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Autisme syndical: Lutte des classes ?… Quésaco ?…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , le juin 19, 2013 par Résistance 71

Excellente analyse succinte et directe sur la relation État, forces actives du travail, syndicats et entreprises. Le constat est simple: les syndicats foie jaune ne sont plus là pour lutter, mais pour arrondir les angles de façon à profiter des mannes et privilèges offerts aux moutons serviles.

Arrêtons cette mascarade ! Il est plus que temps de reprendre le chemin de la conscience politique. Question simple: Où est l’intérêt commun et qui s’en occupe ? Qui en a même encore simplement conscience ?…

– Résistance 71 –

 

La société que nous préparent le MEDEF et la CFDT

 

Pierre Bance

 

19 Juin 2013

 

url de l’article:

http://www.autrefutur.net/La-societe-que-nous-preparent-le

 

La loi du 14 juin 2013 sur la sécurisation de l’emploi a été validée pour l’essentiel par le Conseil constitutionnel. La loi est une reprise, sans modification majeure, de l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013. Signé entre le patronat d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC de l’autre, cet accord, pour scélérat qu’il soit, ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une longue marche visant à réformer le droit du travail pour l’adapter aux contraintes d’une économie mondialisée.

Le droit du travail est le reflet de la lutte des classes. Quand les travailleurs avancent l’État et le patronat concèdent des améliorations aux conditions de travail. Quand ils reculent, parce que les conditions économiques sont peu favorables et les syndicats peu combatifs, les employeurs reprennent ce qu’ils avaient lâché.

Jusqu’en 1981, globalement, le droit du travail s’était amélioré, fruit d’un siècle de luttes ouvrières. Avec l’arrivée au pouvoir des socialistes, et dans un contexte de « crises » économiques, les choses vont changer. En la personne de la CFDT, patronat et sociaux-libéraux vont trouver un partenaire syndical qui accepte de collaborer pour construire un autre modèle de société qui n’est pas sans rappeler les systèmes corporatistes ou, si l’on veut être moderne, une version possible de projet libertarien. Patronat et syndicats réformistes adaptent le droit du travail à ce qu’ils considèrent comme les impératifs de l’économie de marché mondialisée, sous le regard bienveillant de l’État maintenu à ses strictes fonctions régaliennes : faire respecter l’ordre social par sa justice, et encore le moins possible ; par la force, si besoin.

C’est la thèse développée par Pierre Bance dans l’article ci-dessous, version actualisée de celle parue dans Le Monde libertaire, n° 1707 du 23 au 29 mai 2013.

À l’origine, l’État se construit par la force, Dieu la légitime, le droit la sert. Celui qui possède les moyens de la contrainte physique impose son État par la violence pour son profit. Celui qui possède la puissance financière achète la violence qui lui permettra de contrôler l’État pour étendre son pouvoir et grossir son capital [1]. L’inégalité et l’injustice entre les tenants du pouvoir, les forts, les riches, leurs protégés et ceux qui les subissent, les exploités, les faibles, les pauvres se révélèrent, au cours des siècles, de plus en plus insupportables avec le progrès des sciences et des techniques, avec les idées nouvelles. Les plus intelligents des exploiteurs comprirent qu’il fallait donner une autre légitimité au pouvoir d’État que la désignation divine. 
Á partir de la Révolution française, se construisit la démocratie inspirée de l’enseignement des philosophes des Lumières. Les révolutionnaires de 1789 décrétèrent que la légitimité du gouvernement de l’État ne viendrait plus de la violence expropriatrice des chefs barbares, du Dieu des rois et empereurs. Elle viendra du peuple. On entrait dans la modernité. La nouvelle puissance politique et économique, la bourgeoisie, conçut en moins d’un siècle cette merveille de l’exploitation paisible qu’est la démocratie parlementaire qu’Alain Badiou appelle le capitalo-parlementarisme [2]. Elle permet à la classe dominante de conserver la propriété des moyens de production et de contrôler le pouvoir tout en laissant croire à une égalité entre tous les citoyens. Le principe électoral est la base de cette illusion. Chacun imagine avoir sa part dans la conduite du pays alors que, quel que soit le gouvernement, l’État joue un rôle régulateur au profit de la propriété ; il veille à ce que certains exploiteurs n’aillent pas trop loin pour éviter des désordres ; il anticipe ou répond à la grogne des exploités pour désamorcer leur révolte. Le droit du travail, agissant sur la relation primaire du capitalisme, l’exploitation du travailleur salarié [3], le plus dangereux pour l’ordre établi, est l’exemple approprié pour comprendre l’enjeu et le mécanisme de la régulation démocratique.

Le droit du travail accessoire du droit des affaires

Quand les travailleurs sont en situation de force, l’État oblige le capital, s’il ne le comprend pas lui-même, à leur concéder des droits ou des avantages ; quand les travailleurs sont en situation de faiblesse, l’État laisse les exploiteurs les leur reprendre ou les limiter. Ce mouvement alternatif est inhérent à la lutte des classes et s’articule avec les fluctuations de l’économie. Quand cette dernière est en expansion, le patronat est disposé à partager pour éviter la confrontation sociale et si celle-ci se produit, il cède. Quand elle est en récession, du fait des dysfonctionnements de sa propre machine, le capital est prompt à inverser la tendance, invoquant la nécessité de réformer pour le bien commun, de restreindre dans l’intérêt général, de faire preuve de réalisme pour revenir à la prospérité.

En 1945, et les années qui suivent, la classe ouvrière, aguerrie dans la Résistance, bien organisée dans ses syndicats, est en mesure de mener une révolution, au moins une insurrection. Pour éviter l’une ou l’autre, l’État lui concède des droits importants : institution des comités d’entreprise et relance des délégués du personnel, statut « avantageux » des salariés des entreprises nationalisées, installation de la sécurité sociale et participation des syndicats à sa gestion, nouvelle loi sur les conventions collectives renforçant le rôle des syndicats par la représentativité, etc.

On pourrait aussi prendre pour exemple l’après-Mai 68 avec la loi sur les délégués syndicaux et la section syndicale d’entreprise, la mensualisation, le développement de la formation professionnelle, la loi de 1973 sur la cause réelle et sérieuse du licenciement, etc.

Á chaque situation comparable, l’État fait ainsi d’une pierre deux coups : en améliorant le sort des salariés, il désamorce la contestation tout en renforçant son emprise sur les organisations ouvrières enserrées dans un filet juridique les contraignant à collaborer au système d’exploitation.

