Archive pour août, 2011

Média et propagande: Ingérence en Syrie, l’autre campagne de propagande dont on ne parle plus !….

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, politique française, presse et média with tags , , , , , on 25 août 2011 by Résistance 71

Syrie, Hama:  les médias français se débrouillent avec la realité

 

Par Guy Delorme le 24 Août 2011

 

url de l’article original:

http://www.infosyrie.fr/decryptage/hama-les-medias-francais-se-debrouillent-avec-la-realite/

 

Un de nos lecteurs nous demande si le voyage de presse organisé à Hama le lundi 22 août – et auquel Infosyrie participait –  a suscité des « allusions » dans les colonnes du Figaro ou sur FR3, des représentants de ces deux médias étant aussi du voyage. Pour ce qui est du Figaro, on ne sait pas encore. En revanche, le journal de la nuit de FR3 a bien diffusé, mardi 23, un reportage compte-rendu de la visite de Hama.

Qu’est-ce que ça donne ? eh bien le traditionnel ton « réservé » sinon franchement dubitatif qu’ont les journalistes de ce pays pour présenter les thèses et arguments du gouvernement syrien. Avec des pincettes, donc, et avec pas mal de retard sur Infosyrie, FR3 diffuse pendant quelques secondes les images d’opposants armés tirant au fusil d’assaut dans les rues de Hama (voir nos articles « Petit hommage du vice à notre vertu« , mis en ligne le 5 août, et « Ils commencent à se poser des questions… » mis en ligne le 5 août) en les assortissant d’un commentaire « relativiste » du genre « il est impossible d’identifier ces individus, dont certains semblent islamistes« . Et, dans la foulée, on a droit – enfin ! – à quelques images des cadavres ensanglantés de policiers jetés dans l’Oronte par des activistes, trois semaines après leur première diffusion par la télé syrienne – et là, la journaliste de FR3 reconnaît que c’est « horrible« , tout en indiquant que ces images ressortent de la communication du régime.

Et d’ailleurs, l’équipe de FR3 préfère consacrer le gros de son reportage à la manifestation d’une trentaine d’opposants avertis de la présence de journalistes et personnalités étrangers et venus faire leur « show » de résistants devant eux. Et les caméras françaises de filmer les policiers s’interposant, et les micros de recueillir les propos d’un manifestant présenté comme « terrorisé » par les menaces des policiers. Alors que, nous le développerons dans le compte-rendu, les mêmes manifestants ont carrément poursuivi un officier de police sous les yeux de la délégation étrangère, ce qui n’est pas mal pour des gens « terrorisés » !

Ils ont des yeux et ils ne verront pas

Pour en rester aux manifestants – une trentaine venus, selon un Palestinien qui a parlé avec eux, d’un quartier périphérique de Hama – et à la désinformation, mention spéciale pour le journaliste du Figaro Georges Malbrunot qui a au contraire vu dans ces manifestants des partisans de Bachar venus monter une opération expresse de propagande à destination de la presse étrangère, alors que ces gens scandaient des slogans anti-Bachar. Circonstance aggravante, Malbrunot prétend parler arabe ! Pendant cette visite à Hama, le correspondant du Figaro s’est d’ailleurs répandu en propos venimeux contre le pouvoir syrien, assurant que sa fin était prochaine, etc.

On se souvient que ce même journaliste (voir notre article « Le Figaro : le révolte introuvable à Damas ! » mis en ligne le 22 août) se désolait presque de ne pouvoir déceler aucune agitation anti-régime à Damas ni aucun partisan de l’opposition. Apparemment il n’est pas capable d’en trouver non plus à Hama, même quand ils poussent l’obligeance à manifester devant lui !

Avec de tels « observateurs » on comprend mieux pourquoi on lit ce qu’on lit dans notre presse : les faits sont déformés par les préjugés idéologiques quand ils ne sont pas niés. Enfin, entre son conformisme et sa « réinterprétation » des faits, Malbrunot est au moins « raccord » avec la ligne éditoriale de son journal.

Crime de l’OTAN: Journalistes indépendants et dissidents menacés de mort à Tripoli… Suite…

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, politique française, presse et média, résistance politique with tags , , , , , , , , on 24 août 2011 by Résistance 71

Message important de Résistance 71:

Merci à tous nos lecteurs, bloggeurs et autres blogs alternatifs de bien faire passer « haut, loin et fort » comme le demande Michel Chossudovsky de Global Research Canada dans son article, ce message afin que tout le monde soit au courant de la façcon dont les fascistes de l’OTAN traitent non seulement les populations civiles de pays souverains mais aussi les journalistes occidentaux qui refusent le « consensus du mensonge » imposé par l’Organisation Terroriste de L’Atlantique Nord et ses commanditaires larvés dans leurs fauteuils de cuir.

Les journalistes indépendants et dissidents Mahdi Nazemroaya et Thierry Meyssan sont menacés de mort à Tripoli alors qu’ils font leur devoir de journalistes de nous informer sur ce qui se passe, hors de la propagande abjecte déversée par les médias larbins de l’occident et des pays du Golfe.

A ce jour, 5 nations leur ont proposé assistance, mais ils sont coincés et discriminés dans l’hôtel Rixos ainsi que les journalistes de nations ne faisant pas partie de l’OTAN.

Assez de la chape de plomb, assez de mensonges, assez de terreur, assez de crimes, assez de meurtres, de destruction et de chaos. Peuples, il va falloir sérieusement revoir nos positions et commencer un boycott efficace des guignols en charge et de leurs institutions grotesques et criminelles !! Les médias alternatifs de presse et citoyens mènent une guerre contre la propagande éhontée dont on nous abreuve à longuer de journée en en toute circonstance. Soutenez-nous, c’est solidaires que nous renverserons cette montagne d’indignité et d’inhumanité.

Merci de faire passer cette information sans aucune modération ! Merci pour ces journalistes qui risquent leur peau pour que nous sachions, pour que la mémoire collective s’imprègne de l’infâmie occidentale.

Le fascisme de l’OTAN et de ses commanditaires ne passera pas !

Vive la liberté, vive la résistance au Nouvel Ordre Mondial en marche!

— Résistance 71 —

 

 

Tuer la vérité: Mahdi Nazemroaya est menacé par les rebelles de l’OTAN “pro-démocratie”

 

Par Michel Chossudovsky

Global Research le 23 Août 2011

 

Url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=26164

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Mahdi Darius Nazemroaya est en ce moment cloîtré avec Thierry Meyssan au centre médiatique de l’hôtel Rixos à Tripoli au milieu de farouches combats autour de l’hôtel. Nous demandons à nos lecteurs (NdT: et aux nôtres !…) de réfléchir sur ce que Mahdi essayait de faire au centre médiatique de l’hôtel Rixos: rendre compte des évènements de manière factuelle et honnête, avec une véritable préoccupation pour la vie humaine, en solidarité de ces hommes, femmes et enfants libyens qui ont perdus la vie dans les raids de bombardement des quartiers résidentiels de la capitale, des écoles et des hôpitaux.

L’existence même de Mahdi est menacée parce qu’il dit la vérité, pour exposer au grand jour les crimes de l’OTAN. “La construction de la démocratie en Libye” nous dit-on, nécessite un bombardement intensif d’une nation entière, sous “la responsabilité de l’OTAN de protéger” (R2P). Mais Mahdi met en question ce concept. Il défie les fondations mêmes de la propagande de guerre, qui tient un acte de guerre pour une mission humanitaire. Ces derniers jours, tout notre temps et notre énergie ont été dirigés sur la sécurité de Mahdi, Thierry et plusieurs autres journalistes indépendants coincés à l’hôtel Rixos. L’atmosphère au sein du centre médiatique établi dans cet hôtel de Tripoli doit être compris de tous.

Les médias de masse comme CNN et la BBC ont des liens directs avec l’OTAN, le conseil transitionnel et les forces rebelles. Ils servent les intérêts de l’OTAN en s’engageant dans une fraude médiatique massive. Dans le même temps, ceux du centre médiatique de l’hôtel Rixos qui sont impliqués à dire la vérité sont l’objet de menaces voilées. Dans le cas de Mahdi, les menaces furent très explicites.

Ceux qui disent la vérité sont menacés. Ceux qui mentent et acceptent le consensus de l’OTAN auront leur vie protégée. Les forces spéciales de l’OTAN qui opèrent au sein même des forces rebelles assureront leur sécurité (NdT: en violation totale de la résolution 1973 de l’ONU, tout comme l’est l’approvisionnement en armes fait aux « rebelles »).

Dans cet environnement glauque, les liens personnels se sont brisés. Les journalistes indépendants ainsi que ceux de pays n’appartenant pas à l’OTAN comme la Chine, l’Iran et l’Amérique latine sont considérés comme “persona non grata” par les groupes de la presse de masse dans l’hôtel. Les reportages de Mahdi menacent le consensus de l’OTAN. Ce qu’il décrit est la destruction d’une nation entière, des ses institutions, de ses infrastructures. Le meurtre et la destruction, nous dit-on, sont obligatoires pour “installer la démocratie” sous le drapeau colonial du roi libyen Idriss. On nous ment de la manière la plus vile et la plus éhontée. Les victimes de l’agression de l’OTAN sont désignés comme des “criminels de guerre”, alors que les perpétrateurs de crimes sont accueillis en “libérateurs”. Le mensonge est devenu la vérité et c’est pourquoi la vie de Mahdi est maintenant menacée. La guerre est la paix d’après le consensus de l’OTAN.

La “communauté internationale” a donné le coup de tampon magique pour autoriser la campagne de bombardements de l’OTAN sur les bases que Kadhafi est un dictateur. Répété ad nauseam, les gens finissent par accepter le consensus. Tuer est un acte de paix. Comment pourrait-il en être autrement: tous les médias, les gens de gouvernements, les intellectuels ont accepté ce consensus. Les réalités sont mises sens dessus-dessous. Les gens ne sont plus capables de penser. Ils acceptent le consensus parce que cela émane d’une autorité supérieure qu’ils n’osent pas remettre en question.

En fait, ceci est la base même d’une doctrine de l’inquisition. L’aspect “humanitaire” sous-jacent à la “responsabilité de protéger” ici fait néanmoins passer l’inquisition espagnole pour une promenade de santé. Ce à quoi nous avons ici affaire est un dogme que personne ne peut remettre en question. Mahdi Nazemroaya a défié ce consensus en mettant au grand jour les mensonges des médias de masse. Une fois que le consensus de l’OTAN est brisé, la légitimité des va t’en guerre s’effondre comme un château de cartes.

