Les mensonges d’hier sont les mensonges d’aujourd’hui

Les mensonges d’hier sont les mensonges d’aujourd’hui

par John Pilger

Pour l’anniversaire du lâcher de la bombe atomique sur Hiroshima le 6 Août 1945, John Pilger décrit la progression des mensonges des poussières de cette citée atomisée, aux guerres d’aujourd’hui ainsi que des menaces d’attaque sur l’Iran.

(traduit de l’anglais par Résistance 71)

Url de l’article original:
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=20532
Quand j’ai visité pour la première fois Hiroshima en 1967, l’ombre sur l’escalier était toujours la. C’était presque l’impression parfaite d’un être humain au repos: jambes écartées, dos courbé, une main sur le côté alors quelle attendait que la banque ouvre. A huit heures et quart du matin en ce 6 Août 1945, elle et sa silhouette furent brûlées dans le granite. Je fus fasciné par cette silhouette pendant plus d’une heure, puis je descendis vers la rivière pour rencontrer un homme appellé Yukio dont la poitrine était toujours marquée par les formes de la chemise qu’il portait lorsque la bombe atomique fut larguée.

Lui et sa famille vivaient toujours dans une baraque érigée dans la poussière de ce désert atomique. Il décrivit un flash énorme sur la ville, « une lumiere bleutée, un peu comme un gros arc électrique », apres quoi un vent souffla comme une tornade et une pluie noire tomba. « Je fus projeté au sol et je remarquais que seules les queues de mes fleurs demeuraient. Tout était tranquille et calme, et quand je me fus relevé, je vis des gens nus, qui ne disaient rien. Certains n’avaient plus de peau ou plus de cheveux. J’étais certain que j’étais mort. » Neuf and plus tard, que je retournais pour le revoir, j’appris qu’il était mort de leucémie.

Dans l’apres immédiat de la bombe, les autorités d’occupation banirent toute mention d’empoisonnement par radiations et insisterent de dire que les gens n’avaient été tués que par l’explosion de la bombe. C’était le premier gros mensonge. « Aucune radioactivité dans les ruines d’Hiroshima » titrait le New York Times, un classique de désinformation et d’abdication journalistique, que le reporter australien Wilfred Burchett corrigea  avec son scoop du siecle. « J’écris ceci comme une mise en garde au monde », écrivit Burchett dans le Daily Express, apres avoir atteint Hiroshima a l’issue d’un voyage périlleux, le premier correspondant qui osa. Il décrivit les hôpitaux remplis de gens qui n’avaient aucune blessure visible mais qui mourraient de ce qui était appellé la « peste atomique ». Pour avoir exposé cette verité, son accréditation de journaliste lui fut retirée, il fut mis au pilori de la profession, traîné dans la boue et ostracisé.

Les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki étaient des actes criminels a une échelle épique. C’était un assassinat de masse prémédité qui marqua l’avènement d’une arme intrinsèquement criminelle. Pour cette raison, ses apologistes ont cherché refuge dans la mythologie de la « bonne guerre » ultime, la « juste guerre éthique » comme l’appela Richard Drayton, ce qui permit a l’occident non seulement d’expier son passé sanglant impérialiste, mais aussi de promouvoir 60 ans de guerres prédatrices, toujours a l’ombre de la bombe.

Le mensonge le plus endurant est celui qui affirme que la bombe atomique fût lâchée a la fin de la guerre du Pacifique pour sauver des vies. « Même sans les attaques atomiques », conclua le bureau d’étude stratégique de bombardement américain en 1946, « la suprématie aérienne au dessus du Japon aurait exercée suffisamment de pression pour amener une rédition sans conditions et empêcher une invasion du Japon. Basée sur une étude approfondie de tous les éléments factuels, et supportée par les témoignages des leaders survivants japonais, il est de l’avis de ce bureau que le Japon se serait rendu même si les bombes n’avaient pas été lâchées, même si la Russie n’était pas entrée en guerre et même si aucune invasion n’avait été envisagée. »

