Oligarchie financière et pillage de l’économie mondiale: Nous connaissons l’ennemi… Agissons !

La crise de la dette européenne et la menace de dictature

 

Il y a à peine deux semaines, le parlement grec a adopté une nouvelle série de mesures d’austérité qui aura un impact dévastateur sur les conditions de vie des travailleurs grecs. Le vote du parlement a été précédé par une campagne de propagande des sociétés de financement, des banques et d’influents politiciens européens qui déclaraient que les nouvelles mesures d’austérité étaient le seul moyen de rassurer les marchés monétaires et de stabiliser l’euro.

par Stefan Steinberg

 

22 juillet 2011

 

Url de l’article original: http://www.cadtm.org/La-crise-de-la-dette-europeenne-et

 

 

 

Depuis lors, la crise de la dette européenne n’a fait que s’intensifier. Conformément au schéma qui s’est produit tout au long de la crise, la nouvelle série de coupes sociales et de privatisation a été utilisée pour exiger davantage d’attaques brutales contre le niveau de vie de la classe ouvrière en Grèce, de par l’Europe et internationalement.

Une semaine après l’adoption du plan d’austérité grec, Moody’s a abaissé en catégorie spéculative (junk bonds) la note des obligations du gouvernement du Portugal. Quelques jours plus tard, un assaut combiné des fonds spéculatifs et des agences de notation ont entraîné à la hausse les obligations du gouvernement italien et précipité une quasi panique au sujet de la dette souveraine de ce pays.

Cette démarche des marchés financiers a été faite suite à des rapports selon lesquels le plan d’austérité convenu par le gouvernement italien pourrait être atténué au cours de son passage au parlement. En réponse à l’offensive du marché, le ministre italien des Finances a annoncé qu’il doublait l’ensemble des coupes à faire dans les dépenses sociales au cours des trois ans et demi à venir. En l’espace de quelques jours, un plan d’austérité radical a été adopté pour la troisième économie d’Europe.

En début de semaine, les ministres européens des Finances ont tenu une réunion d’urgence pour discuter des moyens de calmer les marchés. Faisant une concession majeure, ils ont accepté de revenir sur leur politique actuelle et de dégager les ressources nécessaires du Fonds européen de sauvetage de l’Union européenne (FESF) pour un rachat direct de la dette grecque.

Les marchés ont réagi à cette concession par une nouvelle offensive. Moody’s a dégradé mardi dans la catégorie spéculative la dette de l’Irlande et mercredi, Fitch Ratings a déclassé la dette souveraine grecque en déclarant qu’un défaut de paiement de la Grèce était une « possibilité réelle  ».

Dans le même temps, les principales agences de notation plaçaient le gouvernement américain sous surveillance, mettant en garde que si le plafond de la dette n’était pas relevé d’ici le 2 août ceci correspondrait à un défaut de paiement.

Ces développements prouvent qu’il n’y a pas de solution pacifique ou rationnelle à la crise de la dette européenne dans le cadre de l’ordre économique et politique actuel. Cela est dû au fait que la dette souveraine et la crise de l’euro sont l’expression non simplement d’un déclin conjoncturel mais aussi d’une crise fondamentale et systémique du système capitaliste mondial.

Le krach de Wall Street en septembre 2008 était la conséquence de décennies de spéculations financières irresponsables dont le centre était aux Etats-Unis mais qui sont de plus en plus courantes dans l’ensemble des principaux pays capitalistes. Une montagne de dettes a été créée pour financer l’enrichissement sans précédent de l’élite dirigeante et ce processus de création de fortune s’est progressivement séparé de la création de valeurs réelles.

En fait, l’accroissement de l’aristocratie financière est fondé sur la destruction de l’industrie et de l’infrastructure productive aux Etats-Unis et dans d’autres pays capitalistes développés et une attaque impitoyable contre les emplois, les salaires et le niveau de vie de la classe ouvrière.

