Archive pour décembre, 2010

11 septembre et terrorisme: politique de la peur et vache a lait des totalitarismes

Posted in 11 septembre, actualité, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, terrorisme d'état with tags , , , , on 20 décembre 2010 by Résistance 71

De 1933 a 2010, toujours la peur et la menace terroriste

par Pascal Sacré

Url de l’article original:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22465

Finalement, les choses ont bien peu changé. Nous croyons vivre dans des démocraties mais les moyens pour nous contrôler sont identiques à ceux rencontrés dans des régimes plus totalitaires. Les moyens en question sont plus subtils et moins visibles, mais tout aussi déloyaux. Novembre 2010, le Reichstag est encore une fois la cible d’effrayants terroristes.

Selon eux, c’est toujours pour notre bien que nos gouvernements suppriment nos libertés. Ce serait un mal nécessaire face à la menace de nos éternels ennemis. Autrefois c’était le communiste. Aujourd’hui, ce sont les islamistes. Peu importe. L’important est de disposer d’un ennemi. La peur est un bon moyen de contrôler les mécanismes d’analyse et de réflexion d’une population. Quand vous avez peur, vous êtes incapables de réfléchir sereinement.

Sous l’effet de la peur, nos capacités naturelles à nous prendre en charge, et nos ressources, la confiance, le bien-être, le discernement, l’optimisme, l’héroïsme, la joie se volatilisent comme de la neige en plein soleil. La peur est profondément enfouie dans nos esprits, plus précisément dans une région appelée l’amygdale cérébrale, et gouverne toutes nos réactions, souvent à notre insu.

Des chercheurs de l’Université de New York ont montré qu’entre ce que nous disons et ce que nous ressentons fondamentalement, l’écart est parfois très grand. Elisabeth Phelps a mis en évidence un paradoxe humain fort intéressant : ce n’est pas parce qu’une personne dit ne pas être raciste (sujet de l’étude) qu’elle ne l’est pas au fond d’elle, bien au contraire !

Un questionnaire mesure les croyances et les attitudes conscientes que les gens estiment avoir, le Racism Modern Scale dans l’étude de Phelps. Cette partie évalue nos croyances conscientes, ce que nous affirmons éprouver envers un sujet, par exemple envers les Noirs américains pour des sujets blancs, ou les homosexuels pour des hétérosexuels.

Deux autres tests, le test implicite d’association et la réponse du clignement des yeux (Startle Eyeblink response), sont des mesures indirectes de nos croyances fondamentales et court-circuitent notre conscience. Les réponses mesurées par ces tests ne peuvent mentir. Le premier mesure la vitesse avec laquelle sont réalisées des associations entre le sujet de l’étude (des groupes raciaux dans l’étude de Phelps) et des appréciations négatives ou positives. Le second test mesure l’intensité du clignement des paupières pendant que les sujets voient des images comportant le stimulus testé (par exemple des visages de Blancs ou de Noirs). L’amplitude de la contraction musculaire des yeux est mesurée par un électromyogramme.

Il existe un quatrième moyen, plus sophistiqué, qui mesure au moyen  d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle l’état du sujet pendant qu’il visualise le stimulus testé. Dans l’étude de Phelps sur le racisme, selon le premier test, le questionnaire direct, les sujets seraient  peu racistes. Les mesures indirectes, le test implicite d’association et le test de clignement des yeux, révèlent tout à fait l’inverse, les sujets blancs présentant une réaction beaucoup plus forte à la vue et à l’évocation des Noirs. Les mesures indirectes sont en corrélation exacte avec l’activation d’une zone du cerveau, l’amygdale cérébrale, le centre de la peur.

Plus les scores aux tests indirects sont élevés, plus l’activité de l’amygdale, mesurée par l’imagerie magnétique, est importante, traduisant une réaction émotionnelle de peur  à la vue du stimulus, un visage de l’autre race dans l’étude de Phelps.La corrélation entre le questionnaire direct et l’activation amygdalienne est par contre inverse.

Ces constatations ont été faites dans d’autres situations, par d’autres chercheurs.

Melanie Steffen de l’université de Trier en Allemagne, a étudié l’écart entre notre attitude explicite et notre réaction implicite vis-à-vis des homosexuels.

Nous pouvons imaginer ce qu’il en est aujourd’hui, pour les populations occidentales, de notre réaction amygdalienne vis-à-vis des musulmans, où la notion de racisme est aujourd’hui renforcée par la peur du terroriste, peur savamment entretenue par nos « leaders » d’opinion. Savamment entretenue, mais jamais expliquée, jamais nuancée, jamais remise en question malgré les nombreux doutes, y compris de chercheurs et d’universitaires occidentaux, sur l’idéologie manichéenne présentée comme une évidence au lendemain du 11 septembre 2001.

Le terrorisme islamique a cet avantage pour nos gouvernements de ne pas être une menace clairement identifiée. Elle est perpétuelle, floue, terrifiante et omniprésente. Cette menace, à l’ère de tous ces moyens électroniques de surveillance et de repérage dont nous disposons, serait malgré tout indestructible, insoluble, tout au plus pourrions-nous la contenir, nous en protéger par des barricades et des miradors, des patrouilles et des fouilles incessantes.

Pourquoi ?

Le 11 septembre 2001 a consacré ce nouveau mode de vie, l’obligation de passer dans des scanners corporels, la perspective de voir Internet cadenassé, la peur d’aborder certains sujets et de manifester dans la rue pour nos droits. Cet événement dramatique a suffi à justifier la rhétorique de nos dirigeants. Il est là, en toile de fond, à jamais. Grâce à lui,  plus besoin pour nos politiques de revenir constamment en arrière et de nous donner des explications futiles.

Vraiment ?

Pourtant aucune preuve n’a été apportée à la thèse occidentale dominante, celle d’un réseau islamiste extrémiste organisé et autonome, et le rapport de la Commission Nationale sur ces attentats, la commission Kean-Hamilton, de l’aveu même de ses présidents [1]-[2], est un échec et n’a répondu à aucune des questions soulevées par des critiques sérieux et courageux, dont de nombreuses familles de victimes [3].

Si les populations occidentales pouvaient retrouver un peu de sérénité sur ce sujet et ne plus écouter la peur instillée par nos dirigeants, entretenue par les raccourcis médiatiques et des discours d’experts obsédés, mais écouter leur esprit critique, elles se rendraient compte qu’Oussama Ben Laden n’a jamais revendiqué ces attentats [4]-[5]-[6].S’il s’en est réjoui, Ben Laden a fermement démenti sa participation [7]-[8]-[9]. Le 28 septembre 2001, dans une interview donnée au quotidien pakistanais Ummat, Ben Laden explique une nouvelle fois qu’il n’est « pas impliqué dans les attentats du 11 Septembre. Les Etats-Unis devraient rechercher les auteurs de ces attentats en son sein » précise-t-il [10].

Cette hypothèse n’est pas si farfelue et si, venant de lui, elle n’a pour nous aucun poids, un certain nombre d’Occidentaux, universitaires, scientifiques, militaires, chercheurs, politiciens, journalistes, l’ont depuis évoquée, à leur tour, et ils sont de plus en plus à l’avoir fait, les années passant et les doutes se renforçant.

Quant à la première « vidéo confession » de Ben Laden avouant avoir organisé ces attentats, apparue en décembre 2001, magiquement retrouvée par la CIA dans une maison en Afghanistan à un moment fort opportun pour ses employeurs, puis traduite par le Pentagone pour être ensuite diffusée dans le monde entier, plusieurs experts démontrent bien qu’elle est fausse, trafiquée, manipulée [11]-[12]. En tout cas, elle ne peut servir de preuve.

Celle qui sortira de la hotte des services de renseignement le 29 octobre 2004, soit quatre jours avant les élections présidentielles US, est tout aussi suspecte [13].

Dans celle du 8 septembre 2007, Ben Laden ne fait aucune référence aux attentats du 11 Septembre mais annonce une intensification des actions d’al-Qaida en Irak.

Alors que la vidéo précédente était intervenue à la veille des élections présidentielles de 2004 et avait bien aidé Bush face à Kerry, cette fois-ci, l’image du chef d’al-Qaida [dans laquelle il annonce une intensification des actions en Irak] apparaît juste avant le débat au Congrès sur la stratégie US en Irak [14]. Le directeur adjoint de la rédaction du Figaro Pierre Rousselin y relève une « curieuse coïncidence » [15].

Des observateurs et experts en analyse numérique [16] battent en brèche l’authenticité de cette vidéo, comme pour les précédentes [17].

Le Dr. Neal Krawetz conclut son analyse ainsi : « Quelles sont les chances que rien n’ait changé, excepté sa barbe en trois ans ? Pratiquement aucune. [La vidéo de 2007] semble avoir été enregistrée trois ans auparavant » [18].

Malgré cela, nos « grands » médias, nos gouvernements et nos experts ne remettent jamais en question le postulat de départ fait en septembre 2001, celle d’un réseau terroriste très organisé et capable de faire trembler les nations les plus riches et les plus sécurisées de la planète, ayant fomenté les attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis, ceux de 2004 à Madrid, ceux de 2005 à Londres.

Ce mythe justifie la politique sécuritaire et militaire de nos gouvernements, aujourd’hui plus que jamais et il ne faudrait même plus y réfléchir.

La solution proposée par les Etats-Unis et leur allié la Grande-Bretagne, entraînant leurs vassaux européens de l’OTAN dans leur guerre en Afghanistan, n’est jamais analysée en profondeur, et plus jamais remise en question. Faire la guerre à des pays supposés protecteurs d’un prétendu réseau islamique hypertrophié, qui n’a jamais formellement revendiqué les attentats de 2001 et a même démentit fermement sa participation : voilà à quoi se résume notre réponse au terrorisme.

Et puis ?

Aucun des pirates de l’air n’était ni irakien  ni afghan.

Cela aussi n’est jamais ré-analysé.

Si Saddam Hussein, lui, est pendu depuis belle lurette, après une capture surmédiatisée [19], Ben Laden et le n°2 d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri [20], sont toujours introuvables.

Est-ce possible ? Vraiment, en y réfléchissant, avec vos lobes frontaux et non votre amygdale cérébrale, trouvez-vous cela vraiment plausible, sans y voir une complaisance, au minimum, de ceux qui disent les pourchasser ?

A une époque d’austérité sociale sans précédent, la guerre en Afghanistan coûte 1,3 million d’euros par jour aux contribuables français [21] et neuf années plus tard, les guerres en Irak, les invasions de l’Afghanistan, les incursions au Pakistan, en Somalie, au Yémen, les déploiements de navires dans les mers et océans limitrophes, les blocus et les « frappes » financières, ont-ils diminué, même un peu, la menace terroriste ?

Avons-nous moins peur pour autant ?

Passons-nous de meilleurs noëls dans nos capitales illuminées ?

Les guerres dans ces pays sont contreproductives. Elles sont déstabilisantes et sèment toujours plus de haine et de violence. Toujours plus de peur et de colère.

Neuf années après le drame du 11 septembre 2001, nos leaders n’ont toujours proposé aucune réflexion de fond, aucune alternative, aucune solution à long terme autre que la guerre, l’invasion, le bombardement, le drone, la famine, la corruption, des « solutions » brutales et sanguinaires qui ne font que répondre à un désir de vengeance, et non à un désir de vivre en paix, loin de toute peur.

Dans la nuit du 27 février 1933, un incendie détruit le Reichstag, le Parlement allemand. A l’issue de cet « attentat » imputé aux communistes, à l’issue d’un procès arrangé (pas de « vidéos confession » à cette époque),  Hitler introduira le décret présidentiel pour la protection du peuple et de l’Etat [22] (Reichstagsbrandverordnung).

Cela a abouti à la suspension des libertés de réunion et d’expression, à l’autorisation des écoutes téléphoniques, aux fouilles des maisons et à la détention illimitée et sans mandat ; cela a aussi ouvert la voie à des arrestations en masse d’opposants.

2010, après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne [23], la France [24], la Suède [25], c’est au tour de l’Allemagne de rallumer la peur dans l’esprit de ses concitoyens, comme une piqûre de rappel [26].

Cette fois le Reichstag n’a pas encore été brûlé mais il est menacé. Ce ne sont pas des communistes, mais des islamistes dérangés.

On avait déjà bien essayé, début octobre, de nous affoler en citant la tour Eiffel et la gare de Berlin [27] comme cibles potentielles.

Le ministre de l’Intérieur allemand Thomas de Maizière a organisé une conférence de presse mercredi 17 novembre pour faire part de la menace terroriste [28].

La menace terroriste, toujours elle.

La peur.

Selon le Wall Street Journal, la médiatisation des menaces terroristes est plutôt rare en Allemagne, et la population est particulièrement inquiète [29].  Mais bien sûr.  Après nous avoir fait bien peur, on nous demande de garder notre calme. De ne pas céder à la panique.