Les archives nationales a Washington contiennent des documents du gouvernement américain montrant les ouvertures offertes par le Japon pour la paix des 1943. Aucune de ces ouvertures ne fût suivie. Un câble envoyé le 5 Mai 1945 par l’ambassadeur allemand a Tokyo et intercepté par les américains balaie tout doute sur le fait que les Japonais étaient désespérés de rétablir la paix, incluant « la capitulation, même si les termes étaient très durs. » Au lieu de cela, le secrétaire d’Etat a la guerre américain, Henry Stimson, dit au président Truman qu’il avait « peur » que l’US Air Force bombarde si durement que la « nouvelle arme » ne pourrait peut-être pas « montrer sa force ». Il admit plus tard, « qu’aucun effort ne fut fait, et aucun sérieusement considéré, d’obtenir la capitulation du Japon juste pour ne pas a avoir a utiliser la bombe ». Ses collègues du département des affaires étrangères étaient excités a l’idée de « tancer les russes avec la bombe prête a être dégainée. » Le général Leslie Groves, directeur du programme Manahattan (« Manahattan Project) qui fabriqua la bombe testifia: « Il n’y eut jamais d’illusions de ma part que la Russie était notre ennemi et le projet fut construit et développé sur cette base. » Le jour apres qu’Hiroshima fut rayée de la carte, le président Truman manifesta sa satisfaction pour « l’énorme succès de l’expérience ».

Depuis 1945, les Etats-Unis ont été sur le point d’utiliser l’arme atomique au moins trois fois. En menant leur « guerre contre le terrorisme » fabriquée, les gouvernements actuels de Washington et de Londres ont declaré qu’ils étaient prêts a perpétrer des frappes nucléaires pré-emptives contre des nations non nucléarisées. Avec chaque avancée vers le minuit de l’armageddon nucléaire, les mensonges exprimés pour le justifier s’amplifient de maniere éhontée. L’Iran est la « menace » actuelle. Mais l’Iran n’a aucune arme nucléaire et la désinformation stipulant qu’elle planifie un arsenal nucléaire provient en grande partie d’un groupe d’opposition iranien discrédité et financé par la CIA, le MEK; de la même façon que les mensonges concernant l’arsenal d’armes de destruction massive de Saddam Hussein provenaient du Congres National Irakien en exil, créé et géré par Washington.

Le rôle de la presse occidentale a ériger cet homme de paille est critique. Que le bureau d’estimation du renseignement militaire américain dise « avec la plus haute confiance » que l’Iran a abandonné son programme nucléaire militaire en 2003 n’a aucune espèce d’importance. Que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n’ait jamais menacé de « rayer Israel de la carte » n’a aucun intérêt. Mais tel étant le mantra des médias présenté comme fait, que dans son discours récent et obséquieux devant le parlement israélien, Gordon Brown y fit allusion en menaçant l’Iran une fois de plus.

Cette progression dans le mensonge nous a amené a une des plus dangereuses crises nucléaires depuis 1945, parce que la véritable menace demeure presque immentionable dans l’establishment occidental et donc dans ses médias. Il n’y a qu’une seule puissance nucléaire larvée au Moyen-Orient et c’est Israel. L’héroique Mordechai Vanunu essaya de prévenir le monde en 1986 quand il sortit du pays les preuves qu’Israel était en train de construire quelques 200 têtes nucléaires en défiance des résolutions de l’ONU; Israel est aujourd’hui très remontée pour attaquer l’Iran, de peur qu’une nouvelle administration américaine puisse, juste puisse, conduire de véritables négotiations avec une nation que la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont démonisé depuis qu’ils ont supplanté la démocratie iranienne en 1953.

Dans le New York Times du 18 Juillet, l’historien israélien Benny Morris, auparavant considéré comme un libéral modéré, et maintenant consultant pour l’establishment politique et militaire de son pays, menaça « de rendre l’Iran comme un terrain vague nucléaire ». Ceci serait qualifié d’assassinat de masse. Ironie du sort dans la bouche d’un juif.

La question demeure: allons-nous rester comme de simples badauds, et clamer, comme le firent tant de bons Allemands que « nous ne savions pas »? Allons nous nous cacher plus avant derrière ce que Richard Falk a appellé « une morale a sens unique, un écran moral et légal avec de positives images des valeurs occidentales et l’innocence dépeinte comme étant menacée, validant de la sorte une campagne de violence sans limites » ? Attraper les criminels de guerre est de nouveau a la mode. Radovan Karadzic est sur le banc des accusés, mais pas Sharon, Olmert, Bush et Blair. Pourquoi pas ? La mémoire d’Hiroshima demande des réponses.

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