Archive pour octobre, 2011

Guerre impérialiste en Libye: assassinat de Kadhafi, suite… L’ancien ambassadeur de France à Tripoli parle…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 22 octobre 2011 by Résistance 71

ASSASSINAT DU GUIDE MOUAMMAR KADHAFI

Ambassadeur Christian Graeff : « Quand l’OTAN a-t-elle déjà tué un chef d’État ? »

 

Dans le flot des commentaires consensuels évoquant la mort d’un « tyran sanguinaire », une voix libre, soudain, tranche : celle de l’ancien ambassadeur de France Christian Graeff (à Tripoli de 1982 à 1985) interrogé au journal de la radio publique France culture. (*)

 

20 OCTOBRE 2011

 

url de l’article original:

http://www.silviacattori.net/article2213.html

 

 

France culture : Après une guerre de huit mois, comment qualifiez-vous le rôle des Occidentaux dans la chute du régime Kadhafi ?

Christian Graeff : Mon interrogation ce soir est courte. Quand l’OTAN a-t-elle déjà tué un chef d’État ? Voilà. C’est ma question. Je fouille dans ma mémoire. Je ne trouve pas la réponse. Pour moi, il y a un assassinat politique. Il y a des responsabilités internationales en cause. L’épilogue sera long. Moi, je ne le verrai pas je suis un vieil homme. Mais pour ce dont je puis juger, je suis sûr qu’il y a là matière à œuvre de justice. Parce qu’on a entendu tellement de mensonges. Il y a eu tellement de sophistication dans la médiatisation de la guerre emmenée par l’OTAN en Libye au-delà, bien au-delà – oh combien au-delà – de la résolution 1973 des Nations unies, que les questions sortiront. Personne au monde n’est en état de les étouffer, ni en Europe ni aux États-Unis, encore moins en Israël.

France culture : Vous pensez que les États-Unis, la Grande Bretagne et la France ont envoyé des hommes au sol par exemple ?

Christian Graeff : Ecoutez, sur les détails techniques on en sait beaucoup ; on en sait plus ou moins selon les sources que l’on a. Les miennes de sources, les sources que j’ai, m’autorisent à dire que les interventions armées de l’Alliance, de l’OTAN, ont été considérables. Et les simulacres, n’est-ce pas, la couverture que l’on a cherché misérablement avec le Qatar et d’autres Émirats ou monarchies traditionnelles arabes sont dérisoires. C’est une rigolade.

Vous avez peut-être eu connaissance de l’ouvrage qui vient de sortir il y a quelques jours, de Dumas et Vergès, où ils accusent : « Sarkozy sous BHL » [1]. Voilà. Il y a là, de façon très polémique j’en conviens, mais autant politique que juridique … tout un argumentaire dont la CPI, peut être un jour, aura à connaître…

France culture : Dans le droit fil de ce que vous venez de dire, quelles sont ces questions, incontournables à vos yeux, qu’il va falloir se poser s’agissant du mandat de l’ONU que vous décrivez comme ayant été outrepassé ?

Christian Graeff : Le mandat …c’est très clair. Tout le monde le sait… on a fait une pirouette, on a cru tromper son monde et puis … on ne dupe pas en démocratie les esprits libres. Les esprits serfs c’est autre chose. Les médias sont au centre du débat. Dans ce débat national, dans ce débat culturel, civilisationnel, qui trompe qui ?

(*) Entretien retranscrit presque mot à mot par Silvia Cattori (journal de France culture du 20 octobre à 18h00)

 

 

 

 

Guerre impérialiste en Libye: l’imposture et la propagande continuent…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 21 octobre 2011 by Résistance 71

Beau texte qui rétablit un certain équilibre des choses, surtout après l’overdose nauséabonde et propagandiste occidentale pour justifier de cette guerre criminelle et diabolisant Kadhafi à souhait.

L’Afrique elle sait…

– Résistance 71 –

 

Libye : Le sang du lion et le festin des rats

 

Par Bahar Kymyongür

 

 

21 octobre 2011

 

Url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Libye-Le-sang-du-lion-et-le-festin.html?lang=fr

 

Syrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes. Au milieu de ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans sa trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre.

 

Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair.

« C’est nous qui l’avons achevé » clament les rats du Shape et de l’Elysée. « Non, c’est nous. » rétorquent les rats indigènes.

Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT.

La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens.

La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi.

La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient.

La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Ecoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites.

La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargée de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération : Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT.

La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis.

Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices.

La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.

La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux.

La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Elysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occasion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle.

A présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion.

Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque.

Buvez, hordes de lâches, buvez ! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum !

Pleurez patriotes libyens pleurez ! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !

Nouvel Ordre Mondial: Les clowns du grand barnum se congratulent et s’auto-recompensent…

Posted in actualité, N.O.M with tags , , , , , on 21 octobre 2011 by Résistance 71

Giscard d’Estaing remet le prix Tocqueville à Zbigniew Brzezinski

 

Url de l’article oiginal:

http://www.voltairenet.org/Giscard-d-Estaing-remet-le-Prix

 

Depuis 1979, le Conseil général du département de la Manche attribue tous les deux ans un Prix Alexis de Tocqueville à une personnalité qui s’est illustrée « par son humanisme et son attachement à la défense des libertés publiques ».

Ce Prix vise à renforcer les liens entre la France et les États-Unis, aussi est-il attribué alternativement à un Français et à un États-uniens.

Le 14 octobre 2011, le Prix a été remis par un jury présidé par l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing à l’ancien conseiller national de sécurité des États-Unis et mentor de Barack Obama, Zbigniew K. Brzezinski.

Le président Giscard d’Estaing n’a pas explicité en quoi le lauréat avait fait preuve d’humanisme et avait défendu les libertés publiques.

M. Brzezinski [1] est surtout connu pour sa théorie stratégique visant à contrôler l’Eurasie en dressant les musulmans contre l’URSS, puis la Russie. Il fut ainsi le planificateur de la guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques. À ce titre, il embaucha Oussama Ben Laden qu’il vint chercher personnellement à Beyrouth pour l’amener à Washington et le convaincre de devenir le chef des Moujahidins. Il fut également le planificateur des guerres de Tchétchénie au cours desquelles les hommes de Ben Laden proclamèrent l’Émirat islamique d’Itchkérie.

Zbigniew K. Brzezinski est également connu pour avoir animé la Commission Trilatérale, une association financée par les Rockefeller pour renouveler les élites aux États-Unis, en Europe et au Japon, et instaurer une gouvernance supra-nationale. Il fut ainsi le découvreur du professeur Raymond Barre dont le président Giscard d’Estaing fit son Premier ministre.

 

impérialisme occidental: l’invasion américaine de l’Afrique prend forme… Une nécessité stratégique impérialiste en vue de la confrontation finale avec la Chine…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 21 octobre 2011 by Résistance 71

Le fils de l’Afrique, s’accapare les joyaux du continent

 

Par John Pilger

 

20 October 2011

 

Url de l’article original:

http://www.johnpilger.com/articles/the-son-of-africa-claims-a-continents-crown-jewels

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 14 Octobre, le président Obama a annoncé que les Etats-Unis allaient envoyer des forces spéciales américaines en Ouganda pour prendre part à la guerre civile. Dans les mois à venir, des troupes de combat américaines vont être envoyées au sud-Soudan, au Congo et en Centrafrique. Elles n’engageront le combat qu’en cas de “légitime défense” a dit Obama de manière satirique. Avec la Libye tombée dans l’escarcelle, une invasion américaine du continent africain prend forme.

La décision d’Obama est décrite par la presse comme étant “hautement inhabituelle” et “surprenante” et même “bizarre”. Il n’en n’est rien. Ceci n’est que la logique de la politique américaine depuis 1945. Prenez le Vietnam. La priorité était d’arrêter l’influence de la Chine, un rival impérialiste et “protéger” l’Indonésie, que le président Nixon appela “le plus gros magot en ressources naturelles de la région.. La plus grande des récompenses”. Le Vietnam était simplement sur le chemin et le massacre de plus de trois millions de Vietnamiens, la dévastation et l’empoisonnement de leur pays étaient le prix de la réalisation des objectifs de l’Amérique. Comme toutes les invasions américains suivantes, un sentier de sang qui s’étend de l’Amérique latine à l’Afghanistan en passant par l’Irak, le leitmotiv était toujours la “légitime défense” ou “la cause humanitaire”, des mots vidés depuis longtemps de leur sens propre.

En Afrique, dit Obama, “la mission humanitiare” est d’assister le gouvernement de l’Ouganda à se défaire de l’armée de résistance de dieu (LRA) qui a “tuée, violée et kidnappée des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en Afrique centrale”. Ceci est une description juste de la LRA, évoquant de mulitples atrocités administrées par les Etats-Unis, tel le bain de sang des années 1960 suite à l’assassinat arrangé par la CIA de Patrice Lumumba, le leader congolais indépendant et premier ministre légalement élu pour la première fois au Congo, ainsi que le coup d’état perpétré par la CIA, installant au pouvoir Mobutu Sese Seko, vu comme le plus vénal des tyrans africains.

L’autre justification d’Obama invite également la moquerie. Ceci est du ressort de “la sécurité nationale américaine”. La LRA a fait son sale boulot depuis 24 ans, sans intérêt particulier des Etats-Unis. Aujourd’hui, elle se compose de quelques 400 membres armés et n’a jamais été aussi faible. Quoi qu’il en soit, la “sécurité nationale américaine” veut en général dire l’achat d’un régime corrompu et veule, qui possède quelque chose que Washington veut. Le “président à vie” ougandais Yoweri Museveni a déjà reçu la plus grande part des 45 millions de dollars d’aide militaire des Etats-Unis, incluant les drones favoris d’Obama. Ceci est son pourboire pour combattre une autre guerre par proxy contre l’ennemi islamiste fantôme de l’Amérique, le groupe Shabaab basé en Somalie.La LRA jouera son rôle imparti de diversion par relation publique, en distrayant les journalistes occidentaux avec ses histoires d’horreur habituelles.

Quoi qu’il en soit, la raison principale pour laquelle les Etats-Unis envahissent l’Afrique n’est pas différente de celle qui enflamma la guerre du Vietnam. C’est la Chine. Dans le monde de la paranoïa institutionalisée auto-infligée, qui justifie ce que le général David Petraeus, l’ancien chef d’état major maintenant à la tête de la CIA, suppose être un état de guerre permanent, la Chine est en train de remplacer Al Qaïda comme la “menace” officielle contre l’Amérique. Quand j’ai interviewé Bryan Whitman, un secrétaire d’état adjoint du ministère de la défense, l’an dernier, je lui ai demandé de décrire le danger courant auquel l’Amérique fait face en ce moment. Il répéta visiblement embarassé, “les menaces asymétriques, les menaces asymétriques”. Ces menaces justifient le blanchiment d’argent sale que l’état effectue avec les conglomérats d’armes et le plus gros budget militaire de l’histoire. Avec Oussama Ben Laden hors service, la Chine reprend le flambeau.

L’Afrique est l’histoire à succès de la Chine. Là où les Américains amènent leurs drones et la destabilisation, les Chinois amènent des réseaux routiers, des ponts, des barrages. Ce qu’ils veulent ce sont les ressources, spécifiquement les hydrocarbures.  Avec les plus grosses réserves de pétrole du continent africain, la Libye de Mouammar Kadhafi était une des sources les plus importantes de la Chine. Lorsque la guerre civile éclata et que les “rebelles” furent soutenus par l’OTAN sous couvert d’une histoire fabriquée de toute pièce à propos de Kadhafi planifiant un “génocide” à Benghazi, la Chine évacua ses 30 000 ouvriers de Libye. La résolution du conseil de sécurité de l’ONU qui autorisa une “intervention humanitaire” de l’occident fut expliquée succintement par le conseil transitoire au gouvernement français, ce qui fut publié le mois dernier par le journal Libération et dans lequel le conseil national de transition libyen offrait 35% de la production nationale de pétrole à la France “en échange” (le terme utilisé) d’un soutien “total et permanent” de la France au conseil de transition. Portant la bannière étoilée dans un Tripoli “libéré” le mois dernier, l’ambassadeur américain Gene Cretz laissa échapper: “Nous savons que le pétrole est le joyau de la couronne des ressources naturelles libyennes !”

La conquête de facto de la Libye par les Etats-Unis et ses partenaires impérialistes annonce la version moderne de la “ruée sur l’Afrique” de la fin du XIXème siècle. Tout comme la “victoire” en Irak, les journalisres ont joué un rôle essentiel et critique en divisant les Libyens entre de bonnes victimes et de mauvaises victimes. Une une récente du journal Guardian illustra une photo d’un combattant “pro-Kadhafi” effrayé aux mains de ses geôliers aux yeux élargis avec la mention “célébrez”. D’après le général Petraeus, il y a maintenant une guerre de la “perception… qui est continuellement conduite à travers les médias”.

Depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont essayé d’établir un commandement militaire sur le continent africain, AFRICOM, mais ont été repoussés par les gouvernements, appréhensifs des tensions régionales que cela impliquerait. La Libye et maintenant l’Ouganda, le sud-Soudan et le Congo leur donnent une autre bonne chance. Comme le révèlent les câbles fuités par Wikileaks du bureau national stratégique pour le contre-terrorisme, les plans américains pour l’Afrique font partie d’un schéma global qui verra 60 000 forces spéciales, incluant des escadrons de la mort, opérant dans 75 pays, de bientôt opérer dans 120 pays. Dick Cheney le dît dans son plan de “stratégie de défense) des années 1990, l’Amérique désire simplement dominer le monde.

Que ceci soit maintenant le cadeau de Barack Obama, le “fils de l’Afrique”, est d’une ironie suprême. Où cela l’est-il vraiment ? Comme Frantz Fanon l’a expliqué dans “Black Skin, White Masks”, ce qui importe en fait n’est pas tant la couleur de votre peau, mais le pouvoir que vous servez et les millions que vous trahissez.

Guerre impérialiste en Libye: le lynchage de Kadhafi favorise la somalisation voulue de la Libye… Chaos et destruction sont les armes de l’empire occidental.

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Le lynchage de Mouammar Kadhafi

 

par Thierry Meyssan

 

Url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/Le-lynchage-de-Mouammar-Kadhafi

 

 

La mort de Mouammar el-Kadhafi a été saluée par une explosion de joie dans les palais gouvernementaux occidentaux à défaut de l’être par le peuple libyen. Pour Thierry Meyssan, cet assassinat militairement inutile n’a pas été perpétré par l’Empire uniquement pour l’exemple, mais aussi pour déstructurer la société tribale libyenne.

 

RÉSEAU VOLTAIRE | BEYROUTH (LIBAN) | 20 OCTOBRE 2011

 

 

Jeudi 20 octobre 2011, vers 13 h 30 GMT, le Conseil national de transition libyen a annoncé la mort de Mouammar el- Kadhafi. Bien que confus, les premiers éléments laissent à penser qu’un convoi de voitures a tenté de quitter Syrte assiégée et a été bloqué et partiellement détruit par un bombardement de l’OTAN. Des survivants se seraient mis à l’abri dans des canalisations. M. Kadhafi, blessé, aurait été fait prisonnier par la brigade Tigre de la tribu des Misrata qui l’aurait lynché.

Le corps du « Guide » de la Grande Jamahiriya arabe socialiste

n’a pas été conservé dans sa ville natale de Syrte, ni transporté à

Tripoli, mais acheminé comme trophée par les Misrata dans la ville éponyme.

La tribu des Misrata, qui a longtemps hésité à choisir son camp et est quasi absente du CNT, aura finalement investi Tripoli après son bombardement par l’OTAN, et aura lynché Mouammar el- Kadhafi après le bombardement de son convoi par l’OTAN. Elle aura même transféré son corps dans sa ville pour marquer son triomphe. En juillet, le « Guide » aura maudit les Misrata, leur enjoignant de partir à Istanbul et Tel-Aviv, faisant allusion au fait que leur tribu est issue de juifs turcs convertis à l’islam.

Un flot de commentaires préparés à l’avance a été déversé instantanément par les médias atlantistes visant à diaboliser Mouammar el-Kadhafi et, de la sorte, à faire oublier les conditions barbares de sa mort.

Les principaux dirigeants de la Coalition ont salué la mort de leur ennemi comme marquant la fin de l’opération « Protecteur unifié ». Ce faisant, ils admettent implicitement que celle-ci ne visait pas à mettre en œuvre la Résolution 1973 du Conseil de sécurité, mais à renverser un régime politique et à en tuer le leader, alors même que l’assassinat d’un chef d’État en exercice est interdit en droit états-unien et universellement condamné.

De plus, le lynchage de Mouammar el-Kadhafi montre la volonté de l’OTAN de ne pas le déférer à la Cour pénale internationale qui n’aurait pas été plus en mesure de le condamner pour crime contre l’humanité que le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie ne put prouver la culpabilité de Slobodan Milosevic malgré deux ans de procès.

Dans le torrent de boue déversé par les médias atlantistes pour salir sa mémoire, reviennent en boucle des accusations mensongères, ce qui montre a contrario que ces médias disposent de peu d’éléments authentiques utilisables à charge.

Ainsi revient l’affaire de l’attentat contre la discothèque La Belle à Berlin (5 avril 1986, 3 morts), jadis utilisée comme prétexte par l’administration Reagan pour bombarder son palais et tuer sa fille (14 avril 1986, au moins 50 morts). À l’époque, le procureur allemand Detlev Mehlis (celui qui truquera deux décennies plus tard l’enquête sur l’assassinat de Rafik el-Hariri) s’appuya sur le témoignage de Mushad Eter pour accuser un diplomate libyen et son complice Mohammed Amairi. Cependant, la télévision allemande ZDF découvrira plus tard que Mushad Eter est un faux témoin et un vrai agent de la CIA, tandis que le poseur de bombe Mahammed Aamiri est un agent du Mossad [1].

Ou encore, l’affaire de l’attentat de Lockerbie (21 décembre 1988, 270 morts) : les enquêteurs identifièrent le propriétaire de la valise contenant la bombe et son retardateur sur la foi du témoignage d’un commerçant maltais qui avait vendu un pantalon se trouvant également dans la valise piégée. La justice écossaise mit alors en accusation deux agents libyens Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Al Amin Khalifa Fhimah et le Conseil de sécurité prit des sanctions contre la Libye. En définitive, pour obtenir la levée des sanctions, la Libye accepta d’extrader ses deux agents (le premier fut condamné à la prison à vie, le second fut innocenté) et de payer 2,7 milliards de dollars d’indemnités, tout en persistant à proclamer sa complète innocence. En définitive, en août 2005, un des chefs d’enquête écossais déclara que la pièce à conviction principale, le retardateur, avait été déposé sur les lieux par un agent de la CIA. Puis l’expert qui avait analysé le retardateur pour le tribunal admit l’avoir lui-même fabriqué avant que la CIA ne le dépose sur les lieux. Enfin, le commerçant maltais reconnu avoir été payé 2 millions de dollars pour porter un faux témoignage. Les autorités écossaises décidèrent de réviser le procès, mais l’état de santé d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi ne le permit pas.

L’actuelle campagne de désinformation comprend aussi un volet

demandé d’aider son pays à faire valoir ses droits aux Nations

sur le train de vie décrit comme somptueux du défunt et sur le montant pharaonique de sa fortune cachée. Or, tous ceux qui ont approché Mouammar el-Kadhafi, ou simplement ceux qui ont visité sa maison familiale et sa résidence après leur bombardement peuvent attester qu’il vivait dans un environnement comparable à celui de la bourgeoisie de son pays, bien loin du bling bling de son ministre du Plan, Mahmoud Jibril. De même, aucun des États qui traquent la fortune cachée des Kadhafi depuis des mois n’a été en mesure de la trouver. Toutes les sommes significatives saisies appartenaient à l’État libyen et non à son « Guide ».

À l’inverse, les médias atlantistes n’évoquent pas le seul mandat d’arrêt international émis par Interpol contre Mouammar el- Kadhafi avant l’offensive de l’OTAN. Il était accusé par la Justice libanaise d’avoir fait disparaître l’imam Moussa Sadr et de ses

accompagnateurs (1978). Cet oubli s’explique par le fait que l’enlèvement aurait été commandité par les États-Unis qui voulaient éliminer l’imam chiite avant de laisser l’ayatollah Rouhollah Khomeiny rentrer en Iran, de peur que Sadr n’étende au Liban l’influence du révolutionnaire iranien.

Les médias atlantistes n’évoquent pas non plus les critiques que des organisations de la Résistance anti-impérialiste et nous- mêmes avions formulées contre Mouammar el-Kadhafi : ses compromis récurrents avec Israël.

Pour ma part, je peux attester que, jusqu’à la bataille de Tripoli, le « Guide » a négocié avec des émissaires israéliens, espérant parvenir à acheter la protection de Tel-Aviv. Je dois aussi attester que, malgré mes critiques sur sa politique internationale, et le dossier complet à ce sujet que la DCRI française lui a aimablement communiqué à mon sujet en juillet dans l’espoir de me faire arrêter, Mouammar el-Kadhafi m’a accordé sa confiance et m’a

demandé d’aider son pays à faire valoir ses droits aux Nations

Unies [2] ; un comportement bien éloigné de celui d’un tyran.

Les médias atlantistes n’ont pas non plus cité les ingérences que j’ai condamné de la Libye dans la vie politique française, notamment le financement illégal des campagnes électorales présidentielles de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Le « Guide » avait en effet autorisé son beau-frère Abdallah Senoussi à corrompre les deux principaux candidats en échange de la promesse de l’amnistier ou de faire pression sur la Justice française pour clore son dossier pénal [3].

Surtout, les médias atlantistes n’évoquent pas l’œuvre principale du « Guide » : le renversement de la monarchie fantoche imposée par les anglo-saxons, le renvoi des troupes étrangères, la nationalisation des hydrocarbures, la construction de la Man Made River (les plus importants travaux d’irrigation au monde), la redistribution de la rente pétrolière (il fit d’une des populations les plus pauvres du monde, la plus riche d’Afrique), l’asile généreux aux réfugiés Palestiniens et l’aide sans équivalent au développement         du         Tiers-monde         (l’aide         libyenne         au développement était plus importante que celle de tous les États du G20 réunis).

