Archive for the écologie & climat Category

OGM et nécro-agriculture: De mieux en mieux… Les cultures OGM noyées dans le glyphosate (RoundUp) juste avant la moisson…

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Notons quand même au passage que les exemples cités dans cet article montrent que Monsanto est actif et expérimente en Hongrie, qui rappelons-le… est membre de l’Union Européenne depuis 2004 et a intégré l’espace Schengen en 2007…

Conclusions ?…

– Résistance 71 –

 

Les cultures sont noyées dans du pesticide RoundUp juste avant d’être moissonnées

 

Dr. Stephanie Seneff

 

17 novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.globalresearch.ca/crops-are-drenched-with-monsanto-roundup-pesticide-right-before-harvest/5414576

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le pesticide RoundUp est largué sur les champs juste AVANT la moisson… pour économiser quelques sous.

L’herbicide RoundUp de Monsanto (techniquement connu sous le nom de “glyphosate”) a été relié à bien des maladies. Quoiqu’il en soit, les agriculteurs semblent en larguer sur leurs cultures juste avant de moissonner.

De manière plus spécifique, Monsanto a publié un article en 2010 poussant l’argument de l’application de leur RoundUp pour tuer les cultures juste avant la moisson ; ainsi les plantes seraient séchées en avance et produirait de manière plus uniforme tout en permettant une récolte plus précoce (à partir de la page 28, lien de l’article sur l’original):

Les bénéfices de l’utilisation du glyphosate:

***

Une maturité inégale et des tissus verts retardent la moisson. Un épandage de glyphosate déssèche le feuillage vert et les tiges. La photo ci-dessous à gauche montre un déssèchement uniforme de tournesols en utilisant le glyphosate (RoundUp Bioaktiv) après un épandage par hélicoptère en Hongrie (Czepó, 2009a).. La photo de droite montre un déssèchement complet des parties vertes de maïs 14 jours après l’application de glyphosate dans un ratio de 0.54kg ae/ ha in 7 0L/ ha appliqué par héli-épandage utilisant des pommeaux d’arrosage Reglojet et incluant du Bandrift Plus à 0,1% et 34% d’humidité du grain en Hongrie. Sur la partie gauche de la photo on voit la partie non traitée.

Réduction des coûts de séchage des grains

Les essais de Monsanto en Hongrie sur le maïs et le tournesol montrent clairement les effets de l’utilisation de glyphosate sur le pourcentage d’humisité du grain…

Au moment de la récolte, le maïs traité au glyphosate avait une humidité 4% plus basse que le maïs non traité. Le tournesol traité au glyphosate avait une humidité de 10+°/0 plus basse que le non traité. Le grain traité a été respectivement de 19 et 7% dans ces essais.

La demande d’un séchage accru du grain /semence à 14-16% pour un stockage stable du maïs ou 8-10% pour le tournesol, a été ainsi diminuée voire éliminée.

***

Récolte plus précoce pour obtenir un prix plus élevé

La gestion de la moisson est importante, sa technique de gestion permet une récolte plus précoce, ce qui est particulièrement important pour les hybrides “reste vert”. Une augmentation des niveaux de ces “reste vert” peut résulter en cette technique de déssèchement qui deviendra de plus en plus commune pour le tournesol par exemple (Larson et al, 2008). Quelques essais sur du maïs commercialisable en Hongrie, comme ci-dessus, ont résulté en des moissons plus précoces générant de plus hauts prix. Un travail sur le tournesol mené par le département de science végétale de l’université du Dakota du Nord montre que le glyphosate a produit une récolte de 5 à 10 jours en avance (Howard 2007). La moisson de tournesol a été ramenée à 2 / 3 semaines plus tôt après un traitement au glyphosate (Monsanto, 2009a)

***

En provoquant une moisson plus précoce de 2 à 3 semaines, les agriculteurs peuvent le plus souvent rentrer dans les temps d’optimisation de l’ensemençage pour le blé d’hiver ainsi maximisant la production (Czepó, 2009b).

Pourvu que suffisamment de RoundUp soit appliqué aux plantes matures pour complètement les tuer, de plus grandes quantités de RoundUp sont de manière évidente appliquées par rapport aux épandages de maintenance anti-pestilence qui maintiennent les plantes en vie.

De plus, les plantes n’ont pas le temps de métaboliser ou de se débarrasser autrement du RoundUp il n’y a de plus pas assez de temps pour que des pluies lavent le produit chimique avant la moisson. Au lieu de cela, le RoundUp est largué sur les plantes pour les faire sécher et elles sont ensuite très vite moissonnées alors que de très haut niveaux de RoundUp sont toujours présents.

Super agro-business économise sûrement quelques dollars, mais nous allons tous le payer de notre santé !…

Escroquerie du réchauffement climatique anthropique: L’Allemagne jette l’éponge sur son quota de réduction fixé pour 2020…

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Mais chuuuuuuuut !… Faut pas en parler trop fort hein ?…

– Résistance 71 –

 

L’Allemagne jette l’éponge sur son quota d’émission de CO2 et le Japon en émet plus que jamais

 

Donna Rachel Edmunds

 

17 novembre 2014

 

url de l’article:

http://joannenova.com.au/2014/11/germany-gives-up-on-emissions-target-japan-emits-more-co2-than-ever/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Vous m’en direz tant sur le momentum du changement climatique. La réalité tue. Sans l’énergie nucléaire, les émissions de CO2 du Japon ont atteint des records inégalés. Dans le même temps, même avec 17% de son énergie provenant du nucléaire et avec 23 000 éoliennes sur son territoire, l’Allemagne n’a aucune chance de remplir sa cible de diminution de ses émissions de CO2. La nation riche et très technologiquement avancée qui a dépensé plus que toutes les autes sur l’énergie verte, admet qu’elle a échoué.

Ceux qui veulent arrêter de produire du CO2 ont des milliards de dollars à dépenser en publicité et en éoliennes inutiles, mais au bout du compte, la chimie et la physique ne peuvent pas être achetées. Si les énergies renouvelables pouvaient fournir une source d’énergie fiable, elles n’auraient pas besoin de subsides. Tout le monde les achèterait.

L’Allemagne va abandonner sa cible “stricte” pour 2020, diminuer les émissions de 40% n’est pas possible

Breitbart London

Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a indiqué que le pays allait abandonner sa décision de réduire ses émissions de CO2 de 40% de sa base de 1990, à l’horizon 2020. Ce faisant, il a remporté sa dispute constante avec sa ministre de l’environnement Barbara Hendricks au sujet de la politique énergétique, lui disant qu’il ne tolérerait plus aucune résistance envers ce changement de direction politique, d’après le magazine Der Speigel.

La cible annoncée était douteuse depuis un certain temps, pas vraiment à cause du fait que Gabriel, lui-même un ancien ministre de l’environnement allemand et actuel ministre de l’économie et de l’énergie, soit connu pour être un supporteur de l’industrie du charbon. D’après le ministère de l’environnement, l’Allemagne devrait trouver un moyen de réduire ses émissions entre 62 et 100 millions de tonnes de CO2 par an pour les prochaines 16 années afin de pouvoir atteindre la cible fixée. Fermer totalement les centrales à charbon réduirait de seulement 40 millions de tonnes.

Il est clair que la cible 2020 pour le CO2 n’est plus viable”, a dit Gabriel, ajoutant même: “Nous ne pouvons pas sortir de l’énergie au charbon du jour au lendemain”. Plus tôt cette année, Gabriel avait dit au magazine Der Spiegel: “Il est illusoire de croire que l’Allemagne pourrait simulatanément sortir à la fois de l’énergie nucléaire et de celle du charbon”.

Les socio-démocrates ont répondu avec des données sur les énergies renouvelables (oh attendez…), les socio-démocrates ont dit que les coupes dans les émissions doivent être trouvées parce que “nous voulons mener le monde” et que les cibles de l’UE pour 2030 sont trop faibles. Que sont 60-100 milions de tonnes de CO2 entre amis ?

Les émissions de CO2 du Japon sont les pires jamais enregistrées

Wall St Journal –  “Les émissions de CO2 du Japon sont les pires enregistrées durant cette dernière année fiscale. Ceci a été forcé par la confiance portée par la nation à l’énergie produite au gaz naturel et au charbon afin de générer de l’électricité. Dans l’année qui s’est terminée en Mars, le Japon a émis 1,224 milliards de tonnes de CO2, plus 1,4% en comparaison avec l’année précédente et plus 16% depuis 1990, qui est l’année de référence pour les coupes dans les émissions de CO2 sous la convention de l’ONU sur le changement climatique, a dit vendredi le ministère de l’économie et du commerce japonais.”

Après le désastre de Fukushima, le Japon a fermé ses 48 réacteurs nucléaires et a importé du gaz naturel et du charbon.

A moins que le pays ne rouvre quelques réacteurs bientôt, le nouveau pli de plus hautes émissions de CO2 ne va pas changer de si tôt, a dit Tomomichi Akuta, analyste chez Tokyo Mitsubishi UFJ Research & Consulting.

Le redémarrage de plusieurs réacteurs apparaît très peu probable dans un futur proche au vu de l’opinion négative au sujet de l’énergie nucléaire, a t’il ajouté. Les sondages montrent qu’environ 60% des personnes interrogées sont contre l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Escroquerie du réchauffement climatique anthropique: Quand la nature reprend pas à pas le dessus sur la propagande politique…

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Un El Niño exposé et la nouvelle norme de la météo

 

Dr. Roy Spencer (Ph.D météorologie, ex-NASA)

 

13 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.drroyspencer.com/2014/11/a-busted-el-nino-and-the-new-weather-norm/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec les espoirs d’une diminution d’El Niño (maintenant réduite à une probabilité de 58%) et ce qui pourrait bien être le début précoce d’un hiver inhabituellement long et froid, il est utile de prendre un peu de recul et d’examiner pourquoi certains d’entre nous avons écrit avec persistance depuis plusieurs années sur ce qui contrôle vraiment les variations climatiques d’Amérique du Nord sur l’échelle du temps de votre vie: les cycles naturels climatiques.

Les plus importants de ceux-ci sont l’Oscillation Décennale Pacifique (ODP) et l’Oscillation Atltantique Multi-Décennale (OAMD).

Non seulement ces cycles influences le climat nord-américain, mais il y a un grand nombre de preuves qu’elles soient en partie responsables de ce Gremlin populaire qu’est le “réchauffement climatique”.

Comme le graphique suivant le montre, l’ODP, qui fut à l’origine découverte en tant que contrôle principal de la productivité de la pêche industrielle sur la côte ouest de l’Amerique du Nord, est aussi reliée à des périodes où les températures montaient ou descendaient, ce qui tend à se produire sur des périodes d’environ 30 ans:

(Voir graphe sur l’article original)

Nous ne sommes pas sûrs de la façon dont cela se produit, mais de petites variations naturelles dans la formation globale des nuages, changeant la quantité de lumière solaire qui pénètre dans le système climatique sont une forte possibilité.

