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Obsolescence du système économique: L’illusion fait-elle toujours illusion ?…

Posté dans actualité, altermondialisme, économie, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique avec des tags , , , , , , , , , , , , , le mai 22, 2013 par Résistance 71

Un MEDEF sur la banquise

 

Georges Stanechy

 

21 Mai 2013

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/un-medef-sur-la-banquise…-2

 

« Aujourd’hui, au sommet de leur achèvement, le capitalisme et le libéralisme engendrent les inégalités, la violence, la pauvreté, l’aliénation des travailleurs et la destruction d’un monde viable pour les générations futures ; bref, l’exact opposé du progrès humain. »

Jacques Généreux (1)

 

Contes, légendes, et croyances…

Quoi de plus rafraichissant, apaisant, en ces temps de crises aux multiples facettes ! Face à l’inéluctable, croire au merveilleux. Se nichant souvent dans des endroits inattendus.

Un des plus distrayants, actuellement, pétille à grosses bulles dans l’élection du président du MEDEF. L’effervescent syndicat des “grands patrons”.

En fait, dans la désignation du porte-parole officiel du grand patronat.

Car, détenant tous les médias de l’audiovisuel et de la presse, la bonne parole de cette caste de grands prêtres est entretenue en permanence. Au point d’être devenue la Bible, le Coran, ou les Mantras, de nos politiciens de tous bords.

Oui, nous sommes bien face à la nouvelle religion formatant nos sociétés, en France et ailleurs.

Partout où s’impose la croyance au “Dieu Marché”…

Qui, de sa main invisible, magnanime, agit en “Grand Régulateur” de nos collectivités. Répartissant, dans la neutralité de sa justice, ses récompenses pour les bons, les méritants, les ineffables entreprenants ou entrepreneurs, ce qui revient au même.

Et, inévitablement, ses sanctions pour les moins méritants, inaptes à comprendre l’impérieuse nécessité pour tous de se plier à la loi des plus forts et des plus intelligents. De se comporter en dignes serviteurs zélés à l’égard des détenteurs du “génie d’entreprendre”.

En commençant par se serrer la ceinture sur commande, et vider quotidiennement ses poches (le denier du nouveau culte se dénommant TVA) au seul profit de ce vorace clergé escorté de ses bedeaux. Sans oublier, autres bénéficiaires obligés, leurs ascendants, collatéraux et descendants.

Ma fibre républicaine et laïque s’étonne toutefois du profond silence, intergalactique par sa subite dimension en expansion permanente, des énergiques défenseurs de la “laïcité républicaine”…

La République, m’a-t-on ânonné depuis le biberon, accueille avec bienveillance toutes les croyances et légendes, mais s’insurge implacablement, rigoureusement, dès lors qu’une tentative d’imposer un credo, quel qu’il soit, à l’ensemble des citoyens pointe le nez. Pire, prétendant l’imposer par des lois.

Mais, où sont-ils ces chevaliers courageux défenseurs de “la laïcité”, inquisiteurs implacables de la pureté républicaine ?… Si agités et vibrionnant d’habitude, bondissants d’un média à l’autre, dès qu’il y a un voile ou un foulard en vue.

Soudainement, muets comme des fers à repasser.

Certains assurent qu’ils seraient “vendus”. Ce sont des médisants. Moi, je ne le crois pas. Je les imagine, au contraire, plongés en méditation transcendantale pour préparer une riposte à cette mainmise sur nos institutions, à ce pillage de notre collectivité. A ce despotisme spoliateur.

C’est vrai, à entendre les prêches de cette caste d’êtres exceptionnels, la planète, depuis des millénaires, leur doit ses progrès. Exigeant des privilèges leur revenant, en conséquence, de droit.

Ces grands patrons, en fait “grands actionnaires”, devrait-on dire, qu’imposent-ils à la collectivité qu’ils régentent ?…

Des dogmes.

L’avantage, le confort, de cette religion, je le reconnais, c’est le simplisme de sa métaphysique :

« Tout pour Moi – Rien pour les Autres ».

Pas d’impôt, évidemment, comme toutes les castes d’élus de droit divin l’ont exigé dans l’Histoire de l’Humanité. Ou si peu, qu’il en devient symbolique.

Productivité” oblige, affirment-ils !… Pas d’impôts ! Pas de “charges” !

Oui !… “Améliorer la Compétitivité” passe par le licenciement et la fermeture d’usines dans nos pays, pour employer de la main-d’œuvre de contrées lointaines dans conditions d’exploitation et d’esclavage innommables. Le Bengladesh, en ce mois de mai, vient de nous le rappeler : une “usine” de confection de 9 étages, sous-traitante des grandes marques internationales s’est écroulée, tuant plus de 1.155 personnes

Par de multiples privilèges fiscaux, sur leurs revenus, sur la transmission de leurs patrimoines, sur leurs châteaux (souvent entretenus aux frais de l’Etat en tant que “patrimoine historique”), tableaux ou œuvres d’art, et autre “signes extérieurs”, discrets ou pas, de richesse. Surtout, ne jamais toucher aux revenus de la spéculation.

Encore moins, aux paradis fiscaux (Ciel ! Mon Yacht et ma Caisse Noire “logés” aux Bahamas !…)! Comment ne pas les comprendre ?… Eux, envoyés directement du Paradis sur Terre, pour apprendre le bonheur à leurs ouailles, trop stupides pour ne pas bêler de reconnaissance du matin au soir.

Ah !… L’ingratitude…

Ne jamais remettre en cause les oligopoles qu’ils ont édifiés, en complicité avec les politiciens dont ils assurent la carrière : une poignée de clans se répartissant un marché national (grande distribution, marchands de canons, télécoms, audiovisuels, banques, assurances, distributeurs d’électricité, d’eau, et autres services publics…).

La “libre concurrence” ne s’appliquant qu’aux artisans, commerçants, ou petites entreprises. Jamais à Eux, “Les Elus” !

Maintenir la vieille et inusable recette du “génie d’entreprendre” : « Privatiser les profits – Etatiser les pertes ».

Récemment la France, suivant en cela les autres oligarchies adoratrices du “Dieu Marché”, aux caisses prétendues vides, s’est illustrée dans une magnifique démonstration de son obéissance à la théologie imposée. Déversant 500 milliards d’euros pour renflouer des banques en faillite après avoir joué à l’économie-casino.

Refuser “l’intervention de l’Etat”, mais l’obliger à lui accorder aides et subventions permanentes. Comme financer la recherche et le développement, par des fonds gratuits, déguisés en « crédits d’impôts », ou l’apport scientifique non rémunéré, mais fondamental, des universités…

Nous sommes nombreux, néanmoins, à nous demander depuis longtemps ce que ce “génie d’entreprendre” serait en mesure d’accomplir s’il vivait seul, sur la banquise… (2)

Il réclamerait, immanquablement, à la collectivité des ingénieurs, cadres, techniciens et ouvriers qualifiés, pour mettre en œuvre son “idée géniale”, son “dynamisme entrepreneurial”, de la conception au processus d’élaboration, sinon…

Il réclamerait, fatalement, le support de l’épargne de la collectivité, publique et privé pour financer la réalisation de sa “géniale idée “…

Il réclamerait, assurément, à la collectivité des locaux, des infrastructures, pour acheminer son matériel, de production, de fabrication, de stockage, d’expédition et de transport. Jusqu’à des terrains viabilisés, tels ces terres agricoles transformées en zones industrielles et commerciales, sur les fonds publics, et cédées à deux sous pour arrondir les patrimoines immobiliers.

Il réclamerait, certainement, à la collectivité, un “bassin de consommateurs” sur son territoire ou ailleurs, pour acheter, vendre, louer, etc. Sans clients, surtout captifs sous forme de services publics privatisés, le génie s’essoufflerait vite …

Finalement sur la banquise… Sans la collectivité, sans un Etat, que vaut le “génie d’entreprendre” ?…

Et, si ce n’était que de l’esbroufe imposée par une secte spécialisée dans l’arnaque à la crédulité ?…

Crédulité dans des dogmes, maintenue par lavage, ou lavement forcé, de cerveau.

.

(1) Jacques Généreux, L’Autre Société – A la recherche du progrès humain, tome 2, Seuil, collection Essais, 2009, p. 390.

(2) Cf. Jacques Généreux, Op. Cit., P. 342.

 

Politique française: Mise au point sur la supercherie de la "gauche" et de la "gauche de la gauche"…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , le mai 17, 2013 par Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système !…

– Résistance 71 –

 

Le parti du peuple en marche

Le Monde Libertaire

 

16 Mai 2013

 

Url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/france/16421-le-parti-du-peuple-en-marche

 

Périodiquement, la gauche française recherche un nouveau leader plus ou moins charismatique pour faire la nique au PS. Mélenchon s’y colle, populisme en avant.

Voici plusieurs mois déjà que le Front de gauche (FdG), emmené par le tribun Jean-Luc Mélenchon, occupe une partie du devant de la scène politique. La manifestation parisienne du 5 mai a été l’occasion d’une nouvelle démonstration. Revenons sur cette force que l’on dit montante.

