Debout journalistes ! le monde a besoin de vous. La forfaiture et l’échec de la presse n’est pas inéluctable. Halte a la propagande, écoutez John Pilger !…

Nous traduisons ici le dernier article de John Pilger, qui est sans doute aujourd’hui le meilleur journaliste d’enquête. Pilger a couvert la guerre du Vietnam, a été le premier journaliste a documenter l’immédiat apres Pol Pot apres la libération du Cambodge par les Vietnamiens. Son documentaire « Cambodge, année zéro » est toujours interdit aux Etats-Unis et n’y a jamais été présenté par une chaîne officielle. Il est l’auteur de nombreux livres qui éclairent sur les turpitudes du pouvoir, l’escroquerie et la criminalité des guerres et la collusion des médias avec les criminels qui pillent et massacrent le monde pour l’intérêt du plus petit nombre.

Visitez son site internet et visionnez ses reportages sur son site qui sont maintenant mis en ligne pour visionnage gratuit.

Donnez nous dix John Pilger couvrant l’info dans les pays occidentaux majeurs et le Nouvel Ordre Mondial ainsi que la clique oligarchique sera défaite dans l’année.

Journalistes de tous pays ! Résistance 71 et autres médias citoyens ne devraient pas exister si vous faisiez votre boulot !… revenez du côté des peuples, nous avons besoin de vous pour la sauvegarde de l’humanité.

-Résistance 71 –

Pourquoi les médias ne reportent pas sur les guerres honnêtement ?

Le public doit connaitre la vérité a propos des guerres. Pourquoi donc les journalistes se sont ils coalisés avec les gouvernements pour nous leurrer ?

par John Pilger

Url de l’article original: http://www.informationclearinghouse.info/article27036.htm

Le 10 Décembre, 2010 « The Guardian »

Dans le manuel de contre-insurrection de l’armée américaine, le général commandant en chef des forces états-uniennes décrit l’Afghanistan comme une guerre de « perception » conduite en utilisant continuellement les médias. Ce qui importe le plus ne sont pas tant les combats au jour le jour avec les Talibans que la maniere dont l’aventure est vendue au public américain ou « les médias influencent directement l’attitude des audiences clefs ». En lisant cela, je me souvenais du général vénézuélien qui mena un coup d’état contre le gouvernement démocratique en 2002. « Nous avions une arme secrete », déclara t’il, « Nous avions les médias, spécifiquement la Télévision. Vous devez avoir les médias avec vous. » Jamais autant d’énergie n’a été officiellement dépensée pour s’assurer que les journalistes collaborent avec les faiseurs de guerres a la rapacité établie qui, disent les généraux sympathisant des médias, sont maintenant perpétuelles. En écho des seigneurs de la guerre occidentaux plus loquaces tel l’ex-vice président américain favorable a la torture du waterboarding Dick Cheney, qui prédisait « 50 ans de guerre », ils planifient un état de conflit permanent, ceci restant totalement dépendant du fait de pouvoir garder a distance un ennemi dont ils n’osent pas dire le nom: le public.

A Chicksands in Bedforshire, l’établissement du bureau de la guerre psychologique du ministère de la défense, les entraineurs médiatiques se dévouent a la tâche, immergés dans un jargon global de « dominance de l’information », « menaces asymétriques » et « menaces cybernétiques ». Ils partagent le même espace avec ceux en charge des méthodes d’interrogation qui ont menées a une enquête publique sur la torture pratiquée par l’armée britannique en Irak. La désinformation et la barbarie de la guerre coloniale ont beaucoup en commun.

Bien sûr, seul le jargon est nouveau. Dans la séquence d’ouverture de mon nouveau film « La Guerre Invisible », il y a une référence a une conversation privée qui se tint bien avant l’ere Wikileaks, en Décembre 1917 entre le premier ministre britannique durant presque toute la preniere guerre mondiale, David Lloyd George et C P Scott, rédacteur en chef du Guardian de Manchester: « Si les gens connaissaient la vérité », dit le premier ministre, « la guerre s’arrêterait demain. Mais bien sûr ils ne savent pas et ne peuvent pas savoir. »

Apres la « der des ders », Edward Bernays, un confident du président Woodrow Wilson, inventa le terme « relation publique » comme un euphémisme du terme « propagande », qui avait donné un si mauvais nom a la guerre. Dans son livre « Propagande » en 1928, Bernays décrit la relation publique (RP) comme « un gouvernement invisible qui est la véritable puissance gouvernante de notre pays », merci a « l’intelligente manipulation des masses ». Ceci fut accompli par « fausses réalités » et leur adoption par les médias. Par exemple, un des grand succès de Bernays fut de persuader les femmes de fumer en public. En associant fumer avec la libération de la femme, il parvint a faire les grands titres de presse en faisant louer la cigarettes comme « torche de la liberté ».

