Résistance politique: joindre l’action directe non violente à la parole…

Nous ne pouvons qu’adhérer aux propos de Hozé reproduits ici. Nous l’avions déjà dit et redit à propos du « printemps arabe », récupéré depuis par le consesnsus du statu quo oligarchique: si un mouvement populaire de masse doit réussir, c’est par son action directe à également changer le système, pacifiquement. Pour ce faire, il faut avoir une ligne sociale et politique progressiste commune, et faire bouger les choses. Gagner un momentum populaire, oui… Scléroser le mouvement non !…

A un moment donné, boycotts, désobéissance civile solidaires devront donner une dimension réellement sociale au mouvement. Le temps et la stagnation jouent pour l’oligarchie. La précipitation mène au chaos, l’inertie à la désintégration du mouvement.

Il faut trouver l’équilibre entre les deux: sacrifier l’action au profit de la parole n’est que verbalisme, sacrifier la réflexion à l’action n’est que de l’activisme. Joindre les actes justes (non-téléguidés de l’extérieur) aux paroles réfléchies (non-dictées de l’extérieur) est la condition sine qua non du succès d’un mouvement social. Democracia Real Ya ! en a le potentiel. Les semaines à venir seront cruciales.

— Résistance 71 —

 

 

Ce n’est pas tout de le dire

 

Par José Camarena le 29 Mai 2011

Url de l’artice original:

http://samesoule.wordpress.com/2011/05/29/ce-n’est-pas-tout-de-le-dire/

 

 

Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des banquiers et des politiques », dit la pancarte principale de la #spanishrevolution. Certes, mais ce n’est pas tout de le dire ! Ce n’est pas tout de prôner la non-violence absolue en se réclamant de Gandhi et en oubliant que ce dernier avait pris les coloniaux Britanniques par la bourse en demandant à son peuple de boycotter le sel et, même de manière violente et tragique en certains moments. Ni la révolution espagnole ni les arabes et musulmanes (que l’on voit d’ores et déjà, comme prévu, récupérées ou édulcorées) ne parviendront à leur fin sans toucher la bête (ici appelée banquiers et politiciens) à l’endroit où cela lui fait le plus mal : l’indépendance !

Au risque de me répéter, on ne se façonne pas une révolution pacifique si celle-ci n’est pas supportée par l’immense majorité du peuple et donc, si les revendications ne sont pas susceptibles d’être acceptées comme propres par cette immense majorité. Tant que les « acampados » ne s’allieront pas, d’une manière ou d’une autre, les travailleurs, les petits indépendants et les paysans les plus pauvres autour d’un programme minimal mais crédible et porteur, le mouvement est condamné à disparaître plus ou moins rapidement. Or, qu’est-ce qui fait mal aux politiciens et aux banquiers ? C’est que les premiers n’ont plus aucun pouvoir sur les seconds et que les seconds ont besoin du bras armé des premiers pour continuer leur accumulation. S’attaquer au dieu Marché et à ses contradictions réelles et concrètes ! Bien sûr, l’Espagne n’est pas l’Islande, mais justement, et là-bas, c’est ce qu’ils ont fait : refuser de rembourser la dette, ne plus répondre aux banquiers, etc.

C’est à démonter cet engrenage que les assemblées et le mouvement tout entier doit s’atteler ; à en faire un mot d’ordre général qui fasse prendre la mèche, réellement, objectivement, dans l’ensemble du pays et, en dehors, dans l’ensemble de l’Europe en crise. Je ne sais ce qui va sortir des assemblées qui ont lieu en ce moment même –je sais que l’épisode enthousiasmant de la Bastille, a été stoppé net, par une charge musclée de CRS sans état d’âme- mais, j’espère que les résultats n’en resteront pas à de vagues déclarations sur la méthode et la forme plus que sur le fond de revendications qui, quoi qu’on y fasse, sont des revendications politiques. S’attaquer aux politiciens véreux, critiquer la démocratie formelle et combattre les privilèges, ne peut, en aucune façon, vouloir dire renier la politique, se battre pour plus de démocratie et mettre en place des manières, une manière, de vie en commun qui soit autre, certes, mais ailleurs que dans les places occupées : dans les usines, les villages, les régions, le pays tout entier, les facultés, etc.