Après la victoire socialiste de 1981, les lois Auroux de 1982, du nom du ministre du travail Jean Auroux, accordent de nouveaux droits non négligeables sur la représentation du personnel, la négociation collective, la durée du travail, la limitation des contrats à durée déterminée et du recours à l’intérim… Dans la foulée sont aussi votées la retraite à 60 ans et la cinquième semaine de congés payés. Mais, parallèlement, ces lois promeuvent des idées consensuelles telles que la « démocratie économique », les travailleurs « citoyens de l’entreprise », l’« entreprise citoyenne » qui préparent, perfidement, la déconstruction du droit du travail. Avant même le « tournant de la rigueur » de 1983, la première pierre en est posée par la loi du 13 novembre 1982 qui permet aux accords d’entreprise de déroger, en moins favorable, à des dispositions législatives et réglementaires lorsque lesdites dispositions l’autorisent. Les socialistes et la fraction éclairée du patronat s’étaient entendus pour, d’un côté, accorder des droits indispensables à la crédibilité des premiers, de l’autre, pour moderniser le droit du travail dans le sens voulu par la mondialisation de l’économie [4]. Le virus d’une remise en cause radicale de cent ans d’avancées sociales était instillé par une gauche phagocytée par les sociaux-chrétiens venus de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Les choses se dégradent au long des années. La précarité de l’emploi pénètre le droit du travail par de multiples fissures légales et conventionnelles dont les plus significatives furent les lois Aubry de juin 1998 et janvier 2000 sur les 35 heures hebdomadaires, échangeant une réduction de la durée du travail contre sa flexibilité et la modération salariale ; cette réduction qui n’était pas une revendication première, fut un mauvais deal dont les salariés ne perçurent pas le vice sur le coup [5]. De retour au pouvoir en 2002, la droite pouvait parfaire le travail et accentuer le repli des droits des travailleurs. Notamment, les lois Fillon du 4 mai 2004 et Sarkozy-Fillon du 20 août 2008 étendent les cas où les accords d’entreprise peuvent déroger à la loi et leur permettent de contenir des dispositions moins favorables que la convention de branche. Pris dans un complexe jeu politique, les syndicats ne bougent pas voire encouragent le repli comme la CFDT approuvant la réforme scélérate des retraites en 2003 ce qui lui vaudra de perdre quelques dizaines de milliers d’adhérents [6]. Le programme de la gauche en 2012 n’a pas à son ordre du jour d’améliorations des droits sociaux. Tout occupé à leur faire accepter les fermetures d’entreprises, le gouvernement socialiste abandonne les travailleurs en rase campagne invoquant une énième crise plutôt que leur impuissance devant les multinationales. Pendant ce temps, la droite se droitise, l’extrême-droite prospère, les organisations syndicales sont bâillonnées par leurs bureaucraties politiciennes, surtout… s’affaiblit la conscience de classe. Le capitalisme oblige les ouvriers au recul : ils acceptent le développement de la flexibilité et de la précarisation, ils concèdent des retours en arrière sur les salaires, la durée du travail, la productivité, sous la menace de fermeture, de chantage aux délocalisations. L’État accompagne le mouvement et le prolonge avec la législation nécessaire en allongeant l’âge des départs en retraite et la durée de cotisation, en diminuant l’indemnisation du chômage comme les remboursements de l’assurance maladie. Les travailleurs fragilisés, menacés ne négocient plus le maintien de l’emploi mais les conditions de sa suppression quelquefois après des luttes dures, souvent désespérées.

L’ANI, comme une résurgence corporatiste

Désormais, la négociation sociale intègre la logique patronale des fatalités économiques telles les contraintes de la compétitivité internationale et la nécessité de délocaliser donc, l’impérative obligation de licencier. L’œuvre dévastatrice s’accélère avec l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013 signé entre le Medef, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et l’Union professionnelle artisanale d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, de l’autre ; accord entériné, sans modification majeure, par la loi du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi [7]. Objet d’un recours de parlementaires UMP pour non-conformité à la Constitution de certaines de ses dispositions, la loi a été validée par le Conseil constitutionnel [8]. Après cette validation, le ministre du Travail, Michel Sapin, a déclaré : « la loi sur la sécurisation de l’emploi fera date dans l’histoire de nos relations sociales, elle contribuera à renforcer notre compétitivité et donc l’emploi en France, tout en s’inscrivant dans la filiation des lois améliorant les droits de salariés » [9]. Oui, Monsieur le ministre socialiste, elle fera date, mais non pour ce que vous dites…

Ce texte était initialement intitulé : projet de loi pour un « nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi ». La sobriété nouvelle de son titre n’en a pas modifié le contenu [10]. Reste la quadrature du cercle : être au service de la compétitivité des entreprises en préservant l’emploi des travailleurs. Reste ce qui paraît le plus probable : construire un nouveau modèle économique et social. D’inspiration néo-libérale, celui-ci tend à remettre l’élaboration de la norme aux partenaires sociaux, de préférence au niveau de l’entreprise qui serait le mieux adapté. La mission régulatrice de l’État est circonscrite au minimum, avec la tentation de limiter son rôle à homologuer ce qui a été négocié, sa justice se chargeant seulement de le garantir. Ainsi, voit-on que la crise, selon un schéma éprouvé, sert l’adaptation du capital aux nouvelles données économiques. S’agissant du droit social, base juridique de l’exploitation, un système, à visée quasi libertarienne, se met en place ; il repose sur trois principaux piliers :

  • Cogestion de la précarisation. L’entreprise doit être gérée par l’employeur avec des syndicats qui adhèrent à cette idée folle de préserver l’emploi en le précarisant [11]. Les accords signés dérogeront de plus en plus largement à la loi et se soustrairont de plus en plus à l’appréciation du juge déclaré incompétent en matière économique, voire hostile au marché. Renaît le mythe du juge rouge.
  • Fait majoritaire. Les accords signés par des syndicats représentant une majorité de salariés, voire moins, s’imposeront à tous les salariés lesquels ne pourront plus opposer les clauses plus favorables de leur contrat de travail et seront légitimement licenciés s’ils rejettent les dispositions conventionnelles [12]. Peut-être, à l’avenir, pourront-ils ne pas être licenciés mais considérés comme démissionnaires au nom de leur liberté individuelle.
  • Privatisation de la protection sociale. Petit à petit le patronat reprend en main la gestion et le contrôle de la protection sociale avec pour objectif de la privatiser ne laissant qu’une sécurité sociale résiduelle, une aide médicale pour ceux qui n’ont rien.

