Archive pour mars, 2011

Libye et guerre impérialiste: Une analyse de la résolution 1973 de l’ONU

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis with tags , , on 20 mars 2011 by Résistance 71

Libye : les manipulations de la gouvernance

 

Pierre PICCININ

 

Présenté par la France, avec l’appui de la Grande-Bretagne, le texte de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU, voté ce 17 mars, constitue un nouveau pied de nez de la « gouvernance » pour le droit international, c’est-à-dire d’un interventionnisme arbitraire, comme au Kosovo, comme en Irak, comme en Afghanistan.

Cette résolution, en effet, présente un caractère aberrant et constitue un lourd précédent : d’une part, elle transgresse les principes de non-ingérence et de souveraineté des États et, d’autre part, elle normalise un peu plus encore la politique des deux poids et deux mesures, qui caractérise de plus en plus radicalement l’action onusienne.

Basée sur le postulat rhétorique que le gouvernement de Mouammar Kadhafi exercerait une répression criminelle « contre le peuple libyen et les populations civiles éprises de liberté » (dixit Alain Juppé, ministre des affaires étrangères français), la résolution appelle la communauté internationale à interdire tout vol dans l’espace aérien libyen et à tout mettre en œuvre pour « protéger la population civile et faire cesser les hostilités », soit un texte relativement vague qui occasionnera certainement bien des exactions de la part des États intéressés…

Or, le postulat de base est biaisé : le gouvernement libyen, au moyen de l’armée régulière, pour dictatorial qu’il soit (la légitimité d’un gouvernement, selon le droit international, ne repose nullement sur le critère démocratique), ne vise en aucun cas à massacrer des civils, mais à réprimer une rébellion, armée, qui tente de renverser par la force l’ordre établi, et ce, en outre, dans un contexte tribal qui oppose le nord-est du pays (Benghazi et Tobrouk) aux tribus, majoritaires, qui soutiennent le clan Kadhafi. Il ne s’agit donc pas d’un « dictateur massacrant son peuple désarmé » : le chef de l’État, commandant des forces armées, combat des troupes rebelles, minoritaires, qui sèment le trouble dans le pays, et ce en parfait accord avec le droit international, qui fonde la légitimé de tout gouvernement à exercer souverainement l’autorité sur son territoire, à l’intérieur de ses frontières.

Une intervention militaire à l’encontre de l’armée gouvernementale libyenne reviendrait ainsi à soutenir une rébellion armée qui tente de renverser un gouvernement légalement établi.

C’est pourquoi plusieurs membres du Conseil de Sécurité de l’ONU –et non des moindres : la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde et l’Allemagne, soutenus par la Turquie- ont refusé d’avaliser cette résolution et se sont abstenus lors du vote.

En outre, comment interpréter l’attitude des puissances signataires et de la Ligue arabe (à commencer par l’Arabie saoudite), qui s’indignent des événements qui se déroulent en Libye et proposent, Qatar et Émirats arabes unis en tête, une intervention militaire, alors que, dans le même temps, le roi du Bahreïn, voisin frontalier direct du Qatar et des Émirats, massacre sans pitié son peuple, des manifestants civils, non armés, eux, avec l’appui de l’armée saoudienne envoyée à sa rescousse ? Revoilà donc les deux poids et deux mesures…

Cela étant, le gouvernement libyen, qui a déjà repris le contrôle de la majeure partie du pays, a accepté l’injonction de l’ONU, a décrété unilatéralement un cessez-le-feu pour éviter les frappes annoncées et a appelé la Chine, la Turquie et Malte à dépêcher des observateurs. Mouammar Kadhafi a ainsi désamorcé la crise et coupé l’herbe sous le pied des Occidentaux désireux de soutenir la rébellion, à commencer par la France qui avait parié un peu vite sur la chute du régime libyen et s’est trouvée en mauvaise posture lorsque celui-ci s’est révélé plus solide que prévu.

Mais la France est passée outre, invoquant la supposée fallaciosité des déclarations du gouvernement libyen, et est intervenue en frappant plusieurs cibles au sol sous le prétexte de « protéger des civils », appuyant de la sorte la contre-attaque des rebelles. En cela, la question qui se pose est de déterminer les motivations acharnées de la France à vouloir renverser Mouammar Kadhafi. L’erreur stratégique commise par l’Élysée, en reconnaissant les rebelles comme nouveau gouvernement en Libye, peut expliquer que, dorénavant, la seule option pour Paris, soucieuse de maintenir son influence sur les ressources pétrolières libyennes, est de remplacer le gouvernement Kadhafi par les leaders de la rébellion qu’elle a soutenue. Et personne n’y perdrait au change, dans la mesure où Kadhafi ne s’est pas toujours montré aussi docile que l’Occident l’avait espéré. Aussi, probablement, un nouveau gouvernement serait-il plus complaisant, constitué des ministres et diplomates qui, croyant le moment venu, ont retourné leur veste de ces derniers jours et appelé à la chute du « dictateur » qu’ils avaient pourtant si bien servi jusqu’à présent.

Mais attention, la partie n’est pas encore terminée : face à l’armée libyenne, puissamment équipée par l’industrie d’armement française, dont elle a fait les choux gras des années durant, les forces d’intervention étrangères pourraient bien y laisser des vies… Et cette résolution fumeuse, à présent qu’elle est suivie d’effets, risquerait d’entraîner la Libye dans le désordre dévastateur d’une guerre civile inextricable.

Pierre PICCININ
 Professeur d’histoire et de sciences politiques

http://www.un.org/News/fr-press/doc…

 

http://www.legrandsoir.info/Libye-les-manipulations-de-la-gouvernance.html

 

La guerre impérialiste contre la Libye est anticonstitutionnelle pour l’empire

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, politique française with tags , , on 20 mars 2011 by Résistance 71

Nouvelle guerre déclanchée pour les pétroliers et les banquiers

 

par Résistance 71 | le 20 Mars 2011

 

« La guerre n’est pas une aventure, c’est une maladie comme le typhus.

— Antoine de St Exupéry —

 

« Quelqu’un un jour a dit que 60 familles ont dirigé les destinées de cette nation. Nous devrions aussi dire que si quelqu’un voulait concentrer les feux de la rampe sur 25 personnes qui contrôlent les finances de la nation, nous aurions face a nous les véritables faiseurs de guerre du monde. »

— Henry Ford —

 

** Etablir de force une « zone d’exclusion aérienne » au dessus d’un pays étranger souverain est un acte de guerre, même s’il est mandaté par l’ONU, car il nécessite une intervention militaire extérieure pour incapaciter les défenses militaires anti-aériennes du pays incriminé. Ceci est une ingérence dans les affaires d’un pays souverain et un acte de guerre caractérisé d’autant plus paradoxal qu’il est mandaté par une organisation dont le but est de préserver la paix et non de déclancher des guerres. L’ONU outrepasse ses droits et que le récipiendaire de cette mesure soit Mouamar Kadhafi ne change rien a l’affaire.

L’article 35 de la constitution française prévoit que la déclaration de guerre est autorisée par le parlement. Le parlement français a t’il donc de facto officiellement déclaré la guerre a la Libye ?

En ce qui concerne les Etats-Unis d’Amérique directement impliqués également dans l’attaque d’installation militaire libyenne, seul le Congrès peut déclarer la guerre et non le président. Obama a pris une décision anticonstitutionnelle de par l’article 1 section 8 de la constitution américaine.

La Libye est sujette a une guerre civile entre factions opposées qui si cela est plus que regrettable, n’en est pas moins l’affaire intérieure d’un pays souverain et qui n’est du ressort ni des USA, ni de la France, ni de l’OTAN, ne même de l’ONU qui de manière évidente est entraînée dans la spirale de la doctrine néo-conservatrice des « guerres préventives » dès lors que ces guerres servent les intérêts particuliers de certains groupes influents.

La Libye, indépendamment de ce que l’on peut penser de son leadership, est un pays souverain qui n’a attaqué personne et ne représente aucun danger clair et immédiat pour la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou toute autre nation. Ce pays est englué dans une guerre civile qui est de sa juridiction souveraine et toute interférence est un acte d’agression; aujourd’hui devenu acte de guerre sous un « mandat » hypocrite non valide, qui ne sert qu’un groupe d’intérêts particuliers.

Que l’empire anglo-américain fasciste utilise une organisation fantoche pour couvrir ses exactions de pillage est déjà suffisamment grave, que ce même empire entraîne a sa suite ses pays satellites comme la France dans des aventures guerrières aussi criminelles qu’indécentes et cyniques ne doit pas être sujet a l’approbation forcée du peuple floué et une fois de plus abusé par le biais d’une propagande éhontée des médias atlantistes va t’en guerre.

Cette guerre ne sert que des intérêts privés et notre armées a l’instar de l’armée yankee et britannique devient une armée de mercenaires a la soldes du gros business pétrolier et financier.

« J’ai passé 33 ans dans les Marines. La plupart du temps comme un garde du corps de big business pour Wall Street et les banquiers. Succintement, j’étais in racketer pour le capitalisme.La guerre est un racket. Le seul à l’échelle planétaire. C’est le seul pour lequel le profit se chiffre en dollars et les pertes en vies humaines. »

— Général Smedley Butler (USMC, US Marine Corps) —

Résistance politique: supercherie de l’ONU et abus de pouvoir… Sarko continue son entreprise de démolition de la France

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique française, résistance politique with tags , , on 19 mars 2011 by Résistance 71

Non à l’agression impérialiste en Libye !

 

Url de l’article original: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1278

par le Comité Valmy

 

A la majorité de 10 voix contre 5 abstentions, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 17 mars, une résolution sur la Libye prévoyant notamment la création d’une zone d’exclusion aérienne sur ce pays, afin de mettre fin aux bombardements des sites tenus par les opposants armés, au colonel Kadhafi. Les cinq abstentions à cette résolution belliciste qui ouvre la voie à des frappes aériennes sur le sol libyen, sont celles de la Russie, de la République populaire de Chine, de l’Allemagne, de l’Inde et du Brésil.

Cette résolution a été initiée par la France officielle, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et le Liban. Dans notre pays, elle est approuvée par les partis vassalisés dogmatiquement favorables à l’Europe atlantiste de l’UMPS aux verts en passant par le Parti de Gauche du social démocrate formaté par le trotskisme, Jean Luc Mélenchon qui revendique d’être le candidat du Front de Gauche, lors de la prochaine élection présidentielle.

Le Comité Valmy estime que les Français dans leur grande majorité sont hostiles à cette nouvelle aventure guerrière dont le caractère impérialiste ne peut être masqué par l’alibi de la guerre à objectif humanitaire. Nous dénonçons ce nouvel exemple du caractère aventureusement belliciste, atlantiste et pro sioniste du gouvernement compradore de notre pays. Nous soulignons que les forces authentiquement populaires engagées dans la lutte contre Kadhafi ont, à plusieurs reprises exprimé leur opposition à toute intervention extérieure.