Le problème est important parce que dans la mesure où les cycles naturels du climat sont partiellement responsables d’un réchauffement récent, le moins de raison il y a de se sentir concernés au sujet de politiques énergétiques qui réduisents l’utilisation des sources carburants dites fossiles actuellement nécessaires à la prospérité humaine. Avec la nouvelle du jour établissant que le président Obama va continuer à exercer une action exécutive sur le changement climatique tout en ne demandant pas de résultats équivalents au plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde, la Chine, il est important que les gens comprennent que la plupart de ce que nous subissons en termes de météorologie et de changement climatique est très largement hors de notre contrôle.

Le problème en incluant les cycles naturels du climat dans la discussion nationale sur le réchauffement climatique (anthropique) est à la fois politique et scientifique:

  • Cela ne cadre pas avec le narratif du réchauffement global qui est piloté par des objectifs politiques et…
  • Nous ne comprenons pas ce qui cause les cycles climatiques naturels et ils ne peuvent donc pas être incorporés dans les modèles informatiques de simulation et d’anticipation du changement (comme ceux bien sûr du GIEC).

Le financement de la recherche du gouvernement depuis au moins les derniers 25 ans, a tablé sur la supposition d’une cause humaine et comme je l’ai toujours dit, si vous financez des scientifiques pour trouver une connexion, ils vont en trouver une ou plusieurs. Voilà pourquoi le résultat de la recherche qui est publié est aussi dominé par des explications impliquant une cause humaine / anthropique.

Néanmoins, il est assez commode de montrer que les cycles naturels sont en fait impliqués et pas seulement au niveau des changements régionaux, mais du “réchauffement climatique global” également.

Par exemple ce tableau de données (voir l’article original en anglais pour le lien) montre que sur la période chaude la plus récente (depuis la fin des années 1970), l’ODP et l’OAMD ainsi que l’activité d’El Niño/La Niña peuvent compter statistiquement pour la vaste majorité du réchauffement global récent des températures de la surface des mers et des océans.

Mais les statistiques ne suffisent pas. Comme nous comprenons que le CO2 est un gaz à effet de serre et devrait causer un certain réchauffement, nous ne comprenons en revanche pas les cycles naturels du climat, les scientifiques ainsi ne regardent si vous voulez que sous le lampadaire public que le financement du gouvernement leur fourni pour n’y trouver qu’un problème: le CO2.

Ce qui complique encore plus la prise de décision politique est que ce qui motive le plus les perceptions du public et donc les preneurs de décisions sont les évènements météorologiques. L’ouragan Sandy, un hiver neigeux etc. Nous finissons par blâmer ces choses sur la seule chose que nous pensons comprendre: l’augmentation du CO2 devrait provoquer quelques changements, donc il doit être responsable de tous les changements que nous voyons.

Ces cycles naturels, bien documentés dans la littérature scientifique pour au moins leurs effets régionaux, sont oubliés. A l’exception de quelques uns d’entre nous qui avons travaillé dans le domaine du climat depuis plusieurs décennies. Demandez à Joe Bastardi de Weatherbell, qui a travaillé sur ces cycles naturels depuis des années et qui les utilisent pour faire des prédictions météo sur la longue durée.

L’admission récente que des changements naturels sont responsables de la grande sécheresse en Californie n’a pas été une nouvelle pour certains d’entre nous. Ce qui est intéressant de noter est que certains grands noms de la recherche qui devrait faire partie de la bureaucratie du réchauffement climatique (anthropique), sont maintenant ceux qui parlent des cycles naturels.

Donc, alors que le froid saisonnier s’installe sur les Etats-Unis cette semaine, ne soyez pas dupés par ceux qui affirment que “le réchauffement climatique anthropique cause le refroidissement”. Ce à quoi nous assistons sont des variations naturelles, très sûrement dominées par les océans. La “nouvelle norme météo” peut être bien différente de celle qu’a connu quiconque ayant moins de 30 ans aujourd’hui.

Quant au sujet de ce qu’un réchauffement anthropique se soit produit, je suis de plus en plus convaincu que celui-ci a été une cause bénigne et probablement bénéfique, mais une aiguille perdue dans la meule de foin des cycles climatiques naturels de Mère Nature.

Réflexion politique: l’État protège le capitalisme, leur déchéance sera l’avancée socio-écologique tant attendue…

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Avant la décroissance, la destruction du capitalisme

 

Groupe Proudhon de Besançon

 

Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/ecologie/17314-avant-la-decroissance-la-destruction-du-capitalisme

 

Que les choses soient claires : la Fédération anarchiste (FA) est pour la décroissance libertaire, comme elle l’a exprimé lors de ses congrès en 2004 avec la motion Du développement à la décroissance et la campagne fédérale qui l’a accompagnée, et en 2008 avec sa Motion sur la décroissance.

Certains camarades peuvent être en désaccord ou évoquer leurs doutes, leurs réticences sur ce concept de décroissance. Je répondrai simplement qu’à une époque les anarchistes rejetaient le terme d’autogestion au profit de celui de gestion directe, plus clair. Aujourd’hui, tout le monde parle d’autogestion, même si tout le monde n’y met pas exactement les mêmes définitions ni les mêmes pratiques. Va-t-on pour autant dire que la FA est contre l’autogestion ? Bien sûr que non ! Nous n’allons pas nous laisser voler les mots par les divers imposteurs du radicalisme verbal. Ce qui est important, c’est d’être compris, de parler le vocabulaire réel, d’y mettre et d’y défendre nos pratiques libertaires.

Il faut critiquer et combattre les prétentions électoralistes du mouvement écologique. Celui-ci a d’ailleurs abandonné les luttes sociales et se réfugie dans un système de lois coercitives qui visent à criminaliser les individus et leurs comportements. Il fonctionne sur le registre de la sanction financière et de la contrainte. En ce sens, une sorte de « fascisme vert » pourrait se développer et des ponts peuvent parfois se construire entre des mouvements d’extrême droite et certains mouvements écologiques, naturalistes.

Le mouvement écologique peut très bien s’acclimater du régime capitaliste et ce dernier peut se servir de celui-là pour asseoir son emprise idéologique et économique. Le concept fumeux de « croissance verte » est à rejeter. D’ailleurs, lors des dernières marches pour le climat, les anarchistes de la section de New York de la Black Rose Anarchist Federation ont défilé sous les pancartes : « Le capitalisme vert ne nous sauvera pas », « La lutte pour le climat est la lutte de classe », etc.

Une fois que l’on a dit cela, il n’en reste pas moins vrai que les anarchistes sont sensibles à la question environnementale et s’impliquent fortement dans les luttes écologiques et sociales : contre les pollutions industrielles, contre la déforestation, contre le nucléaire, contre le vol des terres indiennes, par exemple, par des multinationales, contre les « grands projets inutiles » comme Notre-Dame-des-Landes, la zone du Testet en France, le mouvement No-TAV en Italie, etc. La Fédération anarchiste, dans ses motions, a exprimé que la décroissance libertaire doit s’attaquer à trois fronts principaux : les transports, l’agriculture et l’industrie des armes. Sur ces trois thématiques, nous avons développé des actions propres : campagnes pour les transports publics gratuits ; développement de réseaux de solidarité, de circuits courts, d’amap ; campagnes contre la guerre. Certaines idées trouvent des échos dans la société et se développent. D’autres ont encore besoin d’être approfondies. Toutes ont besoin de se développer. Mais ces « alternatives anarchistes en actes » ne suffiront pas à renverser la société capitaliste.

En 2004, la Fédération anarchiste écrivait :

« Le préalable à la mise en œuvre de cette décroissance est donc la disparition du capitalisme. Parce que ce système a besoin d’une croissance pour survivre, parce que sa logique propre est une dynamique suicidaire, il ne peut accomplir cette décroissance… sauf à supprimer massivement les populations pauvres, c’est-à- dire à perpétrer des génocides. La deuxième condition est la suppression de l’État, dans la mesure où cette dynamique capitaliste ne s’accélère qu’avec la collaboration des différents gouvernements : multiples subventions, mise en place d’infrastructures, prise en charge par la puissance publique de la formation, de la recherche, des coûts environnementaux, des pertes financières, cadre juridique sur mesure. […] Toute solution qui ferait l’économie d’une redistribution des richesses serait fatalement vouée à l’échec. Pour que la décroissance puisse être maîtrisée par les différentes populations, pour qu’elle n’ouvre pas la voie à la barbarie des conflits pour l’appropriation des ressources ou aux mesures draconiennes d’un totalitarisme, le problème doit impérativement être posé dans une perspective d’égalité économique et sociale, la gratuité des services publics pouvant constituer un levier essentiel dans cette construction. »

Dans cette lutte, toutes les initiatives populaires sont les bienvenues pourvu qu’elles se débarrassent des slogans « Sauvons la Terre » qui se ferait contre l’humanité dans une sorte d’anthropophobie (l’humanité disparaîtra, bon débarras !). Notre écologie sociale s’inscrit dans un projet de société égalitaire, solidaire, libertaire. La question sociale doit donc être reposée et nous rejoignons là la question de l’autogestion, de la gestion directe : qui produit ? Quoi ? Et comment ? C’est la question de la socialisation des moyens de productions, concept « barbare » et « daté » pour exprimer le contrôle par les populations des usines, des exploitations agricoles, des entreprises ; leur placement sous la gestion collective, voire leur démantèlement… en tous cas une réflexion collective sur ce que nous produisons et consommons, sur la façon de le faire et sur ce que cela entraîne comme conséquence.

Par exemple, nous sommes contre l’industrie nucléaire, qui implique une pollution des terres d’exploitation de l’uranium, des risques lors des transports, des maladies, des guerres, des menaces sur la santé et l’environnement, des catastrophes. Le nucléaire implique une société policière, centralisée. Nous sommes donc pour son démantèlement immédiat. Au contraire, nous souhaitons privilégier les alternatives de micro-énergie qui rendent la maîtrise de ce secteur aux populations qui se sont fait voler leur pouvoir de décision par de prétendus experts.

Le système capitaliste et les États insistent sur une prétendue croissance nécessaire. Leur logique est de maximiser les profits pour avoir quelques miettes à redistribuer, ou pas, aux populations. Et elles de tomber dans le panneau du produire plus. La remise en cause du productivisme doit nous amener à repenser la question du salariat, du temps de travail, des revenus, indexés ou non sur le travail, etc. Ces questions peuvent être débattues au sein des organisations anarchistes et des organisations de masse : syndicats, associations, etc. Elles trouveront leur débouché dans un vaste mouvement révolutionnaire autogestionnaire.