Les ambivalences et les évolutions du droit social se prolongent dans le domaine de la santé, il faut avoir une population bien portante pour bien produire ; de l’éducation qui doit former des corps professionnels compétents et dociles si possible ; du logement pour parquer le bétail salariés ; des transports et des infrastructures dont l’objet principal est de faciliter la circulation des marchandises et l’acheminement de la main-d’œuvre. Entre la rapacité du capital contrariée par ses obligations économiques, sa volonté d’appropriation du commun par la privatisation et la volonté de la population d’améliorer sa vie quotidienne s’établit, au mieux, un consensus qui maintient en place la société capitaliste, et que l’on voudrait provisoire, au pire, une collaboration de classes qui concourt à son adaptation voire à sa transformation. Ce dilemme hante le syndicalisme depuis ses origines mais c’est sa face la plus noire qu’il nous présente aujourd’hui.

Pour que l’on se libère de ces dominations économiques, juridiques et idéologiques, il faut que les syndiqués de la CFDT empêchent la poursuite de la rédaction, par leur centrale et le Medef, de la nouvelle Charte du travail, modèle pour une société corporatiste. Le veulent-ils ? Il faut que les syndiqués de la CGT jettent par-dessus bord cette absurdité de « syndicalisme rassemblé » vide de sens, pour revenir au syndicalisme de lutte des classes, au syndicalisme révolutionnaire. Le peuvent-ils ? Seuls les travailleurs organisés sont en mesure de stopper la fuite en avant de l’alliance du patronat et des sociaux-libéraux, de subvertir la passivité des bureaucraties syndicales par la grève générale.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autrefutur.net, espace d’échanges ouvert à toutes les composantes anti-autoritaires, autogestionnaires et libertaires du mouvement ouvrier et révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Pour Norbert Elias, l’État se construit par la force incarnée dans l’armée, la violence légitime, et par la levée des impôts, un racket légitime (La Dynamique de l’Occident [1977], Calmann-Lévy, « Pocket, Agora », 2003, 320 pages).

[2] Pour une lecture militante d’Alain Badiou, voir Pierre Bance, « Badiou cerné par l’anarchisme », Un Autre futur, 2 février 2012 (http://www.autrefutur.net/Badiou-ce…).

[3] Il convient d’ajouter aux travailleurs salariés, les faux indépendants, tous ces travailleurs aux frontières du salariat.

[4] Martine Aubry, alors jeunes conseillère de Jean Auroux, faisait-elle déjà le relai avec le grand patronat chrétien ?

[5] Pour un constat critique, Paul Bouffartigue, Temps de travail et temps de vie. Les nouveaux visages de la disponibilité temporelle, Paris, Presses universitaires de France, « Le travail humain », 2012, 232 pages, voir notamment les pages 64 et suivantes.

[6] Pour Michel Noblecourt dans Le Monde du 20 novembre 2012, les départs dépassèrent les 80 000.

[7] Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9958. Lors du dernier scrutin à l’Assemblée nationale, le 24 avril, ont voté pour le Parti socialiste, les radicaux de gauche et les centristes ; contre le Front de gauche, quatre socialistes et deux UMP ; se sont abstenus l’UMP, les écologistes et seize socialistes. C’est évidemment par pure inhibition politicienne que la droite n’a pas voté pour.

[8] Décision du Conseil constitutionnel n° 2013-672 DC du 13 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9976. Le Conseil constitutionnel a cependant censuré la disposition permettant d’imposer, par une convention de branche, un ou plusieurs organismes chargés d’assurer la couverture complémentaire de tous les salariés de la branche estimant, comme les sénateurs et députés UMP, qu’elle méconnaissait « la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre ».

[9] Communiqué de presse du ministère du Travail du 13 juin 2013 (http://travail-emploi.gouv.fr/actua…).

[10] Sans pouvoir entrer, ici, dans le détail de multiples dispositifs, rappelons quelques points forts du de la loi issu de l’accord : – Mise en place – a minima – d’une mutuelle pour tous les salariés. – Le plan de sauvegarde de l’emploi (plan social assorti de licenciements collectifs) devra faire l’objet d’un accord signé par les syndicats représentant la majorité des salariés à défaut, d’une homologation du plan de l’employeur par l’administration du travail. – Un accord majoritaire pourra proposer une réduction de salaire ou un aménagement du temps de travail contre un maintien dans l’emploi pour une durée maximale de deux ans. En cas de refus individuel, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. – Un accord signé par les syndicats représentant 30 % des salariés pourra autoriser l’employeur à mettre en place une mobilité obligatoire professionnelle ou géographique. Là aussi, en cas de refus, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. Pour un résumé de l’ANI voir La Nouvelle Vie ouvrière du 25 janvier 2013, page 26 ; pour une étude de la loi voir le dossier de La Nouvelle Vie ouvrière du 31 mai 2013, page 19, illustré par Babouse, les titres de chapitre de ce dossier sont éloquents : – Des accords de chantage à l’emploi. – Les salariés contraints à la mobilité. – Temps partiel, une durée minimale mais des dérogations à foison. – L’accès à la justice entravée pour les salariés. – Des contreparties bien modestes pour les salariés. – Les institutions représentatives du personnel fragilisées. – Licenciement, un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi.

[11] Employeur qui n’est souvent, même dans les petites et moyennes entreprises, que le gérant d’une multinationale lointaine, d’un fonds spéculatif mystérieux.

[12] Le résultat des élections de représentativité donnant, au niveau national, une majorité à la triplette CFDT-CFTC-CGC, 44,73 %, contre 42,71 % à la CGT et FO qui ne pourront faire opposition à l’ANI, est une heureuse surprise pour le camp de la collaboration (Voir le site du Ministère du travail : http://travail-emploi.gouv.fr/espac…).

Foire à l’autogestion de Montreuil, grand succés de la seconde édition…

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Foire à l’autogestion Acte II, le Bilan

 

16 Juin 2013

 

url de l’article:

http://www.autrefutur.net/Foire-a-l-autogestion-acte-II-le

 

 

Avec une fréquentation en hausse, la 2e Foire à l’autogestion, tenue à Montreuil (93) les 8 et 9 juin 2013, a de nouveau été une réussite, en tenant les deux objectifs qu’elle s’était fixée :

  • sur la forme : être une « foire », c’est-à-dire un mélange d’éléments conviviaux (musique, cantine ouverte, espace enfants, discussions informelles), de structures politiques ou syndicales autogestionnaires, d’ateliers d’autonomisation, de coopératives de production autogérées… ;
  • sur le fond : réunir les actrices et acteurs de l’autogestion, dans leur diversité : des associations de recherche sur l’autogestion aux collectifs autogérés, des théoriciens exigeants cherchant à renouveler un projet global de société à ceux qui pratiquent une l’autogestion au quotidien.

La Foire a permis à différentes familles autogestionnaires d’échanger et de confronter leurs approches, pratiques et exigences quotidiennes dans les luttes et sur le projet de société.