Nous savons que, périodiquement, la gauche française recherche un nouveau leader plus ou moins charismatique pour faire la nique au PS. Tour à tour, Arlette Laguiller de LO puis Olivier Besancenot du NPA furent ces nouveaux visages médiatiques ; plus ou moins soumis à un ordre électoral et communicationnel, ils incarnaient – pour un temps – l’espoir d’un vent de révolution. C’est pourtant des rangs du PS que vient le nouveau leader d’un électorat en mal de perspectives politiques. La première réussite de J.-L. Mélenchon fut d’agréger diverses organisations au sein d’un front de gauche, dont le PCF. Ce front de gauche, très inspiré par des expériences similaires en Europe (Syriza en Grèce, Die Linke en Allemagne), réunit des associations politiques et organisations parfois sur le déclin, des réseaux et des groupements nés de récentes scissions, en mal d’ancrage et de moyens. Aujourd’hui, certains de ces partenaires s’efforcent même de manœuvrer pour desserrer l’étau constitué par le PCF et le Parti de gauche et tenter d’exister dans cette cohabitation.

Des mots, des idées

Sur le plan politique, le FdG s’inspire beaucoup des mouvements sociaux mondiaux ; dernier exemple en date, vouloir calquer les modèles de mobilisations espagnoles des « marées » pour la France. Évidemment, les charismatiques Evo Morales et Chavez sont des figures de proue de cette rénovation d’une certaine gauche française. S’adressant aux déclassés, à partir d’une inspiration qui fait appel à Robespierre, Jaurès ou Guevara, c’est l’image du travailleur qui est surtout convoquée pour galvaniser les nostalgiques d’une gauche puissante. Dans les meetings, les chants entonnés, de La Marseillaise à L’Internationale, balaient un spectre qui invoque l’esprit de la patrie républicaine en danger ou celui de 1917. Les références à la « nation », à Marianne, à « la France belle et rebelle », à la « patrie républicaine », à l’exemplarité universelle de ce mouvement qui se met en marche… mêlent ainsi des valeurs et des conceptions qui peuvent toucher largement un électorat nostalgique d’une France jacobine des droits de l’homme, des mythes d’un peuple émancipateur, et qui rêve encore au plein emploi.

On ne peut pas nier que contester la prédominance du FN sur son propre terrain est ambitieux, mais on se demande où veut en venir Mélenchon quand il explique qu’il faut défendre les travailleurs menacés comme s’ils étaient les membres d’une même famille, lorsqu’il réaffirme toujours et encore qu’avec lui c’est le « peuple » qui est en marche, et qu’il prend pour cible les Chinois et autres Qataris, ces investisseurs qui achètent le patrimoine français. Ce tribun affirmait récemment que l’usage des mots choisis pour ses déclarations étaient très réfléchis avec son équipe de campagne. Dont acte.

Il n’y a aucune mauvaise foi à écrire ici que si le FdG rejette des institutions européennes et les fonctionnements de la Ve République, il assume déjà le fait d’avoir des députés et sénateurs à Paris comme à Strasbourg. Par rapport au Parti socialiste, la manœuvre étant de rééquilibrer le rapport de force, le secrétaire du FdG, François Delapierre, n’écarte pas de participer à un gouvernement avec des socialistes (entendu sur France Info le 6 mai). Quant aux incantatoires appels à « l’insurrection citoyenne », que penser de la déclaration de Mélenchon sur France Inter le 6 mai : « Je suis un démocrate, je crois aux élections, je crois à l’articulation entre mouvement social et mouvement électoral, tous les gens normaux sont comme ça. » Une insurrection qui finirait donc dans les urnes ?

Cette conception toute partidaire de la contestation sociale qui doit trouver son débouché dans les urnes n’est pas bien originale ; elle est surtout un bel accroc à la notion d’indépendance des mouvements sociaux, chère aux libertaires, entre autres. La vision de banderoles de syndicats (CGT) lors de la manifestation du 5 mai est une belle démonstration d’une conception décalée de l’indépendance syndicale. Toute l’Europe des nouvelles contestations sociales réfléchit au dépassement du capitalisme et de la dépendance au vieux système des partis, mais le FdG, lui, cherche à canaliser électoralement les colères légitimes de ceux qui souffrent du capitalisme.

Une stratégie en trompe-l’œil

Dès lors, la journée du 5 mai s’est inscrite tout naturellement dans la stratégie de conquête d’un pouvoir confisqué depuis des décennies par le PS. Celui-ci avait mis au ban des pestiférés le Parti communiste d’alors, en lui volant électoralement les millions de sympathisants qui votaient pour ses candidats. Mélenchon essaye donc de faire retrouver le lustre d’antan d’une organisation dans laquelle les marxistes-léninistes sont toujours influents. Et qui ne voient pas d’un bon œil le second rôle que veut faire jouer au PCF le leader du Parti de gauche (PG). Mais les différentes étapes imposées par le PG vont dans leur sens. En effet, les prolongements proposés du 18 mai avec la Marche des femmes contre l’austérité et le week-end de manifestations régionales des 1er et 2 juin sont de la même veine : occuper la rue, sur des revendications économiques, pour permettre aux colères de s’exprimer dans un cadre prédéfini. N’oublions pas que, l’année prochaine, il y aura les élections municipales et les élections européennes. Dès lors, la revendication par le FdG d’une VIe République va paraître bien futile au regard des futures élections qui vont déterminer les rapports de force à l’intérieur de la gauche. Le PS ne s’y trompe pas. La situation économique ne joue pas en sa faveur et ses secrétaires fédéraux sont déjà dans une minimisation des résultats à venir.

La VIe République en question

Mais revenons à cette VIe République qui serait celle qui redonnerait « le pouvoir au peuple ». La date du 5 mai n’a pas été prise au hasard. Elle correspond historiquement à l’ouverture des États généraux de 1789, qui furent les deniers de l’Ancien Régime et préfigurent la Révolution française quelques mois plus tard, puisque, face à la grogne de la bourgeoisie, une Assemblée constituante va être mise en place et va se substituer à la monarchie.

La Constituante permet à une société de définir les différents organes politiques, judiciaires… Durant l’élection présidentielle, le Front de gauche appelait déjà, s’il venait au pouvoir, à changer la Constitution de 1958. Les arguments tenus par les responsables du FdG sur la nécessaire évolution de cette Constitution, du fait des changements notoires à la fois dans nos vies quotidiennes, dans l‘évolution des mœurs, du changement des catégories socioprofessionnelles, paraissent

recevables au regard de l’accroissement démographique en cinquante ans. Mais peut-on croire réellement qu’en changeant les règles du jeu démocratique de l’État, on changera le fait que certains sont attirés par le pouvoir ? Et qu’est-ce qui, réellement, va changer dans les modes de décision ?

N’oublions pas que l’État met tout en place pour préserver sa reproduction. Le déterminisme social fait que les classes dirigeantes sont pour la plupart issues d’écoles d’élites. Rares sont ceux qui ont bénéficié d’une ascension sociale et ont été acceptés comme tels par leurs pairs. Dès lors, en quoi une VIe République serait-elle plus avenante pour les libertaires ? Certaines propositions sont alléchantes : le référendum révocatoire par exemple, qui semble être proche de ce que nous appelons la révocabilité des élus. Mais le continuum est là. À aucun moment, le capitalisme n’est remis en cause. Seul, le monde de la finance est montré du doigt !

Or l’affaire Cahuzac a permis de montrer cette connivence entre les oligarchies économiques et politiques. Celles qui se gavent grâce aux intérêts de la dette de l’État, et par là même dictent leurs conditions économiques et sociales à toute la société française et européenne. Pourtant, cette notion de République, les anarchistes peuvent la faire leur. La res publica, la chose publique, nous l’avons toujours mise en avant dans nos expériences autogestionnaires.

Ce que nous ne pouvons prendre à notre compte, c’est l’État, car c’est lui qui crée cette oligarchie. Qui nous dit que ceux qui veulent la disparition de l’ancienne ne vont pas en créer une nouvelle ? Cette élite partidaire que l’on retrouve au sein du Parti de gauche, du Front de gauche, semble être dans cette logique.

Ce n’est pas d’un ravalement de façade dont nous avons besoin, c’est d’une véritable démocratie directe dans les entreprises et les quartiers, au niveau local, puis régional et national. Mais il nous appartient de la construire dans les faits.

 

Daniel, groupe Gard-Vaucluse

Jérôme, liaison Villeurbanne

Résistance politique: La convergence d’intérêt unit l’oligarchie et la fait agir… Pourquoi pas nous ?

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , le avril 16, 2013 par Résistance 71

Notre intérêt commun dans la société va à l’opposé de celui des oligarques, ceci n’est pas nouveau, encore faut-il vraiment bien le comprendre. Il faut cesser de jouer le jeu truqué depuis le départ et dont les oligarques changent les règles au fur et à mesure que le "jeu" se déroule. Pourquoi le "Monopoly" est-il le jeu de société le plus vendu au monde ? Les grands monopolistes ont une convergence d’intérêt et focalisent leur lutte contre nous les peuples. Il est grand temps que nous fassions enfin de même.

Les oligarques dépendent de nous plus que nous ne dépendons d’eux ! Il suffit de dire non et c’est en notre pouvoir. Pour pouvoir le faire, il faut S’UNIR et faire converger les luttes, c’est la seule façon viable. Bien sûr le jeu de l’oligarchie est de nous maintenir divisés, elle y parvient bien jusqu’ici. Quand assez est-il assez ?

– Résistance 71 –

 

 

Qu’est-ce que la convergence des luttes ?

 

Alternative Libertaire

 

6 Avril 2013

 

url de l’article:

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5252

 

La convergence des luttes est une stratégie centrale lorsqu’on combat le capitalisme. Lorsque des salarié-e-s, des chômeurs et chômeuses, des habitantes et habitants d’un quartier, des étudiants et étudiantes, des élèves de lycée, etc. sont en lutte dans un secteur d’activité, ces mobilisations sont souvent déconnectées les unes des autres. Pourtant, il est clair qu’elles combattent des attaques similaires et cohérentes entre elles. Et qu’en s’unissant, elles seront plus fortes. Faire converger les luttes, c’est donc faire émerger les liens qui existent entre elles, pour non seulement riposter aux attaques immédiates que chacun subit en fonction de sa situation, mais aussi construire un rapport de forces collectif contre le capitalisme. En s’organisant ensemble, celles et ceux qui luttent peuvent prendre conscience des logiques communes, patronales, étatiques, qui sous-tendent ce qu’ils combattent.

