaucoup. Au moins, l’exagération sert à mettre en valeur ma surprise au contact avec la réalité.

« Le débat va commencer » disait-on lorsque j’entrai dans une salle déjà pleine. Cent cinquante personnes peut-être. Premier élément de surprise : pas de vieillards. Des jeunes gens, moins de filles, tous « d’âge militaire » – je pensais ainsi non seulement à cause de la tranche d’âge apparente de l’auditoire mais aussi à cause de son aspect propret, en pleine forme, respectueux envers l’orateur. On aurait cru voir des recrues écoutant les instructions de leur supérieur.

Deuxième élément de surprise : l’orateur, un certain Michel Briganti, venu pour présenter son livre sur « la Galaxie Dieudonné », a parlé seul pendant plus d’une heure et demie sans interruption, sans applaudissements, sans bruit d’approbation ou de désapprobation. Il débitait « sa vérité », comme on dit de nos jours, sans arrêt ! Et on l’écoutait, silencieux. C’est cela « l’anarchisme » ?
 
Evidemment tout cela est superficiel, c’est la forme. Venons-en au fond. C’était cela le plus étonnant.
 
Ou plutôt l’absence de fond.
 
Je prenais des notes, pressée de saisir la substantielle moelle de son discours.

Il précise : le titre de son livre fut choisi par l’éditeur, il ne s’agit pas en réalité de « galaxie », mais de « nébuleuse ». Ce qui reste… nébuleux. 
 
Le style de l’orateur est très particulier. Sur un ton monotone mais très aimable, il entame une phrase … et puis sans la terminer l’abandonne pour une autre phrase. C’est un style pointilliste. Une vaste noyade de poissons. Les poissons ont des noms. Ce sont des personnes que Briganti trouve coupable de quelque chose, bien qu’il ne soit pas toujours très clair de quoi. De choses différentes, mais finalement pareilles, ou non, qui sait ? Oui, certains sont « de l’extrême droite », d’autres sont « complotistes » (mais on ne précise pas de quel complot il s’agirait). Ils sont « anti-sionistes », avec entre parenthèses un généreux « ils ont le droit , comme vous et moi, peut-être », sauf que, quand eux sont anti-sionistes c’est qu’en réalité ils sont antisémites, bien sûr.

Ces ennemis sont tous différents, mais tous ennemis car tous ensemble (dit-il) dans cette galaxie qui est une nébuleuse… « dangereuse ».
 
En effet, certaines de ces personnes étaient réellement liées au comédien Dieudonné au moment de la « Liste anti-sioniste » que celui-ci a menée pour les élections européennes de 2009. Mais d’autres n’avaient rien à voir avec tout cela. « On n’a jamais voulu jouer l’amalgame » dit Briganti, souriant, et le faisant en citant là-dessus deux noms qui n’avaient rien à voir avec cette liste. Eux sont donc des « militants de la confusion, des confusionnistes… des imposteurs. »
 
Une heure et demi de ce que nous autres anglophones appelons « guilt by association ». C’est quoi en français ? Liaisons dangereuses ? Délation ? Début d’inquisition ?

Enfin, le modérateur, qui n’avait rien modéré, dit qu’on peut poser des questions. Au fond de la salle, un homme lève la main et dit qu’il a trois petites questions. Peut-être parce qu’il est noir, le seul noir dans la salle, il précise qu’il est Français.

Sa première question : « Est-ce que vous avez rencontré Dieudonné ? » La réponse est simple : Non. Mais Briganti en profite pour parler encore quelques dix minutes, en expliquant pour la énième fois qu’il n’a pas écrit un livre sur Dieudonné, bien qu’il a tout lu sur lui, mais sur le danger de ses accointances réelles ou supposées.

Deuxième question, enfin : « Accepteriez-vous de débattre avec Dieudonné ? » La réponse est rapide et sans appel. « Non ! » Et il insiste : « on ne débat pas avec l’ennemi, on le combat ! »
 
C’est le mot de la fin, sauf que l’auditeur pose sa troisième question : « Puisque vous savez tout sur Dieudonné, combien de procès a-t-il gagné et combien a-t-il perdu ? » (Il s’agirait de procès pour incitation à la haine raciale). Il n’aura pas de réponse précise, et il part en insistant que « le débat c’est la base de la démocratie ».
 
Mais Briganti aura naturellement le dernier mot, répété : « On ne débat pas avec l’ennemi, on le combat ! »
 
Voilà la conclusion d’un « débat » chez les anarchistes. Sous prétexte de dénonciation de « l’imposture » et du « confusionnisme », on a eu droit à une démonstration de confusionnisme extraordinaire et à une double imposture : l’imposture de représenter l’héritage de la CNT et de mener « un débat ».

En effet, Briganti, ainsi qu’un réseau d’activistes de l’Internet s’appelant « antifascistes », se donnent la vocation non seulement de désigner « l’ennemi » (de qui au juste ?) et de refuser le débat avec celui-ci, mais aussi d’empêcher que cet « ennemi » puisse lui-même débattre avec qui que ce soit.
 
La veille de la conférence-débat de Briganti, ces puristes ont réussi à empêcher l’auteur d’un autre livre de tenir une conférence-débat sur son livre à lui. Le 9 novembre, Michel Collon est venu de Belgique à Paris pour présenter son dernier livre, Libye, Otan et Médiamensonges, à la Bourse du Travail. Mais au dernier moment, la Confédération Générale du Travail, qui gère ce centre de réunions syndicales, a annulé la présentation, en cédant aux pressions d’un petit groupe obscur de militants « antifascistes ».
 
Celui-ci a crié victoire sur le site « antifa » Conspis hors de nos vi[ll]es <http://conspishorsdenosvies.wordpress.com/> :
« Michel Collon chassé de la Bourse du Travail : ce n’est qu’un début !
« Le Collectif de syndicalistes antifascistes Missak et Mélinée se félicite de la décision des syndicats gérant la Bourse du Travail de Paris et de la CGT d’avoir annulé la conférence prévue avec l’intellectuel confusionniste Michel Collon. La venue d’un tel personnage aurait en effet donné un très mauvais signe aux militants – souvent sincères, hélas ! – qui se laissent abuser par les thèses confusionnistes, à l’heure où l’extrême droite cherche à séduire tout un pan du mouvement ouvrier par l’adoption de discours à caractère social. »
 
« …l’annulation de la conférence du faux ami Michel Collon nous semble envoyer un signe fort en ce sens et constituer le premier pas vers une prise de conscience que nous espérons générale, dans la mesure où Collon, loin d’être aussi insignifiant qu’on peut à première vue le penser, est un symbole de ce confusionnisme malsain qui profite à l’extrême droite et un intellectuel encore malheureusement très écouté dans certains milieux militants. »

Michel Collon donc est « confusionniste ». C’est exactement ce que Briganti a dit de lui devant la CNT. Donc l’ennemi. Donc on ne débat pas avec lui, on le combat. 
 
C’est quoi « confusionniste » ? La description qu’ils donnent pourrait très bien s’appliquer aux « antifas » eux-mêmes : « Les oripaux [sic] sociaux qu’ils aiment adopter ne doivent pas cacher leur seule ambition : se mettre au service des dominants afin de sauver la domination, en particulier lorsque cette dernière entre en crise. Cela s’est déjà vu par exemple dans les années 1930, et c’est à ce phénomène que nous sommes de nouveau confrontés aujourd’hui. »
 
Dans les années 1930, il y avait bien des fascistes qui se vantaient de l’être. Ils traitaient les gens de gauche comme « l’ennemi » avec qui « on ne débat pas ! on combat ! »

Quel meilleur « confusionnisme » aujourd’hui que de se dire « anti-fasciste » et de traiter les gens de gauche comme « l’ennemi fasciste » ?
 
On n’a pas besoin d’être fasciste pour être « combattu » par les antifas, loin de là, mais peu de leurs cibles sont aussi clairement marquées à gauche que Michel Collon, marxiste proche du Parti du Travail de Belgique, auteur et militant qui dirige sa propre entreprise d’information, avec un site Investig’Action et la publication de livres spécialisés dans la dénonciation des « médiamensonges », surtout en ce qui concerne les guerres menées par l’Otan.

Qu’a-t-il donc fait de politiquement incorrect pour être repéré par ces limiers de la pensée ? Elémentaire : il est, selon eux, coupable de « soutien à des régimes autoritaires ». Traduction : il s’oppose aux « guerres humanitaires » menées par l’Otan. Car, comme on le sait, lorsque l’Otan mène une guerre, c’est toujours contre un « régime autoritaire » … donc s’opposer aux guerres menées par l’Otan signifie « soutenir des régimes autoritaires ».
 

 
Mais revenons à ce site Conspis hors de nos vi[ll]es et ses réalisations.

Le 7 juin, ce site a félicité les militants « anarchistes libertaires » de Lyon d’avoir persuadé Radio Canut d’annuler une interview programmée avec François Asselineau, ancien haut fonctionnaire et conférencier muni d’une documentation impressionnante qui a fondé son propre parti d’opposition à l’Union Européenn . 
 
Encore quelqu’un avec qui on ne débat pas ! on le combat ! Et on le combat comment ? En faisant pression, au nom de l’antifascisme, sur les médias et les organisateurs pour qu’ils réduisent au silence les quelques libres penseurs qui troublent le calme plat du conformisme idéologique français.
 
Hors de nos villes ! Hors de nos vies ! Cela signifie quoi, ça ? Rien d’autre qu’une tentative de purification idéologique. 
 
Et sur quels critères ? Derrière l’écran de fumée des « conspirationnistes » sans conspiration et des « confusionnistes » qui tentent de dissiper la confusion ambiante, on discerne les hérésies visées.

1. Toute critique fondamentale de l’Union Européenne, assimilée au « nationalisme ».

2. Toute opposition de principe aux guerres impérialistes, assimilée au « soutien des dictateurs ».

3. Et finalement, toute défense de la liberté d’expression – intolérable aux purificateurs idéologiques.

En filigrane dans la construction de cette triple hérésie se trouve l’accusation capitale de notre époque, prête à être jetée à la figure des mal-pensants : l’antisémitisme. En effet, aucune de ces positions n’est en soi le moins du monde antisémite. Mais on a le moyen de pratiquer la culpabilité par association :

1. Si on manque d’enthousiasme pour l’Europe, on est nationaliste, donc fascisto-nazi, donc antisémite.

2. Etre contre l’impérialisme des Etats-Unis et les guerres d’agression de l’Otan n’est qu’une forme voilée d’antisémitisme.