Loin de moi l’idée de vouloir faire plaisir à tout le monde –que du contraire. Il me semble qu’un des pièges de mes amis de Sol et d’ailleurs (qui savent très bien ce que je suis en train d’écrire puisque le mouvment s’appelle Démocratie REELLE, tout de suite) réside, précisément, dans un vouloir contenter tout le monde qui, en bout de course, ne contentera personne si ce n’est le pouvoir en place qui verra comment l’illusion s’effrite et le danger, par eux ressenti, s’éloigne ou disparaît. Me propos pourraient sembler contradictoires : d’un côté chercher à rassembler l’immense majorité autour d’un ou deux thèmes d’un programme capable de rassembler le plus grand nombre et, de l’autre, l’appel à ne pas chercher à contenter tout le monde. La contradiction disparaît, dès lors que l’on touche à la politisation obligée du mouvement –il ne peut en aucun cas en rester à l’état de mouvement spontanné. Politiser la lutte, faire pression, s’organiser et organiser des contre-pouvoirs réels, des actions d’envergure qui visent le centre nerveux de ce qu’il faut bien nommer par son nom : le système capitaliste, pour qu’il flanche et qu’à terme il menace de « révolutionner ». La lutte sera longue, on le savait ; il ne faut pas qu’elle s’arrête avant d’avoir été menée, avant d’avoir été au-delà des prémisses de l’espoir et du courage intelligent qui rassemble au départ du concret. Il faut tenir dans la distance et les politiques le savent qui, tous, de la gauche institutionnalisée aux écolos bon teint, en passant par les idéologues sectaires, les sociaux-démocrates et les libéraux, se tiennent en retrait. Je n’ai lu ni entendu aucun appui convaincu et fort, aucun geste fort qui appuie les revendications ni le mouvement de la part de cette clique ! Aucun renoncement à la pension à vie en tant que parlementaire, aucune proposition de projet de loi contre les privilèges basiques repris dans le manifeste de la plate-forme : rien !

Certains se méfient du spontanné, d’autres pensent à leur propre jeunesse soixante-huitarde et replongent dans des dilemmes d’avant la chute du mur, d’autres, enfin, craignent pour leur carrière, leurs privilèges, leur fortune… On n’a pas besoin d’eux : ils ont besoin de nous ; mais, de « nous » qui veut dire le peuple et non pas dix mille, même cent mille personnes, même un million : le peuple ! Et, pour le moment, le peuple continue, comme si de rien –même si les élections italiennes confirment la tendance de l’Espagne, la semaine dernière, l’abstention continue de croître jusqu’à des sommets difficilement soutenables, même en démocratie formelle : terreau pour l’extrême-droite. D’ailleurs, à noter que, pour la première fois depuis des décennies, un partie xénophobe et allié de le Pen, a émergé en Catalogne dimanche dernier… Il en va et en ira de même dans toute l’Europe si personne n’est capable de redonner sens au désespoir, de mettre des mots sur des douleurs et des maux, de redonner ses lettres de noblesse à la politique et à l’Utopie.

Je sais et je suis certain que c’est cela qui sortira des débats épuisants menés dans le plus grand respect de la parole de tous et avec des manières de faire, tellement organisées, qu’il était impossible qu’un petit (ou un grand) leader apparût. Déjà Barcelone a décidé de prendre deux jours de plus afin de « se structurer et pouvoir dé »centraliser le mouvement vers la périphérie » ; Madrid, Séville et Valence viennent, à l’instant (minuit) de décider la même chose. Après, il s’agira d’unifier tous ces petits laboratoires, de les relier autrement que par le Net et les réseaux sociaux.

