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Résistance politique: L’ère de la réjouissance du manque de travail est venue…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , le mai 24, 2013 par Résistance 71

Pas mal de bon sens (anarchiste ??..) dans ce billet. Du point de vue anarchiste, le travail fonctionnant sur la base du salariat (nouvel esclavage moderne) est une aberration qui a eu son temps.

L’alternative est le travail pour le bien de collectivités librement associées où la société fonctionne selon l’adage suivant: "A chacun selon sa capacité, à chacun selon ses besoins". Ceci implique la suppression de la propriété privée et étatique des moyens de production, de distribution et de services (propriété et non pas possession…) comme l’avait préconisé Proudhon il y a déjà bien longtemps. C’est de cette façon que fonctionnaient la très vaste majorité des nations aborigènes d’Amérique du Nord avant la conquête et l’imposition dogmatique coloniale. Ce concept serait parfaitement adaptable au monde moderne et signerait la fin des oligarchies…

A lire en complément de ce billet: Le Salariat (Pierre Kropotkine)

– Résistance 71 –

 

Nous vaincrons le travail, vive le chômage !

 

Posté par calebirri

 

le 8 mai 2013

 

url de l’article original:

http://calebirri.unblog.fr/2013/05/08/nous-vaincrons-le-travail-vive-le-chomage/

 

Qu’on le veuille ou non, notre monde est condamné au chômage. Nombreux sont ceux qui- à droite comme à gauche- s’en effraient, mais cela devrait pourtant tous nous réjouir : car cela signifie que le progrès technique n’est pas mort, ce qui permet à l’homme d’espérer atteindre encore ce qui devrait être l’un de ses objectifs prioritaires, à savoir de se séparer, à terme, de la nécessité du travail dans nos sociétés.

Seulement le monde ne fonctionne plus, ne raisonne plus en terme de société, ni d’humain, ni même de progrès ou de besoin : nous en sommes arrivés à considérer le chômage comme une calamité, car le critère de référence universel est la rentabilité ; jusqu’aux décroissants qui raisonnent en termes économiques puisqu’ils veulent faire « mieux » avec « moins » (voir décroissance théorie économique bien trop sage).

Le paradoxe de cette situation réside dans le fait que le progrès technique favorise le chômage de masse et que le capitalisme favorise lui-même ce progrès (enfin jusqu’à il y a peu) ; mais aujourd’hui c’est que l’austérité engagée pour sauver le capitalisme conduit elle-aussi au chômage de masse, cette fois pour cause de « non-rentabilité ». Car si le capitalisme a besoin du travail de l’homme pour ses profits, il a également besoin du progrès technique, car les machines seront toujours, à terme en tous cas, plus rentables que l’être humain (24/24, 7 jours sur 7). Mais ce progrès technique, qui au départ était censé libérer les hommes de la contrainte du travail, est aujourd’hui un facteur de rentabilité privé qui s’oppose à l’économie « publique », en ce sens que les gains de productivité apportés par la technologie entraînent pour l’État un surplus de budget (les aides sociales : en 2009, plus de 30% du PIB, soit plus de 600 milliards) pour éponger les licenciements dus aux moindres besoins de main d’œuvre pour effectuer une même tâche (la « fameuse » privatisation des profits, socialisation des pertes). Mais comme aujourd’hui les investissements de production baissent -et qu’ils ne sont même pas compensés par l’obsolescence programmée (comment dans ces conditions la faire disparaître puisqu’elle contribue à « sauvegarder » l’emploi ?), nous arrivons à une situation « logique » d’un point de vue civilisationnel (il y a nécessairement besoin de moins en moins de travail), mais aberrant d’un point de vue économique (que l’on fasse de l’investissement ou de l’austérité, le chômage est en constante augmentation).

Sauf que nous les citoyens, nous sommes toujours contraints de subir ce qui devrait être une libération (le chômage, que le système capitaliste a transformé en fléau) car en dehors des prestations sociales seul l’argent que nous procure le travail nous permet de vivre- nous obligeant ainsi à trouver coûte que coûte cette denrée de plus en plus rare qu’est l’emploi : le résultat évident (enfin d’un point de vue capitaliste) est que le prix du travail (les salaires) est destiné à baisser au fur et à mesure que nous serons plus nombreux à vouloir en obtenir un. Et parallèlement les Etats se voient eux dans l’obligation -tout du moins s’ils se veulent démocratiques et ainsi éviter les contestations massives (des gens qui ne travaillent pas et n’ont aucun moyen de subsistance deviennent dangereux pour l’ordre public -en plus d’avoir du temps pour réfléchir à leur condition), de pourvoir au minimum vital. Et cela leur coûte cher, de plus en plus cher. A tel point qu’ils cherchent par tous les moyens de se soustraire à cette trop lourde dépense.

C’est ainsi que les pays dits « développés » en arrivent à des absurdités à la fois économiques et politiques comme celles que nous constatons aujourd’hui : ne pouvant décemment pas se résoudre à un changement de paradigme pourtant nécessaire et plutôt que d’engager des politiques de relance (déjà que nous gardons dans l’emploi de nombreux postes rendus inutiles dans de nombreuses administrations ou services publics pour ne pas augmenter le nombre de chômeurs), nos gouvernants préfèrent se soumettre à une politique d’austérité destinée à faire baisser le « coût du travail » (les salaires) ; évitant ainsi d’avoir à faire évoluer la technique qui accentuerait le chômage de masse. Déjà qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde ! En définitive l’homme n’est un « outil » plus rentable que la machine que lorsqu’il travaille pour rien : l’esclavage est le seul idéal qui permet le plein emploi. A part peut-être la guerre ou une catastrophe naturelle de grande ampleur, une épidémie meurtrière ou que sais-je encore, la situation ne s’améliorera pas ; mais qui peut souhaiter ce genre « d’améliorations » ?

Donc on arrête d’investir, et ce même si de nombreux emplois ne sont pas pourvus (les métiers les plus pénibles ou considérés comme tels, ou tout simplement déconsidérés). Que peut-on faire pour tous ces gens ? On les indemnise un moment, et puis après ? Soit ils acceptent « n’importe quoi » (et on obtient ainsi de mauvais employés), soit ils vont au secours populaire, soit ils partent grossir les rangs des « émigrés », soit ils luttent contre le système qui ne les satisfait plus. Mais quoi qu’il en soit la situation n’est pas tenable à long terme, car même si tous acceptaient les travaux pénibles il en resterait un paquet sur le carreau.

Du coup on veut se séparer de cette charge, sans pour autant laisser les miséreux sans lien, sans dépendance avec l’Etat. C’est bien pour cela qu’on préfère leur faire creuser des trous qu’ils reboucheront plutôt que de les laisser sans activité ; et même si pour cela on doit recourir à la contrainte comme au travail gratuit ou même aux camps de travail (comme c’est parait-il prévu en Grèce- je n’ai pas trouvé autre chose, du moins en Français). Car ce à quoi nous ne pensons pas assez, c’est que lorsqu’un individu sort du cadre de l’assistance ou solidarité comme on voudra, il devient un anonyme sur lequel le pouvoir étatique n’a plus d’emprise. En quelque sorte il rentre dans la clandestinité et sort de la dépendance vis à vis de l’Etat ; et cela devient un danger potentiel pour le maintien de l’ordre public -en même temps qu’une preuve de l’incapacité de l’Etat à faire correspondre son modèle politique à la réalité sociale, comme on le voit ces derniers temps en Espagne ou en Grèce avec l’augmentation du travail au noir et la généralisation du « système D ».

On est même arrivés à un tel point de saturation -il faut se rendre compte de cet incroyable non-sens – que l’on préfère enterrer des innovations (même rentables d’un point de vue économique ou social caisses automatiques, informatisation) que d’avoir à supprimer encore des postes. Ne sachant plus que faire pour stopper les déficits on va jusqu’à couper les crédits de recherche et de développement, sans se rendre compte que nous sommes tous entrainés dans une spirale infernale qui nous conduira de toutes les manières au même résultat : il faudra bien un jour régler le problème du travail et de sa nécessaire obsolescence et admettre une bonne fois pour toutes que le temps du travail est révolu. Et que si nous voulons éviter les dérives autoritaires inhérentes au capitalisme nous devrons changer de paradigme.