La stratégie de la convergence des luttes s’oppose au corporatisme, qui vise à défendre ses propres intérêts comme s’ils n’avaient aucun rapport avec ceux des autres exploité-e-s. Mais elle se distingue aussi d’une simple démarche de soutien, quand une poignée de militants et militantes vont prêter main forte à une grève, une occupation ou une action. En effet, la convergence des luttes consiste à construire des luttes fortes dans chaque secteur, qui se renforcent les unes les autres en participant à des actions communes, en s’organisant dans des assemblées générales interprofessionnelles par exemple.

La convergence des luttes réside dans cette dialectique, entre l’approfondissement d’un mouvement dans son lieu de travail ou d’études, dans son quartier… et le travail d’articulation avec les autres luttes. Sans cela, elle en reste au niveau du témoignage de solidarité – premier pas nécessaire mais non suffisant. Mais l’objectif est de construire des mobilisations larges pour apporter un renfort substantiel à celles et ceux avec lesquel-le-s on converge. Ce n’est pas quelque chose d’évident, et il ne suffit pas de décréter la nécessaire convergence des luttes pour qu’elle se produise. Chaque groupe social a ses habitudes de lutte, ses préoccupations particulières, ses revendications sectorielles, et la domination que nous subissons toutes et tous se nourrit de ces divisions. C’est pourquoi la convergence des luttes suppose un patient travail commun de discussion, d’élaboration des actions, de détermination de nos intérêts communs. C’est une condition nécessaire à un véritable bouleversement de la société, car c’est quand la lutte se propage à différents secteurs, et que des mobilisations ancrées dans des réalités diverses se coordonnent, que gouvernements et capitalistes tremblent.

Résistance politique: Assez de mascarade et pour une véritable indignation !

Posté dans actualité, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , le avril 14, 2013 par Résistance 71

“Le mouvement ouvrier révolutionnaire, entre les deux guerres, fut anéanti par l’action conjuguée de la bureaucratie stalinienne et du totalitarisme fasciste, qui avait emprunté sa forme d’organisation au parti totalitaire expérimenté en Russie. La fascisme a été une défense extrémiste de l’économie bourgeoise menacée de la crise et la subversion prolétarienne, l’état de siège dans la société capitaliste, par lequel cette société se sauve et se donne une première rationalisation d’urgence en faisant massivement intervenir l’État dans sa gestion…. Le fascisme est l’archaïsme techniquement équippé.”

“Jamais il n’a été permis de mentir au citoyen/spectateur avec une si parfaite absence de conséquence. Le spectateur est seulement censé ignorer tout, ne mériter rien.”

~ Guy Debord ~

 

Indigne, vraiment ?

 

Régis Dufour

 

Le Monde Libertaire

 

11 Avril 2013

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/france/16350-indigne-vraiment

 

 

Mais de quoi essaie-t-on de nous convaincre ? Indigne, vraiment ? Ce qui me paraît symptomatique à la révélation de chaque scandale politique c’est le moutonnement, c’est la propagation d’une indignation qui n’en finit plus de s’indigner, qui oublie et regrette l’exercice précédent, qui installe peu à peu des formes de radicalisations identitaires qui sont des formes de critiques parcellaires qui fascisent la société au lieu de la porter au révolutionnaire.

Ce qui est symptomatique ce sont ces cris d’indignations stériles qui se succèdent, d’année en année, d’exercice en exercice, sans qu’aucune des questions qui méritent d’être posées n’émerge ni forcément dans les médias (et pour cause !), ni sur les réseaux sociaux.

Ça se contente de dire « Sarkozy pas gentil ! » puis « Hollande pas gentil ! » et s’installe durablement une fascisation progressive de la société dont le FN est seulement la partie immergée.

Par quel levier le scandale Cahuzac a-t-il été révélé ? Qui tire véritablement les ficelles ? En quoi la révélation d’un seul scandale cache-t-elle la corruption de l’ensemble, et quand je dis l’ensemble il n’est pas question d’impliquer seulement le personnel politique. En quoi l’illusion de la fantomatique liberté d’expression (notamment de la presse) est-elle maintenue ? Pourquoi entend-on induire en vous l’idée de l’illégitimité de l’actuel président (ou du précédent ?) sans pour autant que vous ayez la possibilité de tirer, d’exercice en exercice, les conséquences insurrectionnelles qui s’imposent ? Debord appelait ce genre de scandales un « leurre ».

L’organisation bureaucratique du monde implique dans la chaîne de la corruption un personnel considérablement plus important qu’une figure politique. « Tout le monde » en croque plus ou moins. Mais ce qui gagne du terrain, véritablement, c’est la contre-révolution au détriment de la révolution. C’est l’image progressive d’une société gagnée par la fièvre de l’argent, par l’égoïsme, par la rivalité, par le mensonge, par l’indifférence, par des vérités inessentielles, par le minimalisme critique, par l’ignorance, par la haine, par la parole bravache et maligne, c’est cette image qui prévaut et dans le regard que chacun porte sur chacun, c’est encore cela qui triomphe et ce qui s’accroît, par cette fascisation sans cesse accrue, c’est la guerre de tous contre tous, sur fond de criminalité et de rapines galopantes qui renforcent l’autre pendant de la fascisation progressive de la société, la perte progressive du sentiment de liberté par le système de surveillance.

Ils ne vous laissent que cela, et vous préparent des lendemains qui ne chanteront certainement pas. Debord disait : « Le destin du spectacle n’est certainement pas de finir en despotisme éclairé. »

 

Crise économique: manipulations du terrorisme économique d’état pour assoir plus avant le néolibéralisme fasciste et asservir les peuples…

Posté dans actualité, altermondialisme, économie, crise mondiale, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , le avril 6, 2013 par Résistance 71

Enfin une bouffée d’air pur. L’auteur de cet article a compris et sous-entend que la crise économique et financière actuelle est pilotée par les banquiers et les cartels industriels pour siphonner la richesse du bas vers le sommet de la pyramide. Ceci, comme nous l’avons dit ici sans relâche, n’est qu’une opération de torpillage des économies afin de réduire les peuples à l’état de zombies prêts à accepter les mesures toutes prêtes de "sortie de crise", non sans une bonne guerre au préalable en acceptant les diktats de la gouvernance mondiale et d’un état mondial fasciste supra-national géré par les cartels banquier et industriels, c’est à dire en accord avec la définition même du fascisme selon Mussolini: la fusion de l’état et de l’industrie sous la domination des cartels industriels et banquiers: la corporatocratie.

Solution ? Dire non en masse ! Reprendre le pouvoir, le diluer dans les peuples où il est particulièrement soluble, partout, et bâtir dans le même temps le contre-pouvoir autogestionnaire dans une société égalitaire, non-autoritaire, non-pyramidale et émancipée, Ceci représente le futur, futur dans lequel l’humanité sera enfin arrivée à maturité et cessera les enfantillages criminels dont l’étape étatique actuelle n’est que symptomatique de notre immaturité politique et sociale. Immaturité encouragée et entretenue par la caste des privilégiés qui fait perdurer le statu quo oligarchique mortifère à son seul profit.

Il est grand temps d’en sortir. Ya Basta !

– Résistance 71 –

 

Privatiser l’Europe

 

Monde Libertaire

 

4  Avril 2013

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/anticapitalisme/16324-privatiser-leurope

 

On oblige les États à brader le patrimoine des habitants du pays, et les actionnaires des grandes firmes raflent ce patrimoine à moitié prix.

L’Union européenne connaît actuellement la plus grande crise économique depuis sa fondation il y a vingt ans. La croissance économique s’effondre : l’économie de la zone euro s’est contractée de 0,6 % au quatrième trimestre 2012 et cette baisse va continuer. La crise de l’euro a été faussement attribuée aux dépenses publiques, et la mise en œuvre de réductions de dépenses et l’accroissement des emprunts ont entraîné une augmentation des dettes nationales et la montée du chômage. Les dettes publiques des pays en crise ont grimpé de façon prévisible : les taux les plus élevés de la dette par rapport au PIB pour le troisième trimestre de 2012 ont été enregistrés en Grèce (153 %), en Italie (127 %), au Portugal (120 %) et en Irlande (117 %).

Les États membres de l’Europe ont réagi en mettant en place des programmes d’austérité sévères, procédant à des coupes drastiques dans les services publics et dans la protection sociale. Ces mesures sont à l’image des politiques d’ajustement structurel si controversées qui ont été imposées aux pays en développement au cours des années 1980 et 1990, politiques qui ont discrédité le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Les résultats des mesures mises en place en Europe, comme celles qui ont précédemment été imposées aux pays du « Sud », ont sanctionné durement les plus pauvres, alors que les Européens les plus riches – y compris l’élite bancaire qui a provoqué la crise financière – sont sortis indemnes ou même plus riches qu’avant. Au-delà des effets immoraux et désastreux des coupes inutiles, on constate que la Commission européenne et la Banque centrale (soutenues par le FMI) tentent systématiquement d’accroître la déréglementation de l’économie européenne et de privatiser les biens publics.

