Archive pour mai, 2011

Impérialisme fou: le petit césar Obama insulte notre intelligence…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, terrorisme d'état with tags , , , , , on 27 mai 2011 by Résistance 71

Bienvenus dans le monde violent du gentil Mr Espoir Changement

 

Le 26 Mai 2011

Par John Pilger

 

Url de l’article original: http://www.johnpilger.com/articles/welcome-to-the-violent-world-of-mr-hopey-changey

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Quand le Royaume-Uni perdît le contrôle de l’Egypte en 1956, le premier ministre d’alors Anthony Eden dit qu’il voulait le président nationaliste Gamal Adbdel Nasser “détruit… assassiné.. je me fous s’il y a l’anarchie et le chaos en Egypte.” Ces Arabes insolents, avaient insisté Winston Churchill en 1951, devraient “être remis dans les égoûts d’où ils n’auraient jamais dû émerger.”

Le langage du colonialisme a peut-être été modifié, mais l’esprit et l’hypocrisie demeurent inchangés. Une nouvelle phase impérialiste se déroule en réponse directe à la révolte arabe qui a commencée en Janvier et qui a choquée Washington et l’Europe, causant une panique du style d’Eden. La perte du tyran Moubarak fut pénible, mais pas sans consolation; une contre-révolution appuyée par les Etats-Unis est en cours, alors que le régime militaire du Caire est séduit par de nouveaux pots-de vin et le pouvoir glisse de la rue vers des groupes politiques qui n’ont rien fait pour déclencher la révolution. Le but de l’occident, comme toujours, est d’arrêter l’authentique démocratie  et regagner le contrôle.

La Libye est l’opportunité immédiate. L’attaque de l’OTAN sur la Libye, avec la couverture du conseil de sécurité de l’ONU qui a mandaté une “zone d’exclusion aérienne” bidon pour “protéger les civils”, est extrêmement ressemblante à la destruction finale de la Yougoslavie en 1999. Il n’y a pas eu de couverture de l’ONU pour le bombardement de la Serbie et le “sauvetage” du Kosovo, toujours est-il que la propagande résonne en écho aujourd’hui. Tout comme Slobodan Milosevic, Mouammar Kadhafi est le “nouvel Hitler”, planifiant un “génocide” contre son propre peuple. Il n’y a aucune preuve de cela, tout comme il n’y a pas eu de génocide au Kosovo. En Libye, c’est une guerre civile tribale, et le soulèvement armé contre Kadhafi a été assujetti il y a longtemps par les Américians, les Français et les Britanniques; leurs avions attaquant les zones résidentielles de Tripoli avec des missiles à pointes d’uranium appauvri et les sous-marins HMS Triumph, tirant des missiles de croisières Tomahawk en une répétition du “choc et stupeur” de l’Irak qui a laissé des milliers de civils morts et estropiés. Comme en Irak, les victimes, qui incluent un nombre indéterminé de militaires conscrits libyens incinérés, sont des non-humains pour les médias.

Dans l’Est “rebelle”, terroriser et tuer des immigrants africains noirs n’est pas une nouvelle de presse. Le 22 Mai, un rare article dans le Washington Post décrivit la répression, le non-droit et les escadrons de la mort dans les “zones libérées”, alors que la patronne des affaires étrangères de l’union Eurpéenne, Catherine Ashton, déclara qu’elle n’avait trouvé “que de grandes aspirations” et des “qualités de leadership”. En démontrant ces qualités, Mustafa Abdel Jalil, le “chef des rebelles” et ministre de la justice de Kadhafi jusqu’en Février a soutenu “Nos amis auront les meilleures opportunités dans les futurs contrats avec la Libye.” L’Est possède la plupart du pétrole de la Libye et les plus grosses réserves d’Afrique. En Mars, les rebelles, sous expertise étrangère, ont “transféré” à Benghazi la banque centrale libyenne, une institution complètement gouvernementale. Ceci est absolument sans précédent. Dans le même temps, les Etats-Unis et l’Europe gelaient près de 100 milliards de dollars des fonds libyens, “la somme la plus important jamais bloquée”, d’après un rapport officiel. Ceci constitue le plus gros braquage de banque de l’Histoire.

L’élite française est une bande de bombardiers et de voleurs enthousiastes. Le plan impérial de Sarkozy est en faveur d’une Union Méditerranéenne sous domination française, ce qui permetteait à la France de “retourner” dans ses ex-colonies d’Afrique du Nord et profiter d’investissemetns privilégiés et de main d’œuvre extrêmement bon marché. Kadhafi a qualifié le plan de Sarkozy “d’insulte” qui “nous prend pour des idiots”. Le gouvernement Merkel acquiesça de peur que son vieux rival ne diminue l’influence de l’Allemagne dans l’Union Européenne, et s’abstint au vote du conseil de sécurité au sujet de la Libye.

Tout comme l’attaque sur la Yougoslavie et  la plaisanterie du procès de Milosevic, la cour internationale est utilisée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour accuser Kadhafi, tandis que ses multiples offres de cesser-le-feu sont ignorées. Kadhafi est un mauvais Arabe. Le gouvernement de Cameron et ses généraux veulent éliminer ce mauvais Arabe, tout comme l’administration Obama a tué un autre fameux mauvais arabe récemment au Pakistan. Le prince régnant du Bahreïn par contre lui est un bon Arabe. Le 19 Mai, il fut reçu en grandes pompes en Grande-Bretagne avec photo au 10 Downing Street (la résidence du premier ministre britannique, NdT). En Mars, le même prince fit massacrer des manifestants non armés et autorisa l’armée saoudienne à réprimer sauvagement le mouvement démocratique de son pays. L’administration Obama a récompensé l’Arabie Saoudite, un des régimes les plus répressifs sur Terre, avec un contrat d’armement de 60 milliards de dollars, le plus gros de l’histoire américaine. Les Saoudiens ont le plus de pétrole, ils sont les meilleurs Arabes.

L’assaut sur la Libye, un crime dans les standards de Nüremberg, est la 46ème intervention militaire britannique au Moyen-Orient depuis 1945. Tout comme ses partenaires impériaux, le but de la Grande-Bretagne est de contrôler le pétrole africain. Cameron n’est pas Anthony Eden, mais presque. Même école, même valeurs. Dans le système médiatique, les mots colonialisme et impérialisme ne sont plus utilisés, ainsi les cyniques et les crédules peuvent célébrer la violence d’état dans sa forme la plus délectable.

Et alors que “Mr gentil Espoir Changement” (le nom que Ted Rall, le grand caricaturiste américain a donné à Obama) est flagorné par l’élite britannique et lance une autre campagne électorale inbuvable, le règne de la terreur anglo-américain continue en Afghanistan et partout ailleurs, avec les meurtres de gens par des drones, une inovation israélo-américaine particulièrement favorisée par Obama. De fait, sur un bulletin de notes de la misère imposée, des procès et des prisons secrets, de la suppression des lanceurs d’alerte, de la criminalisation de la dissidence jusquà l’incarcération et l’appauvrissement des ses propres citoyens, pour la plupart noirs, Obama est aussi mauvais que Bush.

Les Palestiniens comprennent tout cela. Alors que leur jeunesse fait courageusement face à la violence du racisme de sang d’Israël, portant les clefs des maisons volées à leurs grands-parents, ils ne sont même pas inclus dans la liste de Mr gentil Espoir Changement des gens dont au Moyen-Orient le temps de la libération est depuis longtemps dû. Ce dont les oppressés ont besoin a t’il dit le 19 Mai, est d’une dose “des intérêts de l’Amérique qui sont essentiels pour eux.”.

Il nous insulte tous.

Résistance politique: l’empire est fou !

Posted in actualité, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social with tags , , , , on 27 mai 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici un communiqué de soutien au peuple vénézuélien publié par l’association « Les Amis du Vénézuéla » et qui relaie une information qui n’a fait bien entendu aucune « une » de la presse de masse à la botte de l’impérialisme fasciste tant outre Atlantique qu’en Europe…

L’empire comme tous ceux avant lui, est devenu fou… C’est une constante historique, juste une question de temps. La chute de l’oligarchie psychopathe et criminelle de wall street est proche, le compte à rebours est déclenché… Les peuples prévaudront !

~ Traduit par Résistance 71 ~

Nous rejettons les sanctions des Etats-Unis contre le vénézuela

Par Les Amis du Vénézuela

 “Les amis, si vous ête citoyens/résidents des Etats-Unis, nous vous serions grés de bien vouloir signer cette déclaration rejettant les sanctions unilatérales imposées  ce Mardi contre le Vénézuela par le département d’état états-unien. Ceci représente une action grave de Washington pour justifier de toujours plus d’agression à l’en contre du peuple vénézuélien. Nous avons besoin de votre solidarité. Veuillez me dire si vous ou votre organisation désirez signer la déclaration ci-dessous. (Español abajo).  Gracias!! »— — Eva Golinger

Le Mardi 24 Mai 2011, le département d’état des Etats-Unis d’Amérique a imposé des sanctions unilatérales contre la compagnie pétrolière de l’état vénézuélien, Petróleos de Venezuela, S.A (PDVSA), pour ses relations supposées avec le gouvernement d’Iran. Ces sanctions sont une tentative faible et désespérée de lier le Vénézuéla au programme nucléaire énergétique iranien comme partie intégrante d’une campagne actuelle pour justifier une action agressive contre cette nation sud-américaine productrice de pétrole.

En tant que citoyens des Etats-Unis, nous rejettons unéquivoquement cette dernière tentative de notre administration pour démoniser le gouvernement vénézuélien et miner la démocratie vibrante du peuple du Vénézuéla. Le gouvernement vénézuélien d’Hugo Chavez a déjà été victime d’un coup d’état en 2002, fomenté par Washington, qui enleva brièvement le président du pouvoir. Fort heureusement pour la santé de la démocratie vénézuélienne, le peuple s’est battu, a sauvé son président et a réinstoré l’ordre constitutionnel. Depuis, les Etats-Unis sont seuls à supporter leur hostilité contre le gouvernement démocratiquement élu du Vénézuéla.

Le gouvernement d’Hugo Chavez a utilisé la richesse issue du pétrole pour investir lourdement dans le bien-être de son peuple. A l’heure actuelle, plus de 60% des profits issus de l’exportation de pétrole sont dirigés vers des programmes cociaux au Vénézuéla, ceci incluant une totale sécurité sociale, enseignement gratuit, formation professionnelle, média de communauté, organisations de terrain et des prix de logement et de nourriture subventionnés. Les résultats sont notoires. La pauvreté au Vénézuéla a été réduite de plus de 50% durant l’administration Chavez, l’analphabétisme a été éliminé et une éducation et des soins médicaux sont gratuits et accessibles à tous. Ces politiques de justice sociale se sont étendues bien au-delà des frontières du Vénézuéla, jusqu’aux Etats-Unis mêmes, par des programmes qui suppléent du fuel domestique de chauffage gratuit, très bon marché ou subventionné aux communautés à bas revenus, aux populations indigènes et aux foyers de sans-abris à travers la nation.

Plus de 250 000 citoyens américains dans 25 états plus le District de Colombia (Washington D.C, NdT), ont bénéficié à ce jour du programme de fuel domestique subventionné du gouvernement, qui est géré par la branche de PDVSA aux Etats-Unis, CITGO. Aucune autre compagnie au monde, incluant les compagnies pétrolières américaines, n’a offert d’aider les familles à bas revenus qui souffent de l’inflation des prix du fuel domestique pour se chauffer ces six dernières années, mis à part CITGO. La solidarité du Vénézuéla avec le peuple des Etats-Unis a permis à des milliers de familles se survivre ces temps économiques très difficiles.

Nous trouvons révoltant que le gouvernemrent des Etats-Unis tente de démoniser la seule compagnie et le seul pays, qui ont été présents pour aider nos communautés en plaçant les gens avant les profits. Nous appelons à nos représentants à Washington de suspendre immédiatement ces sanctions contre le Vénézuéla.

Les amis du Vénézuéla

* * *

Rechazamos las sanciones de Estados Unidos contra Venezuela

El martes, 24 de mayo de 2011, el Departamento de Estado de Estados Unidos unilateralmente impuso sanciones contra la empresa estatal de Venezuela, Petróleos de Venezuela, S.A. (PDVSA), por sus supuestas relaciones con el gobierno de Irán.  Estas sanciones son un intento desesperado y débil de vincular a Venezuela con el programa de energía nuclear de Irán, como parte de una campaña continua para justificar más acción agresiva contra la nación suramericana.

