Archives de pierre kropotkine anarchisme et sociobiologie

Une mise au point toujours Ô combien d’actualité sur la science…

Posté dans actualité, politique et social, économie, philosophie, écologie & climat, militantisme alternatif, science et nouvel ordre mondial, altermondialisme, résistance politique, pédagogie libération, neoliberalisme et fascisme avec des tags , , , , , , , le mai 17, 2013 par Résistance 71

La science moderne et l’anarchisme

 

Pierre Kropotkine (1903)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ Mai 2013 ~

 

Quelle est donc la position occupée par l’anarchisme dans le grand mouvement intellectuel du XIXème siècle ?

L’anarchisme est un concept mondial fondé sur l’explication mécanique de tout phénomène, embrassant la nature dans son entièreté, incluant la vie des sociétés humaines ainsi que leurs problèmes économiques, politiques et moraux. Sa méthode d’étude est la même que celles des sciences naturelles, par lesquelles toute conclusion scientifique doit être vérifiée. Son but est de construire une philosophie synthétique comprenant en une généralisation tout phénomène naturel, et donc la vie de toute société, en évitant les erreurs dans lesquelles se sont fourvoyés Auguste Comte et Herbert Spencer.

Il est ainsi naturel que pour toutes les questions de la vie moderne, l’anarchisme doive donner de nouvelles réponses et s’en tenir à une position différente de celle de la politique et dans une certaine mesure, de tous les partis socialistes, qui ne se sont pas encore libérés des fictions métaphysiques anciennes.

Bien entendu, l’élaboration d’une conception mondiale complète n’a pour ainsi dire pas commencé dans sa phase sociologique, c’est à dire dans la partie qui a à faire avec la vie et l’évolution des sociétés. Mais le peu qui a été fait, porte indubitablement la marque, même si faiblement, d’un caractère certain. Dans le domaine de la philosophie du droit, de la théorie de la moralité, de l’économie politique, de l’histoire (à la fois des nations et des institutions), l’anarchisme a déjà montré qu’il ne se satisferait pas de conclusions métaphysiques, mais recherchera, dans tous les cas, une fondation dans les sciences-naturelles. Il rejette la méthaphysique de Hegel, de Schelling et de Kant, il démonte les commentateurs de la loi romaine et canonique, ainsi que les apologistes de l’État; il ne considère pas l’économie politique métaphysique comme une science et il aspire à gagner une compréhension claire sur toute question soulevée dans ces secteurs de la connaissance. Fondant sa méthode de recherche sur les multiples exemples qui ont été révélés ces trente ou quarante dernières années dans le domaine naturaliste.

De la même manière que les conceptions métaphysiques d’un esprit universel ou de la force créative de la Nature, de l’incarnation de l’Idée, du but de la Nature, du sens de la vie, de l’Inconnu, de l’Humanité (conçue comme ayant une existence spirtituelle séparée) etc, de la même manière que tous ces concepts ont été balayé par la philosophie matérialiste d’aujourd’hui, tandis que les embryons des généralités cachés sous ces termes nébuleux sont traduits dans le langage concret des sciences naturelles, nous procédons alors à nous intéresser aux faits de la vie sociale. Nous essayons là encore d’enlever les toiles d’araignées et de voir quels embryons de généralités, s’il y en a, auraient bien pu se cacher en dessous de tous ces mots nébuleux.

__________

 Quand les métaphysiciens essaient de convaincre le naturaliste que la vie mentale et morale de l’humain se développe en accord avec de certaines “lois immanentes de l’esprit”, ce dernier hausse les épaules et continue son étude physiologique du phénomène mental et moral de la vie, avec pour but de montrer qu’elle peut être résolue par des phénomènes chimiques et physiques. Il aspire à découvrir les lois naturelles qui en sont la base. De manière similaire, lorsqu’on dit aux anarchistes, par exemple comme Hegel le disait, que chaque développement se constitue d’une thèse, d’une anti-thèse et d’une synthèse ou que “le but de la loi est l’établissement de la Justice qui représente la réalisation de l’idée la plus haute”; ou une fois de plus lorsqu’on leur demande, qu’est-ce qui constitue à leur avis le “sens de la vie” ? Ils haussent simplement les épaules et se demandent dans l’état actuel des choses de la science naturelle, comment peut-on encore trouver des gens si rétrogrades pour croire en pareils mots et s’exprimant toujours dans un langage emprunt d’un anthropomorphisme primitif (conception de la nature comme étant quelque chose de gouverné par une entité à laquelle on prête des attributs humains). La pédantrie verbale n’impressionne pas les anarchistes parce que ceux-ci savent que les mots ne font que cacher une ignorance, c’est à dire une connaissance incomplète ou pire, de vulgaires superstitions. Ils continuent ainsi leur étude des idées sociales présentes et passées et des institutions en fonction de la méthode de recherche inductive. Ce faisant, ils découvrent bien évidemment, que le développement d’une vie sociale est bien plus complexe et bien plus intéressant sur un plan pratique, qu’il ne paraîtrait d’une telle formule.

Nous en avons entendu pas mal au sujet de la “méthode dialectique”, qui fut recommandée pour formuler l’idéal socialiste. Nous ne reconnaissons pas une telle méthode, la science moderne n’a  rien à faire avec elle non plus. “La méthode dialectique” rappelle au naturaliste moderne quelque chose qui n’a plus court depuis bien longtemps, quelque chose de dépassé et maintenant joyeusement oublié par la science. Les découvertes du XIXème siècle en physique, mécanique, technologie, chimie, biologie, psychologie physique, anthropologie, psychologie des nations etc, l’ont été non pas par la méthode dialectique, mais la méthode de la science-naturelle, la méthode d’induction et de déduction. Et comme l’Homme fait partie intégrante de la Nature et comme la vie de son “esprit”, personnel et social, n’est juste qu’un phénomène naturel tout comme l’est la croissance d’une fleur ou l’évolution de la vie sociale au sein d’une fourmilière ou d’une ruche, il n’y a aucune raison pour soudainement changer notre méthode d’étude en passant de l’étude des fleurs à celle de l’Humain ou d’une colonie de castors à une ville humaine.

La méthode inductive-déductive a si bien prouvé ses mérites au XIXème siècle, qui par son application a forcé la science à avancer bien plus en cent ans que les deux mille ans qui ont précédés et lorsque cette méthode a commencé à être appliquée à la recherche sur la société humaine, jamais atteignit-on le point où il devenait nécessaire de l’abandonner et d’adopter encore la scolastique médiévale, révisée par Hegel.

De plus, lorsque les naturalistes philistins par exemple, se basant sur le “darwinisme”, commencèrent à enseigner: “Ecrasons les plus faibles que nous, c’est la loi de la nature”, il fut facile pour nous de prouver par la même méthode scientifique qu’une telle loi n’existait pas; que la vie dans le règne animal nous apprend quelque chose de totalement différent et que les conclusions tirées par les Philistins étaient complètement non-scientifiques. Ils étaient autant anti-scientifique que, par exemple, la suggestion que l’inégalité de richesse est une loi de la nature ou que le capitalisme est la meilleure organisation sociale calculée pour promouvoir le progrès. Précisément, cette méthode de la science-naturelle, appliquée aux schémas économiques, nous permet de prouver que les soi-disantes “lois” de la sociologie de la classe-moyenne, incluant aussi leur économie politique, ne sont pas du tout des lois, mais de simples suppositions, ou plutôt des assertions qui n’ont jamais été vérifiées. De plus, toute recherche ne porte ses fruits que lorsqu’elle a un but défini, lorsqu’elle est effectuée dans le but d’obtenir une réponse à une question bien définie et bien posée. Ainsi l’observateur voit le plus clairement la connexion qui existe entre le problème et son concept général de l’univers, la place qu’occupe le problème dans l’univers.

Mieux il comprend l’importance du problème dans le concept général et plus facile sera la réponse. La question donc, que l’anarchisme se pose peut-être formulée ainsi:Quelles formes de vie sociale assurent à une société donnée et au-delà à l’humanité de manière générale, la plus grande somme de bonheur et donc de vitalité ?” Quelles formes de vie sociale permettent une telle quantité de bonheur de croître et de se développer, quantitativement tout autant que qualitativement et de la sorte, devenir plus complètes et plus variées ?” (desquelles, soit dit en passant, une définition du progrès est dérivée). Le désir de promouvoir l’évolution dans cette direction détermine à la fois l’activité scientifique, sociale et artistique de l’anarchiste.

 

Source:

http://dwardmac.pitzer.edu/anarchist_archives/kropotkin/science/scienceVII.html

Résistance politique: Autogestion et créations désobéissantes…

Posté dans actualité, politique et social, économie, politique française, militantisme alternatif, crise mondiale, altermondialisme, démocratie participative, autogestion, société libertaire, résistance politique, terrorisme d'état, néo-libéralisme et paupérisation, France et colonialisme, pédagogie libération, neoliberalisme et fascisme avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , le avril 12, 2013 par Résistance 71

"Nous n’avons pas de problème avec la désobéissance civile mais avec l’obéissance…"

– Howard Zinn –

La solution pour la société existe en elle-même, elle est aussi vieille que l’humanité: solidarité, égalité, autogestion et confédération des communes libres complémentaires en dehors de toute structure institutionnelle étatique ou privée à vocation forcément autoritaire, parasitaire et oppressive. Des brouillons ont déjà été ébauchés, il suffit de reprendre là où la Commune de Paris de 1871 l’avait laissé, en améliorant bien évidemment. La nature humaine n’est pas guerrière et destructrice, elle est humanitaire et solidaire. Il suffit de dépoussiérer pour retrouver la bonne attitude et virer la fange qui pourrit la société: le capitalisme et son cerbère de toujours: l’État.

Regardons en nous-même pour y voir le reflet des luttes des peuples indigènes que nous avons colonisés depuis plus de 500 ans. Nous avons beaucoup à apprendre, car la "démondialisation" passe par la décolonisation et la décolonisation passe forcément par notre décolonisation. Nous, les peuples occidentaux, avons été colonisés par l’oligarchie en place.. Le combat anti-colonialiste des nations et peuples colonisés est le notre. Lorsque nous aurons compris cela. Le grand chambardement pourra commencer… d’abord avec un changement d’attitude des peuples occidentaux.

Pas _ pas nous y arrivons…

– Résistance 71 –

 

Résistances destructrices, créations désobéissantes

 

 

Le Monde Libertaire

 

 

11 Avril 2013

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/anticapitalisme/16347-resistances-destructrices-creations-desobeissantes

 

Qui n’a jamais brisé un ordinateur à coups de marteau, qui n’a jamais jeté des piles de journaux aux quatre vents, qui n’a jamais crevé les pneus des camionnettes transportant ces journaux lors d’une action syndicale, celui-là comprendra moins que d’autres l’action des luddites, ces briseurs des nouveaux métiers à tisser et à tricoter, « machines odieuses », voleuses de pain, qui affamèrent hommes, femmes et enfants, tous « chair à usines », au début du XIXe siècle en Angleterre.

Les luddites et le grand chambardement

La Colère de Ludd donne une excellente description de cette révolte ouvrière contemporaine de la naissance du capitalisme et de l’industrialisation de l’Angleterre. En dépit du peu d’informations directes, si ce n’est les fiches de police, les chansons ouvrières et les courriers luddites adressés aux patrons, aux magistrats et aux policiers, le mouvement luddite est assez bien cerné par l’auteur, Julius Van Daal ; en dépit également des maigres informations pour cause de l’omerta complice de la population. Bien que quelques-uns n’échappèrent pas à la corde, il faut dire en effet que peu de luddites furent dénoncés et déférés devant les tribunaux tant ils surent se protéger de la répression et des mouchards.

Comme un policier demandait à un luddite mourant des renseignements dénonçant ses compagnons, ce dernier demanda à l’inquisiteur : « Savez-vous garder un secret ? » L’inquisiteur répondit par l’affirmative. Le luddite lui dit alors : « Moi aussi. » Et il mourut.

Les luddites ne furent pas les rétrogrades destructeurs refusant le progrès technique que les vainqueurs veulent bien faire d’eux ; ils furent au contraire des précurseurs sur nombre d’idées. La conclusion de l’auteur est à cet égard d’une grande clarté.

Oui, les luddites et des poètes comme Shelley ou Byron eurent une bonne longueur d’avance sur tous ceux qui pensent prévoir l’avenir des sociétés.

Les luddites sans doute échouèrent : « Peu d’observateurs pondérés auraient parié sur le succès de l’insurrection. »

« La suite des événements, où l’État fera d’ailleurs preuve d’une grande maîtrise dans son déchaînement réactionnaire même, nous donne à penser qu’un tel succès aurait nécessité quelque péripétie prodigieuse, quelque improbable intervention de la Providence, tant le rapport de force était visiblement défavorable aux rebelles. C’est ce constat de faiblesse et d’atomisation qui les contiendra dans l’expectative ou la prudence, après qu’ils eurent fait montre de tant d’audace, et les retiendra de déferler sur le Parlement et les palais des grands… » (p. 180).

Si les luddites furent défaits, leur combat contribua à créer ce que l’on nommera plus tard la « conscience de classe » d’une classe ouvrière se formant en parallèle à la naissance du capitalisme avec la figure du prolétaire moderne solidaire de ses compagnons de lutte.

Conscience de classe et solidarité semblent de nos jours en perdition, grignotées, corrodées, rongées par l’atomisation ouvrière et l’évolution de ce capitalisme et de ce que l’on nomme la globalisation.

Les luddites furent ces saboteurs magnifiques qui frappèrent au cœur la pratique capitaliste et qui seront, par la suite, imités de par le monde.

Les luddites furent vaincus, entre autres raisons parce qu’un fossé se creusa entre eux et le camp réformateur et démocratique qui réprouvait le bris des machines et les diverses violences qui accompagnaient les actions. Également, et surtout, parce que les forces répressives furent plus que démesurées ; donnée importante sur laquelle il faudrait quand même s’attarder longuement. Ajoutons, pour finir, que la donne sociale se modifia avec la chute de Napoléon et la fin des guerres extérieures.

Ainsi, les luddites anticipèrent, en acte, le projet ouvrier de grève générale et d’expropriation, autrement dit le grand chambardement.

De tous les grands chambardements sociaux de l’Histoire, aucun ne perdura, vaincu par la répression, détourné de l’authenticité de ses débuts ou corrompus par le goût immodéré du pouvoir des uns et par la perversion d’un capitalisme aux multiples visages qui a maintenant mondialisé sa domination et qui se décline en de multiples catastrophes comme la perte de la souveraineté alimentaire et la famine, la destruction des écosystèmes, la dilapidation de la biodiversité, etc.

Pratiques de démondialisation

Et, pour la première fois dans notre histoire − s’il respecte la directive européenne de 1994 −, le paysan ne peut plus replanter le grain qu’il a récolté. Directive ignoble, non suivie par une association comme Kokopelli et par quelques autres qui ont pris le contre-pied de cette illégitime loi en y désobéissant.

Aussi, une « démondialisation » − qui se répandrait silencieusement − s’est mise en branle avec la résistance des exploités et des dominés ; une « démondialisation » qui ouvre des « brèches », comme l’écrit John Holloway dans son Crack capitalism.

C’est du moins la thèse que développe Bénédicte Manier dans Un million de révolutions tranquilles.

Révolutions ? Peut-être pas au sens habituel, mais actions radicales car elles partent de la base, se passent de l’État et du secteur privé capitaliste. Il s’agit dès lors d’inventer rapidement des solutions pour répondre à la demande populaire et à ses difficultés.

Ainsi, l’auteur nous cite ces paysans indiens, sur des terres asséchées, qui retrouvent des techniques anciennes d’irrigation et de distribution de l’eau − savoirs détruits par le colonialisme et méprisés par le pouvoir actuel qui les harcèlent ; paysans qui ont réussi à faire reverdir leur contrée.

Ainsi l’organisation de femmes pauvres, en Inde toujours, qui se lancent sans argent ou presque dans la fabrication de galettes de lentilles et qui réussissent leur autonomie financière.

Ainsi ces autres femmes, souvent analphabètes, venues de plusieurs pays pour un stage dans le collège aux pieds nus de Tilonia, en Inde encore, et qui repartent avec un statut d’ingénieures capables alors de promouvoir l’énergie solaire dans leur propre village.

Ainsi ces multiples coopératives, de toutes sortes et en tous lieux, créées à partir d’entreprises jugées non rentables mais qui restent viables quand elles sont gérées « en sortant d’une logique du profit à court terme ». Il s’agit alors de répartir la richesse autrement et de construire une économie tournée vers les besoins de la population (nous savons, bien sûr, que les coopératives ne datent pas d’aujourd’hui et que certaines ont eu le temps de s’écarter des principes fondateurs).

Ainsi, en nombre infini, seraient les activités de culture maraîchère et de jardinage, la plupart du temps autogérées par des femmes ; femmes détentrices traditionnellement des savoirs agricoles, mais écartées de la propriété légales de ces terres.

Ainsi les circuits courts, présents dans nos propres villages français, initiés par les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (amap).

Ainsi les nouveaux jardiniers urbains, comme à Detroit aux États-Unis, ville en grande partie abandonnée par l’industrie automobile, où ont été aménagés friches, terrasses, toits et plates-bandes, pour la culture des légumes jusqu’à l’autosuffisance.

Ainsi ces citoyens qui se réapproprient le droit de battre monnaie.

Ainsi ces autres qui, pour habiter ensemble, autoconstruisent des écovillages ou, par exemple dans le département de l’Isère, l’écohameau de La Chabeaudière, où vivent d’ailleurs certains de nos amis.

Ainsi les cliniques gratuites nord-américaines, les maisons médicales autogérées de Belgique et les médecins aux « pieds nus » ailleurs.

 

Un mouvement qui se défie des décideurs

Bénédicte Manier cite dans une note le concept des trois « s » de Gandhi : swaraj, l’autogouvernance citoyenne des villages, swadeshi, l’autosuffisance économique locale, et sarvodoya, le bien-être collectif. Remarque judicieuse dans cet ouvrage que de mettre l’accent sur la préoccupation d’un Gandhi qui ne fut pas uniquement un activiste de la non-violence.

Dans ce monde, viennent de surgir une volonté d’initiatives nouvelles et une capacité d’innovation sociale portées par une société civile qui découvre sa force − le tout largement ignoré du grand public −, une force cependant en butte aux tracasseries administratives auxquelles il faudra bien encore désobéir.

La caractéristique de ce mouvement planétaire va de pair avec une organisation qui ne fait plus confiance ni aux partis, ni aux syndicats, ni à l’État, ni au secteur privé, mais qui s’organise horizontalement et sans hiérarchie, court-circuitant le monde politique à l’aide des nouvelles techniques de communication.

On assiste donc aujourd’hui à l’émergence d’une société post-mondialisée : ce qu’Edgar Morin décrit comme des « forces de résistance, de régénération, d’invention, de création » qui se multiplient mais qui sont « dispersées, sans liaison, sans organisation, sans centre, sans tête ». Nous n’allons pas trop nous plaindre de ce dernier manque.

Mais, me direz-vous, oui, vous les révolutionnaires impatients, vous qui voulez transformer le monde en un clin d’œil : « Toutes ces actions ne sont que remède sur jambe de bois. »

Certes, nous pouvons le penser, mais nous serions bien aveugles si nous ne constations pas que l’impasse économique que nous vivons a contribué à répandre l’idée qu’un autre système économique était possible et nécessaire et que, devant cette prise de conscience, de nouvelles aspirations se font jour et se transforment en actes.

Il s’agirait tout simplement de changer la vie. Et pour donner encore la parole à un poète, écoutons Paul Éluard qui dit : « Un autre monde existe, il est dans celui-ci. »

 

André Bernard

 

Sources :

 

Bénédicte Manier, Un million de révolutions tranquilles, Les liens qui libèrent, 2012, 326 p.

Julius Van Daal, La Colère de Ludd, L’insomniaque, 2012, 288 p.

John Holloway, Crack capitalism, 33 thèses contre le capital, Libertalia éd., 2012, 462 p.

La commune libre… Solution pour un marasme

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , le février 6, 2013 par Résistance 71

Avec un communisme ici pris dans le sens kropotkinien du terme pour "commune libre" et non pas au sens marxiste. Le marxisme ne représente que la face "capitalisme d’état" de la même pièce capitaliste garanti par l’état garde-chiourme… L’oligarchie a financé et contrôlé le marxisme et la vaste majorité de ses réalisations criminelles de Lénine et Trotski à Mao. Le communisme libertaire lui, ne peut-être tenu en laisse par le capital, là réside toute la différence et l’oligarchie le sait parfaitement bien…

– Résistance 71 –

 

Communisme: Un manifeste

 

Collectif

 

Le 27 Janvier 2013

 

url de l’article original:

http://www.autrefutur.net/Communisme-un-manifeste

 

Ce manifeste signé du collectif pour l’intervention à paraître début novembre aux éditions Nous n’est pas une énième analyse du capitalisme. Il s’adresse à ceux qui participent de près ou de loin aux luttes politiques, ou qui se sentent concernés par elles. Il a pour but de contribuer à renouveler les formes de l’organisation politique. Nous en publions ici un extrait.

Le communisme a longtemps été conçu comme une forme de société égalitaire pouvant être instauré par des décrets d’États ; comme l’application d’une ligne politique juste en droit d’éliminer toutes les autres ; comme un productivisme supérieur car intégralement socialisé ; comme ce qui n’a que mépris pour les attachements à un territoire, pour l’individu et ses faiblesses. Cela nous indique au moins en négatif de quelle manière renouveler l’entente de ce que nous appelons communisme : nous ne croyons pas que l’égalité puisse s’imposer par la force, et en particulier par celle d’un État, fût-il déclaré révolutionnaire. Nous ne voulons pas d’un État, nous ne voulons pas d’un système centralisé, nous voulons ce que nous appelons une composition de mondes. Nous ne voulons pas non plus penser la politique en référence à la seule communauté humaine, car celle-ci n’est rien en dehors des milieux naturels, sociaux et techniques dans lesquels elle s’inscrit. Nous ne voulons pas un meilleur développement économique, mais l’abolition sans reste des pseudo-lois de l’économie qui mènent le monde à sa perte. 

La proposition contenue dans ce manifeste est une proposition d’organisation. Elle ne peut être que le fruit d’une conjonction entre la situation politique présente et nos parcours singuliers. D’où venons-nous ? De collectifs autonomes réunis autour de luttes de chômeurs et précaires, de sans-papiers ou encore anti-nucléaires, menées à distance des partis et des syndicats dont la politique est basée sur la représentation. Malgré leurs forces évidentes, ces collectifs politiques ont aussi généré leur propre stérilité, liée aux rivalités, au sectarisme, à l’enfermement groupusculaire, à un certain révolutionnarisme verbal ou à une esthétique du geste. Notre proposition est donc issue du constat d’un épuisement des formes de la lutte, qu’il s’agisse des mouvements sociaux et du militantisme qui se subordonne à eux, ou des campagnes d’action ponctuelles impulsées par les milieux radicaux. Elle vient aussi de notre refus d’envisager le choix politique à partir d’alternatives infernales : se spécialiser dans la lutte ou se disperser ; séparer la vie et la politique ou dissoudre la politique dans la vie collective ; surjouer le formalisme organisationnel ou s’enfermer dans les évidences qui font tenir les groupes. Nous concevons la nécessité de l’organisation politique en dehors de ces alternatives, ce qui implique de penser aussi bien ce que nous pouvons immédiatement mettre en œuvre, par nos propres forces, que ce que nous devons anticiper en termes de bouleversements révolutionnaires.

Une idée vivante

Comment ce qui existe à l’occasion de moments de lutte politique peut trouver à se prolonger, et ne pas s’arrêter ? Une solution est de s’appuyer sur les expériences communautaires qui ont pu naître, ou se renforcer, à l’occasion d’un conflit. Il s’agit alors de maintenir autant que possible la communauté de lutte telle qu’elle s’est constituée, et de densifier les liens qui la composent. A partir de là, peut se développer une politique expurgée de ses impasses traditionnelles. Ce qui est retenu du moment politique, c’est la disposition à la lutte elle-même, disposition qui peut prendre la forme d’une organisation collective. L’obstacle sur lequel elles butent est alors de savoir comment « s’ouvrir aux autres », mais la question ainsi posée est vouée à demeurer sans réponse, car dans ce cas, c’est la communauté elle-même qui a définitivement pris le pas sur ce dont elle prétend être porteuse, à savoir : un horizon pour la lutte, une idée vivante pour transformer le monde. A l’exact opposé, des philosophes ne cessent de nous rappeler aujourd’hui ce que peut être l’Idée du communisme, et en quoi l’horizon qu’elle convoque redevient plus que jamais pertinent. Mais cette élaboration, quelles que soient ses fécondités ou ses limites intrinsèques, laisse de côté la question du support vivant de cette idée. Cette question est confiée à des émergences futures, et pour l’heure il s’agit seulement de faire un travail de transmission qui se doit d’emprunter ce qui est mis à disposition pour cela : les canaux académiques ou médiatiques.

Nous voyons bien que le geste politique radical, qu’il pèche par excès d’intellectualisme ou par pragmatisme à courte vue, se caractérise aujourd’hui par la confiance qu’il accorde à l’émergence. Quelque chose va bien finir par émerger de tout ce qui est là : luttes spécifiques, mouvements, événements, communautés activistes, colloques de philosophie… L’important est de faire les bonnes hypothèses sur ces émergences à venir. L’important, autrement dit, est de ne pas céder à ce qui semble constituer le péché politique absolu : le volontarisme. Les philosophes nous ont appris à déconstruire la Volonté, les militants nous ont appris à nous méfier comme de la peste de l’avant-gardisme : le résultat est qu’il faut toujours commencer par dire que nous ne voulons au fond rien ajouter à ce qui est déjà là.