Ces laboratoires portent le germe d’un autre possible, d’une véritable révolution (la première) qui met en avant et l’internationalisme et le pacifisme et la protection de la Nature ! L’Utopie vaut la peine t les gens y adhèrent pour peu qu’elle se montre de face, sans chichis. Le grand écrivain Galeano, disait l’autre jour, sur une chaîne catalane, alors qu’il était interrogé sur ce qu’il venait de voir à Madrid, à peu près ceci que je cite de mémoire : « Un ami cinéaste et moi étions en Colombie, devant un parterre d’étudiants et tout se passait bien jusqu’à ce que quelqu’un nous demande ce qu’est l’Utopie. Je regarde, perdu, mon ami et lui passe la parole en me disant « le pauvre » et, à ma grande surprise, il répond tranquillement cette phrase merveilleuse : l’Utopie, c’est comme l’horizon, toujours visible et toujours inaccessible, tu avances de dix pas et il recule de dix pas, mais tu avances ; l’Utopie, c’est cela, ce qui te permet et qui te fait avancer. »

Sans cela, le risque est grand de tomber dans ce qui, malheureusement, est devenu l’alternatives du Maghreb et du Makrech : démocratie réelle, réformisme mou ou recul et répression. Aucune révolution –et encore moins en ces temps où le pouvoir est tout aussi globalisé que les oppositions et aussi rapidement interconnecté- ne peut se faire sans l’appui des classes populaires et des intellectuels –je l’ai déjà dit- mais sans celui, également, de la petite bourgeoisie et des indépendants, eux aussi victimes du système. En fin de compte, les bénéficiaires du capitalisme sont très peu nombreux, alors pourquoi ses sbires tiennent-ils les rênes si fortement qu’on dirait des laisses invisibles au cou des citoyens avachis, abrutis, manipulés, aliénés ? C’est une des questions auxquelles il faudra répondre et qui n’est pas la plus difficile, afin de mettre en place des contre-pouvoirs efficaces (qui touchent et éveillent la conscience des peuples, au-delà de l’indignation). Pour les pays de l’hiver jasmin, sur la rive méridionale de la Grande Bleue, se défaire des multinationales et des puissances « alliées » encore à la tête des politiques et des militaires aujourd’hui démocrates, afin d’en terminer avec une réelle démocratisation, une réelle indépendance économique et politique, une réelle négociation avec Israël d’égal à égal et se sortir des bourbiers Syrien, Libyen, Yéménite, du Bahreïn, etc. Pour l’Espagne, se défaire du poids des restes du franquisme, récupérer la mémoire historique, et se trouver des alliances autres que celles des politiques aux ordres des agences de notation et de l’empire du marché des armes et de la drogue (le tourisme, pour ne citer que lui, repose sur le grand banditisme et la corruption généralisée, sur la péninsule). Pour tous, viser le FMI, la BM, le G8 et le G20… Parenthèse : Galeano disait aussi, dans la même interview que DSK, avant de violer l’employée de l’hôtel, avait violé impunément des pays et des continents entiers –ce qui peut donner une certaine idée de toute-puissance et il devrait être jugé pour les deux types de viols commis. Fin de la parenthèse.

Je ne vais pas revenir sur mes articles précédents concernant le mouvement Democracia Real Ya (DRY). J’y crois, je veux y croire et nous devrions, nous tous qui sommes pour un monde autre, être solidaires et y croire. La #spanishrevolution a les pieds bien sur terre et a fait preuve d’indépendance, de courage, de ténacité, de lucidité et d’énergies vitales qui la rendent capable non seulement de durer, mais d’aller jusqu’au bout. Il lui faut, à présent, avancer : l’horizon ! La graine semée a d’ores et déjà pris, il s’agit d’en récolter les fruits, en prenant soin, auparavant, et cela durera le temps que cela doit durer, de veiller jalousement à la santé des pousses ! Plus rien ne sera jamais plus comme avant (au Sud de la Méditerranée non plus) : cela a déjà touché le cœur ou l’estomac des partis de la gauche, quoi qu’ils disent, parce que les revendications sont réalistes et que l’analyse de départ est sans failles et inattaquable –raison pour laquelle l’effort doit porter sur l’enracinement de celles-ci parmi les couches les plus larges et de la manière la plus fertile possibles. Il n’est pas inutile de le rappeler : le mouvement est contre le système, mais pas apolitique, il vise à un changement de système, clairement progressiste –même s’ils n’aiment pas qu’on les compare à ce qui existe car ils veulent autre chose de complètement nouveau. Ils ont raison, raison pour laquelle c’est révolutionnaire. Ce contre quoi je les mets en garde c’est précisément cela : des demandes si réalistes au départ d’analyses si évidentes peuvent, si le processus n’est pas huilé et très bien structuré, aboutir à l’inverse de l’effet escompté : renforcer la social-démocratie dont les thèses pourraient se voir enrichies par le travail effectué tout au long de ces semaines par les jeunes et les moins jeunes « acampados ». Car, comme le souligne un politicien de Barcelone : « tout cela met en évidence, le manque de politique au niveau Européen susceptible de donner des réponses aux problèmes de la Société » (repris par le journal publico.es du 29/5)