À noter que, parmi les 80 structures (syndicats, coopératives, associations, collectifs et organisations politiques) organisant l’événement, une place de plus en plus grande est donnée à l’écologie radicale (confirmant ainsi la tendance de la première foire). Ainsi, notamment, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été le sujet de plusieurs débats.

Nouveauté de cette 2e édition : la venue en force d’ateliers d’autonomisation (récupération ou "do it yourself"), de la fabrication de produits ménagers ou cosmétiques à la réalisation de plusieurs jerrys (ordinateurs réalisées à base de récupération), de l’appropriation du numérique (avec un Village du logiciel libre), d’ateliers vidéo à l’autoréparation de vélo, en passant par une initiation à l’autodéfense féministe.

La Foire a aussi, comme l’année dernière, donné lieu des moments de réalisation collective, comme la gestion horizontale de la cuisine qui a assuré des repas durant les deux jours.

Foire vivante et joyeuse, mais sur laquelle a planée l’ombre de Clément Méric, assassiné quelques heures avant le début de la Foire. Après un hommage public, de nombreuses et nombreux participants se sont rendus à la manifestation organisée à Paris, puis au concert de soutien à l’Action antifasciste Paris-Banlieue.

Ateliers et forums de la foire ont permis d’échanger autour d’un programme dense. Outre les ateliers, débats et forums, du théâtre, avec la pièce Side in/Side out, de la musique, une expo d’affiches… Sans oublier l’excellente bière de la microbrasserie Zymotic.

Nous laissons aux structures participantes le soin de rapporter et de commenter le contenu des débats et forums auxquelles elles ont assisté.

Merci à toutes et tous les participants sans lesquels cette Foire n’aurait pas été pleinement pluraliste, anticapitaliste et autogestionnaire.

Le comité d’organisation de la 2e Foire à l’autogestion, le 12 juin 2013

P.-S.

Pour l’ambiance générale, voir le diaporama photo.

Résistance politique: Répression croissante du peuple en Turquie…

Posté dans actualité, altermondialisme, démocratie participative, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , le juin 17, 2013 par Résistance 71

Terreur répressive à Istanbul

 

16 juin 2013

 

Solidarité Ouvrière

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Terreur-repressive-a-Istanbul

 

Message d’Istanbul, 
nuit du 15 au 16 juin 2013, 
aux alentours de minuit

Aujourd’hui, suite au discours extrêmement sectaire, violent et mensonger du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan à Ankara, la police a commencé à attaquer vers 21 heures des milliers de personnes qui dînaient place Taksim et au parc Gezi.

Il y avait des enfants de quatre ou cinq ans, des mères et des personnes âgées lors de l’attaque à coups de gaz lacrymogène et de canon à eau. Selon les rapports, la police n’a pas autorisé les journalistes à faire leur travail ou à prendre des photos parc Gezi.

La police a aussi attaqué à coups de canon à eau les manifestants qui se sont réfugiés dans le célèbre hôtel Divan qui leur avait ouvert ses portes. Les gens disent qu’il y a des milliers de blessés dans l’hôtel. Les gens ont formé une chaîne humaine devant l’hôtel pour empêcher une attaque policière. Un autre rapport dit que les gens ne peuvent pas quitter l’hôtel parce que la police arrête tous ceux qui en sortent.

D’autres rapports indiquent que la police à fait fermer le métro et les liaisons par bateau entre l’Europe et l’Asie pour empêcher que les gens viennent se joindre aux manifestations. Il y a beaucoup d’enfants disparus, ou d’enfants qui ont été séparés de leurs familles. Les manifestants affrontent la police à Sıraselviler, Cihangir, Harbiye, et probablement autour de Dolmabahçe et Maçka. Ce qui se passe cette nuit est d’une brutalité inouïe, une véritable sauvagerie. C’est une sale guerre où seul un camp est armé. C’est de la terreur d’État.

Toujours vers minuit

Des témoignages de manifestants rapportent souffrir de brûlures après avoir été arrosés par des canons à eau… à se demander ce qu’ils mettent…

Message reçu vers 2 heures du matin

« Je vais bien, mes amis aussi, du moins ceux que j’ai pu joindre. Istanbul vit un enfer. Ils cherchent à tuer la ville, la voix de sa population. La situation est terrible. La police a attaqué le parc alors qu’il y avait des milliers de personnes, dont des centaines de jeunes enfants, des personnes âgées, des handicapés et des animaux sans défense. Les gens ont été gazés sans pitié. Des centaines de personnes se sont réfugiées à l’hôtel Divan, qui a toujours ouvert ses portes aux manifestants. C’était l’enfer. Le gaz entrait dans l’hôtel en même temps que les manifestants. On nous a dit d’aller en salle de conférence en bas des escaliers. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup de personnes blessées. C’était terrible. Des scènes comme dans un film d’horreur. C’était difficile de respirer, nos peaux nous brûlaient, il faisait très chaud, nous suions comme des fous, les gens pleuraient, s’évanouissaient, vomissaient, appelaient à l’aide… Après une heure et demie, on nous a dit qu’il était sûr de fuir vers Harbiye. Nous sommes passés devant des centaines de policiers et beaucoup de véhicules de combat en marche vers Nisantasi. Les gens sont descendus dans les rues contre cette barbarie, criant des slogans et tapant des casseroles. Deux de mes tantes étaient dans la rue, trempées, suite aux tirs d’un canon à eau ; elles ont la soixantaine bien passée et ont été jetée contre le mur par l’eau. Comme d’autres jours avant, Kizilay, le Croissant-Rouge turc, refusait de transporter les blessés, et des sources très fiables (des docteurs) m’ont rapporté les faits. Les docteurs d’un petit hôpital privé ont dû payer une compagnie privée pour faire transporter une personne grièvement blessée qui a pu ainsi survivre. C’est un scandale. Nous vivons dans un État policier. La police a arrêté quarante-neuf avocats en investissant le Palais de justice l’autre jour. Maintenant ils essayent d’arrêter tout docteur ou toute infirmière qui aide les manifestants blessés. Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”. Le masque de la démocratie et de l’État de droit est tombé dans ce pays. Priez pour nous et diffusez l’information. »

Source : Solidarité ouvrière

Fil d’information en français : 
gezipark.nadir.org

Gezi Radyo 
(en turc)

 

Résistance politique: Les pensées d’un Mohawk ~ 2ème partie ~

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Les pensées d’un Mohawk

Une série d’écrits et de dessins par Louis Karoniaktajeh Hall

1ère partie

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Message de Ganienkeh état indien indépendant d’Amérique du Nord au secrétaire général des Nations Unies, New York, le 5 Février 1975

RE: Le communiqué de presse des Nations Unies apparaissant dans les éditions courantes des journaux exprimant l’opinion que la repossession de la terre de Ganienkeh par les Indiens d’Amérique du Nord est une “décision de justice interne d’un état membre”.