3. Défendre la liberté d’expression implique la liberté d’expression de tout le monde, y compris des négationnistes et des antisémites. Donc on est antisémite.

Tout cela fait partie de la doctrine du philosophe français le plus célèbre du moment, l’ineffable Bernard-Henri Lévy, parrain du Conseil national de transition de la Libye. Cela fait 35 ans qu’il prêche dans ce qui est devenu un désert de la pensée. La France, c’est le fascisme ! L’idéologie française, c’est Pétain, c’est l’antisémitisme ! Français méfiez-vous de vous-mêmes ! Lorsque vous critiquez le capitalisme, ou l’Amérique, ce n’est qu’une façon détournée de haïr les juifs. La seule voie de salut est donc de vous taire et de suivre les Etats-Unis et Israël dans leur guerres pour apporter la démocratie aux peuples arriérés de la terre. 
 
La plupart des Français ricanent du dandy. Combien de divisions BHL a-t-il ? Et quelle surprise : il en a beaucoup, sous les drapeaux de l’Otan. Et en France, pour faire de la purification idéologique, il a quelques forces spéciales, quand même, sous le drapeau de la CNT et de l’anarchisme. Le drapeau noir et la chemise blanche, dans la même croisade avec la Bannière étoilée, pour le nouvel ordre mondial. C’est enfin la France qui gagne !
 
(Puisque je m’intéresse plus aux idées politiques qu’à la dénonciation des personnes, je m’abstiens de nommer les cibles des antifas – je leur laisse ce plaisir – ou de spéculer sur l’identité obscure des lanceurs d’anathème.)

 

Guerres impérialistes Moyen-Orient: l’Iran éternelle victime de l’occident colonialiste ou quand Anglo-Iranian Oil (BP) abusaient des ressources iraniennes…

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Pourquoi l’Occident diabolise t’il l’Iran ?

 

 

Par Stuart Littlewood

 

 

Url de l’article original:

http://www.informationclearinghouse.info/article29750.htm

 

Le 17 Novembre 2011,

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Quand de nouvelles recrues arrivent à la British Petroleum (BP), ont leur raconte l’histoire édulcorée du comment la compagnie a été créée. William Knox D’Arcy, du Devon, étudia le droit et, après avoir émigré en Australie, fît fortune grâce à la ruée vers l’or du Mont Morgan dans les années 1880. De retour en Angleterre, il accepta de financer une recherche pour le pétrole et des minéraux en Perse et des négociations avec Mozzafar al=din Shah Qajar commencèrent en 1901.

Une concession de 60 ans pour prospecter pour le pétrole donna à D’Arcy les droits d’exploitation du pays entier à l’exception de cinq provinces du nord de l’Iran. Le gouvernement iranien recevrait 16% des bénéfices annuels de la compagnie. Mozzafar al-Din, rarement aidé en matière d’affaires d’état par son père, était très naïf en ce qui concerne les affaires et n’était pas non plus préparé pour être roi lorsque le temps arriva. Il emprunta de manière inconsidéré des Russes afin de financer son style de vie extravagant et les coûts de l’état et afin de repayer la dette, il abandonna le contrôle de beaucoup d’industries et de marchés iraniens aux étrangers. Le contrat qu’obtint D’Arcy était bien trop strict et finira par amener des problèmes. Il envoya une équipe d’exploration dirigée par le géologue George B. Reynolds.

Une compagnie fut créée en 1903 et d’Arcy dût dépenser la plupart de sa fortune pour couvrir les coûts. Un soutien financier supplémentaire vînt de la firme de Glasgow Burmah-Oil en échange de grosses parts dans l’entreprise. Le forage dans la Perse méridionale continua jusqu’en 1907, lorsque la prospection changea pour Masjid-i-Souleiman. En 1908, D’Arcy était presque ruiné. Reynolds reçut alors des instructions de la dernière chance: “Forez jusqu’à 530m et abandonnez.” Le 26 Mai, il fora dans du pétrole par 400m de fond. Ce fut un triomphe d’intuition et de détermination.

L’Anglo-Persian Oil Compagny prospéra et construisît un pipeline en 1911 qui relia les champs d’exploitation et sa nouvelle raffinerie d’Abadan. Mais la compagnie eut de nouveaux problèmes en 1914. L’âge d’or du moteur à explosion n’était pas encore arrivé et les marchés industriels pour le pétrole furent bouclés par les intérêts américains et européens. De plus, la forte odeur de soufre du pétrole perse, même après avoir été raffiné, ne le rendait pas propre à la consommation domestique, ainsi D’Arcy avait un problème de marketing.

Fort heureusement, winston Churchill, alors chef de l’amirauté (NdT: “First Lord of Admiralty” en anglais, titre qui n’a pas d’équivalent en français…), désirait convertir la marine britannique du charbon, spécifiquement alors que dès lors une source fiable de pétrole avait été sécurisée. Il déclara alors au parlement britannique, cette phrase devenue célèbre: “Tournons-nous vers les grands horizons des régions pérolières du monde !” Seule la compagnie britannique Anglo-Persian Oil pourra protéger les intérêts britanniques, dit-il alors. Son projet passa et le gouvernement britannique prît de grosses parts de la compagnie; juste à temps du reste, puisque la première guerre mondiale débuta quelques semaines plus tard.

Pendant la guerre, le gouvernement saisît les biens d’une compagnie allemande qui s’appelait British Petroleum afin de faire la promotion de ses produits en Grande-Bretagne. Anglo-Persian Oil acheta biens et avoirs d’un administrateur public le tout incluant un réseau de distribution intégré comprenant des centaies de dépôts, des wagons-citernes, des camions, des péniches et toute la panoplie de distribution. Ceci permit à Anglo-Persian Oil de rapidement développer ses ventes dans une Europe et une Grande-Bretagne affamées de pétrole dans cette période de l’après première guerre mondiale.

Durant l’entre deux guerres la compagnie Anglo-Persian Oil bénéficia grandement de n’avoir à payer que 16% des bénéfices aux Iraniens, si bien que des Iraniens en colère voulurent renégocier le contrat. N’y parvenant pas, les Iraniens annulèrent le contrat de d’Arcy et l’affaire échoua à la Cour permanente de justice de la Hague. De nouveaux accords en 1933 donnèrent un nouveau bail d’exploitation de 60 ans à Anglo-Persian Oil, mais sur une zone d’exploitation bien plus petite. Les nouveaux termes étaient une amélioration pour les Iraniens, mais n’étaient toujours pas équitables. Anglo-Persian changea son nom pour anglo-Iranian Oil Compagny en 1935.

En 1950, Abadan était la plus grosse raffinerie de pétrole au monde et la Grande-Bretagne, avec 51% des parts en holding de l’Anglo-Iranian Oil, avait effectivement colonisé une bonne partie du sud de l’Iran. La part minime de profits de l’Iran devint un plus grand problème , tout comme le traitement de ses ouvriers du pétrole; 6000 d’entr’eux se mirent en grève en 1946 et celle-ci fut violemment réprimée. Il y eu 200 morts ou blessés. En 1951, Anglo-Iranian Oil déclara 40 millions de livres sterling de bénéfices nets mais ne donna à l’Iran que 7 millions.

Dans le même temps, Arabian American Oil partagerait les bénéfices avec les Saoudiens sur une base de 50-50. Les appels à la nationalisation s’intensifièrent. L’Iran nationalisa son pétrole pour obtenir une indépendance économique et politique et pour combattre la pauvreté. En Mars 1951, le Majlis et le sénat iraniens votèrent pour nationaliser Anglo-Iranian Oil, qui avait contrôlé l’industrie du pétrole iranienne depuis 1913 sous des conditions très désavantageuses pour l’Iran.

Le respecté réformateur social Dr Mohammed Mossadeq fut nommé premier ministre le mois d’après avec une majorité de 79 contre 12. Le 1er Mai, Mossadeq mit en application les souhaits de son gouvernement, annulant la concession d’Anglo-Iranian Oil qui devait expirer en 1993 et l’expropria de ses avoirs. Son explication, donnée dans un discours en Juin 1951, fut comme suit (M. Fateh, Panjah Sal-e Naft-e Iran , p. 525):

“Nos très longues années de négociations avec les pays étrangers n’ont pas porté leurs fruits jusqu’à présent. Avec les revenus du pétrole, nous pourrions aisément assumer notre propre budget et combattre la pauvreté, les maladies, et l’arriération de notre société. Une autre considération importante est que par l’élimination du pouvoir de la compagnie britannique, nous éliminerions également la corruption et l’intrigue, par lesquels les affaires intérieures du pays ont été influencées. Une fois que cette tutelle aura cessé, l’Iran aura achevé son indépendance économique et politique.

L’état iranien préfère reprendre à son compte la production du pétrole pour et par lui-même. La compagnie ne doit rien faire d’autre que de retourner la propriété à ses propriétaires de plein droit. La loi de nationalisation prévoit que 25% du bénéfice net sur l’exploitation du pétrole soient mis de côté pour remplir toutes les compensations légitimes de la compagnie… Il a été dit à l’étranger que l’Iran a l’intention d’expulser les experts pétroliers étrangers du pays et ensuite de fermer les installations. Non seulement ces suppositions sont absurdes, mais elles ne sont que pure invention…”

Pour cela, il fut éliminé du pouvoir par un coup d’état du MI5 et de la CIA, emprisonné pour trois ans, puis assigné à résidence jusqu’à sa mort.

Dans le même temps, la Grande-Bretagne organisa un boycott mondial du pétrole iranien, gela les avoirs iraniens en livres sterlings et menaça d’actions en justice quiconque achèterait de pétrole produit par les raffineries anciennement contrôlées par les Britanniques. Elle considéra mème une invasion de l’Iran. L’économie iranienne fut bientôt ruinée. Les tentatives du Shah de remplacer Mossadeq échouèrent et il retourna avec plus de pouvoir, mais sa coalition  s’effritait bientôt et s’écroulait sous le poids imposé par le blocus britannique.

Dans un premier temps, les Etats-Unis furent reluctants à rejoindre la Grande-Bretagne dans ce jeu destructeur, mais Churchill laissa transparaître que Mossadeq était en train de tourner communiste et qu’il poussait l’Iran dans les bras de Moscou à un moment où la guerre froide battait son plein. Ceci fut suffisant pour récupérer le nouveau président américain, Eisenhower, et pour que les Etats-Unis commencent à comploter avec la Grande-Bretagne pour éliminer Mossadeq.