La mort de Mouammar el-Kadhafi ne changera rien au plan international. L’événement important était la chute de Tripoli, bombardée et conquise par l’OTAN —certainement le pire crime de guerre de ce siècle—, suivie de l’entrée de la tribu des Misrata pour contrôler la capitale. Dans les semaines précédant la bataille de Tripoli, l’écrasante majorité des Libyens ont participé, vendredi après vendredi, à des manifestations anti-OTAN, anti-CNT et pro- Kadhafi. Désormais, leur pays est détruit et ils sont gouvernés par l’OTAN et ses fantoches du CNT.

La mort du Guide aura par contre un effet traumatique durable sur la société tribale libyenne. En faisant tuer le leader, l’OTAN a détruit l’incarnation du principe d’autorité. Il faudra des années et beaucoup de violences avant qu’un nouveau leader soit reconnu par l’ensemble des tribus, ou que le système tribal soit remplacé par un autre mode d’organisation sociale. En ce sens, la mort de Mouammar el-Kadhafi ouvre une période d’irakisation ou de somalisation de la Libye.

 

Thierry Meyssan

 

[1] Enquête du magazine Frontal, diffusée par la ZDF le 28 août 1998. [2] Ce que j’ai fait à titre militant, sans rémunération aucune. Ndla

[3] Abdallah Senoussi avait été condamné par contumace en France pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA (19 septembre 1989, 170 morts) durant la guerre du Tchad.

Nouvel Ordre Mondial: la collusion entre Washington et le terrorisme = terrorisme d’état…

Posted in 11 septembre, actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 20 octobre 2011 by Résistance 71

La Bosnie, le Kosovo et à présent la Libye : les coûts humains de la collusion perpétuelle entre Washington et les terroristes

 

 

Par Peter Dale Scott

 

Le 17 octobre 2011

 

The Asia-Pacific Journal Vol 9, Issue 31 No 1

 

Url de l’article original en français:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27114

 

Cet article a été publié en anglais par Global Research le 29 juillet 2011 ainsi que par la revue japonaise «Asia- Pacific», il a donc été rédigé avant la prise de Tripoli. Cependant ce texte demeure d’actualité et il demeure une importante compréhension des enjeux actuels de la guerre au terrorisme ainsi que les interventions de l’OTAN en Libye. Cet essai traite de l’instrumentalisation par les Etats-Unis/l’OTAN des réseaux islamistes dans le monde entier (Libye, Bosnie, Kosovo, Afghanistan et les Etats-Unis avec Ali Mohamed et le centre al-Kifah de Brooklyn).

Cet article est très riche en informations, et il permet de se replonger dans l’histoire récente en se recentrant sur le modus operandi de l’OTAN et ou/des Etats-Unis (renseignements/armée) consistant à s’allier à divers degrés avec des réseaux jihadistes particulièrement violents et déstablisants (dont al-Qaïda et le GICL).

 

Au cours des deux dernières décennies, d’importantes réductions dans les dépenses militaires des États-Unis et de l’Occident ont été anticipées à deux reprises : après la chute du mur de Berlin, puis dans le sillage de la crise financière de 2008. Mais à ces deux occasions, les dépenses militaires ont rapidement augmenté, et l’on peut percevoir parmi les facteurs contribuant à ces hausses les interventions militaires des États-Unis dans deux territoires : les Balkans durant les années 1990 et la Libye aujourd’hui.1 Dans les deux cas, il fut dissimulé à l’opinion publique à quel point al-Qaïda était un allié secret des États-Unis plutôt qu’un ennemi.

Les interventions américaines dans les Balkans et à présent en Libye furent présentées comme humanitaires par les médias de masse des États-Unis et de leurs alliés. En effet, certains interventionnistes à Washington pourraient, de bonne foi, en avoir été persuadés. Cependant, des motivations plus profondes – allant du pétrole aux priorités géostratégiques – étaient également à l’œuvre dans ces deux cas.

Dans pratiquement toutes les guerres où elles ont été impliquées depuis 1989, des factions américaines et islamistes ont combattu pour déterminer qui contrôlerait le cœur de l’Eurasie dans l’ère postsoviétique. Dans certains pays – la Somalie en 1993, l’Afghanistan en 2001 – la confrontation a été directe, chaque partie en conflit utilisant les excès de l’autre afin de justifier le recours aux armes.

Mais il y a eu d’autres interventions dans lesquelles les Américains ont utilisé al-Qaïda comme ressource afin d’accroître leur influence : par exemple en Azerbaïdjan en 1993. Dans ce pays, un président favorable à Moscou fut renversé après qu’un grand nombre de combattants arabes ainsi que d’autres moudjahidines étrangers furent secrètement infiltrés depuis l’Afghanistan, et ce grâce à une compagnie aérienne hâtivement mise en place par trois vétérans de Air America, la compagnie aérienne de la CIA (Ces trois hommes étaient Richard Secord, Harry Aderholt et Ed Dearborn, qui avaient chacun leur tour été détachés du Pentagone vers la CIA).2 Ce fut un mariage de convenance qui arrangeait tout le monde : les moudjahidines pouvaient défendre les musulmans contre l’influence russe dans l’enclave de Nagorno-Karabakh, tandis que les Américains disposaient d’un nouveau Président [en Azerbaïdjan] qui ouvrait aux compagnies pétrolières occidentales l’accès aux champs pétrolifères de Bakou.

Le schéma de la collaboration des États-Unis avec des fondamentalistes musulmans contre des ennemis plus laïcs n’est pas une nouveauté. Il date au moins de 1953, lorsque la CIA recruta des mollahs de droite pour renverser le Premier ministre Mossadegh en Iran, et commença également à collaborer avec les Frères musulmans sunnites.3 Toutefois en 2011, nous pouvons observer en Libye un mariage arrangé plus complexe entre les États-Unis et des éléments d’al-Qaïda : celui-ci répète un schéma qui a été observé en Bosnie de 1992 à 1995 et au Kosovo entre 1997 et 1998. Dans ces pays, les États-Unis ont répondu à un conflit local au nom d’une intervention humanitaire destinée à restreindre les atrocités. Néanmoins, dans ces trois cas de figure, des atrocités ont été commises des deux côtés, et les interventions des États-Unis ont en fait favorisé la partie alliée d’al-Qaïda.

Dans ces trois exemples, la cause de l’intervention militaire a été défendue par de flagrantes manipulations et autres déformations de la réalité. Ce qu’un historien a noté du conflit bosniaque était également vrai pour le Kosovo, et ses observations pourraient aujourd’hui trouver un écho en Libye : bien que les attaques fussent « perpétrées par des Serbes autant que par des musulmans », les médias occidentaux considéraient « que les assassinats de musulmans méritaient l’intérêt médiatique, au contraire des meurtres des non-musulmans. »4 Il s’est avéré que les rapports au sujet de viols de masse touchant des milliers de personnes furent considérablement exagérés : un journaliste français « découvrit seulement quatre femmes prêtes à soutenir ces récits. »5 Dans le même temps, en 1994, l’intellectuel français Bernard-Henri Lévy (BHL) se rendit en Bosnie et

défendit avec ferveur la cause de l’intervention dans ce pays ; en février 2011, BHL voyagea à Benghazi et endossa de nouveau son rôle interventionniste en Libye.6

De plus, dans chacun des pays cités, des signes indiquent que des cellules des renseignements américains et/ou occidentaux ont collaboré avec des éléments d’al-Qaïda depuis le début des conflits en question, c’est-à- dire avant les atrocités justifiant l’intervention. Cela suggère l’existence de raisons plus profondes derrière les interventions militaires des États-Unis, dont la volonté des compagnies pétrolières occidentales d’exploiter les réserves pétrolières de Libye (comme en Irak) sans avoir à traiter avec un homme fort puissant et gênant, ou bien leur désir de créer un oléoduc stratégique à travers les Balkans (au Kosovo).7

Le fait que les États-Unis pourraient soutenir al-Qaïda dans des atrocités terroristes va complètement à l’encontre de l’impression générale façonnée par les médias américains. Pourtant, cette alliance perpétuelle et contre-nature est la résurgence et la continuité de la stratégie de provocation mise en place par Zbigniew Brzezinski en Afghanistan entre 1978 et 1979, alors qu’il était le conseiller à la Sécurité nationale du Président Carter .

Le Shah d’Iran (à gauche), Brzezinski (à droite), Carter (deuxième à droite)

Dans ces années-là, Brzezinski n’eut aucune hésitation à jouer la carte du terrorisme contre l’Union soviétique : il soutint les efforts de la SAVAK (les services de renseignement du Shah d’Iran) visant à collaborer avec les ancêtres islamistes d’al-Qaïda dans le but de déstabiliser l’Afghanistan, ce qui aboutit rapidement à l’invasion de ce pays par les Soviétiques.8 À cette époque, comme il s’en vanta plus tard, Brzezinski écrivit à Carter : « Nous avons à présent l’opportunité d’offrir à l’URSS sa guerre du Vietnam. »9

William Casey, en tant que directeur de la CIA, perpétua cette stratégie consistant à utiliser des terroristes contre l’URSS en Afghanistan. Grâce à la Direction pour le renseignement interservices du Pakistan (Interservices Intelligence Service ou ISI), la CIA transmit de l’aide aux extrémistes afghans comme Gulbuddin Hekmatyar (qui est aujourd’hui l’un des [principaux] ennemis des États-Unis en Afghanistan). Puis en 1986, « Casey engagea la CIA dans un soutien de long terme à une vieille initiative de l’ISI destinée à recruter des musulmans radicaux à travers le monde afin qu’ils se rendent au Pakistan et combattent aux côtés des moudjahidines afghans. »10 Les aides de la CIA étaient dorénavant acheminées vers leur organisation de soutien, le Bureau de services [Maktab al-Khadam!t] à Peshawar, dirigé par un Palestinien nommé Abdullah Azzam et par Oussama ben Laden. Le centre al-Kifah, un bureau américain de recrutement pour ce que l’on appelait la légion étrangère des « Arabes afghans » (qui allait devenir al-Qaïda), fut installé au sein de la mosquée al-Farouk à Brooklyn.11

Aujourd’hui, il est important de se souvenir de l’utilisation des terroristes par Brzezinski puis par Casey. Car en Libye, comme au Kosovo et en Bosnie auparavant, l’on peut percevoir des signes alarmants indiquant que les États-Unis ont continué à utiliser le terrorisme islamiste comme moyen de démanteler les nations socialistes ou pro-socialistes qui n’étaient pas dans leur orbite : l’URSS tout d’abord, puis la Yougoslavie et aujourd’hui la Libye. Comme je l’ai écrit ailleurs, Kadhafi utilisait la richesse de la Libye, la seule nation méditerranéenne encore armée par la Russie et indépendante de l’orbite de l’OTAN, pour imposer des conditions de plus en plus difficiles pour les compagnies pétrolières occidentales. Il utilisait aussi cette richesse pour émanciper l’ensemble de l’Afrique de la tutelle européenne et américaine.12

Le soutien pour les moudjahidines engendra une collusion lourde de conséquences avec des organisations enfreignant la loi. Dans la seconde partie de cet essai, je montrerai comment la protection gouvernementale de figures clés du centre al-Kifah de Brooklyn – y compris après qu’elles aient commis des crimes – leur a permis de s’engager librement dans des actes terroristes aux États-Unis, comme le premier attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993.

L’alliance entre les États-Unis et al-Qaïda en Libye

L’intervention de l’OTAN en Libye a été présentée comme une campagne humanitaire. Mais elle n’en est pas une : les deux factions ont commis des atrocités. En partie grâce à l’Harbour Group, une entreprise de relations publiques bien connectée travaillant pour le compte du Conseil National de Transition [CNT], l’opinion publique états-unienne a eu beaucoup plus d’informations sur les atrocités commises par les forces pro-Kadhafi en Libye que sur celles perpétrées par l’opposition de Benghazi.13 Mais en réalité, comme l’a rapporté le Daily Telegraph de Londres :

« Sous le contrôle des rebelles, les résidents de Benghazi sont terrorisés, la plupart d’entre eux étant ‘trop effrayés pour conduire de nuit à travers les rues sombres, craignant le racket – ou pire encore – aux points de contrôle qui sont en train de se multiplier’.

Par ailleurs, près d’un million et demi de migrants venant d’Afrique noire sont victimes de la suspicion qui pèse sur eux et veut qu’ils soutiennent le mauvais côté. Nombre d’entre eux ont été attaqués, certains ont été traqués, tirés de leurs appartements, battus et tués. Les soi-disant ‘révolutionnaires’ et les ‘combattants de la liberté’ sont en réalité des hommes armés qui saccagent tout sur leur passage et qui commettent des atrocités ignorées par les médias de masse, lesquels ne sont pas disposés à révéler à quoi ressemblerait la Libye nouvelle si Kadhafi était renversé. »14

Thomas Mountain est d’accord sur le fait que « depuis le déclenchement de la rébellion à Benghazi, plusieurs centaines de travailleurs soudanais, somaliens, éthiopiens et érythréens ont été rackettés et assassinés par des milices rebelles racistes, un fait bien dissimulé par les médias internationaux. »15 De tels rapports se sont multipliés au fil du temps. Récemment, Human Rights Watch a accusé les rebelles de tuer des partisans de Kadhafi qui n’étaient que de simples civils et de piller, brûler et saccager leurs maisons et leurs quartiers.16

Une effigie de Kadhafi pendue par les rebelles de Benghazi, 22 mai 2011

[Avant la prise de Tripoli par les hommes du commandant militaire islamiste Abdelhakim Belhadj], les Américains et les Européens [étaient] encore moins susceptibles d’apprendre par leurs médias que, parmi les factions composant la coalition de transition de Benghazi, celle qui est certainement la plus aguerrie regroupe des vétérans du Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya (Le Groupe islamique combattant en Libye, ou GICL). L’importance du contingent du GICL dans le CNT a été minimisée dans une publication récente de l’International Business Times :

« Le GICL est un groupe islamiste qui a mené une guérilla de basse intensité contre Kadhafi pendant près d’une dizaine d’années. La plupart des dirigeants du GICL sont d’anciens soldats ayant combattu sous l’égide des moudjahidines contre les forces soviétiques en Afghanistan. Depuis le début du soulèvement, des rapports ont indiqué que des membres du GICL auraient rejoint sur le terrain le mouvement rebelle du CNT, et beaucoup ont accusé ces combattants d’avoir des liens avec al-Qaïda, ce que le GICL a depuis nié.

Mais auparavant, le GICL avait déclaré que son but ultime était d’instaurer un État islamique en Libye, ce qui est assez inquiétant du fait que la plupart de ses combattants sont à présent du côté du CNT. Néanmoins, comme le GICL ne disposerait que d’une force ne dépassant pas quelques milliers d’hommes, on pense qu’il ne sera pas en mesure de provoquer beaucoup de problèmes au sein de l’opposition. »17

Il reste à déterminer si le CNT victorieux serait capable de contenir les aspirations islamistes d’impitoyables

vétérans jihadistes regroupés dans ses rangs.

D’aucuns craignent qu’un GICL aguerri par ses années de combats en Afghanistan et en Irak – bien que n’étant pas prédominant au sein du CNT – verrait son influence accrue lors de la distribution des rôles, si la coalition de Benghazi venait à l’emporter [NdT : cet article a été publié dans sa version originale peu avant la prise de Tripoli par les « rebelles »]. En février 2004, George Tenet, alors directeur de la CIA, déclara devant la commission du Renseignement du Sénat que « l’une des menaces les plus pressantes [pour la sécurité des États-Unis en Irak] vient de groupes extrémistes sunnites de moindre taille qui ont bénéficié de liens avec al- Qaïda. Ils incluent […] le Groupe islamique combattant en Libye. »18 En 2007, une étude de West Point rapporta « la collaboration de plus en plus étroite ente le Groupe islamique combattant en Libye (GICL) et al- Qaïda, collaboration qui aboutit au ralliement officiel du GICL avec al-Qaïda le 3 novembre 2007. »19 Il est possible que l’étude de West Point exagéra la connexion entre al-Qaïda et le GICL. Ce qui importe est que la Grande-Bretagne et les États-Unis étaient parfaitement conscients de l’évaluation de West Point, mais que leurs forces spéciales respectives ont quand même secrètement soutenu le CNT de Benghazi, et ce avant le lancement des opérations aériennes de l’OTAN :

« Le bombardement de ce pays a débuté alors qu’il venait d’être révélé que des centaines de soldats des Forces spéciales britanniques avaient été déployés à l’intérieur de la Libye, ciblant les troupes du Colonel Kadhafi – et que d’autres, en nombre supérieur, attendent de passer à l’action […]

Au total, il semblerait qu’un peu moins de 250 soldats des Forces spéciales britanniques et de leurs appuis ont été actifs en Libye avant le lancement des frappes aériennes destinées à imposer une zone d’exclusion aérienne aux forces de Kadhafi. »20

Il existe également des rapports indiquant que les Forces spéciales US ont aussi été envoyées en Libye le 23 et le 24 février 2011, soit un mois environ avant le début des bombardements de l’OTAN.21

Le soutien britannique pour le GICL date en réalité d’une [quinzaine d’années] :

« De violents accrochages entre les forces de sécurité [de Kadhafi] et les guérillas islamistes sont survenus à Benghazi en septembre 1995, faisant des dizaines de morts dans les deux camps. Après des semaines d’intenses combats, le Groupe islamique combattant en Libye (GICL) a formellement déclaré son existence à travers un communiqué qualifiant le gouvernement de Kadhafi de ‘régime apostat qui a blasphémé contre la foi de Dieu Tout-puissant’ et déclarant que son renversement était ‘le principal devoir après la foi en Dieu’. Ce communiqué du GICL ainsi que les suivants furent publiés par des Libyens afghans auxquels la Grande-Bretagne avait accordé l’asile politique. […] L’implication du gouvernement britannique dans la campagne du GICL menée contre Kadhafi suscite encore d’immenses controverses. L’autre opération importante du GICL, une tentative d’assassinat manquée contre Kadhafi en 1996 – tuant nombre de ses gardes du corps – aurait été financée par les renseignements britanniques à hauteur de 160 000 dollars, selon l’ancien officier du MI5 David Shayler. »22

Le compte-rendu détaillé de David Shayler a été remis en cause, mais de nombreuses autres sources indiquent que le soutien britannique pour les jihadistes libyens est largement antérieur au conflit actuel.23

Dans l’avenir, les combattants de la plus internationaliste al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), ayant saisi l’opportunité que représentait la guerre pour entrer dans le conflit et s’équiper dans les arsenaux pillés de Kadhafi, pourraient s’avérer encore plus menaçants que le GICL nationaliste.24 AQMI suscite une inquiétude particulière. En effet, de récents rapports indiquent que cette organisation est financée de manière croissante par les bénéfices des trafiquants de drogue de la région, à l’image des autres groupes associés à al-Qaïda de l’Afghanistan jusqu’au Kosovo.25 En résumé, la campagne de l’OTAN en Libye soutient une coalition au sein de laquelle la position des alliés d’al-Qaïda – anciens comme actuels – pourrait être renforcée.26 Et les forces occidentales les ont secrètement soutenus depuis le début.

Une carte publiée dans l’édition du 15 mai 2011 du New York Times montre une interprétation de la division territoriale de la Libye

L’alliance entre les États-Unis et al-Qaïda en Bosnie

À l’instar de la guerre en Libye, les interventions de Clinton en Bosnie et au Kosovo ont été présentées comme humanitaires. Cependant, les deux parties ont commis des atrocités dans ces conflits ; Washington et les médias occidentaux ont, par intérêt, minimisé les exactions perpétrées par les musulmans.

Beaucoup d’Américains savent que Clinton a déployé les troupes US afin d’imposer les accords de paix de Dayton à la suite d’atrocités serbes amplement relayées par les médias : le massacre de milliers de musulmans à Srebrenica. Grâce à une énergique campagne menée par l’entreprise de relations publiques Ruder Finn, les Américains entendirent beaucoup parler du massacre de Srebrenica. Mais ils en entendirent considérablement moins concernant les décapitations et autres atrocités commises par des musulmans – atrocités qui ont précédé Srebrenica et qui contribuent à expliquer ce massacre.