Ne vous-êtes-vous jamais demandé si l’objectif de nos gouvernements n’était justement pas celui-là, qu’ils poursuivent plus ou moins délibérément : nous maintenir dans la peur et exploiter notre incapacité résultante à réfléchir ?

Comment expliquer sinon que ni les gouvernements et leurs ministères concernés, leurs experts attitrés, ni les grands médias, même spécialisés, n’abordent le terrorisme islamique avec plus d’honnêteté et d’objectivité, en soulignant, pour commencer, le caractère hypothétique et non certain de la responsabilité de Ben Laden et de son réseau dans les attentats du 11 septembre 2001 ?

Les menaces sur le Reichstag sont arrivées au bon moment pour Angela Merkel, peu de temps après les violentes manifestations sociales contre le nucléaire en Allemagne [30].

« La décision de prolonger la durée d’exploitation des centrales [nucléaires] adoptée par le gouvernement allemand bloque le développement des énergies renouvelables qui serait pourtant réalisable et indispensable », déclare Wolfgang Ehmke.

L’opinion publique est majoritairement hostile à cette loi revenant sur les promesses électorales. La colère monte en Allemagne.

L’antidote aux colères sociales justifiées ? La peur !

Et le meilleur moyen de nous faire peur aujourd’hui ? La menace terroriste.

Comme autrefois, la menace communiste.

Dans ce contexte social inquiétant, la bonne veille menace terroriste a permis de renforcer la surveillance des populations, d’augmenter les patrouilles dans les lieux publics et de légitimer une politique hypersécuritaire qui trouve dans le terrorisme en général, Al-Qaida en particulier, sa raison d’exister. Aqpa (al-Qaida dans la péninsule arabique), Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) etc. Aq quelque chose. Nos gouvernants ont l’embarras du choix pour activer nos amygdales cérébrales.

Un article récent de Mediapart montre le parallèle saisissant qui existe entre le niveau d’alerte terroriste choisi par un gouvernement, et le degré d’insatisfaction sociale qui règne dans le pays [31].

Il existe une corrélation quasi scientifique entre l’usage de la menace, la mention d’un danger (l’étranger, le musulman, le communiste) par un gouvernement, et les moments critiques (période électorale, crises sociales, manifestations) rencontrés par ce gouvernement. Cela se voit dans toutes nos démocraties modernes.

La première vidéo de Ben Laden revendiquant les attentats du 11 septembre est arrivée en décembre 2001 pour justifier l’entrée en guerre en Afghanistan et balayer les premiers doutes.

La deuxième vidéo de 2004 a aidé Bush à l’emporter sur son rival, John Kerry, qui pourtant le devançait jusque là.

La troisième vidéo, en 2007, est apparue juste avant le vote du Congrès US pour renforcer ou non le budget de la guerre en Irak. Après la vision de la cassette, le budget fut voté.

Les menaces terroristes affluent en Europe au moment où tous les gouvernements démocratiques s’apprêtent à opprimer leurs populations en colère par des mesures d’austérité sévérissimes alliées à des mesures sécuritaires et liberticides sans précédent, dignes des pires dictatures.

En Allemagne en particulier, les menaces sur le Reichstag sont apparues dans les suites de violentes manifestations populaires contre le nucléaire et surtout contre les mensonges et dénis de parole du gouvernement Merkel.

Une fois vos amygdales cérébrales bâillonnées, tirez les conclusions qui s’imposent.

George Lowenstein, psychologue à la faculté des sciences sociales et décisionnelles de l’université de Carnegie Mellon, et d’autres chercheurs, ont montré à quel point les réactions impulsives et émotionnelles sont présentes au cœur des décisions politiques.

Ces chercheurs ont étudié ce qui influence nos prises de décisions. George Lowenstein explique clairement que les émotions suscitées dans les moments chauds, la plus puissante étant la peur, suivie par la colère, provoquent une forme de myopie qui nous conduit à un manque de perspective à long terme. Tout cela sous la gouverne d’une petite structure cérébrale qui échappe à tout contrôle conscient.

Les décisions à court terme sont essentiellement émotionnelles. Lorsqu’un événement produit une émotion comme la peur, le cerveau perd sa capacité à bien traiter les informations auxquelles il est soumis : il devient myope et même aveugle.

Contrairement à nous, nos gouvernants connaissent bien ces dysfonctionnements et l’exploitent depuis la nuit des temps.

Le Néerlandais Marinus van der Lubbe, communiste, a été condamné à mort pour «haute trahison» et décapité le 10 janvier 1934 pour, selon les Nazis, avoir incendié le Reichstag, prétexte à la mise en place d’un pouvoir sans limites par le gouvernement allemand de l’époque, préfigurant la venue d’un régime parmi les pires que l’humanité ait connus. Cette peine de mort et la culpabilité de Marinus furent invalidées en 2008 [32]. 75 ans plus tard !

Nos concitoyens ont fermé les yeux depuis le 11 septembre 2001 sous le coup de la peur et de la colère.

Espérons que nous ne mettrons pas 75 ans à les rouvrir.

Référence générale :

Toutes les références aux études mentionnées dans cet article, sur nos processus décisionnels et sur l’influence de la peur sur tous nos choix et réactions, se trouvent dans ce livre :

« Le Cerveau du Bien et du Mal », Dan Freeman, psychologue, éditions Quebecor, 2007.

Tyler et Feldman, p.33

Elisabeth Phelps, p. 34-36

Melanie Steffen, p36

Mahzarin Banaji, Harvard, concepteur du test d’association implicite, p.37

George Lowenstein, chapitre 6, pp. 125-142.

Sources :

[1] Le président de la Commission Thomas Kean : l’enquête « fut mise en place pour échouer »
http://www.reopen911.info/video/le-president-de-la-commission-thomas-kean-l-enquete-fut-mise-en-place-pour-echouer.html

[2] Le vice-président de le Commission Lee Hamilton interviewé par CBC : « Nous avions été mandatés pour échouer »
http://www.reopen911.info/video/interview-du-vice-president-de-le-commission-lee-hamilton-par-cbc-nous-avons-ete-mis-en-place-pour-echouer.html

[3] « Omissions et manipulations de la Commission d’enquête sur le 11 septembre », Professeur David Ray Griffin, Editions Demi-Lune, Collection Résistances, 2006

[4] Bin Laden denies role in attacks, reporter says,
http://www.nj.com/specialprojects/index.ssf?/specialprojects/huntevil/osamaa13.html

[5] Bin Laden says he wasn’t behind attacks,
http://archives.cnn.com/2001/US/09/16/inv.binladen.denial/index.html

[6] […] the elusive bin Laden, an exiled Saudi multimillionaire who has taken refuge in Afghanistan in recent years, issued a statement Sunday through the Arabic television network Al Jazeera, in Qatar, denying involvement. http://cjonline.com/stories/091701/ter_waronterrorism.shtml

[7] I was not involved, bin Laden insists,
http://web.archive.org/web/20010917092350/http:/uk.news.yahoo.com/010916/80/c46ag.html

[8] […] Mr Bin Laden has issued his first personal denial of involvement in the attacks. « The US is pointing the finger at me but I categorically state that I have not done this, » he said in a statement faxed to the Pakistan-based Afghan Islamic Press (AIP) news agency.http://www.telegraph.co.uk/news/1340678/Pakistan-seeks-Bin-Laden-handover.html et http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/uk-rejects-bin-laden-denial-669534.html

[9] […] In a statement faxed to the pro-Taliban Afghan Islamic Press (AIP) agency, Bin Laden yesterday denied having anything to do with last week’s attacks in New York and Washington. « I am residing in Afghanistan. I have taken an oath of allegiance [to the Taliban’s spiritual leader, Mullah Mohammad Omar] which does not allow me to do such things from Afghanistan, » he claimed.http://www.guardian.co.uk/world/2001/sep/17/september11.afghanistan2

[10] Ummat, 28/09/01 http://www.justresponse.net/Bin_Laden1.html

[11] Bin Laden Video: Faulty Translation as Evidence? By Georg Restle and Ekkehard Sieker
http://s3.amazonaws.com/911timeline/2001/monitor122001.html

[12] Kevin Barrett talks to Bruce Lawrence of Duke University about the Bin Laden confession tapes which Lawrence says are bogus and that he knows people who work for the United States government who agree with him off the record.
http://www.radiodujour.com/people/lawrence_bruce/

[13] L’ex-présentateur du journal télévisé du soir sur CBS et aujourd’hui retraité Walter Cronkite affirma dans une interview sur CNN : « je suis enclin à penser que Karl Rove [le secrétaire général adjoint de la Maison Blanche de 2001 à 2006] est derrière cette cassette » CNN, Larry King Live, 29/10/04.

Quant à l’analyste politique Chris Matthews, célèbre animateur d’une émission politique sur MSNBC, il déclara : « Je pense que Karl Rove a manigancé tout ça » MSNBC, 29/10/04.

[14] Le 27 septembre 2007, le Congrès US donnera finalement son accord pour une augmentation massive des dépenses militaires en Irak de plusieurs dizaines de milliards de dollars, The Nation, 28/09/07.

[15] Curieuse coïncidence, http://www.lefigaro.fr/debats/20070910.FIG000000145_curieuse_coincidence.html

[16] As Alive as Elvis http://www.hackerfactor.com/blog/index.php?/archives/93-As-Alive-as-Elvis.html

[17] Latest Bin Laden Video Is a Forgery: All References to Current Events Are Made During Video Freeze
http://www.boomantribune.com/story/2007/9/9/61032/95401

[18] As Alive as Elvis, Op.cit.

[19] Le scénario de la capture de Saddam Hussein était pure propagande, http://www.voltairenet.org/article16490.html

[20] http://fr.euronews.net/2010/07/20/le-numero-deux-d-al-quaida-refait-surface/

[21] La guerre en Afghanistan coûte 1,3 million par jour aux contribuables français
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/09/la-guerre-en-afghanistan-co%C3%BBte-13-million-par-jour-aux-contribuables-fran%C3%A7ais.html

[22] Reichstagsbrandverordnung, décret de l’incendie du Reichstag
http://fr.wikipedia.org/wiki/Reichstagsbrandverordnung

[23] Christmas terrorism: Attack believed possible in U.S., U.K.
http://www.examiner.com/law-enforcement-in-national/christmas-terrorism-attack-believed-possible-u-s-u-k

[24] http://www.slate.fr/story/27739/mediatisation-menace-terroriste-hortefeux-royal

[25] Terrorisme: la Suède relève le niveau d’alerte http://fr.rian.ru/world/20101001/187543491.html

[26] La menace terroriste omniprésente en Allemagne http://www.slate.fr/lien/30505/menace-terroriste-omnipresente-allemagne

[27] La tour Eiffel et la gare de Berlin, cibles potentielles d’attentats
http://www.lalibre.be/actu/international/article/614422/la-tour-eiffel-et-la-gare-de-berlin-cibles-potentielles-d-attentats.html#

[28] Terrorisme: danger accru en Allemagne, attentat prévu « fin novembre »
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jIY80F4rZjpy69JyN2NVE1LRjMdw?docId=CNG.31d9b20818d42f1c27bc8c7d7f8f5903.af1

[29] The threats have unnerved many Germans after government officials played down similar warnings from U.S. intelligence in recent months.
http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704444304575628872520175474.html?mod=WSJEUROPE_newsreel_world

[30] Allemagne, 50 000 personnes à Gorleben contre le passage des « Castor »
http://www.nordeclair.fr/France-Monde/Europe/2010/11/08/50-000-personnes-a-gorleben-contre-le-pa.shtml

[31] Menace terroriste et crise politique: le précédent George Bush, 27 Septembre 2010 Par Thomas Cantaloube, Mediapart. Mediapart étant un journal en ligne payant, voici un site où vous pourrez accédez à l’article : http://www.reopen911.info/News/2010/10/05/mediapart-menace-terroriste-et-crise-politique-le-precedent-george-bush/

[32] Incendie du Reichstag : le verdict annulé 75 ans après
http://www.lefigaro.fr/international/2008/01/12/01003-20080112ARTFIG00150-incendie-du-reichstag-le-verdict-annule-ans-apres.php

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La police politique en France: La DCRI ou le totalitarisme annoncé

Posted in actualité, police politique et totalitarisme, politique française with tags , , , on 18 décembre 2010 by Résistance 71

Javert Ier : petits retours sur la fusion des RG-DST et son rejeton, la DCRI

Url de l’article original: http://www.monde-libertaire.fr/securitaire/item/14081

On n’a pas assez attiré l’attention sur la fusion des RG et de la DST pour donner lieu à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Il en a résulté un énorme service policier au service de l’État mais aussi de notre président, Javert Ier, qui, comme on le verra, recourt à ses services à des fins privées et partisanes. Bien entendu, la direction du service a été confiée à un fidèle de l’omniprésident, M. Squarcini, lequel fait partie du clan de Neuilly, des corses amis et des vieux séides de l’ex-ministre de l’Intérieur. Car Javert Ier a ses réseaux : les Corses via sa première épouse et la mafia des Hauts-de-Seine (Pasqua, Ceccaldi-Reynaud, feu Achille Peretti, etc.), les collaborateurs de la mairie de Neuilly et du conseil général des Hauts-de-Seine, les hauts flics du ministère de l’Intérieur (Guéant, Péchenard, etc.). On a donc la concentration d’un pouvoir quasiment absolu dans un petit nombre de mains. À quoi il convient d’ajouter ses amis dans les médias et les milieux économiques (dépendant souvent des commandes ou des zones d’influence de l’État), lesquels sont assez souvent les mêmes.