Nous déplorons de constater que le président de la République aie cru pouvoir engager la France dans cette funeste croisade contre le même Kadhafi à qui, à peine élu, il s’empressait de proposer des avions Rafale et une centrale nucléaire EPR (productrice de déchet de plutonium recyclable à des fins militaires). Comment se seraient déroulées la « révolutions arabes » qu’il prétend maintenant soutenir si les USA n’avait pas interdit la vente des Rafales et l’AIEA la vente de la centrale EPR ?

En affirmant qu’il est urgent de désarmer Kadhafi à qui il était prêt à livrer les fleurons des technologies militaires et nucléaires, Nicolas Sarkozy fait accessoirement la démonstration de sa dangereuse incompétence. Dont acte.

Nous remarquons que cette soudaine précipitation à vouloir bombarder un pays à qui l’Union européenne et la France voulaient encore, il y a quelques semaines, fournir du matériel et une assistance pour réprimer les mouvements de foules, coïncide avec de troublantes révélations sur le financement de la campagne électorale de 2007.

Le Comité Valmy exprime son étonnement face à l’attitude passive de pays comme la République populaire de Chine ou la Russie qui une fois de plus ont cédé aux pressions impérialistes en n’utilisant pas leur droit de veto lors du vote au Conseil de sécurité ainsi qu’ils l’avaient semble t-il envisagé dans un premier temps. Cette attitude hésitante et conciliatrice face à l’agressivité impérialiste porte à terme, contre ces même pays, la probabilité qu’ils seront à plus ou moins longue échéance, les victimes de la politique d’agression et de guerre des dirigeants états-uniens et de leurs vassaux de l’OTAN.

L’intérêt des peuples est de ne pas se laisser leurrer par les manipulations politico médiatiques relatives au prétendu droit d’ingérence « humanitaire » qui n’a pour objectif que de supprimer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. A Bahreïn les troupes saoudiennes massacrent les insurgés sans que cela préoccupe le moins du monde nos grands humanistes. C’est que le royaume de Bahreïn, cet archipel du golfe Persique est d’une importance stratégique pour Washington, qui y a basé le quartier général de sa Ve flotte, chargée de surveiller les routes maritimes empruntées par les pétroliers, de soutenir les opérations en Afghanistan.

Outre qu’il ambitionne de mettre la main sur les richesses en pétrole de la Libye, Obama qui a repris à son compte la stratégie de son sinistre prédécesseur G W Bush, est décidé à développer la stratégie de grand Moyen-Orient et de recomposer l’hégémonie américaine de puis l’Afrique jusqu’en Afghanistan, ans oublier des pays comme l’Indonésie.

La solidarité avec le peuple libyen ne passe pas par l’intervention militaire de l’impérialisme ou l’établissement d’une nouvelle base américaine en Libye.

Le Bureau national du Comité Valmy

Paris le 18 mars 2011

 

Résistance politique: Non a la nouvelle guerre impérialiste votée par les larbins de Wall Street et de la City de Londres !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 18 mars 2011 by Résistance 71

La psychopathie des oligarques mènent le monde au désastre plus avant.

 

Par Résistance 71

18 Mars 2011

 

“A travers l’Histoire, les guerres ont toujours été faites pour la conquête et le pillage. La classe dominante a toujours eu tous les bénéfices et rien à perdre tandis que la classe dominée elle, n’a jamais rien eu à gagner et tout a perdre, surtout leurs vies.”
— Eugène Debs (1918) –

“Ce ne sont pas les bandes de gens à cheval, les compagnies de fantassins, ce ne sont pas les armes qui défendent un tyran, mais toujours  (on aura peine à le croire d’abord, quoique ce soit l’exacte vérité) quatre ou cinq hommes qui le soutiennent et qui lui soumettent tout le pays.”

— Etienne de la Boétie (1552) –

 

« La guerre n’est pas une aventure, elle est une maladie, comme le typhus. »

— Antoine de St Exupéry —

 

= = =

 

C’est fait. Ce que l’asile d’aliénés qui dirigent ce monde voulaient depuis un moment est enfin arrivé: un chèque en blanc pour un carnage de plus, une guerre illégale et criminelle de plus, un laisser passer supplémentaire pour le pillage des ressources pétrolières d’un pays.

Déclarer une zone d’exclusion aérienne au dessus d’un pays quelqu’il soit implique une action armée pour la faire respecter. C’est un acte de guerre caractérisé. L’ONU qui a pour mandat le respect de la paix et de l’intégrité des Nations a une fois de plus succombée au lobbying belliqueux de l’empire anglo-américain et de ses satellites inféodés, la France cette fois-ci en tête de liste des laquais à la botte.

Cocorico fait le Sarko, le larbin des banquiers et du CAC40.

Notre propos n’est pas ici de défendre Kadhafi et sa mégalomanie autocratique notoire, bien au contraire, mais de dénoncer la langue de bois et la politique systématique du deux poids deux mesures selon qu’on est dans les petits papiers ou pas de l’Empire et de ses dirigeants verreux.

Ce n’est plus qu’une question d’heures vraisemblablement avant que le carnage OTANesque ne débute, en réminiscence de l’action criminelle du bombardement du Kosovo et force de plus belle un peuple à s’entretuer; alors que non loin de là, un autre peuple demandant des réformes sociales justifiées a ses roitelets de pacotille se fait laminer par les forces de répression saoudiennes, appelées à la rescousse pour mâter la dissidence du peuple bahreïni sous l’oeil bienveillant et approbateur d’une administration européenne américaine hypocrites, cyniques et sanguinaires.

Alors que les révoltes populaires tunisienne et égyptienne de ces derniers mois ont été récupérées par les forces du statu quo oligarchique renouvelées, que la dissidence populaire bahreïnie est réprimée dans le sang par les dictateurs amis de l’Empire et qu’une partie Japon a été devastée par un désastre naturel gigantesque perdurant dans une catastrophe nucléaire dont les ramifications politico-économiques sont insondables; tout ce que nos “dirigeants éclairés” trouvent a faire dans leur délire psychopathique avancé, c’est de repartir en guerre, tout en étant absolument incapables de terminer les deux autres commencées et pour cause, une guerre moderne n’est pas faite pour être gagnée mais pour durer, faire le plus de mort possible et engraisser une petite cabale de criminels bien calés au chaud dans leurs bureaux feutrés des grandes capitales occidentales.

Durer, car tandis que l’économie mondiale se désintègre, que les richesses sont transférées de maniere verticale des couches basses de la société vers le haut en le moins de mains possible et que les peuples globalement souffrent de plus en plus, la guerre elle, est une source phénoménale de revenus pour les financiers de tout poil, parasites vampirisant l’énergie vitale de l’humanité.

La guerre pourvoyeuse de nouvelles richesses, de domination hégémonique et de la garantie de se débarasser de quelques centaines de milliers ou millions de gueux (dont nous faisons tous partie) qui n’ont pas ou plus le droit de perdurer sur cette terre. La guerre est l’acte de terrorisme paroxystique, celui du terrorisme d’état dans toute l’acceptation du terme.

L’ignominie capitaliste hégémonique trouvant son apogée dans la doctrine du néolibéralisme fasciste, n’a pas de limites et l’horreur est sa complice. On nous demande de nous mettre devant nos téléviseurs et de nous réjouir du carnage démocratique a venir. Le pathétisme panurgiste dans toute sa splendeur voit déjà la majorité des citoyens se gargariser d’une nouvelle guerre contre le “mauvais arabe”, celui qui ne plie pas devant l’hégémon. Sus donc à l’hérétique impudent.

Toujours penser aujourd’hui que l’Empire et son gendarme de quatres sous otanesque agissent par humanité et au nom de la “démocratie” aux quatre coins de la planète (surtout où il y a des ressources énergétiques et naturelles importantes du reste) est d’une naïveté désarmante et pas toujours innocente. Nous l’avons déjà dit et le répétons: il n’y a pas de clivage politique “gauche-droite”, qui est un leurre de plus pour diviser les peuples; il y a un clivage “pour-contre” l’hégémon qui oeuvre pour établir un gouvernement unique sur Terre, gouvernement transnational supra-fasciste à vélléité eugéniste. Ne rien faire, ne rien dire aujourd’hui est acquiescer silencieusement, se soumettre aux diktats orwelliens des oligarques. Ne pas savoir ou ne pas vouloir savoir, revient à être complice par ignorance (réelle ou feinte).

L’humanité est a la croisée des chemins. Plus avant, ce sera eux (les oligarques et leurs clônes) ou nous, les peuples, qui vaincront. Pour qu’ils imposent leur monde totalitaire global, ils leur faut d’abord mettre le monde actuel a genoux et forcer les peuples à les supplier d’imposer la gouvernance mondiale qu’ils nous font miroiter comme étant la seule solution à notre misère: nous en remettre à la bonté clairvoyante de quelques milliardaires et leurs marionnettes politiques oeuvrant bien sûr pour le bien de toute l’humanité.

Ils s’y emploient et il est de plus en plus évident que 2011 est une année qui verra et voient déjà, leurs tentatives s’accélérer et également les peuples de plus en plus éveillés se défendre et résister.

Il n’y a pas de solution au sein du système. Nous les peuples devont le détruire et passer a l’étape suivante et salvatrice de l’Histoire; celle de la société libertaire autogérée, émancipée et enfin libre.

Ultimement, le choix est nôtre, personne ne le fera solidairement a notre place, ni ne le mettra en place.

Nous terminerons sur ces paroles visionnaires et on ne peut plus d’actualité:

“Aujourd’hui, il y a dans chaque État une classe, une clique plutôt, infiniment plus puissante encore que les entrepreneurs d’industrie, qui elle aussi pousse à la guerre. C’est la haute finance, les gros banquiers qui interviennent dans les rapports internationaux et qui fomentent les guerres… Là où les naïfs croient découvrir de profondes causes politiques, ou des haines nationales, il n’y a que des complots tramés par les flibustiers de la finance; ceux-ci exploitent tout: rivalités politiques, économiques, inimitiés nationales, traditions diplomatiques et conflits religieux. Dans toutes les guerres de ce dernier quart de siecle, on trouve la main de la haute finance. De plus, n’y a t’il pas cette grande prostituée, la grande presse, pour préparer les esprits à de nouvelles guerres, précipiter celles qui sont probables, ou, du moins, forcer les gouvernements à doubler, à tripler leur armement. La presse dans tous les grands états, c’est déjà deux ou trois syndicats de brasseurs d’affaires financières, qui font l’opinion qu’il leur faut dans l’intérêt de leurs entreprises. Les grands journaux leur appartiennent et le reste ne compte pas… Voilà ce qu’est la guerre, comment l’état enrichit les riches, tient les pauvres dans la misère et les rend d’année en année plus asservis aux riches.”

