Résistance politique: le mythe de l’alternance politique

Le mythe de l’alternance politique

 

Au sein de l’Europe, la France présente un contraste frappant avec d’autres pays : que l’on pense à l’Espagne des Indignés, la Grèce de la révolte contre le FMI ou la Grande-Bretagne des émeutes, nous pourrions penser que la société française pourrait se montrer au moins aussi remuante que ses consoeurs dans des situations analogues. Or il n’en est rien, et le tumulte du monde ne semble pas avoir affecté l’hexagone, apparemment à l’abri de séismes aussi importants que les changements de régimes aux Maghreb et Machrek, ou les révoltes précitées. Les géographes pourraient décrire cela comme une insensibilité septentrionale au souffle méditerranéen.

Pourtant, la situation économique et sociale de la France présente des similitudes avec ces sociétés explosives. Le chômage de masse est installé et semble « durable » (à défaut de développement), avec une exclusion et un désespoir importants frappant des classes démographiques, les jeunes, et géographiques, les ghettos des périphéries urbaines. On assiste également à un tout début de prolétarisation des classes moyennes. Sur cette faillite sociale pèse évidemment le couvercle de l’État qui crée l’insécurité, et par là les conditions de la répression, par une restriction des libertés publiques, la désignation de classes de boucsémissaires et l’agressivité guerrière à l’extérieur. Voici le lamentable panorama, très classique, des agissements de l’ État-Nation, auquel il faut adjoindre la lèpre du Capital qui contamine l’économie réelle par le biais de la spéculation sur l’infâme signe monétaire.

Comment expliquer cette apathie relative dans l’espace français ? Il s’est bien trouvé des analystes politiques appointés pour invoquer un chômage des jeunes un peu moindre, une organisation politique du mouvement défaillante ou une vigilance policière plus prompte à museler les départs de feu. Le journalisme a ceci de paradoxal qu’en fait de nouveauté, il ne nous sert jamais rien que de très prévisible. À aucun moment ne seront jamais évoqués les médias qui ne relayent jamais les luttes ou les dénigrent, ni celui des centrales syndicales réformistes qui les épaulent à la manière du boa, pour mieux les étouffer. Je souhaiterai cependant ici développer un élément à mon sens pertinent d’explication, à savoir la puissance neutralisante d’un mythe à l’oeuvre dans la politique en France, celui de l’alternance.

L’alternance politique est un mythe politique [1] en France. On pourrait le définir comme le sentiment irrationnel, l’espoir, qu’à l’issue de l’affrontement réglé de candidats, l’élu va inaugurer une ère nouvelle. Irrationnel car il paraît bizarre dans un pays soi-disant démocratique et républicain de cristalliser tous les espoirs de changement sur le nom d’une personne, d’un individu, espoirs basés d’ailleurs sur l’élimination progressive des autres, de la minorité. Irrationnel car cet « affrontement électoral » augure un changement, mais que personne ne s’interroge sur la désignation des augures [2]. Irrationnel enfin car cette « lutte » personnalisée supprime ou remplace toute forme de lutte collective.

La comparaison européenne peut être ici assez intéressante car il faut constater que les pays où ce mythe n’est plus à l’oeuvre sont ceux qui voient de fait la vanité de l’espoir né d’une alternance. Les populations grecques et espagnoles souffrent d’une politique ultra-libérale dictée par le FMI, alors qu’elles sont dirigées par la Gôche (PSOE et PASOK) : ce n’est donc évidemment pas l’alternance qui va améliorer quoi que ce soit.

En France, où les socio-démocrates n’ont pas dirigés l’État depuis dix ans, l’idée que quelque chose va changer avec eux, qu’ils pourront mieux faire est à l’oeuvre, (bien qu’évidemment basée sur un raisonnement fallacieux qui soutient qu’un candidat opposé à un autre pense différemment de lui, ce qui n’a rien à voir).

I. Un goût structurel pour des héros vainqueurs qui ne changeront rien :

Cependant, si l’on approfondit la question, on se rend aussi compte qu’un certain nombre de personnes n’ont pas d’illusions sur les effets de l’alternance, mais prennent position en souhaitant la victoire de tel ou tel, même si l’issue est vaine. Mécanisme de fascination pour le processus électoral qu’il convient d’analyser.

Rappelons ici quelques bases de notre chère culture, à savoir le goût pour les héros, et surtout des héros jeunes et nouveaux. Le cas typique est David, vainqueur de Goliath, et repris en exemple par les rois de France, « nouveaux David » du royaume [3].

Un champion sortit du camp philistin. Il s’appelait Goliath et il était de Gath. […] 8 Il se campa, et il interpella les lignes d’Israël. Il leur dit : « A quoi bon sortir vous ranger en bataille ? Ne suis-je pas le Philistin et vous, des esclaves de Saül ? Choisissez-vous un homme et qu’il descende vers moi ! 9 S’il est assez fort pour lutter avec moi et qu’il me batte, nous serons vos esclaves. Si je suis plus fort que lui et que je le batte, vous serez nos esclaves et vous nous servirez ». 10 Le Philistin dit : « Moi, aujourd’hui, je lance le défi aux lignes d’Israël : donnez-moi un homme, pour que nous combattions ensemble » ! 11 Saül et tout Israël entendirent ces paroles du Philistin et furent écrasés de terreur.

