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Résistance au colonialisme: Le mouvement de soutien aux nations amérindiennes opprimées grandit… L’information multilingue est diffusée…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 18 décembre 2014 by Résistance 71

Visualiser la paix

 

Mohawk Nation News

 

17 décembre 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/12/17/visualize-the-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Aujourd’hui est le premier jour du solstice d’hiver. La variété naturelle des langues va améliorer la diffusion de la Grande Paix à travers le monde. Tout le monde désire voir un monde sans guerre pour nos enfants. Mohawk Nation News est maintenant traduit en de nombreuses langues. Nous sommes reconnaissant de cet encouragement. Ci-joint deux articles qui ont été traduits en français et en allemand ainsi qu’une vidéo d’un conseil municipal historique à Vancouver.

French: Getting to know you.

“Ils (les articles traduits de Mohawk Nation News) sont toujours très bien lus par les communautés francophones (qui fréquentent notre blog: Résistance 71). Les médias alternatifs de langue française ont une recrudescence d’intérêt pour les questions touchant la territorialité et le colonialisme inévitablement amenées par la civilisation occidentale. Nous nous plaisons à penser que quelque part nous avons été un déclencheur du développement d’intérêt général pour ces questions essentielles…”

Ce groupe en France (NdT: Nous, à Résistance 71…) a traduit les 117 wampums de Kaianere’ko:wa en français. Très bientôt, elle sera sur le site de Mohawk Nation News pour quiconque voudra la lire et l’imprimer. La Grande Paix a définitivement un rôle majeur à jouer dans la création d’un monde meilleur.

Note de Résistance 71: Nous publierons Kaiakere’ko:wa ou la Grande Loi de la Paix, connue sous le nom de “Constitution de la Confédération Iroquoise”, après que MNN l’ait publié. Honneur à ceux dont elle émane !

Cet article de MNN a été traduit en Allemand et en Hollandais.

Un lecteur allemand, ami de Censored News, a dit que la nouvelle traduction en allemand était parfaite. La traducrice en langue hollandaise est l’expérimentée Alice Holemans. Voici l’artice de MNN avec ses traductions sur Censored News:

German: Sun setting on British Empire.

Le maire de Vancouver et son conseil se soumette de manière historique à une cérémonie naturelle des premières nations, le rite du “brossage”, la cérémonie des petites condoléances.

Youtube: Vancouver historic ceremony.

John Lennon nous a demandé : “Imagine there’s no heaven. Its easy if you try. No hell below us. Above us only sky. Imagine all the people living for today”.

“Imaginez qu’il n’y ait pas de paradis, c’est facile si vous essayez. Pas d’enfer en dessous de nous. Au dessus de nous, seulement le ciel. Imaginez tout le monde vivant pour aujourd’hui.”

Résistance à l’impérialisme occidental au Moyen-Orient: Les stratèges derrière les échecs de l’empire et son armée mercenaire de l’EIIL…

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Excellente analyse de René Naba…

– Résistance 71 –

 

Qassem Souleimany et Hassan Nasrallah les nouveaux Giap et Cienfuegos

 

René Naba

 

15 Décembre 2014

 

url de l’article:

http://www.mondialisation.ca/qassem-souleimany-et-hassan-nasrallah-les-nouveaux-giap-et-cienfuegos/5419997

 

QASSEM SOULEIMANY, LE NOUVEAU GIAP DU MOYEN-ORIENT.

Inconnu des bonimenteurs médiatiques, méconnu d’une large fraction des crypto-spécialistes de la communauté du renseignement, connu et reconnu des connaisseurs, respecté ou redouté selon le positionnement de ses interlocuteurs, il est le cauchemar des Israéliens, le croquemitaine de l’Occident, l’enfant chéri des laissés pour compte de la société consumériste et de la civilisation des loisirs, le porte étendard des contestataires de l’ordre israélo-américain.

A rebours du transfuge socialiste Bernard Kouchner, «deux fois juif car à moitié juif», à rebours de son rival Bandar Ben Sultan, le cappo di tutti capi de la nébuleuse islamiste qui inondera la planète de ses djihadistes erratiques sans tirer le moindre coup de feu contre Israël, son ennemi supposé, ce fils d’un père paysan juif de Kerman est triplement farsi, en tant que chiite, en tant que révolutionnaire, en tant que combattant pour la libération de la Palestine.

Commandant de l’ombre (1), sa rigueur, sa discrétion et son efficacité l’imposent comme le Giap du Moyen Orient, du nom du vainqueur des Français, en 1955, le général Vo N’Guyen Giap à Diên Biên Phú (2), première défaite militaire majeure d’une puissance atomique de la sphère occidentale, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, face aux peuples basanés, «la seule bataille rangée et perdue par un armée européenne durant toute l’histoire des décolonisations», selon l’expression de l’historien Jean Pierre Rioux.

Lui, Qassem Souleimany, 56 ans, chef de la prestigieuse «Brigade de Jérusalem» des Pasdarans, dont la transcription en arabe claque comme baïonnettes aux vents, «Faylaq Al Qods Lil harath As Saouri Al Irani». Faylaq Al Qods, «Jerusalem brigade» et non «Jobhat an Nosra» ou «Jound As Sham», voire  Ansar Eddine» ou les horribles borborygmes de Boko Haram ou de Da’ech, comme pour rappeler la permanence de la revendication iranienne et chiite dans le combat pour la libération de la Palestine.

Du vaste polygone de tir permanent du Moyen Orient, Qassem Soleimany émerge comme le grand vainqueur de la confrontation régionale du printemps arabe, le verrou de l’Irak, malgré les coups de butoirs sanglants et les attentats répétitifs des takifiristes contre la communauté chiite depuis dix ans, malgré toutes les tentatives de déstabilisation menée par les Etats Unis et Israël depuis le Kurdistan irakien, malgré la guerre psychologique menée par les monarchies arabes contre le «péril chiite».

Lui, l’allié indéfectible de la frange résistante de la population libanaise, le sauveur de la Syrie, celui qui tiendra tête à la coalition islamo-atlantiste dans les mémorables batailles de Syrie durant trois ans:  De Bab Amro, en Février 2012, à Al Qoussayr, en Mai 2013, et à Yabroud, au printemps 2014.

Bab Amro, qui se devait d’être «le Stalingrad du Moyen Orient», selon les assurances de l’ancien premier ministre du Qatar Hamad Ben Jassem à la diplomatie française, qui sera, par les abus de la brigade Al-Farouk du commandant dissident Abdel Kader Tlass, le Trafalgar de la stratégie franco turque. Une défaite cuisante de l’opposition off-shore mercenaire du Qatar, doublée deux ans plus tard d’une défaite aussi retentissante à Homs. Vouée à devenir la «capitale de la révolution», la ville pliera, elle, sous la pression des assauts syriens. Ses djihadistes évacués sous bonne escorte, le 7 Mai 2014, le jour même du 3eme tour du scrutin présidentiel libanais, implosant la candidature à la magistrature suprême libanaise de Samir Geagea, l’homme lige des Israéliens et des Américains au Liban.

Sur la défensive au début du printemps arabe, avec un bloc atlantiste le vent en poupe, et des alliés en difficulté en Syrie et au Liban (le hezbollah), Qassem Souleimany a réussi à opérer un retournement en faveur de son camp en portant la menace sur le flanc sud de l’Arabie saoudite, son espace vital, le Yémen, où ses sympathisants houthistes (chiites) ont obtenu, à la mi octobre 2014, la tête du chef de file du camp saoudien, le premier ministre Mohamad Ba Soundah, aux termes de violents combats dans le périmètre de défense de Sana’a, la capitale, le jour même de la rencontre à New York entre les ministres des affaires étrangères d’Iran et d’Arabie saoudite Jawad Zarif et Saoud Al Faysal.

Jihad Moughniyeh, assistant de Qassem Souleymani, et le missile Fateh 110 à Hezbollah

Luxe de détail, soucieux sans doute d’assurer la relève d’un commandement de qualité, Qassem Souleimany s’est doté depuis la guerre de Syrie, en 2011, d’un assistant de choix en la personne de Jihad Moughniyeh, fils d’Imad Moughnyieh, Hajj Radwane, le fondateur de la branche militaire du Hezbollah, tué dans un attentat à Damas, en 2008, dont la progéniture  fait désormais office d’agent de liaison avec la formation de son père.

No passaran: Par deux fois, rompant son mutisme habituel, il fixera la ligne rouge de la stratégie occidentale. En Syrie, en septembre 2013, alors que le croassement de la bulle médiatique occidentale prédisait un bombardement massif du bloc atlantiste des centres de pouvoir de Damas avec la caution des pétromonarchies du Golfe, en guise de représailles contre l’usage supposé d’armes chimiques par le régime de Bachar Al Assad,  Qassem Soleimany met le holà, avisant qu’un bombardement de la Syrie embraserait le Moyen-orient.