Car si au lieu de nous inquiéter pour les retraites ou le chômage nous nous inquiétions pour notre bien-être ou notre santé, nous comprendrions très vite qu’il nous faut tout d’abord faire des enfants (et oui plutôt que de devoir travailler plus et plus longtemps pour mourir plus jeune sans avoir d’autre emploi que ce que le gouvernement nous autorise ou nous impose, nous n’avons qu’à faire des enfants !), car eux-seuls seront les garants de nos vieux jours, en plus de la promesse qu’ils représentent pour le futur.
Si nous cessions de viser la rentabilité nous comprendrions que le futur de l’homme est de se séparer de la contrainte du travail plutôt que de la désirer, avec des durées hebdomadaires allant sans cesse se réduisant, pour avoir plus de loisirs : « notre société sera une société de loisirs ou ne sera pas », disait un professeur d’économie que j’ai connu. Il avait raison : nous sommes condamnés à travailler de moins en moins. Pourquoi ne pas en faire un objectif avouable et positif , et se réjouir que même le cynisme et le calcul des capitalistes ne suffit pas à empêcher cette inéluctabilité ? Pour mettre en conformité les aspirations humaines avec la réalité sociale d’une société avancée et positive, nous devons changer les règles du jeu (voir); de toutes les manières les riches s’ennuient, tandis que les pauvres aimeraient bien s’ennuyer un peu plus, alors… Et même si nous devons tous « travailler » (on remplacera alors ce terme par un autre) pour notre propre bien -et celui des autres- nous devrions partager ce travail entre tous et dans des conditions équivalentes pour satisfaire chacun.

Et qu’on puisse un jour enfin crier tous ensemble « nous vaincrons le travail, vive le chômage » !

Obsolescence du système économique: L’illusion fait-elle toujours illusion ?…

Posté dans actualité, altermondialisme, économie, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique avec des tags , , , , , , , , , , , , , le mai 22, 2013 par Résistance 71

Un MEDEF sur la banquise

 

Georges Stanechy

 

21 Mai 2013

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/un-medef-sur-la-banquise…-2

 

« Aujourd’hui, au sommet de leur achèvement, le capitalisme et le libéralisme engendrent les inégalités, la violence, la pauvreté, l’aliénation des travailleurs et la destruction d’un monde viable pour les générations futures ; bref, l’exact opposé du progrès humain. »

Jacques Généreux (1)

 

Contes, légendes, et croyances…

Quoi de plus rafraichissant, apaisant, en ces temps de crises aux multiples facettes ! Face à l’inéluctable, croire au merveilleux. Se nichant souvent dans des endroits inattendus.

Un des plus distrayants, actuellement, pétille à grosses bulles dans l’élection du président du MEDEF. L’effervescent syndicat des “grands patrons”.

En fait, dans la désignation du porte-parole officiel du grand patronat.

Car, détenant tous les médias de l’audiovisuel et de la presse, la bonne parole de cette caste de grands prêtres est entretenue en permanence. Au point d’être devenue la Bible, le Coran, ou les Mantras, de nos politiciens de tous bords.

Oui, nous sommes bien face à la nouvelle religion formatant nos sociétés, en France et ailleurs.

Partout où s’impose la croyance au “Dieu Marché”…

Qui, de sa main invisible, magnanime, agit en “Grand Régulateur” de nos collectivités. Répartissant, dans la neutralité de sa justice, ses récompenses pour les bons, les méritants, les ineffables entreprenants ou entrepreneurs, ce qui revient au même.

Et, inévitablement, ses sanctions pour les moins méritants, inaptes à comprendre l’impérieuse nécessité pour tous de se plier à la loi des plus forts et des plus intelligents. De se comporter en dignes serviteurs zélés à l’égard des détenteurs du “génie d’entreprendre”.

En commençant par se serrer la ceinture sur commande, et vider quotidiennement ses poches (le denier du nouveau culte se dénommant TVA) au seul profit de ce vorace clergé escorté de ses bedeaux. Sans oublier, autres bénéficiaires obligés, leurs ascendants, collatéraux et descendants.

Ma fibre républicaine et laïque s’étonne toutefois du profond silence, intergalactique par sa subite dimension en expansion permanente, des énergiques défenseurs de la “laïcité républicaine”…

La République, m’a-t-on ânonné depuis le biberon, accueille avec bienveillance toutes les croyances et légendes, mais s’insurge implacablement, rigoureusement, dès lors qu’une tentative d’imposer un credo, quel qu’il soit, à l’ensemble des citoyens pointe le nez. Pire, prétendant l’imposer par des lois.

Mais, où sont-ils ces chevaliers courageux défenseurs de “la laïcité”, inquisiteurs implacables de la pureté républicaine ?… Si agités et vibrionnant d’habitude, bondissants d’un média à l’autre, dès qu’il y a un voile ou un foulard en vue.

Soudainement, muets comme des fers à repasser.

Certains assurent qu’ils seraient “vendus”. Ce sont des médisants. Moi, je ne le crois pas. Je les imagine, au contraire, plongés en méditation transcendantale pour préparer une riposte à cette mainmise sur nos institutions, à ce pillage de notre collectivité. A ce despotisme spoliateur.

C’est vrai, à entendre les prêches de cette caste d’êtres exceptionnels, la planète, depuis des millénaires, leur doit ses progrès. Exigeant des privilèges leur revenant, en conséquence, de droit.

Ces grands patrons, en fait “grands actionnaires”, devrait-on dire, qu’imposent-ils à la collectivité qu’ils régentent ?…

Des dogmes.

L’avantage, le confort, de cette religion, je le reconnais, c’est le simplisme de sa métaphysique :

« Tout pour Moi – Rien pour les Autres ».

Pas d’impôt, évidemment, comme toutes les castes d’élus de droit divin l’ont exigé dans l’Histoire de l’Humanité. Ou si peu, qu’il en devient symbolique.

Productivité” oblige, affirment-ils !… Pas d’impôts ! Pas de “charges” !

Oui !… “Améliorer la Compétitivité” passe par le licenciement et la fermeture d’usines dans nos pays, pour employer de la main-d’œuvre de contrées lointaines dans conditions d’exploitation et d’esclavage innommables. Le Bengladesh, en ce mois de mai, vient de nous le rappeler : une “usine” de confection de 9 étages, sous-traitante des grandes marques internationales s’est écroulée, tuant plus de 1.155 personnes

Par de multiples privilèges fiscaux, sur leurs revenus, sur la transmission de leurs patrimoines, sur leurs châteaux (souvent entretenus aux frais de l’Etat en tant que “patrimoine historique”), tableaux ou œuvres d’art, et autre “signes extérieurs”, discrets ou pas, de richesse. Surtout, ne jamais toucher aux revenus de la spéculation.

Encore moins, aux paradis fiscaux (Ciel ! Mon Yacht et ma Caisse Noire “logés” aux Bahamas !…)! Comment ne pas les comprendre ?… Eux, envoyés directement du Paradis sur Terre, pour apprendre le bonheur à leurs ouailles, trop stupides pour ne pas bêler de reconnaissance du matin au soir.

Ah !… L’ingratitude…

Ne jamais remettre en cause les oligopoles qu’ils ont édifiés, en complicité avec les politiciens dont ils assurent la carrière : une poignée de clans se répartissant un marché national (grande distribution, marchands de canons, télécoms, audiovisuels, banques, assurances, distributeurs d’électricité, d’eau, et autres services publics…).

La “libre concurrence” ne s’appliquant qu’aux artisans, commerçants, ou petites entreprises. Jamais à Eux, “Les Elus” !

Maintenir la vieille et inusable recette du “génie d’entreprendre” : « Privatiser les profits – Etatiser les pertes ».

Récemment la France, suivant en cela les autres oligarchies adoratrices du “Dieu Marché”, aux caisses prétendues vides, s’est illustrée dans une magnifique démonstration de son obéissance à la théologie imposée. Déversant 500 milliards d’euros pour renflouer des banques en faillite après avoir joué à l’économie-casino.

Refuser “l’intervention de l’Etat”, mais l’obliger à lui accorder aides et subventions permanentes. Comme financer la recherche et le développement, par des fonds gratuits, déguisés en « crédits d’impôts », ou l’apport scientifique non rémunéré, mais fondamental, des universités…

Nous sommes nombreux, néanmoins, à nous demander depuis longtemps ce que ce “génie d’entreprendre” serait en mesure d’accomplir s’il vivait seul, sur la banquise… (2)

Il réclamerait, immanquablement, à la collectivité des ingénieurs, cadres, techniciens et ouvriers qualifiés, pour mettre en œuvre son “idée géniale”, son “dynamisme entrepreneurial”, de la conception au processus d’élaboration, sinon…

Il réclamerait, fatalement, le support de l’épargne de la collectivité, publique et privé pour financer la réalisation de sa “géniale idée “…

Il réclamerait, assurément, à la collectivité des locaux, des infrastructures, pour acheminer son matériel, de production, de fabrication, de stockage, d’expédition et de transport. Jusqu’à des terrains viabilisés, tels ces terres agricoles transformées en zones industrielles et commerciales, sur les fonds publics, et cédées à deux sous pour arrondir les patrimoines immobiliers.