Le chef de la CIA pour le proche orient et l’Afrique, Kermit Roosevelt Junior, arriva pour jouer le rôle principal dans un mauvais jeu de provocation, de chaos et de mensonge. Une campagne élaborée de désinformation commença et le Shah signa deux décrets, l’un révoquant Mossadeq, et l’autre nommant le protégé de la CIA, le général Fazlollah Zahedi, comme premier ministre. Ces décrets furent écrits sous la dictée de Donald Wilbur,  l’architecte du plan de la CIA.

Le Shah s’enfuit alors à Rome. Quand il fut jugé opportun et sécure, il revint le 22 Août 1953. Mossadeq fut arrêté, condamné pour trahison par une cour de justice militaire du Shah et condamné à mort. Mossadeq remarqua: http://www.mohammadmossadegh.com/biography/

“Mon plus grand pêché est que j’ai fait nationaliser l’industrie pétrolière iranienne et écarter le système de l’exploitation économique et politique faite par le plus grand empire au monde… Par la volonté de Dieu et l’accord du peuple, j’ai combattu ce système sauvage et cruel de l’espionage international et du colonialisme.

Je sais que mon destin doit servir d’exemple dans le futur pour que le Moyen-Orient brise enfin les chaînes de l’esclavage et de la servitude aux intérêts coloniaux.”

La sentence fut par la suite commuée en trois de confinement dans une prison militaire, suivis par une mise à résidence jusqu’à sa mort le 5 Mars 1967. Les supporteurs et partisans politiques de Mossadeq furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou exécutés.

Le nouveau gouvernement de Zahedi obtint bientôt un accord avec les compagnies pétrolière étrangères afin de former un consortium pour restaurer la production du pétrole iranien, donnant la part du lion aux britanniques et aux américains, avec 40% allant à Anglo-Iranian. Le consortium accepta de partager avec l’Iran sur une base de 50-50, mais, toujours aussi nébuleux, refusa de laisser accès libre à sa comptabilité ou de laisser des contrôleurs iraniens s’assoir au conseil d’administration.

Anglo-Iranian Oil changea son nom pour British Petroleum (BP) en 1954.

Les Etats-Unis en reconnaissance,  financèrent massivement le gouvernment du Shah, incluant son armée et sa police secrète, la tristement célèbre SAVAK.

La partie de plaisir de l’occident arriva à une fin abrupte avec la révolution islamique de 1979 et le livre se referma sur un chapitre d’entreprise britannique qui commença héroïquement, devînt sauvage et cruel pour terminer dans les larmes.

Les Etats-Unis sont toujours détestés aujourd’hui en Iran pour avoir ramené le Shah et son épouvantable SAVAK et pour avoir démoli le système de gouvernement démocratique iranien, que la révolution n’a malheureusement pas restauré. La Grande-Bretagne est aussi détestée pour son rôle d’instigatrice et d’associée dans cette affaire sordide.

Par dessus tout, L’Iran héberge un grand ressentiment au sujet de la façon dont l’occident, surtout les Etats-Unis, ont aidé l’Irak à développer son arsenal d’armes chimiques et ses forces armées et comment la communauté internationale ne fit rien pour punir l’Irak après qu’il eut utilisé des armes chimiques contre l’Iran dans la longue guerre Iran-Irak. Les Etats-Unis et éventuellement la Grande-Bretagne, penchèrent singulièrement du côté de Saddam Hussein dans ce conflit et cette alliance permit à Saddam d’acquérir plus facilement des armes chimiques et bactériologiques qui étaient interdites. Au moins 100 000 Iraniens en furent les victimes.

Voici comment John King résuma la situation en écrivant en 2003: http://www.iranchamber.com/history/articles/arming_iraq.php

“Les Etats-Unis ont utilisé des méthodes à la fois légales et illégales pour aider Saddam Hussein à développer l’armée la plus puissante du Moyen-Orient derrière Israël. Les USA suppléèrent des agents chimiques et biologiques ainsi que leur technologie à l’Irak alors qu’ils savaient que l’Irak utilisait des armes chimiques contre l’Iran. Les Etats-Unis ont pourvu matériaux et technologie pour ces armes de destruction massive à l’Irak a un moment où il était connu que Saddam avait utilisé cette technologie contre ses propres citoyens kurdes. Les Etats-Unis ont fourni du renseignement et de l’information de planification de batailles quand ces plans de bataille employaient du cyanide, du gaz moutarde et des agents neurotoxiques. Les USA ont bloqué les censures de l’ONU concernant l’utilisation par l’Irak d’armes chimiques. Les Etats-Unis n’ont pas agi seuls dans cette affaire. L’URSS était aussi le plus gros fournisseur d’armes du conflit, mais la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni furent aussi impliqués dans l’envoi d’armement et de technologie.”

Ce qui nous amène à aujourd’hui…Pourquoi entendons-nous sans arrêt les chants et tambours de guerre contre l’Iran alors que nous devrions lui tendre la main en signe d’amitié et de réconcilaition ?

David Cameron (né en 1966) n’était pas même encore une lueur dans les yeux de son père lorsque la Grande-Bretagne écrasa la démocratie iranienne et batifolait sûrement avec ses potes du Bullingdon Club d’Oxford lorsque les Iraniens mourraient par milliers du fait des armes chimiques de Saddam. Que sait-il au juste ?

William Hague (né en 1961) semble tout aussi ignorant des turpitudes ourdies par les anciens ministres des affaires étrangères britanniques contre l’Iran.

Obama (né en 1961 ??) était un organisateur dans la communauté de Chicago quand les Iraniens se faisaient asperger de gaz moutarde que son pays avait fourni à Saddam. Que sait-il ?

Quant à Mme Clinton (née en 1947), elle est assez âgée pour mieux savoir.

Alors pourquoi diabolisent-ils l’Iran au lieu de corriger les erreurs du passé ? Pourquoi ne pas vivre et laisser vivre ?

Parce que l’establishment politique est toujours en ébullition.

Ils sont la nouvelle génération impérialiste, la descendance politique de ceux contre lesquels le Dr Mossadeq et bien d’autres comme lui, ont lutté.

Ils n’ont rien appris du passé et ne lèveront même pas leurs yeux sur un futur meilleur. C’est tellement démoralisant.

Stuart Littlewood est l’auteur du livre “Radio Free Palestine”, qui explique la détresse des Palestiniens sous l’occupation israélienne.

Crise economique et systemique: l’alternative de la gestion directe

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , on 16 novembre 2011 by Résistance 71

Gestion directe de nos communes

Pour que personne ne décide à notre place

 

Par le Groupe Louise Michel (Fédération Anarchiste)

L’alternance politicienne entre la droite et la gauche, avec leurs alliés de tout le spectre de la « démocratie » parlementaire, nous a clairement démontré combien les politicards font preuve d’efficacité, lorsqu’il s’agit de favoriser les profiteurs qui s’engraissent sur notre dos.

Au nom d’une gestion réaliste de notre vie commune, ils nous imposent une économie de plus en plus libérale où la société est cogérée par les « décideurs » : représentants des multinationales, du patronat, leaders d’opinions, responsables des partis dit politiques et de certains syndicats. Ceux-ci tiennent bien serrées dans leurs mains les rênes de l’économie, gèrent le capital, et cherchent à travers la « politique » à contrôler totalement notre existence. On veut nous faire croire que ce mode de gestion est le seul possible et qu’à défaut de pouvoir lutter contre le capitalisme, il faut se contenter de le gérer le mieux possible.

Attention !

La globalisation croissante de l’économie est en train de dissoudre les intérêts des populations locales dans ceux des cartels financiers internationaux. Cette concentration du pouvoir économique mondial s’accompagne d’une centralisation du pouvoir politique qui amène de fait une nouvelle forme de totalitarisme qui, si nous n’y prenons garde, risque de balayer à terme toute forme de démocratie ! Oublier l’histoire, c’est se condamner à la revivre. Devrons-nous attendre en moutons résignés l’avènement d’une dictature souhaitée par certains aujourd’hui, ou choisirons-nous la voie de la responsabilité et de l’égalité ?

La lutte pour la gestion directe

Que personne ne décide à notre place ! Organisons la solidarité et l’entraide entre les habitants de nos communes contre les affairistes. Préparons-nous à remplacer l’État, institution parasite et étouffante, par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société. Demain, gérons nous-mêmes, directement, nos cités et notre travail. Supprimons les inégalités sociales et économiques.

Après l’échec à l’Ouest, à l’Est, au Sud et au Nord de toutes les doctrines autoritaires (coloniales, démocratiques, dictatoriales ou théocratiques), luttons pour une société libertaire ; débarrassons-nous des gouvernants et des patrons.

Les principes

Les principes de gestion directe communale telle que les libertaires la conçoivent sont clairs.

Ils supposent :

 

• Le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l’État, qui est un agent de coercition du système capitaliste.

• Des assemblées générales souveraines.

• Le mandatement impératif des délégués.

• La révocabilité des délégués élus.

• Des Comités de quartier et par thèmes transversaux (culture, éducation, transports…)

• Une socialisation des services avec des décisions prises par un collège comprenant :

– Les usagers de ce service.

– Les citoyens de la commune.

– Les personnes travaillant à faire fonctionner ce service.

Nous nous démarquons de cette démocratie participative mise à la mode – comme par hasard – à la veille des élections. Chrétiens progressistes, marxistes modernistes, et certains écologistes, ne vous proposent que d’améliorer l’information et la consultation des citoyens sur des décisions qu’ils auront déjà prises. L’utilisation du terme « gestion directe » indique clairement qu’il faut inverser complètement le processus d’élaboration des décisions afin que NOUS restions maîtres de notre avenir.

La gestion directe… Pour quoi faire ?

La participation à la gestion d’une commune n’a d’intérêt pour un citoyen que si elle transforme ses conditions d’existence. Gérer en commun une municipalité, alors que celle-ci conserve ses structures étatiques et les inégalités économiques, consisterait pour les citoyens à gérer eux-mêmes leur propre asservissement, leur propre misère. Ce qui caractérise les structures étatiques ce sont :

• La hiérarchisation des responsabilités et des décisions.

• L’assujettissement de tous à quelques-uns.

• Les inégalités sociales et économiques.

• L’existence d’une classe dirigeante privilégiée.

Demain, si dans la commune gérée directement, il reste des différences économiques ou sociales, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante, qui défendra par tous les moyens ses privilèges. Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur période de transition, qu’il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.

Les citoyens se demandent ce qu’ils peuvent gagner à la gestion directe de leur commune. Ils pèsent les avantages et les inconvénients qui en résulteront pour eux et dont le principal est la responsabilité : c’est celui qui les fait le plus réfléchir car celle qu’ils assureront dans leur commune engagera celle de leurs conditions de vie.