A Gaza, en juillet 2014, alors qu’une conjuration s’appliquait à désarmer les Palestiniens en vue de leur finlandisation, le sphinx iranien rompait à nouveau le silence pour rendre  son verdict: Pas question de désarmer ni le Hamas ni le Jihad Islamique, citant nommément ces deux formations, en hommage implicite à ses alliés Mohamad Deif, le chef de la branche militaire du Hamas, et Ramadan Challah, le chef du djihad islamique, comme pour signifier la fin de l’ostracisme dont était l’objet le Hamas, la branche palestinienne des Frères Musulmans, déconsidéré par son alignement sectaire sur le Qatar, l’autre pôle du salafisme wahabite du Monde arabe.

No Passaran, le mot d’ordre tonné à deux reprises a entraîné un rétropédalage en douceur du camp atlantiste et de ses supplétifs arabes, d’une manière d’autant plus accélérée  que dans l’épreuve de force, les Pasdaran ont livré subrepticement au Hezbollah gardiens des missiles à moyenne portée Fateh 110, plaçant l’Etat major israélien à Tel Aviv à portée des tirs de la milie chiite. Disposant d’un rayon d’action de 350 km, propulsé par du carburant solide, à une vitesse de mach 3,5 soit 4.500 km/heure, Fateh 110 a entrainé un bouleversement des rapports de force sur le front nord de la confrontation israélo-arabe.

Récidiviste en Irak, comme en auparavant en Syrie, l’homme procédera à un déploiement furtif de ses hommes autour du sanctuaire chiite de la ville sunnite de Samarra brisant net la marche de Da’ech sur Bagdad. Il récidivera en pleine négociation de Vienne sur le nucléaire iranien, le 22 novembre 2014, freinant l’offensive de Da’ech contre Ramadi, clé de la région sunnite d’Al Anabr qui aurait permis le déferlement djihadiste vers l’Arabie saoudite.

Il savourera alors avec une particulière délectation l’appel de Laurent Fabius à l’Iran de se joindre à la coalition occidentale dans le combat contre Da’ech, c’est à dire contre le monstre engendré par le bloc atlantiste et les pétromonarchies pour combattre précisément l’Iran, via son allié syrien dans une guerre de substitution. Cet appel lancé par une des personnalités européennes les plus en pointe contre l’Iran a retenti comme un désaveu de la diplomatie française dans la guerre de Syrie, un constat d’impuissance et, dans le cas de Laurent Fabius, une reddition sans condition à la prépondérance de l’Iran dans la gestion des affaires de la zone.

HASSAN NASRALLAH, À L’ÉGAL DU MYTHIQUE CAMILO GORRIARÁN CIENFUEGOS., LA «SENTINELLE DE L’INDÉPENDANCE LIBANAISE».

En tandem avec son alter ego iranien, le Hezbollah se distinguera par une série de magistrales et époustouflantes victoires, tant contre Israël qu’en Syrie, suscitant l’admiration de bon nombre de spécialistes militaires occidentaux, s’offrant le luxe, cas unique dans les annales militaires, de faire sauter le verrou de Damas, Yabroud, le 15 mars 2014, le jour même du référendum de rattachement de la Crimée à la Russie, à la date commémorative du 3eme anniversaire du soulèvement populaire en Syrie.

«Le Hezbollah a réussi à assumer un rôle distinctif croissant dans la direction des opérations de l’armée syrienne lors d’offensives majeures des forces gouvernementales. A Qoussayr (Juin 2013), le Hezbollah a pris directement en main le commandement des opérations, assumant, parallèlement, la surveillance aérienne permanente du champ de bataille, via des drones», relèvera «The Brookings Doha Center Report», dans sa livraison de Mai 2014 signée de Charles Lister.

Au 9 juin 2014, le bilan des pertes s’élevait à 162.402 personnes, dont plus de 53.978 civils, parmi lesquels 8.607 enfants, tuées dans ce conflit opposant régime et rebelles mais devenu complexe avec des combats également entre rebelles et djihadistes en majorité étrangers, selon un bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), sis au Royaume Uni. Parmi les morts figurent 42.701 combattants rebelles, dont plus de 13.500 djihadistes du Front Al-Nosra et de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ainsi que 61.170 membres des forces gouvernementales: 37.685 soldats et 23.485 miliciens. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/06/09/le-regime-decrete une-nouvelle-amnistie-en-syrie_4434798_3218.html

En deux ans (2012-2014), le Hezbollah mettra ainsi en échec six offensives majeures des djihadistes de Syrie visant à percer les lignes de défense du parti chiite, à coups de vagues humaines, dans la zone frontalière syro libanaise, dans le secteur Ersal-Brital, décimant les unités d’élite des assaillants takfiristes, constituées de troupes coinjontes de Da’ech et de Jobhat An Nosra… avec le soutien d’Israël. Par trois fois en Syrie (Al-Qoussayr, Yabroud, et dans le périmètre de la base militaire de Menagh, dans la région d’Alep, assiégée de nombreux mois par le géorgien Tarkhan Batirashvili – Abou Omar al-Shishani), Hassan Nasrallah, à la tête  de ses hommes, fera la preuve de sa science militaire et de la maîtrise du commandement.

Se posant en égal des mythiques «barbudos» cubains, il assumera un rôle comparable au légendaire Camilo Gorriarán Cienfuegos, l’adjoint opérationnel de Fidel Castro et d’Ernesto Che Guevara de La Serna, le voltigeur de pointe de l’armée révolutionnaire cubaine, le commandant de l’avant, celui qui opéra, à la tête de la Colonne n°2 «Antonio Maceo», la percée décisive vers La Havane, dont il s’emparera le 2 janvier 1959, à 27 ans.    Rompues à la guerre de guérilla, ses troupes d’élite réussiront l’exploit non seulement de renverser le cours de la guerre, mais de modifier radicalement les règles d’engagement des combats dans la zone de confrontation israélo-libanaise, tenant en respect Israël, la principale puissance militaire du Moyen-Orient, la terreur absolue des Arabes, qu’il narguera avec un drone de sa fabrication, le drone «Ayoub», tandis que son complice iranien détournait, à son profit, un drone américain, faisant tous les deux la preuve de la maîtrise technologique de la surveillance aérienne.

Le lancement le 2 octobre 2012 d’un avion sans pilote du Hezbollah en direction d’Israël a constitué la première incursion aérienne réussie de l’aviation arabe depuis la guerre d’octobre 1973, il y a 40 ans. Son survol du site nucléaire de Dimona, dans le Néguev, a démontré l’absence d’étanchéité du «dôme d’acier» israélien, édifié avec de coûteux moyens avec l’aide américaine en vue d’immuniser le ciel israélien de toute attaque hostile. Cet exploit militaire du Hezbollah, et par voie de conséquence de l’Iran, est apparu comme une spectaculaire démonstration de leur capacité technologique à forte portée psychologique tant à l’égard d’Israël que des États-Unis, qu’à l’encontre du groupement des pays sunnites gravitant dans l’orbite atlantiste. Une percée technologique attestée deux ans plus tard par le Hamas dans son combat à Gaza, en juillet 2014, infligeant un camouflet majeur à Israël en apportant la preuve manifeste de l’absence total d’étanchéité de son «dôme d’acier», qui s’est révélé en fin de compte un parapluie troué.

Le Hezbollah est certes inscrit sur les «liste des organisations terroristes» tant de l’Union européenne, à tout le moins sa branche militaire, que de l’Arabie saoudite, au même titre d’ailleurs que les anciens pupilles de l’Occident, les Frères Musulmans, Jobhat An Nosra et Da’ech.

Mais par rapport aux organisations sunnites, le Hezbollah dispose d’un avantage comparatif incontestable en termes de crédibilité dissuasive concrétisée par sa présence, solitaire, sur l’ultime champ de bataille contre Israël, en tant qu’ultime barrage de retenue à une reddition générale arabe face au diktat israélo américain.

Une crédibilité concrétisée par le fait que de tous les protagonistes du conflit, Hassan Nasrallah ne désertera jamais le champ de bataille, alors que ses contestataires sunnites Saad Hariri, le chef du camp saoudo américain au Liban, se planquera en Arabie saoudite, et le chef politique du Hamas Palestinien, Khaled Mecha’al, à Doha, à une trentaine de kms de la plus importante base militaire américaine du tiers-monde et le prédicateur Ahmad Al-Assir, la dague salafiste du Qatar sur le flanc du hezbollah, evaporé dans la nature.  Une crédibilité dissuasive concrétisée enfin par le fait que la formation chiite est la seule instance arabe à proclamer son attachement effectif au combat pour la libération de la Palestine, matérialisé par ses combats contre Israël et son attachement à la célébration de la journée mondiale d’«Al Qods», commémorée chaque année le dernier vendredi du mois de Ramadan, en l’absence de la moindre participation sunnite, alors que la Palestine est dans sa très grande majorité peuplée de sunnites et d’une minorité chrétienne arabe, dont la population ne comporte aucun chiite; et que la responsabilité de la défense des Lieux Saints Musulmans incombe aux vingt pays arabes qui se réclament du sunnisme, la branche majoritaire de l’Islam.

