Reflexion sur la lutte sociale

Nous reproduisons ici une excellent synthese parue dans « Le Monde Libertaire » et emanant d’un compagnon de la Federation Anarchiste, concernant l’etat des lieux peu reluisant de la conscience sociale avant, durant et pendant le conflit de la reforme des retraites.

L’oligarchie en place a musele les peuples depuis des decennies a grand renfort de rethorique policienne inepte, de promesses illusoires et de consumerisme beat, entravant plus avant les citoyens dans la dette, chaines de l’esclavagisme moderne. Nous devons retrouver le sens de la lutte pour notre emancipation finale face a une exploitation et une oppression s’exercant sans relache. La solidarite se cree dans la veritable lutte sociale, detachee des turpitudes et des mensonges du pouvoir et de ses compromis de facade et en dehors des sempiternelles rotomondades politicardes des reformistes socio-democrates, traitres a la cause de l’interet general, larbins et complices du statu quo oligarchique.

– Resistance 71 –

Des victoires dans la defaite: tirer les enseignements d’une greve trahie.

Ça devait être la « grande bataille ». Un grand mouvement. Enfin gagner face au gouvernement et au patronat. Une victoire, enfin… L’espoir aussi que dans ce mouvement s’amorce « autre chose » que des manifs traîne-savates et des journées d’action sans lendemain. L’espoir de voir s’ouvrir, comme souvent dans de grands mouvements sociaux ou dans la grève générale, une brèche dans l’aliénation quotidienne. Que tous ceux qui, isolés dans l’exploitation, se retrouvent enfin, discutent, échangent, s’ouvrent à des idées folles d’utopies et de révolutions, se disent que la vie c’est ça, être ensemble et solidaires.

Lors du mouvement social de 1995, on pouvait penser qu’une génération avait découvert le goût du combat social, avait vécu des moments intenses. Comment oublier ces cortèges où les cheminots étaient acclamés comme des héros, ces assemblées générales enflammées et la rue où tant de gens marchaient et parfois se retrouvaient enfin ? Comment oublier ces manifs où le capitalisme commençait à être montré du doigt, et où, en rupture avec la novlangue néolibérale, des travailleurs se ré-identifiaient au prolétariat ?

Je n’ai pas vécu ni ressenti ce souffle, ni cette dimension lors de ce dernier mouvement pour les retraites. Il y a eu pourtant des temps forts, à Marseille notamment, et des grévistes courageux et déterminés dans les transports, les raffineries et d’autres secteurs. Mais il faut bien faire les comptes : des grévistes peu nombreux. Et nous avons pu faire là un état des lieux, grandeur nature, des forces qui étaient prêtes à livrer une lutte d’ampleur. Il y a bien eu des lycéens, des étudiants, quelques émeutiers en banlieue, mais là aussi le nombre n’était pas au rendez-vous.

En 95, les prolos avaient occupé seuls le devant de la scène, exit les politiciens ! Là, au contraire, la gauche occupa le terrain en étant bien présente dans les manifestations. Du coup le mouvement a pris une tournure politique, au sens politicien, au détriment de sa dimension sociale. La présence des partis de gauche signifiait déjà que l’issue du combat n’était pas dans la grève, mais dans les urnes. Un air de défaite avant l’heure, en quelque sorte.

Beaucoup de gens pensent qu’un mouvement social se mesure au nombre de participants aux manifestations. Des manifestations que le gouvernement devra bien entendre… En croyant cela, en participant à une démarche « démocratiste » (nous sommes légitimes donc nous serons écoutés) à côté des partis de gauche, on est dans la logique médiatique des sondages d’opinion et bien loin de la réalité de la lutte des classes et d’un combat fondé sur un rapport de force.

Nous avons vécu là une cinglante défaite. Pas question – personne n’en a eu l’idée – de crier après cette déroute : « Ce n’est qu’un début continuons le combat ! »

La guerre de classe est bien cruelle… « La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter. » C’est Warren Buffett, l’un des hommes les plus riches du monde, qui s’exprimait ainsi. Cette croyance démocratique est une des causes qui font qu’il y a une classe, la bourgeoisie, qui est une classe au combat, et l’autre, la classe ouvrière, qui est en partie désarmée, impuissante.