I Samuel 17,4

Symptôme du goût structurel pour une alternance qui n’apporte aucun changement, l’enthousiasme des populations pour les rois nouvellement sacrés jusqu’à la Révolution française. D’ailleurs, ne parle-t-on pas d’ »état de grâce » pour les présidents nouvellement élus ? (ce qui est assez croquignole pour une république laïque) Ce phénomène s’apparente à un rituel, car il comporte plusieurs étapes obligatoires, à savoir : la sélection des candidats, avec leur équipe, la campagne, le combat, qui peut connaître deux phases, avec l’élimination des moins valeureux jusqu’au duel final. Nous y reconnaîtrons des épopées militaires décrites par Plutarque, un tournoi au Moyen-Âge, la légende de Bonaparte ou le championnat d’un sport quelconque, le processus est le même : il y a un goût pour le spectacle du championnat, et pour le champion qui en est issu, en sport comme en politique.

II. L’imposture d’un Contrat Social qui donne l’illusion d’un changement de régime :

Le problème fondamental est donc que la représentation politique est régie à peu près par les mêmes lois sous une république que sous une monarchie, avec le même fonctionnement complétement irrationnel attribuant des vertus sacrées et particulières à des candidats sélectionnés et élus (qui, la science médicale le déclare, ne sont pourtant pas différents de vous et moi). Le responsable de cette absence de rupture dans les fonctions sacramentelles amenées par la conduite de l’État, c’est J.J. Rousseau et son Contrat Social, qui a fourbi les outils nécessaires à la préservation de l’État et de ses héros malgré la rupture avec une réalité métaphysique (celle de la monarchie de Droit Divin). Rousseau propose un État dont les héros sont adoubés, sacrés par la souveraineté populaire (toujours introuvable ailleurs), de loin en loin, tant que ce charme, ce charisme fonctionne pour subjuguer les masses. Proudhon fut le premier à sonner la charge [4] contre cette forme de Contrat Social qui donne l’illusion d’un liberté pour mieux la reprendre, le contrat étant présigné et maintenu par la main de fer d’un notaire qui s’appelle l’État, le tout reposant sur une défiance et un mépris de l’homme.

Rousseau […] part, dans son programme de démagogie, comme dans son Traité d’éducation, de la supposition mensongère, spoliatrice, homicide, que l’individu seul est bon, que la société le déprave ; qu’il convient à l’homme en conséquence de s’abstenir le plus possible de toute relation avec ses semblables, et que tout ce que nous avons à faire en ce bas monde, en restant dans notre isolement systématique, c’est de former entre nous une assurance mutuelle pour la protection de nos personnes et de nos propriétés, le surplus, à savoir la chose économique, la seule essentielle, abandonné au hasard de la naissance et de la spéculation, et soumis, en cas de litige, à l’arbitrage de praticiens électifs, jugeant d’après des rubriques à eux, ou selon les lumières de l’équité naturelle. En deux mots, le contrat social, d’après Rousseau, n’est autre chose que l’alliance offensive et défensive de ceux qui possèdent contre ceux qui ne possèdent pas, et la part qu’y prend chaque citoyen est la police qu’il est tenu d’acquitter, au prorata de sa fortune, et selon l’importance des risques que le paupérisme lui fait courir.

C’est ce pacte de haine, monument d’incurable misanthropie ; c’est cette coalition des barons de la propriété, du commerce et de l’industrie contre les déshérités du prolétariat, ce serment de guerre sociale enfin, que Rousseau, avec une outrecuidance que je qualifierais de scélérate si je croyais au génie de cet homme, appelle Contrat social !

IGR – page 129-130

Proudhon continue de pourfendre la théorie de Rousseau en montrant bien que la tyrannie sécularisée passe par des élections qui donnent l’illusion d’un changement quand le pseudo-Contrat Social odieux continue. Après avoir posé en principe que le peuple est seul souverain, qu’il ne peut être représenté que par lui-même, que la loi doit être l’expression de la volonté de tous, et autres banalités superbes à l’usage de tous les tribuns, Rousseau abandonne subtilement sa thèse et se jette de côté. D’abord, à la volonté générale, collective, indivisible, il substitue la volonté de la majorité ; puis, sous prétexte qu’il n’est pas possible à une nation d’être occupée du matin au soir de la chose publique, il revient, par la voie électorale, à la nomination de représentants ou mandataires qui légiféreront au nom du peuple et dont les décrets auront force de lois. Au lieu d’une transaction directe, personnelle sur ses intérêts, le citoyen n’a plus que la faculté de choisir ses arbitres à la pluralité des voix.

Cela fait, Rousseau se trouve à l’aise. La tyrannie, se réclamant de droit divin, était odieuse ; il la réorganise et la rend respectable en la faisant, dit-il, dériver du peuple.

IGR – page 131

Bakounine [5] dénonça à son tour cette imposture et cette confiscation des pouvoirs de l’assemblée générale.