Il réclamerait, certainement, à la collectivité, un “bassin de consommateurs” sur son territoire ou ailleurs, pour acheter, vendre, louer, etc. Sans clients, surtout captifs sous forme de services publics privatisés, le génie s’essoufflerait vite …

Finalement sur la banquise… Sans la collectivité, sans un Etat, que vaut le “génie d’entreprendre” ?…

Et, si ce n’était que de l’esbroufe imposée par une secte spécialisée dans l’arnaque à la crédulité ?…

Crédulité dans des dogmes, maintenue par lavage, ou lavement forcé, de cerveau.

.

(1) Jacques Généreux, L’Autre Société – A la recherche du progrès humain, tome 2, Seuil, collection Essais, 2009, p. 390.

(2) Cf. Jacques Généreux, Op. Cit., P. 342.

 

Politique française: Mise au point sur la supercherie de la "gauche" et de la "gauche de la gauche"…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , le mai 17, 2013 par Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système !…

– Résistance 71 –

 

Le parti du peuple en marche

Le Monde Libertaire

 

16 Mai 2013

 

Url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/france/16421-le-parti-du-peuple-en-marche

 

Périodiquement, la gauche française recherche un nouveau leader plus ou moins charismatique pour faire la nique au PS. Mélenchon s’y colle, populisme en avant.

Voici plusieurs mois déjà que le Front de gauche (FdG), emmené par le tribun Jean-Luc Mélenchon, occupe une partie du devant de la scène politique. La manifestation parisienne du 5 mai a été l’occasion d’une nouvelle démonstration. Revenons sur cette force que l’on dit montante.

Nous savons que, périodiquement, la gauche française recherche un nouveau leader plus ou moins charismatique pour faire la nique au PS. Tour à tour, Arlette Laguiller de LO puis Olivier Besancenot du NPA furent ces nouveaux visages médiatiques ; plus ou moins soumis à un ordre électoral et communicationnel, ils incarnaient – pour un temps – l’espoir d’un vent de révolution. C’est pourtant des rangs du PS que vient le nouveau leader d’un électorat en mal de perspectives politiques. La première réussite de J.-L. Mélenchon fut d’agréger diverses organisations au sein d’un front de gauche, dont le PCF. Ce front de gauche, très inspiré par des expériences similaires en Europe (Syriza en Grèce, Die Linke en Allemagne), réunit des associations politiques et organisations parfois sur le déclin, des réseaux et des groupements nés de récentes scissions, en mal d’ancrage et de moyens. Aujourd’hui, certains de ces partenaires s’efforcent même de manœuvrer pour desserrer l’étau constitué par le PCF et le Parti de gauche et tenter d’exister dans cette cohabitation.

Des mots, des idées

Sur le plan politique, le FdG s’inspire beaucoup des mouvements sociaux mondiaux ; dernier exemple en date, vouloir calquer les modèles de mobilisations espagnoles des « marées » pour la France. Évidemment, les charismatiques Evo Morales et Chavez sont des figures de proue de cette rénovation d’une certaine gauche française. S’adressant aux déclassés, à partir d’une inspiration qui fait appel à Robespierre, Jaurès ou Guevara, c’est l’image du travailleur qui est surtout convoquée pour galvaniser les nostalgiques d’une gauche puissante. Dans les meetings, les chants entonnés, de La Marseillaise à L’Internationale, balaient un spectre qui invoque l’esprit de la patrie républicaine en danger ou celui de 1917. Les références à la « nation », à Marianne, à « la France belle et rebelle », à la « patrie républicaine », à l’exemplarité universelle de ce mouvement qui se met en marche… mêlent ainsi des valeurs et des conceptions qui peuvent toucher largement un électorat nostalgique d’une France jacobine des droits de l’homme, des mythes d’un peuple émancipateur, et qui rêve encore au plein emploi.

On ne peut pas nier que contester la prédominance du FN sur son propre terrain est ambitieux, mais on se demande où veut en venir Mélenchon quand il explique qu’il faut défendre les travailleurs menacés comme s’ils étaient les membres d’une même famille, lorsqu’il réaffirme toujours et encore qu’avec lui c’est le « peuple » qui est en marche, et qu’il prend pour cible les Chinois et autres Qataris, ces investisseurs qui achètent le patrimoine français. Ce tribun affirmait récemment que l’usage des mots choisis pour ses déclarations étaient très réfléchis avec son équipe de campagne. Dont acte.

Il n’y a aucune mauvaise foi à écrire ici que si le FdG rejette des institutions européennes et les fonctionnements de la Ve République, il assume déjà le fait d’avoir des députés et sénateurs à Paris comme à Strasbourg. Par rapport au Parti socialiste, la manœuvre étant de rééquilibrer le rapport de force, le secrétaire du FdG, François Delapierre, n’écarte pas de participer à un gouvernement avec des socialistes (entendu sur France Info le 6 mai). Quant aux incantatoires appels à « l’insurrection citoyenne », que penser de la déclaration de Mélenchon sur France Inter le 6 mai : « Je suis un démocrate, je crois aux élections, je crois à l’articulation entre mouvement social et mouvement électoral, tous les gens normaux sont comme ça. » Une insurrection qui finirait donc dans les urnes ?

Cette conception toute partidaire de la contestation sociale qui doit trouver son débouché dans les urnes n’est pas bien originale ; elle est surtout un bel accroc à la notion d’indépendance des mouvements sociaux, chère aux libertaires, entre autres. La vision de banderoles de syndicats (CGT) lors de la manifestation du 5 mai est une belle démonstration d’une conception décalée de l’indépendance syndicale. Toute l’Europe des nouvelles contestations sociales réfléchit au dépassement du capitalisme et de la dépendance au vieux système des partis, mais le FdG, lui, cherche à canaliser électoralement les colères légitimes de ceux qui souffrent du capitalisme.

Une stratégie en trompe-l’œil

Dès lors, la journée du 5 mai s’est inscrite tout naturellement dans la stratégie de conquête d’un pouvoir confisqué depuis des décennies par le PS. Celui-ci avait mis au ban des pestiférés le Parti communiste d’alors, en lui volant électoralement les millions de sympathisants qui votaient pour ses candidats. Mélenchon essaye donc de faire retrouver le lustre d’antan d’une organisation dans laquelle les marxistes-léninistes sont toujours influents. Et qui ne voient pas d’un bon œil le second rôle que veut faire jouer au PCF le leader du Parti de gauche (PG). Mais les différentes étapes imposées par le PG vont dans leur sens. En effet, les prolongements proposés du 18 mai avec la Marche des femmes contre l’austérité et le week-end de manifestations régionales des 1er et 2 juin sont de la même veine : occuper la rue, sur des revendications économiques, pour permettre aux colères de s’exprimer dans un cadre prédéfini. N’oublions pas que, l’année prochaine, il y aura les élections municipales et les élections européennes. Dès lors, la revendication par le FdG d’une VIe République va paraître bien futile au regard des futures élections qui vont déterminer les rapports de force à l’intérieur de la gauche. Le PS ne s’y trompe pas. La situation économique ne joue pas en sa faveur et ses secrétaires fédéraux sont déjà dans une minimisation des résultats à venir.

La VIe République en question

Mais revenons à cette VIe République qui serait celle qui redonnerait « le pouvoir au peuple ». La date du 5 mai n’a pas été prise au hasard. Elle correspond historiquement à l’ouverture des États généraux de 1789, qui furent les deniers de l’Ancien Régime et préfigurent la Révolution française quelques mois plus tard, puisque, face à la grogne de la bourgeoisie, une Assemblée constituante va être mise en place et va se substituer à la monarchie.

La Constituante permet à une société de définir les différents organes politiques, judiciaires… Durant l’élection présidentielle, le Front de gauche appelait déjà, s’il venait au pouvoir, à changer la Constitution de 1958. Les arguments tenus par les responsables du FdG sur la nécessaire évolution de cette Constitution, du fait des changements notoires à la fois dans nos vies quotidiennes, dans l‘évolution des mœurs, du changement des catégories socioprofessionnelles, paraissent

recevables au regard de l’accroissement démographique en cinquante ans. Mais peut-on croire réellement qu’en changeant les règles du jeu démocratique de l’État, on changera le fait que certains sont attirés par le pouvoir ? Et qu’est-ce qui, réellement, va changer dans les modes de décision ?