Voilà pourquoi la vie de Mahdi Nazamroaya est menacée. C’est la méthode de guerre du XXIème. D’une guerre qui dit ne pas être une guerre. Tous les protocoles et conventions s’appliquant à la guerre n’ont plus cours. La Croix Rouge Internationale n’est plus sur le terrain. Elle n’a pas de mandat ni d’autorisation car officiellement, ce n’est pas une guerre. Cette guerre est la plus vile et la plus immorale de l’histoire, atteignant même un paroxysme du non-sens puisque même les activistes anti-guerre, les politiciens de gauche et les soi-disants progressistes applaudissent des deux mains. “Kadhafi est un dictateur, il doit partir.” Ceci est une blitzkrieg faisant intervenir les systèmes d’armement les plus avancés.

20 000 sorties aériennes depuis le 31 Mars d’après les statistiques de l’OTAN, près de 8 000 missions de bombardements.

Chaque sortie implique plusieurs cibles, dont la plupart sont civiles. Comparez cela aux bombardements de la seconde guerre mondiale ou du Vietnam… Notre résolution et motivation est de ramener Mahdi sain et sauf au Canada, d’assurer son retour en toute sécurité.

Merci de bien vouloir faire passer ce message haut, loin et fort…

Michel Chossudovsky, Global research, August 24, 2011. 12.22am EDT

VIEW VIDEO

Ce programme d’information de Mahdi Nazemroaya fut diffusé par CBC News (NdT: chaîne nationale canadienne) aujourd’hui Mardi 23 Août 2011

http://www.cbc.ca/video/#/Shows/1221254309/ID=2103783289

Société, état et démocratie: La dictature est la dissidence dans la novlangue impérialiste fasciste…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, philosophie, politique et social, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , on 24 août 2011 by Résistance 71

Démocratie et les dictateurs, le diable est dans les détails

 

Par Diana Johnstone

Le 22 Août 2011

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26130

 

 

L’idéologie actuelle qui justifie les guerres d’agression est fondée sur une dichotomie simpliste entre la démocratie et les dictateurs. Les gens qui, en Occident, soutiennent les guerres ont déplacé le centre de la loi internationale des Nations unies vers un club bien plus restreint de « démocraties » qui seules possèdent une « légitimité ». Le centre de ce club est le monde anglo-saxon, plus Israël, l’Union Européenne et le Japon. Cette « communauté internationale » de démocraties est supposée posséder le droit moral unique de décider quand le dirigeant de n’importe quel pays qui se situe en dehors de leur cénacle peut-être dénoncé comme un dictateur et renversé à l’aide d’une campagne de bombardements par l’OTAN.

Cette idéologie suppose que les démocraties respectent les droits de l’homme, alors que les dictateurs par définition sont des criminels qui violent systématiquement les droits de l’homme et envisagent même un « génocide contre leur propre peuple ». Certains détails, par exemple le fait que les États-Unis ont la plus grande population carcérale au monde à la fois en termes absolus et relatifs, et qu’ils utilisent des prisonniers comme travailleurs bon marché dans leur industrie de l’armement, ne sont pas supposés interférer avec cette vue dualiste du monde.

Les médias dominants entretiennent cette dichotomie par un biais persistant dans la façon dont ils rendent compte des pays qui sont caractérisées comme des « dictatures » – ceci peut inclure des pays dont les dirigeants sont en fait élus, tel que le Venezuela, la Russie, la Serbie sous Milosevic, la Biélorussie, mais qui tentent de suivre des politiques contraires aux diktats de la « communauté internationale » autoproclamée. Tous ces pays ne sont pas nécessairement attaqués militairement, mais l’image qui est ainsi créée rend l’attaque militaire facile à justifier si et quand celle-ci se produit.

Le reportage sélectif réduit le pays à son dictateur et à des minorités d’« opposants démocrates ». Le dictateur est décrit comme un criminel, sans aucune qualité qui pourrait peut-être expliquer un quelconque soutien populaire dans son propre pays.

Le cas de la Libye.

Le cas de la Libye illustre parfaitement la façon dont cela fonctionne. Des décennies de couverture médiatique biaisée ont convaincu un public occidental dont la seule connaissance de la Libye provient de reportages médiatiques occidentaux, du fait que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est un criminel et un fou ; par conséquent, il semble évident, aux yeux de ce public occidental, que le peuple libyen souhaite unanimement se débarrasser d’un tel dirigeant.

Il est évident qu’il y a des gens en Libye qui détestent Kadhafi et qui veulent s’en débarrasser. Ce qui n’est pas évident est ce qu’ils veulent mettre à sa place, et dans quelle mesure ils sont réellement représentatifs de la population dans son ensemble.

En Occident la principale raison de détester Kadhafi ces dernières années a été l’explosion du vol Pan Am 103 en 1988 au-dessus de Lockerbie en Écosse. Pendant deux décennies l’assertion selon laquelle le dirigeant libyen était responsable de l’explosion terroriste de Lockerbie a été entretenue dans l’esprit du public par les médias dominants.

En février de cette année, les dirigeants de la rébellion qui émergeait en Libye ont donné des interviews aux médias occidentaux, en prétendant qu’ils avaient des documents prouvant que Kadhafi avait ordonné l’attaque terroriste qui a tué 272 personnes. Mustafa Abdel Jalil, l’ex-ministre de la justice qui dirige le « Conseil National de Transition » avait déclaré au Daily Telegraph que : « les ordres ont été donnés par Kadhafi lui-même ».

Peu de gens en Occident risquent de faire remarquer que, si les dirigeants du TNC possèdent réellement une telle preuve, ils ont été complices de ce crime pendant des décennies. Et les médias occidentaux ne vont pas se poser la question de savoir pourquoi l’habile Kadhafi garderait des documents « prouvant » l’ordre de commettre un acte un acte terroriste pendant 23 ans.

Ces assertions permettent de cimenter les liens entre les dirigeants du TNC et les puissances occidentales, principalement les États-Unis et le Royaume-Uni, et de suggérer une communauté d’intérêt dans la défense de la légalité entre eux, ainsi que contre le « criminel Kadhafi ». Cela permet de construire la fiction de « dirigeants légitimes et représentatifs du peuple libyen », dont les vues sur les droits de l’homme, la démocratie et les méfaits du méchant dictateur Kadhafi coïncident avec les attitudes occidentales, telles qu’elles sont exprimées par les politiciens et les médias occidentaux.

Par implication cela signifie que le peuple libyen aurait dû savoir depuis longtemps que leur dirigeant est un meurtrier à grande échelle. Cela doit être une bonne raison pour laquelle tous les citoyens Libyens décents veulent se débarrasser de lui. Mais est-ce que cette histoire est vraie ?

Lockerbie en Libye.

Ma visite en Libye en janvier 2007, qui avait pour but d’assister à une conférence internationale sur la Cour pénale internationale, m’a donné l’occasion d’avoir des conversations privées avec un certain nombre de Libyens fort éduqués, qui manifestement en savaient beaucoup plus sur l’Occident que l’Occident n’en savait sur leur pays. J’ai été particulièrement intéressée à entendre le point de vue de citoyens libyens non officiels sur deux questions qui à ce moment-là dominaient la perception occidentale de la Libye : Lockerbie et l’affaire des infirmières bulgares. Je dois mentionner que je n’ai jamais eu le moindre contact avec Kadhafi et que la conférence était organisée par des universitaires qui avaient des opinions diverses sur des questions importantes, souvent différentes de celles du Guide, et que cela ne semblait gêner personne. Mais j’ai pu constater que, sur la question de Lockerbie, il y avait deux points sur lesquels tout le monde était d’accord.

D’une part, personne ne pensait que la Libye était responsable de la bombe de Lockerbie. Il leur paraissait évident que la Libye avait été accusée injustement pour des raisons politiques.

D’autre part, il était clair que les sanctions imposées par l’Occident pour punir la Libye de sa culpabilité supposée avaient causé des difficultés et des mécontentements. La force de l’Occident, qui consiste à pouvoir à la fois imposer des sanctions et dominer la projection d’images et l’interprétations des événements, lui donne une capacité d’ingérence très grande dans la politique intérieure des pays visés, parce que beaucoup de gens, surtout des jeunes, veulent vivre dans un pays « normal » et sont tentés de blâmer leurs propres dirigeants comme étant responsables du fait que leur pays soit traité comme un paria par l’Occident. Par conséquent il était généralement admis que Kadhafi avait finalement cédé aux pressions occidentales pour accepter la responsabilité – mais non la culpabilité – pour l’attentat de Lockerbie, uniquement de façon à ce que les sanctions impopulaires soient levées. Le fait qu’il avait accepté de livrer deux citoyens libyens à un tribunal occidental afin qu’ils soient jugés pour ce crime et qu’il ait payé plus de 2 milliards de dollars de compensations aux victimes était explicitement considéré comme n’étant pas une reconnaissance de culpabilité, mais plutôt une réponse au chantage des grandes puissances de façon à normaliser les relations avec elles et à améliorer la vie quotidienne.

Cela ne m’a pas surprise, parce que depuis des années j’avais beaucoup lu sur l’affaire de Lockerbie. Et pas mal de choses avaient été écrites pour montrer la faiblesse de l’accusation, qui était basée sur un scénario très peu plausible (une bombe pour faire sauter un vol transatlantique avait soi-disant été envoyée à travers les aéroports de Malte, Francfort et Londres), les « preuves » techniques avaient été manipulées par des agents de la CIA et un témoin avait été richement récompensé pour un témoignage qui ne s’accordait pas avec les faits. Tout cela a été raconté de nombreuses fois, par exemple dans la London Review of Books, par le juriste britannique Gareth Peirce, en septembre 2009 (“The Framing of al-Megrahi” http://www.lrb.co.uk/v31/n18/peir01_.html). Mais le fait que l’accusation a été de façon répétée démontée par une analyse soigneuse comme étant probablement une mise en scène n’a pas le moins du monde impressionné les médias dominants et les politiciens qui continuent d’attaquer Kadhafi comme étant le monstre qui a ordonné le massacre de Lockerbie.

On peut ajouter qu’au moment où l’attentat s’est produit, en 1988, il était généralement admis que l’Iran avait ordonné cette attaque pour riposter aux fait que les États-Unis avaient abattu un avion de ligne iranien au dessus du golfe persique. Quand les États-Unis, changeant d’alliance anti-iranienne avec l’Irak pour faire à la guerre contre Sadam Hussein, décidèrent d’accuser la Libye au lieu de l’Iran, aucun mobile du crime n’a été avancé. Mais quand un « dictateur » a été stigmatisé comme monstre, aucun mobile n’est nécessaire ; il a commis ce crime tout simplement parce que c’est la sorte de choses que les méchants dictateurs sont supposés faire.