Nous avons dit que l’homme n’est pas seulement l’être le plus individuel de la terre, — il en est encore le plus social. Ce fut une grande erreur de la part de J.J. Rousseau d’avoir pensé que la société primitive ait été établie par un contrat libre, formé par des sauvages. […] Un contrat tacite ! C’est-à-dire un contrat sans paroles et par conséquent sans pensée et sans volonté — un révoltant non sens ! Une absurde fiction, et, ce qui plus est, une méchante fiction ! Une indigne supercherie ! car il suppose que, alors que je n’étais en état ni de vouloir ni de penser, ni de parler — parce que je me suis laissé tondre sans protester, j’ai pu consentir, pour moi-même, et pour ma descendance tout entière, à un éternel esclavage !

Les conséquences du contrat social sont en effet funestes, parce qu’elles aboutissent à l’absolue domination de l’État. Et pourtant le principe, pris au point de départ, semble excessivement libéral.

FSA pages 139-140

Bakounine développe en particulier plusieurs aspects des conséquences de cette théorie, aspects qui nous intéressent ici. Le premier est la coïncidence des raisons d’être des régimes à légitimation métaphysique (Église, monarchie de Droit Divin, théocratie…) et celle des régimes à légitimation contractualistes, ou rousseauistes.

 À ceci on pourra observer, que puisque l’État est le produit d’un contrat librement conclu par les hommes, et que le bien est le produit de l’État, il s’ensuit qu’il est celui de la liberté ! Cette conclusion ne sera pas juste du tout. L’État même dans cette théorie n’est pas le produit de la liberté, mais au contraire du sacrifice et de la négation volontaires de la liberté. […]

N’est-ce pas une chose remarquable que cette similitude entre la théologie — cette science de l’église, et la politique — cette théorie de l’État, que cette rencontre de deux ordres de pensées et de faits en apparence si contraires, dans une même conviction : celle de la nécessité de l’immolation de l’humaine liberté pour moraliser les hommes et pour les transformer, selon l’une — en des saints, selon l’autre — en de vertueux citoyens. — Quant à nous, nous ne nous en émerveillons en aucune façon, parce que nous sommes convaincus et nous tâcherons de prouver plus bas, que la politique et la théologie sont deux soeurs provenant de la même origine et poursuivant le même but sous des noms différents ; et que chaque État est une église terrestre, comme toute église, à son tour avec son ciel, séjour des bienheureux et des Dieux immortels, n’est rien qu’un céleste État.

FSA Pages 159-160

Le deuxième aspect développé par Bakounine est celui de la mise en pratique, de la sélection des hommes vertueux, des héros adoubés par la souveraineté populaire. C’est le lieu pour lui de livrer une loi fondamentale de la psyché humaine qui fonde la nécessité de la rotation des mandats impératifs chez les anarchistes, la loi de corruption du Pouvoir :

Les conditions du contrat une fois arrêtées, il ne s’agit plus que de les mettre en pratique. Supposons donc qu’un peuple, assez sage pour reconnaître sa propre insuffisance, ait encore la perspicacité nécessaire pour ne confier le gouvernement de la chose publique qu’aux meilleurs citoyens. Ces individus privilégiés ne le sont pas d’abord de droit, mais seulement de fait. Ils ont été élus par le peuple parce qu’ils sont les plus intelligents, les plus habiles, les plus sages, les plus courageux et les plus dévoués. Pris dans la masse des citoyens, supposés tous égaux, ils ne forment pas encore de classe à part, mais un groupe d’hommes privilégiés par la seule nature, et distingués pour cela même par l’élection populaire. […]

Voici donc la société partagée en deux catégories, pour ne pas dire encore en deux classes, dont l’une, composée de l’immense majorité des citoyens, se soumet librement au gouvernement de ses élus ; l’autre, formée d’un petit nombre de natures privilégiées, reconnues et acceptées comme telles par le peuple, et chargées par lui de le gouverner. Dépendants de l’élection populaire, ils ne se distinguent d’abord de la masse des citoyens que par les qualités mêmes qui les ont recommandés à leur choix, et sont naturellement, parmi tous, les citoyens les plus utiles et les plus dévoués. Ils ne se reconnaissent encore aucun privilège, aucun droit particulier, […] Cette égalité peutelle se maintenir longtemps ? Nous prétendons que non, et rien de plus facile que de le démontrer.

Rien n’est aussi dangereux pour la morale privée de l’homme que l’habitude du commandement. Le meilleur homme, le plus intelligent, le plus désintéressé, le plus généreux, le plus pur, se gâtera infailliblement et toujours à ce métier. Deux sentiments inhérents au pouvoir ne manquent jamais de produire cette démoralisation : le mépris des masses populaires et l’exagération de son propre mérite.