Enraciner le mal

L’ironie de l’histoire, c’est que la crise économique, que beaucoup ont désignée comme la « mort du néolibéralisme », a plutôt été utilisée pour enraciner le néolibéralisme. Cela a été particulièrement évident dans les pays en crise de l’Union européenne comme la Grèce et le Portugal, mais c’est vrai de tous les pays de l’UE.

On assiste en ce moment, à travers toute l’Europe, à une véritable liquidation des services publics et du patrimoine commun. Cette liquidation, accompagnée de mesures de dérégulation et d’austérité, est un désastre pour la population.

Ceux qui ont gagné, ce sont les grandes sociétés privées qui se sont approprié à bas prix le patrimoine qui appartenait à tous ; ceux qui ont gagné, ce sont les banques impliquées dans des prêts hasardeux et qui ont été renflouées par l’argent des citoyens… afin de pouvoir continuer à s’approprier le bien commun.

La crise de l’euro a ses racines dans la doctrine économique dite néolibérale, doctrine économique qui a été mise en œuvre et planifiée au cours des trois dernières décennies. Cette doctrine peut se résumer de deux manières : 1. C’est la reprise en main totale de l’économique et de la politique mondiales par les actionnaires des grandes sociétés, qui exigent un taux de rendement invraisemblable à deux chiffres. 2. C’est la tendance à considérer que tout ce qui existe sur la planète doit pouvoir être acheté.

Le néolibéralisme favorise la domination des grandes firmes sur la société à travers la privatisation du secteur public et la déréglementation des marchés financiers. En règle générale, il considère que les droits des travailleurs, les impôts, la protection de l’environnement et la protection sociale sont des obstacles qui interfèrent avec la réalisation de profits à court terme. Les pires chocs économiques provoqués par les forces déréglementées du marché avaient jusqu’alors lieu dans le Sud. Cette situation a changé en 2007-2008 lorsque la crise bancaire américaine a éclaté et s’est ensuite propagée à l’Europe, précipitant la crise de l’euro.

Des « crises » et des banques

La crise financière précédente qui a affecté les États-Unis fut la Grande Dépression, après quoi la loi Glass-Steagall fut adoptée en 1933 pour réglementer les banques et contrôler les capitaux. Cette loi plafonnait le taux de rémunération des dépôts bancaires à terme.

Au cours de l’ère Reagan, toutefois, les marchés financiers furent déréglementés et on assista à une augmentation du nombre de crises graves partout dans le monde. Les États-Unis ont ignoré toutes ces mises en garde et, sous la présidence de Clinton, la loi Glass-Steagall fut abrogée en 1999. Le système financier américain a connu une croissance rapide grâce aux acquisitions de masse et à la fusion des activités de banque de détail et d’investissement.

Les banques sont devenues « trop grandes pour faire faillite », selon la formule consacrée, ce qui leur permit d’effectuer des transactions à haut risque et d’emprunter des montants énormes de capitaux, tout en sachant que le contribuable serait là pour les renflouer si leurs activités provoquaient des turbulences financières. Des produits dérivés de plus en plus complexes et risqués ont été fournis aux citoyens sous la forme de prêts, qui ont connu une flambée des taux d’intérêt. La contagion s’est répandue presque immédiatement des États-Unis vers l’Europe, où les flux de capitaux et les secteurs financiers sont étroitement interconnectés.

Les pertes furent, comme prévu, socialisées et répercutées sur les contribuables, tandis que les banques ont été renflouées. Les niveaux d’endettement en Europe étaient faibles avant que la crise bancaire éclate et, même aujourd’hui, ils restent plus faibles qu’aux États-Unis en pourcentage du PIB.

Les pays périphériques de la zone euro ont perdu leur compétitivité tandis que la crise les frappait, et les emprunts qu’ils ont contractés en conséquence auprès de banques des pays clés ont conduit à un important endettement. Entre octobre 2008 et octobre 2011, la Commission européenne a approuvé 4 500 milliards d’euros de mesures d’aides d’État aux institutions financières, accablant les contribuables par la détérioration des finances publiques.

En Grande-Bretagne, le gouvernement a donné à ses banques 123,9 milliards de livres sous la forme de prêts ou d’achats d’actions en 2010-2011. Le coût total du plan de sauvetage des banques irlandaises a pour l’instant été de plus de 70 milliards d’euros.

Austérité ou réglementation bancaire

La déréglementation a provoqué la crise de l’euro et on pourrait s’attendre, par conséquent, que l’intervention de l’État et la réglementation soient mises en œuvre pour résoudre la crise. Pourtant, malgré les coûts écrasants des plans de sauvetage, aucune réforme bancaire significative n’a été mise sur pied. Certes, quelques mesures mineures ont été mises en place, visant à réduire les pratiques bancaires les plus risquées sur les marchés financiers, mais elles ne sont pas suffisantes pour prévenir une répétition de la crise. Et, au-delà du monde de la banque, il n’y a même pas eu une tentative de faire reculer la déréglementation. En fait, c’est le contraire qui s’est produit.

En juillet 2012, un rapport du FMI met en garde contre les mesures d’austérité qui pourraient être prises au cours d’une récession. Comme le déclarait à la BBC l’une de ses rédactrices, Nicoletta Batini : « Si vous suivez un régime quand vous êtes malade, il est fort probable que vous serez encore plus malade, alors ce n’est pas une bonne idée 1. »

En réalité, devant le micro de la BBC, Nicoletta Batini a quelque peu atténué sa véritable opinion parce que l’article qu’elle écrivit dans une publication du FMI développait en fait l’idée que des mesures d’austérité graduelles devaient être préférées à des mesures brutales 2.

Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz a décrit les plans d’austérité actuels comme un piège qui place les pays dans un « cercle vicieux de réduction des dépenses et d’effondrement de la croissance ».

Le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies confirma, déclarant qu’« il y a un accord général dans le monde entier sur le fait que l’austérité budgétaire menée par de nombreux gouvernements a été la principale cause de la récession économique prolongée ».

Cinq pays sont apparus comme l’épicentre de la crise de l’euro : l’Irlande, l’Italie, la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Ces pays en crise ont été tenus de signer des accords avec la Commission européenne. Cependant, tous les États européens membres de l’Union ont été touchés par les mesures d’austérité. Même les gouvernements en dehors de la zone euro, comme la Grande-Bretagne, ont profité de la crise pour plaider en faveur de mesures similaires de compression et de déréglementation.

Pourquoi ce choix de l’UE ?

Dire que c’est « le néolibéralisme » qui est la cause de la « crise » est faux, et s’interroger sur les raisons pour lesquelles les décideurs ne prennent pas de mesures pour la résorber est très naïf. Paul Krugman, un autre lauréat du prix Nobel d’économie, écrivit dans le New York Times « qu’il n’a jamais été question de rétablir l’économie. La pression en faveur de l’austérité, c’était pour utiliser la crise. Pas la surmonter ». Il écrit encore dans le même article : « La pression en faveur de l’austérité en Grande-Bretagne n’est pas une question de dette et de déficits du tout ; il s’agit d’utiliser la panique à propos de l’austérité comme excuse pour démanteler les programmes sociaux. Et, naturellement, c’est exactement la même chose qui est arrivée aux États-Unis » (Paul Krugman, « The Austerity Agenda », The New York Times, 31 mai 2012).

Les élites des grandes firmes et de la politique, plutôt que de tirer les enseignements de la crise, l’utilisent comme prétexte pour renforcer les mesures néolibérales et éliminer tout ce qui fait obstacle à leur domination, à commencer par les droits des travailleurs et les acquis sociaux.

Lors de la rencontre des États européens du 14 au 14 mars 2013 à Bruxelles, Corporate Europe Observatory 3 a dévoilé la manière avec laquelle BusinessEurope, l’un des lobbies d’affaires les plus puissants en Europe, travaille la main dans la main avec la Commission européenne pour imposer des réformes néolibérales. Les lobbies patronaux ont des exigences en particulier concernant la « flexibilité de l’emploi », de manière à garder les coûts du travail le plus bas possible afin d’accroître les profits 4.

La Commission européenne donne la priorité à des politiques qui profitent surtout aux sociétés transnationales au lieu de soutenir les petites entreprises, les droits des travailleurs et le maintien de services publics essentiels.

La gouvernance économique néolibérale a déjà été inscrite dans le traité de Lisbonne, présenté pour ratification en 2005, et la crise de l’euro a été utilisée comme un prétexte pour introduire de nouveaux éléments dans la législation, comme le prétendu « Six-pack » 5, le semestre européen et le « Fiscal Compact » ou contrat fiscal 6.

Prêts en échange de privatisations

La « troïka », composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international (FMI), a accordé des prêts pour sauver les économies de certains pays. Toutefois, ces prêts sont le prétexte pour dicter quelles politiques économiques ces pays en crise doivent adopter : la Commission européenne a dicté des mesures d’austérité aux pays en crise en échange de prêts par l’intermédiaire d’accords qui exigent des réformes structurelles incluant des coupes dans les services sociaux et une amélioration de la « compétitivité », des baisses de salaires et la remise en cause des droits des travailleurs. Ainsi, le commissaire européen José Manuel Barroso a été très explicite sur le fait que les décisions prises à Bruxelles par des bureaucrates non élus prennent le pas sur la souveraineté nationale.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a demandé aux pays de la zone euro d’abandonner à Bruxelles leur souveraineté nationale concernant certaines politiques économiques et budgétaires, y compris sur le marché du travail et la politique fiscale.