Les missions de la DCRI sont essentiellement de lutter contre l’espionnage et le terrorisme. À quoi s’ajoute désormais le combat contre tout ce qui pourrait déstabiliser non seulement le pays mais aussi les intérêts en place. Les pouvoirs très étendus de la DCRI concernent désormais tous les mouvements sociaux et toutes les actions de désobéissance civile : arracheurs de plantes OGM, défenseurs des prisonniers et des immigrants (d’où la réactivation du délit quasi vichyste d’aide à un immigré clandestin, créant un frein à la solidarité), « anarcho-libertaires » (comme l’a montré l’affaire de Tarnac, montée de toutes pièces ; cela rappelle les « hitléro-trotskistes » chers à Staline), défenseurs des Palestiniens (par exemple, les boycotteurs des produits israéliens issus des territoires occupés), etc. Bien sûr, il ne s’agit pas de poursuivre tout le monde, mais de menaces permanentes, de cibles potentielles à usage politico-médiatique aux fins de maintien du sentiment d’insécurité. Cependant, eu égard à la profusion de textes répressifs depuis 2002 et encore plus 2007 (plus de 60 textes, plus de 116 modifications du Code pénal) et au raidissement des lois antiterroristes, il y a l’idée de faire peur à tout contestataire potentiel ou avéré. Toute personne qui s’engage dans un combat pour les libertés ou la défense d’intérêts généraux contre la finance et le capital est dûment prévenue qu’elle court des risques, notamment via la garde à vue notablement renforcée en cas de terrorisme, dont la qualification appartient aux forces de police et aux parquets. C’est dire que l’on peut être très facilement accusé de la chose. Ce qui cadre en plus avec le fait que maintenant la simple appartenance à un groupe soupçonné d’activisme est sévèrement punie. Horreur juridique puisque des intentions, qui plus est supposées, et des « dangerosités » potentielles sont réprimées au lieu des actes et des faits. Cela me donne une idée : au lieu de la grève, pourquoi ne pas se faire tous embastiller, ce qui est devenu très facile vu le nombre de délits aujourd’hui et ce qui à coup sûr supprimerait l’activité économique du pays.

C’est là que l’on perçoit que les choses ont été conçues pour aller dans le même sens en mobilisant tous les moyens : la police, la justice, la loi, les parquets. Tout cela a été pensé pour fusionner au nom de la toute-puissance du pouvoir tsarkozyen. Évidemment, les différents paramètres d’action ont été mis en place de façon séparée et étalée dans le temps pour que personne n’aperçoive rapidement la cohérence du projet de pénalisation de la société civile. La réforme du Conseil supérieur de la magistrature – où désormais les magistrats sont minoritaires au profit de « personnalités » nommées par Javert et les deux présidents de chambre législative – permet de nommer des procureurs dociles et opportunistes qui, par exemple, poursuivront une personne ayant aidé un immigré en lui prêtant un téléphone portable ou couvriront les manipulations policières (Tarnac) ou politicardes (Clearstream). Ou noieront le poisson sans poursuivre (Bettencourt-Woerth ou l’affaire des sous-marins du Pakistan impliquant Ballamou et qui vous savez, etc.).

La création de la DCRI est une innovation qui apporte aux ex-RG la couverture du « secret-défense » dont ils ne jouissaient pas avant. La prétendue loi pour protéger les sources des journalistes est bidon parce qu’elle annonce une liste d’exceptions particulièrement floues et discrétionnaires pour les parquetiers aux ordres. Et le must, c’est une loi passée en douce en juillet 2009, qui étend le secret-défense à des lieux où nul ne pourra plus enquêter : locaux ou installations militaires, DCRI elle-même, usines liées à des productions stratégiques ou militaires (La Hague, la Direction des constructions navales). Évidemment, la suppression du juge d’instruction, si elle finit par être votée, n’arrangera pas les choses car alors disparaîtrait la possibilité de se porter partie civile en cas de refus d’un procureur d’ouvrir une instruction. Tout concourt donc à empêcher une justice indépendante. Reste le Conseil d’État et les tribunaux administratifs ; mais les membres en sont nommés par le pouvoir qui, par le simple jeu des nominations, peut obtenir une justice administrative aux ordres. Il en est de même pour les tribunaux jusqu’à la Cour de cassation. Reste la nouvelle procédure de question préalable de constitutionnalité devant le Conseil constitutionnel ; mais c’est soumis à une ordalie procédurale (passage antérieur devant le Conseil d’État ou la Cour de cassation) et il suffira de jouer sur le renouvellement des membres déjà tous à droite sauf un sur onze (dont les deux ex-présidents, Diamantinos et Chiracos). C’est ce que l’on continue d’appeler « un État de droit ». Heureusement, nous conservons la Cour de justice des communautés européennes et celle des droits de l’homme ; mais les recours y prennent du temps et, pour la Cour européenne des droits de l’homme, il faut avoir épuisé toutes les voies de recours en France.

La DCRI est donc en bonne posture pour violer les procédures et les contrôles : il lui suffira d’en appeler à un magistrat complaisant ou au secret-défense. Ainsi, a-t-elle écouté des gens ou analysé leurs « fadettes 1 » pour rechercher qui était à l’origine de la rumeur sur les infidélités du couple Javert-Carla. De même, elle a obtenu les fadettes concernant la taupe ayant donné au Monde des indications sur l’affaire Bettencourt-Woerth. Là, le procureur de Paris (Marin en eaux troubles) a demandé la levée du secret-défense ; refusé ; appel, accordé. Et maintenant il faut que le comité Théodule haddock, faux-nez de neutralité truffé d’obligés du pouvoir, lève ledit secret. On attend sans grand espoir, comme pour les sous-Marin de Karachi. Cela rappelle l’affaire Pérol, ex-secrétaire général adjoint de la présidence Javert, nommé à la tête de la banque issue de la fusion des Caisses d’épargne et des Banques populaires alors qu’il l’avait préparée chez Tsarkowitch. Le pouvoir a prétendu que la Commission de déontologie, chargée d’examiner les pantouflages de hauts fonctionnaires dans le privé, avait été consultée. Pur mensonge : c’est le président comprador de ladite commission qui a donné le feu vert tout seul comme un grand hors toute procédure légale !

1. Relevé de conversations téléphoniques. (Ndlr.)

Zoom sur…

DCRG : la Direction centrale des renseignements généraux, « RG » pour les intimes, est une vieille institution du renseignement français née en 1911. Le but est de surveiller l’opinion, et en particulier celles et ceux qui, d’une façon ou d’une autre, peuvent l’influencer. Pendant la parenthèse de l’Occupation, les RG deviendront les « BS », Brigades spéciales, chargées de collaborer avec l’occupant nazi.

DST : créée en 1934, la Direction de surveillance du territoire, elle, était plus spécifiquement chargée du contre-­espion­nage. Avec l’écroulement du bloc soviétique, la DST s’intéressa de plus en plus aux questions de terrorisme international.

DCRI : La Direction centrale du renseignement intérieur, née en 2008, est le résultat de la fusion des Renseignements généraux et de la DST. Cette structure, qui, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, « se veut un FBI à la française », est apparue au grand jour lors de l’affaire Tarnac. Belle entrée en matière.

Le CRML

Jacques Langlois

Société française: le cantique de la résignation joyeuse

Posted in actualité, autogestion, néo-libéralisme et paupérisation, politique française with tags , , , , , , on 15 décembre 2010 by Résistance 71

Le cantique de la résignation joyeuse

Url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/debats/item/12830

Chers camarades de lutte, nous serions-nous tellement assoupis pour laisser imprégner nos articles de la propagande de la réaction ? Aurions-nous finalement cédé à la dictature de l’immédiat pour oublier les leçons du passé ? Aurions-nous perdu notre véritable âme anarchiste pour conduire nos combats sur les traces de l’individualisme ou du renoncement au vrai combat ? Nous serions-nous donc laissés enfermer dans des cercueils ne convenant ni aux morts ni aux vivants ?

De l’alternative au capitalisme qui aurait dû illuminer notre nouvelle année de lutte (numéro spécial des lecteurs de décembre du Monde libertaire), ne subsiste plus au mieux qu’un renoncement à la société anarchiste pour un lendemain proche. Solutions alternatives locales et parallèles dans un monde capitaliste néolibéral, formulation absolutiste du caractère capitaliste de toute société humaine, responsabilité personnelle de l’individu dans la situation actuelle… Ô certes, je ne confonds pas les tentatives de collectifs s’essayant aux futures possibilités d’organisation de notre société de demain avec les dérives idéologiques de penseurs perdus. Mais le métronome des dominants continue de battre le tempo trop rapidement pour nous permettre de commettre à nouveau les erreurs du passé.

La tentation de Robinson Crusoé

Qui n’a pas aspiré à vivre ses convictions en pleine harmonie avec la vie de tous les jours ? Qui ne s’est pas ainsi senti pleinement anarchiste en vivant en coopérative, en créant les alternatives locales à la vie organisée par l’État et les dominants ? Cette tentation nous habite tous, mais l’analyse de l’histoire nous démontre l’impossibilité, voire le danger de se tenir à cette simple alternative tant que l’ordre social actuel n’aura pas été totalement abattu. Ce que Michel Onfray appelle le principe de Gulliver (revendiqué par le philosophe pour des motifs beaucoup plus critiquables – comme nous le verrons par la suite) se traduit en réalité en syndrome de Robinson Crusoé, où chacun peut vivre en autonomie au milieu d’un océan d’oppression et d’exploitation, cherchant à élever son petit sauvage aux principes de l’anarchie expurgée. Plus d’attente d’un grand soir hypothétique, mais la réalisation concrète et partagée par quelques-un(e)s des ferments de la société du futur.

Pendant ce temps, la domination et l’oppression continuent son broyage d’hommes et de femmes – uniquement ralenties par le combat collectif. Les ouvriers de Continental, pourtant jetés devant les tribunaux, continuent de porter haut et fort la fierté prolétaire, les Grecs descendent dans la rue pour détruire un état corrompu et violent, les usines tentent de fermer les unes après les autres malgré les luttes d’un prolétariat qui a renoué avec la lutte concrète des classes et l’internationale (Flamands, Wallons, Allemands, Français ensemble contre le patronat en dépit des pseudo-rivalités nationales attisées par les pouvoirs et les médias). Autant de barricades en sourdine médiatique. Camarades, n’avons-nous pas oublié quelque chose en cours de route ?

Car si le système coopératif porte les germes de l’organisation économique de la société anarchiste que nous réclamons, il ne peut à l’heure et dans les conditions actuelles affranchir les travailleurs, ni améliorer notablement leur situation matérielle, tout en détournant du combat principal les énergies et les savoir-faire nécessaires à la réalisation de l’utopie révolutionnaire. Le capital ne craindra jamais la concurrence de toute association ouvrière pour la simple raison que ces associations réduites à leurs propres moyens ne seront jamais en état de former un capital capable de lutter contre le capital bourgeois. Malgré tous leurs efforts, elles ne seront jamais en mesure d’affranchir le travail de l’oppression de ce dernier. Pire, pour ne pas disparaître, elles seront même obligées de se faire concurrence – poussée à l’extrême et conduisant de facto à l’aggravation des conditions des travailleurs. Avec en prime la mise au pilori de l’idée de coopérative tuée non pas par son échec inhérent mais par les conditions extérieures incompatibles avec son éclosion même. Sans liquidation sociale, sans abolition de la propriété privée et de sa thésaurisation par l’héritage, pas d’avenir ni de liberté pour le prolétariat !

Pendant ce temps, comme le rappelait déjà Marx, dans 18 Brumaire, « le prolétariat renonce à transformer le vieux monde à l’aide des grands moyens qui lui sont propres, mais cherche tout au contraire à réaliser son affranchissement, pour ainsi dire, derrière le dos de la société, de façon privée, dans les limites restreintes de ses conditions d’existence et, par conséquent, échoue nécessairement ». Nos anciens l’ont tenté dès 1844 et le bilan, cinquante ans plus tard, fut laconique : « Le système coopératif a complètement fait naufrage. Personne ne peut plus songer à la coopération comme moyen de salut » (Bakounine, Théorie générale de la Révolution). Pourquoi refaire les mêmes erreurs à l’heure d’un capitalisme évolué et en ordre de bataille mondial ?