Alors qu’Israël parachève la phagocytose de la Palestine, démarche ultime avant l’estocade finale, la reconnaissance d’Israël comme «État Juif», verrouillant ainsi toute revendication future des Palestiniens à un hypothétique «Droit au retour» sur la terre de leurs ancêtres, le Hamas, de même que les autres déclinaisons de la nébuleuse islamiste sunnite se sont curieusement engagés dans le combat anti Assad, plutôt que de se lancer à la reconquête de sa terre natale, la Palestine, en un tragique dévoiement de sa stratégie.

NASRALLAH VERSUS BANDAR: CHAOS DÉBOUT

Fruit d’une copulation ancillaire du Prince Sultan Ben Abdel Aziz avec une roturière d’extraction modeste, l’ancien «Great Gatsby» de la vie diplomatique américaine s’est imposé comme l’homme fort du Royaume du fait de la maladie d’une large fraction de l’équipe dirigeante frappée de pathologie handicapante, que cela soit le Roi Abdallah d’une lourde cardiopathie que le prince héritier Salmane, atteint d’Alzheimer, voire même le ministre des Affaires étrangères Saoud Al-Faysal.

Intronisé par le général David Petraeus, en personne, avant que l’ancien chef du renseignement américain ne soit emporté par un jeu de galipettes inconsidérées, une affaire d’Embedded à l’américaine, Bandar passait pour être le nouvel homme providentiel de la stratégie saoudo américaine. Pour beaucoup d’observateurs occidentaux cités par le journal néo conservateur «The Wall Street Journal», l’homme des rétro-commissions des transactions militaires saoudiennes, de l’ordre de 13 milliards de dollars, du retentissant scandale Tornado, pouvait réussir là où la CIA a échoué.

Mais celui qui avait vocation à devenir le sauveur suprême de l’Occident et de l’Islam wahhabite, s’est révélé piètre stratège, et, dans sa confrontation avec le Hezbollah, son bilan, un piètre bilan.

Par cinq fois, Bandar a mordu la poussière face Hassan Nasrallah, le contraignant à prendre le chemin de l’exil, entraînant dans sa chute l’ensemble de sa fratrie, son aîné, Khaled Ben Sultan, vice-ministre de la défense et propriétaire du journal «Al Hayat» et son cadet, Salman Ben Sultan, le chef opérationnel du PC conjoint islamo atlantiste à Amman.

En 2006, la riposte balistique victorieuse du Hezbollah libanais face à l’aviation israélienne, de même que la destruction du navire amiral de la flotte israélienne, ont semé la consternation dans le camp saoudo américain, fragilisant l’héritier politique du clan Hariri.

En 2007, la neutralisation du camp palestinien de Nahr el Bared, (Nord du Liban), en neutralisant le chef de file des djihadistes Chaker Absi, à la solde de l’Arabie saoudite, a mis en échec d’en faire voulait une zone de non droit, en vue de parasiter le Hezbollah sur son arrière garde.

En 2008, l’affaire du réseau des transmissions stratégiques du Hezbollah s’est soldée par une capitulation en rase campagne de ses adversaires, particulièrement le chef druze Walid Joumblatt, à l’époque le fer de lance du clan Hariri.

Enfin en 2013-2014, les revers de Syrie, en complément de la perte considérable représentée par l’assassinat de sa dague sécuritaire, le capitaine Wissam Hassan, chef de la section des renseignements des forces de sécurité intérieure libanaise, dynamité trois mois après la décapitation de la hiérarchie militaire syrienne. Ce bilan ne tient pas compte de l’éradication de l’excroissance salafiste du Qatar, Ahmad al Assir, le 25 juin 2013, le jour même de la destitution déguisée de son commanditaire l’Emir du Qatar, Cheikh Khalifa Ben Hamad Al Thani, à la date anniversaire du 13 me anniversaire du dégagement militaire israélien, sous l’effet des coups de butoir du Hezbollah.

Dernier intervenant sur le champ de bataille syrien, après les escouades de djihadistes de Tchétchénie à la Tunisie en passant par la Belgique, le Kosovo et la France, de même que les Moudjahidines Khalq, formation de l’opposition iranienne islamo marxiste, et le clan Hariri, le Hezbollah a brisé net la stratégie islamo-atlantiste, écrabouillant au passage ses anciens compagnon d’armes, les soldats perdus du Hamas, dans la mémorable bataille des tunnels de Qoussyar: «Par ses brillantes performances non seulement à Qoussayr, à Lattaquieh et Homs, mais aussi dans sa contribution à la défense de la base aérienne de Menagh, (Nord Syrie), Hassan Nasrallah a bien mérité le titre de «Seigneur de la résistance», admettra le site nassérien du Caire.

  1. Hassan Nasrallah, Le seigneur de la résistance http://www.al-akhbar.com/node/190273

Invincible à ce jour, artisan de deux dégagements militaires israéliens du Liban sans négociation ni traité de paix, ferme soutien du Hamas face aux offensive israéliennes, le Hezbollah demeure, n’en déplaise aux esprits chagrins, le phénomène politico-militaire majeure de l’histoire arabe contemporaine; l’ultime digue de retenue face au grand naufrage arabe, glanant au passage le titre envié de «sentinelle de l’indépendance libanaise».

LE HAMAS, DANS L’ATTENTE DE SON CHEMIN DE CANOSSA, GARDE-FRONTIÈRE D’ISRAËL.

En comparaison, le Hamas, unique mouvement de libération nationale de confession sunnite, a déserté la Syrie après 16 ans d’hospitalité, par alignement sectaire, pour installer son QG à Doha à 35 km de la base du Centcom, la plus importante base du tiers monde des États-Unis, le protecteur d’Israël, la caution de tous les assassinats extrajudiciaires des pères fondateurs du mouvement palestinien.

Beaucoup ont déploré ce positionnement qui lui vaudra la désaffection de l’Iran et du Hezbollah, davantage en phase désormais avec le Djihad Islamique, l’organisation palestinienne rivale du Hamas sur le plan islamiste.

Le premier percement balistique de l’espace aérien israélien par sa trajectoire transnationale, de Gaza à Tel Aviv, opéré en riposte à «Bordure protectrice» a rompu la réclusion du Hamas consécutive à son alignement sectaire sur les pétromonarchies rigoristes, replacé la revendication palestinienne au centre du débat international et renfloué la branche palestinienne des Frères Musulmans.

En renouant ses relations avec ses anciens frères d’armes le Hezbollah et l’Iran, le Hamas s’est replacé parmi les principaux interlocuteurs de ce conflit. Un exploit technologique réalisé avec le concours exclusif – bien exclusif de l’Iran, du Hezbollah et de la Syrie, c’est à dire «les renégats de l’Islam», selon la nomenclature de l’Islam djihadiste salafiste wahhabite, en gros les pétromonarchies sous tutelle américaine.

Mieux, la destruction d’un drone israélien au dessus de l’espace aérien iranien, le 24 Août 2014, en pleine négociation d’une trêve israélo-palestinienne au Caire sous l’égide de l’Égypte, alors qu’une coalition internationale s’amorçait pour un combat collectif contre Da’ech, a offert à l’Iran l’occasion de refaire un retour spectaculaire sur la scène palestinienne, en s’engageant à amplifier ses fournitures militaires à la résistance palestinienne, se réservant même la possibilité d’une «réponse fracassante», selon le général Amir-Ali Hajizadeh, le commandant des forces aérospatiales des Gardiens de la Révolution», l’armée d’élite du régime islamique iranien.

Le drone furtif de type Hermès, qui échappe au contrôle radar, survolait le périmètre stratégique de Natanz, un site nucléaire qui abrite 16.000 centrifugeuses.

Dans l’attente du feu vert iranien pour emprunter son chemin de Canossa à Téhéran, le Hamas devrait songer au sort respectif du Vietnam et de la Palestine, l’un réunifié par la force de la volonté, l’autre pulvérisée par la force du sectarisme, dont le fer de lance a été réduit quelque temps au rôle de garde-frontières d’Israël.