L’une des choses essentielles que la « troïka » exige des pays en crise est la privatisation des services publics comme garantie pour les prêts accordés. Ces garanties que les États doivent fournir sous forme de privatisations concernent la distribution de l’eau, les bâtiments publics, les banques nationales, l’énergie, l’infrastructure des transports, les services de santé, les services postaux. On peut toujours se dire que la légalité même de ces privatisations forcées est contestable : l’article 345 des traités de l’Union européenne requiert que la Commission soit neutre sur la question de la propriété privée ou publique des sociétés : « Les traités ne remettront en aucun cas en cause les règles des États membres concernant le système de propriété. »

La vente des biens publics est un leurre

On justifie les privatisations, en tant qu’éléments des programmes d’austérité, par l’affirmation qu’elles vont créer des revenus pour rembourser la dette. En Grèce, l’État le plus endetté de l’Europe des 27, les revenus issus des privatisations ont été plus bas que prévu : la Commission s’attend à ne recevoir que 25,6 milliards d’euros en recettes cumulées de la privatisation jusqu’en 2020 au lieu des 50 milliards prévus d’ici à 2015. En somme, on oblige les États à brader le patrimoine des habitants du pays, et les actionnaires des grandes firmes raflent ce patrimoine à moitié prix. C’est vraiment à se demander si cette « crise » n’est pas précisément organisée dans ce but.

Cependant, l’environnement politique instable, les résultats économiques décevants et l’opposition du public et des syndicats ont conduit dans certains cas à la non-application de ventes de biens publics. Ce fut le cas de la ligne aérienne portugaise TAP, du système de distribution d’eau Canal de Isabel II à Madrid. Même si cette dernière vente a été poursuivie, le bilan de la privatisation de l’eau montre que cette politique ne conduit pas aux économies de coûts auxquelles on s’attendait…

La vente de biens publics est un leurre. Il faut non pas les « renationaliser » mais se les réapproprier en les socialisant. Les actionnaires et les dirigeants des grandes firmes transnationales doivent rendre ce qu’ils nous ont volé. Les responsables politiques qui se sont faits les complices de ces vols, qui les ont même encouragés, doivent rendre des comptes devant la justice.

Jérôme Bedeau

1. BBC Radio 4, Today, Interview with Nicoletta Batini on the main findings of the paper, 24 August 2012, cité par Joseph Zacune, « Using the Crisis to entrench Neoliberalism ».

2. Nicoletta Batini, Giovanni Callegari and Giovanni Melina, « Successful Austerity in the United States, Europe and Japan », IMF Working Paper, July 2012 www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2012/wp12190.pdf

3. Corporate Europe Observatory est un groupe de travail et d’action qui travaille à exposer et à contester l’accès privilégié et l’influence dont bénéficient les grandes firmes et leurs lobbies dans les décisions concernant la politique européenne.

4. Voir « Corporate Europe Observatory, BusinessEurope and the European Commission : in league against labor rights ? », 11 March 2013

5. Il s’agit de cinq régulations et d’une directive entrées en vigueur le 13 décembre 2011 et chargées de la surveillance fiscale et macroéconomique.

6. Le « Fiscal Compact », ou « contrat fiscal », est la partie fiscale du Traité de stabilité, de coordination et de gouvernance. C’est un accord intergouvernemental, pas une loi européenne, signé par 25 membres de l’UE (pas la Grande-Bretagne, ni la République tchèque).

Contre-pouvoir politique et autogestion: L’appel des peuples pour la chute du système…

Posté dans actualité, politique et social, N.O.M, économie, militantisme alternatif, crise mondiale, guerres imperialistes, altermondialisme, démocratie participative, autogestion, société libertaire, résistance politique, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, France et colonialisme, neoliberalisme et fascisme avec des tags , , , , , , , , , , , , , le mars 17, 2013 par Résistance 71

Archives Résistance 71 sur l’autogestion

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L’appel social mondial le peuple veut la chute du système

Fédération Anarchiste

 

Le 14 Mars 2013

 

url de l’article original:

http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1136

Libres et libertaires du monde,

Durant le mois de mars 2013 se tiendra en Tunisie le Forum Social Mondial. Nous considérons que l’approche réformiste et libérale de la bureaucratie organisatrice du Forum n’aboutira nullement à l’élaboration d’un projet révolutionnaire pour les peuples du monde. Bien que cet événement se présente comme l’occasion d’une rencontre entre des révolutionnaires venus de différents coins du monde, l’objectif ultime, la destruction du système capitaliste, ne sera pas à l’ordre du jour.

Ce forum va se dérouler dans une période où le monde est traversé par une vague de soulèvements et de mouvements sociaux. Grèves, sit-in, occupations et émeutes s’enchaînent et s’alternent. La colère transgresse les frontières de l’orient et de l’occident. Les États dits « « démocratiques » sont mis en cause autant que les pires des dictatures. De l’Espagne à l’Égypte et de la Grèce à la Tunisie, quel est donc le moteur de cet élan révolutionnaire dont la puissance menace les Etats du capitalisme ?

La crise économique n’étant plus le domaine des « experts » et autres analystes professionnels ; les politiciens en place, tout comme leurs opposants, avouent leur impuissance à mettre fin à l’intensification du chômage, de la précarité, de la sous-nutrition, des maladies, de la pollution…

Les discours médiatiques répétitifs ne sont qu’une multiplication d’appels à « prendre son mal en patience » pour attendre des solutions qui ne viendront pas. La même réalité perdure, les grandes crises du capitalisme perturbent ses mécanismes de propagation et d’envahissement du monde en ne laissant sur son passage que d’avantage de précarité et de ravages.

Les gouvernements changent, les élections se succèdent, l’accès au pouvoir se partage entre « gauche » et « droite », entre libéraux et « intégristes. Malgré l’importance des budgets dépensés, l’immensité des campagnes médiatiques faisant louanges des illusions de la « transition démocratique », des « libertés politiques » ou de « la liberté d’expression »… la désillusion s’installe.

Le Forum Social Mondial, soutenu et financé par les capitalistes et leurs appareils, n’est qu’une tentative de convaincre les victimes du système capitaliste que la raison foncière de la crise économique réside dans ce qu’ils appellent « le néo-libéralisme », « la mondialisation sauvage », « les spéculations financières » et l’aggravation de la dette, ne proposant comme unique alternative à l’exploitation et la précarité que la réforme d’un système qui est à la source de tous les maux.

Libertaires des peuples du monde,

Les damnés de la terre outrepassent le désastre de leur quotidien en se soulevant, en se révoltant et en s’insurgeant. Ils savent aujourd’hui que, dans leur union et leur détermination, ils libèrent leur existence, ainsi que celle des générations futures, de l’emprise du capitalisme.

Nous, damnés et révolutionnaires de cette terre, devons continuer l’insurrection pour la libération de nos existences de l’emprise du capitalisme meurtrier. Il n’y a pas de plus grande puissance que celle de notre union et de notre détermination à étouffer, jusqu’à la dernière étreinte, ce système qui nous a tant réprimé.

Nous boycottons ce Forum et nous nous y opposons non pas uniquement parce que nous n’avons rien à faire avec la bureaucratie associative et syndicale qui l’organise, y participe seule, tend à installer la collaboration colonialiste et la soumission sociale chère à la bourgeoisie, ses médias, sa médiocrité politicienne. Non, nous boycottons en priorité tout mouvement de réforme, qu’il se place à gauche ou à droite.

Nous sommes les alliés de la révolution sociale.

La crise s’accentuant et se faisant de plus en plus sentir, nous voyons naître aujourd’hui des mouvements de désobéissance généralisés, des soulèvements qui ne cessent de se propager. Ces différentes crises ont alimenté un mouvement révolutionnaire dans plusieurs pays, la Tunisie, l’Égypte, le Yémen, El Bahreïn… Et des mouvements sociaux aux formes inédites qui ont touché la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Islande et même le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Libertaires des peuples du monde,

Cet appel est le nôtre. Il est celui des aliénés, chômeurs diplômés et sans diplômes, agriculteurs sans terres, des femmes sans-voix, des ouvriers exploités au fond de la mine polluante, tout ceux que prétendent représenter les bureaucrates du FSM après les avoir écartés de l’organisation des débats. Notre appel est celui des désobéissants et des révolutionnaires, celui d’autres mouvements sociaux s’opposant au système capitaliste et à l’autoritarisme des États.

Politiciens, médias et idéologies …

Les marchands d’illusions et de peurs couverts de leurs tenues réformistes comme s’opposant au capitalisme ne sont que partie prenante de ce même système établi. Il suffit de voir les composantes de ce Forum ainsi que ses directions bureaucratiques et ses communiqués pour se rendre compte que jamais le fond, l’essence du système capitaliste n’est attaquée et que ce Forum n’est qu’une énième tentative réformiste dont l’ultime objectif est de canaliser la colère des milliards d’individus s’étant insurgés contre la faim, la pauvreté et la précarité en ne criant qu’un slogan unique :

“Le peuple veut la chute du système”

Tel est le cri résonnant dont l’écho s’est fait entendre de la Place Tahrir à Wall Street, d’Athènes à Tunis et de Barcelone au Bahreïn et pour qu’il ne demeure pas qu’un simple slogan creux dont se parent les forces les plus rétrogrades, il nous faudrait désormais désigner les choses par leurs noms propres :

“Le peuple veut la chute du capitalisme”

Le capitalisme étant le système, tel ou tel autre président, tel ou tel autre parti politique, tel ou tel autre roi ne sont que des pions temporaires, les dociles exécutants de ses mécanismes, peu importe les formes de gouvernement qu’il adopte.

Libertaires des peuples du monde,

Les forces médiatiques du capitalisme mondial dépensent des milliards à véhiculer l’idée illusoire des transitions démocratiques. Elles s’interposent ainsi à toute expérience et toute tentative autogestionnaire des travailleurs dans la gestion de leurs ressources, ces derniers se présentant comme la plus grande menace pour leurs intérêts.