Géant chez Lilliput

Cette erreur stratégique et tragique du choix d’une action exclusive immédiate concentrée, mais limitée de fait tant dans la portée révolutionnaire que dans la force de déstabilisation du système de domination actuel, est malheureusement applaudie et encouragée par certains intellectuels médiatisés qui y voient une alternative intéressante au vrai socialisme et aux moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. La manipulation est d’autant plus insidieuse qu’elle s’accompagne d’une réappropriation et d’une réécriture du langage, des symboles et de la pensée révolutionnaire pour les vider de leur sens et les utiliser contre le désir inhérent de l’humanité à vivre libre.

Ainsi, quand Michel Onfray proclame que le capitalisme est aussi vieux que le monde et durera autant que lui, c’est pour mieux s’autoriser un droit d’inventaire de la pensée libertaire et affirmer en final qu’un capitalisme libertaire n’est en aucun cas contradictoire, voire la solution finale de l’histoire humaine. Le tour de passe-passe est osé mais n’a fait jusqu’ici l’objet d’aucune réaction, symptôme que le bombardement permanent de ces dérives sémantiques a réussi à pervertir nos capacités de réflexion et d’analyse des conséquences de tels propos.

Avant de s’interroger sur les fins, rappelons que, contrairement à ce qui est affirmé, le capitalisme ne peut se confondre avec l’esclavage et le servage auxquels il succède – autant par la forme sociale que par la structure même de domination et de pouvoir qui le forme : plus raffiné, plus habile mais surtout dramatiquement plus efficace en terme de richesses générées, il a inventé la notion de travail « libre » qui masque en réalité une extorsion industrialisée de la plus-value aux salariés et une dépendance par la faim des exploités aux exploiteurs.

Quant au libéralisme, il n’est qu’une forme évoluée du capitalisme – axant tout sur les « forces et lois » du marché, en fait un autre nom de la rareté (revenus limités, besoins théoriquement infinis), organisée ou subie, et dont les profits restent toujours détournés par quelques-uns. Le marché ajoute à la notion de travail l’apparence du contrat et de l’enchère, masquant de ce fait la servitude « volontaire ». Organisant la rareté, le besoin, la frustration, le libéralisme n’est qu’un catalyseur puissant du capitalisme. Dans tous les cas, le capitalisme de la révolution industrielle ou libéral repose systématiquement sur le vol sur plusieurs générations par quelques-uns des richesses créées par l’immense majorité. Comment peut-on parler en toute conscience de capitalisme libertaire ?!!! Pour Onfray, les léopards peuvent changer de peau. Pas dans notre jungle !

« Annuler le politique et imposer toute une série de fins indiscutées » (Bourdieu, Contre-feux), telle semble donc être la stratégie du philosophe étouffé par un hédonisme s’apparentant de plus en plus à l’idéalisation de l’individualisme et de l’égoïsme le plus violent, et en plein dilemme intellectuel entre son fond rationnel et pertinent – malheureusement en voie de disparition – et la jouissance de sa position sociale dans une société inique. Est-ce une surprise si l’homme retient volontiers Stirner parmi les penseurs libertaires, oubliant volontairement les analyses de Reclus, de Bakounine ou Kropotkine aux antipodes de ses affirmations actuelles ? L’anarchie n’est cependant pas un magasin d’idées où des consommateurs de postures viennent choisir les décorations qui moderniseront l’allure de leur pensée. L’anarchie n’est pas une idéologie, ni une pensée, elle est une et multiple, elle est la manifestation de la vie et des aspirations populaires à la liberté et à l’harmonie partagée. – le plus bel ordre du monde où chacun a sa place !

La tectonique des classes

Si la remise en question de l’ordre social ne peut être à l’ordre du jour d’un homme ayant visiblement beaucoup à perdre dans l’affaire, il n’en reste pas moins qu’il participe – involontairement ? – à la propagande permanente de l’inéluctable et du renoncement à un autre futur : hygiène mentale distribuée à longueur d’ondes, suppression de l’imaginaire, galvanisation du culte de l’individu détruisant l’individualité au profit de l’individualisme. Le monde est injuste ? Vous êtes exploités ? C’est que vous l’avez voulu ! « Soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres », affirme Michel Onfray. Mais sur quelle planète vit-il, bon sang ?

La situation actuelle n’est pas la conséquence de renoncements individuels, mais d’une organisation féroce et efficace de la réaction. On domine d’autant mieux que le dominé en demeure inconscient. Fondée sur la suprématie de la force à un instant de l’histoire, la domination, pour se maintenir, doit contrôler les esprits, domestiquer les cerveaux pour durer. Seul cela peut expliquer que la grande majorité continue de se faire exploiter pour et par une poignée de privilégiés. Comment un homme qui a créé l’Université populaire de Caen peut-il à ce point renoncer à ses convictions initiales ?

Je préfère donc écouter les travailleurs et les peuples, et leur conscience émerge au-delà des présupposés de certains intellectuels de Babel ; la musique qui émerge est tout autre : peu à peu, nous reconnaissons les barreaux de nos prisons, première étape nécessaire pour en faire tomber les murs. On ne manipulera jamais le peuple. Des individus oui, mais jamais le peuple. L’intelligence du prolétariat prévaudra à jamais à celle des plateaux télévision car elle est faite de chairs, de larmes, de souffrance, de rêves, d’espoir et de rires qui sauront toujours détruire les constructions factices des dominants. L’anarchie se nourrit de ces matériaux et vivra à jamais, maintenant et pour toujours.

Un autre futur naît ici et maintenant – à travers les continents parmi tous les opprimés. La déflagration sera à la mesure de l’oppression subie, tel un barrage ne pouvant plus endiguer les eaux de milliers de ruisseaux trop longtemps contenus. Monsieur Onfray, vous nous parlez de microrésistances. C’est la tectonique des classes qui changera la surface du monde. Sans dieu ni maître.

Salut et fraternité !

Johann Hénocque

La CIA et le traffic de drogue international

Posted in actualité, CIA et traffic de drogue, guerres hégémoniques, guerres imperialistes with tags , , , on 12 décembre 2010 by Résistance 71

L’opium, la CIA et l’administration Karzai

par Peter Dale Scott*

Pour Peter Dale Scott, il ne sert à rien de se lamenter sur le développement de la culture des drogues en Afghanistan et sur l’épidémie d’héroïne en mondiale. Il faut tirer des conclusions des faits établis : les Talibans avaient éradiqué le pavot, l’OTAN en a favorisé la culture ; l’argent des drogues a corrompu le gouvernement Karzai, mais il est surtout aux Etats-Unis où il a corrompu les institutions. La solution n’est donc pas à Kaboul, mais à Washington.

10 DÉCEMBRE 2010

Pays

Afghanistan Etats-Unis

Thèmes

Mafias et narcopolitique

En Afghanistan, l’OTAN lutte contre les champs de pavot cultivés par les insurgés et protège ceux de ses alliés

L’important article d’Alfred McCoy paru sur TomDispatch, le 30 mars 2010 [1], aurait dû inciter le Congrès à se mobiliser pour procéder à une véritable réévaluation de l’aventure militaire états-unienne totalement inconsidérée en Afghanistan. La réponse à la question que pose son titre – « Quelqu’un est-il en mesure de pacifier le plus grand narco-État au monde ? – trouve facilement sa réponse dans l’article : c’est un « Non ! » retentissant…. sauf à modifier fondamentalement les objectifs et les stratégies définis, aussi bien à Washington qu’à Kaboul.

McCoy démontre clairement que : l’État Afghan de M. Hamid Karzai est un narco-État corrompu,

auquel les Afghans sont forcés de payer des pots-de-vin à hauteur de 2,5 milliards de dollars chaque année, soit un quart de l’économie du pays.

l’économie afghane est une narco-économie : en 2007, l’Afghanistan a produit 8 200 tonnes d’opium, représentant 53 % du PIB et 93 % du trafic d’héroïne mondial.

Les options militaires pour faire face au problème sont au mieux inefficaces, et au pire contre-productives : McCoy avance que le meilleur espoir réside dans la reconstruction des campagnes afghanes jusqu’à ce que les cultures vivrières deviennent une alternative viable à celle de l’opium, un processus qui pourrait prendre de 10 à 15 ans, voire plus. (J’argumenterai plus tard en faveur d’une solution intermédiaire : que l’International Narcotics Board accorde une licence à l’Afghanistan afin que ce pays puisse vendre son opium légalement).

L’argument de McCoy le plus fort est qu’à son pic de production, la cocaïne colombienne ne représentait qu’environ 3 % de l’économie nationale, et pourtant, les FARC comme les escadrons de la mort de droite, tout deux largement financés par la drogue, continuent à se développer dans ce pays. Éradiquer simplement la drogue, sans disposer au préalable d’un substitut pour l’agriculture afghane, nécessiterait d’imposer d’insupportables pressions à une société rurale déjà ravagée, et dont le seul revenu notable provient de l’opium. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de la chute des Talibans en 2001, qui fit suite à une réduction draconienne de la production de drogue en Afghanistan sous l’impulsion de ces mêmes Talibans (de 4 600 tonnes à 185 tonnes), laquelle transforma le pays en une coquille vide.

À première vue, les arguments de McCoy semblent indiscutables, et devraient, dans une société rationnelle, provoquer un débat posé suivi par un changement majeur de la politique militaire états-unienne. McCoy a présenté son étude avec un tact et une diplomatie considérables, afin de faciliter un tel résultat.

La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial

Malheureusement de nombreux facteurs font qu’une issue positive de ce type a peu de chances de voir le jour dans l’immédiat. Il existe de nombreuses raisons pour cela, parmi lesquelles des réalités désagréables que McCoy a soit oublié, soit minimisé dans son essai – par ailleurs brillant – et qui doivent être abordées si nous souhaitons vraiment mettre en place des stratégies sensées en Afghanistan.

La première réalité est que l’implication grandissante de la CIA et sa responsabilité dans le trafic de drogue mondial est un sujet tabou dans les cercles politiques, les campagnes électorales, et les médias de masse. Ceux qui ont cherché à briser ce tabou, comme le journaliste Gary Webb, ont souvent vu leurs carrières détruites.

Alors qu’Alfred McCoy s’est impliqué plus que quiconque pour faire prendre connaissance au public de la responsabilité de la CIA dans le trafic de drogue au sein des zones de guerres états- uniennes, je me sens gêné de devoir affirmer qu’il minimise ce phénomène dans son article. Il est vrai qu’il écrit que « l’opium émergea comme une force stratégique dans le milieu politique afghan durant la guerre secrète de la CIA contre les Soviétiques », et il ajoute que cette dernière « fut le catalyseur qui transforma la frontière pakistano-afghane en la plus importante région productrice d’héroïne au monde ».

Mais, dans une phrase très étrange, M. McCoy suggère que la CIA fut entraînée passivement dans des alliances impliquant la drogue au cours des combats contre les forces soviétiques en Afghanistan dans les années 1979-88, alors que la CIA a précisément créé ces alliances pour combattre les Soviétiques : Dans un des ces accidents historiques teintés d’ironie, la frontière sud de la Chine communiste et de l’Union Soviétique coïncidèrent avec la zone asiatique de production d’opium, le long d’une chaîne de montagne, attirant la CIA dans des alliances pleines d’ambigüité avec les chef tribaux des hauts plateaux de la région.

Il n’y eut pas de tel « accident » en Afghanistan, où les premiers barons de la drogue         d’envergure internationale – Gulbuddin Hekmatyar et Abou Rasul Sayyaf – furent en fait projetés sur la scène internationale         grâce         au soutien massif et mal avisé de la CIA, en collaboration avec les gouvernements du Pakistan         et         d’Arabie Saoudite. Alors que d’autres forces de résistance locales furent considérées comme des forces de seconde classe, ces deux clients du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, précisément en raison de leur manque de soutien au niveau local, furent des pionniers dans l’utilisation de l’opium et de l’héroïne comme moyen de bâtir leur force de combat et de créer une ressource financière [2]. De plus, tous deux devinrent des agents de l’extrémisme salafiste, s’attaquant à l’islam soufi endogène à l’Afghanistan. Finalement, tous deux devinrent des agents d’Al- Qaïda [3].

L’implication de la CIA dans le trafic de drogue durant le conflit soviéto-afghan n’était pas une première. D’une certaine         manière,         la responsabilité de la CIA dans le rôle dominant que joue         aujourd’hui l’Afghanistan dans le trafic mondial d’héroïne, est une réplique de ce qui arriva plus tôt en Birmanie, au Laos, et en Thaïlande entre la fin des années 1940 et les années 1970. Ces pays sont aussi devenus des acteurs majeurs du trafic de drogue grâce au soutien de la CIA (et des Français, dans le cas du Laos), sans quoi ils n’auraient été que des acteurs locaux.

On ne peut parler d’« accident ironique » dans ce cas non plus. McCoy lui-même a montré comment, dans tous ces pays, la CIA a non seulement toléré mais aussi soutenu la croissance des actifs des forces anti-communistes financées par la drogue, afin de contenir le danger représenté par une intrusion de la Chine communiste en Asie du Sud-Est. Des années 1940 aux années 1970, et comme en Afghanistan aujourd’hui, le soutien de la CIA participa à transformer le Triangle d’Or en un fournisseur majeur d’opium au niveau mondial.

