Oligarchie et Nouvel Ordre Mondial: Sortir du système par l’autogestion…

Gestion directe de nos communes

Pour que personne ne décide à notre place

 

Par le Groupe Louise Michel de la Fédération Anarchiste

 

 

L’alternance politicienne entre la droite et la gauche, avec leurs alliés de tout le spectre de la « démocratie » parlementaire, nous a clairement démontré combien les politicards font preuve d’efficacité, lorsqu’il s’agit de favoriser les profiteurs qui s’engraissent sur notre dos.

Au nom d’une gestion réaliste de notre vie commune, ils nous imposent une économie de plus en plus libérale où la société est cogérée par les « décideurs » : représentants des multinationales, du patronat, leaders d’opinions, responsables des partis dit politiques et de certains syndicats. Ceux-ci tiennent bien serrées dans leurs mains les rênes de l’économie, gèrent le capital, et cherchent à travers la « politique » à contrôler totalement notre existence. On veut nous faire croire que ce mode de gestion est le seul possible et qu’à défaut de pouvoir lutter contre le capitalisme, il faut se contenter de le gérer le mieux possible.

Attention !

La globalisation croissante de l’économie est en train de dissoudre les intérêts des populations locales dans ceux des cartels financiers internationaux. Cette concentration du pouvoir économique mondial s’accompagne d’une centralisation du pouvoir politique qui amène de fait une nouvelle forme de totalitarisme qui, si nous n’y prenons garde, risque de balayer à terme toute forme de démocratie ! Oublier l’histoire, c’est se condamner à la revivre. Devrons-nous attendre en moutons résignés l’avènement d’une dictature souhaitée par certains aujourd’hui, ou choisirons-nous la voie de la responsabilité et de l’égalité ?

La lutte pour la gestion directe

Que personne ne décide à notre place ! Organisons la solidarité et l’entraide entre les habitants de nos communes contre les affairistes. Préparons-nous à remplacer l’État, institution parasite et étouffante, par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société. Demain, gérons nous-mêmes, directement, nos cités et notre travail. Supprimons les inégalités sociales et économiques.

Après l’échec à l’Ouest, à l’Est, au Sud et au Nord de toutes les doctrines autoritaires (coloniales, démocratiques, dictatoriales ou théocratiques), luttons pour une société libertaire ; débarrassons-nous des gouvernants et des patrons.

Les principes

Les principes de gestion directe communale telle que les libertaires la conçoivent sont clairs.

Ils supposent :

 

• Le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l’État, qui est un agent de coercition du système capitaliste.

• Des assemblées générales souveraines.

• Le mandatement impératif des délégués.

• La révocabilité des délégués élus.

• Des Comités de quartier et par thèmes transversaux (culture, éducation, transports…)

• Une socialisation des services avec des décisions prises par un collège comprenant :

– Les usagers de ce service.

– Les citoyens de la commune.

– Les personnes travaillant à faire fonctionner ce service.

Nous nous démarquons de cette démocratie participative mise à la mode – comme par hasard – à la veille des élections. Chrétiens progressistes, marxistes modernistes, et certains écologistes, ne vous proposent que d’améliorer l’information et la consultation des citoyens sur des décisions qu’ils auront déjà prises. L’utilisation du terme « gestion directe » indique clairement qu’il faut inverser complètement le processus d’élaboration des décisions afin que NOUS restions maîtres de notre avenir.

La gestion directe… Pour quoi faire ?

La participation à la gestion d’une commune n’a d’intérêt pour un citoyen que si elle transforme ses conditions d’existence. Gérer en commun une municipalité, alors que celle-ci conserve ses structures étatiques et les inégalités économiques, consisterait pour les citoyens à gérer eux-mêmes leur propre asservissement, leur propre misère. Ce qui caractérise les structures étatiques ce sont :

• La hiérarchisation des responsabilités et des décisions.

• L’assujettissement de tous à quelques-uns.