Aujourd’hui, notre émancipation peut se réaliser dans la constitution de fronts révolutionnaires, dans la coordination de nos forces d’actions, dans notre combat effectif contre le système capitaliste mondial. Nous voulons que s’opère une transformation réelle dans nos sociétés, et qu’elle soit basée sur l’autogestion des ressources.

Nous appelons toutes les forces révolutionnaires, les mouvements et les organisations de lutte contre le capitalisme, à travailler à l’union internationale contre les États pseudo démocratiques ou dictatoriaux, que leur loi soit civile ou religieuse, que leurs partis au pouvoir soit conservateurs ou libéraux.

La crise, c’est le capitalisme. Abolir le système, c’est abolir le capitalisme.

Instances d’action revolutionnaire / Mouvement Désobéissance

Mail : contact.appelSM@gmail.com

Résistance et lutte sociale: Pourquoi il n’y a pas de solution dans le système et la voie autogestionnaire..

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le mars 3, 2013 par Résistance 71

Nous ne sommes pas les seuls à le dire, bien au contraire. Le temps viendra où la voie autogestionnaire sera acceptée comme une évidence. Jusque là, il faut changer les attitudes autant que la pensée…

– Résistance 71 –

 

Pourquoi l’anarchosyndicalisme ?

 

Groupement d’Action et de réflexion Anarchosyndicaliste

GARAS

 

url de l’article original:

http://garas.over-blog.org/article-16275311.html

 

Pourquoi remettre le système capitaliste en cause ? Pourquoi s’engager politiquement, et de quelle manière ? Ce texte a pour but d’aider à comprendre un peu mieux notre pensée et nos actions.

Parmi la population, il y a une proportion assez large qui admet l’existence d’un ensemble d’injustices et de problèmes graves, aussi bien dans notre société qu’à travers le monde entier. Beaucoup sont prêts à trouver anormal que l’on jette de la nourriture, alors que des personnes mendient pour manger; à déplorer la montée du chômage; à reconnaître et à critiquer la différence de développement entre le nord et le sud; à se rendre compte que l’on ne juge pas les délits de la même manière selon la place que l’accusé occupe dans la société; etc… Pourtant, ces même personnes ne veulent pas supprimer le système responsable de ces injustices, afin d’essayer une alternative. Pourquoi ?

Un ensemble de raisons permet de l’expliquer, mais il en est une, qui fait que même des gens actifs ne s’engageront pas dans une perspective révolutionnaire. Cette raison est la croyance en la possibilité de modifier le système de l’intérieur, de l’améliorer sans le changer radicalement, de le réformer. Certains pensent qu’il y a une marge de manœuvre suffisante au sein du capitalisme pour améliorer la condition humaine. Cette marge de manœuvre existe, mais il faut s’interroger sur ses limites.

Réformer ce système ?

La limite fondamentale du système capitaliste est la notion de rentabilité, qui conditionne chacun de ses actes.

L’Etat lui-même est soumis à cet impératif, puisqu’il n’est que l’outil au service du patronat pour lui permettre d’accumuler de l’argent. Il dispose de nombreux moyens pour y arriver : la matraque, les lois, les aides sociales pour qu’on ne la ramène pas trop, les aides aux entreprises pour aider les intérêts privés au détriment de la collectivité, l’école pour nous préparer à la soumission et à la logique d’entreprise…

Pourtant on nous a ressassé de beaux et longs discours sur son rôle de service public, au niveau des entreprises qu’il contrôle, et sur sa fonction sociale, grâce aux aides qu’il accorde. Mais ces aspects n’ont toujours été que partiellement vrais, celui-ci se contentant de donner le minimum, en fonction de ses intérêts et de la pression qu’on exerçait sur lui.

Pendant la période de la guerre froide, il fallait éviter qu’une contestation trop forte ne se manifeste dans les pays occidentaux, dans le contexte de lutte larvée entre les deux blocs. Pour cela, on redistribuait une petite part de la richesse produite et accordait certains droits. Ces mesures furent possibles grâce à la croissance, favorisée par les USA (Plan Marshall, coopération économique…), et par le contexte de l’après guerre (reconstructions génératrices de marchés, essors technologiques…). Or, avec l’affaiblissement, puis la chute du bloc communiste, et l’arrivé de la crise économique, les motivations ne sont plus suffisantes pour continuer cette politique. De plus, la crise est un instrument de pression utilisé pour faire accepter les réformes libérales par la population, ainsi que des conditions de travail ressemblant à un diktat patronal pur et simple (heures sup. non payées, rareté des embauches définitives, réservoir de main d’œuvre important qui permet de licencier les plus récalcitrants).

La marge de manœuvre sociale dont nous disposons est étroitement liée au pouvoir politique, lui-même sous l’influence du pouvoir économique, et du contexte international. La maîtrise de nos conditions de vie nous échappe totalement.

Un exemple de cette soumission à l’économie, aussi paradoxal que cela puisse paraître, est l’œuvre du front populaire, car peu de gens nous expliquent l’après 36 en France. Si cette année représente une étape dans l’acquisition de nos droits (suite à plusieurs luttes, et pas seulement grâce à l’arrivée du front populaire au pouvoir), une des conséquences des augmentations de salaire, des congés payés, de la réduction du temps de travail, fut l’augmentation des coûts de production pour les entreprises. Pour produire la même quantité, il fallut embaucher des employés supplémentaires pour compenser les heures accordées aux travailleurs; ou produire moins.

Dans un contexte économique plus favorable, ces mesures auraient peut-être été acceptées par les patrons et les financiers; mais là, ceux-ci se sont empressés de placer leurs capitaux à l’étranger, laissant la situation empirer. De surcroît, ils ont augmenté les prix de leurs produits “afin de compenser le manque à gagner”. Chaque entreprise en fournissant une autre, l’augmentation des prix se répercute en cascade jusqu’au consommateur. Ainsi non seulement la situation économique a continué à se dégrader, ce qui très rapidement a supprimé des emplois, mais en plus le pouvoir d’achat des travailleurs diminua au point d’annuler les effets bénéfiques des mesures de 36. Cela s’explique par l’inflation généralisée dont nous parlions précédemment.

Si l’on prend un exemple plus récent, lorsqu’en 81 la coalition de gauche arrive au pouvoir, et qu’elle indexe les salaires sur les prix, cette mesure alimente l’inflation pour le même type de raisons. Résultat, le gouvernement fait très vite machine arrière. On constate que des mesures visant à assurer un niveau de vie correct à l’ensemble de la population sont difficiles, voire impossibles à appliquer dans notre beau système (et que l’on ne nous fasse pas croire que les socialistes et les communistes, avec la formation économique poussée que certains ont, ne le savent pas).

Pour l’écologie, les limites sont de même nature. Si l’on se permet quelques mesures, auxquelles on trouve une utilité économique, comme le recyclage, ou l’épuration de l’eau effectuée au frais des usagers, dans la plupart des cas, des obstacles empêchent les améliorations les plus urgentes. Produire propre c’est produire cher. Et produire cher, c’est être moins compétitif, (cela se traduira par la suppression d’emplois, pour garder les mêmes bénéfices patronaux).

Voilà le type d’argument auquel on est confronté, alors que nous sommes en train de polluer notre propre planète. Mais est-ce l’intérêt d’ELF, ou d’autres grandes firmes pétrolières, de développer la recherche sur les carburants verts, les énergies non polluantes ? Quant au nucléaire, il s’agit d’une des grandes orientations du pays (merci De Gaulle entre autres). Après des milliards d’investissements, comment faire admettre qu’il faut reconvertir notre production d’électricité ?

L’argent, les coûts, les profits, toujours les mêmes barrages derrière des discours bien préparés.

La marge de manœuvre dont nous parlions existe en système capitaliste, mais elle est totalement restreinte par l’économie, et notre fonctionnement politique. Nous ne maîtrisons aucun de ces deux éléments, puisque nous déléguons tous nos pouvoirs, toutes nos responsabilités, à une élite qui dirige les entreprises et le pays.

Le fait que les moyens de productions appartiennent à une minorité, nous rendra toujours dépendants de celle-ci. Et à cause de cela nous devons admettre la destruction de notre environnement, le massacre des populations pour écouler notre armement… La liste serait longue. Alors ce ne sont pas les quelques améliorations possibles dans le cadre du système actuel qui feront disparaître les problèmes dont nous souffrons.

Que faire face à cette situation ? Attendre que les choses s’améliorent d’elles mêmes ? Compter sur les autres ?

Pour changer sa vie, il faut la prendre en main; pour la société, la démarche est identique. On ne peut rester là, à constater, sans chercher à intervenir. Ou alors nous nous condamnons à être de simples spectateurs, à subir sans jamais nous battre. S’acheter une conscience à bon marché, en soulageant le malheur de certains ne suffit pas. Les religions ont encouragé cette façon de procéder depuis des millénaires, mais elles n’ont guère participé à réduire les injustices et n’ont pas remis en question des sociétés totalement inégalitaires. Les liens entre religion et pouvoir étant nombreux, peut-être avaient-elles trop à perdre ? Pour revenir sur la question de l’engagement, il vaut mieux s’en prendre à ce qui cause les problèmes, au lieu de traiter les conséquences sans cesse.

Remettre le système en question, comment mener une telle lutte ?

Lutter dans le cadre du système actuel, c’est obtenir une amélioration ponctuelle, une concession un peu plus durable, un recul sur un projet inacceptable, mais tout cela sera remis en cause tôt ou tard. Alors que les ministres n’ont qu’à promulguer des projets de loi, en touchant un confortable salaire, il nous faut nous mobiliser en masse, au risque pour ceux qui travaillent, de perdre leur paye, voire leur emploi.