Como ciudadanos de Estados Unidos, rechazamos contundentemente este último intento de nuestra administración de satanizar al gobierno de Venezuela y socavar la vibrante democracia del pueblo venezolano.  El gobierno de Hugo Chávez ya ha sido víctima de un golpe de estado en 2002, apoyado por Washington, que brevemente sacó al Presidente del poder.  Afortunadamente para la salud de la democracia venezolana, el pueblo luchó, rescató su Presidente y reinstaló el orden constitucional.  En aquel momento, como hoy, el gobierno de Estados Unidos estuvo solo en su apoyo para las hostilidades contra el gobierno democráticamente electo de Venezuela.

El gobierno de Hugo Chávez ha usado su riqueza petrolera para invertir masivamente en el mejoramiento del bienestar de su pueblo.  Actualmente, más de 60% de las ganancias petroleras son dirigidas hacia programas sociales en Venezuela, incluyendo la atención médica gratuita, educación, trabajo, medios comunitarios, organizaciones comunitarias, y comida y viviendas subsidiadas.  Y los resultados son notables.  La pobreza en Venezuela ha sido reducido en más de 50% durante la administración de Chávez, el analfabetismo ha sido erradicado, y ahora hay acceso para todos a la educación y atención médica gratuita.  Éstas políticas de justicia social se han extendido más allá de las fronteras venezolanas hasta los Estados unidos, a través de programas que suministran aceite para calefacción gratis o con descuentos a comunidades de bajos recursos, tribus de nativos estadounidenses y albergues para personas sin vivienda o en situación de indigencia por toda la nación.

Más de 250 mil estadounidenses en 25 estados y el Distrito de Columbia han sido beneficiados hasta hoy a través de este programa de aceite para calefacción, gratis o con descuentos, del gobierno venezolano, lo cual se maneja a través del subsidio de PDVSA en Estados Unidos: CITGO.  Ninguna otra empresa en el mundo — incluyendo empresas estadounidenses — ha ofrecido ayudar a las familias de bajos recursos en Estados Unidos que sufren de los costos inflados del aceite para calefacción, con la excepción de CITGO.  La solidaridad de Venezuela con el pueblo de Estados Unidos ha ayudado a miles de familias sobrevivir estos tiempos difíciles.

Nos indigna que el gobierno de Estados Unidos intente satanizar la única empresa, y el único país, que ha estado allí apoyando a nuestros vecinos, poniendo a las necesidades del pueblo antes de las ganancias.  Y llamamos a nuestros representantes en Washington a que suspendan inmediatamente estas sanciones contra Venezuela.

Amigos de Venezuela

Nouvel Ordre Mondial et l’élimination de Dominique Strauss-Kahn

Posted in actualité, politique française with tags , , , , , on 26 mai 2011 by Résistance 71

Obama, la guerre financière et l’élimination de DSK

 

par Thierry Meyssan*

 

Url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article170056.html

 

On ne peut comprendre la chute de Dominique Strauss-Kahn sans la replacer dans le contexte du projet qu’il incarnait de création d’une nouvelle monnaie de réserve internationale prévue pour aujourd’hui 26 mai 2011. Un projet paradoxalement attendu par les États émergents tout autant que par la finance apatride, mais refusé par le complexe militaro industriel israélo-états-unien. Thierry Meyssan lève le voile sur le coup-fourré de l’administration Obama pour ne pas tenir ses engagements.

26 MAI 2011

Les Français ont assisté avec stupeur à l’arrestation aux États- Unis du leader politique le plus populaire chez eux, Dominique Strauss-Kahn. Ancien ministre de l’Économie, l’homme était devenu le haut fonctionnaire le mieux payé au monde (salaire de base annuel, hors primes et frais : 461 510 USD) et s’apprêtait, disait-on, à briguer la présidence de la République. Cette personnalité chaleureuse, connue pour son appétit à table et au lit, parfois accusé de faire de la politique avec dilettantisme tant il aime prendre le temps de jouir de la vie, est accusée d’avoir violé précipitamment une femme de chambre dans un hôtel de Manhattan.

Pendant six jours, les Français sont restés vissés devant leurs écrans de télévision à regarder hébétés l’acharnement judiciaire contre un homme qu’ils s’étaient habitués à considérer comme un recours possible après le catastrophique quinquennat de Nicolas Sarkozy. Sa chute était aussi la fin de leurs illusions.

Le spectacle de ce destin brisé tient de la tragédie antique. Le dicton romain « Arx tarpeia Capitoli proxima » revient sur les lèvres : la roche tarpeïenne d’où les condamnés à mort étaient précipités dans le vide était si proche du Capitole, lieu symbolique du pouvoir et des honneurs.

Indépendamment de toute considération sur son innocence ou sa culpabilité, le broyage d’une si haute personnalité ne peut que provoquer l’angoisse chez le simple citoyen : si celui-là ne parvient pas à se défendre, alors comment pourrions-nous espérer le faire si nous étions accusés comme lui ?

L’ascension et la chute

Cependant les Français étant un peuple politisé, nourri des leçons de Machiavel sans jamais l’avoir lu, n’ont pas tardé à s’interroger sur le bien-fondé de l’accusation portée contre leur concitoyen,

DSK. À 57 %, selon des sondages d’opinion, ils n’ont pas cru cette histoire de rut que les médias états-uniens se délectent à raconter. Les uns se sont mis à imaginer les scenari possibles de manipulation, tandis que les autres se demandaient « Cui bono ? » (À qui profite le crime ?).

À ce jeu là, le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Nicolas Sarkozy. Comment ne pas y penser lorsque l’on se souvient qu’il est devenu président en portant plainte contre son principal rival, Dominique de Villepin, et en l’empêtrant dans une affaire toute aussi rocambolesque de faux documents. Alors, pourquoi pas un nouveau complot pour écarter un nouveau concurrent ?

Et peu importe que les deux hommes aient eu besoin l’un de l’autre pour préparer les prochains sommets internationaux, ni qu’ils aient été tous deux inféodés au suzerain états-unien. On sait bien que les pires crimes exigent le sang des amis ou mieux des parents.

Au demeurant, les Français ignorent les attaches de DSK [1], comme ils ignoraient celles de Nicolas Sarkozy lorsqu’ils l’ont élu [2]. Jamais la presse ne les a informés que, dans les années 90, au cours de sa traversée politique du désert, il avait été engagé comme professeur à l’université de Stanford par une certaine… Condoleezza Rice. Ils ne savent pas non plus que lui et ses lieutenants Pierre Moscovici et Jean-Chrisophe Cambadélis furent chargé du financement du Parti socialiste et de la Fondation Jean-Jaurès par la National Endowment for Democracy —façade légale de la CIA [3]—. Ils n’ont pas suivi ses nombreux travaux et contrats avec les think tanks atlantistes, le German Marshall Fund of the United States [4] ou le Groupe de Bilderberg [5].      En      définitive,      ils      ne      savent      rien      de son engagement pour l’intégration de la France et de l’Europe au sein d’un grand marché transatlantique dominé par les États-Unis.

Les Français n’en savent pas plus sur ses liens étroits avec Israël. Il pilote au sein du Parti socialiste le Cercle Léon Blum, du nom d’un ancien Premier ministre juif. Ce discret et puissant lobby veille à écarter de la scène politique tout individu qui contesterait le projet sioniste. Ainsi fait-il tomber des têtes, comme celle du politologue Pascal Boniface qui soulignait le caractère électoralement contre-productif d’un soutien à Tel-Aviv dans un pays où 10 % de la population est de culture arabe. DSK ne se cache pourtant pas. Il déclare sans ambage : « Je considère que tout juif de la diaspora et de France doit apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël. » Bizarre pour quelqu’un qui brigue la présidence française. Peu importe, il est si jovial.

Néanmoins, rien n’aura été épargné à Dominique Strauss-Khan et à ceux qui l’aiment : pendant qu’il était placé en garde à vue, puis en détention préventive, sans jamais avoir l’occasion de s’exprimer, le procureur de New York faisait distribuer aux médias un acte d’accusation détaillé.

On peut y lire le descriptif froidement clinique du crime imputé : « L’accusé a tenté d’avoir, par la force, une relation sexuelle anale et orale avec un tiers ; l’accusé a tenté par la force d’avoir des rapports vaginaux avec un tiers ; l’accusé a forcé un tiers à un contact sexuel ; l’accusé a séquestré un tiers : l’accusé a obligé un tiers à un contact sexuel sans son consentement ; l’accusé a de façon intentionnelle et sans raison légitime touché les parties génitales et autres parties intimes d’un tiers dans le but d’avilir cette personne et d’abuser d’elle, et dans le but d’assouvir le désir sexuel de l’accusé.

Ces délits ont été commis dans les circonstances suivantes : le soussigné déclare avoir été informé par une personne connue des services du procureur que l’accusé 1) a fermé la porte de la pièce et a empêché la plaignante de quitter cette pièce ; 2) s’est saisi de la poitrine de la plaignante sans son consentement ; 3) a tenté de retirer de force le collant de cette personne et de toucher ses parties génitales de force ; 4) a forcé la bouche de la plaignante à toucher son pénis à deux reprises ; 5) a pu commettre ces actes en utilisant sa force physique. »

Tout cela étalé des jours durant au journal de 20h, avec moult détails, sous les yeux écarquillés de parents rentrant du travail, et devant des enfants effarés baissant leur nez sur leur assiette de potage.

Le choc culturel

On ne sait qui est le plus traumatisé : le brillant économiste qui devait sauver l’humanité de la crise financière et se trouve soudain ravalé au rang d’infâme criminel, ou le peuple qui aspirait au repos et envisageait de le choisir pour chef, et se voit contraint d’observer une fois de plus la violence des États-Unis.

À ce sujet, les Français cherchent des excuses au système judiciaire anglo-saxon qu’ils découvrent. Certes, ils avaient déjà vu cette parodie de justice dans des séries télévisées, mais ils n’avaient jamais cru que cela exista pour de vrai. Et du système extra-judiciaire, de Guantanamo et des prisons secrètes, ils n’ont jamais rien voulu savoir. Quelques commentateurs ont tenté d’expliquer la dureté de la police et du premier juge comme une volonté de traiter à égalité les puissants et les faibles. Ils ont pourtant tous lu les travaux d’illustres sociologues montrant que dans ce système inique l’argent est roi, et la justice est de classe.

Les Français ont aussi accepté sans broncher les reproches de la presse anglo-saxonne. Tout cela est la faute de la presse française, pouvait-on lire, qui n’a pas enquêté sur la vie sexuelle débridée de M. Strauss-Kahn au nom du respect de sa vie privée. Pourtant, poursuivent les puritains, celui qui séduit ostensiblement les femmes, voire les presse, parfois les bouscule, est un violeur potentiel. « Qui vole un œuf, vole un bœuf ! ». En

couverture, Time Magazine représente DSK et ceux qui lui ressemblent sous la forme d’un cochon. Nul n’a relevé que l’accusé était directeur du FMI et vivait à Washington depuis 3 ans sans que la presse anglo-saxonne donneuse de leçon ait, elle, enquêté sur ses supposés vices cachés.

L’accusation ayant ouvert le soupçon, chacun se souvient —mais un peu tard— qu’en 2002 DSK avait tenté de forcer une belle journaliste, Tristane Banon. Lorsqu’elle lui avait demandé un entretien, il l’avait invitée dans un appartement particulier, situé dans le quartier historique du Marais à Paris. Il avait accueilli la jeune femme dans un grand loft, dénué de tout meuble, excepté un grand lit. Et comme la belle ne cédait pas au libertin, il l’avait frappée.

Peut-être à New York, cette violence avait-elle submergé le galant homme et l’avait-elle transformé en criminel ?

Rien ne permet de l’imaginer, d’autant que DSK n’est pas un célibataire frustré. Il est marié à une star de la télévision, Anne Sinclair, qui fut la journaliste préférée des Français avant d’abandonner son métier pour l’accompagner, lui, dans sa carrière. Les Français l’ont retrouvée au Tribunal lorsque Dominique Strauss-Kahn comparaissait, toujours aussi belle et volontaire, malgré les années de plus. Petite fille d’un grand marchand d’art, elle dispose d’une confortable fortune familiale. Sans hésiter, elle était venue de Paris pour payer un million de dollars de caution et offrir cinq millions de dollars de garanties bancaires supplémentaires. En cet instant, cette femme d’argent était prête à tout céder pour arracher son époux des mâchoires écrasantes de la justice états-unienne. Elle n’en était que plus admirable. C’est qu’elle ne lui faisait pas grief de ses incartades, elle qui aimait à l’accompagner à la Chandelle, un club échangiste parisien

DSK, le dindon de la farce.

