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La putréfaction du système financier comme pilier de l’empire… Le cas des banques canadiennes

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De même auteur au sujet de la CIA et du système banquier: "La Bank of America des Rothschild". La CIA est une émanation de Wall Street, elle sert Wall Street et les banksters. Preuve ? Faites une recherche sur le nombre d’anciens directeurs de la CIA qui soit provenaient de Wall Street, soit s’y sont recyclés, soit y sont retournés… Effarant !

– Résistance 71 –

 

Les banques pourries canadiennes

 

Dean Henderson

 

16 Août 2014

 

url de l’article original:

http://hendersonlefthook.wordpress.com/2014/08/16/canadas-dirty-banks/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pendant la guerre des Contras au Nicaragua, la CIA mît en place une opération de drogue contre armes depuis le Bélize. Une note du journal du Colonel Oliver North stipule: “Mettre en application le projet de la Maison Blanche au Bélize”. Une autre disait : “je veux contacter les dealers de drogue dans les camps au Bélize”.

En 1984, Walter Mischer, un homme d’affaire de Houston au Texas qui avait des connexions avec la mafia , a commencé une affaire d’import-export de crevettes au Bélize qui fut la copie carbone de celle de John Hull et de la cohorte Paco Chanes qui avaient commencé l’opération du Costa Rica pour transférer la cocaïne colombienne.

Mischer était un ami intime du vice-président George Bush (père) et du ministre de l’économie James Baker III (NdT: lui-même comme Bush ponte de la CIA). Il acheta environ 350 000 ha de terre au Bélize avec l’aide à l’investissement de Coca Cola et de Pasul Howell, un ancien directeur de la Houston Federal Reserve Bank.

La terre de Mischer fut utilisée par l’agent de la CIA Carl Jenkins, qui commença à y entraîner les Contras. Jenkins était l’officier de terrain pour la CIA de Rafael Quintero pendant l’affaire de l’invasion de la Baie des Cochons à Cuba et gérant plus tard d’une base de la CIA au Laos entre 1970 et 1973 où Oliver North, Richard Secord, Rafael Quintero, Thomas Clines, Ted Shackley et John Singlaub servirent tous. (NdT: La CIA opérait un traffic de drogue depuis le Laos pendant la guerre du Vietnam. Elle n’a fait que reprendre un réseau créé par le 2ème Bureau français lors de l’Indochine. L’héroïne était acheminée par voie aérienne par la compagnie de la CIA Air America, employant des pilotes mercenaires et l’argent servait à financer la guerre secrète menée par la CIA…)

Jenkins était le propriétaire de Helicopteros de Guatemala. Pendant les années 70, Alberto Sicilia Falcon, le grand ponte de la drogue mexicain ayant des connexions avec la CIA, parla de reprendre l’ “affaire” du Bélize. La petite nation des Caraïbes, grandement influencé par la couronne britannique (NdT: Le Bélize est en fait l’ancien Honduras britannique devenu “indépendant”), est un carrefour principal pour la cocaïne colombienne.

En 1962, Paul Helliwell, ancien du détachement 202 de l’OSS (mère de la CIA) et propriétaire de l’entreprise Sea Supply, retourna à Miami de Kunming en Chine, infestée par l’héroïne, pour fonder la Castle Bank au Bahamas. La banque n’avait que 300 dépositaires, incluant Richard Nixon, la fille de Chiang Kai Chek, Howard Hughes et l’acteur de cinéma Tony Curtis. La colonne vertébrale financière de la banque était la famille Pritzker de Chicago, les propriétaires de la chaîne hôtelière des Hôtels Hyatt.

La Castle Bank servait de pont entre la mafia de Floride de Santos Trafficante et le traffic monopoliste d’opium/héroïne du Kuomintang (KMT) chinois et de sa contre-partie vietnamienne. Helliwell était payé par la CIA et utilisait la Castle Bank comme payeuse pour l’opération de Ted Shackley dirigée contre Fidel Castro.

Helliwell organisa un circuit banquier complet aux Caraïbes et de nombreuses entreprises de coquillages/nacre panaméennes. Il continua Sea Supply et devint le consul de Thaïlande à Miami, opérant depuis le bâtiment d’American Bankers Insurance (ABI). Le membre du comité directeur d’ABI James King était le second du comité de la Miami National Bank, utilisée par le gangster Meyer Lansky et son syndicat du crime pour virer les millions de dollars du traffic de drogue vers la Swiss Exchange & Investement Bank. Helliwell servait aussi de conseiller légal au protégé de Lansky Santos Trafficante et la Resorts International and Intercontinental Hotels. Il devint plus tard un conseiller du président américain Lyndon Johnson.

Les îles Caïmans (Caraïbes) jouèrent un rôle clef dans le réseau banquier offshore des Caraïbes d’Helliwell après que le FMI aida les îles à obtenir le statut d’offshore/paradis fiscal. Une nation de 13500 habitants où il y a plus de 14000 numéros de télex enregistrés pour des banques, qui ne sont souvent que de tous petits bureaux, les îles Caïmans offrent un système de compte en banque super-secret pour l’élite globale. Les agences de renseignement internationales et les traffiquants de drogue trouvent ce secret bancaire pour le moins particulièrement avantageux.

La Castle Bank d’Helliwell fusionna aux Caïmans avec une branche de la Nugan Hand Bank et la World Finance Corporation. Tous trois avaient affaires avec à la fois la CIA et le parrain de la mafia Santos Trafficante.

L’affaire immobilière de Walter Mischer au Bélize était financé par la Bank of Nova Scotia, une des cinq énormes banques canadiennes et des quatre grosses banques britanniques qui dominent le triangle de l’argent des Caraïbes, un havre de paix pour les traffiquants de drogue pour lequel le Bélize et les îles Caïmans jouent un rôle majeur. Les autres banques canadiennes sont la Bank of Montreal, la Royal Bank of Canada, Toronto Dominion Bank (TD Canada Trust) et la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC). Les banques britanniques sont la National Westminster, la Barclays Bank, La banque Lloyds et la Midland Bank.

Midland Bank a été acheté par la HSBC et possède 20% de la Standard Chartered Bank (Rockefeller). Ces deux dernières banques impriment la monnaie de Hong Kong. Le comité directeur de la Midland est rempli d’anciens membres du Pentagone qui se spécialisent dans le recyclage des pétrodollars dans les opérations secrètes de la CIA.

La Bank of Nova Scotia est le plus gros négociant en or des Caraïbes et celle par qui principalement passent les fonds de capitaux pour sortir des Caraïbes. Elle est le banquier de Noranda, une énorme entreprise minière canadienne, qui est le second plus gros négociant en or des Caraïbes. L’or est la monnaie d’échange préférée des traffiquants de drogue et la sucursale jamaîcaine de la Bank of Nova Scotia joue un rôle essentiel dans le traffic de drogue des Caraïbes. Les 200 tonnes d’or récupérés des coffres qui se trouvaient en dessous du World Trader Center dans les travaux de nettoyage d’après les attentats du 11 septembre appartenaient à la Bank of Nova Scotia.

La Royal Bank of Canada a plus de sucursales offshore que n’importe quelle banque au monde. Elle a renfloué le gouvernement de Guyane en 1976 après qu’un coup d’état de la CIA ait sorti le gouvernement socialiste de Cheddi Jagan. La Royal a lancé la carrière dans les affaires de la famille vénézuélienne très puissante des Cisnero, qui supervise les intérêts des Rockefeller dans ce pays. Elle a des partenariats au Bahamas avec la National Westminster dans une banque appelée RoyWest.

Les deux banques de la Bank of Nova Scotia et la Royal Bank of Canada sont contrôlées par la famille la plus influente du Canada, les Bronfman. Cette famille contrôle DuPont, qui a donné naissance à Conoco ainsi qu’à Seagrams, Vivendi et Eagle Star Insurance.

Eagle Star est la holding des Bronfman et un partenariat avec les puissantes britanniques que sont la Barclays, la Lloyds, Hill Samuel et la N.M Rothschild & Sons. Eagle Star a fusionné avec Allianz Versicherung, une entreprise allemande contrôlée par les familles von Thurn, Taxis et Wittelsbach, pour devenir un titan financier mondial.

Les von Thurn et Taxis, la famille royale allemande détrônée, a fondé Tradition, Famille et Propriété, le mouvement fasciste responsable du génocide par escadrons de la mort d’extrême-droite en Amérique du Sud.

Eagle Star est très proche du renseignement britannique. Deux directeurs, Sir Kenneth Strong et Sir Kenneth Keith, étaient #1 et #2 du renseignement britannique pendant la seconde guerre mondiale. Keith est un directeur de la Bank of Nova Scotia et PDG de Hill Samuel, tandis que Sir Philip Zulueta de la HSBC rejoint Keith au comité directeur. Keith est un membre influent du Canadian Insitute of International Affairs (CIIA), l’organisation jumelle du puissant Royal Institute of Iternational Affairs (RIIA) de Londres et du Council on Foreign Relations (CFR) de New York. Le leader officiel du Canada par vertu de son affiliation à la couronne est la reine Elisabeth II, dont le mandat est mis en œuvre par un gouverneur général qu’elle nomme.

La Bank of Montreal a des directorats communs avec Seagrams et l’Hudson Bay Company, Hudson Bay est liée avec Lord Inchcape et sa Peninsular & Orient Navigation Company (PONC) et la famille Keswick de Hong Kong qui contrôle Jardine Metheson. Eric Drake de PONC est au comité directeur d’Hudson Bay Company. Lui et William Johnston Keswick sont également au comité directeur de la BP Amoco. Drake est au comité directeur de Kleinwort Benson, dont la sucursale Sharps Pixley possède 49% du marché de l’or à Hong Kong. Le fils de Keswick, Henry Neville Lindley Keswick est un directeur de HSBC, Jardine Matheson et du géant du papier canadien MacMillan Bloedel qui a fusionné avec la plus grosse entreprise américaine du bois et du papier Weyerhaeuser en 1999.

L’entreprise MacMillan Bloedel décolla lorsque le premier ministre britannique Harold MacMillan épousa la fille du gouverneur général canadien Victor C.W. Cavendish, 9ème duc de Devonshire. La Canadian Pacific possède un intérït de contrôle dans MacMillan Bloedel.

Vancouver est un point de chute préféré pour l’héroïne d’Asie du Sud-Est en route vers les Etats-Unis. En 1978, les officiels du renseignement canadien ont été obligés d’admettre devant un tribunal de Vancouver que la Canadian Pacific Air importe la vaste majorité de l’héroïne de Vancouver à destination des Etats-Unis. Canadian Pacific Railways est aussi directement impliquée dans le transport.

Tous ces intétêts canadiens du triangle de l’argent ont des membres de la table ronde moderne de la reine Elisabeth II, les Chevaliers de l’ordre de St Jean de Jérusalem, au sein de leur comités. A la Canadian Pacific, les membres du comité directeur J.C. Gilmar, J.P.W Ostiguy, Charles Bronfman et W.E. McLaughlin sont tous des chevaliers de l’orde de St Jean, McLaughlin est aussi le président de la Royal Bank of Canada.

La Barclays Bank a 5 Chevaliers de l’ordre de St Jean dans son comité directeur tandis que la Bank of Nova Scotia et la CIBC ont trois membres des Chevaliers de Malte, contrôlés par le Vatican dans leurs comités respectifs. Un autre chevalier de Malte est le membre du comité de la Canadian Pacific M.G. Sandberg, qui a présidé la HSBC. Chacune des 5 grosses banques canadiennes a au moins un chevalier de Malte dans ses comités.

Le CIIA est aussi empli de chevaliers de l’orde de St Jean. Le président honoraire à vie du CIIA est Walter Lockhardt Gordon, dont le père fonda Clarkson & Gordon, la firme comptable qui s’occupe de la TD Bank, de la Bank of Nova Scotia et de la CIBC. Le membre du comité du CIIA Henry R. Jackman est un membre du comité italien des chevaliers de St Jean et de l’ordre de Lazare. Roland Michener, un ancien gouverneur général du Canada qui préside le CIIA est un chevalier de Malte.

Pendant les croisades, les Chevaliers de St Jean de Jérusalem, connus aussi sous le nom des Hospitaliers, escortèrent les pèlerins européens vers Jérusalem où le roi Salomon a (soi-disant) construit son temple sur le mont Moriah. Le site est dit avoir abrité l’arche d’alliance et autres objets sacrés et documents. Ce qu’il reste du temple du roi Salomon est aujourd’hui partie de la mosquée Al Aqsa sur le rocher du dôme, où la dernière Intifada a commencé et qui est toujours à l’épicentre des tensions israélo-palestiniennes.

Quand les parchemins de la Mer Morte furent découverts en 1947 à Qumran, un document gravé dans du cuivre mentionnait un énorme trésor d’or enterré sous le temple du roi Salomon. Ce butin explique peut-être pourquoi l’organisation sœur des Chevaliers de la St Jean, l’ordre des Templiers, abandonnèrent leur racket de protection des pèlerins au groupe précédemment nommé et focalisa son activité du temps des croisades aux fouilles sous le temple. Ceci peut aussi expliquer comment les Templiers devinrent soudainement l’organisation la plus riche du monde.

Après leur défaite face aux Sarrasins durant les croisades, les Chevaliers de St Jean de Jéruslaem se sont repliés sur l’île méditerranéenne de Chypre, mais en 1522, les Turcs l’envahirent et les chevaliers, défaits une seconde fois, se relogèrent à Malte où la faction catholique devint connue sous le nom de Chevaliers de l’ordre de Malte, aujourd’hui reconnue comme une nation souveraine par plus de 40 pays. Ils ont leur QG à Rome et ne répondent qu’au pape.

La faction protestante quant à elle est basée à Londres et s’appelle les Chevaliers de St Jean de Jérusalem qui répondent au Grand Prieuré de l’ordre du Duc de Gloucester, cousin de la reine Elisabeth II.

[1] The Mafia, CIA and George Bush: The Untold Story of America’s Greatest Financial Debacle. Pete Brewton. SPI Books. New York. 1992

[2] In Banks We Trust. Penny Lernoux. Anchor Press/Doubleday. Garden City, NY. 1984. p.79

[3] Editors of Executive Intelligence Review. p.250

[4] Ibid

[5] Ibid

[6] Ibid

[7] Rule by Secrecy: The Hidden History that Connects the Trilateral Commission, the Freemasons and the Great Pyramids. Jim Marrs. HarperCollins Publishers. New York. 2000

Colonialisme Afrique: L’empire attaque le néo-panafricanisme comme il a attaqué et détruit le "Black Power" du pays du goulag levant…

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L’Africa Power d’Obama : Décimer le panafricanisme non-aligné comme ils ont décimé le «Black Power» U.S

Kémi Seba

15 Août 2014

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-16117.html

 

Les afro-américains se sont battus pour que puisse exister un président noir siégeant dans la Maison Blanche (cf. Maison de l’Oligarchie Blanche Circoncise) . Ils ont oublié que le président n"était qu’un SIMPLE locataire de la demeure, soumis aux règles des propriétaires, accessoirement grands architectes, peu francs et maçons de cette blanche maison.