Tout le problème est que, si l’on n’ajoute rien de façon volontariste à ce qui est là, rien n’aura jamais lieu que ce qui a déjà lieu, à savoir précisément : des émergences et leurs retombées. Là où il y a ambition révolutionnaire, il y a la nécessité d’assumer un saut, c’est-à-dire de prendre le risque d’ajouter quelque chose à ce qui est déjà là pour pouvoir faire qu’advienne autre chose que ce qui est prévu, autre chose que ce qui est censé nous attendre — c’est-à-dire au bout du compte, l’écrasement des forces révolutionnaires par le parti du capital.

Nous ne croyons pas qu’il puisse y avoir de politique révolutionnaire sans idée, sans horizon -— c’est-à-dire aussi sans que s’inventent des formes adéquates et un tant soit peu nouvelles d’organisation politique qui puissent en être les supports. Une idée vivante n’est pas une abstraction intellectuelle détachée du monde réel. Elle ne se confond pas non plus avec un idéal moral, dont nous devrions chercher à nous approcher indéfiniment mais que nous ne pourrions jamais atteindre. L’idée est l’inscription dans la réalité des exigences qui en permettent la transformation. Il est vrai que l’idée du communisme est indissociable d’un horizon d’attente, mais il n’y a pas d’idée là où on ne fait qu’attendre, là où l’on se contente de cultiver l’impression qu’ « un autre monde est possible ». Il y a une idée vivante là où l’horizon d’attente devient un facteur de la transformation de l’état de chose présent.

Approches de la transition révolutionnaire

Notre problème est de rendre commensurables l’action des groupes politiques organisés et celles de leurs ennemis. Nous avons besoin d’une invention politique qui réduit l’écart entre ces deux types d’action – comme le parti révolutionnaire a pu être capable par le passé – et plus précisément : une invention à même de jeter un pont entre l’ampleur des mouvements de masse ( qui ont une dimension populaire mais ne s’attaquent pas directement au capital ) et le caractère offensif des mouvements radicaux ( qui attaquent le capital en tant que tel mais n’ont pas la puissance de renversement des soulèvements populaires). Une invention susceptible de permettre la continuité d’un rassemblement, et de survivre au va-et-vient des émergences et des vagues de conflit provisoires. Mais tout l’enjeu de cette invention est de trouver une opacité qui laisse aussi peu que possible passer les puissants projecteurs dont sont dotés les militants du capital, tout en étant visible et lisible pour tous ceux à qui elle s’adresse.

Il n’y a pas de solution clé en main. Mais cela ne nous empêche pas de vouloir mettre en œuvre une politique expérimentale, qui cherche à se dégager des impasses qui sont dès maintenant identifiables comme telles. Et pour la mettre en œuvre, il faut fabriquer des dispositifs d’expérimentation – quitte à les réajuster.

Outils pour la lutte

Dans les espaces militants, nous croisons souvent des collectifs, depuis les anarchistes activistes jusqu’aux groupes locaux combatifs d’un syndicat, qui préfèrent organiser leurs actions eux-mêmes, au lieu de s’en remettre à ce qui pourrait émerger spontanément d’on ne sait où, ou aux calendriers des représentants syndicaux. Ce que nous voulons créer est une forme d’organisation – que nous appellerons ici des « comités » – où se concrétise ce choix de la politique, le choix du primat de l’intervention : là où des amitiés et des camaraderies font support pour se mettre en action. Qu’un comité prenne son origine dans un collectif déjà constitué, dans ce que nous appelons des lieux de l’autonomie, ou simplement dans le partage d’une idée, il s’appuie sur la volonté de participer soi-même à l’élaboration et aux décisions d’un groupe, sur une certaine discipline de l’attention et sur l’engagement à une responsabilité mutuelle en son sein. Ce qui suppose de trouver les voies pour ne pas s’enfermer dans l’ethos et les codes d’un groupe. Il est essentiel en ce sens qu’une expression publique des idées des comités ait lieu, pour qu’elles soient à la fois relayées et confrontées à l’épreuve du réel et des critiques. Ce n’est qu’à ces conditions qu’un collectif peut envisager d’être assez stable et pérenne pour dépasser la seule défense de quelques droits lors des mouvements sociaux et être porteur de manière durable d’une idée politique élaborée. Nous voulons une forme d’organisation susceptible d’être réappropriée par tous, qui correspond à ce que nous pouvons mettre en œuvre dès maintenant, par nos propres forces.

Collectif pour l’intervention

Crise systémique sociétaire: La commune libre est la solution pour l’humanité…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , le février 5, 2013 par Résistance 71

Communisme et Anarchie

 

Publications des Temps nouveaux n° 27 — 1903

 

Pierre Kropotkine

 

L’importance de la question a à peine besoin d’être rappelée. Beaucoup d’anarchistes et de penseurs en général, tout en reconnaissant les immenses avantages que le communisme peut offrir à la société, voient dans cette forme d’organisation sociale un danger pour la liberté et le libre développement de l’individu. D’autre part, prise dans son ensemble, la question rentre dans un autre problème, si vaste, posé dans toute son étendue par notre siècle : la question de l’Individu et de la Société.

Le problème a été obscurci de diverses façons. Pour la plupart, quand on a parlé de communisme, on a pensé au communisme plus ou moins chrétien et monastique, et toujours autoritaire, qui fut prêché dans la première moitié de ce siècle et mis en pratique dans certaines communes. Celles-ci, prenant la famille pour modèle, cherchaient à constituer «la grande famille communiste», à «réformer l’homme», et imposaient dans ce but, en plus du travail en commun, la cohabitation serrée en famille, l’éloignement de la civilisation actuelle, l’isolement, l’intervention des «frères» et des «soeurs» dans toute la vie psychique de chacun des membres.

En outre, distinction suffisante ne fut pas faite entre les quelques communes isolées, fondées à maintes reprises pendant ces derniers trois ou quatre siècles, et les communes nombreuses et fédérées qui pourraient surgir dans une société en voie d’accomplir la révolution sociale.

Il faudra donc, dans l’intérêt de la discussion, envisager séparément :

  • La production et la consommation en commun;
  • La cohabitation — est-il nécessaire de la modeler sur la famille actuelle ?
  • Les communes isolées de notre temps ;
  • Les communes fédérées de l’avenir.

Et enfin, comme conclusion : le communisme amène-t-il nécessairement avec lui l’amoindrissement de l’individu ? Autrement dit : l’Individu dans la société communiste.

Sous le nom de socialisme en général, un immense mouvement d’idées s’est accompli dans le courant de notre siècle, en commençant par Babeuf, Saint-Simon, Robert Owen et Proudhon, qui formulèrent les courants dominants du socialisme, et ensuite par leurs nombreux continuateurs français (Considérant, Pierre Leroux, Louis Blanc), allemands (Marx, Engels), russes (Tchernychevsky, Bakounine) etc., qui travaillèrent soit à populariser les idées des fondateurs du socialisme moderne, soit à les étayer sur des bases scientifiques.

Ces idées, en se précisant, engendraient deux courants principaux : le communisme autoritaire et le communisme anarchiste, ainsi qu’un certain nombre d’écoles intermédiaires, cherchant des compromis, tels que l’Etat seul capitaliste, le collectivisme, la coopération ; tandis que, dans les masses ouvrières, elles donnaient naissance à un formidable mouvement ouvrier, qui cherche à grouper toute la masse des travailleurs par métiers pour la lutte contre le capital de plus en plus international.

Trois points essentiels ont été acquis par ce formidable mouvement d’idées et d’action, et ils ont déjà largement pénétré dans la conscience publique. Ce sont :

  • L’abolition du salariat — forme actuelle du servage ancien ;
  • L’abolition de l’appropriation individuelle de tout ce qui doit servir à la production ;
  • Et l’émancipation de l’individu et de la société du rouage politique, l’Etat, qui sert à maintenir la servitude économique.

Sur ces trois points l’accord est assez prêt de s’établir ; car ceux mêmes qui préconisent les «bons de travail», ou bien disent (comme Brousse): «Tous fonctionnaires !» c’est-à-dire «tous salariés de l’Etat ou de la commune», admettant qu’ils préconisent ces palliatifs uniquement parce qu’ils ne voient pas la possibilité immédiate du communisme. Ils acceptent ces compromis comme un pis aller. Et, quant à l’Etat, ceux-là mêmes qui restent partisans acharnés de l’Etat, de l’autorité, voire même de la dictature, reconnaissent que lorsque les classes que nous avons aujourd’hui auront cessé d’exister, l’Etat devra disparaître avec elles.

On peut donc dire, sans rien exagérer de l’importance de notre fraction du mouvement socialiste — la fraction anarchiste — que malgré les divergences qui se produisent entre les diverses fractions socialistes et qui s’accentuent surtout par la différence des moyens d’action plus ou moins révolutionnaires acceptés par chacune d’elles, on peut dire que toutes, par la parole de leurs penseurs, reconnaissent, pour point de mire, le communisme libertaire. Le reste, de leur propre aveu, ne sont que des étapes intermédiaires.

Toute discussion des étapes à traverser serait oiseuse, si elle ne se basait sur l’étude des tendances qui se font jour dans la société actuelle. Et, de ces tendances diverses, deux méritent surtout notre attention.

L’une est qu’il devient de plus en plus difficile de déterminer la part qui revient à chacun dans la production actuelle. L’industrie et l’agriculture modernes deviennent si compliquées, si enchevêtrées, toutes les industries sont si dépendantes les unes des autres, que le système de paiement du producteur-ouvrier par les résultats devient impossible. Aussi voyons-nous que plus une industrie est développée, plus le salaire aux pièces disparaît pour être remplacé par un salaire à la journée. Celui-ci, d’autre part, tend à s’égaliser. La société bourgeoise actuelle reste certainement divisée en classes, et nous avons toute une classe de bourgeois dont les émoluements grandissent en proportion inverse du travail qu’ils font : plus ils sont payés, moins ils travaillent. D’autre part, dans la classe ouvrière elle-même, nous voyons quatre divisions : les femmes, les travailleurs agricoles, les travailleurs qui font du travail simple, et enfin ceux qui ont un métier plus ou moins spécial. Ces divisions représentent d’autres degrés d’exploitation et ne sont que des résultats de l’organisation bourgeoise.

Mais, dans une société d’égaux, où tous pourront apprendre un métier et où l’exploitation de la femme par l’homme, et du paysan par l’industriel, cessera, ces classes disparaîtront. Et aujourd’hui même, dans chacune de ces classes les salaires tendent à s’égaliser. C’est ce qui fait dire, avec raison, qu’une journée de travail d’un terrassier vaut celle d’un joaillier, et ce qui a fait penser à Robert Owen aux bons de travail, payés à chacun de ceux qui ont donné tant d’heures de travail à la production des choses reconnues nécessaires.

Cependant, quand nous considérons l’ensemble des tentatives de socialisme, nous voyons, qu’à part l’union de quelques mille fermiers aux Etats-Unis, le bon de travail n’a pas fait son chemin depuis les trois quarts de siècle qui sont passés depuis la tentative faite par Owen de l’appliquer. Et nous en avons fait ressortir ailleurs (Conquête du Pain ; le Salariat) les raisons.

Par contre, nous voyons se produire une masse de tentatives partielles de socialisation dans la direction du Communisme. Des centaines de communes communistes ont été fondées durant ce siècle, un peu partout, et en ce moment même nous en connaissons plus d’une centaine — toutes plus ou moins communistes.

C’est aussi dans le sens du communisme — partiel, bien entendu — que se font presque toutes les nombreuses tentatives de socialisation qui surgissent dans la société bourgeoise, soit entre particuliers, soit dans la socialisation des choses municipales.

L’hôtel, le bateau à vapeur, la pension sont tous des essais faits dans cette direction, par les bourgeois. En échange d’une contribution de tant par jour, vous avez le choix des dix ou cinquante plats qui vous sont offerts, dans l’hôtel ou sur le bateau, et personne ne contrôle la quantité de ce que vous avez mangé. Cette organisation s’étend même internationalement, et avant de partir de Paris ou ou de Londres vous pouvez vous munir de bons (à raison de 10 francs par jour) qui vous permettent de vous arrêter à volonté dans des centaines d’hôtels en France, en Allemagne, en Suisse, etc., appartenant tous à la Ligue internationale des hôtels.

Les bourgeois ont très bien compris les avantages du communisme partiel, combiné avec une liberté presque entière de l’individu, pour la consommation ; et dans toutes ces instutitions, pour un prix de tant par mois, on se charge de satisfaire tous vos besoins de logement et de nourriture, sauf ceux de luxe extra (vins, chambres spécialement luxueuses), que vous payez séparément.

L’assurance contre l’incendie (surtout dans les villages où une certaine égalité de conditions permet une prime égale pour tous les habitants), contre l’accident, contre le vol ; cet arrangement qui permet aux grands magasins anglais de vous fournir chaque semaine, à raison d’un shilling par semaine, tout le poisson que vous consommerez dans une petite famille ; le club ; les sociétés sans nombre d’assurance en cas de maladie, etc., etc., toute cette immense série d’institutions nées dans le courant de ce siècle, rentrent dans la même catégorie des rapprochements vers le communisme pour une certaine partie de la consommation.

Et enfin nous avons toute une vaste série d’institutions municipales — eau, gaz, électricité, maisons ouvrières, tramways à taux uniforme, force motrice, etc., — dans lesquelles les mêmes tentatives de socialisation de la consommation sont appliquées sur une échelle qui s’élargit tous les jours davantage.

Tout cela n’est certainement pas encore du communisme. Loin de là. Mais le principe qui prévaut dans ces institutions contient une part du principe communiste : — Pour une contribution de tant par an ou par jour (en argent aujourd’hui, en travail demain), vous avez droit de satisfaire telle catégorie de vos besoins — le luxe excepté.

Pour être communistes, il manque à ces ébauches de communisme bien des choses, dont deux surtout sont essentielles : 1° le paiement fixe se fait en argent, au lieu de se faire en travail ; et 2° les consommateurs n’ont pas de voix dans l’administration de l’entreprise. Cependant si l’idée, la tendance de ces institutions était bien comprise, il n’y aurait aucune difficulté, aujourd’hui même, de lancer par entreprise privée ou sociétaire, une commune, dans laquelle le premier point serait réalisé. Ainsi, supposons un terrain de 500 hectares. Deux cents maisonnettes, chacune entourée d’un quart d’hectare de jardin ou de potager, sont bâties sur ce terrain. L’entreprise donne à chaque famille qui occupe une de ces maisons, à choisir sur cinquantes plats par jour tout ce qu’ils voudront, ou bien elle leur fournit le pain, les légumes, la viande, le café à volonté, pour être cuits à domicile. Et, en échange, elle demande, soit tant par an payé en argent, soit tant d’heures de travail de l’établissement : agriculture, élève du bétail, cuisine, service de propreté. Cela peut se faire déjà demain si l’on veut ; et on peut s’étonner qu’une pareille ferme-hôtel n’ait pas déjà été lancée par quelque hôtelier entreprenant.

On remarquera, sans doute, que c’est ici, en introduisant le travail en commun, que les communistes ont généralement échoué. Et cependant l’objection ne pourrait pas être soutenue. Les causes des échecs ont toujours été ailleurs.

D’abord, presque toutes les communes furent fondées à la suite d’un élan d’enthousiasme quasi religieux. On demandait aux hommes d’être «des pionniers de l’humanité», de se soumettre à des règlements de morale minutieux, de se refaire entièrement par la vie communiste, de donner tout leur temps, pendant les heures de travail et en dehors de ces heures, à la commune, de vivre entièrement pour la commune.

C’était faire comme font les moines et demander aux hommes — sans aucune nécessité — d’être ce qu’ils ne sont pas. Ce n’est que tout récemment que des communes furent fondées par des ouvriers anarchistes sans aucune prétention, dans un but purement économique — celui de se soustraire à l’exploitation patronale.

L’autre faute était toujours de modeler la commune sur la famille et de vouloir en faire «la grande famille». Pour cela, on vivait sous un même toit, forcé toujours, à chaque instant, d’être en compagnie des mêmes «frères et soeurs». Or, si deux frères trouvent souvent difficile de vivre sous un même toit, si la vie de famille ne réussit pas à tous, c’était une erreur fondamentale que d’imposer à tous «la grande famille», au lieu de chercher, au contraire, à garantir autant que possible la liberté et le chez soi de chacun.

En outre, une petite commune ne peut pas vivre. Les «frères et soeurs», forcés au contact continuel, avec la pauvreté d’impressions qui les entoure, finissent par se détester. Mais il suffit que deux personnes, devenant deux rivaux, ou simplement ne se supportant pas l’une l’autre, puissent par leur brouille amener la dissolution d’une commune. Il serait étrange si cette commune vivait, d’autant plus que toutes les communes fondées jusqu’à ce jour s’isolaient du monde entier. Il faut se dire d’avance qu’une association étroite de dix, vingt, cent personnes ne pourra durer que trois ou quatre années. Si elle durait plus, ce serait même regrettable, puisque cela prouverait seulement, ou que tous se sont laissés subjuguer par un seul, ou que tous ont perdu leur individualité. et puisqu’il est certain que dans trois, quatre ou cinq années, une partie des membres de la commune voudra se séparer, il faudrait au moins avoir une dizaine ou plus de communes fédérées, afin que ceux qui, pour une raison ou une autre, voudront quitter telle commune puissent entrer dans une autre comune et être remplacés, par des personnes venant d’autres groupes. Autrement, la ruche communiste doit nécessairement périr, ou tomber (comme cela arrive presque toujours) aux mains d’un seul — généralement «le frère» plus malin que les autres.

Enfin, toutes les communes fondées jusqu’à ce jour se sont isolées de la société. Mais la lutte, une vie de lutte, est, pour l’homme actif, un besoin bien plus pressant qu’une table bien servie. Ce besoin de voir le monde, de se lancer dans son courant, de lutter ses luttes, de souffrir ses souffrances, est d’autant plus pressant pour la jeune génération. C’est pourquoi (comme le remarque Tchaïkovsky par expérience) les jeunes, dès qu’ils ont atteint dix-huit ou vingt ans, quittent nécessairement une commune qui ne fait pas partie de la société entière.

Inutile d’ajouter que le gouvernement, quel qu’il soit, a toujours été la pierre d’achoppement la plus sérieuse pour toutes les communes. Celles qui ont eu que fort peu ou n’en ont pas du tout (comme la jeune Icarie) ont encore le mieux réussi. Cela se comprend. Les haines politiques sont des plus violentes. Nous pouvons vivre, dans une ville, à côté de nos adversaires politiques, si nous ne sommes pas forcés de la coudoyer à chaque instant. Mais comment vivre, si l’on est forcé, dans une petite commune, de se voir à chaque moment ? La lutte politique se transporte dans l’atelier, dans la chambre de travail, dans la chambre de repos, et la vie devient impossible.

Par contre, il a été prouvé et archi-prouvé que le travail communiste, la production communiste, réussissent à merveille. Dans aucune entreprise commerciale, la plus-value donnée à la terre par le travail n’a été aussi grande qu’elel l’a été dans chacune des communes fondées soit en Amérique, soit en Europe. Certainement, il y a eu partout des fautes d’aménagement, comme il y en a dans toute entreprise capitaliste ; mais, puisqu’on sait que la proportion des faillites commerciales est d’environ quatre sur cinq, dans les premières cinq années après leur fondation, on doit reconnaître que rien de semblable à cette énorme proportion ne se rencontre dans les communes communistes. Aussi, quand la presse bourgeoise fait de l’esprit et parle d’offrir aux anarchistes une île pour y établir leur commune — forts de l’expérience, nous sommes prêts à accepter cette proposition, à condition seulement que cette île soit, par exemple, l’Ile-de-France et que, évaluation faite du capital social, nous en recevions notre part. Seulement, comme nous savons qu’on ne nous donnera ni l’Ile-de-France ni notre part du capital social, nous prendrons un jour l’un et l’autre, nous-mêmes, par la Révolution sociale. Paris et Barcelone, en 1871, n’en furent pas si terriblement loin que ça — et les idées ont progressé depuis.

Surtout que le progrès est en ce que nous comprenons qu’une ville, seule, se mettant en commune, trouverait de la difficulté à vivre. L’essai devrait être commencé conséquemment sur un territoire — celui, par exemple, d’un des Etats de l’Ouest, Idaho, ou Ohio, — nous disent les socialistes américains — et ils ont raison. C’est sur un territoire assez grand, comprenant ville et campagne — et non pas dans une ville seule — qu’il faudra, en effet, se lancer un jour vers l’avenir communiste.

Nous avons si souvent démontré que le communisme étatiste est impossible, qu’il serait inutile d’insister sur ce sujet. Le preuve en est d’ailleurs dans ce fait que les étatistes eux-mêmes, les défenseurs de l’Etat socialiste, n’y croient pas eux-mêmes. Les uns, occupés à conquérir une partie du pouvoir dans l’Etat actuel — l’Etat bourgeois — ne s’occupent même pas de préciser ce qu’ils comprennent par un Etat socialiste qui ne serait cependant pas l’Etat seul capitaliste, et tous salariés de l’Etat. Quand nous leur disons que c’est cela qu’ils veulent, ils se fâchent ; mais ils ne précisent pas quelle autre forme d’organisation ils entendent établir. Puisqu’ils ne croient pas à la possibilité d’une prochaine révolution sociale, leur but est de devenir partie du gouvernement dans l’Etat bourgeois actuel, et ils laissent à l’avenir de déterminer où l’on aboutira.

Quant à ceux qui ont essayé de dessiner l’Etat socialiste, accablés de nos critiques, ils nous répondent que tout ce qu’ils veulent, c’est des bureaux de statistiques. Mais ceci n’est qu’un jeu de mots. On sait d’ailleurs aujourd’hui que la seule statistique valable est celle qui est faite par l’individu lui-même, donnant son âge, son sexe, son occupation, sa position sociale, ou bien la liste de ce qu’il a vendu ou acheté.

Les questions à poser à l’individu sont généralement élaborées par les volontaires (savants, sociétés de statistique) et le rôle des bureaux de statistique se réduit aujourd’hui à distribuer les questionnaires, à classer les fiches, et à additionner au moyen des machines d’addition. Réduire ainsi l’Etat, le gouvernement, à ce rôle, et dire que par gouvernement on ne comprend que cela, signifie (quand c’est dit sincèrement) faire tout bonnement une retraite honorable. Et, en effet, il faut reconnaître que les jacobins d’il y a trente ans en ont immensément rabattu sur leur idéal de dictature et de centralisation socialiste. Personne n’oserait plus dire aujourd’hui que la consommation et la production des pommes de terre ou du riz doivent être rêglées par le Parlement du Volksstaat (Etat populaire) allemand à Berlin. Ces bêtises ne se disent plus.

 

L’Etat communiste étant une utopie abandonnée par ses propres créateurs, il est temps d’aller plus loin. Ce qui est bien plus important, en effet, à étudier, c’est la question de savoir si le communisme anarchiste ou le communisme libertaire ne doit pas nécessairement amener, lui aussi, un amoindrissement de la liberté individuelle.

Le fait est que dans toutes les discussions sur la liberté, nos idées se trouvent obscurcies par les survivances des siècles de servage et d’oppression religieuse que nous avons vécus.

Les économistes ont représenté le contrat forcé, conclu sous la menace de la faim entre le patron et l’ouvrier, comme un état de liberté. Les politiciens, d’autre part, ont décrit comme un état de liberté celui dans lequel on trouve aujourd’hui le citoyen devenu serf et contribuable de l’Etat. Leur erreur est donc évidente. Mais les moralistes les plus avancés, tels Mill et ses très nombreux élèves, en déterminant la liberté comme le droit de faire tout, sauf d’empiéter sur la liberté égale des autres, ont aussi inutilement limité la liberté. Sans dire que le mot «droit» est un héritage très confus du passé, qui ne dit rien ou qui en dit trop, — la détermination de Mill a permis au philosophe Spencer, à une quantité sans nombre d’écrivains, et même à quelques anarchistes individualistes de reconstituer le tribunal et la punition légale, jusqu’à la peine de mort — c’est-à-dire forcément, en dernière analyse, l’Etat dont ils avaient fait eux-mêmes une admirable critique. L’idée du libre arbitre se cache au fond de tous ces raisonnements.

Voyons donc, qu’est-ce que la liberté ?

Laissant de côté les actes irréfléchis et prenant seulement les actes réfléchis (que la loi, les religions et les systèmes pénaux cherchent seuls à influencer), chaque acte de ce genre est précédé d’une certaine discussion dans le cerveau humain : — «Je vais sortir, me promener», pense tel homme… — «Mais non, j’ai donné rendez-vous à un ami, ou bien j’ai promis de finir tel travail, ou bien ma femme et mes enfants seront tristes de rester seuls, ou bien enfin je perdrai ma place si je ne me rends pas à mon travail.»

Cette dernière réflexion implique, comme on le voit, la crainte d’une punition, tandis que, dans les trois premières, l’homme n’a affaire qu’avec soi-même, avec ses habitudes de loyauté, ses sympathies. Et là est toute la différence. Nous disons que l’homme qui est forcé de faire cette dernière réflexion : « Je renonce à tel plaisir en vue de telle punition», n’est pas un homme libre. Et nous affirmons que l’humanité peut et qu’elle doit s’émanciper de la peur des punitions ; qu’elle peut constituer une société anarchiste, dans laquelle la peur d’une punition et même le déplaisir d’être blâmé disparaîtront. C’est vers cet idéal que nous marchons.