J’ai commencé a comprendre tout cela comme jeune journaliste pendant la guerre du Vietnam. Durant mon premier tour, je vis les résultats du bombardement de deux villages vietnamiens a l’aide de napalm B, celui qui continue de brûler sous la peau; beaucoup de victimes étaient des enfants, les arbres étaient couverts de débris humains. La lamentation du « ces tragédies inévitables arrivent pendant les guerres » n’expliquait absolument pas le fait d’expliquer pourquoi la population entière du Vietnam du Sud courait ce grave danger par les forces mêmes qui se déclaraient « alliées », celles des Etats-Unis. Les termes de relation publique tels que « pacification » et « dommages collatéraux » devenaient monnaie courante. Pratiquement aucun journaliste n’utilisait le mot « invasion ». « Implication » et plus tard « bourbier » devinrent les nouveaux termes d’un vocabulaire médiatique qui reconnaissait le meurtre de civils comme de tragiques erreurs tout en questionnant rarement les bonnes intentions des envahisseurs.

Les murs des bureaux des organes de presse américains a Saïgon étaient souvent couverts de photos horribles qui ne furent jamais publiées et très rarement envoyées car il ´´tait dit qu’elles permettraient de « sensationaliser » la guerre et offusquer les lecteurs et spectateurs, ce qui n’était pas « objectif » dans la couverture de l’événement. Le massacre de My Lai en 1968 ne fut pas dénoncé depuis le Vietnam, bien que bon nombre de journalistes étaient au courant (ainsi que d’autres atrocités du même acabit), mais par le journaliste free-lance américain Seymour Hersh. La couverture du magazine Newsweek l’appela « Une tragédie américaine », impliquant que les envahisseurs étaient les victimes, un thème récurrent repris de maniere enthousiaste par Hollywood dans des films tels que « Voyage au bout de l’enfer » ou « Platoon ». La guerre était tragique et emprunte d’erreurs, mais la cause était essentiellement noble. De plus, elle fut « perdue » a cause de média non censurés, irresponsables et hostiles.

Bien qu’a l’oppose de la vérité, ces fausses réalités devinrent des leçons apprises par les faiseurs des guerres d’aujourd’hui et par la plupart des médias. Apres le Vietnam, « intégrer » les journalistes dans les unités de combat devint central dans la politique guerrière des deux côtés de l’Atlantique. A part quelques exceptions intéressantes, ceci fut un succès, spécialement aux Etats-Unis. En mars 2003, 700 journalistes et équipes de télévisions étaient integrés dans les forces d’invasion américaines en Irak. regardez leurs compte-rendus, c’est un remake de la libération de l’Europe. Le peuple irakien est distant, des figurants. John Wayne est de retour.

L’apogée fut l’entrée victorieuse dans Baghdad, avec les images télévisées de la foule acclamant la chute de la statue de Saddam Hussein. Derriere la façade, une équipe d’opération psychologique américaine manipula ce qu’un rapport ignoré de l’armée US décrit comme « un cirque médiatique, qui comportait presqu’autant de journalistes que de quidams irakiens. » Rageh Omaar, qui était sur place pour la BBC commenta au journal du soir: « Les gens sont sortis pour accueillir les troupes américaines avec le V de la victoire. Ceci est une image qui se passe a travers toute la capitale irakienne. » En fait, a travers l’Irak et de maniere largement masquée sans couverture médiatique, la conquête sanglante et la destruction d’une société se déroulait en parallèle.

Dans la guerre invisible, Omaar parle avec une remarquable franchise. « Je n’ai pas fait mon travail correctement », dit il. « J’aurai dû faire remarquer qu’on n’avait pas pressé suffisamment fort les boutons de l’inconfort. » Il décrit comment la propagande militaire britannique a manipulé la couverture médiatique de la chute de Bassora, ville que la chaîne BBC News 24 a dit être tombée « 17 fois ». Cette couverture dit-il, fut une « caisse de résonance gigantesque ».