Pages 174 à 176

Bakounine avait d’ailleurs au fil de son discours précisé le problème en montrant le paradoxe d’une théorie qui prétend que les citoyens matures choisissent les plus vertueux comme candidats à la déréliction du Pouvoir, pour être leur tuteurs, se soumettant dans la fraction de seconde de liberté où ils votent. Prenant de la hauteur, il montre que ce système ne repose pas sur le discernement individuel, mais sur un comportement fasciné, irrationnel d’un individu nivelé dans sa psyché et son autonomie. Pour rester dans la fiction de l’État libre issu d’un contrat social, il nous faut donc supposer que la majorité des citoyens aura toujours eu la prudence, le discernement et la justice nécessaires pour élire et pour placer à la tête du gouvernement les hommes les plus dignes et les plus capables. Mais pour qu’un peuple ait montré, non une seule fois et seulement par hasard, mais toujours, dans toutes les élections qu’il aura eu à faire, pendant toute la durée de son existence, ce discernement, cette justice, cette prudence, ne faut-il pas que lui-même, pris en masse, ait atteint un si haut degré de moralité et de culture, qu’il ne doive plus avoir besoin ni de gouvernement, ni d’État.

Un tel peuple ne peut avoir besoin seulement de vivre, laissant un libre cours à tous ses instincts : la justice et l’ordre public surgiront d’eux-mêmes et naturellement de sa vie, et l’État cessant d’être la providence, le tuteur, l’éducateur, le régulateur de la société, renonçant à tout pouvoir répressif, et tombant au rôle subalterne que lui assigne Proudhon, ne sera plus qu’un simple bureau d’affaires, une sorte de comptoir central au service de la société.

FSA Pages 169-170

III. Le témoignage et l’analyse d’Erich Mühsam : l’électeur et l’irrationnel

Si Bakounine dénonce la supercherie du principe même de la démocratie représentative, avatar du Contrat Social, Erich Mühsam [6] est le témoin et l’analyste de sa mise en pratique en Allemagne au début du XXème siècle. Son analyse du processus électoral [7], et particulièrement du conditionnement de l’électeur dans son rôle reste à mon sens tout à fait pertinente. Un premier aspect est l’illusion de l’alternance, du changement de cap dont l’électeur par son suffrage serait le maître.

Chaque électeur est une goutelette de l’huile qui lubrifie la grande machine étatique. Son suffrage n’est qu’une burette dont il doit faire tomber les gouttes dans les rouages, et dont on arrose de tout temps l’appareil, tantôt à droite, tantôt à gauche, en fonction de la taille du réservoir ; son laminoir principal fonctionne sûrement et exactement : sans détour, il importe juste de savoir lesquels des nombreux rouages latéraux pivotent un peu plus vite ou plus lentement autour de leur axe E.M. précise ensuite le mécanisme qui transforme l’individu conscient en membre de la masse, abdiquant sa propre volonté au profit de celle d’un groupe, ce qu’il assimile à une neurasthénie, d’ailleurs non reliée à une quelconque rationalité politique.

Les élections parlementaires (au suffrage égalitaire, universel, direct, à bulletin secret), sont en général considérées comme un baromètre de la tendance politique. On s’est habitué à croire que les décomptes des majorités prépondérantes dans les länder reflètent des opinions véritables. Ceci constitue une méconnaissance de la psychologie de masse. Le psychologue ne doit pas négliger la position de chacun, isolément de la multitude dont il fait partie, dans l’analyse d’une action menée en commun parmi beaucoup d’autres. Il ne doit pas oublier qu’un « Je » [8] se dressera d’autant que la majorité à laquelle il appartient est importante, tout misérable et nul qu’il soit – il ressent ainsi la nécessité de s’attester personnellement comme membre de la masse. Quand une forte personnalité a le désir de laisser son âme vibrer au rythme du monde, l’homme-masse à l’inverse cherche le canot de sauvetage de la vie quotidienne (qu’il appelle « le monde ») pour pouvoir se plaire en tant que personne lorsqu’il se réfère à son existence propre. On doit seulement expliquer ainsi la neurasthénie de masse, qui fait émerger les émotions politiques, et la chute des votes aux législatives figure en bonne place dans la liste du matériel statistique dont disposent les neurologues.

S’il explique les déterminants profonds de l’action de voter, E.M. précise ensuite le caractère conservateur de l’électeur, qui vote pour une alternance apparente mais en fait pour une absence de changement, car il accepte le Contrat Social rousseauiste et sa dictature.

Pour le psychologue, tous les électeurs sont conservateurs. En se coulant dans les rouages, Ils ont tous sans exception le désir d’aider le puissant conseil municipal à avancer plus vite. Ils reconnaissent ainsi la nécessité du statu quo et de la conservation des valeurs. En opposition au parti conservateur, le groupe de non-votants, les quelques individualistes, anarchistes, artistes et sceptiques se tient à l’écart, car ils discernent dans le laminoir étatique un appareil à aplatir la personnalité au moyen de la Masse. Ils voient dans chacun de ses rouages un instrument à rouer l’individualité, dont une courroie peut s’emparer. Ils sont révolutionnaires.

Les tentatives d’explication de ce phénomène pervers de pseudo-démocratie se heurtent le plus souvent à l’incompréhension, qui n’est autre en fait qu’un déni, ce qui permet à E.M. d’ironiser sur la question, comme Maurice Blanchard cinquante ans plus tard. [9]

Les faits que j’ai affirmés plus haut, souvent observés, toujours répétés, démontrent bien que l’homme-masse ne vote pas pour une quelconque raison matérielle, politique ni idéale, mais plutôt parce que le vote est une fin en soi pour lui. L’anarchiste, qui s’attaque au vote, blesse ses sentiments. Avec celui-ci, il n’y a rien à débattre, c’est un gredin… Pour le Peuple, on doit conserver la religion. Pour le Peuple, on doit conserver, ou créer, la possibilité de se manifester aux pissotières et aux urnes.