Il faut se méfier (je suis tombé dans le piège !) des images hautes en symboles et en couleurs. Derrière le rouge des drapeaux de la CGT et le feu des braseros, la solidarité et la convivialité (bien réelles) sur les blocages et les piquets de grève, il y avait une logique d’appareils syndicaux qui avaient déjà programmé le choix de la défaite. S’il pouvait y avoir une victoire dans la défaite, ce serait de tirer les enseignements de ce mouvement.

Mai 1968, à chaque occasion, est sur toutes les lèvres. Mais mai 1968 entretient l’idée qu’une étincelle peut mettre le feu aux poudres (c’est une possibilité), mais enferme nombre de personnes dans un mythe et la célébration d’un passé en les éloignant d’une autre possibilité toute pragmatique : la grève générale, ça se prépare ! Et, pour la préparer sérieusement, il ne faut pas s’en remettre aux politiciens, aux bureaucrates, aux autoritaires de tout poil, aux chefs et aux spécialistes, mais construire à la base des outils de lutte autogérés et la nécessaire solidarité. Pour être à nouveau une classe au combat, pour ne plus subir.

Laurent, groupe libertaire d’Ivry de la Fédération anarchiste 

 

 

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6 Réponses to “Reflexion sur la lutte sociale”

  1. AUSSEUR Robert Says:

    Assez bonne analyse = Pas suffisante pour celles et ceux qui commencent à voir le désastre ?
    J’ai un argument qui pourrait prendre de court les celles et ceux qui ont étés dans le camps de la résistance : l’union nationale de la résistance pourrait-être tentée de se ressaisir et ne pas se laisser « fixer » dans le camps des tueurs et tueuses de classe ?
    Bref : la différenciation entre les vrais héritiers du programme politique du CNR
    Et les ceux-ces qui sont du siècle = Anciens collabos , avec l’ennemi occupant ! Et d’anciens résistants comme les PS , les radicaux =ralliés au siècle ! Pourfendeurs du programme politique du CNR !
    Je crois qu’il est possible , sur cette base de revenir au placement du peuple au centre de tous intérêts ?
    a r

    • oui, tout a fait, mais dans le temps pratiquement tous les nobles mouvements sont spoliés.
      La clique néolibérale au pouvoir (de droite comme de gauche pas de distinction, ce sont les mêmes) a pour mission de torpiller le programme et ils y arrivent parfaitement.
      beaucoup pense que sarkozy et ses sbires sont en train d’echouer…. C’est une grossiere erreur, ils sont 100% pile poil sur les objectifs qui leur étaient impartis.
      L’opération sarko pour les oligarques est un succes total, probablement même au dela des espérances afin de détruire sans rémission les acquis de la société française.

      Vraisemblablement, DSK est le hoix des oligarques pour peaufiner le travail… ils s’y attachent du reste, toutes voiles médiatiques dehors.

  2. AUSSEUR Robert Says:

    Nous avons bien vu comment , celles et ceux que tu nommes les : olligarques , s’y sont pris pour faire adhérer une majorité de bites (toute bite qui bande n’a pas de conscience) à la théorie du capitalisme …..Et du libéralisme !
    = Leurs expliquer que peu à peu elles et ils ont étés entrainés (es) dans le camps de la mort = pour le fric de celles et ceux qui en veulent de plus en plus et de plus en plus vite = Quelqu’en soit le prix , en nombre de vies sacrifiées sue l’hotel de la fricardise = CELA : çà parle !
    La dialectique nous a côuté cher = Car pas toujours comprise ?
    Le prolo A R (ancien élu DP : Collège 1

    • oui Robert,

      tu as raison, et il n’y a pas de solutions au sein du systeme. Qu’on le prenne par le bout qu’on veut. Capitalisme et son gardien l’État se doivent de dispariitre pour le salut de l’Humanité. Tout vient a point….

  3. AUSSEUR Robert Says:

    Si nous ajoutons à celà , l’attitude de la représentation Nationale qui veut , après s’être servir , à l’unanimité le : Charité bien ordonnée commence par soit même = rémunération et retraites servies à celles et ceux qui ne s’émeuvent pas un instant sur les pertes de vies de leurs victimes , pour la fricardise , et qui veulent , maintenant , à l’initiative de députes communistes , encartés socialos , et autres droitiers = une loi permettant l’euthanasie ! = la boucle serait ainsi refermée , les éliminations « anticipées » ? des celles et ceux-ces qui pourraient constituer un frein à leurs empiffrages ! perrmises , par la loi ! de + en + ?

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