Dans toute nation digne de ce nom, on n’aurait pas supporté de voir une personnalité qui était pressentie pour être élue président et incarner le pays apparaître menottée entre des sbires du FBI, jeté à l’arrière d’une voiture comme un malfrat, exhibé devant un tribunal sans avoir la possibilité de se raser. On aurait probablement fait le siège de l’ambassade US en chantant des hymnes patriotiques. Pas en France. On y admire trop les « Américains ». On les contemple comme le lapin hypnotisé par le serpent cobra. Et l’on a du mal à admettre que l’on n’est pas le centre du monde, que si complot il y a, il ne s’est pas tramé aux bords de la Seine, mais sur les rives du Potomac.

La séquestration

DSK est-il coupable de viol ou victime d’une machination ? Il suffit de réfléchir pour répondre à la question.

L’accusé aurait passé la nuit en compagnie d’une call-girl. Il aurait violé la femme de chambre au brunch matinal, puis se serait rendu paisiblement déjeuner avec sa fille, étudiante à Columbia University. Enfin, il aurait été prendre son avion réservé plusieurs jours à l’avance pour aller rencontrer la chancelière Angela Merkel à Berlin. C’est confortablement assis dans un avion d’Air France qu’il a été appréhendé, dix minutes avant le décollage.

Selon le personnel naviguant, les policiers de l’Unité spéciale pour les victimes (celle du feuilleton Law and Order SVU [6]) n’ont pas demandé à leurs homologues de l’aéroport de procéder à l’interpellation, mais ont tenu à la réaliser eux-mêmes malgré le risque d’arriver trop tard. Pour éviter que DSK ne soit prévenu, ils ont par contre demandé que l’on brouille les téléphones portables dans cette zone de l’aéroport le temps nécessaire à leur venue [7]. Or, un tel brouillage n’est pas de la compétence d’une brigade mondaine. Ceci est bien une affaire de sécurité nationale.

Lorsque le suspect a été placé en garde à vue, il a été coupé de tout contact extérieur, hormis avec ses avocats, ainsi que le prévoit le droit états-unien. Mais lorsque la juge Melissa Jackson l’a mis en détention provisoire, il a encore été coupéde l’extérieur. Sans raison. La détention avait-on expliqué est nécessaire car le prévenu pourrait fuir en France, Etat avec lequel Washington n’a pas conclu de traité d’extradition et qui a protégé un autre prévenu accusé de viol, le cinéaste Roman Polanski. Cette décision n’avait pas été prise pour isoler l’accusé et l’empêcher d’influencer des témoins. Cependant la juge avait décidé de le faire enfermer à Rikers Island, une des plus importantes prisons du monde avec 14 000 détenus, et l’une des plus sombres. Un enfer sur Terre. « Pour sa protection », on l’avait alors gratifié d’une chambre individuelle et mis au secret.

Au total, durant 10 jours, le directeur général du FMI a été séquestré. Pendant 10 jours, le fonctionnement de l’institution internationale a été bloqué faute de signature. Pendant 10 jours, les problèmes de l’euro et du dollar, la faillite de la Grèce, et bien d’autres enjeux ont été suspendus au bon vouloir de policiers, de juges et de matons.

Selon la jurisprudence états-unienne, DSK qui n’a pas d’antécédents judiciaires et qui est domicilié à Washington, n’aurait pas dû être placé en détention préventive, mais aurait dû bénéficier d’une liberté sous caution. Il a probablement vite analysé la situation. Par l’intermédiaire d’un de ses avocats, il a réussi à faire parvenir au FMI une lettre de démission. Le lendemain même, contre toute attente, un nouveau juge accédait à sa demande de remise en liberté surveillée. Il n’était en effet plus utile de le maintenir sous écrou puisque le FMI avait recouvré sa capacité à agir.

Christine Lagarde, ministre française de l’Économie qui a fait carrière aux États-Unis en défendant les intérêts du complexe      militaro- industriel [8], est pressentie pour succéder au prévenu à la direction du FMI, malgré les cris d’orfraie de la Russie et de la Chine.

Au fait, son second avocat, Benjamin Brafman, n’est pas venu le voir en prison et ne s’est pas présenté à la seconde audience. La star du barreau de New York était partie précipitamment en Israël. Officiellement pour y célébrer une fête religieuse en famille [9]. Mais      pour      exiger      ses honoraires, Me Brafman n’a

pas dû se contenter d’allumer les feux de Lag Ba’omer, mais il a dû négocier de l’aide pour son client.

Le projet Zhou

Pourquoi donc déployer des moyens hollywoodiens et bloquer le FMI durant 10 jours ? Deux réponses sont possibles, et elles sont peut-être liées.

En premier lieu, le 29 mars 2009, le gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiaochuan a remis en cause la prédominance du dollar comme monnaie de réserve. Déplorant que le projet de l’économiste John Maynard Keynes de créer une monnaie internationale (le Bancor) n’ait pas été concrétisée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, il proposa d’utiliser les Droits de tirage spéciaux du FMI pour jouer ce rôle [10].

Cédant à la pression, les États-Unis acceptent un triplement des ressources du FMI et l’émission par le FMI de Droits de tirages spéciaux (DTS) d’une valeur de 250 milliards de dollars, lors du sommet du G20 à Londres, le 2 avril 2009. Ils acceptent      également      le principe d’un Conseil de stabilité financière auxquels seront associés les grands États émergents.

Cette idée est discutée au

sommet du G8 à L’Aquila

(Italie), le 8 juillet 2009.

Poussant le pion plus loin encore, la Russie proposa ne pas se contenter d’une monnaie virtuelle, mais de l’éditer. Dmitry Medevedev, qui avait fait frapper symboliquement des prototypes de cette monnaie, posa quelques pièces sur la table. D’un côté y figuraient les visages des huit chefs d’État et de l’autre la devise en anglais « Unity in Diversity » [11].

Le projet est soumis aux experts de la Division des Affaires économiques et sociales de l’ONU. Leur rapport, auquel participe le professeur Vladimir Popov de la New Economic School de Moscou, est étudié le 25 avril 2010 lors d’une réunion jointe du FMI et de la Banque mondiale [12].

Le processus devait aboutir, aujourd’hui 26 mai 2011, au sommet du G8 à Deauville (France). Le dollar aurait cessé d’être la monnaie de référence sur fond d’imminente cessation de paiement du gouvernement fédéral des États-Unis. Washington aurait renoncé au financement de son hyper-puissance militaire par la dette pour se consacrer à sa restructuration interne.

Malheureusement, durant les derniers mois de ce processus, des initiatives militaires et politiques ont bouleversé ce plan. Certains États —dont la Russie et la Chine— ont été floués. L’arrestation de DSK montre que Washington était de mauvaise foi et que ses concessions ne visaient qu’à gagner du temps.

Bien que le détail exact du montage imaginé par Dominique Strauss-Kahn pour créer cette nouvelle monnaie de réserve adossée aux Droits de tirages spéciaux du FMI soit secret, il apparaît que le Libye y jouait un rôle clé : à titre expérimental, c’est la Banque centrale libyenne qui la première avait décidé de fonder sa monnaie, le dinar, sur l’or et au delà sur les DTS. La chose est d’autant plus importante que la Libye dispose d’un fond souverain parmi les mieux dotés du monde (il est même un peu plus riche que celui de la Russie).

Or, en entrant en guerre contre la Libye, la France et le Royaume-Uni ont provoqué un gel théorique des avoirs non seulement de la famille Kadhafi, mais de l’État libyen. Pis, Paris et Londres ont dépêché des cadres de la banque HSBC à Benghazi pour créer une Banque centrale libyenne rebelle et tenter de s’emparer des avoirs nationaux [13]. Sans que l’on sache si Nicolas Sarkozy et David Cameron se sont laissés emporter par l’ivresse de leur force ou ont agi sur instruction de leurs mandants à Washington, le fragile édifice élaboré par Dominique Strauss-Kahn s’est effondré.

Selon nos contacts à Tripoli, au moment de son arrestation, DSK partait à Berlin pour trouver une solution avec la chancelière Angela Merkel. Il devait ensuite partir avec un émissaire de Mme Merkel négocier avec des représentants du colonel Kadhafi —voire avec lui directement—. La signature du Guide libyen étant indispensable au déblocage de la situation.

On assiste désormais à une guerre financière d’une ampleur jamais égalée : alors que la situation économique des États-Unis vacille et que le dollar pourrait devenir rapidement une monnaie de singe, l’accord conclu au G8 et avalisé au G20, mis en œuvre par le FMI en coordination avec la Banque mondiale et les milieux bancaires internationaux dont DSK était le champion, est suspendu. La domination du dollar est intacte quoique plus que jamais artificielle ; ce dollar que les États émergents voulaient relativiser, mais sur lequel le complexe militaro-industriel israélo- états-unien assoit sa puissance.

Dans ce contexte que vaut l’honneur d’un homme ?

Thierry Meyssan

 

Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

 

Source Komsomolskaïa Pravda (Fédération de Russie)

 

 

[1] « Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2007.

[2] « Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 juillet 2008.

[3] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

[4] « Le German Marshall Fund, un reliquat de la Guerre froide ? », Réseau Voltaire, 5 octobre 2004.

[5] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[6] Série télévisée de Dick Wolf pour NBC, diffusée en France sous le titre New York, unité spéciale et au Québec sous le titre La Loi et l’Ordre : Crimes sexuels.

[7] « Les derniers mots de DSK avant son arrestation », par Michel Colomès, Le Point, 19 mai 2011.

[8] « Avec Christine Lagarde, l’industrie US entre au gouvernement français », Réseau Voltaire, 22 juin 2005.

[9] « Strauss-Kahn’s lawyer to Haaretz : Former IMF chief will be acquitted », par Chaim Levinson, Haaretz, 22 mai 2011.

[10] « La Chine commence à s’écarter du dollar », Réseau Voltaire, 22 mai 2009

[11] « La Russie et la Chine proposent une monnaie commune globale », Réseau Voltaire, 11 juillet 2009.

[12] « Plan de réforme du système financier international » (Extrait du rapport « World Economic and Social Survey 2010 : Retooling Global Development »), par Christina Bodouroglou, Nazrul Islam, Alex Julca, Manuel Montes, Mariangela Parra Lancourt, Vladimir Popov, Shari Spiegel et Rob Vos Réseau Voltaire, 6 juillet 2010.

[13] « La rapine du siècle : l’assaut des volontaires sur les fonds souverains libyens » et « Derrière l’attaque contre la Libye : les stratégies de la guerre économique », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 22 avril et 2 mai 2011.

Guerre impérialiste en Libye: Les crimes contre l’humanité de l’OTAN en notre nom… Qui sera responsable ?

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, terrorisme d'état with tags , , , , , on 26 mai 2011 by Résistance 71

La frenzy sanguinaire de l’OTAN

par Cynthia McKinney

depuis Tripoli, Libye. Le 24 Mai 2011

Url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/mckinney05242011.html

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Alors que je servais le comité des relations internationales du parlement entre 1993 et 2003, il m’est apparu comme évident que l’OTAN était devenu un anachronisme. Fondé en 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale, l’OTAN fut créé par les Etats-Unis en réponse à la survie de l’URSS comme état communiste. L’OTAN était l’assurance américaine que la propriété capitaliste de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique demeure inchangée. Ceci permettait également la survie de l’apartheid global.

L’OTAN est un pacte de sécurité collectif où chaque membre s’engage à défendre un autre membre attaqué, ainsi formant une alliance voulant qu’une attaque contre un membre est un attaque contre l’ensemble des nations constituant l’organisation. Ainsi, si l’URSS avait attaqué un membre européen quelconque de l’alliance, le bouclier militaire américain aurait été activé. La réponse du berger à la bergère fut le pacte de Varsovie, qui maintenait un “cordon sanitaire” autour de la mère Russie si l’OTAN devait attaquer. Ainsi le monde fut divisé en deux “blocs” qui donnèrent naissance à la “guerre froide”.