Mais nous savons aussi que nous ne pouvons pas nous émanciper, ni de nos habitudes de loyauté (tenir promesse), ni de nos sympathies (la peine de causer une peine à ceux que nous aimons ou que nous ne voulons pas chagriner ou même désappointer). Sous ce dernier rapport, l’homme n’est jamais libre. Robinson dans son île ne l’était pas. Une fois qu’il avait commencé son bateau, et cultivé un jardin, ou qu’il avait commencé déjà à faire ses provisions pour l’hiver, il était déjà pris, engrené par son travail. S’il se sentait paresseux et préférait rester couché dans sa caverne, il hésitait un moment, mais il se rendait néanmoins au travail commencé. Dès qu’il eut pour compagnon son chien, dès qu’il eut deux ou trois chèvres, et surtout dès qu’il rencontra Vendredi, il n’était plus absolument libre, dans le sens que l’on attribue souvent à ce mot dans les discussions. Il avait des obligations, il devait songer à l’intérêt d’autrui, il n’était plus cet individualiste parfait dont on aime à nous entretenir. Du jour qu’il aime une femme, ou qu’il a des enfants, soit élevés par lui-même, soit confiés à d’autres (la société), du jour où il a seulement une bête domestique — voire même un potager qui demande à être arrosé à certaines heures, — l’homme n’est plus le «je-m’enfichiste», «l’égoïste», «l’individualiste» imaginaires que l’on nous donne quelquefois comme type de l’homme libre. Ni dans l’île de Robinson, ni encore moins dans la société, quelle qu’elle soit, ce type n’existe. L’homme prend et prendra en considération les intérêts des autres hommes, toujours davantage à mesure qu’il s’établira entre eux des rapports d’intérêts mutuels plus étroits, et que ces autres affirmeront plus nettement eux-mêmes leurs sentiments et leurs désirs.

Ainsi donc nous ne trouvons d’autre détermination pour la liberté que celle-ci : la possibilité d’agir, sans faire intervenir dans les décisions à prendre la crainte d’un châtiment sociétaire (contrainte de corps, menace de la faim, ou même le blâme, à moins qu’il ne vienne d’un ami).

Comprenant la liberté de cette façon, — et nous doutons que l’on puisse trouver une détermination plus large, et en même temps réelle, de la liberté — nous pouvons dire certainement que le communisme peut diminuer, tuer même toute liberté individuelle, et dans mainte commune communiste on l’a essayé ; mais qu’il peut aussi agrandir cette liberté jusqu’à ses dernières limites.

Tout dépendra des idées fondamentales avec lesquelles on voudra s’associer. Ce n’est pas la forme de l’association qui détermine en ce cas la servitude : ce seront les idées sur la liberté individuelle que l’on apportera dans l’association qui en détermineront le caractère plus ou moins libertaire.

Ceci est juste concernant n’importe quelle forme d’association. La cohabitation de deux individus dans un même logement peut amener l’asservissement de l’un à la volonté de l’autre, comme elle peut amener la liberté pour l’un et pour l’autre. De même dans la famille. De même si nous nous mettons à deux à remuer le sol d’un potager, ou à faire un journal. De même pour toute association, si petite ou si nombreuse qu’elle soit. De même pour toute institution sociale. Ainsi, au dixième, onzième et douzième siècle, nous voyons la commune d’égaux, d’hommes également libres, anxieuse de maintenir cette liberté et cette égalité — et quatre cents ans plus tard nous voyons cette même commune appelant la dictature d’un moine ou d’un roi. Les institutions communales restent ; mais l’idée du droit romain, de l’Etat, domine, tandis que celle de la liberté, d’arbitrage dans les disputes et de fédération à tous les degrés disparaît  — et c’est la servitude.

Eh bien, de toutes les institutions, de toutes les formes de groupement social qui furent essayées jusqu’à ce jour, c’est encore le communisme qui garantit le plus de liberté à l’individu — pourvu que l’idée mère de la commune soit la Liberté, l’Anarchie.

Le communisme est capable de revêtir toutes les formes de liberté ou d’oppression — ce que d’autres institutions ne peuvent pas. Il peut produire un couvent, dans lequel tous obéiront implicitement à leur supérieur ; et il peut être une association absolument libre, laissant à l’individu toute sa liberté — une association qui ne dure qu’autant que les associés veulent rester ensemble, n’imposant rien à personne ; jalouse au contraire d’intervenir pour défendre la liberté de l’individu, l’agrandir, l’étendre dans toutes les directions. Il peut être autoritaire (auquel cas la commune périt bientôt) et il peut être anarchiste. L’Etat, au contraire, ne le peut pas. Il est autoritaire ou bien il cesse d’être Etat.

Le communisme garantit, mieux que toute autre forme de gouvernement, la liberté économique puisqu’il peut garantir le bien-être et même le luxe, en ne demandant à l’homme que quelques heures de travail par jour, au lieu de toute sa journée. Or, donner à l’homme le loisir pour dix ou onze heures sur les seize que nous vivons chaque jour de la vie consciente (huit pour le sommeil), c’est déjà élargir la liberté de l’individu à un point qui est l’idéal de l’humanité depuis des milliers d’années. Aujourd’hui, avec les moyens de la production moderne à la machine, cela peut se faire. Dans une société communiste, l’homme pourrait disposer de dix heures, au moins, de loisir. Et c’est déjà l’affranchissement de la plus lourde des servitudes qui pèse sur l’homme. C’est un agrandissement de la liberté.

Reconnaître tous égaux et renoncer au gouvernement de l’homme par l’homme, c’est encore élargir la liberté de l’individu à un point qu’aucune autre force de groupement n’a même pas admis dans ses rêves. Elle ne devient possible que lorsque le premier pas a été fait : lorsque l’homme a son existence garantie et qu’il n’est pas forcé de vendre sa force et son intelligence à celui qui veut bien lui faire l’aumône de l’exploiter.

Enfin, reconnaître que la base de tout progrès est la variété des occupations et s’organiser de façon que l’homme soit absolument libre aux heures de loisir, mais puisse aussi varier son travail, et que dès son enfance l’éducation le prépare à cette variété — et c’est facile à obtenir sous un régime communiste — c’est encore affranchir l’individu et ouvrir devant lui les portes larges pour son développement complet dans toutes les directions.

Pour le reste, tout dépend des idées avec lesquelles la commune sera fondée. Nous connaissons une commune religieuse, dans laquelle l’homme, s’il se sentait malheureux et trahissait sa tristesse sur son visage, se voyait accosté par un «frère» qui lui disait : «Tu es triste ? Aie l’air gai tout de même, autrement tu attristes les frères et les soeurs.» Et nous connaissons une commune de sept personnes dont l’un des membres demandait la nomination de quatre comités : de jardinage, de subsistances, de ménage et d’exportation, avec droits absolus, pour le président de chaque comité. Il y a certainement eu des communes fondées, ou envahies après leur fondation, par des «criminels de l’autorité» (type spécial recommandé à l’attention de M. Lombroso), et nombre de communes furent fondées par des maniaques de l’absorption de l’individu par la société. Mais ce n’est pas l’institution communiste qui les a produits : c’est le christianisme (éminemment autoritaire dans son essence) et le droit romain, l’Etat. C’est l’idée mère étatiste de ces hommes, habitués à penser que sans licteurs et sans juges il n’y a point de société possible, qui reste une menace permanente à toute liberté, et non l’idée mère du communisme qui est de consommer et de produire sans compter la part exacte de chacun. Celle-ci, au contraire, est une idée de liberté, d’affranchissement.

Nous pouvons ainsi poser les conclusions suivantes.

Jusqu’à présent les tentatives communistes ont échoué parce que :

Elles se basaient sur un élan d’ordre religieux, au lieu de voir dans la commune simplement un mode de consommation et de production économiques ;

  • Elles s’isolaient de la société ;
  • Elles étaient imbues d’un esprit autoritaire ;
  • Elles étaient isolées, au lieu de se fédérer ;
  • Elles demandaient aux fondateurs une quantité de travail qui ne leur laissait pas de loisir ;
  • Elles étaient calquées sur la famille patriarcale, autoritaire, au lieu de se proposer, au contraire, pour but l’affranchissement aussi complet que possible de l’individu.

Institution éminemment économique, le communisme ne préjuge en rien la part de liberté qui y sera garantie à l’individu, à l’initiateur, au révolté contre les coutumes tendant à se cristalliser. Il peut être autoritaire, ce qui amène forcément la mort de la commune, et il peut être libertaire, ce qui amena au douzième siècle, même avec le communisme partiel des jeunes cités d’alors, la création d’une nouvelle civilisation, d’un renouveau de l’Europe.

Cependant la seule forme de communisme qui pourrait durer est celle où, vu le contact déjà serré entre citoyens, tout sera fait pour étendre la liberté de l’individu dans toutes les autres directions.

Dans ces conditions, sous l’influence de cette idée, la liberté de l’individu, augmentée par tout le loisir acquis, ne serait pas plus diminuée qu’elle ne l’est aujourd’hui par le gaz communal, la nourriture envoyée à domicile par les grands magasins, les hôtels modernes, ou le fait qu’aux heures de travail nous nous touchons les coudes avec des milliers de travailleurs.

Avec l’anarchie comme but et comme moyen, le communisme devient possible. Sans cela, il serait forcément la servitude et, comme telle, il ne pourrait exister.

 

Résistance politique: En savoir plus sur la société, l’État, la désobéissance civile et la commune libre pour mieux agir – 4ème et dernièrepartie -

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le janvier 10, 2013 par Résistance 71

Voici la 4ème et dernière partie de notre essai compilateur sur la société, l’état, la désobéissance civile et la commune libre. Dans cette dernière partie nous adressons la question de la commune libre et de sa confédération avec les autres communes libres.

Plus nous y pensons, plus nous nous informons, plus nous mettons en pratique ces concepts et plus cela devient l’évidence même que là réside l’avenir de l’humanité. Le chemin est long certes, mais tout long voyage a toujours, toujours commencé avec le premier pas, qui a déjà été historiquement fait comme nous le voyons ici. Les peuples se sont laissés entraînés à musarder. Signe O combien signifiant de leur juvénilité.

Allez, chiche on grandit ? Ensemble ?

– Résistance 71 –

 

Petits précis sur la société, l’état, la désobéissance civile et la commune volontaire autogérée, solution au marasme systémique actuel, 4ème partie et dernière

1ère partie

2ème partie

3eme partie

 

Le 10 Janvier 2013

 

par Résistance 71

 

Zinn parle en conclusion de “choses que peuvent faire les citoyens pour commencer à bâtir la nouvelle société”. Il ne donne pas d’exemple spécifique bien que Zinn fut plus que sympathisant de la vision anarchiste d’une société libertaire, autogérée, non hiérarchique et anti-autoritaire. Notre vision est celle des communes libres autogérées s’associant librement au sein de confédérations. Si la désobéissance civile est un outil nécessaire pour que le peuple trace les lignes de tolérance, ces mesures d’action directe doivent à notre sens être suivies de la construction, d’abord au niveau local puis par fédération des groupes, d’un contre-pouvoir autogestionnaire où les institutions seraient court-circuitées par les associations libres de travailleurs et de résidents, librement associées au sein de communes libres et autogérées. C’est le contre-pouvoir autogestionnaire qui rendra le système institutionnel sclérosé obsolète de lui-même et qui le fera tombé comme le fruit pourri qu’il est.
Qu’est-ce qu’une commune libre ? Il y en a eu plusieurs exemples dans l’Histoire: des cités médiévales du XIème au XVème siècles naquit un embryon de confédération, les sections parisiennes de la révolution française en 1792-93, la Sibérie rurale de l’époque de Kropotkine, la Commune de Paris de 1871, le premier soviet de 1905, l’Ukraine Makhnoviste de 1918 à 1921, Cronstadt 1921, l’Andalousie de 1868 à 1939, les communes espagnoles durant la révolution 1936-39, les sociétés matriarcales autochtones des Amériques et les expériences alternatives éparses du XXème siècle en occident.
Dans son recueil de 1895 “Paroles d’un révolté”, Pierre Kropotkine, nous décrit la Commune Libre qui vit une certaine application embryonnaire de principes dans la Commune de Paris en 1871, même si bien des erreurs furent commises, dans une conjoncture de guerre des plus troubles.
Kropotkine commence d’emblée de la sorte: “Quand nous disons que la révolution sociale doit se faire par l’affranchissement des communes et que ce sont les communes, absolument indépendantes, affranchies de la tutelle de l’État, qui pourront seules nous donner le mileu nécessaire à la révolution et le moyen de l’accomplir, on nous reproche de vouloir rappeler à la vie une forme de société qui s’est déjà survécue, qui a fait son temps. La Commune nous dit-on, est un fait d’autrefois ! En cherchant à détruire l’État et à mettre à sa place les communes libres, vous tournez vos regards vers le passé, vous voulez nous ramener au Moyen-Age, rallumer les guerres antiques entre elles et détruire les unités nationales, si péniblement conquises dans le cours de l’Histoire !

En fait il est très possible de faire exactement la même critique aux défenseurs de l’État, ce dont Kropotkine ne se prive d’ailleurs pas:
L’état est une forme aussi ancienne que la commune. Il y a seulement cette différence: tandis que l’État nous représente dans l’Histoire la négation de toute liberté, l’absolutisme et l’arbitraire, la ruine de ses sujets, l’échafaud et la torture, c’est précisément dans l’affranchissement des communes contre les États que nous retrouvons les plus belles pages de l’Histoire ; portons nos regards vers les communes ou républiques d’Amalfi et de Florence, vers celles de Toulouse et de Laon, vers Liège et Courtray, Augbourg et Nüremberg, vers Pskov et Novgorod… Entre la commune du Moyen-Age et celle qui peut s’établir aujourd’hui, et probablement s’établira bientôt, il y aura des différences essentielles: tout un abîme creusé par cinq ou six siècles de développement de l’humanité et de rudes expériences… La commune de demain saura qu’elle ne peut admettre de supérieur; qu’au dessus d’elle il ne peut y avoir que les intérêts de la Fédération, librement consentie par elle-même avec d’autres communes. Ou bien la commune sera absolument libre de se donner toutes les institutions qu’elle voudra et de faire toutes les réformes et révolutions qu’elle trouvera nécessaires, ou bien elle sera ce qu’elle a toujours été jusqu’à aujourd’hui, une simple succursale de l’État, enchaînée dans tous ses mouvements, toujours sur le point de rentrer en conflit avec l’état et sûre de succomber dans la lutte qui s’en suivrait. Elle sait qu’elle doit briser l’État et doit le remplacer par la Fédération; elle agira en conséquence; plus que cela, elle en aura les moyens…
Kropotkine aborde ensuite un élément essentiel du changement progressiste et émancipateur: l’égalité sociale sans laquelle aucune égalité politique et donc aucune liberté réelle n’est possible. L’État actuel qui a pris la forme de "démocratie" parlementaire, de "démocratie" représentative, a donné une certaine forme d’égalité politique, même si celle-ci dans le temps, a dégénéré en illusion, garantissant plus de pouvoir et de privilèges à la caste dominante. Le problème majeur est qu’il ne peut pas y avoir d’égalité politique sans égalité sociale. Le tour de force illusioniste de la démocratie représentative a été de convaincre les peuple qu’une (relative) égalité politique était égale a l’égalité économique en amalgamant judicieusement les deux, en omettant la seconde au profit d’une hypertrophie idéologique de la première. Mission accomplie ! Les peuples occidentaux vivant sous le régime de "démocratie" représentative sont convaincus vivre en “démocratie” et que “l’égalité” a été atteinte dans la société, ne se réferrant qu’à une égalité politique tronquée sans vraiment le savoir. Ceux qui en doute, pensent quoi qu’il en soit, que les “progrès” ont été tels, comparant aujourd’hui à hier et avant-hier, que cela est à porter au crédit de l’état, qui ne peut donc pas être si mauvais et est source de progrès, même si ses supporteurs reconnaissent sa perfectibilité et certains travers. On ne fait ma foi pas d’omelette sans casser des œufs. Ils oublient un peu vite que tout progrès social a été conquis de haute lutte et que ni l’État, ni la caste dominante n’auraient lâché quelque morceau que ce soit sinon contraints et forcés par les luttes sociales.
Voici ce que dit Kropotkine concernant la commune libre et le concept d’égalité sociale:
La première préoccupation de la commune ne sera t’elle pas de mettre fin à ces inégalités sociales ? De s’emparer de tout le capital social accumulé dans son sein et de le mettre à la disposition de ceux qui veulent s’en servir pour produire et augmenter le bien-être général ? Son premier soin ne sera t’il pas de briser la force du capital et de rendre à jamais impossible la création de l’aristocratie qui causa la chute des communes du Moyen-Age ? Ira t’elle prendre pour alliés l’évêque et le moine ? Enfin imitera t’elle ses ancêtres qui ne recherchait dans la Commune qu’un État dans l’État. Les prolétaires (travailleurs) de notre siècle imiteront-ils ces Florentins, qui tout en abolissant les titres de noblesse ou en les faisant porter comme une flétrissure, laissaient naître une autre aristocratie: celle de la grosse bourse ?.. Changeront-ils seulement les hommes sans toucher aux institutions ? Certainement non. La commune moderne, forte de son expérience fera mieux… Elle ne supprimera pas l’État pour le reconstituer et bien des communes sauront montrer l’exemple en abolissant le gouvernement de procuration, en se gardant de confier leur souveraineté aux hasards du scrutin.
Beaucoup pensent que Kropotkine prend la commune libre moyen-âgeuse comme modèle. Rien de plus faux. Kropotkine, comme plus tard Bookchin le fera, reconnaît la commune libre des XIème-XVème siècles pour ce qu’elle est: une tentative d’échapper au joug seigneurial et royal, mais il n’en est pas dupe et connaît parfaitement les limites de l’expérience, que personne ne prend comme modèle, mais comme exemple historique de ce qui peut émerger du refus de l’autorité centralisée. Voici ce que Kropotkine nous dit sur ces communes anciennes: “La commune du Moyen-Age après avoir secoué le joug de son seigneur, chercha t’elle à le frapper dans ce qui faisait sa force ? Chercha t’elle à venir en aide à la population agricole qui l’entourait et, pourvue d’armes que le serf des campagnes n’avait pas, mit-elle ces armes au service des malheureux qu’elle regardait orgueuilleuse du haut de ses murs ? Loin de là ! Guidée par un sentiment purement égoïste, la commune du Moyen-Âge s’enferma dans ses remparts. Que de fois n’a t’elle pas fermé ses portes et levé ses ponts devant les esclaves qui venaient lui demander refuge et ne les a t’elle pas laissé massacrer par le seigneur, sous ses yeux, à la portée de ses arquebuses. [...] La commune du Moyen-Age cherchait à se circonscrire dans ses murs; celles du XIXème siècle (et plus-avant) à s’étendre, à s’universaliser. A la place des privilèges communaux, elle a mis la solidarité humaine.
Pour sa forme pratique, Kropotkine précise:
Grâce à la variété infinie des besoins de l’industrie, du commerce, tous les lieux habités ont déjà plusieurs centres auxquels ils se rattachent et à mesure que leurs besoins se développeront, ils se rattacheront à de nouveaux centres qui pourront subvenir à des nécessités nouvelles. Nos besoins sont si variés, ils naissent avec une telle rapidité, que bientôt une seule fédération ne suffira plus à les satisfaire tous. La commune se sentira donc la nécessité de contracter d’autres alliances, d’entrer dans une autre fédération. Membre d’un groupe pour l’acquisisition des denrées alimentaires, la Commune devra se faire membre d’un autre groupe pour obtenir d’autres objets qui lui sont nécessaires, les métaux par exemple et puis encore d’un troisième ou quatrième groupe pour du textile ou autres choses… Les fédérations de communes, si elles suivaient leur libre développement, viendraient bientôt s’enchevêtrer, se croiser, se superposer et former ainsi un réseau bien autrement compact, ‘un et indivisible”, que ces groupements étatistes, qui ne sont que juxtaposés, comme les verges en faisceau autour de la hache du licteur. Ainsi, répétons-le, ceux qui viennent nous dire que les communes, une fois débarassées de la tutelle de l’État, vont se heurter et se détruire entre elles par des guerres intestines, oublient une chose: la liaison intime qui existe déjà entre les diverses localités grâce aux centres de gravitation industrielle et commerciale; grâce à la multitude de ces centres, à leurs incessantes relations… Souvenons-nous de ces fédérations qui surgirent spontanément en Espagne et sauvèrent l’indépendance du pays lorsque l’État était ébranlé jusque dans ses fondements lors de la conquête des armées de Napoléon. Dès que l’État n’est plus à même d’imposer l’union forcée, l’union surgit d’elle-même, selon les besoins naturels. Renversez l’État et la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, mais libre et grandissant en solidarité par sa liberté même.
Kropotkine passe ensuite à l’analyse d’un cas particulier de commune moderne de son epoque: la “Commune de Paris”, publié en 1882, onze ans après celle-ci.  Dans son analyse il dit ceci de manière visionnaire: “D’après les socialistes allemands, l’État devrait prendre possession de toutes les richesses accumulées et les donner aux associations ouvrières, organiser la production et l’échange, veiller à la vie, au fonctionnement de la société. Ce à quoi les socialistes latins, forts de leur expérience, répondaient qu’un pareil État, en admettant même que par impossible il put exister, eût été la pire des tyrannies et ils opposaient à cet idéal, copié sur le passé, un idéal nouveau, l’anarchie, c’est à dire l’abolition complète des États et l’organisation du simple au composé par la fédération libre des forces populaires, des producteurs et des consommateurs.”
Toute porteuse d’espoirs immenses qu’elle fut, la Commune de 1871 n’en demeura pas moins une ébauche qui commît beaucoup d’erreurs fatales comme Kropotkine le nota: “La Commune de 1871 ne pouvait être qu’une première ébauche. Née à l’issue d’une guerre, cernée par deux armées prêtes à se donner la main pour écraser le peuple, elle n’osa se lancer entièrement dans voie de la révolution économique; elle ne se déclara pas franchememt socialiste, ne procéda ni à l’expropriation des capitaux, ni à l’organisation du travail; ni même au recensement général de toutes les ressources de la cité. Elle ne rompît pas non plus avec la tradition de l’État, du gouvernement représentatif et elle ne chercha pas à effectuer dans la commune cette organisation du simple au complexe qu’elle inaugurait en proclamant l’indépendance et la libre fédération des communes.
[...]
Sachons aussi que la prochaine révolution qui, en France et certainement en Espagne, sera communaliste, reprendra l’œuvre de la Commune de Paris là où l’ont arrêté les assassinats des Versaillais. La Commune succomba et la bourgeoisie se vengea, nous savons comment, de la peur que le peuple lui avait faite en secouant le joug de ses gouvernants… ‘Terrassée mais non vaincue’, la Commune renaît aujourd’hui. Ce n’est plus seulement un rêve de vaincus caressant dans leur imagination un beau mirage d’espérance; non ! ‘La Commune’ devient aujourd’hui le but précis et visible de la révolution qui gronde déjà près de nous. L’Idée pénètre les masses, elle leur donne un drapeau et nous comptons sur la présente génération pour accomplir la révolution sociale dans la commune, pour venir mettre fin à l’ignoble exploitation bourgeoise, débarasser les peuples de la tutelle de l’État, inaugurer dans l’évolution de l’espèce humaine, une nouvelle ère de liberté, d’égalité et de solidarité.