Cf. à ce propos: «Le Hamas garde-frontière des Israéliens». http://www.al-akhbar.com/node/196947

Certes l’Iran et le Ayatollah ont payé un lourd tribut à la guerre avec l’assassinat du chef de la cyber-guerre iranienne une semaine après le coup de fil Obama-Rouhani au surlendemain du discours de Benyamin Netanyahu à l’ONU, en septembre 2013, ainsi que l’attentat meurtrier contre l’ambassade iranienne à Beyrouth et le meurtre de Hassan Lakiss, le chef de la force balistique du Hezbollah.

Certes l’Iran et le Hezbollah font face à une nuisance permanente de la part des pays occidentaux, qui y mènent une guerre médiatique électronique permanente, via un vaste réseau d’opposants, http://www.elcorreo.eu.org/Ottawa-a-cree-un-vaste-reseau-d-opposants-iraniens, mais, de l’aveu même des experts israéliens, la formation chiite a décuplé ses capacités opérationnelles, de même que sa puissance de feu, sécurisant ses voies de ravitaillement via la Syrie, induisant une nouvelle dissuasion balistique par la guerre asymétrique.

Un risque demeure toutefois: la crainte d’une démobilisation psychologique et politique de l’Iran et du Hezbollah en cas d’arrangement irano-américain qui ouvrirait la possibilité au camp atlantiste de consolider la position d’Israël dans la zone.

A en juger par l’hypothèse émise par un historien américain Gareth Porter, selon lequel la menace nucléaire iranienne aurait été fabriquée de toute pièce par les Américains et les Israéliens en vue de créer le prétexte à une intervention militaire contre la Révolution islamique iranienne en vue de l’anéantir pour y faire coup double: sécuriser les pétromonarchies et sanctuariser Israël dans la foulée de la destruction de l’Irak.

  1. à ce propos: “In a new book and in a conversation with Haaretz, U.S. historian Gared Porter charges that U.S. and Israeli policies on Iran have been based on fabricated evidence. By Shemuel Meir www.haaretz.com/mobile/.premium-1.596104?v=6E194EAD96A098E3E35F468C35E6547Was the Iranian threat fabricated by Israel and the U.S.?

Quoiqu’il en soit, pour la deuxième fois de son existence, Bandar, au terme de ce printemps calamiteux tant pour sa personne que pour son royaume, prendra le chemin de l’exil. La première  fois en 2008, après la découverte d’un complot ourdi par ses soins avec ses collègues de la base aérienne de Ryad, mais qui sera démasqué par les services russes.

La deuxième fois, en, février 2014, entraînant dans sa chute celle de son clan, le clan sultan, avec l’éviction du ministère de la défense de son demi-frère, Khaled Ben Sultan, le propriétaire du journal «Al Hayat», l’ancien interface du général Norman Schwarzkopf durant la première guerre contre l’Irak, en 1990.

L’Arabie saoudite a perdu la sympathie des Arabes et des Musulmans lorsqu’elle s’est détournée de la Palestine pour attiser les conflits inter arabes, donnant la priorité au châtiment de l’Irakien Saddam Hussein, puis du libyen Mouammar Al Kadhafi, enfin du syrien Bachar Al Assad.

Le Royaume se voulait un géant sur un champ de ruines. Il a obtenu le champ de ruines, le meilleur service rendu à Israël en favorisant la destruction de la Syrie, sans le moindre coup de feu de la part de l’état hébreu, en butte désormais à la concurrence de la Turquie pour le leadership du Monde sunnite, un exploit rare dans les annales de la stratégie militaire de l’histoire de l’humanité.

Ni le Surge de l’ISIS, dont l’acronyme en arabe est Da’ech, dans le nord de l’Irak, en juin 2014, pas plus que la déstabilisation de l’Iran dans le Sistan sunnite, dans l’est du pays, par l’Arabie saoudite, via le Pakistan et leur homme-lige, Abdel Rahim Zadeh, chef de «L’armée de la justice», n’auront eu raison de la détermination iranienne, entraînant même par ricochet une convergence tacite entre l’Iran et les États Unis, pour la première fois depuis l’instauration de la République islamique il y a 34 ans, à l’occasion de cette nouvelle invasion barbare.

A delà de leur dissemblance, le Hezbollah et le Hamas, gros perturbateurs du jeu régional,  font face à une identique menace de désarmement, le sunnite palestinien via le tandem Égypte Arabie saoudite dans le cadre des négociations visant à lever le blocus de Gaza et sa reconstruction; le chiite libanais via le nouveau croquemitaine régional, Da’ech, une excroissance pathologique de l’alliance saoudo-américaine.

Tant sur le plan palestinien, avec son soutien militaire désormais affiché aux combattants palestiniens, que sur le plan irakien, avec son soutien militaire désormais reconnu par Massoud Barzani, l’Iran se pose désormais en acteur incontournable du jeu régional.

L’Iran, de l’aveu même du chef kurde, a été le premier pays à avoir fourni des armes  aux Peshmergas kurdes pour contenir la progression des djihadistes de l’État islamique à Irbil, «un danger non seulement pour les chiites mais aussi pour le Kurdistan, où cohabitent plusieurs  communautés religieuses, un danger pour la Syrie, l’Irak et le reste du Monde». http://www.al-akhbar.com/node/214255

Au delà de la préservation du glacis chiite en Irak, l’Iran a intérêt à contenir les Kurdes en Irak pour éviter toute ferveur nationaliste dans ses propres zones à population kurde. L’empressement de la France a volé au secours des Kurdes répondrait au souci de Paris de se maintenir sur la photo et de ne pas laisser le monopole de l’aide à l’Iran, un pays qu’elle a durement combattu depuis 35 ans depuis sa co belligérance avec Saddam Hussein dans sa guerre contre la révolution islamique iranienne.

De cette étape, un constat s’impose toutefois: en dépit d’un blocus de 34 ans, de deux guerres de substitution l’une via l’Irak de Saddam Hussein, l’autre contre la Syrie de Bachar Al Assad, aucun conflit régional ne saurait désormais être réglé en l’absence d’un consensus de la totalité des protagonistes de la zone, y compris l’Iran, contestataire à l’ordre hégémonique israélo-américain; une évolution qui marque la fin de la suprématie de ce duo, qui avait imposé son unilatéralisme depuis l’effondrement du bloc soviétique, dans la décennie 1990, de concert avec l’Arabie saoudite, leur supplétif régional.

Pays frontalier de l’Irak et de l’Afghanistan, les deux plus importants abcès de fixation de l’armée américaine de l’époque contemporaine, bordant tout aussi bien le golfe arabo-persique que l’Océan indien, l’Iran représente la plus forte concentration industrielle de la zone intermédiaire qui va du sud de l’Europe aux confins de l’Inde.

La réussite de sa stratégie valoriserait sa politique d’autosuffisance technologie et militaire, de la même manière qu’un succès politique ou militaire du Hezbollah chiite libanais réhabiliterait l’esprit de résistance face à la finlandisation des esprits en cours dans le monde arabe, à l’effet de réhabiliter la guérilla criminalisée sous l’ère Bush au prétexte de la «guerre contre le terrorisme».  Un succès durable de l’Iran pourrait faire perdre à Israël son statut de relais stratégique majeur de l’Occident dans la zone et frapperait de caducité l’option arabe de vassalisation à l’ordre israélo américain, déterminant du coup la nouvelle hiérarchie des puissances dans l’ordre régional. Tel est le véritable enjeu, sans doute le plus important par sa force d’attraction symbolique, de la confrontation irano israélienne, via la Syrie, et la nouvelle opération de police internationale menée par les parrains originels du djihadisme planétaire contre leurs anciens supplétifs.

René Naba

René NabaJournaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de “L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres” (Golias), “Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français” (Harmattan), “Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), “Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David” (Bachari), “Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias).