En fait, le politique que l’on croyait mort, les idéologies et l’histoire finis, reviennent en force –et de quelle manière- sur le devant de la scène, avec des citoyens protagonistes, anxieux de redevenir sujets de leur destin et solidaires des affaires du monde. Jusqu’ici, la révolution cherche à se définir comme révolution sociale : représentation réellement démocratique, lutte contre la corruption et les privilèges, séparation effective et réelle des pouvoirs, contrôle citoyen sur les responsables et les responsabilités des politiques. Un des porte-parole de Sol a pu même déclarer que toutes ces revendications « a minima » se trouvaient déjà dans les textes de Loi et la Constitution, mais sans être respectées ni appliquées. En somme, une évolution plus qu’une révolution au sens classique du terme. Une évolution qui, sans s’en rendre vraiment compte, de se mettre en place, pousserait le système à s’embourber dans ses contradictions car, en l’état actuel du fonctionnement des affaires du monde, pouvoir et corruption, manipulation et mensonge, non respect des Constitutions et inégalités, maintien des privilèges et politiciens aux ordres du fantôme tout-puissant surnommé « communauté internationale » sont tout bonnement indispensables à sa survie !

Je terminerai cet article par les paroles de Natalia Muñoz, une des instigatrices du mouvement DRY : « il est logique que certaines choses que nous disons ne soit pas suffisamment rigoureuses car elles ne sont que l’expression d’un mal-être. C’est pour cette raison que nous avons besoin de l’appui de spécialistes et l’aide de tous ceux qui s’y connaissent dans chacun des points abordés. » (in publico.es, idem supra) en somme une espèce de deuxième transition –véritablement consensuelle et partie du peuple, cette fois- contrairement à celle, peureuse, qui suivit la mort du dictateur, l’instauration de la Monarchie et la rédaction d’une Constitution à la Belge, sous la pression des pouvoirs factieux encore en place, le souvenir des horreurs et, en même temps leur déni de fait, de la mémoire historique, le début des années de crise qui annonçaient les Thatcher-Reagan dont on connaît les méthodes, les objectifs et les limites imposées en des temps dits de Guerre Froide. Aujourd’hui, la rue redevient Agora, et l’on ne se contente plus d’abattre des murs, mais on emploie toute son énergie à construire des ponts. La Parole retrouvée –une Parole vraie tant au sens marxien qu’au sens lacanien du terme : quelle, belle et grande, révolution en ces temps d’uniformité et de replis frileux !

José Camarena 290511

© Hozé 5/2011

12 Réponses vers “Résistance politique: joindre l’action directe non violente à la parole…”

  1. En se déclarant « apolitique » le mouvement s’est peut être tiré une balle dans le pied.
    Par ailleurs, ce qualificatif a été – va être – repris par les médias français de telle sorte que ce mouvement en devient incrédible et / ou récupérable.
    Le risque est grand que dans l’inconscient collectif une révolte quelqu’elle soit, soit supposée inutile.

  2. Emma berhmann Says:

    il faut également déconstruire l’ordre économique mis en place dans toute l’Europe et notamment dans l’agriculture est le parfait exemple, donc le socle est en Espagne avec 1/5 du territoire consacré à cette agriculture qui emploie une main d’oeuvre marocaine ou venue de l’Europe de l’est, qui s’articule également sur le Maroc qui fournit une bonne partie de la production. Âu Portugal, une main d’oeuvre venue des pays de l’Est, s’élève à 500 000 personnes.

    Cette agriculture-là qui concerne le maraichage et les fruits tue non seulement l’agriculture espagnole et portugaise, mais les agricultures europénnes et tend de plus en plus à s’imposer en France, dans le sud ouest notamment où arrivent des saisonniers venant de Pologne ou des pays de l’est.