En laissant rentrer ce "black" président (comme ils l’appellent) dans cette pâle maison d’Occident, les propriétaires savaient qu’il OXYDERAIENT tout un processus de lutte noire pour la réappropriation d’un pouvoir politique auto-déterminé et INTÈGRE. Ils savaient qu’en créant une vague de soutien immense dans l’afro-communauté, ils court-circuiteraient le principe d’ébène fierté en rendant les sympathisants noirs d’Obama complices des oligarques méfaits. Martin Luther King, dans les derniers jours de sa vie, disait à Harry Belafonte, au sujet de sa lutte pour l’intégration ,"J’AI PEUR D’AVOIR FAIT RENTRER MON PEUPLE DANS UNE MAISON EN FEU" (http://www.walkingbutterfly.com/2012/01/16/mlk-jr-were-integrating-into-a-burning-house/). Il se fit assassiner lorsqu’il voulut faire marche arrière. OBAMA (avec tous ceux qui l’ont supporté) est rentré dans cette maison en feu, et pire encore, en pyromane missionnaire, a exporté ce feu aux 4 coins du monde, sur les bons conseils de ses propriétaires.

Après avoir décimé le BLACK POWER U.S, les propriétaires de la BARAQUE (et de BARACK) ont décidé de s’attaquer (en agissant toujours sous proxy) à l’Afrique, continent dans lequel ils ont perdu beaucoup de terrain face à la Chine. En proposant un plan énergétique d’envergure de 26 milliards de dollars pour la Terre-Mère, les USA ont pour objectif double de :

1) pousser l’Union Africaine, déjà bien fragile et malléable, à infléchir sa posture traditionnellement non alignée, lors des conflits dans lesquels les Américains sont partis pris en l’aidant plus que quiconque sur ses problèmes d’électricité, un souci majeur sur le continent.

2) Étendre des bases d’Africom, (http://www.voltairenet.org/mot2299.html?lang=fr) à terme partout sur le territoire.

En somme, désintégrer le panafricanisme anti-mondialiste, comme ils ont désintégré le BLACK POWER U.S.

Pour l’éviter il ne tiendra, qu’aux Africains, de demeurer vigilants, ne pas tomber DANS L’ÉMOTION, sous prétexte que le président noir de la Maison Blanche veut nous aider. N’oubliez pas, à toutes fins utiles, que les propriétaires de cette Maison Blanche ont fait tuer les présidents et 1er ministres noirs de nos maisons NOIRES , les mêmes qui aujourd’hui veulent nous vendre de l’espoir et leur monde illusoire.

Source: http://makandalspeaks.blogspot.it/2014/08/lafrica-power-dobama-decimer-le.html

Colonialisme: Les Indiens Aché du Paraguay attaquent le gouvernement paraguayéen en justice… en Argentine !

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Peut-on espérer que justice soit rendue ?

– Résistance 71 –

 

Le génocide du peuple Aché du Paraguay sera jugé en Argentine

 

Rick Kearns

 

18 Août 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/08/18/genocide-ache-people-paraguay-will-be-tried-argentina-156444

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le peuple Aché du Paraguay (NdT: Peuple étudié dans les années 1970 par l’anthropologue politique Pierre Clastres, les Indiens Guyaki faisant partie de la nation Aché) poursuit en justice pour génocide et crimes contre l’humanité commis contre leur peuple, des citoyens paraguayéens, des militaires, des officiels des gouvernements paraguayéens et leur rôle dans le déplacement, le meurtre, la mise en esclavage et le viol des Aché des années 1950 jusqu’à la fin des années 1970.

Fondés sur des preuves et témoignages fournis par les survivants ainsi que par des anthropologues, des défenseurs des droits de l’Homme, des avocats, journalistes, prêtres et autres témoins, l’histoire de ce qui est arrivé aux Aché du Paraguay a été présentée à la 5ème cour fédérale d’Argentine en Avril dernier après que les officiels paraguyéens aient refusé d’amener l’affaire devant la justice.

D’après Aito Martinez, un avocat espagnol qui fait partie de l’équipe légale qui a déposée les plaintes pour la Fondation National Aché, ils attendent les dates de procès du juge argentin Norberto Oyarbide. Le juge Oyarbide a accepté de siéger pour entendre l’affaire fondé sur le principe légal de “jurisdiction universelle” qui permet la mise en accusation pour génocide et crimes contre l’humanité dans un tribunal résidant en dehors du système judicaire du pays incriminé, si le pays d’origine refuse de mener l’affaire devant ses tribunaux.

Dans un récent entretien, Martinez a dit que le président paraguayéen Alfredo Stroessner avait été informé des atrocités commises par des activistes paraguayéens, des officiels de l’ONU et d’autres personnes, mais que le président Stroessner n’avait pris aucune mesure pour faire arrêter la violence, certains témoignages disant même que Stroessner, alors un allié des Etats-Unis, passait pas mal de temps avec des jeunes-filles indigènes pré-adolescentes qui avaient été forcées à se prostituer.

Martinez a indiqué que dans ce document de 52 pages intitulé “Plainte criminelle de la commission du crime de génocide et crimes contre l’humanité au Paraguay contre le peuple Aché”, ils donnent un très long historique des abus, comment ils furent découverts et rendus publics par plusieurs personnes et ignorés par les gouvernements paraguayéen, américain, britannique et autres.

Dans les années 1950, les Aché du Paraguay oriental étaient chassés de leurs terres ancestrales par les éleveurs de bétail et autres colonisateurs. Certains organisaient des raids, envahissant les communautés Aché où ils tuaient les hommes, enlevaient les femmes et les enfants qui étaient ensuite vendus comme esclaves à de riches Paraguayéens, tandis que d’autres étaient forcés à la prostitution.

Le gouvernement paraguayéen força ensuite certains Aché à vivre dans des camps de concentration où ils furent abusés et exploités plus avant, d’après Martinez et d’autres personnes.

Un des observateurs qui sonna l’alarme au sujet de l’horrible situation, fut le professeur Richard Arens, un avovat américain qui écrivit un livre intitulé “Génocide au Paraguay” en 1976. Dans son commentaire du livre publié par le Carnegie Council, David Weisstub résuma une partie de l’histoire comme suit:

“Le livre contient de sérieux rapports de témoins oculaires qui assistèrent à des évènements qui furent exposés publiquement par des universitaires en Suisse, en Allemagne, au Danmark et aux Etats-Unis. Nous sommes confrontés avec la réalité d’hommes, de femmes et d’enfants se faisant massacrer par des chasseurs, vendre comme esclaves, violer et exterminer par une culture fondamentalement raciste. Le livre souligne également le silence de la presse internationale, particulièrement celle de l’Amérique du Nord” (NdT: Bien sûr… Personne aux USA et au Canada n’a intérêt à dénoncer ces génocides, car si cela était, on aurait tôt fait de leur dire à juste titre: “Dites donc, çà ne vous ennuierait pas de regarder votre propre historique de génocide des peuples autochtones… Avant de causer, balayez votre pas de porte.”)

Un des soutiens de Arens fut Survival International (SI), qui fit tapage également sur ce qui se passait pour les Aché au Paraguay. SI fit la liste de plusieurs exemples d’abus commis contre les Aché.

“Un des chasseurs d’Aché les plus tristement célèbre était un propriétaire local du nom de Manual Jesus Pereira. Il travaillait pour le ministère des affaires indiennes du Paraguay et sa ferme fut transformée en une “réserve indienne” pour Aché où furent transportés des Aché capturés. Les passages à tabac et les viols étaient monnaie courante. Un nombre indéfini mourut de maladies respiratoires. Le directeur du département des affaires autochtones venait souvent visiter et vendit lui-même des Aché comme esclaves.”

Martinez a ajouté que plusieurs des criminels accusés sont toujours en vie et ont été identifiés, ainsi que plusieurs enfants Aché qui ont été kidnappés et vendus. Ces enfants, aujourd’hui adultes, ont donné leurs témoignages dans l’affaire qui sera jugée.

Guerres impérialistes: L’EIIL/EI et son "calife" agents de l’occident et du Nouvel Ordre Mondial…

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Résumons-nous: Le sénateur américain John McCain, patron de l’IRI (International Republican Institute), une ONG directement dépendante de la NED (USAID)/CIA depuis 1993 est un agent du renseignement américain dont la “crédibilité” a été construite sur sa soi-disant “opposition” aux “démocrates” et à Obama. Depuis plus de 20 ans, il est devenu le “monsieur révolution colorée” organisée régulièrement par la CIA et la NED dans des pays cibles. McCain est le chargé de mission sur la partition du Moyen-Orient et l’organisation de l’armée mercenaire djihadiste. Al Qaïda, Al Nosra, l’EIIL ou l’EI sont la même chose, dépendent des mêmes financements et sont formés dans des camps gérés par la CIA et les forces spéciales occidentales en Libye, en Syrie, en Jordanie et en Turquie. Toute la saga des “printemps arabes” depuis 2011, jusqu’à cette nouvelle attaque sur l’Irak visant à sa partition n’est qu’une mascarade, ourdie de longue date pour générer le chaos du “choc des civilisations” factices qui, espèrent les oligarques, mènera à terme le monde au contrôle absolu par le Nouvel Ordre Mondial qu’ils dirigeront.

Le soi-disant “calife” Ibrahim de l’EIIL/EI est un agent géré par les services américains, qui sera éliminé en temps et en heure lorsqu’il aura rempli ses fonctions:

Ibrahim al-Badri, alias Abu Du’a, alias Abou Bakr Al-Baghdadi, alias Calife Ibrahim, mercenaire du prince Abdul Rahman al-Faiçal, subventionné par l’Arabie saoudite, le Qatar et les États-Unis. Il peut commettre toutes les horreurs que les Conventions de Genève interdisent à des États de faire.”

Le véritable danger est que les peuples occidentaux croient ce tissu de fadaises où seuls les morts d’innocents sont bien réelles. La priorité devient celle-ci: Retirons notre soutien aux politiciens tout aussi mercenaires que les djihadistes qu’ils emploient et reprenons le pouvoir pour le diluer dans les peuples, c’est à dire le remettre là où il n’aurait jamais dû sortir ! Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71 ~

 

John McCain le chef d’orchestre du “printemps arabe” et le calife

 

Thierry Meyssan

 

18 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article185073.html

 

Chacun a remarqué la contradiction de ceux qui qualifiaient récemment l’Émirat islamique de « combattants de la liberté » en Syrie et s’indignent aujourd’hui de ses exactions en Irak. Mais si ce discours est incohérent en soi, il est parfaitement logique au plan stratégique : les mêmes individus devaient être présentés comme des alliés hier et doivent l’être comme des ennemis aujourd’hui, même s’ils sont toujours aux ordres de Washington. Thierry Meyssan révèle les dessous de la politique US à travers le cas particulier du sénateur John McCain, chef d’orchestre du « printemps arabe » et interlocuteur de longue date du Calife Ibrahim.

John McCain est connu comme le chef de file des républicains, candidat malheureux à la présidence états-unienne, en 2008. Ce n’est, nous le verrons, que la partie de sa biographie réelle, celle qui lui sert de couverture pour conduire des actions secrètes au nom de son gouvernement.

Lorsque j’étais en Libye durant l’attaque « occidentale », j’ai pu consulter un rapport des services de renseignement extérieur. On pouvait y lire que l’Otan a organisé, le 4 février 2011 au Caire, une réunion pour lancer le « printemps arabe » en Libye et en Syrie. Selon ce document, elle était présidée par John McCain. Le rapport détaillait la liste des participants libyens, dont la délégation était conduite par le numéro 2 du gouvernement de l’époque, Mahmoud Jibril, ayant brusquement changé de bord à l’entrée de cette réunion pour devenir le chef de l’opposition en exil. Je me souviens que, parmi les délégués français présents, le rapport citait Bernard-Henry Lévy, bien qu’officiellement celui-ci n’ait jamais exercé de fonction au sein du gouvernement français. Bien d’autres personnalités participaient à ce symposium, dont une forte délégation de Syriens vivant à l’étranger.

Au sortir de cette réunion, le mystérieux compte Facebook Syrian Revolution 2011 appela à manifester devant le Conseil du Peuple (Assemblée nationale) à Damas, le 11 février. Bien que ce compte prétendait à l’époque avoir plus de 40 000 followers, seule une douzaine de personnes répondirent à son appel devant les flashs des photographes et des centaines de policiers. La manifestation se dispersa pacifiquement et les heurts ne débutèrent que plus d’un mois plus tard à Deraa [1]

Le 16 février 2011, une manifestation qui se déroulait à Benghazi à la mémoire des membres du Groupe islamique combattant en Libye [2] massacrés en 1996 à la prison d’Abou Selim dégénéra en fusillade. Le lendemain, une seconde manifestation, cette fois à la mémoire des personnes mortes en attaquant le consulat du Danemark à l’occasion des caricatures de Mahomet, dégénérait également en fusillade. Au même moment, des membres du Groupe islamique combattant en Libye venus d’Égypte encadrés par des individus cagoulés et non-identifiés attaquaient simultanément quatre bases militaires dans quatre villes différentes. À l’issue de trois jours de combats et d’atrocités, les émeutiers lancèrent le soulèvement de la Cyrénaïque contre la Tripolitaine [3] ; une attaque terroriste que la presse occidentale présenta mensongèrement comme une « révolution démocratique » contre « le régime » de Mouamar el-Kadhafi.

Le 22 février, John McCain était au Liban. Il y rencontra des membres du Courant du Futur (le parti de Saad Hariri) qu’il chargea de superviser les transferts d’armes en Syrie autour du député Okab Sakr [4]. Puis, quittant Beyrouth, il inspecta la frontière syrienne et choisi les villages, notamment Ersal, qui devaient servir de base-arrière aux mercenaires lors de la guerre à venir.