Le résultat en a été une économie orientée vers le pillage pur et simple de la richesse sociale et la création de bulles financières tout en s’appuyant sur un système bancaire pratiquement insolvable. L’éclatement inévitable de la bulle immobilière américaine en 2007-2008 a révélé l’insolvabilité du système financier.

Aucune des mesures adoptées depuis le krach n’ont résolu la crise bancaire sous-jacente. Au contraire, elles ont transféré les pertes des banques à l’Etat par le biais de plans de sauvetage gouvernementaux en empilant de nouvelles formes de dettes sur celles existant déjà.

La bourgeoisie n’a qu’une seule réponse à ce dilemme – davantage d’attaques brutales visant à supprimer tous les acquis sociaux gagnés par la classe ouvrière au 20ème siècle. Parallèlement, chaque élite dirigeante nationale adopte une attitude de plus en plus agressive et nationaliste à l’égard de ses concurrents en attisant la montée du militarisme et de la guerre.

Les représentants du capital financier sont tout à fait conscients que leur politique contre-révolutionnaire provoquera des soulèvements sociaux. Leur réponse est la préparation de nouvelles formes répressives de gouvernement.

Dans la dernière édition de sa publication disponible par abonnement, Aon, courtier en assurance risque, a mis en garde contre l’investissement en Grèce. La société a placé la Grèce sur sa « carte mondiale des risques terroristes en 2011, » en déclarant que le risque d’une « révolution, d’un coup d’Etat ou d’une guerre civile » dans le pays était « élevé ».

La semaine passée, un blog sur le site internet du Wall Street Journal a fait remarquer la crise économique grandissante dans plusieurs pays européens. Dans un article intitulé « Il vaut mieux garder un peu de gaz lacrymogène pour le Portugal, l’Espagne et l’Italie » il faisait référence à l’émergence d’une opposition de masse en Grèce.

De tels avertissements ne se limitent pas à l’Europe. L’ancien conseiller américain à la sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, a mis en garde la semaine dernière que le chômage de masse et l’accroissement des inégalités sociales aux Etats-Unis pourraient entraîner des troubles civils. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision MSNBC il a dit : « Je ne veux pas être un prophète de malheur – et je ne pense pas que nous allons connaître un destin tragique – mais je pense que nous glissons vers des conflits sociaux exacerbés, une hostilité sociale, certaines formes de radicalisme. Le sentiment se fait jour que notre société n’est pas une société équitable.  »

Dans les milieux bourgeois on tire de plus en plus souvent la conclusion que le type de dévastation sociale qui doit être imposé ne peut l’être par des moyens parlementaires traditionnels.

En Allemagne, la discussion sur la nécessité de formes « post-démocratiques » de gouvernement est menée à Berlin par le professeur Herfried Münkler. Münkler défend l’idée que la solution à la crise de l’euro n’est pas la démocratisation mais plutôt davantage de pouvoir pour les élites allemandes et européennes.

Dans la même optique, le Financial Times a publié le 14 juillet un éditorial intitulé : « Sauvegarder la crédibilité fiscale de l’Italie » qui déclarait, « Il faut plus que de l’austérité pour l’Italie » et a appelé à l’éviction du premier ministre Silvio Berlusconi et à « son remplacement par un gouvernement composé, à une grande majorité, de technocrates » – c’est-à-dire, un gouvernement dont les membres ont été triés sur le volet par les banques.

Soit la crise sera résolue par la bourgeoisie et sera fondée sur la pauvreté de masse, la dictature et la guerre, soit la classe ouvrière résoudra la crise par son action révolutionnaire collective, politiquement consciente et internationalement coordonnée. Comme l’a écrit Trotsky dans les années 1930, l’alternative est : le socialisme ou la barbarie.

