Espoir d’avenir: les communes autonomes et autogerees existent et se portent tres bien… Un exemple roumain

Imaginons quelques milliers voir quelques centaines de milliers de communes telles celle-ci, toutes autonomes, autogerees et federees entr’elles. C’est le principe de l’avenir. C’est la seule façon pour l’humain de devenir enfin adulte en sortant de l’infantilisme dans lequel l’oligarchie nous maintient.

Merci a Emma pour nous avoir communiquer cet article !

Vive l’autonomie et l’autogestion !

— Resistance 71 —

 

Choisir la solidarité

 

Par Dan Gheorghe

 

url de l’article original:

http://www.courrierinternational.com/article/2011/11/04/choisir-la-solidarite

 

En Roumanie, les habitants du village de Limba n’attendent plus rien du gouvernement. Ils ont pris en main leur localité et s’en occupent tous ensemble.

En 2007, dans le village de Limba, en Roumanie, le clocher de l’église, vieux de 70 ans, était sur le point de s’écrouler. Les villageois ont établi une liste de matériel nécessaire : bois, tôle, clous. Ils ont également organisé une collecte pour payer les artisans embauchés. Et puis ils les ont aidés en préparant leurs repas. Par la suite, les villageois se sont rendu compte qu’ils avaient besoin d’un chemin plus court vers les terres de cultures.

La route s’arrêtait devant un ravin sans pont, ce qui les obligeait à faire un détour de trois kilomètres pour atteindre leurs champs. Les gens se sont rassemblés un dimanche. Ils avaient déjà récupéré du matériel de l’ancienne CAP [coopérative agricole de production, unité de production paysanne de l’époque communiste]. Et en une journée ils ont construit le pont. En 2011, les villageois se sont mobilisés pour venir en aide à une femme du village qui était entre la vie et la mort. Elle avait des problèmes cardiaques, et pas d’argent pour payer l’opération nécessaire à sa survie. A l’appel du prêtre, les villageois ont réussi à lever 2 500 euros en une semaine. En avril, la malade a finalement été opérée et, aujourd’hui, elle va bien.

Cette même année, les gens se sont cotisés et ont envoyé 11 enfants de familles pauvres en colonie de vacances pour une semaine. 

Ce sont là quelques exemples de la manière dont cette petite communauté de Transylvanie [centre de la Roumanie] entend résoudre seule ses problèmes. C’est l’histoire de Limba. Une localité de 157 familles, située à quelques kilomètres de la ville d’Alba Iulia, pour qui le travail en commun de ses habitants est la seule richesse.

Les villageois ont créé une association dont le nom s’inspire de celui du hameau, “Limbenii”. Ils ont établi dès le départ quelques principes : une assemblée générale, des projets pour l’année à venir, l’élection d’un président de l’association et d’une équipe de quatre conseillers. L’une des règles fondamentales stipule que personne ne doit faire de politique. Par ailleurs, les chefs doivent habiter le village.

L’équipe de Dorin Bucur, le président actuel, s’est fixé comme objectifs pour 2011 la réalisation de travaux de maintenance du réseau de canalisations, le nettoyage du cimetière et la construction d’un Abribus. 

Les villageois ont également défini un projet de développement pour leur localité. Une priorité puisque la grande majorité des habitants du village est encore jeune. Les salariés des entreprises établies dans le bourg le plus proche, Alba Iulia, y sont plus nombreux que les paysans. Mais l’on voit d’après l’aspect du village – et ses maisons bien entretenues – que ce sont des bosseurs.

Un document intitulé La Vision du développement du village de Limba prévoit d’ailleurs de s’appuyer sur le tourisme pour construire l’avenir. Dans ce village traditionnel, chaque ménage a deux corps de maison. Vers la rue, “la maison de devant”, pour les invités. Donnant sur le jardin potager, “la maison de derrière”, plus simple et plus discrète, où habitent les hôtes. “La maison de devant” pourrait acquérir le statut de pension, une solution qui est à l’étude en ce moment.

Un dernier détail : si vous cherchez une taverne dans le village de Limba, sachez que vous n’en trouverez pas. Il n’en existe tout simplement pas, “parce qu’il n’y en a pas besoin”. Les habitants préfèrent se rendre visite les uns les autres au gré des occasions ou juste pour dire bonjour. Et tout le monde se rassemble pour les grandes fêtes de l’année : le nouvel an, Pâques, la Fête des mères. Ou les “fils du village”, l’une des fêtes les plus importantes de Limba, qui a célébré sa quarante-troisième édition les 3 et 4 septembre 2011. A ces occasions, chacun sait quelle nourriture apporter et en quelle quantité. Idem pour la boisson. Et pour rémunérer les musiciens, tout le monde se cotise.


 

8 Réponses vers “Espoir d’avenir: les communes autonomes et autogerees existent et se portent tres bien… Un exemple roumain”

  1. tout simplement bravo.
    Un exemple modèle de partage, de soutien, d’unité dirai-je … en cette période de crise c’est encourageant et montre que dans la simplicité et l’humilité on peut se rapprocher de ce que doivent être les relations entre les hommes, qui sont des anges en devenir, des êtres de lumière en recherche de leur humanité … c’est une belle approche pour la nouvelle lumière qui nous attend pour 2012.

    christian

  2. Véritéoblige Says:

    Très beau en effet, une vision pour le monde de demain, le vrai.
    Me rappelle le film de Coline Serreau « La belle verte » à voir sur le net.