• Les inégalités sociales et économiques.

• L’existence d’une classe dirigeante privilégiée.

Demain, si dans la commune gérée directement, il reste des différences économiques ou sociales, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante, qui défendra par tous les moyens ses privilèges. Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur période de transition, qu’il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.

Les citoyens se demandent ce qu’ils peuvent gagner à la gestion directe de leur commune. Ils pèsent les avantages et les inconvénients qui en résulteront pour eux et dont le principal est la responsabilité : c’est celui qui les fait le plus réfléchir car celle qu’ils assureront dans leur commune engagera celle de leurs conditions de vie.

Nous touchons ici au problème humain, celui des hommes et des femmes devant la responsabilité, celui de la quiétude qui résulte d’une certaine servilité, surtout lorsqu’elle s’assortit de conditions d’existence, morales et économiques, acceptables.

Il est possible d’avancer des raisons solides qui peuvent nous convaincre que les citoyens auraient intérêt à gérer eux-mêmes directement leur commune. Il y a la maîtrise de leur cadre de vie, de leur environnement ; une meilleure gestion des services au public, qui plutôt que d’être gérés en fonction de leur rentabilité financière ou électorale, le seraient réellement en fonction de leur utilité sociale déterminée par tous…

Agir au lieu d’élire

Nous ne pouvons pas nous contenter de dénoncer, de critiquer et d’émettre des principes, sans proposer des moyens concrets de mettre ces principes en œuvre.

Au niveau communal, il est possible d’organiser des contre-pouvoirs, en mettant en place des assemblées parallèles de citoyens élaborant des contre-propositions à la gestion municipale. Dès aujourd’hui nous nous battons pour :

• Les transports gratuits pour tous ;

• La gratuité de la santé de proximité ;

• Un accès libre et gratuit à tous les espaces et services culturels (bibliothèque, salles de réunion, de répétition…) ;

• La réquisition des logements vides et leur gestion directe par des représentants des habitants révocables ;

• Le contrôle de tous les projets d’urbanisme par des comités transversaux et de quartiers révocables ;

• Etc.

Nous pouvons aussi investir les réunions publiques des conseils municipaux issus du système électoral par es délégués révocables avec mandats impératifs, faisant valoir la volonté des habitants. Mais nous ne voulons pas reproduire l’erreur qui consisterait à se présenter sur les listes électorales pour se faire élire sans mandats impératifs et sans révocabilité, se serait essayer d’imposer nos principes par le haut.

Anarchistes, nous pensons que le seul pouvoir possible est celui de la base, et l’expérience nous a démontré que même les meilleurs d’entre nous ne peuvent exercer un pouvoir sur les autres sans se faire ronger et anéantir par celui-ci. Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi nous sommes anarchistes !

Innover dans la continuité

Déjà les communes révolutionnaires qui nous ont précédées : Paris 1793 et 1871, Goulaï Polie 1917, Kronstadt 1921, Espagne 1936… se basant sur la gestion directe de la commune par ses citoyens, permirent l’éclosion d’idées d’organisation, que se soit sur le ravitaillement, la santé, l’éducation ou l’organisation du travail qui, si elles ont été pour la plupart reprises et accommodées par les dirigeants centralistes, n’ont pu dans le contexte étatiste, atteindre le degré d’efficacité qu’elles avaient dans ces communes. Ne citons entre autres que l’école publique laïque pour tous (Paris 1871), la réquisition et répartition des logements vacants (Kronstadt 1921), les systèmes de santé socialisés accessibles à tous (Espagne 1936).

Tout cela nous montre que la gestion directe d’une commune, si ce n’est pas une idée nouvelle, c’est le moyen le plus efficace d’une politique dynamique portée vers l’avenir car conçue et appliquée par tous.