 

 

16 Réponses vers “Oligarchie financière et pillage de l’économie mondiale: Nous connaissons l’ennemi… Agissons !”

  1. Prise de conscience urgente ou nos gamins n’auront plus que les os de nos vaches enragées,
    et pour longtemps…

    • La prise de conscience s’effectue, ce qui est le plus inquiétant sont les solutions que les peuples amèneront aux problèmes posés.
      Regardons les « révolutions du printemps arabe »… On change de marionnettes (par le vote ou non) et çà recommence de plus belle ! Les peuples ont l’illusion que quelque chose a changé, et se rendorment éventuellement pour quelques décennies…
      Il n’y a pas de solutions au sein du système. Il faut en sortir et vite… Autogestion des communes volontaires fédérées, sans délégation de pouvoir, l’association libre des producteurs (ouvriers, paysans et prestataires de services) et des consommateurs , sans propriété privée des moyens de productions et de services, est la solution planétaire. Une société basée sur les ressources, leur gestion en temps réel et sans but lucratif (donc sans profit) et non plus sur le profit et la monétarisation et la financiarisation de tout.

      Parfaitement réalisable à grande échelle et seule garantie d’égalité sociale et donc de progressisme et de… liberté.
      Il est impossible d’être libre sans être égal, c’est le critère fondamental. La liberté est la résultante de l’égalité et de la solidarité de tous et non pas l’inverse, c’est pourquoi liberté et démocratie n’ont encore jamais existé dans l’Histoire. Prétendre le contraire est faire preuve de la plus grande naïveté.

      Nous avons été leurrés (à Dessein) depuis le départ. donc, tout reste à faire… Cool non ?…

  2. Agissons, agissons…
    C’est vite dit. Et si la situation qui se profile convenait à la majorité d’entre nous? Avant d’appeler à l’action, on doit se demander si la passivité des vaches dans le pré n’est pas notre rêve, parce qu’elle nous garantit la sécurité et l’approvisionnement. La soumission a augmenté notre espérance de vie, et finir à l’abattoir n’est qu’un détail d’un futur lointain…

    • Allons, allons… si l’apathie semble générale, elle n’est pas naturelle mais induite. Induite par des siècles d’oppression et d’hégémonie culturelle oligarchique. L’esprit libre et la pensée critique sont toujours là, latents, c’est la nature humaine, qui est faite de solidarité et d’entr’aide contrairement à ce qu’on veut nous faire croire à grand renfort de propagande et de dogmes à la sauce malthusienne et darwiniste-sociale; pseudo-sciences au service du statu quo oligarchique et répressif.
      L’esprit humain, l’intelligence humaine sont également répartis sur Terre, il suffit de dépoussiérer, d’éliminer la fange nocive qui enveloppe nos vies sociales et la véritable société humaine reprendra son essors. Une infime partie de l’humanité a mis un frein au progressisme et procède d’esclavage en servage, de servage en néo-esclavage pour sauvegarder ses intérêts, ceux du tout petit nombre.

      Il suffit de dire non ! en masse, et çà s’arrêtera… C’est beaucoup plus simple qu’on le pense, mais il faut avoir la volonté de lâcher-prise.
      C’est le lâcher-prise le plus dur, sortir de sa petite zone de confort étriquée, qui diminue comme peau de chagrin…

      • L’apathie n’est peut-être pas naturelle, mais elle est quand même presque devenue une seconde nature! C’est que depuis Goebbels, les sciences de l’esprit – et de sa manipulation – ont fait des progrès énormes (expériences de Milgram, Stanford etc.), et les conditionnements agissent dans toute la société.
        Alors, c’est pas gagné!

  3. « l’association libre des producteurs (ouvriers, paysans et prestataires de services »
    reste à savoir si ces catégories-là ont envie d’adopter ce type d’organisation, car historiquement l’autogestion a été pensé par des intellectuels qui lorsque certains d’entre eux ont voulu la mettre en place, a toujours échoué ou s’est diluée dans des activités encore individualistes ( typologie berger du Larzac ).
    les individualismes ont toujours triomphé, peut être, parce que l’éducation que nous recevons nous y contraint et aujourd’hui plus que jamais où pour « se sortir d’affaire » il ne faut compter que sur soi-même.