Les anciens “guerriers froids” d’aujourd’hui continuent de voir le monde en ces termes et, malheureusement, ne peuvent pas concevoir une Chine communiste et un empire soviétique amputé qui ne soient pas des ennemis des Etats-Unis, dont chaque pas sur la planète se doit d’être contesté. L’effondrement de l’URSS a donné une opportunité accélérée pour les USA d’exercer leur hégémonie dans une zone d’ancienne influence soviétique. L’afrique et la masse continentale de l’Eurasie, contenant des anciens pays satellites soviétiques, ainsi que l’Afghanistan, le Pakistan, ainsi que beaucoup d’autres pays en “stan” de la région; ont toujours considérés comme importants dans les théories d’encerclement ou de “refoulement” de la politique étrangère états-unienne d’aujourd’hui.

Avec ceci en toile de fond, l’attaque de l’OTAN de la nuit dernière sur Tripoli est inexplicable. Une métropole civile de 2 millions d’habitants, Tripoli a subi 22 à 25 raids de bombardement la nuit dernière, faisant vibrer les fondations et cassant les fenêtres de l’hôtel où je réside.

J’ai donc quitté ma chambre de l’hôtel Rexis Al Nasr et j’ai marché dehors. Je pouvais sentir l’odeur des bombes qui avaient explosées. Il y avait des gens locaux partout dehors avec des journalistes de partout dans le monde. Alors que nous restions là, plus de bombres frappèrent la ville. Le ciel vira au rouge et plus de roquettes de l’OTAN coupèrent la fumée basse avant d’exploser.

J’avais le goût de la poussière épaisse soulevée par le bombes dans la bouche. J’ai de suite pensé aux munitions à uranium appauvri utilisées ici, ainsi que le phosphore blanc. Si des armes à uranium appauvri étaient utilisées maintenant, quels effets cela auraient-ils sur les civils ?

Des femmes portant de jeunes enfants sortirent de l’hôtel, D’autres coururent pour laver la poussière de leurs yeux. Avec les sirènes hurlantes, des véhicules de secours arrivèrent sur les lieux de l’attaque. Des alarmes de voitures déclanchées par les explosions répétées, pouvaient être entendues sous les chants de défi des gens.

Des crépitements d’armes automatiques se firent entendre; il semblait que cela venait de tout autour de moi. Euronews montra une vidéo d’infirmières et de médecins chantant même à l’hôpital alors qu’ils soignaient les blessés de cette dernière mission “choc et stupeur” de l’OTAN. Soudainement, les rues autour de mon hôtel se remplirent d’une foule chantante, de voitures klaxonnant, je ne pouvais pas évaluer combien de personnes étaient là, marchant, combien conduisaient. Dans l’hôtel, une femme portant un bébé vint vers moi et me demanda pourquoi ils leur faisaient cela ?

Quelque soit l’objectif militaire de cette attaque (et je ne  suis pas la seule à questionner la valeur militaire de ces attaques), le fait demeure que cette attaque en particulier a été déclanchée sur une ville majeure contenant des centaines de milliers de civils

Je me suis demandée si aucun des politiciens qui a autorisé ces attaques aériennes a été lui ou elle-même dans la zone de destination finale d’une munition à uranium appauvri guidée au laser. Ont-ils ou elles seulement vu les terribles dégâts  que font ces munitions dans une ville et sa population ? Peut-être que s’ils éaient dans une de ces villes au sol, et percevaient la concussion de ces bombes et voyaient de leurs yeux le chaos causé, ils ne seraient peut-être pas si enclins à faire attaquer des populations civiles.

Je suis positivement sûre que l’OTAN n’aurait pas été si inhumaine concernant le respect de la vie humaine s’il s’était agit d’une ville occidentale. De fait, je suis confiante pour dire que l’OTAN ne serait pas appelée pour bombarder une ville européenne. L’OTAN n’attaque (comme les Etats-Unis et ses alliés) que les pauvres et sous-privilégiés du tiers monde.

Le jour d’avant, à une conférence de femmes à Tripoli, une femme vint à moi avec les larmes aux yeux: sa mère est à Benghazi et elle ne peut pas retourner pour savoir si sa mère est ok ou pas. Les gens de l’Est et de l’Ouest du pays vivent ensemble, s’aiment, se marient, et maintenant, à cause de l’”intervention humanitaire” de l’OTAN, les divisions artificielles ne font que se renforcer. Le recrutement d’alliés par l’OTAN dans l’Est du pays est marqué du même sceau que celui de la guéguerre froide qui a voulu assassiner Castro et renverser la révolution cubaine avec des “résistants locaux” capables de commettre des actes de terrorisme contre leur propre peuple. Plus proche de nous, la République Démocratique du Congo a été de facto amputée après que Laurent Kabila ait refusé une requête de l’administration Clinton de laisser tomber la partie la plus orientale de son pays. Laurent Kabila a personnellement raconté les évènements et le meeting durant lequel la requête et le refus furent délivrés. Ce plan d’amputer et de balkaniser un pays africain (comme cela a aussi été fait au Soudan) n’a pas fonctionné, parce que Kabila a dit “non” alors qe les Congolais autour du monde se mobilisaient pour préserver l’intégrité territoriale de leur pays.

Je fus horrifiée d’apprendre que les alliés de l’OTAN (les rebelles) en Libye ont lynchés, massacrés leurs compatriotes à la peau plus noire après que la presse états-unienne ait étiquetté les Libyens noirs comme étant des “mercenaires noirs”. Maintenant dites moi une chose: comment allez-vous enlever les noirs d’Afrique ? Des rapports de presse ont suggéré que des Américains “étaient surpris” de voir des gens à la couleur de peau noire en Afrique. Que pensez-vous de ces américains ?

Le plus triste là dedans, est que ce sont des Libyens eux-mêmes, qui ont été insultés, terrorisés, lynchés et tués, ceci résultant des rapports de presse qui ont hyper-sensibilisés cette ignorance de base. Qui sera tenu responsable des vies perdues dans cette frenzy sanguinaire résultant de ces mensonges ?

Ce qui me fait revenir à la question de cette femme: pourquoi cela se passe t’il ? Honnêtement, je n’ai pas pu lui donner la réponse raisonnée et éduquée à laquelle elle s’attendait. A mon sens, l’opinion publique internationale peine à pouvoir répondre au  “pourquoi?”.

Ce que nous savons et qui est clair est ceci: ce que j’ai expérimenté la nuit dernière n’est en aucun cas une “intervention humanitaire”.

Beaucoup suspectent que tout cela est à cause du pétrole de la Libye. Appelez-moi sceptique, mais je me demande bien pourquoi les armées combinés de mer, terre et air de l’OTAN et des Etars-Unis, qui coûtent des milliards de dollars sont engagées contre un pays somme toute modeste d’Afrique du Nord et nous sommes sommés de croire qu’il s’agit de la défense de la démocratie.

Ce que j’ai vu dans ces longues files d’attente pour avoir de l’essence n’est pas une “intervention humanitaire”. Le refus pour les hôpitaux de pouvoir acheter des médicaments n’est pas “une intervention humanitaire”. Le plus triste est que je ne peux même pas donner une explication valide aux gens maintenant terrifiés par les bombardements de l’OTAN du pourquoi de toute cette affaire, mais il est transparent que l’OTAN a maintenant largement dépassé son mandat, a menti à propos de ses intentions, est coupable de meutres extra-judiciaires et le tout au nom d’une “intervention humanitaire”.

Où est le congrès alors que le président dépasse son autorité à faire la guerre ? Où est la “conscience du congrès” ?

Pour ceux qui ne sont pas d’accord avec l’avertissement de Dick Cheney qui nous diait de nous préparer à la guerre pour la prochaine génération, s’il vous plaît, supportez quiconque stoppera cette folie. S’oil vous plaît, organisez-vous et votez pour la paix. Les gens du monde ont besoin que nous nous levions et que nous parlions pour nous-mêmes et eux-mêmes, parce que l’Iran et le Vénézuela sont aussi dans le feu croisé. Les Libyens n’ont pas besoin des hélicoptères, des bombes intelligentes, des missiles de croisière et de l’uranium appauvri de l’OTAN pour résoudre leurs différents. L’ “intervention humanitaire” de l’OTAN a besoin d’être dénoncée pour ce qu’elle est vraiment dans les feux de la pure et éclatante vérité.

Alors que le crépuscule descend sur Tripoli, je me prépare avec la population civile à plus d’humanitarisme de la part de l’OTAN.

Arrêtez de bombarder l’Afrique et les pauvres du monde !

Cynthia McKinney est une ancienne députée de Georgie du congrès américain. Elle peut-être contactée ici: hq2600@gmail.com.

État policier: le gouvernement américain et son bras armé le FBI assimilent les activistes politiques à des terroristes. La dictature est en marche au pays du goulag levant…

Posted in actualité, N.O.M, police politique et totalitarisme, résistance politique with tags , , , on 26 mai 2011 by Résistance 71

« Ceux qui sont prêts à sacrifier un peu de liberté pour plus de sécurité, ne méritent et n’auront ni l’un ni l’autre. »

— Benjamin Franklin —

Nous avons traduit ici le compte-rendu d’un reportage de la chaîne de télévision de langue anglaise Russia Today (RT). Notons deux choses:

Premièrement, nous sommes toujours en retard de quelques rames de métro sur yankland. Sous Sarko, le retard s’est amenuisé, certes, mais nous n’en sommes pas encore au même point. Ceci dit, ne nous leurrons pas, ce qui se passe aujourd’hui aux Etats-Unis arrivera très bientôt en France. Cela est déjà en place au Royaume-Uni qui est la société pilote de la télé-surveillance et autres fadaises liberticides. L’oligarchie se rend compte que la dissidence monte de plusieurs crans et qu’elle gagne la masse des populations occidentales. La dissidence manque certes pour l’heure de direction politique, mais la base du mécontentement légitime est bien là. Suffit de coordonner et de canaliser les énergies…

Ainsi donc la répression de la dissidence au nouvel ordre mondial va s’intensifier. La France emboitera le pas, soyez-en certain, car elle est un pays satellite de l’empire du goulag levant: l’empire anglo-américain. Il suffit de voir les courbettes d’Obama devant sa piteuse majesté pour voir qui prête allégeance à qui.

Secondo: pour l’anecdote… Il est quand même incroyable que de tels reportages / leçons de morales pour les yankees viennent de Russie, pays qui ,il n’y a pas si longtemps, mâtait la dissidence à grand renfort de répression étatique débridée.

Ironie du sort quand tu nous tient…

Rappelez-vous ainsi qu’à votre entourage: Sécurité partout, liberté nulle part !

— Résistance 71 —

Le FBI cible les activistes politiques comme terroristes

RT le 26 Mai 2011

Url de l’article original (vidéo jointe);

http://rt.com/usa/news/fbi-political-activists-terrorists/

Des ressources anti-terrosristes sont en train d’être utilisées pour cibler des environnementalistes, des activistes pacifistes, politiques et en faveur des droits des animaux, qui ont des opinions différentes du gouvernement. Il a été récemment révélé qu’une firme spécialisée dans le contre-terrorisme a espionné des personnes qui ont assistées à la présentation publique du documentaire “Gasland”. Le film focalise sur le fracking du gaz et son impact sur l’environnement et sur les communautés où cela est utilisé.

Le FBI et d’autres agences gouvernementales harassent ceux qui ne veulent pas rester dans la ligne du statu quo.

En Pennsylvanie, des activistes ont été inculpés de terrorisme pour avoir écrit des slogans à la craie sur les trottoirs. En Californie, 27 personnes vont aller au tribunal pour des actions de protestation anti-guerre, pro-ouvrières et de solidarité internationale avec le groupe Elsewhere 23. Ils doivent être présentés devant un grand jury sous des accusations fabriqués de toutes pièces. Le FBI possède en archives 164 000 rapports d’activités suspicieuses sur des activistes qui ne suivent pas les vues du gouvernement. Le gouvernement américain utilise l’argent du contribuable pour écraser la dissidence plutôt que de protéger le public américain des véritables menaces terroristes; tout en piétinant les droits à la liberté d’expression.

Carlos Montès, co-fondateur historique du mouvement chicano des “Calotss Bruns” a expliqué qu’il y a une montée remarquée de l’utilisation par le gouvernement américain des méthodes et moyens à sa disposition pour combattre le terrorisme afin d’imposer une répression sur les activistes politiques.

“Les mouvements de protestations exposent et défient directement les lignes de vues et d’actions du gouvernement états-unien”, dit-il, toujours est-il que les forces de l’autorité continuent le harcèlement sans aucune raison juste et valide. “C’est une guerre contre la dissidence”. Le gouvernement s’évertue à arrêter le mouvement qui ne cherche en fait qu’à exercer son droit à la libre expression, droit de parole et droit de manifester.