    Pendant qu’on nous bassine avec les quelques milliers de boat people à Lampedusa ou autres, on organise des transfets massifs de population, travailleurs ous payés, de pays entrés dans l’Europe, qui ne sont plus que plus que des réservoirs de main d’oeuvre à bas coût.

    On offre désormais aux espagnols ces emplois de misère.

    L’exemple de la fraise à Huelva et Alméria est édifiant, zone la plus polluée d’Espagne par des pesticides. 40 000 saisonniers y sont employés avec des contrats en dessous du SMIC et 40 000 autres sont employés à la tâche, et attendent des jours entiers qu’on leur propose du travail qui vient ou ne vient pas comme aux USA, ils attendent aussi au bord des routes.

    ce système-là existe chez nous dans la construction immobilière. je l’ai vu fonctionner à Bordeaux, pour des ouvriers qui attendaient ainsi jour après jour qu’on leur propose des journées de travail sur le département ou les départements voisins.

    Ce qu’il faut déconstruire, c’est cet ORDRE ECONOMIQUE MONDIAL qui s’est mis en place dans ces trente dernières années et qui fonctionne à notre insu, dan l’agriculture, l’immobilier, le tourisme avec la restauration et qui met en danger l’ensemble des secteurs concernés.

    Un autre exemple, c’est en Italie qui a aussi sa zone de non droit dans le sud et dans les mêmes conditions, mais tenues par les mafieux et Berlusconi. C’est pour cela que cette région ne pourra jamais se développer. il y a en plus une zone en Toscane, dans l’industrie textile où on fait venir sur les 2 décennies 40 000 chinois qui ont supplanté et se sont emparés de toutes les entreprises locales, sous traitants des diverses marques en Europe et approvisionnent toute l’Europe.

    Tant qu’on aura pas changé les paries pourries de nos modéles économiques tirs mondisé et le reste entre les mains des industriels, secteur de l’énergie et autres, les manifestations sans des changements de cet ordre ne serviront à rien.

    Des milliers d’emploi de service à Milan, auprès des personnes agées ou à domicile et en Irlande sont tenus par des gens venus des pays de l’Esst. c’etait le cas également en Irlande à Dublin.

    Milan vient de tomber et Naples aussi entre les mains de la gauche, mais cela ne suffira pas. il faut voir comment fonctionne l’administration au niveau des chambres d’agriculture et des offices des maigrations qui orgnisent ces transferts massifs de travailleurs exploités et casser le fonctionnement du marché du travail légal. l’arrivée au pouvoir de l’ultra droite en Ploogne n’était pas anodine.
    des valets au service de l’ultra libéralisme, qui livre le pays entier à cette junte.

    • Tout à fait d’accord, merci de ces précisions… Le problème de l’agriculture est un énoooorme problème bien au delà de la main d’œuvre employée, exploitée, sous-payée dans une industrie du tout chimique, tout OGM et autres chimères alimentiares destructrices (voir la sage de la « vengeance des concombres masqués » en ce moment en Allemagne..).

      Vos propos rappellent deux références littéraires:
      1- « Les raisins de la colère » de Steinbeck, remarquable livre (qu’il vaut mieux lire en anglais)
      2- Un bouquin de Jacques Attali, écrit en anglais en 1991 et à notre connaissance introuvable en français: le très troublant « Millenium, winners and losers in the coming world order » (éditions Times Book) que l’on peut traduire par « Millénaire, vainqueurs et perdants dans l’ordre mondial émergent »
      Dans ce livre, Attali, qui est toujours un des idéologues européens et francophone du Nouvel Ordre Mondial, décrit la transformation du monde et es populations en deux catégories: celles des nantis, qui vivront dans des zones vertes et ce qu’il appelle l’homme nomade, que la société fera errer de zones en zones pour trouver du travail et vivre comme un serf/esclave de l’oligarchie aux commandes.
      Le bouquin est un tissu d’âneries plus grosses les unes que les autres, avec déjà les dogmes en place tels le « réchauffement climatique anthropique » et la peur du CO2 et de la surpopulation, thèse malthusienne erronée et pseudo-scientifique comme le darwinisme-social des Spencer, Galton, et Huxley du reste…
      Mais Attali prédisait « l’homme nomade » de la société hyper-industrielle, alors qu’aujourd’hui on se dirige à dessein vers une société voulue post-industrielle…
      Ce bouquin est un modèle de propagande élitiste, basé sur de la pseudo-science…
      Atalli est toujours invité aujourd’hui à pérorer ses inepties élitistes et eugénistes sur les plateaux de télévision les plus en vue…