Déjà, en 1977, la Fédération anarchiste écrivait, dans sa Motion sur l’écologie : « Nous refusons le productivisme, idéologie par essence totalitaire (ne pas oublier que la phase de transition des bolchéviks, fondée sur un productivisme absolu, enterra la révolution russe). […] Nous croyons fondamentalement que la solution finale ne peut être que l’autogestion mondiale des ressources et la répartition égalitaire et fédéraliste de la production. Il est évident que la récupération électoraliste des luttes écologiques ne remettra pas en cause cette société. La Fédération anarchiste ne saurait donc pas soutenir d’une façon inconditionnelle le mouvement écologique dont la récupération politique ne fait aucun doute. […] C’est uniquement dans un processus visant à terme la destruction de l’État, la révolution libertaire, que les militants de la Fédération anarchiste participeront activement à la lutte écologique. Celle-ci n’est pas un accessoire, elle s’inscrit dans le cadre de la révolution sociale. »

Reprise et pratique du pouvoir par et pour le peuple: Le municipalisme libertaire ~ 1ère partie ~

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“L’État est une forme toute aussi ancienne que la commune, mais il y a cette différence: tandis que l’État représente dans l’histoire la négation de la liberté, l’absolutisme et l’artbitraire, la ruine de ses sujets, l’échafaud et la torture, c’est précisément dans l’affranchissement des communes contre l’État que nous retrouvons les plus belles pages de l’histoire…

Souvenons-nous de ces fédérations qui surgirent spontanément en Espagne et sauvèrent l’indépendance du pays lorsque l’état était ébranlé dans ses fondements par les armées conquérantes de Napoléo. Dès lors que l’État n’est plus à même d’imposer l’union forcée, l’union surgit d’elle-même, selon les besoins naturels. Renversez l’État et la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, libre et grandissant en solidarité par sa liberté même.”

~ Pierre Kropotkine (“La Commune”, 1882) ~

 

Le municipalisme libertaire, solution politique démocratique au cul-de-sac étatique qui nous opprime

 

Résistance 71

 

7 Novembre 2014

 

1ère partie

2ème partie

 

Nous vivons en ce début de XXIème siècle, la lente agonie historique des états-nation que nos oligarques, plus criminels qu’éclairés, veulent muter en dictature unique transnationale au gré d’une grille de contrôle drastique des populations qui déchaînera l’assouvissement totalitaire planétaire d’une clique de psychopathes eugénistes et suprémacistes.

S’il devient de plus en plus évident pour de plus en plus de monde que nous devons réagir avant qu’il ne soit trop tard et que le piège totalitaire ne se soit refermé sur nous, le plus grand nombre d’entre nous n’entrevoie pas encore la solution politico-sociale potentielle qui nous sauverait de ce marasme sanglant annoncé. Beaucoup d’entre nous voient et ressentent le besoin d’un changement de paradigme politique, mais le sentiment d’avoir épuisé toutes les “solutions” possibles en décourage plus d’un. Qu’avons-nous pas essayé au cours de l’Histoire ? La monarchie, l’empire, la monarchie constitutionnelle, la république en “démocratie” dite représentative (suffrage censitaire, suffrage universel), le fascisme, le communisme capitalisme d’état (marxisme) ? Rien ne fonctionne, qu’y a t’il d’autre à faire ? Avons-nous tout essayé ?

Dans une optique étatique, vraisemblablement… Mais est-ce là toute l’affaire ? Nous allons tenter de répondre à cette question.

Nous avons déjà traité ici-même de sujets importants à maîtriser pour une approche politique radicalement différente tels que l’État et sa contre-partie d’association volontaire fédérale et conféderale. Nous envisageons ici de passer du général au plus particulier, à savoir l’organisation des communautés de terrain en communes libres, émancipées et autogérées. A cet égard, nous étudierons une forme parfaitement adaptable et à géométrie variable qui a été appelée le “municipalisme libertaire” et qui prend sa source dans l’expérience du communalisme libertaire tel qu’il était envisagé, fut et est toujours pratiqué historiquement depuis les sociétés traditionnelles toutes cultures confondues.

De fait, l’histoire ne documente pas de période de véritable démocratie (décisions socio-politiques prises par et pour le peuple librement organisé de manière non-hiérarchique) du moins dans la longue durée, tant les systèmes qui s’en approchaient le plus (la cité athénienne, les cités médiévales, les sections parisiennes et autres…) ont été minés par des structures et concepts antinomiques à la liberté individuelle et collective tels que le patriarcat (fondement de la société de type autoritaire- pyramidale) et les institutions étatiques, qui par essence même sont aristocratiques et anti-démocratiques.

L‘histoire nous donne néanmoins des exemples où les peuples se sont organisés de manière plus démocratique qu’en suivant des institutions rigides organisées par un système bureaucratique de contrôle et de protection des privilèges du petit nombre d’oligarques placés au sommet de la pyramide d’abord politique puis sociale. Quels sont les exemples passés d’une telle expérience:

  • Athènes: Si la cité antique fonctionnait certes par assemblées populaires qui prenaient en charge les décisions politiques, celles-ci n’étaient composées que des quelques 40 000 citoyens mâles de souche qui avaient le droit d’y siéger. Les femmes, les étrangers, les Athéniens d’origine étrangère en étaient exclus. Athènes fonctionnait sur une base esclavagiste. L‘apogée de l’approche démocratique athénienne survint avec l’élection de Solon comme magistrat en chef de la cité en 594 av.J.C.
  • Les cités médiévales du XIème au XVème siècle:
    Sombrées dans l’oubli de manière bien convéniente pour les théoriciens et propagandistes de l’État, leur étude fut remis au goût du jour par Pierre Kropotkine dans son ouvrage: “L’entr’aide, facteur de l’évolution”.
    L’apogée de la commune médiévale peut être située entre le XIème et la fin du XIVème siècles. A cette époque, la monarchie absolue n’existait pas. Les nations européennes étaient morcellées et ni les rois, ni les princes de l’église n’étaient plus capables de contrôler les cités qui s’organisèrent internement pour la politique et le commerce extérieur. Ce fut l’apogée des grandes cités médiévales qui se fédérèrent en ligue gérées par les guildes marchandes. De grands noms émergèrent tels: Laon, Gent, Lièges, Ypres, Fribourg, Novgorod, Florence, Milan, Cremona, Bologne, Nüremberg. A terme, assiégées par les pouvoirs seigneuriaux locaux et royaux et surtout par leur incapacité à défendre et entretenir une relation fertile avec les populations vivant autour des cités, ces grandes communes médiévales laissèrent entrer le loup dans la bergerie et furent assujetties au pouvoir royal et à la hiérarchie ecclésiastique de leurs différents pays. Les plus de 3 siècles de leur existence amenèrent les grandes constructions, les cathédrales, le développement du commerce et l’autogestion des cités par les peuples qui ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour se défendre et prospérer.
  • Les sections parisiennes de 1792-93: Elles furent sans aucun doute le mouvement le plus démocratique que connût la révolution française. Les sections parisiennes fonctionnaient en mode d’action et de démocratie directes. Sur un plan politique, insufflée par le visionnaire Jean Varlet, le mouvement des Sections Parisiennes pensait, à juste titre, que la souveraineté populaire se devait d’être exercée par l’ensemble du peuple et non pas par une portion de celui-ci, fut-elle choisie par le moyen électoral. Paris fut divisée en sections dont chacune envoyait 6 délégués révocables à la Commune de Paris, dont la fonction essentielle était celle de coordinatrice des sections de la ville. Chaque section était divisée en différents comités comme ceux de la distribution alimentaire, de la finance, de la défense/police et de la surveillance du voisinage. Les sections étaient investies de la défense de Paris et chaque section possédait une unité d’artillerie, c’est à dire que la force d’auto-défense était entre les mains des citoyens, qui y participaient activement. En Juin 1793, les sectionnaires faillirent renverser la Convention et on peut toujours spéculer sur le devenir de la révolution si cette insurrection anti-bourgeoisie avait été couronnée de succès. Il est alors fort probable que le pouvoir ait été décentralisé vers une “confédération nationale d’assemblées sectionnaires”.
    Durant la dernière période des sections parisiennes, avant que Jean Varlet, Jacques-René Hébert, leaders des Enragés ne fussent arrêtés, il fut tenté d’organiser les sections parisiennes en contre-pouvoir populaire à la corruption de la révolution bourgeoise et il fut tenté d’instaurer une “Commune des Communes”, une confédération des communes et cités de France, qui aurait supplanté à terme la Convention Nationale corrompue.
    Mal représentée à dessein dans les livres d’histoire comme étant le temps de radicaux sanguinaires mettant en danger les “grandes idées” de la révolution issue des Lumières, il convient de replacer cette parenthèse authentiquement démocratique dans son juste contexte. Le mouvement des Sections Parisiennes fut sans doute la période où le peuple fut le plus en charge de sa destinée durant la révolution française et si les Jacobins, voyant le danger pour les intérêts bourgeois, n’y avaient pas mis violemment fin, la France serait sans doute bien différente aujourd’hui et qui sait, serait peut-être le modèle de la véritable démocratie. Les Sections Parisiennes demeurent à ce jour un remarquable exemple organisationnel de la démocratie directe et de la gestion de la chose publique de, par et pour le peuple.
  • La Commune de Paris de 1871:
    Ou quand le peuple parisien reprend le feuilleton là où l’avaient laissé les sectionnaires de 1792-93… Expérience de démocratie directe non dénuée d’erreurs fatales sur fond de guerre civile et de guerre impérialiste, Paris étant assiégés par les Prussiens qui ont battu la France à la bataille de Sedan. L’empereur Napoléon III est prisonnier, le gouvernement a fuit à Versailles et, comme cela se reproduira en 1936-39 en Espagne, les états se liguent contre le peuple en arme et en rébellion légitime pour l’écraser. Ainsi, fait unique dans l’histoire, les Prussiens vainqueurs rendent leurs armes à l’armée française vaincue pour que celle-ci puisse écraser dans un bain de sang (27000 morts chez les Communards dont au moins 17000 fusillés, 15000 condamnés et 7000 déportés dans les bagnes) le peuple en insurrection qui menace l’existence même de l’État et de l’ordre oligarchique bourgeois. Dans un environnement de guerre et insurrectionnel, la Commune de Paris vécut plusieurs mois en démocratie directe, entâché d’un retour à une forme de gouvernement plus centralisé. Pierre Kropotkine dira en 1882: “C’est de l’état que cherchera la commune d’aujourd’hui à s’affranchir !”
  • Les communes anarchistes de la révolution espagnole de 1936-39:
    L’anarchisme et le communalisme libertaire existait en Espagne depuis 1868 après une grande divulgation des idées de Michel Bakounine et Pierre Kropotkine. L’anarcho-syndicalisme monta en puissance et la CNT-AIT espagnole avait plus d’un million de syndicalistes adhérents en 1936, dans une Espagne où le marxisme et le Parti Communiste Espagnol avait une très faible influence et étaient quasiment inexistants.
    Lors de la guerre civile, un grand nombre de communes des provinces d’Andalousie, de Catalogne, des Asturies et du Levant furent auto-gérées par le peuple. A Barcelone, la ville entière fut auto-gérée par le peuple et malgré les difficultés conjoncturelles, les gens s’y épanouirent avant que les États ne finissent par se liguer pour y mettre fin.
    La révolution sociale libertaire espagnole fut vaincue par la coalition des états fascistes brun (Franco, Mussolini, Hitler), rouge (Staline et l’URSS) et des “démocraties représentatives” modérées telles la France (du Front Populaire, donc soi-disant de “gauche” ne l’oublions pas…) et le Royaume-Uni, qui fermèrent leurs frontières, la France enfermant même les réfugiés espagnols dans des camps frontaliers.