Les deux employés de ligne libyens qui travaillaient à Malte et qui ont été accusés ont été jugés en 2000, par trois juges écossais, sans jury, et dans un tribunal construit spécialement à cette fin aux Pays-Bas. Un des Libyens a été acquitté et l’autre, Abdel Basset al-Megrahi, a été condamné à 27 ans de prison. L’observateur des Nations unies lors de ce jugement très particulier, Hans Köchler, a déclaré la sentence « incompréhensible », « arbitraire, même irrationnelle » et a fait remarquer « qu’un air de politique de puissance internationale » entourait toute la procédure.

Le 12 novembre 2006 le Glasgow Sunday Herald a cité Michael Scharf, le conseiller juridique du département d’État qui était le conseiller du bureau des États-Unis anti-terroriste quand les deux Libyens ont été poursuivis pour l’explosion de la bombe ; il disait que l’accusation était « tellement pleine de trous qu’elle ressemblait à du gruyère », et il a dit qu’elle n’aurait jamais dû se trouver devant un tribunal. Il a affirmé que la CIA et du FBI avaient assuré aux officiels du département d’État que l’acte d’accusation contre les deux libyens était « en béton », mais, qu’en réalité, les agences de renseignement savaient fort bien, avant le procès, que leur principal témoin était « un menteur ». Mais les grandes puissances ne peuvent pas reculer. Leur sacro-sainte « crédibilité » est en jeu. Elles doivent continuer à mentir pour préserver l’illusion de leur infaillibilité.

Lorsque j’étais à Tripoli, l’équipe de juristes qui défendaient le Libyen condamné essayaient de faire appel devant une cour de justice de plus haut niveau. J’ai pu parler à une des juristes qui défendaient al-Megrahi. J’ai passé un certain temps dans son bureau, en essayant de surmonter sa réticence à parler de cette affaire. Finalement elle a été d’accord pour me parler, mais seulement à condition que la conversation reste confidentielle, de façon à ne pas risquer de faire du tort à la procédure d’appel. Mais, maintenant, les circonstances ont totalement changé.

Voici, en bref, ce qu’elle m’a dit.

Les juges écossais subissaient une énorme pression pour condamner les deux Libyens. Après tout, pendant des années, leur culpabilité avait été claironnée par les États-Unis, qui exigeaient qu’ils soient « amenés devant la justice ». Un tribunal spécial avait été mis en place dans le but évident de les faire condamner. Mais les preuves qui auraient justifié une condamnation devant un tribunal écossais normal n’existaient simplement pas. Le mieux que les juges ont osé faire a été d’acquitter un des accusés et de transférer la responsabilité de l’acquittement de l’autre vers une cour de plus haut niveau. Mais, au grand dam des défenseurs libyens, cette cour a évité d’aborder cette question dangereuse en se déclarant non qualifié pour entendre l’appel. C’est pourquoi un autre appel était en préparation, devant une autre cour d’appel, avec de nouvelles données, qui discréditaient encore plus les arguments de l’accusation.

Et, en fait, cinq mois plus tard, le 28 juin 2007 la Commission écossaise ( Scottish Criminal Cases Review Commission), qui avait analysé cette affaire depuis 2003, a recommandé d’accorder à Abdel Basset al-Megrahi un deuxième appel. La commission a dit qu’elle avait découvert six raisons indépendantes pour estimer que la condamnation pourrait avoir été une injustice. Cette annonce a provoqué une certaine sensation dans les cercles restreints qui suivaient cette affaire. Il semblait que la justice écossaise était assez courageuse pour oser s’affirmer et pour entendre des débats qui mettraient en lumière la mise en scène de la CIA.

Ce genre de choses peut se passer dans des films, mais dans le monde réel il en va autrement.

Un marchandage sordide

Ce qui s’est passé ensuite a permis la mise en route des attaques de l’OTAN contre la Libye cette année.

Tout d’abord, le temps passa. Deux ans plus tard, en avril 2009, l’appel devait finalement être entendu. Mais, en attendant, des négociations secrètes se passaient en coulisses, au milieu de fuites et de rumeurs.

Le 21 août 2009, invoquant le fait qu’il souffrait d’un cancer terminal, Abdel Basset Ali Mohmed al-Megrahi fut libéré de prison en Écosse par le ministre écossais de la justice Kenny MacAskill afin qu’il puisse « rentrer chez lui pour mourir ».

Or, en 2007, Tony Blair s’est rendu en Libye pour négocier un accord entre la Libye et la Grande-Bretagne avec Kadhafi, accord qui couvrait les extraditions et les transferts de prisonniers. Et c’est au nom de cet accord sur le transfert de prisonniers que les autorités libyennes ont demandé que Megrahi puisse rentrer chez lui à cause de sa maladie.

Mais il y avait une attrape : cet accord de transfert de prisonniers ne pouvait être appliqué que lorsqu’il n’y avait pas de procédures légales en cours. Ainsi, afin de bénéficier de cet accord, Megrahi a dû laisser tomber son appel.

La question est encore rendue plus confuse par le fait qu’il a été libéré formellement sur base de la « compassion ». D’une façon ou d’une autre, l’accord était clair : Megrahi pouvait rentrer chez lui, mais l’appel était mort. Hans Kochler, observateur spécial nommé par les Nations unies au tribunal de Lockerbie pensait que Megrahi pouvait avoir été soumis à un chantage « moralement scandaleux » pour qu’il abandonne son appel à l’encontre de sa volonté.

L’aspect sordide de ce marchandage est qu’il a privé Megrahi du droit de sauver sa réputation, tout en permettant que la mise en scène de la CIA ne soit jamais officiellement dévoilée. Rien ne s’opposait ainsi au choeur de protestations occidentales dénonçant l’Écosse pour avoir « libéré celui qui avait placé la bombe de Lockerbie ». Deux ans plus tard, la nouvelle que Megrahi n’était pas encore mort a suscité une nouvelle indignation dans les médias occidentaux, qui ont vu là une preuve du fait que la Grande-Bretagne a « vendu le responsable de la bombe de Lockerbie pour du pétrole libyen ». Évidemment il fallait donner l’impression que l’habile dictateur libyen avait trompé des Britanniques naïfs mais cupides, qui ont trahi leurs principes pour du pétrole.

Mais il est tout aussi probable que ce soit le dictateur libyen naïf qui ait été trompé par des Britanniques sans scrupules, en pensant qu’il avait passé avec eux un “gentleman’s agreement”. Plutôt que de poursuivre un appel qui risquait de causer un embarras extrême aux autorités occidentales, Megrahi pouvait être libéré et toute l’affaire être oubliée. Mais les médias occidentaux ont prétendu être scandalisés par le fait que ce meurtrier condamné pour un crime massif y était reçu en héros. En réalité, il fut reçu chez lui assez discrètement, mais en tant qu’innocent injustement condamné et non en tant que meurtrier de masse. Et dès qu’il a pu se faire entendre, il a réitéré son désir de prouver son innocence.

Les infirmières bulgares

L’autre sujet sur lequel j’ai posé des questions lorsque j’étais à Tripoli en 2007 étais le sort des infirmières bulgares. En 2004, 5 infirmières bulgares et un médecin palestinien qui travaillaient dans un hôpital de Benghazi ont été condamnés à mort pour avoir soi-disant infecté le virus IHV à des enfants. Tout le monde en Occident, moi-même y compris, supposait que cela était une extraordinaire injustice. Lorsque j’ai soulevé cette question en compagnie d’intellectuels libyens libéraux, très occidentalisés, je m’attendais à entendre des critiques sévères du dictateur, pour avoir persécuté des travailleurs de la santé sans défense. J’étais fort surprise lorsque la réaction fut quelque peu différente.

« Évidemment qu’ils sont innocents », dis-je.

L’homme à qui je parlais, que je pourrais vaguement décrire comme étant anti-Kadhafi, hocha sa tête. « Ce n’est pas si clair » répondit-il. Et c’est ainsi que j’ai commencé à apprendre ce qui fut expliqué quelques mois plus tard par Harriet Washington dans un article du New York Times, où on pouvait lire :

« Les preuves contre l’équipe médicale bulgare, telles que les fioles contaminées avec du virus IHV découvertes dans leurs appartements, ont toujours semblé ridicules aux yeux des occidentaux. Mais le fait de rejeter les accusations libyennes de malfaisance médicale d’un revers de main nous fait rater une possibilité de comprendre pourquoi la suspicion à l’égard de la médecine est tellement répandue en Afrique. »

« L’Afrique a eu sur son sol un certain nombre de brigands médicaux occidentaux, qui ont intentionnellement administré des substances mortelles en prétendant soigner ou conduire des recherches scientifiques » http://banthenword.org/news/publish/essays/Harriet_A_Washing…

Mes conversations en Libye ne m’ont pas convaincue que les travailleurs de la santé bulgares étaient coupables, mais elles m’ont permis d’avoir un autre regard sur le point de vue libyen. Sur le continent africain, il est assez facile, même pour des gens très rationnels, de croire que des travailleurs de la santé étrangers pourraient avoir été payés pour infecter des enfants, soit pour des raisons expérimentales, soit pour « déstabiliser » le système de santé publique. De plus, il était évident que ce n’était pas un exemple de plus du « dictateur Kadhafi » persécutant des innocents. L’arrestation, la torture et la condamnation des infirmières bulgares ont été le fait des autorités de Benghazi. En fait, le 11 mars, un jour après que la France eut reconnu le conseil national de transition rebelle comme « seul représentant légitime du peuple libyen », le premier ministre bulgare Boyko Borisov s’est plaint lors d’un sommet européen à Bruxelles que des membres clés de ce conseil « étaient les gens qui avaient torturé les travailleurs de la santé bulgares pendant huit ans, et que cela nous a coûté près de 60 millions de dollars » de réparations pour les enfants infectés et leurs familles (http://euobserver.com/9/31976/?rk=1 ).

En janvier 2007, les gens de Tripoli m’ont assurée que la condamnation à mort des infirmières ne serait jamais mise en application. Cela était vrai. En août 2007, les travailleurs médicaux ont été libérés par la famille Kadhafi et on les a autorisés à rentrer en Bulgarie, après un voyage en Libye très médiatisé de celle qui était à l’époque la femme du président Sarkozy, Cecilia. Cette libération a été présentée comme la réconciliation finale entre la Libye de Kadhafi et l’Europe.

