La haute finance provoque des famines avec ses bulles spéculatives

Nous avons traduit de l’anglais cet article de Johann Hari sur les dessous des allégations de génocide dont devraient être accusés les protagonistes de la haute finance qui manipulent cyniquement les parametres financiers pour s’enrichir, contrôler le monde et assassiner impunément des millions d’êtres humains qui ne demandent qu’une chose: vivre décemment et en paix.

Une fois de plus, les faits parlent d’eux-mêmes, mais nous voulons ici rapprocher cet article d’un de nos articles paru il y a quelques mois qui décortique les racines profondes eugénistes (donc meurtrieres..) de l’idéologie élitiste néo-libérale fasciste. Depuis 1972 et la doctrine Kissinger (commanditée par la fondation Rockefeller et appliquée en priorité par tous les départements d’état américains depuis l’ere Nixon, promulguée dans le tristement célebre NSSM 200 (National Security Special Memorandum 200 de Décembre 1973), tous les moyens sont bons pour réduire et contrôler les populations de la planete, surtout les populations « non-blanches ». Kissinger avait bien orienté le sujet en déclarant que les guerres, famines et épidémies étaient souhaitables pour réduire la population mondiale, en application des délires pseudo-scientifiques malthusiens mâtinés de darwinisme-social.

Article a ce sujet ici:

https://resistance71.wordpress.com/2010/06/26/elite-globaliste-eugenisme-et-controle-des-populations/

Nous conseillons la lecture de l’article ci-dessus mentionné apres avoir lu celui de Johann Hari ci dessous. Pour que s’arrête cette folie eugéniste meurtriere…

– Résistance 71 –

Comment Goldman Sachs a causé un « génocide silencieux » en pariant sur la famine dans le tiers monde

par Johann Hari, Independent UK
Posted on July 2, 2010, Printed on August 17, 2010
http://www.alternet.org/story/147414/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 le 18 Août 2010

Vous pensez sans doute que maintenant votre opinion sur Goldman Sachs et sa clique d’alliés de Wall Street est au plus bas et exacerbée. Tout faux! Il y a pire. Et il se trouve que leurs actions destructrices les plus récentes n’ont même pas été mentionnées. Les voici. C’est l’histoire de comment quelques hommes les plus riches du monde, Goldman, Deutsche Bank, les courtiers de Merill Lynch entr’autres, ont provoqué la famine de gens parmi les plus pauvres du monde.

Cela commence par un mystère en apparence. A la fin de 2006, les prix mondiaux alimentaires ont commencé a augmenter, brusquement et drastiquement. En l’espace d’un an, le prix du blé a augmenté de 80%, le maize de 90% et le riz de 320%. Dans une famine éclair, 200 millions de personnes, pour la plupart des enfants, ne pouvaient plus acheter de nourriture et ont sombré dans la malnutrition et la famine. Il y a eu des émeutes dans plus de 30 pays et au moins un gouvernement fut renversé de maniere violente. Puis, au printemps 2008, tout aussi mystérieusement, les prix sont retombés a leur niveau initial. Jean Ziegler, l’envoyé spécial des Nations-Unies l’appela « un génocide silencieux », entièrement provoqué par une action humaine.

Plus tôt cette année, j’étais en Ethiopie, un des pays les plus durement touchés et les gens la-bas se rappellent de cette crise alimentaire comme s’ils avaient été frappés par un tsunami. « Mes enfants ont stoppé leur croissance », me dit une femme de mon âge Abiba Getaneh. « C’est comme si on versait de l’acide de batterie de voiture dans mon estomac, c’est ce que l’on ressent lorsqu’on est sous-alimenté. J’ai dû retirer mes deux filles de l’école et me suis endettée. Si cela avait duré un peu plus longtemps, je pense que mon bébé serait mort. »

Les explications qui nous furent données a l’époque se sont toutes révélées fausses. Cela ne s’est pas produit parce que l’offre a chuté: le conseil international du grain dit que la production globale de blé a en fait augmenté durant cette période, par exemple. Ce n’est pas non plus parce que la demande a augmenté: comme le stipule le professeur Jayati Ghosh du centre d’études économiques de New Delhi, la demande a en fait chuté de 3% a cette période précise. D’autres facteurs, comme l’augmentation de la production de biofuel, et le pic de prix pétrolier, y ont contribué un peu, mais pas suffisamment pour provoquer cette crise violente.

Pour comprendre la cause majeure, vous devez vous plongez dans quelques concepts qui vont vous donner des maux de tête, mais pas autant que le mal des pauvres souffrant de famine.

Depuis plus d’un siècle, les fermiers des pays développés ont été capables de s’engager dans un processus qui les protègent contre le risque. Par exemple, le fermier Giles peut accepter en Janvier de vendre sa récolte a un courtier en Août a un prix fixé. S’il a un super été, il va perdre de l’argent, mais si le temps est pourri ou si les prix s’effondrent, il sera protégé par le deal. Quand ce processus était sévèrement contrôlé et que seulement les compagnies avec un intérêt direct dans le négoce pouvaient être impliquées, cela fonctionnait bien.

Puis, vers les années 1990, Goldman Sachs et d’autres financiers ont mis beaucoup de pression pour que les réglementations soient abolies. Soudainement, ces contrats furent convertis en « marchés dérivatifs » qui pouvaient être achetés et vendus par des courtiers qui n’avaient absolument rien a voir avec ce négoce et l’agriculture en général. Un marché spéculatif alimentaire était né.