N’oublions pas que l’État met tout en place pour préserver sa reproduction. Le déterminisme social fait que les classes dirigeantes sont pour la plupart issues d’écoles d’élites. Rares sont ceux qui ont bénéficié d’une ascension sociale et ont été acceptés comme tels par leurs pairs. Dès lors, en quoi une VIe République serait-elle plus avenante pour les libertaires ? Certaines propositions sont alléchantes : le référendum révocatoire par exemple, qui semble être proche de ce que nous appelons la révocabilité des élus. Mais le continuum est là. À aucun moment, le capitalisme n’est remis en cause. Seul, le monde de la finance est montré du doigt !

Or l’affaire Cahuzac a permis de montrer cette connivence entre les oligarchies économiques et politiques. Celles qui se gavent grâce aux intérêts de la dette de l’État, et par là même dictent leurs conditions économiques et sociales à toute la société française et européenne. Pourtant, cette notion de République, les anarchistes peuvent la faire leur. La res publica, la chose publique, nous l’avons toujours mise en avant dans nos expériences autogestionnaires.

Ce que nous ne pouvons prendre à notre compte, c’est l’État, car c’est lui qui crée cette oligarchie. Qui nous dit que ceux qui veulent la disparition de l’ancienne ne vont pas en créer une nouvelle ? Cette élite partidaire que l’on retrouve au sein du Parti de gauche, du Front de gauche, semble être dans cette logique.

Ce n’est pas d’un ravalement de façade dont nous avons besoin, c’est d’une véritable démocratie directe dans les entreprises et les quartiers, au niveau local, puis régional et national. Mais il nous appartient de la construire dans les faits.

 

Daniel, groupe Gard-Vaucluse

Jérôme, liaison Villeurbanne

De "l’obsolescence programmée" de tout un système…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , le mai 10, 2013 par Résistance 71

Edito – Monde Libertaire 1705

 

9 Mai 2013

 

Dans un article intitulé « Le cri du grille-pain », Jean-Louis Porquet (Canard enchaîné du 19 septembre 2012) brocardait une société où « les multiples objets manufacturés (surtout en Chine) dont nous ne pouvons plus nous passer sont délibérément conçus pour ne pas durer ». « C’est étudié pour », ajoutait-t-il, citant Fernand Raynaud, un humoriste obsolète du XXe siècle. Porquet concluait en rappelant que « les gadgets jetables menaient à un monde jetable, qu’acheter de la camelote, c’était transformer ce monde en camelote ».

On en convient : quoi de plus paradoxal, inquiétant, nuisible et dispendieux que la gabegie écologique et économique de cette « obsolescence programmée ». Quelques trop rares analystes s’en inquiètent – comme le compagnon Jean-Pierre Tertrais dans ce présent numéro – tandis que les partisans du néolibéralisme ambiant en défendent sournoisement le principe sous prétexte qu’elle favorise la croissance. Croâssance qui – comme chacun est prié de le savoir – serait nécessaire au bonheur consuméro-capitaliste sur terre.

Benoît Hamon était interpellé ce 2 mai par un auditeur du 7/9 de France Inter s’étonnant de sa reculade devant la demande des Verts de légiférer pour condamner la pratique de l’usure programmée. Habilement, le ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation, a botté en touche. Son gouvernement – contrairement aux allégations de l’auditeur – n’avait en rien renoncé. Il n’allait pas tarder à envisager de pondre une loi garantissant aux acheteurs d’un produit ou d’une machine un temps pendant lequel le constructeur dudit produit sera tenu de mettre à disposition, contre espèces sonnantes bien sûr, les pièces nécessaires au rafistolage de son ratatine ordure ou de sa Clio.

Oubliant de rappeler les marges affriolantes pratiquées par les constructeurs sur la moindre pièce détachée, Hamon insinuait benoîtement que l’usure programmée, à bien y réfléchir, n’était pas si nuisible que ça ; elle favorisait la création et l’essor d’entreprises de réparation – non délocalisables par dessus le marché – générant ainsi de la relance. Ô Tartuffe : voilà comment dans ce monde merveilleux de titatas et de chiffres carambouillés, tombent les faux nez et se retournent les réalités. Il est cependant des obsolescences programmées que les anarchistes appellent de leurs actions et de leurs vœux : celles de la langue de bois, des dieux et des malades de leur foi, des mandats politiques si peu représentatifs, de la professionnalisation du politique, des cupides et égoïstes appétits de pouvoir qui déflorent tous les groupes humains, de la main invisible du marché, de la meurtrière théologie du capitalisme… On en passe et des meilleures.  

Résistance politique: La convergence d’intérêt unit l’oligarchie et la fait agir… Pourquoi pas nous ?

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , le avril 16, 2013 par Résistance 71

Notre intérêt commun dans la société va à l’opposé de celui des oligarques, ceci n’est pas nouveau, encore faut-il vraiment bien le comprendre. Il faut cesser de jouer le jeu truqué depuis le départ et dont les oligarques changent les règles au fur et à mesure que le "jeu" se déroule. Pourquoi le "Monopoly" est-il le jeu de société le plus vendu au monde ? Les grands monopolistes ont une convergence d’intérêt et focalisent leur lutte contre nous les peuples. Il est grand temps que nous fassions enfin de même.

Les oligarques dépendent de nous plus que nous ne dépendons d’eux ! Il suffit de dire non et c’est en notre pouvoir. Pour pouvoir le faire, il faut S’UNIR et faire converger les luttes, c’est la seule façon viable. Bien sûr le jeu de l’oligarchie est de nous maintenir divisés, elle y parvient bien jusqu’ici. Quand assez est-il assez ?

– Résistance 71 –

 

 

Qu’est-ce que la convergence des luttes ?

 

Alternative Libertaire

 

6 Avril 2013

 

url de l’article:

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5252

 

La convergence des luttes est une stratégie centrale lorsqu’on combat le capitalisme. Lorsque des salarié-e-s, des chômeurs et chômeuses, des habitantes et habitants d’un quartier, des étudiants et étudiantes, des élèves de lycée, etc. sont en lutte dans un secteur d’activité, ces mobilisations sont souvent déconnectées les unes des autres. Pourtant, il est clair qu’elles combattent des attaques similaires et cohérentes entre elles. Et qu’en s’unissant, elles seront plus fortes. Faire converger les luttes, c’est donc faire émerger les liens qui existent entre elles, pour non seulement riposter aux attaques immédiates que chacun subit en fonction de sa situation, mais aussi construire un rapport de forces collectif contre le capitalisme. En s’organisant ensemble, celles et ceux qui luttent peuvent prendre conscience des logiques communes, patronales, étatiques, qui sous-tendent ce qu’ils combattent.

La stratégie de la convergence des luttes s’oppose au corporatisme, qui vise à défendre ses propres intérêts comme s’ils n’avaient aucun rapport avec ceux des autres exploité-e-s. Mais elle se distingue aussi d’une simple démarche de soutien, quand une poignée de militants et militantes vont prêter main forte à une grève, une occupation ou une action. En effet, la convergence des luttes consiste à construire des luttes fortes dans chaque secteur, qui se renforcent les unes les autres en participant à des actions communes, en s’organisant dans des assemblées générales interprofessionnelles par exemple.

La convergence des luttes réside dans cette dialectique, entre l’approfondissement d’un mouvement dans son lieu de travail ou d’études, dans son quartier… et le travail d’articulation avec les autres luttes. Sans cela, elle en reste au niveau du témoignage de solidarité – premier pas nécessaire mais non suffisant. Mais l’objectif est de construire des mobilisations larges pour apporter un renfort substantiel à celles et ceux avec lesquel-le-s on converge. Ce n’est pas quelque chose d’évident, et il ne suffit pas de décréter la nécessaire convergence des luttes pour qu’elle se produise. Chaque groupe social a ses habitudes de lutte, ses préoccupations particulières, ses revendications sectorielles, et la domination que nous subissons toutes et tous se nourrit de ces divisions. C’est pourquoi la convergence des luttes suppose un patient travail commun de discussion, d’élaboration des actions, de détermination de nos intérêts communs. C’est une condition nécessaire à un véritable bouleversement de la société, car c’est quand la lutte se propage à différents secteurs, et que des mobilisations ancrées dans des réalités diverses se coordonnent, que gouvernements et capitalistes tremblent.

Résistance et lutte sociale: Pourquoi il n’y a pas de solution dans le système et la voie autogestionnaire..