      Malheureusement, le pathétisme ne tue pas…

      Nous réitérons ici ce que nous disons sans cesse: IL N’Y A PAS DE SOLUTIONS AU SEIN DU SYSTEME !…

      Voter n’a jamais servi à quoi que ce soit, ce n’est pas demain la veille que ça changera. Il faut éradiquer le système étatico-capitaliste et le remplacer par l’autogestion et le pouvoir direct aux peuples. Tant que cela ne sera pas fait, rien, jamais rien ne changera, que du cosmétisme béat… des cautères sur jambes de bois !

  3. Emma berhmann Says:

    les petits producteurs du maraichage en Espagne ne sont que les négriers des temps modernes qui font le travail pour des donneurs d’odre qui sont invisibles et qui sont les banquiers et les Centrales d’achat invisibles avec son bras armé l’administration qui ne sert plus qu’à cela. C’est le même modèle mais adapté au XXe s ( fin du XXè ) lorsque Bordeaux et Nantes armaient des bateaux qui faisaient la traite négrière.

    Ces producteurs espagnols et les producteurs français se mettent au même régime, disent qu’ils n’ont pas d’autres choix que procéder de cette manière, car le prix de revient est trop élevé.

    On est en pleine saison de production de fruits et les étals des supermarchés du sud ouest, région agricole, sont emplis de fruits, cerises encore la semaine dernière, venues d’Espagne et vous avez maintenant les melons, nectarines, pêches d’Espagne et du Maroc.

    Donc le marché est cassé par les fruits venant de ces pays-là d’entrée et il ne reste que les miettes à prendre pour les producteurs locaux.

    Cette production repose sur le principe d’avoir tout de suite en primeurs, toutes les formes de production, donc emploi massif de pesticides pour inonder les marchés bien avant nos productions et productivité record, l’épandage d’engrais se fait semaine après semaine ( fraisiculture) et produits interdits dans d’autres parties de l’Europe.

    je ne comprends pas qu’on n’étudie pas dans les moindres détails cette agriculture-là.

    Nicolas Bell dans « travailleurs migrants de l’agriculture intensive » étudie ce problème et moi je l’élargis, car la méthode s’applique à tous les secteurs.

    La crise financière a bon dos, mais il faut étudier comment tout a été cassé minutieusement bien avant.

    Berlusconi pour Milan disait  » Milan ne doit plus être la ville des arabes, des noirs, et des européens de l’Est » ces jours-ci alors qu’il en est le plus gros pourvoyeur de cette main d’oeuvre invisible, extrêmement importante, mais non comptabilisée, car des contrats de travail de plussieurs mois, mais constamment reconductible.

    Nicolas Bell dit que cette agriculture ne peut être réformée, mais doit être éliminée complétement, car elle signifie au fond la ruine de la production agricole paysanne de qualité, autant ici en Espagne qu’en Europe que dans les pays d’origine des migrants.

    le bras armé de cette politique, ce sont bien entendu les gouvernements et l’oligarchie et son bras armé l’administration qui tourne à plein régime, pour favoriser cela, avec la complicité des politiques au niveau local qui sont très bien payés et sont présents dans tous les organismes agricoles pouvoyeurs.
    Et aucune réforme ne changera ce système, la poudre aux yeux que consttue la création des communautés de communes, qui ne sert qu’à accélérer le systéme puisque centralisation oblige.

    Tout l’argent public ne sert qu’à approvisioner ce systéme, exemple des autoroutes qui ne servent qu’à alimenter en infrastructures les zones où la production intensive est organisée, donc les terres les plus riches, puisqu’un économiste disait queau Portugal ces grandes infrastructures traversent le pays, autoroutes et traversent des zones complétement laissées à l’abandon, comme en Tunisie où tout se concentre sur la côte, vitrine de la Tunisie. Il est plus facile d’agrandir avec l’argent public des zones déjà pourvues mais appartenant au privé que désenclaver des départements où surivient de pauvres agricultueurs où on ne construit même pas les infrastructures de base, eau, assainissement pour qu’ils puissent vendre leur production lovcalement ou un peu plus loin, sur la côte. il vaut mieux exporter et casser ainsi et envoyer dans les bidonvilles les gens qui vous gênent et s’apprprier de leurs terres.