En effet, l’une des raisons majeures expliquant l’attaque de Srebrenica par les Serbes est qu’ils voulaient répondre aux attaques armées organisées depuis cette ville contre des villages avoisinants : « Des sources issues des renseignements ont déclaré que ce fut principalement ce harcèlement qui a précipité les attaques serbes contre 1500 défenseurs musulmans à l’intérieur de cette enclave. »27 Le général Philippe Morillon, commandant des troupes de l’ONU en Bosnie de 1992 à 1993, déclara devant le TPIY (le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie) que les forces musulmanes basées à Srebrenica « s’engagèrent dans des attaques durant les fêtes orthodoxes et détruisirent des villages, massacrant tous les habitants. Cela créa dans la région un degré de haine assez extraordinaire. »28 Selon le professeur John Schindler,

« Entre mai et décembre 1992, des forces musulmanes ont attaqué à répétition des villages serbes autour de Srebrenica, tuant et torturant des civils ; certains furent mutilés et brulés vifs. Même des comptes-rendus venant de sources pro-Sarajevo concèdent que les forces musulmanes de Srebrenica […] assassinèrent plus de 1300 Serbes […] et avaient ‘nettoyé ethniquement une vaste zone’. »29

Peter Galbraith, ancien ambassadeur des États-Unis en Croatie, admit plus tard au cours d’un entretien que l’administration US était au courant d’un « petit nombre d’atrocités » en train d’être perpétrées par des moudjahidines étrangers en Bosnie, mais il les minimisa en déclarant qu’elles « ne représentaient pas un gros problème au vu de la situation d’alors. »30

D’autres sources révèlent que Washington donna un feu vert tacite à la fourniture d’armes depuis la Croatie ainsi qu’à l’accroissement de la présence musulmane à Srebrenica.31 Peu après, des avions Hercule C-130, dont certains étaient iraniens, parachutèrent des armes aux musulmans en violation de l’embargo international que les États-Unis respectaient officiellement. Des moudjahidines arabes afghans arrivèrent également. La plupart des largages ainsi que certains moudjahidines étaient concentrés à Tuzla, à 70 kilomètres de Srebrenica.32

Selon l’hebdomadaire londonien The Spectator, le Pentagone avait recours à d’autres pays comme l’Iran et la Turquie pour organiser son flux d’armes et de combattants :

« De 1992 à 1995, le Pentagone a facilité les déplacements depuis l’Asie centrale vers l’Europe de milliers de moudjahidines et d’autres éléments islamistes pour qu’ils combattent contre les Serbes aux côtés des musulmans bosniaques. […] Dans le cadre d’une enquête du gouvernement néerlandais sur le massacre de Srebrenica de juillet 1995, le professeur Cees Wiebes de l’Université d’Amsterdam compila un rapport intitulé Le renseignement et la Guerre en Bosnie, et publié en avril 2002. Il y détaille les alliances secrètes entre le Pentagone et des groupes islamistes radicaux venant du Moyen-Orient, ainsi que leurs efforts de soutien en faveur des musulmans de Bosnie. En 1993, il y avait énormément de contrebande d’armes depuis la Croatie vers les musulmans [de Bosnie]. Ce trafic était organisé par des ‘agences clandestines’ des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, associées à un éventail de groupes islamistes incluant les moudjahidines afghans et le Hezbollah pro-iranien. Les armes achetées par l’Iran et la Turquie avec le soutien financier de l’Arabie saoudite étaient aéroportées du Moyen-Orient vers la Bosnie – des acheminements aériens dans lesquels les États-Unis étaient ‘étroitement impliqués’, comme le souligne Wiebes. »33

Le récit détaillé de Wiebes, basé sur des années de recherche, documente la responsabilité américaine autant que les démentis véhéments des États-Unis :

« Le 10 février 1995 à 17h45, le capitaine norvégien Ivan Moldestad, un pilote du détachement norvégien d’hélicoptères (NorAir), se tenait au seuil de la porte de son logement temporaire, situé juste en dehors de Tuzla. Il faisait sombre, lorsqu’il entendit soudain le bruit des hélices d’un avion de transport en approche ; c’était assurément un Hercule C-130 à quatre moteurs. Moldestad remarqua que l’Hercule était escorté par deux avions de chasse, mais il ne put en déterminer le modèle à cause de la pénombre. Il y eut d’autres témoins de ce vol nocturne secret vers la base aérienne de Tuzla (TAB). Une sentinelle qui montait la garde devant l’unité médicale norvégienne de l’ONU à Tuzla l’entendit également et vit les lumières de l’avion et des chasseurs qui l’escortaient. D’autres observateurs de l’ONU, utilisant des équipements de vision nocturne, ont également vu l’avion cargo et les chasseurs en question. Ces rapports furent immédiatement transmis au Centre des opérations aériennes combinées (CAOC) de l’OTAN à Vicenza ainsi qu’à la cellule Deny Flight de la FORPRONU à Naples. Lorsque Moldestad téléphona à Vicenza, on lui répondit qu’il n’y avait rien dans le ciel ce soir-là, et qu’il devait avoir fait erreur. Lorsque Moldestad insista, la connexion fut interrompue.

Les vols secrets des avions cargo C-130 et les parachutages d’armes sur Tuzla provoquèrent une agitation encore plus grande au sein de la FORPRONU et de la communauté internationale en février et en mars 1995. Lorsqu’on lui posa la question de l’origine des livraisons secrètes d’armes via la base aérienne de Tuzla (TAB), un général britannique répondit avec assurance : ‘Ces livraisons d’armes étaient des livraisons américaines. Cela ne fait aucun doute. Et des entreprises privées américaines y étaient impliquées’. Ce n’était pas une réponse surprenante, car ce général avait accès à des renseignements collectés par une unité du Special Air Service (SAS) britannique à Tuzla. L’avion s’était approché à portée de l’équipement spécial de vision nocturne de cette unité, et les Britanniques l’avaient vu atterrir. Ce fut une confirmation qu’avait bel et bien eu lieu une opération clandestine américaine durant laquelle des armes, des munitions et de l’équipement militaire de communication ont été fournis à l’Armée de la République de Bosnie et d’Herzégovine (ARBiH). Ces opérations nocturnes ont généré beaucoup de consternation au sein de l’ONU et de l’OTAN, et elles furent sujettes à d’innombrables spéculations. »34

Wiebes émit la possibilité que les C-130, dont certains auraient décollé d’une base de l’US Air Force en Allemagne, fussent en réalité contrôlés par les autorités turques.35 Mais l’implication américaine fut attestée par la dissimulation sophistiquée de ces vols. En effet, les avions AWACS américains, qui auraient dû fournir un enregistrement des vols secrets, furent soit retirés des opérations aux moments opportuns, soit pilotés et occupés par des équipages US.36 Un résumé du rapport exhaustif de Wiebes fut publié dans le Guardian :

« Le rapport hollandais révèle comment le Pentagone a formé une alliance secrète avec des groupes islamistes dans le cadre d’une opération rappelant l’affaire Iran-Contra.

Des cellules des renseignements US, turcs et iraniens collaborèrent avec les islamistes dans ce que le rapport hollandais nomme le ‘pipeline croate’. Des armes achetées par l’Iran et la Turquie et financées par l’Arabie saoudite furent initialement envoyées par avion en Croatie via Iran Airline, la compagnie aérienne officielle iranienne, puis elles furent acheminées plus tard par un ‘escadron’ d’avions noirs de type Hercule C-130.

Le rapport indique que des combattants moudjahidines ont également été introduits là-bas par voie aérienne, et que les États-Unis étaient ‘étroitement impliqués’ dans cette opération, qui constituait une violation flagrante de l’embargo. Toujours selon ce rapport, les services secrets britanniques ont obtenu des documents prouvant que l’Iran organisa aussi des livraisons d’armes directement en Bosnie.

L’opération fut encouragée par le Pentagone plutôt que par la CIA, qui craignait de violer l’embargo et d’utiliser des canaux islamistes pour transférer des armes. Lorsque la CIA introduisit ses propres hommes sur le terrain en Bosnie, ses agents furent menacés par les combattants moudjahidines et par les Iraniens qui les entraînaient.

L’ONU s’appuyait sur les renseignements américains pour surveiller l’embargo, une dépendance qui permit à Washington de manipuler à volonté l’organisation. »37

Dans le même temps, le centre al-Kifah à Brooklyn, qui avait soutenu les « Arabes afghans » combattant en Afghanistan dans les années 1980, détourna son attention vers la Bosnie :

« Al-Hussam (l’épée), le bulletin d’information d’al-Kifah rédigé en anglais, commença également à publier des nouvelles régulières concernant le jihad en Bosnie. […] Sous le contrôle de subalternes du cheikh Omar Abdel Rahman, le bulletin d’information incitait violemment les sympathisants musulmans à rejoindre à leur tour le jihad en Bosnie et en Afghanistan. […] En Croatie, le bureau de la branche bosniaque d’al-Kifah à Zagreb, abrité dans un bâtiment moderne de deux étages, était évidemment en étroite connexion avec le quartier général de New York, qui avait une fonction organisationnelle. Le directeur adjoint du bureau de Zagreb, Hassan Hakim, a avoué recevoir directement tous les ordres et les financements du bureau principal d’al-Kifah aux États-Unis, situé sur Atlantic Avenue et contrôlé par le cheikh Omar Abdel Rahman. »38

L’un des instructeurs d’al-Kifah, Rodney Hampton-El, contribua à ce programme de soutien [au jihad bosniaque], recrutant des combattants depuis des bases de l’armée US comme Fort Belvoir, les entraînant aussi au combat dans le New Jersey.39 En 1995, Hampton-El fut jugé et condamné avec le cheikh Omar Abdel Rahman pour son rôle dans le complot visant à faire exploser des monuments de New York. Durant le procès, Hampton-El expliqua comment il reçut en main propre des milliers de dollars pour financer ce projet de la part du Prince Turki al-Faiçal à l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington.40

À cette période, Ayman al-Zawahiri, aujourd’hui à la tête d’al-Qaïda, s’est rendu aux États-Unis pour collecter des fonds dans la Silicon Valley, où il fut hébergé par Ali Mohamed, un agent double US et vétéran des Forces spéciales de l’armée américaine qui avait été instructeur en chef à la mosquée al-Kifah.41 Il est quasiment certain que la collecte de fonds d’al-Zawahiri était destinée à soutenir les moudjahidines en Bosnie, ce qui aurait été sa principale préoccupation à cette époque (« L’édition asiatique du Wall Street Journal rapporta qu’en 1993, M. ben Laden avait nommé le cheikh Ayman al-Zawahiri, numéro 2 d’al-Qaïda, pour diriger ses opérations dans les Balkans. »).42

Le rapport détaillé de Wiebes ainsi que les articles de presse basés sur celui-ci corroborèrent des accusations antérieures proférées en 1997 par Sir Alfred Sherman, l’un des principaux conseillers de Margareth Thatcher et cofondateur du Centre for Policy Studies, un influent cercle de réflexion nationaliste et conservateur. Selon lui, « les États-Unis encouragèrent et facilitèrent la fourniture d’armes aux musulmans via l’Iran et l’Europe de l’Est – un fait qui avait alors été démenti à Washington malgré des preuves accablantes. »43 Plus généralement, Sir Sherman dénonçait dans cette intervention que, selon lui :

« la guerre en Bosnie fut, dans tous les sens du terme, la guerre des États-Unis. L’administration US contribua à la déclencher, à l’alimenter et à en empêcher le dénouement précoce. En effet, tout indique qu’elle désire continuer la guerre dans un avenir proche, dès que ses protégés musulmans seront suffisamment armés et entraînés. »

Plus précisément, Sherman accusa le secrétaire d’État Lawrence Eagleburger d’avoir donné instruction en 1992 à Warren Zimmerman, alors ambassadeur US à Belgrade, de persuader le Président bosniaque Izetbegovi » de revenir sur son accord visant à préserver l’unité bosniaque, croate et serbe, et d’accepter au contraire une assistance américaine pour instaurer un État bosniaque indépendant.44

L’alliance entre les États-Unis et al-Qaïda au Kosovo

Le point précédent soulève une question dérangeante : des responsables américains étaient-ils enclins à ignorer les atrocités des moudjahidines d’al-Qaïda en échange de leur aide dans les guerres successives de l’OTAN – des guerres visant à démanteler la Yougoslavie, dernière république socialiste d’Europe ? Une chose est sure : la prédiction de Sir Alfred Sherman en 1997 selon laquelle les États-Unis voulaient ‘continuer la guerre dans un avenir proche’ s’est rapidement concrétisée. En effet, le soutien américain pour les alliés d’al- Qaïda au Kosovo, l’Armée de libération du Kosovo (l’UÇK), aboutit en 1999 à une campagne de bombardements controversée de l’OTAN.

Comme il fut largement rapporté à l’époque, l’UÇK était soutenue par les réseaux de ben Laden et d’al- Zawahiri, et également par le trafic de l’héroïne afghane :

« Des membres de l’Armée de libération du Kosovo, qui finançait son effort de guerre par la vente de l’héroïne, furent entraînés dans des camps terroristes dirigés par le fugitif international Oussama ben Laden. Celui-ci est recherché pour les attentats à la bombe de 1998 contre deux ambassades US en Afrique – qui tuèrent 224 personnes, dont 12 Américains. »45

Selon Michael Levine, un ancien agent de la DEA, la décision de Clinton de soutenir l’UÇK consterna ses contacts à la DEA, ces derniers sachant qu’elle était une importante organisation de trafic de drogue.46 Comme Ralf Mutschke d’Interpol l’a déclaré au Congrès,

« En 1998, le département d’État US lista l’UÇK parmi les organisations terroristes, indiquant qu’elle finançait ses opérations grâce à l’argent du trafic international d’héroïne ainsi qu’à des prêts contractés auprès de pays musulmans et d’islamistes, dont peut-être Oussama ben Laden. Il existe un autre lien avec ben Laden : le frère d’un leader d’une organisation du djihad égyptien et commandant militaire de ben Laden dirigeait une unité d’élite de l’UÇK [il s’agit très probablement de Zaiman ou Mohammed al- Zawahiri, l’un des frères d’Ayman al-Zawahiri]. En 1998, l’UÇK fut décrite comme un acteur majeur dans le trafic ‘drogue-contre-armes’ en 1998, ‘contribuant à transporter annuellement 2 milliards de dollars de drogue vers l’Europe de l’Ouest’. L’UÇK et d’autres groupes albanais semblent utiliser un réseau sophistiqué de comptes bancaires et d’entreprises afin de gérer leurs fonds. En 1998, l’Allemagne gela deux comptes en banque appartenant à l’organisation ‘United Kosova’ après qu’on eut découvert que plusieurs centaines de milliers de dollars y avaient été déposés par un trafiquant de drogue albanais du Kosovo qui avait été condamné par la justice. »47

Selon le Sunday Times de Londres, les antécédents de l’UÇK n’ont pas dissuadé les États-Unis de renforcer cette organisation et d’entraîner ses membres :

« Des agents des services de renseignement américains ont admis qu’ils contribuèrent à entraîner l’Armée de libération du Kosovo avant le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN. Cette révélation fâcha certains diplomates européens qui déclarèrent que cette action avait anéanti les efforts visant à trouver une solution politique au conflit entre les Serbes et les Albanais. Des officiers de la CIA étaient chargés de surveiller le respect du cessez-le-feu au Kosovo entre 1998 et 1999, développant alors des liens avec l’UÇK et donnant à cette organisation des manuels américains d’instruction militaire ainsi que des conseils tactiques pour combattre l’armée yougoslave et la police serbe.

Il y a un an, lorsque l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), qui coordonnait la surveillance du cessez-le-feu, quitta le Kosovo une semaine avant le début des frappes aériennes, la plupart de ses téléphones satellites et de ses systèmes GPS furent secrètement transmis à l’UÇK, permettant aux commandants de la guérilla de rester en contact avec l’OTAN et Washington. De nombreux leaders de l’UÇK avaient le numéro de téléphone portable du général Wesley Clarke, le commandant de l’OTAN. »48

Selon David Hackworth, un ancien capitaine de l’armée US qui devint plus tard le spécialiste des questions de défense à Newsweek, d’anciens officiers de l’armée des États-Unis travaillant pour le contractant militaire privé américain MPRI (Military Professional Resources Incorporated) ne se contentèrent pas seulement d’entraîner des membres de l’UÇK : ils combattirent également à leurs côtés.49 Cette affirmation étaye des rapports antérieurs indiquant que du personnel de la MPRI avait aussi été impliqué dans l’entraînement de Croates à l’époque du trafic illégal d’armes organisé de la Croatie vers la Bosnie.50

Après le Kosovo, Sherman mit une nouvelle fois en garde contre « l’hégémonie américaine en expansion »,

« exercée par le biais de l’OTAN et caractérisée par des degrés variables de partenariat et de subordination d’autres acteurs. […] Ce processus a débuté avec le démembrement délibéré de la Yougoslavie, mené par l’Allemagne et accepté par les autres membres de l’Union européenne et par les États-Unis (1991). Il évolua vers des sanctions contre la Serbie accusée de venir en aide aux Serbes de l’ouest (1992). En Bosnie, l’implication précoce des États-Unis fit éclater la guerre civile (la visite de Zimmerman à Izetbegovi », après les accords de Lisbonne), et le processus aboutit finalement à la

campagne de bombardements de 1999 et à l’occupation du Kosovo. »51

D’autres analystes ont émis l’hypothèse que l’implication des États-Unis [au Kosovo] était motivée par leur désir d’installer un nouvel oléoduc transbalkanique ainsi qu’une base militaire US dans les Balkans pour le défendre. Bien que de telles critiques aient d’abord été tournées en dérision, ces deux prédictions se sont rapidement révélées exactes. L’entreprise AMBO, une société de droit américain dirigée par Ted Ferguson, un ancien haut responsable de BP, débuta en 2007 la construction d’un oléoduc entre l’Albanie et la Macédoine.52 Et dans les environs est implantée une base semi-permanente de l’armée US, Camp Bondsteel, qui peut accueillir jusqu’à 7000 soldats.

En 2007, le Président George W. Bush créa un commandement militaire pour les opérations en Afrique, l’US AFRICOM (United States Africa Command). Mais son QG actuel est situé à Stuttgart, en Allemagne, ce qui a déclenché des spéculations sur Internet selon lesquelles les États-Unis auraient des visées sur l’aéroport international libyen [de Mitiga]. Celui-ci avait été exploité sous le nom de « Wheelus Air Force Base » par l’US Air Force jusqu’à son expulsion de Libye en 1970.

Du premier attentat à la bombe contre le World Trade Center au 11-Septembre : les répercussions intérieures de la collusion avec les terroristes

Le fait que les États-Unis aient eu recours de manière récurrente aux islamistes d’al-Qaïda comme alliés dans leurs projets expansionnistes ne constitue pas une preuve de l’existence d’une stratégie pérenne et systématique, encore moins qu’il existe une alliance secrète.

Je pense plutôt que les États-Unis souffrent d’une maladie maligne incarnée par un pouvoir militaire déchaîné et hors de contrôle – un pouvoir qui, comme un cancer, tend parfois à se métastaser de manière contreproductive à l’accomplissement d’objectifs plus larges. Ceux qui sont nommés pour gérer ce vaste pouvoir s’habituent à utiliser n’importe quel moyen disponible dans le but de soutenir une dynamique d’intervention globale qu’ils sont, ironiquement, impuissants à défier ou à modérer. Le peu de dissidents qui tentent de le faire sont évidemment mis à l’écart ou même éjectés des hautes sphères du pouvoir, étant alors considérés comme ne faisant « pas partie de l’équipe. »

Ceux qui, à Washington, ont décidé d’aider les terroristes et les trafiquants de drogue semblent ne pas avoir pris en considération les « externalités négatives » de ces politiques, c’est-à-dire les conséquences intérieures des accords officiels avec des réseaux terroristes criminels ayant une portée globale. Pourtant, ces conséquences ont été – et demeurent – graves, puisque les terroristes islamistes qui furent protégés par les États-Unis dans leurs actions subversives au Kosovo et dans d’autres pays ont rapidement bénéficié d’une protection aux États-Unis. Comme l’ancien agent de la DEA Michael Levine l’a rapporté au sujet des réseaux de la drogue liés à l’UÇK : « Ces hommes disposent d’un réseau actif dans les rues de ce pays. […] Dans la société, ils sont les pires éléments que vous pouvez imaginer mais aujourd’hui, selon mes sources chez les stups, ils jouissent d’une protection politique. »53

En d’autres termes, des Kosovars bénéficiaient alors d’une protection de facto dans leur trafic de drogue aux États-Unis, à l’image de la protection par la CIA – depuis les années 1940 – de Chinois, de Cubains, d’Italiens, de Thaïlandais et d’autres associés de l’Agence issus d’ethnies différentes.54

En 2000, après les bombardements de l’OTAN visant à soutenir l’UÇK, Mother Jones rapporta que l’héroïne afghane, dont la majeure partie était distribuée par des Albanais du Kosovo, représentait alors plus de 20 % de l’héroïne saisie aux États-Unis – presque le double du pourcentage mesuré quatre ans auparavant.55 Dans le même temps, des estimations indiquaient que « les Albanais du Kosovo [contrôlaient] 40 % de l’héroïne de l’Europe. »56 De plus, il existe un consensus quasi universel sur le fait que le dénouement de la guerre en Bosnie favorisa comme jamais auparavant l’enracinement des jihadistes d’al-Qaïda dans les Balkans. Selon le professeur John Schindler, la Bosnie, « la société la plus pro-occidentale au sein de l’Oumma [le monde musulman] », fut « convertie en un ‘Jihadistan’ à cause de la fourberie de certains autochtones, de la violence du conflit et de la mauvaise direction de l’intervention internationale. »57

Il est trop tôt pour prédire avec certitude quelles seront les répercussions intérieures de l’accroissement par l’OTAN de la puissance et de l’influence des islamistes après que l’Alliance ait créé le chaos en Libye. Mais les conséquences – aux États-Unis – d’interventions comparables ont été indiscutablement négatives, et elles ont contribué à des actes majeurs de terrorisme dans ce pays.

La protection américaine de la base arrière des moudjahidines d’al-Kifah à Brooklyn engendra des interférences dans les institutions judiciaires et policières des États-Unis. Cela permit à des recrues moudjahidines d’al-Kifah de planifier et/ou de s’engager dans un certain nombre d’attaques terroristes contre les États-Unis, à l’intérieur de ce pays comme à l’étranger. Ces attaques incluent le premier attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993, ce que l’on appelle « le complot des monuments de New York » en 1995 et les attaques des ambassades US au Kenya et en Tanzanie en 1998. Furent impliqués dans chacun de ces événements des terroristes qui auraient dû être arrêtés plus tôt pour des crimes déjà perpétrés, mais qui furent autorisés à rester en liberté.

Ali Mohamed, l’ancien agent double des Forces spéciales US à al-Kifah, ainsi que ses recrues jouèrent un rôle central dans toutes ces attaques. Ali Mohamed, bien qu’ayant été inclus dans une liste de surveillance du département d’État, était entré aux États-Unis vers 1984 dans le cadre de ce qu’un consultant du FBI a appelé « un programme de visas contrôlé par la CIA. »58 Le « cheikh aveugle » Omar Abdel Rahman, qui était le leader d’al-Kifah, entra lui aussi aux États-Unis de cette manière ; deux visas furent délivrés à Rahman, dont l’un « par un officier de la CIA travaillant sous couverture dans la section consulaire de l’ambassade américaine au Soudan. »59

Ali Mohamed entraîna des recrues d’al-Kifah aux tactiques de guérilla près de Brooklyn. Cette opération fut considérée comme tellement sensible que la Police de New York et le FBI protègeront plus tard de l’arrestation deux de ces recrues, lorsqu’ils assassinèrent l’extrémiste juif Meir Kahane. Au lieu de les arrêter, la Police de New York appela le troisième assassin présumé (El Sayyid Nosair) un « déséquilibré solitaire et armé » et libéra les deux autres (Mahmoud Abouhalima et Mohammed Salameh). Cette libération permit à Abouhalima et à Salameh, agissant aux côtés d’un autre apprenti d’Ali Mohamed (Nidal Ayyad), de prendre part au premier attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993.60

Les procureurs protégèrent de nouveau Ali Mohamed durant le procès des « Monuments » de 1994-95, lorsqu’Omar Abdel Rahman et certains des apprentis de Mohamed furent reconnus coupables d’association de malfaiteurs visant à faire exploser des édifices de New York. Dans cette affaire, le procureur Patrick Fitzgerald qualifia Mohamed de complice non inculpé, lui permettant toutefois de rester en liberté. Lorsque la défense lança une citation à comparaître pour contraindre Mohamed à se rendre au tribunal, le procureur Fitzgerald est intervenu afin de lui éviter d’avoir à témoigner.61

Ali Mohamed était bien conscient de bénéficier d’une protection, et il l’utilisa au début de l’année 1993 pour obtenir sa libération alors qu’il était détenu par la GRC [Gendarmerie Royale du Canada] à l’aéroport de Vancouver. Puisque cet épisode fut totalement ignoré par la presse US, je dois citer le récit de cet événement paru dans le premier quotidien canadien, le Globe and Mail de Toronto :

« La GRC tenait l’un des hommes clés d’al-Qaïda, le réseau terroriste d’Oussama ben Laden, mais il fut libéré après que la police montée appela l’homme qui traitait avec lui au FBI.