— Pierre Kropotkine “La Guerre”, 1912 —

Guerre civile en Libye vue du Vénézuela… Le bon sens loin de chez nous !

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis with tags , , , on 18 mars 2011 by Résistance 71
Les évènements en Libye vu depuis la fenêtre de chez moi… à Caracas

Guadalupe SAENZ

 

Url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/Les-evenements-en-Libye-vu-depuis-la-fenetre-de-chez-moi-a-Caracas.html

 

 

Depuis la fenêtre de chez moi, à Caracas, j’ai une vue interminable sur les milliers de petites maisons de couleurs qui composent le Barrio San Agustín. Doté d’une tradition culturelle et musicale forte, ce quartier populaire n’a pourtant jamais eu la faveur des media commerciaux, qui en guise de culture ont toujours préféré passer les potins mondains des stars hollywoodiennes. Bref, à travers ces media, les quelques cent mille personnes qui peuplent San Agustín n’existent pas. Et pourtant, je les vois de ma fenêtre…

Un peu plus loin, au delà de la colline du Barrio, il y a Tripoli, la Libye et de tristes évènements dont le dénouement est encore loin d’être fini. Il ne s’agit pas ici d’analyser ce qui ce passe sur la rive sud de la méditerranée, et précisons le tout de suite il ne s’agit pas de défendre les exactions du dirigeant libyen mais de s’attacher à comprendre la position d’Hugo Chavez et de la diplomatie vénézuélienne en réaction aux affrontements en Libye. Alors que les media ont présenté Chavez comme un inconditionnel de Kadhafi, la position est plus nuancée.En effet, les déclarations de Chavez ont été présentées d’une manière partielle qui empêche la compréhension de la position de Chavez, et ce notamment, par nombre de ses supporters européens ou du monde arabe. Le temps de l’information en continue n’étant pas celui de l’analyse, il convient donc de remettre en contexte la position vénézuélienne pour tacher d’y déceler toute sa cohérence.

Le 24 février, quelques jours après le début des évènements en Libye, Hugo Chavez publie sur son compte twitter le message suivant : ’Vas y Nicolas[Maduro, le Ministre des affaires étrangères vénézuélien], donne une autre leçon à cette extrême droite pro yanqui, Vive la Libye et son indépendance. Kadhafi affronte une guerre civile.’ [1]

Cet exercice de tweet diplomacy génère d’emblée la gêne de plusieurs secteurs de la gauche européenne et arabe. Quelques jours plus tard, le président vénézuélien réaffirme son refus de juger le Guide libyen : ’La ligne politique est de ne soutenir aucun massacre. Mais en Libye on assiste à une campagne de mensonge similaire à celle qui avait été lancée contre le Venezuela en 2002. (…) Je ne vais pas condamner [Kadhafi], je serais un lâche de condamner celui qui a été mon ami pendant longtemps, sans savoir ce qui ce passe réellement en Libye’. [2] Il ajoute tout de suite : ’Ceux qui viennent de le condamner ont leurs raisons. Peut être ont-ils des informations que nous n’avons pas.’ [3]

Le soutien est somme toute très mesuré, mais l’incompréhension outre atlantique de ceux qui normalement soutiennent le processus bolivarien ne faiblit pas pour autant. Pourquoi donc Chavez ne s’est il pas joint à la vague d’indignation qui a accompagné les évènements en Libye ?

Les amis d’Hugo Chavez

Le 20 octobre 2005, le président Hugo Chavez donne une conférence de presse à l’Hôtel Hilton à Paris. Le journaliste de l’hebdomadaire l’Express lui lance : ’Vous vous êtes déclaré ami d’Amhadinedjad et de Mugabe, suffit-il d’être contre les américains pour avoir votre amitié ?’. Le président vénézuélien répondra longuement à cette question mal intentionnée. Il rappellera, en substance, qu’il ne pratique aucune ingérence dans les politiques nationales, et que la position politique d’un dirigeant n’a rien à voir avec l’amitié qu’il peut lui porter. A titre d’exemple, il mentionnera que Jacques Chirac, Silvio Berlusconi et Alvaro Uribe sont aussi ses amis même s’il ne partage pas forcement leurs positions politiques. Depuis lors, les liens avec Uribe se sont rompus au fil des tensions diplomatiques entre les deux pays, mais Chavez continue de se déclarer amis de l’ancien Président Français et du Président du Conseil des Ministres italiens.

Il ne viendrait à l’idée de personne de déclarer Chavez complice des frasques politico-judiciaire de Messieurs Chirac et Berlusconi en raison de l’amitié qu’il leur porte. Pourquoi donc Chavez serait-il alors complice des offensives lancées par Kadhafi ? Notons de plus que lorsqu’il mentionne, dans l’extrait ci-dessus, son amitié avec le dirigeant libyen, Chavez parle au passé. [4]

Il met en relief ainsi l’hypocrisie des gouvernements occidentaux qui, il y a peu encore, considéraient Kadhafi comme un dirigeant respectable. Il est bon de se rappeler que le président Sarkozy, qui veut aujourd’hui bombarder la Libye était, obligé de défendre la venue du Guide Libyen à Paris face aux critiques émanant de son propre gouvernement. C’était il y a seulement deux ans. [5]

Face à l’hypocrisie des grandes puissances, le Venezuela a proposé un plan de paix qui va être immédiatement rejeté par les insurgés libyens avant de l’être aussi par Seif Al Islam, un des fils de Kadhafi, malgré le fait que ce dernier l’ait accepté.En homme d’Etat, Chavez a proposé une solution pour stopper la guerre civile. Depuis sa position, il ne peut se contenter de chanter des slogans du type ’Ni Kadhafi, ni l’Otan’ comme le font par exemple certains groupes de la gauche vénézuélienne. [6] Surtout lorsque l’Histoire récente montre que de telles positions ont toujours favorisé le camp impérialiste comme ce fut le cas en Serbie ou en Iraq.

Si c’est bien la recherche de la paix qui motive la diplomatie bolivarienne, quelle grille de lecture a t elle été appliquée pour comprendre le conflit libyen ?

Les guerres du pétrole comme élément de compréhension du conflit libyen.

Les vénézuéliens ont leur propre expérience de l’impérialisme US et de leurs techniques de coup d’Etat. Et ils vont, à partir de cette expérience, tenter de prendre leurs distances avec la lecture dominante des évènements.

Lorsque les media occidentaux reprennent en boucle les déclarations d’un opposant à Kadhafi, membre libyen de la Cour Pénale Internationale, qui dénonce des bombardements de civils qui auraient fait 10.000 morts et 50.000 blessés, le gouvernement bolivarien va se souvenir que le 11 avril 2002, les mêmes media accusaient, à tort, Chavez d’avoir massacré le Peuple. Tout comme ces mêmes media accusèrent de manière mensongère Ceausescu des charniers de Timisoara, Milosevic du massacre de Raçak ou encore Saddam Hussein d’avoir tué des bébés koweitiens dans leur couveuse. Chaque guerre est précédée d’un grand mediamensonge, comme l’a rappelé le journaliste Michel Collon. [7]

Peu importe qu’aucune preuve tangible ne vienne étayer les dires du magistrat libyen. Peu importe que la Russie ait officiellement démenti l’existence d’un tel bombardement par des images satellites [8], le fait que le Venezuela ne se joigne pas au concert des condamnations va être totalement incompris par les mouvements et partis progressistes d’outre-Atlantique.

Mais la position du Venezuela n’a rien de fantasque. Ce pays a aussi souffert de cette propagande de guerre et s’incline donc pour la prudence, et préférera l’enquête et l’investigation au jugement médiatique.

Tout comme la Libye, le Venezuela nage sur un océan de pétrole. L’excrément du diable comme l’appelait le vénézuélien Juan Pablo Perez Alfonso, co-fondateur de l’OPEP. La cause et la solution aux malheurs des Peuples qui habitent ces contrées riches en or noir. Cette caractéristique commune va fortement influencer le point de vue du gouvernement bolivarien.

En ce sens, écoutons Hugo Chavez lors de son émission Aló Presidente du 13 mars 2011 : ’Les Yankees sont sur le qui-vive. Ils ont déplacé des porte-avions. D’autres pays ont déjà envahi la Libye. Un hélicoptère hollandais avec des armes de guerre et des soldats vient d’être capturé en Libye. Et des anglais aussi. Huit membres des commandos spéciaux ont aussi été capturés. Les Etats-Unis proposent de mener une guerre d’invasion contre la Libye. Ils veulent le pétrole libyen peu importe le nombre de morts. De la même manière, ils voulaient le pétrole vénézuélien les 11 et 12 avril [2002], et ils continuent à élaborer des plans pour prendre le Venezuela de n’importe quelle façon.’ [9] Peut-on tenir grief au président vénézuélien de décrypter les évènements en Libye au prisme de sa propre expérience dans sa lutte contre les appétits pétroliers des Etats-Unis. Alors que les informations manquent sur la situation réelle, qui n’interprète pas aujourd’hui cette guerre civile à travers ses propres représentations ?

L’ASA et les relations Sud-Sud

Plus la situation s’éclaire en Libye, plus la position vénézuélienne parait cohérente. Réécoutons le président Chavez : ’Le Conseil de Sécurité des Nations Unies décide qu’il faut appliquer des sanctions à la Libye. En Libye, il y a une guerre civile et c’est lamentable. Deux camps qui se tirent dessus, à la mitrailleuse, avec des avions et des canons. Les rebelles ont même des tanks. C’est une guerre qui, j’espère, se terminera rapidement. Je suis très content que l’Union Africaine ait désigné une commission de présidents, avec parmi eux des amis à nous, comme le président Amadou Amani Touré du Mali. Une commission comme celle que j’avais proposé. Ca me soulage de savoir qu’une commission de présidents africains désignée par l’Union Africaine va aller en Libye pour demander un cessez-le-feu, pour arrêter cette folie. Mais en refusant toute intervention impériale ou étrangère, car cela ne ferait qu’empirer les choses.’ [10]

En plus de la géopolitique du pétrole, la position du Venezuela a fortement été influencée dans la vision du conflit libyen par les efforts qu’il a déployé en vue de la construction d’un Axe Sud-Sud dans les relations entre l’Amérique du Sud et l’Afrique.

Le 29 novembre 2006, eut lieu à Abuja (Nigeria) le premier sommet Amérique du Sud-Afrique (ASA) qui réunit 47 pays des deux continents. L’idée de ce sommet était de renforcer la coopération entre les deux continents au niveau politique, social, économique, technologique, écologique, commerciale afin de constituer un bloc indépendant des pays du Nord. Du coté sud-américain, le Brésil était un des promoteurs de cette alliance, tout comme le Venezuela. Ce dernier pays insistant sur la nécessité de former une alliance anti-impérialiste pour lutter contre les appétits des multinationales occidentales sur les deux continents.