“Ils essaient de nous stopper, mais nous n’allons pas les laisser faire.” a ajouté Montès.

Résistance politique: réflexions alternatives

Posted in actualité, autogestion, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , on 25 mai 2011 by Résistance 71

Alternatives en actes: pragmatisme plutôt que dogmatisme
Nul ne peut aujourd’hui l’ignorer. De toute part se créent des alternatives : Amap, coopératives de production, groupements d’achat. Pas des alternatives en tant que projet de société, mais des expériences plus modestes, s’attaquant particulièrement à un aspect ou un autre de notre système. Et avec elles un engouement certain d’une partie de la population. Des individus, généralement sans étiquette, parfois militants, s’enthousiasment certains, parfois bobos, critiquent d’autres, souvent simples quidams voulant rompre avec le système, expérimenter d’autres rapports aux autres, sans trop savoir comment 1.
Beaucoup se demandent si, dans cette effervescence d’initiatives, les anarchistes ont un rôle à jouer. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont, à minima, une réflexion à mettre en œuvre. Pointons du doigt tout de suite les deux obstacles à l’implication des anarchistes sur ce terrain.

Le danger du « Faites comme moi et la société changera… »
Sans doute lié à la capacité de la société à nous individualiser, à nous cloisonner chacun dans son coin, on peut côtoyer aux abords des lieux d’expérimentation de façon récurrente le comportement viscéralement agaçant du « life-styliste 2 ». La pertinence de sa manière de faire, de consommer, la seule valable bien sûr, rayonnera, il en est convaincu, sur son entourage et par exemplarité se propagera dans toute la société. Cette façon de voir les choses a la fâcheuse tendance à ramener toute action au simple niveau de l’acte individuel et nie tout aspect politique dans nos choix et dans nos possibilités d’organisation.
Il est bon de rappeler alors au bobo qui veut se donner bonne conscience que toutes ces alternatives, comme toutes les luttes qui y sont liées, ne sont jamais construites par l’action isolée d’individus inorganisés. Derrière toutes ces expériences il y a l’ébauche d’un projet politique, qui en premier lieu donne aux gens l’envie de recréer du collectif, de résister à la dynamique individualisante et dégradante de la société.
En outre, ces expériences ne sont que ce qu’elles sont : des expériences, et n’ont pas la prétention d’être autre chose. Construite pour chacune d’elles suivant un modèle particulier, dans un contexte précis, elles ne peuvent répondre au besoin de tout le monde et chacun peut avoir de multiples raisons de ne pas s’y impliquer.L’écueil du « Tant qu’on n’aura pas fait la révolution… »

L’autre obstacle, un tantinet agaçant pour celui qui essaie de se donner les moyens de militer dans son époque, réside dans la figure du Révolutionnaire ©, l’anar 100 % pur jus. Face à son puritanisme radical toute tentative expérimentale qui n’est pas clairement estampillée anarchiste ne peut relever que d’un réformisme contre-révolutionnaire.
Ne jouons pas les naïfs. Les libertaires impliqués dans de telles initiatives savent très bien que le capitalisme récupère à très court terme toute tentative de contrecarrer la donne économique imposée. Quant à l’État, il a déjà bien compris comment habiller son discours du leurre de la démocratie participative qui ne peut amener le citoyen qu’à mieux organiser sa propre exploitation.
Mais on ne peut faire l’impasse sur ces critiques que tout militant non sectaire et ouvert au dialogue se doit évidemment de prendre en compte. En effet, reconnaissons que ces propos s’avèrent parfois fondés : nul ne peut ignorer le déballage de démocratie participative, d’appel à donner son avis, etc. De même, l’autogestion à la sauce capitaliste a le vent en poupe. De plus en plus d’entreprises font appel à une participation des consommateurs : on débarrasse sa table au McDo, on fait le boulot de la caissière avec les caisses électroniques, on évalue la qualité de la prestation proposée par tel ou tel site.
Certes, on constate sans surprise que nombre de ces nouveaux modes d’implication dans la société semblent déjà avoir été complètement instrumentalisés, digérés, récupérés par le capitalisme ou l’État. Il est bon, toutefois, de garder en tête que c’est bien par la pression de la société civile qu’on en est arrivé là. Il devenait dangereux pour la pérennité du système de laisser ces initiatives évoluer dans leur coin. Dans un régime dictatorial le pouvoir interdit tout bonnement l’expérience. Dans notre démocratie libérale la solution pour les dirigeants est de récupérer l’alternative, de la rendre commerciale ou de l’intégrer dans le modèle établit par le pouvoir en place. Tout ce beau monde n’a plus d’autre choix que de lâcher un peu de leste et d’essayer de brider ces expériences. Il ne faut pas voir en cela une défaite. Constatons plutôt que l’intérêt croissant des gens pour ces alternatives pointe du doigt la crédibilité toujours déclinante du pouvoir en place à nous administrer « pour notre bien », et la croyance de plus en plus faible dans le système capitaliste comme modèle économique unique et viable. L’heure n’est pas à crier à la défaite mais au contraire à enfoncer le clou encore un peu plus, histoire de voir jusqu’où les décideurs sont prêts à aller pour garder les rênes, avant de sortir pour de bon l’arsenal répressif.
Si d’aucuns considèrent qu’associer révolution et alternatives associatives relève d’un pari risqué, alors prenons ce risque, camarade, le jeu en vaut la chandelle. Et même de relancer la mise d’une main enthousiaste plutôt que de stagner dans les certitudes du petit joueur. Derrière les dogmes conservateurs offrant le douillet cocon de la sécurité intellectuelle se cache souvent le prétexte à une paresse militante toute compréhensible. Il n’est effectivement pas toujours aisé de remettre en question les concepts sur lesquels nous basons notre militantisme, ni d’aller confronter ses grandes théories avec l’individu moyen qui n’a pas les mêmes codes politiques que nous, si par chance il est politisé. Sortir du militantisme de manif où le rôle de chacun est traditionnellement défini, ranger ses étiquettes et sortir ses mains des poches, autant de difficultés qu’on n’a pas l’habitude d’appréhender dans le militantisme classique.
Un autre aspect à prendre en compte dans la critique de ces expériences est qu’il est difficilement envisageable de généraliser ces modes de production alternatifs à l’ensemble de la population. Elles ne sont possibles que dans un lieu et un contexte donnés. Si elles sont intéressantes par leurs objectifs c’est également – et peut-être essentiellement – par les moyens mis en œuvre qu’elles doivent nous interpeller : autogestion, mutualisme, action directe et horizontalité dans les prises de décisions, etc.
L’essentiel est de garder à l’esprit que ces initiatives ne sont que des expérimentations, pas une fin en soi. Mais surtout que ces expériences ne sont valables, politiquement parlant, que si l’on développe en parallèle une critique de la société, que si elles s’inscrivent dans une démarche plus globale de lutte politique.

Oui mais alors quel intérêt ?
Nos aînés ne se posèrent pas longtemps la question de savoir si créer les bourses du Travail, intégrer la CGT et côtoyer des syndicalistes sociaux-démocrates, fonder les mutuelles du peuple, était révolutionnaire ou réformiste ! Ils l’ont tout simplement fait. Parce que ça répondait à leur besoin du moment, et parce qu’ils pouvaient lier à la pratique militante leurs conceptions libertaires. C’est ça, l’action directe ! Au travers des expériences actuelles nous refaisons la même chose, ni plus ni moins.
Rajoutons encore qu’à l’heure où il n’y a plus guère de modèles d’organisation sociale auxquels peuvent se raccrocher les gens, il peut être bienvenu de présenter sous un jour nouveau ce dont les anarchistes sont capables, tant en termes de production concrète qu’en termes de propositions d’organisation économique et sociale. De plus rejoindre ce terrain des alternatives permet de se confronter à une réalité concrète, de faire avancer la réflexion avec son temps. Enfin ces moments d’expérimentation sont autant de nouveaux espaces de militantisme, où il devient possible de vivre des moments liant autogestion, démocratie directe, convivialité, solidarité, avec d’autres personnes que les compagnons habituels.
Au lendemain du Grand Soir manqué des retraites et de la sale gueule de bois qui s’en- suit, il est temps de prendre une aspirine et de faire le point. Les manifs ne mènent plus à grand-chose, le syndicalisme est à bout de souffle. Le moment est venu de créer de nouvelles formes de lutte, de nouveaux lieux de politisation, d’émancipation. Ces alternatives offrent de formidables espaces pour rencontrer des gens et leur montrer ce qu’est l’anarchie, une occasion de plus de réconcilier la population avec ce vilain mot. Plutôt que dénigrer ces quelques tentatives, jusqu’à ce que passe la mode des Amap, et puis se frotter les mains en se disant entre anars avertis qu’on le savait bien que ça finirait en eau d’boudin… Prenons plutôt les choses en main !
À l’heure qu’il est, la réflexion est balbutiante et les pistes sont encore nombreuses. L’idée est peut-être simplement de se retrousser les manches et d’arriver enfin par un moyen ou un autre à fédérer toutes ces envies, ces initiatives, ces dynamiques, histoire que ceux qui s’y collent ne se sentent pas tout seuls et finissent par baisser les bras. Histoire de créer un vrai mouvement, ambitieux, solide et source de propositions, une lame de fond avançant résolument vers notre société. Aussi solide que la digue capitaliste puisse paraître, on y voit déjà des brèches.Amy Tsun, groupe La Rue râle de la Fédération anarchiste

1. Un engouement certain. Hormis les alternatives en elles-mêmes qui génèrent des réflexions parmi ceux qui y participent, ces questions suscitent un réel intérêt dans les partis dits de gauche, des organisations libertaires à Attac, et on voit même la création de groupes locaux de réflexion, sans être attachés à un réseau particulier.
2. De l’anglais « lifestyle » (mode de vie).

Oligarchie financière: le FMI violeur de nations…

Posted in actualité, économie, crise mondiale, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social with tags , , , , , , , on 25 mai 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici un article du journaliste d’enquête iconoclaste, acerbe et britannique Greg Palast, qui nous livre un angle intéressant de l’affaire Strauss-Kahn. Les fonctions criminelles du FMI y sont bien analysées et le portrait de l’institution dépeinte comme le commissaire-priseur qui octroie la manne du pillage à ses sbires bien sélectionnés, est à notre sens bien senti.

Le FMI et son acolyte de la Banque Mondiale sont des armes de destruction massive de nos sociétés aux mains de l’ennemi #1 des peuples: les institutions financières qui doivent être démantelées au plus tôt pour le salut de l’humanité.

— Résistance 71 —

Strauss-Kahn baise l’Afrique

Le 20 Mai 2011

par Greg Palast pour The Guardian

Url de l’article original:

http://www.gregpalast.com/strauss-kahn-screws-africa/#more-4601

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Maintenant que nous sommes débarassés de la tentation d’un titre vulgaire et évident, jettons l’éponge et exposons ici l’historique des abus arrogants de Dominique Strauss-Kahn. La vérité est que le grand garçon du FMI a molesté les Africains depuis des années.

Ce Mercredi, le New York Times a publié cinq, comptez-les, CINQ histoires sur Strauss-Kahn, directeur général du FMI. En accord avec le canard de référence, les accusations contre “DSK”, comme il est connu en France, sont en “contradiction” avec son “charme” et ses “succès” avec le FMI.

Au contraire, mes chers lecteurs. (en français dans le texte, NdT)

La cruauté du directeur général DSK, son arrogance et son impunité envers les nations africaines et autres en tant que generalissimo du FMI sont en droite ligne avec l’histoire racontée par la pauvre femme d’entretien africaine de l’hôtel de New York City.

Considérons un peu comment la femme de ménage du Guinée arriva à New York. En 2002, la mère célibataire reçût l’asile politique. Qu’est-ce qui l’a amené là ?

Cela a commencé avec le viol de la Guinée par le FMI.

En 2002, le FMI coupa les apports de capitaux pour cette nation de l’Afrique de l’Ouest. Sans la bénédiction du FMI, la Guinée, qui possède plus de la moitié des réserves de bauxite au monde, plus du pétrole, de l’uranium, des diamants et de l’or, ne pouvait plus emprunter un sou pour développer ses ressources.

La fermeture des robinets par le FMI était en fait une expropriation, et la nation s’étouffa et eût faim alors qu’elle était assise sur une vaste richesse minérale. Comme dans la crise des subprimes que nous voyons aujourd’hui, le FMI bougea très rapidement pour saisir les biens en propriété de la Guinée.