Donc le fermier Giles accepte toujours de vendre sa récolte a un courtier pour disons 10 000 Livres. Mais maintenant, le contrat peut être vendu a des spéculateurs, qui traitent le contrat lui-même comme un objet de richesse potentielle, de commodité. Goldman Sachs peut l’acheter et le vendre a Deutsche Bank pour 20 000 Livres, qui va le vendre pour 30 000 Livres a Merill Lynch et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’opération n’ait quasiment plus aucun rapport avec la récolte du fermier Giles.

Si ceci parait incroyable, ça l’est. John Lancester dans son guide sur le monde de la finance « Whooops! pourquoi tout le monde possede tout le monde et personne ne peut payer » explique: « La finance, comme toutes les autres activités humaines, a changé au cours du XXeme siècle, un changement équivalent a celui qui s’est opéré dans l’art moderne, une rupture avec le sens commun, un tournant vers une référentialité introspective, une abstraction et des notions qui ne peuvent plus être expliquées avec le langage commun. » La poésie a trouvé son essort avec le réalisme quand T. S. Eliot a écrit « The Wasteland » (ndt: qu’on pourrait traduire par « L’immensité désertifiée » ). La finance a trouvé son immensité désertifiée dans les années 1970, quand elle a commencé a être dominée par des instruments financiers complexes que même les gens qui les vendaient ne maîtrisaient pas vraiment.

Bon, qu’est-ce que cela a a voir avec le pain dans l’assiette d’Abiba ? Avant la dérégulation, les prix alimentaires étaient fixés par les forces de l’offre et de la demande pour la nourriture elle-même. Ceci était déjà suffisamment imparfait car il y avait déjà un milliard d’humain mal nourris voire mourant de famine. Apres la dérégulation, cela ne fut plus un marché alimentaire uniquement; cela devint en même temps un marché de contrats alimentaires basé sur des récoltes théoriques futures, ainsi les spéculateurs ont gonflé les prix a travers le plafond.

Voici comment cela se passa. En 2006, les spéculateurs financiers comme Goldman Sachs se retirèrent du marché immobilier américain qui s’effondrait. Ils estimèrent que les prix alimentaires resteraient stables ou augmenteraient tandis que le reste de l’économie plongerait, ainsi ils bougèrent leurs capitaux dans ce marché. Soudainement, les investisseurs mondiaux apeurés se ruèrent sur le même marché.

Ainsi, alors que l’offre et la demande alimentaire restaient quasiment inchangées, la demande pour le marché dérivatif alimentaire elle augmenta, ce qui veut dire qu’une flambée des prix s’ensuivit et la famine commença. La bulle ne creva qu’en Mars 2008 quand la situation fut si mauvaise aux Etats-Unis que les spéculateurs ont dû procéder a des coupes drastiques dans leurs dépenses pour couvrir leurs pertes a la maison.

Quand j’ai demandé a un porte-parole de Merill Lynch de commenter sur l’accusation d’avoir provoqué une famine massive, il répondit: « Heu! Je n’étais pas au courant… » Plus tard, il m’envoya un courriel pour me dire: « Je me refuse a tout commentaire. » Deutsche Bank a aussi refusé de commenter. Goldman Sachs furent plus détaillés disant qu’ils avaient vendu leur index au début 2007 en référant a de « sérieuses analyses » qui ont conclues que les index des fonds investis n’ont pas causé de bulle sur les prix des commodités futures, offrant comme preuve un commentaire analyse de l’OCDE.

Comment savons nous que cela est faux ? Comme l’a signifié le professeur Ghosh, quelques récoltes vitales ne sont pas échangées sur les marchés futurs, celles-ci incluent le millet, la cassave et la pomme de terre. Leur prix augmente un peu durant cette période, mais seulement d’une infinitésimale fraction de celui qui serait livré a la spéculation. Son étude démontre que la spéculation était la cause principale de l’augmentation des prix.

Donc cela revient a ceci. Les spéculateurs financiers les plus riches du monde ont créé un casino ou les jetons étaient les estomacs de centaines de millions d’innocents. Ils ont parié sur l’augmentation de la famine et ont gagné. Leur moment d’ « Immensité Désertifiée » s’est transformé en un véritable cauchemar. Qu’est-ce que cela nous enseigne sur notre système politico-économique qui peut infliger tant de mal de maniere si détachée ?

Si cela n’est pas de nouveau régulé, ce n’est qu’une question de temps pour que cela ne se reproduise de nouveau. Combien de gens mourront la prochaine fois ? Le retour a une réglementation pré-1990 sur les commodités alimentaires est très lente, trop lente. Aux Etats-Unis, la chambre a passé quelques réglementations, mais beaucoup ont peur que le Sénat, noyé dans les donations des spéculateurs, ne dilue ces réformes jusqu’à les éviscérer. L’Union Européenne est même pire, alors qu’au Royaume Uni ou l’essentiel de ce marché se passe, les groupes réformateurs sont très inquiets que David Cameron et son gouvernement bloquent les projets de réformes complètement pour faire plaisir a ses amis de la City de Londres.

Seule une force peut stopper de nouveau une autre bulle spéculative de famine. Les gens honnêtes des pays développés se doivent de crier plus fort que les lobbyists de Goldman Sachs. Le Mouvement pour le Développement du Monde déclenche une semaine de pression cet été alors que des décisions critiques seront prises: text WDM a 82055 pour voir ce que vous pouvez y faire.

La dernière fois que j’ai parlé a Abiba elle m’a dit: « Nous ne pouvons pas recommencer ce cauchemar, s’il vous plait, veillez a ce qu’ils ne nous fassent plus jamais, jamais cela. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.