Lors du deuxième Sommet ASA, 61 pays sur les 63 convoqués se réunirent sur l’Ile Margarita au Venezuela. Durant l’Inauguration, le président hôte de l’évènement, Hugo Chavez rappelle la nécessité de construire un monde multipolaire dans lequel : ’[L’Amérique du Sud et l’Afrique] doivent former de véritables puissances, et l’union de ces deux puissances contribuera à ce que Bolivar appelait l’équilibre du Monde, le monde en équilibre, l’équilibre de l’Univers. C’est pour ça que ce sommet est, en réalité, vital.’ [11] Mouammar Kadhafi, alors président temporaire de l’Union Africaine, s’inscrit dans le discours d’Hugo Chavez : ’Les grandes puissances voudront toujours continuer d’être des grandes puissances. Nous devons lutter pour construire nos propres forces et nous appuyer sur notre propre potentiel. Si nous fléchissons, cela ouvrira la porte à un état de déséquilibre. Et ça ne favorise ni la paix ni la sécurité internationale. Et ça n’aide ni l’Afrique, ni l’Amérique du Sud.’ Le dirigeant libyen critiquera fortement le Conseil de Sécurité de l’ONU (’Nous sommes esclaves du Conseil de Sécurité’ [12]) dans des termes quasiment similaires à ceux qu’emploiera plus tard, lors d’un sommet de l’ALBA, le nicaraguayen Miguel D’Escotto, ancien président de l’Assemblée Générale des Nations Unis. [13] Kadhafi proposera aussi la création d’un OTAN des pays du Sud : ’Nous avons le droit de créer nos propres organisations pour notre propre développement. Au nord, il n’y a ni séparation ni abime. Tout relie l’Amérique du Nord à l’Europe, les communications, les voix de navigations, tout. En revanche, dans l’Atlantique Sud, il y a un grand vide que nous devons remplir. Nous devons créer l’OTAN du Sud (…) pour pouvoir combler ce vide de manière à bénéficier les échanges touristiques, les communications maritimes et aériennes, les gazoducs et oléoducs, etc. (…) et ce n’est pas une action terroriste que de dire ça. Ce sont nos droits.’ [14]

Point besoin de dire que la vision du dirigeant libyen est partagée par plus d’un pays sur les deux continents. En Amérique Latine, l’ALBA ou Unasur oeuvrent déjà dans la construction de cette vision multipolaire.

Le document final du deuxième sommet ASA, signé par les pays présents comportera une série de 188 propositions pour renforcer la coopération Sud-Sud. Les chefs d’Etat du Venezuela, du Brésil, du Nigeria et de la Libye furent désignés coordinateurs régionaux au même titre que l’Union Africaine et Unasur. Et pour bien souligner le rôle prépondérant que joue la Libye dans cette coopération, le pays d’Afrique du nord a été choisi pour accueillir le troisième sommet de l’ASA en septembre 2011.

Les différences entre les politiques étrangères vénézuélienne et libyenne ne manquent pas. Rappelons à titre d’exemple que Kadhafi est devenu un élément clé de l’Europe forteresse de Schengen, alors que Chavez a rejeté sans appel la directive de non retour, émise par l’Union Européenne. Mais cette volonté commune de construire un axe de coopération entre les pays du Sud, et de s’émanciper de la tutelle des pays du Nord a fortement contribué à influer sur la position du Venezuela.

C’est même là un des axes principaux de la diplomatie vénézuélienne, celui qu’elle tente de construire avec des partenaires diplomatiques forts divers dans leur vision du monde et parfois bien éloignés du socialisme bolivarien.

Guadalupe Saenz

 

Notes :

 

[1http://twitter.com/#!/chavezcandanga

[2http://www.youtube.com/watch?v=4IHmNuumILA&feature=related, Traduction non officielle de l’auteur.

[3] Ibid.

[4http://www.youtube.com/watch?v=4IHmNuumILA&feature=related, ’Desde esta distancia, no voy a condemnar a quien HA SIDO mi amigo, nuestro amigo durante mucho tiempo’ se traduit en effet par ’A cette distance, je ne vais pas condamner celui qui A ÉTÉ mon ami, notre ami durant longtemps’. Traduction non officielle faite par l’auteure

[5http://www.lefigaro.fr/international/2007/12/10/01003-20071210ARTFIG00531-nicolas-sarkozy-renouvelle-sa-confiance-a-rama-yade.php

[6http://www.aporrea.org/internacionales/a118433.html

[7http://www.michelcollon.info/10-guerres-10-mediamensonges.html?lang=fr

[8] Voir l’émission Dossier de Walter Martinez, à partir de 48 minutes 50 secondes

[9http://www.youtube.com/watch?v=RE5vbRdz72k, à partir de 27 minutes 30. Traduction non officielle faite par l’auteur.Sur les arrestations de soldats hollandais et anglais, voir Michel Chossudovsky, ’Insurección e intervención militar en Libia’, Rebeliónhttp://www.rebelion.org/noticia.php?id=123850

[10] Ibid. http://www.youtube.com/watch?v=RE5vbRdz72k à partir de 23 minutes 30. Traduction non officielle faite par l’auteur.

[11] Hugo Chavez in ’II Cumbre América del Sur-Africa, Cerrando brechas, abriendo oportunidades’, coll. Cuadernos para el debate, ed. Minci, 2010. Disponible en espagnol surhttp://www.minci.gob.ve/libros_folletos/6/p–6/tp–30/libros_folletos.html

[12] Muammar Khaddafi in ’II Cumbre América del Sur-Africa, Cerrando brechas, abriendo oportunidades’, ibid.

[13] Ce dernier avait affirmé le 20 avril 2010, lors d’une réunion de l’ALBA, que ’dans sa forme actuelle, l’ONU est une dictature’.

[14] Muammar Khaddafi, op. cit.

 

L’ONU confirme son inféodation aux intérêts particuliers impérialistes

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis with tags , , , on 18 mars 2011 by Résistance 71
— Pour le magazine Time, le colonel Kadhafi l’a déjà emporté sur la rébellion qui menaçait son pouvoir et se trouvait, il y a quelques jours seulement, aux portes de Tripoli.
Tout en admettant que rien n’est encore définitivement acquis pour le gouvernement libyen, Vivienne Walt s’attelle dans l’article que je vous propose à essayer de comprendre comment le leader libyen que les Nicolas Sarkozy ou David Cameron priaient récemment de s’en aller, a pu tenir devant ses adversaires avant de les dominer sur le terrain.

Les causes de l’échec de la rébellion sont, ainsi qu’elle l’explique, militaires mais pas seulement comme vous pourrez le constater en lisant son texte. On notera que le colonel Kadhafi qu’on disait fou (ou mégalomane puisqu’on peut être mégalomane sans être fou), a parfaitement su gérer la situation sur les plans militaire, politique et diplomatique. Tandis que David Cameron et Nicolas Sarkozy, qui sont eux parfaitement sains d’esprit comme on le sait, se sont précipités dans une impasse diplomatique dont seul le recours à la force contre le régime libyen leur permettrait de sortir.

Il y a fort à parier que si M. Kadhafi l’emporte en fin de compte, le grand gagnant de cet épisode libyen sera la Chine dont les observateurs attentifs ont noté que la Chine a elle aussi dépêché des navires militaires pour évacuer ses ressortissants. Une première, je crois dans la région. Un signe de plus du recul géostratégique de l’Occident qui voit la Chine étendre son influence jusqu’à ses portes.

Autant de signes pour ceux qui veulent comprendre. Kadhafi, le psychopathe, le fou, Ubu, a compris tandis que MM. Sarkozy et Cameron s’évertuent, en toute raison bien sûr, à accélérer le déclin de leurs nations (n’ont pas retenu la leçon de Suez en 1956).



par Vivienne Walt / Tripoli, Time (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri
Alors que les dirigeants du G8 et le conseil de sécurité de l’ONU continuaient mardi à discuter d’une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Libye, la capitale du pays a explosé de joie après des informations selon lesquelles les forces de Mouammar Kadhafi avaient repris aux rebelles la ville stratégique d’Ajdabiyah – dernier obstacle de taille sur la route vers Benghazi, la capitale des rebelles. La question à laquelle sera bientôt confrontée la communauté internationale est, que faire si Kadhafi parvient à mater la rébellion et se maintient au pouvoir ?Il y a deux semaines, les journalistes débarquaient à Tripoli, en gilet pare balles, prêts à rendre compte de l’arrivée triomphale des rebelles. C’est vers ce moment là, que le président Barack Obama, le premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy avaient tous déclaré qu’il était temps pour Kadhafi de s’en aller, apparemment confiants dans l’imminence de l’effondrement d’un pouvoir en place depuis 42 ans. Ces déclarations avaient suscité des attentes de soutien occidental chez les chefs rebelles et leur armée de bric et de broc, mais rien n’est venu. Tandis que les dirigeants occidentaux sont enfermés dans des débats qui ne débouchent pas sur des modalités de réaction, les forces de Kadhafi ont écrasé les rebelles contrains de se retirer sur Benghazi. Les rebelles se retrouvent au bord du désastre.Lundi, alors que les responsables du G8 réunis à Paris bloquaient sue la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, la télévision d’Etat libyenne annonçait que les forces de Kadhafi avaient repris Ajdabiyah, un carrefour stratégique dans l’est libyen, après une journée de bombardement à l’artillerie lourde et de tirs de missiles tirés par la marine, l’aviation et l’infanterie, selon les journalistes d’al-Jazeera présents sur place. Ce qui a jeté les partisans de Kadhafi dans les rues pour des tirs de réjouissance et des feux d’artifice, tandis que les automobilistes klaxonnaient sans discontinuer longtemps après la tombée de la nuit. Plus tôt dans la journée, les forces gouvernementales avaient aussi revendiqué la prise de Zawarah, la dernière ville aux mains des rebelles à l’ouest de Tripoli.Le Liban, soutenu par la France et la Grande Bretagne, a introduit mardi soir une résolution auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU pour imposer une zone d’exclusion aérienne, mais si Ajdabiyeh tombe, elle pourrait arriver trop tard pour sauver la rébellion. La ville est le point de départ de deux autoroutes, l’une qui dessert le nord de Benghazi, l’autre qui va vers le port pétrolier de Tobrouk, près de l’Egypte. Les chefs rebelles ont contesté les affirmations du gouvernement selon lesquelles les forces de Kadhafi auraient repris Ajdabiyeh. Mais avec le spectre de la défaite en perspective, les rebelles sont devant des choix d’une gravité extrême, fuir vers la frontière égyptienne ou se barricader dans Benghazi pour une bataille sanglante jusqu’à la fin.Dans les deux cas, les chances pour Kadhafi de survivre à ce mois de soulèvement semblent continuer à augmenter. La victoire en vue, un Kadhafi confiant a pris la parole mardi devant une réunion de chefs tribaux et d’autres éléments loyaux dans l’enceinte de son palais, fustigeant « l’impérialisme » des dirigeants occidentaux. « Vous dites que Kadhafi va quitter son pays, » a-t-il tonné, tapant du poing sur la table, vitupérant contre la grande Bretagne et les Etats Unis. « Ils veulent conquérir la Libye, ils veulent prendre notre pétrole. Qui leur a donné ce droit ? »

S’il défait les rebelles, il pourrait exercer de féroces représailles contre les villes de l’est, avec des arrestations de masse et peut-être l’exécution de ceux qui ont dirigé la rébellion. Et au-delà, on ne sait pas vraiment quelles relations les pays occidentaux vont entretenir avec la Libye, où les sociétés pétrolières des Etats Unis, de Grande Bretagne, d’Espagne, de France et d’autres pays occidentaux ont investi des milliards. Dans une interview à Tripoli jeudi, Saïf al-Islam Kadhafi, le puissant fils de Kadhafi. « Elles [les compagnies pétrolières] vont bientôt revenir, et conclure des contrats, des accords pétroliers, » dit-il. « Nous connaissons ce jeu. » Mais son père a déclaré mardi que, à la lumière de la réaction devant le soulèvement des gouvernements occidentaux, seule l’Allemagne – qui s’est fermement opposée à une zone d’exclusion aérienne – serait autorisée à faire des affaires en Libye.