L’étendue de la souffrance réelle endurée par le peuple irakien dans cette guerre ne prend que très peu de place dans les nouvelles. Se trouvant a l’extérieur du 10 Downing Street (NDT: résidence du premier ministre britannique) le soir de l’invasion, Andrew Marr, alors éditeur politique a la BBC, déclara: « Tony Blair a dit qu’ils seraient capables de prendre Baghdad sans bain de sang et qu’a l’issue les Irakiens célébreront, et sur ces deux points, il a certainement eu raison… » J’ai demandé une interview a Marr mais n’ait reçu aucune réponse. Dans des études sur la couverture télévisée des événements par l’université de Cardiff au Pays de Galles et par Media Tenor, la couverture de a BBC a été prouvée être en droite ligne avec le gouvernement et les rapports des souffrances des civils furent relégués aux calendes grecques. Media Tenor place la BBC et la chaîne américaine CBS en bas du classement des médias occidentaux concernant le temps de parole alloué aux opposants a la guerre et invasion de l’Irak. « Je suis tout a fait ouvert a l’accusation que nous fûmes leurrer », dit Jeremy Paxman en parlant des armes de destruction massive inexistantes irakiennes a un groupe d’étudiants l’an dernier. « Nous l’avons été manifestement ». Comme un professionnel de la diffusion hautement payé, il a également omis de dire pourquoi il a été leurré.

Dan Rather, qui fut correspondant pour CBS pendant 24 ans fut moins réticent. « La peur régnait dans toutes les rédactions en Amérique », me dit-il, « une peur de perdre son travail.. La peur d’être étiquette du label anti-patriote ou quelque chose de similaire. » rater ajoute « la guerre a fait de nous des sténographes » et que si les journalistes avaient questionné comme il se devait les mensonges qui ont menés a la guerre d’Irak au lieu de les amplifier, cette invasion ne se serait as passée. Ceci est maintenant une opinion partagée par un nombre important de journalistes vétérans que j’ai interviewés aux Etats-Unis.

En Grande-Bretagne, David Rose, dont les articles dans l’Observer ont joué un rôle majeur en faussement liant Saddam Hussein a Al aida et le 11 Septembre, m’a donné une interview courageuse dans laquelle il dit « Je n’ai aucune excuse… Ce qui s’est passé en Irak est un crime, un crime d’une ampleur phénoménale… » Cela rend-il les journalistes complices lu ai-je demandé ? « Oui, involontairement peut-être, mais oui. » répondit-il.

Quelle est la valeur de journalistes parlant de la sorte ? La réponse est donnée par le grand reporter James Cameron, dont le film courageux et révélateur fait avec Malcolm Aird, du bombardement de civils au Nord-Vietnam, fut banni de la BBC. « Si nous, dont la vocation est de trouver et d’exposer ce que les ordures font et complotent, ne disons et rapportons pas ce que nous trouvons, si nous ne l’ouvrons pas pour le dire », me dit-il, « Qui a empêcher cette boucherie commerciale de se reproduire ? »

Cameron ne pouvait pas imaginer un phénomène moderne comme Wikileaks, mais il l’aurait sûrement approuvé. Dans l’avalanche actuelle de documents officiels, spécifiquement ceux qui décrivent les machinations secretes qui ont menées a la guerre, telle la phobie américaine contre l’Iran, l’échec du journalisme est rarement documenté. Peut-être la raison pour laquelle Julian Assange semble exciter une telle hostilité des journalistes serviteurs de lobbies, ceux-la même auxquels le porte-parole de George Bush référaient comme des « complices », est que Wikileaks et la vérité qu’il répand leur fait honte. Pourquoi le public doit-il attendre un Wikileaks pour être au courant de la façon dont les grandes puissances opèrent ? Ainsi que le stipule un document de 2 000 pages du ministère de la défense, les journalistes les plus efficaces sont ceux qui sont regardés dans les cercles du pouvoir non pas comme intégrés ou gifflables a souhait, mais ceux qui sont considérés comme une « menace ». Ceci est la menace de la véritable démocratie, dont la monnaie courante, disait Thomas Jefferson, est « l’information libre et continue »

Dans mon film, je demande a Assange comment Wikileaks a géré les lois draconiennes sur le secret pour lesquelles la Grande-Bretagne est si célebre. « Et bien », dit-il, « quand nous regardons les documents qui discutent du sceau officiel du secret, nous voyons une clause qui dit que c’est un crime de garder une information et un crime de détruire une information, ainsi donc la seule solution possible que nous avons est de publier l’information. »

Nous vivons une époque formidable !

www.johnpilger.com

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