 

 

13 Réponses to “Oligarchie et Nouvel Ordre Mondial: Sortir du système par l’autogestion…”

  1. shana23jfw Says:

    J’ai reçu d’une amie, un mail avec le texte du discours d’un résistant de la dernière guerre…
    ***
    Raymond Aubrac à la Bastille, le 14 juillet 2011, à l’occasion de la célébration de la fête nationale française. Un plaidoyer pour un retour aux principes fondamentaux d’une République dévoyée par ceux qui la gouvernent dans «la haine et le rejet de l’autre».

    —————

    Depuis bientôt un an, les plus hautes autorités de l’Etat s’acharnent à dresser les citoyens les uns contre les autres. Elles ont successivement jeté à la vindicte publique les Roms et les gens du voyage, les Français d’origine étrangère, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs et précaires qualifiés d’«assistés»… Elles ont ressorti le vieux mensonge d’une immigration délinquante, elles pratiquent la politique de la peur et de la stigmatisation.

    Nous avons manifesté le 4 septembre 2010, dans toute la France, contre ce dévoiement de la République. Aujourd’hui, chacun mesure la terrible responsabilité de ceux qui ont donné un label de respectabilité aux idées d’extrême droite, à la xénophobie, à la haine et au rejet de l’autre. De dérapages verbaux en pseudo-débats, de crispations identitaires en reculs sociaux, la voie a été grande ouverte à une crise démocratique encore plus grave que celle du 21 avril 2002.

    Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l’injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics.

    Nous refusons cette République défigurée; celle que nous voulons, c’est la République «laïque, démocratique et sociale» que proclame notre Constitution; celle du 14 juillet 1789, du Rassemblement populaire de 1936, celle enfin du Conseil national de la Résistance. Celle qui s’attache inlassablement à garantir à tous l’égalité en dignité et en droits, l’égale liberté, l’égal respect de la part de ceux qui les gouvernent.

    C’est pourquoi nous lançons un appel solennel au rassemblement de toutes et tous, à la mobilisation des consciences pour le retour de cette République que nous voulons plus que jamais libre, égale et fraternelle.

    Deux cent vingt deuxième anniversaire de la prise de la Bastille, ce 14 juillet est le dernier avant l’échéance présidentielle de 2012. Sachons nous en saisir, nous rassembler pour fêter la République de la meilleure manière qui soit: en appelant nos concitoyennes et concitoyens à faire respecter ses valeurs, aujourd’hui et demain.
    ****
    ****

    Oui, celle du 14 juillet 1789 !!!
    Bonne semaine à tous et à toutes…

    • Xiao Zheng He Ouallonsnous ? Says:

      Merci de cette réponse clairvoyante shana23jfw, car nôtre situation actuelle découle effectivement de l’abandon du respect et de l’application des principes fondateurs de notre République !

      Toutes résurgences des théories sociétales d’illuminés irresponsables, essayées briévement jadis et ayant échouées sont à écarter au même titre que les tentatives de nous subjuguer des néos-clonialismes actuels !

  2. Signalons le carcan terrible que sont les accords de l’agcs (http://guerre.libreinfo.org/controle-populations/traites/70-agcs.html) qui obligent toutes les entités publiques à suivre des règles particulières de « mise en concurrence ». Ces accords règlent une bonne part de notre vie quotidienne. Ils s’imposent au niveau local et empêchent, par exemple, une commune de privilégier des fournisseurs locaux… A connaître!!!

    Encourager les responsables locaux à rejoindre les « Zones Hors AGCS » me semble important (même si c’est plutôt d’ordre symbolique, les accords s’appliquant à tous) et un premier pas pour retrouver une certaine autonomie au niveau local. (http://www.agcs-gats.org/ ou http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article8694 ), premier pas parmi tant d’autres…..

    • oui, bien sûr, mais tout cela n’entraîne que des conflits bureaucratiques qui à terme profitent toujours au système en place !
      Il faut sortir, en terminer avec toute cette fumisterie et bâtir en autogestion complète.