Quoique la guerre ne soit pas encore terminée, les Libyens débattent déjà sur comment les ennemis de Kadhafi ont pu à ce point surestimer la puissance de la révolte. Les chefs rebelles et les gouvernements occidentaux, disent certains, ont gravement sous-évalué la capacité de survie de Kadhafi – peut-être ont-ils pris leur désirs pour des réalités Pris en sandwich entre la Tunisie et l’Egypte, où des soulèvements pacifiques ont renvoyé leurs dictateurs, Kadhafi qui a gouverné beaucoup plus longtemps que ses voisins, semblait la cible prochaine la plus évidente. Saif et d’autres importantes personnalités ont reconnu que le régime avait été grandement pris au dépourvu, et a mis un certain temps avant de définir sa stratégie militaire. Une fois cette stratégie adoptée, cependant, ses performances sur le terrain ont amplement démontré que son armée surclassait aisément les rebelles. « L’interprétation de l’Occident a été très, très stupide, » explique Mustafa Fetouri, directeur du programme de MBA à l’Academy of Graduate Studies de Tripoli, qui a vécu des dizaines d’années en Europe. « Ils ont juste parié sur le mauvais truc, et fait une énorme, stupide erreur. »

Une erreur cruciale des dirigeants occidentaux, explique Fetouri, est d’avoir minoré le réseau complexe des allégeances tribales libyennes, qui a aidé Kadhafi à rester au pouvoir pendant plus de quarante ans – une réussite impressionnante si on tient compte de plusieurs tentatives d’assassinat et d’années de mise de la Libye au ban des nations sous un régime de sévères sanctions économiques. Certaines alliances tribales remontent aussi loin que les révoltes sanglantes contre les troupes coloniales italiennes avant la seconde guerre mondiale, et même certains chefs tribaux qui ont des griefs contre Kadhafi, pour ne pas leur avoir rendu certains services ou leur avoir retiré certains privilèges, se sont précipités pour l’aider dès que les manifestations antigouvernementales à Benghazi sont devenues une rébellion armée. Ces gens, explique Fetouri, mourront pour Kadhafi parce qu’il appartient à leur tribu. »

Kadhafi a accru ses propres forces en attirant des volontaires prêts à se battre pour maintenir l’unité de la Libye, un sentiment renforcé par l’adoption par les rebelles du drapeau du roi Idris al-Senoussi, l’ancien monarque libyen que Kadhafi avait renversé par un coup d’Etat en 1969. Ce drapeau, poursuit Fetouri, « représente la misère qu’a enduré mon pays avec ces marionnettes de l’Occident » Il cite un de ses parents – pas fan de Kadhafi – qui a parcouru 640 km pour rejoindre les forces gouvernementales contre les rebelles ; il était parti en voiture de la région des Bani Walid, le domaine de la tribu Warfalli au sud-est de tripoli, qui a longtemps été la base du soutien à Kadhafi. Fetouri, qui dit avoir lui-même été tenté de rejoindre les manifestations antigouvernementales avant qu’elles n’évoluent en rébellion armée, a demandé à son parent pourquoi il « combattait pour Kadhafi. » Il dit que cet homme lui a déclaré que « il y allait de la Libye en tant que pays, pas de Kadhafi. »

Sur la place Verte, où les partisans les plus déterminés de Kadhafi ont manifesté en continu pour le soutenir, avec des hauts- parleurs crachant des chants patriotiques jour et nuit, une banderole étalée cette semaine entre deux arbres, proclamait en anglais au leader, «Nous sommes prêts à nous sacrifier pour toi. » Il semble que d’immenses sacrifices ne seront peut-être pas nécessaires pour maintenir Kadhafi au pouvoir. »

http://mounadil.wordpress.com/


Politique et société: Elections cantonales, voter c’est abdiquer…

Posted in actualité, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , on 17 mars 2011 by Résistance 71

Voter c’est abdiquer, s’abstenir c’est lutter ! Ni candides, ni candidats…

par Quartier Pirate

 

Voter, c’est donner sa voix à un-e politicien-ne pour qu’elle ou il parle et décide à notre place. Par différence avec le mandat clair de délégués révocables, élire c’est signer un chèque en blanc, car les promesses électorales n’engagent que celles ou ceux qui les croient. Elles se résument à des opérations de communication superficielles qui maquillent grossièrement des luttes de pouvoir sur fond de grands intérêts économiques.

Les élections passent, les cabinets se renouvèlent, mais à la base, les problèmes de fond restent. La classe politique est coupée des réalités quotidiennes, et défend les intérêts des classes possédantes et dominantes. A gauche ou à droite, personne ne s’attaque au mal à la racine, tou-te-s semblent s’accommoder d’une société fondée sur l’exploitation, la répression, les inégalités économiques et sociales. Nous n’avons rien à attendre d’eux.

Mais justement, les élections cantonales (en tant que locales) ne sont-elles pas plus proches de la base et des réalités du terrain, que les élections présidentielles, nationales ? Participer à des expériences d’administration locale peut sembler une perspective un peu plus attirante aux yeux de celles ou ceux qui veulent changer la société. On s’imagine vaguement que par ce biais quelques camarades pourraient être formé-e-s à faire face aux problèmes concrets que pose l’organisation des transports, de l’éducation, de la culture, du logement…

Faire ce genre de compromis engage sur une pente dangereuse les organisations qui se réclament d’une transformation radicale, révolutionnaire. Dans la mesure où les élu-e-s tirent leur salaire de leur fauteuil, elles ou ils ont tout intérêt à préserver le système qui les entretient. Ces personnalités pèsent sur les orientations stratégiques de l’organisation, et tendent à lui faire renoncer à la perspective révolutionnaire, comme le montre l’exemple historique du glissement réformiste des partis révolutionnaires qui ont choisi de se présenter aux élections. Les rares individus qui n’ont pas abandonné leurs convictions ont été écartés ou mis hors d’état de nuire.

Quant à la possibilité d’acquérir une expérience concrète de la gestion des affaires communes, elle est très réduite. Le plus souvent, elle se résume à la gestion de la pénurie avec des marges de manœuvres politiques très réduites, et entretiennent l’illusion que le système peut être raccommodé sans toucher à ce qui le fonde, et en particulier à l’exploitation salariale.

Plutôt que de perdre notre énergie à gérer des miettes, remettons collectivement en cause le découpage du gâteau. Contre l’exploitation, les inégalités sociales et économiques, nous proposons la perspective d’une gestion directe de la production et de la distribution. Contre la délégation et les faux choix qui nous sont laissés dans les élections, nous proposons l’auto-organisation à tous les niveaux, et des modes de coordination fédéraux. Dès maintenant, nous choisissons d’agir au lieu d’élire. C’est pied à pied dans les luttes sociales, et au quotidien, que nous entendons avancer dans cette perspective.

 

http://quartier-pirate.blogspot.com/2011/03/cantonales-ni-candides-ni-candidats.html

Libye, Bahreïn: La contre-révolution en marche au Moyen-Orient

Posted in actualité, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis with tags , , , on 17 mars 2011 by Résistance 71

Proche-Orient : la contre-révolution d’Obama

par Thierry Meyssan*

 

Après avoir hésité sur la conduite à tenir face aux révolutions arabes, l’administration Obama a choisi la manière forte pour sauver ceux de ses vassaux qui peuvent l’être encore. Comme par le passé, c’est l’Arabie saoudite qui a été chargée de mener la contre-révolution. Riyad a réussi à faire reconnaître ses pions libyens par la communauté internationale au détriment des insurgés et vient d’envahir le Bahreïn, écrasant dans le sang la révolte populaire.

16 MARS 2011

 

A la demande du roi Hamad ibn Isa Al-Khalifa et avec le soutien des Etats-Unis, les troupes saoudiennes entrent dans Bahreïn pour y écraser la révolte (14 mars 2011)

A l’issue d’une réunion au palais de l’Elysée avec trois émissaires de la rébellion, le président Nicolas Sarkozy a annoncé, le jeudi 10 mars 2011, que la France ne reconnaissait plus le régime du colonel Khadafi comme représentant la Libye, mais le Conseil national libyen de transition (CNLT).

Il s’agit là d’un acte contraire à toute la tradition diplomatique française qui, jusqu’à présent, ne reconnaissait pas des gouvernements, mais des Etats. Cette décision fait suite à une autre par laquelle, le 4 décembre 2010, la France a reconnu Alassane Ouattara comme président de la Côte d’Ivoire en remplacement de Laurent Gbagbo.

Paris, qui a été suivi par la majorité de la Communauté internationale dans le cas ivoirien, espère l’être aussi dans le cas libyen. Il n’échappe cependant à personne que les décisions du président Nicolas Sarkozy n’ont pas été prises dans l’intérêt de la France —dont les entreprises sont chassées de Côte d’Ivoire et ne tarderont pas à l’être de Libye—, mais à la demande expresse des administrations Obama et Netanyahu.

Deux opérations se jouent simultanément : le déplacement du dispositif militaire US du Proche-Orient vers l’Afrique, et le sauvetage des régimes arabes fantoches.