Nous touchons ici au problème humain, celui des hommes et des femmes devant la responsabilité, celui de la quiétude qui résulte d’une certaine servilité, surtout lorsqu’elle s’assortit de conditions d’existence, morales et économiques, acceptables.

Il est possible d’avancer des raisons solides qui peuvent nous convaincre que les citoyens auraient intérêt à gérer eux-mêmes directement leur commune. Il y a la maîtrise de leur cadre de vie, de leur environnement ; une meilleure gestion des services au public, qui plutôt que d’être gérés en fonction de leur rentabilité financière ou électorale, le seraient réellement en fonction de leur utilité sociale déterminée par tous…

Agir au lieu d’élire

Nous ne pouvons pas nous contenter de dénoncer, de critiquer et d’émettre des principes, sans proposer des moyens concrets de mettre ces principes en œuvre.

Au niveau communal, il est possible d’organiser des contre-pouvoirs, en mettant en place des assemblées parallèles de citoyens élaborant des contre-propositions à la gestion municipale. Dès aujourd’hui nous nous battons pour :

• Les transports gratuits pour tous ;

• La gratuité de la santé de proximité ;

• Un accès libre et gratuit à tous les espaces et services culturels (bibliothèque, salles de réunion, de répétition…) ;

• La réquisition des logements vides et leur gestion directe par des représentants des habitants révocables ;

• Le contrôle de tous les projets d’urbanisme par des comités transversaux et de quartiers révocables ;

• Etc.

Nous pouvons aussi investir les réunions publiques des conseils municipaux issus du système électoral par es délégués révocables avec mandats impératifs, faisant valoir la volonté des habitants. Mais nous ne voulons pas reproduire l’erreur qui consisterait à se présenter sur les listes électorales pour se faire élire sans mandats impératifs et sans révocabilité, se serait essayer d’imposer nos principes par le haut.

Anarchistes, nous pensons que le seul pouvoir possible est celui de la base, et l’expérience nous a démontré que même les meilleurs d’entre nous ne peuvent exercer un pouvoir sur les autres sans se faire ronger et anéantir par celui-ci. Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi nous sommes anarchistes !

Innover dans la continuité

Déjà les communes révolutionnaires qui nous ont précédées : Paris 1793 et 1871, Goulaï Polie 1917, Kronstadt 1921, Espagne 1936… se basant sur la gestion directe de la commune par ses citoyens, permirent l’éclosion d’idées d’organisation, que se soit sur le ravitaillement, la santé, l’éducation ou l’organisation du travail qui, si elles ont été pour la plupart reprises et accommodées par les dirigeants centralistes, n’ont pu dans le contexte étatiste, atteindre le degré d’efficacité qu’elles avaient dans ces communes. Ne citons entre autres que l’école publique laïque pour tous (Paris 1871), la réquisition et répartition des logements vacants (Kronstadt 1921), les systèmes de santé socialisés accessibles à tous (Espagne 1936)…

Tout cela nous montre que la gestion directe d’une commune, si ce n’est pas une idée nouvelle, c’est le moyen le plus efficace d’une politique dynamique portée vers l’avenir car conçue et appliquée par tous.

Préparation de la 3ème guerre mondiale: les mensonges d’Israël sur le nucléaire iranien, une routine rassurante ?..

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, terrorisme d'état with tags , , , , on 16 novembre 2011 by Résistance 71

Tel Aviv ment au sujet de la menace nucléaire iranienne

 

Lors d’un entretien, réalisé en mai 2011, Giorgio S. Frankel, journaliste italien, auteur du livre « L’Iran et la bombe » (*), avait répondu à nos questions au sujet des menaces que Tel Aviv profère régulièrement contre l’Iran. Alors que l’attitude arrogante et dominatrice d’Israël ne manque pas de choquer, et de faire peur aux Iraniens, dans l’extrait que nous rediffusons ici, Frankel se montre plutôt rassurant. Puisse-t-il dire vrai !

 

8 NOVEMBRE 2011

 

url de l’article original:

http://www.silviacattori.net/article2306.html

 

 

Silvia Cattori : …La pression continue exercée par Israël contre le programme nucléaire civil iranien en fait partie. Croyez-vous en une attaque possible de l’armée israélienne ou d’autres, contre des sites iraniens ?

Giorgio S. Frankel : Je n’y crois pas parce qu’Israël a commencé à menacer d’attaquer l’Iran au début des années 90 ; ça fait 20 ans que les autorités israéliennes répètent qu’elles vont attaquer l’Iran, que l’Iran est en train de fabriquer la bombe atomique, que l’Iran est une menace. Mais quand, dans l’histoire, un pays menace de faire la guerre et ne la fait pas pendant vingt ans, il ne la fera jamais.

Cette menace contre l’Iran sert à Israël pour maintenir un climat de tension au Proche et au Moyen-Orient. En menaçant plusieurs fois par an de faire la guerre à l’Iran, il crée une situation de péril aux États-Unis et en Europe. La probabilité qu’Israël attaque l’Iran est très faible. Mais si Israël attaque vraiment l’Iran, les conséquences mondiales seraient tellement catastrophiques que, même si tout le monde pense que la menace du gouvernement israélien tient du bluff, personne ne va vérifier si c’est vraiment du bluff.

Israël n’est pas en mesure d’attaquer l’Iran, il suffit de regarder une carte géographique. Il doit passer à travers d’autres pays. Il y a deux ans, les États-Unis firent un cadeau empoisonné aux Israéliens. Comme Israël parlait du danger iranien, les États-Unis envoyèrent en Israël un grand appareil radar qui contrôle le ciel autour du pays sur des centaines de kilomètres. Cette station est gérée par des militaires états-uniens. Elle fut présentée comme un geste de solidarité envers Israël ; en réalité les Israéliens ne sont pas très contents. Parce que les États-Unis savent exactement ce que font les avions israéliens. Les États-Unis ont affirmé de façon récurrente qu’ils ne veulent pas une guerre contre l’Iran, parce que ce serait une catastrophe.

Ce sont des périodes cycliques. De temps en temps les Israéliens sortent cette carte iranienne. On en parle pendant quelques semaines et puis ça s’arrête. Le général Moshe Yalon, vice-premier ministre et ministre pour les menaces stratégiques, a déclaré : le programme nucléaire iranien est en retard ; donc nous avons deux ou trois ans pour prendre une décision. Ceci est un message pour indiquer qu’en ce moment il n’y a pas de danger iranien. Ce danger sert aux Israéliens pour entretenir un climat de tension et contraindre les États-Unis et les Européens à faire certaines politiques. Les Israéliens espéraient créer un climat de tension suffisant pour provoquer un affrontement entre l’Iran et les pays arabes. Cette stratégie aussi a échoué.

Combien de temps a-t-il fallu aux autres puissances nucléaires pour fabriquer la bombe atomique ? Les États-Unis dans les années 40, quand on ne savait même pas à coup sûr qu’on pouvait faire la bombe atomique, y ont employé trois années. Israël a mis dix ans. Maintenant on dit depuis plus de vingt ans que l’Iran construit la bombe. C’est la bombe atomique la plus lente de l’histoire ! L’agence nucléaire qui doit contrôler la bombe atomique continue à dire qu’il n’existe pas d’indices de programme militaire.

La bombe iranienne sert à Israël pour créer des problèmes stratégiques dans la région. La grande peur d’Israël est qu’un dialogue politique ne s’ouvre entre les États-Unis et l’Iran. Après quoi l’Iran serait reconnu comme puissance régionale avec laquelle on doit parler et discuter.

L’autre puissance régionale qui est en train de s’affirmer est la Turquie. À présent Israël a des problèmes avec la Turquie parce qu’elle pourrait devenir la principale interlocutrice des États-Unis, du monde arabe et du monde musulman.

L’autre grande arme d’Israël est l’accusation d’antisémitisme. C’est une arme à laquelle les Israéliens ont un grand et immédiat recours. Toute forme de critique d’Israël est dénoncée comme acte d’antisémitisme. Au début cela faisait un grand effet ; aujourd’hui un peu moins ; tôt ou tard, elle perdra son importance. Quand on abuse de ces armes elles perdent leur valeur. Israël accuse tout le monde d’antisémitisme. Si un Juif critique Israël, on dit que c’est un Juif qui a la haine de lui-même.

A la fin, ça aussi ça s’écroulera. Parce que l’antisémitisme est une chose ; la critique d’Israël en est une autre. D’antisémitisme, il y en a peu actuellement, dans le monde. S’il resurgit c’est parce que cette façon qu’ont les Israéliens d’établir une identité entre judaïsme et « israélisme » est vraiment dégoûtante : c’est là un terrain très glissant.

Silvia Cattori : Pendant ces années d’offensive militaires par Tel Aviv, on a assisté, en France par exemple, à une intensification des accusations d’antisémitisme même de la part de militants de groupes de « juifs pour la paix ». Des accusations d’antisémitisme et de négationnisme, se sont mises à pleuvoir sur des journalistes ou des militants qui mettent en évidence l’idéologie qui a amené l’État juif à conduire des politiques inacceptables depuis le début [1]. Si comme vous le soulignez, critiquer la politique israélienne n’a rien à voir avec le racisme, que cherchent alors, en vérité, ceux qui accusent les gens d’antisémitisme ?

Giorgio S. Frankel : La grande erreur est celle commise par les communautés juives dans le monde en tant que, comme communautés juives, elles pensent avoir le droit de parler au nom d’Israël. De nombreux Juifs non Israéliens pensent pouvoir, en tant que Juifs, avoir le droit de soutenir Israël. C’est leur droit. Mais cela comporte que, tôt ou tard, on imputera aux Juifs non israéliens ce que font les gouvernements israéliens. D’autre part, quand Israël proclame qu’il veut être reconnu non seulement comme État juif, mais comme État national du peuple juif, cela veut dire qu’il demande, au niveau international, que lui soit reconnue une sorte de primauté aussi à l’égard des Juifs qui sont dans les autres pays. Cela devient très dangereux.

Silvia Cattori : Pourquoi dangereux ?

Giorgio S. Frankel : Parce qu’à la fin il est possible que, dans l’avenir, Israël veuille interférer dans la politique intérieure d’autres pays sous prétexte que ce pays a une politique hostile aux Juifs. Chirac refusa de participer à la guerre contre l’Irak. Peu de temps après le premier ministre israélien Ariel Sharon déchaîna une politique hostile à la France en avertissant les Juifs français : faites vos valises, quittez la France, venez en Israël. A l’avenir les Israéliens pourraient se comporter comme si c’était à eux qu’il revenait de définir le destin des Juifs italiens ou français.