Mais le FMI ne saisit pas les richesses de cette nation pour lui-même. Non, il força la guinée à vendre ses ressources à de grosses entreprises étrangères et ce à des prix similaires de ceux d’une brocante sur la pelouse de la maison saisie pour repossession.

Les Français, Américains, Canadiens, Suisses (et plus tard les Chinois) arrivèrent avec les couverts à la main et la serviette autour du cou, avalant sans relâche les réserves de bauxite, d’or et le reste de la nation. Dans le même temps, le FMI ordonna la fin des barrières douanières et de fait ruina les petits porteurs et businesses locaux.

Le résultat de cette attaque en règle du FMI vit les Guinéens qui purent le faire, s’enfuir pour la liberté et la bouffe. Cette semaine donc, est la seconde fois que cette pauvre Africaine est molestée par le FMI.

Maintenant nous avons le contexte du comment ces deux personnes, le ponte de la globalisation et la réfugiée, furent mis en présence en des positions différentes, dans cette chambre d’hôtel de New York.

Depuis qu’il est le patron du FMI en 2007, et bien que se prétendant “socialiste”, Strauss-Kahn a serré les vis afin de garder le marché des libres-échanges en l’état, ce marché même qui a ruiné la planète en première instance. (ceci vaut un article en soi, et je m’y emploie. Notre équipe a une pile de documents obtenus du FMI qui seront révélés dans mon nouveau livre qui paraîtra cet automne).

Les avocats de DSK disent que la relation avec la femme de ménage était “consensuelle”. Mais DSK dit la même chose de tous les accords que le FMI passe avec les nations sur lesquelles il a droit de vie et de mort. Cela revient à dire qu’un braquage de banque est aussi consensuel, d’aussi loin qu’on ignore le flingue.

Que ce soit du sexe consentant ou un viol brutal, cela ne peut être de toute façon que “consensuel”, de la même manière que les Guinéens ont consenti au pillage financier ordonné par le FMI.

Le Times cite un acolyte de DSK au FMI disant que celui-ci obtient ce qu’il désire par “persuasion” et non pas “par force”. Allez dire cela aux Grecs.

Ce fut DSK, qui, l’an dernier insista personnellement sur les termes brutaux du soi-disant sauvetage de la Grèce. “Forte conditionalité” sont les termes du FMI. Strauss-Kahn ne demanda pas seulement une coupe drastique dans les fonds de retraites et une hausse délibérée du chômage à 14%, mais aussi de vendre entre 4 000 et 6 000 services et entreprises d’état. Le plan de DSK au FMI permit aux financiers qui avaient déjà mis le feu financièrement à la Grèce, de collecter les biens et richesses de la nation à un prix dérisoire.

Les diktats de Strauss-Kahn n’étaient pas de “l’amour vache” pour la Grèce: l’amour n’était réservé qu’aux banquiers vautours qui ont reçus les fonds du FMI, mais ne furent pas obligés d’accepter un Euro de perte de profit en retour. DSK, en dépit des conseils de beaucoup, refusa de demander aux banques et aux spéculateurs de réduire leurs taux d’intérêt usuriers qui étaient pourtant la racine même du mal qui rongeait la Grèce.

Demander à la Grèce de vendres ses biens, de tomber les barrières douanières, et même la règle que des navires grecs emploient des marins Grecs, n’a rien à voir avec sauver la Grèce, mais au contraire tout à voir avec la volonté de DSK de protéger les comptes de tous les banquiers de violations non désirées.

Je ne considère pas comme exagéré de dire qu’un prédateur dans une suite banquière assume que son impunité s’applique également dans une suite d’hôtel.

*****

 Économiste légiste et journaliste Greg Palast est l’auteur de plusieurs New York Times best sellers Armed Madhouse and The Best Democracy Money Can Buy. Il a enquêté sur le FMI et la Banque Mondiale pour la BBC Television newsnight et pour le journal “Guardian” de Londres ainsi que pour l’association Democracy Now! (New York)

Nouvelles de l’empire: en route vers la 3ème guerre mondiale ? Les enjeux géopolitiques au Pakistan…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M with tags , , on 23 mai 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici un article très intéressant de l’historien et économiste Webster Tarpley concernant les ramifications géopolitiques à court et moyen termes de « l’affaire du raid Ben Laden » au Pakistan, ses implications et l’agenda de plus en plus transparent de l’empire anglo-américain.

Pendant qu’on amuse les peuples occidentaux avec les pitreries pipoles, derrière les écrans de fumée utiles pour l’agenda impérialiste, se trame les grans évènements historiques de demain.

Le scénario de la 3ème guerre mondiale s’écrit en ce moment même et si ça ne l’est pas… Cela y ressemble sacrément !…

Eteignez la télé et allumez les cerveaux, avant qu’il ne soit trop tard.


— Résistance 71 —

Les Etats Unis et le Pakistan tout près de la guerre ouverte, un ultimatum chinois averti les Etats-Unis contre une attaque du Pakistan

Par Webster G. Tarpley, Ph.D.
TARPLEY.net

Le 20 Mai 2011

Url de l’article original:

http://tarpley.net/2011/05/21/us-pakistan-near-open-war-chinese-ultimatum-warns-washington-against-attack/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

La Chine a déjà mis les Etats-Unis en garde que toute attaque de Washington sur le Pakistan serait interprètée comme un acte d’agression à l’encontre de la Chine. Cet avertissement sec représente le premier ultimatum stratégique reçu par Washington depuis plus d’un demi-siècle, remontant à l’avertissement de l’URSS durant la crise de Berlin entre 1958 et 1961 et ceci indique plus avant le grave danger d’une guerre générale émanant de la confrontation Etats-Unis-Pakistan.

“Toute attaque sur le Pakistan serait perçue comme une attaque sur la Chine”

Répondant à des rapports établissant que la Chine avait demandé aux Etats-Unis de respecter la souveraineté du Pakistan dans les moments qui suivirent l’intervention Ben Laden, le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois Jiang Yu a utilisé le briefing avec la presse du 19 Mai pour réaffirmer la demande catégorique de Pékin que “la souveraineté et l’intégrité du territoire du Pakistan doit ête respecté.” En accord avec des sources diplomatiques pakistanaises citées par le Times of India, la Chine a “mise en garde sans termes équivoques qu’une attaque sur le Pakistan serait considérée comme une attaque sur la Chine”. Il a été indiqué que cet ultimatum a été délivré au cours du dialogue stratégique et des pour-parler économiques ayant eu lieu à Washington le 9 Mai et où la délégation chinoise était emmenée par le vice premier ministre chinois Mr Wang Qishan et le conseiller d’état Mr Dai Bingguo.1 Les avertissements de la Chine sont implicitement supportés par les missiles nucléaires de cette nation, incluant quelques 66 missile inter-continentaux dont plusieurs ayant la capacité de frapper les Etats-Unis, en plus de 118 missiles de moyennes portées, 36 missiles lancés à partir de sous-marins et de nombreux systèmes de missiles à courte portée.

Le support de la Chine est vu par les observateurs régionaux comme étant critiquement important pour le Pakistan, qui se trouve autrement coincé dans la tenaille entre les Etats-Unis et l’Inde. “Si la pression des Etats-Unis et de l’Inde continue, le Pakistan pourra dire ‘La Chine est avec nous. Ne pensez pas que nous sommes isolés, nous avons une super-puissance potentielle avec nous.” a déclaré à l’AFP le général en retraite et analyste politique Talat Massoud.2

L’ultimatum chinois est survenu durant la visite à Pékin du premier ministre pakistanais Gilani; durant laquelle le gouvernement hôte a annoncé le transfert immédiat et gratuit de 50 avions de chasse à réaction dernier modèle JF-17.[3] Avant son départ, Gilani a renforcé l’importance de l’alliance entre le Pakistan et la Chine proclamant: “Nous sommes fiers de compter la Chine parmi nos meilleurs amis et de réaffirmer la confiance qui nous relie. La Chine pourra toujours compter sur le Pakistan pour être à ses côtés en toute circonstance… Quand nous disons que cette amitié est plus grande que l’Himalaya et plus profonde que les océans, nous capturons l’essence même de cette relation.”4 Ces remarques furent accueillies par des jérémiades des portes-parole états-uniens, notamment du sénateur républicain de l’Idaho Risch.

La crise stratégique qui bouillonne entre les Etats-Unis et le Pakistan a explosé avec force le 1er Mai avec l’affaire du raid commando unilatéral et non autorisé qui a de manière supposée tué le fantômatique Oussama Ben Laden dans une maison fortifiée de la ville d’Abottabad, ce qui constitua une violation flagrante de la souveraineté du Pakistan. Le timing de cette cascade militaire effectuée pour enflammer les tensions entre les deux pays, n’avait abolument rien à voir avec la supposée guerre contre le terrorisme et tout à voir avec la visite au Pakistan à la fin Mars, du Price Bandar, le chef de la sécurité nationale saoudienne. De cette visite a resulté une alliance immédiate entre Islamabad et Ryadh, avec la Pakistan promettant de fournir des troupes pour mâter toute rebellion concoctée par les Etats-Unis sous forme de révolution colorée dans le royaume des Saouds, tout en offrant une protection nucléaire aux Saoudiens, les rendant ainsi moins vulnérables aux menaces d’extorsion américaines d’abandonner la monarchie pétrolière aux bons soins de Téhéran. Un mouvement conjoint entre le Pakistan et l’Arabie Saoudite pour briser l’emprise de l’empire américain dans la région et quelque soit ce que l’on pense de ces deux régimes, représenterait un coup fatal à l’empire américain pâlissant en Asie du Sud.

Quant aux affirmations concernant le raid supposé sur Ben Laden le 1er Mai, il y a une masse de contradictions changeant les fait de jour en jour et ne donnant pas espoir de savoir ce qu’il s’est vraiment passé. Une analyse de cette aventure serait en de biens meilleures mains avec des critiques littéraires et des auteurs de revues théâtrales. Le seul fait solide et consistant qui émerge de tout cela est que le Pakistan est la cible majeure des Etats-Unis, ainsi intensifiant la politique américaine anti-Pakistan qui a été mise en place depuis le tristement célèbre discours d’Obama à West Point en Décembre 2009.

Gilani: représailles intensives pour défendre le Pakistan

L’avertissement des Chinois à Washington est survenu juste après la déclaration de Gilani au parlement pakistanais où il déclara: “Ne laissons personne tirer les mauvaises conclusions. Toute attaque contre les acquis stratégiques pakistanais de manière ouverte ou secrète, trouvera une réponse appropriée… Le Pakistan se réserve le droit de contre-attaquer avec force. Personne ne devrait sous-estimer la motivation et la capacité de notre nation et de ses forces armées à défendre notre patrie sacrée.”5 Un avertissement de représailles venant d’une puissance nucléaire comme le Pakistan se doit d’être prise au sérieux, même par les agresseurs les plus acharnés au sein du régime Obama.

Les acquis stratégiques dont Gilani parle sont les forces nucléaires pakistanaises, la clef de la dissuasion d’une possible attaque par l’Inde, naissant du cadre des relations de coopération nucléaire entre les Etats-Unis et l’Inde. Les forces armées américaines en Afghanistan n’ont pas été capables de masquer leur planification extensive pour essayer de saisir et de détruire les armes nucléaires du Pakistan. D’après un rapport de Fox News en 2009, “Les Etats-Unis ont un plan détaillé pour infiltrer le Pakistan et s’assujettir son arsenal de têtes nucléaires mobiles s’il apparaît que le pays est en passe de succomber au pouvoir des Talibans, d’Al Qaida ou tout autre mouvement extrémiste islamique.” Ce plan fut élaboré par le général Stanley McChrystal quand il était à la tête du commandement des opérations spéciales de Fort Bragg en Caroline du Nord. Ce commandement qui est directement impliqué apparamment dans l’opération Ben Laden, est composé de la force delta, des navy SEALs et “d’une unité de renseignement spéciale haute technologie, connue sous le nom de ‘force spéciale orange’”. “De petites unités pourraient saisir les armes nucléaires pakistanaises, les neutraliser et ensuite les centraliser dans un endroit sécure.” Déclara une source citée par Fox.6

Obama a déjà approuvé une attaque furtive sur les armes nucléaires pakistanaises

Comme le dit le London Sunday Express, Obama a déjà approuvé un action agressive en ces termes: “Les troupes américaines seront déployées au Pakistan si les installations nucléaires de cette nation  sont sous une menace terroriste qui chercherait à venger la mort de Ben Laden… Le plan, qui serait activé sans le consentement du président Zardari a provoqué une réaction de colère des officiels pakistanais… Obama donnerait l’ordre de parachuter des troupes pour sécuriser les sites nucléaires clefs. Ceci inclut la base aérienne QG de Sargodha, qui abrite des F-16 de combat ayant au moins 80 missiles balistiques à têtes nucléaires.” D’après les officiels américains, “le plan a reçu le feu vert et le président a déjà manifesté son intention de déployer des troupes au sol au Pakistan s’il pense que cela est important pour la sécurité nationale.”7

Une extrême tension à ce sujet illustre la folie aventurière d’Obama et de son raid unilatéral du 1er Mai, qui aurait tout aussi bien pu être interprété par les autorités pakistanaises, comme étant l’attaque promise contre sa capacité nucléaire. D’après le New York Times, Obama savait pertinemment qu’il encourait une guerre immédiate avec la Pakistan et insista “que la force d’attaque chassant Ben Laden soit suffisamment forte pour pouvoir se battre et sortir du pays si elle était confrontée à des locaux hostiles ou des forces de police ou militaire.”