Pour aller plus loin

Références

  1. Qassem Souleimany: Le commandant de l’ombre : http://www.newyorker.com/reporting/2013/09/30/130930fa_fact_filkins
  2. Diên Biên Phú : La bataille dura 170 jours, du 20 novembre 1953 au Mai 1954, les 57 derniers étant évidemment les plus effroyables. Au gré des mois, le camp de Diên Biên Phú reçut ainsi les effectifs équivalents à quelque 17 bataillons soit plus de 15 700 hommes dont plus de 5 000 légionnaires. Les troupes au sol furent appuyées par 227 avions de combat et bénéficièrent des rotations logistiques d’une centaine d’avions de transport.
  3. Le corps expéditionnaire français fit face à près de 100 000 Vietnamiens, combattants et coolies confondus, qui déplorèrent, pour leur part, entre 8 000 et 12 000 tués et 15 000 à 20 000 blessés, selon les sources les plus autorisées.
  4. Quelle diplomatie occidentale vis-à-vis du Hezbollah : http://www.al-akhbar.com/node/195961
  5. Le Hamas, garde-frontière des Israéliens http://www.al-akhbar.com/node/196947
  6. Des dirigeants du golfe en Israël pour une coordination contre l’Iran http://www.al-akhbar.com/node/192522
  7. Ezzat Ad Doury (Irak) et Moussa Koussa (Libye) enrôlés par Bandar http://www.al-akhbar.com/node/193732
  8. Qatar demande une garantie de Hassan Nasrallah : http://www.al-akhbar.com/node/195894
  9. Haytham Mannah – Hassan Nasrallah http://www.al-akhbar.com/node/194813
  10. Bandar à Moscou: Tentative de coup d’état en Syrie juillet 2012 en rapport avec le transfuge Manaf Tlass http://www.alquds.co.uk/?p=103989
  11. Le plan d’Al Qaida sur trente ans http://www.al-akhbar.com/node/199615
  12. Iran-Frères musulmans http://www.al-akhbar.com/node/203328
  13. Egypte-Hezbollah, premier contact officiel à Beyrouth : http://www.al-akhbar.com/node/203633

Le cadeau empoisonné de l’opposition syrienne à Assad: La vente du Golan à Israël http://www.raialyoum.com/?p=63274

Vent du changement sur Onowaregeh*… Le Québec va renouer avec les accords de la Grande Paix de Montréal en 1701…

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(*) Onowaregeh = Île de la Grande Tortue, l’Amérique du Nord pour les nations originelles du sub-continent.

Les solutions sont là, à portée des esprits et des mains, il suffit d’adapter et de s’unir contre l’oligarchie coloniale dont les jours sont comptés. La constitution iroquoise ou Grande Loi de la Paix est un outil progressiste que nous ne pouvons plus ignorer afin de défaire l’empire et l’oppression coloniale.

– Résistance 71 –

 

Ono’waregeh

 

Mohawk Nation News

 

15 décembre 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/12/15/onowaregeh/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ono’waregeh veut dire Île de la Grande Tortue en langue Mohawk. La nouvelle maire de la ville de Victoria (Île de Vancouver en Colombie Britannique), Lisa Helps, a prêté serment à Ongwe’hon:we (peuples natifs) de la région. Quand tous les maires refuseront de prêter serment à la reine d’Angleterre, son conseil privé sera terminé et la colonisation s’arrêtera.

Le contrôle de tout ce qui concerne la terre revient aux pourvoyeurs de soins Ongwe’hon:we. Le mot gouvernement prend sa racine dans les mots grec et latin signifiant “contrôle de l’esprit”. Ceci va prendre fin.

Dans le calendrier naturel, le 25 décembre est le premier jour de la nouvelle année. Le soleil se lève un degré nord et le nouveau cycle commence. Cette année, la paix va se saisir de la terre Kanion’ke:haka (Mohawk) connue sous le nom de “Seigneurie”.

Les véritables Québecois n’ont jamais été assimilés et veulent la paix sur la terre, paix que Kaianere’ko:wa représente. Les oligarques britanniques ont forcé leur système légal de l’amirauté sur eux, auquel ils ont résisté dans les grandes largeurs. Malheureusemet, ils sont toujours piégés dans ce système de l’amirauté. Ils ont un rôle à jouer avec nous pour équilibrer cette faute. Le Conseil Mohawk de Kanahwake Inc. est illégal et essaie de faire relocaliser les Kanion’ke:haka de Kahnawake afin d’arrêter la diffusion de la Grande Paix. Pour les oligarques, la Grande Paix est bien plus mortelle pour leur programme de nouvel ordre mondial que n’importe lequel de leurs virus tueurs créés en laboratoire, comme ceux du SIDA et de l’ébola.

Les Québecois ont inspiré la révolution française en 1789. Le dernier (pseudo?)dauphin, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette a terminé sur Kahnawake.

La matrix de l’amirauté crée la division dans toutes nos communautés. Dans Kaiakere’ko:wa, la Grande Paix, la jurisdiction des femmes est sur tout ce qui touche au monde naturel. Elles créent les conseils des femmes pour gérer chacune des communautés. Chaque plante, animal et personne est pris en compte et traité de manière durable. Les hommes s’assurent que tout ceux qui interagissent avec la communauté suivent la Grande Paix. Le système de l’amirauté fait de tribunaux, de prisons et de police est inutile.

Notre prochaine conférence de la paix se déroulera bientôt. Comme pour la grande paix de Montréal en 1701, le monde rejoindra les Québecois et Kanion’ke:haka (Mohawks) et la paix commencera à s’étendre.

La Grande Paix est au sujet des familles. Nous devenons un esprit sur des sujets qui affectent nos communautés. Les gens de chaque communauté, le peuple, ont le pouvoir comme cela se doit d’être.
Tout le monde est un guerrier pour la dissémination de la paix. Une fois que les femmes, progénitrices du sol et de la terre, reprennent leur véritable place naturelle, alors la paix sera capable de se répandre dans le monde. Les hommes protègent les femmes. Personne ne fait de mal aux femmes, aux enfants et tous les êtres vivants de la communauté. La Grande Paix est leur autorité.

Comme Jogosaseh a fait avant le dernier soleil avec Dekanawida, lorsque les Québecois et les femmes Mohawks font la paix, cela va se répandre comme un feu de forêt. Bientôt sur le site internet de Mohawk Nation News (MNN) sera publiée pour la première fois une traduction complète en français de la Grande Paix. 

Note de résistance 71: Nous avons terminé la traduction complète en français des 117 wampums de Kaianere’ko:wa ou la Grande Loi de la Paix. Ceci est unique à notre connaissance. Nous allons la remettre ces jours-ci au conseil des femmes de la nation Mohawk. Cette traduction arrive incidemment à point nommé avec le projet éducatif se développant maintenant au Québec. Nous la publierons après sa publication par l’organe officiel traditionnel Mohawk Nation News.

Comme le chante si bien Memphis Slim : “Don’t care how great you are. Don’t care what you’re worth. When it all ends up, you gotta go back to mother earth”.

Mayor refuses oath to Queen.

Historic speech on gangsterism running world.

Kanehsatake declaration.

Mise en place de la grille totalitaire: Le gouvernement fasciste du pays du goulag levant (ex-USA) menace ses citoyens…

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Nous l’avons déjà dit à plusieurs reprise ici-même: Le pays du goulag levant n’est pas encore un état totalitaire fasciste brun consommé parce que ses citoyens sont armés, que des milices civiles existent, qu’il y a bien plus de 100 millions de flingues et des milliards de cartouches dans la nature. C’est ce qui sauve le peuple américain encore pour l’instant de la tyrannie totale de l’oligarchie financière et de ses spadassins corrompus.

L’oligarchie sait pertinemment que pour activer Stasi et camps d’extermination de la FEMA, il faudra d’abord désarmer le peuple, chose qui ne pourra pas se faire, sauf en combat maison par maison sur l’ensemble du pays. Tâche impossible. Il faut donc que les citoyens soient “forcés” d’abandonner leurs droits, pour plus de “sécurité”.

Un général de l’état-major japonais avait dit à ses collègues, avant l’attaque de Pearl Harbor en 1941: “Si nous y mettons des troupes au sol, derrière chaque brin d’herbe se cachera un fusil…” C’était en 1941. Aujourd’hui, la puissance de feu des citoyens états-uniens est 100 fois supérieure… C’est ce qui les sauve, jusqu’ici… En cela nous avons réviser notre position concernant le second amendement de la constitution des Etats-Unis. Après chaque révolution, le peuple a été désarmé, quand ce n’est pas possible (révolution française) on l’enrôle dans de grandes guerres (armée de la Convention) de diversion. Classique ! La constitution des Etats-Unis a armé le peuple contre son gouvernement, il est le contre-pouvoir. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 (publiée donc après l’indépendance américaine de 1776 et l’écriture de leur constitution) stipule dans son article 35: “Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.” A noter que la DDHC de 1793 est toujours sur le site du Conseil Constitutionnel français (à consulter ici: http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-constitutions-de-la-france/constitution-du-24-juin-1793.5084.html )

Question: Pourquoi n’est-elle pas en vigeur ? Réponse: Elle fait peur à l’oligarchie bourgeoise en place depuis sa publication…

– Résistance 71 –

 

D’après un universitaire et journaliste le peuple américain est menacé par son propre gouvernement fasciste

 

James Henry Fetzer avec Press TV

 

16 Décembre 2014

 

url de l’article original (avec vidéo de l’entretien):

http://www.presstv.ir/detail/2014/12/16/390424/fascistic-us-govt-threatens-own-people/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La plus grande menace à laquelle font face les Américains aujourd’hui est celle de leur propre gouvernement fasciste et de leur police militarisée qui est entraînée en Israël pour traiter le public et les citoyens américains comme des ennemis, dit un journaliste et universitaire états-unien.