Le mythe de l’alternance politique a donc la vie dure, car il a pour base cet échec de la Révolution, du changement véritable, qui a substitué à la réalité apparente et patente de la tyrannie une illusion politique où une fiction orchestrée par la machine à voter, la souveraineté populaire, a permis de maquiller la persistence du Pouvoir en liberté de choix.

C’est la grande tâche des anarchistes de s’attaquer à ce mythe, de dessiller les yeux de l’homme-masse pour qu’il retrouve la vigilance et l’ironie qui permettent de gagner quelque liberté. Gageons que le silence plein de bruits qui caractérise l’accalmie réelle d’un pays fasciné par l’élection d’un homme nous donnera du fil à retordre. La véritable alternance politique serait la rupture du pseudo-Contrat Social par ceux qui ne l’ont pas signé, ce que l’on appelle la Révolution. Nous ne requérons ni anges, ni saints, ni héros, simplement la solidarité de tous les hommes face à leur problème : le Pouvoir.

Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire.

http://anarsonore.free.fr/spip.php?breve247

La Boétie – Discours de la Servitude volontaire – 1576

Voir en ligne : SIA 32 CNT-AIT

Notes

[1] Selon la terminologie politique d’Emmanuel Mounier qui parlait de « mythique » politique.

[2] Dans l’Antiquité, les augures étaient des prêtres chargés d’observer certains signes (tonnerre, chant d’oiseaux,…) afin d’en tirer des présages. (d’après le Robert)

[3] En France, le roi tenait dans sa droite le long sceptre, comme un bâton de berger, axe du royaume ancré au ciel ; par lui descendaient sur la France les grâces bénéfiques et fécondes. Dans sa gauche il tenait la verge d’une coudée sommée d’une main d’ivoire : il n’est pas inutile de rappeler encore que cet insigne très français était un sceptre davidique : selon saint Jérôme répété par les Pères de l’Église, David voulait dire « main forte ». Cette verge venait visiblement des Carolingiens pour souligner que le roi était le Nouveau David dans la tribu de Juda du Nouvel Israël qu’est l’Église comme l’écrivait le pape Grégoire IX à saint Louis en 1239 dans la bulle Dei Filius cujus. In Hervé Pinoteau, « Insignes et vêtements royaux », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles – 2005.

[4] Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle – Quatrième Étude : du principe d’autorité.- Garnier frères, 1851 (pp. 109-191).

[5] Les citations de Bakounine sont extraite de Fédéralisme, socialisme et antithéologisme, manuscrit inachevé datant de 1867 et édité par les soins de Max Nettlau et James Guillaume en 1895 chez Stock dans le tome premier de ses oeuvres complètes.

[6] Erich Mühsam (1878-1934) était journaliste, pamphlétaire et écrivain. Militant anarchiste, il prit notamment part à la République des conseils de Bavière au printemps 1919, faits pour lesquels il fut condamné à 15 ans de forteresse. Ami de Gustav Landauer et de Rudolf Rocker, il ne put échapper aux nazis au lendemain de l’incendie du Reichstag. Détenu en camp de concentration, il fut assassiné en 1934 au camp d’Oranienburg par des SS bavarois.

[7] Dans la revue viennoise Le Flambeau, IXème année, N°223-224 du 12 avril 1907. E. Mühsam, poète et pamphlétaire, joue de l’homophonie entre rad (la roue) et rat (le gouvernement) comme d’une métaphore filée.

[8] Ndt : un sujet

[9] Maurice Blanchard (1890-1960) : ingénieur constructeur d’hydravions, aviateur, poète éminent et traducteur des Sonnets de Shakespeare, il fut comblé de bien d’autres talents, comme celui de survivre en tant que taupe de la Résistance au service du calcul chez Heinkel – quand il faisait son rapport à la Résistance, il déclarait dans son journal rendre visite « à la demoiselle ». Lire son poème intitulé en toute simplicité et assonance : « Urinez dans les urnes ! ».

17 Réponses to “Résistance politique: le mythe de l’alternance politique”

  1. Tes articles sont hyper pertinents!!! Vient t’inscrire pour débattre avec nous sur Opinews, tes réflexions et ton regard sur les faits vont intéressés nombre de personnes!!

  2. J’ai trouvé cette analyse passionnante, riche et souvent pertinente. Mais à quoi bon juste crier bravo et féliciter. N’est-il pas plus constructif de pointer ce qu’on pense être des points faibles du raisonnement, des lacunes dans l’argumentation, quitte à se tromper?
    Pour ma part j’ai l’impression que le rôle de Rousseau est un peu surdéterminé par rapport à de nombreux autres facteurs, sans vouloir tomber dans la plaisanterie facile consistant à railler dans le genre: « c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau »!