Faire entrer les troupes impériales en Afrique

Ainsi que je n’ai cessé de l’expliquer depuis quatre ans et demi, la victoire de la Résistance libanaise face à Israël à l’été 2006 a mis fin à la stratégie états-unienne de remodelage du « Proche- Orient élargi » (Greater Middle East) [1]. Malgré diverses tentatives, dont la « main tendue » par Barack Obama lors de son discours du Caire [2], Washington n’est pas parvenu à élaborer de stratégie de remplacement. Apparemment tout continue comme avant, mais en réalité les États-Unis se désinvestissent lentement de cette région. Au demeurant, les réserves pétrolières du Proche-Orient étant en déclin alors qu’un investissement militaire massif et coûteux ne rapporte qu’à long terme, Washington a tourné son regard dans d’autres directions.

Après avoir envisagé de se concentrer sur les Caraïbes, c’est sur l’Afrique que l’Empire a jeté son dévolu. Il faut faire vite, car en 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux États-Unis proviendra du continent noir. Définitivement convaincu par les travaux du think tank israélien Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS), Washington a accéléré la création de l’AfriCom. Le véritable pouvoir qui gouverne les États-Unis depuis le coup d’État du 11 septembre 2001 a alors hissé Barack Obama à la Maison-Blanche et le général William E. Ward à l’AfriCom.

On se souvient que le sénateur d’origine kenyanne Barack Obama a travaillé activement à la création de ce dispositif et a entrepris une tournée spéciale en Afrique en août 2006 qui se termina par un débriefing au siège de l’AfriCom à Stuttgart. Il s’était particulièrement occupé des intérêts des firmes pharmaceutiques sur le continent noir et de la préparation de la partition du Soudan [3].

Le général Ward, quand à lui, n’est pas seulement un noir américain, il est aussi l’ancien responsable de l’assistance sécuritaire US à l’Autorité palestinienne, c’est-à-dire le coordinateur de sécurité entre Mahmoud Abbas etAriel Sharon. Il fut chargé de la mise en œuvre de la « Feuille de route » et du retrait unilatéral des forces israéliennes de Gaza, préalable à la construction du Mur de séparation, à la séparation des Territoires palestiniens en deux (Gaza et la Cisjordanie) et à leur transformation en « bantoustans » distincts.

Le conflit de Côte d’Ivoire, qui oppose Laurent Gbagbo (élu par la majorité des Ivoiriens) à Alessane Ouattara (soutenu par une minorité d’Ivoiriens et par les immigrés burkinabés) amorce le plan de « remodelage de l’Afrique ». Encore faut-il trouver une porte d’entrée pour les troupes impériales, alors que tous les États africains se sont officiellement opposés au déploiement de l’AfriCom sur leur territoire. C’est là que le soulèvement libyen intervient.

La vague de révolte contre l’impérialisme qui agite le monde arabe depuis décembre 2010 a fait tomber le gouvernement de Saad Hariri au Liban, a provoqué la fuite de Zine el-Abbidine Ben Ali hors de Tunisie, la chute d’Hosni Moubarak en Égypte, des troubles au Yémen, à Bahrein et en Arabie saoudite, et des affrontements en Libye. Dans ce pays, le colonel Mouammar Khadafi s’appuie sur les Kadhafa (tribu du Centre) et la majorité des Makarha (tribu de l’Ouest). Il doit faire face à une vaste coalition qui, outre les Warfala (tribu de l’Est), compte aussi bien des monarchistes pro-occidentaux et des intégristes wahhabites que des révolutionnaires communistes ou khomeinistes. Washington a transformé cette insurrection en guerre civile : les mercenaires africains de la société israélienne CST Global sont venus sauver Khadafi [4], tandis que les mercenaires afghans des services secrets saoudiens sont venus appuyer les monarchistes et des groupes islamistes labellisés « Al-Qaeda ».

Outre les combats, la situation provoque une crise humanitaire internationale : en deux semaines, 230 000 immigrés ont fuit le pays (118 000 vers la Tunisie, 107 000 vers l’Égypte, 2 000 vers le Niger, et 4 300 vers l’Algérie).

Cette situation cruelle justifie une nouvelle « guerre humanitaire », selon la terminologie éculée de la communication atlantique.

Le 27 février, les insurgés fondent le Conseil national libyen de transition (CNLT). De son côté, le ministre de la Justice Moustafa Mohamed Aboud al-Djeleil, qui était l’interlocuteur privilégié de Mohamed Aboud al-Djeleil, qui était l’interlocuteur privilégié de l’Empire au sein du gouvernement Kadhafi, se rallie à la révolution et créé un Gouvernement provisoire. Les deux structures fusionnent le 2 mars : l’étiquette CNLT est conservée, mais le Conseil est désormais présidé par Aboud al-Djeleil. En d’autres termes, Washington a réussi à placer son pion à la tête de l’insurrection.

Les premiers débats du CNLT nouvelle formule donnent lieu à de vifs échanges. Les pro-US proposent de faire faire appel à l’ONU pour empêcher les bombardements de l’armée loyaliste, ce que la majorité refuse. Le 5 mars, un diplomate britannique et une escorte de commandos des SAS débarquent par hélicoptère à Benghazi. Ils tentent de rencontrer le CNLT et de le persuader de faire appel au Conseil de sécurité, mais les insurgés refusent toute ingérence étrangère et les expulsent.

Coup de théâtre : Aboud al-Djeleil, qui ne parvient pas à faire évoluer la position du CNLT, le convainc d’instituer un Comité de crise présidé par Mahmoud Djebril. Ce dernier prend position en faveur de la zone d’exclusion aérienne.

Les agences de presse occidentales s’efforcent de présenter Mahmoud Djebril comme « un intellectuel démocrate » qui réfléchissait depuis longtemps à l’évolution du pays et avait rédigé un projet intitulé Vision libyenne. En réalité, il siégeait aux côtés de son ami al-Djeleil dans le gouvernement Khadafi où il était ministre de la Planification. A l’instar de ce qui s’est passé dans les premiers jours des révolutions tunisienne et égyptienne, des cadres du régime tentent de se désolidariser du dictateur pour rester au pouvoir. Ils croient y parvenir en détournant le processus révolutionnaire et en servant les intérêts impériaux. Les voici maintenant qui agitent le drapeau rouge-noir-vert à l’étoile et au croissant du roi Idriss [5], tandis que Mohammed el-Senoussi, le prétendant au trône, déclare depuis Londres aux chaînes de télévisions saoudiennes qu’« Il est prêt à servir Son peuple ».

Le 7 mars, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui réunit l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar, « demande au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils en Libye, dont l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne ». Cette déclaration saugrenue dévie le débat du Conseil de sécurité qui, depuis la résolution 1970 [6], cherchait à faire entendre raison au colonel Khadafi en limitant ses déplacements et en gelant ses avoirs. Le CCG reprend au niveau étatique la proposition émise par l’ambassadeur de Libye à l’ONU, déjà rallié au CNLT.

Prétendument à l’initiative de députés, Mahmoud Djebril se rend à Strasbourg pour informer le Parlement européen de la situation dans son pays. Son transport est organisé par l’armée française. Sous l’impulsion du libéral belge Guy Verhofsdat et de l’écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, le Parlement adopte une résolution appelant à une intervention internationale [7].

Le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy adressent une lettre en sept points au président de l’Union européenne Herman van Rompuy [8]. Ils souhaitent que le Conseil européen extraordinaire reconnaisse le CNLT, soutienne une mise en accusation de Khadafi par le Tribunal pénal international et approuve une intervention militaire internationale. Cependant, leurs demandes sont rejetées [9]. L’Allemagne refuse de s’engager sur un terrain mouvant, tandis que la Bulgarie récuse le CNLT et accuse son président —Aboud al-Djeleil— d’être un criminel impliqué dans les tortures des infirmières bulgares longuement détenues par le régime.

Simultanément, les ministres de la Défense de l’OTAN se réunissent à Bruxelles pour préparer une possible zone d’exclusion aérienne [10].

Le CNTL —que la France a reconnu le 10 mars— remet le 12 mars une lettre au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Le texte reprend la position saoudienne : il demande de « mettre fin à l’effusion de sang par le biais d’une décision imposant une zone d’exclusion aérienne en Libye et en reconnaissant le Conseil national de transition comme représentant de la Libye ». Immédiatement réunis à huis clos au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe récusent la délégation officielle libyenne et reconnaissent le CNTL comme nouvel interlocuteur, puis ils satisfont à sa demande et saisissent le Conseil de sécurité des Nations Unies pour établir la « zone de non-survol ».

Cette décision doit être comprise pour ce qu’elle est : les régimes arabes fantoches, mis en place par les États-Unis et Israël font appel à leurs suzerains pour se maintenir. Le Conseil de sécurité peut décréter une zone d’exclusion aérienne, mais il ne peut pas la faire respecter. La mise en œuvre reviendra à l’OTAN. Ce sont donc les forces impériales, déguisées avec des casques bleus, qui cloueront au sol l’aviation libyenne en bombardant ses aéroports et ses installations fixes et mobiles de missiles sol-air, puis éventuellement, en abattant ses appareils en vol.

La Ligue arabe n’a pas indiqué le détail du vote. Sur 22 États membres, seuls 2 ont voté non : l’Algérie, qui craint la présence de l’OTAN sur sa frontière Est, et la Syrie, qui persiste seule contre tous à résister à l’hégémonie états-unienne et au sionisme. Il est probable que le Liban et d’autres se sont abstenus.

Contrairement à ce que laissent entendre les responsables occidentaux, l’Union africaine n’a jamais souhaité une intervention militaire étrangère. Au contraire, elle l’a explicitement rejetée le 10 mars [11]. Et pour cause : il est clair pour chacun de ses membres que le drame libyenest volontairement amplifié pour servir de prétexte au débarquement massif des forces armées états-uniennes en Afrique.

Sauver les monarchies du Golfe

Dans le Golfe, l’Arabie saoudite est le centre du dispositif

impérial. Au début du XXe siècle, cet État a été créé par la famille des Saoud avec l’appui des Britanniques, à l’issue de guerres de conquête extrêmement meurtrières. Avec ses réserves pétrolières —les plus importantes du monde—, il est tombé dans l’orbite états-unienne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’accord du Quincy, conclu entre le roi Ibn Saoud et le président Roosevelt, fait obligation aux Saoud d’approvisionner en pétrole les États-Unis et fait obligation aux États-Unis de protéger la famille régnante (et non le pays).

L’Arabie saoudite n’est pas à proprement parler un État et n’a pas de nom, c’est juste la partie d’Arabie appartenant aux Saoud. Ceux-ci la gèrent dans leur intérêt personnel (et celui des États- Unis) et mènent ostensiblement une vie de débauche bien éloignée de l’austérité wahhabite dont ils se réclament. Le roi Ibn Saoud ayant eu 32 épouses et 53 fils, il a été convenu pour limiter les conflits familiaux que la couronne ne se transmettrait pas de père en fils, mais de frère à frère. Son fils aîné étant mort de maladie, c’est son fils cadet, alors âgé de 51 ans, qui lui succéda en 1953. Puis son troisième fils, alors âgé de 60 ans, en 1964, et ainsi de suite. Le roi actuel est âgé de 87 ans, il a récemment subi de lourdes opérations et n’en a probablement plus pour longtemps à vivre. Son frère Sultan, qui devrait lui succéder, est atteint de la maladie d’Alzheimer.