“Le monde doit comprendre que les Américains font face à la menace de leur propre gouvernement,” a dit James Henry Fetzer, qui est aussi éditeur de Veterans Today et un professeur en retraite de l’université de Madison dans le Wisconsin.

“Le département de la sécurité de la patrie (Department of Homeland Security ou DHS) a été modelé selon le modèle de la Stasi Est- Allemande (NdT: “Stasi” est une abréviation pour le mot “Staatsicherheit” ou “sûreté de l’état”. Nous avons écrit depuis des années dans nos articles mentionnant le DHS la note de présentation suivante: “… la Stasi ou Securitate du pays du goulag levant (ex-USA)”… Nous n’inventons rien !…), qui a souvent été reconnue pour avoir été la police secrète la plus efficace de l’histoire”, a dit Fetzer à Press TV Lundi.

“Il y a une tentative ici aux Etats-Unis, de militariser la police, dont beaucoup de membres sont entraînés en Israël afin de les retourner et de les faire considérer les citoyens des Etats-Unis comme l’ennemi, tout comme les Israéliens traitent le Palestiniens en ennemi”, a t’il déclaré.

Fetzer a argumenté que beaucoup d’actes de violence avec arme à feu comme la fusillade de Sandy Hook de Newtown dans le Connecticut, sont “fabriqués, bidons, ce sont des évènements théâtraux”, mis en place par le gouvernement des Etats-Unis pour faire interdire les armes à feu (NdT: faire répudier ou abroger le second amendement de la constitution…) aux citoyens du pays.

Le 14 décembre 2012, vingt enfants et six adultes furent mortellement blessés et abattus par un tireur fou qui se suicida par la suite, à l’école primaire de Sandy Hook dans le ville de Newtown dans l’état du Connecticut. Plus tôt dans la journée, l’assaillant avait tué sa mère dans un autre endroit.

Près de 100 fusillades dans des écoles ont eu lieu depuis, dit un rapport sponsorisé par un groupe contre la violence par arme à feu.

“Ils adoreraient nous retirer nos armes, parce ce que ce sont les plus de 100 millions de citoyens américains armés qui se tiennent entre la Stasi du DHS et l’imposition d’un état militaire fasciste aux Etats-Unis,” a conclu Fetzer.

Rapport sur la torture de la CIA: Al Qaïda n’est pas impliqué dans le 11 septembre…

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A mettre en parallèle de notre article et traductions (3) sur:

« Un 11 septembre nucléaire »

– Résistance 71 –

 

Le rapport du congrès américain sur la torture confirme qu’Al Qaïda n’est pas impliqué dans les attentats du 11 septembre

 

Thierry Meyssan

 

15 décembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article186182.html

 

Les extraits rendus publics du rapport de la Commission sénatoriale sur le programme secret de torture de la CIA font apparaître une vaste organisation criminelle. Thierry Meyssan a lu pour vous les 525 pages de ce document. Il y a trouvé la preuve de ce qu’il avance depuis des années.

Dianne Feinstein, présidente de la Commission sénatoriale du Renseignement, a rendu public, le 9 décembre 2014, un extrait de son rapport classifié sur le programme secret de torture par la CIA [1].

Présentation du rapport

La partie déclassifiée ne correspond qu’à un douzième du rapport initial.

Le rapport lui-même ne porte pas sur le vaste système d’enlèvement et de séquestration que l’US Navy a mis en place durant les mandats du président George W. Bush ; un programme qui a conduit à enlever partout dans le monde et à séquestrer plus de 80 000 personnes sur 17 bateaux à fond plat stationnés en eaux internationales (ces navires sont : USS Bataan, USS Peleliu, USS Ashland, USNS Stockham, USNS Watson, USNS Watkins, USNS Sister, USNS Charlton, USNS Pomeroy, USNS Red Cloud, USNS Soderman, USNS Dahl, MV PFC William B Baugh, MV Alex Bonnyman, MV Franklin J Phillips, MV Louis J Huage Jr, MV James Anderson Jr.). Il se contente d’étudier 119 cas de cobayes humains soumis à des expérimentations psychologiques à Guantánamo et dans une cinquantaine de prisons secrètes, de 2002 à fin 2009, soit un an après l’élection de Barack Obama.

Les extraits du rapport n’indiquent pas sur quels critères ces cobayes humains ont été choisis. Ils se contentent d’indiquer que chaque prisonnier dénonçait le suivant, tout en indiquant que ces aveux n’ont pas été extorqués, mais appris. En d’autres termes, la CIA a veillé à justifier ses choix en fabriquant des dénonciations a posteriori.

Dans le rapport initial, les noms des agents et des contractants de la CIA impliqués ont été remplacés par des pseudonymes. En outre, les extraits déclassifiés ont été très largement censurés, principalement pour effacer les noms des complices étrangers de la CIA.

Le contenu du rapport

J’ai lu en entier les 525 pages des extraits publics du rapport. Cependant, je suis loin d’en avoir tiré toutes les informations car de nombreuses recherches sont nécessaires pour interpréter les passages caviardés.

Les séances de conditionnement étaient effectuées dans une cinquantaine de prisons secrètes sous la responsabilité d’« Alec Station », l’unité de la CIA chargée de suivre Oussama Ben Laden. Les infrastructures, le personnel et les transports étaient sous la responsabilité du « Groupe de reddition et de détention » de la CIA. Les séances étaient conçues et réalisées sous la supervision de deux psychologues contractants qui se constituèrent en 2005 en société. Les autorisations d’utilisation des techniques de conditionnement étaient données au plus haut niveau, sans spécifier que ces tortures avaient pour but de conditionner et non d’extorquer des informations.

Le vice-président Dick Cheney, la conseillère de sécurité nationale Condoleezza Rice, le secrétaire à la Justice, John Ashcroft, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, le secrétaire d’État Colin Powell et le directeur de la CIA George Tenet ont participé à des réunions à ce sujet à la Maison-Blanche. Ils ont assisté à des simulations à la Maison-Blanche et ont visionné des enregistrements de certaines séances ; enregistrements qui ont été ultérieurement et illégalement détruits. Ces réunions avaient évidemment pour but de « mouiller » ces personnalités, mais il n’est pas possible d’établir lesquelles d’entre elles savaient à quoi étaient utilisé ces techniques.

Cependant, en juin 2007, Condoleezza Rice fut personnellement briefée par le contractant de la CIA qui supervisait les expériences. La conseillère de sécurité nationale autorisa la poursuite des expériences, mais diminua le nombre de tortures autorisées.

Les extraits publics du rapport contiennent une analyse détaillée de la manière dont la CIA a menti aux autres branches de l’administration Bush, aux médias et au Congrès.

Les expériences du professeur Martin Seligman

L’extrait public du rapport confirme que la CIA a mené des expériences basées sur les travaux du professeur Martin Seligman (théorie de « l’impuissance apprise »). Elles n’avaient pas pour but d’obtenir des aveux ou des renseignements, mais bien d’inculquer un discours ou un comportement aux sujets.

La plupart des citations que la presse a faite des extraits du rapport prête à confusion. En effet, la CIA parle des « méthodes de conditionnement » sous l’appellation de « méthodes non-standard d’interrogatoire » (non-standard means of interrogation). Hors contexte, on peut donc penser que le terme « interrogatoire » désigne la recherche d’information alors qu’il désigne des séances de conditionnement des sujets.

Tous les noms des tortionnaires ont été censurés dans l’extrait déclassifié du rapport. Cependant, on reconnaît Bruce Jessen sous le pseudonyme de “Grayson Swigert” et James Mitchell sous celui d’ “Hammond Dunbar”. À partir du 12 avril 2002, les deux hommes supervisèrent le programme. Ils étaient physiquement présents dans des prisons secrètes. En 2005, ils se constituèrent en société commerciale, Mitchell, Jessen & Associates (désignée comme “Company Y” dans le rapport). De 2005 à 2010, leur firme fut payée 81 millions de dollars. Par la suite, ils furent employés par l’Armée de Terre pour conduire un programme comportemental sur 1,1 million de soldats états-uniens.

En mai 2003, un officier senior de la CIA a saisit l’inspecteur général de l’Agence en faisant valoir que les travaux du professeur Seligman étaient fondés sur les tortures pratiquées par le Nord-Vietnam pour obtenir des « confessions à des fins de propagande ». L’officier mettait en cause le programme de conditionnement. Sa notification ne fut pas suivie d’effet. Au demeurant, il commettait une petite erreur en citant le Nord-Vietnam, les recherches de Seligman étaient basées, comme les pratiques des Nord-Vietnamiens, sur des travaux coréens.