Depuis le XVIème siècle et l’avènement définitif des états-nation, les peuples vivent sous la coupe oligarchique règlementée de gouvernements dont le niveau de totalitarisme n’est finalement qu’une question de degré d’imposition par la même clique de contrôleur que sont les oligarques en chef, aujourd’hui les financiers et gros industriels transnationaux, qui sont parvenus finalement à s’assujettir l’ensemble des systèmes de pouvoir de la planète.

Ce que nous vivons de nos jours n’est que le début de l’étape finale vers une dictature globale que l’oligarchie appelle depuis des lustres son “Nouvel Ordre Mondial”.

Pour empêcher cette dictature eugéniste de prendre corps, il convient pour les peuples de sortir du paradigme politique imposé en réalisant qu’il y a eu une vie avant l’État et qu’il y en a une après. Nous devons cesser de faussement assimiler les termes d’État et de société en une équation État = Société que peu de personnes semblent vouloir ou capables de remettre en cause. C’est bien pourtant par là qu’il faut commencer !

Pour ce faire, nous devons réaliser la synthèse politique et historique de ce que nous avons vécu jusqu’ici et cette synthèse peut-être nommée le “communalisme ou municipalisme libertaire” ou comme les camarades Kurdes l’ont nommé le “Confédéralisme Démocratique”, peu importe de fait la terminologie, ce qui compte est le concept et surtout sa mise en pratique, comme cela est déjà fait depuis 1994 au Chiapas au Mexique avec le mouvement zapatiste de l’EZLN et depuis une dizaine d’année dans les provinces kurdes du nord de la Syrie (Rojava, Kobané) qui défraient de nos jours la chronique par leur héroïque résistance à l’armée mercenaire prétendûment islamiste de l’empire colonial occidental qu’est l’EIIL/EI.

Pour mieux comprendre ce concept, analysons ce qu’est une “municipalité libertaire”…

“Le municipalisme libertaire, par contraste avec l’état-nation et ses institutions, est une philosophie politique révolutionnaire qui vise à évincer à la fois le capitalisme et l’état-nation de la société et de les remplacer par des relations sociales bien plus humaines et coopératrices.” (Janet Biehl, 1998)

Si à la fois Michel Bakounine et Pierre Kropotkine ont posé les jalons du communalisme libertaire, le concept a été développé plus avant par l’ex-militant marxiste américain devenu anarchiste Murray Bookchin, qui a ajouté au municipalisme libertaire une dimension d’écologie sociale. Décédé en 2006 à l’âge de 85 ans, il est succédé par sa disciple Janet Biehl que nous avons citée ci-dessus. Militant, auteur et historien de l’anarchisme prolifique qui écrivit entr’autre une superbe historiographie des anarchistes espagnols: “The Spanish Anarchists, the Heroic years 1868-1936” ainsi que des essais sur l’écologie sociale et le municipalisme libertaire (bibliographie en français plus complète en fin d’article), Bookchin peut-être considéré comme le “père” du municipalisme libertaire et écologique moderne.

Pour mieux cerner le concept et la mise en pratique du municipalisme libertaire, nous nous réfèrerons et citerons le livre résumé de Janet Biehl : “La politique de l’écologie sociale: Le municipalisme libertaire” (édition anglaise, Black Rose Books, 1998).

Le municipalisme est le regroupement politique de communes, de municipalités autogérées. Ces assemblées librement choisies transcendent l’individu d’entité individuelle et groupes citoyens qui se reconnaissent les uns les autres et agissent de concert pour le développement collectif et le bien commun de leur communauté au sens strict et au sens élargi.

Une des caractéristiques fondamentale de ce mode d’organisation sociale est sa décentralisation.

Au lieu d’avoir une entité bureaucratique appelée Mairie, s’occuper de démarches souvent futiles, une grande partie pourrait-être effectuée au niveau local des quartiers, ces mêmes quartiers développeraient par exemple des espaces verts, non pas seulement de parcs de loisir et de détente, mais aussi de jardins potagers à l’échelle d’un ou plusieurs quartiers où les citoyens résidents cultiveraient leurs propres fruits et légumes (ce concept existe depuis longtemps à Cuba par exemple…). Les écoles, universités, cliniques et hôpitaux n’auraient pas a être “décentralisés”, mais des dispensaires de santé et éducatif pourraient voir le jour dans les quartiers de voisinage, où la vie deviendrait autre que l’actuelle vie de voisinage de cités dortoirs. L’ensemble de ces services seraient autogérés par la population elle-même, les décisions à prendre se faisant en réunion d’assemblées de voisinage où tout le monde décide et a son mot à dire. Ceci induira une démocratisation réelle et accrue.

La structure fondamentale de toute démocratie directe est l’assemblée générale citoyenne d’une zone donnée où les citoyens se réunissent, délibèrent et décident des choses à faire collectivement. La méthode de décision se fait par vote. Il y a deux possibilités: le vote majoritaire, qui est toujours possible mais à notre sens anti-démocratique, car ce type de vote conduit à ce que l’on peut qualifier de dictature de la majorité, meilleure moyen pour maintenir une société divisée… Notre vision est celle du consensus à l’unanimité (ce qui sera bien plus facile à achever lorsque les citoyens œuvrent vraiment pour le bien commun…). Ces assemblées doivent se réunir à intervalle régulier dans les lieux communs de voisinage: salle des fêtes, théâtre, gymnase, voire dehors en place publique si la météo le permet. Chaque assemblée suivra une série de règles simples procédurières pour la bonne tenue des débats, tous les citoyens ayant eux-mêmes agréé à cette série de règles. Les sujets à discuter seront décidés en avance au gré des besoins et les citoyens pourront se préparer ainsi à des discussions constructives et informées. Le débat étant essentiel, il sera encouragé. Beaucoup de personnes peuvent se sentir inhibées, concernées, mais timides ou impressionnées par ce type de réunion publique. Comme le vieil adage le dit si bien “c’est en forgeant qu’on devient forgeron”… C’est donc en débattant et en participant qu’on devient un véritable citoyen et non pas comme aujourd’hui, dans nos sociétés aseptisées de la délégation de pouvoir, réduits à des contribuables, votards et consommateurs compulsifs… Ceci ne pourra qu’améliorer la qualité de la prise de décision, car en fin de compte c’est bien sûr de cela qu’il s’agit.

La construction d’un mouvement de municipalisme libertaire passe par la base, l’individu, qui s’étant documenté et éduqué se rassemble dans sa communauté avec des personnes ayant fait de même. Il convient dès lors de procéder à une sorte d’éducation populaire pour favoriser ce qu’on appelle “l’effet boule de neige”. Enseigner aux autres permet également de tester et de rafiner ses propres connaissances ainsi que de peaufiner la communication et l’entente avec les autres citoyens ayant les mêmes désirs de changement politique. Il apparaît que très souvent, bien des gens pensent de la même façon, entrevoient les mêmes solutions mais ont du mal à articuler une méthodologie d’action. Le faire ensemble aide et développe le sentiment de coopération et d’entr’aide qui comme l’a démontré Pierre Kropotkine, sont des éléments évolutifs essentiels de l’espèce humaine.

Dès que la confiance est là, le groupe ainsi constitué doit se promouvoir au sein de la communauté et commencer à expliquer aux autres comment les choses pourraient se passer entre citoyens compétents et éclairés. A cet égard l’éducation du public est très importante pour gagner en audience et en intérêt. Les conclusions de réunions peuvent être écrites, imprimées, postées sur les réseaux sociaux etc… Cela fonctionne un peu comme un parti politique de nos jours à la grande différence que cela est participatif à 100%, complètement décentralisé, sans chef, sans hiérarchie, sans bureau directeur, sans cotisations etc… Le tout étant totalement géré par les citoyens militants.

De là les réunions en assemblée deviennent nécessaires. Les réunions doivent se concentrer sur les problèmes de la communauté et sur les décisions à prendre ou l’influence à exercer en commun. Un coordinateur de séance peut être désigné pour garder les débats dans ce qui a été décidé préalablement et éviter ou limiter les digressions et les hors-sujets.

Plus le groupe de la communauté adresse des sujets pertinents et agit en conséquence, plus il attirera de personnes qui s’associeront volontairement aux efforts de changement politique directs. Il sera parfois nécessaire d’entrer en désobéissance civile avec les instances étatiques et une stratégie appropriée devra être préalablement discutée. L’idée est de construire des groupes autonomes, traitant localement du plus de problèmes quotidiens de la communauté afin de gagner une audience et une participation volontaire du plus grand nombre.

A ce titre, les assemblées et les actions de démocratie directe citoyenne, hors institution, deviennent pas à pas un contre-pouvoir efficace et incontrournable amenant toujours plus de citoyens à le rejoindre volontairement.

Il est important de continuer l’éducation populaire et que les membres originels du groupe s’enrichissent et coopèrent avec le collectif. Ceux-ci doivent être périodiquement rappelés par la base que le mouvement est décentralisé et “sans chef”. Lorsque le mouvement fait “boule de neige” dans d’autres communautés, des délégations pourront y être envoyées. Chaque délégation temporaire étant composée de portes-parole désignés ou mieux tirés au sort sur une base tournante, qui n’ont aucun pouvoir exécutif, se réfèrent à la base, sont révocables à tout moment et dont le mandat ne dure que le temps de la délégation.

C’est sur ce principe que seront ultérieurement fondées tous types de délégations au niveau de la fédération et de la confédération des communes libres.

L’objection classique à ce type organisationnel politique des citoyens est la taille de la communauté. Il est vrai que ceci est un peu plus facile dans des communautés réduites en zones rurales par exemple. Comment procéder dans de plus gros centres urbains ? C’est ce que nous allons voir maintenant en suggérant une méthodologie pratique.

A suivre…

Résistance politique: Application française de la petite école zapatiste du Chiapas…

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Des Cévennes à l’Ariège en Juillet 2014: La “petite école buissonnière”

 

La Voie du Jaguar

 

20 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/Petite-ecole-buissonniere-des

 

Nous étions quelques-uns à avoir participé à l’école « La Liberté selon les zapatistes » dont les sessions ont eu lieu début août 2013, fin décembre 2013 et début janvier 2014 dans les zones zapatistes des cinq Caracoles au Chiapas. C’était pour nous comme un engagement moral, pris auprès des zapatistes qui nous avaient reçus, de transmettre autour de nous (dans la mesure du possible) ce que nous avions appris au cours de cette semaine de « classe ». Outre cet engagement, nous étions aussi animés par l’idée d’une rencontre avec celles et ceux qui, au cœur du monde capitaliste, dans des conditions difficiles et contraires, cherchent à construire, à inventer une vie commune.