Lorsqu’il fut interrogé en 1993, Ali Mohamed, un Californien d’origine égyptienne dont on pense qu’il est le plus important membre d’al-Qaïda jamais entré au Canada, travaillait alors avec des agents du contre- terrorisme US, jouant un double ou même un triple jeu. M. Mohamed est actuellement en détention dans une prison des États-Unis.

‘Vers minuit, les gens de la GRC m’ont dit que je pouvais partir’, écrivit M. Mohamed dans une déclaration sous serment montrée mercredi dernier au Globe and Mail. À noter qu’aux États-Unis, Ali Mohamed a reconnu être un proche associé de ben Laden.

Cet incident est survenu après que des agents des douanes de l’aéroport international de Vancouver eurent arrêté Essam Marzouk, un Égyptien arrivé de Damas via Francfort, car il était en possession de deux faux passeports saoudiens.

M. Mohamed, qui venait le chercher à l’aéroport, demanda à la police pourquoi son ami était détenu. Cette sollicitation suscita la curiosité de la GRC à l’égard de M. Mohamed, mais ce dernier dissipa leur suspicion en leur disant qu’il était un collaborateur du FBI. »62

Ce récit du Globe and Mail indique clairement qu’en 1993, Mohamed avait d’ores et déjà un référent au FBI, la GRC étant entrée en contact avec celui-ci. Dans son témoignage devant la Commission d’enquête sur le 11- Septembre, Fitzgerald donna une version des faits assez différente : selon lui, après être revenu de Nairobi en 1994, Mohamed déposa sa candidature pour un emploi de « traducteur du FBI. »63 La différence entre les deux récits est cruciale : le FBI ayant demandé à la GRC de libérer Mohamed, il lui fut alors possible de se rendre à Nairobi et d’y planifier l’attentat à la bombe contre l’ambassade américaine.

Selon l’auteur Peter Lance, en [1997], Fitzgerald disposait de suffisamment de preuves pour inculper et arrêter Mohamed, mais il s’est abstenu de le faire. Au contraire, il l’interrogea en Californie avec Jack Cloonan, un agent du FBI. Suite à l’entretien, Fitzgerald décida de ne pas arrêter Mohamed, mais plutôt de mettre son téléphone sous écoute et d’implanter un mouchard dans son ordinateur. Lance soulève une question pertinente : Fitzgerald craignait-il que « toute inculpation du principal espion d’al-Qaïda pourrait lever le voile sur des années de graves négligences chez trois des principales agences de renseignement des États-Unis ? »64

Le 10 septembre 1998, un mois après les attentats à la bombe contre les ambassades US, Ali Mohamed fut finalement arrêté. Pourtant deux mois plus tard, lorsque Fitzgerald prononça 13 inculpations, le nom de Mohamed ne fut pas cité. Au contraire, Fitzgerald l’autorisa de nouveau à éviter un contre-interrogatoire en acceptant une transaction pénale (un plaider coupable) dont les termes sont encore partiellement inconnus. Plus exactement, nous ne connaissons pas la durée de la peine de Mohamed : cette page de la transcription de son audition devant les tribunaux (p.17) est placée sous scellés.65

Dans le cadre de ce plaider coupable, Ali Mohamed déclara au tribunal qu’à la demande personnelle de ben Laden, il surveilla l’ambassade US au Kenya : « Il prit des photos, dessina des schémas et écrivit un rapport » qu’il transmit personnellement à ben Laden au Soudan.66 Patrick Fitzgerald, le procureur qui négocia la transaction pénale, témoigna longuement au sujet de Mohamed devant la Commission d’enquête, qui conclut dans son Rapport final (p.68) qu’Ali Mohamed « dirigea » l’opération des attentats contre les ambassades. Ironiquement, ces attaques constituent la raison officielle expliquant pourquoi al-Zawahiri (comme ben Laden avant lui) est recherché par le FBI, avec une prime de 25 millions de dollars sur sa tête.

Mais l’on a refusé au public américain le droit de connaître le rôle d’Ali Mohamed dans d’autres événements terroristes. Son implication dans le 11-Septembre serait particulièrement digne d’intérêt. Comme son référent au FBI Jack Cloonan le rapporta ultérieurement, Mohamed lui expliqua qu’il entraîna personnellement les pirates de l’air présumés à détourner des avions :

« Il [avait] mené les entraînements d’al-Qaïda sur les méthodes de détournement d’avions. Il dirigea des exercices au Pakistan où il indiqua : ‘Voici comment faire entrer un cutter à bord. Vous le saisissez, vous ôtez sa lame puis vous l’enveloppez dans [mots censurés] et vous le mettez dans votre bagage à main’. Ils avaient lu les règlements de la FAA. Ils savaient qu’une lame de plus de 10 centimètres ne passerait pas. ‘C’est comme ça que vous devez vous positionner’, leur dit-il. ‘J’ai appris à ces gens à s’asseoir en première classe. Vous-vous asseyez ici et les autres s’installent ici’. Il écrivit tout cela. »67

Conclusion

Aujourd’hui, les États-Unis se retrouvent au milieu d’une crise budgétaire sans précédent, en grande partie provoquée par ses multiples guerres. Malgré tout, ce pays est également sur le point de mener de nombreuses autres interventions : au Yémen, en Somalie, et potentiellement en Syrie, au sol en Libye ou en Iran (où la CIA aurait été en contact avec les Joundallah, une ramification d’al-Qaïda qui est impliquée dans le trafic de drogue).68

Seul le public américain peut empêcher cela. Mais pour que le peuple se lève et hurle « Stop ! », il doit y avoir

une meilleure compréhension populaire des sombres alliances sous-tendant les interventions prétendument humanitaires des États-Unis.

Cette prise de conscience pourrait s’étendre lorsque les Américains réaliseront finalement que le fait de prêter assistance à des terroristes engendre aussi des répercussions nationales. La longue et complexe « danse » entre Ali Mohamed et ses protecteurs du département d’État indique clairement que la prise en charge de terroristes pour des objectifs malhonnêtes corrompt autant le terroriste en question que ses soutiens institutionnels. Finalement, ils deviennent complices, chaque partie ayant des secrets à dissimuler au sujet de leur collusion.

Jusqu’à ce que l’opinion publique en soit consciente, cette dissimulation de la collusion entre Washington et les terroristes perdurera. Et aussi longtemps qu’elle persistera, on nous refusera la vérité sur les collusions qui sous-tendent le 11-Septembre.

Pis, nous pourrions subir de nouvelles attaques terroristes, sur le sol des États-Unis autant qu’à l’étranger, accompagnées d’autres guerres illégales, coûteuses et inutiles.

 

Texte original en anglais : The US-Al Qaeda Alliance: Bosnia, Kosovo and Now Libya. Washington’s On-Going Collusion with Terrorists, publié le 29 juillet 2011.

 

Traduction : Maxime Chaix

Pour approfondir le sujet : • Peter Dale Scott : « La guerre en Libye, le pouvoir américain et le déclin du système des pétrodollars »

• Peter Dale Scott : « Viol en Libye : Les récentes guerres majeures des États-Unis ont toutes été accompagnés par des mensonges mémorables »

• Peter Dale Scott : « Derrière la démocratie états-unienne : l’État profond »

 

Notes de l’auteur :

 

1 Cf. Telegraph (Londres), « Defence Cuts in Doubt over Libya, Says Military Adviser » 7 avril 2011, « Selon un conseiller militaire de premier plan, la crise libyenne a engendré des doutes sur la nouvelle posture de défense de la Coalition et elle pourrait contraindre les ministres à revenir sur les coupes budgétaires, incluant l’abandon des Harriers, les avions à décollage vertical de la Grande-Bretagne.

2 Peter Dale Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.229-33.

3 Scott, , pp.79-81 ; La route vers le nouveau désordre mondial citant Robert Dreyfuss, Devil’s Game, pp.109-11 ; Saïd Aburish, A Brutal Friendship, pp.60-61 ; Miles Copeland, The Game Player, pp.149-54. Cf. Ian Johnson, « Washington’s Secret History with the Muslim Brotherhood » New York Review of Books, 5 février 2011.

4 John R. Schindler, Unholy Terror: Bosnia, Al-Qa’ida, and the Rise of Global Jihad, pp.71, 81. Selon Schindler, « CNN montra en boucle des images de ‘musulmans morts’ tués par des Serbes qui étaient en réalité des Serbes assassinés par des musulmans » (p.92).

5 Schindler, Unholy Terror, p.91.

6 Schindler, Unholy Terror, pp.179-80 ; Christian Science Monitor, 18 mars 2011. En 1994, BHL présenta le leader bosniaque Izetbegovi! au Président français François Mitterrand ; en 2011, BHL arrangea la rencontre entre trois leaders de Benghazi et le Président français Nicolas Sarkozy. Cf. « Libyan rebels will recognise Israel, Bernard-Henri Lévy tells Netanyahu » Radio France Internationale, 2 juin 2011 : « Le Conseil Nationale de Transition (CNT) des rebelles libyens est prêt à reconnaître Israël, selon le philosophe français Bernard Henry Lévy, qui déclare avoir fait passer le message au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. »

7 Pour les complaintes du lobby énergétique au sujet de Kadhafi, se référer à Peter Dale Scott, « La guerre en Libye, le pouvoir américain et le déclin du système des pétrodollars », Mondialisation.ca, 1er mai 2011. Initialement publié en

La Bosnie, le Kosovo et à présent la Libye : les coûts humains de la collusion perpétuelle entre Washington et les terroristes         10/19/11 8:51 AM

anglais par Asia-Pacific Journal: Japan Focus sous le titre « The Libyan War, American Power and the Decline of the

l’expulsion ou de l’extradition par le gouvernement britannique, et ce pour diverses raisons. […] Dans le passé, selon

Petrodollar System », 27 avril 2011. 8 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, p.119-20 ; citant Diego Cordovez et Selig S. Harrison, Out of

Afghanistan: The Inside Story of the Soviet Withdrawal (New York: Oxford University Press), p.16.

9 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.114-118 ; citations venant de l’article intitulé « Les révélations d’un ancien conseilleur de Carter : ‘Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes…’ » Le Nouvel Observateur [Paris], 15-21 janvier 1998 : « [Brzezinski] : [Le 3 juillet 1979,] j’ai écrit une note au Président dans laquelle je lui ai expliqué que, selon moi, cette assistance allait induire une intervention militaire soviétique. […] [Le Nouvel Observateur] : Et vous ne regrettez pas non plus d’avoir soutenu le fondamentalisme islamique, qui a donné des armes et des conseils aux futurs terroristes ? [Brzezinski] : Qu’est-ce qui est le plus important dans l’histoire du monde ? L’existence des talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques islamistes surexcités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la Guerre froide ? »

10 Ahmed Rashid, Taliban, p.129. Selon l’auteur espagnol Robert Montoya, cette idée trouva son origine dans le Safari Club, un cercle d’élite créé en 1976 par le chef des renseignements français Alexandre de Marenches, réunissant d’autres directeurs des services secrets comme le général Akhtar Abdur Rahman à la tête de l’ISI pakistanaise ou Kamal Adham, qui dirigeait les renseignements saoudiens. (Roberto Montoya, El Mundo [Madrid], 16 février 2003).

11 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.198-99 ; citant Steven Emerson, American Jihad, pp.131-32. 12 Peter Dale Scott, « La guerre en Libye, le pouvoir américain et le déclin du système des pétrodollars »,

Mondialisation.ca, 1er mai 2011. 13 « PR firm helps Libyan rebels to campaign for support from US », The Hill.com, 12 avril 2011.

14 Rob Crilly, Daily Telegraph (Londres), 23 mars 2011; cité dans Stephen Lendman, « Planned Regime Change in Libya », SteveLendmanBlog, 28 mars 2011. Cf. Los Angeles Times, 24 mars 2011.

15 Morris Herman, « Rebel Militias Include the Human Traffickers of Benghazi », Foreign Policy Journal, 28 juillet 2011, citant Thomas C. Mountain.

16 Anissa Haddadi, « Does the Transitional Council Really Represent Libyan Democracy and Opposition to Gaddafi? », International Business Times, 20 juillet 2011.

17 Haddadi, « Does the Transitional Council Really Represent Libyan Democracy and Opposition to Gaddafi? », International Business Times, 20 juillet 2011.

18 Center for Defense Information, « In the Spotlight: The Libyan Islamic Fighting Group (LIFG) », 18 janvier 2005. Le fait que le GICL soit en train de poursuivre ses propres objectifs pourrait expliquer la saisie par les rebelles de missiles anti-aériens depuis des arsenaux de Kadhafi pris d’assaut pendant les révoltes : ces missiles, inutiles contre Kadhafi (qui n’a plus de force aérienne) sont apparemment acheminés en dehors de la Libye pour être vendus ou utilisés autre part. (New York Times, 15 juillet 2011).

19 Rapport de West Point, décembre 2007, cité dans Webster Tarpley, « Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, allies en Libye », VoltaireNet.org, dont la version originale est « The CIA’s Libya Rebels: The Same Terrorists who Killed US, NATO Troops in Iraq », Tarpley.net, 24 mars 2011.

20 Daily Mail (Londres), « Proof we are winning: MoD release footage of airstrikes wiping out Gaddafi’s guns as coalition planes ‘fly free over Libya’ », 25 mars 2001 ; cité dans Lendman, « Planned Regime Change in Libya. »

21 Akhtar Jamal, « US UK, French forces land in Libya », Pakistan Observer, février 2011.

22 Gary Gambill, « The Islamic Fighting Group (LIFG), Jamestown Foundation », Terrorism Monitor, 5 mai 2005 ; citant Al-Hayat (Londres), 20 octobre 1995 [le communiqué] ; « The Shayler affair: The spooks, the Colonel and the jailed whistle-blower », The Observer (Londres), 9 août 1998 ; Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, Ben Laden : La Vérité interdite. Voir également Annie Machon, Spies, Lies and Whistleblowers: MI5, MI6 And the Shayler Affair (Book Guild Publishing, 2005) [Shayler].

23 Voir par exemple un article paru dans le Washington Post le 7 octobre 2001 : « Au fil des ans, des dissidents suspectés par certains gouvernements étrangers d’être impliqués dans des actes de terrorisme ont été protégés de l’expulsion ou de l’extradition par le gouvernement britannique, et ce pour diverses raisons. […] Dans le passé, selon certains experts en terrorisme, la Grande-Bretagne a largement tiré profit de sa volonté d’élargir son hospitalité conditionnelle à un large éventail de dissidents arabes et de figures de l’opposition. […] Mustafa Alani, un expert en terrorisme travaillant pour le Royal United Services Institute for Defense Studies, un cercle de réflexion londonien, déclara qu’ [Anas] al-Liby fut probablement maintenu dans un vide juridique, pouvant ainsi être utilisé ou mis de côté selon les circonstances. »

24 « Sahelian Concern Deepens over Libya, AQIM » Sahel Blog, 2 mai 2011. Selon le Los Angeles Times, les membres d’AQMI jurèrent le 24 février 2011 de « faire tout leur possible » pour être utiles à la cause des rebelles. Ken Dilanian, « US Finds no Firm Al Qaeda Presence in Libya Rebellion » Los Angeles Times, 24 mars 2011. Cf. « Libya rebels not anti-West, but Qaeda a worry-group » Reuters, 29 mars 2011 ; « The Evolving Threat of al Qaeda in the Islamic Maghreb », Strategic Forum, National Defense University ; CNN World, 25 février 2011.

25 André Le Sage, « The Evolving Threat of al Qaeda in the Islamic Maghreb », Strategic Forum; CNN World, 25 février 2011 ; Cf. « Rogue planes flying drugs across Atlantic; Al-Qaeda Links », National Post, 14 janvier 2011 ; « Latin drug lords find allies in African Islamists », Washington Times, 17 novembre 2009.

26 Un article paru dans le New York Times (« Exiled Islamists Watch Rebellion Unfold at Home », 19 juillet 2011) rapporte que les membres du GICL « ont renoncé à al-Qaïda. » Cependant, ceux qui ont rédigé cet article n’apportent aucune preuve soutenant que leur politique ait changé.

27 Michael Evans, « Muslim soldiers ‘failed to defend town from Serbs’ », Times (Londres), 14 juillet 1995.

28 Richard Palmer, « What Really Happened in Bosnia », theTrumpet.com, 12 juillet 2011.

29 Schindler, Unholy Terror, p.87 ; citant Jan Willem Honig et Norbert Both, Srebrenica: Record of a War Crime, p.79.

30 John Rosenthal, « The Other Crimes of Bosnia », BigPeace.com, 2 juin 2011 ; voici un entretien avec Galbraith, réalisé par J.M. Berger, qui résume bien ce trafic : « Exclusive: U.S. Policy on Bosnia Arms Trafficking. »

31 Schindler, Unholy Terror, pp.182-83 ; « Exclusive: U.S. Policy on Bosnia Arms Trafficking » ; Cees Wiebes, Intelligence and the War in Bosnia 1992 1995 (Munster: LIT Verlag, 2003), pp.166-69.

32 « Allies and Lies » BBC OnLine, 22 juin 2001 ; Wiebes, Intelligence and the War, p.183. Un Américain se présentant comme le « Major Guy Sands », et qui prétendait être un vétéran du Vietnam où il aurait été actif pendant 10 ans, était également présent à Tuzla. Cf. un rapport suédois traitant d’un Américain qui ne faisait pas mystère de son parcours au sein des Forces spéciales (Brendan O’Shea, Crisis at Bihac: Bosnia’s Bloody Battlefield [Stroud, Gloucestershire: Sutton, 1998], p.159). Pour les rapports indiquant la présence de moudjahidines étrangers à l’intérieur – ou à proximité – de Tuzla, voir Kohlmann, Al-Qaida’s Jihad in Europe, pp.74, 155, 164.

33 Brendan O’Neill, « How We Trained al-Qa’eda », Spectator (Londres), 13 septembre 2003. 34 Wiebes, Intelligence and the War in Bosnia, p.177. 35 Wiebes, Intelligence and the War, pp.187, 196 ; citant Cameron Spence, All Necessary Measures, pp.99-104. 36 Wiebes, Intelligence and the War, pp.184, 197.

37 « US used Islamists to arm Bosnians », Guardian, 22 avril 2002. Cette information contredit une évaluation très différente de Richard Clarke dans son livre Against All Enemies, p.140 : « Les États-Unis ont également stoppé l’influence de l’Iran et d’al-Qaïda dans le pays [la Bosnie]. »

38 Kohlmann, Al-Qaida’s Jihad in Europe, pp.39-41 ; citant Steve Coll et Steve LeVine, « Global Network Provides Money, Haven », Washington Post, 3 août 1993. Cf. Schindler, Unholy Terror, pp.121-22.

39 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.210-12 ; Kohlmann, Al-Qaida’s Jihad in Europe, p.45, pp.73- 75.

40 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, p.210.

41 Lawrence Wright : « Zawahiri décida de lever des fonds dans le centre mondial du capitalisme d’opportunités, la Silicon Valley. Il s’était déjà rendu une fois aux États-Unis, en 1989, où il effectua une visite de recrutement au Bureau de services des moudjahidines, situé à Brooklyn. Selon le FBI, il s’y rendit de nouveau, cette fois-là à Santa Clara, en Californie, où il fut accueilli par Ali Mohamed, l’agent double. » Pour plus de renseignements sur Ali Mohamed, et plus spécifiquement pour savoir comment le FBI a dit à la GRC de ne pas le maintenir en détention (libérant ainsi Mohamed pour planifier l’attentat à la bombe contre l’ambassade US au Kenya), voir Peter Dale Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.207-25.

42 Ottawa Citizen, 15 décembre 2001. 43 Sir Alfred Sherman, « Speech at International Conference, America’s Intervention in the Balkans», 28 février-2

mars 1997.

44 Cf. Schindler, Unholy Terror, p.74 : Izetbegovi! « décida d’abandonner l’initiative, avec les encouragements ostensibles de Warren Zimmermann [sic]. » (Cf. pp.109-10). Zimmermann nia avoir persuadé Izetbegovi!, écrivant dans une lettre adressée au New York Times « qu’il avait exhorté Izetbegovi! de ‘s’en tenir à ses engagements’ » (Steven L. Burg et Paul Shoup, The War in Bosnia-Herzegovina, p.114).

45 Washington Times, 4 mai 1999. Frank Viviano, « Drugs Paying for Conflict in Europe », San Francisco Chronicle, 10 juin 1994 : « Le trafic des stupéfiants est devenue l’une des principales sources de financement des guerres civiles d’ores et déjà en cours – ou étant sur le point d’éclater – dans le sud de l’Europe et dans l’Est méditerranéen, selon un rapport publié cette semaine. Ce rapport, rédigé par l’Observatoire Géopolitique des Drogues basé à Paris, identifie les belligérants dans les anciennes républiques yougoslaves et la Turquie comme des acteurs clés du trafic ‘drogue-contre-armes’, en pleine expansion dans cette région. Des nationalistes albanais dans une Macédoine en proie à des tensions ethniques et dans la province serbe du Kosovo ont mis en place un vaste réseau de trafic d’héroïne. Il s’étend des champs d’opium du Pakistan jusqu’aux trafiquants d’armes opérant sur le marché noir en Suisse ; et ce réseau achemine annuellement pour plus de deux milliards de dollars de drogue vers le cœur de l’Europe, selon le rapport. Plus de 500 albanais du Kosovo ou de Macédoine sont emprisonnés en Suisse pour des infractions liées au trafic d’armes ou de drogue, et plus de 1000 autres sont inculpés pour les mêmes raisons. »

46 Michael Levine, New American, 24 mai 1999 ; cité dans Nafeez Mosaddeq Ahmed, The War on Truth, p.41 [disponible en français dans la librairie du Réseau Voltaire sous le titre La guerre contre la vérité, éd. Demi-Lune].