Kropotkine questionne ensuite la sempiternelle tactique révolutionnaire qui voit très souvent son camp se diviser. Faut-il assurer d’abord la victoire ou se soucier de la révolution sociale avant tout ? La Commune de Paris voyait son indépendance comme un outil, la révolution sociale étant son but. Elle n’en eût pas le temps, mais une grande indécision règnait dans les esprits et selon Kropotkine: “Alors on se laissa berner par ce raisonnement que les endormeurs répètent depuis des siècles: ‘Assurons-nous d’abord de la victoire, nous verrons ensuite ce que nous pourrons faire !.. S’assurer d’abord la victoire ! Comme si on pouvait constituer une commune libre sans toucher à la propriété !.. On cherchait à consolider d’abord la Commune en renvoyant à plus tard la révolution sociale, tandis que l’unique moyen de procéder était de consolider la Commune par la révolution sociale !..  En proclamant la Commune libre, le peuple de Paris proclamait un principe essentiellement anarchiste, mais comme à cette époque l’idée anarchiste n’avait que faiblement pénétré dans les esprits, il s’arrêta à moitié en chemin et au sein de la Commune il se prononça encore pour le vieux principe autoritaire, en se donnant un conseil de Commune, copié sur les conseils municipaux. Si nous admettons en effet qu’un gouvernement central est absolument inutile pour régler les rapports des communes entre elles, pourquoi en admettrions-nous la nécessité pour règler les rapports mutuels des groupes qui constituent la Commune ? Un gouvernement dans la commune n’a pas plus de raison d’être qu’un gouvernement au dessus de la commune. Mais en 1871, le peuple de Paris, qui a renversé tant de gouvernements n’en était qu’à son premier essai de révolte contre le système gouvernemental et il se donna un gouvernement [...] Lors de la prochaine révolution, le peuple saura ce qu’il faut faire, il saura ce qui l’attend s’il ne remporte pas une victoire décisive et il agira en conséquence… Après avoir donné un bon coup de balais aux parasites qui le rongent, il s’emparera lui-même de toute la richesse sociale pour la mettre en commun selon les principes du communisme anarchiste et lorsqu’il aura aboli complètement la propriété, le gouvernement et l’État, il se constituera librement selon les nécessités qui lui seront dictées par la vie elle-même. Brisant ses chaînes et renversant ses idoles, l’humanité marchera alors vers un meilleur avenir, ne connaissant plus ni maitres ni esclaves, ne gardant de la vénération que pour les nobles martyrs qui ont payés de leur sang et de leurs souffrances, ces premières tentatives d’émancipation, qui nous ont éclairées dans notre marche vers la conquête de la liberté.
Kropotkine avait étudié de près le processus révolutionnaire et il avait fini par réaliser, vraisemblablement à juste titre, qu’un des fondements majeur de la révolution sociale passerait par l’expropriation des propriétaires des moyens de production, de distribution et de services, qu’ils soient privé ou étatique. Il écrivit à ce sujet: “Le jour où, en conséquence du développement de la situation révolutionnaire, les gouvernements seront balayés par les peuples et la désorganisation jetée dans le camp de la bourgeoisie, qui ne se maintient que par la protection de l’État, ce jour là, et il n’est pas si loin, le peuple insurgé n’attendra pas qu’un gouvernement quelconque décrète dans sa sagesse inouïe des réformes économiques. Il abolira lui-même la propriété individuelle par l’expropriation violente, en prenant possession, au nom du peuple entier, de toute la richesse sociale accumulée par le travail des générations précédentes [...] Le baron industriel qui prélève le butin sur l’ouvrier, une fois évincé, la production continuera en se débarassant des entraves qui la gênent, en abolissant les spéculations qui la tuent et le gâchis qui la désorganise et en se transformant conformément aux nécessités du moment sous l’impulsion qui lui sera donnée par le travail libre. ‘Plus jamais on ne labourera en France comme en 1793, après que la terre fut arrachée des mains des seigneurs’, écrivit Michelet. Jamais on n’a travaillé comme on travaillera le jour où le travail sera devenu libre, où chaque progrès du travailleur sera une source de bien-être pour l’entière commune.
Enfin Kropotkine est pratiquement le seul révolutionnaire à convenir d’une évidence pourtant importante qu’il est particulièrement vital de comprendre avant toute chose, à savoir que tout révolutionnaire ne va pas bien loin le ventre vide. C’est aussi simple que cela. A cet égard, il faut donner une attention toute particulière aux campagnes, chose que la révolution française a perdu de vue et que toutes les révolutions qui ont suivies (sauf celle menée par Mao Tsé Toung plus tard) ont également perdu de vue ou carrément ignoré, dans la pure tradition marxiste du slogan voulant que  le “prolétariat est la seule classe révolutionnaire”. Kropotkine est lucide et clair à ce sujet:
Il y a pourtant une lacune regrettable dans les réunions populaires que nous désirons signaler: rien ou presque n’est fait pour les campagnes. Tout s’est borné aux villes. La campagne semble ne pas exister pour les travailleurs des villes. Même les orateurs qui parlent du caractère de la prochaine révolution évitent de mentionner les campagnes et le sol. Ils ne connaissent pas le paysan et ses désirs et ne se hasardent pas à parler en son nom… L’émancipation du prolétariat ne sera même pas possible, tant que le mouvement révolutionnaire n’enbrassera pas les villages. Les communes insurgées ne sauraient même pas tenir un an si l’insurrection ne se propageait pas dans les villages. Lorsque l’impôt, l’hypothèque, la rente, seront jetés aux quatre vents et abolies ainsi que les institutions qui les prélèvent, il est certain que les villages comprendront les avantages de cette révolution…
La révolution ne sera victorieuse que le jour où le travailleur des usines et le cultivateur des champs marcheront la main dans la main à la conquête de l’égalité pour tous, en portant le bonheur dans les chaumières tout comme dans les édifices des grandes agglomérations industrielles
.”
En ce qui concerne l’organisation plus moderne de la commune libre, nous pouvons nous référer aux témoignages et analyses de l’anarchiste et économiste espagnol Diego Abad de Santillan, qui fut un des leaders du mouvement anarchiste espagnol et de son organisation libertaire lors de la révolution espagnole des années 1930. Il fut secrétaire à la Federacion Anarquista Iberica (FAI) en 1935 et rédacteur en chef des publications “Solidaridad Obrera” (Solidarité Ouvrière) et “Tierra y Liberdad” (Terre et Liberté). De Santillan écrivit une analyse “Après la révolution” en 1937, c’est à dire durant la révolution espagnole. Ses analyses demeurent aujourd’hui d’excellentes références quant à la fonctionalité au quotidien d’une révolution libertaire, qui une fois de plus a défriché le terrain et montré la perfectibilité de l’affaire. Nous devons ici noter que De Santillan fut ministre de l’économie dans la république espagnole et fut de ceux qui pensèrent qu’il était possible de réformer le système étatique de l’intérieur, il fut une fois de plus prouvé que cela ne peut pas marcher.
Dans le chapitre “L’organisation du travail”, de Santillan nous dit: “Nous avons parfaitement conscience que le chemin de la reconstruction du monde n’est pas libre de tout obstacle, d’erreurs et de croisées des chemins. Aucun humain n’est infaillible, encore moins les institutions, quelque soit leur niveau révolutionnaire. Ce qui est important comme première étape est de créer un organisme qui résoudra les problèmes quotidiens et immédiats de la révolution. Cet organisme, nous pensons, ne peut pas être autre chose que le travail organisé, sans intervention de l’état et sans intermédiaires ni parasites. Nous ne pouvons pas revenir au primitivisme, nous devons aspirer à un régime de production et de distribution géré par les producteurs et les consommateurs eux-mêmes, réalisant ainsi la coordination maximale de tous les facteurs productifs [...] A la place du capitaliste, du propriétaire privé et de l’entrepreneur, nous aurons paré la révolution des conseils industriels, de magazins, qui seront constitués des travailleurs, des exécutifs, des techniciens en représentation du personnel des entreprises, qui auront le droit de modérer et de révoquer leurs délégués. Personne ne connaît mieux que les travailleurs qu’eux-mêmes et les dispositions de chacun dans un environnement déterminé. Là, lorsque tout le monde connaît tout le monde, la pratique de la démocratie est possible.”
Plus loin, de Santillan explique: “Avec la révolution, la propriété privée est supprimée, mais la fabrication doit continuer et suivre les mêmes méthodes et développement de production. Ce qui change, c’est la distribution des produits, qui au lieu d’obéir aux lois de l’intérêts et des bénéfices, doit satisfaire les besoins généraux sur une base équitable. L’usine n’est pas un organisme isolé, elle ne peut pas non plus fonctionner indépendemment. Elle est partie prenante d’un réseau complexe, qui s’étend au travers des localités, régions et nation et au-delà des frontières.
Dans le domaine pratique, la vie sociale et professionnelle en Espagne révolutionnaire était organisée comme suit:
Les conseils d’entreprises seront combinés par leur relation fonctionnelle et formeront les syndicats de producteurs de produits similaires, les syndicats du commerce ou d’industrie. Ces nouvelles entités n’ont pas d’autorité propre dans la structure interne des localités. Elles s’occupent de la modernisation des outils et des méthodes, elles gèrent la fusion et la coordination des entreprises, la suppression des entités non-productives etc… Les syndicats sont les organismes de représentation de la production locale et non seulement se préoccupent-ils de sa préservation, mais conditionnent le futur, créant des écoles d’apprentissage, des instituts de recherche et des laboratoires expérimentaux en accord avec les besoins, les moyens et l’initiative présents et futurs. Les syndicats sont co-ligués en accord avec les fonctions de base de l’économie que nous divisons en dix-huit secteurs ou branches générales d’activités nécessaires à la marche progressiste d’une société moderne. Ces secteurs sont les suivants:

  • Conseil à l’alimentation
  • Conseil des industries de construction
  • Conseil de l’habillement et du textile
  • Conseil de l’agriculture
  • Conseil de la production animalière
  • Conseil des forêts
  • Conseil des mines et de la pêche
  • Conseil des utilités publiques
  • Conseil du transport
  • Conseil de la communication
  • Conseil de l’industrie chimique
  • Conseil sanitaire
  • Conseil de la métallurgie
  • Conseil des économie locales
  • Conseil des économies régionales
  • Conseil fédéral de l’économie
  • Conseil du commerce et de l’échange
  • Conseil des activités culturelles, éducatives et de publication

Ceci bien sûr ne représente qu’un exemple de structure libertaire fonctionnel mais bien sûr tout à fait perfectible. Ceci fut appliqué dans l’Espagne des années 1930 avec beaucoup de succès avant que la ligue des intérêts particuliers ne se coalisent (républiques, monarchies, fascismes brun et rouge ainsi que l’église) pour écraser dans le sang la menace directe à leur oligarchie historique.

Le lien d’une telle société repose sur un confédéralisme, une association volontaire des associations volontaires en quelque sorte. Le mouvement du municipalisme libertaire créé par l’ancien marxiste devenu anarchiste américain et fondateur du mouvement d’écologie sociale Murray Bookchin, définit et analyse ainsi le confédéralisme en 1990 (traduit de son essai “The meaning of Confederalism”):
Le décentralisme et la durabilité autogérée doivent impliquer un principe d’organisation sociale bien plus large qu’un simple localisme. Avec la décentralisation, les approximations de l’auto-suffisance, des communautés à l’échelle de gestion humaine, les écotechnologies, etc, il y a également un besoin pour des formes démocratiques et vraiment communautaires d’interdépendance, bref pour des formes libertaires de confédéralisme.
[...] Qu’est-ce que le confédéralisme ? C’est avant tout un réseau de conseils administratifs dont les membres ou les délégués sont élus au cours d’assemblées populaires face-à-face, ce dans de nombreux villages, villes et même des voisinages de grandes villes. Les membres de ces conseils confédérés sont mandatés de manière stricte, leur mandat est révocable à tout moment et sont directement responsables devant les assemblées qui les ont élus. Leur fonction est donc purement administrative et pratique, ils n’ont pas de fonction de décideurs politiques comme dans la fonction représentative des systèmes républicains de gouvernement.
Une vision confédéraliste implique une distinction claire entre la décision politique et la coordination pour l’exécution des politiques adoptées. La décision politique demeure le seul droit des assemblées populaires des communes basée sur les pratiques de la démocratie participative. L’administration et la coordination sont les responsabilités des conseils confédéraux, qui deviennent les moyens pour lier les villages et communes entre eux, les villes, les voisinages. Le pouvoir radie de ce fait du bas vers le haut et non plus du haut vers le bas et dans les confédérations, la fluidité du pouvoir du bas vers le haut diminue le champ d’action du conseil confédéral.
Un élément crucial pour donner une réalité au confédéralisme est de maintenir l’interdépendance des communautés pour un mutualisme authentique basé sur le partage des ressources, des produits et de la politique décionnaire. Si une communauté n’est pas obligée de compter sur les autres ou un autre de manière générale pour satisfaire des besoins matériels importants et réaliser des buts politiques communs de telle façon qu’elle soit inter-reliée avec un tout plus important, le sentiment d’exclusivité et une certaine arrogance peuvent survenir de manière évidente. Ce n’est que dans la mesure où nous reconnaissons que la confédération doit être conçue comme une forme d’extension de l’administration participatrice, par le moyen de réseaux confédéraux, que la décentralisation et le localisme préviennent les communautés qui composent de plus grands corps d’association de se replier sur elle-même et de faire acte de protectionnisme aux dépends des zones élargies de l’association humaine. Le confédéralisme est donc un moyen de perpétuer l’interdépendance qui doit exister entre les communautés et les régions; en fait, c’est un moyen de démocratiser l’interdépendance sans abandonner le principe de contrôle local. Alors qu’une mesure raisonnable d’auto-suffisance est désirable pour chaque localité et région, le confédéralisme est un moyen d’éviter une certain esprit de clocher qui pourrait s’instaurer et  une division nationale et mondiale extravagante d’un autre côté. Bref, c’est un moyen par lequel une communauté peut retenir son identité et sa plénitude tout en participant de manière partagée à un plus grand tout qui est et façonne une société écologique équilibrée.
Le confédéralisme en tant que principe d’organisation sociale atteint son meilleur développement quand l’économie elle-même est confédéralisée en plaçant les fermes locales, les usines et autres entreprises utiles entre les mains de la municipalité locale, ce qui veut dire, quand une communauté, petite ou grande, commence à gérer ses propres ressources économiques au sein d’un réseau interrelié avec d’autres communautés. Forcer le choix entre soit l’autonomie d’un côté ou un système d’échange de marché d’un autre, est une dichotomie simplistique et inutile. Je préfère penser qu’une société écologique confédérée serait une société du partage, une société fondée sur le plaisir qui est ressenti lorsqu’on distribue parmi les communautés en accordance avec leurs besoin et non pas une société fondée dans laquelle les communautés “coopératives” capitalistes se comtemplent dans le quiproquo des relations d’échange.
Impossible ? A moins que nous ne croyons que la propriété nationalisée (ce qui renforce le pouvoir politique de l’état centralisé et du pouvoir économique) ou une économie de marché privé (dont la loi “croissance ou mourir” menace de torpiller la stabilité écologique de la planète entière) soient plus pratiques et efficaces, je ne vois pas quelle alternative viable se présente à nous mis à part la municipalisation confédérée de l’économie… Pour une fois, il sera nécessaire de transcender les statuts des intérêts traditionnels spéciaux du travail, du lieu de travail, de la relation à la propriété et de créer un intérêt général fondé sur des problèmes partagés par la communauté.

La littérature est abondante sur l’ensemble de ces sujets et nous n’en avons mentionné (subjectivement il est vrai), qu’une petite partie, mais nous pensons cette revue depuis le départ, être suffisamment éclectique pour que tout à chacun puisse avoir des éléments de réflexion et de recherche personnelle sur ces aspects O combien importants de nos vies: la compréhension de la société, la différence état/société qui est bien réelle quoi qu’on veuille nous faire croire, l’état et la démythification de celui-ci pour le comprendre dans toute sa représentation mortifère, la méthode de la désobéissance civile comme un des moyens d’établir une société égalitaire, non hiérarchique, constituée de communes libres confédérées, tendant à l’échelle mondiale vers le bien commun, le progressisme véritable et l’émancipation sociale et politique. Nous pensons que le monde vit une époque dangereuse: celle où l’oligarchie a décidé d’établir le chaos généralisé sur terre duquel, pour elle, naîtra leur Nouvel Ordre Mondial, leur gouvernance mondiale de l’état unique supra national fasciste, géré par les leaders transnationaux des cartels banquiers et de la grosse industrie. Le plus froid des monstres froids comme aurait dit Nietschze, consolidant les monopoles et plongeant le monde dans une société néo-féodales post-industrielle. Certains éléments sont déjà en place, d’autres se consolident. La balle est dans le camp des peuples. C’est en fait à nous de sortir de la torpeur induite dans laquelle nous avons été plongés et de nous arroger le pouvoir de dire NON ! et de reprendre le pouvoir usurpé pour le diluer immédiatement dans le peuple en suivant et en améliorant les bases de la société libertaire, seul avenir de l’humanité à terme, bases qui nous ont déjà été jetées et qu’il ne tient qu’à nous de faire fructifier pour le bien-être réel de tous, hors de l’illusion du confort que la matrix oligarchique nous offre.
Au bout du compte, environ 0,001% de la population mondiale dicte sa volonté au 99,999% restant… Ceci est bien la preuve que la propagande fait le système.

Puisse 2013 être une année marquante pour l’émancipation politique et sociale mondiale. Suivons les mouvements des natifs des Amériques (Chiapas et Oaxaca au Mexique, Mapuches au Chili, les mouvements de lutte des indiens d’Amazonie et le mouvement canadien Idle No More qui prend de l’ampleur), des peuples d’Afrique et du mouvement de libération de la Palestine dont la cause présente tant de similitudes avec celles des autochtones d’Amérique du Nord et du Sud; ce sont eux qui nous montrent la voie, passons outre l’arrogance de notre "élite" autoproclamée et embrassons leur cause, car en définitive, elle est la notre également. Leur émancipation est la notre car nous sommes oppressés par les mêmes, à des degrés (à peine) différents voilà tout…

Ya Basta ! çà suffit !

= = =

Bibliographie:

Clastres Pierre, “La société contre l’État”, éditions de minuit, 1974

Confédération Haudenosaunee (iroquoise), Kaianerekowa Hotinonsionne (La grande loi de la paix du peuple de la longue maison), ~ an 1000

Kropotkine Pierre, “L’État son rôle historique”, Les temps nouveaux, 1906

Goldman Emma, “L’individu, la société et l’État”, Free Society Forum, Chicago, 1940

Marat Jean Paul, “Les chaînes de l’esclavage” 1774, éditions complexe, 1988, reprise de l’édition d’Adolf Havard, 1833

Proudhon Pierre Joseph, “Justice et Liberté”, 1850, PUF 1962

Leval Gaston, “L’État dans l’Histoire”, éditions du Monde Libertaire, 1983

Bakounine Michel, “Dieu et l’État”, éditions mille et une nuits, 2000, original publié à titre posthume en 1882

Thoreau David Henry, “La désobéissance civile”, éditions mille et une nuits, 1996, texte original de 1849

Zinn Howard, “Disobedience and Democracy, Nine Fallacies on Law and Order”, éditions Vintage Book, 1968

Kropotkine Pierre, “La Commune suivie de la Commune de Paris”, édition L’altplano, 2008, textes originaux de 1880 et 1882

De Santillan, Diego (Abad), “Après la révolution”, 1937

Bookchin Murray, “The Meaning of Confederalism”, Left Green Publication, 1989

Résistance politique: En savoir plus sur la société, l’État, la désobéissance civile et la commune libre pour mieux agir – 1ère partie -

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, documentaire, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , le janvier 1, 2013 par Résistance 71

Bienvenus à notre première publication pour 2013. Nous pensons qu’il est essentiel pour mieux agir individuellement et collectivement pour le bien commun, d’en savoir plus sur la société, l’État, les dogmes et les mythes qui les entourent ainsi que les solutions possibles au marasme dont nous sommes à la fois les témoins et les victimes…

Petits précis donc pour aider à mieux analyser et agir. Nous avons divisé ce long essai en plusieurs parties qui seront publiées à intervalle régulier.

Aujourd’hui 1er Janvier 2013, 1ère partie: La Société

– Résistance 71 –

 

Petits précis sur la société, l’état, la désobéissance civile et la commune volontaire autogérée, solution au marasme systémique actuel

 

par Résistance 71

 

Le 1er Janvier 2013

2ème partie

3ème partie

4ème partie

 

Nous allons essayer ici de briser les clichés et les fallacies du martelage sociologique incessant depuis le XVIIème siècle et les thèses pseudo-scientifiques d’un certain Malthus sur la “surpopulation”, relayées par la suite au travers des théories du darwinisme-social erronées et mortifères, le tout concernant la société et l’état dans leur sens consensuel et très peu souvent remis en cause.

Que nous dit le consensus ethno-sociologique depuis près de 400 ans ?

Pour résumer, que l’évolution a favorisé les plus aptes pour la survie, que cette loi immuable de la nature se transfère dans la société humaine, régit par la loi du plus fort, la survie du plus apte (Herbert Spencer, Thomas Huxley, XIXème siècle) et qu’en conséquence directe, l’inégalité au sein de l’humanité est “naturelle”, inéluctable et que les humains dans leur vaste majorité sont inaptes à comprendre ce qui est juste et bon pour eux et à prendre des décisions appropriés et durables et qu’il leur faut être dirigés en permanence par une “élite eclairée”, qui les guidera vers la “lumière de la civilisation”. Que cette “direction” peut prendre la forme de monarchie absolue, de monarchie constitutionnelle, d’états religieux ou séculiers, qui se sont succédés au cours de l’Histoire, forme de pouvoir “naturellement” dirigée par la minorité des plus aptes à diriger et à prendre les décisions “justes” pour l’ensemble des participants de la société. Bref,. Nous sommes, depuis le XVIème siècle, qui a vu l’avènement des états-nations sous la forme de la monarchie de droit divin dite monarchie absolue, sous la houlette au mieux d’une oligarchie, au pire d’une ploutocratie qui dirige les sociétés non pas en vue du bien commun, de la quête du bonheur pour tous, mais en vue exclusive de la préservation de ses privilèges et de la consolidation de son pouvoir monopoliste oppresseur, exploiteur et coercitif.

Ceci est devenu limpide depuis longtemps pour ceux qui sont attentifs aux développement de nos sociétés au cours de l’Histoire, et depuis 2008, évident également pour bon nombre de gens en analysant leur vie quotidienne au sein d’une société en crise systémique depuis les quatre dernières années.

Nous allons essayer de mieux faire comprendre cet état de fait en utilisant les écrits de gens comme Henry David Thoreau, Howard Zinn, Pierre Kropotkine, Pierre Clastres, Gaston Leval et des textes comme la constitution des cinq nations iroquoises, qui est la constitution la plus ancienne de l’humanité, écrite, d’après les experts aux alentours  de l’an 1000 et faire entrevoir où la solution au mal sociétaire qui nous afflige toutes et tous pourrait se trouver. Nous allons étudier ce que les auteurs sus-mentionnés ont à nous dire objectivement après analyse scientifique des aspects de la société, de l’état, de la désobéissance civile et de modèles de remplacement du modèle “inéluctable” non-inéluctable produit et imposé par la minorité afin de contrôler la majorité.

Dans un premier temps nous verrons ce que nous dit sur la société et l’état, Pierre Clastres, ethnologue et anthropologue français de renommée internationale, dont les travaux en anthropologie politique ont révolutionné les concepts existant sur l’évolution des sociétés et l’origine (ou plutôt la non-origine) de l’État. Puis nous verrons ce que nous disent des penseurs comme Kropotkine et Leval sur l’état, Zinn et Thoreau sur la désobéissance civile vue comme un outil de transformation de la société vers un absolu de justice et d’égalité sociales et politiques, pour finalement entrevoir avec Proudhon, Kropotkine et Murray Bookchin, comment la société pourrait décemment évoluer vers un modèle égalitaire, non pyramidal et anti-autoritaire, dans un futur proche.

Dans “La Société contre l’État” (Editions de Minuit, 1974), Pierre Clastres nous fait part des résultats de ses recherches qui montrent, à l’encontre des dogmes établis, que “la société primitive” n’est pas une société en devenir, une société en cours de développement et “d’étatisation” (l’avènement de l’État dans l’Histoire étant vu pour certains, comme le philosophe Hegel et d’autres, comme la réalisation de la Raison dans l’Histoire, impliquant la fin de celle-ci), mais au contraire une société qui refuse l’état et le pouvoir coercitif. Il nous dit (p.19) que “les peuples sans écriture ne sont donc pas moins adultes que les sociétés lettrées. Leur histoire est aussi profonde que la nôtre et à moins de racisme, il n’est aucune raison de les juger incapables de réfléchir à leur propre expérience et d’inventer à leurs problèmes des solutions appropriées.” Dans l’ultime chapitre du livre (p.163) ils nous confirment que: “Il n’y a donc pas de hiérarchie dans le champ de la technique, il n’y a pas de technologie supérieure ni inférieure; on ne peut mesurer un équipement technologique qu’à sa capacité de satisfaire, en un milieu donné, les besins de la société.” Plus bas à la page 19, Clastres stipule que la vision et le jugement porté sur les “sociétés archaïques” n’est qu’une vue de l’esprit, déformée par le miroir de l’ethnocentrisme et de la pensée occidentale dominante, il dit: “L’obstacle épistémologique que la ‘politicologie’ n’a pas su jusqu’à présent surmonter, nous avons cru le déceler dans l’ethnocentrisme culturel de la pensée occidentale, lui-même lié à une vision exotique des sociétés non occidentales. Si l’on s’obstine à réfléchir sur le pouvoir à partir de la certitude que sa forme véritable se trouve réalisée dans notre culture, si l’on persiste à faire de cette forme la mesure de toutes les autres, voire même leur télos, alors assurément on renonce à la cohérence du discours et on laisse se dégrader la science en opinion. La science de l’Homme n’est peut-être pas nécessaire.”

La société prime l’État, qui n’est pas la condition sine qua non du développement. Les sociétés ont existé avant l’état et sont inhérentes à la grégarité humaine (vie en groupe) au contraire de l’état qui est la forme aboutie et perfectionnée de la coercition et de l’exploitation de la vaste majorité par la minorité oligarchique. Plus loin dans son étude Clastres nous dit (p.131):

Il y a évènement historique lorsque, aboli de ce qui les sépare et donc les voue à l’inexistence, pouvoir et parole s’établissent dans l’acte même de leur rencontre. Toute prise de pouvoir est aussi un gain de parole. Il va de soi que tout cela concerne en premier lieu les sociétés fondées sur la division: maîtres-esclaves, seigneurs-sujets, dirigeants-citoyens, etc. La marque primordiale de cette division, son lieu privilégié de déploiement, c’est le fait massif, irréductible, peut-être irréversible, d’un pouvoir détaché de la société globale en ce que quelques membres seulement le détiennent, d’un pouvoir qui, séparé de la société, s’exerce sur elle et au besoin, contre elle. Ce qui est désigné ici c’est l’ensemble des sociétés à État, depuis les despotismes les plus archaïques, jusqu’aux états totalitaires les plus modernes, en passant par les sociétés démocratiques dont l’appareil d’État, pour être libéral, n’en demeure pas moins le maître lointain de la violence légitime.”

