Gloriole patriotique et fausse information

Une fois de plus, nous avons traduit ici un article récent de l’excelelnt journaliste d’enquête John Pilger, paru dans le Newstateman. La portée de son analyse va bien au-dela des instances britanniques accusées ici de complicité de crimes de guerre ni plus, ni moins.

Cette analyse peut s’étendre a l’ensemble des responsables politiques occidentaux et des médias, tous a a la botte de leurs payeurs: l’élite financiere et de la grosse industrie. Cet état de fait n’a fait qu’empirer depuis l’avenement des états nations du XVIeme siecle, pour atteindre son paroxysme le plus cynique et meurtrier ajourd’hui.

Pilger nous le dit, la résistance populaire a ce nouvel ordre mondial fasciste est un devoir civique, et la révolte des oppressés redevient une nécessité historique. L’heure du choix approche, les peuples et la créativité humaine prévaudront face au barbarisme pseudo-scientifique de la minorité oppressante.

Résistance 71

Gloriole patriotique, fausse information

Le vacarme de Washington a propos du retrait des troupes d’Irak est une pauvre excuse de la détermination de l’Amérique de continuer la guerre. La même pirouette médiatique est a l’oeuvre ici en Grande-Bretagne.

par John Pilger

Url de l’article original:

http://www.newstatesman.com/international-politics/2010/09/pilger-iraq-false-war-public

02 Septembre 2010 Edward Bernays, le neveu américain de Sigmund Freud, est crédité d’avoir inventé la propagande moderne. Pendant la première guerre mondiale, il était un des membres d’un groupe influent de libéraux qui montèrent une campagne gouvernementale secrete pour persuader l’opinion publique américaine reluctante, d’envoyer l’armée dans la boucherie européenne. Dans son livre « Propagande », publié en 1928, Bernays écrivit que « la manipulation intelligente des opinions et des habitudes des masses est un élément important de la société démocratique. » et que les manipulateurs « constituent un gouvernement invisible qui est la véritable puissance gouvernante de notre pays. » Au lieu de propagande, il appela cet euphémisme « les relations publiques ».

L’industrie du tabac américaine s’alloua les services de Bernays pour convaincre les femmes de fumer en public. En associant l’acte de fumer avec la libération de la femme, il fit de la cigarette la « torche de la liberté ». En 1954, il créa une menace communiste au Guatemala comme excuse pour renverser le gouvernement guatémaltèque démocratiquement élu, dont les réformes sociales menaçaient le monopole du commerce des bananes de la compagnie américaine « United Fruit Company » (ndt: dont le patron Dulles, était le frère du boss de la CIA). Il appela ce coup d’état une « libération ».

Bernays n’était pas un extrémiste de droite. Il était un élitiste libéral qui croyait que « fabriquer le consentement public » était pour le bien commun. Ceci pouvait être fait en créant de « fausses réalités » qui a leur tours deviendraient « des événements d’actualité ». Voici quelques exemples de la façon dont cela est fait aujourd’hui.

Fausse réalité: Les dernières troupes de combat on quitté l’Irak « comme promis, en accord avec le calendrier », d’apres le président Barack Obama. Les images télévisées ne furent que les silhouettes des « derniers soldats américains » quittant l’Irak, en contre-jour de l’aube naissante, traversant la frontière avec le Koweit.

Fait: Ils ne sont pas partis. Au moins 50 000 troupes demeurent réparties dans 94 bases. Les raids aériens sont inchangés, tout comme les assassinats perpétrés par les forces spéciales. Le nombre de « contractants militaires » est de 100 000 et augmente. La vaste majorité du pétrole iraquien est sous contrôle étranger.

Fausse réalité: Les présentateurs de la BBC ont décrit les troupes US partantes comme une « armée victorieuse » qui a réussie « un incroyable changement dans la destinée iraquienne ». Leur commandant en chef, le général Petraeus est une « célébrité », « charmant », « expert » et « remarquable ».