Nous pensions qu’un échange entre les luttes et les résistances des peuples zapatistes du lointain Mexique face à l’offensive du monde marchand et la recherche d’alternatives de vie ici, dans la vieille Europe (limitée au Sud-Ouest français), pouvait être fructueux, cela malgré la disproportion qui pouvait exister entre les deux expériences : celle des peuples indiens cherchant à reconstruire une vie sociale autonome dans des conditions extrêmement hostiles (présence de l’armée mexicaine, groupes paramilitaires) mais en s’appuyant sur une tradition de vie commune forte ; celle de groupes et d’associations d’individus qui trouvent dans la lutte la matière d’un savoir-vivre ensemble. C’est ainsi que des contacts furent pris avec des associations, des collectifs, des groupes et qu’une tournée d’une dizaine de jours fut organisée. Elle nous a conduits des Cévennes aux Pyrénées du 17 juillet au 26 juillet de l’année 2014.

Dans la salle communale de Saint-Privat-de-Vallongue, en Lozère, nous avons guidé la visite d’une exposition de photos et textes sur l’Escuelita et les écoles zapatistes et nous avons informé les gens rencontrés sur la reconstruction de la clinique et de l’école à La Realidad suite à l’agression des paramilitaires.

Nous avons rencontré à Saint-Victor-et-Melvieu, en Aveyron, des membres d’associations en lutte contre un projet de transformateur et contre la construction d’éoliennes. L’opposition des peuples zapotèque et huave de l’isthme de Tehuantepec à l’envahissement de leurs terres communales par les aérogénérateurs, présentée à partir du petit documentaire Somos viento a donné une dimension internationale aux luttes locales.

À Marcillac, nous avons été reçus au Guingois, lieu de rencontre où l’expérience de construction d’une autonomie sociale par les peuples zapatistes a particulièrement intéressé les habitants de la ferme de Pruines, ferme achetée et gérée collectivement depuis trois ans et demi.

Le 21 juillet nous nous trouvions à la librairie Plume(s) à Millau pour la présentation du livre de Guiomar Rovira Femmes de maïs ; un débat s’engagea ensuite avec des membres du réseau des faucheurs volontaires anti-OGM, du réseau antifasciste No pasarán et de la radio libre Radio Larzac sur la place des femmes dans le mouvement zapatiste.

La rencontre avec L’Ouvert du Canal, association de voisins habitant un espace collectif à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse (à laquelle s’étaient joints des amis toulousains), a permis une discussion sur la notion de territoire comme lieu de vie.

Le mercredi 23 juillet, nous étions invités dans le Tarn, à La Fontié, ferme rachetée il y a peu de temps par un collectif inspiré par le mouvement zapatiste cherchant à se doter des moyens d’une vie collective en « ruptures » avec les injonctions du monde marchand. Ils nous ont fait part des difficultés rencontrées et des compromissions qu’ils sont amenés à faire.

Ensuite nous sommes allés à Vaour. Nous avons été reçus à la ferme de Martre où une discussion s’est engagée sur la différence entre le mouvement zapatiste et les expériences de « revitalisation » des liens sociaux entreprises par de petits groupes d’individus de-ci de-là. Le soir, à Vaour, ceux qui avaient participé à l’Escuelita ont raconté leur séjour dans une communauté zapatiste, les initiatives qui y sont prises et l’organisation politique.

L’École buissonnière s’est terminée le 26 juillet à Saint-Girons, en Ariège (Pyrénées). Un passionnant débat s’est engagé au Palmier, lieu autogéré, sur les luttes et les résistances sociales d’un côté à l’autre de l’Océan, entre la résistance des peuples indiens face à l’offensive destructrice de l’environnement du monde capitaliste (mines, éoliennes, barrages, destruction des forêts…) et la résistance des villages pyrénéens (gaz de schiste, exploitation de la biomasse, déforestation…), comme celle de la commune de Camarade s’opposant à l’installation d’éoliennes sur ses terres.

Nécro-agriculture: La horde malfaisante OGM (Monsanto, Syngenta, BASF, Novartis, etc…) à l’assaut de l’Afrique…

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Les multinationales des nécro-technologies à l’assaut des semenciers industriels africains

 

Dominique Guillet

 

12 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://blog.kokopelli-semences.fr/2014/10/les-multinationales-des-necro-technologies-a-lassaut-des-semenciers-industriels-africains/

 

L’Association Kokopelli vient de publier une analyse encore plus complète des Catalogues Nationaux du GNIS, en particulier en ce qui concerne les espèces de grande culture (Maïs, Orge, Soja, Tournesol, Blé et Colza) afin de mettre en valeur que seules quelques multinationales des nécro-technologies contrôlent la quasi-totalité des variétés (ou clones) inscrites dans ces catalogues. (1) Le quatrième semencier du monde, Limagrain, est en première position, dans les Catalogues Français, pour la plupart des espèces potagères et pour quelques espèces de grande culture, dont le maïs et l’orge. Ce sont, ainsi, quatre groupes qui contrôlent 60% des 1425 variétés F1 de maïs – enregistrées dans le catalogue du GNIS – dont Limagrain, Monsanto et Syngenta. Alors que nous commencions à faire circuler cette analyse, Vandana Shiva nous fit parvenir l’alerte sonnée par certaines alliances Africaines qui s’insurgent contre une nouvelle vague de rachat de semenciers Africains par les-dites multinationales, à savoir Limagrain, Monsanto, Syngenta et DuPont (Pioneer Hi-Bred).

Avant de passer en revue les derniers épisodes de cette nouvelle offensive à l’encontre de l’autonomie Africaine, il nous parait important de bien souligner que les multinationales de la semence et de l’agrochimie n’ont pas attendu de racheter les semenciers industriels Africains pour envahir le continent avec leurs technologies biocidaires. Rappelons qu’en 2004, par exemple, au Sénégal, alors que l’Association Kokopelli oeuvrait depuis plusieurs années afin de disséminer des semences de Vie et que nous tentions de briser les inerties locales (et les routines bien confortables de certaines ONGs) afin d’installer une banque de semences dans la région de Guédé, près du Fleuve Sénégal, nous avons été les témoins de la distribution de sacs de semences de maïs, par le gouvernement, qui ne portaient aucune mention d’origine, aucun nom de variété… Ces maïs croissaient fort bien mais sans produire d’épis! Il s’avéra que les paysans Sénégalais étaient vraisemblablement les cobayes, à leur insu, d’expérimentations avec des variétés de maïs transgéniques de Monsanto – variétés qualifiées subséquemment de thermo-réactives par des groupes de paysans de l’Inde qui en furent également les victimes.

Monsanto sévit en Afrique du sud depuis 1968, avec 19 herbicides homologués, et il y introduisit son Roundup vers 1975. Il est relativement facile de retracer son histoire car Monsanto n’a pas changé de nom: cette multinationale assume, sans vergogne et sans états d’âme, son image dévastée par une pléthore de scandales au fil des années: agent orange au Vietnam, hormone bovine, procès à l’encontre des paysans US, effets dévastateurs du glyphosate, corruption des hommes politiques, etc. D’autres multinationales sont plus enclines à pratiquer l’art du rideau de fumée et il est parfois difficile de s’y retrouver dans le labyrinthe des changements de dénomination, dans les fusions, dans les prises d’actions minoritaires et majoritaires, dans les partenariats… C’est le cas de Syngenta, créée en 2001, mais qui sévit, aussi depuis 1968, en Afrique du sud par exemple, avec l’un des herbicides les plus mutagènes de la planète, l’atrazine, commercialisée par Geigy, par Ciba-Geigy, par Novartis…

“Novartis”, le nouvel art en latin, à savoir, dans le cas des multinationales de la mort, l’art de mentir, de bluffer, de menacer, de corrompre, de s’affubler de logos pompeux “sciences de la vie” tout en détruisant la biosphère, tout en envoyant ses milices assassiner les paysans en Paraguay, par exemple.

Syngenta initie, ainsi, sa dynamique de rachats semencière en Afrique par une offensive en justice pour lutte contre les monopoles! On croit rêver. En effet, en 2012, Syngenta attaque devant les tribunaux (3) (au titre de la lutte anti-trust!!) pour empêcher DuPont (Pioneer Hi-Bred) d’acquérir Pannar Seed, en Afrique du sud, au prétexte que Monsanto et DuPont seront dans une situation de monopole dans ce pays – qui constitue, en fait, la source principale du business de Syngenta sur le continent Africain. Syngenta est débouté et décide de reporter ses ambitions d’envahissement de l’Afrique, un peu plus au nord, à savoir sur le Ghana, la Tanzanie, la Mozambique, la Côte d’Ivoire…

En 2012, Syngenta déclare que le marché Africain des semences, estimé à 1,5 milliard de dollars (3% du marché mondial des semences) va doubler et que le marché Africain des herbicides et autres biocides, estimé à 1 milliard de dollars (2% du marché mondial) va quadrupler dans les 10 années à venir.

En 2013, Syngenta annonce «qu’elle va acquérir MRI Seed Zambia Ltd et MRI Agro Ltd (MRI), un des leaders du développement, de la production et de la distribution de semences de maïs blanc en Zambie. Les perspectives de croissance du marché de maïs blanc sont considérables et ces cultures sont essentielles au devenir de la sécurité alimentaire de l’Afrique.» (2) Le rachat de cette compagnie semencière de Zambie est finalisé en fin d’année 2013 et il est accompagné de la litanie habituelle, de type Orwellien, des multinationales des nécro-technologies, à savoir: renforcement de la sécurité alimentaire, prospérité des petits paysans, développement durable, solutions intégrées, développement des communautés rurales, productivité accrue de 50% et plus, préservation des potentiels des sols, etc. Et sur le plan du business pur et dur, Syngenta déclare s’engager à créer un marché de l’ordre d’un milliard de dollars d’ici 2022, en Afrique, en y investissant 500 millions de dollars. On ne sait d’ailleurs pas quel type de variétés hybrides F1 de maïs distribue actuellement MRI Seed Zambia car leur site internet est en reconstruction. Il n’existe pareillement aucune information sur MRI Agro si ce n’est le fait qu’ils sont en partenariat avec USAID (le fer de lance des multinationales), ce qui est toujours une mauvaise nouvelle pour l’autonomie des peuples.

Ce rachat constitue une belle aubaine pour Syngenta car MRI est réputé posséder l’une des plus belles collections de ressources génétiques “maïs”, en Afrique, avec des variétés adaptées à des milieux tempérés, sub-tropicaux et tropicaux. Gageons qu’une partie de cette collection de maïs Africains est, aujourd’hui, bien au froid dans la morgue de Svalbard en Norvège. Les multinationales des nécro-technologies sont très friandes de ce biopiratage à grande échelle. On se rappelle que le même Syngenta tente de s’approprier, en 2002, de l’immense collection de riz de l’Université Agricole Indira Gandhi à Raipur en Inde, créée par le très respecté Professeur Richcharia: 19 000 variétés de riz traditionnels.