47 Ralf Mutschke, témoignage devant la commission des Affaires judiciaires du Sénat, 13 décembre 2000.

48 Sunday Times (Londres), 12 mars 2000 : « Agim Çeku, le commandant de l’UÇK dans les dernières étapes du conflit, avait établi des contacts américains grâce à son travail au sein de l’armée croate, qui avait été modernisée avec l’aide de Military Professional Resources Inc. [MPRI], une entreprise américaine spécialisée dans l’entraînement et l’approvisionnement militaire. Le personnel de cette entreprise se trouvait au Kosovo, accompagné d’autres employés d’une compagnie similaire, Dyncorps [sic], qui apporta sa contribution dans le programme de l’armée bosniaque, un programme soutenu par les États-Unis. »

49 David Hackworth, « Wanted: Guns for Hire », Hackworth.com, 9 juillet 2001. Cf. James R. Davis, Fortune’s Warriors: Private Armies and the New World Order, p.112; P.W. Singer, Corporate Warriors, p.219.

50 Wiebes, Intelligence and the war in Bosnia 1992 – 1995, p.66 ; Observer, 5 novembre 1995. Se basant sur des documents déclassifiés, J.M. Berger rapporta que le contrat entre la MPRI et la Bosnie fut négocié via une entreprise privée dirigée par le néoconservateur Richard Perle : « Richard Perle, le maître à penser controversé des néoconservateurs, dirigea une obscure organisation non gouvernementale chargée en 1996 d’engager une entreprise privée pour diriger le programme « Train and Equip » [« Entraîner et équiper »] du département d’État US en Bosnie- Herzégovine. Le groupe de Perle, nommé « Acquisition Support Institute » [« Institut de Soutien pour l’Acquisition »], engagea Military Professional Resources Inc., qui est pour l’essentiel une compagnie privée de mercenaires presqu’aussi controversée que Perle lui-même. Quelle personne ou quelle entité assume la responsabilité de cet institut n’est pas clair. De plus, des zones d’ombres subsistent sur les raisons justifiant qu’une « organisation non gouvernementale à but non lucratif » se voie conférer la responsabilité de choisir le bénéficiaire d’un important contrat du département d’État sur les questions les plus sensibles d’alors. Armée d’une collection d’officiers militaires à la retraite, la MPRI s’est imposée comme une extension informelle du gouvernement US en Croatie autant qu’en Bosnie, comme le démontre un ensemble fourni de documents obtenus grâce à la « Loi pour la liberté d’information » [Freedom of Information Act ou FOIA] que je vais dévoiler ces prochaines semaines. On céda la direction du pays aux agents de la MPRI, ces derniers recevant des paiements et des armes depuis l’Arabie saoudite, le Koweït et d’autres pays musulmans – qui finançaient en sous-main ces opérations en débloquant des centaines de millions de dollars. Dans de nombreux cas, ces paiements furent négociés directement par le département d’État. Toutefois, comme les nouvelles archives déclassifiées le démontrent, des fonds et des armes furent parfois dirigés vers la Bosnie sans l’approbation explicite du département, mais avec souvent sa connaissance. Il apparaît que l’aide non-autorisée est venue du Pakistan, des Émirats arabes unis et de la Turquie, parmi d’autres pays. » (« Richard Perle, MPRI and Bosnian Arms Shipments », Intelwire, 7 février 2007).

51 Sir Alfred Sherman, « The Empire for the New Millenium? », The Centre for Peace in Balkans, 22 mai 2000.

52 Cf. les commentaires cyniques du groupe d’analystes suisses Zeit-Fragen (Current Concerns, « Where’s the 8th Corridor ? », septembre/octobre 2001) : « En déstabilisant le Kosovo, les USA peuvent contrôler l’Albanie et donc l’oléoduc AMBO, qui est déjà planifié. […] Les USA sont en train de montrer ostensiblement leur intérêt pour exercer leur contrôle sur ces corridors stratégiques de transport [énergétique] dans les Balkans. Ils ont interdit un projet qui devait être construit à travers la Serbie, et ils ont offert 100 millions de dollars à la Roumanie pour qu’elle déplace plus au nord, vers la Hongrie, l’itinéraire du pipeline SEEL (South Eastern European Pipeline), actuellement en projet. L’entreprise italienne ENI avait planifié ce projet de pipeline en prévoyant d’utiliser les infrastructures déjà existantes en Slovénie, en Croatie et en Serbie. Les USA bombardèrent la section yougoslave de ces infrastructures avec un acharnement remarquable. »

53 Michael Levine, New American, 24 mai 1999 ; cité dans Nafeez Mosaddeq Ahmed, The War on Truth, p.41 [La guerre contre la vérité, éd. Demi-Lune].

54 Pour plus de détails, voir Peter Dale Scott, American War Machine, pp.84, 123, 151, etc.; Peter Dale Scott, Deep Politics and the Death of JFK, p.167.

55 Peter Klebnikov, « Heroin Heroes », Mother Jones, janvier/février 2000. Dans le même temps, Clinton monta une vigoureuse campagne contre l’héroïne colombienne, provoquant ainsi un accroissement de la demande pour l’héroïne afghane. Comme Klebnikov le nota, « des officiels de la Maison-Blanche craignent que l’héroïne kosovare puisse remplacer celle en provenance de Colombie. ‘Même si nous en venions à éliminer toute la production d’héroïne en Colombie, en aucun cas nous pensons qu’il n’y aurait plus d’héroïne entrant aux États-Unis’ déclara Bob Agresti, du Bureau national de la Maison-Blanche pour les politiques de contrôle de la drogue. ‘Regardez les chiffres. La Colombie compte pour seulement 6% de l’héroïne mondiale. L’Asie occidentale en produit 75%.’ »

56 Patrick Graham, « Drug Wars: Kosovo’s New Battle », National Post, 13 avril 2000. 57 Schindler, Unholy Terror, p.324. Cf. Cristopher Deliso, The Coming Balkan Caliphate (New York: Praeger, 2007).

58 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.214-15 ; citant Paul L. Williams, Al Qaeda, p.117 ; Boston Globe, 3 février 1995, « Figure Cited in Terrorism Case Said to Enter U.S. with CIA Help.»

59 Bergen, Holy War, Inc., p.67 ; cf. Williams, Al Qaeda, p.117.

60 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.216-20, pp.224-25. Cf. Robert L. Friedman, « The CIA and the Sheikh », Village Voice, 30 mars 1993 : « Comme l’a dit Jack Blum, enquêteur pour la sous-commission du Sénat sur les Relations étrangères : ‘L’un des gros problèmes de cette affaire est que de nombreux suspects dans l’attentat à la bombe contre le World Trade Center furent associés aux moudjahidines. Et il existe des sections de notre gouvernement qui désirent absolument éviter d’arpenter ce chemin car il nous mènerait aux gens que nous avons soutenus durant la guerre d’Afghanistan. »

61 Scott, La route vers le nouveau désordre mondial, pp.218-21 ; citant J.M. Berger, Ali Mohamed: An Intelwire Sourcebook, pp.235-36.

62 Estanislao Oziewicz et Tu Thanh Ha, « Canada freed top al-Qaeda operative », Globe and Mail (Toronto), 22 novembre 2001. En tapant « Ali Mohamed » + Vancouver sur Lexis-Nexis, on ne trouve pas de résultats pertinents issus de la presse US.

63 Patrick Fitzgerald, Témoignage devant la Commission nationale sur les attaques terroristes du 11-Septembre, Douzième audition publique, 16 juin 2004.

64 Peter Lance, Triple Cross, pp.274-77. 65 Cour fédérale des États-Unis, District Sud de New York, « United States of America v. Ali Mohamed », S (7) 98 Cr.

1023, 20 octobre 2000, p.17 ; cité dans J.M. Berger, Ali Mohamed, 294. 66 Cour fédérale des États-Unis, District Sud de New York, « United States of America v. Ali Mohamed », S (7) 98 Cr.

1023, p.27 ; cité dans Berger, Ali Mohamed, p.304.

67 L’agent du FBI Jack Cloonan, résumant un entretien avec Ali Mohamed qui eut lieu après le 11-Septembre, dans William F. Jasper, « Unleashing a Terrorist », New American, 26 novembre 2007. Cf. Lance, Triple Cross, p.382.

William F. Jasper, « Unleashing a Terrorist », New American, 26 novembre 2007. Cf. Lance, Triple Cross, p.382.

68 Paul Joseph Watson, « U.S. Attacks Iran Via CIA-Funded Jundullah Terror Group », PrisonPlanet, 20 octobre 2009.

 

Peter Dale Scott est docteur en sciences politiques, professeur émérite de Littérature anglaise à l’Université de Californie (Berkeley) et ancien diplomate canadien. The Road to 9/11 est son premier livre traduit en français, publié à l’automne 2010 par les éditions Demi-Lune sous le titre La route vers le nouvel ordre mondial. Cet ouvrage a fait l’objet d’une recension élogieuse de la part du général d’armée aérienne Bernard Norlain dans la prestigieuse revue Défense Nationale de mars 2011.

 

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la montée en puissance d’Hitler (Professeur Antony Sutton)… 1ère partie.

Posted in actualité, économie, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 19 octobre 2011 by Résistance 71

“Wall Street et la montée en puissance d’Hitler” (Extraits)

1 ère partie

Par Antony C. Sutton (éditions Buccaneer Books, 1976, 220 pages)

 

Version anglaise en ligne:

http://reformed-theology.org/html/books/wall_street/index.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

2ème partie

3ème partie

4ème et dernière partie

 

Note des traducteurs: Le professeur Antony Cyril Sutton (1925-2002), économiste et historien britannique ayant vécu une très grande partie de sa vie aux Etats-Unis, est une sommité du monde académique et pourtant il n’est connu que dans des cercles restreints. Pourquoi?

Parce qu’il a passé la vaste majorité de sa vie professionnelle à rechercher et à analyser les dessous du pouvoir. Il était un conservateur qui ne pouvait accepter le degré de trahison des “élites” dirigeantes occidentales sur les multiples facettes du monde économique, politique et social.

Docteur ès Sciences de l’université de Southampton, il fut professeur entre 1968 et 1973 à Stanford University (Californie), maître de recherche associé au Hoover Institute, un des berceaux conservateurs s’il en est dans l’establishment éducatif états-unien.

Entre 1968 et 1973, il publia en trois volumes les fruits de ses recherches sur le transfert de technologie s’opérant entre les Etats-Unis, l’occident et l’URSS: “Western Technology and the Soviet Economic Development”. Pour le professeur Sutton, le transfert de technologie était tel que cela en était une trahison pure et simple, surtout considérant le fait, que le transfert de technologie vers l’URSS et le bloc de l’Est soutenait directement les efforts de guerre du Vietnam contre les Etats-Unis. Le professeur Sutton non seulement condamnait cette guerre, mais de plus il rendait responsable l’élite banquière et industrielle états-unienne de la mort des jeunes soldats américains dans cette guerre impérialiste. Inutile de dire que le professeur Sutton se retrouva vite au ban de l’intelligentsia et du monde académique américains.

En 1974, Sutton publia le premier ouvrage de sa trilogie sur les financements de Wall Street: “Wall Street and the Bolshevik Revolution” (traduction à venir).

En 1976, il publia le second volet de la trilogie, dont nous proposons ici la traduction de larges extraits (la traduction française totale étant à notre connaissance inexistante… merci de nous dire si le lectorat en trouve trace): “Wall Street and the Rise of Hitler”, ouvrage qui fut suivit la même année du troisième volet: “Wall Street and Franklin Delano Roosevelt”.

Le livre dont nous proposons ici la traduction de larges extraits est le résultat de près d’une demie décennie d’étude approfondie des archives du procès de Nüremberg, dont les tonnes d’archives sont entreposées (microfilmées) au Hoover Institute de l’Université de Stanford. Sutton y eut accés libre pour ses recherches. La transcription du procès de Nüremberg fut publié en 42 volumes en anglais (41 en français), mais certains documents et chaînes d’évènements furent cachés et non divulgués pour des raisons évidentes comme nous allons le voir…

Voici ce qui est dit sur le site internet du professeur Sutton:

“Antony Sutton a été persécuté mais jamais attaqué en justice pour ses recherches et leurs publications. Sa carrière académique fut brisée par sa dévotion à découvrir et énoncer la vérité. En 1968, le fruit de ses recherches sur “La technologie occidentale et le développement économique de l’URSS” fut publié par le Hoover Institute de l’université de Stanford. Sutton y montre comment la base technologique et de production de l’état soviétique, qui s’est engagé à suppléer de l’armement au Nord-Vietnam et contribue par là-même à la mort et l’estropiage de jeunes soldats américains, fût construite par des entreprises industrielles américaines et payée essentiellement par le contribuable américain. Depuis leurs grandes usines d’acier et de fer à la construction d’équipement automobile en passant par une technologie de précision, de l’informatique, essentiellement la majorité de l’entreprise industrielle soviétique a été construite avec l’aide directe des Etats-Unis ou de son assistance technique.”

Ceci est également détaillé dans le premier volet du triptique de Sutton sur Wall Street, et nous allons vous faire découvrir ci-après, en plusieurs publications, que cela fut également vrai de l’Allemagne nazie.

Le pourquoi de l’omission délibérée de ces évènements pourtant dûments documentés de manière irrévocable et inattaquable, sera évident pour beaucoup de lecteurs au fur et à mesure du déroulement de la recherche du professeur Sutton sur Wall Street et la montée en puissance d’Hitler…

C’est en analysant l’histoire sans son paravent consensuel et en la comprenant donc mieux, que nous comprendrons en retour le monde contemporain et pourrons efficacement anticiper le futur. Le vieil adage de “qui ne connaît pas l’histoire est amené à la répéter” prend tout son sens aujourd’hui. C’est en fait le but de l’oligarchie en place.

La vérité nous libèrera… pour toujours !

~ Résistance 71 ~

P.S: La bibliographie des documents utilisés pour rédiger ce livre se trouve à la fin de chaque chapitre de l’édition anglaise originale, merci de vous y référer si nécessaire, car nous ne les avons pas reproduites dans la traduction. La documentation y est extrêment abondante et exemplaire.

La traduction de ces larges extraits du livre du Professeur Sutton seront publiés sur ce blog en 4 parties à une semaine (environ…) d’intervalle.

Merci de votre fidélité.

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Chapitre 1

Wall Street trace la route pour Hitler

[…] La montée en puissance pour cette guerre européenne avant et après 1933 fut en grande partie dûe à l’assistance financière de Wall Street dans les années 1920 afin de créer un système de cartel allemand et à une assistance technique de la part de firmes américaines renommées, qui seront identifiées plus tard, afin de construire la Wehrmacht allemande. Peut-on qualifier cette assistance financière et technique des hommes d’affaires américains d’”accidentelle” ou de “vision à courte vue” ? Les preuves présentées dans cet ouvrage suggèrent fortement un certain degré de préméditation de la part de ces financiers américains. Des plaidoiries similaires et inacceptables furent également faites concernant “l’aide accidentelle” apportée par les financiers et industriels américains dans l’exemple parallèle de la construction de la puissance militaire de l’Union Soviétique à partir de 1917…

La contribution faite par les capitalistes américains au préparatifs de guerre allemands avant 1940 ne peut seulement être décrite que comme considérable. Par exemple en 1934, l’Allemagne ne produisait que 800 000 tonnes de carburant synthétique, le reste était importé. Et pourtant, 10 ans plus tard, durant la seconde guerre mondiale, après le transfert des patentes d’hydrogénisation et de sa technologie par la Standard Oil du New Jersey (NdT: qui appartenait aux Rockefeller…) à IG Farben (utilisées pour produire de l’essence synthétique à partir du charbon), l’Allemagne put produire 6 millions et demie de tonnes de pétrole synthétique, dont 85% étaient du pétrole synthétique utilisant le processus d’hydrogénisation de la Standard Oil[…]

1924 La plan Dawes

Le traité de Versailles après la fin de la 1ère guerre mondiale, imposa des réparations très lourdes à l’Allemagne vaincue. Le poids financier encouru, véritable cause du mécontentement allemand qui contribua grandement à l’acceptation du nazisme, fut utilisé par les banquiers internationaux pour leur propre profit. L’opportunité de s’engager dans des prêts rentables aux cartels allemands aux Etats-Unis, fut présenté dans le plan Dawes puis dans le plan Young. Ces deux plans furent construits par les banquiers centraux (NdT: que l’on sait aujourd’hui privés..) […]

Les financiers et les politiciens fixèrent la dette de guerre allemande à 132 milliards de Marks or par an. Ceci représentait en 1921, environ un quart de la valeur des exportations allemandes. Quand l’Allemagne fut incapable de payer plus avant cette lourde dette, la France et la Belgique occupèrent la Ruhr afin de prendre par la force ce qu’ils ne pouvaient obtenir de gré. En 1924, les alliés appointèrent un comité de banquiers (dirigé par le banquier américain Charles G. Dawes) afin de développer un programme de paiements de la dette de guerre. La plan Dawes qui en résultat, d’après le professeur  de relations internationales de l’université de Georgetown Carroll Quigley, fut “très largement un produit de la banque JP Morgan”. Le plan Dawes mit en place une série de prêts étrangers pour un total de 800 millions avec leurs dividendes partant en Allemagne. Ces prêts sont très importants pour cette affaire, car les dividendes, réalisés pour la plus grande part aux Etats-Unis par des investisseurs en dollars, furent utilisés dans le milieu des années 1920 pour créer et consolider la fusion gigantesque entre respectivement IG Farben et Vereinigte Stahlwerke, Ces cartels non seulement aidèrent Hitler à prendre le pouvoir en 1933, mais elles produisirent également le plus gros des matériels clé que l’Allemagne utilisa durant la seconde guerre mondiale[…]

[…] En conséquence, le poids des réparations de guerre allemandes aux alliés était en fait supporté par des souscriveurs étrangers aux bons du trésor allemands, qui étaient émis par les maisons fnancières de Wall Street, et ce en dégageant un profit non négligeable pour elles-mêmes bien sûr. Il est important de noter ici, que ces firmes financières étaient la propriété des mêmes financiers qui occasionnellement enlevaient leur chapeau de banquier pour en mettre un nouveau, celui d’ “hommes d’état”; et comme “hommes d’état”, ils “formulaient” les plans Dawes ou Young pour “résoudre” les “problèmes” de ces réparations de l’Allemagne. En tant que banquiers, ils créaient les emprunts. Comme Carroll Quigley le fait remarquer:

“Il est à noter que ce système fut créé par les banquiers internationaux et que le prêt à l’Allemagne de l’argent des autres leur fut très lucratif.”

Qui étaient ces banquiers internationaux de New York qui formaient ces commisssions sur les réparations de l’Allemagne ?

Les experts américains du plan Dawes de 1924 furent le banquier Charles Dawes et le représentant de Morgan Owen Young, qui était également le président de la compagnie General Electric; quant à Dawes il fut le président de comité des experts alliés en 1924. En 1929, ce fut Young qui en devint président, soutenu par JP Morgan lui-même avec comme second Y. W. Lamont, un associé de Morgan et T. N. Perkins un autre banquier en association avec Morgan. En d’autres termes, la délégation américaine était purement et simplement comme l’avait dit Quigley, la délégation du banquier JP Morgan utilisant l’autorité et le sceau des Etats-Unis pour promouvoir des plans financiers qui leur seraient avantageux financièrement.

Quigley écrivit: “Les banquiers internationaux étaient assis au paradis, sous une pluie de dividendes et de commissions.”

Les membres allemands du comité des experts étaient également intéressants. En 1924, Hjalmar Schacht était le président de la Reichsbank et prit un rôle déterminant dans l’organisation de l’application du plan Dawes. En 1928, un des représentant allemand était A. Voegler du cartel de l’acier allemand Stahlwerke Vereinigte, en bref, les deux pays importants impliqués, les Etats-Unis et l’Allemagne, étaient représentés par les banquiers de la banque Morgan d’un côté et par Schacht et Voegler de l’autre, tous furent des éléments clé de la montée en puissance d’Hitler et du réarmement de l’Allemagne à venir […]

[…] 1928: Le plan Young

D’après les génies financiers d’Hitler, Hjalmar Horace Greeley Schacht et l’industriel nazi Fritz Thyssen, ce fut le plan Young de 1928 (le successeur du plan Dawes), formulé par l’agent de la banque Morgan Owen D. Young, qui amena Hitler au pouvoir en 1933[…]

[…] Le plan Young était un outil d’occupation financière de l’Allemagne au moyen de capital américain et commettait les biens et propriétés allemands à une hypothèque gigantesque dont les ficelles étaient tenues par les Etats-Unis. Il faut ici noter que les entreprises allemandes qui avaient des affiliations américaines échappaient au plan par le fait de titres de propriété étrangers temporaires[…]

[…] Quoi qu’il en soit ce fut Schacht et non Owen Young, qui conçut l’idée qui devînt plus tard la Bank for International Settlements (NdT: La BIS, qui existe toujours aujourd’hui et est le QG des banques centrales mondiales, cartel de banques et d’intérêts privés, qui siège à Bâle en Suisse) […]

La BIS, le cœur du système de contrôle

Ce jeu de coopération et d’idées entre Schacht en Allemagne et les intérêts de JP Morgan de New York à travers son agent Owen Young, n’était qu’une facette d’un système de coopération et d’alliance international bien plus vaste afin de contrôler le monde. Comme il fut décrit par Quigley, ce système “n’était rien d’autre que la création d’un système de contrôle financier mondial, dans des mains privées, capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie mondiale dans son entièreté.”