La manière dont les tortionnaires se sont protégés

Selon la Commission sénatoriale, le programme de torture de la CIA a été ordonné par le président George W. Bush, le 17 septembre 2001, soit six jours après les attentats. Il avait pour unique but de donner des moyens extraordinaires à l’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001. Cependant, ce programme a été immédiatement développé en violation de certaines instructions du président. Par conséquent, dès les attentats commis, la CIA, à l’insu de la Maison-Blanche, s’est efforcée de fabriquer de faux témoignages attestant mensongèrement de la culpabilité d’al-Qaïda.

Le président George Bush et les parlementaires ont été trompés par la CIA qui 
 a obtenu des autorisations de pratique de certaines tortures en masquant leur finalité véritable 
 et a faussement présenté des aveux inculqués comme s’ils avaient été extorqués sous la torture.

Lorsque le président Bush a reconnu, le 6 septembre 2006, l’existence du programme de tortures secrètes de la CIA, il a défendu cette pratique en arguant qu’elle avait permis d’obtenir des renseignements qui sauvèrent des vies. Il se fondait sur les rapports mensongers de la CIA et ignorait que celle-ci fabriquait des preuves au lieu d’en chercher. Dès lors, la presse atlantiste a sombré dans la barbarie et a débattu du bien-fondé ou non de la torture en la présentant comme un mal pour un bien.

Les tortionnaires ont veillé à se couvrir juridiquement. Ainsi ont-ils demandé l’autorisation de pratiquer au département de la Justice. Mais celui-ci ne s’est prononcé que sur la légalité des méthodes employées (isolation, enfermement dans une petite boite, mise en scène d’enterrement, utilisation d’insectes, etc) et non pas sur le programme dans son ensemble. La plupart des juristes n’autorisaient que des postures particulières en ignorant leurs conséquences psychiques une fois combinées. Toutes les autorisations ont été réunies en août 2002.

Les dirigeants de la CIA qui ont autorisé ces expérimentations ont spécifié par écrit que les cobayes humains devaient être incinérés s’ils succombaient durant le conditionnement ou qu’ils devraient rester enfermés à vie s’ils survivaient.

Que l’on comprenne bien : la Commission sénatoriale ne dit pas que les aveux des détenus de la CIA sont légalement incorrects parce qu’obtenus sous la torture, elle expose que la CIA n’a pas interrogé ces détenus, mais qu’elle les a conditionnés pour qu’ils revendiquent des situations et des actes qui leurs sont étrangers. La Commission précise que les agents de la CIA n’ont pas même cherché à savoir ce que les détenus avaient avoué lors d’interrogatoires précédents aux autorités qui les ont arrêtés. En d’autres termes, non seulement la CIA n’a pas cherché à savoir si al-Qaïda était impliqué ou non dans les attentats, mais son action n’a eu d’autre but que de fabriquer de faux témoignages attestant mensongèrement de l’implication d’al-Qaïda dans les attentats du 11-Septembre.

La Commission sénatoriale ne discute pas de savoir si les aveux des cobayes humains ont été extorqués ou inculqués, mais après avoir expliqué que les superviseurs étaient des experts du conditionnement et pas des interrogatoires, elle détaille longuement le fait qu’aucun de ces « aveux » n’a permis d’anticiper quoi que ce soit. Elle démontre que la CIA a menti en prétendant qu’ils avaient permis d’empêcher d’autres attentats. La Commission n’écrit pas que les informations sur al-Qaïda contenus dans ces aveux sont des fabrications, mais elle note que tout ce qui était vérifiable était faux. Ce faisant, la Commission dément explicitement les arguments qui furent utilisés pour justifier la torture et annule implicitement les témoignages qui furent utilisés pour relier al-Qaïda aux attentats du 11-Septembre.

Ce rapport confirme, de manière officielle, plusieurs informations que nous avions présentées à nos lecteurs et qui contredisent et invalident les travaux des thinks tanks atlantistes, des universités et de la presse depuis le 11-Septembre, aussi bien en ce qui concerne les attentats de 2001 eux-mêmes qu’en ce qui concerne al-Qaïda.

À la suite de la publication des extraits de ce rapport, il apparaît que tous les témoignages cités dans le rapport de la Commission présidentielle d’enquête sur le 11-Septembre reliant ces attentats à al-Qaïda sont des faux. Il n’existe plus à ce jour le moindre indice permettant d’attribuer ces attentats à al-Qaïda : il n’existe aucune preuve que les 19 personnes accusées d’être les pirates de l’air se soient trouvées ce jour-là dans l’un de ces quatre avions, et aucun des témoignages d’anciens membres d’al-Qaïda revendiquant les attentats n’est authentique.

Le rapport confirme ce que nous révélions en 2009

En octobre 2009, j’avais publié une étude sur ce sujet dans la revue russe Odnako [3]. J’y affirmait que Guantánamo n’était pas un centre d’interrogatoire, mais de conditionnement. En outre je mettais en cause personnellement le professeur Seligman. Un an plus tard, l’article ayant été traduit en anglais, des psychologues états-uniens menèrent campagne pour demander à Martin Seligman de s’expliquer. Pour toute réponse, celui-ci nia son rôle de tortionnaire et lança une procédure judiciaire contre moi et le Réseau Voltaire à la fois en France et au Liban où je résidais. En définitive, le professeur Seligman donnait instruction à ses avocats de cesser les procédures après que nous ayons publié une de ses lettres suivie d’une explication de texte [4]. Martin Seligman poursuivit identiquement tous ceux qui traitèrent ce sujet, comme Bryant Weich du Hunffington Post [5].

Et maintenant

La sénatrice Diane Feinstein est courageusement parvenue à publier une partie de son rapport, malgré l’opposition de l’actuel directeur de la CIA, John Brennan, jadis chargé de contrôler ce programme de torture.

Le président Barack Obama a annoncé qu’il ne poursuivrait aucun des responsables de ces crimes, tandis que des défenseurs des Droits de l’homme se battent pour que les tortionnaires soient traduits en justice. C’est le moins que l’on puisse faire.

Cependant, les vraies questions sont ailleurs : pourquoi la CIA a-t-elle commis de tels crimes ? Pourquoi a-t-elle fabriqué des aveux permettant de relier artificiellement al-Qaïda aux attentats du 11-Septembre ? Et par conséquent, al-Qaïda n’ayant aucun rapport avec les attentats du 11-Septembre, qui donc la CIA a-t-elle cherché à protéger ?

Enfin, le programme de la CIA ne concernait que 119 cobayes humains, que sait-on des 80 000 prisonniers secrets de l’US Navy ?

 

[1] “Study of the CIA’s Detention and Interrogation Program – Foreword, Findings and Conclusions, and Executive Summary”, US Senate Select Committee on Intelligence, 9 décembre 2014.

[2] Cf. L’Effroyable imposture, suivi de Le Pentagate, par Thierry Meyssan, préface du général Leonid Ivashov, Demi-Lune éd.

[3] « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

[4] « Une lettre de Martin Seligman », par Martin Seligman, Réseau Voltaire, 20 juin 2010.

[5] “Fort Hood : A Harbinger of Things to Come ?”, Bryant Welch, Hunffington Post, 18 mars 2010. Et le droit de réponse : “A Response to Bryant Welch”, Martin Seligman.

Politique et haute finance: Les portes tournantes entre les deux mondes mortifères…

Posted in actualité, altermondialisme, économie, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 15 décembre 2014 by Résistance 71

Depuis les guerres napoléoniennes, l’économique a acheté et dirige le politique, ce qui est un non-sens total et la source de l’exploitation absolue du plus grand nombre par le plus petit nombre avec un extrême préjudice.

Une fois de plus: prise de conscience, analyse, décision de remplacement, action collective de remplacement.

« Entre le moment de la prise de décision et l’action il ne doit pas y avoir l’épaisseur d’un cheveu » (Bushido, la voie du samouraï)

– Résistance 71 –

 

DSK, Blair, Geithner, Rubin: de la politique à la finance

 

Eric Toussaint

 

9 Décembre 2014

 

url de l’article original:

http://cadtm.org/DSK-Blair-Geithner-Rubin-de-la

 

Le lien étroit entre les gouvernants et le grand Capital n’est plus dissimulé. À la tête de plusieurs gouvernements, placés à des postes ministériels importants ou à la présidence de la BCE, se trouvent des hommes directement issus du monde de la haute finance, à commencer par la banque d’affaires Goldman Sachs. Certains hommes politiques de premier plan sont récompensés par un poste dans le secteur privé une fois qu’ils ont accompli leurs bons offices pour le grand Capital. Ce n’est pas nouveau, mais le phénomène devient plus visible et s’amplifie rapidement. On peut parler de véritables vases communicants et transparents.