Les luttes à répétition sur un même sujet usent les gens.

En restant dans le cadre de ce système, on se condamne à perdre dans le long terme. D’où la nécessité d’un engagement révolutionnaire.

Il existe plusieurs types d’engagement révolutionnaire.

Nous, anarchosyndicalistes, pensons qu’il faut éviter de recréer des structures de pouvoir au sein d’une organisation, sous peine de devoir se battre contre ce pouvoir par la suite. Chacun peut se rendre compte des abus qu’engendre le pouvoir partout sur cette planète. Alors pourquoi croire qu’un individu, ou un groupe d’individus, serait suffisamment juste et bon pour ne pas l’utiliser à des fins personnelles ? De plus, c’est l’existence du privilège qui rend jaloux celui qui ne le possède pas, et pousse l’autre à tout faire pour le conserver (créer un appareil répressif, par exemple).

Pourquoi ne pas supprimer cette source de conflit?

L’inégalité des droits, qu’elle soit économique, ou politique, pose toujours problème. Ce n’est pas en la maintenant sous la forme d’un pouvoir donné à quelques uns, que les choses s’amélioreront pour le plus grand nombre.

L’histoire tend à conforter cette analyse, puisque les expériences révolutionnaires, lorsqu’elles ne furent pas réprimées dans le sang, se sont toujours soldées par la confiscation de la révolution au profit d’un petit groupe, avec les résultats que l’on connaît.

Les divers systèmes se réclamant du marxisme sont tous des échecs, accompagnés de répressions violentes des personnes ne rentrant pas dans le cadre établi par le nouveau pouvoir (En U.R.S.S., dès 1918, Lénine et Trotsky commencent à réprimer, voir le témoignage de Voline à ce sujet). Au Mexique le P.R.I. (Parti Révolutionnaire Institutionnel) est au pouvoir depuis plus de 65 ans, et le peuple toujours dans la misère.

Les exemples ne manquent pas.

Nous proposons, pour éviter ces dérives, des assemblées générales souveraines, qui gèrent les réalités locales, et se fédèrent pour coordonner leurs actions à d’autres échelles. Elles fonctionnent avec des mandatés, contrôlables et révocables, qui se réunissent afin de répercuter les décisions prises par la base.

On peut également imaginer des organismes issus du fédéralisme, conçus pour exécuter des décisions, pour en accomplir la partie technique, mais qui ne décident pas des grandes orientations de la société. Le fédéralisme permet donc de s’organiser sur de vastes espaces.

Ces principes autogestionnaires ont pour avantage de responsabiliser l’individu, de lui offrir la possibilité, sans l’y obliger, de maîtriser son quotidien, et donc de devenir plus mature en arrêtant de suivre sans réfléchir ce que prône l’élite. Une organisation autogérée est donc le reflet des gens qui la composent; y entrer c’est en modifier le contenu par sa simple participation.

Ce ne sont là que quelques idées générales, mais qui nous permettent déjà de nous organiser de façon cohérente.

Des écrivains ont approfondi certaines questions, mais dans un mouvement libertaire, personne n’est considéré comme ayant trouvé la solution avec un grand S. Nous refusons les écrits sacrés: pas de bible, pas de coran, pas de torah, pas de capital… Ce qui peut paraître à certains comme une faiblesse, est en fait une force. Comme ce sont les gens qui décident par et pour eux-mêmes, ils adaptent leurs propositions en fonction des réalités auxquelles ils sont confrontés à un instant donné.

Ne serait-il pas ridicule d’élaborer l’organisation d’une société libertaire dans ses moindres détails aujourd’hui alors que la révolution n’est pas pour demain ? Les circonstances auront sans doute changé d’ici là.

Mais encore faut-il confronter ses idées aux réalités, et construire une organisation qui les mette en pratique.

Nous pensons que le syndicat correspond à cet objectif. Un syndicat qui intervient sur le quartier ou l’entreprise, qui peut être rural ou urbain, intercorporatif ou de branche, ouvert sur le culturel, l’économique, le social, l’idéologique. Un lieu de vie et d’échange, pas un syndicat uniquement pour défendre des revendications corporatives, comme on le voit souvent.

Tout cela résume la démarche anarcho-syndicaliste telle que nous la concevons. Elle présente un double avantage: disposer d’un outil de lutte qui nous appartient réellement afin de déjà obtenir des améliorations de nos conditions de vie, et avoir un cheminement logique, en améliorant nos idées au fur et à mesure de notre développement, jusqu’au moment de la révolution. Ce qui devrait nous amener à réorganiser la société sans perdre de temps. Dans de telles circonstances, restructurer l’économie (production et distribution), afin que les gens puissent subvenir à leur besoins, et que la révolution dispose de moyens nécessaires à sa réalisation, est essentiel.

 

Résistance et lutte sociale… Revoir les fondamentaux pour être efficace…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , le mars 3, 2013 par Résistance 71

Ils voudraient nous briser

«Tous les journalistes sont des menteurs et des putes. Ils sont professionnellement obligés de mépriser leur travail, leurs organes, et de se mépriser eux-mêmes en permanence. »

Jean-Patrick Manchette

 

Guillaume Goutte

 

Le Monde Libertaire

 

Mars 2013

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/syndicalisme/16241-ils-voudraient-nous-briser

 

 

« Désormais, quand il y a une grève, on ne la voit pas. » Ça, c’était en juillet 2008, sous Sarkozy. Aujourd’hui, en 2013, sous François Hollande, les choses ont quelque peu changé : les grèves, on les voit bien et on les redoute tant, d’ailleurs, que le ministère de l’Intérieur en vient à demander publiquement aux services de renseignements de la police de surveiller de près les usines plongées dans des mouvements sociaux pour garder un œil sur les éléments syndicalistes radicaux. C’est que le gouvernement n’aimerait pas à nouveau se confronter à la colère et à la rage légitimes du monde du travail. Et sans doute garde-t-il en tête le souvenir de certains hauts faits du syndicalisme de lutte des classes, comme, par exemple, ces grèves de la métallurgie de 1979 où les ouvriers, équipés de barre de fer et de billes de plomb, jouaient au base-ball ou au bowling avec les CRS. Et le gouvernement a raison de craindre pour sa peau, car la radicalisation est bel et bien en marche, du moins dans certaines entreprises, comme à la fonderie DMI où les salariés ont désormais recours à la bonne vieille méthode des bouteilles de gaz pour faire pression sur la direction. Si les politicards redoutent ces pratiques d’action directe, c’est avant tout parce qu’ils les savent profondément efficaces et qu’elles traduisent l’émergence, chez les travailleurs, d’une désillusion toute légitime vis-à-vis des procédés légaux et institutionnels de résolution des conflits qui, jusqu’à maintenant, ne mènent à rien, si ce n’est à la satisfaction des principaux souhaits du patronat.

Bref, les ex-RG (Renseignements généraux), devenus DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) vont donc désormais zoner dans les alentours des usines en grève, peut-être même assister à quelques assemblées générales, prendre quelques photos, manger quelques merguez… C’est là la seule réponse de l’État socialiste aux salariés victimes de plans sociaux à répétition : derrière les engagements hypocrites promis se cultivent les mêmes logiques de répression que sous la droite. D’autant que les tentatives de neutralisation du syndicalisme revendicatif ne se limitent pas à l’envoi de James Bond ratés aux abords des piquets de grève. Vendredi 1er février, deux grévistes de PSA Aulnay étaient convoqués par le commissariat de police de Bobigny suite à des plaintes déposées par des vigiles de l’usine, l’un pour s’être fait prendre ses papiers, l’autre pour avoir été bousculé. Mercredi 6 février, dans sa lettre d’information, la CGT écrivait : « Comme les huissiers ne trouvent rien à constater, ils en sont réduits à aller porter plainte eux-mêmes… pour eux-mêmes. »

De leur côté, les grands médias se font à nouveau les porte-parole de la bourgeoisie et du gouvernement. Sur France Info, par exemple, l’idiot utile de l’État Emmanuel Cugny n’a pu s’empêcher de nous faire partager ses brillantes analyses politiques et sociales : « Quel est le rôle originel d’un syndicat si ce n’est de mobiliser, certes, mais aussi et surtout de canaliser le mécontentement, d’encadrer le mouvement et de calmer l’ardeur des plus fougueux. » Pour s’informer davantage sur le « rôle originel » du syndicat, on le renverra à ses livres d’histoire et à quelques écrits autrement plus brillants que sa prose fade et servile (au choix, parmi les grands classiques maintes fois conseillés dans ces colonnes : L’Action directe d’Émile Pouget, L’ABC syndicaliste de Georges Yvetot, Histoire des bourses du travail de Fernand Pelloutier). Quant à France Inter, on retiendra l’émission de l’infâme Pascale Clark du mercredi 6 février à 9 h 10 et notamment ses pleurnicheries sur l’absence de journaux en kiosque : « Encore une grève à Presstalis, encore un coup du Livre CGT. Bonjour tristesse. Moi je veux des mains sales, des pages qui se tournent et se froissent, je veux des mises en page. Je veux de la vie. » Encore la faute à ces salauds de grévistes, à ces voyous du syndicat du Livre et donc, bien sûr, en bon journaliste, pas un mot sur le plan de restructuration en cours à Presstalis à l’origine du mouvement social. La greluche de la gauche bourgeoise de l’Hexagone voulait ses petits journaux pour salir ses petites mains blanches et lire… « des brèves » (un article, ce serait sans doute déjà trop lui demander) ! Et peu lui importe les 1 250 suppressions d’emplois prévues par la direction. Chez les enfants, on appelle ça un caprice ; chez les adultes, le cynisme. Le samedi suivant, France Inter remettra ça avec, cette fois, Christophe Barbier, qui inondera les ondes de ses geignements néolibéraux, tout bouleversé qu’il était de cette grève qui le privait, lui le grand journaliste, de ses petits journaux sans lesquels il n’aurait probablement rien à dire. Il nous ressortira la soupe habituelle : une CGT « passéiste », « de mauvaise foi », une grève comparable à une prise d’otage, etc. Le discours du pouvoir, en somme, auquel la grande presse est depuis longtemps inféodée.