C’est donc en 2013 également, en juillet, que Pioneer Hi-Bred finalise son rachat de la société semencière d’Afrique du sud, Pannar Seed, après avoir convaincu les tribunaux d’Afrique du sud de sa bonne foi et de ses objectifs humanitaires. C’est selon un document interne de ces tribunaux (4) et selon les termes de Pioneer «un mouvement stratégique préventif à l’encontre de la compétition». De la compétition humanitaire, s’entend, au service de la prospérité de l’Afrique! En effet, si l’on en croit le site internet de Pioneer Hi-Bred, leur présence en Afrique n’est motivée que par le souci de bien-être des communautés rurales, le développement durable, l’éducation des jeunes, l’amélioration de la nutrition des populations…(19). Extrêmement pathétique. L’art du rideau de fumée, une nouvelle fois.

Qui est Pannar Seed (5): une entreprise créée en Afrique du sud en 1958 et qui a commencé à créer ses propres hybrides F1 de maïs dès les années 1960. Pannar se considère comme un membre important et respecté de l’industrie semencière internationale. Pannar possède plusieurs filiales dont Kombat (Afrique du sud. Agrochimiques), Pidelta (Afrique du Sud. Production de semences hybrides F1), Starke Ayres (Afrique du sud. Semences de légumes et de fleurs), Kay Star Seed/King Seed (South Dakota aux USA. Racheté en 2001) et Pau Seeds (USA. Semences de maïs. Racheté à Bayer en 2005).

Pannar Seed est considérée comme l’entreprise semencière la plus importante en Afrique avec une présence déclarée dans une vingtaine de pays du continent. Tout comme le semencier MRI, c’est une belle aubaine sur le plan du biopiratage car ce rachat confère à Pioneer Hi-Bred la main-mise sur l’une des plus vastes collections en ressources génétiques “maïs” d’Afrique – l’héritage peut-être de milliers d’années de sélections paysannes car il est quasiment certain que le maïs, en Afrique, ne date pas de Christophe Colomb.

Si l’on en juge par les photos de leur site internet, Pannar Seed pratique l’intégration raciale selon un mode que d’aucuns considéreraient quelque peu vieillot: à savoir les blancs dans les équipes de direction, et les équipes commerciales bien sûr, et les noirs dans les champs. Pas une once d’exclusivité, non plus, dans leur alliances transgéniques: Pannar Seed distibue des maïs chimériques intégrant tout autant les “événements de transformation” de Monsanto (Technologies YieldGard et Roundup Ready) que ceux de Syngenta (Technologies Agrisure de lutte contre la pyrale et de tolérance au glyphosate) ou que ceux, encore, de Pioneer (Technologies BioGene). L’universalisme génétique de Pannar va même jusqu’à intégrer la technologie Clearfield de BASF dans les variétés de tournesols hybrides F1 qu’ils créent et commercialisent en Europe et en Amérique Latine.

Rappelons que la technologie Clearfield de BASF consiste à pouvoir inonder les champs de tournesols libéralement avec l’herbicide Pulsar, l’imazamox, (appartenant à BASF) sans que les tournesols en soient quelque peu génés quant à leur croissance. La dissémination, en toute impunité, de ce type de variétés résistantes aux herbicides, à d’autres espèces agricoles, (par le biais de la mutagenèse) a pour conséquences une augmentation considérable des quantités d’herbicides utilisées dans les champs et surtout l’émergence de plus de 400 espèces d’adventices, sur la planète, devenues totalement résistantes aux herbicides. D’ailleurs, cette semaine-même, la Weed Science Society of America (9) vient de publier un nouveau rapport pour récuser deux mythes concernant les “super-weeds”, ces adventices qui ont la capacité de métaboliser sans soucis tous les herbicides du monde. Selon eux, tout d’abord, s’il est vrai que le transfert de gènes existe entre les plantes cultivées et les adventices, la résistance de ces dernières relèverait surtout de la très mauvaise habitude des agriculteurs de n’utiliser qu’un seul type d’herbicide. La Weed Science Society of America prône donc un universalisme herbicidaire et conseille aux agriculteurs de concocter des coktails d’herbicides dont le marché abonde grâce à la diligence de Monsanto, de Syngenta, de DuPont, de Bayer, de BASF… Secondement, selon eux, les “super-adventices” n’existeraient pas: ce sont simplement des adventices résistantes aux herbicides mais qui ne sont pas plus agressives que leurs cousines non résistantes, en l’absence d’herbicides. Très intéressant mais on ne voit pas quelle différence cela fait pour les agriculteurs qui sont souvent (depuis 10 ans) obligés d’abandonner leurs cultures de soja ou de maïs à la voracité de ces adventices évolutives. Il n’est pas précisé, sur leur site, quelle est la source de leurs financements.

Et pour en finir avec l’universalisme biocidaire de Pannar, la société distribue également des variétés de blés dont les semences sont directement enrobées des fongicides de Bayer et des semences de soja Roundup Ready de l’incontournable Monsanto. Pannar Seed est, en effet, une entreprise semencière bien respectable de l’industrie semencière internationale!

Quid, d’ailleurs, des malfaisances semencières, en Afrique, du n°1 des nécro-technologies? Monsanto est un pionnier des «mouvements stratégiques préventifs à l’encontre de la compétition» sur ce continent. C’est, en effet, en 1998 et en 2000, que Monsanto a acheté deux des plus grandes compagnies semencières d’Afrique du Sud, Carnia et Sensako (en licenciant (8), par la même occasion, 25% de leurs employés au titre de la restructuration et consolidation). En 1970, Sensako fut la première entreprise semencière d’Afrique à mettre en place un programme de développement de variétés de blés hybrides F1. En 1980, Sensako établit un partenariat avec la société Dekalb (qui est rachetée par Monsanto en 1998 pour 2,3 milliards de dollars) et le premier blé hybride F1, SNK 108, est proposé en Afrique du sud en 1982. Durant les années suivantes, Sensako continue ses programmes de recherche en blés hybrides en utilisant des agents d’hybridation, produits par Schell, et fournis par l’entreprise semencière Nickerson (rachetée par Limagrain en 1990). Parallèlement à ces recherches, l’entreprise agro-alimentaire Cargill propose, vers la fin des années 1980, trois variétés de blés hybrides – Carina, Caritha et Carrol – créées par la société semencière d’Afrique du sud, Carnia, que Cargill rachète d’ailleurs à Omnia (société de fertilisants de synthèse en Afrique du sud) en 1997 et qui tombe dans l’escarcelle de Monsanto, en 1998, lorsque ce dernier rachète le secteur semences de Cargill.

Ces transactions permettent, à l’époque, à Monsanto (déjà très présent depuis 1968 en Afrique du sud) de s’accaparer d’une partie importante du marché des semences de maïs et de blés du pays (et de continuer à obliger les paysans à utiliser son Roundup alors que le glyphosate est tombé dans le domaine public). En 2004, le marché des semences de maïs y représente déjà 160 millions de dollars et en 2013, 350 millions de dollars – pour les seuls maïs F1. Cette même année 2004, le Catalogue National d’Afrique du sud présente plus de 400 variétés hybrides F1 (et transgéniques pour la grande majorité) de maïs jaunes ou blancs commercialisés par 18 compagnies dont 4 seulement  en contrôlent la quasi-totalité: Pannar (40%), Monsanto (23%), Pioneer Hi-Bred (18%) et Syngenta (16%). Quant aux variétés de blés hybrides F1 de la liste, Monsanto en contrôle alors 48%.

Quinze années plus tard, Monsanto vient de récidiver dans le secteur semences Africain par le biais de son partenaire Indien Mahyco (dont il possède 26% du capital). En effet, le semencier Mahyco vient de racheter au semencier Africain, SeedCo, une grande partie des actions qu’il possède dans Quton – l’unique compagnie semencière Africaine de coton qui est basée au Zimbabwe. Cette transaction manque, en fait, quelque peu de clarté car le directeur de SeedCo, Morgan Nzwere, évoque un rachat de 43 à 49% des actions pour un montant d’environ 10 millions de dollars tandis que l’Agence Ecofin mentionne un rachat de 60% des actions de Quton. Mahyco n’a pas encore issu de communiqué de presse en Inde concernant ce rachat qui aurait dû être finalisé d’ici la fin septembre 2014. Morgan Nzwere aurait affirmé que «Le business des semences cotonnières est actuellement un véritable cauchemar, à l’instar de l’industrie cotonnière en générale. Aussi désirons-nous nous en désengager de façon significative.»

En Inde, Monsanto et Mahyco ont créé une joint venture à 50/50, Mahyco-Monsanto Biotech (MMB), dont l’objectif déclaré est de sous-traiter les technologies transgéniques Bollgard et Bollgard II à 28 compagnies semencières de l’Inde afin qu’elles intègrent elles-mêmes ces technologies au génome des 300 variétés hybrides F1 de coton qu’elles commercialisent dans le pays. Ainsi que l’évoque Million Belay (7), le coordinateur de l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA), ce n’est sûrement pas fortuit que Mahyco/Monsanto jette son dévolu sur l’unique société semencière Africaine productrice de semences de coton. De plus, toujours selon Million Belay, Quton serait l’unique société semencière Africaine proposant des variétés de coton non-hybrides, à savoir en pollinisation ouverte. Nous n’avons pas pu vérifier cette information car il n’existe pas, sur internet, de présentation officielle des semences distribuées par Quton. Le site officiel de SeedCo, très étrangement, ne présente aucune information sur la page consacrée à sa filiale Quton (18). Les seules informations disponibles sur la toile mentionnent le fait que Quton a reçu des prix d’excellence de par l’introduction de nouvelles variétés de coton transgéniques intégrant des résistances aux herbicides et aux insectes.

Rappelons que les variétés de coton transgénique de Monsanto sont un désastre avéré en Inde, qu’elles ont provoqué le suicide d’un nombre incroyablement élevé de paysans et qu’elles ont éliminé des terroirs de l’Inde toutes les variétés traditionnelles paysannes en pollinisation ouverte. Le rachat partiel de Quton par Mahyco/Monsanto est bien sûr la porte ouverte à un tel processus d’érosion génétique en Afrique sans parler du fait que Mahyco/Monsanto peut maintenant s’accaparer des variétés traditionnelles de coton sélectionnées par la paysannerie Africaine. Et par là-même, empêcher que ces variétés en pollinisation ouverte trouve le chemin de l’Inde afin que Mahyco/Monsanto puisse conserver son hégémonie 100% F1 (et transgénique de préférence) sur le sous-continent. De plus, Mahyco ne fait pas l’unanimité en Inde et commence à se confronter avec un certain nombre de difficultés. Ce n’est, donc, sûrement pas une coincidence si la directrice de Mahyco, Usha Barwale Zehr, vient d’être récemment nommée (6) au conseil d’administration de l’AGRA (l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique), un gang criminel mené par Kofi Annan et composé des pires psychopathes de la mafia de la pétro-pharma-agrochimie, dont l’objectif est de piller l’Afrique de ses richesses et de mettre en place un eugénisme discret mais toujours plus performant. La mort de 36 000 personnes, tous les jours, par affamement, accompagnée de quelques larmes de crocodiles de la FAO, n’est-elle pas une forme d’eugénisme discret mais performant alors que tous les ans 1700 milliards de dollars sont dépensés pour les armements dans le monde entier?