    Sont mentionnés surtout les peuples qui se révoltent, notamment dans le sud de l’Europe, mais ne le font-ils pas surtout parce que leur situation est encore pire et plus intolérable à ce jour en tout cas que la nôtre?

    Encore faudrait-il s’interroger également à cet égard sur le comportement électoral des peuples de l’ancienne Europe de l’Est autrefois plus ou moins inféodés à l’URSS.

    Mais surtout,n’oublions pas que les Allemands et les Anglais aussi ont « protesté » en procédant plus ou moins récemment à une alternance électorale d’apparence grotesque, portant les conservateurs les plus droitiers (en attendant le fascisme new look?) au pouvoir en GB, ainsi qu’en Allemagne où ils disposaient pourtant d’un choix apparemment plus rationnnel, celui du parti « die Linke », un peu une anticipation du « parti de gauche français »; je ne veux pas dire par là que de tels mouvements politiques apporteraient un mieux, ni même cautionner en elle-même la croyance dans la portée et les conséquences politiques majeures d’un vote quel qu’il soit (sauf quand c’est en faveur du PIRE!), mais leur choix (celui de l' »extrême gauche », pour simplifier, aurait au moins eu valeur d’avertissement un peu plus conséquent et clair donné aux puissances d’argent et à l’ensemble du « système », non?…

    • Non… Il n’y a pas de solutions au sein du système qui est au-delà de toute rédemption depuis bien longtemps.

      L’Histoire demande un changement radical de société, qui viendra par une révolution sociale, qui si concertée, se fera « sans armes, ni haine, ni violence ». Tous les partis politiques… TOUS.. sans exception, ne sont que des ramifications de contrôle oligarchique. Des îlots de division des peuples pour mieux régner et se barrer avec la caisse…

      L’urgence est de le réaliser, d’agir en conséquence et de se débarrasser de ce système obsolète, parasitaire et criminel. Les peuples feront ensuite du pouvoir ce que bon leur semblera, en espérant que le niveau de conscience sociale soit assez élevé (là est la problématique essentielle à notre sens…) pour ne pas retomber dans les erreurs du passé… et à ce moment là beaucoup d’opportunistes essaieront de devenir calife à la place du calife. Conscience sociale et vigilance, sans elles, l’histoire se répétera…

      • Le peuple en fera quoi de cette liberté de s’exprimer et de gouverner? Depuis 68 on a bien compris que c’était un leurre de faire croire que tout un chacun pouvait agir. Si chacun peut donner son opinion, à un moment ou à un autre il faut bien trancher, alors on se retrouve dans le système dénoncé à plus ou moins grande échelle. Tout cela est utopique. Le niveau de conscience sociale? Quel est donc ce niveau? quant on voit combien les gens ne s’impliquent plus.

        • Cela commence par le fait d’y voir clair… De là on réfléchit de manière plus critique, constructive et on agit par coopération. 90% des décisions se prennent au niveau local, la société s’autorégule, sa force créatrice est l’égalité… réelle.
          Le pouvoir se dilue dans le peuple car il est parfaitement soluble dans celui-ci. Ceci a été prouvé à maintes reprises dans l’histoire dans des endroits bien différents, et pas seulement en « petits comités ».
          L’utopie, c’est ce qui se passe aujourd’hui.. La fadaise qu’une clique d’oligarques fait ingurgiter depuis des siècles à la vaste majorité, lui faisant croire que tout va de mieux en mieux et que la « démocratie » éclaire l’occident et que nous la colportons aux sauvages du reste du monde… Cà c’est la plus belle utopie.. escroquerie même, jamais tirée d’un chapeau (avec la religion quand même, les religieux étant les champions toutes catégories confondues de l’enfumage de crétins en tout lieu et en tout temps…).

          Si cela vous intéresse, à lire ici.:
          https://resistance71.wordpress.com/2011/08/07/etat-et-societe-de-lechec-du-capitalisme-et-du-marxisme-a-la-societe-emancipatrice-libertaire/

  3. et le « vote blanc » –
    il y a ceux qui ne votent pas parce qu’ils n’en ont rien à faire – et ceux qui ne votent pas, parce qu’ils veulent par là signifier leur mépris ……….. le vote blanc pourrait dire, je suis venu – mais je ne vote pas

    • Voter blanc.. c’est voter, c’est cautionner le système.
      Boycott du vote et des institutions est la seule méthode fiable pour renverser la vapeur du côté du peuple…

      N’oubliez jamais que l’urne est la boîte à suggestions des esclaves…

      • Quand je vois un pauvre aller voter, cela me fait penser à un crocodile allant dans une maroquinerie (Coluche)…

        • 🙂 🙂 🙂
          Coluche.. Un par siècle, si on a de la chance… Les américains avaient George Carlin

          Coluche disait aussi: « J’arrêterai de faire de la politique quand les hommes politiques arrêteront de faire comiques ».
          Le sens de la formule comme personne !

  4. Tout à fait d’accord, et compréhensible; et quoi qu’on puisse dire, le slogan: « élections, piège à cons », n’est ni dépassé, ni simpliste, ni démago, dès le moment où l’on croit rendre possible par son vote une alternance, il reste au contraire d’actualité, cet article le montre bien.