Côté syndical, les directions des centrales ne sont, pour l’heure, pas très loquaces et aucune d’entre elles n’a encore condamné la politique répressive du gouvernement à l’égard des luttes actuelles dans le monde du travail. Entre celles qui servent de béquille au gouvernement et celles – toutes ? – qui voient d’un mauvais œil tous ces syndicalistes de base épris de radicalité, gageons qu’elles resteront muettes ou qu’elles prendront la parole pour, à leur tour, stigmatiser les militants qui leur échappent. Mais, au fond, qu’importe ? Les syndicalistes ont-ils impérativement besoin du soutien affiché des directions (soutien qui est souvent synonyme de compromis et de négociations) pour organiser la résistance ? Non. Les luttes émergent des bases et doivent rester entre leurs mains, sans quoi les salariés prennent le risque de se voir confisquer leur combat par des individus aux intérêts bien différents des leurs. Que Bernard Thibault affiche sa solidarité, c’est bien, mais on s’en fout. Tout ce qui compte, c’est l’usine, le piquet de grève, les assemblées et les liens qu’on peut tisser avec d’autres luttes, d’autres boîtes, d’autres syndicats, toujours dans une démarche horizontale et unitaire, la seule réellement susceptible de servir les intérêts des travailleurs.

 

France: Un petit bilan de 7 mois de néolibéralisme de "gauche"…

Posté dans actualité, autogestion, économie, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , , le janvier 18, 2013 par Résistance 71

A ce bilan il convient maintenant d’ajouter une nouvelle guerre colonialiste: celle que la France a déclenché au Mali, en bon pays satellite de l’empire anglo-américain.

Aucune limite a la connerie humaine dit-on… Pas à celle des politiciens à la botte de l’oligarchie financière, çà c’est sûr.

– Résistance 71 –

 

Sept mois au pouvoir et on en a déjà marre…

 

Groupe Salvador-Seguí de la Fédération anarchiste

 

Le 17 Janvier 2013

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/france/16141-sept-mois-au-pouvoir-et-on-en-a-deja-marre

 

Ça y est, 2013 a pointé le bout de son nez, mais, dans les foyers, le champagne n’a pas été ouvert car, aujourd’hui comme hier, il n’y a pas grand-chose à fêter. La dernière élection présidentielle, qui mit le Parti socialiste (PS) au pouvoir, a donné à quelques-uns, trompés par le nom dudit parti, un peu d’espoir. L’espoir d’une société plus juste, plus libre, plus fraternelle. L’espoir de voir balayer en un revers de main (gauche) les années du sarkozysme et son lot de discours haineux et de pratiques ô combien antisociales. Mais les espérances d’un réel changement furent de courte durée et la désillusion s’est vite emparée de ceux qui ont à nouveau osé y croire.

Au niveau du travail, les patrons se sont vus gratifiés des milliards d’euros de cadeaux tandis que la condition des travailleurs, elle, n’a pas bougé d’un iota : le prétendu retour sur la réforme des retraites de 2010 ne concerne même pas 100 000 salariés, les chiffres du chômage ne cessent d’augmenter et les entreprises de fermer ou de supprimer des emplois (Fralib, ArcelorMittal, Technicolor, Sanofi, Air France, PSA, Virgin, etc.). On nous avait promis des sauvetages à la pelle, on se retrouve avec un poignard entre les omoplates.

On nous promettait, durant la campagne électorale, une stricte renégociation du traité budgétaire européen, mais, une fois le PS élu, ledit traité a été signé sans résistance, instaurant l’austérité comme règle d’or de la gestion.

Au niveau social, les mal-logés sont toujours aussi nombreux et, quand ils osent s’emparer de logements vacants en pleine période hivernale, on envoie les flics pour les déloger manu militari et les remettre à la rue (et, dans cette affaire, même le Parti communiste s’y met : le 19 décembre 2012, il a demandé l’expulsion de squatteurs d’un immeuble du XIVe arrondissement de Paris).

On nous avait promis la fin de la TVA sociale instaurée sous Sarkozy, mais, quelques mois à peine après l’élection de Hollande, on nous annonce une hausse de 3 % de cette taxe profondément injuste qui touche directement à la consommation des ménages, sans distinction de revenus.

Au niveau sécuritaire, on nous promettait la fin de la haine et des politiques discriminatoires, mais, à peine Hollande monté sur le trône de la république bourgeoise, le « socialiste » ministère de l’Intérieur, en la personne du roquet Manuel Valls, expulsait par dizaines les campements de Roms et poursuivait la même politique vis-à-vis des sans-papiers : rafles, arrestations, internements et reconduites à la frontière.

Au niveau écologique, l’alliance du PS avec Europe écologie-Les Verts nous promettait un avenir un peu plus sain. Mais, pour l’heure, le nouveau gouvernement s’acharne juste à réprimer avec violence les opposants au projet d’aéroport gigantesque et inutile de Notre-Dame-des-Landes, qui engloutira des quantités énormes d’argent public pour la seule satisfaction de l’ego démesuré de son instigateur, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Au niveau de la culture, on nous promettait la « sanctuarisation » (sic !) du budget qui lui est consacré, mais, aujourd’hui, on nous annonce une baisse de 4,3 % de ce dernier.

Nous pourrions continuer encore longtemps la liste des promesses non tenues, mais celles-ci suffisent largement à prouver que, une fois encore, l’alternance politique ne change rien au problème social. Ce n’est pas le Parti socialiste qui nous sauvera, ni même le Front de gauche, le Nouveau Parti anticapitaliste ou les Verts, et encore moins le Front national ou l’Union pour un mouvement populaire.

L’avenir que nous voulons, une société garantissant à tout un chacun un maximum de liberté et un accès égal à la satisfaction des besoins réels, la fin de l’exploitation des travailleurs par l’actionnariat et le patronat, toutes ces belles idées, tous ces beaux principes ne pourront devenir réalité que si nous décidons nous-mêmes, dans nos entreprises, dans nos quartiers, dans nos villes, dans nos foyers, de nous mobiliser, de nous organiser et de nous battre, sans déléguer à personne nos revendications, sans remettre dans les mains de quiconque nos espoirs, sans faire confiance aux vaines promesses hypocrites des partis politiques.

Syndicats, collectifs, organisations : les outils sont là, alors emparons-nous d’eux et construisons ensemble, dès maintenant, un mouvement social de masse qui puisse enfin mettre un terme à ce système inique.

Pas besoin, pour enclencher ce mouvement, d’appels incantatoires à la révolution généralisée : commençons d’abord par refuser l’exploitation et les humiliations quotidiennes, par rompre le silence et l’isolement, surtout sur nos lieux de travail qui sont autant de fondations du système capitaliste, principal responsable de la misère sociale et de l’oppression politique.

Pour Noël 2012: Chômage, précarité, casse sociale, pauvreté et austérité sous le sapin…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , , le décembre 25, 2012 par Résistance 71

Editorial Le Monde Libertaire no 1692 du 20 Décembre 2012

 

Qu’est-ce qu’on va trouver sous le sapin ? Des chômeurs. Plein de chômeurs. Enfoncés, les Playmobil ! L’armée des sans-emploi va les submerger inexorablement. On prévoit des records pour 2013, des centaines de milliers d’emplois en moins. 10 % ou 11 % de chômeurs dans la population active. Et tout ça avec une statistique officielle qui masque une bonne moitié des effectifs.

Conséquence : 8,6 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté en France en 2010. Les statistiques arrivent toujours très tard, et on est pris de vertige à l’idée de ce qu’il doit en être maintenant que la crise s’est approfondie. 10 millions ? Allez savoir !

Au bénéfice de la crise, dont ils sont responsables et qu’ils exagèrent à l’envi, les capitalistes restructurent à tout va. Rien qu’à PSA, Varin relance de 1 500. Et le gouvernement du redressement productif leur donne la main, roulant les travailleurs dans la farine et baissant culotte devant les barons de l’argent.

C’est l’effet Mittal : Hollande, Ayrault et le gouvernement se déballonnent devant le patronat arrogant et mondialisé de l’acier, aussitôt les maîtres de forge bien-de-chez-nous relèvent encore la tête. Les 20 milliards de cadeau faits il y peu à ces fauves n’auront été pour eux qu’une mise en bouche. Insatiables, on vous dit !

Du reste, une « bonne » nouvelle sur le front des salaires. Une catégorie, restreinte mais influente, a vu son sort s’améliorer nettement ces dernières années : celles des patrons des grandes entreprises cotées en Bourse. 2010 avait été une année faste (34 % d’augmentation en moyenne). 2011 n’a vu qu’une progression moyenne de 4 %, ce qui correspond à un bonus de 13 000 euros par mois, le total annuel dépassant les 4,2 millions d’euros. On finirait par croire que leur salaire est indexé sur le taux de chômage.

Alors, cette année, le sapin, devinez ce qu’on devrait en faire ?

 

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