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le mars 3, 2013 par Résistance 71

Nous ne sommes pas les seuls à le dire, bien au contraire. Le temps viendra où la voie autogestionnaire sera acceptée comme une évidence. Jusque là, il faut changer les attitudes autant que la pensée…

– Résistance 71 –

 

Pourquoi l’anarchosyndicalisme ?

 

Groupement d’Action et de réflexion Anarchosyndicaliste

GARAS

 

url de l’article original:

http://garas.over-blog.org/article-16275311.html

 

Pourquoi remettre le système capitaliste en cause ? Pourquoi s’engager politiquement, et de quelle manière ? Ce texte a pour but d’aider à comprendre un peu mieux notre pensée et nos actions.

Parmi la population, il y a une proportion assez large qui admet l’existence d’un ensemble d’injustices et de problèmes graves, aussi bien dans notre société qu’à travers le monde entier. Beaucoup sont prêts à trouver anormal que l’on jette de la nourriture, alors que des personnes mendient pour manger; à déplorer la montée du chômage; à reconnaître et à critiquer la différence de développement entre le nord et le sud; à se rendre compte que l’on ne juge pas les délits de la même manière selon la place que l’accusé occupe dans la société; etc… Pourtant, ces même personnes ne veulent pas supprimer le système responsable de ces injustices, afin d’essayer une alternative. Pourquoi ?

Un ensemble de raisons permet de l’expliquer, mais il en est une, qui fait que même des gens actifs ne s’engageront pas dans une perspective révolutionnaire. Cette raison est la croyance en la possibilité de modifier le système de l’intérieur, de l’améliorer sans le changer radicalement, de le réformer. Certains pensent qu’il y a une marge de manœuvre suffisante au sein du capitalisme pour améliorer la condition humaine. Cette marge de manœuvre existe, mais il faut s’interroger sur ses limites.

Réformer ce système ?

La limite fondamentale du système capitaliste est la notion de rentabilité, qui conditionne chacun de ses actes.

L’Etat lui-même est soumis à cet impératif, puisqu’il n’est que l’outil au service du patronat pour lui permettre d’accumuler de l’argent. Il dispose de nombreux moyens pour y arriver : la matraque, les lois, les aides sociales pour qu’on ne la ramène pas trop, les aides aux entreprises pour aider les intérêts privés au détriment de la collectivité, l’école pour nous préparer à la soumission et à la logique d’entreprise…

Pourtant on nous a ressassé de beaux et longs discours sur son rôle de service public, au niveau des entreprises qu’il contrôle, et sur sa fonction sociale, grâce aux aides qu’il accorde. Mais ces aspects n’ont toujours été que partiellement vrais, celui-ci se contentant de donner le minimum, en fonction de ses intérêts et de la pression qu’on exerçait sur lui.

Pendant la période de la guerre froide, il fallait éviter qu’une contestation trop forte ne se manifeste dans les pays occidentaux, dans le contexte de lutte larvée entre les deux blocs. Pour cela, on redistribuait une petite part de la richesse produite et accordait certains droits. Ces mesures furent possibles grâce à la croissance, favorisée par les USA (Plan Marshall, coopération économique…), et par le contexte de l’après guerre (reconstructions génératrices de marchés, essors technologiques…). Or, avec l’affaiblissement, puis la chute du bloc communiste, et l’arrivé de la crise économique, les motivations ne sont plus suffisantes pour continuer cette politique. De plus, la crise est un instrument de pression utilisé pour faire accepter les réformes libérales par la population, ainsi que des conditions de travail ressemblant à un diktat patronal pur et simple (heures sup. non payées, rareté des embauches définitives, réservoir de main d’œuvre important qui permet de licencier les plus récalcitrants).

La marge de manœuvre sociale dont nous disposons est étroitement liée au pouvoir politique, lui-même sous l’influence du pouvoir économique, et du contexte international. La maîtrise de nos conditions de vie nous échappe totalement.

Un exemple de cette soumission à l’économie, aussi paradoxal que cela puisse paraître, est l’œuvre du front populaire, car peu de gens nous expliquent l’après 36 en France. Si cette année représente une étape dans l’acquisition de nos droits (suite à plusieurs luttes, et pas seulement grâce à l’arrivée du front populaire au pouvoir), une des conséquences des augmentations de salaire, des congés payés, de la réduction du temps de travail, fut l’augmentation des coûts de production pour les entreprises. Pour produire la même quantité, il fallut embaucher des employés supplémentaires pour compenser les heures accordées aux travailleurs; ou produire moins.

Dans un contexte économique plus favorable, ces mesures auraient peut-être été acceptées par les patrons et les financiers; mais là, ceux-ci se sont empressés de placer leurs capitaux à l’étranger, laissant la situation empirer. De surcroît, ils ont augmenté les prix de leurs produits “afin de compenser le manque à gagner”. Chaque entreprise en fournissant une autre, l’augmentation des prix se répercute en cascade jusqu’au consommateur. Ainsi non seulement la situation économique a continué à se dégrader, ce qui très rapidement a supprimé des emplois, mais en plus le pouvoir d’achat des travailleurs diminua au point d’annuler les effets bénéfiques des mesures de 36. Cela s’explique par l’inflation généralisée dont nous parlions précédemment.

Si l’on prend un exemple plus récent, lorsqu’en 81 la coalition de gauche arrive au pouvoir, et qu’elle indexe les salaires sur les prix, cette mesure alimente l’inflation pour le même type de raisons. Résultat, le gouvernement fait très vite machine arrière. On constate que des mesures visant à assurer un niveau de vie correct à l’ensemble de la population sont difficiles, voire impossibles à appliquer dans notre beau système (et que l’on ne nous fasse pas croire que les socialistes et les communistes, avec la formation économique poussée que certains ont, ne le savent pas).

Pour l’écologie, les limites sont de même nature. Si l’on se permet quelques mesures, auxquelles on trouve une utilité économique, comme le recyclage, ou l’épuration de l’eau effectuée au frais des usagers, dans la plupart des cas, des obstacles empêchent les améliorations les plus urgentes. Produire propre c’est produire cher. Et produire cher, c’est être moins compétitif, (cela se traduira par la suppression d’emplois, pour garder les mêmes bénéfices patronaux).

Voilà le type d’argument auquel on est confronté, alors que nous sommes en train de polluer notre propre planète. Mais est-ce l’intérêt d’ELF, ou d’autres grandes firmes pétrolières, de développer la recherche sur les carburants verts, les énergies non polluantes ? Quant au nucléaire, il s’agit d’une des grandes orientations du pays (merci De Gaulle entre autres). Après des milliards d’investissements, comment faire admettre qu’il faut reconvertir notre production d’électricité ?

L’argent, les coûts, les profits, toujours les mêmes barrages derrière des discours bien préparés.

La marge de manœuvre dont nous parlions existe en système capitaliste, mais elle est totalement restreinte par l’économie, et notre fonctionnement politique. Nous ne maîtrisons aucun de ces deux éléments, puisque nous déléguons tous nos pouvoirs, toutes nos responsabilités, à une élite qui dirige les entreprises et le pays.

Le fait que les moyens de productions appartiennent à une minorité, nous rendra toujours dépendants de celle-ci. Et à cause de cela nous devons admettre la destruction de notre environnement, le massacre des populations pour écouler notre armement… La liste serait longue. Alors ce ne sont pas les quelques améliorations possibles dans le cadre du système actuel qui feront disparaître les problèmes dont nous souffrons.

Que faire face à cette situation ? Attendre que les choses s’améliorent d’elles mêmes ? Compter sur les autres ?

Pour changer sa vie, il faut la prendre en main; pour la société, la démarche est identique. On ne peut rester là, à constater, sans chercher à intervenir. Ou alors nous nous condamnons à être de simples spectateurs, à subir sans jamais nous battre. S’acheter une conscience à bon marché, en soulageant le malheur de certains ne suffit pas. Les religions ont encouragé cette façon de procéder depuis des millénaires, mais elles n’ont guère participé à réduire les injustices et n’ont pas remis en question des sociétés totalement inégalitaires. Les liens entre religion et pouvoir étant nombreux, peut-être avaient-elles trop à perdre ? Pour revenir sur la question de l’engagement, il vaut mieux s’en prendre à ce qui cause les problèmes, au lieu de traiter les conséquences sans cesse.

Remettre le système en question, comment mener une telle lutte ?

Lutter dans le cadre du système actuel, c’est obtenir une amélioration ponctuelle, une concession un peu plus durable, un recul sur un projet inacceptable, mais tout cela sera remis en cause tôt ou tard. Alors que les ministres n’ont qu’à promulguer des projets de loi, en touchant un confortable salaire, il nous faut nous mobiliser en masse, au risque pour ceux qui travaillent, de perdre leur paye, voire leur emploi.