    Tout ce que veut le plus grand nombre, c’est de revenir aux acquis des années 70, qui assuraient au plus grand nombre les besoins essentiels et au-delà, sous la gauche, sur fond d’exploitation des pays du tiers monde, me direz-vous et avantages à une classe sur les autres que nous payons aujourd’hui.

    • Le capitalisme productiviste est tout aussi un leurre. Les années 70 ont marqué le gros démarrage de la société de consommation, machine à lobotomiser les gens et à broyer la conscience sociale et la pensée critique… Non merci… Il suffit d’expliquer et de montrer aux gens, ils vont comprendre

      Quant à l’autogestion qui n’est qu’une idée « intellectuelle », désolé… Faux ! Pêle-mêle nous trouvons des collectifs qui ont historiquement parfaitement fonctionnés en autogestion, des cités médiévales du XIIème à la fin du XVème siècle, puis dans l’ère moderne: les collectifs autogestionnaires des usines italiennes en 1920, ceux des campagnes andalouses et d’Aragon entre 1868 et 1939, la Catalogne 1936-1939 bien sûr, Kronstadt 1921, les kiboutz israéliens ont été des expériences fonctionnelles et efficaces dans un contexte très particuliers, les Chiapas zapatistes du sud du Mexique et tous ceux qu’on connait moins au Brésil, en Afrique etc… tous ne sont pas anarchistes dans le pur sens du terme mais se rapproche de certains idéaux libertaires.

      L’autogestion n’est en aucun cas un « concept intellectuel » mais un concept mis en pratique au cours de l’Histoire par les peuples, c’est ancré dans la pratique, plus même dans une praxis libertaire. Les mouvements se sont essoufflés ou ont été réprimés par la réaction bourgeoise oligarchique, dans le cas de la révolution espagnole de 1936, par une alliance entre les fascismes, les communistes d’état et la bénédiction/complicité des républiques et monarchies bananières européennes ainsi que l’église catholique.
      N’oublions jamais que la Commune de Paris fut réprimée dans un bain de sang par une république dite modérée, mais non moins bananière…

      L’humain n’est pas fait pour être muselé dans un carcan étatique, il est fait pour s’épanouir dans la solidarité sociale. L’humain est un autogestionnaire par nature. Une clique de profiteurs lui a mis des chaînes il y a bien trop longtemps. Dans tout être humain un anarchiste sommeille…

      • Un excellent documentaire sur les expériences d’autogestion dans l’Espagne de 1936 :
        http://video.google.fr/videoplay?docid=-6236239516470072435
        A leur âge, les témoins de cette époque ont encore le feu sacré!

        • Oui, oui José,

          Excellent documentaire que nous avions vu « par épisodes », cette version intégrale est bien mieux, merci d’avoir posté le lien.
          Nous encourageons tous les lecteurs à visionner ce documentaire qui explique ce que fut la révolution espagnole que les livres d’histoire qualifie de « guerre d’Espagne » ou de « guerre civile espagnole » en ne mentionnant que rarement le fat que l’Espagne de 1936 était anarchiste et que la vaste majorité du pays fonctionnait très bien sans gouvernement, en autogestion, de manière solidaire et efficace.

          Nous pensons à Résistance 71 exactement comme ce participant anarchiste qui déclare à la fin du reportage: « l’anarchisme est la seule solution viable pour l’humanité ». Nous ne perdons ici jamais une occasion de le dire. Tout passe par l’éducation/ et l’information pour réveiller les consciences sociales endormies par les puissants narcotiques de la société de consommation factice et sa société du spectacle obsolète et factice.

          En tout être humain sommeille un anarchiste !

          Fraternellement

          R71

  4. Probablement qu’il faut croire en l’Homme, et dans sa capacité à (se) réinventer.
    Dans tous les cas il va très vite falloir réévaluer l’échelle des valeurs, et ce sera très certainement le plus douloureux.