Conclusions

Je me suis abstenue d’écrire sur ce sujet pendant des années, parce que je pense ne pas en connaître assez à propos de la Libye. Mais, maintenant, je vois d’autres personnes, qui en savent encore moins que moi, argumenter avec force pour que l’OTAN soutienne des rebelles dans une guerre civile dont les motifs et les conséquences réelles sont obscures.

Ma première conclusion est de faire remarquer que le simple fait qu’un pays ne soit pas une démocratie de style occidental ne signifie pas que tout ce qui s’y passe est « dicté » par un « dictateur ». Le terme « dictateur » sert à renforcer la paresse des médias et des politiciens, qui ne se donnent pas la peine d’analyser les complexités d’une société qui ne leur est pas familière.

Ma deuxième et dernière conclusion c’est que nous en Occident n’avons ni le droit ni la capacité de « réparer » ces sociétés peu familières telles que la Libye, que nous rejetons comme étant des « dictatures ». Alors que la crise financière risque d’amener le niveau de vie dans une partie de l’Occident en dessous de ce qu’il était dans la Libye de Kadhafi avant que l’OTAN n’intervienne, notre « démocratie » occidentale risque d’être graduellement réduite à n’être plus qu’une excuse idéologique pour attaquer, ravager et piller d’autres pays.

Diana Johnstone
 


Source: Le Grand Soir

Média et propagande: la farce des inconsistances médiatiques sur la Libye

Posted in actualité, désinformation, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, politique française with tags , , , , , on 24 août 2011 by Résistance 71

Le triple mensonge de Tripoli

 

Published: 23 August, 2011, 20:28
Edited: 23 August, 2011, 20:28

 Url de l’article original:

http://rt.com/usa/news/tripoli-war-media-gaddafi-979/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Qu’a dit John Lennon ? “La guerre est finie si vous le voulez” ? Ce serait trop beau si cela était le cas dans le monde réel, mais ce n’est jamais si simple. Essayez donc d’expliquer çà aux médias classiques.

Les agences de presse mondiales alignées sur une cause anti-Kadhafi ont dépeint une jolie image de cette guerre combattue jusqu’au bout depuis que les rebelles ont envahi Tripoli durant le week-end. Les journalistes et leaders politiques rapportent d’une même voix que la fin du régime Kadhafi est proche, que les rebelles prennent contrôlent de la capitale et que la tyrannie ayant duré des décennies est à la fin des haricots.

Mais que se passe t’il vraiment  ?

Quoi qu’en disent et montrent les médias et ce qu’ils font ingurgiter au public pour essayer de montrer que tout cela ne fut pas une perte de ressources, d’hommes et d’argent, la réalité est que la bataille engagée contre Kadhafi n’apparaît pas étre aussi terminee que beaucoup veulent nous le faire croire. Mais on pourrait le croire à cause de la désinformation présentée sans aucune préoccupation pour la vérité et un public qui mérite de l’entendre.

Lundi après-midi aux Etats-Unis, le président Obama a parlé au pays à propos de la guerre civile libyenne. “Une chose est claire, a déclaré le président, le régime de Kadhafi touche à sa fin et le futur de la Libye est entre les mains de son peuple… Pendant plus de quarante ans le peuple libyen a vécu sous le joug d’un tyran qui leur refusa les plus élémentaires droits humains,” a ajouté Obama. “La célébration que nous avons vu dans les rues de Libye montre que la quête de la dignité humaine est plus forte que quelque dictateur que ce soit.”

Tandis qu’Obama n’a pas dit que la guerre était finie, il a dit une chose certaine: “Il est clair que le règne de Kadhafi est terminé.” Le discours d’Obama a été fait quelques heures après l’annonce que le fils de Kadhafi, Saif Al-Islam était détenu par les autorités rebelles.

La Cour Pénale Internationale a émis un mandat d’arrêt à son encontre, qui fut mis en œuvre par l’armée de libération libyenne et annoncé par le conseil national transitoire pour la Libye. Conjugué avec l’assurance d’Obama que l’empire ennemi s’écroulait, la capture du fils du colonel et son héritier apparent du régime apparaîtrait comme un catalyseur du coup en marche, signalant ainsi la fin du régime.

Mais quelques heures après son arrestation supposée, le jeune Kadhafi vînt en voiture à l’hôtel Rixos dans une limousine blindée blanche. La BBC le décrivit comme “dopé à l’adrénaline et plein de confiance”. Il portait un t-shirt kaki et faisait le V de la victoire des deux mains, amusant les journalistes et ses supporteurs dans le même temps. “Je suis ici pour réfuter toutes les rumeurs et les rapports de presse” a t’il dit aux journalistes présents, puis il annonça qu’il “allait faire un tour des points réputés les plus chauds (NdT: concernant les combats qui s’y dérouleraient) de Tripoli”.

Le conseil transitoire avait publié auparavant un rapport disant que le fils du colonel avait été capturé et détenu dans un “endroit sûr”, Saif Al-Islam dit que “c’était une guerre électronique et de médias afin de créer le chaos et la peur en Libye”. Les rebellions sont-elles aussi crues qu’on veut nous le faire croire ? “Ils agissent plus comme une milice désespérée. C’est un gouvernement de facto, mais ils ne l’ont pas encore realisé”, a déclaré Fawas Gerges, professeur de politique du Moyen-Orient de la London School of Economics (NdT: un bastion Néo-conservateur), au journal Guardian de Londres. Et tandis que la peur et le chaos se disséminent au sein du peuple libyen, cela est un signe de démocratie pour le monde occidental. On peut décemment poser la question de savoir à quel point cela est-il vrament faisable, surtout quand les faits ne corroborent pas toujours la situation dépeinte.

Obama dit que le colonel est au bord de la rupture, mais son propre fils dit aux journalistes que “bien sûr” il est en sécurité. Les médias font croire que la résurgence des rebelles ravage le regime, mais d’autres rapports suggèrent que les hommes de Kadhafi sont assis sur des tonnes et des tonnes de gaz moutarde, d’autres disent qu’ils hantent les hôpitaux où sont soignés les rebelles et les achèvent en les criblant de balles.

Les médias de masse en pensent autrement.

Mais qu’en est-il de ceux qui sont réellement sur le terrain ? Comme Pepe Escobar, le correspondant d’Asia Times qui dit à RT que les journalistes de CNN et de la BBC qui reportent depuis Tripoli sont “pathétiques”. Les nouvelles qu’ils donnent à leur audience sont délivrées depuis leur chambre d’hôtel où ils sont tenus de rester, bien sûr en ayant revêtu le gilet pare-balles d’usage. Les journalistes indépendants qui sont sur place dit-il, risquent leur vie pour donner un narratif le plus correct possible, mais bien peu arrivent à trouver un chemin pour diffuser et dire la vérité.

Peut-être une des plus belles désinformation diffusée publiquement récemment fut celle d’Al Jazeera ce Lundi.

En accord avec une dépêche, un avion de l’OTAN aurait abattu un missile scud tiré par les troupes de Mouamar Kadhafi depuis sa ville natale en dehors de Tripoli. Cette dépêche est excellente pour ceux qui veulent entendre que l’OTAN et ses alliés américains sont en contrôle et aux côtés des rebelles, mais pour ceux qui veulent la vérité, ils sont une fois de plus dans le noir. Pourquoi ?

Simplement parce que les avions ne peuvent pas abattre les missiles scud.

Mardi matin, les sources d’information montraient le retranchement fortifié de Kadhafi sous des volutes de fumée, des incendies faisant rage et des rebelles émus aux larmes. Ils disent que la guerre est bientôt finie et que la fin est proche; et puis Hey, ils ont les vidéos de la résidence de Kadhafi en feu pour le prouver. Mais où est Kadhafi ? Où son fils est-il emprisonné aujourd’hui ? Que fait l’OTAN et vont-ils mentir à ce sujet une fois de plus avant que le soleil ne se couche sur Tripoli ?

Alors que le temps dira ce qu’il adviendra du peuple libyen, le temps est probablement tout ce que le public a pour lui. Nous ne pouvons pas faire confiance aux médias pour narrer les faits, mais avec le futur du monde et les vies de millions de gens en danger, à quoi bon avoir des faits ?

Guerre impérialiste en Libye: le gros coup de propagande de l’OTAN s’essouffle, la bataille de Tripoli est une psyop du commandement de l’OTAN ! Attendons nous à plus de crimes à venir…

Posted in actualité, désinformation, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 23 août 2011 by Résistance 71

Libye: l’opération psychologique de l’OTAN s’effondre, Kadhafi sort une nouvelle fois vainqueur

 

Le bluff de l’OTAN dénoncé par Kadhafi, la façade de la “victoire” des rebelles s’effondre

 

Par Tony Cartalucci 
 Le 23 Août 2011

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.com/2011/08/libya-nato-psy-op-collapses-qaddafi.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une fois de plus un Kadhafi défiant et résolu sort vainqueur de ce bras de fer avec la force toute puissante de l’OTAN, qui inclut une campagne meurtrière de bombardements, suivie par le soutien au sol des forces spéciales de l’OTAN, incluant des militaires des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne de la France et du Qatar, qui ont appuyés les bandits d’Al Qaïda qui avaient investis Tripoli ce week-end. Les “illustres” agences de presse du gouvernement qatari Al Jazeera ont été exposées, jusqu’aux fraudes maintenant exposées au grand jour de CNN, BBC, Reuters, AP, AFP, qui ont été prises la main dans le sac à perpétrer une campagne de propagande de guerre concertée afin de vaincre la résistance psychologique du peuple libyen, surtout celui de Tripoli.

(légende le la photo sur l’article original): Photo prise cette nuit du fils de Kadhafi Saif Al-Islam, qui avait été “confirmé” capturé et prêt à être transféré à cette cour pénale illégale internationale; il est en fait bien libre et mène les efforts de repousser les assassins d’Al Qaïda soutenus par l’OTAN de Tripoli.