Les luttes à répétition sur un même sujet usent les gens.

En restant dans le cadre de ce système, on se condamne à perdre dans le long terme. D’où la nécessité d’un engagement révolutionnaire.

Il existe plusieurs types d’engagement révolutionnaire.

Nous, anarchosyndicalistes, pensons qu’il faut éviter de recréer des structures de pouvoir au sein d’une organisation, sous peine de devoir se battre contre ce pouvoir par la suite. Chacun peut se rendre compte des abus qu’engendre le pouvoir partout sur cette planète. Alors pourquoi croire qu’un individu, ou un groupe d’individus, serait suffisamment juste et bon pour ne pas l’utiliser à des fins personnelles ? De plus, c’est l’existence du privilège qui rend jaloux celui qui ne le possède pas, et pousse l’autre à tout faire pour le conserver (créer un appareil répressif, par exemple).

Pourquoi ne pas supprimer cette source de conflit?

L’inégalité des droits, qu’elle soit économique, ou politique, pose toujours problème. Ce n’est pas en la maintenant sous la forme d’un pouvoir donné à quelques uns, que les choses s’amélioreront pour le plus grand nombre.

L’histoire tend à conforter cette analyse, puisque les expériences révolutionnaires, lorsqu’elles ne furent pas réprimées dans le sang, se sont toujours soldées par la confiscation de la révolution au profit d’un petit groupe, avec les résultats que l’on connaît.

Les divers systèmes se réclamant du marxisme sont tous des échecs, accompagnés de répressions violentes des personnes ne rentrant pas dans le cadre établi par le nouveau pouvoir (En U.R.S.S., dès 1918, Lénine et Trotsky commencent à réprimer, voir le témoignage de Voline à ce sujet). Au Mexique le P.R.I. (Parti Révolutionnaire Institutionnel) est au pouvoir depuis plus de 65 ans, et le peuple toujours dans la misère.

Les exemples ne manquent pas.

Nous proposons, pour éviter ces dérives, des assemblées générales souveraines, qui gèrent les réalités locales, et se fédèrent pour coordonner leurs actions à d’autres échelles. Elles fonctionnent avec des mandatés, contrôlables et révocables, qui se réunissent afin de répercuter les décisions prises par la base.

On peut également imaginer des organismes issus du fédéralisme, conçus pour exécuter des décisions, pour en accomplir la partie technique, mais qui ne décident pas des grandes orientations de la société. Le fédéralisme permet donc de s’organiser sur de vastes espaces.

Ces principes autogestionnaires ont pour avantage de responsabiliser l’individu, de lui offrir la possibilité, sans l’y obliger, de maîtriser son quotidien, et donc de devenir plus mature en arrêtant de suivre sans réfléchir ce que prône l’élite. Une organisation autogérée est donc le reflet des gens qui la composent; y entrer c’est en modifier le contenu par sa simple participation.

Ce ne sont là que quelques idées générales, mais qui nous permettent déjà de nous organiser de façon cohérente.

Des écrivains ont approfondi certaines questions, mais dans un mouvement libertaire, personne n’est considéré comme ayant trouvé la solution avec un grand S. Nous refusons les écrits sacrés: pas de bible, pas de coran, pas de torah, pas de capital… Ce qui peut paraître à certains comme une faiblesse, est en fait une force. Comme ce sont les gens qui décident par et pour eux-mêmes, ils adaptent leurs propositions en fonction des réalités auxquelles ils sont confrontés à un instant donné.

Ne serait-il pas ridicule d’élaborer l’organisation d’une société libertaire dans ses moindres détails aujourd’hui alors que la révolution n’est pas pour demain ? Les circonstances auront sans doute changé d’ici là.

Mais encore faut-il confronter ses idées aux réalités, et construire une organisation qui les mette en pratique.

Nous pensons que le syndicat correspond à cet objectif. Un syndicat qui intervient sur le quartier ou l’entreprise, qui peut être rural ou urbain, intercorporatif ou de branche, ouvert sur le culturel, l’économique, le social, l’idéologique. Un lieu de vie et d’échange, pas un syndicat uniquement pour défendre des revendications corporatives, comme on le voit souvent.

Tout cela résume la démarche anarcho-syndicaliste telle que nous la concevons. Elle présente un double avantage: disposer d’un outil de lutte qui nous appartient réellement afin de déjà obtenir des améliorations de nos conditions de vie, et avoir un cheminement logique, en améliorant nos idées au fur et à mesure de notre développement, jusqu’au moment de la révolution. Ce qui devrait nous amener à réorganiser la société sans perdre de temps. Dans de telles circonstances, restructurer l’économie (production et distribution), afin que les gens puissent subvenir à leur besoins, et que la révolution dispose de moyens nécessaires à sa réalisation, est essentiel.

 

Résistance et lutte sociale… Revoir les fondamentaux pour être efficace…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , le mars 3, 2013 par Résistance 71

Ils voudraient nous briser

«Tous les journalistes sont des menteurs et des putes. Ils sont professionnellement obligés de mépriser leur travail, leurs organes, et de se mépriser eux-mêmes en permanence. »

Jean-Patrick Manchette

 

Guillaume Goutte

 

Le Monde Libertaire

 

Mars 2013

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/syndicalisme/16241-ils-voudraient-nous-briser

 

 

« Désormais, quand il y a une grève, on ne la voit pas. » Ça, c’était en juillet 2008, sous Sarkozy. Aujourd’hui, en 2013, sous François Hollande, les choses ont quelque peu changé : les grèves, on les voit bien et on les redoute tant, d’ailleurs, que le ministère de l’Intérieur en vient à demander publiquement aux services de renseignements de la police de surveiller de près les usines plongées dans des mouvements sociaux pour garder un œil sur les éléments syndicalistes radicaux. C’est que le gouvernement n’aimerait pas à nouveau se confronter à la colère et à la rage légitimes du monde du travail. Et sans doute garde-t-il en tête le souvenir de certains hauts faits du syndicalisme de lutte des classes, comme, par exemple, ces grèves de la métallurgie de 1979 où les ouvriers, équipés de barre de fer et de billes de plomb, jouaient au base-ball ou au bowling avec les CRS. Et le gouvernement a raison de craindre pour sa peau, car la radicalisation est bel et bien en marche, du moins dans certaines entreprises, comme à la fonderie DMI où les salariés ont désormais recours à la bonne vieille méthode des bouteilles de gaz pour faire pression sur la direction. Si les politicards redoutent ces pratiques d’action directe, c’est avant tout parce qu’ils les savent profondément efficaces et qu’elles traduisent l’émergence, chez les travailleurs, d’une désillusion toute légitime vis-à-vis des procédés légaux et institutionnels de résolution des conflits qui, jusqu’à maintenant, ne mènent à rien, si ce n’est à la satisfaction des principaux souhaits du patronat.

Bref, les ex-RG (Renseignements généraux), devenus DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) vont donc désormais zoner dans les alentours des usines en grève, peut-être même assister à quelques assemblées générales, prendre quelques photos, manger quelques merguez… C’est là la seule réponse de l’État socialiste aux salariés victimes de plans sociaux à répétition : derrière les engagements hypocrites promis se cultivent les mêmes logiques de répression que sous la droite. D’autant que les tentatives de neutralisation du syndicalisme revendicatif ne se limitent pas à l’envoi de James Bond ratés aux abords des piquets de grève. Vendredi 1er février, deux grévistes de PSA Aulnay étaient convoqués par le commissariat de police de Bobigny suite à des plaintes déposées par des vigiles de l’usine, l’un pour s’être fait prendre ses papiers, l’autre pour avoir été bousculé. Mercredi 6 février, dans sa lettre d’information, la CGT écrivait : « Comme les huissiers ne trouvent rien à constater, ils en sont réduits à aller porter plainte eux-mêmes… pour eux-mêmes. »