    Le problème, c’est que les salauds du système feignent de se voir légitimés par les résultats électoraux et d’y voir l’expression d’une démocratie véritable; ils versent bien quelques larmes de crocodile sur le taux d’abstention quand il est élevé, quittes à avoir souvent le culot de stigmatiser un prétendu manque de sens civique qu’elle reflèterait, cette abstention, genre: « vous avez la chance de vivre dans un pays où l’on peut « voter librement », c’est loin d’être le cas partout dans le monde, honte sur vous », etc…

    Quant au vote blanc, on n’en parle pratiquement pas, comme s’il n’existait pas: circulez, y a rien à voir de ce côté…

    Alors face à cette morgue, à cette hypocrisie, à ce mépris, à tous ces mensonges, à toutes ces propagandes médiatiques et impostures, je me demande s’ il ne resterait effectivement à répondre que par une violence collective à grande échelle, ou des actions telles que le boycott des banques (je dis ce qui me vient à l’esprit) pour flanquer un peu la trouille à la racaille de la finance mondialisée, et obliger les journalistes à sa solde de s’en faire un peu l’écho,

    mais comme précisément l’article le fait ressortir avec force, que ce soit un peu ou beaucoup du fait de l’imprégnation des esprits par les idées qui dérivent de Rousseau, en France en tout cas, une prise de conscience lucide des enjeux est loin d’être acquise; et pour ce qui est des autres pays européens,

    j’avais oublié dans mon com précédent de mentionner l’Italie où Monsieur Berlusconi est un homme qui a été REELU, alors que les Italiens savaient donc déjà ce qu’il était et de quelle partie de la société il défendait les intérêts…

    • La violence ne résoudra rien. C’est ce que l’oligarchie attend de pied ferme, pour tester même toutes leurs nouvelles saloperies d’armes anti-émeutes, canons à ultrasons, canons à micro-ondes etc… Ils en bavent d’avance.
      Une résistance s’organise, elle doit être concertée et solidaire où va direct au carton…
      Il faut affaiblir le système dans son ensemble, de manière non-violente afin de minimiser voir supprimer la violence lors de sa chute.
      Pour se faire seuls le boycott et la désobéissance civile de masse fonctionnent, là encore rien ne peut se faire sans une claire vision des choses (citoyens éclairés agissant en pleine conscience sociale avec toute la pensée critique nécessaire => information hors propagande et éducation sont primordiales) menant à une action directe citoyenne concertée et efficace.
      Il y a encore du chemin avant que la conscience sociale retrouvée et l’esprit critique ne parviennent à une masse critique, mais tout part des individus, tout part du petit nombre, motivé et résilient. Après tout peut aller très vite si les circonstance historiques s’y prêtent. La fenêtre historique va s’y prêter bientôt, il nous manque l’esprit critique et la conscience sociale, et l’oligarchie fait tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir le peuple qu’elle craint par dessus tout, dans les brumes de la propagande. Il faut gagner la bataille psychologique d’abord, le reste suivra et les peuples feront ce qu’ils voudront du pouvoir enfin reconquis. Notre vision est libertaire, car il est de plus en plus évident que seule la société libertaire autogérée en participation directe (politique et économique) s’avère est viable sur le très long terme.
      Lutter pour « réformer » le système est peine perdue, même si certains politiciens tribuns pensent le contraire, ils ne font que défendre un segment du contrôle oligarchique…

      Albert Spaggiari avait fait tagger sur les murs lors du « casse du siècle » à Nice la phrase suivante:
      « Sans armes, ni haine, ni violence »… Il avait saisi l’essence même du truc… Dommage que ce fut fait pour des intérêts personnels exacerbés.

      Bref, toute violence est attendue… Il faut sortir de l’enfumage propagandiste en premier lieu…

  5. Mais parmi les anars, ou bien les « possédants de la conscience sociale », les motivés, les avertis, les réveillés, les ce-que-l’on -voudra, il y aura toujours l’individu qui, convaincu par je ne sais quel mystère de posséder une supériorité quelconque, désirera se positionner au dessus.
    Cela fait probablement partie intrinsèquement de la nature humaine.
    Alors je me demande si parfois certaines institutions ne sont pas nécessaires.
    Est-ce imaginable 6 milliards d’anarchistes ?
    Bref, en attendant l’après qui est primordial de définir, il reste néanmoins vital que ce système disparaisse.
    Alors je me gratte la tête…

    • Peut être pas 6 milliards d’anars, mais le phénomène d’entraînement est vraiment très important chez les hommes. Il faut changer la pensée de la majorité (avec son consentement éclairé) et l’ensemble suivra. C’est une question de « masse critique ».