Les réunions présidées par John McCain ont été clairement le moment de déclenchement d’un plan prévu de longue date par Washington ; plan qui prévoyait de faire attaquer la Libye et la Syrie simultanément par le Royaume-uni et la France, conformément à la doctrine du « leadership par l’arrière » et à l’annexe du Traité de Lancaster House de novembre 2010 [5]

Le voyage illégal en Syrie, de mai 2013

En mai 2013, le sénateur John McCain se rendait illégalement près d’Idleb en Syrie, via la Turquie, pour y rencontrer des leaders de l’« opposition armée ». Son voyage n’était rendu public qu’à son retour à Washington [6].

Ce déplacement avait été organisé par la Syrian Emergency Task Force qui, contrairement à son intitulé, est une organisation sioniste dirigée par un employé palestinien de l’AIPAC [7]

Sur les photographies diffusées alors, on remarquait la présence de Mohammad Nour, porte-parole de la Brigade Tempête du Nord (du Front Al-Nosra, c’est-à-dire d’Al-Qaïda en Syrie), qui avait enlevé et détenait 11 pèlerins chiites libanais à Azaz [8]. Interrogé sur sa proximité avec des preneurs d’otages membres d’Al-Qaïda, le sénateur affirma ne pas connaître Mohammad Nour qui se serait invité de sa propre initiative sur cette photo.

L’affaire fit grand bruit et les familles des pèlerins enlevés portèrent plainte devant la justice libanaise contre le sénateur McCain pour complicité d’enlèvement. En définitive, un accord intervint et les pèlerins furent libérés.

Supposons que le sénateur McCain ait dit la vérité et qu’il ait été abusé par Mohammad Nour. L’objet de son voyage illégal en Syrie était de rencontrer l’état-major de l’Armée syrienne libre. Selon lui, cette organisation était composée « exclusivement de Syriens » combattant pour « leur liberté » face à la « dictature alouite (sic). Les organisateurs du voyage ont publié cette photographie pour attester de la rencontre.

Si l’on peut y voir le brigadier-général Salem Idriss, chef de l’Armée syrienne libre, on peut aussi y voir Ibrahim al-Badri (au premier plan, sur la gauche) avec lequel le sénateur est en train de discuter. De retour de ce voyage surprise, John McCain, affirma que tous les responsables de l’Armée syrienne libre sont des « modérés auxquels on peut faire confiance » (sic).

Or, depuis le 4 octobre 2011, Ibrahim al-Badri, alias Abu Du’a, figurait en sur la liste des cinq terroristes les plus recherchés par les États-Unis (Rewards for Justice). Une prime pouvant aller jusqu’à 10 millions de dollars était offerte à qui aiderait à sa capture [9]. Le lendemain, 5 octobre 2011, Ibrahim al-Badri était porté sur la liste du Comité des sanctions de l’Onu comme membre d’Al-Qaïda [10]

En outre, un mois avant de recevoir le sénateur McCain, Ibrahim al-Badri, sous le nom de guerre d’Abou Bakr Al-Baghdadi, créa l’État islamique en Irak et au Levant (ÉIIL) —tout en appartenant toujours à l’état-major de la très « modérée » Armée syrienne libre—. Il revendiqua l’attaque des prisons de Taj et d’Abou Graïb en Irak, dont il fit évader entre 500 et 1 000 jihadistes qui rejoignirent son organisation. Cette attaque était coordonnée avec d’autres opérations presque simultanées dans huit autres pays. Chaque fois, les jihadistes évadés rejoignirent des organisations combattantes en Syrie. Cette affaire est tellement étrange qu’Interpol émit une note et requit l’assistance des 190 pays membres [11].

Pour ma part, j’ai toujours affirmé qu’il n’y avait sur le terrain aucune différence entre l’Armée syrienne libre, le Front Al-Nosra, l’Émirat islamique etc… Toutes ces organisations sont composées des mêmes individus qui changent en permanence de drapeau. Lorsqu’ils se revendiquent de l’Armée syrienne libre, ils arborent le drapeau de la colonisation française et ne parlent que de renverser le « chien Bachar ». Quand ils déclarent appartenir au Front Al-Nosra, ils portent le drapeau d’Al-Qaïda et déclarent étendre leur islam dans le monde. Enfin quand ils se disent de l’Émirat islamique, ils brandissent désormais le drapeau du Califat et annoncent qu’ils nettoieront la région de tous les infidèles. Mais quelle que soit leur étiquette, ils procèdent aux mêmes exactions : viols, tortures, décapitations, crucifixions.

Pourtant, ni le sénateur McCain, ni ses accompagnateurs de la Syrian Emergency Task Force n’ont fourni au département d’État les informations en leur possession sur Ibrahim al-Badri et n’ont demandé à toucher cette prime. Ils n’ont pas non plus informé le Comité anti-terroriste de l’Onu.

Dans aucun pays au monde, quel que soit son régime politique, on n’accepterait que le leader de l’opposition soit en contact direct, amical et public, avec un très dangereux terroriste que l’on recherche.

Qui est donc le sénateur McCain ?

Masi John McCain n’est pas simplement le leader de l’opposition politique au président Obama, il est aussi un de ses hauts-fonctionnaires !

Il est en effet président de l’International Republican Institute (IRI), la branche républicaine de la NED/CIA [12], depuis janvier 1993. Cette prétendue « ONG » a été officiellement créée par le président Ronald Reagan pour étendre certaines activités de la CIA, en relation avec les services secrets britanniques, canadiens et australiens. Contrairement à ses allégations, il s’agit bien d’une agence inter-gouvernementale. Son budget est voté par le Congrès dans une ligne budgétaire dépendante du secrétariat d’État.

C’est d’ailleurs parce que c’est une agence conjointe des services secrets anglo-saxons que plusieurs États dans le monde lui interdisent toute activité sur leur territoire.

La liste des interventions de John McCain pour le compte du département d’État est impressionnante. Il a participé à toutes les révolutions colorées des vingt dernières années.

Pour ne prendre que quelques exemples, toujours au nom de la « démocratie », il a préparé le coup d’État manqué contre le président constitutionnel Hugo Chávez au Venezuela [13], le renversement du président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide en Haïti [14], la tentative de renversement du président constitutionnel Mwai Kibaki au Kenya [15] et, plus récemment, celui du président constitutionnel ukrainien, Viktor Ianoukovytch.

Dans n’importe quel État au monde, lorsqu’un citoyen prend une initiative pour renverser le régime d’un autre État, il peut être félicité s’il y parvient et que le nouveau régime se montre un allié, mais il sera sévèrement condamné si ses initiatives ont des conséquences néfastes pour son propre pays. Or, jamais le sénateur McCain n’a été inquiété pour ses agissements anti-démocratiques dans les États où il a échoué et qui se sont retournés contre Washington. Au Venezuela par exemple. C’est que pour les États-Unis, John McCain n’est pas un traître, mais un agent.

Et un agent qui dispose de la meilleure couverture imaginable : il est l’opposant officiel de Barack Obama. À ce titre, il peut voyager n’importe où dans le monde (il est le sénateur états-unien qui voyage le plus) et rencontrer qui il veut sans crainte. Si ses interlocuteurs approuvent la politique de Washington, il leur promet de la continuer, s’ils la combattent, il en charge la responsabilité sur le président Obama.

John McCain est connu pour avoir été prisonnier de guerre au Vietnam, durant 5 ans et y avoir été torturé. Il fut victime d’un programme visant non pas à arracher des renseignements, mais à inculquer un discours. Il s’agissait de transformer sa personnalité pour qu’il fasse des déclarations contre son propre pays. Ce programme, étudié à partir de l’exemple coréen pour la Rand Corporation par le professeur Albert D. Biderman, a servi de base aux recherches conduites à Guantánamo et ailleurs par le docteur Martin Seligman [16]. Appliqué sous George W. Bush à plus de 80 000 prisonniers, il a permis de transformer plusieurs d’entre eux pour en faire de vrais combattants au service de Washington. John McCain, qui avait craqué au Vietnam, le comprend donc parfaitement. il sait comment manipuler sans état d’âme les jihadistes.

Quelle est la stratégie états-unienne avec les jihadistes au Levant ?

En 1990, les États-Unis ont décidé de détruire leur ancien allié irakien. Après avoir laissé entendre au président Saddam Hussein qu’ils considéreraient l’attaque du Koweït comme une affaire intérieure irakienne, ils ont prétexté de cette attaque pour mobiliser une vaste coalition contre l’Irak. Cependant, du fait de l’opposition de l’URSS, ils ne renversèrent pas le régime, mais se contentèrent d’administrer la zone de non-survol.

En 2003, l’opposition de la France ne fut pas suffisante pour contrebalancer l’influence du Comité pour la libération de l’Irak. Les États-Unis attaquèrent à nouveau le pays et renversèrent cette fois le président Hussein. Bien sûr, John McCain était un des principaux responsables du Comité. Après avoir confié pendant un an à une société privée le soin de piller le pays [17], ils tentèrent de partitionner le pays en trois États distincts, mais durent y renoncer devant la résistance de la population. Ils tentèrent une nouvelle fois en 2007, autour de la résolution Biden-Brownback, mais là encore échouérent [18]. D’où la stratégie actuelle qui tente d’y parvenir au moyen d’un acteur non-étatique : l’Émirat islamique.

Dans ce document, publié en septembre 2013, l’ambassadeur du Qatar à Tripoli informe son ministère qu’un groupe de 1800 Africains a été formé au jihad en Libye. Il propose de les acheminer par trois groupes en Turquie pour qu’ils rejoignent l’Émirat islamique en Syrie. (voir le document sur l’article original)

L’opération a été préparée de longue date, avant même la rencontre de John McCain avec Ibrahim al-Badri. Ainsi, des correspondances internes du ministère qatari des Affaires étrangères, publiées par mes amis James et Joanne Moriarty [19] montrent que 5 000 jihadistes ont été formés aux frais du Qatar, dans la Libye de l’Otan en 2012, et que 2,5 millions de dollars ont été versés à la même époque au futur Calife.

En janvier 2014, le Congrès des États-Unis a tenu une séance secrète au cours de laquelle il a voté, en violation du droit international, le financement jusqu’à septembre 2014 du Front Al-Nosra (Al-Qaïda) et de l’Émirat islamique en Irak et au Levant [20]. Bien que l’on ignore avec précision ce qui a été vraiment convenu lors de cette séance révélée par l’agence britannique Reuters [21], et qu’aucun média états-unien n’a osé passer outre la censure, il est hautement probable que la loi comporte un volet sur l’armement et la formation des jihadistes.

Fière de ce financement états-unien, l’Arabie saoudite a revendiqué sur sa chaîne de télévision publique, Al-Arabiya, que l’Émirat islamique était placé sous l’autorité du prince Abdul Rahman al-Faiçal, frère du prince Saoud al-Faiçal (ministre des Affaires étrangères) et du prince Turki al-Faiçal (ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis et au Royaume-Uni) [22].

L’Émirat islamique représente une nouvelle étape dans le mercenariat. À la différence des groupes jihadistes qui se battirent en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine et en Tchétchénie autour d’Oussama Ben Laden, il ne forme pas une force supplétive, mais bien une armée en soi. À la différence des groupes précédents en Irak, en Libye et en Syrie, autour du prince Bandar Ben Sultan, ils disposent de services intégrés de communication sophistiqués qui appellent à le rejoindre, et d’administrateurs civils, formé dans de grandes écoles occidentales, capables de prendre en main instantanément l’administration d’un territoire.

Des armes ukrainiennes flambant neuves ont été achetées par l’Arabie saoudite et convoyées par les services secrets turcs qui les a remises à l’Émirat islamique. Les derniers détails ont été coordonnés avec la famille Barzani lors d’une réunion des groupes jihadistes à Aman, le 1er juin 2014 [23]. L’attaque conjointe de l’Irak par l’Émirat islamique et le Gouvernement régional du Kurdistan a débuté quatre jours plus tard. L’Émirat islamique s’est emparé de la partie sunnite du pays, tandis que le Gouvernement régional du Kurdistan agrandissait son territoire de plus de 40 %. Fuyant les atrocités des jihadistes, les minorités religieuses quittaient la zone sunnite, préparant ainsi la voie à la partition du pays en trois.

Violant l’accord de défense irako-US, le Pentagone n’intervenait pas et laissait l’Émirat islamique poursuivre sa conquête et ses massacres. Un mois plus tard, alors que les peshmergas du Gouvernement régional kurde s’étaient repliés sans livrer bataille, et lorsque l’émotion de l’opinion publique mondiale devint trop forte, le président Obama donna l’ordre de bombarder des positions de l’Émirat islamique. Cependant, selon le général William Mayville, directeur des opérations à l’état-major, « Ces bombardements sont peu susceptibles d’affecter les capacités globales de l’Émirat islamique ou ses activités dans d’autres régions de l’Irak ou de la Syrie » [24]. À l’évidence, ils ne visent pas à détruire l’armée jihadiste, mais uniquement à veiller à ce que chaque acteur ne déborde pas du territoire qui lui a été assigné. Au demeurant, pour le moment, ils sont purement symboliques et n’ont détruit qu’une poignée de véhicules. C’est en définitive l’intervention des kurdes du PKK turc et syrien qui a stoppé la progression de l’Émirat islamique et ouvert un corridor permettant aux populations civiles d’échapper au massacre.

De nombreuses intox circulent à propos de l’Émirat islamique et de son calife. Le quotidien Gulf Daily News a prétendu qu’Edward Snowden avait fait des révélations à son sujet [25]. Or, vérification faite, l’ancien espion états-unien n’a rien publié à ce sujet. Gulf Daily News est édité au Bahrein, un État occupé par les troupes saoudiennes. L’article vise uniquement à dédouaner l’Arabie saoudite et le prince Abdul Rahman al-Faiçal de leurs responsabilités.

L’Émirat islamique est comparable aux armées mercenaires du XVIe siècle européen. Celles-ci menaient des guerres de religion pour le compte des seigneurs qui les payaient, parfois dans un camp, parfois dans un autre. Le Calife Ibrahim est un condottière moderne. Bien qu’il soit aux ordres du prince Abdul Rahman (membre du clan des Sudeiris), il ne serait pas étonnant qu’il poursuive son épopée en Arabie saoudite (après un bref détour au Liban, voire au Koweït) et tranche ainsi la succession royale en favorisant le clan des Sudeiris contre le prince Mithab (fils et non pas frère du roi Abdallah).