  3. L’exemple roumain me paraît le plus interessant, car il part de l’essentiel, l’existence d’un village autour de solidarités de base sur des petits projets communs où chacun met au service de la collectivité ses savoirs faires et une organisation autour de ce que l’on fait ensemble avec la participation de chacun aux décisions communes.

    On conserve la propriété, logement, jardin familial, par laquelle chaque famille conserve son autonomie.

    Et on peut aller ainsi sur ce socle, vers une intégration économique
    plus importante, tout en laissant à chacun le choix de sa forme de contribution.

    N’oublions pas qu’on est dans un environnement hostile à ces formes d’organisation.

  4. Michel FOURNIER le 11/11/2011 12:15

    je comprendrais qu’ubne taxe soit versée au budget de la mairie, pour servir de petite banque à usage local et entretenir ce système d’échange, qui servirait à tous sur des travaux privés ou pour des travaux collectifs, mais que l’Etat le perçoive, c’est simplement du proxénétisme aggravé, qui entrave durablement la mise en place d’un système d’autogestion voulue par tous et riche d’enseignement pour les habitants du village.

    Michel Fournier ( internaute)

    Bonjour,

    Un exemple de ce que la finance avec ses gouvernements complices ont fait et font vivre aux grecs, exemple que j’ai vécu moi-même….

    En 1990, je fais l’acquisition d’une maisonnette en ruines… en pierres… dans le village d’Agii Deka…

    Il était alors d’usage, en Crète, lors de la construction ou de la restauration d’une maison, que ce « travail » soit réalisé avec le concours bénévole des amis du village ou autres… et on … Lire la suite
    Bonjour,

    Un exemple de ce que la finance avec ses gouvernements complices ont fait et font vivre aux grecs, exemple que j’ai vécu moi-même….

    En 1990, je fais l’acquisition d’une maisonnette en ruines… en pierres… dans le village d’Agii Deka…

    Il était alors d’usage, en Crète, lors de la construction ou de la restauration d’une maison, que ce « travail » soit réalisé avec le concours bénévole des amis du village ou autres… et on faisait la fête chaque jour devant l’avancement rapide des travaux…

    Les matériaux ne coûtaient presque rien car ils étaient souvent de « récupération » ( Agii Deka est construit sur et avec les pierres de Gortyne, ancienne cité romaine qui comptait il y a 2000 ans plus de 30 000 habitants) et chacun « apportait sa pierre à l’édifice ».

    A la même époque, le gouvernement grec décidait de créer la « Sécurité Sociale » (IKA)… à partir de rien….

    Pour remplir les caisses de l’Etat, une loi fut promulguée qui disait que TOUS TRAVAUX réalisés dans une maison étaient assujettis à la perception d’une taxe « sécurité sociale ».
    En d’autres termes, si vous réalisiez une chape de béton, vous deviez payer une taxe « IKA » correspondant à sa surface, QUEL QUE SOIT le réalisateur de l’ouvrage…

    Les grecs ( crétois) ne comprirent pas cela… et moi encore moins car ne connaissant qu’imparfaitement le grec et ne pouvant comprendre que, même si je réalisais les travaux moi-même, je devais payer la sécu pour MA main d’oeuvre… je continuais mes « travaux » sans payer cette taxe…

    Mais « on » me tomba dessus , « on » saisit ma maison à deux reprises et je dus payer (cher)… et, en août 2000, usant de la « contrainte par corps » (cela existe toujours ici), « on » m’incarcéra pendant 10 jours à Héraklion, dans des conditions sordides, jusqu’à ce que je paie… avec les maigres économies de mon fils par le biais de la Consule de France…

    Ce que j’ai vécu ne m’était pas spécifique : nombre de crétois sont passés par là et nombre d’entre eux, pour pouvoir conserver leurs valeurs ancestrales d’entraide et de solidarité, travaillèrent « sous le manteau » , parfois la nuit, en cachette, pour construire et entretenir leur maison souvent héritage familial…

    D’autres crétois ont cédé aux pressions de la finance, ont suivi la loi, ont emprunté aux banques pour construire et payer les taxes… et ils se sont endettés à un point tel qu’aujourd’hui, ils ont le « couteau sous la gorge »…

    Ceci n’est qu’une « anecdote… mais elle illustre très bien ce qui s’est passé en Grèce ces dernières décennies… ce que les idées capitalistes ont fait perdre à la civilisation crétoise si humaniste….

    Merci de méditer à cette « histoire » qui, bien que provenant de Crète, n’a rien de mythique ( mes archives abondent de documents de toute nature pour authentifier mes propos…

    • Le parasitisme étatique dans toute sa splendeur…
      Quand nous disons que tout cela doit IMPERATIVEMENT passer à la trappe, ce ne sont pas les Crétois qui diront le contraire !
      Merci de ce témoignage édifiant mais pas surprenant du tout en fait…

  5. bonjour,
    dans le cadre de ma lutte contre le puissant lobby dentaire je me présente à la présidentielle de 2012,voir sur notre site :registre des dentutologistes de france sur le forum duquel je tiens un journal quotidien.
    mais je laisse un messsage surtout pour dire que je serrai aussi candidat à laprochaine législatives dans le 05…… pour justement demander et faire connaitre l’auto gestion !!!!
    merci pour ce site que je fais connaitre le plus possible.
    michel benhaim.

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