  5. Bonjour à tous,
    Ce qui est intéressant dans le docu « vivre l’utopie », c’est comme son titre l’indique, qu’on est allé au-delà de la contestation stérile et des projets sans lendemain, la seule cause de la fin de l’expérience étant la puissance de feu de la partie adverse (rappelons au passage que Hitler a envoyé pas moins de 10 000 hommes avec la Légion Condor qui s’est illustrée à Guernica). Alors, à quand l’expérimentation sociale à grande échelle?
    Soit dit en passant, ce que je n’aime pas dans le mot « anarchisme », c’est qu’il est devenu un mot-valise derrière lequel se sont regroupés beaucoup de « zigotos » sans projet, des illuminés, et des tendances allant jusqu’aux libertariens que je vomis. Il serait bon maintenant que les gens un peu plus sérieux se regroupent, mais il est vrai que nous sommes si dispersés géographiquement que c’est bien difficile. Ici, c’est les Deux-Sèvres. Quelqu’un pas trop loin?

    • Bonjour José,

      Très juste… Surtout le mot « anarchisme » a été assimilé à dessein par amalgame au nihilisme, à la bande à Bonnot et aux quelques lanceurs de bombes individualistes du XIX et début XXème siècles… Ceci bien sûr a été une manœuvre de propagande de l’oligarchie afin de donner une image au peuple erronée de l’idéal noble anarchiste.
      Par exemple, question à 100 balles, on fait étudier des philosophes lourds et sans intérêts aux élèves de second et troisième cycles… Mais jamais un mot sur Proudhon, Bakounine, Kropotkine, pour ne citer que la trilogie ad hoc. On étudie Marx en classe… Pourquoi pas Bakounine, qui s’opposa directement à Marx lui-même et démontra le premier les inconsistances du marxisme et son futur à vocation tyrannique?…

      La réponse est simple: faire étudier les philosophes / activistes anarchistes (qui eux avaient vraiment la praxis à cœur…) serait immanquablement couper les verges pour se fouetter. Cela n’est pas dans l’intérêt de l’état et l’oligarchie qui le contrôle. Marx et Engels, eux. étaient partie prenante du système; des bons sociaux-démocrates aux idées pas si radicales que cela et commanditées par la bourgeoisie afin de continuer à diviser les peuples (ce fut un succès total c’est sûr..)… La suite a vu le bolchévisme avec Lénine et Trotsky puis Staline être tous financés par les banquiers de Londres et de Wall Street. Le communisme autoritaire d’état est une création dès l’origine des banquiers et des oligarques (cf. les travaux de l’historien anglo-américain Antony Sutton de Stanford U), que seuls les anarchistes ont combattu efficacement en URSS (Kronstadt 1921 et l’ignominie de Lénine et Trotsky), en Ukraine (Makhno et le mouvement rural makhnoviste années 1920), le mouvement anarcho-syndicaliste italien de 1920, trahit par les communistes, dont la traitrise a provoqué l’avènement de Mussolini et l’apothéose de la révolution espagnole et la forfaiture communiste marxiste.

      Le marxisme et la social-démocratie sont les ennemis historiques de l’anarchisme, bien plus que le fascisme. Quoi qu’il en soit, social-démocratie, marxisme, fascisme et monarchisme sont les ennemis de l’anarchisme, pourquoi ?.. Parce que tous ne sont que les différentes branches de la même maison mère: l’oligarchie des cartels industriels et banquiers. L’anarchisme lui, seul contre tous, se bat pour le peuple et la révolution sociale, pour l’émancipation, le progressisme et ultimement: la Liberté, qui ne peut pas arriver sans l’égalité et la solidarité.