    • Et oui.. et c’est bien pour cela qu’il faut en sortir, radicalement. Le capitalisme et son garde-chiourme étatico-bureaucratique sont au_delà de toute rédemption.

      Solidarité, boycott de toutes les institutions, grève générale illimitée expropriatrice (comme l’Italie en 1920, dont le mouvement ouvrier fit un excellent boulot d’autogestion, qui s’étendit aux campagnes… pour être trahi.. par les communistes autoritaires d’état qui vendirent le mouvement au patronat et au gouvernement pour des illusions… Avec pour résultat le financement par le gros business de Mussolini…Ceci fut répété en Espagne en 1938-39…), autogestion et reprise immédiate du travail en autogestion pour garantir aux peuples les trois fonctions essentielles de la vie sociale dans un premier temps: la bouffe, le logement et l’habillement. Abolition de l’´état, saisie des banques « centrales » et arrêt de tout paiement pour quoi que ce soit.
      Réorganisation de la société en communes autonomes, autogérées et volontairement fédérées, égalitaires, solidaires et libres… Le succès de l’entreprise sociale et populaire fera boule de neige.

      Nous, les peuples n’avons aucun besoin de contrôle et de diktats. On gère tout nous-mêmes, par nous-mêmes et pour nous-mêmes sans économie de marché de profits et autres fadaises réductrices, archaïques et rétrogrades.

      Tout le reste, solutions proposées au sein du système sera encore et toujours récupérées par l’oligarchie, retournées contre nous et deviendra de nouveau outil d’exploitation et de répression sociale et politique.

      Solidairement, nous pouvons mettre le système à genoux pacifiquement en quelques mois … Tout en gérant et préparant la succession et l’avenir, car c’est là que ça coince toujours: qu’est-ce qu’on fait après ?..

  4. J’avoue avoir du mal avec l’auto-gestion.
    Mais,
    la dette tient en une poignée d’octets,
    la monnaie n’est que de la dette créé à partir de rien,
    la propriété privée est une escroquerie,
    et toutes les violences, les guerres et les abominations en sont les conséquences.
    Si le système qui nous régit est d’une affigeante débilité, un – simple – boycott total de celui-ci « suffirait » à le flanquer par terre.
    Effectivement, c’est certainement la meilleure des actions possibles.
    C’est crétin à pleurer.

    • Le problème majeur réside dans la masse critique. On n’y arrive pas à trois tondus et un pelé. Il faut quelques millions de gens, organisés et décidés. Pour ce faire, il faut une conscience sociale, c’est à dire qu’il faut que la masse des gens comprennent de quoi il retourne.. ça on est pas mal là dessus, de plus en plus de citoyens sont éveillés, mais ensuite il faut obtenir une masse critique de gens prêts à faire le grand saut dans un certain inconnu, à savoir faire table rase sur un système auquel on s’accroche par peur et embrasser volontairement un non-système autogestionnaire où chacun aura son mot à dire et participera activement à la destinée de la communauté, sans savoir le résultat à l’avance.
      Mais savait-on le résultat de la société que nous avons été obligée de suivre, avons-nous eu le choix ?… Certains diront oui par les élections… Fadaises, qu’ils se penchent un peu sur la réalité du système électoral… Une pantalonnade barnumesque…

      Il est toujours assez facile de manipuler les citoyens pour les faire se résoudre à la violence etc… mais quand on doit le faire de manière non-violente la manipulation n’est plus possible. Gandhi n’a pas manipulé des centaines de milliers puis millions d’Indiens a boycotter le sel et à aller le chercher eux-mêmes… Les gens l’ont fait de leur propre chef, sans contrainte.
      Pour que cela se passe, il faut que le message soit passé.