John McCain et le Calife

Dans la dernière livraison de son magazine, l’Émirat islamique a consacré deux pages à dénoncer le sénateur John McCain comme « l’ennemi » et « le croisé », rappelant son soutien à l’invasion états-unienne de l’Irak. De peur que cette accusation reste inconnue aux États-Unis, le sénateur a immédiatement publié un communiqué qualifiant l’Émirat de « plus dangereux groupe terroriste islamiste dans le monde » [26].

Cette polémique n’est là que pour distraire la galerie. On aimerait y croire… s’il n’y avait cette photographie de mai 2013.

Ibrahim al-Badri, alias Abu Du’a, alias Abou Bakr Al-Baghdadi, alias Calife Ibrahim, mercenaire du prince Abdul Rahman al-Faiçal, subventionné par l’Arabie saoudite, le Qatar et les États-Unis. Il peut commettre toutes les horreurs que les Conventions de Genève interdisent à des États de faire.

 

[1] Nous avons relayé les rapports de presse assurant que la manifestation de Deraa était une protestation après l’arrestation et la torture de lycéens ayant tagué des slogans hostiles à la République. Or, de nombreux collègues ont tenté d’établir l’identité de ces lycéens et de rencontrer leurs familles. Aucun n’y est parvenu, les seuls témoins qui se sont exprimés l’ont fait pour la presse britannique, mais de manière anonyme, donc invérifiable. Nous sommes aujourd’hui convaincus que cet événement n’a jamais existé. L’étude des documents syriens de l’époque montre que la manifestation portait en réalité sur une hausse des salaires des fonctionnaires et sur les retraites. Elle a obtenu satisfaction de la part du gouvernement. À ce moment là, aucun journal n’a parlé de ces lycéens, cette histoire n’étant inventée par Al-Jazeera que deux semaines plus tard.

[2] Les membres du Groupe islamique combattant en Libye, c’est-à-dire d’Al-Qaïda en Libye, avaient tenté d’assassiner Mouamar el-Kadhafi pour le compte du MI6 britannique. L’affaire fut révélée par un officier du contre-espionnage britannique, David Shyler. Cf « David Shayler : "J’ai quitté les services secrets britanniques lorsque le MI6 a décidé de financer des associés d’Oussama Ben Laden" », Réseau Voltaire, 18 novembre 2005.

[3] Rapport de la Mission d’enquête sur la crise actuelle en Libye, juin 2011.

[4] « Un député libanais dirige le trafic d’armes vers la Syrie », Réseau Voltaire, 5 décembre 2012.

[5] Sur ce plan, on se reportera à ma série de six émissions 10 ans de Résistance, sur la guerre des États-Unis contre la Syrie.

[6] « John McCain entre illégalement en Syrie », Réseau Voltaire, 30 mai 2013.

[7] « La Syrian Emergency Task Force, faux-nez sioniste », Réseau Voltaire, 7 juin 2013.

[8] « John McCain a rencontré des kidnappers en Syrie », Réseau Voltaire, 1er juin 2013.

[9] “Wanted for Terrorism”, Rewards for Justice Program, Department of State.

[10] Le Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1267 (1999) le 15 octobre 1999 est également connu sous le nom de « Comité des sanctions contre Al-Qaida ». Fiche d’inscription d’Ibrahim al-Badri (cette fois avec le nom de guerre d’al-Samarrai).

[11] « Évasions simultanées de jihadistes dans 9 pays », Réseau Voltaire, 6 août 2013.

[12] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

[13] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

[14] « La CIA déstabilise Haïti », « Coup d’État en Haïti », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 janvier et 1er mars 2004.

[15] « L’expérience politique africaine de Barack Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 mars 2013.

[16] « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

[17] « Qui gouverne l’Irak ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mai 2004.

[18] « La balkanisation de l’Irak », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 17 juin 2014.

[19] « Official Document Qatar Embassy Tripoli Confirms Sending 1800 Islamic Extremists Trained in Libya to Fight in Syria », Libyan War The Truth, 20 septembre 2013.

[20] « Les États-Unis, premiers financiers mondiaux du terrorisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 3 février 2014.

[21] “Congress secretly approves U.S. weapons flow to ’moderate’ Syrian rebels”, par Mark Hosenball, Reuters, 27 janvier 2014.

[22] « L’ÉIIL est commandé par le prince Abdul Rahman », Réseau Voltaire, 3 février 2014.

[23] « Révélations du PKK sur l’attaque de l’ÉIIL et la création du "Kurdistan" », Réseau Voltaire, 8 juillet 2014.

[24] “U.S. Air Strikes Are Having a Limited Effect on ISIL”, par Ben Watson, Defense One, 11 août 2014.

[25] « Baghdadi ’Mossad trained’ », Gulf Daily News, 15 juillet 2014.

[26] “Statement by senator John McCain on being targeted by terrorist group ISIL as "the ennemy" and "the crusader"”, Cabinet de John McCain, 28 juillet 2014.

 

Historien radical pour une histoire radicale garants de la pensée critique et du déboulonnage des dogmes ~ 2ème partie ~ (Howard Zinn)

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, sciences et technologies with tags , , , , , , , , , , on 18 août 2014 by Résistance 71

"Toute recherche historique doit être contrôlable par ses lecteurs, spécialisés ou non. Cet impératif, qui constitue un des fondements de la pratique historique, exclut l’octroi privilégié à des auteurs sélectionnés de sources non accessibles au commun des chercheurs."

"Que les historiens ‘hautement acclamés’ respectent les lois d’airain qui conditionnent la "liberté de leur atelier': qu’ils dialoguent moins avec les prélats, les ministres, les ‘hommes d’affaires’, qu’avec les archives, accessibles à tous, dans le ‘silence’, et vérifiables par tous et que leurs stylos et/ou ordinateurs, libérés de la tutelle de l’argent ‘extérieur’ des missions privées ou publiques, ils réclament des financements universitaires pour générer des recherches dont ils auront l’initiative, la maîtrise et les instruments archivistiques… Quant aux jeunes chercheurs, il est urgent que, soustraits à la norme des ‘desiderata’ des bailleurs de fonds et ainsi mis en mesure de tenir la tête droite, ils puissent aider l’histoire contemporaine française à retrouver la voie de l’indépendance".
~ Annie Lacroix-Riz (Professeur d’histoire à l’université de Paris VII) ~

 

Qu’est-ce que l’histoire radicale ?

 

par Howard Zinn (1970)

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

1ère partie

2ème partie

 

De tels faits motivants se trouvent dans l’ensemble des données au sujet des gouvernements actuels. Ce qu’on voit au présent peut être attribué à un phénomène de passage; si la même situation se produit en différents points de l’Histoire, cela n’est plus un évènement transitoire, mais une condition de long-terme, ce n’est pas une abération, mais une déformité structurelle qui demande qu’on s’y attache sérieusement.

[...]

  1.   Nous pouvons exposer l’idéologie qui s’infiltre dans notre culture, en utilisant le mot “idéologie” dans le sens voulu par Mannheim de: “logique pour l’ordre des choses”. Il y a la sanctification ouverte du racisme, de la guerre, de l’inégalité sociale. Il y a aussi le plus subtile tissu de semies-vérités (”nous ne sommes pas comme les puissance impérialistes du XIXème siècle…”), les mythes nobles comme le “nous sommes nés libres”, les prétensions comme “l’éducation est la poursuite désintéressée de la connaissance”, la mystification de la réthorique comme “liberté et justice pour tous”, la confusion des idéaux et de la réalité comme la déclaration d’indépendance et son appel pour la révolution, dans notre tradition orale, le Smith Act et sa prohibition d’appeler à la révolution, l’utilisation de symbole pour obscurcir la réalité…

 

Plus l’éducation est répandue dans une société, plus la mystification pour cacher ce qui ne va pas doit être importante; la religion, l’école et l’écriture travaillent ensemble à cet effet. Ceci n’est pas une conspiration à l’œuvre, les privilégiés de la société sont aussi victimes de la mythologie ambiante que les enseignants, les prêtres et les journalistes qui la diffusent. Tous ne font que ce qui vient naturellement et ce qui vient naturellement est de dire ce qui a toujours été dit et de croire ce qui a toujours été cru.

L’Histoire possède une faculté spéciale de révéler l’ineptie de ces croyances, qui nous attachent au cadre social de nos pères. Elle peut aussi renforcer ce cadre avec une grande force, et l’a fait à bien des égards. Notre problème est de retourner le pouvoir de l’histoire, qui peut fonctionner des deux façons, pour démystifier. Je me rappelle des mots du sociologue iconoclaste E. Franklin Frazier à des étudiants noirs au cours d’un colloque nocturrne à Atlanta en Georgie: “Toute votre vie, les blancs vont ont raconté des sornettes, les prêtres vous ont raconté des sornettes, vos profs vous ont raconté des sorrnettes, je suis ici pour vous dépolluer.

Se rappeler la réthorique du passé et la mesurer avec le véritable passé, nous permettra peut-être de voir aux travers des sornettes actuelles, où la réalité est toujours en train de se dérouler et les anomalies pas toujours apparentes. [...]

A la lumière de l’histoire de l’idée et des faits de l’expansionisme américain, ceci n’est pas très honorable. Le désastre du Vietnam ne fut pas comme l’a dit Schlesinger “une mauvaise application finale et tragique” de ces éléments, un errement d’une tradition historique plutôt bénigne, mais plutôt une autre application d’une volonté mortelle autour d’un peuple étranger en révolte.

[...]

  1. Nous pouvons recapturer ces quelques moments du passé qui ont montrés la possibilité d’une meilleure façon de vivre que ce qui a été dominant jusqu’à présent sur terre. Bouger les gens pour qu’ils agissent n’est pas suffisant pour développer leur sens de ce qui est mal, de montrer que les hommes de pouvoir ne sont pas dignes de confiance, de révéler que notre façon de penser est limitée, déformée, corrompue. On doit aussi montrer que quelque chose d’autre est possible, que des changements peuvent se produire. Autrement, les gens se retranchent dans leur bulle privée, le cynisme, le désespour et même la collaboration avec les puissants.

L’Histoire ne peut pas donner la confirmation que quelque chose de mieux est inévitable; mais elle peut mettre en évidence que c’est concevable. Elle peut montrer les moments où les êtres humains ont coopéré les uns avec les autres (l’organisation du réseau de métro par les blancs et les noirs, la résistance française à Hitler, les résultats positifs du mouvement anarchiste en Catalogne lors de la guerre d’Espagne). Elle peut trouver les époques où les gouvernements étaient capables d’un peu de compassion pour les peuples (la création de la Tennesse Valley Authority, l’aassistance médicale gratuite dans les pays socialistes, le principe de l’égalité des salaires lors de la Commune de Paris). Elle peut montrer des hommes et des femmes se conduisant en héros plutôt qu’en coupables ou en idiots (L’histoire de Thoreau ou de Wendell Phillips ou d’Eugene Debs. De Martin Luther King ou de Rosa Luxembourg). Elle peut nous rappeler que des groupes en apparence sans pouvoir ont gagné contre toute attente (les abolitionistes et le 13ème amendement de la constitution, le CIO et les grèves, le Vietminh et le FLN contre les Français).

La preuve historique a des fonctions spéciales. Elle donne du poids et de la profondeur à l’évidence, qui si seulement tirée de la vie contemporaire, pourrait paraître bien fragile. En faisant le portrait des mouvements humains au cours du temps, cela montre la réelle possibilité pour le changement. Même si le changement a été si inconséquent qu’il nous laisse désespéré aujourd’hui, nous avons besoin de savoir qu’un changement est toujours possible.

[...] Dans les moments où nous sommes enclins d’aller avec la condamnation générale de la révolution, nous devons nous rafraîchir l’esprit avec Thomas Jefferson et Tom Paine. En des termps où nous sommes sur le point de rendre les armes devant la glorification de la loi, Thoreau et Tolstoï peuvent raviver notre conviction en ce que la justice prévaut la loi.

[...]

Au vu des critères que je viens de mentionner, un rappel de cette tradition est de l’histoire radicale….

[L’historien] Genovese est troublé par le fait que les origines intellectuelles du radicalisme américain sont “orientées pour servir des buts politiques”. S’il critiquait seulement “l’assomption que la fabrication de mythe et la falsification de l’historiographie peuvent être d’une utilité politique” (par exemple l’histoire écrite par de soi-disants marxistes en mode staliniste), alors il pourrait avoir raison; mais il semble vouloir nous dire autre chose. Il nous dit que le travail historique ne devrait pas gérer le passé en termes de “standards moraux retirés du temps et de l’endroit.”

[...]

Le leurre du “temps et de ‘endroit” est le leurre de l’historien professionnel intéressé en “ma période” ou “mon sujet”. Ces particularités de temps et d’endroit peuvent-être très utiles en fonction de la question posée. Mais si la question posée est (comme pour Lynd): quel soutien pouvons-nous trouver dans le passé pour des valeurs qui semblent être intéressantes aujourd’hui ? Une bonne bordée de preuves circonstantielles n’est pas particulièrement importante. Seulement si aucune question présente n’est posée, alors le détail particulier, le détail riche, complexe et sans fin sur une période donnée, deviennent-ils importants sans discrimination. Et cela dirai-je, est une forme bien plus abstraite d’histoire, parce qu’elle est soustraite d’une préoccupation présente spécifique. Ceci maintiendrai-je, est une soumission à l’historiographie professionnelle absolue: Dites-moi le plus que vous le pouvez.

Similairement, la demande pour le “rôle de classe” en traitant les idées sur le droit naturel de Locke, Paine et d’autres, serait très importante si la question posée était: En quoi la teneur de la classe d’apartenance et les idées interagissent-elles l’une sur l’autre (pour mieux comprendre la faiblesse des deux pensées idéologiques et utopiques aujourd’hui). Mais pour l’objectif spécial de Staughton Lynd, une autre emphase est requise. Quans on focalise sur l’histoire avec certaines questions, beaucoup demeure inquestionné ; mais ceci est également vrai lorsqu’il a un manque de concentration.

Similairement au dogme professionnel qui requiert “temps et place”, se situe aussi un autre dogme parmi les intellectuels marxistes demandant “le rôle de classe” comme si cela était l’étalon de mesure de l’histoire radicale. Même si on remplace le déterminismne économique d’un marxisme brut avec “une classe sophistiquée d’analyse du changement historique” (comme Genovese est anxieux de le faire), discutant le mot classe comme “une mixture complexe dintérêts matériels, d’idéologies et d’attitudes psychologiques, ceci pourrait ou pas bouger le peuple vers un changement aujourd’hui. L’effet total de l’histoire sur la construction sociale d’aujourd’hui est le critère pour une véritable histoire radicale et non pas quelque extrait, standard absolu de méthodologie auquel les marxistes ainsi que d’autres peuvent être obsessivement attachés.