Silvia Cattori : Cette arme de l’antisémitisme a toujours permis à Israël de mettre les gouvernements qui ne suivent pas la ligne politique de Tel Aviv sous pression. Cela fait donc vingt ans qu’Israël essaie d’inciter le reste du monde à intensifier la pression contre l’Iran pour l’isoler, le sanctionner, en empêchant son développement normal. D’après vous, y arrivera-t-il ?

Giorgio S. Frankel : Je n’en sui pas convaincu, parce que l’Iran jusqu’ici est protégé par la Chine et en partie par la Russie. Il a de bons rapports avec ses voisins : Turquie, Irak et avec des pays comme l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Il a de bons rapports avec le Pakistan, avec l’Inde, avec les pays arabes du Golfe, en particulier avec le Qatar. Il est en train d’étendre sa présence diplomatique en Amérique latine. L’Europe suit la ligne dure : mais d’autres pays ne la suivent pas.

Les Israéliens mènent cette déstabilisation intérieure de l’Iran par le biais d’attentats, de massacres, etc. ; c’est ce qu’ils sont probablement en train de faire. Il faut voir s’ils vont y arriver.

Silvia Cattori : Israël seulement et pas les États-Unis [2] ?

Giorgio S. Frankel : Tous les deux. Mais surtout les Israéliens.

Silvia Cattori : Pourquoi « surtout les Israéliens » ? Ont-ils des moyens particuliers de pénétration et de manipulation des minorités ethniques ?

Giorgio S. Frankel : Le problème de la stabilité de l’Iran est très complexe. On peut entrer clandestinement dans plusieurs zones. Il y a des populations hostiles au gouvernement central. Le Kurdistan est la région la plus importante pour le pétrole. Une minorité sunnite y vit. Il suffit de leur fournir des financements pour l’entraînement et de leur fournir des armes. Ce genre d’opérations s’appelle « la guerre de l’ombre ». Les possibilités d’intervention sont nombreuses.

 

(*) Giorgio S. Frankel, analyste de questions internationales et journaliste indépendant, travaille sur le Moyen-Orient et le Golfe persique depuis le début des années 70. Il est l’auteur de : « L’Iran et la bombe », DeriveApprodi, Roma, 2010.

Silvia Cattori

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio (24.06.2011)

Entretien Giorgio Frenkel en entier :

http://www.silviacattori.net/article1689.html

Texte original en italien (25.05.2011) :

http://www.silviacattori.net/article1639.html

 

[1] Voir : “1001 bugie su Gilad Atzmon” (“1001 mensonges sur Gilad Atzmon”), de Gilad Atzmon, comedonchisciotte.net , 2 novembre 2006.

[2] Le journaliste Bob Wedford affirme que les services de la CIA, du Mossad et du MI-6 collaborent pour conduire des actions de sabotage contre l’Iran. En 2009 et 2010, l’Iran a arrêté plusieurs espions d’origine états-unienne entrés illégalement, parmi lesquels une femme qui possédait des « hidden spying equipment ». La France mène une diplomatie agressive contre l’Iran depuis que, en 2007, le président français Sarkozy a parlé de la possibilité de bombarder l’Iran. On se souviendra de l’appel de Bernard Kouchner aux nations, pour « se préparer au pire », à la « guerre » contre l’Iran.

 

 

Media et propagande: la dictature de la pensee unique nous fait une crise de maccarthysme aigue…

Posted in actualité, crise mondiale, désinformation, média et propagande, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , on 16 novembre 2011 by Résistance 71

« Dans une epoque de mensonge universel, dire la verite est un acte revolutionnaire »

(George Orwell)

Le concept de « democratie » en occident devient de plus en plus une insulte a l’idee meme de democratie. La censure va augmenter, il est de plus en plus clair que le niveau de repression montera de plusieurs crans egalement.

Le totalitarisme de la pensee unique bat son plein, mais n’empechera jamais la pensee critique d’exister et de s’exercer, jamais. La clique de poseur qui a infiltre la presse alternative donnera t’elle un debat public a Michel Collon, nous n’y croyons pas, mais il est bien de les y inviter, leur silence n’en sera que plus retentissant !

— Resistance 71 —

 

Calomniateurs d’Indymédia Paris et Cie, je vous propose un débat public !

 

 

Par Michel Collon

 

url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Calomniateurs-d-Indymedia-Paris-et.html?lang=fr

 

Depuis que j’ai publié le livre “Israël, parlons-en !” vous m’accusez d’antisémitisme et de collusion avec l’extrême droite. Mais vous n’avez jamais été capable de présenter la moindre critique concrète contre ce livre. Et pour cause, si on le lit, toutes vos calomnies tombent par terre.

Donc, vous cachez soigneusement le contenu de ce livre à vos lecteurs dans le but de m’attaquer avec mauvaise foi. Vous avez pris bien soin de ne jamais me demander ce que j’avais à répondre à vos accusations délirantes. Et de temps en temps vous en ajoutez d’autres en déformant mes positions contre la guerre.

La semaine dernière, vous avez fait annuler une conférence à Paris en manipulant les responsables d’une salle avec de fausses informations pour semer la panique. Ce faisant, vous sabotez le travail de solidarité avec la Palestine, vous divisez, vous faites le jeu d’Israël et des Etats-Unis. Cela pose beaucoup de questions.

En fait, vous prétendez décider à la place des gens ce qu’ils ont le droit d’entendre. Vous pratiquez la chasse aux sorcières et une censure qui n’a rien « d’antifasciste ». Tout cela est très suspect d’autant que votre cabale a été mise en œuvre d’une façon lâchement anonyme par un soi-disant Collectif inconnu et incontrôlable.

Je vous propose de sortir de cet anonymat et de laisser le public trancher lui-même si je suis d’extrême droite ou bien si vous êtes des charlatans de mauvaise foi.

Aurez-vous le courage d’accepter un débat public à Paris en décembre ?

Syrie et ingerence occidentale: guerre humanitaire bis repetita ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 16 novembre 2011 by Résistance 71

Guerre humanitaire en Syrie

Guerre humanitaire de la Fondation Nationale pour la Démocratie et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme

 

Par Julien Teil

 

Le 14 Novembre 2011

url de l’article original:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27660

 

La National Endowment for Democracy (la Fondation nationale pour la démocratie), ou la NED, est une organisation qui se présente comme une ONG officiellement dédiée « à la croissance et au renforcement des institutions démocratiques dans le monde ». Mais en réalité il s’agit d’un organisme financé à hauteur de 95% par le congres des États-Unis. C’est sous l’administration Reagan que sa création fut officialisée en 1982.

La nature de la NED a conduit de nombreux intellectuels et chercheurs contemporains à la décrire comme une officine permettant aux services secrets américains de renverser les régimes qui ne conviennent pas au Département d’État.

Cette critique fut notamment étayée par les propos d’Olivier Guilmain, chercheur au CECE (Centre d’Etudes Comparatives des Elections), lors d’une session d’information au Sénat français portant sur l’encadrement financier du processus électoral. En effet, la NED finance des partis d’opposition dans de nombreux pays et prête une assistance particulière aux exilés et opposants des régimes visés par le département d’État US. 

En Syrie, Le Damascus Center for Human Right Studies est l’organisation principale de la NED. Elle est également partenaire de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme). Cette dernière a reçu 140 000$ U.S de la part de la NED suite à une réunion entre Carl Gershman et de prétendues organisations de droits de l’homme françaises. L’interlocuteur français de la NED fut François Zimeray, l’ex-Ambassadeur pour les droits de l’homme de l’ex-Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner. Lors de cette réunion qui s’est tenue en Décembre 2009, étaient présents : le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) ; la section africaine de l’AEDH (Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme) ; Reporters Sans Frontières ; SOS Racisme et la FIDH.

La Fédération Internationale des droits de l’Homme est donc un partenaire officiel de la NED comme le montre par ailleurs son soutien aux allégation de l’ex-secrétaire général de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme – elle aussi rattachée à la FIDH- à l’encontre du gouvernement de Mouammar Kadhafi. Cette dernière, également appuyée par l’ONG U.N Watch, est à l’origine des procédures diplomatiques à l’encontre de la Jamahiriya Arabe Libyenne.

En Syrie, le Dr Radwan Ziadeh est le directeur du Damascus Center for Human Rights Studies. Sa biographie, plus qu’impressionnante démontre son engagement en faveur de la politique étrangère des États-Unis au Moyen Orient. Il est en effet notamment membre de la Middle East Studies Association (MESA) et est le directeur du Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. Il était également présent aux côtés d’Aly Abuzakuuk – un des responsables de la NED en Libye – lors de la Table Ronde des Democracy Awards, la récompense remise aux « militants des droits de l’homme » par la NED.

Il existe par ailleurs de fortes similitudes entre le processus de la Guerre Humanitaire en Libye et celui qui est en cours d’élaboration à l’encontre de la Syrie. En effet, U.N Watch, organisation qui coordonne les pratiques de la NED et de la FIDH à Genève, a déjà lancé plusieurs pétitions à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad. Pour ce faire les mêmes allégations de massacres que celles promues par l’ex-secrétaire de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme Sliman Bouchuiguir au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, sont dors et déjà mises en avant à l’encontre de la Syrie.

Il est donc urgent de dénoncer ces procédures, d’autant plus que l’histoire récente nous montre que ces allégations n’ont pas été vérifiées dans le cas libyen mais également qu’elles ne reposent sur aucune preuve solide contrairement à ce qu’avance la Cour Pénale Internationale.

Julien Teil

www.laguerrehumanitaire.fr

 

Crise et dépression économique: banquiers zombies ou le retour des morts-vivant…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social with tags , , , , , , , , , , on 15 novembre 2011 by Résistance 71

Les banquiers zombies entraînent l’Europe dans l’enfer des banquiers

 

par Max Keiser

RT

 

Le 14 Novembre 2011,

 

url de l’article original (avec vidéo):

http://rt.com/news/eurozone-crisis-bankers-politics-307/

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Il apparaît que les banquiers prennent totalement contrôle de la politique en Europe., a dit l’analyste financier Max Keiser à RT, ajoutant que cette orientation pourrait mener à la domination globale des institutions banquières.