Un peu plus loin (p.134), il assène: “Dans la société primitive, dans la société sans État, ce n’est pas du côté du chef que se trouve le pouvoir: il en résulte que sa parole ne peut pas être parole de pouvoir, d’autorité, de commandement. Un ordre: voilà bien ce qu’un chef ne saurait donner, voilà bien le genre de plénitude refusée à sa parole. Au delà du refus d’obéissance que ne manquerait pas de provoquer une telle tentative d’un chef oublieux de son devoir, ne tarderait pas à se poser le problème de sa reconnaissance… La société primitive est le lieu du refus d’un pouvoir séparé, parce qu’elle-même et non le chef est le lieu réel du pouvoir.

La société primitive sait par nature, que la violence est l’essence du pouvoir.  En ce savoir s’enracine le souci de maintenir constamment à l’écart l’un de l’autre le pouvoir et l’institution, le commandement et le chef. C’est le champ même de la parole qui assure la démarcation et trace la ligne de partage. En contraignant le chef à se mouvoir seulement dans l’élément de la parole, c’est à dire dans l’extrême opposé de la violence, la tribu s’assure que toutes les choses restent à leur place, que l’axe du pouvoir se rabat sur le corps exclusif de la société et que nul déplacement des forces ne viendra bouleverser l’ordre social. Le devoir de parole du chef, ce flux constant de parole vide qu’il doit à la tribu, c’est sa dette infinie, la garantie qui interdit à l’homme de parole de devenir homme de pouvoir.

Peut-on être plus explicite ? La “société primitive” mérite t’elle le mépris ethnocentriste au mieux, raciste au pire, que l’occident dogmatisé à dessein lui octroie depuis l’avènement de la pseudo-science du darwinisme-social ? Qui est vraiment “primitif” ?

L’apogée de son étude intervient dans le dernier chapitre qui porte le titre du livre (p.161). Là, Clastres nous livre l’essence même de l’antagonisme entre la société et l’état résultant de ses recherches ethno-anthropologiques, ainsi qu’une définition révisée du travail: “Les sociétés primitives sont des sociétés sans état: ce jugement de fait, en lui-même exact, dissimule en vérité une opinion, un jugement de valeur qui grève dès lors le possibilité de continuer une anthropologie politique comme science rigoureuse. Ce qui en fait est énoncé est que, les sociétés primitives sont ‘privées de quelque chose’: l’État, qui leur est, comme toute autre société, la nôtre par exemple, nécessaire. Ces sociétés sont donc ‘incomplètes’. Elles ne sont pas tout à fait de vraies sociétés; elles ne sont pas policées; elles subsistent peut-être dans l’expérience douloureuse d’un manque, le manque d’État, qu’elles tenteraient toujours mais en vain de combler. Plus ou moins confusément, c’est bien cela que disent les chroniques des voyageurs ou les travaux des chercheurs: on ne peut pas penser la société sans l’État. L’État est le destin de toute société. On décèle dans cette démarche un ancrage ethnocentriste d’autant plus solide qu’il est le plus souvent inconscient.

[...] Ces sociétés seraient, dit-on, condamnées à une économie de subsistance pour cause d’infériorité technologique. Cet argument n’est fondé, on vient de le voir, ni en droit ni en fait, ni en droit car il n’y a pas d’échelle abstraite sur laquelle nous pouvons mesurer les ‘intensités technologiques’: l’équipement technique d’une société n’est pas comparable directement à celui d’une autre différente, on ne peut opposer le fusil à l’arc ; ni en fait donc puisque l’archéologie, l’ethnographie, la botanique etc, nous démontrent précisément la puissance de rentabilité et d’efficacité des technologies sauvages. Donc si les sociétés primitives reposent sur une économie de subsistance, ce n’est pas faute de savoir-faire technique. Voilà justement la vraie question: l´économie de ces sociétés est-elle vraiment une économie de subsistance ?

[...] Dans la société primitive, société par essence égalitaire, les hommes sont maîtres de leur activité, maîtres de la circulation des produits de cette activité: ils n’agissent que pour eux-mêmes, quand bien même la loi d’échange des biens médiatise le rapport direct de l’homme à son produit. Tout est bouleversé par conséquent, lorsque l’activité de production est détournée de son but initial, lorsque, au lieu de produire seulement pour lui-même, l’homme primitif produit aussi pour les autres, sans échange et sans réciprocité. C’est alors que l’on peut parler de travail: quand la règle égalitaire d’échange cesse de constituer le ‘code civil’ de la société, quand l’activité de production vise à satisfaire les besoins des autres, quant à la règle échangiste se substitue la terreur de la dette. C’est bien là en effet qu’elle s’inscrit la différence entre le Sauvage amazonien et l’Indien de l’empire inca. Le premier produit en somme pour vivre, tandis que le second travaille en plus, pour faire vivre les autres, ceux qui ne travaillent pas, les maîtres qui lui disent: il faut payer ce que tu nous dois, il faut éternellement rembourser la dette à notre égard.

[...] La division majeure de la société, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c’est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c’est la grande coupure politique entre détenteurs de la force, qu’elle soit guerrière ou religieuse et assujettis à cette force. La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”

Plus loin dans ce dernier chapitre, Clastres analyse les différences fondamentales entre la “société primitive” sans état et la “société étatique”. C’est ainsi que nous apprenons que:

…L’apparition de l’État a opéré le grand partage typologique entre Sauvages et Civilisés, elle a inscrit l’ineffaçable coupure dans l’au-delà de laquelle tout est changé, car le Temps devient l’Histoire.

[...] Le continent américain illustre clairement l’autonomie respective de l’économie et de la société. Des groupes de chasseurs-pêcheurs-collecteurs, nomades ou non, présentent les mêmes propriétés socio-politiques que leurs voisins agriculteurs sédentaires: ‘infrastructures’ différentes, ‘superstructure’ identique. Inversement, , les sociétés méso-américaines, sociétés impériales, sociétés à État, étaient tributaires d’une agriculture qui, plus intensive qu’ailleurs, n’en demeurait pas moins, du point de vue de son niveau technique, très semblable à celle des tribus ‘sauvages’ de la forêt tropicale: “infrastructure” identique, “superstructures’ différentes, piuisqu’en un cas il s’agit de sociétés sans État et dans l’autre d’États achevés.

C’est donc bien la coupure politique qui est décisive et non le changement économique. La véritable révolution dans la protohistoire de l’humanité, ce n’est pas celle du néolithique, puisqu’elle peut très bien laisser intacte l’ancienne organisation sociale, c’est la révolution politique, c’est cette apparition mystérieuse, irréversible, mortelle pour les sociétés primitives de ce que nous connaissons sous le nom de l’État.

[...] L’État dit-on, est l’instrument qui permet à la classe dominante d’exercer sa domination violente sur les classes dominées. Soit. Pour qu’il y ait apparition de l’État, il faut donc qu’il y ait auparavant division de la société en classes sociales antagonistes, liées entre elles par des relations d’exploitation. Donc la structure de la société, la division en classes, devrait précéder l’émergence de la machine étatique. Observons au passage la fragilité de cette conception purement instrumentale de l’État. Si la société est organisée par des oppresseurs capables d’exploiter des opprimés, c’est que cette capacité d’imposer l’aliénation repose sur l’usage d’une force, c’est à dire sur ce qui fait la substance même de l’État, son ‘monopole de la violence physique légitime’… Ce que l’on sait maintenant des sociétés primitives ne permet plus de rechercher au niveau de l’économique, l’origine du politique. Ce n’est pas sur ce sol là que s’enracine l’arbre généalogique de l’État. Il n’y a rien, dans le fonctionnement économique d’une société primitive, d’une société sans État, rien qui permette l’introduction de la différence entre plus riches et plus pauvres, car personne n’y éprouve le désir baroque de faire, posséder, paraître, plus que son voisin. La capacité, égale chez tous, de satisfaire les besoins matériels et l’échange des biens et services, qui empêchent constamment l’accumulation privée des biens, rendent tout simplement impossible l’éclosion d’un tel désir, désir de possession qui est en fait désir de pouvoir. La société primitive, première société d’abondance, ne laisse aucune place au désir de surabondance. Les sociétés primitives sont des sociétés sans État parce que l’État y est impossible.

[...] Une société est primitive s’il lui fait défaut le roi, comme source légitime de la loi, c’est à dire la machine étatique. Inversement, toute société non primitive est une société à État, peu importe le régime socio-économique en vigueur. C’est pour cela que l’on peut regrouper en une seule classe les grands despotismes archaïques, rois, empereurs de Chine, ou des Andes, ou Pharaons, les monarchies plus récentes, l’État c’est moi, ou les systèmes sociaux contemporains, que le capitalisme y soit libéral comme en Europe occidentale ou d’État comme ailleurs..

Il n’y a donc pas de roi dans la tribu, mais un chef qui n’est pas un chef d’État. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que le chef ne dispose d’aucune autorité, d’aucun pouvoir de coercition, d’aucun moyen de donner un ordre. Le chef n’est pas un commandant, les gens de la tribu n’ont aucun devoir d’obéissance. L’espace de la chefferie n’est pas le lieu du pouvoir et la figure (bien mal nommée) du ‘chef’ sauvage ne préfigure en rien celle d’un futur despote. Ce n’est certainement pas de la chefferie primitive que peut se déduire l’appareil étatique en général.

[...] Ce que nous montrent les ‘sauvages’, c’est l’effort permanent pour empêcher les chefs d’être chefs, c’est le refus de l’unification, c’est le travail de conjuration de l’Un, de l’État. L’histoire des peuples qui ont une histoire est, dit-on, l’histoire de la lutte des classes. L’histoire des peuples sans histoire, c’est, dira t’on avec autant de vérité au moins, l’histoire de leur lutte contre l’État.”

L’anthropologie politique classique pense que l’évolution des sociétés passe des fonctions primitives de sociétés “incomplètes" vers des sociétés complètes étatisées; Pierre Clastres dans sa trop courte carrière (maître de recherche au CNRS), a prouvé qu’il n’en était rien et que les sociétés dites “primitives” luttent de fait incessamment contre leur division, contre l’instauration du pouvoir et donc l’émergence de l’État. Elles savent instinctivement que pouvoir, coercition et violence fonctionnent ensemble pour la perte de leur paradigme égalitaire.

Pierre Clastres était un spécialiste des sociétés indiennes d’Amérique du sud qu’il étudia sur le terrain pendant plusieurs années, essentiellement au Paraguay et au Brésil chez les indiens Guayaki, Guarani, Chulupi, Yanomami et les Guaranis du Brésil, entre 1963 et 1974 (pas de manière continuelle).

Qu’en est-il des “sociétés primitives” d’Amérique du Nord ?

L’ethnographie générale semble corroborer les résultats des recherches de Clastres. Ici n’est ni le lieu ni le moment d’en faire une étude détaillée, mais nous pouvons néanmoins analyser brièvement une société établie de longue date (900 Ap. J.C), qui s’est structurée dès le XIème siècle en une confédération de cinq nations, régie par la plus vieille constitution de l’histoire de l’humanité, constitution datée de manière non précise par les historiens aux alentours de l’an 1000. Il s’agit de la Confédération des cinq nations iroquoises (Seneca, Cayuga, Onondaga, Oneida, Mohawk auxquelles est venue se greffer une sixième nation en 1745: la nation Tuscarora, qui est un membre adopté et non votant de la ligue iroquoise), confédération qui est régie par Kaianerekowa Hotinonsionne ou “La grande loi de la paix du peuple de la longue cabane” (117 articles). Il est à noter que Benjamin Franklin se servit de la constitution iroquoise comme d’une inspiration pour la rédaction de la constitution américaine et qu’elle servît aussi de base à la rédaction de la charte des Nations-Unies.

Comme beaucoup de nations natives nord-américaines (pas toutes néanmoins), la société iroquoise est une société matriarcale où les femmes ont une prédominance certaine (ce sont elles qui choisissent les chefs de clan et de nation, qui peuvent aussi les révoquer à tout moment) et où la propriété privée n’existe traditionnellement pas. Les produits des récoltes, chasses, pêches, ainsi que ceux résultant du commerce d’échange, étaient partagés au sein de la communauté. Si la constitution iroquoise établit une certaine hiérarchie des nations, elle prévoit néanmoins que toute décision impliquant la ligue ne peut se prendre qu’au cours de réunions du conseil des chefs des nations et doit être décidée à l’unanimité (pas de dictature de la majorité, tare bien connue de notre système pseudo-démocratique), cf. articles 8, 9 et 10 de la constitution iroquoise.

De fait, comme le souligne le professeur d’anthropologie Dean R. Snow, de l’université de l’état de Pennsylvanie dans son ouvrage “The Iroquois”, la constitution qui unit les cinq (six) nations iroquoises est essentiellement un pacte de non agression, plus qu’une véritable unité politique.

Ainsi cinq nations majeures se sont unies depuis plus de 1000 ans et ont scellé leur confrérie au moyen d’une constitution qui les réunit dans une confédération. Quoiqu’il en soit, les Iroquois ont traditionnellement évité l’écueil de l’étatisation en maintenant la dilution du pouvoir au sein du corps de leurs délégués (chefs nommés et révoqués par les femmes des clans) et par essence de chaque membre de leur population. C’est le pouvoir colonial qui, des Britanniques aux Américains indépendants en passant par les Canadiens à la fin du XIXème siècle, a forcé une division de la société iroquoise, comme de toutes les nations natives, en imposant une hiérarchisation de la représentation sur un modèle occidental. Nous retrouvons bien là les travers ethnocentristes et coercitifs inhérents à l’arrogance occidentale comme l’avait fort justement souligné Clastres. Ce n’est pas par hasard si les gouvernements coloniaux américain et canadien ne traitent officiellement avec les nations natives qu’au travers leur institution du Bureau des Affaires Indiennes et des chefs élus, seuls reconnus par les administrations de ces pays, bafouant le principe même du refus de la division inhérent à toutes les nations autochtones.

Nous avons observé grâce à Pierre Clastres que les rapports de la société et de l’état sont des rapports antagonistes et non pas des rapports harmonieux évolutifs, qu’en est-il du point de vue historique dans nos sociétés occidentales ?

A suivre…

Environnement: Halte à la mascarade écologiste ! Adressons les vrais problèmes hors des dogmes politiques qui pourrissent le mouvement environnementaliste…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, réchauffement climatique anthropique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , le décembre 8, 2012 par Résistance 71

Nous mettrons quand même un bémol à ce billet de Philippe Pelletier, qui est celui de ne pas se fourvoyer avec le scénario pseudo-scientifique de "Surpopulation X, le retour de Malthus" que veut nous faire une fois de plus ingurgiter l’oligarchie. Quand çà va mal pour les thèse foireuses, le bon vieux Malthus et sa pseudo-science de la surpopulation est ressorti du placard. Incroyable que toujours autant de pigeons se fassent plumer par cette fadaise datant du XVIIIème siècle !…

Déboulonné il y a belle lurette par Pierre Kropotkine, et d’aures par la suite, le mythe de la surpopulation malthusien revient à la charge pour remplacer l’escroquerie du réchauffement climatique anthropique (nous l’avions prédit après le climategate de Novembre 2009…), la fange pseudo-scientifico-écolo patronnée par l’oligarchie a toujours besoin d’un cheval de bataille de la peur: réchauffement climatique anthropique, surpopulation, sûrement dans la foulée, refroidissement climatique anthropique à venir, tous des diversions des vrais problèmes écologiques anthropiques (albeit d’une toute petite frange de l’humanité dite "civilisée" et de sa grosse industrie): pollution chimique de l’environnement en tout genre, déforestation abusive, surpêche et sur-exploitation des mêmes zones océaniques, appropriation abusive à des fins privées de l’eau (ce qui va s’avérer un des plus gros problèmes pour l’humanité, non pas le "manque" d’eau.. mais la spéculation qui va se générer sur celle-ci des qu’elle aura été privatisée partout dans le monde, et cela est en bonne voie dans un silence assourdissant de la pressetituée à la botte…), destructions et empoisonnements des sols, empoisonnement de l’eau potable, destruction et altération volontaire de notre alimentation, rejets radioactifs, etc, etc…

Ceci dit, Pelletier amène quelques très bons points que l’on n’a pas l’habitude de lire dans les médias anarchistes officiels… Excellent !

Pour info complémentaire, le Club de Rome mentionné ici est une création de David Rockefeller et de son protégé géopoliticien, Zbigniew Brzezinski. Doit-on en dire plus ?

– Résistance 71 –

 

Les petites mains vertes du capitalisme triomphant

 

Philippe Pelletier

 

Le 6 Décembre 2012

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/anticapitalisme/16050-les-petites-mains-vertes-du-capitalisme-triomphant

 

Pourquoi ne pas appliquer à la « crise écologique » le même recul critique que nous avons vis-à-vis de la « crise économique » ? Car nous savons bien que le patronat et les dirigeants politiques, qui parlent tous de « crise », n’ont pas la même perception de ladite crise que les salariés, les chômeurs ou les précaires qui voient leurs revenus diminuer et leurs conditions de travail s’aggraver.

Nous savons aussi que le capitalisme n’est pas en train de mourir et que son essence même est de passer de crise en crise, quel que soit l’adjectif qu’on donne à celle-ci. Ceux qui prétendent le contraire soit se trompent d’analyse, soit visent à manipuler les masses pour mieux imposer leur politique : une dérégulation accrue chez les libéraux, un État plus autoritaire à l’extrême droite ou à l’extrême gauche. Soit ils font les deux. N’en irait-il pas de même pour la « crise écologique » ?

De grandes messes environnementales

La donnée incontournable est l’accroissement démographique de l’humanité depuis un siècle et demi, qui n’a jamais connu un tel niveau dans son histoire. Il faut d’ailleurs se méfier de cette référence à l’histoire puisque, par définition, celle-ci n’est jamais la même, sauf à plaider une vision déterministe et linéaire (comme aime à le faire la majorité des marxistes et des écologistes).

Tous les sommets internationaux sur l’environnement sont pilotés par les États, avec l’escorte des ONG et de certains scientifiques. Penser qu’ils peuvent résoudre les problèmes écologiques revient à croire au Père Noël, mais penser aussi qu’ils ne font rien est également une illusion. Rio n’est pas un carnaval, où les dirigeants s’amuseraient et où ils ne seraient que des guignols, mais une grand-messe où il faut réciter la nouvelle idéologie à faire communier aux individus et aux peuples.

En fait, comme dans tout sommet international (sur l’économie, la course aux armements, etc.), différentes forces s’affrontent. Il n’y pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre, car toutes ces forces ont des intérêts à défendre. Le fait qu’elles se réunissent prouvent qu’elles recherchent une sorte d’équilibre, en leur faveur évidemment, mais en sachant que le résultat n’est pas acquis, à part défendre le système en place, c’est-à-dire maintenir le capitalisme et l’État.

La bourgeoisie, qui est l’une de ces forces – et par bourgeoisie les anarchistes n’entendent pas seulement les patrons, mais aussi les dirigeants politiques –, n’est pas homogène, elle est, comme les États ou les technobureaucraties, composée de couches différentes, aux intérêts parfois opposés, à la fois à l’intérieur d’un État-nation (petite et grande bourgeoisie) et entre les pays, le monde (nationalisme, transnationalisme, impérialisme…).

La bourgeoisie éclairée du Club de Rome

Le Club de Rome fait partie de la branche prospective éclairée de cette bourgeoisie qui raisonne à long terme. Il est fondé à la fin des années 1960 par deux grands dirigeants politico-économiques, Aurelio Peccei (dirigeant de la Fiat et PDG d’Olivetti, deux grandes entreprises italiennes) et Alexander King (général britannique au sein du commandement de l’Otan, ancien conseiller du gouvernement britannique), deux personnages qui n’ont pas grand-chose à voir avec le communisme libertaire ni même le primitivisme. Qu’on puisse se référer idéologiquement à de tels lascars laisse songeur…

Le constat du Club de Rome est formulé au début des années 1970 avec l’aide de scientifiques dont la fonction sociale est de faire valoir leur prétendue expertise pour mieux se reproduire (avec contrats et notoriété à la clef). Il est clair : face à la croissance démographique (même si celle-ci ralentit malgré l’alarmisme de certains démographes ou de certains écologistes comme Lester Brown ou Paul Ehrlich dont les prévisions à l’époque se sont révélées fausses, ce qui ne les empêche pas de garder la même posture catastrophiste), l’économie (capitaliste) doit gérer plus rationnellement les ressources, les matières premières et l’énergie.

La problématique du « réchauffement global » s’y ajoute au début des années 1980, lancée en particulier par le gouvernement Thatcher qui veut casser les charbonnages britanniques (pour des raisons essentiellement politiques) et promouvoir l’énergie nucléaire. Celle-ci est désormais vantée comme étant « l’énergie propre » car faiblement émettrice de CO2, jusqu’au Japon de Fukushima dont c’était devenu l’un des principaux arguments – un CO2 qui est supposé accroître l’effet de serre (qui existe naturellement), lequel est supposé transformer le climat 1.

Il faut écrire « supposé » car, contrairement à ce qu’on raconte, les scientifiques ne sont pas unanimes sur ce point, sans qu’ils soient appointés par le pétrolier Bush (épouvantail commode sur fond d’antiaméricanisme) ou par Claude Allègre (autre épouvantail pour ceux qui croient que « la gauche trahit » alors qu’elle gère et gérera l’État, et donc les contradictions évoquées plus haut) 2.

Le tout se fait au nom de la science, l’écologie, qui ne peut d’ailleurs pas « être vidée de son contenu subversif » à moins d’être transformée en idéologie, auquel cas elle n’est plus une science, même si certains militants et surtout les dirigeants Verts cultivent la confusion entre les deux, entre l’écologie (la science) et l’écologisme (l’idée et le mouvement).

Les adaptations du système capitaliste

Les sommets internationaux forment donc le théâtre où s’affrontent les différents intérêts entre États-nations, anciennes grandes puissances et pays émergents, pétroliers et nucléocrates, technobureaucrates et ONG, grands et petits strapontins. Le CO2 devient ainsi un enjeu, un prétexte en fait pour les grandes puissances industrielles de freiner – ou mieux : contrôler – l’économie des nouveaux pays industrialisés, avec son marché du carbone, ses transferts de technologie dûment monnayés.

Penser, ne serait-ce une seule seconde, qu’il peut sortir une solution de ces sommets revient à croire que l’ONU peut accomplir la paix dans le monde. Ne pas voir ce qu’ils sont revient également à se tromper du tout au tout sur la capacité qu’ont les capitalistes à se perpétuer.

Après tout, le système industriel est passé en deux siècles de l’huile de baleine au gaz puis à l’électricité, du charbon au pétrole, puis au nucléaire. En son temps, Proudhon analysait la transition de la batellerie au chemin de fer. Aujourd’hui, il pourrait analyser le passage possible du nucléaire aux énergies renouvelables (actuelles ou futures). Déjà, plusieurs États-nations ont annoncé leur sortie du nucléaire (Allemagne, Confédération helvétique, Japon), États qui ne sont pas précisément des îlots autogestionnaires au sein de l’océan capitaliste.

Il va sans dire que le modèle industriel, bien que né en Europe occidentale, ne s’identifie que partiellement à l’« Occident civilisateur » puisque la technologie moderne est appropriée un peu partout, notamment dans le monde sinisé qui, contrairement à ce qu’affirme un Gilbert Rist par exemple, véhicule sa propre notion de progrès, qui lui permet de se fondre dans le monde moderne. Ainsi, quelques mois à peine après l’invention de l’ampoule électrique par Edison, le patronat japonais l’employait dans ses usines la nuit, avant tout le monde.

Remplacer la logique salariale et marchande du capitalisme par sa logique énergétique n’est qu’un vulgaire tour de passe-passe, déjà manipulé par des révolutionnaires bien connus comme Nicholas Georgescu-Roegen dont le moindre physicien un peu compétent se gausse de ses élucubrations sur l’entropie.

Les experts anticipent, les naïfs se lamentent

Le capitalisme du XXIe siècle n’est donc pas un système à l’agonie que ses dirigeants mettent sous perfusion, car il est dans sa logique constante de renouvellement et de mutation. Son bras intelligent, le Club de Rome, et toutes ses déclinaisons s’appuient même sur des militants parfois sincères de l’écologisme, accompagnés cependant de quelques gourous catastrophistes aux compétences scientifiques douteuses, qui s’empêtrent dans un constat souvent erroné et des solutions qui le sont encore plus (plus d’État, encore de la propriété privée, du salariat, du profit, du parlementarisme…).

Résultat : des juristes planchent déjà sur l’hypothèse d’États insulaires de l’océan Pacifique qui perdraient leur territoire sous la supposée montée des flots pour trouver de nouvelles formes de nationalité, de gestion des migrants et de récupération des ex-eaux territoriales !

En fait, ils se placent dans le cadre d’une gestion des flux migratoires reconsidérés de façon politiquement correct sous le nom de « réfugiés climatiques », label fumeux dont se gaussent les émigrés économiques du Tuvalu en Nouvelle-Zélande, mais qu’ils utilisent parfois si ça leur donne des subventions comme le révèlent des chercheurs qui ne se contentent pas de rester dans leur bureau métropolitain bien protégé.