Sehkon:

Les traités où les Etats-Unis et la Confédération des Six Nations Iroquoises sont impliqués est une affaire internationale. Que seules des nations puissent légalement établir des traités est un fait légal.
Les Hollandais, Français, Anglais puis ensuite les Etats-Unis ont recherché la signature de traités avec les nations amérindiennes. Ceci montre qu’elles étaient reconnues comme nations. D’après le droit international, une nation une fois reconnue comme telle en reste une jusqu’à ce qu’elle se dissolve d’elle-même. Aucune nation ne peut dissoudre une autre nation.

Que les Nations-Unies ont été établies pour corriger et prévenir les méfaits commis par des nations à l’encontre d’autres nations est un but établi. Ce but ne peut pas être rempli si seulement quelques nations bénéficient de cette organisation. Si la paix. l’harmonie, la fin des souffrances de la guerre et la fin de l’inhumanité de l’Homme, doivent être établis, alors toutes les nations devraient avoir le droit de bénéficier du forum international des Nations-Unies pour faire entendre les cas des nations opprimées. L’un des buts de l’ONU est de mettre fin aux discriminations, mais par le fait de refuser d’admettre les cas des nations opprimées au sein du forum des nations-unies, ceci ne pourrait-il pas être vu par les observateurs comme étant de la discrimination raciale dont les Etats-Unis eux-mêmes feraient indulgence ? Ceci ne serait-il pas en faveur et ne viendrait-il pas en aide aux oppresseurs ?

Le 10 Décembre 1948, les Nations-Unies ont proclamé leur déclaration universelle des droits de l’Homme et elle établit dans son article 15: “1. Chacun a le droit à une nationalité. 2. Personne ne peut être privé de sa nationalité arbitrairement ou se voir refuser le droit de changer de nationalité.” Personne n’a le droit de nous priver de notre nationalité Ganienkahaga (Nation Mohawk de la Confédération Iroquoise). Ganienkeh est le territoire de la nation Mohawk et l’a été durant des siècles avant l’arrivée de l’homme blanc. Nous étions une nation bien avant que les colonies anglaises ne tombent du nid et apprennent à voler de ses propres ailes en copiant la confédération des six nations iroquoises et deviennent la nation des Etats-Unis d’Amérique, Nous ne sommes en aucun cas une “affaire intérieure” d’une nation étrangère quelconque, spécifiquement une nation qui n’existe qu’au travers des terres de l’homme rouge.

Nous avons aussi le droit à la véritable propriété. Nous, parmi les autres nations amérindiennes, avons le droit à un état indépendant sur notre propre sol. Quelques 74 nations de par le monde ont reconquis leurs terres, leurs gouvernements et peuvent décider de leur propre destinée. Seuls les Indiens des Amériques ont ce droit qui leur est refusé !! Si l’ONU veut amener la paix, l’harmonie et le droit pour toutes les nations, comment peut-elle ignorer les droits des peuples dont la terre qui leur a été usurpée abrite le siège même des Nations-Unies ? Toute nation qui a signée un traité avec une nation membre de l’ONU devrait automatiquement  et légalement avoir son cas présenté à la cour internationale des Nations-Unies. Que la justice et la sagesse prévalent !

Onen,

(Signé) Louis Hall

Secrétaire – GANIENKEH COUNCIL FIRE (Conseil de feu de Ganienkeh)

Résistance politique… et spirituelle: La sagesse Sioux au secours de l’occident…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , le juin 13, 2013 par Résistance 71

Ils luttent contre le terrorisme depuis 1492 et ils ont beaucoup à nous apprendre ! Il est grand temps d’écouter leurs voix…

– Résistance 71 –

 

Mitakuye Oyasin (Nous sommes tous inter-reliés)

 

Trois chapitres du livre: If You’ve Forgotten the Names of the Clouds, You’ve Lost Your Way : An Introduction to American Indian Thought & Philosophy

 

par Russell Means

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les ancêtres

“Chaque partie de ce monde est sacrée pour mon peuple. Chaque colline, chaque vallée, chaque plaine, chaque bosquet… La poussière sur laquelle vous vous tenez debout maintenant répond plus gentiment à nos pas qu’aux votres, parce qu’elle est riche du sang de nos ancêtres…”

Seattle, Suquamish, mid 1800s

Venez avec nous maintenant, voyagez dans un autre monde… la façon dont c’était sur Terre, quand les gens à travers ce monde vivaient dans un paradis. Aujourd’hui, ce paradis demeure dans seulement quelques endroits disséminés, dans de petites poches qui rétrécissent et des îles isolées oublièes de tous, ou dans des montagnes ou des jungles difficiles d’accès.

Pour comprendre les Indiens d’Amérique, ou du reste tout peuple indigène, il est essentiel de commencer avec les ancêtres. Nos ancêtres sont vitaux à la façon dont les Indiens regardent le monde et ils sont maintenus en très haute estime comme s’ils étaient toujours en vie aujourd’hui et étaient toujours parmi nous.

Nos ancêtres sont nos témoins et compagnons permanents. Ils savent tout. Ils sont des parties de nous-mêmes, tout comme nous sommes parties d’eux. De cette façon, un amérindien n’est jamais seul ou un individu plongé dans la solitude. L’angoisse existentielle nous est inconnue. Nous savons qui nous sommes et ne sommes jamais seuls. Nous sommes parties de quelque chose de bien plus grand que nous.

Ceci nous rend responsables. Une famille entière ou un clan est responsable pour tout acte de violence d’un de ses membres, non seulement dans le présent, le passé, mais aussi dans le futur. L’honneur n’est pas purement individuel, il existe parmi les individus bien sûr, mais il incorpore également nos familles immédiates, nos clans, les Ancêtres et s’étend pour inclure tout l’univers.

Un Améridien est conscient que si la disgrâce ou le déshonneur viennent sur lui, alors notre grand-mère la Terre a aussi été insultée. Ces croyances et principes sont réels. Ils sont fondés sur la claire connexion entre nous-mêmes et la Nature, le monde naturel qui nous nourrit et nous chérit, qui nous soutient dans tous les moments de notre existence. Notre connexion avec les Ancêtres guide nos actions dans chaque situation.