Le flingage a déjà commencé

Les tirs entre les forces américaines et pakistanaises ont subi une escalade le 17 Mai quand un hélicoptère de l’OTAN viola l’espace aérien pakistanais au Waziristan. Les forces pakistanaises étaient en état d’alerte maximale et ont immédiatement ouvert le feu. L’hélicoptère américain retourna les tirs. Deux soldats en poste a la frontière dans la zone de Datta Khel furent blessés.8

Une riposte pakistanaise possible à cette incursion est peut-être survenue à Peshawar le 20 Mai, quand une voiture piégée apparamment prit pour cible un convoi de deux véhicules du consulat américain, ne causant que des dégâts matériels côté américain. Un passant pakistanais fut tué et plusieurs blessés. Dans un autre cas de guerre des services de renseignement, la télévision Ary 1 a rapporté le nom du chef de la CIA en poste à Islamabad, le second top espion résident à avoir sa couverture révélée en moins de six mois.

L’envoyé des Etats-Unis Grossman rejette les appels pakistanais à arrêter les violations de frontière

Le représentant spécial états-unien en Afghanistan et au Pakistan Marc Grossman, remplaçant de feu Richard Holbrooke, a rejetté de manière arrogante le 19 Mai les appels pakistanais pour garantir que des opérations du style de Abottabad ne seraient plus perpétrées au Pakistan.9 En refusant de garantir cela, Grossman déclara que les autorités pakistanaises n’ont jamais demandé le respect de leurs frontières dans les années récentes.10

Au milieu de cette crise stratégique importante, L’inde a continué avec sa programmation de manœuvres militaires provocantes ciblant le Pakistan. Tel l’exercice “Vijayee Bhava” (Soyons victorieux) qui prît place dans le désert de Thar au nord Rajastan. Cet exercice de blitzkrieg NBC (pour Nucléaire, Biologique, Chimique), implique le second corps d’armée qui est “considéré comme la plus important edes trois formations d’attaque de l’armée indienne et dont la tâche serait de virtuellement diviser le Pakistan en deux en cas de guerre totale déclarée entre les deux pays.”11

Une façon d’obtenir la provocation nécessaire pour justifier d’une ataque indo-américaine sur le Pakistan, serait d’augmenter les actions terroristes attribuées aux soi-disants Talibans. D’après la presse de masse pakistanaise, la CIA, le Mossad israélien et le RAW (Research and Analysis Wing) indien ont créé leur propre version des Talibans sous la forme d’un contre-gang terroriste qu’ils contrôlent et dirigent. D’une source qui rapporta que “les agents de la CIA ont inflitré les réseaux des Talibans et d’Al Qaida et ont créé leur propre force Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) dans le but de déstabiliser le Pakistan.” L’ancien commandant régional du Punjab de l’ISI, les services secrets pakistanais, le brigadier général Aslam Ghuman commenta: “Durant ma visite aux Etats-Unis, j’ai appris que l’agence espionne Mossad, en connivence avec le RAW indien et sous la supervision directe de la CIA, planifiaient de déstabiliser le Pakistan à tout prix.”12 Le double attentat à la bombe qui a tué 80 para-militaires au Waziristan la semaine dernière a t’il été perpétré par ce contre-gang ?

De la même façon, les services de renseignement russes”ont révélé que le contractant de la CIA Raymond Davis et son réseau a fourni aux agents d’Al Qaida des armes nucléaires, chimiques et biologiques, de façon à ce que des installations militaires américaines puissent être ciblées et la Pakistan rendu responsable…” Davis, lui-même un vétéran des opérations spéciales, a été arrêté pour le meurtre de deux agents de l’ISI, mais ensuite libéré par le gouvernement pakistanais après une suspiscieuse campagne pleurnicheuse du département d’état américain.

La CIA affirme que le nouveau patron d’Al Qaida vit au Waziristasn

Si les Etats-Unis ont besoin d’un nouveau prétexte pour des raids supplémentaires, il sera facile de citer la présence supposée au Waziristan de Saïf al-Adel, maintenant déclaré par la CIA étant le successeur de Ben Laden comme patron d’Al Qaida.13 Cela est en effet tres opportun et aidera les intentions agressives d’Obama de prétendre que Saif al-Adel est à la plus chaude frontière du monde et non pas à Finsbury ou Flatbush.

Après le raid américain non-autorisé du 1er Mai, le général en chef pakistanais Kayani a fait publier son propre avertissement qu’une telle “mésaventure” ne pourrait pas être répétée, tout en annonçant que les personnels états-uniens au Pakistan seraient considérablement réduits. D’après les estimations de l’ISI, il y a en ce moment même environ 7 000 agents de la CIA dans le pays, beaucoup d’entr’eux inconnus du gouvernement pakistanais. Le partage des informations entre le Pakistan et les Etats-Unis a été rapporté comme ayant été considérablement réduit. En réponse à la réaction de Kayani, l’opération de propagande de la CIA connue sous le nom de Wikileaks a une fois de plus montré sa véritable nature en essayant de discréditer le commandant en chef pakistanais avec des rapports d’ambassades américaines douteux stipulant que celui-ci avait demandé aux Etats-Unis plus d’attaques de drones, et non pas moins, ces récentes années.

Spécifiquement depuis le discours d’Obama à West Point, la CIA a utilisé des attaques de drones pour massacrer des civils dans le but de fomenter un guerre civile au Pakistan, menant à la division du pays selon les lignes ethniques du Punjab, Sind, Baluchistan et du Paschtunistan. Le but géopolitique de tout ceci est de détruire le potentiel qu’a le Pakistan d’être le couloir énergétique entre l’Iran et la Chine. Selig Harrison a émergé comme un éminent supporteur américain de la sécession du Baluchistan.

Depuis le 1er Mai, six attaques de drones américains reportées ont fait au moins 42 morts dans la population civile pakistanaise, poussant la population dans une haine anti-américaine accrue. En réponse, une cession jointe du parlement pakistanais a voté de manière unanime le 14 Mai pour une demande officielle d’arrêt des attaques de missiles américains, demandant au gouvernement de couper la route de soutien logistique de l’OTAN vers l’Afghanistan si les attaques continuent.14 Alors que la ligne de ravitaillement Karachi-Khyber passant par le col du même nom, transporte les deux tiers du ravitaillement demandé par les envahisseurs de l’Afghanistan, une telle mesure causerait un véritable chaos parmi les forces de l’OTAN. Tout ceci met en valeur l’insanité inhérente de provoquer la guerre avec le pays dans lequel vos lignes de ravitaillement passent.

Les Etats-Unis veulent utiliser le patron des Talibans le Mollah Omar contre le Pakistan

Le département d’état a laissé tomber toutes conditions requises pour négocier avec les Talibans en Février dernier et les Etats-Unis sont maintenant en train de parlementer avec les envoyés du Mollah Omar selon le Washington Post, le légendaire leader borgne du conseil de la Quetta-Shura ou Taliban. Il apparaît évident que les Etats-Unis offent aux Talibans une alliance contre le Pakistan. L’envoyé spécial américain dans la région Marc Grossman est hostile au Pakistan, mais quant au sujet des Talibans, il a été surnommé “Mr réconciliation”.15 Par contraste, les Etats-Unis ont été rapportés comme étant déterminés à assassiner le patron du réseau Haqqani en utilisant un raid du style de celui ciblant Ben Laden. Les Pakistanais sont déterminés de conserver Haqqani comme alliés.

Si la Chine se range derrière le Pakistan, alors il sera très possible que la Russie s’aligne derrière la Chine. En anticipant la prochaine réunion du groupe de l’Organisation de la Coopération de Shanghaï le 15 Juin prochain, le président chinois Hu s’est félicité des relations sino-russes et que celles-ci étaient à un record de positivité jusqu’ici sans précédent, et ce “avec un ingrédient stratégique évident”. Dans une conférence de presse cette semaine, le président Medvedev fut obligé de reconnaître indirectement que le “renouveau” des relations avec la Russie tant acclamé par Obama, n’a pas bénéficié d’améliorations depuis la confirmation du programme de missiles ABM américains en Roumanie et dans le reste de l’Europe de l’est, programme si évidemment orienté contre la Russie et que le traité SMART avait donc de fait une valeur douteuse, ainsi ravivant le spectre d’une nouvelle “guerre froide”. Considérant l’assaut de l’OTAN contre la Libye, il n’y aura pas de résolution de l’ONU contre la Syrie a dit Medvedev. Poutine avait raison depuis le départ et Medvedev essaie de lui emboîter le pas afin de se ménager quelques chances de demeurer au pouvoir.

Sommes-nous un Juillet 1914 ?

La crise qui a mené à la 1ère guerre mondiale a commencé avec l’assassinat de Sarajevo le 28 Juin 1914, mais la première déclaration de guerre majeure n’eut pas lieu avant le 1er Août. Durant le mois de Juillet intermédiaire, de grandes parties de l’opinion publique européenne se retrancha dans une illusion idyllique élégiaque, alors même que la crise mortelle gagnait en importance. Quelque chose de similaire peut-être perçu aujourd’hui. Beaucoup de citoyens américains pensent que la mort supposée de Ben Laden marque la fin de la guerre contre le terrorisme et de la guerre d’Afghanistan. Au lieu de cela, l’opération contre Ben Laden a clairement déclanché une nouvelle urgence stratégique. Des forces qui s’étaient opposées la guerre en Irak, supportent de manière non masquée l’agression sanglante d’Obama en Libye, des forces comme MSNBC, le mouvement des libéraux de gauche qui constituent la majorité du mouvement pour la paix. Ils célèbrent même Obama comme un va t’en guerre plus efficace que la clique Bush-Cheney à cause de son succès supposé aux dépends de Ben Laden.

En réalité, il n’y a jamais eu de meilleur temps pour se mobiliser et pour arrêter le projet d’une guerre nouvelle qui s’annonce, plus grande et plus meurtrière. Le temps est venu.