      Je vous conseille de visionner cette courte vidéo (quelques minutes seulement) montrant l’expérience de Asch. C’est édifiant!!!!

      http://guerre.libreinfo.org/manipulations/manipulations-psychologiques/81-experience-de-asch.html

    • Une fois les privilèges abattus et la société devenue égalitaire au sens propre du terme (société plate et non plus pyramidale) par le truchement de l’abolition de la propriété privée et étatique (propriété, pas possession…) des moyens de productions et de services, des institutions étatiques et financières, l’autogestion et la participation directe citoyenne, tiendront les volontés de dominance des petits chefs en échec.
      Il n’y a pas de « nature humaine » du rapport dominant / dominé, c’est un parasitisme sociale, complètement induit par la gangrène du pouvoir du petit nombre par la possession et la dépossession de la majorité.
      Une fois cela supprimé, la racine même de la gangrène est supprimée et la société pourra enfin cicatriser.
      Il n’y a pas besoin d’avoir 6 ou 7 milliards d’anars. Il suffit d’un segment de l’humanité, solidaire et autogéré qui montre la voie et l’exemple pour que le reste suive. L’humain ira par nature au plus simple. Si on prouve que cela fonctionne normalement et bien mieux, égalitairement, l’effet « boule de neige » fera le reste…
      Beaucoup de choses ne peuvent se résoudre que dans la pratique, mais certaines grandes lignes sociales doivent être définies solidairement, puis ajustées au fur et à mesure du développement.

      Nous l’avons dit ici à maintes reprises, le problème n’est pas de vivre en société libertaire per se… Le problème pour la masse des gens est d’accepter de faire un « saut dans l’inconnu », de « lâcher-prise » d’avec un système qu’ils savent corrompus, ineptes et au delà de toute rédemption… Mais comme cela est tout ce qu’ils connaissent, ils s’y accrochent. La peur de l’inconnu est une réaction normale, mais il faut l’apprivoiser… Comme la mort, qui elle est inéluctable, pour tous, même les super-riches, en tout cas pour l’instant. L’exploitation et l’oligarchie ne sont pas inéluctables en revanche, bien au contraire…

  6. Passionnant. C’est intéressant cette critique du « Contrat Social » de Rousseau.

    J’ai enregistré l’article pour pouvoir le relire et le classer dans ma bibliothèque personnelle.

    Reste que…

    si on n’avait pas voté en 1981, Giscard serait encore président aujourd’hui.

    Je ne peux pas résoudre cette contradiction.

    Il y en a une autre : si on ne vote pas, on ne peut pas arrêter la guerre en Libye.

    (Rappel : l’armée régulière tient encore tout le Fezzan, 1600 km de frontières avec le Niger et l’Algérie

    et 600 km sur la côte méditerranéenne)

    • Faux.. si on ne vote pas, et qu’on mine le systeme de l’interieur, il s’effondre, le peuple reprend le pouvoir, armee et police sont dissoutes, le peuple s’autogere et s’auto-defend, la participation a toute guerre s’arrete, etc…

      Le vote est un leurre total, regardez le guignol marionnette d’Obama, qui avait promis un rapatriement de troupes et desengagement dans sa campagne electorale.. il a cree autant si ce n’est plus de guerre que l’autre enfoire de bush…
      Ce sera exactement pareil en France, tout guignol qui viendra apres sarko (s’il est vire de l’Elysee ce qui est loin d’etre sur…) se couchera devant les banquiers et les yanks… clair et net.

      Boycott total du vote et de toutes les inepties institutionnelles, y compris les impots et les banques… Boycott du vote et desobeissance civile sont les piliers du succes de la resistance et de la reconquete du pouvoir par le peuple bafoue et humilie.

  7. Sauf qu’il faut détruire tout ce qui est à l’origine, car la classe politique collabo, la justice aux ordres et la police vouée à traiter l’insécurité mais surtout l’insécurité sociale, donc il faut commencer à s’attaquer à la puissance des conglomérats qui ont bati ce système année après année en accumulant une richesse et en spoliant les peuples et toute la société a compris mais ne sait pas par où commencer ni comment nous n’avons pas encore la perception qu’en ont les israéliens et les chiliens qui sont clairs et font vaciller le pouvoir, ça peut encore durer chez nous.

    Même lorsque ces 2 peuples auront fait tomber des têtes dans la classe politique, cela ne donnera pas grand chose, il faut aller jusqu’à ces conglomérats qui étouffent toute concurrence et mettent en faillitte une grosse partie des activités et ceci dans tous les pays du monde et tous les secteurs.

    Donc ouvrir des brèches, pour modiifer également toute la législation qui a été année après démoli et retraitée à leur avantage.

    Car cela n’arrivera pas miraculeusement et cela demande une participation aux affaires de l’Etat de tout un chacun. il ne faut pas non plus angeliser le peuple en considérant qu’on va tout mettre à bas et que tout à coup l’intelligence sur ces choses compliquées naitra dans le cerveau de chacun sans effort.

    Depuis quand parle t-on des mouvements alternatifs, depuis des décennies, et la suite logique après ce krach de 2008, le peuple se réveille un peu partout et donne lieu à des manifestations gigantesques. il en sort quoi, pour l’instant rien, du pipi de chat, car il n’y a pas eu de répression des mouvements, mais avec ces maifestations qui vont reprendre par leur ampleur, peut-être influer sur leur avenir, il faut aussi pointer l’incroyable nullité de cette classe politique qui est incapble de réveiller les consciences, à part queques rares personnes.

    Alors je crois que le travail d’information fait sur la Lybie doit être fait également et de la même manière à partir des sites ou journalistes indépendants mais le travail est encore plus vaste, don sera long.

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