Durant cette même période, la CIA recruta des collaborateurs tout au long des routes de contrebande de l’opium asiatique, de même que dans des pays comme la Turquie, le Liban, la France, Cuba, le Honduras, et le Mexique. Ces collaborateurs comprenaient des agents gouvernementaux comme Manuel Noriega au Panama ou Vladimiro Montesinos au Pérou, souvent des personnalités expérimentées appartenant aux services de police soutenus par la CIA ou aux services de renseignement. Mais des mouvements insurrectionnels en faisaient aussi partie, des Contras du Nicaragua dans les années 1980 (selon Robert Baer et Seymour Hersh) au Jundallah [4], affilié à Al-Qaïda et opérant aujourd’hui en Iran et au Baloutchistan [5].

Le gouvernement Karzai, et non les Talibans, domine l’économie de la drogue afghane

Le meilleur exemple d’une telle influence de la CIA sur les trafiquants de drogue aujourd’hui se trouve sans doute en Afghanistan, où le propre frère du président Karzai, Ahmed Wali Karzai (un collaborateur actif de la CIA) [6], et Abdul Rashid Dostum (un ancien collaborateur de l’Agence) comptent parmi ceux qui sont accusés de trafic de drogue [7]. La corruption liée à la drogue au sein du gouvernement afghan doit être en partie attribuée à la décision des États-Unis et de la CIA de lancer, en 2001, une invasion avec le soutien de l’Alliance du Nord, un mouvement dont Washington savait qu’il était corrompu par la drogue [8].

De cette manière, les USA ont consciemment recréé en Afghanistan la situation qu’ils avaient créée précédemment au Vietnam. Au Vietnam aussi (comme Ahmed Wali Karzai un demi siècle après), le frère du président, Ngo Dinh Nhu, utilisait la drogue pour financer un réseau privé lui permettant de truquer les élections en faveur de Ngo Dinh Diem [9]. Thomas H. Johnson, coordinateur des études de recherche anthropologique à la Naval Postgraduate School, montra l’improbabilité du succès d’un programme de contre-insurrection quand ce programme soutient un gouvernement local qui est de manière flagrante l’objet de dysfonctionnements et de corruption [10].

Ainsi je m’oppose à McCoy quand celui-ci, à l’image des médias de masse US, dépeint l’économie de la drogue afghane comme étant dominée par les Talibans. (Selon les propres termes de McCoy : « Si les insurgés prennent le contrôle de cette économie illégale, comme l’ont fait les Talibans, alors la tâche deviendra presque insurmontable. ») La part des Talibans sur le marché de l’opium afghan est estimée en général entre 90 et 400 millions de dollars. Or l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) estime que le total des revenus issus du commerce de l’opium et de l’héroïne est de l’ordre de 2,8 à 3,4 milliards de dollars [11].

Clairement, les Talibans n’ont pas fait main basse sur cette économie, dont la plus grande partie est contrôlée par les partisans du gouvernement Karzai. En 2006, un rapport de la Banque Mondiale avançait « qu’au plus haut niveau, 25 à 30 trafiquants majeurs, la majorité d’entre eux basés au sud de l’Afghanistan, contrôlent les transactions et les transferts majeurs, travaillant étroitement avec des soutiens occupant des positions politiques et gouvernementales au plus haut niveau » [12].

Les médias états-uniens ne se sont pas intéressés à cette réalité factuelle, pas plus qu’à la manière dont cela a influé sur les stratégies politiques de leur pays en Afghanistan, en matière de guerre et de trafic de drogue. L’administration Obama semble avoir pris ses distances d’avec les programmes d’éradication peu judicieux de la période Bush, qui ne rencontreront jamais l’adhésion « cœur et âme » de la paysannerie afghane. Elle préfère mettre en place une politique d’interdiction sélective du trafic, en ne s’attaquant de manière explicite qu’aux trafiquants qui aident les insurgés [13].

Reste à savoir si cette politique sera efficace pour affaiblir les Talibans. Mais cibler ce qui constitue au plus un dixième du trafic total ne permettra clairement jamais d’en finir avec la position actuelle de l’Afghanistan comme le principal narco-État. Cela ne permettra pas non plus d’en finir avec l’actuelle épidémie mondiale de consommation d’héroïne ayant commencée à la fin des années 1980, qui a déjà créé 5 millions de toxicomanes au Pakistan, plus de 2 millions en Russie, 800 000 aux États-Unis, plus de 15 millions à travers le monde, dont un million en Afghanistan même.

La politique d’interdiction sélective du gouvernement Obama aide aussi à expliquer son refus de considérer la solution la plus humaine et la plus raisonnable à l’épidémie mondiale d’héroïne afghane. Il s’agit de l’initiative « poppy for medicine » (Opium pour la médecine) de l’International Council on Security and Development (ICOS, autrefois connu comme le Senlis Council), qui vise à établir un programme délivrant des autorisations, permettant ainsi aux agriculteurs de vendre leur opium pour permettre la production de médicaments essentiels et très demandés comme la morphine ou la codéine [14].

La proposition a reçu le soutien des parlements européen et canadien ; mais il fut l’objet de sévères critiques aux USA, principalement parce que cela pourrait engendrer une augmentation de la production d’opium. Cependant, cela fournirait une réponse à moyen terme à l’épidémie d’héroïne qui dévaste l’Europe et la Russie – situation qui ne sera pas réglée par l’alternative présentée par McCoy de substituer d’autres cultures durant les 10 ou 15 prochaines années, et encore moins par le programme d’élimination sélective de fournisseurs d’opium conduit par l’administration Obama.

Une conséquence rarement citée de l’initiative « poppy for medicine » serait de réduire les recettes engendrées par le trafic illicite qui permet de soutenir le gouvernement Karzai. Pour cette raison, ou simplement car tout ce qui se rapproche d’une légalisation des drogues reste un sujet tabou à Washington, l’initiative « poppy for medicine » a peu de chance d’être soutenue par l’administration Obama.

L’héroïne afghane et la connexion mondiale de la drogue de la CIA

Il y a un autre paragraphe dans lequel McCoy, de manière erronée à mon avis, concentre son attention sur l’Afghanistan comme nœud du problème plutôt que sur les États-Unis eux- mêmes :

Lors d’une conférence sur la drogue à Kaboul ce mois-ci, le chef du Federal Narcotics Service russe a estimé la valeur actuelle de la culture de l’opium en Afghanistan à 65 milliards de dollars. Seulement 500 millions de dollars vont aux fermiers afghans, 300 millions aux Talibans, et les 64 milliards restant à la « mafia de la drogue », lui garantissant de vastes fonds pour corrompre le gouvernement Karzai (souligné par l’auteur) dans un pays où le PIB est de seulement 10 milliards de dollars [15].

Ce paragraphe oublie d’évoquer un fait pertinent et essentiel :

selon l’ONUDC, seulement 5 à 6 % de ces 65 milliards de dollars, soit de 2,8 à 3,4 milliards, restent en Afghanistan [16]. Environ 80 % des bénéfices issus du trafic de drogue proviennent des pays de consommation – dans ce cas la Russie, l’Europe et les États-Unis. Ainsi, nous ne devrions pas croire un instant que le seul pays corrompu par le trafic de drogue afghan est le pays d’origine. Partout où le trafic est devenu important, même dans les lieux de transit, il a survécu en étant protégé, ce qui en d’autres termes, s’appelle de la corruption.

Il n’existe aucune preuve montrant que l’argent de la drogue gagné par les trafiquants alliés à la CIA ait grossit les comptes bancaire de la CIA ou ceux de ses officiers, mais la CIA a indirectement profité du trafic de drogue, et a développé au fil des ans une relation très proche avec celui-ci. La guerre secrète de la CIA au Laos fut un cas extrême. Durant celle-ci, l’Agence mena une guerre en utilisant comme principaux alliés l’Armée Royale Laotienne du général Ouane Rattikone et l’Armée Hmong du général Vang Pao, toutes deux en grande partie financées par la drogue. L’opération massive de la CIA en Afghanistan dans les années 1980 fut un autre exemple d’une guerre en partie financée par la drogue. [17].

Une protection pour les trafiquants de drogue aux États-Unis

Dès lors, il n’est pas surprenant que, les années passant, le gouvernement états-unien, suivant la voie tracée par la CIA, aient protégé des trafiquants de drogue contre les poursuites judiciaires dans le pays. Par exemple, aussi bien la CIA que le FBI sont intervenus en 1981 contre l’inculpation (pour vol de voiture) du trafiquant de drogue mexicain et tsar des renseignements Miguel Nazar Haro, affirmant que Nazar était « un contact essentiel, je répète, un contact essentiel pour le bureau de la CIA à Mexico », sur les questions de « terrorisme, renseignement, et contre-renseignement » [18]. Lorsque le procureur général associé Lowell Jensen refusa de donner suite à l’inculpation de Nazar, le procureur de San Diego, William Kennedy, exposa publiquement l’affaire. Il fut rapidement viré pour cela [19].

Un exemple récent et spectaculaire d’une implication de la CIA dans le trafic de drogue fut l’affaire concernant un collaborateur vénézuélien de la CIA, le général Ramon Guillén Davila. Comme je l’explique dans mon livre, Fueling America’s War Machine (à paraître) [20] :

Le général Ramon Guillén Davila, chef de l’unité anti-drogue créée par la CIA au Venezuela, fut inculpé à Miami pour avoir fait entrer une tonne de cocaïne aux États-Unis. Selon le New York Times, « la CIA, malgré l’objection de la Drug Enforcement Administration, approuva l’envoi d’au moins une tonne de cocaïne pure vers l’aéroport international de Miami comme moyen d’obtenir des informations sur les cartels de la drogue colombiens ». Le magazine Time rapporta qu’une seule cargaison représentait 450 kilos, et était précédée d’autres « pour un total d’environ une tonne » [21]. Mike Wallace confirma que « l’opération secrète de la CIA et des gardes nationaux rassembla rapidement cette cocaïne, plus d’une tonne et demie, qui fut introduite clandestinement de Colombie vers le Venezuela » [22]. Selon le Wall Street Journal, la quantité totale de drogue introduite clandestinement par le général Guillén serait de plus de 22 tonnes [23].

Mais les États-Unis n’ont jamais demandé au Venezuela l’extradition de Guillén afin de le juger ; et, en 2007, lorsqu’il fut arrêté au Venezuela pour conspiration de meurtre à l’encontre du président Hugo Chavez, son inculpation était toujours quelque part à Miami [24]. Pendant ce temps-là, l’agent de la CIA Mark McFarlin, que Bonner, le chef de la DEA, souhaitait également inculper, ne le fut jamais, et dut simplement démissionner [25].

Pour résumer, il n’arriva rien aux acteurs principaux de cette affaire, qui n’a probablement fait surface dans les médias qu’en raison des protestations générées à la même époque par les articles de Gary Webb parus dans le San Jose Mercury au sujet de la CIA, des Contras et de la cocaïne.

Les banques et le blanchiment de l’argent de la drogue

D’autres institutions ont un intérêt direct dans le trafic de drogue, dont les grandes banques, qui effectuent des prêts à des pays comme la Colombie et le Mexique, sachant pertinemment que le flot de drogue aidera à garantir le remboursement de ces prêts. Plusieurs de nos plus grandes banques, comme City Group, Bank of New York et Bank of Boston, ont été identifiées comme participant au blanchiment d’argent, mais n’ont jamais subi de pénalités assez importantes pour les obliger à changerde comportement [26]. En bref, l’implication des États-Unis dans le trafic de drogue rassemble la CIA, des intérêts financiers majeurs et des intérêts criminels dans ce pays et à l’étranger.

Antonio Maria Costa, chef de l’ONUDC, a déclaré que « l’argent de la drogue, représentant des milliards de dollars, a permis au système financier de se maintenir au plus haut de la crise financière ». Selon l’Observer de Londres, Costa déclara avoir vu des preuves que les recettes du crime organisé étaient « le seul capital d’investissement liquide » disponible pour certaines banques au moment du krach de l’année dernière. Il affirma qu’une majorité des 352 milliards de dollars de profits liés à la drogue furent ainsi absorbés par le système économique. Costa déclara que les preuves montrant une absorption de l’argent illégal par le système financier lui furent soumises par des agences de renseignement et des procureurs il y a 18 mois environ. « Dans de nombreux cas, l’argent de la drogue était le seul capital d’investissement liquide. Durant la seconde moitié de 2008, la liquidité était le problème majeur du système bancaire, ainsi le capital liquide devînt un facteur important, » dit-il [27].