“Nous ne pouvons pas nous débarrasser des banquiers zombies, on ne peut pas les tuer”, a dit Keiser, hôte de l’émission financière de RT “Keiser Report”; “L’Islande a cru qu’elle avait tué ses terroristes zombies banquiers, mais ils se sont relevés de nouveau et sont en train de pomper l’Islande. Ils sont une peste dans le monde et certainement en Europe. Il n’y a pas d’élections, mais ils mettent des banquiers aux commandes pour faire revenir une domination banquière totale alors que le monde est bien engagé sur la pente abrupte savonneuse qui mène à l’enfer des banquiers.”

Keiser a indiqué à RT que l’agenda principal de ces banquiers est de créer toujours plus de dette. “Dans la zone Euro, ils ont l’opportunité de ramener tous les comptes de tous les pays ensemble et de créer une nouvelle entité de prêts comme l’EFSF, qui est une nouvelle entité de prêt à hauteur de 5000 milliards d’Euros, et ils veulent bâtir la dessus pour créer des entreprises de prêts à 10 ou 15 000 milliard d’Euros, parce que les banquiers sont payés au prorata de la dette qu’ils créent. Plus de mesures d’austérité amène plus de dette et cela amène plus de paiements pour les banquiers et ainsi plus de terrorisme financier.”, a t’il expliqué.

D’après Keiser, une toute petite élite continue de grassement profiter de la situation désastreuse de l’Euro-zone, et elle continue le même plan qu’elle a mené ces dernières années.

“Il y avait auparavant une chose appelée le risque moral qui voulait que lorsqu’une banque prenait des risques, elle serait à un moment donné, pénalisée par le système, mais maintenant,, au plus de risques pris, au plus de récompenses”, fit-il remarquer. “JP Morgan va maintenant s’interposer devant les comptes alloués aux clients et voler l’argent de ces comptes. Nous n’avons pas vu ce niveau de braquage et de vol depuis que les nazis ont volé les biens des gens dans les années 1930. Ceci est un scandale éhonté, ceci n’a pas été fait depuis des décennies. Il n’y a aucune réglementation en place ! Les taux d’intérêts sont à zéro pourcent, donc attendez-vous à plus de toute cette escroquerie”, a t’il ajouté.

Toujours d’après Keiser, ceci veut dire que l’élite de la finance travaille la main dans la main avec la Banque Centrale Européenne (BCE) et gardent les taux d’intérêt proches de zéro pourcent, ainsi cela leur permet de financer des investissements spéculatifs pour rien du tout.

“Ils ne veulent pas dépenser de l’argent pour emprunter de l’argent et mettre des paris ridicules sur la table. Chaque fois qu’ils perdent un pari, ils imposent alors plus d’austérité. Chaque fois qu’ils gagnent un pari, ils se gardent 100% du profit”, déclare Keiser.

Il a aussi insisté sur le fait que mettre des banquiers dans des positions de contrôle politique ressemble à l’attitude de quelqu’un qui a été victime d’un crime.

“Les gens continuent de dire que les banquiers savent mieux que quiconque comment gérer ces crises; mais ces banquiers sont ceux-là même qui ont volés l’argent, alors allons-nous leur donner encore plus d’opportunités de voler encore plus et d’imposer encore plus de mesures d’austérité ? C’est complètement dingue !” a conclu Keiser.

Paolo Ralfone, fondateur de l’organisation à but non-lucratif basée à Bruxelles, le Chipi Network, a dit à RT que la zone Euro a été poussée bien trop tôt comme partie du projet européen.

“L’idée de départ était d’avoir une union monétaire qui aurait poussée pour une union politique. Mais comme nous le voyons, l’union politique n’a jamais été bâtie parce que cela n’était pas la volonté des peuples de la bâtir, maintenant l’union monétaire tremble sur ses bases.” A t’il expliqué.

Il a aussi ajouté que la zone euro aura un nouveau départ dans le futur, même si tous les membres de la zone euro et de l’UE se retrouvent encore.

“La façon dont l’union fonctionne sera différente, ou alors elle explosera” ajouta t’il.

Crise sociétaire: alternative libertaire au marasme ambiant et de la non-violence pour y parvenir…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, philosophie, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , on 15 novembre 2011 by Résistance 71

Anarchisme et non-violence

 

Par Xavier Bekaert

 

L’utilisation de la violence est-elle bien nécessaire pour faire aboutir la révolution libertaire ?

La violence ne serait-elle pas plutôt contraire à l’idée même de révolution ? Est-ce que la non-violence n’apporterait pas justement une solution au problème de la fin et des moyens ?

Pour moi, une révolution réellement libertaire ne peut aboutir par la violence et ceci pour les mêmes raisons que celles invoquées par les anarchistes lorsqu’ils critiquent l’utilisation de structures autoritaires pour faire aboutir la révolution. C’est le point de vue que j’expose dans la première partie où je tente de réfuter les différentes justifications de la violence par les révolutionnaires. Dans la deuxième partie, j’essaie de répondre à deux des objections couramment faites à l’égard de la non-violence, que ce soit comme moyen de résistance à l’oppression ou comme tactique révolutionnaire. Dans la troisième partie, je fais remarquer que le choix de la non-violence ne se base pas uniquement sur des principes éthiques mais également sur des considérations d’ordre très pratique, telles que les rapports de force en présence et l’efficacité de la non-violence sur un plan purement pragmatique. Je termine cette partie en montrant que la stratégie non-violente se base aussi sur une analyse de la nature réelle du pouvoir, et donc des moyens nécessaires pour, non seulement le renverser, mais aussi l’abolir.

La fin et les moyens

Les différentes légitimations de la violence révolutionnaire

 Parmi les révolutionnaires les deux justifications les plus largement répandues de l’usage de la violence comme moyen d’action sont les suivantes :

* La première pourrait se résumer en la fin justifie les moyens. Puisque la fin est juste, tous les moyens sont bons pour la faire aboutir, même si ceux-ci paraissent en contradiction avec le but poursuivi. Une guerre civile entre oppresseurs et opprimés est inévitable car les oppresseurs ne cesseront jamais leur domination s’il n’y sont pas contraints par la force. Pour faire triompher la révolution, il s’agit donc d’écraser les oppresseurs et de remplacer l’ancien système politique par celui décidé par les révolutionnaires, quitte au début à l’imposer par la force.

* La deuxième forme de légitimation de l’usage de la violence est la légitime défense envers la répression. Comme la répression contre-révolutionnaire ne manquera hélas jamais de se faire sentir, la violence paraît inévitable. Elle ne serait donc plus un choix délibéré de la part de ceux qui mènent les luttes mais un simple moyen de défense contre la réaction, qui porterait alors la responsabilité morale de cette violence puisque c’est elle qui en est l’origine.

Avec l’échec et l’effondrement du communisme, la première justification de la violence révolutionnaire est presque totalement tombée en désuétude, heureusement. Tant de massacre ont été commis au cours de ce siècle au nom d’un monde meilleur sans que ce dernier n’arrive, qu’il ne reste plus grand monde pour soutenir qu’il suffira d’une bonne hécatombe de méchants oppresseurs que pour que l’âge d’or descende sur terre. Il est tout de même intéressant de la réfuter car cette idée subsiste encore chez certains, et de plus ce n’est pas inutile car cela amène à aborder le problème de la fin et des moyens, base même de l’inadéquation de toute légitimation de la violence révolutionnaire.

Plus il y a de violence, moins il y a de révolution

Cette phrase est de Barthélémy de Ligt, un grand pacifiste libertaire hollandais, qui a toujours lutté contre toutes les formes de guerres, horizontales (= entre les nations) ou verticales (= entre les classes). En effet, « pour qu’on puisse la considérer comme ayant réussi, il faut qu’une révolution soit l’accomplissement de quelque chose de nouveau. Mais la violence et les effets de la violence,la violence en retour, le soupçon et le ressentiment de la part des victimes, et la création chez ceux qui l’ont perpétré, d’une tendance à employer encore plus de violence, – sont des choses hélas, trop familières, trop désespérément non révolutionnaires. Une révolution violente ne peut rien accomplir, si ce n’est les résultats inévitables de la violence, lesquels sont vieux comme le monde. » (Aldous Huxley, La fin et les moyens, p.28).

Toute révolution n’est que le produit des moyens employés pour la faire aboutir. Les révolutions recourant à la violence engendreront donc toujours d’autres violences, de la même manière que l’usage de l’État autoritaire pour aboutir à la libération de l’homme n’a jamais abouti qu’à perpétuer sa domination (1). De dire que « l’emploi des moyens de guerre (…) rend injuste la cause la plus juste, puisque ceux qui s’y laissent entraîner ne peuvent faire autrement que de descendre au même niveau de violence brutale que ceux qu’ils combattent (2). Même s’ils gagnaient, en fait, ils seraient condamnés fatalement à garantir les fruits de leur victoire par un système de défense violente toujours plus perfectionné, donc plus inhumain, et de s’embourber au point de n’en pouvoir sortir, dans le chemin de la destruction » (Barthélémy de Ligt, Pour vaincre sans violence, p.76).

Aucune forme de libération ne pourra jamais provenir de la violence, elle est de par sa nature même opposée à la liberté. Elle détruit ceux qui en sont les victimes mais elle asservit aussi ceux qui en font usage car celui qui a fait usage de la violence pour triompher ne pourra jamais s’en débarrasser, il devra toujours frapper plus fort ceux qu’il veut dominer.

La fin ne pourra jamais justifier les moyens car, au contraire, ce sont les moyens qui indiquent et révèlent toujours la fin (3). Dès lors, comment une révolution qui se voudrait libertaire pourrait-elle user d’un moyen tel que la violence, qui est par essence même domination ?

La prétendue légitime défense

On peut tenter d’examiner l’autre argument utilisé dans la pratique révolutionnaire pour justifier le recours à la violence : la légitime défense. Ce n’est pas du droit de chacun de se défendre lors d’une agression directe de sa personne dont il est question ici (la quasi totalité des non-violents reconnaissent d’ailleurs la légitimité de ce droit en cas d’extrême nécessité), mais de l’utilisation politique de ce droit pour légitimer l’utilisation de la violence en prétextant une simple résistance à l’oppression de l’État.

La légitimation de la violence par l’appareil d’État constitue un des fondements de celui-ci. Le sociologue Max Weber définit même l’État comme « une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé, (…) revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime ». On pourrait d’ailleurs ajouter que l’État revendique la légitimité de toutes les formes de violence, dont la violence physique, mais y compris les violences morales telles que la privation de liberté ou les atteintes à la vie privée.