De leur côté, les grands médias se font à nouveau les porte-parole de la bourgeoisie et du gouvernement. Sur France Info, par exemple, l’idiot utile de l’État Emmanuel Cugny n’a pu s’empêcher de nous faire partager ses brillantes analyses politiques et sociales : « Quel est le rôle originel d’un syndicat si ce n’est de mobiliser, certes, mais aussi et surtout de canaliser le mécontentement, d’encadrer le mouvement et de calmer l’ardeur des plus fougueux. » Pour s’informer davantage sur le « rôle originel » du syndicat, on le renverra à ses livres d’histoire et à quelques écrits autrement plus brillants que sa prose fade et servile (au choix, parmi les grands classiques maintes fois conseillés dans ces colonnes : L’Action directe d’Émile Pouget, L’ABC syndicaliste de Georges Yvetot, Histoire des bourses du travail de Fernand Pelloutier). Quant à France Inter, on retiendra l’émission de l’infâme Pascale Clark du mercredi 6 février à 9 h 10 et notamment ses pleurnicheries sur l’absence de journaux en kiosque : « Encore une grève à Presstalis, encore un coup du Livre CGT. Bonjour tristesse. Moi je veux des mains sales, des pages qui se tournent et se froissent, je veux des mises en page. Je veux de la vie. » Encore la faute à ces salauds de grévistes, à ces voyous du syndicat du Livre et donc, bien sûr, en bon journaliste, pas un mot sur le plan de restructuration en cours à Presstalis à l’origine du mouvement social. La greluche de la gauche bourgeoise de l’Hexagone voulait ses petits journaux pour salir ses petites mains blanches et lire… « des brèves » (un article, ce serait sans doute déjà trop lui demander) ! Et peu lui importe les 1 250 suppressions d’emplois prévues par la direction. Chez les enfants, on appelle ça un caprice ; chez les adultes, le cynisme. Le samedi suivant, France Inter remettra ça avec, cette fois, Christophe Barbier, qui inondera les ondes de ses geignements néolibéraux, tout bouleversé qu’il était de cette grève qui le privait, lui le grand journaliste, de ses petits journaux sans lesquels il n’aurait probablement rien à dire. Il nous ressortira la soupe habituelle : une CGT « passéiste », « de mauvaise foi », une grève comparable à une prise d’otage, etc. Le discours du pouvoir, en somme, auquel la grande presse est depuis longtemps inféodée.

Côté syndical, les directions des centrales ne sont, pour l’heure, pas très loquaces et aucune d’entre elles n’a encore condamné la politique répressive du gouvernement à l’égard des luttes actuelles dans le monde du travail. Entre celles qui servent de béquille au gouvernement et celles – toutes ? – qui voient d’un mauvais œil tous ces syndicalistes de base épris de radicalité, gageons qu’elles resteront muettes ou qu’elles prendront la parole pour, à leur tour, stigmatiser les militants qui leur échappent. Mais, au fond, qu’importe ? Les syndicalistes ont-ils impérativement besoin du soutien affiché des directions (soutien qui est souvent synonyme de compromis et de négociations) pour organiser la résistance ? Non. Les luttes émergent des bases et doivent rester entre leurs mains, sans quoi les salariés prennent le risque de se voir confisquer leur combat par des individus aux intérêts bien différents des leurs. Que Bernard Thibault affiche sa solidarité, c’est bien, mais on s’en fout. Tout ce qui compte, c’est l’usine, le piquet de grève, les assemblées et les liens qu’on peut tisser avec d’autres luttes, d’autres boîtes, d’autres syndicats, toujours dans une démarche horizontale et unitaire, la seule réellement susceptible de servir les intérêts des travailleurs.

 

Foire à l’autogestion 2013…

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Appel à initiatives

 

Le 23 Février 2013

Alternative Libertaire

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5189

 

La crise que nous traversons est loin d’être finie. Il s’agit non seulement d’une crise économique mais aussi d’une crise politique. Le capitalisme désagrège les sociétés et précipite la planète dans une catastrophe écologique. Les Etats organisent ce système prédateur.

Pour nous, l’autogestion est un outil pour une alternative sociale, économique et politique. N’attendons pas que les réponses tombent d’en haut, mais remettons en question notre manière de produire et construisons des réseaux de solidarité concrète, afin de reprendre nos vies en main.

En juin 2012, l’autogestion a été au cœur d’un événement festif et populaire, la Foire à l’autogestion. Une soixantaine de structures coopératives, politiques, syndicales et associatives y ont participé, attirant 1 300 visiteurs à Paris et à Montreuil.

Et si, cette année, on élargissait tous azimuts ? Nous proposons aux autogestionnaires de tout l’Hexagone – et en particulier aux groupes locaux des structures adhérentes à la Foire – de s’appuyer sur la Foire 2013 pour contribuer à faire revivre cette grande idée dans le débat public. Cela peut consister en l’organisation d’une conférence, d’une projection-débat ou de tout événement local qui mette en avant l’autogestion. Le site web http://www.foire-autogestion.org informera de toutes les initiatives qui voudront s’inscrire dans ce cadre.

Pour sa 2e édition, la Foire à l’autogestion des 8 et 9 juin reviendra sur les questions de la reprise en mains de la production, mais aussi sur l’auto-organisation des luttes et le rôle d’un syndicalisme autogestionnaire. Dans le même temps, elle s’efforcera de faire davantage de place aux thématiques féministes et d’habitat. Autour des grands forums de débat, nous visons davantage d’ateliers pratiques, techniques et manuels, car la Foire à l’autogestion ne doit pas être qu’un lieu de parlottes ! Davantage de culture et de détente également, avec un aspect plus festif. Et, comme l’an dernier, des stands, un espace radio, un cycle de projection vidéo, un concert, une librairie, un espace enfants…

Tout cela dépendra de l’implication des militants et des organisations autogestionnaires car, comme l’an passé, l’événement reposera exclusivement sur le bénévolat et l’autofinancement. Nous en appelons donc aux bonnes volontés. L’autogestion sera joyeuse ou ne sera pas !

Information et contact sur www.foire-autogestion.org

 

Solution autogestionnaire: une fois de plus les Espagnols nous montrent la voie…

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Nous l’avons dit et le répèterons sans relâche: l’autogestion est non seulement possible et la solution au marasme étatico-capitaliste mondial, mais elle a été et est encore une réalité… Il suffit de la généraliser et d’en faire le véritable contre-pouvoir qui rendra de facto le modèle actuel caduc.

– Résistance 71 –

 

Usines récupérées et autogestion dans la nouvelle réalité espagnole

 

José Luis Carretero Miramar

 

Décembre 2012

 

url de l’article original en français:

http://www.autrefutur.net/Usines-recuperees-et-autogestion

 

Traduction en français d’un article éclairant sur la situation dans l’État espagnol et le renouveau des perspectives autogestionnaires dans ce pays. La version originale en castillan a été publiée le 20 décembre sur le site d’ICEA sous le titre de « Fábricas recuperadas y autogestión en la nueva realidad de España ».

Par José Luis Carretero Miramar (Traduction du castillan par Richard Neuville)

Avec la situation de crise financière et économique, l’Etat espagnol a commencé à réduire très sérieusement sa voilure. Ainsi la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé –et continue à se succéder- laissant une traînée de chômeurs. Dans la fièvre de protestations et de résistance, la transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) s’exprime avec force dans l’horizon en Espagne.

Il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux sinon profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population. Dans le cadre de la société de la bulle financière, la consommation débridée et la « fête » de la jeunesse, personne n’envisageait -ou seulement des groupes réduits ou très localisés géographiquement- la nécessité de travailler par soi-même dans une perspective horizontale ou éloignée du modèle capitaliste.

Marinaleda ou Mondragón étaient des expériences autogestionnaires de dimension globale, mais ce qui est sûr, c’est que l’immense majorité de la population hispanique restait profondément éloignée des valeurs qui les sous-tendaient.

Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Sans devoir remonter aussi loin que les collectivisations, qui surgirent au cours de la guerre civile de 1936-39 (qui couvraient une grande partie de l’industrie, des services et l’agriculture de la zone républicaine), dans le scenario de la Transition espagnole du franquisme à la démocratie, dans les années 70, l’expérience de récupération d’entreprises par ses travailleurs à joué un rôle marquant.

C’était des temps de crise, de fractures et de grands mouvements populaires. C’est au cours de cette période qu’émergèrent des expériences comme celle de Númax, une usine de matériel électrodomestique autogérée par les ouvriers en réponse à la tentative de fermeture illégale de la part des patrons, dont l’expérience est restée incarnée dans deux films documentaires Joaquím Jordá : Númax vit et 20 ans ce n’est pas rien.

Certaines des expériences de ces années ont survécu malgré tout jusqu’à aujourd’hui, comme l’entreprise barcelonaise Mol Mactric, capable de réaliser aujourd’hui les châssis d’une ligne du Metro de Barcelone, le train et des centaines de machines industrielles pour des entreprises comme General Motors ; ou l’imprimerie Gramagraf, occupée il y a 25 ans, et qui aujourd’hui appartient au groupe éditorial coopératif Cultura 03.