Un exemple frappant de l’importance de la drogue à Washington fut l’influence exercée dans les années 1980 par la Bank of Credit and Commerce International, banque pratiquant le blanchiment de l’argent de la drogue. Comme je l’explique dans mon livre, parmi les personnes haut placées profitant des largesses de la BCCI, ses propriétaires, et ses affiliés, nous trouvons James Baker, secrétaire au Trésor sous Ronald Reagan, qui refusa d’enquêter sur la BCCI [28] ; le sénateur démocrate Joe Bidden et le sénateur républicain Orrin Hatch, et plusieurs membres importants du Comité Judiciaire du Sénat, lequel refusa d’enquêter sur la BCCI [29].

Finalement, ce ne fut pas Washington qui agit en premier afin de mettre un terme aux activités bancaires de la BCCI et de ses filiales illégales aux États-Unis, mais deux personnes déterminées, l’avocat de Washington Jack Blum et le procureur de Manhattan Robert Morgenthau [30].

Conclusion : la source du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington

Je comprends pourquoi McCoy, dans son désir de changer une politique vouée à l’échec, prend plus de précautions que moi- même lorsque j’évoque à quel point certaines institutions états- unienne puissantes – gouvernement, renseignements et finance – et pas seulement le gouvernement Karzai, ont été corrompues par l’omniprésent trafic de drogue. Mais je pense que son approche pleine de tact se montrera contre-productive. La source principale du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington. Mettre fin à ce scandale demandera la divulgation de faits que McCoy ne désire pas aborder dans son article.

Dans son ouvrage magistral, The Politics of Heroin [31], McCoy parle de l’histoire de Greg Musto, expert en drogues à la Maison Blanche sous Carter. En 1980, Musto dit au Strategy Council on Drug Abuse de la Maison Blanche que « nous allions en Afghanistan afin de soutenir les cultivateurs d’opium dans leur rébellion contre l’Union Soviétique. Ne pourrions-nous pas éviter de faire ce que nous avons déjà fait au Laos ? » [32]. Se voyant refuser l’accès par la CIA à des données auxquelles il avait légalement accès, Musto fit part de son inquiétude en public en mai 1980, notant, dans un éditorial du New York Times, que l’héroïne en provenance du Croissant d’Or était déjà (et pour la première fois) en train de causer une crise médicale à New York. Et il avertit, avec prescience, que « cette crise est amenée à s’aggraver » [33].

Musto espérait qu’il pourrait contribuer à un changement de politique en mettant le problème sur la place publique, et en l’accompagnant d’un avertissement fort au sujet d’une aventure en Afghanistan financée par la drogue qui pourrait se révéler désastreuse. Mais ses mots emplis de sagesse furent sans pouvoir contre l’implacable détermination de ce que j’appelle la machine de guerre US au sein de notre gouvernement et de notre économie politique. Je crains que le message sensé de McCoy, en étant bienséant là où il est justement nécessaire de ne pas l’être, subira le même sort.

Peter Dale Scott

Ancien diplomate canadien et professeur à l’université de Californie.

Les articles de cet auteur

À lire en anglais sur le même sujet : Alfred W. McCoy, Can Anyone Pacify the World’s Number One

Narco-State ? The Opium Wars in Afghanistan Peter Dale Scott, America’s Afghanistan : The National Security and

a Heroin-Ravaged State Peter Dale Scott, Martial Law, the Financial Bailout, and the Afghan

[1] « Can Anyone Pacify the World’s Number One Narco-State ? The Opium Wars in Afghanistan », par Alfred W. McCoy

[2] Éventuellement, les États-Unis et leurs alliés accordèrent à Hekmatyar, qui pour un temps fut sans conteste le plus grand trafiquant de drogue au monde, plus d’un milliard de dollars en armement. C’est plus qu’aucun autre client de la CIA a jamais reçu, avant ou depuis.

[3] Peter Dale Scott, The Road to 9/11, p.74-75 (paru en français sous le titre La Route vers le Nouveau Désordre Mondial (Demi-Lune, Paris, 2010) : “Khalid Sheikh Mohammed, que la Commission d’enquête sur le 11-Septembre considère comme le véritable auteur du complot du 11/9, commença à concevoir son plan quand il était en lien avec Abdul Sayyaf, un dirigeant avec lequel ben Laden était encore en délicatesse. [9/11 Commission Report, p.145-50]. Au même moment, plusieurs des hommes condamnés pour l’attentat contre le World Trade Center en 1993, et la “journée de la terreur” New York en 1995, s’étaient entraînés ou avaient combattu avec Gulbuddin Hekmatyar, ou collecté de l’argent pour lui. [Tim Weiner, “Blowback from the Afghan Battlefield”, New York Times, 13 mars 1994].

[4] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidin du Peuple, Réseau Voltaire, 13 juin 2009.

[5] Seymour Hersh, New Yorker, 7 juillet 2008. [6] « Hamed Wali Karzai chargé de négocier avec les Talibans »,

Réseau Voltaire, 14 mai 2010. [7] New York Times, 27 octobre 2009.

[8] Steve Coll, Ghost Wars : The Secret History of the CIA, Afghanistan, and Bin Laden, from the Soviet Invasion to September 10, 2001, (Penguin Press, New York, 2004), p.536. Selon Ahmed Rashid, au début de l’offensive US en 2001 : “Le Pentagone disposait d’une liste d’au moins 25 laboratoires de drogues et d’entrepôts en Afghanistan, mais ils refusèrent de les bombarder car certains appartenaient aux nouveaux alliés de la CIA, au sein de la NA [Northern Alliance / l’Alliance du Nord]”, (Ahmed Rashid, Descent into Chaos : The United States and the Failure of Nation Building in Pakistan, Afghanistan, and Central Asia, [Viking, New York, 2008], p.320).

[9] Stanley Karnow, Vietnam : A History (Penguin, New York, 1997), p.239. Cf. New York Times, 28 octobre, 2009.

[10] Thomas H. Johnson & M. Chris Mason, “Refighting the Last War : Afghanistan and the Vietnam Template”, Military Review, Novembre- Décembre 2009, p.1.

[11] Le lecteur vigilant aura noté que même 3,4 milliards USD ne représentent pas 53 % des 10 milliards estimés dans le paragraphe précédent comme le PIB afghan. Ces estimations en provenance de sources diverses ne sont pas extrêmement précises, et ne donnent donc pas un résultat mathématiquement parfait. Au demeurant, il s’agit de la valeur des drogues en gros en Afghanistan et non pas de leur valeur au détail dans les pays consommateurs.

[12] Afghanistan : Drug Industry and Counter-Narcotics Policy]. En 2007, le Daily Mail de Londres rapporta que « les quatre acteurs principaux du trafic de l’héroïne étaient tous des membres hauts placés du gouvernement afghan » [[London Daily Mail. 21 juillet 2007. En décembre 2009, Harper’s publia une longue enquête sur le colonel

and Iraq Wars Jeremy Kuzmarov, American Police Training and Political Violence :

From the Philippines Conquest to the Killing Fields of Afghanistan and Iraq

MK Bhadrakumar, Afghanistan, Iran and US-Russian Conflict Peter Van Agtmael, All You Need is Heroin : U.S. Troops in Their Own Hand

A lire en français dans notre bibliothèque :

Dépêches sur la géopolitique des drogues (1993-1996)

http://www.voltairenet.org/article167734.html            Page 10 of 12

L’opium, la CIA et l’administration Karzai [Voltaire]            12/12/10 9:34 PM

Abdul Razik, “le maître de Spin Boldak,” un trafiquant de drogue et un allié de Karzai dont l’ascension fut “encouragée par un cercle d’officiels corrompus à Kaboul et à Kandahar, et aussi parce que les commandants de l’OTAN, déployés sur un trop vaste territoire, trouvèrent utiles le contrôle qu’il exerçait sur une ville frontalière essentielle dans leur guerre contre les Talibans”, (Matthieu Aikins, “The Master of Spin Boldak”, Harper’s Magazine, décembre 2009).

[13] James Risen, “U.S. to Hunt Down Afghan Lords Tied to Taliban”, New York Times, 10 août 2009 : ”Le commandement militaire US dit au Congrès que … seuls ces [trafiquants de drogue] qui apportent de l’aide aux insurgés devraient être pris pour cible.”

[14] Corey Flintoff, “Combating Afghanistan’s Opium Problem Through Legalization”, NPR, 22 décembre 2005.

[15] Devant d’autres auditoires, les responsables russes de la lutte anti-drogues ont explicitement évoqué l’OTAN. Voir « Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN », Réseau Voltaire, 3 mars 2010. Off, les responsables poutiniens ont également évoqué un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels versés par l’OTAN avec l’argent des drogues au président Medvedev en échange du droit de passage des GI’s sur le territoire russe. Ndlr.

[16] CBS News, 1er avril 2010. [17] Voir le livre de Peter Dale Scott, La Route vers le Nouvel Ordre

Mondial. NdT.

[18] Des câbles de Gordon McGinley, l’attaché légal du FBI à Mexico City, au Département de la Justice, voir Scott & Marshall, Cocaine Politics, p.36.

[19] Scott, Deep Politics, p.105 ; citation du San Diego Union, 26 mars 1982.

[20] Fueling America’s War Machine : Deep Politics and the CIA’s Global Drug Connection, (à paraitre à l’automne 2010 chez Rowman & Littlefield).

[21] Time, 29 novembre 1993 : “Les expéditions continuèrent, toutefois, jusqu’à ce que Guillen tente d’envoyer 3 373 livres de cocaïne en une seule fois. La DEA, (Drug Enforcement Agency), vigilante, l’arrêta et s’en saisit.” Cf. New York Times, 23 novembre 1996 (“one ton”).

[22] CBS News Transcripts, 60 Minutes, 21 novembre 1993.

[23] Wall Street Journal, 22 novembre 1996. Je soupçonne la CIA d’avoir approuvé l’importation de cocaïne moins « comme un moyen de rassembler de l’information » que dans le but de redistribuer des parts de marché dans le trafic global de cocaïne, dans son pays d’origine, la Colombie. Dans les années 1990, la CIA et le JSOC furent impliqués dans l’élimination du baron colombien de la drogue Pablo Escobar, un exploit rendu possible grâce à l’aide du Cartel de Cali et des escadrons de la mort terroristes de l’UAC de Carlos Castaño. Peter Dale Scott, Drugs, Oil, and War, p.86-88.

[24] Chris Carlson, “Is The CIA Trying to Kill Venezuela’s Hugo Chávez ?” Global Research, 19 avril 2007.

[25] Douglas Valentine, The Strength of the Pack : The People, Politics and Espionage Intrigues that Shaped the DEA (TrineDay, Springfield, 2009), 400 ; Time, 23 Novembre 1993. McFarlin avait collaboré avec des forces anti-guérilla au Salvador dans les années 1980. Jim Campbell, le chef de station de la CIA au Venezuela.

[26] La Bank of Boston procéda au blanchiment d’au moins 2 millions de dollars au profit du trafiquant Gennaro Angiulo, et fut pour cela condamnée à payer une amende de 500 000 dollars, (New York Times, 22 Février 1985 ; Eduardo Varela-Cid, Hidden Fortunes : Drug Money, Cartels and the Elite Banks [El Cid Editor, Sunny Isles Beach, 1999]). Cf. Asad Ismi, “The Canadian Connection : Drugs, Money Laundering and Canadian Banks”, Asadismi.ws : “91 % des 197 milliards USD dépensés en cocaïne aux USA restent dans ce pays, et les banques états-uniennes blanchissent 100 milliards USD provenant de la drogue chaque année. Parmi les banques connues pour ce genre de pratiques, on trouve la Bank of Boston, la Republic National Bank of New York, la Landmark First National Bank, la Great American Bank, la People’s

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L’opium, la CIA et l’administration Karzai [Voltaire]            12/12/10 9:34 PM

Liberty Bank and Trust Co. of Kentucky, et la Riggs National Bank of Washington. Citibank aida Raul Salinas (le frère de l’ancien président du Mexique Carlos Salinas) à déplacer des millions de dollars hors du Mexique, à destination de comptes secrets détenus en Suisse sous de fausses identités.”

[27] Rajeev Syal, “Drug money saved banks in global crisis, claims UN advisor”, Observer, 13 décembre 2009.

[28] Jonathan Beaty & S.C. Gwynne, The Outlaw Bank : A Wild Ride into the Secret Heart of BCCI, (Random House, New York, 1993), p.357.

[29] Peter Truell & Larry Gurwin, False Profits : The Inside Story of BCCI, the World’s Most Corrupt Financial Empire, (Houghton Mifflin, Boston, 1992), p.373-77.

[30] Truell & Gurwin, False Profits, p.449.

[31] Disponible en français sous le titre : La politique de l’heroine. L’implantation de la CIA dans le trafic des drogues [Editions du Lézard, 1998].

[32] Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin (Lawrence Hill Books/ Chicago Review Press, Chicago, 2003), p.461 ; citant une interview avec le Dr David Musto.