      Il n’y a pas de solutions au sein du système !

      • Je suis entièrement d’accord avec vous, je spécifiais simplement qu’il n’est presque pas possible de « faire du local » ou de l’autogestion dans le cadre actuel (AGCS oblige, AGCS qui répond au post shana23jfw). Le bouleversement doit donc être total et en attendant, pourquoi ne pas sensibiliser population et élus à ces problématiques en s’appuyant sur des choses déjà créées et des mouvements existant (genre commune sans AGCS et bien d’autres)?

        @Xiao Zheng He Ouallonsnous : de nombreuses personnes ont déjà réfléchi à ces problématiques. Seuls les penseurs anarchistes offrent des solutions basées sur l’intelligence pour la liberté et le bien-être de tous. Vous êtes libres de militer pour le NOM et ce qu’il vous apporte mais amenez des arguments. Merci.

        Liberté pour tous, bien être pour tous, rien par la contrainte, tout par le libre consentement éclairé!!!

        • Malheureusement on ne peut pas faire du neuf avec du vieux !… Il est impossible que les structures étatiques et financières existantes deviennent les leviers de la société égalitaire et progressiste que l’humanité désire plus que tout. L’État et toute institution concomitante ne font pas partie des solutions mais des problèmes.
          Nous vivons depuis des siècles sous le régime de la dictature de la minorité privilégiée qui a utilisée plusieurs formes de contrôle des populations, des plus drastiques à la plus mielleuse: la « démocratie » représentative inepte.

          Notre réponse à Xiao contient quelques liens que nous pensons essentiels pour obtenir une vue d’ensemble de la situation.
          L’étude de l’Histoire hors du prisme propagandiste étatiste et oligarchique est le fondement cognitif pour un renouveau social véritablement progressiste. La manipulation de l’Histoire a des fins politiques a atteint des summum… historiques. La falsification constante pour la justification du consensus du statu quo est à son paroxysme et débouche sur ce dont Orwell nous avait pourtant bien mis en garde contre.

          Il est absolument effarant de constater à quel point des gens comme Kropotkine et Bakounine étaient des visionnaires. Apprendra t’on jamais un jour ?

  3. shana23jfw Says:

    Je travaillai en fac jusqu’au 31 mai, à la retraite depuis le 1er juin, j’étais contractuelle de l’Etat, pas fonctionnaire.
    Je peux vous dire que toutes les commandes qui sont faites, nous devons les faire obligatoirement avec des entreprises qui ont le marché avec l’Etat.
    Nous n’avons pas le droit de commander ailleurs, sinon la commande était refusée.
    Même si c’est 2 ou 3 fois +++ cher que si on achetait par exemple un ordinateur dernier modèle ultra sophistiqué chez DARTY qui était à 6 km.
    Cherchez l’erreur!
    A croire que les entreprises qui obtiennent les marchés paient les personnes qui s’occupent d’avoir ces marchés… !
    Voilà où passe l’argent public…!

    • Bien sûr,

      le principe de cooptage. Les monopoles des contrats, les copains de mes copains… N’oublions jamais que tous les élus et l’état en général passent leur vie à renvoyer les ascenceurs à ceux qui les ont mis là où ils sont. Corruption, coercition, mensonge et abus de pouvoir sont autant de mamelles nourricières pour ces parasites pseudo-légaux. Le système est bien au-delà de toute rédemption.
      Nous arrivons à une phase historique de transition. L’État et les institutions capitalistes doivent disparaître, c’est un fait.. Cela se passera t’il simplement ou plus difficilement ?… et surtout, les peuples souverains retrouvant leur souveraineté pourront-ils se garder des nouveaux parasitismes larvés ?… tant que les peuples délègueront leur pouvoir souverain de gouverner pour et par eux-mèmes, corruption, oligarchie et oppression règneront, ce n’est qu’une question de temps.