De tout cela, il résulte un régime impopulaire et fragile, qui a déjà failli s’effondrer en 1979. C’est pourquoi aussi bien Riyad que Washington observent avec crainte les insurrections arabes qui le cernent, au Yémen et au Bahreïn.

L’armée saoudienne est déjà présente au Yémen. Avec l’aide de la CIA, elle espère aider le président Ali Abdullah Saleh à mater la révolte. Reste Bahreïn.

Bahreïn est une petite île de la taille de la Micronésie ou de l’île de Man. Au XVIIIe siècle, elle a été prise à la Perse par les Al- Khalifa (des cousins de la famille régnante au Koweït). La monarchie est donc sunnite alors que la population d’origine est arabe chiite. À la différence des autres monarchie du Golfe, son économie n’est pas centrée sur la rente pétrolière. Il y a cependant une forte immigration (environ 40 % de la population totale), principalement venue d’Iran et d’Inde.

En 1923, le Bahreïn est tombé dans l’orbite britannique. Londres a déposé l’émir et placé son fils, plus conciliant, sur le trône. Durant les années 50 et 60, nationalistes arabes et communistes tentèrent de libérer le pays. Le Royaume- Uni répondit en dépêchant ses meilleurs spécialistes       en répression,       dont       Ian Henderson, désormais connu comme le « boucher de Bahreïn ». En définitive, le pays       retrouva son indépendance en 1971, mais ce fut pour tomber dans l’orbite des États-Unis qui y installèrent leur base militaire navale régionale et  y attachèrent la Ve flotte.

Les années 80 furent le théâtre de nouveaux troubles, inspirés par l’exemple de la Révolution iranienne. Dans les années 90, l’ensemble des forces d’oppositions s’unirent —à la fois marxistes, nationalistes arabes et khomeinistes— durant une longue intifada.

Le calme ne revint qu’en 1999 avec la montée sur le trône du roi Ahmad. Despote éclairé, il institua une assemblée consultative élue et favorisa l’accès des femmes aux postes à responsabilité, ce qui lui concilia son opposition historique, mais lui aliéna les extrémistes de la minorité sunnite sur laquelle repose son régime.

Depuis le 14 février 2011, des manifestations se succèdent dans l’île. Initialement organisées par le Wefaq, le parti khomeiniste, elles dénonçaient la corruption et le système policier. Il s’agissait de réformer la monarchie et non de l’abolir. Cependant, le succès populaire du mouvement et la brutalité de la répression ont conduit à une rapide radicalisation, malgré une timide tentative d’ouverture du prince héritier [12].

La monarchie a perdu sa légitimité après les révélations du resserrement de ses liens avec le mouvement sioniste. Depuis 2007, les Khalifa ont tissé des liens avec l’American Jewish Committee. Selon l’opposition bahreïnie, ils ont été noués par l’entremise d’Alain Bauer, le conseiller du président français chargé de la refonte du système policier bahreïni.

Désormais, la plupart des manifestants luttent pour le renversement de la monarchie ; ce qui constitue la ligne rouge à ne pas franchir aux yeux des autres monarchies du Golfe et de leur protecteur états-unien. C’est pourquoi le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, s’est rendu le 13 mars à Manama. Officiellement, il a invité le roi à prendre en compteles réclamations de son peuple et à trouver une issue paisible au conflit. Bien sûr, ce type de conseil ne ressort pas d’un secrétaire à la Défense, mais d’un secrétaire d’État. En réalité, M. Gates est venu conclure le volet politique d’une opération militaire déjà prête.

Le lendemain 14 mars, les cinq autres monarchies du Conseil de coopération du Golfe ont donné leur accord pour l’activation du « Bouclier de la péninsule », une force d’intervention commune, prévue de longue date pour contenir la possible expansion de la Révolution khomeiniste. Le soir même, 1 000 soldats saoudiens et 500 policiers émiratis sont entrés à Bahreïn.

L’état d’urgence a été décrété pour trois mois. Le peu de libertés qui étaient tolérées ont été suspendues. Le 16 mars à l’aurore, les forces des monarchies coalisées, armées et encadrées par les États-Unis, ont délogé les manifestants des lieux où ils campaient, utilisant des gaz de combat à la place de gaz lacrymogènes, et des tirs à balles réelles. Les autorités reconnaissent plus de 1 000 blessés graves, dont plusieurs centaines par balles, mais uniquement 5 morts, ce qui est un ratio peu crédible.

La Doctrine Obama

Washington a donc tranché. Après avoir tenu un discours lénifiant sur les Droits de l’homme et avoir salué avec un enthousiasme forcé le « printemps arabe », l’administration Obama a choisi la force pour sauver ce qui peut l’être encore.

Comme lorsque les communistes renversèrent la monarchie afghane, c’est le vassal saoudien qui a été chargé par Washington de conduire la contre-révolution. Il a armé une faction de l’opposition libyenne, et a substitué au débat onusien sur des sanctions contre la Libye, le débat sur la création d’une zone d’exclusion aérienne, c’est-à-dire sur l’intervention militaire. Il est intervenu militairement à Bahreïn.

Rien ne distingue la « doctrine Obama » de la « doctrine Brejnev ». En 1968, les chars du Pacte de Varsovie mettaient fin au « printemps de Prague » pour préserver l’Empire soviétique vacillant. En 2011, les blindés saoudiens écrasent le peuple bahreïni pour préserver l’Empire anglo-saxon.

L’opération a été conduite dans le silence assourdissant des médias occidentaux, hypnotisés par les catastrophes naturelles et nucléaires qui frappent le Japon au même moment.

La Révolution française avait dû faire face à l’invasion des monarchies coalisées. La Révolution russe a dû affronter les armées blanches. La Révolution iranienne a dû résister à l’invasion irakienne. La Révolution arabe doit désormais vaincre l’armée saoudienne.

Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

 

[1] Lire : L’Effroyable imposture 2. Manipulations et désinformations, par Thierry Meyssan, Editions Alphée-JP Bertrand, 2007.

[2] « Discours à l’université du Caire », par Barack Obama ; « Le discours d’Obama au Caire », par Fidel Castro Ruz ; « Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 et 9 juin 2009

[3] « L’esperienza politica africana di Barack Obama », par Thierry Meyssan, in Eurasia, Rvista di Studi Geopolitici, Vol. 3, 2009.

[4] « Israël vole au secours de son allié Khadafi », « La société de mercenariat CST Global et le criminel de guerre Israel Ziv nous écrivent », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 et 7 mars 2011.

[5] « Quand flottent sur les places libyennes les drapeaux du roi Idris », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 1er mars 2011.

[6] « Résolution 1970 du Conseil de sécurité », Réseau Voltaire, 26 février 2011.

[7] « Résolution du Parlement européen sur le voisinage sud, en particulier la Libye », Réseau Voltaire, 10 mars 2011.

[8] « Lettre conjointe de Nicolas Sarkozy et David Cameron à Herman Van Rompuy sur la Libye », Réseau Voltaire, 10 mars 2011.

[9] « Déclaration du Conseil européen sur le voisinage sud, en particulier la Libye », « Remarks by Herman Van Rompuy at the press conference following the extraordinary European Council on EU Southern Neighbourhood and Libya », Réseau Voltaire, 11 mars 2011.

[10] « Press conference by Anders Fogh Rasmussen on Libya », Voltaire Network, 10 mars 2011.

[11] « Communiqué de l’Union africaine sur la Libye », Réseau Voltaire, 10 mars 2011.

[12] « Crown Prince Salman bin Hamad bin Isa Al Khalifa interview with Bahrain TV », Voltaire Network, 6 mars 2011.

url de l’article original: http://www.voltairenet.org/article168903.html

 

Crise économique, résistance politique: communiqué de la CNT

Posted in actualité, autogestion, économie, démocratie participative, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite with tags , , , , , , , on 16 mars 2011 by Résistance 71

De l’argent ? Il y en a dans les poches du CAC 40 !

 

CNT secrétariat média

 

On vit dans la crise. Ca dure depuis 30 ans et, on le sait tous, ça va encore durer. Nos politiciens s’emploient assez à nous le répéter : il va falloir se serrer la ceinture et renoncer encore à quelques acquis sociaux car on ne peut vraiment pas faire autrement.

 

Pourtant c’est sans aucune honte que les entreprises du Cac 40 qui, à travers le Medef et le gouvernement s’emploient à « détricoter les acquis sociaux », viennent d’annoncer 83 milliards d’euros de bénéfices pour 2010.

Une partie de ces milliards, accumulés par la sueur des salariés, permettraient très largement d’assurer les besoins élémentaires de toute la population hexagonale et de maintenir et de développer les solidarités. Et comme une partie de ces sommes provient des activités d’entreprises françaises à l’étranger, la distribution des richesses à tous les travailleurs de ces régions serait, plus que jamais, le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté.

Au lieu de ça plus de 40 de ces milliards seront reversés aux actionnaires sous forme de dividendes, creusant encore un peu plus les inégalités sociales entre riches et précaires, entre rentiers et travailleurs. Pour rappel, les profits des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 89% depuis 2009. Pas mal en pleine « crise ».

Il faudra bien rappeler ce genre de chiffres aux escrocs qui veulent nous faire croire que cette crise touche tout le monde alors qu’elle n’est rien d’autre qu’un argument des capitalistes pour justifier leurs politiques toujours plus antisociales.

En tous cas, comme le chantent les cortèges de la CNT, « De l’argent, il y en a dans les caisses du patronat » et un mouvement social d’ampleur, comme celui de l’automne dernier, serait l’occasion de rappeler quelques principes de justice sociale à ceux qui nous gouvernent. En attendant de partager nous-mêmes le gâteau !

 

Url de l’article original: http://www.cnt-f.org/spip.php?article1523

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Catastrophe du Japon: la fraude a la sécurité dans l’industrie du nucléaire

Posted in actualité, écologie & climat, santé, sciences et technologie with tags , , on 15 mars 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici un article tres récent de Greg Palast, journaliste d’enquête et écrivain tres connu dans la presse alternative anglo-saxonne. Il est l’auteur entr’autres des ouvrages « The Armed Madhouse » et de « The best democracy money can buy », deux remarquables livres-enquêtes tres bien documentés et écrit dans un style tres personnel, direct et a l’humour caustique.