Ce système féodal fonctionna dans les années 1920 et il continue de fonctionner aujourd’hui (Ndt; en 1976 année de publication du livre, mais aussi de nos jours en 2011…) par le truchement des banquiers centraux privés de chaque pays, qui contrôlent la création de l’argent pour chaque économie individuelle. Dans les annés 1920 et 1930, le système de la réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre, la Reichsbank allemande et la Banque de France influençaient plus ou moins l’appareil politique de leur pays respectif de manière indirecte par le contrôle de la création de la monnaie et de l’environnement monétaire[…]

[…] Les politiciens utiles aux objectifs du capitalisme financier et les académies qui fournissent les idées et l’idéologie pour un contrôle mondial des banquiers internationaux, sont maintenus dans la ligne de conduite par un système de récompenses et de pénalités. Au début des années 1930, le véhicule principal pour ce système de contrôle financier et politique international, ce que Quigley nommait: “le cœur du système”, était la Bank for International Settlements de Bâle. Le cœur du contrôle BIS continua à fonctionner durant toute la seconde guerre mondiale comme le milieu par lequel les banquiers, qui n’étaient pas en guerre les uns avec les autres, continuèrent à opérer un échange d’idées pour leurs bénéfices mutuels, échange d’information et planification du monde de l’après guerre. Comme il fut noté par un écrivain, la guerre ne fît aucune différence pour les banquiers internationaux[…]

[…] La construction des cartels allemands

Un exemple concret et pratique du comment la finance internationale opère derrière la scène internationale pour bâtir et manipuler les systèmes politico-économiques, est le système de cartel allemand.

Les trois plus gros prêts accordés par les banquiers internationaux de Wall Street à des emprunteurs allemands dans les années 1920, le furent, sous le plan Dawes, au bénéfice des trois cartels allemands qui aidèrrent Hitler et les nazis quelques années plus tard a se hisser au pouvoir. Les financiers américains étaient directement représentés dans les conseils d’administration de ces cartels allemands. L’assistance américaine aux cartels allemands a été décrite par James Martin de la façon suivante: “Ces prêts pour la reconstruction devinrent un véhicule d’arrangements qui fit plus pour promouvoir la seconde guerre mondiale, que d’établir et d’assoir la paix après la première guerre mondiale.”

Les trois cartels dominants, les pourvoyeurs de fonds de Wall Street et les sommes empruntées furent comme suit:

  • A.E.G / General Electric Allemagne –> National City Bank –> 35 Millions de dollars
  • Vereinigte Stahlewerke / United Steel –> Dillon & Read —> 70,2 Millions de dollars
  • American IG Chemical / IG Farben –> National City–> 30 millions de dollars

En analysant la provenance des prêts, il s’avère que seulement quelques institutions financières de New York aient financé la dette de guerre allemande. Trois firmes: Dillon & Read, Harris, Forbes and co et National City, ont fourni 75% des prêts accordés et en ont retiré les profits. (cf tableau des investissements et des profits dans le texte original) […]

[…] Sous ce système de collaboration mutuelle et d’inter-dépendance, les deux cartels IG Farben et Vereinigte Stahlwerke produisirent 95% des explosifs allemands entre 1937 et 1938, à l’aube de la seconde guerre mondiale. Cette production ne fut possible que grâce à la capacité d’aide financière américaine et également par extension, de la technologie américaine.

Brièvement, avec la production d’essence synthétique et d’explosifs (deux des composants de base de la guerre moderne), le contrôle de la capacité de guerre de l’Allemagne durant la seconde guerre mondiale était dans les mains de deux conglomérats allemands qui furent crées par les prêts de Wall Street sous le plan Dawes.

De plus, l’assistance américaine aux efforts de guerre nazis fut étendue en d’autres domaines. Les deux plus grands producteurs de chars d’assaut de l’Allemagne hitlérienne étaient Opel, une entreprise totalement propriété de General Motors (contrôlé par la banque JP Morgan) et Ford A.G, la succursale allemande de Ford, Detroit. Les nazis donnèrent une exonération d’impôts à Opel en 1936, afin de permettre à General Motors de développer les usines allemandes. General Motors réinvestit de manière complaisante ses profits ainsi réalisés dans l’industrie allemande. Henry Ford fut décoré par les nazis pour ses services rendus.

Alcoa et Dow chimie travaillèrent en étroite collaboration avec l’industrie nazie et transférèrent beaucoup de leur technologie. La compagnie aéronautique Bendix, dont un des actionnaires principaux étaient la General Motors de JP Morgan, suppléa Siemens & Halske A.G en Allemagne avec des données de fabrication de pilotes automatiques et d’instruments aéronautiques[…]

[…] En bref, les entreprises américaines associées avec le groupe d’investissement international des Morgan-Rockefeller et non pas la vaste majorité des industriels américains indépendants, étaient intimement liées avec la croissance de l’industrie nazie.

Il est important de noter alors que nous développons plus avant cette affaire, que General Motors, Ford, General Electric, DuPont et une poignée d’entreprises intimement liées au développement de l’Allemagne nazie, étaient, à l’exception de Ford Motor, contrôlées par l’élite de Wall Street: la firme JP Morgan, La Chase Bank des Rockefeller et à un degré moindre la banque Warburg Manhattan. Ce livre n’est pas une mise en accusation de toute la finance et l’industrie américaines. C’est une inculpation du “cœur”, de ces firmes qui sont contrôlées par la poignée des maisons financières, du système de la réserve fédérale, de la BIS et de leurs arrangements coopératifs internationaux continuels et de leurs cartels qui tentent de contrôler le cours de la politique et de l’économie du monde.

Chapitre 2

L’empire IG Farben

“Farben était Hitler et Hitler était Farben” (Sénateur Homer T. Bone au comité des affaires militaires du Sénat, le 4 Juin 1943)

A la veille de la seconde guerre mondiale, le complexe industriel chimique d’IG Farben était la plus grosse industrie de production de produits chimiques au monde, qui possédait un pouvoir politique et économique énorme ainsi qu’une grosse influence au sein de l’état nazi. IG Farben fut justement décrit comme étant “l’état dans l’état”.

Le cartel IG Farben date de 1925, lorsque le génie de l’organisation Hermann Schmitz (avec l’assistance financière de Wall Street), créa un super géant de l’industrie chimique à partir de six gánts allemands déjà existant: Badische Anilin, Bayer, Agfa, Hoechst, Weiler-ter-Meer et Griesheim-Elektron. Ces compagnies furent fusionnées pour créer Internationale Gesellschaft Farbenindustrie A. G ou I.G Farben en court.

Vingt ans plus tard, le même Hermann Schmitz fut inculpé au procès de Nüremberg pour les crimes commis par le cartel IG Farben. D’autres directeurs et responsables d’IG furent traduits devant le tribunal mais les affiliés américains d’IG Farben et les directeurs américains de la firme IG elle-même, furent tranquillement oubliés; la vérité enterrée dans les archives (NdT: que le professeur Sutton a recherchée et analysée pour nous…).

C’est la connexion américaine de Wall Street qui nous intéresse. Sans les capitaux fournis par Wall Street, il n’y aurait pas eu d’IG Farben en première instance et très certainement pas d’Adolf Hitler et de seconde guerre mondiale.

Les banquiers allemands du conseil superviseur de Farben (Farben Aufsichsrat en allemand) et son comité directeur à la fin des années1929 incluait la banquier de Hambourg Max Warburg, dont le frère Paul Warburg était le fondateur du système de la réserve fédérale aux Etats-Unis. De manière non conïncidentelle, Paul Warburg était aussi membre du comité directeur de la branche IG Farben Etats-Unis, qui était une branche totalement la propriété de la maison mère IG[…]

[..] IG Farben est d’un intérêt péculier dans la formation de l’état nazi parce que les directeurs de Farben ont matériellement aidé Hitler et les nazis à arriver au pouvoir en 1933. Nous avons des preuves photographiques (voir page 60) que IG Farben contribua de la somme de 400 000 Reichsmark au “fond occulte” d’Hitler. Ce fut ce fond secret qui finança la saisie du pouvoir des nazis en Mars 1933. Bien des années auparavant, farben avait obtenu des fonds de Wall Street pour la cartélisation de 1925 et son expansion en Allemagne; puis 30 millions de dollars obtenus pour la branche américaine d’IG en 1929 et il y avait des de directeirs de Wall Street au comité directeur d’IG. Il faut noter ici que ces fonds furent levés et les directeurs nommés avant qu’Hitler ne fut promu dictateur de l’Allemagne.

Le pouvoir économique d’IG Farben

Des observateurs qualifiés ont débattu du fait que l’Allemagne n’aurait pas pu entrer en guerre en 1939 sans IG Farben. Entre 1927 et le début de la guerre, IG Farben doubla de taille, cette expansion fut possible grâce à l’assistance technique américaine et par la création des bons d’investissement, comme ceux ouverts pour 30 millions de dollars par La National City Bank. En 1939, IG avait acquis une participation et une influence gestionnaire dans quelques 380 autres industries allemandes et dans 500 entreprises étrangères. L’empire IG Farben possédait ses propres mines de charbon, ses propres centrales électriques, ses propores hauts-fourneaux, banques, unités de recherche et de nombreuses entreprises commerciales. Il y avait plus de 2000 accords de cartel entre IG et des entreprises étrangères, incluant la Standard Oil du New Jersey (Rockefeller), DuPont, Alcoa, Dow chimique, and d’autres aux Etats-Unis. L’histoire complète d’IG Farben et de ses activités mondiales avant la seconde guerre mondiale ne seront jamais totalement connues dans la mesure où des archives allemandes importantes ont été détruites en 1945 en anticipation de la victoire alliée.

Néanmoins une enquête après la seconde guerre mondiale fut menée par le département de guerre américain, elle se concluait ainsi:

“Sans les moyens énormes de production d’IG, ses recherches intensives et ses vastes affiliations internationales, cela aurait été impensable et impossible pour l’Allemagne de procéder à la guerre. Farben n’a pas seulement dirigé ses énergies vers l’armement de l’Allemagne, mais également se concentrait à affaiblir ses victimes potentielles et cette double tentative d’expansion du potentiel industriel allemand couplé avec la volonté de restreindre celui deu reste du monde ne fut pas pensé et exécuté “de la manière affairiste la plus banale”. La preuve est irréfutable que les officiels d’IG Farben avaient la pleine connaissance du plan de conquête mondial de l’Allemagne et de chaque acte spécifique d’agression qui fut lancé plus tard.” […]

[…] Le contrôle ultime de Farben sur l’économie de guerre allemande, acquis dans les années 1920 et 1930 avec l’assistance de Wall Street, peut être mieux évalué en examinant le pourcentage de matériel de guerre produit par les usines de Farben en 1945. A cette époque, Farben produisait 100% du caoutchouc synthétique, 95% des gaz mortels allemands dont le tristement célèbre Zyklon B utilisé dans les camps de déportation, 90% du plastique allemand, 88% de son magnésium, 84% des explosifs en tout genre, 70% de la poudre à canon, 46% de l’essence à haute octane pour l’aviation et 35% de tout le carburant synthétique allemand[…]

[…] Malheureusement, quand nous recherchons les origines techniques des plus importants de ces matériels militaires et de manière différente du support financier d’Hitler, nous trouvons des liens avec l’industrie américaine et avec des hommes d’affaire américains. Il y eut de multiples arrangements entre Farben et les entreprises américaines, incluant des arrangements de marketing du cartel, des arrangements de patentes, des échanges techniques comme ceux par exemple des transferts de technologie Standard Oil-Ethyl mentionnés plus haut. Ces arrangements furent utilisés par IG Farben pour avancer la politique nazie à l’étranger, pour collecter des informations stratégiques et pour consolider un cartel chimique mondial.

Un des aspects les plus horribles du cartel IG Farben fut l’invention, la production et la distribution du gaz Zyklon B utilisé par les nazis dans les camps de concentration. Le Zyklon B était de l’acide prussique pur (acide cyanhydrique), poison mortel fabriqué par la branche IG Farben de Leverkusen et vendu par leurs bureaux de vente Bayer et sous-traité par Degesh, un distributeur indépendant. Les ventes de Zyklon B constituaient environ 75% du chiffre d’affaire de Degesh. Suffisamment de gaz pour tuer 200 millions d’humains fut produit et vendu par IG Farben. La rapport de la commission Kilgore de 1942 établit clairement que les directeurs de IG Farben avaient une idée précise de ce qu’étaient les camps de concentration et de l’utilisartion des produits chimiques d’IG[…]

[…] Le bureau NW 7 de Berlin d’IG Farben était le centre d’espionage et de documentation extérieure phare du régime nazi en ce qui concerne l’étranger. Le bureau était dirigé par le directeur de Farben Max Ilgner, neveu du président de la firme Hermann Schmitz. Les deux hommes étaient tous deux membres du comité directeur de IG Farben USA, avec leurs collègues de direction Henry Ford de Ford Motor, Paul Warburg de la Manhattan Bank et de Charles Mitchell de la banque de la réserve fédérale de New York…

Une des figures les plus connues de ces agents de renseignement du bureau N.W 7 était le prince Bernhard de Hollande, qui rejoignit Farben au début des années 1930, après avoir suivi un stage d’entraînement de 18 mois dans la SS dont il porta l’uniforme noir[…]

La branche américaine d’IG Farben

Qui étaient les financiers de Wall Street qui dirigeaient les activités d’IG Farben USA, la succursale aux Etats-Unis qui faisait la propagande nazie ?

Les directeurs d’IG Farben USA incluèrent quelques uns des membres les plus en vue de Wall Street. Les intérêts économiques allemands réentrèrent aux Etats-Unis après la 1ère guerre mondiale et de manière probante, contournèrent les barrières faites pour conserver IG Farben en dehors du marché américain.

D’après les sources du manuel d’investissement de l’agence Moody de 1930 (page 2149), voici la liste des directeurs d’IG Farben USA en 1930:

  • Carl Bosh, Allemand, associé à Ford Motor A.G (Allemagne)
  • Edsel Ford, Américain, de la Ford Motor de Detroit
  • Max Ilgner, Allemand, dirigea le bureau NW7 d’IG Farben (bureau de renseignement extérieur), reconnu coupable de crimes contre l’humanité au procès de Nüremberg
  • F. ter Meer, Allemand, reconnu coupable à Nüremberg
  • H.A. Metz, Américain, directeur à IG Farben Allemagne de la la Manhattan Bank (Warburg), USA
  • C.E. Mitchell, Américain, directeur de la banque de la réserve fédérale new yorkaise et de la National City Bank
  • Hermann Schmitz. Allemand, PDG IG Farben A.G, associé à la Deutsche Bank et à la BIS de Bâle, reconnu coupable de crimes de guerre à Nüremberg
  • Walter Teagle, Américain, directeur de la banque de la réserve fédérale de New York et de la Standard Oil New Jersey (Rockefeller)
  • W.H von Rath, Allemand naturalisé américain, directeur de la branche allemande de la General Electric USA (A.E.G)
  • Paul Warburg, Américain, premier membre de la réserve fédérale de New York et PDG de la Manhattan Bank
  • W.E. Weiss, Américain, associé à Sterling Products

[…] Nous pouvons ici faire quelques remarques circonstantielles sur ces faits.

Dans un premier temps, le comité directeur de la branche américaine d’IG Farben comptait dans ses rangs pas moins de trois des directeurs de la réserve fédérale de New York, la banque de la Fed la plus influentielle de toutes les différentes branches de cette banque. IG USA avait aussi des liens très étroits avec la Standard Oil du New Jersey (Rockefeller), la compagnie Ford Motor, la banque de Manhattan (qui deviendra plus tard la Chase Manhattan sous la coupe Rockefeller) et d’AEG (la branche allemande de la General Electric).

Dans un second temps, trois membres de ce comité directeur d’IG Farben USA furent reconnus coupables de crimes de guerre au procès de Nüremberg. Ceux-ci furent les directeurs allemands et non pas les américains. Parmi ces Allemands, il y avait Max Ilgner, directeur du bureau NW7 d’IG à Berlin, l’agence de renesignement nazie d’avant guerre (NdT: remplacé par l’Abwehr durant la guerre). Si les directeurs d’une entreprise sont collectivement responsables des activités de cette entreprise, alors les directeurs américains auraient également dû être inculpés et jugés à Nüremberg, aux côtés des directeurs allemands, cela bien entendu si le but du procès était bien de déterminer la responsabilité et la culpabilité dans la guerre. Bien évidemment, si le but du procès fut de détourner l’attention des implications américaines dans la montée en puissance d’Hitler, ils ont alors été couronnés de succès dans cette entreprise.

Chapitre 3

La General Electric finance Hitler

Le géant multinational General Electric a un rôle sans précédent dans l’histoire du XXème siècle. General Electric électrifia l’Union Soviétique dans les années 1920 et 1930 et réalisa pleinement pour les soviétiques le motto de Lénine qui disait que “Socialisme = électrification” […]

[…] La compagnie General Electric profita énormément des affaires faites avec la Russie bolchévique, du socilaisme d ela “nouvelle donne” de F.D. Roosevelt et comme nous l’allons voir de l’Allemamgne national-socialiste d’Hitler.

La General Electric dans l’Allemagne de la République de Weimar

Walter Rathenau fut, jusqu’à son assassinat en 1922, le directeur de gestion de la Allgemeine Elekrizitats Gesellschaft (AEG), ou la branche allemande de la General Electric américaine et tout comme ses contre-parties américaines Owen Young et Gerard Swope, il était un fervent avocat du socialisme corporatiste (industriel). Walter Rathenau parlait en public de son opposition à la concurrence et à la libre entreprise. Pourquoi ? Parce que Rathenau et Swope voulaient la protection et la coopération de l’état pour leurs propres objectifs affairistes et leurs profits (et bien sûr pas pour ceux des autres)… Il pensait que le pouvoir de l’état devait être mis à la disposition des entreprises privées pour leurs propres intérêts corporatistes, ce qui est populairement connu sous le nom de national-socialisme[…]

[…] La cartélisation de l’industrie électrique allemande sous AEG (tout comme celle des industries de l’acier et de la chimie que nous avons vue dans les chapitres un et deux), fut rendue possible par ces prêts venant de Wall Street:

  • Le 26 Janvier 1925: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 10 millions de dollars
  • Le 9 Décembre 1925: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 10 millions de dollars
  • Le 22 Mai 1928: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 10 millions de dollars
  • Le 7 Juin 1928: AEG emprunte à la National City Bank la somme de 5 millions de dollars

Soit la somme de 35 millions de dollars en trois ans.

[…] Dès 1930, sans que la presse financière allemande ne soit au courant, la General Electric avait gagné un monopole technologique similaire à celui qu’elle avait en Allemagne sur l’industrie électrique soviétique et allait essayer de pénétrer le dernier bastion allemand, en particulier le groupe Siemens.

En Février, la General Electric se concentra sur ce qu’il restait à conquérir le géant allemend Siemens & Halske et bien qu’elle put obtenir un gros stock d’obligations émis pour la firme allemande par Dillon & Read de New York, la General Electric ne fut pas capable de rentrer dans la participation aux gains ni de mettre des directeurs au comité directeur de Siemens… Siemens retînt son indépendance de General Electric et cette indépendance est important pour la suite de notre histoire…

Il n’y a aucune preuve que Siemens, soit par Siemens & Halske ou par Siemens-Schukert, ait participé au financement d’Hitler. Siemens ne contribua que petitement et indirectement par le truchement de son capital dans la firme Osram. Par contre à la fois AEG et Osram financèrent directement Hitler par le truchement de Nationale Treuhand et ce de manière substantielle. Siemens retînt son indépendance au début des années 1930, tandis qu’AEG et Osram passèrent sous contrôle américain avec des directeurs américains.

Il n’y a aucune preuve que siemens, sans directeurs américains, ait financé Hitler. Par contre, il y a des preuves irréfutables et bien documentées qu’à la fois la Feneral Electric et Osram, toutes deux dirigés par des directeurs américains, financèrent elles, Hitler[…]

[…] Ainsi dans les années 1930, alors qu’Hitler se préparait à saisir un pouvoir dictatorial en Allemagne, soutenu par quelques industriels américains (pas tous loin s’en faut), la branche allemande de la General Electric AEG était une possession d’International General Electric (environ 30%), de Gesellschaft für Electrische Unternemungen (25%) et Ludwig Lowe (25%).

International General Electric avait aussi des intérêts à hauteur de 16,7 % dans Osram et une influence additionnelle directe dans d’autres compagnies (NdT:voir la liste dans l’original en anglais) […]

La General Electric et le financement d’Hitler

A partir de 1915, International General Electric, domiciliée au 120 Broadway dans la ville de New York, agit comme organisation d’investissement étranger, de production et de vente pour la compagnie General Electric. IGE avait des intérêts dans la production à l’étranger incluant 25 à 30% de parts dans AEG, plus celles dans Osram GmbH également à Berlin. Ces holdings donnèrent quatre directeurs à IGE pour les mettre au comité directeur d’AEG ainsi qu’un autre directeur pour Osram. AEG et Osram furent de gros contributeurs au financement d’Hitler pour sa montée au pouvoir en 1933. Un bordereau de transfert bancaire daté du 2 Mars 1933 provenant d’AEG à Delbruck Schiker & Co à Berlin, requiert le versement de 60 000 Reichsmark sur le compte Nationale Treuhand pour l’utilisation d’Hitler. Nous reproduisons ce bordereau en page 56.

IG Farben était le plus important pourvoyeur de fonds domestiques d’Hitler et comme nous l’avons vu par ailleurs, IG Farben contrôlait la branche américaine d’IG, de plus plusieurs directeurs d’AEG figuraient également au comité de direction d’IG Farben comme par exemple Hermann Bucher, PDG d’AEG, était également au conseil d’administration d’IG Farben, ainsi que les directeurs d’AEG Julius Flechtheim et Walter von Rath. IG Farben contribua de 30% au fond de trust d’Hitler en 1933[…]

[…] En d’autres termes, pratiquement tous les directeurs allemands de la branche allemande de la General Electric (AEG) étaient des soutiens financiers d’Adolf Hitler et non seulement associés avec AEG mais aussi avec d’autres compagnies soutenant Hitler financièrement…

[…] En 1932, les directeurs américains d’AEG étaient connectés de manière étroite avec les cercles financiers et politiques américains comme suit:

  • Gerard Swope: Président de la International General Electric et président de GE, directeur de la National City Bank, directeur d’AEG et d’Osram en Allemagne, un des auteurs de la “nouvelle donne” économique de Roosevelt et de nombreuses organisation rooseveltiennes
  • Owen Young: PDG de la GE et PDG adjoint de la banque de la réserve fédérale de New York, auteur avec JP Morgan du plan Young qui succéda au plan Dawes en 1929 (voir chapitre un)
  • Clark Minor: Président et directeur de la IGE, directeur de British Thomson Houston, de la Compania Generale di Electtricita (Italie) et de la Japan Electric Bond & Share company (Japon)

Coopération technique avec Krupp

[…] En bref, General Electric, avec la coopérartion d’un autre gros supporteur d’Hitler, Krupp, obtinrent conjointement un monopole pour General Electric sur le carbure de tungstène aux Etats-Unis (NdT: utilisé pour les outils, machines outils et certaines teintures). Ainsi, lorsque la seconde guerre mondiale débuta, General Electric eut un monopole du produit à un prix convenu et établi de 450 US$ le demi-kilo, presque dix fois le prix de 1928, son utilisation aux Etats-Unis fut restreinte de manière correspondante.