      Il fait abolir tout cela et faire place à la société autogérée en fédération volontaire. L’Idée fait son chemin une fois de plus. C’est la voie de la sagesse et de la paix socio-politique.

    • P.S: nous vous souhaitons une heureuse retraite, profitez-en et continuez à éveiller les esprits autour de vous !
      fraternellement

      R71

  4. Xiao Zheng He Ouallonsnous ? Says:

    Je ne vois pas où vous voulez en arriver avec l’auto gestion jointe au modèle anarchiste, ou plutôt si, vous arriverez plus vite au chaos, que les entreprises du NOM anglo-USraélien !

    • Bonjour Xiao,

      L’autogestion EST le modèle anarchiste, elle n’est pas « jointe »… Il est de l’intérêt de tout pouvoir (monarchique, républicain, fasciste, fasciste rouge appelé parfois communisme autoritaire d’état…) de vilipender et de calomnier les concepts de la société libertaire (anarchiste), car leurs intervenants savent que cela signifie la fin immédiate de leurs privilèges.
      Il est important d’étudier l’histoire en dehors du prisme propagandiste étatique pour se rendre à certaines évidences.
      Nous vous en livrons ici quelques unes, mais le mieux serait de les remettre dans leur contexte cognitif afin d’avoir la vision d’ensemble, Pour ce faire nous vous mettons les liens correspondants.
      N’y voyez aucune volonté de « conversion », simplement une opportunité de mieux reconsidérer certains concepts sous un angle différent.

      « Quel rôle l’autorité ou le gouvernement ont-ils joué dans cet effort d’amélioration, d’invention et de découverte ? Aucun, ou plutôt aucun qui soit positif. C’est toujours l’individu qui accomplit le miracle, généralement en dépit des interdictions, des persécutions et de l’intervention de l’autorité, tant humaine que divine. »

      « La pensée humaine a toujours été faussée par les traditions, les coutumes, l’éducation trompeuse et inique, dispensées pour servir les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir et jouissent de privilèges; autrement dit, par l’État et les classes possédantes. Ce conflit incessant a dominé l’histoire de l’humanité. »

      « Le constitutionnalisme et la démocratie sont les formes modernes de ce consentement prétendu, inoculé par ce qu’on appelle «éducation», véritable endoctrinement public et privé.

      « Le peuple consent parce qu’on le persuade de la nécessité de l’autorité ; on lui inculque l’idée que l’homme est mauvais, virulent et trop incompétent pour savoir ce qui est bon pour lui. C’est l’idée fondamentale de tout gouvernement et de toute oppression. Dieu et l’État n’existent et ne sont soutenus que par cette doctrine. »

      « L’État, le gouvernement, quels qu’en soient la forme, le caractère, qu’il soit autoritaire ou constitutionnel, monarchique ou républicain fasciste, nazi ou bolchevik, est de par sa nature même conservateur, statique, intolérant et opposé au changement. S’il évolue parfois positivement c’est que, soumis à des pressions suffisamment fortes, il est obligé d’opérer le changement qu’on lui impose, pacifiquement parfois, brutalement le plus souvent, c’est-à-dire par les moyens révolutionnaires. De plus, le conservatisme inhérent à l’autorité sous toutes ses formes devient inévitablement réactionnaire. »
      (citations d’Emma Goldman dans « L’individu la société et l’État » – 1940 – lien du texte en français: http://kropot.free.fr/Goldman-IndSocetat.htm

      Autres extraits d’un autre texte en référence ci-dessous:

      « Eh bien, non, je n’oublie rien. Mais, comme Léo et Botta, — les deux historiens de l’Italie médiévale, — comme Sismondi, comme Ferrari, Gino Capponi et tant d’autres, je vois que ces luttes furent la garantie même de la vie libre dans la cité libre. J’aperçois un renouveau, un nouvel élan vers le progrès après chacune de ces luttes. Après avoir raconté en détail ces luttes et ces conflits, et après avoir mesuré aussi l’immensité des progrès réalisés pendant que ces luttes ensanglantaient la rue, — le bien-être assuré à tous les habitants, la civilisation renouvelée, — Léo et Botta concluaient par cette pensée si juste, qui me revient fréquemment à l’idée ; je voudrais la voir gravée dans l’esprit de chaque révolutionnaire moderne :

      «Une commune, disaient-ils, ne présente l’image d’un tout moral, ne se montre universelle dans sa manière d’être, comme l’esprit humain lui-même, que lorsqu’elle a admis en elle le conflit, l’opposition.»