      La devise même issue de la révolution de 1789 est un leurre: « Liberté, Égalité, Fraternité » et sûrement à dessein. Par cette devise, on inculque aux citoyens que la liberté a été achevée en 1789 avec l’abolition de la monarchie (1792 en fait) et la création subséquente des Républiques.
      Faux !
      La liberté ne peut être réalisée sans au préalable avoir réalisé l’égalité sociale, qui se produira par la solidarité (des individus, communes et peuples entr’eux volontairement fédérés, d’où l’idée juste de « fraternité »).

      La devise devrait lire: « Égalité, Solidarité (Fraternité), Liberté », car sans égalité et solidarité… pas de Liberté (avec un grand « L » pas la liberté de dire merde à son voisin. Celle qui est synonyme d’émancipation et de bonheur sociétaire individuel et collectif).

      Tant que nous, les peuples ne corrigerons pas ce leurre de départ, rien ne changera jamais !

      Être isolé n’est pas forcément un désavantage, un avantage même parfois. Communication, éducation et exemple rallient les hommes. C’est à nous de contribuer du mieux que nous pouvons au réveil social des citoyens. Quand on voit le marasme actuel et le pire à venir… Le jeu en vaut la chandelle.

      Communication, éducation et action locale d’éveil sont les clefs du succés. Les grands chambardements sont toujours arrivés par une poignée de gens déterminés.

      « La révolution sans conscience sociale est une explosion d’impuissance » (Paolo Freire, père de la pédagogie critique)

  6. Concretement comment voyez vous l’action pour aboutir à une société anarchique ?

    • Pas d’action efficace sans conscience sociale. Donc dans un premier temps:
      1- Réveiller les gens aux turpitudes ambiantes du Nouvel Ordre Mondial
      2- s’informer et informer les autres hors propagande
      3- s’informer et informer les autres aux mieux sur l’Idée anarchiste et la possibilité réelle d’une société égalitaire et libre

      dans le même temps: se regrouper et agir pour mettre à bas le système de manière pacifique. Comment ? en attaquant ses trois piliers porteurs:
      1- La légitimité du consensus oligarchique par le vote, donc boycott en masse du vote
      2- Boycott en masse de l’impôt (qui ne sert qu’à payer les intérêts de la dette aux banquiers de toute façon…)
      3- Boycot en masse des institutions financières (banques, sociétés de crédits, etc…) étatiques ou privées.

      Une fois le système à genoux, les travailleurs saisissent tous les moyens de productions et de services par expropriation des propriétaires qui s’ils le désirent pourront rester comme travailleur, proclament l’abolition de l’état et des institutions et résument immédiatement la production et les services de manière auto-gérée, en assemblée populaire volontaire. Les gens n’appartiennent qu’à eux-mêmes, aux communes qui se fédèrent.
      La fédération se fera au sein des frontières et au delà, abolition des frontières à échéance.

      Le critère étant l’égalité de tous et toutes. Après les décisions se prendront en AG de manière participative. Les trois choses à assurer d’emblée et en priorité pour tous seront: nourriture, logis et vêtements, à chacun selon ses capacités et à chacun selon ses besoins.

      Beaucoup de détails trouveront des réponses dans la pratique

      L’action doit être directe, concertée, éclairée et non-violente (par l’affaiblissement du parasite étatique sur ses trois piliers au préalable…).

      Beaucoup a été écrit la dessus, mais au bout du compte ce seront les gens qui décideront librement et solidairement.
      C’est le peuple qui brisera ses chaînes, personne ne peut le faire pour lui et on n’impose pas la société libertaire (anarchiste) à la pointe du fusil.
      On peut la défendre d’un commun accord, mais pas l’imposer.

      Il n’y aura JAMAIS, nous le répétons JAMAIS de démocratie réelle sans révolution sociale et d’égalité et de solidarité. Ce sont les deux conditions sine qua non de la Liberté. La Liberté est la résultante de l’égalité sociale et non l’inverse comme on nous leurre à le croire depuis plus de deux cents ans…
      On pourrait écrire un bouquin rien que sur ce sujet.

      Est-ce que cela répond à votre question ?…

      fraternellement

      R71

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