AEG évite les bombes durant la seconde guerre mondiale

En 1939, l’industrie de l’équipement électrique allemande était concentrée en quelques entreprises majeures liées a un cartel international et par des participations au capital de deux entreprises américaines très importantes. Ce complexe industriel ne fut jamais les cibles primordiales pour les bombardements alliés durant la guerre. Les usines AEG et ITT (International Telephone and Telegraph) ne furent touchées qu’accidentellement et que très rarement dans des raids aériens. Les usines d’équipement électrique qui furent bombardées furent celles qui n’appartenaient pas au complexe industriel américain[…]

[…] Le fait que les usines d’AEG en Allemagne ne furent pas bombardées durant la seconde guerre mondiale fut confirmé par le United States Strategic Bombing Survey où officiaient des intellectuels comme John Galbraith et des membres de Wall Street tels George Ball et Paul Nitze. Leur rapport sur l’industrie de l’équipement électrique allemande datée de Janvier 1947 conclut:

“L’industrie n’a jamais été attaquée comme cible désignée, mis à part quelques usines comme Brown Beveri à Manheim, Bosch à Stuttgart et Siemenstadt à Berlin, qui ont été sujettes à des raids de précision, beaucoup d’autres furent touchées dans les raids de zone.” […]

[…] En conclusion de ce chapitre, General Electric fut un financier important d’Hitler et a bien profité de la production de guerre; malgré tout cela, parvint à échapper aux bombardements alliés de la seconde guerre mondiale. De manière évidente, cette histoire juste effleurée ici, mérite une enquête bien plus approfondie… et officielle.

(à suivre …)

2ème partie

Connaissez-vous le Mécanisme Européen de Stabilité ou MES ?.. Non ?… Normal, on nous le cache soigneusement… La dictature fasciste de L’UE est en marche !

Posted in actualité, économie, crise mondiale, Internet et liberté, média et propagande, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , on 19 octobre 2011 by Résistance 71

Pour la traduction française du traité MES, cela vaut le coup d’être lu, cliquez ici.

Les peuples d’Europe se doivent d’arrêter ce coup d’état fasciste, nous pesons nos mots, car le fascisme selon Mussolini soi-même, c’est « la fusion entre l’état et la grosse industrie » qu’il appelait « corporatisme », ourdi dans leur dos. L’oligarchie fait passer en catimini sans aucun consentement populaire les pires traités faits pour parachever le néo-féodalisme post industriel, celui du Nouvel Ordre Mondial.

 lire et diffuser sans modération…

Merci à Doctorix pour les liens français de la toile sur cette affaire ,

— Résistance 71 —

 

Vers un fascisme européen ?

 

Url de l’article original:

http://www.haoui.net/newsletter/2011/octobre18/exclusivite/index.html

Imaginez une autorité nouvelle qui demande, quand elle le veut, aux Etats de payer dans les 7 jours des montants non plafonnés. Une autorité qui peut accuser sans être accusée. Une autorité dont les dirigeants et employés bénéficient de l’immunité. Une autorité qui ne peut pas être attaquée par les tribunaux. Des gouvernements qui ne peuvent plus revenir sur les engagements pris par leurs prédécesseurs auprès de cette autorité. Une autorité non élue qui détiendrait dans une seule main les caisses des Etats européens. Et bien cette autorité est en cours de création. Elle s’appelle le MES, le Mécanisme Européen de Stabilité qui devrait entrer en vigueur en 2013. Vous n’en avez jamais entendu parlé ? HaOui s’est procuré la version anglaise de ce traité en cours de ratification et vous propose en exclusivité sa traduction, car opacité oblige, sa version française n’est pas diffusée…

Extraits du projet de traité en cours de ratification

 

Article 3
Objet 
L’objet du MES est de mobiliser des fonds et fournir une assistance financière, sous stricte conditionnalité de politique économique, au profit des Membres du MES qui connaissent ou sont menacées par des problèmes de financement grave, si cela s’avère indispensable pour sauvegarder la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble. A cet effet, le MES est en droit de lever des fonds par émission d’instruments financiers ou en concluant des accords financiers ou autres arrangements avec les Membres du MES, les institutions financières ou d’autres tiers.

Article 8
Capital social
1. Le capital social s’élève à 700 milliards d’euros (EUR 700 000 000 000).

Article 9
Appels du capital
[…] Les Membres du MES, irrévocablement et inconditionnellement, s’engagent à payer sur demande l’appel de capital effectué par le Directeur Général conformément au présent paragraphe, cet appel devant être payé dans les sept (7) jours suivant la réception de ladite demande.

Article 10
Les changements dans le capital social
1. Le Conseil des Gouverneurs […] peut décider du changement du capital social et de la modification de l’article 8 et l’annexe 2 en conséquence.

Article 27
Le statut juridique du MES, les immunités et privilèges

2. Le MES a la pleine personnalité juridique, il doit avoir la pleine capacité juridique:

(A) pour acquérir et aliéner des biens immobiliers et mobiliers;

(B) pour contracter;­

(C) pour ester en justice et

(D) pour entrer dans un accord cadre et / ou des protocoles nécessaires pour s’assurer que ses statuts, privilèges et immunités sont reconnus et mis en vigueur.

3. Le MES, ses biens, fonds et avoirs, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le détenteur, jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire, sauf dans la mesure où le MES renonce expressément à son immunité dans le but de toute procédure ou par les conditions de tout contrat, y compris la documentation sur les instruments financiers.

4. La propriété, le financement et les actifs du MES, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le lieu, sont exempts de perquisition, réquisition, confiscation, expropriation ou de toute autre forme de saisie, de prise ou forclusion par action de l’exécutif, judiciaire, administrative ou législative.

Article 30
Immunités des personnes

  1. Gouverneurs, Gouverneurs suppléants, Directeurs, Directeurs suppléants, le Directeur Général et membres du personnel doivent être à l’abri de poursuites à l’égard des actes accomplis par eux dans leur qualité officielle et jouissent de l’inviolabilité à l’égard de leurs papiers officiels et documents, sauf lorsque le Conseil des Gouverneurs renonce expressément à cette immunité.

Le Nouvel Ordre Mondial passe par L’Union Européenne… La Dictature européenne poursuit sa route, le contribuable européen devra payer pour les « plans de sauvetage » lucratifs des banques privées…

Posted in actualité, économie, crise mondiale, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , on 17 octobre 2011 by Résistance 71

Jamais les peuples ne doivent payer pour cette fumisterie éhontée !…

Désobéissance civile générale sur ces mesures qui passent bien sûr en catimini à l’insu de 99% des citoyens européens. 

Il faut empêcher la mafia du cartel banquier de nuire et au plus vite, boycott des institutions et refus de payer tout impôt !

Pour toucher ces ordures, il faut le faire là où cela leur fait le plus mal: au porte-feuille, direct et sans ambage !

Merci à Marc pour l’info et le lien…

— Résistance 71 —

 

MES, un coup d’état dans 17 pays

 

Rudo de Ruijter

 

8 octobre 2011

 

url de l’artivle original:

http://www.courtfool.info/fr_MES_un_coup_d_etat_dans_17_pays.htm

 

Note préliminaire: Ne confondez pas le MES avec les fonds de secours actuels MESF et FESF. Comme mentionné dans l’article précédent sur ce même sujet « MES, le nouveau dictateur européen« , les Ministres des Finances des 17 pays de l’euro ont signé un traité pour l’établissement du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Le but est de faire payer les citoyens pour les centaines de milliards d’euros dépensés pour les « actions de secours » pour sauver l’euro et de tenir les parlements dans une prise d’étranglement.

Bruxelles ne veut apparemment pas que vous preniez connaissance du contenu de ce traité. Jusqu’au jour de la rédaction de cet article, je n’ai pu trouver qu’un seul exemplaire en anglais sur l’internet. (96,5% de la population de la zone euro parlent d’autres langues!)

(La photo n’est pas pour usage commercial)

Curieusement aussi, la signature de ce nouveau traité européen n’a pas été remarquée du tout par la presse internationale, bien que des dizaines de journalistes étaient présents à la conférence de presse l’annonçant. (Voir photo ci-dessus.) Peut-être est-ce par ce que Juncker l’annonça brièvement en français, avant de poursuivre la conférence en anglais? D’ailleurs, beaucoup de journalistes confondent encore ce nouveau traité MES avec ses prédécesseurs (illégaux), le Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MESF) et la Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF). Ils sont plus connus sous leurs noms anglais European Financial Stabilisation Mechanism (EFSM) et le European Financial Stability Facility (EFSF). La FESF / EFSF a une capacité de prêt de 440 milliards. (1.320 euros par euro-citoyen!) Le MES est sans limite.

Quelques parlementaires qui ont entendu parler du MES croient faussement qu’ils y gardent le pouvoir via leur Ministre de Finances. Cependant, comme ce dernier sera promu Gouverneur du MES, il n’aura plus de comptes à rendre au parlement national (ni à qui que ce soit d’autre) pour les décisions qu’il prend dans le cadre du MES. Si le Parlement ratifie le traité, c’est ce traité international qui devient prioritaire aux législations nationales.

Au moment d’écrire, le traité doit encore être ratifié par les Parlements nationaux dans tous les 17 pays, à moins que ceci aussi ait été fait silencieusement déjà ici et là.

Pour une brève présentation du traité du MES, voyez la vidéo de moins de 4 minutes sur YouTube:

 http://www.youtube.com/watch?v=1GaH2MqXfxM

MES, un coup d’état dans 17 pays

Si par coup d’état nous entendons la prise du pouvoir réel et la limitation du pouvoir du Parlement national démocratiquement élu, alors le traité du MES est un coup d’état dans 17 pays simultanément.

C’est entièrement en accord avec la philosophie de la Commission Européenne, qui, selon son Président Barroso, doit être le gouvernement économique de l’Union, qui doit définir les actions que les gouvernements nationaux doivent exécuter. (28.09.11) [1]

Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) n’est pas tant un mécanisme, qu’un nouvelle administration de l’Union Européenne (UE). Le but déclaré est de fournir des prêts (sous conditions strictes) à des pays de l’euro qui ne peuvent plus remplir leurs obligations financières. Il reprendra les tâches des FESF et MESF mentionnés plus hauts et sera géré par un Conseil de Gouverneurs. Ce seront les 17 Ministres des Finances des pays de l’euro situés dans l’Union Européenne.

Le traité du MES dit, dans son article 8, que cet organe disposera d’un capital social de 700 milliards d’euros. Ensuite, dans son article 10, il est précisé que le Conseil des Gouverneurs peut décider de changer ce montant et d’adapter article 8 en conséquence. Dans l’article 9 il est dit, que le Conseil des Gouverneurs peut exiger à tout moment le versement du capital social non encore payé (et ceci en moins de 7 jours.) En fait, il est dit que le MES peut exiger de l’argent des pays membres de façon illimitée. Le traité ne prévoit pas de droit de veto pour les Parlements nationaux.

Unanime

Selon l’article 5.6 le Conseil des Gouverneurs doit prendre les décisions ci-dessus à l’unanimité. Le Conseil entier doit donc voter « pour ».

A première vue il est très étrange, que le fonctionnement du traité dépende entièrement de l’unanimité des 17 Ministres des Finances de la zone euro. Quand on voit combien de peine leur coûte en ce moment la conclusion d’un accord sur la délivrance de prêts déjà promis à la Grèce, on ne s’attendrait pas à ce que l’Union Européenne bâtisse un traité, qui part justement du principe, que cette unanimité existe ou peut être atteinte.

La zone euro consiste en une réflexion bariolée de la diversité de l’Europe: les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne et la France et puis l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Malte, la Grèce, la Slovaquie, la Slovénie et finalement l’Estonie et la Finlande. En fait, les 17 Ministres forment également une compagnie bariolée. Chacun d’eux représente un pays avec des intérêts différents. Et d’eux, on attend l’unanimité? Comment est-ce possible?

Pour comprendre cela nous devons regarder un peu plus loin. Dans le MES ce sont bien les 17 Ministres des Finances qui votent sur toutes les décisions importantes, mais il y a encore d’autres gens qui sont présents dans toutes leurs réunions, officiellement en tant qu’ « observateurs« . Pourquoi ces ministres ont-ils besoin d’observateurs? Pour vérifier qu’ils font bien ce qu’on attend d’eux?

Ces observateurs sont au nombre de trois:

  • Le membre de la Commission Européenne qui est en charge des affaires économiques et monétaires,
  • le Président du Groupe Euro (un club informel de ces 17 Ministres des Finances)
  • et le Président de la Banque Centrale Européenne! [2]

Donc, si nous ne pouvons pas nous attendre à une unanimité spontanée des 17 Ministres des Finances, ça doit être l’influence exercée par ces observateurs qui arrive à les mettre d’accord. Pour comprendre quelle influence la Commission Européenne et la Banque Centrale Européenne peuvent exercer sur nos ministres, regardons les choses d’un peu plus près.

Qui sont Ministres des Finances?

Eh bien, en général ce sont des gens qui vont et viennent. Le plus souvent ils sont nommés après les élections parlementaires, qui débouchent d’abord sur les tractations pour former une coalition majoritaire aux dépens des promesses électorales et qui sont suivies par les tiraillements pour le remplissage des portefeuilles importants, comme le Ministère de l’Intérieur,  de l’Économie et des Finances.

Le plus souvent ce sont des personnes qui ambitionnent une carrière politique et qui ont été poussées en avant par des partis politiques. Dans le cas favorable, elles disposent des capacités de mener un ministère. Une telle personne peut avoir la direction de la Défense et puis, une autre fois, être nommée Ministre d’Éducation ou d’Affaires Sociales. La connaissance du sujet est généralement estimée moins importante que les capacités dirigeantes.

L’économie ce n’est pas les Finances

Ainsi nous avons aux Pays-Bas un Ministre de Finances, Jan Kees de Jager, qui est bardé de diplômes d’économie, mais qui, initialement, ne donnait que peu l’impression de comprendre quelque chose en finances. Une de ses premières idées était de proposer une loi, qui devait interdire d’inciter les gens à retirer leur argent de la banque. Jan Kees, les banques n’ont pas d’argent! Pour chaque euro que les clients d’une banque comme ING (la plus grosse banque néerlandaise) ont dans leurs comptes, la banque n’a que 3 centimes à disposition. Personne n’irait faire la queue pour ça, non? Et puis, tant que la banque centrale ne veut pas qu’une banque tombe, cette dernière peut aisément résister à un « run on the bank » avec de l’argent emprunté.

Les Ministres des Finances fraîchement nommés sont généralement fous de joie d’avoir réussi à arriver si loin dans leur carrière. Cependant, ils arrivent dans un monde qu’ils ne connaissent que peu ou pas. C’est le petit monde influent des institutions financières internationales et des nombres avec des zéros à l’infini. Un moment d’inattention suffit pour se tromper de dizaines de milliards d’euros. (Premier Ministre Néerlandais Rutte et Jan Kees de Jager se trompaient de 50 milliards d’euros dans le cadre de fonds de secours européens [3] ) Ces ministres nouveaux arrivants sont des proies faciles pour les conseillers de la BCE et du FMI, qui viennent expliquer comment ça fonctionne et ce qu’on attend d’un bon Ministre de Finances.

Pour autant que ces Ministres des Finances ont des connaissances de base en économie, ils pourraient savoir que l’expérience euro est voué à l’échec. C’était déjà connu en 1970 au départ du projet, mais des banquiers et des politiciens têtus ont poussé la monnaie unique malgré tout. Le problème, c’est qu’une monnaie unique ne peut fonctionner que dans un territoire économique homogène. [4] [5] [6] Voici pourquoi.

Le harnais du cours de change fixe

Lorsque des consommateurs, dans des pays avec des possibilités de productivité plus réduites, préfèrent acheter des produits importés moins chers et meilleurs, la dette extérieure augmentera. En même temps la productivité à l’intérieur du pays diminuera. Si le pays dispose alors de sa propre monnaie, il peut la dévaluer. Cela rend les produits d’importation plus chers pour sa propre population et les produits d’exportation moins chers pour les acheteurs étrangers. La dette diminuera et la productivité augmentera. Les dévaluations étaient courantes avant le début de l’euro. Maintenant, avec l’euro, ça fonctionne comme un cours de change bloqué. Les pays moins productifs sont attrapés comme des rats dans un piège. Ils ne pourront jamais sortir des dettes. C’est pour cela que le chemin qu’on emprunte pour charger ces pays avec des dettes encore plus élevées est un choix étrange et malveillant.

Vive le marché unique des capitaux

Nous ne devons pas oublier que ces pays n’avaient pas de grands problèmes insurmontables au moment d’entrer dans la zone euro. Sinon ils n’auraient pas été admis. De fait, les problèmes ont commencé avec leur adhésion à l’euro. C’est que simultanément, la libre circulation des capitaux devenait un fait aussi. Des banques des pays de l’euro existants affluaient massivement pour fournir des prêts bon marché au nouveaux citoyens de l’euro. Et puisque, avec un même capital, les banques sont autorisées à fournir deux fois plus d’hypothèques que des prêts pour d’autres usages, c’étaient surtout des logements qui furent financés. Les banquiers oublièrent cependant, que les gens n’ont pas besoin uniquement d’un espace pour habiter, mais aussi de revenus pour rembourser leurs emprunts. Ils auraient dû financer suffisamment d’activités économiques aussi. Ce ne fut pas le cas. Ainsi une première vague de nouveaux citoyens de l’euro se retrouvaient dans des dettes dont ils ne pourront plus se sortir. Le marché immobilier s’effondra. Les entrepreneurs et leurs fournisseurs firent faillite, laissant derrière eux un paysage désolant de quartiers d’habitation vides et non finis.

Les règles problématiques de l’euro

Ensuite, il faut savoir que les « pays à problèmes » étaient désignés ainsi exclusivement du fait qu’ils ne répondaient plus aux exigences posées pour la zone euro, c’est à dire un déficit budgétaire de 3% du PIB au maximum et une dette d’État de 60% du BIP au maximum. [7] Normalement cela ne pose aucun problème pour un pays quand la dette est le double; lorsque, par exemple, elles sont contrebalancées par des possessions, comme c’est le cas pour la Grèce. Et un déficit budgétaire de plus de 3% ne doit pas être un problème pour un pays non plus. En fait, le seul problème, c’était que les limites posées pour la zone euro se sont avérées irréalistes. Presqu’aucun des pays membres ne s’y tenaient. On pourrait donc dire, que ceux qui ont établi ces limites étaient de gros bêtas et que les ministres qui promettaient de s’y tenir également. C’est en tout cas un moyen simple pour provoquer une crise.

Mouton noir

Parce que quasiment tous les pays avaient dépassé les limites fixées, il était utile de dévier l’attention et de pointer du doigt l’élève le plus désobéissant. Pour la Grèce il montèrent même toute une campagne de diffamation, à laquelle participèrent également des politiciens menteurs néerlandais. La Grèce aurait caché sa dette [8], les Grecques étaient des fainéants et partaient à la retraite tôt etc. [9] Rapidement la Grèce fut attaquée de toute part et dut payer des intérêts de plus en plus élevés pour ses emprunts. Heureusement ses copains de classe de l’euro voulaient bien aider. Jan Kees promit même que nous y gagnerions.

L’argent est pouvoir

Lorsqu’on a fini par manoeuvrer sa victime dans les problèmes – encore une fois, la Grèce n’avait pas de problème insurmontable lorsqu’elle accédait à la zone euro en 2001 – alors, on peut appliquer la politique de la carotte et du bâton: nous te fournirons des prêts, mais à condition que… Le FMI a un demi-siècle d’expérience avec ce type d’abus de pouvoir. Il a appliqué cette politique délibérément dans beaucoup de pays en développement. D’abord le pays est surchargé de prêts, de façon à ce qu’il ne puisse même plus payer les intérêts. Ces prêts sont accordés pour des projets définis. Ceux-ci sont généralement exécutés par des entreprises étrangères. Ce sont elles qui touchent l’argent des prêts. Le pays reste avec les dettes. Ensuite on vend tout ce que le pays a de valeur a des investisseurs étrangers. Et bien entendu, le gouvernement doit couper les dépenses jusqu’à l’os et la population doit saigner, pour qu’on comprenne que le FMI est le maître.

Saisi du pouvoir de la Commission Européenne.

Bien que l’article 122.2 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) [10] permet au Conseil Européen de fournir de l’aide financière à des membres en détresse (sur proposition de la Commission Européenne), les loups de la Commission européenne ne pouvaient résister la tentation d’ériger leur propre FMI, ou plus précisément, un frère européen, qui collaborerait étroitement avec le FMI.

Ils l’ont érigé promptement en mai et juin 2010, le MEFS et le FESF. Ils ont un caractère provisoire et une base légale défaillante. La capacité de prêt du FESF a récemment été augmentée jusqu’à 440 milliards. (Cela représente 1320 euro par citoyen euro.)

Le successeur est le MES. Signé le 11 juillet 2011, il attend ratification par les Parlements nationaux entre maintenant et le 31 décembre 2011. Le MES aura un caractère permanent et le pouvoir d’exiger des sommes illimitées des Caisses d’État et de les prêter aux risques et aux frais des citoyens de l’euro. Ils commencent avec un capital social de 700 milliards (2100 euro par citoyen euro), mais parlent déjà de montants de 1500 à 2000 milliards, dont ils pensent avoir besoin…

L’amendement à l’article 136

Le MES est basé sur un amendement de l’article 136 du TFUE du 23 mars 2011 [11], qui, en fait, constitue un accroissement du pouvoir de l’Union Européenne. Et parce que cet amendement est basé sur l’article 48.6 du Traité de l’Union Européenne (TUE), cela est illégal. [12] Mais à Bruxelles ils s’en foutent et même les Parlements nationaux trouvent les règles démocratiques pas suffisamment importantes pour refuser cette construction illégale. En effet, la conséquence serait, que la population devrait d’abord se prononcer sur cette extension du pouvoir de Bruxelles. Et ce peuple débile voterait certainement contre.