Croyez-vous que cette notion de « réfugié climatique » ait été forgée par des écologues, des climatologues, des océanographes ou même des géographes ? Que nenni, elle provient aux environs de 1998 de juristes d’une université canadienne qui cherchent à formaliser le droit des peuples autochtones, lesquels, « représentés » à l’ONU par des personnages désormais bureaucratisés (qui ne sont pas revenus au pays depuis des lustres) ou par des experts (qui ne savent pas forcément de quoi ils parlent), cherchent à tirer leur épingle du jeu politique et géopolitique au sein du désordre mondial. Ils savent que ce n’est pas en plaidant pour l’autogestion qu’ils se perpétueront, mais bel et bien en surfant sur les desiderata de toute cette écolocrature qui infeste les conférences internationales.

Les idiots utiles du capitalisme vert

Ceux qui sous-estiment la dynamique capitaliste et nous font croire à sa crise écologique inéluctable, c’est-à-dire sans solution en son sein même, constituent en fait les petites mains vertes du système qui va assurer sa transition énergétique. Celle-ci s’accomplira au détriment des salariés et des pauvres du monde entier, comme toujours, en les pressurant économiquement, car cette transition va coûter cher et nécessiter des capitaux. Capitaux qui ne tombent pas du ciel ou de la Mère Nature mais qui sont extorqués au travail. Rien de nouveau sous le soleil.

En un siècle, la social-démocratie, qui nous a fait passer des discours enflammés du néanmoins député Jean Jaurès à la direction du FMI occupée par un certain Strauss-Kahn, a permis au capitalisme de se renforcer grâce à une collaboration entre le travail et le capital via une redistribution partielle des richesses via l’action syndicale et l’État dit providence. Le mouvement anarchiste n’a pas su, ou pas pu, tirer l’exact bilan de cette évolution, et il s’est retrouvé marginalisé. Entre la SAC suédoise qui a tenté d’en prendre actes, et la CNT espagnole qui rêve encore de la révolution de 1936, la situation est finalement assez similaire.

De nos jours, il faut bien voir que l’écologisme remplit la même fonction pour le capitalisme (vert) du XXIe siècle. De la même façon que la social-démocratie a toujours eu son aile gauche, parfois turbulente, pas forcément parlementaire mais s’abreuvant à la même idéologie (marxisme, philosophie de l’histoire, primat économiciste), l’écologisme dispose de ses propres courants radicaux qui, en définitive, roulent inéluctablement pour son volant institutionnel (futur dirigeant, parfois déjà dirigeant). Cette combinaison s’effectue sur tous les plans : idéologique (primat de la nature, biodiversité agitée comme un mantra, misanthropie, pseudo-antiscientisme, négation de la lutte des classes) et politique (parlementarisme, voter en définitive pour le moins pire, technobureaucratie d’experts en tout genre arpentant les couloirs du pouvoir, avec, parfois, des postes clés, politique du haut vers le bas). Le mouvement anarchiste devrait-il refaire envers l’écologisme la même erreur d’analyse qu’il a faite à propos de la social-démocratie triomphante ?

Au temps de sa splendeur, le stalinisme, variante totalitaire de la social-démocratie, et s’accommodant avec celle-ci dans les pays occidentaux, bénéficiait de ce que les staliniens appelaient, en se gaussant, les « idiots utiles » : ces imbéciles qui pensaient qu’il ne fallait pas désespérer Billancourt, que le bilan du communisme était finalement positif et que le marxisme n’était pas néfaste.

Il ne faudrait pas, de nos jours, que des anarchistes ou des compagnons proches de l’anarchisme jouent ce rôle-là, en s’alignant idéologiquement sur le catastrophisme des gourous écolos. La pensée libre mérite mieux que cela.

1. Meynard François : La Légende de l’effet de serre. Manuel de démystification des problèmes et faux problèmes climatiques, Lausanne, Favre, 2011, 274 pages. Il est significatif que, dans un passage méthodologique, l’auteur de ce livre décapant, ingénieur physicien et docteur en mathématiques, se réfère à une « science anarchiste » (p. 15), c’est-à-dire libre épistémologiquement et méfiante des dogmes, à Chomsky (p. 25) et à Orwell (p. 57). Ce qui prouve, si besoin était, que celles et ceux qui se posent des questions légitimes n’ont pas les mêmes références qu’un Claude Allègre, par exemple.

2. Denhez Frédéric, La Dictature du carbone. Paris, Fayard, 2011, 302 pages.

 

 

 

Escroquerie du réchauffement climatique anthropique: Une lettre ouverte au secrétaire général de l’ONU…

Posté dans actualité, écologie & climat, économie, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, réchauffement climatique anthropique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies avec des tags , , , , , , , , , le décembre 4, 2012 par Résistance 71

… De scientifiques signataires qu’on ne verra nulle part dans notre pressetituée lobotomisée. Les climatologues, géophysiciens et autres paléoclimatologues se rebiffent ! Il est temps !…

Mais les eugénistes se sont déjà rabattus sur un vieux cheval de bataille remis au goût du jour: la pseudo-science malthusianiste et son mythe de la surpopulation. On est reparti pour un tour, mais sur Résistance 71, notre cher Kropotkine, par ses écrits, aide bien à remettre le couvercle sur cette science poubelle ressortie des placards…

– Résistance 71 –

 

Lettre ouverte au secrétaire général des Nations-Unies

 

Financial Post

 

Le 30 Novembre 2012

 

url de l’article original:

http://opinion.financialpost.com/2012/11/29/open-climate-letter-to-un-secretary-general-current-scientific-knowledge-does-not-substantiate-ban-ki-moon-assertions-on-weather-and-climate-say-125-scientists/

 

H.E. Ban Ki-Moon, Secretary-General, United Nations

First Avenue and East 44th Street, New York, New York, U.S.A.

 

November 29, 2012

 

Mr. le secrétaire général:

Le 9 Novembre de cette année, vous avez dit à l’assemblée générale:

“Des conditions de météo extrêmes dûes au changement climatique  sont devenues la norme… Notre défi demeure clair et urgent: réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour renforcer l’adaptation à… des chocs climatiques encore plus importants… et pour atteindre un accord légal avant 2015… Ceci devrait être une des leçons primordiales tirée de l’ouragan Sandy.”

Le 13 Novembre, vous avez dit à Yale: “La science est claire; nous ne devrions plus perdre plus de temps à débattre.”

Le lendemain, dans l’émission sur internet d’Al Gore “Dirty Weather”, vous avez parlé “de tempêtes plus graves, de sécheresses plus dramatiques, de grandes inondations”, et avez conclu: “Il y a deux semaines, l’ouragan Sandy a frappé la côte Est des Etats-Unis. Une nation a vu la réalité du changement climatique. Cela va coûter des dizaines de milliards de dollars.  Le prix de l’inaction sera encore plus important. Nous devons réduire notre dépendance en émissions de carbone.”

Nous, soussignés, tous qualifiés en matière de climatologie, désirons déclarer que la connaissance scientifique actuelle ne soutient aucunement vos affirmations.

Le bureau britannique du MET a récemment publié des données montrant qu’il n’y a pas eu de réchauffement climatique statistiquement signifiant depuis bientôt 16 ans. Durant cette période, d’après la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) ont augmenté de 9% pour constituer maintenant 0,039% de l’atmosphère. Le réchauffement climatique qui ne s’est pas produit ne peut pas avoir causé les conditions météorologiques extrêmes de ces dernières années. Quand, si et comment un réchauffement atmosphérique va se reproduire est inconnu. La science n’est pas claire. Quelques scientifiques mettent en évidence qu’un refroidissement naturel à court-terme, en liaison avec des influences solaires, est également une possibilité distincte.

Les “plus grands chocs climatiques” que vous avez mentionnés seraient bien pires si le monde se refroidissait plutôt que se réchauffait. Le climat change naturellement en permanence, parfois de manière dramatique. L’hypothèse que nos émisions de CO2 ont causé, ou vont causer, un réchauffement dangereux n’est soutenue par aucune preuve.

L’incidence et la sévérité d’une météo extrême n’a pas augmenté. Il y a très peu d’évidence que des évènements dangereux liés à la météo vont se produire plus fréquemment dans le futur. Le GIEC de l’ONU dit dans son Special Report on Extreme Weather (2012) qu’il y a “une absence de signal d’attribution de changement climatique” dans la tendance des pertes de conditions météorologiques extrêmes. Les fonds octroyés en ce moment pour essayer d’arrêter les conditions extrêmes du temps devraient ainsi être dirigés au renforcement de nos infrastructures afin d’être capables de résister à ces évènements naturels inévitables et à aider les communautés à rebâtir après des catastrophes naturelles comme par exemple la tempête tropicale Sandy.

Il n’y a aucune raison valide pour les décisions de politique restrictive à l’encontre du public proposées par la conférence de l’ONU sur le climat au Qatar. Une analyse rigoureuse et impartiale des données ne soutient en aucun cas les projections futures des prédictions des modèles informatiques pour un réchauffement climatique, modèles qui ont été prouvés exagérer le réchauffement et ses effets.

Le rapport de la NOAA “State of the Climate in 2008” a établi que 15 ans ou plus sans aucune statistique signifiante de réchauffement indiquerait une divergence entre l’observation et la prédiction. Seize ans sans réchauffement ont donc maintenant prouvé que les modèles informatiques sont faux de par le critère de leurs propres créateurs.

Sur ces considérations, nous demandons que vous vous désistiez d’exploiter la misère de familles de ceux qui ont perdus leur vie ou leur propriété dans la tempête tropicale Sandy en faisant des affirmations qui ne peuvent être soutenues concernant le fait que des influences humaines ont causé cette tempête. Cela n’est pas vrai. Nous vous demandons également de reconnaître que les actions politiques des Nations-Unies, ou des nations signataires de l’UNFCCC, qui visent à réduire les émissions de CO2 n’auront vraisemblablement aucune influence sur le climat futur. Les politiques climatiques se doivent donc de se focaliser plus sur la préparation et l’adaptation à de dangereux évènements climatiques quelque soit leur origine.

Signée par: (ordre alphabétique)

  1. Habibullo I. Abdussamatov, Dr. Sci., mathematician and astrophysicist, Head of the Selenometria project on the Russian segment of the ISS, Head of Space Research of the Sun Sector at the Pulkovo Observatory of the Russian Academy of Sciences, St. Petersburg, Russia
  2. Syun-Ichi Akasofu, PhD, Professor of Physics, Emeritus and Founding Director, International Arctic Research Center of the University of Alaska, Fairbanks, Alaska, U.S.A.
  3. Bjarne Andresen, Dr. Scient., physicist, published and presents on the impossibility of a “global temperature”, Professor, Niels Bohr Institute (physics (thermodynamics) and chemistry), University of Copenhagen, Copenhagen, Denmark
  4. J. Scott Armstrong, PhD, Professor of Marketing, The Wharton School, University of Pennsylvania, Founder of the International Journal of Forecasting, focus on analyzing climate forecasts, Philadelphia, Pennsylvania, U.S.A.
  5. Timothy F. Ball, PhD, environmental consultant and former climatology professor, University of Winnipeg, Winnipeg, Manitoba, Canada
  6. James R. Barrante, Ph.D. (chemistry, Harvard University), Emeritus Professor of Physical Chemistry, Southern Connecticut State University, focus on studying the greenhouse gas behavior of CO2, Cheshire, Connecticut, U.S.A.
  7. Colin Barton, B.Sc., PhD (Earth Science, Birmingham, U.K.), FInstEng Aus Principal research scientist (ret.), Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO), Melbourne, Victoria, Australia
  8. Joe Bastardi, BSc, (Meteorology, Pennsylvania State), meteorologist, State College, Pennsylvania, U.S.A.
  9. Franco Battaglia, PhD (Chemical Physics), Professor of Physics and Environmental Chemistry, University of Modena, Italy
  10. Richard Becherer, BS (Physics, Boston College), MS (Physics, University of Illinois), PhD (Optics, University of Rochester), former Member of the Technical Staff – MIT Lincoln Laboratory, former Adjunct Professor – University of Connecticut, Areas of Specialization: optical radiation physics, coauthor – standard reference book Optical Radiation Measurements: Radiometry, Millis, MA, U.S.A.
  11. Edwin X. Berry, PhD (Atmospheric Physics, Nevada), MA (Physics, Dartmouth), BS (Engineering, Caltech), Certified Consulting Meteorologist, President, Climate Physics LLC, Bigfork, MT, U.S.A.
  12. Ian Bock, BSc, PhD, DSc, Biological sciences (retired), Ringkobing, Denmark
  13. Ahmed Boucenna, PhD, Professor of Physics (strong climate focus), Physics Department, Faculty of Science, Ferhat Abbas University, Setif, Algéria
  14. Antonio Brambati, PhD, Emeritus Professor (sedimentology), Department of Geological, Environmental and Marine Sciences (DiSGAM), University of Trieste (specialization: climate change as determined by Antarctic marine sediments), Trieste, Italy
  15. Stephen C. Brown, PhD (Environmental Science, State University of New York), District Agriculture Agent, Assistant Professor, University of Alaska Fairbanks, Ground Penetrating Radar Glacier research, Palmer, Alaska, U.S.A.
  16. Mark Lawrence Campbell, PhD (chemical physics; gas-phase kinetic research involving greenhouse gases (nitrous oxide, carbon dioxide)), Professor, United States Naval Academy, Annapolis, Maryland, U.S.A.
  17. Rudy Candler, PhD (Soil Chemistry, University of Alaska Fairbanks (UAF)), former agricultural laboratory manager, School of Agriculture and Land Resources Management, UAF, co-authored papers regarding humic substances and potential CO2 production in the Arctic due to decomposition, Union, Oregon, U.S.A.
  18. Alan Carlin, B.S. (California Institute of Technology), PhD (economics, Massachusetts Institute of Technology), retired senior analyst and manager, U.S. Environmental Protection Agency, Washington, DC, former Chairman of the Angeles Chapter of the Sierra Club (recipient of the Chapter’s Weldon Heald award for conservation work), U.S.A.
  19. Dan Carruthers, M.Sc., Arctic Animal Behavioural Ecologist, wildlife biology consultant specializing in animal ecology in Arctic and Subarctic regions, Turner Valley, Alberta, Canada
  20. Robert M. Carter, PhD, Professor, Marine Geophysical Laboratory, James Cook University, Townsville, Australia
  21. Uberto Crescenti, PhD, Full Professor of Applied Geology, Università G. d’Annunzio, Past President Società Geologica taliana, Chieti, Italy
  22. Arthur Chadwick, PhD (Molecular Biology), Research Professor of Geology, Department of Biology and Geology, Southwestern Adventist University, Climate Specialties: dendrochronology (determination of past climate states by tree ring analysis), palynology (same but using pollen as a climate proxy), paleobotany and botany; Keene, Texas, U.S.A.
  23. George V. Chilingar, PhD, Professor, Department of Civil and Environmental Engineering of Engineering (CO2/temp. focused research), University of Southern California, Los Angeles, California, U.S.A.
  24. Ian D. Clark, PhD, Professor (isotope hydrogeology and paleoclimatology), Dept. of Earth Sciences, University of Ottawa, Ottawa, Ontario, Canada
  25. Cornelia Codreanova, Diploma in Geography, Researcher (Areas of Specialization: formation of glacial lakes) at Liberec University, Czech Republic, Zwenkau, Germany
  26. Michael Coffman, PhD (Ecosystems Analysis and Climate Influences, University of Idaho), CEO of Sovereignty International, President of Environmental Perspectives, Inc., Bangor, Maine, U.S.A.
  27. Piers Corbyn, ARCS, MSc (Physics, Imperial College London)), FRAS, FRMetS, astrophysicist (Queen Mary College, London), consultant, founder WeatherAction long range weather and climate forecasters, American Thinker Climate Forecaster of The Year 2010, London, United Kingdom
  28. Richard S. Courtney, PhD, energy and environmental consultant, IPCC expert reviewer, Falmouth, Cornwall, United Kingdom
  29. Roger W. Cohen, B.S., M.S., PhD Physics, MIT and Rutgers University, Fellow, American Physical Society, initiated and managed for more than twenty years the only industrial basic research program in climate, Washington Crossing, Pennsylvania, U.S.A.
  30. Susan Crockford, PhD (Zoology/Evolutionary Biology/Archaeozoology), Adjunct Professor (Anthropology/Faculty of Graduate Studies), University of Victoria, Victoria, British Colombia, Canada
  31. Walter Cunningham, B.S., M.S. (Physics – Institute of Geophysics And Planetary Sciences,  UCLA), AMP – Harvard Graduate School of Business, Colonel (retired) U.S. Marine Corps, Apollo 7 Astronaut., Fellow – AAS, AIAA; Member AGU, Houston, Texas, U.S.A.
  32. Joseph D’Aleo, BS, MS (Meteorology, University of Wisconsin),  Doctoral Studies (NYU), CMM, AMS Fellow, Executive Director – ICECAP (International Climate and Environmental Change Assessment Project), College Professor Climatology/Meteorology, First Director of Meteorology The Weather Channel, Hudson, New Hampshire, U.S.A.
  33. David Deming, PhD (Geophysics), Professor of Arts and Sciences, University of Oklahoma, Norman, Oklahoma, U.S.A.
  34. James E. Dent; B.Sc., FCIWEM, C.Met, FRMetS, C.Env., Independent Consultant (hydrology & meteorology), Member of WMO OPACHE Group on Flood Warning, Hadleigh, Suffolk, England, United Kingdom
  35. Willem de Lange, MSc (Hons), DPhil (Computer and Earth Sciences), Senior Lecturer in Earth and Ocean Sciences, The University of Waikato, Hamilton, New Zealand
  36. Silvia Duhau, Ph.D. (physics), Solar Terrestrial Physics, Buenos Aires University, Buenos Aires, Argentina
  37. Geoff Duffy, DEng (Dr of Engineering), PhD (Chemical Engineering), BSc, ASTCDip. (first chemical engineer to be a Fellow of the Royal Society in NZ), FIChemE, wide experience in radiant heat transfer and drying, chemical equilibria, etc. Has reviewed, analysed, and written brief reports and papers on climate change, Auckland, New Zealand
  38. Don J. Easterbrook, PhD, Emeritus Professor of Geology, Western Washington, University, Bellingham, Washington, U.S.A.
  39. Ole Henrik Ellestad, former Research Director, applied chemistry SINTEF, Professor in physical chemistry, University of Oslo, Managing director Norsk Regnesentral and Director for Science and Technology, Norwegian Research Council, widely published in infrared spectroscopy, Oslo, Norway
  40. Per Engene, MSc, Biologist, Co-author – The Climate, Science and Politics (2009), Bø i Telemark, Norway
  41. Gordon Fulks, B.S., M.S., PhD (Physics, University of Chicago), cosmic radiation, solar wind, electromagnetic and geophysical phenomena, Portland, Oregon, U.S.A.
  42. Katya Georgieva, MSc (meteorology), PhD (solar-terrestrial climate physics), Professor, Space Research and Technologies Institute, Bulgarian Academy of Sciences, Sofia, Bulgaria
  43. Lee C. Gerhard, PhD, Senior Scientist Emeritus, University of Kansas, past director and state geologist, Kansas Geological Survey, U.S.A.
  44. Ivar Giaever PhD, Nobel Laureate in Physics 1973, professor emeritus at the Rensselaer Polytechnic Institute, a professor-at-large at the University of Oslo, Applied BioPhysics, Troy, New York, U.S.A.
  45. Albrecht Glatzle, PhD, ScAgr, Agro-Biologist and Gerente ejecutivo, Tropical pasture research and land use management, Director científico de INTTAS, Loma Plata, Paraguay
  46. Fred Goldberg, PhD, Adj Professor, Royal Institute of Technology (Mech, Eng.), Secretary General KTH International Climate Seminar 2006 and Climate analyst (NIPCC), Lidingö, Sweden
  47. Laurence I. Gould, PhD, Professor of Physics, University of Hartford, Past Chair (2004), New England Section of the American Physical Society, West Hartford, Connecticut, U.S.A.
  48. Vincent Gray, PhD, New Zealand Climate Coalition, expert reviewer for the IPCC, author of The Greenhouse Delusion: A Critique of Climate Change 2001, Wellington, New Zealand
  49. William M. Gray, PhD, Professor Emeritus, Dept. of Atmospheric Science, Colorado State University, Head of the Tropical Meteorology Project, Fort Collins, Colorado, U.S.A.
  50. Charles B. Hammons, PhD (Applied Mathematics), climate-related specialties: applied mathematics, modeling & simulation, software & systems engineering, Associate Professor, Graduate School of Management, University of Dallas; Assistant Professor, North Texas State University (Dr. Hammons found many serious flaws during a detailed study of the software, associated control files plus related email traffic of the Climate Research Unit temperature and other records and “adjustments” carried out in support of IPCC conclusions), Coyle, OK, U.S.A.
  51. William Happer, PhD, Professor, Department of Physics, Princeton University, Princeton, NJ, U.S.A.
  52. Hermann Harde, PhD, Professur f. Lasertechnik & Werkstoffkunde (specialized in molecular spectroscopy, development of gas sensors and CO2-climate sensitivity), Helmut-Schmidt-Universität, Universität der Bundeswehr Fakultät für Elektrotechnik, Hamburg, Germany
  53. Howard Hayden, PhD, Emeritus Professor (Physics), University of Connecticut, The Energy Advocate, Pueblo West, Colorado, U.S.A.
  54. Ross Hays, Meteorologist, atmospheric scientist, NASA Columbia Scientific Balloon Facility (currently working at McMurdo Station, Antarctica), Palestine, Texas, U.S.A.
  55. Martin Hovland, M.Sc. (meteorology, University of Bergen), PhD (Dr Philos, University of Tromsø), FGS, Emeritus Professor, Geophysics, Centre for Geobiology, University of Bergen, member of the expert panel: Environmental Protection and Safety Panel (EPSP) for the Ocean Drilling Program (ODP) and the Integrated ODP, Stavanger, Norway
  56. Ole Humlum, PhD, Professor of Physical Geography, Department of Physical Geography, Institute of Geosciences, University of Oslo, Oslo, Norway
  57. Craig D. Idso, PhD, Chairman of the Board of Directors of the Center for the Study of Carbon Dioxide and Global Change, Tempe, Arizona, U.S.A.
  58. Sherwood B. Idso, PhD, President, Center for the Study of Carbon Dioxide and Global Change, Tempe, Arizona, U.S.A.
  59. Larry Irons, BS (Geology), MS (Geology), Sr. Geophysicist at Fairfield Nodal (specialization: paleoclimate), Lakewood, Colorado, U.S.A.
  60. Terri Jackson, MSc (plasma physics), MPhil (energy economics), Director, Independent Climate Research Group, Northern Ireland and London (Founder of the energy/climate group at the Institute of Physics, London), United Kingdom
  61. Albert F. Jacobs, Geol.Drs., P. Geol., Calgary, Alberta, Canada
  62. Hans Jelbring, PhD Climatology, Stockholm University, MSc Electronic engineering, Royal Institute of Technology, BSc  Meteorology, Stockholm University, Sweden
  63. Bill Kappel, B.S. (Physical Science-Geology), B.S. (Meteorology), Storm Analysis, Climatology, Operation Forecasting, Vice President/Senior Meteorologist, Applied Weather Associates, LLC, University of Colorado, Colorado Springs, U.S.A.
  64. Olavi Kärner, Ph.D., Extraordinary Research Associate; Dept. of Atmospheric Physics, Tartu Observatory, Toravere, Estonia
  65. Leonid F. Khilyuk, PhD, Science Secretary, Russian Academy of Natural Sciences, Professor of Engineering (CO2/temp. focused research), University of Southern California, Los Angeles, California, U.S.A.
  66. William Kininmonth MSc, MAdmin, former head of Australia’s National Climate Centre and a consultant to the World Meteorological organization’s Commission for Climatology, Kew, Victoria, Australia
  67. Gerhard Kramm, Dr. rer. nat. (Theoretical Meteorology), Research Associate Professor, Geophysical Institute, Associate Faculty, College of Natural Science and Mathematics, University of Alaska Fairbanks, (climate specialties: Atmospheric energetics, physics of the atmospheric boundary layer, physical climatology – see interesting paper by Kramm et al), Fairbanks, Alaska, U.S.A.
  68. Leif Kullman, PhD (Physical geography, plant ecology, landscape ecology), Professor, Physical geography, Department of Ecology and Environmental science, Umeå University, Areas of Specialization: Paleoclimate (Holocene to the present), glaciology, vegetation history, impact of modern climate on the living landscape, Umeå, Sweden
  69. Hans H.J. Labohm, PhD, Independent economist, author specialised in climate issues, IPCC expert reviewer, author of Man-Made Global Warming: Unravelling a Dogma and climate science-related Blog, The Netherlands
  70. Rune Berg-Edland Larsen, PhD (Geology, Geochemistry), Professor, Dep. Geology and Geoengineering, Norwegian University of Science and Technology (NTNU), Trondheim, Norway
  71. C. (Kees) le Pair, PhD (Physics Leiden, Low Temperature Physics), former director of the Netherlands Research Organization FOM (fundamental physics) and subsequently founder and director of The Netherlands Technology Foundation STW.  Served the Dutch Government many years as member of its General Energy Council and of the National Defense Research Council. Royal Academy of Arts and Sciences Honorary Medal and honorary doctorate in all technical sciences of the Delft University of technology, Nieuwegein, The Netherlands
  72. Douglas Leahey, PhD, meteorologist and air-quality consultant, past President – Friends of Science, Calgary, Alberta, Canada
  73. Jay Lehr, B.Eng. (Princeton), PhD (environmental science and ground water hydrology), Science Director, The Heartland Institute, Chicago, Illinois, U.S.A.
  74. Bryan Leyland, M.Sc., FIEE, FIMechE, FIPENZ, MRSNZ, consulting engineer (power), Energy Issues Advisor – International Climate Science Coalition, Auckland, New Zealand
  75. Edward Liebsch, B.A. (Earth Science, St. Cloud State University); M.S. (Meteorology, The Pennsylvania State University), former Associate Scientist, Oak Ridge National Laboratory; former Adjunct Professor of Meteorology, St. Cloud State University, Environmental Consultant/Air Quality Scientist (Areas of Specialization: micrometeorology, greenhouse gas emissions), Maple Grove, Minnesota, U.S.A.
  76. William Lindqvist, PhD (Applied Geology), Independent Geologic Consultant, Areas of Specialization: Climate Variation in the recent geologic past, Tiburon, California, U.S.A.
  77. Horst-Joachim Lüdecke, Prof. Dr. , PhD (Physics), retired from university of appl. sciences HTW, Saarbrücken (Germany), atmospheric temperature research, speaker of the European Institute for Climate and Energy (EIKE), Heidelberg, Germany
  78. Anthony R. Lupo, Ph.D., Professor of Atmospheric Science, Department of Soil, Environmental, and Atmospheric Science, University of Missouri, Columbia, Missouri, U.S.A.
  79. Oliver Manuel, BS, MS, PhD, Post-Doc (Space Physics), Associate - Climate & Solar Science Institute, Emeritus Professor, College of Arts & Sciences University of Missouri-Rolla, previously Research Scientist (US Geological Survey) and NASA Principal Investigator for Apollo, Cape Girardeau, Missouri, U.S.A.
  80. Francis Massen, professeur-docteur en physique (PhD equivalent, Universities of Nancy (France) and Liège (Belgium), Manager of the Meteorological Station of the Lycée Classique de Diekirch, specialising in the measurement of solar radiation and atmospheric gases. Collaborator to the WOUDC (World Ozone and UV Radiation Data Center), Diekirch, Luxembourg
  81. Henri Masson, Prof. dr. ir., Emeritus Professor University of Antwerp (Energy & Environment Technology Management), Visiting professor Maastricht School of Management, specialist in dynamical (chaotic) complex system analysis, Antwerp, Belgium.
  82. Ferenc Mark Miskolczi, PhD, atmospheric physicist, formerly of NASA’s Langley Research Center, Hampton, Virginia, U.S.A.
  83. Viscount Monckton of Brenchley, Expert reviewer, IPCC Fifth Assessment Report, Quantification of Climate Sensitivity, Carie, Rannoch, Scotland
  84. Nils-Axel Mörner, PhD (Sea Level Changes and Climate), Emeritus Professor of Paleogeophysics & Geodynamics, Stockholm University, Stockholm, Sweden
  85. John Nicol, PhD (Physics, James Cook University), Chairman – Australian climate Science Coalition, Brisbane, Australia
  86. Ingemar Nordin, PhD, professor in philosophy of science (including a focus on “Climate research, philosophical and sociological aspects of a politicised research area”), Linköpings University, Sweden.
  87. David Nowell, M.Sc., Fellow of the Royal Meteorological Society, former chairman of the NATO Meteorological Group, Ottawa, Ontario, Canada
  88. Cliff Ollier, D.Sc., Professor Emeritus (School of Earth and Environment – see his Copenhagen Climate Challenge sea level article here), Research Fellow, University of Western Australia, Nedlands, W.A., Australia
  89. Oleg M. Pokrovsky, BS, MS, PhD (mathematics and atmospheric physics – St. Petersburg State University, 1970), Dr. in Phys. and Math Sciences (1985), Professor in Geophysics (1995), principal scientist, Main Geophysical Observatory (RosHydroMet), Note: Dr. Pokrovsky analyzed long climates and concludes that anthropogenic CO2 impact is not the main contributor in climate change,St. Petersburg, Russia.
  90. Daniel Joseph Pounder, BS (Meteorology, University of Oklahoma), MS (Atmospheric Sciences, University of Illinois, Urbana-Champaign); Meteorological/Oceanographic Data Analyst for the National Data Buoy Center, formerly Meteorologist, WILL AM/FM/TV, Urbana, U.S.A.
  91. Brian Pratt, PhD, Professor of Geology (Sedimentology), University of Saskatchewan (see Professor Pratt’s article for a summary of his views), Saskatoon, Saskatchewan, Canada
  92. Harry N.A. Priem, PhD, Professore-emeritus isotope-geophysics and planetary geology, Utrecht University, past director ZWO/NOW Institute of Isotope Geophysical Research, Past-President Royal Netherlands Society of Geology and Mining, Amsterdam, The Netherlands
  93. Oleg Raspopov, Doctor of Science and Honored Scientist of the Russian Federation, Professor – Geophysics, Senior Scientist, St. Petersburg Filial (Branch) of N.V.Pushkov Institute of Terrestrial Magnetism, Ionosphere and Radiowaves Propagation of RAS (climate specialty: climate in the past, particularly the influence of solar variability), Editor-in-Chief of journal “Geomagnetism and Aeronomy” (published by Russian Academy of Sciences), St. Petersburg, Russia
  94. Curt G. Rose, BA, MA (University of Western Ontario), MA, PhD (Clark University), Professor Emeritus, Department of Environmental Studies and Geography, Bishop’s University, Sherbrooke, Quebec, Canada
  95. S. Jeevananda Reddy, M.Sc. (Geophysics), Post Graduate Diploma (Applied Statistics, Andhra University), PhD (Agricultural Meteorology, Australian University, Canberra), Formerly Chief Technical Advisor—United Nations World Meteorological Organization (WMO) & Expert-Food and Agriculture Organization (UN), Convener - Forum for a Sustainable Environment, author of 500 scientific articles and several books – here is one: “Climate Change – Myths & Realities“, Hyderabad, India
  96. Arthur Rorsch, PhD, Emeritus Professor, Molecular Genetics, Leiden University, former member of the board of management of the Netherlands Organization Applied Research TNO, Leiden, The Netherlands
  97. Rob Scagel, MSc (forest microclimate specialist), Principal Consultant – Pacific Phytometric Consultants, Surrey, British Columbia, Canada
  98. Chris Schoneveld, MSc (Structural Geology), PhD (Geology), retired exploration geologist and geophysicist, Australia and France
  99. Tom V. Segalstad, PhD (Geology/Geochemistry), Associate Professor of Resource and Environmental Geology, University of Oslo, former IPCC expert reviewer, former Head of the Geological Museum, and former head of the Natural History Museum and Botanical Garden (UO), Oslo, Norway
  100. John Shade, BS (Physics), MS (Atmospheric Physics), MS (Applied Statistics), Industrial Statistics Consultant, GDP, Dunfermline, Scotland, United Kingdom
  101. Thomas P. Sheahen, B.S., PhD (Physics, Massachusetts Institute of Technology), specialist in renewable energy, research and publication (applied optics) in modeling and measurement of absorption of infrared radiation by atmospheric CO2,  National Renewable Energy Laboratory (2005-2009); Argonne National Laboratory (1988-1992); Bell Telephone labs (1966-73), National Bureau of Standards (1975-83), Oakland, Maryland, U.S.A.
  102. S. Fred Singer, PhD, Professor Emeritus (Environmental Sciences), University of Virginia, former director, U.S. Weather Satellite Service, Science and Environmental Policy Project, Charlottesville, Virginia, U.S.A.
  103. Frans W. Sluijter, Prof. dr ir, Emeritus Professor of theoretical physics, Technical University Eindhoven, Chairman—Skepsis Foundation, former vice-president of the International Union of Pure and Applied Physics, former President of the Division on Plasma Physics of the European Physical Society and former bureau member of the Scientific Committee on Sun-Terrestrial Physics, Euvelwegen, the Netherlands
  104. Jan-Erik Solheim, MSc (Astrophysics), Professor, Institute of Physics, University of Tromsø, Norway (1971-2002), Professor (emeritus), Institute of Theoretical Astrophysics, University of Oslo, Norway (1965-1970, 2002- present), climate specialties: sun and periodic climate variations, scientific paper by Professor Solheim “Solen varsler et kaldere tiår“, Baerum, Norway
  105. H. Leighton Steward, Master of Science (Geology), Areas of Specialization: paleoclimates and empirical evidence that indicates CO2 is not a significant driver of climate change, Chairman, PlantsNeedCO2.org and CO2IsGreen.org, Chairman of the Institute for the Study of Earth and Man (geology, archeology & anthropology) at SMU in Dallas, Texas, Boerne, TX, U.S.A.
  106. Arlin B. Super, PhD (Meteorology – University of Wisconsin at Madison), former Professor of Meteorology at Montana State University, retired Research Meteorologist, U.S. Bureau of Reclamation, Saint Cloud, Minnesota, U.S.A.
  107. Edward (Ted) R. Swart, D.Sc. (physical chemistry, University of Pretoria), M.Sc. and Ph.D. (math/computer science, University of Witwatersrand). Formerly Director of the Gulbenkian Centre, Dean of the Faculty of Science, Professor and Head of the Department of Computer Science, University of Rhodesia and past President of the Rhodesia Scientific Association. Set up the first radiocarbon dating laboratory in Africa. Most recently, Professor in the Department of Combinatorics and Optimization at the University of Waterloo and Chair of Computing and Information Science and Acting Dean at the University of Guelph, Ontario, Canada, now retired in Kelowna British Columbia, Canada
  108. George H. Taylor, B.A. (Mathematics, U.C. Santa Barbara), M.S. (Meteorology, University of Utah), Certified Consulting Meteorologist, Applied Climate Services, LLC, Former State Climatologist (Oregon), President, American Association of State Climatologists (1998-2000), Corvallis, Oregon, U.S.A.
  109. J. E. Tilsley, P.Eng., BA Geol, Acadia University, 53 years of climate and paleoclimate studies related to development of economic mineral deposits, Aurora, Ontario, Canada
  110. Göran Tullberg, Civilingenjör i Kemi (equivalent to Masters of Chemical Engineering), Co-author – The Climate, Science and Politics (2009) (see here for a review), formerly instructor of Organic Chemistry (specialization in “Climate chemistry”), Environmental Control and Environmental Protection Engineering at University in Växjö; Falsterbo, Sweden
  111. Brian Gregory Valentine, PhD, Adjunct professor of engineering (aero and fluid dynamics specialization) at the University of Maryland, Technical manager at US Department of Energy, for large-scale modeling of atmospheric pollution, Technical referee for the US Department of Energy’s Office of Science programs in climate and atmospheric modeling conducted at American Universities and National Labs, Washington, DC, U.S.A.
  112. Bas van Geel, PhD, paleo-climatologist, Institute for Biodiversity and Ecosystem Dynamics, Research Group Paleoecology and Landscape Ecology, Faculty of Science, Universiteit van Amsterdam, Amsterdam, The Netherlands
  113. Gerrit J. van der Lingen, PhD (Utrecht University), geologist and paleoclimatologist, climate change consultant, Geoscience Research and Investigations, Nelson, New Zealand
  114. A.J. (Tom) van Loon, PhD, Professor of Geology (Quaternary Geologyspecialism: Glacial Geology), Adam Mickiewicz University, former President of the European Association of Science Editors Poznan, Poland
  115. Fritz Vahrenholt, B.S. (chemistry), PhD (chemistry), Prof. Dr., Professor of Chemistry, University of Hamburg, Former Senator for environmental affairs of the State of Hamburg, former CEO of REpower Systems AG (wind turbines), Author of the book Die kalte Sonne: warum die Klimakatastrophe nicht stattfindet (The Cold Sun: Why the Climate Crisis Isn’t Happening”, Hamburg, Germany
  116. Michael G. Vershovsky, Ph.D. in meteorology (macrometeorology, long-term forecasts, climatology), Senior Researcher, Russian State Hydrometeorological University, works with, as he writes, “Atmospheric Centers of Action (cyclones and anticyclones, such as Icelandic depression, the South Pacific subtropical anticyclone, etc.). Changes in key parameters of these centers strongly indicate that the global temperature is influenced by these natural factors (not exclusively but nevertheless)”, St. Petersburg, Russia
  117. Gösta Walin, PhD and Docent (theoretical Physics, University of Stockholm), Professor Emeritus in oceanografi, Earth Science Center, Göteborg University, Göteborg,  Sweden
  118. Anthony Watts, ItWorks/IntelliWeather, Founder, surfacestations.org, Watts Up With That, Chico, California, U.S.A.
  119. Carl Otto Weiss, Direktor und Professor at Physikalisch-Technische Bundesanstalt,  Visiting Professor at University of Copenhagen, Tokyo Institute of Technology, Coauthor of ”Multiperiodic Climate Dynamics: Spectral Analysis of…“, Braunschweig, Germany
  120. Forese-Carlo Wezel, PhD, Emeritus Professor of Stratigraphy (global and Mediterranean geology, mass biotic extinctions and paleoclimatology), University of Urbino, Urbino, Italy
  121. Boris Winterhalter, PhD, senior marine researcher (retired), Geological Survey of Finland, former professor in marine geology, University of Helsinki, Helsinki, Finland
  122. David E. Wojick, PhD,  PE, energy and environmental consultant, Technical Advisory Board member – Climate Science Coalition of America, Star Tannery, Virginia, U.S.A.
  123. George T. Wolff, Ph.D., Principal Atmospheric Scientist, Air Improvement Resource, Inc., Novi, Michigan, U.S.A.
  124. Thomas (Tom) Wysmuller –NASA (Ret) ARC, GSFC, Hdq. - Meteorologist, Ogunquit, ME, U.S.A.
  125. Bob Zybach, PhD (Environmental Sciences, Oregon State University), climate-related carbon sequestration research, MAIS, B.S., Director, Environmental Sciences Institute Peer review Institute, Cottage Grove, Oregon, U.S.A.
  126. Milap Chand Sharma, PhD, Associate Professor of Glacial Geomorphology, Centre fort the Study of Regional Development, Jawaharlal Nehru University, New Delhi, India
  127. Valentin A. Dergachev, PhD, Professor and Head of the Cosmic Ray Laboratory at Ioffe Physical-Technical Institute of Russian Academy of Sciences, St. Petersburg, Russia
  128. Vijay Kumar Raina, Ex-Deputy Director General, Geological Survey of India, Ex-Chairman Project Advisory and Monitoring Committee on Himalayan glacier, DST, Govt. of India and currently Member Expert Committee on Climate Change Programme, Dept. of Science & Technology, Govt. of India, author of 2010 MoEF Discussion Paper, “Himalayan Glaciers – State-of-Art Review of Glacial Studies, Glacial Retreat and Climate Change”, the first comprehensive study on the region.  Winner of the Indian Antarctica Award, Chandigarh, India