[...]

En résumé, tandis qu’il y a une valeur pour l’analyse spécifique de situations historiques particulières, il y a une autre forme de valeur pour déterrer des idéaux qui traversent les périodes historiques et donnent de la forces aux croyances qui ont besoin de renforcement aujourd’hui. Le problème est que même les historiens marxistes n’ont pas suffisamment prêté attention à l’admonition marxienne dans ses Thèses sur Feuerbach: “La dispute au sujet de la réalité ou de la non –réalité de la pensée qui est isolée de la pratique est purement une question scolastique.” Toute dispute au sujet d’une “véritable” histoire ne peut pas être résolue en théorie ; la véritable question est, laquelle des plusieurs histoires possiblement véridiques (sur la base de niveau élémentaire de la vérité factuelle) est-elle vraie, pas à la lumière d’une notion dogmatique quelconque mais à la lumière des besoins pratiques d’un changement social de notre temps ? Si les “fins politiques” dont Genevese nous met en garde contre et que Lynd embrasse ne sont pas les intérêts étriqués d’une nation ou d’un parti politique ou d’une idéologie, mais ces valeurs humanistes que nous n’avons pas encore atteintes, il est désirable que l’histoire serve des fins politiques.

  1. Nous pouvons montrer comment de bons mouvements sociaux peuvent mal finir, comment des leaders peuvent trahir leurs suiveurs, comment des rebelles peuvent devenir des bureaucrates, comme des idéaux peuvent devenir glacés et frigides. On a besoin de ceci comme correction à la foi aveugle que les révolutionnaires souvent donnent à leurs mouvements, leurs leaders, leurs théories, ainsi des acteurs futurs du changement social pourront éviter les pièges du passé. Pour utiliser la distinction de Karl Mannheim, l’idéologie est la tendance de ceux qui sont au pouvoir à falsifier, l’utopisme est la tendance de ceux hors du pouvoir à déformer. L’histoire peut nous montrer les manifestations de l’une comme de l’autre.

 

L’histoire devrait nous mettre en garde contre la tendance des révolutionnaires à dévorer leurs suiveurs, ainsi que les principes qu’ils professent. Nous devons nous rappeler de l’échec de la révolution américaine à éliminer l’esclavage et ce malgré les prétentions de la Déclaration d’Indépendance et l’échec de la nouvelle république de gérer justement les rebelles du Whiskey de Pennsylvanie malgré le fait qu’une révolution avait été combattue contre des impôts injustes. De la même manière, nous devons nous rappeler du cri de protestation contre les Français de la révolution dans son moment de trionphe par Jacques Roux et les pauvres de Gravillers, protestant contre les accapareurs et les profiteurs ou de Jean Varlet déclarant que “le despotisme est passé des palaces des rois au cercle d’un comité.” Les révolutionnaires, sans que cela n’atténue leur désir de changement, devraient lire le discours de Kroutchev au 20ème congrès du PCUS en 1956, racontant les cruautés paranoïaques de Staline.

Le point n’est pas de nous détourner des mouvements sociaux mais de faire de nous des participants critiques en montrant comment il est facile aux rebelles de se départir de leurs propres injonctions. Cela pourrait nous faire prendre conscience de nos propres tendances, de lire le discours de l’abolitioniste noir Theodore S, Wright à la convention d’Utica de 1837 à la société anti-esclavagisme de New York. Wright y critiqua l’esprit esclavagiste des abolitionistes blancs [...]

L’histoire des mouvements radicaux peut nous rendre sensible a l’arrogance narcissique, à l’idolâtrerie aveugle de leaders, la substitution de dogme pour un regard attentif à l’environnement, au leurre du compromis quand les leaders d’un mouvement se retrouvent trop confortables avec ceux au pouvoir. Pour quiconque rendu joyeux par l’élection d’un socilaiste dans un état capitaliste, etc…

Pendant les discussions au Reichstag sur les mineurs en grève dans le bassin de la Ruhr (1905), le député Hue parla du program maximum du parti comme “utopique” et dans la presse socialiste de l’époque, il n’y a eu aucun symptome de révolte. A la première occasion sur laquelle le parti se démarqua de ses principes d’opposition inconditionnelle à toute dépense militaire, se contentant d’une simple abstention lorsque le premier crédit de 1 500 000 Marks fut voté pour la guerre contre les Hereros, cette remarquable inovation qui aurait sans nul soute provoqué tempête et fureur dans tout autre parti socialiste et d’une section de ses membres… cela ne fit se lever parmi les socialistes allemands que quelques protestations timides et éparses.

De telles recherches d’histoires de mouvements radicaux peuvent minimiser la tendance de rendre absolu ces instruments de partis, ces leaders de plateformes politiques qui doivent demeurer constamment sous observation. Que les révolutionnaires eux-mêmes sont sujets à la tradition et ne peuvent pas arrêter de penser à l’ancienne a été anticipé par Marx dans son remarquable passage d’ouverture de son “18 Brumaire de Louis Napolépn Bonaparte”:

“Les Hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas juste comme ils le désirent, ils ne la font pas sous des circonstances qu’ils ont choisi eux-mêmes, mais sous des circonstances trouvées directement, données et transmises du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants et juste lorsqu’ils semblent engagés à se révolutionner eux-mêmes et les choses, en créant quelque chose d’entièrement nouveau, c’est précisément dans ces époques de crise révolutionnaire qu’ils conjurent anxieusement les esprits du passé à leur service et leurs empruntent des noms, slogans de bataille, costumes afin de présenter la nouvelle scène de l’histoire du monde travestie de cet honneur du temps et de ce langage emprunté…”

Comment utiliser le passé pour changer le monde sans s’en encombrer, les techniques peuvent être affutées par une sélection judicieuse d’expériences passées ; mais l”équilibre délicat entre elles ne peut pas provenir seulement de données historiques, mais aussi d’une vision claire et focalisée des objectifs humains que l’histoire devrait servir.

L’histoire n’est pas inévitablement utile. Elle peut nous entraver ou nous libérer. Elle peut détruire la compassion en nous montrant le monde au travers des yeux du confortable ( “les esclaves sont heureux, écoutez-les chanter” ceci menant à “les pauvres sont heureux, regardez-les”). Elle peut opprimée toute résolution en agissant par une montagne de futilités, en nous divertissant dans des jeux intellectuels, par des “interprétations” prétentieuses, qui éperonne plus la contemplation que l’action en limitant notre vision dans une histoire de désastres sans fin et ainsi en faisant la promotion d’un retrait cynique des choses, en nous embrumant avec l’éclectisme encyclopédique des livres standards d’étude.

Mais l’histoire peut libérer nos esprits, nos corps, notre disposition à bouger, à nous engager dans la vie plutôt que de la contempler comme spectateur. Elle peut le faire en élargissant notre horizon, notre point de vue en y incluant les voix silencieuses du passé pour que nous puissions regarder au delà du silence du présent. Elle peut illustrer la folie de la dépendance aux autres pour résoudre les problèmes du monde que ce soit l’état, l’église ou tout autre bienfaiteur auto-proclamé. Elle peut révéler comment les idées ont été bourrées en nous par les pouvoirs de notre temps et que cela nous mène à étendre notre esprit au-delà de ce qui nous est donné. Elle peut nous inspirer en nous rappelant ces quelques moments du passé où les Hommes se sont vraiment comportés en êtres humains, prouvant ainsi que cela est possible. Elle peut aiguiser nos facultés critiques de façon à ce que même quand nous agissons, nous pensons aux dangers créés par notre propre désespoir.

Ces critères que je viens de discuter ne sont pas conclusifs. Ils ne sont qu’une ébauche de guide. Je pense que l’histoire n’est pas une cité bien ordonnée (malgré les belles étagères des bibliothèques), mais une jungle. Je serais un imbécile de clâmer que ma façon de voir est infaillible. La seule chose dont je suis vraiment sûr est que nous, qui plongeons dans cette jungle, avons besoin de penser à ce que nous faisons, parce qu’il y a un quelque part où nous voulons aller.

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Howard Zinn (1922-2010): Historien, professeur d’histoire contemporaine, professeur de science politique à l’université de Boston, activiste, dramaturge est sans nul doute un des historiens les plus influents du monde occidental. Chercheur, auteur prolifique, il était également un grand orateur pourvu d’une voix caractéristique et d’un sens de l’humour sec et grinçant qui rendait ses lectures et entretiens vibrants et excitants.

Zinn a relativement bien été traduit en français, ci-dessous une bibliographie non-exhaustive de son œuvre, classée de manière subjective dans l’ordre de ce qui nous apparaît être ses meilleures contributions (de ce qui a été traduit en français). Zinn disait toujours qu’il est impossible pour un historien d’être “objectif”, car la simple sélection de données historiographiques est déjà un bias en soi. Nous ne trahissons donc pas sa mémoire en classant son œuvre subjectivement…

Si vous voulez comprendre le pourquoi du comment de l’empire, le pourquoi le monde est régit par la dominance impérialiste américaine exercée crescendo depuis la fin du XIXème siècle…LISEZ HOWARD ZINN !

 

  • “Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours”, Agone, 2003
  • “L’impossible neutralité: Autobiographie d’un historien militant”, Agone, 2013
  • “Désobéissance civile: Sur la justice et la guerre”, Agone, 2010
  • “Se révolter si nécessaire, textes et discours de 1952 à 2010”, Agone, 2014
  • “Le XXème siècle américain: Une histoire populaire de 1890 à nos jours”, Agone, 2003

 

Pièce de théâtre:

  • “Karl Marx, le retour”, Agone, 2010
  • “En suivant Emma pièce historique en deux actes sur Emma Goldman, anarchiste et féministe américaine ”, Agone, 2007

 

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Vidéos entretiens et conférences (en anglais, sélection non-exhaustive en rapport avec l’article présenté):

 

Howard Zinn sur Résistance 71:

http://resistance71.wordpress.com/howard-zinn/

Colonialisme occidental… Le règne inégalé des psychopathes

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 18 août 2014 by Résistance 71

Le mal élémentaire

 

Mohawk Nation News

 

13 Août 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/08/14/elemental-evil/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En tant que survivants d’un holocauste, nous les peuples indigènes (des Amériques), avons beaucoup de question au sujet du mal. Le génocide est un meurtre délibéré d’un groupe racial ou culturel. Nous avons été assassinés jusqu’à ce qu’il ne reste plus que 3% d’entre nous sur ce continent. Toutes nos terres ont été expropriées et nos ressources volées. Nous avons toujours essayé de comprendre cette dépravité extrême de haine. Nous avons la Grande Loi de la Paix pour combattre le mal, pour nous montrer la voie pour arrêter le meurtre insensé de gens et la destruction de la Terre-Mère partout. Notre devoir est de disséminer la Grande Paix et d’appliquer la pensée universelle de notre terre-Mère. (NdT: La loi naturelle)

Des mercenaires furent recrutés en Europe, entraînés à perpétrer une cruauté débridée et l’assassinat de personnes innocentes. Ils ont mené à l’abattoir plus de 150 millions de personnes de nos peuples sur le continent (NdT: entre 1492 et aujourd’hui), le tout dirigé par le Vatican. Ce fut un programme systématique d’annihilation de notre existence, tout comme la situation actuelle à Gaza.

L’assassinat de masse fut mené sans aucune forme de culpabilité ou de remord par ce qui paraissait être, de notre point de vue, une espèce inhumaine. C’était un programme de haine pour le massacre, pour tromper, expulser et voler les victimes de tout. Ils nous ont détesté, subjugué et méprisé. Les véritables raisons ne sont révélées que maintenant. Comme des psychopathes, ils se pardonnent eux-mêmes, réécrivent l’histoire et oublient leurs crimes comme s’ils ne s’étaient jamais produits. [Psychopathe: Nom. Une personne affligée de troubles de la personnalité caractérisés par la tendance à commettre des actes anti-sociaux et parfois violents suivi d’un manque total de sentiment de culpabilité à l’issu. Appelé aussi sociopathe.]

Les meurtriers en série et de masse sont des schizophrènes. D’après le Dr. Arnold A. Hutchnecker [American Journal of Psychiatry, Oct. 25, 1972], ils reconnaissent la différence entre le bien et le mal. Ils sont agressifs, vindicatifs et malhonnêtes. Ils créent des situations où ils se retrouvent persécutés. Leurs victimes sont poussées jusqu’au point de la rétaliation. Ils les accusent ensuite d’être racistes et essaient de se trouver des excuses et de la sympathie pour eux-mêmes. Quiconque sauf eux-mêmes, est utilisé à leur avantage.

Une culture diabolique a été formée pour la justification de la recherche du pouvoir par n’importe quel moyen. Les Palestiniens font l’expérience de la même stratégie “d’établissement colonial” qui fut créée en Amérique. Donnez aux colons les flingues et les munitions, dites-leur d’aller voler toute la terre des Indiens qu’ils veulent et envoyez l’armée pour les protéger et les soutenir. Nos histoires et faits indigènes inhérents ont été enterrés comme si nous étions éteints, disparus, rayés de l’humanité. Le poison lent de la schizophrénie a été incorporé dans chaque aspect de l’histoire moderne de leur existence.

Hollywood édulcore le mal, comme étant mystérieux et en même temps beau, sombre et en conflit. Il y a toujours un cœur en or sous le tueur de sang-froid. Le psychopathe de film évoque à la fois le dégoût et la sympathie ; les héros de guerre massacrent leurs ennemis sans aucune pitié, mais ils sont des maris et pères affectueux. Ils sont dépeints de manière bi-dimensionnelle (schizophrénique).

= NdT: Le journaliste d’enquête australien John Pilger a déjà dit à maintes reprises qu’Hollywood dépeint toujours les militaires sociopathes américains comme des victimes avant tout, qui évoluent dans un monde de confusion, ceci afin de les absoudre des crimes qu’ils commettent au nom de leur nation. Les ennemis par contre ne sont aux mieux que des ombres furtives quasi inexistantes ou alors des brutes sanguinaires et barbares cherchant à éradiquer le bon occidental porteur de la lumière civilisatrice… ==

Une connexion prouvée existe entre la psychopathie et l’appartenance à des sociétés secrètes. Ces gens ont un plaisir sadique à tourmenter et à manipuler les autres. Une personne diagnostiquée sociopathe a dit qu’elle ne pouvait rien ressentir si ce n’est la douleur, le sexe et la colère. Cette personne (de sexe masculin) pouvait imiter les émotions normales des gens en les regardant.