DSK

Le socialiste français Dominique Strauss-Kahn (DSK), ministre de l’Économie et des Finances à la fin des années 1990, puis directeur général du FMI (2007-2011), est devenu en 2013 président du conseil d’administration du Groupe Anatevka, rebaptisé « Leyne, Strauss-Kahn and Partners, Compagnie Financière » (LSK), pour y développer une activité de banque d’affaires internationale. Depuis qu’il a dû démissionner de la direction du FMI en 2011 en raison d’accusations d’agression sexuelle, DSK conseille différents gouvernements étrangers, notamment la Serbie et le Soudan du Sud, et plusieurs entreprises, telles que la Banque russe de développement des régions, le Russian Direct Investment Fund, la National Credit Bank et un consortium de banques marocaines. LSK, anciennement Anatevka Compagnie Financière, compte une centaine d’employés répartis dans six pays (Luxembourg, Belgique, Monaco, Israël, Suisse, Roumanie) dont plusieurs sont des paradis fiscaux notoires. Coup de théâtre le 23 octobre 2014, Thierry Leyne, l’associé de DSK à la tête de LSK, se suicide à Tel Aviv. DSK a déclaré par la suite : «  Thierry Leyne avait monté une compagnie financière qui faisait essentiellement de la gestion d’actifs. Il n’y avait pas de département de banque d’affaires. Je devais la créer en la centrant sur le conseil aux gouvernements et accessoirement aux entreprises  ». Il ajoute que Leyne «  avait contracté une série d’emprunts excessifs  » et avait «  une réputation contrastée  ». DSK affirme qu’il a été attiré par le fait que l’homme d’affaires «  avait fait dans le passé de très belles opérations, des entreprises qu’il avait créées et très bien revendues à de grandes banques  ». Interrogé par l’AFP sur la présence d’argent sale dans certaines sociétés du groupe LSK, l’ancien chef du FMI déclare : «  pas à ma connaissance  » |1|. Dominique Strauss-Kahn avait quitté la présidence de LSK trois jours avant le suicide de son associé. Le 3 octobre 2014, la justice luxembourgeoise avait condamné en référé le groupe LSK, sa filiale Assya et son principal actionnaire Thierry Leyne à payer 2 millions d’euros à l’assureur Bâloise-Vie Luxembourg, qui réclamait depuis juillet 2014 le remboursement de titres du groupe LSK qui étaient dans son portefeuille. Début novembre 2014, la société LSK fait publier un bref communiqué pour annoncer qu’elle est dorénavant en cessation de paiement, dont voici un extrait : « Après la disparition tragique de Thierry Leyne, président en exercice, les membres du conseil d’administration de la société LSK ont découvert des engagements supplémentaires au sein du groupe dont ils n’avaient pas connaissance et qui aggravent sa situation financière délicate. (…) Le conseil d’administration a constaté que ces nouvelles informations remettaient en cause la continuation de la société LSK, dont le crédit est irrémédiablement compromis. Par voie de conséquence, il a décidé de procéder à la déclaration de cessation des paiements de la société. » |2| Le 7 novembre 2014, le tribunal de commerce de Luxembourg a prononcé la faillite de la société. DSK et Leyne avaient notamment pour projet de lancer le DSK Global Fund, un hedge fund, qui devait spéculer sur les devises, les commodities et les taux d’intérêt |3|. Ce fonds spéculatif voulait réunir 2 milliards de dollars récoltés en priorité auprès d’investisseurs de pays émergents, y compris la Chine.

Contrairement aux apparences, ce qui précède n’est pas issu du scénario d’un nouveau film d’Oliver Stone prolongeant Wall Street, du film Le retour du loup de Wall Street de Martin Scorsese ou encore du film Le Capital de Costa-Gavras |4|. Il s’agit de faits survenus en 2014 dans le capitalisme réel. Il est vrai qu’ils n’ont pas fait la une des journaux télévisés et des quotidiens.

Tony Blair

Premier ministre du Royaume-Uni de 1997 à 2007, Tony Blair a bien réussi dans les affaires. On estimait en 2013 qu’il avait accumulé une fortune de 30 à 60 millions de livres sterling en se spécialisant dans le trading. Il dirige un ensemble de petites sociétés réunies dans un même immeuble de cinq étages, à Grosvenor Square, au cœur des quartiers diplomatiques de Londres. Une centaine de personnes y disposent d’un bureau, parmi lesquelles l’ancien directeur de la banque d’investissement Barclays Capital, David Lyons, qui dirige Firefush Ventures, la branche financière de ce que tout le monde appelle désormais la « Tony Blair Inc ». Parmi les collaborateurs de Blair, on compte également un ancien cadre de Lehman Brothers et un autre provenant de JP Morgan. D’ailleurs, Tony Blair préside le Conseil international des conseillers de JP Morgan |5| ! Par ailleurs, Tony Blair fait d’excellentes affaires avec l’Arabie saoudite |6| et a créé plusieurs fondations… philanthropiques bien sûr ! |7|
Last but not least, il multiplie les déclarations en faveur de l’Union européenne |8|.

Tim G et Robert R

De l’autre côté de l’Atlantique, Tim Geithner, l’ex-ministre des Finances de Barack Obama, est devenu président en 2013 de Warburg Pincus, une banque d’affaires à Wall Street.

Avant lui, Robert Rubin, ancien ministre des Finances du président Bill Clinton, avait rejoint la direction de Citigroup en 1999 après avoir fait abroger la même année le Glass Steagall Act (ce qui a permis la naissance de Citigroup !). Citigroup lui a versé, entre 1999 et 2008, 166 millions de dollars sous forme de rémunérations diverses et variées |9|.

On le voit, les passerelles sont nombreuses entre la politique et la haute finance. Et elles sont souvent grassement rémunérées…

Notes

|1| Voir : Les Échos, « Affaire LSK : DSK charge son associé », publié le 30 octobre 2014, http://www.lesechos.fr/finance-marc…

|2| Le Monde, « LSK, l’ancien fonds d’investissement de DSK, se déclare en cessation de paiements », publié le 5 novembre 2014, http://www.lemonde.fr/argent/articl…

|3| Financial Times, « Strauss-Kahn to launch fund », 21 mars 2014.

|4| http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cap…

|5| Financial Times, « Fine dining for Dimon at the Palace », 23-24 novembre 2014.

|6| http://www.dailymail.co.uk/news/art… consulté le 2 décembre 2014

|7| Voir le site officiel de Tony Blair qui met en avant ses bonnes œuvres : http://www.tonyblairoffice.org/

|8| Voir son interview « sur » France Inter : http://www.franceinter.fr/emission-…

|9| Voir à ce propos Damien Millet et Éric Toussaint, La Crise, quelles crises ?, Aden, 2009, chapitre 4, p. 58-59.-

Éric Toussaint, docteur en sciences politiques, porte-parole du CADTM international, est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, Aden, 2014, http://cadtm.org/Bancocratie ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010.

Ingérence au Moyen-Orient: L’implosion de l’Arabie Saoudite à venir…

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D’après un analyste russe, l’Arabie Saoudite implosera

 

IRIB

 

14 décembre 2014

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/352220-l-arabie-saoudite-explosera-analyste-russe

 

Le directeur de l’institut russe d’étude du Moyen Orient, Yevgeny Satanovsky, estime que le royaume des Al-e Saoud finira par imploser sous le poids de Daech!  » c’est d’ailleurs par crainte d’une telle perspective que Riyad a renforcé les mesures de sécurité sur ses frontières avec l’Irak et qu’il a déployé sa garde nationale dans cette zone , tout en signant un traité d’alliance militaire avec l’Egypte » .  » en effet cela fait bien longtemps que les Etats Unis ferment les yeux sur le financement des groupes terroristes par les monarchies du golfe Persique. mais l’Arabie saoudite, la plus grande d’entre elles , risque l’implosion sous pressions de Daech .

La présence de la garde nationale sur les frontières avec l’Irak et la signature d’un accord militaire avec l’Egypte qui autorise le déploiement de 30000 soldats égyptiens sur la zone frontalière irako saoudienne , ou encore le soudoiement des cheikhs des tribus irakiennes qui vivent non loin des frontières saoudiennes, tout ceci constitue une série démarches qui reflète l’angoisse et l’inquiétude de Riyad à l’idée d’avoir à faire face à l’invasion du sol saoudien par les terroristes de Daech ». l’analyste russe a souligné le rôle du Qatar dans le soutien aux terroristes takfiris et son implication dans les manoeuvres anti russes :  » c’est le Qatar qui financent les miliciens de l’emirat islamique du Caucase . ce sont les terroristes membres de cette milice qui ont récemment commis un grand attentat terroriste contre Grozny, capitale de la Tchéchénie ».

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