Des rapports que le fils de Kadhafi Saif Al-Islam avait été capturé par les rebelles libyens, ont émané des agences médiatiques partiales et cette information qui fut “confirmée” par la cour pénale internationale sponsorisée par les Fortune 500 de ce monde, annonça même que Saif Al-Islam était prêt pour un transfert à la Hague. Il apparaît désormais que l’intéressé soit bel et bien libre et qu’il soit apparu devant des journalistes logés à l’hôtel Rixos au sud de Tripoli; il était accompagné de forces militaires libyennes loyalistes et il menait apparemment une contre-attaque d’envergure. Il apparaît de fait que les opérations de l’OTAN en Libye se terminent comme elles ont commencé: sur la base d’un paquet de mensonges éhontés (Please see March’s “Libya: Another War, Another Pack of Lies“)

Tout ce qui nous a été dit, des annonces d’Obama depuis son téléprompteur au boss de de la cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo qui déclara la capture “confirmée” de Saif Al-Islam, en passant par les médias de masse et au “conseil national de transition” libyen infesté d’agents d’Al Qaïda, tout cela est maintenant exposé au grand jour, des mensonges vérifiés de ce qui risque de devenir la plus grosse opération de guerre psychologique de l’histoire moderne. Al Jazeera, qui était déjà en train de programmer le narratif des “derniers jours de Kadhafi”, est obligée de faire face à la réalité et aux preuves de plus en plus irréfutables que l’opération rebelle à Tripoli était une manœuvre de propagande et de guerre psychologique sur-gonflée et que la réalité s’affirme être que Kadhafi et le peuple libyen ont exposé ce gros bluff de l’OTAN.

Juste pour illustrer combien les médias occidentaux sont devenus absurdes au travers de leurs mensonges répétés se brisant sur le roc de la réalité, une tentative de sauver la face en regard de La “capture de Saif” fut effectuée devant les journalistes de l’hôtel Rixos, où Al Jazeera rapporta que les leaders des rebelles avaient eu la confirmation que Saif Al-Islam avait bien été capturé mais “qu’ils n’avaient aucune idée du comment il s’était échappé” (NdT: info relayé par le Figaro en France). Pour aider les médias, simplement suggérons le fait que Saif ne fut jamais appréhendé et que l’annonce de sa capture n’était en fait qu’un plan de déception afin de faire croire que le momentum de la bataille était définitivement du côté de l’OTAN. (Pour plus de mensonges du département d’état américain à travers les médias, veuillez consulter ce lien: “Libyan Rebels Lying Left and Right)

La cour pénale internationale “confirme” le mensonge vérifié que Saif Al-Islam a été capturé par les rebelles (NdT: voir la capture d’écran sur l’article original). Le procureur de la cour Luis Moreno-Ocampo déclare dans une bordée de mensonges que “nous avons l’information confidentielle émanant de plusieurs sources que noius avons en Libye qui confirme cette information”. Il continue: “Il est très important de notifier clairement qu’il y a une obligation de transférer Saif à la cour pénale internationale en accord avec la résolution des Nations-Unies.” Ceci renforcé par la déclaration du boss de l’ONU Ban Ki-Moon qui a dit que la “communauté internationale” se doit d’obtempérer avec la CPI. Nous voyons se dérouler devant nos yeux les exactions d’une organisation criminelle de menteurs et de dégénérés dans des proportions encore jamais atteintes.

Ce qui va suivre est incertain. Avec le président du Council on Foreign relations (CFR) Richard Haas et d’autres officiels demandant un débarquement urgent et une occupation de la Libye par les forces de l’OTAN, il semble que ces gens savaient à quel point de faiblesse était la position des rebelles dans Tripoli. Comme nous l’avons expliqué auparavant, la guerre de Libye va bien au-delà de l’appropriation des biens d’une nation, il s’agit d’établir plus avant l’ordre international Wall Street-City de Londres et sa primauté sur les états-nations. Un échec de l’OTAN en Libye compliquerait très certainement les opérations déjà planifiées contre la Syrie, l’Iran et sur la périphérie de la Russie et de la Chine.

Alors qu’il apparaît de plus en plus que la dernière chance de charge meurtrière de l’OTAN a échoué, avec tant d’enjeux sur la table, tout devient possible, du tapis de bombes à une invasion terrestre des forces de l’OTAN sous le déguisement d’une “mission de paix” de l’ONU ou aux forces d’occupation préconisées par Haas, ce sont des possibilités qui sont en cours de planification.

Ce que nous savons pour sûr, c’est que “l’élite” de la finance et de l’industrie est désespérée et aussi combien elle contrôle de manière absolue les médias de masse. Une telle campagne de désinformation et de propagande à cette échelle ne peut être possible que si chaque agence de presse de l’AP, Reuters, BBC, Guardian, Telegraph, New York Times, CNN, Al Jazeera aux autres (NdT: en France de l’AFP à tous les canards de masse, chaînes de télé et de radio; idem pour le reste de l’Europe…), est complètement compromise et assujettie aux intérêts de la finance et des corporations multinationales.

La liste qui suit montre qu’effectivement, beaucoup de ces “agences de presse” partagent des affinités et appartenances communes avec quelques uns des intérêts financiers et industriels sur terre, présentant un énorme conflit d’intérêt et ainsi produisant une duplicité sans équivoque.

Council on Foreign Relations

Chatham House (Major Corporate Members)

Chatham House (Corporate Members)

Chatham House (Corporate Partners)

Brookings Institution (page 20 of Annual Report)

Quand nous voyons les représentants de Reuters assis côte à côte de ceux de BP, Exxon, Chevron au sein des halls du CFR et de Chatham House et ensuite nous voyons des rapports de presse encensant les compagnies occidentales du pétrole qui remplacent les investissements chinois et russes en Libye, leur duplicité et leur manque totale d’indépendance devient plus qu’évident. Ces organisations médiatiques ne sont en fait que des agences de relation publique pour les entreprises du Fortune 500 et leur but collectif est de réaliser l’avènement d’un empire global d’une nation à l’autre. Pour l’heure, ils sont suffisamment obssédés par la Libye et des implications de la conclusion de l’affaire sur leur futures conquêtes planifiées, la prochaine sur la liste étant la Syrie.

Il serait sage pour ceux suivant le déferlement meurtrier de l’OTAN en Libye d’abandonner toute confiance en ces agences telles Reuters, AP, BBC, CNN, MSNBC, CBS, NBC, ABC (NdT: de la clique habituelle chez nous: TV, Radio, canards de masse…), ainsi que dans tous les “journaux réputés” qui gâchent espace et papier dans les porte-journaux de la nation, et dont les destinés sont liées inextricablement aux intérêts de la haute finance et de l’industrie multinationale, et qui fondent tout espoir sur une victoire de l’OTAN en Libye.

Au lieu de cela, il serait bon de vous investir dans des sources d’information alternative, ainsi que de vous motiver à rechercher par vous-même les informations les plus viables et solides. Prenons tous bonne note de la nécessité de boycotter et de remplacer tout ce qui touche de près ou de loin au cartel des Fortune 500, ceci incluant bien évidemment leur armée de menteurs professionnels connue sous le nom de “presse de masse” écrite et audio-visuelle.

Tony Cartalucci  is rédacteur en chef du  Land Destoyer Report

Guerre impérialiste en Libye: le carnage de l’OTAN permet aux troupes d’Al CIAda encadrées par les officiers de l’OTAN de progresser

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 23 août 2011 by Résistance 71

C’est l’OTAN qui fait tout le travail militaire. Pas les rebelles

Entretien avec Thierry Meyssan

 

Par Silvia Cattori

 

Le 22 aout 2011

 

silviacattori.net

 

Url de l’article original:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26136

 

 

Nous avons pu nous entretenir avec Thierry Meyssan aux heures les plus sombres et dramatiques pour les très nombreux Libyens opposés à l’intervention de l’OTAN – contrairement aux bobards proférés par Bernard-Henri Lévy.

 

Silvia Cattori : D’ici on a le sentiment que Tripoli est en train de s’effondrer. Quel est votre avis ?

Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l’hotel Rixos. On ne peut pas dire si tout va s’effondrer ou pas. Mais la situation est très tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé l’appel à l’insurrection. A ce moment là des groupes armés ont commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous avons appris que l’OTAN a amené un bateau, juste à proximité de Tripoli, d’où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales. Depuis les choses vont de pire en pire.

Silvia Cattori : S’agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ? Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de Libyens tout leur encadrement est étranger.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?

Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le début, c’est eux qui font tout.

Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?

Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l’abri des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans l’hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je me trouve.

Depuis ce moment là l’hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les sens à l’entour de l’hotel.

Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n’ont pris aucun bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains endroits en se déplaçant. Il n’y à en ce moment aucun bâtiment occupé. L’OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu’il y paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé chez soi.

Nous on est prisonniers dans l’hôtel. Cela dit on a l’électricité, l’eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux morts et blessés en quelques heures. Mais nous on est préservés. Nous sommes tous regroupés dans la mosquée de l’hôtel. Vous entendez des tirs en ce moment.

Silvia Cattori : Combien d’assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?

Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C’est un périmètre qui est assez grand parce qu’il y a un parc tout autour de l’hôtel. Je pense que s’il n’y avait que les assaillants ce ne serait pas si simple de prendre Tripoli. Mais s’il y a d’autres troupes de l’OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.

Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les Télévisions ici ce que l’on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent en l’air, et qui ne paraissent pas des professionnels…

Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s’agitent et qui ne sont pas militairement formées. C’est de la pure mise en scène, ce n’est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont menés par l’OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de l’OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent – on voit à chaque fois une vingtaine de personnes – mais on ne les voit jamais en action en réalité. L’action ce sont les forces de l’OTAN.

C’est ainsi que cela s’est toujours passé dans les villes qui ont été prises, perdues, reprises, reperdues, etc… A chaque fois ce sont les Forces de l’OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c’est impossible. Donc ce ne sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c’est de la blague ça ! C’est l’OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis « les rebelles » viennent qui font de la figuration. C’est cela que vous voyez diffusé en bloucle.

Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là ?

Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans Tripoli ; c’est une ville d’un million et demi d’habitants. Qu’il y ait des cellules combattantes à l’intérieur c’est tout-à-fait probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas quelle est la proportion de l’encadrement par les forces l’OTAN. La vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà déployées.

Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l’extérieur. Les assaillants encerclent l’hôtel. Je pense qu’il est impossible cette nuit de tenter un assaut contre l’hôtel.

Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l’hôtel ? Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l’hotel Rixos sont complètement paniqués. C’est une

panique générale.

Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?

Thierry Meyssan : Moi j’essaie de rester zen dans ces situations !

Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés dans l’hôtel ?

Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.

Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d’entre eux qui font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions

Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu’ils ne savent pas tout. Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est prêt. Ils vont donc pouvoir sortir…

Thierry Meyssan : L’Organisation d’émigration internationale a un bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.

Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ? Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il n’est pas rentré dans le port. C’est

l’OTAN qui l’empêche d’accoster. Quand l’OTAN l’autorisera l’évacuation se fera.

Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?

Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de l’OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces spéciales de l’OTAN qui sont ici au sol c’est évident que tout peut tomber rapidement…

Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l’a dit ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.

Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en mesure de sortir manifester contre les forces de l’OTAN ?

Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de partout ; et en plus on bombarde. Silvia Cattori : Votre position n’est pas facile. Parmi les journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour avoir contredit leurs version des faits ! Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des journalistes US qui ont dit qu’ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs excuses…Je n’ai aucun doute sur leur intention. Silvia Cattori : L’ont-ils proférée cette menace devant témoin ? Thierry Meyssan : Oui en présence de (…)

Crimes de l’OTAN: Ajoutons-y la persécution et l’élimination de la dissidence… Le fascisme mondial est en marche !

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 23 août 2011 by Résistance 71

L’OTAN encercle les ambassades qui veulent secourir les journalistes en danger

 

Les combats autour de l’hôtel Rixos à Tripoli, empêchent les journalistes qui le veulent, de sortir. Quatre gouvernements sont maintenant impliqués dans une opération de secours destinée à protéger deux journalistes du Réseau Voltaire.

 

22 AOÛT 2011

Silvia Cattori

Url de l’article original:

http://www.silviacattori.net/article1826.html

 

Au dernières nouvelles, ce sont quatre États qui offriraient une protection diplomatique aux deux journalistes Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan, ouvertement menacés de mort par de prétendus « journalistes » occidentaux. Ce ne sont pas les seuls journalistes menacés. Les ambassades qui sont disposées à les protéger sont actuellement inaccessibles parce qu’encerclées par les Forces de l’OTAN.

Guerre impérialiste en Libye: information contradictoire, les forces pro-Kadhafi contre-attaqueraient dans Tripoli…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, terrorisme d'état with tags , , , , , on 22 août 2011 by Résistance 71

Les forces de Kadhafi contre-attaquent dans Tripoli

 

Published: 22 August, 2011, 12:47
Edited: 22 August, 2011, 15:02

Url de l’article original:

http://rt.com/news/rebels-gaddafi-capital-tripoli-975/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le fils de Kadhafi Khamis mène les forces loyalistes vers le centre de Tripoli dans une contre-offensive du gouvernement libyen contre les foreces rebelles qui célébraient déjà une victoire facile sur le colonel Kadhafi.

Très tôt Lundi matin, des chars sont sortis de la résidence tripolitaine de Mouamar Kadhafi et ont commencé à tirer au canon les rebelles qui s’étaient agglutinés près de la résidence fortifiée alors que des feux nourris etaient entendus dans la capitale libyenne

Les chars sont appuyés par des mitrailleues lourdes montées sur des camions, utilisés par les forces gouvernementales pour suprimer les tirs rebelles sur la rue Assarin et dans la zone d’al-Khalifa. Plus de chars libyens ont été vus dans le port de Tripoli. L’endroit où se trouve Mouamar Kadhafi demeure inconnu.

Il est très possible que le leader libyen soit toujours dans sa résidence fortifiée de Bab-al-Aziziya ayant promis plus tôt qu’il ne quitterait pas la capitale. Néanmoins, la chaîne Al Arabiya rapporte que Kadhafi se trouverait dans un hôpital dans la ville de Tajoura.

D’après le représentant du gouvernement libyen Musa Ibrahim, il y aurait 65 000 soldats protégerant le régime en place. Plus tôt, les rebelles ont clâmés que des troupes s’étaient rendus à eux, une déclaration peu crédible sacahant les nombreux rapports faisant étant des rebelles torturant les prisonniers de guerre et les décapitant. Des rumeurs antérieures faisant étant que les rebelles s’étaient emparés de la chaîne de télévision nationale se sont avérées fausses; avec la chaîne nationale continuant à émettre chansons et musique en soutien à Kadhafi.

Les rebelles admettent maintenant que 15 à 20% de Tripoli sont sous le contrôle des troupes loyalistes, contredisant les déclarations du début où ils disaient être totalement en contrôle de la capitale, à l’exception des buildings gouvernementaux.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Les rebelles ont avancé dans la capitale venant de trois directions différentes, de l’Est, du Sud et de l’Ouest, sans rencontrer de résistance particulière de la part des troupes loyalistes, jusqu’à leur arrivée sur la place verte où ils se sont rassemblés, renommant la place, la place des martyrs.

Un convoi de 27 véhicules militaires remplis de troupes gouvernementales est arrivé au centre de la capitale et ont érigé une barricade près de l’hôtel où le Dr. Franklin Lamb, directeur de l’association Américains pour la paix au Moyen-Orient, demeure actuellement.

“J’ai le sentiment que le gouvernement attire les rebelles dans la ville et les laisse avoir du bon temps sur la place verte et qu’il pourrait lancer une contre-attaque.” A dit le Dr. Lamb à Rt, ajoutant toutefois que la fin semblait être proche.

Les leaders occidentaux se sont précipités pour féliciter le peuple libyen de leur victoire et ont sommé le colonel Kadhafi de quitter le pouvoir pacifiquement.

“cette nuit, le momentum vontre le régime de Kadhafi a atteint un paroxysme, Tripoli est en train d’échapper à la poigne du tyran”, a annoncé le président Obama.

Le premier ministre britannique David Cameron a promis que “la fin est proche pour Kadhafi”. Dans le même temps, les rebelles ont été alertés de rapport indiquant que les troupes loyales à Kadhafi avancent vers le centre de Tripoli.

La situation dans la ville est chaotique, avec peu de détails émergents de la situation et du déverloppement des choses dans la capitale.

 

Guerre imperialiste Libye: Menaces de mort sur des journalistes d’opposition au terrorisme de l’OTAN en Libye…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 22 août 2011 by Résistance 71

Tripoli : le Réseau Voltaire

s’inquiète des menaces de mort qui

pèsent sur Mahdi Darius

Nazemroaya et Thierry Meyssan

 

 

par Réseau Voltaire

 

RÉSEAU VOLTAIRE | 22 AOÛT 2011

 

Tripoli : le Réseau Voltaire s’inquiète des menaces de mort qui pèsent sur Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan

 

 

Réseau Voltaire, lundi 22 août 2011, 13h20 GMT –

 

Le Réseau Voltaire s’inquiète des menaces qui pèsent sur deux de ses collaborateurs à Tripoli. Mahdi Darius Nazemroaya, chercheur associé du Centre for Research on Globalization, et Thierry Meyssan, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace, sont retranchés dans l’hôtel Rixos autour duquel d’importants combats ont lieu. L’ordre aurait été donné de les abattre.

Thierry Meyssan est à Tripoli depuis le 23 juin dernier. Il y a

d’abord dirigé une équipe d’enquêteurs du Réseau Voltaire. Il mène depuis deux mois un travail d’information journalistique sur le conflit. Ses positions se distinguent de celles de ses confrères : il décrit la rébellion comme étant minoritaire et permettant de justifier aux yeux de l’opinion publique internationale une classique opération militaire.

Quelles que soient les positions défendues par Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan, leur assassinat serait inacceptable. Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan ne sont pas des combattants, mais des journalistes. Les personnes qui soutiennent cette guerre en pensant qu’elle est menée pour la démocratie et la liberté ne peuvent accepter qu’on assassine des journalistes.

À l’heure actuelle, cinq États leur ont offert leur protection diplomatique. Mais les combats autour de l’hôtel les empêchent de sortir et plusieurs de ces ambassades ont été encerclées afin de rendre tout accès impossible.

Sachant les menaces qui pèsent sur eux, Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan ne s’exposent pas à des « balles perdues ».

Le Réseau Voltaire appelle les citoyens des pays impliqués dans la guerre à faire pression sur leurs gouvernements afin d’assurer la sécurité de ces journalistes. Il demande à chacun de jouer son rôle de citoyen et de faire circuler cette information.

 

Pour en savoir plus :

 

Articles de Thierry Meyssan :

http://www.voltairenet.org/_Thierry-Meyssan_?lang=fr

Articles à propos de Thierry Meyssan :

http://www.voltairenet.org/+-Meyssan-Thierry-+?lang=fr

Articles de Mahdi Darius Nazemroaya :

http://www.voltairenet.org/_Mahdi-Darius-Nazemroaya_?lang=fr

Articles du Réseau Voltaire sur la Libye :

http://www.voltairenet.org/+-Libye-+?lang=fr

Oligarchie financière: que se passe t’il au Front Mafieux International (FMI) qui publie un excellent rapport 2011 sur l’économie de l’Iran…

Posted in actualité, économie, guerre iran, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis with tags , , , , , on 22 août 2011 by Résistance 71

Ah oui… Comme pour la Libye et son système de répartition des richesses au peuple, ou le Vénézuela, l’Iran apparaît au vu de ce rapport du FMI comme un des états les mieux gérés au monde !… C’est donc pour cela qu’il faut s’en débarrasser au plus vite, çà pourrait faire des envieux et faire tâche d’huile ! Attaquer l’Iran et sauver les Iraniens de cette bonne gestion (même si une gestion étatique ne peut pas être bonne, ceci est une autre histoire… Certaines sont très certainement bien meilleures que d’autres) devient une question humanitaire majeure…

Les oligarques et leurs cerbères du chaos de l’OTAN vont y remédier au plus tôt !

Mais c’est pourtant bien sûr !…

Excellente analyse de Georges Stanechy ci-dessous.

— Résistance 71 —

 

Iran le rapport du FMI… Août 2011

 

Par Georges Stanechy

Le 20 Août 2011,

Url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/article-iran-rapport-fmi-aout-2011-81972819.html

 

De mon hamac bercé d’alizés, plongeant la main dans ma besace de livres et documents, le hasard m’offrit l’ouvrage le plus surprenant de l’année, désopilant, bourré d’humour “décalé”, le plus passionnant aussi : un rapport du FMI !

Oui ! Daté du mois d’août 2011, tout frais, le dernier rapport du FMI sur l’Iran ! (1)

Qui dit mieux ?… 

A sa lecture, loin des diatribes hystériques coutumières, ce pays de 75 millions d’habitants, trois fois la France en superficie, apparaît comme un des meilleurs exemples actuels de gestion économique d’un Etat !   

Le titre en est un peu lourdingue, style maison, bureaucratie assumée. Mais, ce mille-feuilles de commentaires, chiffres, pourcentages, et graphiques, mérite la dégustation pour ceux qui s’intéressent un tant soit peu aux « puissances économiques émergentes » :

Islamic Republic of Iran: 2011 Article IV Consultation—Staff Report; Public Information Notice on the Executive Board Discussion; and Statement by the Executive Director for Iran

Ironie décoiffante !