Scott Chesner, B.S. (Meteorology, Penn State University), KETK Chief Meteorologist, KETK TV, previously Meteorologist with Accu Weather, Tyler, Texas, U.S.A

Émancipation sociale: L’autogestion est la voie de la sagesse…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le décembre 1, 2012 par Résistance 71

Excellente présentation du Groupe Louise Michel, qui reconfirme s’il en était besoin, que l’autogestion dans les communes libres fédérées est la voie du futur pour une société égalitaire et donc libre. Sans égalité (sociale et politique), ni fraternité (entr’aide mutuelle, compassion et coopération), aucune liberté n’est possible, jamais !

Voici ce que dit Proudhon dans son ouvrage à redécouvrir de 1863: "Du principe fédératif": "Voilà tout le système, dans la confédération, les unités qui conforment le corps politique ne sont pas des individus, citoyens ou sujets; ce sont des groupes, donnés a priori par la nature et dont la taille moyenne ne dépasse pas celle d’une population rassemblée sur un territoire de quelques centaines de kilomètres carré. Ces groupes sont eux-mêmes de petits états, organisés démocratiquement sous la protection fédérale et dont les unités sont les citoyens."

En conclusion de ce fascinant petit livre, Proudhon, visionnaire, nous dit ceci (en 1863 ne l’oublions pas !…):

"Ainsi, la réduction et la péréquation de l’impôt ne peuvent pas être obtenues sous un pouvoir à haute pression, puisque pour réduire et égaliser l’impôt, il faudrait commencer par le décentraliser ; ainsi la dette publique ne se liquidera jamais, elle augmentera toujours plus ou moins rapidement aussi bien sous une république unitaire que sous une monarchie bourgeoise ; ainsi le débouché extérieur, qui devrait apporter à la nation un surcroît de richesse, est annulé par la restriction du marché intérieur, restriction causée par l’énormité des taxes; ainsi les valeurs, prix et salaires ne se régulariseront jamais dans un milieu antagonique où la spéculation, le trafic et la boutique, la banque et l’usure l’emportent de plus en plus sur le travail. Ainsi enfin, l’association ouvrière restera une utopie, tant que le gouvernement n’aura pas compris que les services publics ne doivent être ni exécutés par lui-même, ni convertis en entreprises privées et anonymes, mais confiés à forfait et par baux à terme à des compagnies d’ouvriers solidaires et responsables. Fini l’immixtion du pouvoir dans le travail et les affaires, plus d’encouragements au commerce et à l’industrie, plus de subventions, plus de concessions, plus de prêts et d’emprunts, plus de pots-de-vins, plus d’actions de jouissances ou industrielles, plus d’agiotage: de quel système pouvez-vous attendre de pareilles réformes si ce n’est du système fédératif ?"

La gestion directe des communes est partie prenante d’un système fédératif ou quelque soit le nom qu’on lui donne. C’est l’avenir incontestable de l’humanité, commençons ensemble à bâtir une société égalitaire et libre…

– Résistance 71 –

 

Gestion directe de nos communes

Pour que personne ne décide à notre place

 

Groupe Louise Michel de la Fédération Anarchiste

 

L’alternance politicienne entre la droite et la gauche, avec leurs alliés de tout le spectre de la « démocratie » parlementaire, nous a clairement démontré combien les politicards font preuve d’efficacité, lorsqu’il s’agit de favoriser les profiteurs qui s’engraissent sur notre dos.

Au nom d’une gestion réaliste de notre vie commune, ils nous imposent une économie de plus en plus libérale où la société est cogérée par les « décideurs » : représentants des multinationales, du patronat, leaders d’opinions, responsables des partis dit politiques et de certains syndicats. Ceux-ci tiennent bien serrées dans leurs mains les rênes de l’économie, gèrent le capital, et cherchent à travers la « politique » à contrôler totalement notre existence. On veut nous faire croire que ce mode de gestion est le seul possible et qu’à défaut de pouvoir lutter contre le capitalisme, il faut se contenter de le gérer le mieux possible.

Attention !

La globalisation croissante de l’économie est en train de dissoudre les intérêts des populations locales dans ceux des cartels financiers internationaux. Cette concentration du pouvoir économique mondial s’accompagne d’une centralisation du pouvoir politique qui amène de fait une nouvelle forme de totalitarisme qui, si nous n’y prenons garde, risque de balayer à terme toute forme de démocratie ! Oublier l’histoire, c’est se condamner à la revivre. Devrons-nous attendre en moutons résignés l’avènement d’une dictature souhaitée par certains aujourd’hui, ou choisirons-nous la voie de la responsabilité et de l’égalité ?

La lutte pour la gestion directe

Que personne ne décide à notre place ! Organisons la solidarité et l’entraide entre les habitants de nos communes contre les affairistes. Préparons-nous à remplacer l’État, institution parasite et étouffante, par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société. Demain, gérons nous-mêmes, directement, nos cités et notre travail. Supprimons les inégalités sociales et économiques.

Après l’échec à l’Ouest, à l’Est, au Sud et au Nord de toutes les doctrines autoritaires (coloniales, démocratiques, dictatoriales ou théocratiques), luttons pour une société libertaire ; débarrassons-nous des gouvernants et des patrons.

Les principes

Les principes de gestion directe communale telle que les libertaires la conçoivent sont clairs.

Ils supposent :

 

• Le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l’État, qui est un agent de coercition du système capitaliste.

• Des assemblées générales souveraines.

• Le mandatement impératif des délégués.

• La révocabilité des délégués élus.

• Des Comités de quartier et par thèmes transversaux (culture, éducation, transports…)

• Une socialisation des services avec des décisions prises par un collège comprenant :

- Les usagers de ce service.

- Les citoyens de la commune.

- Les personnes travaillant à faire fonctionner ce service.

Nous nous démarquons de cette démocratie participative mise à la mode – comme par hasard – à la veille des élections. Chrétiens progressistes, marxistes modernistes, et certains écologistes, ne vous proposent que d’améliorer l’information et la consultation des citoyens sur des décisions qu’ils auront déjà prises. L’utilisation du terme « gestion directe » indique clairement qu’il faut inverser complètement le processus d’élaboration des décisions afin que NOUS restions maîtres de notre avenir.

La gestion directe… Pour quoi faire ?

La participation à la gestion d’une commune n’a d’intérêt pour un citoyen que si elle transforme ses conditions d’existence. Gérer en commun une municipalité, alors que celle-ci conserve ses structures étatiques et les inégalités économiques, consisterait pour les citoyens à gérer eux-mêmes leur propre asservissement, leur propre misère. Ce qui caractérise les structures étatiques ce sont :

• La hiérarchisation des responsabilités et des décisions.

• L’assujettissement de tous à quelques-uns.

• Les inégalités sociales et économiques.

• L’existence d’une classe dirigeante privilégiée.

Demain, si dans la commune gérée directement, il reste des différences économiques ou sociales, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante, qui défendra par tous les moyens ses privilèges. Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur période de transition, qu’il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.

Les citoyens se demandent ce qu’ils peuvent gagner à la gestion directe de leur commune. Ils pèsent les avantages et les inconvénients qui en résulteront pour eux et dont le principal est la responsabilité : c’est celui qui les fait le plus réfléchir car celle qu’ils assureront dans leur commune engagera celle de leurs conditions de vie.

Nous touchons ici au problème humain, celui des hommes et des femmes devant la responsabilité, celui de la quiétude qui résulte d’une certaine servilité, surtout lorsqu’elle s’assortit de conditions d’existence, morales et économiques, acceptables.

Il est possible d’avancer des raisons solides qui peuvent nous convaincre que les citoyens auraient intérêt à gérer eux-mêmes directement leur commune. Il y a la maîtrise de leur cadre de vie, de leur environnement ; une meilleure gestion des services au public, qui plutôt que d’être gérés en fonction de leur rentabilité financière ou électorale, le seraient réellement en fonction de leur utilité sociale déterminée par tous…

Agir au lieu d’élire

Nous ne pouvons pas nous contenter de dénoncer, de critiquer et d’émettre des principes, sans proposer des moyens concrets de mettre ces principes en œuvre.

Au niveau communal, il est possible d’organiser des contre-pouvoirs, en mettant en place des assemblées parallèles de citoyens élaborant des contre-propositions à la gestion municipale. Dès aujourd’hui nous nous battons pour :

• Les transports gratuits pour tous ;

• La gratuité de la santé de proximité ;

• Un accès libre et gratuit à tous les espaces et services culturels (bibliothèque, salles de réunion, de répétition…) ;

• La réquisition des logements vides et leur gestion directe par des représentants des habitants révocables ;

• Le contrôle de tous les projets d’urbanisme par des comités transversaux et de quartiers révocables ;

• Etc.

Nous pouvons aussi investir les réunions publiques des conseils municipaux issus du système électoral par des délégués révocables avec mandats impératifs, faisant valoir la volonté des habitants. Mais nous ne voulons pas reproduire l’erreur qui consisterait à se présenter sur les listes électorales pour se faire élire sans mandats impératifs et sans révocabilité, se serait essayer d’imposer nos principes par le haut.

Anarchistes, nous pensons que le seul pouvoir possible est celui de la base, et l’expérience nous a démontré que même les meilleurs d’entre nous ne peuvent exercer un pouvoir sur les autres sans se faire ronger et anéantir par celui-ci. Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi nous sommes anarchistes !

Innover dans la continuité

Déjà les communes révolutionnaires qui nous ont précédées : Paris 1793 et 1871, Goulaï Polie 1917, Kronstadt 1921, Espagne 1936… se basant sur la gestion directe de la commune par ses citoyens, permirent l’éclosion d’idées d’organisation, que se soit sur le ravitaillement, la santé, l’éducation ou l’organisation du travail qui, si elles ont été pour la plupart reprises et accommodées par les dirigeants centralistes, n’ont pu dans le contexte étatiste, atteindre le degré d’efficacité qu’elles avaient dans ces communes. Ne citons entre autres que l’école publique laïque pour tous (Paris 1871), la réquisition et répartition des logements vacants (Kronstadt 1921), les systèmes de santé socialisés accessibles à tous (Espagne 1936)…

Tout cela nous montre que la gestion directe d’une commune, si ce n’est pas une idée nouvelle, c’est le moyen le plus efficace d’une politique dynamique portée vers l’avenir car conçue et appliquée par tous.

 

=  =  =

 

Groupe Louise Michel

dans Le Monde Libertaire

http://www.federation-anarchiste.org/ml/numeros/1228/article_10.html

Marasme socio-politique: La solution des communes libres et autogérées… Suite et fin…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, syndicalisme et anarchisme avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , le novembre 18, 2012 par Résistance 71

Ceci est la seconde et dernière partie de l’essai d’Isaac Puente de 1932: "El communismo libertario", traitant plus spécifiquement de l’organisation économique et politique de la nouvelle société. Ce texte a servi de base à la nouvelle société libertaire espagnole gérée par la CNT entre 1936 et 1939, bien que l’organisation ait commencé bien avant, notamment dans certaines régions de l’Espagne comme l’Andalousie où l’anarchisme s’est implanté depuis les années 1860.