Une personne doit-être psychopathe pour devenir franc-maçon, illuminati, sataniste, pour se focaliser ainsi à réduire en esclavage et détruire l’humanité. Le Dr. Henry Markow de l’université de Toronto a dit que plus d’1% de la population se conduit sans aucune conscience de ses actes. Les soldats sont entraînés à obéir aux ordres de psychopathes. Qu’en est-il des gens qui votent pour des psychopathes et financent leurs crimes de guerre ? Ou qui ne se lèvent pas en signe de défi et d’indignation lorsqu’ils voient l’inhumanité ? Ils sont complices de ces crimes.

Reconnaître un sociopathe: Le raisonnement est quelque chose d’étranger. Leur façon de faire est la seule possible. La vérité les offense. Ils ne sont pas capables de compromis ou de résoudre des conflits. Ils attaquent le messager. Ils sont charmants et intelligents et tendent à travailler dans des positions de leadership comme dans la police, l’armée, la politique, la justice (juge, avocat), enseignants, patron de média et dans le clergé.

Comme le disait si bien Malcolm X : “Je suis pour la vérité qui que se soit qui la dise. Je suis pour la justice, peu importe pour qui elle est pour ou contre.”

As Ozzy sings in “Sabbath Bloody Sabbath”: “You’ve seen light through distorted eyes. You know you had to learn the execution of your mind. You really had to turn, the race is run … Sabbath Bloody Sabbath. 

Propaganda to dehumanize Palestine.

Henry Markow. False explanation for evil.

Israeli genocide & willing accomplices.

Video Michael Tsarion. Origins of Evil.

Résistance politique: Les mouvements amérindiens soutiennent de plus en plus les palestiniens

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 17 août 2014 by Résistance 71

L’American Indian Movement a le plus souvent vu la cause palestinienne similaire à la cause amérindienne de par le génocide colonialiste subi. Simplement, le parallèle devient de plus en plus vu comme une cause commune et à juste titre.

– Résistance 71 –

 

Les Indiens d’Amérique soutiennent Gaza

 

Al Manar et InfoPalestine

 

15 Août 2014

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=186646

 

On compare souvent la dramatique histoire du peuple palestinien à celle des Indiens d’Amérique. Tony Gonzales du Mouvement des Indiens d’Amérique (AIM), a dit à San Francisco, que “du fait d’une histoire commune de bantoustans (homelands) – les réserves indiennes versus les territoires palestiniens encerclés – les Indiens d’Amérique comprenaient parfaitement la situation des Palestiniens.”

Les Amérindiens sont loin d’être d’accord sur tout en politique, mais ils sont de plus en plus nombreux à ressentir de l’empathie pour le peuple palestinien et à établir un parallèle troublant entre ce qui est arrivé aux peuples natifs d’Amérique du Nord et aux Palestiniens du Levant.

L’association des études des peuples indigènes américains s’est rendue célèbre en décembre 2013 pour avoir été un des trois groupes académiques d’Amérique du Nord à soutenir la campagne palestinienne pour un boycott académique et culturel d’ « Israël ».

En janvier 2013, le Jerusalem Post a publié un article intitulé : “Les Amérindiens se retournent-ils contre Israël ?”

L’article se centrait sur une anecdote : Joy Harjo, la diva poétesse et musicienne appartenant à la nation Muscogee Creek, avait suscité une “tempête de protestation en annonçant sur Facebook qu’elle partait se produire en Israël.”

Mais l’article qui explique le mieux l’ampleur de l’opposition, dans sa communauté d’origine comme dans d’autres, à son soutien à « Israël » et à la politique de ce pays envers le peuple palestinien est celui du célèbre avocat, cinéaste et écrivain amérindien Gyasi Ross, intitulé “Pourquoi moi, un Amérindien, je soutiens le peuple palestinien." Voilà ce qu’il écrit :

"En tant que membre du peuple autochtone de ce pays, je suis arrivé à la conclusion que je dois soutenir les Palestiniens et leur lutte pour un état palestinien autonome.

"Même si beaucoup pensent que ce qui relie les Indiens américains et les Palestiniens est le fait d’être des "peuples autochtones déplacés," ce n’est pas la raison pour laquelle je me sens proche des Palestiniens.

"Ce qui suscite chez moi un sentiment de fraternité pour mes frères et soeurs de Gaza et de Cisjordanie, c’est un sentiment beaucoup plus primaire et viscéral : la peur ; une peur qui vient de la prise de conscience que ce qui arrive à un groupe d’opprimés va inévitablement arriver à d’autres.

"Les peuples indigènes, comme d’autres groupes opprimés dans le monde sans distinction de race ou de religion, ont grandement intérêt à tirer les leçons des atrocités génocidaires commises par le gouvernement d’Amérique du Nord contre les peuples natifs d’Amérique. Tous ceux qui défendent l’humanité doivent aussi oeuvrer à empêcher ces mêmes atrocités de se reproduire ailleurs, à une autre époque, contre d’autres peuples — et dans le cas présent contre les Palestiniens".

"Les Palestiniens, comme les Amérindiens sont prisonniers sur leur propre terre. Eux non plus n’ont nulle part où aller, personne ne veut les accueillir. Le Liban, la Syrie et l’Egypte se sont tous montrés insensibles aux épreuves des Palestiniens et ils les ont utilisés comme des pions contre « Israël ».

"Les Palestiniens, comme les Amérindiens, n’ont d’autre alternative que de continuer à être une épine dans le pied de ces gouvernements à la fois apathiques et oppressifs qui sont arrivés au pouvoir par tous les moyens."

Les militants pour la paix amérindiens participent de plus en plus aux manifestations contre la guerre à Gaza et leur influence grandit. De plus en plus d’Amérindiens se reconnaissent dans ces paroles de Ross.

 

Counter Current

Mike Ahnigilahi

Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

Militarisation des polices terroristes… L’oligarchie fait monter le thermostat dictatorial dans les "démocraties" occidentales…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 16 août 2014 by Résistance 71

Nous avions souligné cette militarisation à outrance de la répression et des systèmes coercitifs étatiques occidentaux depuis quelques années. Nous redisons également qu’il n’y a pas plus de "démocratie" en occident que de beurre en branche… Tous les états sont dictatoriaux par nature, ce n’est juste qu’une question de degré, de thermostat à ajuster, thermostat qui se trouve dans les mains des oligarques de la finance et de a grosse industrie, qui dictent la marche à suivre à leurs larbins, putes politiciens, achetés et payés depuis longtemps et qui servent de paravent dans les "démocraties" fantoches d’occident.

Ce qui se passe au pays du goulag levant (ex-USA) n’es que le début du cauchemar totalitaire du Nouvel Ordre Mondial. Regardez la militarisation de nos pandores franchouillards… Tout ce qui se passe à yankland finit par se passer en Europe ce n’est qu’une question de temps.

Il va être temps de mettre un coup de balais et pour les peuples de reprendre les affaires en main. Il est évident en voyant la militarisation extrême des forces de répression de l’état, que la solution n’est plus sur les barricades.. La solution est dans la négation du système, le rendre illégitime en ignorant les institutions en désobéissant, en refusant notre soutien aux charlatans et criminels de la politique kidnappée et en créant un contre-pouvoir populaire… Il en va de notre survie en premier lieu, puis de la restauration d’un paradigme politico-social viable.

Nous sommes prévenus…

– Résistance 71 –

 

Dans beaucoup de communautés, les flics sont les terroristes

Le militarisme policier en Amérique

 

par DAVE LINDORFF

 

14 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/2014/08/14/police-militarism-in-america/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le meurtre apparent par des policiers blancs du jeune africain-américain non armé de 18 ans, Mike Brown, à Ferguson dans l’état du Missouri, qui fut abattu de plusieurs balles alors qu’il était à genoux les mains en l’air criant “Ne tirez pas je ne suis pas armé!”, expose d’un coup tout ce qui ne va plus du tout avec les actions de police aux Etats-Unis aujourd’hui.

Le département de la police de Ferguson, n’employant pratiquement que des blancs, patrouille une communauté de la banlieue de la ville de St.Louis qui est largement africaine-américaine, ce qui est déjà en soi une recette pour un désastre dans un pays qui est noyé dans le racisme. La police de Ferguson utilise aussi une politique de police musclée, arrêtant les gens pour des infractions mineures, choses qui pourraient facilement dégénérer en confrontations violentes. Dans ce cas particulier, il apparaît que le “crime” de Mike Brown était de traverser en dehors d’un passage clouté (NdT: Ce qui est une contravention de 1ère classe au pays du goulag levant…) et peut=être d’avoir rétorqué à un policier, le premier délit étant une citation (devant un juge de tribunal de police), le second acte n’étant… pas punissable car pas illégal.

Lorsque Brown fut abattu, au lieu de tenter de calmer de suite les choses, la police de Ferguson est passée en mode totalement para-militaire, envoyant un grand nombre de flics armés jusqu’aux dents en tenues de combats militaires, dans la communauté, renforcées par des véhicules blindés (NdT: l’agglomération de Ferguson comprend environ 20 000 habitants et la police y est équipée comme partout ailleurs au pays du goulag levant de VAB, et d’équipement militaire similaire à celui déployé en zones de combat comme l’Irak ou l’Afghanistan…). La police répondait à des protestations légitimes de la commuanuté avec des tirs de gaz lacrymogène (NdT: ce qui est classifié comme “guerre chimique” et interdit par la convention de Genève, qui comme chacun sait “n’est valide que dans le canton de Genève”…), puis par la suite escalada la répression avec des tirs de balles de bois et de caoutchouc, faites pour blesser mais ne pas tuer (même s’il y a danger pour la vie à courte portée…). Quelques autres personnes furent touchés par les tirs de la police, laissant certains dans un état critique.

Le fait que la police ait refusé de divulguer le nom du policier qui a abattu le jeune Brown a ajouté à la colère de la communauté. Le rapport d’autopsie initiale n’a pas non plus été annoncé, alors que ces deux informations seraient directement accessibles si l’assassin n’avait pas été un policier.

Qu’est-ce qui ne va pas ici ? Tellement de choses que c’est difficile de savoir par où commencer.

En premier lieu, sauf en légitime défense ou si un membre ou des membres du public sont directement menacés de mort imminente, il n’y a aucune justification pour un policier de sortir son arme de service et pire, de tirer sur une personne qui aurait commis un délit mineur.

Il n’y a aucune justification non plus pour un policier de continuer de tirer sur quelque de toute évidence désarmé et qui ne met absolument personne en danger, comme cela paraît être le cas lorsque ce policier a continué de tirer sur Brown qui s’agenouillait.

Secundo, lorsqu’une si terrible chose se produit, il est totalement inacceptable pour la force de police incriminée de cacher l’information concernant l’identité du policier meurtrier. Les policiers ne sont pas des agents de la CIA. Ce sont des employés du secteur public responsables devant la communauté pour laquelle ils travaillent. Quand ils s’engagent à devenir des “gardiens de la paix” (NdT: “peace officers” dans le texte original), ils signent un engagement d’être des membres responsagles de la communauté qu’ils policent. Dans une société démocratique, ils ne peuvent pas être autorisés à se cacher derrière leurs badges. La connaissance publique de qui police la communauté est un critère de dissuasion à la tendance dangereuse de la police de se voir dans un rôle d’opposition en respect de la communauté dont elle a la charge de la sécurité et de devenir une sorte d’armée d’occupation (NdT: surtout avec les moyens techniques qui leur sont maintenant donnés. Il est évident que les polices d’occident entrent de plus en plus en guerre contre leur population…).

Le chef de la police de Ferguson, Thomas Jackson, a dit qu’il ne divulgait pas le nom du policier incriminé dans le meurtre de Mike Brown (qui a été placé en congé admnistratif rémunéré de ses fonctions de patrouille), de peur que lui et sa famille ne soient mis en danger, mais ceci n’est en aucun cas une justification acceptable. La police, comme je l’ai déjà mentionné, est employée publique et tous ses membres savent les risques encourus à prendre cette charge. Leurs conjoints connaissent également les risques. Si la police est si concernée au sujet de la sécurité, elle peut fournir une protection pour le policier et sa famille, mais dans un incident comme celui-ci, la communauté et la famille de la victime ont aussi des droits, incluant celui de connaître le nom du policier responsable ainsi que de savoir son historique en tant que fonctionnaire de la communauté ; par exemple, le policier incriminé a t’il un historique d’arrestations abusives, de violences, de voies de fait et autres ouvertures du feu questionables ?

Quant à la non publication du rapport d’autopsie initial, la police dit qu’elle attend les résultats des tests de toxicologie faits sur la dépouille. Ceci est un classique des flingages policiers, fondé sur la théorie qui veut que si la police peut trouver des traces d’alcoolémie ou de drogues chez la victime, cela diminuera quelque peu l’indignation de l’opinion publique sur le meurtre. Mais dans ce cas précis, que Brown ait été ou pas en état d’ébriété n’aura aucune incidence sur la justicifaction de son assassinat. D’après des témoins oculaires, Brown était à genoux, les mains en l’air, lorsque le policier qui lui avait déjà tiré dessus au moins une fois, marcha vers lui et tira plusieurs fois de nouveau dans sa direction, le tuant dans la rue. Les tests de toxicologie n’ont aucune importance. Ce qui est important est de savoir combien de coup de feu ont été tirés, où Brown fut-il touché et quelles furent les trajectoires des munitions. Le public a le droit de savoir tout cela au plus tôt. (NdT: question tout aussi pertinente: Quel est l’état toxicologique du flic ? A quoi carbure ces mecs ? Gros rouge, amphétamines, PCP ?…)

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et le déclenchement de la soi-disante “guerre contre le terrorisme”, la police à travers le pays a été délibérément mythifiée en “héros” et les policiers ont été effectivement transformés de “gardiens de la paix” en “troupes de combat” dans une “guerre” amorphique et très largement imaginaire. Dans cette “guerre”, l’ennemi, initialement des groupes de “terroristes étrangers” largement invisibles ou complètememnt inexistants, s’est peu à peu métamorphosé pour devenir un groupe plus important “d’autres personnes”, particulièrement des immigrants bronzés et aussi les africains-américains. Pas à pas, des blancs ont aussi été ajoutés à cette catégorie “d’ennemis” alors que les forces de police se sont exponentiellement militarisées. A titre d’exemple, l’auteur de ces lignes a été menacé d’arrestation l’an dernier par un policier arrogant d’une banlieue de Pennsylvanie lorsque j’ai questionné de manière pertinente et correcte, la fausse assertion du policier qui disait qu’il était illégal de faire de l’auto-stop dans l’état. Si j’avais continué ou insisté sur le fait que j’avais le droit légal de me tenir sur le bas-côté d’une route secondaire avec mon pouce levé, j’aurai été interpelé violemment, menotté, et emmené en prison pour quelque chose qui, même si j’avais été trop près du traffic, n’aurait pas été un délit ni même une contravention, comme le serait par exemple un mauvais stationnement de véhicule.