[33] David Musto, New York Times, 22 mai 1980 ; cité dans McCoy, Politics of Heroin, p.462.

url de l’article original: http://www.voltairenet.org/article167734.html

Debout journalistes ! le monde a besoin de vous. La forfaiture et l’échec de la presse n’est pas inéluctable. Halte a la propagande, écoutez John Pilger !…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, presse et média with tags , on 12 décembre 2010 by Résistance 71

Nous traduisons ici le dernier article de John Pilger, qui est sans doute aujourd’hui le meilleur journaliste d’enquête. Pilger a couvert la guerre du Vietnam, a été le premier journaliste a documenter l’immédiat apres Pol Pot apres la libération du Cambodge par les Vietnamiens. Son documentaire « Cambodge, année zéro » est toujours interdit aux Etats-Unis et n’y a jamais été présenté par une chaîne officielle. Il est l’auteur de nombreux livres qui éclairent sur les turpitudes du pouvoir, l’escroquerie et la criminalité des guerres et la collusion des médias avec les criminels qui pillent et massacrent le monde pour l’intérêt du plus petit nombre.

Visitez son site internet et visionnez ses reportages sur son site qui sont maintenant mis en ligne pour visionnage gratuit.

Donnez nous dix John Pilger couvrant l’info dans les pays occidentaux majeurs et le Nouvel Ordre Mondial ainsi que la clique oligarchique sera défaite dans l’année.

Journalistes de tous pays ! Résistance 71 et autres médias citoyens ne devraient pas exister si vous faisiez votre boulot !… revenez du côté des peuples, nous avons besoin de vous pour la sauvegarde de l’humanité.

-Résistance 71 –

Pourquoi les médias ne reportent pas sur les guerres honnêtement ?

Le public doit connaitre la vérité a propos des guerres. Pourquoi donc les journalistes se sont ils coalisés avec les gouvernements pour nous leurrer ?

par John Pilger

Url de l’article original: http://www.informationclearinghouse.info/article27036.htm

Le 10 Décembre, 2010 « The Guardian »

Dans le manuel de contre-insurrection de l’armée américaine, le général commandant en chef des forces états-uniennes décrit l’Afghanistan comme une guerre de « perception » conduite en utilisant continuellement les médias. Ce qui importe le plus ne sont pas tant les combats au jour le jour avec les Talibans que la maniere dont l’aventure est vendue au public américain ou « les médias influencent directement l’attitude des audiences clefs ». En lisant cela, je me souvenais du général vénézuélien qui mena un coup d’état contre le gouvernement démocratique en 2002. « Nous avions une arme secrete », déclara t’il, « Nous avions les médias, spécifiquement la Télévision. Vous devez avoir les médias avec vous. » Jamais autant d’énergie n’a été officiellement dépensée pour s’assurer que les journalistes collaborent avec les faiseurs de guerres a la rapacité établie qui, disent les généraux sympathisant des médias, sont maintenant perpétuelles. En écho des seigneurs de la guerre occidentaux plus loquaces tel l’ex-vice président américain favorable a la torture du waterboarding Dick Cheney, qui prédisait « 50 ans de guerre », ils planifient un état de conflit permanent, ceci restant totalement dépendant du fait de pouvoir garder a distance un ennemi dont ils n’osent pas dire le nom: le public.

A Chicksands in Bedforshire, l’établissement du bureau de la guerre psychologique du ministère de la défense, les entraineurs médiatiques se dévouent a la tâche, immergés dans un jargon global de « dominance de l’information », « menaces asymétriques » et « menaces cybernétiques ». Ils partagent le même espace avec ceux en charge des méthodes d’interrogation qui ont menées a une enquête publique sur la torture pratiquée par l’armée britannique en Irak. La désinformation et la barbarie de la guerre coloniale ont beaucoup en commun.

Bien sûr, seul le jargon est nouveau. Dans la séquence d’ouverture de mon nouveau film « La Guerre Invisible », il y a une référence a une conversation privée qui se tint bien avant l’ere Wikileaks, en Décembre 1917 entre le premier ministre britannique durant presque toute la preniere guerre mondiale, David Lloyd George et C P Scott, rédacteur en chef du Guardian de Manchester: « Si les gens connaissaient la vérité », dit le premier ministre, « la guerre s’arrêterait demain. Mais bien sûr ils ne savent pas et ne peuvent pas savoir. »

Apres la « der des ders », Edward Bernays, un confident du président Woodrow Wilson, inventa le terme « relation publique » comme un euphémisme du terme « propagande », qui avait donné un si mauvais nom a la guerre. Dans son livre « Propagande » en 1928, Bernays décrit la relation publique (RP) comme « un gouvernement invisible qui est la véritable puissance gouvernante de notre pays », merci a « l’intelligente manipulation des masses ». Ceci fut accompli par « fausses réalités » et leur adoption par les médias. Par exemple, un des grand succès de Bernays fut de persuader les femmes de fumer en public. En associant fumer avec la libération de la femme, il parvint a faire les grands titres de presse en faisant louer la cigarettes comme « torche de la liberté ».

J’ai commencé a comprendre tout cela comme jeune journaliste pendant la guerre du Vietnam. Durant mon premier tour, je vis les résultats du bombardement de deux villages vietnamiens a l’aide de napalm B, celui qui continue de brûler sous la peau; beaucoup de victimes étaient des enfants, les arbres étaient couverts de débris humains. La lamentation du « ces tragédies inévitables arrivent pendant les guerres » n’expliquait absolument pas le fait d’expliquer pourquoi la population entière du Vietnam du Sud courait ce grave danger par les forces mêmes qui se déclaraient « alliées », celles des Etats-Unis. Les termes de relation publique tels que « pacification » et « dommages collatéraux » devenaient monnaie courante. Pratiquement aucun journaliste n’utilisait le mot « invasion ». « Implication » et plus tard « bourbier » devinrent les nouveaux termes d’un vocabulaire médiatique qui reconnaissait le meurtre de civils comme de tragiques erreurs tout en questionnant rarement les bonnes intentions des envahisseurs.

Les murs des bureaux des organes de presse américains a Saïgon étaient souvent couverts de photos horribles qui ne furent jamais publiées et très rarement envoyées car il ´´tait dit qu’elles permettraient de « sensationaliser » la guerre et offusquer les lecteurs et spectateurs, ce qui n’était pas « objectif » dans la couverture de l’événement. Le massacre de My Lai en 1968 ne fut pas dénoncé depuis le Vietnam, bien que bon nombre de journalistes étaient au courant (ainsi que d’autres atrocités du même acabit), mais par le journaliste free-lance américain Seymour Hersh. La couverture du magazine Newsweek l’appela « Une tragédie américaine », impliquant que les envahisseurs étaient les victimes, un thème récurrent repris de maniere enthousiaste par Hollywood dans des films tels que « Voyage au bout de l’enfer » ou « Platoon ». La guerre était tragique et emprunte d’erreurs, mais la cause était essentiellement noble. De plus, elle fut « perdue » a cause de média non censurés, irresponsables et hostiles.

Bien qu’a l’oppose de la vérité, ces fausses réalités devinrent des leçons apprises par les faiseurs des guerres d’aujourd’hui et par la plupart des médias. Apres le Vietnam, « intégrer » les journalistes dans les unités de combat devint central dans la politique guerrière des deux côtés de l’Atlantique. A part quelques exceptions intéressantes, ceci fut un succès, spécialement aux Etats-Unis. En mars 2003, 700 journalistes et équipes de télévisions étaient integrés dans les forces d’invasion américaines en Irak. regardez leurs compte-rendus, c’est un remake de la libération de l’Europe. Le peuple irakien est distant, des figurants. John Wayne est de retour.

L’apogée fut l’entrée victorieuse dans Baghdad, avec les images télévisées de la foule acclamant la chute de la statue de Saddam Hussein. Derriere la façade, une équipe d’opération psychologique américaine manipula ce qu’un rapport ignoré de l’armée US décrit comme « un cirque médiatique, qui comportait presqu’autant de journalistes que de quidams irakiens. » Rageh Omaar, qui était sur place pour la BBC commenta au journal du soir: « Les gens sont sortis pour accueillir les troupes américaines avec le V de la victoire. Ceci est une image qui se passe a travers toute la capitale irakienne. » En fait, a travers l’Irak et de maniere largement masquée sans couverture médiatique, la conquête sanglante et la destruction d’une société se déroulait en parallèle.

Dans la guerre invisible, Omaar parle avec une remarquable franchise. « Je n’ai pas fait mon travail correctement », dit il. « J’aurai dû faire remarquer qu’on n’avait pas pressé suffisamment fort les boutons de l’inconfort. » Il décrit comment la propagande militaire britannique a manipulé la couverture médiatique de la chute de Bassora, ville que la chaîne BBC News 24 a dit être tombée « 17 fois ». Cette couverture dit-il, fut une « caisse de résonance gigantesque ».

L’étendue de la souffrance réelle endurée par le peuple irakien dans cette guerre ne prend que très peu de place dans les nouvelles. Se trouvant a l’extérieur du 10 Downing Street (NDT: résidence du premier ministre britannique) le soir de l’invasion, Andrew Marr, alors éditeur politique a la BBC, déclara: « Tony Blair a dit qu’ils seraient capables de prendre Baghdad sans bain de sang et qu’a l’issue les Irakiens célébreront, et sur ces deux points, il a certainement eu raison… » J’ai demandé une interview a Marr mais n’ait reçu aucune réponse. Dans des études sur la couverture télévisée des événements par l’université de Cardiff au Pays de Galles et par Media Tenor, la couverture de a BBC a été prouvée être en droite ligne avec le gouvernement et les rapports des souffrances des civils furent relégués aux calendes grecques. Media Tenor place la BBC et la chaîne américaine CBS en bas du classement des médias occidentaux concernant le temps de parole alloué aux opposants a la guerre et invasion de l’Irak. « Je suis tout a fait ouvert a l’accusation que nous fûmes leurrer », dit Jeremy Paxman en parlant des armes de destruction massive inexistantes irakiennes a un groupe d’étudiants l’an dernier. « Nous l’avons été manifestement ». Comme un professionnel de la diffusion hautement payé, il a également omis de dire pourquoi il a été leurré.

Dan Rather, qui fut correspondant pour CBS pendant 24 ans fut moins réticent. « La peur régnait dans toutes les rédactions en Amérique », me dit-il, « une peur de perdre son travail.. La peur d’être étiquette du label anti-patriote ou quelque chose de similaire. » rater ajoute « la guerre a fait de nous des sténographes » et que si les journalistes avaient questionné comme il se devait les mensonges qui ont menés a la guerre d’Irak au lieu de les amplifier, cette invasion ne se serait as passée. Ceci est maintenant une opinion partagée par un nombre important de journalistes vétérans que j’ai interviewés aux Etats-Unis.

En Grande-Bretagne, David Rose, dont les articles dans l’Observer ont joué un rôle majeur en faussement liant Saddam Hussein a Al aida et le 11 Septembre, m’a donné une interview courageuse dans laquelle il dit « Je n’ai aucune excuse… Ce qui s’est passé en Irak est un crime, un crime d’une ampleur phénoménale… » Cela rend-il les journalistes complices lu ai-je demandé ? « Oui, involontairement peut-être, mais oui. » répondit-il.

Quelle est la valeur de journalistes parlant de la sorte ? La réponse est donnée par le grand reporter James Cameron, dont le film courageux et révélateur fait avec Malcolm Aird, du bombardement de civils au Nord-Vietnam, fut banni de la BBC. « Si nous, dont la vocation est de trouver et d’exposer ce que les ordures font et complotent, ne disons et rapportons pas ce que nous trouvons, si nous ne l’ouvrons pas pour le dire », me dit-il, « Qui a empêcher cette boucherie commerciale de se reproduire ? »

Cameron ne pouvait pas imaginer un phénomène moderne comme Wikileaks, mais il l’aurait sûrement approuvé. Dans l’avalanche actuelle de documents officiels, spécifiquement ceux qui décrivent les machinations secretes qui ont menées a la guerre, telle la phobie américaine contre l’Iran, l’échec du journalisme est rarement documenté. Peut-être la raison pour laquelle Julian Assange semble exciter une telle hostilité des journalistes serviteurs de lobbies, ceux-la même auxquels le porte-parole de George Bush référaient comme des « complices », est que Wikileaks et la vérité qu’il répand leur fait honte. Pourquoi le public doit-il attendre un Wikileaks pour être au courant de la façon dont les grandes puissances opèrent ? Ainsi que le stipule un document de 2 000 pages du ministère de la défense, les journalistes les plus efficaces sont ceux qui sont regardés dans les cercles du pouvoir non pas comme intégrés ou gifflables a souhait, mais ceux qui sont considérés comme une « menace ». Ceci est la menace de la véritable démocratie, dont la monnaie courante, disait Thomas Jefferson, est « l’information libre et continue »

Dans mon film, je demande a Assange comment Wikileaks a géré les lois draconiennes sur le secret pour lesquelles la Grande-Bretagne est si célebre. « Et bien », dit-il, « quand nous regardons les documents qui discutent du sceau officiel du secret, nous voyons une clause qui dit que c’est un crime de garder une information et un crime de détruire une information, ainsi donc la seule solution possible que nous avons est de publier l’information. »

Nous vivons une époque formidable !

www.johnpilger.com

Média et propagande: affaire Wikileaks (suite): interview d’un des fondateurs John Young

Posted in actualité, média et propagande with tags , , on 11 décembre 2010 by Résistance 71

Suivi de « l’affaire Wikileaks », ici avec une interview sur le Alex Jones Show, traduite par nos soins, d’un des créateurs de Wikileaks John Young, qui a quitté l’organisation en 2007. Il est le fondateur de cryptome.org faisant sans publicité le même type d’action directe que Wikileaks.