References

1 http://economictimes.indiatimes.com/news/politics/nation/china-asks-us-to-respect-paks-sovereignty-independence/articleshow/8454577.cms

2 “China-Pakistan alliance strengthened post bin Laden,” AFP, May 15, 2011, http://www.sundaytimes.lk/index.php/analysis/7546-china-pakistan-alliance-strengthened-post-bin-laden

3 http://www.nytimes.com/2011/05/20/world/asia/20pakistan.html?_r=3

4 http://www.upi.com/Top_News/World-News/2011/05/08/Gilani-China-best-most-trusted-friend/UPI-96101304911435/

5 http://www.nypost.com/p/news/international/pakistani_pm_regrets_unilateral_GAOWNTpBXGJaJtwzWaZu0K?CMP=OTC-rss&FEEDNAME=

6 Rowan Scarborough,”U.S. Has Plan to Secure Pakistan Nukes if Country Falls to Taliban, Fox News, May 14, 2009.

7 “US ‘To Protect Pakistan,” London Sunday Express, May 15, 2011, http://www.express.co.uk/posts/view/246717/US-to-protect-Pakistan-

8 http://www.reuters.com/article/2011/05/17/us-pakistan-nato-idUSTRE74G0PS20110517

9 “US refuses to assure it will not act unilaterally,” http://thenews.jang.com.pk/NewsDetail.aspx?ID=15758

10 “No US assurance on unilateral ops,” http://nation.com.pk/pakistan-news-newspaper-daily-english-online/Politics/20-May-2011/No-US-assurance-on-unilateral-ops

11 “Getting leaner and meaner? Army practices blitzkrieg to strike hard at enemy,” Times of India, May 10, 2011, http://articles.timesofindia.indiatimes.com/2011-05-10/india/29527731_1_three-strike-corps-army-and-iaf-transformational

12 “CIA has created own Taliban to wreak terror havoc on Pakistan, claims Pak paper,” ANI, May 12, http://my.news.yahoo.com/cia-created-own-taliban-wreak-terror-havoc-pakistan-091621821.html

13 “New al-Qaeda chief in North Waziristan,” May 19, 2011

14 http://www.msnbc.msn.com/id/43033985/ns/world_news-south_and_central_asia/

15 http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/asia/afghanistan/8519535/US-steps-up-face-to-face-peace-talks-with-Taliban.html

Oligarchie financière et politique: N’oublions pas qui est DSK… Rappels utiles

Posted in actualité, économie, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, Social & Retraite with tags , , , , , , on 23 mai 2011 by Résistance 71

Quelques rappels utiles sur Dominique Strauss-Kahn

21 mai par Jérome Duval

Url de l’article original:

http://www.cadtm.org/Quelques-rappels-utiles-sur

  • Il a occupé les fonctions de ministre de l’Industrie et du Commerce international de 1991 à 1993, période durant laquelle il a participé aux négociations commerciales de l’Uruguay Round préparatoire à la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
  • En 1994, il participe avec Raymond Lévy, alors PDG de Renault, à la création du Cercle de l’Industrie, cercle spécialisé dans la défense de l’industrie française à Bruxelles, dont il devient le vice-président et où il côtoie des grands patrons.
  • En 1997, Lionel Jospin, nouveau Premier ministre, le nomme ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Il est l’artisan de privatisations massives, notamment celle de France Télécom, alors que le programme de Lionel Jospin excluait expressément cette dernière. Sous son impulsion, le gouvernement Jospin (1997-2002) a privatisé davantage que les gouvernements de droite Balladur et Juppé réunis (31 milliards d’euros contre 25,7), notamment quelques fleurons de l’économie française qui échappent ainsi au contrôle public : Air France, Aérospatiale (EADS), Thomson, Autoroutes du Sud de la France, France Télécom, Eramet, des compagnies d’assurances (GAN, CNP), des banques (Crédit Lyonnais, CIC, Marseillaise de Crédit, Crédit Foncier de France)…
  • En mai 2005, il sort un DVD en faveur du « oui » au projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe. Le « non » l’emportera en France à plus de 54%.

Le 17 septembre 2006, il déclare : « Les universités françaises sont en train de plonger dans les palmarès internationaux. Il faut créer une concurrence entre les établissements et mettre fin à l’hypocrisie du diplôme unique. Ce qui n’empêche pas de garder le système dans le public et de conserver une vision égalitaire ». Il ajoute : « Pour moi, il n’y aurait pas de scandale à ce que la chaire de physique nucléaire de Paris-VI soit financée par EDF, si EDF trouve que c’est bon pour son image. Mais ce n’est pas dans les mœurs |1| ».

  • Le 18 novembre 2008, il est décoré des insignes de Grand officier de l’ordre de la République par le dictateur tunisien Ben Ali. A cette occasion, M. Strauss-Kahn déclare : « l’économie tunisienne va bien, malgré la crise, (…) la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c’est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays (…) le jugement que porte le FMI sur la politique tunisienne est très positif (…) les choses continueront de fonctionner correctement |2| ».
  • En novembre 2008, à l’issue de sa visite en Libye, il déclare : « Le Maghreb a connu des progrès remarquables et son potentiel est considérable. (…) J’ai félicité les participants à la Conférence de Tripoli d’avoir adopté le plan d’action pour accélérer les réformes en matière de facilitation des échanges, d’intégration financière et de la promotion du secteur privé et des projets communs. (…) Le défi principal est de maintenir le rythme des réformes en cours visant entre autres à réduire la taille de l’État. Dans ce contexte, le Programme de distribution de la richesse comporte à la fois une bonne occasion et certains risques. S’il est structuré et mis sur pied convenablement, ce programme pourrait promouvoir le secteur privé tout en minimisant les risques posés pour l’offre de services publics essentiels |3| ».

« On vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans » (Le Figaro, 20 mai 2010). Le ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, le remercie publiquement pour sa position en faveur de la réforme des retraites |4|.

Notes

|1| « Depuis New-York, Strauss-Kahn veut dynamiter les facs », Libération, 19 septembre 2006 et sur un site de soutien à sa candidature aux primaires du Parti socialiste : http://www.dskpour2012.com/dominiqu…

|2| Voir la vidéo : http://www.cadtm.org/Strauss-Kahn-d…

|3| Communiqué de presse consulté le 12 mars 2011, http://www.imf.org/external/french/…

|4| Dépêche AFP, « Retraites : merci à DSK (Woerth) », 7 octobre 2010

Oligarchie et nouvel ordre mondial: Lagarde au FMI: petit prédateur deviendra grand ?

Posted in actualité, économie, crise mondiale, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique française with tags , , , , , on 22 mai 2011 by Résistance 71

Avec Christine Lagarde, l’industrie US entre au gouvernement français

 

Url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article17340.html#article17340

 

Inconnue des Français, l’avocate Christine Lagarde a été nommée ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement de Dominique de Villepin. Il y a quelques jours encore, elle défendait les intérêts des multinationales états-uniennes contre ceux des entreprises françaises et européennes. Ses positions politiques s’accordent parfaitement avec son engagement militant au sein du CSIS, le think-tank du lobby pétrolier aux États-Unis.

 

22 JUIN 2005

Université St. Gallen, Suisse, 20 mai 2005.

La composition du nouveau gouvernement français, annoncée le 2 juin 2005, étonne par son incohérence. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, un gaulliste qui a acquis une stature internationale de premier plan avec son célèbre discours contre la guerre d’Irak devant le Conseil de sécurité, est flanqué d’un ministre d’État, Nicolas Sarkozy, soutien inconditionnel des États- Unis et d’Israël.

Le ministère des Finances, lieu stratégique de la pénétration US, devient un bastion atlantiste. Le ministre de l’Économie, Thierry Breton, est membre d’un puissant think tank libéral, l’Institut Aspen [1], et administrateur de sa branche française. M. Breton s’est adjoint trois ministres délégués. Pour des raisons d’équilibre interne de la majorité présidentielle, François Loos est en charge de l’Industrie. Jean-François Copé est chargé du Budget et de la Réforme de l’État. C’est un « jeune leader » formé aux méthodes américaines de communication au sein de la Fondation franco- américaine par John Negroponte [2], actuel patron de l’ensemble des agences de renseignement US. Enfin, Christine Lagarde se voit confier le Commerce extérieur.

Madame Lagarde est inconnue en politique. Brillante avocate, spécialisée en droit social, elle a rejoint, en 1981, le cabinet Baker & McKenzie à Chicago et a poursuivi toute sa carrière aux États-Unis. Tout en menant sa vie de femme, soulignent ses attachés de presse, elle a monté tous les échelons du premier cabinet mondial de droit des affaires (4 400 collaborateurs dans 35 pays) jusqu’à devenir membre de son Comité exécutif, puis à l’automne 2004 présidente de son Comité stratégique. En outre, en avril 2005, elle entrait au Conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING Groep, une des principales sociétés financières au monde.

Christine Lagarde figure en 5e position du classement des femmes d’affaires européennes établit par le Wall Street Journal et en 76e position du classement des femmes les plus puissantes du monde établit par Forbes. Éblouie par ce parcours exceptionnel, la presse française s’est abstenue de toute enquête sur la nouvelle ministre.

Bien que cela ne figure pas sur sa biographie officielle, Madame Lagarde militait aux États-Unis au Center for Strategic & International Studies (CSIS) [3]. Au sein de ce think tank, elle co-présidait avec Zbigniew Brzezinski [4] la commission Action USA/UE/Pologne et suivait plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais. Or, dans ces instances, elle représentait les intérêts états-uniens contre ceux du Commerce extérieur français dont elle est aujourd’hui la ministre [5].

En      sa      qualité      d’avocate      du      cabinet Baker & McKenzie, elle poussait plus particulièrement les intérêts de Boeing et Lockheed-Martin contre ceux d’Airbus et de Dassault.

En 2003, Christine Lagarde est également devenue membre, toujours au sein du CSIS, de la Commission pour l’élargissement de la communauté euro-atlantique aux côtés de son ami Brzezinki et de diverses personnalités dont l’ancien directeur de l’OMC Reanto Ruggiero et l’ancien ambassadeur spécial pour la restitution des biens religieux en Europe centrale, Stuart Eizenstat. Cette commission s’est occupée des investissements possibles en Pologne, Slovaquie, Lettonie, Roumanie, République tchèque et Hongrie.

Au sein de chacune de ces diverses commission, un homme jouait un rôle central : Bruce P. Jackson, fondateur du Comité états-unien pour l’expansion de l’OTAN (US Committee for Expand NATO). Il représentait les intérêts de l’avionneur Lockheed Martin, dont il avait été vice-président. C’est au travers des relations nouées dans les commissions présidées par Christine Lagarde que M. Jackson monta le contrat du siècle : la vente, en avril 2003, de 48 chasseurs F-16 Lockheed-Martin à la Pologne pour 3,5 milliards de dollars. Cette transaction provoqua la consternation en Europe dans la mesure où le gouvernement polonais payait cette commande avec les fonds de l’Union européenne destinés à préserver son secteur agricole.

Ce contrat était disproportionné par rapport aux besoins réels de la Pologne. En outre, la logique eut voulu que Varsovie s’équipe de Mirage 2000-5 MK2 Dassault ou de Jas-39 Saab en entrant dans l’Union.

Cependant, ce contrat était indissociable de l’engagement de la Pologne dans la colonisation de l’Irak aux cotés des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie. M. Jackson était d’ailleurs le principal bailleur de fonds du Comité pour la libération de l’Irak (Committee for the Liberation of Iraq) [6].

Dans la continuité de ce marché, la Commission euro-atlantique de Madame Lagarde se donna comme mission « d’assister les entreprises polonaises pour améliorer leur capacité à devenir sous-traitants d’entreprises (notamment états-uniennes) qui ont remporté des marchés en Irak et en Afghanistan, et aussi pour la modernisation du système de défense polonais » [7].

En supposant que Christine Lagarde ait abandonné ses fonctions précédentes sans l’intention d’y retourner, on pourrait admettre qu’elle ne se place pas dans un conflit d’intérêts. Cependant, au vu des positions politiques défendues par les groupes de travail qu’elle a présidé, on ne peut que constater qu’elle est en totale opposition avec la position française défendue par Dominique de Villepin à l’ONU.

Enfin, les déclaration de la ministre, deux jours après sa nomination, ont choqué les syndicats français. Christine Lagarde s’est engagée à réformer le droit du travail qui, selon elle, « constitue souvent un frein à l’embauche et à un certain nombre de décisions d’entreprendre ». Toutefois, pour bien comprendre son point de vue, il importe de ne pas interpréter ses déclarations en les assimilants au discours du MEDEF, mais au regard des positions qu’elle a développées jusqu’ici. Elle fut en effet très active pour imposer le modèle anglo-saxon de droit social en Europe centrale et orientale. Son but était de promouvoir les intérêts des firmes états-uniennes, pas ceux du grand patronat de la vieille Europe.

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[1] « L’Institut Aspen élève les requins du business », Voltaire, 2 septembre 2004.

[2] « John Negroponte, bientôt à Bagdad » par Arthur Lepic, Voltaire, 20 avril 2004.

[3] « CSIS, les croisés du pétole », Voltaire, 6 juillet 2004. [4] « La Stratégie anti-russe de Zbigniew Brzezinski » par Arthur

Lepic, Voltaire, 22 octobre 2004. [5] Les intérêts européens étaient représentés par un autre co-

président, l’ancien ministre autrichien Ferdinand Lacina.

[6] « Une guerre juteuse pour Lockheed Martin », Voltaire, 7 février 2003.

[7] « Assist Polish companies to better self-market capabilities as a subcontractor or supplier for contracts won by prime contractors (particulary U.S.) in Iraq, Afghanistan, and as part of Poland’s defense modernization », Draft Work Plan, 25 février 2004.