La triste réalité du Patriarche

 “Vendre un pays ! Pourquoi pas vendre l’air, le grand océan aussi bien que la Terre elle-même ? Comment pouvouns-nous faire confiance à l’homme blanc ? Quand Jesus Christ est venu sur Terre, vous l’avez cloué sur une croix… Où sont les Péquots ajourd’hui ? Où sont les Narrangansetts, les Mohicans, les Pocanets et les autres puissantes tribus de nos peuples ? Ils ont disparu devant la veulerie et l’oppression de l’homme blanc, comme la neige au soleil. Les os de nos morts seront labourés et leurs tombes transformées en champs de cultures…”

Tecumseh, Shawnee, 1811

Le patriarcat est l’impérialisme, l’oppression et l’exploitation de “l’autre” qui a commencée dès que le patriarcat a levé sa sale tête il y a environ 6000 ans. Les patriarches sont les maîtres à justifier toute et chaque mauvaise action, on nous a élevé dans les écoles avec les histoires des méchants puritains et comment ils extorquaient de fausses confessions par la torture à des suspectées “sorcières”, et maintenant, d’un seul coup d’un seul l’application du suplice de la baignoire ou autres tortures à de soi-disants “terroristes” est une bonne idée, alors même que toutes évidences ont démontré ces techniques comme inefficaces (sans parler d’immorales..) Vous pouvez dire ceci du patriarche: il est certainement consistant dans son inconsistance irrationnelle.

La science est la religion du patriarche. Ceci ne doit pas être confondu avec la science indienne, qui est fondée sur la collecte de vérités par l’observation du monde naturel en action. Il n’y a rien de naturel au sujet d’une science qui soutient les monumentales mauvaises actions et injustices du système patriarcal. Comme toute religion, la version patriarcale de la “science” est emplie de rituels, de dogmes, de sacro-saints textes, d’articles de foi. Ceci sont les outils qui sont utilisés pour renforcer le patriarcat. Des scientifiques dissèquent des chiens et des singes pour la recherche. Comment ceci peut-il être acceptable à quelqu’un qui possède un gramme “d’humanité” ?

La science est utilisée comme une arme par le patriarche, entre ses mains, la science devient une machine à tuer. Les nazis se vantaient d’être très scientifiques et à quel prix pour l’humanité ? La recherche scientifique est rampante et pour quel résultat ? L’espérance de vie de l’Homme augmente mais reste bien en deçà des sociétés indigènes, les cultures célèbres dans le monde entier pour leur longévité ne sont pas des sociétés scientifiques, mais sont des endroits où les gens vivent naturellement. Dans les sociétés scientifiques, les anciens sont mis en cage dans des mourroirs, la maladie d’Alzeihmer et la démence sont en augmentation constante. La maladie de Parkinson n’existait pas avant le massacre généré par la révolution industrielle.

Aujourd’hui, ceux qui protestent contre la recherche scientifique débordante sont appelés terroristes et amalgamés avec ceux qui voudraient détruire la fabrique même de la société et pourtant, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui sont le seul groupe qui menace de vraiment détruire l’équilibre de la vie sur Terre. Les peuples indigènes ont vécu d’innombrables siècles sans déséquilibre ou destruction et en seulement 6000 ans de patriarcat la Terre a été amenée au bord de la destruction totale. Dans le patriarcat, le meurtre de masse et la destrution de toute sorte de vie sont justifiés par les bénéfices d’un petit groupe de privilégiés perchés au sommet de la pyramide. Wall Street n’est pas différent de toutes les tyrannies et les royautés de l’histoire.

La prière matinale Lakotah de remerciement:

O grand mystère sacré, merci de ce jour.

Je te remercie pour l’univers, qui est notre tabernacle, notre maison de culte.

Merci pour les gens des étoiles, qui veillent sur notre eau et toutes les vies, nous donnent une direction et un endroit pour vivre.

Merci pour la lune, qui veille aussi sur notre eau et purifie naturellement les femmes.

Merci pour l’eau.

Merci pour notre grand-mère sacrée, la Terre, mère de tous les êtres vivants, car ils sont notre famille.

Merci pour le vent d’Est, qui nous amène l’étoile du matin, qui nous donne l’aube d’un nouveau jour, pour que nous ne répétions pas les erreurs commises hier. Le vent d’Est amène un renouveau dans nos cœurs, nos corps et nos esprits, renouvelant les forces spirituelles de notre grand-mère sacrée, la Terre et tous les membres de notre famille des vivants.

Merci pour les gens daims à queue noire, qui vivent à l’Est et nous protègent.

Merci pour le vent du Sud qui amène la chaleur et la générosité dans nos cœurs, nos esprits et nos corps, ainsi qu’à notre grandmère la Terre et notre famille du vivant.

Et merci aux gens hiboux qui vivent au Sud et nous protègent.

Merci pour le vent d’Ouest, qui nous donne les esprits du tonnerre et des éclairs, qui amènent le vent de fraîcheur purificateur et la pluie rafraîchissante à notre grand-mère la Terre et à toute notre famille du vivant.

Merci aux gens bisons qui vivent à l’Ouest et nous protègent.

Merci pour le vent du Nord, qui amène des vents forts et endurants qui donnent force et endurance à notre grand-mère la Terre et à toute notre famille du vivant et qui nous donne la force et l’endurance dans nos cœeurs, corps et esprits.

Merci aux gens daims rouges qui vivent au Nord et nous protègent.

Merci à tous les êtres ailés pour leurs enseignements, leur générosité et leur sacrifice. Spécialement merci à l’aigle, qui vole le plus haut, voit le plus loin et est fidèle à son compagnon.

Merci aux animaux à quatre pattes qui nous donnent tant et nous enseignent tant, pour leur sacrifice et leur bonté dans le partage.

Spécialement merci au bison, car là où va le bison, va notre peuple.

Merci à tous les membres de notre famille rampant, nageant et vivant sous la terre pour leur sacrifice et leur générosité. Merci pour leur enseignement et tout ce qu’ils nous donnent.

Merci aussi à toute la verdure qui poussent sur terre. Elle nous donnent et enseigne tant. Merci de son sacrifice et de son partage.

Spécialement merci à l’ arbre à feuilles chuchottantes pour sa force, son indépendance et son enseignement. Et merci à l’arbre sacré de la vie, qui doit être nourri et dont on doit prendre soin pour qu’il fleurisse encore et qu’il permette aux gens de vivre comme ils l’ont voulu.

Merci au saumon et aux autres poissons, qui nous enseigne que c’est notre droit de naissance que de retourner à la maison.

Merci à l’araignée, qui nous enseigne les fables de la vie sous la forme d’Iktomi l’espiègle.

Merci à chaque cérémonie sacrée qui nous a été amenée par la femme bison albino.