Il enquêta sur la marée noire de l’Exxon Valdez en Alaska pour le compte des indiens Chugach d’Alaska et mit a jour les fraudes qui ont menées a l’échouage de l’Exxon-Valdez.

Il nous livre ici certains dessous de l’industrie nucléaire sur laquelle il fut amené a enquêter a la fin des années 1980. La catastrophe nucléaire en devenir en ce moment même au Japon est-elle la seule faute du séisme et du tsunami ?

Il semblerait que non. Descente aux enfers de l’industrie nucléaire par la face extrême-orientale…

— Résistance 71 —

 

 

Tokyo Electric va construire des centrales nucléaires aux Etats-Unis: Information sérieuse sur les opérateurs nucléaires au Japon

Par Greg Palast | Lundi 14 Mars 2011

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

Je dois vous parler a tous ici, non pas comme un journaliste, mais au travers de mes fonctions antérieures d’enquêteur en chef dans des affaires de fraude et de racket concernant des centrales nucléaires gouvernementales.

Je ne connais pas la loi au Japon, je ne peux donc pas vous dire si Tokyo Electric Power Co (TEPCO) peur plaider l’insanité dans les homicides qui sont sur le point d’être perpétrés.

Mais que plaidrait Obama ? Son admininistration vient de demander au congres il y a juste quelques mois, de donner une garantie sur prêt de 4 milliards de dollars pour deux réacteurs nucléaires qui seront bâtis et fonctionnels sur la côte du Golfe au Texas, avec TEPCO et des partenaires locaux aux commandes. Comme si le Golfe du Mexique n’avait pas déja assez souffert comme cela. Voici certains faits sur TEPCO que vous ne verrez pas sur CNN ou autre média.

Les pannes actuelles des systemes d’urgence des centrales nucléaires japonaises ne sont en aucune maniere une surprise pour ceux qui ont travaillés dans le domaine du nucléaire.

Les centrales nucléaires dans le monde entier doivent passer un test de sécurité appelé “Qualification sismique” ou “QS”. Cela veut dire que le ou les propriétaire(s) jure(nt) que tous les composants de la centrale sont conçus pour le maximum de sécurité possible concernant des événements pouvant les secouer, que ce soit des tremblements de terre ou un cadeau de Noël explosif d’Al Qaeda.

La façon la moins onéreuse d’obtenir sa qualification “QS” est de mentir. L’industrie du nucléaire le fait tout le temps. L’équipe de contrôle du gouvernemernt pour laquelle je travaillais les a pris la main dans le sac en 1988, a la centrale nucléaire de Shoreham dans l’état de New York. Corriger les problemes de QS a Shoreham aurait coûté un milliard de dollars, donc les ingénieurs furent sommés de changer les tests de “pas bon” en “bon” pour le service.

Quelle fut la compagnie qui émit le faux rapport? Stone & Webster, aujourd’hui la branche nucléaire de la compagnie de construction Shaw, qui va travailler avec TEPCO pour construire la centrale nucléaire texane. Que dieu nous vienne en aide !

Mais il y a bien plus.

La nuit derniere, j’ai entendu des journalisres de CNN répéter la ligne officielle a savoir que le tsunami avait incapacité les pompes de refroidissement des réacteurs, impliquant le fait que l’eau était entrée de maniere inattendue dans les générateurs diesels qui font fonctionner les pompes.

Ces systemes de sécurité sont appelés “EDG” en jargon nucléaire ou Emergency Diesel Generators (NDT: générateurs diesels d’urgence). Qu’ils ne fonctionnent pas dans une urgence revient pour une brigade de pompiers a dire qu’ils n’ont pas pu sauver le bâtiment parce qu’”il était en feu”.

Quelle lumiere déclinante a pondu ce systeme? Un des réacteurs qui fait la danse de St Guy dans la centrale 1 de Fukushima a été construit par Toshiba. Toshiba est aussi l’architecte du systeme de générateur d’urgence.

Maintenant, tremblons ensemble. Le package de 4 milliards de dollars d’Obama est appelé le Projet pour le Texas du Sud. Cela a été vendu localement comme un projet nationaliste de faire de l’électricité sur place avec le réacteur d’un grand nom de l’industrie américaine, Westinghouse. Quoi qu’il en soit, le réacteur sera fait de maniere substantielle au Japon par la compagnie qui a racheté la marque Westinghouse: Toshiba.

J’ai eu une fois un ordinateur Toshiba. Je n’ai eu a le renvoyer qu’une seule fois a l’usine pour malfonction sur ma garantie. Mais il sera difficile de renvoyer un réacteur nucléaire par la poste avec son bordereau de garantie si les barres de combustibles nucléaires fondent dedans et l’enfoncent de moitié vers le centre de la terre.

TEPCO et Toshiba ne savent pas ce que mon fils a appris au bahut dans ses classes de sciences: des tsunamis suivent les gros séismes du Pacifique. Bon, ces compagnies sont vraiment stupides hein ? Peut-être. Plus vraisemblable est le fait que ces systemes de sécurité n’auraient pas fonctionné non plus par un beau matin d’été.

Retour en arriere; a l’époque ou nous vérifions les systemes de sécurité d’urgence des générateurs diesel aux Etats-Unis, un nombre impressionnant de ceux-ci ne marchaient pas. Dans la centrale de New York par exemple, les constructeurs ont juré sous serment que leurs trois moteurs de générateurs a gasoil étaient opérationnels pour toute urgence et qu’ils avaient été testés. Les tests avaient été falsifiés, les moteurs diesel ne tournerent que pour un temps tres limité et a bas régime. Quand ils furent mis a l’épreuve en simulation de conditions d’urgence plein pot, le villebrequin du premier moteur cassa au bout d’une heure, puis le second puis le troisieme. Nous avions baptisé les trois moteurs: “Snap, crack and pop”.

(note de Palast: quelques instants apres avoir écrit cette phrase, on apprenait que les trois moteurs de générateurs diesel de la centrale de Tokai avaient rendus l’âme également.)

Aux Etats-Unis, nous avons en principe été forcés de fixer ce probleme de moteurs diesels apres énormément de plaintes de l’industrie elle-même. Mais au Japon, personne ne dit a TEPCO de faire ce que l’empereur de l’électricité ne veut pas faire.

Je reçois beaucoup de notes confidentielles de personnels qui operent a l’intérieur de l’industrie nucléaire. Un ingénieur, grand nom en ce domaine, est particulierement préoccuppé par le fait qu’Obama a levé certaines contraintes pour Toshiba et TEPCO afin de les attirer aux Etats-Unis. L’Amérique a une longue histoire de lanceurs d’alerte prêts a mettre leur carriere voire leur vie en jeu afin de sauvegarder le public. Dans notre cas de fraude a New York, le gouvernement ne prit connaissance des faits de fraude sur les tests que grâce a l’alerte donnée par deux ingénieurs courageux, Gordon Dick et John Daly, qui donnerent a notre équipe d’enquêteurs suffisamment de preuves documentées.

Au Japon, cela n’arrive simplement pas. La culture nationale ne permet pas au salarié, qui travaille toute sa vie pour la même compagnie, de lâcher le morceau.

Pas que la loi américaine soit un bouclier efficace: les deux ingénieurs du cas de New York furent virés et mis sur liste noire dans l’industrie du nucléaire. Mais quoi qu’il en soit, le gouvernement (local, d’état et fédéral) poursuivit les constructeurs pour fraude et racket. Les jurés ne mordirent pas a l’hameçon des excuses avancées par la défense des industries en cause et la centrale fût démantelée.

Suis-je un xénophobe en croisade anti-nipponne ? Non. En fait, j’ai bien plus peur des contracteurs américains du projet nucléaire pour le sud Texas, spécifiquement Shaw. Stone & Webster, maintenant le département du nucléaire de Shaw, était aussi la firme qui conspira pour falsifier les tests dans la centrale de New York (et les autres exploits de cette sinistre compagnie ont été exposés par leur ancien consultant John Perkins dans son livre “Les confessions d’un assassin financier”). Si la planete a besoin de trembler plus, considérez ceci: Toshiba et Shaw ont signé récemment un contrat qui scelle leur partenariat comme associés mondiaux pour la construction de centrales nucléaires.

Les autres participants impliqués dans le plan de centrale pour le sud-Texas qu’Obama supporte a fond devraient aussi vous donner froid dans le dos. Mais comme je suis au milieu de mon enquête concernant les associés américains de ce projet, je le réserve pour une autre fois.

Donc, si nous nous tournions vers les contractuels intramuros des Etats-Unis, serions-nous plus en sécurité ? Et bien disons que deux des réacteurs japonais qui fondent en ce moment même, incluant celui dont le bâtiment protecteur se volatilisa dans le ciel, ont été bâtis par General Electric de ces bons vieux Etats-Unis d’Amérique.

Apres le Texas, vous serez les suivants. L’administration Obama prévoie un plan de prêts de 56 milliards de dollars pour bâtir des réacteurs nucléaires partout en Amérique.

Et maintenant, les meurtres:

CNN n’est interessée que par le décompte des corps dans les décombres, combien d’ouvriers des centrales ont été iradiés, balayés par les eaux ou pulvérisés dans les explosions. Ces centrales sont maintenant en train de relâcher des matériaux radioactifs dans l’atmosphere par leurs vapeurs. Soyez toujours sceptiques sur l’annonce faite que “les niveaux de radioactivité ne sont pas dangereux”. Ceci est affirmer par les mêmes personnes qui nois ont dit que la fusion des réacteurs n’arriveraient pas. Au fil des années a venir et non pas des jours ou des semaines, il y aura mille, deux mille ou dix mille personnes qui souffriront de cancers directement liés a leur exposition a ces radiations.

Dans mon enquête de l’affaire de New York, j’ai eu pour tâche non enviable de documenter la morbidité post-fusion pour le gouvernement. Ce serait irresponsable de ma part d’estimer le nombre de morts par cancer qu’il y aura avec le temps suite a ces fuites sans avoir plus d’information; mais une chose est sûre, il est juste simplement criminel pour les shoguns de TEPCO de dire que ces émissions ne sont pas dangereuses.

De plus, le fait que les résidents a proximité des centrales nucléaires japonaises n’aint pas reçu de pilules d’iode a prendre au cas ou, montre parfaitement que TEPCO se moque totalement de qui vit et qui meurt, aussi bien au Japon qu’aux Etats-Unis. Les isotopes cancérigenes relâchés par la centrale de Fukushima flottent déja vers Seattle et leurs effets ne peuvent simplement pas être mesurés.

Que le ciel nous vienne en aide, car Obama lui, ne le fera pas !

 

Source URL: http://www.gregpalast.com/no-bs-info-on-japan-nuclearobama-invites-tokyo-electric-to-build-us-nukes-with-taxpayer-funds/

 

Biographie de Greg Palast: http://www.gregpalast.com/GregPalastbio.pdf