Fait: Ceci n’est en aucun cas une victoire. C’est un désastre catastrophique, et toute tentative de le présenter autrement ne peut être qu’un remake du modele de Bernays a renommer le massacre de la première guerre mondiale comme « nécessaire » et « noble ». En 1980, Ronald Reagan, qui était en campagne pour la présidence des Etats-Unis, avait renommé la guerre du Vietnam, dans laquelle 3 millions de personnes trouvèrent la mort, une « noble cause », un thème repris de maniere enthousiaste par Hollywood. Les films sur l’Irak aujourd’hui ont les mêmes stigmates exorcisant: l’envahisseur est présentée a la fois comme idéaliste et victime.

Fausse réalité: Personne ne sait combien d’Irakiens sont morts. « On ne connait pas le chiffre », ou peut-être de l’ordre de « quelques dizaines de milliers ».

Fait: Au moins un million d’Irakiens sont morts en conséquence directe de l’invasion anglo-américaine de leur pays. Ce chiffre, provenant de « Opinion Research Business », suit une recherche revue par les pairs de la Johns Hopkins University de Washington, dont les méthodes furent reconnues sous le manteau comme « les meilleures » et les « plus robustes » par le conseiller scientifique du gouvernement Blair en Grande-Bretagne. Ceci est rarement mentionné ou présenté aux généraux américains si « charmants ». Pas plus que le dépouillement de plus de quatre millions d’Irakiens, la malnutrition de la plupart des enfants, le caractère épidémique des maladies mentales ou de l’empoisonnement de l’environnement.

Fausse réalité: L’économie britannique a un déficit de quelques milliards qui doit être compensé par des coupes sévères dans le service public et une politique d’imposition régressive sous le motif du « nous sommes tous dans le même bain ».

Fait: Non, nous ne sommes pas tous dans le même bain. Le plus remarquable a propos de ce triomphe de la relation publique c’est qu’il n’y a que 18 mois, les écrans cathodiques et les premières pages des journaux nous disaient exactement l’inverse. Puis, de maniere choquante, la vérité devenait inévitable, même si brièvement. Le creux de la vague de wall street et de la city de Londres était en pleine lumière pour la première fois, de même que la vénalité de certains, auparavant élevés au pinacle. Des milliards d’argent public s’en allèrent dans les poches d’organisations financières ineptes et criminelles connues sous le nom de banques, qui furent exemptées de la responsabilité de leurs dettes par leurs sponsors du gouvernement travailliste.

Dans l’intervalle d’une année, des profits et des bonuses records furent enregistrés et le « trou noir » ne fut plus la responsabilité des banques, dont les dettes doivent être payées par ceux qui sont le moins responsables: les citoyens. Cette « nécessité » fut louée en choeur par les médias, de la BBC au Sun. Un coup de maître aurait sûrement dit Bernays.

Fausse réalité: Ed Miliband offre une « réelle alternative » a la tête du parti travailliste (ndt: équivalent du PS au Royaume Uni).

Fait: Miliband, tout comme son frère et pour ainsi dire tous ceux qui sont a la tête du parti travailliste, est immergé dans les effluves du Nouveau Parti Travailliste. Comme député du nouveau parti travailliste, et comme ministre, il ne refusa pas de servir sous Blair ou ni ne s’éleva contre la persistante position va t’en guerre du parti travailliste. Maintenant, il nomme l’invasion de l’Irak « une erreur profonde ». L’appeler une erreur est une insulte a la mémoire des morts. C’était un crime, dont les preuves sont volumineuses. Il n’a rien de neuf a dire sur les autres guerres coloniales, aucune d’elles des erreurs. Il n’a d’ailleurs pas non plus demandé une justice sociale de base, en demandant que ceux qui ont causé la récession économique nettoie leur désordre et que la minorité industrielle britannique si fabuleusement riche, soit sérieusement imposée, a commencer par Rupert Murdoch.

La bonne nouvelle est que les fausses réalités sont souvent des échecs lorsque le public fait confiance a sa propre intelligence critique. Deux documents classifiés, récemment revélés par Wikileaks, expriment les préoccupations de la CIA a l’égard des populations européennes qui opposent les politiques bellicistes de leurs gouvernements et qui ne succombent pas aux pirouettes habituelles de la propagande a travers les médias.

Pour la caste dominante de ce monde, c’est un coup d’arrêt, parce que son pouvoir non restrictif est basé sur la fausse réalité qu’aucune résistance populaire ne marche. Mais en fait, ça marche.

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