Merci pour les maisons de purification, qui nous illuminent de la compréhension de la purification et de la propreté.

Merci pour la Danse du Soleil (Sundance), qui donne une opportunité aux hommes de comprendre le miracle de la nouvelle vie en partageant, de modeste façon, l’expérience de mettre au monde.

Merci pour la lamentation et la cérémonie de la vision, qui nous permet de reconnaître une voie positive et indépendante à suivre durant notre vie.

Merci pour la cérémonie familiale, qui nous permet d’amener de nouveaux citoyens dans notre nation, notre famille, notre clan.

Merci pour la cérémonie de maintenance de l’esprit, qui nous permet de montrer notre respect aux ancêtres et qui amène la communauté ensemble pour partager et célébrer les bienfaits de ceux qui nous ont quittés.

Merci pour la cérémonie du lancer de balle, qui amène un cœur, un esprit et un corps à notre communauté

Merci pour la cérémonie de la femme qui permet aux filles et aux jeunes femmes d’aspirer à être méritantes de l’univers.

Merci pour les cérémonies de soins et de médecines douces produites par les membres verts de notre famille qui poussent. Ensemble ils soignent les infirmes, les handicappés et les malades.

Merci pour la terre, les nuages, pour le manteau blanc qui recouvre notre grandmère les mois d’hiver.

Merci pour les couleurs sacrées, qui rerésentent ensemble ce qui est important dans la vie et qui nous enseignent tant individuellement.

Merci pour le vent tourbillonnant, car il nous enseigne le respect, l’émerveillement et la stupeur.

Je remercie tout ce qui est sacré et bon.

Mitakuye Oyasin ~ Nous sommes tous inter-reliés ~

Prière matinale Lakotah

Dans la société traditionnelle Lakotah, le mari se réveille aux premières lueurs avant l’aube. Il ne dit rien, il ne réveille pas sa femme qui dort près de lui. Il sort, seul et récite la prière de remerciement matinale Lakotah avec l’étoile du matin, lorsqu’elle est la dernière étoile dans le ciel à l’aube. Réciter cette prière libère l’esprit de tous les soucis et de l’angoisse et fait prendre conscience à la personne de sa place dans la mosaïque de la vie. Cela vous rend humble.

Près à commencer la nouvelle journée, le mari retourne dans le tipi et va brosser les cheveux de sa femme. Aucun des deux ne dit un mot. La première interaction du mari dans sa journée et avec sa femme est un échange sacré. Les cheveux sont très importants car ils poussent sur la tête, là où se situe le cerveau. Les cheveux contiennent la mémoire. Ils ne sont coupés seulement qu’en cas de deuil. Le premier échange entre le mari et sa femme est une caresse sur une partie sacrée du corps.

L’auteur:

Russell Means est un Sioux Oglala, en tant que jeune leader du Mouvement Indien Américain (AIM), qui a aidé à réscuciter les nations indiennes depuis les années 1970, il a eu le privilège d’apprendre les enseignements traditonnels Lakotah à la source de la connaissance des anciens qui étaient très versés dans les anciennes traditions.

Russell est décédé le 22 Octobre 2012 à l’âge de 72 ans. Sa femme Pearl, a la responsabilité de passer cet héritage intemporel et tant d’actualité de sagesse dans un monde affamé d’équilibre et de vérité.

 

Source:

http://somosenescrito.blogspot.jp/2013/04/we-are-all-related.html

Nouvel Ordre Mondial: Despotisme et servage à tous les niveaux… Demandez le programme !

Posté dans actualité, N.O.M, militantisme alternatif, crise mondiale, guerres imperialistes, démocratie participative, résistance politique, terrorisme d'état, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, sciences et technologies avec des tags , , , , , , , , , , , le juin 13, 2013 par Résistance 71

Monsanto un combat planétaire

 

10 Juin 2013

 

Georges Stanechy

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/monsanto-un-combat-planétaire

 

« Rien ne caractérise mieux les mouvements totalitaires que la rapidité surprenante avec laquelle on les oublie et la facilité surprenante avec laquelle on les remplace. »

Hannah Arendt (1)

 

Nouvelles flambées…

Violences policières, sur fond de nuages de gaz lacrymogènes, incendies, canons à eau, sirènes, et hurlements…

Manifestations à Istanbul et dans plusieurs villes de Turquie, après celles de Stockholm et autres agglomérations suédoises. Similaires à celles de Lisbonne, d’Athènes, de Madrid, de Rome, de Milan, de Francfort ou de Watford (UK)… Sans oublier celles de France, passées, présentes et à venir. Rares sont les pays épargnés par ce phénomène. Ceux d’Occident étant les plus atteints.

La voix des peuples obligée d’emprunter rues et boulevards pour se faire entendre de leurs oligarchies.

Despotisme et servage

Signes, symptômes évidents que le despotisme est partout. Malgré ses déguisements en "démocraties" plus virtuelles que vertueuses, "républiques" vampirisées par leurs notables ou nomenklaturas, monarchies parlementaires "pipolisées". Constat : les ploutocraties se développent à la vitesse des mauvaises herbes… Ce que ne peuvent accepter des citoyens, lucides, solidaires et épris de justice.

Le déclencheur de ces émeutes, partant de la capitale pour s’étendre au reste du pays, restant le même. Une révolte devant l’excès d’avidité, de rapacité, des castes au pouvoir. Devant le mépris ressenti, vécu, aussi, à l’égard de leurs concitoyens ; ne serait-ce que par l’indifférence témoignée quant à leur avis, l’avis de la majorité, leur sort et ceux de leurs proches. Au point de massacrer l’environnement, la nature, le cadre de vie de la collectivité. Par définition ou essence : un « bien collectif ». Pour le bénéfice d’une poignée. Dans l’injustice sociale, économique, environnementale,

Le cas d’Istanbul en est caricatural… Vouloir raser des dizaines d’arbres d’un parc en plein cœur de la capitale, dernier poumon de la ville, haut lieu historique et mémoire des grands évènements de cette nation, pour édifier galeries marchandes et centres commerciaux. Sur un terrain municipal, évidemment bradé à prix ridicule. Au bénéfice des promoteurs et organisateurs de l’arnaque…

Astuces, pratiques mafieuses, maintes fois décrites, notamment par les auteurs américains sur ce qui s’est passé dans les viles de leurs Etats fédérés. De Tom Wolfe à James Ellroy, et tant d’autres. Les romanciers européens moins courageux (quant aux journalistes…), ne l’écrivent pas : c’est encore pire. Une encyclopédie est à rédiger sur toutes les manipulations utilisées dans la création des centres commerciaux à la périphérie des villes. Sur des terrains agricoles achetés deux sous et reconverties en zones marchandes, sources de rapides et mirobolants enrichissements pour les organisateurs de l’embrouille…

Des mafias BCBG, certes. On ne tue pas avec des mitraillettes ou en attaquant des convoyeurs de fonds. Quoique… Certains ministres, empêcheurs de tourner en rond, se retrouvent parfois "noyés" dans une flaque d’eau, ou "suicidés" de deux balles dans la tête. Mais les armes sont, avant tout, "administratives", forgées dans "La Loi". Affutées dans le secret des décisions de corps "constitués" ou "élus" : arrêtés municipaux, expropriations sans concertation avec les “victimes”, etc.