Dans bon nombre de communautés de couleur aujourd’hui, la police patrouille les rues de manière routinière complètement équipée avec gilets pare-balles, casques en kevlar, uniformes militaires, armes semi-automatiques. Ils font cela non pas parce qu’ils sont en danger, statistiquement les incidences de policiers blessés ou tués par balles ont chuté à un niveau qu’on n’avait pas vu depuis le XIXème siècle… mais simplement pour être plus intimidant.

Vers le milieu des années 1960, lorsque les forces de police de la plupart des villes étaient presque “blanche comme neige”, les zones noires des villes principales éruptèrent en émeutes à travers le pays à cause de mêmes incidents que celui qui vient juste de se produire à Ferguson. De ces émeutes une forme de résistance est née, incluant la fondation du mouvement des Black Panthers. Cette forme de résistance communautaire, bien qu’elle fit violemment combattue par la police et le FBI, a mené aussi à des réformes, comme le fait d’avoir plus de policiers issus des minorités, l’établisseemnt de comités de surveillance de la police et l’élection de maires et de conseillers municipaux issus des minorités raciales.

Le 11 septembre a défait tout cela.

Dans la plupart des communautés des Etats-Unis, nous avons maintenant une police qui est décrite, ce manière appropriéee il est vrai, comme applicatrice de la loi. Le terme de “gardienne de la paix” semble bien anachronique aujourd’hui.

Nous avons urgemment besoin d’une nouvelle ère de réformes qui remette la police dans son rôle au “service du public” et ces deux mots doivent être mis sur un pied d’égalité. En tant que fonctionnaires publics, les policiers ne doivent pas être autorisés à se cacher derrière leurs badges. Leurs actions doivent être transparentes et ouvertes à l’inspection publique et ils doivent être clairement avertis par leurs superviseurs et leurs élus en charge qui sont leurs patrons, qu’ils sont des “serviteurs” du public et des citoyens dans les communautés dans lesquelles ils travaillent.

Un tel changement ne se produira pas facilement. La police na va pas rendre volontairement ses nouveaux pouvoirs coercitifs renforcés. Ces pouvoirs devront lui être arrachés et pour ce faire, il faudra une sorte de résistance des communautés comme on a vu dans les années 1960.

Je n’appelle pas à la formation de milices et de batailles de rues. J’appelle à une résistance militante pacifique des communautés au militarisme existant de la police.

Cela me rappelle un incident qui s’est produit dans les années 1970 lorsque je vivais à Los Angeles. Je venais juste de sortir d’un cinéma où j’avais vu l’excellent film dystopique de Ralph Bakshi “Wizards”. Alors que je marchais vers ma voiture dans le parking près de la communauté de col bleu interraciale de Silver Lake, je vis des hélicoptères de la police et des douzaines de voitures converger vers un voisinage résidentiel de l’autre côté de la rue principale. Curieux, je me mis à courir pour voir ce qui se passait.

J’arrivais sur place, où noyée de lumière par les hélicoptères tournoyant, une voiture avait été arrêtée par plusieurs véhicules du LAPD. La voiture avait apparemment été volée par trois adolescents latinos qui s’amusaient à la conduire. Alors que je regardais la scène, les trois occupants furent éjectés du véhicules par des policiers manu militari, certains des policiers avaient leurs armes à la main. Le nombre de policiers augmentaient chaque minute qui passait alors que plus de véhicules de patrouille arrivaient sur place.

Cela commençait à devenir moche et je m’inquiètais au sujet des garçons, qui n’étaient pas des costauds, D’un seul coup, une foule commença à apparaître et à grossir alors que le voisinage commençait à affluer dans la rue, la plupart des gens étaient latinos. Ils venaientt de leurs maisons, dans les jardins de devanture pour voir ce qu’il se passait. Ces gens, hommes et femmes confondus, commencèrent à crier vers les policiers:

“Ne faites pas de mal à ces gosses !”

“Nous vous observons et nous voyons qu’ils ne sont pas blessés ! Faites en sorte que cela reste comme cela !”

“Nous vous observons ! S’ils sont blessés, on va vous dénoncer !”

La scène et sa tension visiblement se calmèrent. Les flics arrêtèrent de crier. Les gamins menottés, furent emmenés vers des voitures pour être emmenés en ville et y être placés en détention, mais il n’y eut aucune violence. Aucun de ces gamins ne fut frappé. Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite au Parker Center plus tard au centre ville, mais ce qui commençait à devenir une situation potentiellement moche a été désamorcée par la présence des membres de la communauté qui se tinrent solidaires face à la police.

C’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui: une résistance des communautés aux abus policiers (qui s’acroissent) et une démilitarisation de la police.

Dans bien trop de communautés aujourd’hui en Amérique, comme c’est le cas à Ferguson, Missouri, les “terroristes” parmi nous sont les policiers eux-mêmes.

Nous devons mettre fin à cette situation.

= = =

Article connexe sur le sujet:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/08/16/pentagone-prepare-guerre-les-villes-americaines/

 

L’empire chancelle… La guéguerre des sanctions est en train de mettre l’UE KO debout…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 16 août 2014 by Résistance 71

La Russie met KO l’Union Européenne

 

Piotr Iskenderov

 

14 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.strategic-culture.org/news/2014/08/14/russia-knocks-out-eu.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La commission européenne a formé un groupe chargé d’évaluer les pertes infligées par l’embargo russe sur les produits agricoles. Les dégâts pourraient déjà se chiffrer vers les 12 milliards d’Euros. L’UE n’a que 400 millions de disponibles en fond de compensation. Les experts de la Food and Agriculture Organization de l’ONU (FAO) pensent que l’UE, les USA, le Canada et la Norvège vont devoir trouver rapidement de nouveaux marchés pour leurs produits qu’ils exportaient en Russie jusque maintenant. Concepcion Calpe, une senior économiste de cette organisation estime que les pays sous les sanctions vont devoir trouver de nouveaux marchés en Chine, en Amérique Latine et dans les Caraïbes. Le stockage et la fraîcheur des produits va devenir un problème réel. Bruxelles a suivi servilement la politique américaine sur l’Ukraine et a reçu un choc en retour signifiant contre son secteur agricole comme résultat de cette servilité.

La Pologne et les états baltes, les pays qui ont fait de leur mieux pour mener la campagne anti-Russie des Etats-Unis, sont les plus durement touchés. Varsovie va perdre 800 millions d’Euros par an ou 0,5% de son PIB. L’Estonie a sacrifié 0,3% de son PIB pour soutenir les plans géopolitiques de Washington. Les fermiers lithuaniens ont perdu 927 millions d’Euros et 55 millions pour la Latvie. Laymdota Strauyuma, premier ministre de Lithuanie dénonce l’étendue des dégâts. Certaines branches du secteur agricole vont souffrir grandement surtout la production laitière et de produits laitiers.

La Finlande s’est tirée elle-même une balle dans le pied et le pays plonge dans la crise. Le premier ministre finlandais Alexander Straub pense que la guerre des sanctions va mener à Un “effondrement économique 2.0” La Pologne, la Lithuanie, la Finlande, la République Tchèque et la France ont approché l’UE pour demander des compensations pour leurs pertes, mais l’UE n’en a pas les moyens. EuroMonitor Intl Ltd est une entreprise privée de renseignement de marketing basée à Londres, fournissant des études de marché, des rapports d’affaires et de commerces et des données pour l’industrie. D’après sa recherche, l’Allemagne est le pays le plus affecté par l’embargo. Seule la taille conséquente de l’économie allemande la sauve d’être le plus grand perdant de l’affaire. D’après les calculs, le pays est supposé perdre 600 millions d’Euros par an ce qui aura pour répercussion des pertes d’emploi conséquentes dans les secteurs incriminés.

Lianne van den Bosof d’Euromonitor International explique que l’exportation allemande de viande et de produits dérivés est la plus vulnérable à ces sanctions russes. En 2012, ces exportations rapportèrent 900 milions d’Euros à l’économie allemande.

D’après ARD-Deutschlwill et Trendsurvey, 46% des Allemands s’opposeraient à la politique anti-russe et pro-Ukraine mise en place par Bruxelles et Berlin si les sanctions devaient endommager l’économie et détruire des emplois.

La perspective de trouver de nouveaux marchés n’est pas brillante. Si des pays d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud ouvraient leur porte aux importation de l’UE, les prix de leurs propres produits chuteraient immédiatement.

Bruxelles essaie de faire valoir sa politique de pression déjà éprouvée. L’UE a déjà commencé des pourparlers avec des états d’Amérique Latine pour les dissuader de remplacer avec leurs produits ceux dont l’Europe subit l’embargo. Les sanctions russes ont offert une grande opportunité à l’exportation brésilienne de viande vers la Russie. Environ 90 nouvelles usines de viande de ce pays ont reçu l’accord d’exportation de viande de bœuf, de poulet et de porc vers la Russie et le Chili espère fructifier de l’embargo sur le poisson. Le Financial Times (NdT: la voix de Wall Street et de la CIA) rapporte qu’un tel remue-ménage dans les sphères d’influence agricoles d’Amérique Latine a déclenché une certaine inquiétude à Bruxelles.. “Nous allons parler aux pays qui devraient potentiellement remplacer nos exportations pour leur indiquer qu’ils ne devraient pas profiter de la situation actuelle de manière injuste”, a déclaré un officiel de l’UE dans une réunion sur la situation en Ukraine. L’officiel a dit qu’il comprenait que des entreprises individuelles puissent signer des contrats avec la Russie mais qu’il serait “difficile de justifier la position de pays poursuivant une politique diplomatique pour remplir le vide laissé par l’UE, les USA, la Norvège et l’Australie”. (1). Les attentes à ce que l’Amérique Latine doive suivre la politique de l’UE ne peuvent pas être circonstanciées. Le marché mondial alimentaire est le plus gros marché et le plus dynamique, il a évolué de par ses propres règles et l’UE pourrait bien se retrouver sans rien.

Alors qu’ils dansent servilement sur la musique de Washington, les leaders de Bruxelles tournent le dos et ne veulent pas voir le fait que les intérêts européens ne coïncident pas avec les intérêts fixés et poursuivis par les Etats-Unis, Il est impossible d’aligner la solidarité européenne avec des besoins économiques.

D’après Ric Spooner, chef d’analyse de marché avec la firme CMC Market en Australie, l’embargo russe sur les produits agricoles de l’UE, de la Norvège, des Etats-Unis et de l’Australie, va mettre KO d’autres prix du marché tandis que les exporteurs vont partir à la recherche de nouveaux marchés. (2) C’est certes une situation difficile pour l’UE, mais celle-ci doit récolter ce qu’elle sème.

 

 

[1] http://www.ft.com/intl/cms/s/0/4730c97a-216a-11e4-a958-00144feabdc0.html#axzz3AGf8yos0

[2] AP 080417 GMT Aug 14

Solutions pour lutter contre le fléau mondial que représente le colonialisme à son apogée avec l’occident depuis le XVème siècle (2ème partie)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 août 2014 by Résistance 71

Comment la résurgence indigène peut et doit inspirer l’émancipation occidentale de son joug colonialiste

 

Résistance 71

 

15 Août  2014

 

1ère partie

2ème partie

 

“Colonisation: la tête de pont dans une civilisation de la barbarie d’où, à n’importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation.”

“Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur. À l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale et au relativisme moral…”

~ Aimé Césaire (1955) ~

[...]

La reconstruction des systèmes de la connaissance Onkwehonwe et de l’éthique qui en émane est la première étape pour nous réorienter à redevenir Onkwehonwe dans la pratique de nos vies. Apprendre en soi est une lutte. La méthode d’apprentissage Onkwehonwe est véritablement une méthode de transformation, elle est empirique, observationnelle et pratique. Le processus de gagner la connaissance (ce que nous appelons “l’éducation”) est une action radicale, un acte de défi contre la réalité conventionnelle. L’éducation en ce sens définit un guerrier. L’éducation et la transformation au travers de l’acquisition de la connaissance, du pouvoir et de la vision est un processus dynamique d’apprentissage et d’enseignement, le tout combiné avec un désir profond de respecter la complétion du cercle de la transformation: d’observer, d’expérimenter, de pratiquer et ensuite de passer la connaissance en devenant les tuteurs, les mentors de la génération suivante.

[...]

La logique de la réconcilaition entre les peuples colons et indigènes en tant que justice est claire: sans une restitution territoriale massive, incluant terres, transferts financiers des dividendes d’exploitation et autres formes d’assistance en compensation du mal perpétré et des injustices continuelles commises contre nos peuples, la réconciliation incarnera toujours les injustices coloniales et elle sera en elle-même une injustice supplémentaire. La quasi-ignorance par les colons des faits réels concernant la relation de leurs peuples avec Onkwehonwe et leur déni volontaire de la réalité historique distrait de toute possibilité d’une discussion intelligente pour une véritable réconciliation….

Ainsi en considérant le long terme du problème et les faits bien réels, ce qui est appelé par la société coloniale le “problème indien” devient une question de lutte pour le vrai et le faux, pour la justice dans sa forme la plus basique. Quelque chose a été volé, des mensonges ont été dits et rien n’a jamais été corrigé. Voici ce qui est à mon sens le cœur véritable du problème…

Nous devons penser à la restitution (des terres ancestrales) comme la première étape pour une justice réelle et une société morale hors de ce racisme immoral qui est le cœur même de la fondation de toutes ces nations coloniales. Ce qui a été volé doit être rendu, des reconnaissances et des excuses doivent être faites pour les crimes qui ont été commis, crimes qui ont donné aux colons, aux vieilles familles coloniales ainsi qu’aux immigrants plus récents, la facilité d’être des citoyens privilégiés de ces pays coloniaux.

Quand nous disons aux colons “Rendez”, demandons-nous à ce qu’ils abandonnent le pays et s’en aillent ? Bien sûr que non. L’irrédentisme n’a jamais été la vision de nos peuples. Quand nous disons “Rendez ce qui a été volé”, nous demandons aux colons de montrer du respect pour ce que nous partageons, la terre et ses ressources et de rendre les choses meilleures en nous offrant la dignité et la liberté qui nous sont dûes et de nous rendre notre pouvoir (politique et social) et suffisamment de terres pour que nous puissions être auto-suffisants.