En temps de paix, ce sont uniquement les membres de sa police et de son armée qui sont les bénéficiaires et les tenants de cette légitimation. En temps de guerre, cette légitimation de la violence physique peut s’étendre à l’ensemble des citoyens. L’assassinat devient alors légal : il s’agit de « défendre la Patrie ». Pour l’État, il y a donc deux formes de violence : une violence illégitime et illégale, celle des citoyens (en temps de paix), et une violence légitime et légale, la sienne, c’est-à-dire celle de ses représentants. C’est sur cette contradiction ignoble de l’État que se basent la plupart des révolutionnaires violents pour se légitimer. Leur violence ne serait qu’une réaction, un moyen de légitime défense vis-à-vis de celle de l’État. En se fondant sur la violence légale de l’État (considérée comme illégitime cette fois), pour justifier leur propre violence (dès lors devenue légitime à leurs yeux), comment ne se sont-ils pas rendu compte que par là ils ne faisaient que fonder leur propre contradiction, image inversée de celle de leurs ennemis oppresseurs.

Les révolutionnaires ne passent-ils pas un peu vite de la « légitime défense » à la « légitime violence » ? Toute violence reste toujours une violation de l’individu. Toute violence est domination, oppression d’un homme par un autre.

Et puis, en supposant que l’on ait recours à la violence uniquement comme moyen de défense à la répression, étant donné que cette dernière se fera immanquablement sentir tôt ou tard, on est donc amené à considérer la violence comme inévitable. Toute révolution devrait donc nécessairement être fondée, même partiellement, sur la violence. La deuxième justification révolutionnaire de l’usage de la violence comme « moyen de défense » revient donc à soutenir une thèse semblable à la première mais sous une forme atténuée, car le recours à la violence n’y est plus un choix délibéré mais une simple riposte à celle de l’oppresseur, qui en porterait donc toute la responsabilité morale. C’est à mon avis se débarrasser un peu trop facilement de toute forme de responsabilité et de plus, cela élimine de façon fort expéditive la possibilité d’une révolution non-violente (c’est à cette dernière que je m’attache dans la troisième partie).

Réponses à quelques critiques

Je réponds ici à deux des critiques les plus couramment faites à l’égard de la non-violence, elles reposent principalement sur des malentendus quant à la signification réelle de la non-violence. Les autres critiques rencontrées fréquemment, comme le manque de réalisme ou l’inefficacité de la tactique non-violente, sont traitées dans la troisième partie.

1. Si l’on accepte ce qui a été dit dans la première partie toute possibilité de révolution serait-elle condamnée, puisque les révoltés seront inévitablement amenés à renier dans la pratique l’idéal pour lequel ils combattent en recourant à la violence ? Ne reste-t-il donc qu’à se résigner, à accepter passivement que les oppresseurs massacrent les opprimés après chaque révolte ? Voilà ce que nous proposent les partisans de la non-violence ?

Certainement pas. Il faut savoir que la non-violence n’est ni la passivité, ni la résignation. La non-violence est indissociable de la résistance. Elle possède une double signification, chacune d’entre elle étant indissociable de l’autre : refus de la violence d’une part, méthode pour agir contre la violence d’autre part. La non-violence ne se limite pas à ne pas user de la violence, elle consiste réellement à combattre la violence, mais sans recourir à elle. Ce malentendu sur la signification réelle de la non-violence provient probablement du choix d’un terme négateur pour le désigner qui fait oublier que le concept de non-violence ne se définit pas exclusivement de manière négative (sans violence). Cette remarque vaut également pour le mot anarchie (an-arkhia = sans arkhê, sans commandement), défini par une négation, qui fait oublier que le projet anarchiste ne se limite pas à la suppression de l’État (et de toute structure autoritaire) mais s’accompagne de son remplacement par une société organisée sans autorité, sans domination (4). Sans cette double signification, l’anarchisme serait stérile, voire malsain, car purement nihiliste et destructeur, alors que l’anarchisme consiste avant tout en la construction d’alternatives (libertaires) à la société autoritaire.

Pour en revenir à la non-violence et bien préciser qu’elle n’est certainement pas passive mais est au contraire un combat, il est bon de souligner que la désobéissance civile, la non-collaboration, la grève, y sont en fait des agressions. Le point d’appui de la non-violence est la conscience morale de l’agresseur ou du moins du public qui l’environne. La non-violence exerce des sévices mais ils sont d’ordre moral, la non-violence est une arme, mais la seule arme humaniste qui soit, parce qu’elle rend plus humains à la fois ceux qui la manient et ceux qui en subissent le choc.

2. Avec leurs grands principes moraux, les non-violents osent condamner ceux qui ont pris les armes pour se défendre de l’oppression, ils ignorent complètement qu’il n’y a parfois pas d’autre choix que la violence et ils ne savent pas reconnaître la différence de nature qu’il y a entre la violence de celui qui opprime et celle de celui qui veut se libérer de l’oppression.

Pas du tout, être partisan de la non-violence ne revient pas à condamner ceux qui n’ont trouvé que les armes pour tenter de se libérer. Il n’est pas question de mettre dos à dos oppresseurs et opprimés, ni d’ériger la non-violence en absolu. La non-violence n’est pas une forme de puritanisme moral qui jetterait l’anathème sur toute personne usant de la violence, dans quelque circonstance que ce soit. Par exemple, pour Gandhi, alors que toute violence était « mauvaise et devait être condamnée dans l’abstrait », il était important de distinguer ses formes variées et le contexte de ses apparitions. La violence défensive était moralement supérieure à celle offensive, la violence spontanée était supérieure à la violence préméditée, la violence de groupes longtemps ignorés manquant de la capacité d’action concertée était plus « compréhensible » que celle de ceux disposant de l’opportunité de participer à la vie politique et de développer une force organisationnelle ; la non-violence était infiniment supérieure à la violence, mais cette dernière était infiniment supérieure à la lâcheté. Il disait aussi que la violence avait au moins certains effets dissuasifs et était capable de réduire la fréquence de la violence, alors que les lâches nourrissaient seulement l’appétit des brutes.

La non-violence plaide en faveur d’alternatives au recours à la violence, il existe d’autres moyens de résistance que la violence, et ceux-ci sont même souvent très efficaces. Dans la troisième partie, je présente quelques arguments en faveur de cette efficacité sur un plan purement pragmatique. À ce propos, il est bon de remarquer que si la non-violence a prouvé son efficacité comme moyen de résistance à la répression, même sous des régimes dictatoriaux, le cas de l’extermination oblige à une réflexion sur les limites de l’action non-violente. En effet, « réprimer une population ce n’est pas vouloir l’anéantir. La répression a généralement pour but de rendre plus facile l’exploitation d’un groupe ou d’une société, au pire sa mise en esclavage, jamais son extermination. Si l’action non-violente peut, face à la répression, disposer d’une marge de manœuvre, c’est parce que celui qui réprime conserve l’intention d’utiliser celui qui est réprimé. L’extermination est un processus d’une toute autre nature, répondant à des considérations idéologiques et non économiques : on ne peut exploiter ce qu’on détruit » (C. Mellon et J. Semelin, La non-violence, p.94). Cette remarque montre bien qu’il ne s’agit pas de considérer la non-violence comme un absolu mais comme une alternative à la violence et tout ce qui en découle.

La révolution non-violente.

La non-violence comme résistance

Tout d’abord, pour répliquer à ceux qui accusent les partisans de la non-violence de manquer de réalisme et de n’être que de tendres idéalistes perdus dans de grands principes éthiques, il me semble que lorsque l’on considère le gigantisme des forces répressives et des divers moyens de contrôle dont disposent actuellement les États ainsi que les autres structures autoritaires, c’est plutôt le choix de la violence et de la lutte armée qui paraît manquer de réalisme en ignorant complètement le rapport de force entre oppresseurs et opprimés.

Quelles sont les limites de l’action non-violente ? Beaucoup ne croient possible une résistance sans armes que si l’adversaire fait preuve d’une certaine retenue, comme dans un régime démocratique qui (en principe) régule sa propre violence. Pourtant, divers cas de résistance sans armes, tant dans l’Europe nazie puis communiste que dans plusieurs dictatures militaires du Tiers Monde, montrent que ce type de lutte peut se développer et remporter quelques succès, même contre des régimes très répressifs. Examinons la raison principale de ces réussites.

La force psychologique de la non-violence

La non-violence peut être un moyen très efficace de résistance à la répression, même dans des régimes dictatoriaux, car elle arrive, plus facilement qu’en cas de résistance violente, à créer la division chez l’ennemi et à obtenir le soutien de l’opinion publique. Cette grande force réside dans le fait que « l’engagement de ne pas recourir à la violence crée un climat psychologique très particulier, puisque les agents chargés de mettre en œuvre la répression ne craignent pas pour leur vie, alors que la lutte armée provoque au contraire chez eux, en raison du danger qu’ils courent, un renforcement de la « solidarité de corps ». Une lutte sans arme favorise donc dans le camp adverse, des contradictions internes qui, dans d’autres circonstances, resteraient potentielles. L’action non-violente utilise à son profit les contradictions qu’elle perçoit chez l’ennemi, que ce soit au niveau de ses dirigeants ou de ses exécutants » (C. Mellon et J. Semelin, La non-violence, p.65). La non-violence déconcerte et discrédite l’oppresseur aux yeux de tous. Par contre l’utilisation de la violence se révèle souvent contre-productive pour cette fin, l’État possédant à la fois l’avantage matériel de pouvoir user de la violence contre une telle tactique et l’avantage psychologique de pouvoir contester sa légitimité. Comme l’a dit D.A. Wells, « Le groupe qui possède le pouvoir politique aura toujours le dessus sur les révolutionnaires lorsque arrive le moment de la justification de la violence ».

Mais mis à part sa grande force psychologique, l’argument principal en faveur de l’efficacité de la non-violence comme moyen de résistance, voire de révolution, est basé sur l’analyse de la servitude volontaire des peuples et de la nature réelle du pouvoir.