      « la rebellion sans conscience n’est qu’une explosion d’impuissance ».
      — Paulo Freire —

      • Parfois j’ai le sentiment pessimiste que la paupérisation galopante, aux US comme en Europe, va provoquer une prise de conscience forcée qui va générer plus de mauvais que de bon : émeutes et violence.
        Ce qui aurait pour conséquence, dans le pire des cas, un appel populaire à un retour à l’ordre, égal à la signature d’une chèque en blanc pour un musèlement total.
        Ce qui me fait dire que si la prise de conscience et le boycott pacifique n’arrivent pas rapidement, les mois qui viennent vont sentir le roussi.
        J’espère avoir tort, mais les prix grimpent, grimpent…

        • Oui tout à fait, c’est indéniable et c’est un vrai danger.
          En fait, l’oligarchie n’attend que cela.. Provoquer le chaos social intra muros par moyens économiques (mesures d’austérité à répétition, surendettement – arme de destruction massive comme on le sait – inflation avec bien sûr la hausse vertigineuse des prix qui va avec…).
          Les peuples se révoltent violemment car la faim fait sortir le loup du bois c’est bien connu, répression drastique, muselage total, états policiers partout, camps de concentration activés (les fameux camps de la FEMA à yankland, qui sont prêts à l’action) et de là en plus… une guerre, si pas mondiale, du moins majeure, impliquant les grosses puissances.. Les économies sont à genoux, les peuples aussi, et les banquiers finalement proposent leur solution toute prête (n’oublions jamais que les banquiers financent toujours les deux côtés de la belligérance): une gouvernance mondiale, qui passe par les structures d’une ONU gérées par le cartel des banques et de la grosse industrie du complexe militaro-industriel transnationaux, car yankland aura été sacrifié au passage.
          Les oligarques ont ce plan en tête depuis longtemps, c’est un secret de polichinelle.

          Jusqu’ici le temps jouait pour eux, car ils avançaient leurs pions derrière d’épais écrans de fumée… Ceux-ci s’amenuisent de plus en plus car la sauce propagandiste prend de moins en moins… Ils sont en terrain découvert et sont plus vulnérables aux erreurs… A nous de saisir les occasions.

          De toute façon ce sera chaud et très peu de monde en sortira indemne, mais comme disaient les communards, mieux vaut mourir debout que vivre à quatre pattes…

  5. Emma berhmann Says:

    si je cite la fraise espagnole de Huelva, c’est là qu’on comprend l’ampleur des problèmes que suscitent ce type d’agriculture. mais à part des documentaires français on ne voit aucun documentaire espagnol dénoncer cela et les syndicats locaux ne sont pas plus efficaces ainsi que les autorités locales. Mis en cause par les médias en Octobre dernier à Paris, pour leurs pratiques, les exportateurs espagnols sont venus se défendrent à Paris, défendus par les importateurs français et ont démontré qu’à part 3 ou 4 casd’utilisation des pesticides incriminés, tout était parfait.

    En effet, ils sont accusés de pratiques interdites comme 2 catégories de pesticides qui sont utilisés au début de la récolte, le bromure de méthyle, poison à effet de serre interdit depuis 1987 par le protocole de Montréal, ce qui veut dire que ce poison se diffuse dans l’atmosphère également et la chloropicrine,

    arme chimique utilisée pendant la guerre de 1914, lui aussi interdit et utilisé par Saddam Hussein contre les kurdes. Donc ils s’en sont défendus, ce qui est faux.

    Et on ne voit aucun syndicat local intervenir pour dénoncer ces pratiques de même que l’exploitation éhontée des gens venus des pays de l’est, migrations parfaitement orgonisées par l’administration locale,au cas par cas, il ne font qu’accompagner les migrants en leur expliquant les droits qui sont les leurs.

    Ce que je dénonce, c’est toute la chaine de responsabilité du producteur au consommateur et les syndicats ne sont que des gestionnaires de ce capitalisme-là qui épuise les rersssources naturelles, eau et pollution du parc de Donana voisin dont les cours d’eau sont extrêmement pollués et attestent des dommages sur la faune locale.

    Et les responsables en France sont nos importateurs qui vivent grassement de ce commerce-là conforté par nos autorités et responsables locaux.

  6. Salut a tous, c’était une crise d’ado cette resistance ? Terminé ? Le chien aboie et la caravane passe, attention, elle passe…

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