La restitution est une purification.

Note du traducteur: Taiaiake Alfred analyse ensuite le contexte de la lutte pour la reconnaissance historique et la possibilité d’une véritable réconciliation entre colons et Onkwehonwe. Il énonce ici un concept qui rejoint tout à fait le notre et le pourquoi nous nous sentons tant en adéquation avec l’analyse et solutions apportées. Voici ce qu’il nous dit:

L’autre aspect du problème est méthodologique: La restitution et la réconcilation ne peuvent être parachevées que par la polémique et la réalisation d’un conflit constructif avec l’état et la société coloniale au travers de la résurgence indigène et la démonstration du pouvoir d’Onkwehonwe dans les sphères politique et sociale. Il est impossible à la fois de transformer la société coloniale de l’intérieur de ses institutions ou de parvenir à la justice et à la coexistence pacifique sans transformer fondamentalement les institutions de la société coloniale elle-même. Plus simplement, les entreprises impérialistes qui opèrent sous le déguisement d’états-nation démocratiques libéraux sont par fabrication et culturellement, incapables de relations justes et pacifiques avec Onkwehonwe. Un changement ne pourra se faire que lorsque les colons seront forcés de reconnaître qui ils sont, ce qu’ils ont fait et ce dont ils ont hérité ; alors seulement ils ne pourront plus fonctionner comme des coloniaux et commenceront à s’engager avec les autres gens sur un plan respectueux et humaniste.”

[...]

La résurgence Indigène

“Nous avons considéré au préalable la force de caractère et la clarté comme éléments essentiels pour la régénération de nous-même individuellement et collectivement en tant que peuples et pour la résurrection d’un véritable mouvement de justice autochtone qui soit efficace. Maintenant nous devons nous tourner vers un autre élément tout aussi essentiel: la motivation dans l’engagement. Qu’est-ce que cette qualité ? Force intérieure, persévérance, tenacité et volonté indomptable, sont des traits de caractère de gens et de groupes qui ont eu du succès à se transformer eux-mêmes, leur environnement et leurs adversaires. Ceci reflète une très forte motivation pour la lutte pour la vérité, qui est en fait la colonne vertébrale de tout mouvement pour un changement que ce soit à un niverau personnel ou sociétal. Onkwehonwe a déjà démontré une incroyable tenacité et un immense courage simplement en survivant aux vicieux assauts constants subis de la part des forces coloniales sur leur diginité et l’idée même de leur existence ces 500 dernières années…

Ainsi nous devons faire très attention, car en l’absence d’une décolonisation mentale et spirituelle, tout effort de théoriser ou de mettre en place un modèle relationnel “nouveau” entre Onkwehonwe et les colons, est contre-productif aux buts de justice et de succès à long terme pour cette relation de coexistence pacifique entre nos peuples. Il est devenu tout aussi évident dans les processus (supposés) de décolonisation qui se sont produits dans les pays coloniaux, qui ne sont en fait que des fantasmes de l’imagination pour la libération obscursissant les dures réalités d’un colonialisme persistant, que des changements structurels négociés dans un context culturel de colonisation ne fera que retrancher les fondations politiques et sociales de l’injustice, ceci menant à des réformes qui ne sont que de prétendues modifications de structures pré-existantes de domination.

[...]

Note du traducteur: Suit ici un entretetien entre Alfred et Joan et Stewart Philip de la nation Okanagan, leaders de l’union des chefs indiens de Colombie Britannique (UBCIC), au sujet de la “souveraineté” et de la mentalité du “guerrier” autochtone.

A la question “Qu’est-ce que pour vous être un guerrier ?” Joan Philip répond: “Il y a quatre confiances majeures du guerrier: protéger la terre, protéger le peuple, protéger la spiritualité et protéger la culture, ce qui inclut la langue. Pour nous, être un guerrier, un leader, signifie être capable de protéger ces traits sacrés. C’est ce qui fut passé par les anciens au fil des âges.

Une autre question est posée: “Pensez-vous que la solution à nos problèmes indigènes passe par une lutte mondiale pour la justice économique ?” Joan Philip répond: “Absolument, c’est pourquoi nous, peuples indigènes (d’Amérique du Nord), devons développer des relations avec les peuples du tiers monde. Quand j’ai été au Chiapas (Mexique), je me suis rendu compte que la loi mexicaine sur l’interdiction faite aux Indiens de posséder la propriété communale de la terre, était la même que celle qu’ils essaient de faire passer ici même… et ce afin de pouvoir ouvrir la terre à la vente, la revente et sa distribution à des entités privées.

Stewart Philip: “Nous avons besoin d’une véritable révolution de la base dans ce pays (le Canada), nous avons besoin d’un activisme de défense efficace.

[...]

Toute action politique et économique est un instrument au bout du compte, de la liberté et du bonheur qu’on trouve dans la liberté. Les sources de la liberté sont les attitudes et les actions. Je veux dire ici, des actions d’un certain type, des actions qui restaurent l’altruisme et l’unité de l’être, qui sont au cœur même de la vie culturelle indigène, qui rejettent les définitions matérialistes et individualistes de la liberté et du bonheur et qui créent une communauté en intégrant les vies individuelles dans les identités et expériences partagées des existences collectives.

[...]

Le lien entre la spiritualité et l’action politique pleine et efficace n’a été qu’ignoré dans la politique indigène contemporaine. Le jeu politique est essentiellement une compétition matérielle pour le pouvoir définis en termes d’argent et d’influence au sein du système colonial.

[...]

Note du traducteur: Alfred pose ensuite quatre questions qui se doivent d’être posées afin de provoquer un réel désir de changement chez les gens. Il s’adresse aux autochtones, mais il est important de noter ici à quel point ceci pourrait également s’appliquer aux peuples colonisateurs, simplement parce que pour la très vaste majorité des gens, la contamination idéologique coloniale est de mise et nous sommes également sous une influence néfaste pour ne pas dire toxique. Voici ces quatre questions:

  • Comment convaincre les gens du besoin de la lutte comme voie de sortie de l’aliénation, de la douleur et de l’inconfort qui définissent tant de vies ?
  • Comment faire pour que les gens agissent en fonction de leur connaissance et croyances ?
  • Comment penser efficacement les mouvements qui ont déjà commencé de façon à avoir de bonnes idées et des objectifs clairs, concis et parfaitement réalisables ?
  • Comment faisons-nous pour faire travailler ces gens ensemble et avec tous les autres de nos nations ?

NdT: Alfred tente ensuite d’y répondre… Ceci pourrait également s’appliquer aux peuples occidentaux endoctrinés. De fait, nous devons essentiellement nous poser les mêmes questions et emprunter les mêmes voies de solutionnement, c’est pour cela que nous disons haut et fort que notre intérêt commun pour sortir de l’impérialisme et du colonialisme qui empoisonnent bien plus de 95% des peuples de notre planète depuis le XVème siècle, se trouvent avec celui des peuples autochtones des Amériques et d’ailleurs et que notre alliance de raison historiquement programmée, amènera non seulement la chute de tous les “mauvais gouvernements” pyramidaux totalitaires, mais sera le terreau d’une ère politique et sociale nouvelle sur la Terre-Mère où règneront solidarité, égalité, justice sociale et le partage d’un bonheur émancipatoire et rédempteur.

“Ce qui est le plus crucial et immédiat est de focaliser sur la redéfinition de l’identité et la réorientation des vues sur le monde, sur le comment nous pouvons procéder au changement de nos identités personnelles et collectives, de générer de nouvelles idées sur nous-mêmes (sur ce que nous faisons et en quoi nous devrions croire) et la protection de nos nouvelles identités contre les inévitables chocs en retour et contre-attaques qui viendront immanquablement de l’État (la question du quand et comment combattre)…

[...]

Nous ne pouvons pas espérer établir quelque changement que ce soit au travers des actes de révolte violents dirigés contre l’État. Un concept de révolution fondé sur l’action contre l’état n’a eu pour résultat que le remplacement d’un ordre répressif et oppresseur ou d’une othodoxie par des autres de même nature. Nous avons besoin d’un agenda proactif et non pas réactif pour un changement effectif. Le politologue français Gérard Chaliand, qui vécut et écrivit magnifiquement au sujet des mouvements révolutionnaires post-seconde guerre mondiale dans le monde et a superbement résumé le véritable but révolutionnaire comme étant de: “défier les mythologies de l’état-nation, du culte du travail, de la soumission à l’autorité, de l’imposture des groupes ou partis qui clâment posséder la vérité, bref, passer au tamis très attentivement toutes les croyances établies à la recherche du mensonge se tenant à la racine de beaucoup des servitudes consenties.

Le véritable esprit de la révolte n’est pas la motivation d’écraser ou de renverser des structures coloniales et d’amener des structures de remplacement, mais est une invocation de l’esprit de liberté, une poussée pour se détacher physiquement et mentalement de l’état réactif d’être asservi par le danger et la peur et de commencer à agir sur la vision et l’intelligence de générer une nouvelle identité et ensemble, de relations qui transcandent les assertions culturelles et les impératifs politiques de l’empire et de la sorte d’être LIBRE.

La réponse à la question de savoir comment motiver les gens à opérer le changement dans leurs propres vies et dans nos existences collectives est celle-ci:
Les gens seront motivés à faire des changements quand ils commenceront à réaliser qu’ils ne deviendront libres et émancipés des sources de leurs maux et de leur mécontentement qu’au travers de la lutte anti-colonialiste. La clef de l’affaire est de repositionner la révolution comme un défi constant à la condescendance crasse impérialiste et ses abus spécifiques et ce afin de forcer l’impérialisme à cesser de contrôler la vie des gens, prouvant ainsi que l’empire peut être effectivement vaincu en tant que système à part entière. Nous devons retirer impérialisme et colonialisme de l’espace où nous habitons et transformer ces espaces en quelque chose d’autre que ce pour quoi ils ont été conçus au sein de l’empire. Essentiellement, la rébellion en ces termes recrée la liberté et vise à mettre fin à l’humiliation d’identités vivantes qui ne furent créées que pour servir les autres.

Il est impossible de renverser les schémas militaires et politiques du pouvoir établi existant dans la société actuelle sans une transformation spirtituelle qui brisera le cycle de cette violence qui résulte inévitablement des défis violents contre le pouvoir d’état. Si le but est d’annihiler le pouvoir de l’oppresseur dans son entièreté, quelque défi que ce soit sera voué à l’échec ; si nous cherchons au contraire à initier une autre forme de défi, comme régénérer nos existences propres devant la fausse assertion d’autorité, de légitimité et de souveraineté de l’oppresseur, nous ne pourrons pas échouer et nous forcerons alors l’état à se transformer lui-même.

[...]

Le mouvement révolutionnaire et d’opposition au pouvoir d’état ainsi que l’action pour la défense de la vérité, sont au cœur même de la lutte anti-impérialiste et anti-coloniale.

Ainsi la lutte est le signal d’un peuple, d’une nation opprimée que son cœur bat toujours dans une situation coloniale. L’action, est le signe de vie des peuples dont l’existence est officiellement niée. Le manque de résurgence indigène en opposition à l’état est un indicateur de la soumission à la supposition coloniale de notre défaite. Dans une situation coloniale conçue et régulée par des forces d’oblitération et de consommation, nous devons nous battre pour ce qui nous est précieux ou ce sera volé et utilisé au bénéfice et au plaisir de quelqu’un d’autre. Luttons, ne parlons plus. Parler avec les forces du pouvoir est inutile si cela est divorcé de sources de force politique, économique et spirituelle organisées et coordonnées pour affecter directement le pouvoir colonial. La culture est une arme puissante quand elle rentre dans un cadre de lutte et est organisée comme une force au sein d’une politique de résistance et de défiance.

[...]

De l’investigation philosophique à la considération pratique d’une formule tactique, la ligne est claire: L’autorité coule de la légitimité fondée sur le respect exprimé dans la déférence. Pour déstabiliser l’autorité, la contre-formule est de délégitimiser le système par le disrespect, le mépris et la moquerie. La pierre angulaire de la survie d’un régime est la légitimité et la déférence qu’elles promeuvent parmi ces gens qui sont sujets aux ordres du régime. Délégitimiser le régime est l’action politique la plus fondamentalement radicale qui puisse être effectuée. =[]=

Note des Traducteurs: Notons au passage que tout ce qui est dit dans la dernière partie ci-dessus peut directement s’appliquer à nous, les peuples colonisés de l’intérieur, car pour que l’oligarchie puisse avoir le succès qu’elle a eu ces derniers siècles pour opprimer le monde, il a fallu qu’elle obtienne la validation de son modèle de domination en dominant elle-même ses propres populations, c’est à dire nous en première instance. Elle y est parvenue en imposant uene hégémonie culturelle coloniale et colonialiste chez les sujets en amont comme en aval de la doctrine et de ses croyances sociologiques profondément racistes et anti-sociales. Le cadre de réflexion-action proposé ici par le professeur Taiaiake Alfred peut-être adapté et utilisé par nous, les peuples occidentaux phagocytés par l’idéologie dominante suprémaciste, qui ne peut pas asservir les autres sans asservir d’abord ses sujets.

C’est en cela que nous sommes tous des colonisés et que le combat des peuples indigènes des Amériques, d’Australie, des Etats-Unis, de Nouvelle-Zélande et de Palestine est le notre, bien plus qu’on ne le croît. Si les détails varient, le cadre arrogant, méprisant et oppresseur est le même.

Nous ne le répèterons jamais assez: L’avenir de l’humanité passe par l’alliance de raison des peuples colonisés et colonisateurs émancipés, se tenant côte à côte, libres et passionnés pour vivre ensemble au sein d’un nouveau paradigme politico-social.

 

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Bibliographie:

- “Wasáse, Indigenous pathways of action and freddom”. Alfred. T, 2005, 2009, second edition

- “Heeding the voices of our ancestors”, Alfred T., 1998

- “Peace, Power, Righteousness, an Indigenous Manifesto”, Alfred T., 2009, second edition (extraits en français: http://resistance71.wordpress.com/2013/05/29/resistance-politique-venir-a-terme-avec-notre-culture-colonialiste-ou-la-transcendance-liberatrice-1ere-partie/

 

Traduction du professeur Taiaiake Alfred en français sur Résistance 71:

http://resistance71.wordpress.com/taiaiake-alfred-en-francais/

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