Pour nos lecteurs, les liens actifs menant aux sources pour cette article sont sur l’article original en anglais (voir ci-dessous). De plus sur la page originale, la fin de l’article écrit est suivie de l’interview de John Young par Alex Jones, durée totale: 40 minutes (en anglais).

Nous conseillons vivement a ceux qui comprennent l’anglais d’écouter cette interview qui en dit plus long que l’article la résumant ci-dessous. John Young a plus de 70 ans aujourd’hui, c’est un  vieux briscard du chiffrage et du déchiffrage a des fins privées et ses informations sur le groupe des cypherpunks a ce sujet est extrêmement intéressante.

– Résistance 71 –

D’apres le créateur de Wikileaks, de plus grosses bombes informatives sont a venir

John Young de Cryptome.org, le fuiteur originaire a la création de wikileaks avertit qu’Assange est en train d’être fabriqué comme le bouc-émissaire afin de lancer une offensive massive vers la censure de l’internet.

Paul Joseph Watson
Infowars.com
Friday, December 10, 2010

Url original de l’article:

http://www.infowars.com/wikileaks-founder-bigger-bombshells-on-the-way/

Un des membres originaux de Wikileaks nous avertit qu’une série de plus grosses révélations médiatiques sont en préparation et que la crise montante et arrangée contre le groupe et son chef de file Julian Assange est en train de graisser les rouages d’un agenda liberticide de cyber sécurité afin de réguler et de censure l’internet. Le fondateur de cryptome.org, que le New York Observer a récemment qualifié d’original wikileaker, a expliqué dans l’émission radio du Alex Jones Show comment il s’était porté volontaire pour enregistrer Wikileaks en son nom en décembre 2007 et ce pour garantir l’anonymat des membres de Wikileaks qui désiraient rester anonyme, avec la compréhension préalable que le site était un site d’utilité publique. Young est devenu très suspicieux apres qu’on lui ait annoncé que le but était de lever des fonds a hauteur de 5 millions de dollars pour les premiers six mois.

« J’ai dit, attendez une minute, ceci ne ressemble pas a une opération publique pour moi, ceci ressemble plus vraisemblablement a un programme financé de haute valeur », dit Young, disant que cela ressemblait a une opération a la Georges Soros. « Ceci était une opération commerciale et non pas une opération d’utilité publique, et il s’avéra que cela était juste cela. » dit Young, coroborant le fait que Wikileaks fut introduit dans l’arène publique par Cass Sunstein dans un éditorial du Washington Post. Ceci est important, car dans une note de la maison blanche en 2008, Sunstein, qui est maintenant le tzar de l’information d’Obama a a Maison blanche, déclara que des entités du gouvernement se devaient de poser comme des « théoriciennes du complot » comme faisant partie d’un plan clandestin de discréditer la voix des médias indépendants et éventuellement détruire la liberté d’expression sur l’internet.

Young a dit que Wikileaks a donné le prétexte parfait pour que le gouvernement leve des fonds pour l’infrastructure de la  cyber sécurité qui sera éventuellement utilisée pour faire taire la liberté d7expression et réguler l’internet. « Quelques enthousiastes de Wikileaks semblent opérer de concert avec ses opposants, il me semble qu’ils sont imbriqués l’un dans l’autre, a déclaré Young, notant que le fiasco annoncé était une mise en scène théâtrale afin de tester si l’agenda pour la cyber sécurité est prêt a être accepté. En considérant le fait que les républicains sont déjà en train d’introduire une législation ayant pour but de criminaliser Wikileaks, les circonstances indiquent clairement que la crise est exploitée pour pousser la censure de la toile.

Bien que la société open Society Institute de Georges Soros dément avoir quelque connexion que ce soit avec Wikileaks, Young a personnellement eu des conversations avec les fondateurs de Wikileaks qui lui ont avoués leurs efforts de sécuriser des fonds de cette organisation, a ce point Young démissionna de Wikileaks. Young a dit que Wikileaks était financièrement au 36eme dessous quand ils étaient indépendants, mais ont maintenant « sécurisé des millions en se positionnant a l’intérieur ».

Quant a savoir qui est réellement derrière Wikileaks a part Assange lui-même, Young a fait référence a une liste de Wikipédia de « cypherpunks ». Des gourous de l’internet, dont certains a l’heure actuelle ont des positions très importantes dans des compagnies majeures d’informatique, et qui étaient responsables d’une liste électronique commencée en 1992, pour les gens qui étaient intéressés au secret privé et a la cryptographie.

Young a dit que Wikileaks n’était pas une organisation indépendante, ni contrôlé non plus par un gouvernement, mais plutôt un « concept, une inspiration, un but.. pas quelque chose que l’on peut éliminer avec des moyens conventionnels », c’est pourquoi Young prédit que Wikileaks ne sera pas anéanti. Néanmoins, il a mis en garde sur le fait que Wikileaks  rédigeant maintenant des documents était un signe qu’ils ont été largement éloignés du concept de base.

« Si on vous offrait un million de dollars de pots-de-vin a 39 ans sans avoir d’autre source de revenus, pensez-y, cela s’appelle un contrat gouvernemental », a dit Young, impliquant qu’Assigne a été acheté a un certain moment.

« Je m’attends a ce qu’il y ait un modele de crise continu avec le cas Wikileaks », a déclaré Young, ajoutant que des documents a la valeur dommageable de pus en plus importante seront publiés dans le futur et que cela permettra aux dissidents comme Assange ainsi qu’aux gouvernements d’augmenter de concert leur puissance et leur financement.

« Cela va continuer pendant un moment, avec l’argent qui inondera de tous les côtés », a dit Young qui ajouta que la situation était escaladée en une crise ressemblant a une crise de guerre, ainsi donnant l’opportunité au gouvernement américain de déclencher des atteintes a la cyber sécurité et augmenter sa propre autorité.

« En ce moment ils sont juste en train de tester les réactions du public avec ces révélations d’un bas niveau dans l’échelle du secret, mais plus de choses viendront », a dit Young, pointant sur le fait que ce n’est pas parce que les câbles fuités et publiés étaient classifiés secret, ne voulait pas dire qu’ils étaient la vérité. De fait, beaucoup de ces câbles font état d’une rhétorique discréditée sur la guerre contre le terrorisme et font vraiment peu pour nuire aux intérêts et objectifs impérialistes des états-unis, parce que beaucoup d’entr’eux émergent de la chambre d’écho de la propagande géopolitique.

Young prédit qu’une série de « bombes médiatiques » vont continuer a émerger a la fois de Wikileaks et de son fondateur Julian Assange, spécifiquement a propos de l’accusation fantaisiste de viol le concernant, que le but n’est que de nous mettre l’eau a la bouche en ce moment et que plus d’infos sortiront; certaines listées par Young:

– Des informations a propos des affaires internes de la Bank of America

– Des fichiers sur des armes de destructions massives

– Des plans de guerre de toutes les nations, pour ou contre les unes les autres

– Des rapports sur une littérature de l’entraînement concernant les prisons secretes et les chambres de torture

– Des fichiers sur des agences de renseignement clandestines et leurs agents

– Des infos sur des abus de droits de l’Homme

– Des infos sur les turpitudes et interférences politiques des milliardaires

– Des infos sur des agences de taxation globales

– Des infos sur le vatican interférant dans les affaires politiques globales

– Une information a propos de la fondation Clinton, bien que ceci soit la seule info sur laquelle Young n’a pas de certitude.

Les braconniers baleiniers japonais claudiquent vers l’Antarctique… La résistance les attend !

Posted in actualité, écologie & climat, militantisme alternatif with tags , , , on 9 décembre 2010 by Résistance 71
Ceci est un update de notre précédent compte-rendu de la campagne « No Compromise » de Sea Shepherd contre les baleiniers illégaux japonais en Antarctique (voir l’article précédent ici ). Nous rendrons compte régulierement des évenements du front de la guerre contre la barbarie baleiniere d’un autre temps dans le grand sud tout au long de la saison. 

L’action directe a son meilleur niveau ! L’équipe de Résistance 71 (qui compte des militants de Sea Shepherd dans ses rangs..), souhaite bonne chasse a Paul Watson et ses équipages, qui nous démontrent que l’action directe et l’implication réfléchie d’une poignée d’hommes et de femmes peut renverser des montagnes !

Hoka Hey Paul !

– Résistance 71 –

Tuer le temps est mieux que tuer les baleines

Commentaire du Capitaine Paul Watson (03 Décembre 2010)

Url de l’article original: http://www.seashepherd.org/news-and-media/editorial-101203-1.html

Sea Shepherd est totalement pres pour la bataille, mais ils apparait que les baleiniers japonais sont en retard pour la fête. La flotte baleinière japonaise est en route pour le sanctuaire baleinier des mers du sud deux semaines plus tardivement que d’habitude et sans un vaisseau logistique et de reconnaissance.

Chaque année, les baleiniers descendent dans ce sanctuaire plus faibles que l’année précédente et Sea Shepherd retourne plus fort; cette année, Ses Shepherd n’a jamais été aussi fort et aussi préparé. Nos vaisseaux le Steve Irwin et le Bob Barker ont été complètement rénovés et tous les système sont en parfait ordre de marche. Notre hélicoptère a été amélioré d’un Hughes 300C a un MD 500E, ce qui nous donne un plus grand rayon d’action, une plus grande vitesse et une capacité supérieure en charge. Nous avons également acquis le vaisseau Gojira, notre nouvelle embarcation rapide d’interception.

Avec un équipage total de 90 personnes représentant 19 nations, tous déterminés a intervenir avec passion contre la flotte baleinière japonaise illégale dans ce sanctuaire marin baleinier des mers du sud; nous sommes très confiant d’annoncer que cette année verra une campagne fructueuse. Nous avons également a bord une équipe de 17 membres de la chaîne de télévision Animal Planet TV, qui est disséminée sur les trois vaisseaux afin de produire la 4eme saison de la série Whale Wars.

Ce qui est très ironique est le pourquoi la flotte japonaise est sans vaisseau logistique.

Apparemment, l’Institut de Recherche Baleiniere (Institute of Cetacean Research) a été tellement enthousiaste dans sa condamnation de Sea Shepherd comme étant une organisation « éco-terroriste » constituée de pirates criminels, qu’il a effrayé les armateurs potentiels de leur louer un bateau de remplacement. Les baleiniers ne possèdent pas de vaisseau logistique et ils ont besoin d’un navire pour transporter le carburant et pour embarquer la viande de baleine parce que la place de stockage est très limitée sur le navire usine Nisshin Maru. Ainsi, sans navire logistique et de réapprovisionnement en carburant, leur saison de braconnage va être beaucoup plus courte, a moins qu’ils n’arrivent a convaincre une entreprise de prendre les risques de la confrontation avec notre type d’écolos-desperados ».

Avec la flotte baleinière quittant le Japon très tard le 2 Décembre, ils ne pourront pas commencer leur activité a la mi-Décembre comme cela est le cas chaque année, ce qui veut dire qu’ils ne seront pas en position de harponner une baleine avant la toute fin Décembre, début Janvier. Nous serons déjà la-bas pour les intercepter et le plus tôt cela sera fait, le plus efficace nous serons.

La flotte japonaise ne fera pas son quota cette saison, ceci est une certitude absolue. Notre défi est de nous assurer qu’ils n’aient pas du tout de quota, ou au moins un quota bien plus bas que celui de la saison passée lorsque nous avons été capables de sauver plus de baleines (528) qu’ils en ont tuées (507)

Le ministère de la pêche japonais a donné un permis de tuer concernant 935 baleines Minke, 50 fin whales et 50 baleines a bosses pour un total de 1035 baleines.

Les Japonais ont déclaré avoir a bord des gardes côtes armés et nous nous attendons a ce qu’ils soient plus agressifs et violents que précédemment du fait de leur totale frustration d’avoir été empêchés de faire un quelconque profit ces cinq dernières années dû a nos interventions.

J’ai une totale confiance dans le fait que nous allons pouvoir couler la flotte japonaise financièrement. Cela a toujours été notre objectif et j’ai une équipe passionnément déterminée a achever cet objectif.

Quoi qu’il en soit, nos vaisseaux se doivent d’économiser le carburant et les vivres en tuant le temps a l’ancre pendant quelques jours. Nous serons en Antarctique avant les baleiniers, mais nous ne voulons pas y être trop tôt en avance avant eux. Le timing est bon, et tous les systèmes sont en attente pour l’arrivée des envahisseurs meurtriers.

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