      Oui, le conflit, librement débattu, sans qu’un pouvoir extérieur, l’État, vienne jeter son immense poids sans la balance, en faveur d’une des forces qui sont en lutte.

      Comme ces deux auteurs, je pense aussi que l’on a causé souvent «beaucoup plus de maux en imposantla paix, parce que l’on alliait ensemble des choses contraires, en voulant créer un ordre politique général, et en sacrifiant les individualités et les petits organismes, pour les absorber dans un vaste corps sans couleur et sans vie. »

      Voilà pourquoi les communes, — tant qu’elles ne cherchèrent pas elles-mêmes à devenir des États et à imposer autour d’elles «la soumission dans un vaste corps sans couleur et sans vie» — voilà pourquoi elle grandissaient, sortaient rajeunies de chaque lutte et florissaient au cliquetis des armes dans la rue ; tandis que, deux siècles plus tard, cette même civilisation s’effondrait au bruit des guerres enfantées par les États.

      Dans la commune, la lutte était pour la conquête et le maintien de la liberté de l’individu, pour le principe fédératif, pour le droit de s’unir et d’agir ; tandis que les guerres des États avaient pour but d’anéantir ces libertés, de soumettre l’individu, d’annihiler la libre entente, d’unir les hommes dans une même servitude vis-à-vis le roi, le juge, le prêtre, — l’État.

      Là gît toute la différence. Il y a les luttes et les conflits qui tuent. Et il y a ceux qui lancent l’humanité en avant. »

      « Et enfin, ce qui est pire que tout ce que je viens d’énumérer, c’est que l’éducation que nous recevons tous de l’État, à l’école et plus tard, a tellement vicié nos cerveaux que la notion même de liberté finit par s’égarer, se travestir en servitude.
      Triste spectacle que de voir ceux qui se croient révolutionnaires vouer leurs haines les plus profondes à l’anarchiste — parce que les conceptions de celui-ci sur la liberté dépassent leurs conceptions mesquines et étroites de la liberté, apprises à l’école étatiste. Et cependant, ce spectacle est un fait.
      La philosophie libertaire est étouffée par la pseudo-philosophie romano-catholique de l’État. L’histoire est viciée dès sa première page où elle ment en parlant des royautés mérovingienne et carolingienne, jusqu’à sa dernière page où elle glorifie le jacobinisme et ne veut pas connaître le peuple dans son oeuvre propre de création des institutions. Les sciences naturelles sont perverties pour être mises au service de la double idole, Église-État. La psychologie de l’individu, et encore plus celle des sociétés, sont falsifiées dans chacune de leurs assertions pour justifier la triple alliance du soldat, du prêtre et du bourreau. La morale, enfin, après avoir prêché pendant des siècles l’obéissance à l’Église, ou au livre, ne s’en émancipe aujourd’hui que pour prêcher la servitude envers l’État. — «Point d’obligations morales directes envers ton voisin, point même de sentiment de solidarité ; toutes tes obligations sont envers l’État» nous dit-on, nous enseigne-t-on dans ce nouveau culte de la vieille divinité romaine et césarienne. «Le voisin, le camarade, le compagnon — oublie-les.» Tu ne les connaîtras plus que par l’intermédiaire d’un organe de ton État. Et tous vous vous ferez une vertu de lui être également asservis. »