Le MES aura le pouvoir de vider les Caisses des États sans que les Parlements puissent s’y opposer. En outre, cet amendement – strictement selon le texte – rend possible tout un tas d’autres institutions anti-démocratiques, qui, sous prétexte de combattre l’instabilité de la zone euro, pourront limiter les effets de législation nationale et les droits des citoyens.

Shock and awe

Créer une crise et saisir le pouvoir. C’est au moment où le pays est totalement désorganisé, que l’on peut ordonner les affaires à sa guise. C’est un scénario violent que les défenseurs de l’économie du marché libre ont appliqué depuis des décennies dans beaucoup de pays, comme l’Angleterre, la Pologne, la Chine, l’Afrique du Sud, la Russie et les États-Unis. J’en réfère à un des livres les plus éclaircissants de notre ère: La Doctrine du Choc de Naomie Klein. (à lire absolument).

Maintenant c’est le tour à la Grèce. La diffamation a fait son travail. Les citoyens dans les autres pays euro ne protestent guère, tout au plus contre la perte possible de leur argent, que des Caisses de Retraite y ont investi. Mais s’il réfléchissaient un peu plus, ils comprendraient qu’un jour, peut-être déjà demain, eux aussi pourront être manoeuvrés dans des dettes, par les fonds de secours. Cela pourra arriver en un éclair, introduit par un titre dans la presse comme « Crédit Agricole risque la faillite ».

Cercle vicieux

Entre-temps, dans la panique créée les Parlements acceptent les mesures d’urgence, qu’ils n’avaient pas mEme envisagées survenir la veille. Maintenant l’argent des fonds de secours doit également servir à sauver les banques. Nous avons donc créé un cercle vicieux: les banques causent les problèmes, elles peuvent profiter directement et indirectement des prêts accordés par les mesures d’urgence, et maintenant elles peuvent prêter encore plus témérairement, car les pertes éventuelles seront payés par les citoyens euro!

À bas la prise de décisions unanime.

Retour à notre MES. Ce traité peut fonctionner ou devient caduque selon que les 17 Ministres des Finances soient unanimes ou non. La Commission Européenne et la BCE font confiance à leur influence pour mettre les 17 nez dans le même sens.

A dire vrai, tous les 17, ce n’est pas nécessaire. Une décision est également valide quand les ministres ne sont pas tous présents. Chaque ministre représente un nombre de votes, relaté au capital souscrit par son pays. (Voir annexe en dessous de cet article.) Lorsque les 2/3 des ministres représant les 2/3 du nombre total des votes sont présents, ils peuvent voter validement. Et ne pas voter n’empêche pas une décision unanime. Tant que personne ne vote contre.

En théorie, un ministre têtu d’un petit pays pourrait donc gâcher la fête. Soi dit en passant, qu’il devra disposer d’un grand courage. Barroso ne veut plus de cela. Il veut que tous les traités européens soient modifiés et que les décisions n’aient plus besoin d’être prises à l’unanimité. Pour le MES, par exemple, cela voudrait dire que si l’Allemagne, la France, l’Italie et les Pays-Bas sont d’accord, les 13 autres n’ont plus rien à dire. Vive la dictature à Bruxelles! Vive l’Union Européenne!

Immunité

Nous sommes déjà habitués à ce que les administrateurs et représentants du peuple n’aiment pas avoir à répondre de leurs paroles et de leurs actes. Mais chez le MES, ils poussent le bouchon vraiment très loin. Les règles ont été établies de telle sorte que tous ceux qui en font partie ou y travaillent pourront faire ou laisser ce qu’ils voudront, sans qu’ils aient à en répondre devant aucum Parlement, aucune Administration, ni aucun juge. Tout au plus un Ministre de Finances pourra être remplacé par un autre, qui bénéficiera tout de suite des mêmes privilèges exorbitants. Un voyou ne pourrait pas souhaiter un meilleur repaire.

Une dernière réflexion

L’Union Européenne a l’économie du marché libre comme principe déclaré. Presque tout le monde a déjà compris, que la dérégulation des banques, la privatisation des infrastructures et l’abolition des tâches du gouvernement mènent à une société dure et harcelée par des crises. Ces principes sont dépassés. Ses défenseurs ne pourront les imposer que par la violence. La Grèce ne sera pas la dernière victime.

Annexe

Répartition des voix des Gouverneurs du MES, en rapport avec le capital social souscrit.

ESM Member

Number of shares

Capital subscription (EUR)

Kingdom of Belgium

243 397

24 339 700 000

Federal Republic of Germany

1 900 248

190 024 800 000

Republic of Estonia

13 020

1 302 000 000

Ireland

111 454

11 145 400 000

Hellenic Republic

197 169

19 716 900 000

Kingdom of Spain

833 259

83 325 900 000

French Republic

1 427 013

142 701 300 000

Italian Republic

1 253 959

125 395 900 000

Republic of Cyprus

13 734

1 373 400 000

Grand Duchy of Luxembourg

17 528

1 752 800 000

Malta

5 117

511 700 000

Kingdom of the Netherlands

400 190

40 019 000 000

Republic of Austria

194 838

19 483 800 000

Portuguese Republic

175 644

17 564 400 000

Republic of Slovenia

29 932

2 993 200 000

Slovak Republic

57 680

5 768 000 000

Republic of Finland

125 818

12 581 800 000

Total

7 000 000

700 000 000 000

Sources et références

[1] Barroso, le 28 september 2011 http://euobserver.com/19/113760

[2] Officiellement la Banque Centrale Européenne n’est pas un organe de l’Union Européenne. *  La BCE est la propriété des banques centrales dans la zone euro. Celles-ci, à leur tour, sont indépendantes des gouvernements nationaux dans ce sens qu’elles n’en prennent pas d’ordres. Elles sont dirigées par des Conseils de personnes privées. L’euro n’appartient donc pas à l’Union Européenne, ni aux gouvernements nationaux, mais à un cartel de banquiers privés à Frankfurt, la ville des Rothschild. L’Union Européenne ne peut pas donner des ordres à la BCE, mais inversement la BCE a du pouvoir à l’intérieur de l’UE. Elle dirige le Système Européen des Banques Centrales, qui lui est bien un organe de l’UE. La BCE, ensemble avec les banques centrales de la zone euro, sont les membres de cet organe. Jusqu’où doit on aller dans la complexité pour donner le pouvoir d’un organe officielle à une entreprise privée?

* http://www.europarl.europa.eu/parliament/expert/displayFtu.do?id=73&ftuId=FTU_5.2.html&language=en

[3] Vrijspreker le 22 juillet 2011 *

Traduction: Le gouvernement néerlandais et la Commission Européenne se contredisent sur le volume du paquet d’aide pour la Grèce. Selon le Ministère des Finances il s’agit d’un montant de 109 nilliards d’euros, dont 50 milliards viennent des banques et d’autres institutions financières. Selon la Commission Européenne les gouvernements payent 109 milliards et il s’y rajoutent 50 milliards des institutions privées. La Banque Centrale Néerlandaise ne sait pas: « Nous aussi nous sommes curieux de savoir ce qui en est », dit une porte parole de la DNB. La Banque Centrale Européenne réfère à la Commission Européenne.

* http://www.vrijspreker.nl/wp/2011/07/eu-euro-reddingsactie-geklungel/

[4] Dans les études scientifiques sur le “optimum currency areas” (régions optimales pour une monnaie) nous pouvons distinguer des études centrées sur les conditions nécessaires et celles d’après 1970 (lorsque les politiciens avaient décidés qu’ils voulaient une monnaie unique), qui sont davantage centrées sur les coûts et bénéfices.

Roman Horvath and Lubos Komarek dans “OPTIMUM CURRENCY AREA THEORY: AN APPROACH FOR THINKING ABOUT MONETARY INTEGRATION” (2002)

(Traduction Française, voir en dessous.)

“It is possible to distinguish two major streams of the optimum currency area literature. The first stream tries to find the crucial economic characteristics to determine where the (illusionary) borders for exchange rates should be drawn (1960s-1970s). The second stream (1970s-till now) assumes that any single country fulfills completely the requirements to make it an optimal member of a monetary union. As a result, the second approach does not continue in the search for characteristics, identified as important for choosing the participants in an optimum currency area. This literature focuses on studying the costs and the benefits to a country intending to participate in a currency area.”

“Il est possible de distinguer deux courants majeurs dans la littérature sur les régions optimales pour une monnaie. Le premier courant tente de trouver les caractéristiques clefs pour déterminer où les frontières (imaginaires) pour des taux de change devraient être établies (années 60 et 70). Le deuxième courant (de 1970 jus qu’aujourd’hui) suppose que n’importe quel pays individuel répond entièrement aux exigences pour en faire un membre optimal d’une union monétaire. Par conséquent, la deuxième approche ne continue pas à rechercher les caractéristiques, qui ont été identifiées comme importantes pour choisir les participants dans une région monétaire optimale. Cette littérature-ci est centrée sur l’étude des coûts et bénéfices pour un pays qui a l’intention de participer dans une région [union] monétaire.”

http://wrap.warwick.ac.uk/1539/1/WRAP_Horvath_twerp647.pdf , page 7.

Friedman décrit les avantages de cours de change flexibles comme suit : « Comme on le constate habituellement, les prix et les salaires dans un pays sont relativement rigides et [ces] facteurs sont immobiles entre pays. Par conséquence, lors d’une demande négative ou d’un choc dans l’approvisionnement, le seul instrument pour éviter une plus grande inflation ou du chômage est un changement dans le taux de change flexible (ce qui veut dire réévaluer ou dévaluer la monnaie). Cela ramènera l’économie vers l’équilibre interne et externe initial. (…) Sous le régime de taux de change fixes, il y aurait toujours l’impact déplaisant du chômage ou de l’inflation. »

http://wrap.warwick.ac.uk/1539/1/WRAP_Horvath_twerp647.pdf , page 8.

[5] Yrd. Doç. Dr. Hüseyin Mualla YÜCEOL, Mersin Üniversitesi İktisadi ve İdari Bilimler Fakültesi, Maliye Bölümü, dans “WHY THE EUROPEAN UNION IS NOT AN OPTIMAL CURRENCY AREA: THE LIMITS OF INTEGRATION” (« POURQUOI L’UNION EUROPÉENNE N’EST PAS UNE REGION DE MONNAIE OPTIMALE : LES LIMITES D’UNE INTÉGRATION »)

« L’Europe n’est pas une région de monnaie optimale. Néanmoins, le 1er janvier 1999 onze pays de l’UE ont démarré une Union Monétaire Européenne en adoptant une monnaie partagée, l’euro, tandis que l’UE ne répond pas à tous le critères pour une région monétaire optimale. Aussi, joindre l’UE n’est pas la même chose que joindre l’euro, aussi bien pour les anciens et les nouveaux membres. »

http://eab.ege.edu.tr/pdf/6_2/C6-S2-M6.pdf , page 66

[6] Paul de Grauwe, parties d’un speech:

(Traduction Française, voir en dessous.)

“With up to twenty-seven members instead of the present twelve, the challenge for ensuring a smooth functioning of the enlarged Eurozone will be daunting. The reason is that in such a large group the probability of what economists call ‘asymmetric shocks’ will increase significantly. This means that some countries may experience a boom and inflationary pressures while others experience deflationary forces. If too many asymmetric shocks occur, the ECB will be paralyzed, not knowing whether to increase or to reduce the interest rates. As a result, member countries will often feel frustrated with the ECB policies that do not (and cannot) take into account the different economic conditions of the individual member countries. This leads us to the question whether the enlarged EMU will, in fact, be an optimal currency area.” (…)

“If a country is hit by negative shocks brought about by agglomeration effects, the wage cuts necessary to deal with these shocks will inevitably be very large. To give an example: If Ford Motor were to close down a plant in Belgium and to invest in Poland instead, the wage cut of Belgian workers that would convince Ford Motor not to make this move would have to be 50% or more given that the wage not feasible, then flexibility dictates that the Belgian workers be willing to move.”

« Avec vingt-sept membres au lieu des douze d’aujourd’hui, le défi pour s’assurer d’un fonctionnement fluide de la zone euro élargie sera terrible. La raison en est que dans un groupe si large la probabilité de ce que les économistes appellent des ‘chocs asymétriques’ augmente de façon significative. Cela veut dire, que certains pays peuvent avoir une hausse et une pression inflationniste, tandis que d’autres ont des forces déflationnistes. Si trop de chocs asymétriques surviennent, la Banque Centrale Européenne sera paralysée, ne sachant pas si elle doit augmenter ou réduire les taux d’intérêt. Par conséquence les pays membres se sentiront souvent frustrés par la politique de la banque Centrale Européenne, qui ne tient pas compte (et ne peut pas tenir compte) des conditions économiques différentes dans les pays membres individuels. Cela nous mène à la question si l’Union Monétaire Européenne élargie sera une région de monnaie optimale. » (…)

« Si un pays est touché par des chocs négatifs causés par des effets d’accumulation, les baisses de salaires nécessaires pour gérer ces chocs seront inévitablement très importantes. Si Ford Motors fermerait une usine en Belgique et, à la place, investit en Pologne, les baisses de salaires des travailleurs Belges devraient être de 50% ou plus pour convaincre Ford Motors de ne pas déménager. Et vu que de tels salaires ne sont pas faisables, la flexibilité dicte que les travailleurs Belges accepteraient de déménager. »

http://mostlyeconomics.wordpress.com/2010/06/21/were-europes-curent-problems-never-imagined/

[7] Ce sont les exigences du « Pacte de Stabilité et de Croissance ».

[8] Nikolaos Salavrakos, Membre du Parlement Européen dans « Is there a way out? »

http://www.efdgroup.eu/news/99-the-greek-fiscal-crisis-is-there-a-way-out.html

[9] Statistiques de l’OCDE

http://www.oecd.org/document/47/0,3746,fr_2649_34747_39374006_1_1_1_1,00.html

[10] Article 122.2 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne:

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2010:083:0047:0200:fr:PDF

« Lorsqu’un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l’Union à l’État membre concerné. (…) »

[11] Résolution du Parlement Européen du 23 mars 2011 sur le projet de décision du Conseil Européen modifiant l’article 136 du traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2011-0103+0+DOC+XML+V0//FR

[12] art 48.6 Treaty of the European Union

eur-lex.europa.eu

Crise mondiale: la voix des peuples… Commencement de la fin ou la fin du commencement ?…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , on 17 octobre 2011 by Résistance 71

« L’adversite cree l’humain; la prosperite cree les monstres. »

~ Victor Hugo ~

 

Nous avons traduit ici un beau texte d’Andrew Gavin Marshall auquel nous adherons totalement. Union, cooperation et vigilance concernant toute recuperation politique.

C’est ensemble que nous vaincrons l’oligarchie et son paradigme elitiste mortifere !

— Resistance 71 —

 

Un court message pour l’humanité: nous voulons être libres !

 

Par Andrew Gavin Marshall

 

Url de l’article original:

http://andrewgavinmarshall.com/2011/10/14/a-brief-message-for-humanity-we-want-to-be-free/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pouvez-vous l’entendre ? Pouvez-vous le sentir ? le goûter ? le voir ? Le toucher ?… Pouvez-vous le percevoir ?… que les citoyens du monde se réveillent, se soulèvent, agissent, ne baissent plus les bras, mais au contraire, se redressent, escaladent la montagne, observent… Dans le monde, partout, dans tous les cas, toutes les situations, circonstances et altercations, les pouvoirs de notre monde, assis fermement sur leur position, au dessus des institutions qui nous dominent, qui profèrent les idées de notre endoctrinement, de notre confusion mentale, de notre division, contrôle, récupération, de notre écrasement, repression, surpassement, diminution et causes de détresse.. a tous ces gens, de partout, qui regardent le futur avec de nouveaux yeux, qui crient au monde et à eux-mêmes, “nous voulons être libres” !

Aucun cri, retentissant à travers l’éternité, pour la circonstance passée et présente, n’a jamais été porteur d’autant d’à propos que ce “Nous voulons être libres !”

Aucune idée passée ou future n’a un tel pouvoir de suggestion, un tel pouvoir d’espoir, un telle capacité de résonnance insurpassable avec un tel potentiel de permanence éternelle que ce “Nous voulons être libres !”

De la Tunisie à l’Egypte en passant par l’Irak, l’Afghanistan, La Somalie, Le Yémen, la Palestine… La Grèce, La France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre, L’Islande et l’Italie, jusqu’aux pays d’Asie, le mer elle-même, le Canada, l’Amerique (même du sud), le Honduras, Chili, Brésil, Vénézuéla, Bolivie, Argentine, jusqu’au berceau de l’humanité dans ce continent au delà des océans, cette grande et magnifique masse terrestre peuplée de ces gens magnifiques: l’Afrique. Partout, les peuples crient la même chose: “Nous voulons être libres !”

Partout, de tout temps et en tout lieu, il y a ceux parmi nous, véritablement humains, qui ont perdus le nord, jetés leur cœur au quatre vents, n’aiment qu’eux-mêmes et leur compte en banque, qui ne cherchent qu’à dominer, bousculer, éradiquer, la terre qu’ils pillent, et qui méprisent le reste d’entre nous, les contrôlent, les corrompent et les devastent. Leur seule cause est le profit et le pouvoir, leurs moyens sont le mensonge et la déshumanisation mais malgré cela, leur plus grande faiblesse est leur propre dissociation, démoralisation sans fin et dévastation sans pitié. Tout ce qu’ils touchent et contrôlent, n’a aucune chaleur humaine, aucun espoir de bonheur, aucune joie porteuse d’amour, de celle qui peut être trouvée dans le plus petit pays, dans le plus pauvre des villages, dans la famille la plus pauvre à l’histoire la plus triste et la vie la plus dure. C’est dans les plus grandes tragédies que les Hommes s’unissent les uns aux autres et se retrouvent les uns les autres dans leur cœur et leur esprit, espoirs et reves, actions et interactions.

Ne haïssez pas, ne méprisez pas ceux qui sont en haut de la pyramide, car dans leurs tours de désespoir, dans leurs prison de profit, leurs cellules de contrôle, ils paient quotidiennement dans leur vie le prix du pouvoir. En s’isolant eux-mêmes du reste du monde, ils se privent eux-mêmes de toute l’humanité qu’ils pourraient expérimenter, apprendre et aimer. Ne la haîsez pas car ils sont faibles et insignifiants. Ayez pitié d’eux pour leur isolation auto-infligée, aimez les pour leurs faiblesses humaines, que nous partageons tous et toutes. Toute position de pouvoir peut retourner le plus simple être humain en un tyran malicieux. Ce n’est pas l’humain qui est dépravé, mais la société bâtie autour de lui, qui le déprave. Ne haïssez pas les gens, aidez-les ! Car ils ne connaissent pas non plus la saveur, les odeurs, les sons, les visions et sentiments de la liberté. Montrons-leur la voie, unissons-nous et crions à tout jamais: “Nous voulons être libres !”

Laissons les nous entendre, avoir peur de nous, nous haïr, nous pousser, nous écraser, nous maudire et laissons les contempler notre redressement, regarder au delà de leur misérable et insignifiante condition et crier “Nous voulons être libres !” Laissons les contempler ce que l’humanité peut créer au lieu de détruire. Laissons les contempler comment l’humanité peut coopérer et non pas ostraciser. Laissons les contempler et trembler et trébucher et échouer et que lorsqu’ils viendront s’écraser de nouveau sur la terre basse, terre sur laquaelle nous sommes tous debout et qui nous donne les nécessités de base de la vie, donnons leur la main, relevons les pour qu’ils rejoignent le cri de “Nous voulons être libres !”

Ceci n’est pas le commencement de la fin, ceci est la fin du commencement.. Cette lutte ne sera pas faite et gagnée dans les rues de New York, dans les sables du Moyen-Orient, dans les montagnes d’Asie ou les plaines de l’Afrique. Cette lutte se fera et sera gagnée à l’intérieur de chaque individu sur cette planète, dans notre cœur et notre esprit. Nous nous rassemblons en ces jours nouveaux et magnifiques, pour nous rencontrer, comme une première fois, et de ressentir ce que c’est que “d’être humain”, d’être debout les uns à côté des autres, criant “Assez ! Assez de guerres, assez d’injustice, assez de racisme, assez de militarisme, de haine de déshumanisation, assez de pillages, de destruction, assez d’isolation, d’ostracisme, assez d’empires et de domination, assez d’institutions et d’exécutions, assez de divisions et de privations. Assez ! Assez! Nous voulons être libres !”

Nous voulons être libres !

Nous voulons être libres !

Et un jour, pas aujourd’hui, peut-être pas demain, pas cette année ou l’année prochaine, peut-être pas dans mon temps de vie sur terre, mais un jour… libres nous le serons. Nous pouvons le sentir aujourd’hui, partout, toujours. C’est en chacun de nous et entre nous. C’est là, il faut juste le voir, le prendre et le faire notre.

Dans notre lutte pour la liberté, notre lutte pour briser les chaines qui nous entravent, nous devenons l’idée qui nous unifie tous. L’acte de demander, de rechercher la liberté demande tous les efforts de lâcher prise de toutes ces chaînes qui retiennent notre esprit et nous fait penser qu’il n’y a pas de voie, pas de chance, pas de sens à la lutte. Le simple cri de “Nous voulons être libres” est un acte de liberté. Toutes les institutions, les idées de pouvoir qui ont été bâtis autour de nous individuellement et collectivement, l’ont été pour nous empêcher de simplement crier de la sorte, pour que nous ne nous dressions jamais devant eux, pour que nous ne parlions jamais avec notre cœur et agissions d’instinct.

Si vous voulez la liberté, soyez la liberté. La seule façon de l’obtenir est d’agir comme si vous l’aviez déjà. Et en fait, vous l’avez.

Alors levez-vous, unissez-vous et appellez le monde comme il vous appelle. “Nous voulons être libres !”

Et un jour, bientôt, nous le serons.