Et toujours dans le même registre du positionnement de l’Inde dans les affaires semencières de l’Afrique, ce n’est sûrement pas une coincidence, non plus, si un partenariat a été signé récemment, en novembre 2012, entre Krishidhan Seeds (23), Arcadia Biosciences, ICRISAT en Inde et USAID (24) afin de développer de nouvelles variétés transgéniques de millet pour l’Afrique.

Qu’en est-il maintenant de la position, en Afrique, du quatrième larron du Gang des quatre premières multinationales de la semence, à savoir Limagrain? En 1999, alors que Monsanto initie la dynamique de rachat des plus grands semenciers de l’Afrique, Limagrain s’installe discrètement en Afrique du sud par le biais de trois de ses filiales, Harris Moran (USA, rachetée en 1997 à Rhône-Poulenc), Clauze (rachetée en 1997) et Tézier (rachetée en 1979) en formant CHMT Seeds. Il semble ensuite que Limagrain se préoccupe avant tout de consolider son programme de rachat (initié en 1975 avec le rachat de Vilmorin) de dizaines de sociétés semencières et agro-alimentaires dans les autres continents du monde (France, USA, Japon, Belgique, Hollande, Israël, Brésil, Chine, Australie, Chili, …) car il faut attendre l’année 2013 pour que Limagrain reparte à la chasse aux semences sur le continent Africain. C’est en effet cette année-là que Limagrain acquiert la compagnie semencière Africaine, Link Seed, à hauteur de 80% de son capital. Cette compagnie d’Afrique du sud ne commercialise que des variétés hybrides F1 de maïs, et des variétés de soja, intégrant toutes les technologies chimériques de Monsanto: Roundup Ready and YieldGard.

«Avec cette opération Vilmorin & Cie renforce la mondialisation de son activité en semences de maïs et poursuit son implantation stratégique sur le marché africain… Cette prise de participation majoritaire, à hauteur de 80 % du capital de la société, permet à Vilmorin & Cie de s’implanter durablement sur un marché d’avenir où les semences génétiquement modifiées sont déjà très largement adoptées par les agriculteurs.»

En 2013, également, Limagrain acquiert 15% de SeedCo, une compagnie semencière basée au Zimbabwe. Cette compagnie vient juste de déclarer (17) que Limagrain va investir une seconde tranche de 28 millions de dollars, d’ici la fin de l’année 2014, montant ainsi son acquisition de SeedCo à 28%. SeedCo existe depuis 1983. Elle achète Sementes de Moçambique (Semoc) en Mozambique en 1997 mais cette compagnie semencière, depuis lors, a été reprise dans son entièreté par l’Etat de Mozambique. En 2001, SeedCo crée une joint venture en Afrique du sud, Syngenta Seed Co, avec Syngenta Seed. SeedCo achète ensuite Quton, la compagnie de semences de coton, en 2006. SeedCo est présente dans 15 pays d’Afrique et commercialise des semences de maïs, de blé, de sorgho, d’arachides et de soja. Il est à noter que ses variétés de maïs, si elles ont toutes hybrides F1, ne sont cependant pas chimériques. Il est à noter également que toutes les autres variétés de blé, de sorgho, d’arachide et de soja semblent être à pollinisation ouverte et non chimériques.

Tout cela nous prouve que les ambitions de Limagrain en Afrique vont bien au-delà de la commercialisation de petites fleurs et de tomates. Dans ma traduction du communiqué de l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique, je me suis permis de commenter qu’il n’est pas exact d’affirmer que «Par conséquent, cela signifie que trois des plus importantes multinationales des biotechnologies, Monsanto, Dupont et Syngenta ont fermement pris pied sur le continent Africain afin de pouvoir influer sur les marchés de deux parmi les trois plus importantes espèces modifiées génétiquement, globalement parlant: le maïs et le coton» (13).

Amis Africains, prenez-garde, votre industrie semencière “hi-tech” (et “nécro-tech”, en très grande partie) est assiégée par le cartel des quatre plus importantes multinationales des nécro-technologies: Monsanto, DuPont, Syngenta et Limagrain. Ce n’est pas de très bon augure pour la survie des variétés paysannes traditionnelles de l’Afrique et pour le développement de techniques agro-écologiques respectant l’intégralité de la biosphère. On se rappelera que, de nombreuses années en arrière, Monsanto avait déclaré qu’un jour toutes les variétés traditionnelles de maïs de l’Afrique seraient contaminées par les chimères génétiques…

La multinationale Limagrain (qui continue de s’auto-identifier comme une “coopérative”, n’est-ce pas émouvant?) est l’un des promoteurs les plus importants des chimères génétiques (par exemple, création de variétés potagères chimériques en Amérique Latine depuis 1985) et l’un des leaders incontestés sur le marché mondial des semences de maïs, donc de maïs chimérique. L’attaque de Limagrain sur le secteur semencier industriel Africain du maïs est dans la logique inexorable de ces prédateurs. Il n’est que de décliner ses différentes acquisitions, dans ce secteur maïs, depuis 2009, en Asie, aux USA et en Amérique Latine:

– En novembre 2009: Prise de participation au capital d’Arcadia Biosciences (7,25%), basée à Davis en Californie.  Cette société est spécialisée dans la création de chimères génétiques résistantes à la sécheresse. Arcadia Biosciences vient de signer, en janvier 2014, un accord de partenariat (10) avec Genective S.A (une joint-venture créée en 2013 par Limagrain et KWS, le cinquième semencier mondial) afin de développer de nouveaux hybrides F1 de maïs en y incorporant sa technologie chimérique WUE (Water Use Efficiency). Limagrain a, de plus, signé un accord de partenariat avec Arcadia, en 2011, pour développer de nouvelles variétés de blés résistantes à la sécheresse et gérant mieux l’azote. Des variétés transgéniques? C’est ainsi que le présente l’article de la France Agricole (22).

Nous voyons donc, d’ailleurs, se profiler une triangulation très intéressante entre Limagrain, Arcadia Biosciences (détenue en partie par Limagrain) et Mahyco/Monsanto. Sur le continent Africain, nous venons de le mentionner, SeedCo vient d’être pris en pinces, par Limagrain, d’un côté, et par Mahyco, de l’autre. Alors qu’en Inde, Mahyco vient de mettre en place, très récemment (11), un nouveau partenariat avec Arcadia Biosciences (12) pour développer des variétés chimériques de riz résistantes à la sécheresse. (16)

– En fin 2009: Acquisition de Dahlco, aux USA, spécialisée dans la distribution de maïs, de soja et de luzerne.

– En mai 2010: Acquisition de Mesa Maize aux USA. «Vilmorin & Cie renforce sa position concurrentielle sur le marché du maïs doux américain par l’acquisition de Mesa Maize. Cette opération permet à Clause de disposer de ressources génétiques bien adaptées à la demande des consommateurs et d’un positionnement global sur le marché du maïs doux.»

– En février 2011: Acquisition des actifs maïs de Sementes Guerra basée à Pato Branco dans l’Etat du Parana au Brésil. «Programmes de sélection et ressources génétiques, outils de production et réseau de commercialisation constituent les principaux atouts qui permettent ainsi à Vilmorin & Cie de se déployer sur ce nouveau territoire.»

– En août 2011 : Acquisition des activités maïs de Brasmilho basée à Goianésia dans l’Etat du Goiás au Brésil. «Brasmilho dispose de ressources génétiques de qualité…»

– En février 2012: Acquisition du fonds génétique de Genetica Agricola dans l’Etat du Mato Grosso au Brésil. «Ce programme de sélection, implanté dans le deuxième Etat producteur de maïs au Brésil, et dont les superficies progressent régulièrement, dispose d’un matériel génétique de qualité très bien adapté aux conditions de culture spécifiques de ces nouveaux territoires».

– En mai 2012: Projet de création d’une joint venture avec Anhui Hengji Seeds. «Dans le cadre de sa stratégie internationale dans le maïs, le quatrième semencier mondial a conclu un accord visant à créer une joint-venture de recherche, de production et de commercialisation de semences en Chine avec la société Anhui Hengji Seeds, a indiqué Vilmorin dans un communiqué. Si Pékin donne son feu vert, Vilmorin détiendra 45% des parts de la nouvelle entité.»

– En février 2013: Acquisition des fonds génétiques Genessed et KSP au Brésil. «Vilmorin & Cie poursuit l’enrichissement de son portefeuille de ressources génétiques avec l’acquisition de 2 nouveaux fonds génétiques de grande qualité: Geneseed, situé à l’est du Brésil dans l’Etat de Minas Gerais, et KSP au sud  dans l’Etat du Parana. Ces ressources génétiques contribueront à la création de nouveaux produits.»

– En mars 2013: Prise de contrôle intégral de Bisco Bio Sciences en Inde. «Elle vise à accélérer le déploiement des activités de Vilmorin & Cie sur le marché des grandes cultures en Inde, caractérisé par un taux de croissance élevé et des perspectives de développement extrêmement dynamiques. Basée à Hyderabad, Etat d’Andhra Pradesh, Bisco est un des tout premiers acteurs indiens en semences de maïs. Son portefeuille de produits couvre également des espèces importantes localement, telles que le millet, le sorgho et le riz.»

– En février 2014: Prise de contrôle intégral de la société Seed Asia, spécialisée en maïs tropical hybride, à Bangkok en Thaïlande.

On remarquera que dans tous ces rachats de semenciers, revient sans cesse la notion de contrôle et d’accaparement de ressources génétiques, de collections, de fonds génétiques (les citations sont extraites du site de Vilmorin/Limagrain). C’est le nerf de la Guerre des Semences: à savoir, le biopiratage, le recel des ressources génétiques développées par la paysannerie au fil des nombreux millénaires.

Et pour conclure avec cette pléthore de rachats de sociétés semencières par Limagrain, signalons le rachat, en novembre 2013, d’Eureka Seeds (Californie. USA), spécialisée dans la production de semences de tournesol; en octobre 2013 de Shamrock (Californie. USA), spécialisée dans la production de semences potagères; en octobre 2012, de Campbell’s Seeds (Californie. USA) spécialisée dans la production de semences potagères; en octobre 2012, de Century Seeds, en Inde, spécialisée dans la production de semences potagères.

Il faut également préciser que Limagrain crée, en 2000, avec l’Allemand KWS, le cinquième semencier mondial, une compagnie semencière aux USA (joint venture à 50/50), AgReliant, qui se dédie à la création et à la commercialisation de variétés chimériques de maïs et qui occupe la troisième place sur le marché des semences de maïs transgéniques aux USA.