      « Mais après un échec si complet, en face d’une expérience si piteuse, on s’obstine à nous dire que la conquête des pouvoirs dans l’État, par le peuple, suffira pour accomplir la révolution sociale ! — que la vieille machine, le vieil organisme, lentement élaboré au cours de l’histoire pour broyer la liberté, pour écraser l’individu, pour asseoir l’oppression sur une base légale, pour égarer le cerveau en l’habituant à la servitude — se prêtera à merveille à de nouvelles fonctions ; qu’elle deviendra l’instrument, le cadre pour faire germer une vie nouvelle, pour asseoir la liberté et l’égalité sur des bases économiques, pour réveiller la société et marcher à la conquête d’un meilleur avenir !…

      Quelle immense erreur !

      Pour donner libre essor au socialisme, il s’agit de reconstruire de fond en comble une société, basée aujourd’hui sur l’étroit individualisme du boutiquier. Il s’agit, non seulement — comme on l’a dit quelquefois en se plaisant dans la vague métaphysique — de remettre au travailleur «le produit intégral de son travail» ; mais il s’agit de refaire en entier tous les rapports, depuis ceux qui existent aujourd’hui entre chaque individu et son marguillier ou son chef de gare, jusqu’à ceux qui existent entre métiers, hameaux, cités et régions. Dans chaque rue et dans chaque hameau, dans chaque groupe d’hommes réunis autour d’une usine ou le long d’une voie ferrée, il faut réveiller l’esprit créatif, constructeur, organisateur, afin de reconstruire toute la vie — à l’usine, sur le chemin de fer, au village, au magasin, dans l’approvisionnement, dans la production, dans la distribution. Tous les rapports entre individus et entre les agglomérations humaines sont à refaire, du jour même, du moment même où l’on touchera à l’organisation actuelle, commerciale ou administrative.

      Et l’on veut que ce travail immense, qui demande l’exercice libre du génie populaire, se fasse dans les cadres de l’État, dans l’échelle pyramidale de l’organisation qui fait l’essence de l’État ! On veut que l’État, dont nous avons vu la raison d’être dans l’écrasement de l’individu, dans la haine de l’initiative, dans le triomphe d’uneidée qui doit forcément être celle de la médiocrité, devienne le levier pour accomplir cette immense transformation !… On veut gouverner le renouveau d’une société à coups de décrets et de majorités électorales…

      Quel enfantillage !

      A travers toute l’histoire de notre civilisation, deux traditions, deux tendances opposées, se sont trouvées en présence : la tradition romaine et la tradition populaire ; la tradition impériale et la tradition fédéraliste ; la tradition autoritaire et la tradition libertaire.

      Et de nouveau, à la veille de la révolution sociale, ces deux traditions se trouvent face à face.

      Entre ces deux courants, toujours vivants, toujours en lutte dans l’humanité, — le courant par le peuple et le courant des minorités assoiffées de domination politique et religieuse — notre choix est fait.

      Nous reprenons celui qui poussa les hommes, au XIIè siècle, à s’organiser sur les bases de la libre entente, de la libre initiative de l’individu, de la libre fédération des intéressés. Et nous laissons les autres se cramponner à la tradition impériale, romaine et canonique. »

      Extraits de « L’État et son rôle historique » de Pierre Kropotkine (1906), texte essentiel qui étudie scientifiquement l’Histoire de l’Europe pour conclure sur l’évidence de la libre fédération des communes libertaires autogérées comme seul modèle social viable pour l’Humanité.
      Lien du texte en français: http://kropot.free.fr/Kropotkine-Etat.htm

      Ces textes sont certes un peu long, mais Ô combien importants et d’une telle actualité que cela en est même époustouflant !

  5. Xiao Zheng He Ouallonsnous ? Says:

    L’argument est implicite dans mon commentaire @Tanguy, il est que l’anarchisme est comme ce que nous améneras le NOM si nous laissons faire !

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