Mais la transition s’est achevée. Et, elle a produit un grand fiasco. Les principes essentiels du régime franquiste ont été maintenus dans ce qui a consisté en une simple réforme politique qui a intégré le pays dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui si elle a concédé certaines libertés publiques, n’a pas remis en cause les mécanismes essentiels de répartition du pouvoir économique et social. Les grands mouvements populaires ont périclité et le « désenchantement » et le cynisme se sont substitués à l’expérimentation et à la lutte. Les propositions autogestionnaires n’ont pourtant jamais disparu mais elles ont été reléguées dans un espace purement marginal.

Et, il en fut ainsi pendant que la société de la bulle financière et sa consommation débridée et irresponsable est restée de vigueur. Comment ? Fondée sur le crédit et la surexploitation du travail des immigrés et des jeunes, grâce à la précarisation des conditions de travail et la conformité d’une législation relative au statut d’étranger, l’activité dissimulée et sans droits s’est (de fait) développée.

A l’arrivée de la crise financière et économique actuelle, les structures se modifiaient et tout évoluait : l’explosion du taux de chômage atteignant des niveaux extrêmes jamais vus précédemment dans la société espagnole et la dégradation rapide du tissu productif et entrepreneurial -à l’éclatement de la bulle immobilière- ont généré une situation radicalement nouvelle qui a impliquée le début de grandes transformations économiques mais également socioculturelles.

Le chômage et une nouvelle pauvreté contraignaient de larges couches de la population vers l’économie dissimulée et l’encaissement des maigres subsides d’un Etat de Bien-être, qui n’est jamais parvenu à se développer en Espagne à un niveau équivalent à celui des pays centraux de l’Europe.

Les extrêmes (plus précisément, extrémistes) ajustements, mis en œuvre par les pouvoirs publics face au déclenchement de la crise de la dette externe générée par la socialisation des dettes privées des entités financières, ont provoqué l’effet qu’il fallait attendre : l’Etat espagnol est devenu un gigantesque champ de ruines économiques où les fermetures d’entreprises se sont succédé et où de larges secteurs de la population ont commencé à être exclus de l’activité productive.

C’est dans ce contexte que les succès du 15 mai de 2011 ont éclaté et que le « Mouvement des Indignés » a fait irruption avec force et que les premières tentatives massives de résistance se sont exprimées face au processus de décomposition sociale imposé par les dynamiques néolibérales de l’UE et les gouvernements espagnols.

Dès lors, l’architecture politique de la société est redevenue un élément débattu et discuté publiquement. La politique a récupéré une certaine centralité dans les conversations quotidiennes et dans l’esprit d’une majorité de la population. Parler maintenant de mobilisations, de résistance ou de transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) est redevenue possible.

Déjà, dans les mois précédents, en plein déploiement de la crise, les germes et les semences de cette nouvelle situation s’étaient développés. Et, le recours à la récupération d’entreprises par leurs travailleurs était redevenu crédible.

En ce sens, au tout début de la crise, près de 40 entreprises avaient été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, comme l’affirme la Confédération de Coopératives de Travail Associé (COCETA). Parmi celles-ci, nous pouvons relater des expériences comme celle de l’entreprise de robotisation Zero-Pro de Porriño (Pontevedra – NdT : Galice) ou celle de meubles d’agencement de cuisine Cuin Factory en Vilanova i la Geltrú (Barcelone), dans laquelle l’ancien chef a participé activement à la transformation en coopérative et, où tous les travailleurs se sont attribué un salaire égalitaire de 900 euros. L’entreprise métallurgique Talleres Socar à Sabadell (NdT : Banlieue de Barcelone) a également été mise en autogestion avec l’appui du propriétaire et reconvertie dans la coopérative Mec 2010.

Mais probablement, l’initiative la plus frappante et connue aura été la mise en marche par les ex-employé-e-s du journal à tirage national Público, qui a arrêté d’être édité en version papier le 23 février 2012, laissant 90 % de ses travailleurs à la rue. Ces derniers ont constitué la coopérative Más Público, qui tente d’obtenir un soutien social et financier pour continuer à publier le journal en version mensuelle.

Cependant, et malgré toutes ces expériences, on ne peut pas considérer que la voie de la récupération d’entreprises soit devenue quelque chose de naturel ou développée : les travailleurs, dans les situations de fermeture, continuent massivement à se satisfaire des prestations sociales que leur propose un Etat du Bien-être de plus en plus faible et contesté. Les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication, associée à une certaine passivité alimentée par des décennies d’univers spéculatif et conformiste, constituent probablement des freins à la stratégie de récupération.

Ce qui assurément paraît de plus en plus évident, c’est le recours croissant au coopérativisme de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées. Les exemples sont innombrables (comme celui de la coopérative d’électricité renouvelable Som Energía, créée en décembre 2010) et, dans certains cas, ils démontrent des liens évidents avec les mouvements sociaux (comme ceux relatifs à la mise en œuvre d’expériences créées à l’image ou ressemblante à la Coopérative Intégrale Catalane, ou bien celles du milieu libertaire, comme celle de l’imprimerie graphique Tinta Negra – Encre Noire). Effectivement, entre janvier et mars 2012, 223 nouvelles coopératives ont été créées dans l’Etat espagnol.

Il n’y a pas de doutes. De nouveaux chemins sont en train d’être parcourus (NdT : tracés) par la société espagnole. Et, parmi ceux-ci, le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant.

Article espagnol:

http://iceautogestion.org/index.php?option=com_content&view=article&id=511%3Afabricas-recuperadas-y-autogestion-en-la-nueva-realidad-de

 

Politique et social: Décrépitude de l’occident…

Posté dans actualité, crise mondiale, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , le février 16, 2013 par Résistance 71

De la soumission à la libération ?

 

Chantal Dupille

 

14 Février 2013

 

url de l’article original:

http://r-sistons.over-blog.com/article-nouvel-ordre-mondial-et-ue-nom-et-armee-printemps-fran-ais-115360766.html

 

Goldman Sachs dirige le monde. Il se repaît de nos renoncements.

Oui, les banksters apatrides, cupides et sans scrupules, dirigent le monde.

L’Europe est au pied de la Finance internationale.

Les Elus, grassement rémunérés, sont les idiots utiles du Système carnassier.

Ils vont même jusqu’à accepter les guerres de l’OTAN pour l’Empire.

 

Les Médias relaient servilement la propagande de l’oligarchie.

Ce jour, le torchon FR2 avec Pujadas annonce le Marché transatlantique:

L’UE n’a PAS d’autre choix que de se mettre ensemble contre les émergents.

Les Médias collabos sont les pires ennemis des peuples, des citoyens.

Plantons-nous en permanence devant les Rédactions pour protester !

 

Les banksters font bombance sur le dos de l’humanité asservie.

Ils prospèrent sur nos renonciations, sur nos sacrifices, sur nos malheurs.

Ils programment l’extermination des vieux, des pauvres, des sans travail..

Ils annoncent le Nouvel Ordre Mondial paradis à venir.

Mais c’est l’enfer qui vient. Et la révolte.. Valls y prépare le Parti "socialiste"

 

En Grèce, les citoyens ne peuvent plus se soigner.

Cancer, maladies graves, et même le reste.

Les hôpitaux publics sont exsangues.

Comme les citoyens privés de tout, et mendiant dans la rue.

L’Europe va diminuer l’aumône de l’aide alimentaire.

 

En France, le chômage s’étend, la pauvreté s’accroît, le désespoir aussi.

Le Parti "socialiste" a promis le changement. Un chômeur s’immole.

Tout s’aggrave : UE toujours plus technocrate, concentrée, financière.

Les réformes sociales sont remplacées par les sociétales.

La France a pris la tête des guerres contre le développement de l’Afrique.

 

Citoyens, jusquà quand allons-nous nous laisser dépouiller de tout ?

Jusqu’à quand allons-nous offrir services publics et sociaux, retraites,

patrimoine, industries, emplois… et même nos enfants, leur avenir ?

Allons-nous laisser des Copé ou des Valls graver dans le marbre l’horreur ?

Allons-nous sacrifier nos vies à leurs profits "pantagruéliques" ?

 

Citoyens, nos vies valent mieux que leurs profits insensés, crapuleux !

Attention à la politique des petits pas ! UE, Marché bientôt transatlantique…

Voulons-nous être comme la grenouille cuisant lentement puis brûlée ?

Avons-nous mis au monde des enfants pour les priver d’une vie normale ?

 

Citoyens, citoyennes, à quand le Printemps français ?

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