Certaines propositions peuvent paraître un peu "démodées", mais sont en fait parfaitement adaptable à la société existant depuis la fin du XXème siècle. N’oublions jamais que la pensée libertaire n’est en rien dogmatique, qu’elle s’est adaptée et s’adapte toujours à l’évolution (ou plutôt la régression…) de la société actuelle. A cet égard ,des propositions de changement sociétaires comme proposées par Murray Bookchin  et Janet Biehl et leur municipalisme libertaire ou  celle d’un Michaël Albert sur l’économie participative ou "écopar" sont de très bons exemple de quelques manières d’adapter la pensée et le modèle libertaire au monde qui nous entoure.

90% des problèmes inhérents se résoudront dans la pratique et les solutions seront trouvées ici et maintenant ou dans le temps par les personnes directement concernées par la gestion de leur commune libre et de leur inclusion dans une fédération active des communes libres. Un des meilleurs exemples depuis 1994 est le mouvement autonome zapatiste du Chiapas dans le sud du Mexique. Ce mouvement ne se revendique pas anarchiste, mais a synthétisé une pratique libertaire du communisme (dans le sens de fédération de communes) totalement adaptée à leur environnement et à leur culture. Cela marche pour eux et marchera, adapté, pour toute collectivité capable de transcender ses différences.

En cela le pamphlet d’Isaac Puente demeure d’une incroyable actualité tant dans la vision des choses que dans la recette d’application pratique. Pour y parvenir, il faut retrouver cette qualité de la nature humaine primordiale qui a été ensevelie sous une sacrée couche d’immondices, résidus de la société du spectacle et de la consommation effrennée: La solidarité et l’entr’aide mutuelle…

– Résistance 71 –

1ère partie

=  =  =

~ Traduit de l’espagnols par Résistance 71 ~

 

L’organisation économique de la société

 

Le communisme libertaire est fondé sur l’organisation économique de la société, l’intérêt économique étant le seul lien commun entre les individus en cela qu’il représente le seul lien qui nécessite un accord de tous. L’organisation sociale du communisme libertaire n’a aucun autre but que de mettre sous propriété commune tout ce qui constitue les moyens de création de richese de la société, à savoir: les moyens et les outils de production et les produits eux-mêmes (NdT: ainsi dans l’ère moderne que les moyens de distribution et de services) et aussi de faire une obligation commune que chacun contribue à cette production en accord avec son énergie, son talent / savoir-faire, et de voir ensuite que les produits soient distribués à tous en accord avec les besoins de chacun.

Tout ce qui ne qualifie pas comme fonction économique ou comme activité économique se trouve de facto en dehors de la compétence de l’organisation basée sur l’économie et est en conséquence ouvert à l’initiative personnelle et à l’activité individuelle.

Le contraste entre l’organisation fondée sur des politiques différentes, ce qui est une caractéristique commune à tous les régimes basés sur l’état et une organisation fondée sur les facteurs économiques, dans un régime qui nie l’état, ne peut pas être plus radical, plus dramatique. Afin de démontrer ce contraste dans sa pleine mesure, nous avons élaboré ce schéma comparatif:

  • L’organisation politique (étatique):
    - Traite les gens comme des enfants, incapables de s’organiser ou de se gouverner eux-mêmes sans supervision.
    - Tous les pouvoirs résident dans l’état: l’économie, l’éducation, l’administration de la justice, l’interprétation des lois, la création de la richesse et l’organisation de toutes les fonctions.
    - L’état est souverain. Toutes les forces (armée, police, tribunaux, prisons) sont concentrées dans ses mains. Les citoyens sont sans défense, désarmés, ce qui ne les empêche pas d’être labellisé ‘souverains” par les soi-disantes démocraties.
    - Les gens sont groupés selon leurs croyances politiques, religieuses ou sociales, de manière minimum aussi loin que cela constitue la façon dont les gens diffèrent entr’eux et varient le plus.
    - L’état, qui représente une petite minorité, clâme avoir une grande capacité, habilité et sagesse par rapport aux groupements sociaux divers. “Une tête sait plus que le reste mis ensemble”.
    - En établissant une forme fixe à tout jamais (la constitution ou le code), l’état déforme le futur et mutile la vie, qui est à multiples facettes et en changement constant.
    - L’état s’approprie tout. Les citoyens n’ont rien d’autre a faire que de payer, d’être obéissants, de produire et de suivre la volonté suprême de la personne en contrôle. L’état nous dit: “Donnez-moi le pouvoir et je vais vous rendre heureux.”
    - La société est divisée en deux castes antagonistes: ceux qui donnent les ordres et ceux qui obéissent aux ordres.
    - Seuls des droits de papier, fictionnels sont accordés: liberté, souveraineté, autonomie etc… afin de nourrir la flamme sacrée de l’illusion politique
    - Le progrès et l’évolution de la société mène l’état à travers des formes despotiques et absolutistes vers son effondrement. Le fascisme est une solution tardive apportée par l’état, tout comme le socalisme. L’état déguise et cache ses privilèges seulement pour finir par les perdre petit à petit alors que les consciences individuelles et de classes se développent.
    - Quand l’organisation est politiquement fondée, la hiérarchie s’accentue vers un pinacle. Au dessus des citoyens se trouve le conseil municipal, au-dessus le conseil national: toujours plus haut, le “gouverneur” et encore plus haut le gouvernement.
  • L’organisation d’union syndicale (communisme libertaire):
    - Prend en compte chaque collectivité professionnelle et reconnaît leur capacité à organiser leurs propres affaires. Considère la supervision inutile et l’état superflu.
    - L’initiative passe aux organisations professionnelles, le contrôle de l’éducation aux enseignants, le contrôle des services de santé aux travailleurs de ce secteur. Le contrôle des communications passe aux techniciens et aux assemblées de travailleurs, tandis que le contrôle de la producrion passe à la Fédération des syndicats (communes).
    - Le pouvoir retourne là où il n’aurait jamais dû partir en cela que chaque groupe va le redistribuer à ses membres, il n’est plus accumulé, chaque individu aura sa part et l’assemblée aura ce que chacun lui accorde.
    - Les gens s’unifient par occupation commune et par besoins communs dans l’union (la commune) et aussi loin que la commune/municipalité libre est concernée, les gens s’assemblent par localité et intérêts partagés. De cette façon, les choses en commun se trouvent maximisées.
    - L’assemblée professionnelle comprend ainsi le maximum de justesse, de savoir-faire et de sagesse. Tous ensemble, nous en savons plus qu’une personne seule, même éduquée.
    - Sous une organisation de municipalité libre (union), les lignes de conduite à suivre seront continuellement révisées à la lumière des circonstances.
    - En l’absence des intermédiaires et des rédempteurs, chaque individu doit gérer ses propres affaires et doit s’habituer à la gestion sans passer par des intermédiaires, se libérant ainsi de cette habitude acquise au travers de siècles d’asservissement politique.
    - Chaque citoyen refuse de n’être qu’un producteur et rien de plus. Les positions administratives ne seront que temporaires, sans exemption de travail productif. Ces positions seront constamment dépendantes des décisions atteintes par les assemblées.
    - La liberté fondamentale, la liberté économique, est mise en pratique. La démocratie, à savoir le gouvernement du peuple par le peuple sera une réalité. Le fédéralisme sera réel avec la reconnaissance donnée à la plus grande autonomie et indépendance de la municipalité et de chaque entité productrice.
    - L’évolution des collectivités professionnelles les mène à toujours plus de perfectionnement et de croissance. Elles ont évolué de la défense des intérêts économiques particuliers égoïstes de l’individu vers la formation qui va les équiper pour accepter leur rôle dans la société.
    - Là où l’organisation est fondée sur l’économique, la “hiérarchie” fonctionne vraiment du bas vers le haut (NdT: bien qu’il ne s’agisse plus véritablement d’une société pyramidale, ou alors d’une pyramide très, très applatie…). Les décisions d’un comité peuvent être annulées par un plenium: des décisions pléniaires par l’assemblée et les décisions de l’assemblée peuvent être altérées par le peuple.

La richesse et le travail

Il y a deux choses qui doivent être partagées parmi la population d’une nation: la richesse ou produire pour la consommation de la population entière et le travail requis pour y parvenir. Ceci serait une solution juste et équitable. Une solution qui serait également très rationnelle. Mais dans la société capitaliste, la richesse ne va que dans un seul secteur, un secteur qui ne travaille pas, tandis que le travail lui est assigné à un autre secteur dont les besoins en matière de consommation ne sont pas satisfaits. C’est à dire que nous nous retrouvons dans une situation inverse de ce qui se produit dans la nature, qui alimente toujours plus de substance ou de sang aux membres ou organes qui font le travail. [...]

[...] Alors que de nos jours quelques sept millions de travailleurs (NdT: Dans l’Espagne de 1932) sont engagés dans la production de richesse et que cela veut dire qu’ils doivent travailler une moyenne de huit heures par jour, si les 14 millions de personnes capables de travailler se mettaient à la tâche, cela voudrait dire qu’il ne faudrait plus que 4 heures par jour de travail et par personne pour achever la même production. Ceci est la leçon simple et claire que nous pouvons déduire d’une bonne et juste distribution. Ceci est l’utopie que les anarchistes veulent mettre en place.

Le potentiel économique de notre pays

Comme on peut s’y attendre, l’introduction du communisme libertaire dans notre pays, seul de toutes les nations européennes à le faire, amènera l’hostilité des nations capitalistes. Utilisant la défense des intérêts de ses sujets comme prétexte, l’impérialisme bourgeois tentera d’intervenir par la force des armes pour écraser notre système dès sa naissance. Une intervention armée d’une ou plusieurs nations extérieures voudra dire: guerre mondiale. Afin d’éviter la menace d’une révolution sociale dans leur pays, les nations capitalistes préféreraient le plan en sous-main de financer une armée mercenaire comme ils l’ont fait en Russie. [...]

[...] Quoi qu’il en soit, si les gens arrivent à tirer le maximum des ressources de notre zone rurale et parviennent ainsi à développer pour eux-mêmes des standards de vie meilleurs, alors ils deviendront les meilleurs défenseurs du communisme libertaire. Un autre danger est le blocus de nos côtes par les navires de guerre des pays capitalistes, ce qui voudra dire que nous devrons nous contenter de nos seules ressources intra muros. Vu la longuer de nos régions côtières ce blocus pourra être facilement contourné, mais la possibilité demeure et nous devrons adresser cette question au préalable. [...]

Note du traducteur: suit ici une liste des ressources et possibilités pour l’Espagne des années 1930 sur plusieurs pages… [...]

La mise en pratique

Le communisme libertaire est basé sur des organisations qui existent déjà, grâce auxquelles la vie économique dans les villes et les villages peut se dérouler à la lumière des besoins particuliers de chaque localité. Ces organisations sont les syndicats et les municipalités libres. Le syndicat rassemble les individus, les groupe selon la nature de leur travail. En premier lieu, il regroupe les ouvriers d’une usine, d’un atelier ou d’une entreprise, ceci étant la plus petite cellule jouissant d’autonomie en ce qui concerne sa propre activité. Uni à d’autres cellules identiques, ceci constitue une section au sein du syndicat départemental ou industriel. Les syndicats locaux se fédèrent entr’eux, formant une fédération locale, composée des comités élus par les cellules syndicales; une assemblée pléniaire se constitue et une assemblée générale, qui en dernière instance est suprêmement souveraine.

La municipalité libre est l’assemblée de travailleurs dans de petites localités, villages ou hameaux, jouissant de pouvoirs souverains en regard de toutes les affaires locales. En tant qu’institution d’origine ancienne, elle peut, malgré la dilution par les institutions politiques actuelles, retrouver sa souveraineté ancienne et prendre en charge l’organisation de la vie locale.

L’économie nationale est le résultat de la coordination de diverse localités qui constituent la nation. Quand chaque localité a son économie en bonne marche et bien administrée, l’ensemble doit devenir un arrangement harmonieux et la nation devenir parfaitement en paix avec elle-même. Le fait est que la perfection ne doit pas être imposée depuis le haut, mais que cela doit fleurir depuis la base, devenant ainsi un épanouissement spontané et non pas une floraison forcée. De la même manière que des accords entre individus sont atteints par la communication entr’eux, l’harmonie entre les localités sera perpétrée de la même façon: par des contacts périodiques et circonstantiels au cours d’assemblées pléniaires et de congrès et le contact endurant et continu établi par les fédérations industrielles.

Regardons de manière séparée l’organisation rurale et urbaine, puis l’organisation de l’économie dans son entièreté.

L’organisation rurale

Cet en zone rurale que la mise en place du communisme libertaire présente le moins de complications, car cela ne demande que l’activation de la municipalité libre, ou la commune, qui est l’ensemble des habitants d’un village ou d’un hameau rassemblé en un conseil ayant les pleins pouvoirs pour administrer et gérer les affaires locales, principalement la production et la distribution.

De  nos jours, le conseil n’est pas un agent libre, il est regardé comme une entité mineure et ses décisions peuvent être invalidées par le conseil de chef-lieu ou de gouvernement ou les entreprises, trois institutions parasites qui vivent sur le dos de l’assemblée, l’ensemble, du peuple.

Dans la municipalité libre, le territoire entier de sa juridiction sera placé sous la formule de la propriété commune et non pas une partie de territoire municipal comme cela est la cas aujourd’hui; les collines, les arbres, les pâturages, les terres arables, les bêtes de sommes (NdT: aujourd’hui la machinerie) et les animaux d’élevages, les bâtiments, les machines et les améliorations fermières, le surplus de matériel et la production accumulée ou placée en stockage par ses habitants.

Ainsi, les seules choses qui demeureront du domaine de la propriété privée seront les choses nécessaires à chaque individu, comme le logement, l’habillement, les meubles, les outils de travail, les parcelles mises à disposition de chaque habitant pour leur propre production vivrière qu’ils pourront consommer ou faire comme passe-temps sur le temps libre et distribuer.

Tout surplus aux requis de vie nornal pourra être collecté à tout moment par la municipalité avec l’accord préalable de l’assemblée, dans la mesure où tout ce qui est acccumulé sans besoin réel ne nous appartient pas et en fait prive quelqu’un d’autre de sa possession. La nature nous donne le droit de propriété sur ce dont nous avons besoin pour vivre décemment, mais nous ne pouvons pas clâmer quoi que ce soit au delà de ce que nous avons fondamentlaement besoin sans commettre un vol (NdT: cf Proudhon), sans usurper le droit de propriété de tous et donc de la collectivité.

Tous les résidents seront égaux:

Ils produiront et contribueront également à la maintenance logistique de la commune, sans différenciation autre que celle de l’aptitude à certaines tâches (âge, spécificité professionnelle, etc…). Tous prendront une part égale dans la décision administrative prise en assemblée et tous auront des droits égaux de consommation en accord avec leur besoin (familles, couples sans enfants, personnes âgées, célibataires, familles nombreuses etc…) ou lorsque cela est inévitable, en accord avec une politique de rationnement.

Quiconque refuse de travailler dans la communauté (mis à part bien sûr les enfants, les malades, les handicappés ou les personnes âgées) seront démunis de leurs droits: de délibérer en assemblée et de consommer.

La municipalité libre se fédèrera avec ses contre-parties dans d’aures localités et avec les fédérations industrielles nationales. Chaque localité mettera ses surplus de production à disposition pour échange en retour pour les choses dont elles ont besoin. Elle contribuera au travail d’intérêt général comme l’entretient et le développement des réseaux routiers, ferroviers, réservoirs, châteaux d’eau, reforestation etc…

En échange de leur contribution à l’intérêt général régional ou national, les membres de la municipalité libre pourront bénéficier des services publiques comme la poste, téléphone, chemin de fer, autoroute, électricité, services de santé, hôpitaux, sanitariums et spas, une éducation supérieure universitaire et des articles et produits non manufacturés localement.

Le surplus d’énergie humaine sera utilisé pour de nouveaux travaux et de nouvelles productions comme la municipalité le juge bon pour son développement collectif et en partageant le travail parmi tout le monde, réduisant le nombre d’heures de travail effectif et la longuer de la journée de travail pour chacun.

Le villageois ne doit pas trop se préoccuper de la municipalité libre dans la mesure où ses ancêtres ont vécu de manière similaire. Dans chaque village on peut trouver des travaux faits en commun et une propriété commune pour un meilleur partage des activités (comme la collection de combustibles ou les pâturages communs). De plus il y a des procédures de droit coutumier rural, des façons et certains moyens par lesquels des solutions peuvent toujours être trouvées quelque soit la difficulté et dans ces procédures, la décision n’est jamais prise par une seule personne, même si elle était élue pour le but des autres, mais une décision est atteinte par l’accord de tout le monde (NdT: pas de majorité… mais l’unanimité !)

L’organisation urbaine

En ville, la partie jouée par la municipalité libre est jouée par la fédération locale. Dans de grands centres urbains, de telles organisations peuvent exister dans chaque district. La souveraineté ultime de la fédération locale des syndicats industriels réside avec l’assenblée générale de tous les producteurs locaux.

Leur mission est de mettre en place la vie économique de leur localité, mais spécifiquement la production et la distribution, à la lumière des requis de leur propre localité et de même, des demandes d’autres localités (par le truchement de la fédération).

En temps de révolution, les syndicats prendront possession des usines et des ateliers, des logements, des bâtiments et des services publics, des matériaux, matières premières et matières premières et matériaux stockés.

Un carnet de producteur, délivré par le syndicat approprié, sera indispensable pour que tout le monde pusse jouir de ses droits, en plus de l’information détaillée concernant le besoin de consommation comme par exemple: la taille de la famille, le nombre de jours et d’heures travaillés, tout cela sera aussi consigné dans le carnet (NdT: tout cela de nos jours se fera bien sûr par informatique). Les seuls personnes exemptes seront les enfants, les personnes âgées et les handicappés.

Le carnet de producteur confère un droit à tout ceci:

  • A consommer en accord avec ses besoins de tous les produits distribués dans cette localité.
  • De posséder pour son usage personnel un logement adéquat, des meubles en conséquence, un poulailler et un allotement de terrain pour la culture de légumes selon les besoins personnels et de la localité.
  • L’utilisation de tous les services publics
  • De prendre part à toutes les décisions, votes, effectués dans l’usine, l’atelier, l’entreprise, la section, le syndicat et la fédération locale de l’intéressé.
  • La fédération locale suppléera aux besoin de sa localité et veillera à ce que l’industrie particulière se développe du mieux possible pour les besoins les plus urgents de la nation.
  • Lors de l’assemblée générale, le travail sera alloué aux syndicats, qui répercuteront la tâche aux sections, tout comme les sections le feront sur les lieux de travail avec le but permanent de palier à ce qu’il n’y ait pas de personnes non employées, d’augmenter le résultat quotidien des rotations de travailleurs d’une industrie ou de couper par le nombre requis la journée de travail.
  • Toute chose entreprise qui n’est pas du domaine économique sera laissé à l’initiative privée individuelle ou d’un groupe.
  • Chaque syndicat devra chercher à s’engager dans des activités qui seront bénéficaires pour tout le monde, spécifiquement ces activités concernant la protection de la santé des producteurs et de rendre le travail des plus agréable.

L’ordre économique général

Les pressions économique incitent l’individu à coopérer dans la vie économique de la localité. Ces mêmes pressions économiques sont ressenties par les collectifs, les obligeant à coopérer dans la vie économique de la nation. Mais pour accomplir ceci, nul besoin d’un conseil central ou d’un comité suprême (NdT: référence directe ici au politburo de l’URSS, seule nation communiste autoritaire d’état à l’époque), qui portent en eux la semence du totalitarisme et sont les points de focalisation de toute dictature, tout en étant des nids féconds pour la bureaucratie. Nous maintenons, que nous n’avons nul besoin d’un architecte ou d’une quelconque autorité ordinatrice au delà de l’accord mutuel entre les localités. Dès que chacune et toutes les localités (villes, villages ou hameaux) a mis en ordre sa vie interne, l’organisation de la nation sera complétée. De plus, une fois que tous les individus membres seront certains que leurs besoins seront assurés, alors la vie économique de la municipalité ou de la fédération sera également achevée.

En biologie, pour qu’un organisme parvienne à un bon fonctionnement physiologique et une certaine normalité, chacune de ses cellules doit assumer une fonction qui ne demande qu’une chose: que l’apport de sang et la transmission nerveuse se passent correctement. Nous pouvons en dire de même d’une nation (NdT: ce qui rejoint le concept de la société “organique” de l’anarchiste Gustav Landauer). La vie de la nation est normale et assurée lorsque chaque localité joue sa part et la circulation sanguine qui amène ce dont elle a besoin et élimine ce qui la gène, est régulée (en d’autres termes, le transport est fonctionnel…) et quand donc les localités sont en contact les unes avec les autres et communiquent sur leurs besoins potentiels et mutuels.

Ceci est le moment où les fédérations industrielles entrent en lice, n’étant juste que les corps pour l’élaboration de services collectivisés qui ont besoin d’être gérés sur le modèle d’un schéma national, tels que les communications (poste, téléphone, etc..) et les transports (chemins de fer, navigation fluviale et côtière, routes nationales, autoroutes, transport aérien)

Au dessus de l’organisation locale, il ne doit y avoir aucune superstructure sauf celles inhérentes aux organisations locales (NdT: là encore attaque directe contre le communisme autoritaire d’état marxiste) dont une fonction particulière ne peut pas être effectuée de manière locale. Les seuls interprètes de la volonté nationale sont les congrès et lorsque les circonstances le demandent, ils doivent , temporairement, exercer une telle souveraineté qui leur sera donnée par des décisions plébicitées des assemblées locales.

A part les fédérations nationales pour le transport et les communications, il pourra y avoir des fédérations régionales afin de gérer les problèmes liés aux eaux et forêts ou à la production d’électricité.

Les fédérations nationales maintiendront en propriété commune les routes, les chemins de fer, les bâtiments, l’équipement, la machinerie de production, de distribution et de service et les ateliers. Elles offriront librement leurs services aux localités ou aux individus qui coopèrent de leur effort particulier à l’économie nationale, offrant leurs produits ou leurs surplus, motivés pour produire autant que faire se peut, plus que les besoins de la demande nationale et donnant leur contribution personnelle aux travaux et services qui pourraient en avoir besoin.

La mission des fédérations nationales des communications et des transports est de mettre les localités en contact permanent les unes avec les autres, construisant des services de transport entre les régions productrices et consommatrices, donnant la priorité aux denrées périssables qui doivent être consommées rapidement, tels que le poisson, le lait et produits laitiers, la viande et les fruits et légumes. De la bonne organisation des transports dépend des sources de produits fiables dans des zones de besoin ainsi que la non-congestion des zones où du surplus est produit. [...]

[...] Ni la bonne conduire de l’économie, ni la liberté de l’individu ne demandent de plus grandes complications.

Conclusion

Le communisme libertaire est un couloir ouvert par lequel la société peut s’organiser librement et de son propre accord et par qui l’évolution de la société peut suivre une direction sans déviations artificielles. Il représente la solution la plus rationnelle de toutes les solutions sur la question économique sociétaire en cela qu’il correspond à un partage équitable de la production et du travail nécessaire requis pour parvenir à une solution. Personne ne peut réfuter cette nécessité de se joindre à l’effort comparatif de production, car c’est la nature elle-mème qui nous impose cette dure loi du travail dans des climats qui ne sont parfois pas propices à notre sassiété.

Le devoir économique est le lien de la société, mais il est et doit demeurer, le seul devoir pour lequel le collectif prime sur l’individuel. Toutes les autres activités, culturelles, artistiques, scientifiques, sportives, devront demeurer en dehors du contrôle de la collectivité et rester entre les mains de ces groupes enclins à poursuivre ces activités et à les encourager.

Comme la journée de travail obligatoire (la journée de travail nécessaire en fonction de la technologie disponible), n’épuisera pas la capacité de travail de chaque individu, il y aura de surcroi des types de productions contrôlées, d’autres productions libres et spontanées, une production directement inspirée par le désir et l’enthousiasme, une production qui sera de satisfaction personnelle et aura sa propre récompense intrinsèque. Dans cette production sera semée et germera les semences d’une nouvelle société, la nouvelle société exaltée et dirigée vers l’anarchisme et aussi loin que cela remplisse les besoin de la société, la supervision économique des individus par des organisations deviendra totalement inutile.

Mille objections seront faites à tlout ceci, la plupart si dénuées de sens qu’elles ne mériteront même pas de réfutation. Une objection qui est très souvent émise est celle de la fainéantise. La fainéantise est le résultat d’un climat favorable à celle-ci, c’est là que la nature justifie la cossardise, rendant l’individu indolent.

Nous reconnaissons parfaitement le droit à la paresse aussi loin que ceux qui cherchent à exercer ce droit soient d’accord de continuer leur vie sans l’aide des autres. Nous vivons dans une société où le paresseux, l’incompétent et l’antisocial sont des catégories de personnes qui prospèrent et savourent énormément de pouvoir, d’honneur et de richesses. Si de telles personnes acceptent de renoncer à cela, il n’y a aucun obstacle a ce qu’ils demeurent comme sujets d’exhibition dans des musées ou galleries, avec les animaux fossilisés que nous y trouvons aujourd’hui.

Isaac Puente (1932)

=  =  =

1ère partie de l’essai

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 222 followers