Des experts du FMI en pleine galère ! Malgré eux, au terme de mois de travaux, contraints de déconstruire les clichés de la propagande impériale, l’iranophobie compulsive des « spécialistes » et « géopoliticiens » de la désinformation instrumentalisés par les lobbies prédateurs, dont les imprécations récurrentes ne cessent de se déverser, dégouliner, dans nos médias… Repris en chœur par nos politiciens ignares et corrompus. (2)  

Cinquante et une pages de contorsions, pour reconnaître, après visites, inspections, discussions, passage au microscope des statistiques et de leur méthodologie d’élaboration (3), que de fantastiques progrès sont en cours.

En dépit de la fréquence des tremblements de terre (dont celui du 14 août dernier), exceptionnelles sècheresses [… severe drought … in 2008/09…] (4), embargos, sanctions, anathèmes, et autres “coups tordus” (5).

Jusqu’à concéder une croissance annuelle de 3,2 % pour le dernier exercice (l’année fiscale iranienne se termine ou commence le 20 mars de chaque année). (6) Avec des réserves en devises de 100 milliards de dollars, estimées à 109,7 milliards pour 2011/2012, pour être précis. (7)

Qui dit mieux ?…

Dans l’acharnement des occidentaux à déstabiliser ce pays, rappelons les mesures foncièrement illégales au regard des résolutions de l’ONU et engagements internationaux. Celles d’entraver, d’empêcher l’Iran de se connecter au réseau bancaire international et donc au système de paiements internationaux, pour effecteur ses transactions commerciales courantes. (8) Au point qu’un pays comme l’Inde, qui importe 20% de ses ressources énergétiques de l’Iran (12 % en pétrole), éprouvait récemment des difficultés pour le règlement de son fournisseur. (9) Mais, la solution vient d’être trouvée : toutes les idioties, même les plus perverses, sont contournables…

Obligés d’admettre que le pays connaît une croissance soutenue. Pas seulement grâce aux cours internationaux du pétrole et du gaz, mais aussi sous l’action conjointe d’une forte croissance du secteur agricole (“… strong rebound in agricultural sector and rapid credit expansion …”. (10) Auquel s’ajoute l’effet moteur d’une rapide extension du crédit en faveur d’un important secteur industriel, bien diversifié, tout particulièrement des petites et moyennes entreprises [… Iran has a relatively well-diversified economy with a sizeable industrial base…]. (11) Afin d’améliorer leur productivité, leur compétitivité, et faciliter la création de nouvelles initiatives.

Le gouvernement Iranien tout en développant l’habitat social a limité, en effet, les crédits hypothécaires spéculatifs dans l’immobilier, généralement captés par une poignée (pour ne pas dire “mafia”…) de grands propriétaires et entreprises du bâtiment, pour concentrer les ressources financières disponibles sur l’investissement réellement productif. Ce que fait apparaître l’ “Index of real estate prices at constant prices in Tehran”, descendant de 110 en février 2008 à 75 en juin 2009, pour se stabiliser depuis à ce niveau. Un des rares pays où la spéculation immobilière est jugulée… (12)

Tout en maîtrisant le risque d’inflation et améliorant les rentrées fiscales (“… Inflation was contained while fiscal and external positions improved …”. (13) Preuve que les grands équilibres macroéconomiques sont sauvegardés. Des finances ultra-saines, semblent se lamenter les experts. Aucun endettement auprès du FMI, ni accords spéciaux. (14)

Mieux encore : les perspectives sont bonnes (With prudent macroeconomic policies, the medium-term outlook is positive…) avec une croissance estimée par prudence à 4,5 % (la cible étant 8%), avec une inflation chutant de moitié pour se situer au niveau des pays européens de 12 % dès 2011/2012. Malgré un doublement prévisible de ses importations de biens et de services, les réserves sont évaluées à 305,3 milliards de dollars en 2016/2017. Soit un triplement par rapport au niveau actuel ! (15)

La lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes, est une priorité du gouvernement et du parlement Iraniens. Avec un taux de 14,5 %, en 2010, il est comparable au niveau des pays européens. L’objectif immédiat étant de l’abaisser à 7% dès 2012. Politique volontariste, inscrite dans le 5° Plan de Développement Socio-Economique quinquennal [Socio-Economic Development Plan (2010-15)], lui-même  intégré dans le plan de développement global du pays sur 20 ans : The 20-Year Outlook Plan (2005-25). L’Iran a créé 1,6 millions d’emplois lors du dernier exercice et vise, pour 2012, la création de 2,5 millions d’emplois. Avec comme objectif à terme : le plein emploi…

Remarquable réussite des réformes économiques

Au-delà de ces performances, ce qui est à retenir de la lecture du rapport du FMI c’est le “constat” de la remarquable réussite, à l’étonnement des experts eux-mêmes, portant sur la profonde rénovation en cours du système économique de l’Iran. Dans trois domaines majeurs, tout particulièrement :

1. Réforme des mécanismes de subventions

En décembre 2010, les subventions des prix de l’énergie et des produits agricoles ont été supprimées. Facteurs d’injustice sociale (le « riche » paye, pour des produits identiques, le même prix que le « pauvre ») et de corruption (cf. les fortunes personnelles dans l’huile, le blé et le sucre, fondées sur ces mécanismes …), les subventions sont extrêmement délicates à réformer. Il est essentiel de ne pas passer d’une injustice sociale, à une plus grave encore, accablant les précaires et les démunis. D’habitude, pour en oublier le volet social (la caste politique mettant la différence dans ses coffres), ces réformes provoquent les révoltes dites du « pain » ou de la « faim ».

Les autorités Iraniennes y ont été attentives, l’enjeu étant un énorme transfert équivalent à 15% du PNB : 60 milliards de dollars. Agissant sur trois plans, avec un sens de l’organisation exceptionnel : une intense campagne de communication, une action sociale méticuleusement menée, et une redistribution soigneusement contrôlée.

Les produits pétroliers, électricité, et blé, en particulier, ont subi une forte augmentation. Pendant une période transitoire, le montant économisé est redistribué aux ménages sous forme d’une allocation en espèces librement utilisable (30 milliards de dollars), aux entreprises pour activer leur restructuration et leur modernisation en termes d’économies d’énergie (15-18 milliards), et aux administrations publiques pour financer leur modernisation (10-12 milliards).

Les experts du FMI, ébahis, parlent de plein succès dans la mise en place de cette réforme (The successful early implementation of the subsidy reform…), jusqu’à en reconnaître les avantages immédiats : amélioration de la redistribution des revenus, réduction de la pauvreté, et stimulation de la demande intérieure (… improving income distribution, reducing poverty, and supporting domestic demand…). (16)

A retenir que l’indice de pauvreté, établi à 2 $ par jour, est tombé de 12 % à 2% à la suite de cette réforme. Le coefficient GINI passant de 0,45 à 0,37. Effet collatéral positif : l’augmentation des produits pétroliers a diminué leur consommation (jusqu’à 20% de baisse pour certains carburants) et réduit la pollution…

2. Réforme du Système Bancaire et des Finances Publiques

Depuis deux ans, l’Iran s’est engagé dans une vigoureuse réforme de son système bancaire sous le contrôle d’une Banque Centrale connue pour la qualité de son encadrement et son efficacité. Mixant établissements privés et publics, mettant de l’ordre (à la fureur des “barons” locaux…) dans l’immense secteur des 1700 coopératives de crédits, privatisant quatre grandes banques pour les inscrire à la côte de la Bourse de Téhéran [ Tehran Stock Exchange – TSE ], cette action se poursuit dans deux directions.

La première, l’exigence du renforcement des capitaux propres, réserves et provisions des banques. La deuxième, le “nettoyage”, et la récupération, des prêts à risques ou des créances litigieuses, dans le jargon du métier : les NPLs (Non-Performing Loans).

Ce dernier travail, toujours en cours, provoque une forte “opposition” de certains intérêts privés “hauts placés”, habitués à ne pas rembourser les considérables crédits bancaires dont ils ont bénéficié pour édifier leurs fortunes personnelles… Mais, le FMI en prend acte : le montant global de ces prêts est tombé de 24,5 % en janvier 2010 à 13,5 % en mars 2011. Comme quoi : quand on veut, on peut… (17)

Parallèlement, l’Etat Iranien a entamé un programme de privatisation d’entreprises et activités non liées à des services publics et à la défense nationale : 589 entreprises ont été privatisées pour une valeur de $ 83 milliards. Contrairement au schéma classique qui consiste, dans les économies émergentes notamment, à les brader à des intérêts étrangers en cheville avec de richissimes familles locales, les autorités ont veillé à une scrupuleuse répartition des actions :

◊ 20 % détenues par l’Etat

◊ 40 % réservées aux foyers à faibles revenus

◊ 40 % sous forme d’introduction en Bourse

Cette politique d’assainissement et de restructuration induit deux effets positifs :

=>  La forte attraction de la Bourse de Téhéran auprès des Iraniens, perçue non pas comme un lieu de spéculation hasardeux (économie-casino) mais comme un vecteur de valorisation de l’épargne dans des investissements productifs. C’est une des Bourses qui a connu la plus forte croissance en valeur (200 %) dans le monde, depuis 2009.

Toutefois, l’analyse des experts du FMI considère qu’il ne s’agit pas d’une bulle spéculative mais d’un fort dynamisme créé, sur de solides fondamentaux, par la restructuration de l’économie sous forme de privatisations, fusions et acquisitions (… staff analysis suggests that stock prices have not yet reached bubble levels, with supportive fundamental factors, including high levels of IPOs, having been at play…). (18)

=>  Le rial Iranien est apprécié à sa juste valeur, après une dévaluation technique intervenue le 8 juin dernier, de 11,5 %, démultipliant l’exportation de ses produits non pétroliers, tout particulièrement (qui avaient déjà évolué de $ 6,4 milliards en 2004 à 26,3 milliards en 2010, atteignant 30% de ses exportations).

Ni “sur”, ni “sous” évaluée, la monnaie du pays correspond aux grands équilibres macroéconomiques (…The macroeconomic balance approach estimates an equilibrium current account (norm) from a set of fundamentals employing a generalized method … no evidence of exchange rate misalignment … broadly in line with its medium term fundamentals.) Signe évident d’une bonne gestion des finances publiques. (19)

3. Maîtrise de la gestion des exportations de gaz et de pétrole

Le volet certainement le plus prometteur pour l’avenir du pays : la gestion maîtrisée de ses richesses pétrolières et gazières. L’Iran, membre de l’OPEP, étant un des premiers producteurs mondiaux et le deuxième pays, après la Russie, à détenir les plus importantes réserves de gaz. Leur contrôle, dans l’indépendance de leur exploitation et la bonne affectation de leurs revenus, est considéré comme un vecteur essentiel de développement et de garantie pour les futures générations.