Limagrain récidive de nouveau avec KWS (14), en juin 2013, en créant Genective S.A, une joint-venture à 50/50, dont l’objectif est de développer, faire approuver et commercialiser de nouvelles variétés de maïs génétiquement modifiés.  Limagrain et KWS précisent que les traits chimériques qu’ils souhaitent incorporer à ces nouvelles variétés de maïs concernent la résistance à la sécheresse, la résistance aux herbicides, la résistance aux insectes et une meilleure gestion de l’azote. «L’objectif est de disposer d’une technologie propriétaire (traits OGM) pour le développement de variétés de maïs génétiquement modifiées. KWS et Limagrain travaillent déjà ensemble depuis plus de dix ans avec beaucoup de succès au sein d’AgReliant, notre joint-venture 50/50 pour la sélection, la production et la commercialisation du maïs en Amérique du Nord. La création de cette nouvelle JV s’appuie sur la confiance existant entre les partenaires, avec l’ambition ensemble de renforcer leur capacité à rester indépendants à long terme.»(15)

La conclusion que nous tirons de ce bilan désastreux est la suivante. Il est clair, bien évidemment, que le rachat de tous ces semenciers industriels Africains favorise les processus de concentration semencière sous le contrôle de quelques multinationales des nécro-technologies dont une dizaine, sur toute la planète, rappelons-le, contrôlent les 3/4 des semences commercialisées; Monsanto étant au premier rang.

Mais, avec une telle panoplie, présentée par ces semenciers industriels Africains, de semences transgéniques (coton, maïs, soja), de variétés hybrides (blés et maïs) et de techniques culturales – indissociables de ce type de semences – prônant l’usage libéral des biocides et autres fertilisants de synthèse, que Pannar Seed, Quton, SeedCo, MRI Seed, Carnia et Sensako restent indépendantes ou qu’elles soient dans le giron de Pioneer Hi-Bred, de Monsanto, de Limagrain et de Syngenta, on ne voit pas trop, franchement, quelle grande différence cela fait pour la souveraineté alimentaire, la protection de la biodiversité cultivée paysanne et le développement de l’agro-écologie en Afrique.

Alors que nous sommes confrontés à l’ultime épisode de l’offensive des multinationales à l’assaut des semenciers industriels Africains, la question fondamentale est maintenant de savoir comment les organisations paysannes et les communautés rurales de l’Afrique vont pouvoir protéger ce qu’il leur reste des variétés authentiquement paysannes Africaines.

Et comment ils vont pouvoir se protéger également d’AGRA (l’un des principaux vecteurs de l’invasion actuelle de l’Afrique par les chimères génétiques), de l’UPOV et autres ARIPO (28) (Organisation Régionale Africaine de la Propriété Intellectuelle), des Fondations (Gates, Rockefeller, Ford, Pioneer, Syngenta…), des organisations internationales (ONU, FMI, Banque Mondiale…), des institutions agricoles (CGIAR, IRRI, CIMMYT,…), de REDD (20) (Réduction des émissions dues la déforestation et de la dégradation des forêts), des nouvelles Alliances entre Arcadia Biosciences, USAID et CIMMYT (21), et bien sûr des multinationales spécialisées dans les vaccins (Sanofi-Aventis, Novartis, Merck, GlaxoSmithKline…).

Puis-je renvoyer les lecteurs intéressés à l’un des quatre articles (25) que je rédigeai en septembre/octobre 2009, dans le but déclaré de dénoncer l’arnaque du réchauffement climatique anthropique. C’est un article de 29 pages, dense et renvoyant à pas moins de 218 liens et notes: Effets de “Serres” et Révolution Verte Eugénique. Et je concède qu’il faut sans doute être très courageux pour lire un tel pavé dans la mare du conformisme “humanitaire” – qui ne veut que du bien à notre chère Afrique, n’est ce pas? – et pour digérer un tel catalogue de catastrophes annoncées sur le continent Africain.

“Effets de Serres” est une allusion directe aux mécanismes de prédation qui ont été mis en place, depuis de nombreux siècles, à l’encontre de l’Afrique et des Peuples Africains. “Révolution Verte Eugénique” résume en quelques mots ce dont je suis convaincu depuis plus de 20 années: à savoir que cette nouvelle pseudo Révolution Verte est l’ultime épisode d’une guerre déclarée aux Peuples Africains. La destruction des agricultures vivrières, les monocultures imposées, la destruction de la biodiversité locale, la destruction des grandes forêts primaires, l’empoisonnement par les pesticides et autres biocides, les campagnes de vaccination, le sida, le virus ébola, la malaria, le non accès à l’eau potable, les guerres civiles armées par les industries Occidentales de l’armement, la malnutrition, la mort par affamement, etc, constituent les outils et vecteurs privilégiés partageant du même objectif: vider l’Afrique de ses populations.

L’Afrique constitue le dernier front des globalistes criminels qui ont déclaré la guerre à la Vie et nous sommes témoins, ces dernières années, d’une accélération exponentielle des processus de prédation au détriment des populations de ce continent. Des processus de prédation qui sont confortés par une militarisation généralisée dans certains pays de l’Afrique (par les USA, par la France), une militarisation  d’autant plus aisée que l’un des derniers remparts de l’autonomie Africaine a été détruit, par l’Alliance Occidentale, lors de la “libération” de la Libye en 2011, avec des dommages collatéraux qui ne sont jamais évoqués par la presse à la botte des criminels de guerre: à savoir le génocide de 150 000 civils Libyens sous les bombes à uranium appauvri “made in France”, un état de chaos généralisé à tout le pays, la confiscation des 1800 tonnes d’or appartenant à la Libye, le contrôle de leur pétrole, etc. Les petits caniches Français, de tous bords politiques, à la solde de l’Impérialisme, voulaient, en 2011, une guerre en Afrique pour se refaire la main; ils sont en train d’en préparer de nouvelles.

A l’image des deux guerres mondiales, fomentées par les multinationales Occidentales de la finance et de l’armement, afin de détruire les paysanneries de l’Europe de l’ouest et d’imposer en 1947 une agriculture de guerre hypermécanisée (par le biais du plan Marshall), les multinationales de l’alimentaire, de l’agro-pétrochimie et des semences n’ont besoin que d’une poignée d’esclaves, mal nourris de préférence pour les empêcher de réfléchir et de se révolter – en sus de l’artillerie lourde de la mécanisation agricole – pour transformer les terres Africaines en immenses greniers à nourriture et à nécro-carburants pour les estomacs humains et animaux des nations riches ainsi que pour les réservoirs des véhicules motorisés de ces mêmes nations. Il en est de même, d’ailleurs, pour les multinationales de l’industrie qui, elles aussi, n’ont besoin que d’une poignée d’esclaves et d’énormes machines pour extraire, des sols Africains, l’or, le diamant, le nickel, l’uranium, le gaz… et le pétrole dont l’Afrique abonde, à l’est, au centre, à l’ouest (26). Et, à ce sujet brûlant, nous ne pouvons que conseiller la lecture du dernier article de William Engdahl (27) “Ebola : une nouvelle guerre US pour le pétrole ?”.

Amis Africains, prenez garde aux campagnes de vaccination “pétrolébola” qui sont en train d’être organisées, en Afrique de l’ouest, par la même mafia qui a créé ex nihilo, en 2009, la pandémie de la grippe H1N1, qui a organisé avec l’OMS des campagnes de vaccination avec des vaccins anti-tétanos contenant des hormones destinées à stériliser les femmes, etc, etc, ad nauseam. (Note 1). Et aux âmes effarouchées par de telles informations, je poserais la question suivante: pourquoi les programmes de génocides, sous le couvert de “campagnes de vaccination”, seraient-ils plus choquants que l’outil géopolitique de la faim utilisé, tous les jours de l’année, pour dépeupler la planète de plus de 30 000 êtres humains?

Face à cette offensive généralisée des psychopathes déments et criminels à l’encontre de l’Afrique, nous ne pouvons qu’espérer qu’un jour étoilé, peut-être demain, les Tribus Africaines du Futur se mettent en chemin et fassent résonner les Tambours de Gaïa, notre Terre-Mère. A l’assaut des citadelles de l’Empire.

Dominique Guillet. Président-fondateur de Kokopelli.

Note 1: Dans “Semences de destruction”, ouvrage de William Engdahl. «La Fondation Rockefeller est l’un des soutiens financiers d’un programme de l’OMS en “santé de la reproduction” qui a développé un vaccin contre le tétanos qui contiendrait des hormones cachées de contrôle de naissance. Selon un rapport du Global Vaccine Institute, l’OMS a mis en place des campagnes de vaccination massives au Nicaragua, au Mexique et aux Philippines depuis le début des années 1990. Le Comité Pro Vida de Mexico, une organisation catholique, a testé de nombreuses fioles du vaccin et a découvert qu’elles contenaient une Gonadotrophine chorionique humaine (hCG), une hormone naturelle nécessaire au maintien d’une grossesse. Lorsque cette hormone est associée avec un vecteur de toxoïde tétanique, elle stimule une formation d’anticorps contre la hCG, ce qui interrompt la grossesse humaine. Des rapports similaires de vaccins truffés d’hormones hCG ont été reçus des Philippines et du Nicaragua.

Cette organisation a mis en valeur plusieurs autres phénomènes troublants concernant les programmes de vaccination de l’OMS. Le vaccin anti-tétanique n’était donné qu’à des femmes âgées de 15 à 45 ans, mais ni à des hommes ni à des enfants. La présence de hCG est la preuve irréfutable d’une contamination du vaccin. Elle ne fait sinon aucun sens. Avec le soutien financier de la Fondation Rockefeller, de la Banque Mondiale, du Population Council, de la Fondation Ford, parmi d’autres, l’OMS a oeuvré durant 20 ans pour développer un vaccin anti-fertilité en utilisant la hCG avec le tétanos, et d’autres vaccins, selon des articles scientifiques publiés sur ces campagnes de l’OMS. Tout cela a été certifié par l’OMS et par d’autres, dont la revue médicale Britannique respectée , le Lancet, le 11 juin 1988: “Essais cliniques d’un vaccin de contrôle des naissances de l’OMS”.

Jusqu’en 1993, l’OMS a dépensé un total de 365 millions de dollars sur de telles recherches en “santé de la reproduction” dont la recherche sur l’intégration de hCG au vaccin anti-tétanique. L’OMS n’a pas pu répondre aux questions concernant la présence d’éléments anti-hCG chez les femmes vaccinées. Leur réponse discrète a été que cette présence était “non significative”. Le vaccin était fabriqué par les Laboratoires Connaught (Rhone-Poulenc) au Canada et les Laboratoires Intervex et CSL en Australie.

Depuis les années 1920, la Fondation Rockefeller est l’un des principaux sponsors des programmes mondiaux de réduction de la population. Si les rapports concernant les vaccins de contrôle des naissances sont véridiques, il n’est pas difficile de soupçonner que la Fondation Rockefeller fait partie de ceux qui ont programmé d’utiliser la technologie des semences génétiquement modifiées comme un moyen potentiel de contrôler la population mondiale par l’entremise du contrôle futur des ressources alimentaires».

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