La servitude volontaire

Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande. Cette phrase d’Anselme Bellegarrique, un peu dure envers les opprimés, résume assez bien le problème de la servitude volontaire. Tout pouvoir, même quand il s’impose d’abord par la violence des armes, ne peut dominer et exploiter durablement une société quelconque sans la collaboration — active ou résignée — de la majeure partie de ses membres, et donc, par leur docilité, les peuples opprimés contribuent directement à leur oppression. Vladimir Boukovski, lorsqu’il tira les leçons de la résistance au totalitarisme soviétique, eut des mots assez semblables à Bellegarrique : « Nous avons compris une grande vérité, à savoir que ce n’est pas le fusil, ce ne sont pas les chars, ce n’est pas la bombe atomique qui engendrent le pouvoir et le pouvoir ne repose pas sur eux. Le pouvoir naît de la docilité de l’homme, du fait qu’il accepte d’obéir » (Et le vent reprend ses tours, p.35). Mais alors, si ce n’est pas réellement la violence qui est à la base du pouvoir, il doit être possible de le renverser sans user de la violence. L’organisation systématique, à l’échelle d’une société entière, de multiples pratiques de non-coopération, de désobéissance civile, de sabotage, de grève, devrait pouvoir mettre en échec le contrôle de toute société, sous quelque forme de domination que ce soit (5). Cette hypothèse est tellement réaliste que des stratèges militaires ont même analysé cette question, afin d’élaborer, pour les nations qui souhaiteraient réduire leur armement mais qui répugnent à le faire de peur de se trouver à la merci du premier agresseur venu (6), un système de défense fondé sur l’organisation planifiée de la résistance non-violente de toute la population (7).

La nécessité de la constitution d’un mouvement de masse organisé (ce qui n’est pas contradictoire avec sa spontanéité) pour aboutir à une révolution violente pourrait sembler être un point faible de cette tactique étant donné la difficulté de le réaliser, seulement constituer un mouvement de masse est nécessaire aussi lorsque l’on fait le choix de la lutte armée (À moins de retenir des actes individuels tels que la propagande par le fait en vue de faire prendre conscience aux masses de la nécessité de la révolution sociale, on a pu voir l’efficacité de cette tactique qui a eu pour principal résultat d’assimiler dans l’esprit populaire anarchisme et terrorisme. Il reste aussi la tactique du coup de force par un mouvement minoritaire, qui devrait alors imposer une dictature provisoire, et puis… mais vous connaissez la suite) ?

La non-violence pour la révolution

Il semble donc que choisir la non-violence pour construire la révolution n’est pas complètement irréaliste et ne se base pas uniquement sur des principes éthiques. Ce choix n’ignore ni les rapports de force en présence, ni la nature du pouvoir, ni les moyens nécessaires pour le renverser. La démocratisation d’un grand nombre de pays à travers la résistance civile, comme par exemple en Europe de l’Est, aux Philippines et en Afrique de Sud, démontre bien qu’une résistance non-violente pouvait amener des révolutions politiques nationales. Enfin, pour en revenir aux considérations de la première partie car c’est important, la stratégie non-violente n’ignore pas non plus la problématique fondamentale de la fin et des moyens. Il est vain, je le répète, d’espérer le succès d’une révolution libertaire en usant du moyen autoritaire par excellence qu’est la violence, parce que (en oubliant même les atrocités commises pour faire aboutir la révolution), pour se maintenir, une révolution violente a immanquablement besoin d’encore d’autres violences, et d’une domination toujours accrue de ceux qui pourraient la mettre en péril. Comment dans un tel contexte mettre en place la libération des esprits nécessaire à une réelle révolution libertaire, qui serait non seulement politique et économique, mais aussi culturelle et sociale, dans laquelle toute forme de domination dans les rapports humains serait abolie?

Pour sortir de ce problème apparemment insoluble, on peut se demander si tant que la violence semble indispensable à la révolution sociale, cela n’indique justement pas que les mentalités ne sont pas encore suffisamment préparées à la révolution libertaire intégrale. Cette dernière remarque ne doit certainement pas inviter à la passivité et à postposer sans fin la révolution car, au contraire, nous devons la faire dès maintenant, ici, dans le quotidien, partout, en la vivant par les idées et par les actes.

Pour terminer…

La non-violence me semble une méthode adéquate pour arriver à la révolution également car, tout d’abord, de par sa nature même, elle est une libération puisqu’elle permet de se libérer du cercle de la violence et de la violence en retour, et enfin la non-violence est déjà une révolution en soi puisqu’elle tranche de manière délibérée et radicale avec la société dans laquelle nous vivons, dont la violence constitue un des fondements.

Un militant a un jour déclaré que si on essaie de faire la révolution à long terme plutôt qu’à coup de force, c’est que l’on respecte les hommes. Il se demandait donc s’il n’y avait pas moyen de faire une révolution qui respecte les hommes. Je voulais terminer sur cette interrogation qui m’a décidé à oser présenter ces quelques réflexions. Mon but principal était de défendre l’idée qu’il est impossible qu’une révolution libertaire puisse accoucher de la violence. J’ai également essayé de montrer qu’une révolution non-violente était pleinement concevable, et donc, qu’il devrait être possible de réconcilier la fin avec les moyens.

Cela ne risque pas d’être facile, mais qui peut bien croire que la révolution anarchiste soit quelque chose de facile à réaliser ?

 

(1) Il est clair que ce n’est pas tellement parce que ses buts étaient complètement mauvais que la révolution russe de 1917 a engendré le totalitarisme, mais parce que ses acteurs étaient dépourvus d’éthique politique, considérant qu’une fin bonne justifiait les moyens les plus violents et répressifs. Ce qui a amené le Tchèque Jacques Rupnik a écrire que « la fin du communisme, c’est aussi la fin du mythe (…) de l’accouchement dans la violence d’une société nouvelle, de l’idée que pour progresser il faut détruire son adversaire« .

(2) « La guerre révolutionnaire est le tombeau de la révolution » selon Simone Weil. Par le mécanisme fatal de la lutte violente moderne, elle doit ou succomber sous les coups de la contre-révolution, ou se transformer elle-même en contre-révolution car la guerre moderne exige, vu l’énormité des moyens destructeurs mis en œuvre, une telle étatisation et militarisation de la révolution défendue qu’elle en serait atteinte elle-même dans son cœur. Comme exemple, pendant la guerre d’Espagne, si la CNT a effectivement soutenu, avec le POUM, le choix de continuer la révolution sociale et était contre la militarisation des milices ; malgré tout, dès le mois de septembre 1936, sous prétexte « d’unité antifasciste », la CNT avait décidé de participer au Conseil de la Généralité qui n’était autre chose que le gouvernement catalan reconstitué. Ensuite, la CNT alla plus loin et participa au gouvernement central de Madrid : quatre anarcho-syndicalistes se retrouvèrent au conseil des ministres ! Des représentants de la CNT ont alors dû accepter des postes de chefs de corps d’armée, de chefs de la police, de directeurs de prison…

(3) Selon Barthélémy de Ligt, « la maxime que le but sanctifie les moyens ne peut être approuvée que dans ce seul sens : un but sacré exige des moyens sacrés. Le socialisme coïncidant complètement avec l’humanité (le sens de l’humain dans l’homme), ses moyens ne peuvent jamais entrer en contradiction avec elle, ni blesser cette humanité. C’est pourquoi la révolution doit apporter au genre humain la morale la plus supérieure, celle de la solidarité. Un véritable révolutionnaire ne peut jamais être ennemi envers ses ennemis ni criminel envers des criminels, et d’autant moins parce que les criminels sont en premier lieu des victimes de la société. La révolution exige non seulement le renoncement de toute violence vis-à-vis des peuples et des classes, mais aussi vis-à-vis des individus. » (Pour vaincre sans violence, p.127).

(4) Certains anarchistes s’y sont d’ailleurs eux-mêmes trompés et en sont arrivés à nier toute forme d’organisation. Vers la fin du siècle dernier, Malatesta défendait l’organisation et la « société » contre les anti-organisateurs (à ne pas confondre avec les individualistes). Le phénomène provenait du fait que le mouvement anarchiste avait commencé comme réaction contre l’esprit d’autorité dominant ; « il était naturel, par conséquent, que nombre d’anarchistes soient hypnotisés par cette lutte contre l’autorité et que, croyant, à cause de l’influence de l’éducation autoritaire qu’ils avaient reçue, que l’autorité est l’âme même de l’organisation sociale, pour combattre celle-là, il fallait combattre et nier celle-ci ». Ce qui est absurde puisque « Anarchie signifie société organisée sans autorité, entendant par autorité la faculté d’imposer la volonté propre (…) Selon nous, l’autorité non seulement n’est pas nécessaire à l’organisation sociale, mais, au lieu de lui en être bénéfique, elle vit d’elle comme un parasite (…) Nous le croyons ainsi et c’est pour cela que nous sommes anarchistes, car si nous croyions qu’il ne peut pas y avoir d’organisation sans autorité, nous serions autoritaires, car nous préférerions l’autorité qui obstrue et assombrit la vie à la désorganisation qui la rend impossible » (Luigi Fabbri, Malatesta, pp 313-314).

(5) Étienne de la Boétie (1530-1563), qui fut le premier à dénoncer la servitude volontaire des peuples et à en tirer l’idée qu’il était possible de résister à la misère et à l’oppression autrement que par la violence et le meurtre, allait même plus loin et défendait l’idée qu’il suffirait de cesser de soutenir le pouvoir pour qu’il s’effondre : « De tant d’indignités, que les bêtes mêmes ne les souffriraient point, vous pouvez vous en délivrer si vous essayez, non pas de vous en délivrer, mais seulement de le vouloir faire. Soyez résolus de ne servir plus et vous voilà libres, je ne veux pas que vous le poussiez, ou ébranliez : mais seulement ne le soutenez plus , et vous le verrez comme un grand colosse, à qui on a dérobé la base, de son poids, de soi-même, fondre en bas et se rompre. » (Discours de la servitude volontaire, p. 139).

(6) Et aussi pour des raisons bassement économiques puisque, selon le rapport 1998 du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les dépenses économiques mondiales représentent 780 milliards de dollars par an alors que seulement 13 milliards de dollars sont dépensés par an dans le monde pour satisfaire les besoins alimentaires et sanitaires de base et 6 milliards pour fournir une éducation à tous.

(7) Sur l’efficacité de la résistance non-violente, Basil Liddell cite le témoignage étonnant de généraux allemands après la seconde guerre mondiale : « Les formes violentes de résistance n’avaient pas été très efficaces ni gênantes pour eux, sauf dans des territoires vastes ou des zones montagneuses. (…) Leur témoignage montrait aussi l’efficacité de la résistance non-violente (…) Plus claire encore était leur incapacité à leur tenir tête. Ils étaient experts en violence et avaient été formés à s’occuper d’adversaires qui employaient cette méthode. (…) C’était un soulagement pour eux lorsque la résistance devenait violente et lorsque les formes non-violentes étaient mêlées à l’action de guérilla, rendant ainsi plus facile la combinaison d’actions draconiennes de répression contre les deux en même temps » (Civilian resistance as a national defence : Non violent resistance against agression, ouvrage collectif édité par A. Adam, p.205).

 

http://kropot.free.fr/Bekaert-anarchie-NV.htm