Les Iraniens se souviennent que Mossadegh, leur premier ministre régulièrement élu et réputé pour son intégrité, avait été renversé par un putsch militaire manipulé par les services spéciaux occidentaux en 1953. Il avait eu le tort d’exiger la présentation des livres comptables de l’exploitation du pétrole et du gaz monopolisés par les compagnies étrangères qui pompaient, exportaient, et réglaient à l’Etat ce que bon leur semblait ; et de les nationaliser…

La révolution iranienne de 1979 a permis l’éviction des grandes compagnies occidentales qui en pillaient les ressources naturelles dans l’impunité, sous couvert d’une des plus atroces dictatures de l’Histoire, celle d’un empereur d’opérette : le Shah. A présent, c’est donc une seule compagnie nationale qui contrôle l’exploitation et l’exportation de ces ressources : National Iranian Oil Company (NIOC).

Mais, pas n’importe comment. Pour bien assurer la traçabilité des flux, deux ensembles de procédures et de comptes budgétaires, étanches, rigoureusement surveillés, ont été mis en place pour le suivi et la répartition des revenus provenant des exportations énergétiques (20) :

=> Le premier, affecte et ventile les recettes budgétées sur un taux estimé ($ 75 le baril [1 baril ≈ 159 litres environ] pour le budget 2010/11, par exemple) :

◊  63,5 %  au Budget de l’Etat

◊  20 %     au Fonds de Développement National (National Development Fund – NDF), destiné en priorité au financement des infrastructures (il est interdit au gouvernement d’y effectuer le moindre emprunt)

◊   2 %     au Budget des régions (notamment non productrices de pétrole ou éprouvant des difficultés économiques)

◊ 14,5 %  aux fonds propres et réserves pour la compagnie nationale elle-même (NIOC) : investissements / prospection-production-recherche-développement.

=> Le second, est destiné à réguler les surplus, ou les diminutions, de recettes par rapport au prix du baril estimé lors de la préparation et de l’application du budget de l’Etat : variation des cours internationaux en hausse ou en baisse, diminution ou augmentation en quantité des exportations de pétrole ou de gaz.

Pour le moment, les chiffres sont à la hausse par rapport au prix du baril antérieurement budgété, notamment en raison des hausses de cours ($ 80-90 en moyenne le baril, actuellement). La différence est, en ce cas, affectée pour :

◊  85,5 %  à un Fonds de Stabilisation du Pétrole (Oil Stabilization Fund – OSF), dont 50% sont versés en fin d’année fiscale au Fonds de Développement National

◊  14,5 %  aux fonds propres et réserves pour la compagnie nationale elle-même (NIOC) : investissements / prospection-production-recherche-développement.

Pour encore mieux valoriser ses ressources et éliminer un certain nombre d’intermédiations, l’Iran a inauguré mi-juillet dernier sa propre Bourse internationale des produits pétroliers sur l’ile de Kish (surnommée la perle du Golfe Persique), à l’entrée du Golfe Persique : The Kish Commodity Exchange. Les transactions quotidiennes sont estimées à 50.000 barils/jour pour commencer. Mais, il est à prévoir une forte croissance de ce type de ventes. Ainsi, le jeudi 18 août 2011, 500.000 barils de pétrole brut ont été vendus au prix d’ US $ 105,49.

Cette gestion des ressources pétrolières et gazières « en bon père de famille » est une rareté dans la région, habituée aux gaspillages pharaoniques dans les achats d’armes ou la construction spéculative de multiples tours de bureaux et appartements aux hauteurs démentielles, avec vue imprenable sur le désert …

Bien sûr, des critiques sont distillées dans le rapport du FMI. Curieusement, elles ne portent pas sur des chiffres, des catégories d’investissements, des éléments techniques. Non. Uniquement : sur des orientations idéologiques. L’Iran est en retard, réticent, dans l’instauration de l’Ultralibéralisme ou du Capitalisme Sauvage, censés procurer prospérité et bonheur à l’espèce humaine. Têtus, ces Iraniens…

On y retrouve l’inévitable florilège des incantations antisociales (21) :

i)  Le système de protection du chômeur est trop généreux, jusqu’à 50 mois d’indemnisation (The existing unemployment benefit system [of up to 50 months] is too generous)

ii)  Les procédures d’autorisation de licenciement devraient être simplifiées (The administrative approval process to allow companies to terminate redundant workers could also be simplified)

iii)  Les autorité devraient progressivement supprimer les surveillances et les interventions sur les prix (The authorities should gradually relax any remaining supervision and interventions over product prices)

iv)  Encourager la participation des investisseurs étrangers dans le processus des privatisations qui est à accélérer (Greater participation of foreign investors … and accelerating the ongoing privatization process).

Evidemment, beaucoup reste à faire pour un pays qui demain comptera 100 millions d’habitants…

Surmonter “l’opposition” d’une « bourgeoisie affairiste », friande de spéculations (sur l’immobilier et les prix), de corruptions, de monopoles, de rentes de situation, générées par les produits d’importation et les privatisations « soldées ». Affronter l’hostilité des puissances étrangères et leur volonté de s’emparer à nouveau de ses immenses ressources naturelles, de ses services publics, de ses infrastructures, et de ses avoirs en devises. Rituelles danses du scalp des prédateurs.

Mais, d’après ce rapport du FMI, l’Iran travaille, progresse, s’organise, prépare l’avenir. Malgré diabolisations délirantes et menaces d’apocalypse, dont il est l’objet obsessionnel. Méthodiquement. A grands pas.

Néanmoins…

Prétendre aujourd’hui, comme le fit Galilée en son temps, qu’après observations la Terre est ronde et non pas plate peut s’avérer dangereux. Nos pays prétendument “laïcs” se révèlent, en effet, inflexibles quant au respect des croyances et dogmes édictés par les grands prêtres de la propagande de l’Empire. Implacable religion “mondialisée”, avec son Clergé et son Inquisition.

Espérons que les experts du FMI s’étant permis quelques libertés à l’égard des injonctions cléricales de la démonologie actuelle, sous forme de propos objectifs ou mesurés sur l’Iran, ne soient pas excommuniés, brûlés en place publique ou médiatique, pour “blasphème” et “hérésie”…

(1)  IMF Country Report No. 11/241 – Islamic Republic of Iran: 2011 Article IV Consultation—Staff Report; Public Information Notice on the Executive Board Discussion; and Statement by the Executive Director for Iran – August 2011

N.B. Document accessible en ligne, pouvant être lu, téléchargé ou imprimé : http://www.google.fr/search?q=IMF+Islamic+Republic+of+Iran%3A+2011+Article+IV+Consultation&ie

(2)  Cf. l’archétype du cliché de cette désinformation caricaturale dans l’article de Wikipédia sur l’Iran, à la date du 18 août 2011, dans le paragraphe “Relations extérieures et perspectives économiques” :

« L’économie iranienne ne se développe toujours pas, et les revenus pétroliers représentent une bouée de sauvetage pour un pays possédant une économie administrée et inefficace »…

Référencé d’après un document sponsorisé, comme indiqué sur la couverture, par les lobbies du pétrole, de l’armement et de l’uranium : Total, EADS, CEA (Commissariat à l’Energie Atomique), édité par la Fondation de la Recherche Stratégique (sic…) en date du 17 mai 2006, intitulé : “Où va l’Iran ? ”…

(3)  Cf. l’excellente appréciation des experts du FMI sur “l’appareil statistiques” de l’administration iranienne, in APPENDIX III. ISLAMIC REPUBLIC OF IRAN : STATISTICAL ISSUES, Informational Annex, Prepared by Middle East and Central Asia Department (In consultation with other Departments), July 5, 2011, p.5, Op. Cit., p. 39.

Notamment, citations :

=>  National accounts statistics are reasonably sound
=>  Price statistics are sound and released in a timely manner
=>  The accounting system for foreign exchange receipts and payments of the CBI and banks is being implemented in line with the methodological guidelines of the Fund’s Balance of Payments Manual, fifth edition (BPM5)  

(4)  Op. Cit., p. ­6. Rien à voir avec nos “sécheresses” médiatiquement bidonnées annuellement, rituellement, à chaque début de saison estivale, par la “grande agriculture” [richissimes céréaliers & éleveurs] pour remplir ses poches de subventions…

(5)  Parmi les “coups tordus” habituels des services spéciaux occidentaux : sabotages permanents (sur territoire Turc, principalement) des gazoducs exportant le gaz iranien, ou encore assassinat et enlèvement des scientifiques Iraniens, etc.

(6)  Cf. § 4 : “ … 3.2 percent 2010/11.”, Op. Cit., p. 5. 

(7)  Cf. § Table 2. Islamic Republic of Iran: Balance of Payments, 2007/08–2016/17, Op. Cit., p. 22.

(8)  Cf. § 3 : “New international sanctions in 2010 have in practice increased the cost of doing business, limited FDI and technology transfer, and have affected international trade and financial transactions… particularly in the Euro and the U.S. dollar…”, Op. Cit., p. 4-5.

(9)  “Many Directors noted the authorities’ concern about the impact of sanctions on the transfer of oil export proceeds, including potential adverse effects on oil markets, and some Directors called on the staff to monitor and assess Iran’s access to the international payment system”, IMF Executive Board Concludes 2011 Article IV Consultation with the Islamic Republic of Iran, p. 3, July 20, 2011, Op. Cit., p. 44.

(10)  Op. Cit., p. 3.

(11)  Op. Cit., p. 12. 

(12)  Figure 2. Iran: Macroeconomic and Price Developments, 2005/06-2010/11, Index of real estate prices at constant prices in Tehran (In percent), Op. Cit., p. 7.

(13)  Op. Cit., p. 3.

(14)  Cf. § IV. Outstanding Purchases and Loans : None, § V. Financial Arrangements : None, in APPENDIX I. ISLAMIC REPUBLIC OF IRAN: RELATIONS WITH THE FUND (As of May 31, 2011), Op. Cit., p. 36.

(15)  Medium-Term Outlook, Text Table 1. Islamic Republic of Iran: Medium-Term Scenario, 2008/09–2016/17, Op. Cit., p. 10.

(16)  Cf.:  I Overview, § 2, et Box I Initial Impact of the Targeted Subsidy Reform, Op. Cit., p. 4.

(17)  Op. Cit., p. 8.

(18)  Cf. Box 2. Is there a Price Bubble in the Tehran Stock Exchange ?, Op. Cit., p. 9.

(19)  Op. Cit., p. 30.

(20)  Cf.: Figure 3. Distribution of Oil Revenue for 2011/12, Op. Cit., p. 8.

(21)  Op. Cit., p. 15.