Istanbul ?… Le maire était un infatigable partisan de l’éradication du parc de la ville. Normal, il est milliardaire et possède des chaînes de magasins. Alors, des galeries marchandes à gogo, de quoi rêver… Le constructeur de ce pharaonique projet ?… Le gendre d’Erdogan lui-même. Comme chacun sait, on ne peut rien refuser au gendre d’un premier ministre. Alors, des arbres… (2)

Encore et toujours, l’éternelle lutte entre les prédateurs et leurs proies, les parasites et ceux qu’ils rongent jusqu’à l’épuisement. Entre les ploutocrates et leurs serfs, astreints à subir leurs désirs comme étant la réalité…

Le racket biotechnologique

Nombreuses actuellement : prises de conscience, revendications, protestations, mobilisations se développent à grande échelle. Notamment dans les pays dits “riches”. Dans la censure médiatique, inévitablement. Dès lors qu’il ne s’agit plus de diaboliser un Etat, avec son “régime” et sa religion, qui afficherait des velléités d’indépendance économique et politique par rapport aux diktats de l’Occident.

Occultant, par exemple, les colossales, permanentes manifestations aux USA dites du "contre le 1%". Le peuple américain dénonçant depuis des mois les politiques antisociales de leur gouvernement au service du 1% des super-riches spoliant 99 % du reste du la population. Ou encore celles continuelles, depuis d’interminables semaines, des amérindiens des réserves au Canada, accablés de mesures racistes, discriminatoires, volés de leurs terres ancestrales au riche sous-sol, acculées à la pauvreté permanente. Quel est le JT qui, en Europe, les a évoquées, ne serait-ce que 10 secondes ?…

Ou encore celles immenses qui se sont déroulées, en cette fin de mois de mai, dans le monde : 436 villes, 52 Etats. (3)

Rien qu’aux Etats-Unis de l’Alaska à la Floride ! Des milliers, des centaines de milliers de personnes. Calmement, en famille… Connaissez-vous un média, autre qu’alternatif, nord-américain ou européen les ayant mentionnées ?… (4)

Impressionnantes, ces manifestations avaient pour cible la sinistrement célèbre firme de produits chimiques, internationalement connue : Monsanto. Sujet tabou pour nos médias de la presse et de l’audiovisuel rongés de corruption. On ne bouscule pas une des “vaches sacrées” de nos ploutocraties !…

Mais, pour des citoyens vigilants quant à la santé de l’Humanité, à la protection de l’environnement de notre planète et à la garantie de sa survie, Monsanto représente un des plus graves dangers d’empoisonnement et destruction de la vie sur notre Terre. Entretenus, par tous les moyens, dans l’implacable rapacité de richissimes et irresponsables "affairistes-spéculateurs", inconscients ou indifférents quant à l’enjeu sanitaire et alimentaire. Pour les générations actuelles et futures.

Monsanto : au cœur d’un combat planétaire. Quels que soient continents et pays… (5)

Y’a Bon Pesticide !…

Doublé d’une lutte acharnée contre la collusion entre l’agrochimie et les politiciens professionnels, assistés des médias transformés en vecteurs de propagande. Imposant au reste des populations lois et textes au seul profit des actionnaires de ces groupes industriels. Spécialisés dans la fabrication, la vente de produits toxiques ou issus de la manipulation génétique. Dont la dangerosité, ou dans le meilleur des cas "l’incertitude de leur dangerosité", sont prouvées. Tant les pesticides et herbicides que les semences génétiquement modifiées.

Le nom de Monsanto étant mêlé de longue date aux catastrophes ou ravages contre la santé humaine et animale engendrées par les produits chimiques ou les manipulations génétiques, aux conséquences à terme mal maîtrisées : PCB, dioxine, agent orange, hormone de croissance bovine. Sans oublier son best seller, l’herbicide le plus vendu dans le monde, à l’extrême toxicité dénoncée sous toutes les latitudes : le Roundup. (6) A présent, OGM et PGM…

L’instrumentalisation des institutions et législations "démocratiques" décuplée par une incessante désinformation, détermine une authentique confiscation du "pouvoir citoyen". Cette anesthésie de l’expression, du respect des intérêts et de la volonté de la majorité d’une collectivité aboutit à l’instauration d’une autocratie, d’un nouveau totalitarisme.

Les imposantes manifestations à l’encontre de Monsanto en sont l’éclatant refus. Se voulant aussi une dénonciation de la corruption, morale ou financière, ou les deux à la fois, des représentants "élus" d’un peuple qui ne retrouve pas la défense de ses intérêts dans leurs décisions. Et, en est même choqué.

Dont le vote récent, par le Congrès des Etats-Unis, d’une loi sur la généralisation de l’utilisation des OGM au profit du chimiste : le « Monsanto Protection Act ». Accordant à ce géant une protection législative hors du commun, notamment lors d’éventuels contentieux. La vente ou la distribution de ses produits ne pourront être suspendues, en effet, par des actions devant des tribunaux, quelles que soient les expertises contradictoires, demandées ou ordonnées.

Ce type de législation complaisante rend l’exposition au danger chimique des populations encore plus préoccupant. De plus, il illustre tragiquement la faiblesse du pouvoir politique, pour ne pas dire la “complicité”, face à ces géants aux poches bourrées de milliards. Préférant mettre en danger leurs citoyens et les générations futures. Le niveau de corruption atteint traduit une faillite des " valeurs et mécanismes démocratiques" actuels.

Certaines de ces dérives sont publiques, parmi toute une série : un des sénateurs corédacteur de la loi a reçu des milliers de dollars de Monsanto pour financer ses campagnes électorales ; ou encore, un membre de la Cour Suprême statuant sur la constitutionnalité de la loi, Clarence Thomas, a été un des avocats du groupe… (7)

Abus et cynismes, justifiant la mobilisation des associations et de tous les citoyens engagés dans la protection de la nature, de la santé et de l’alimentation. Et, dans le même élan, pour la “réforme” des institutions démocratiques…

En Europe, en France, nos propres parlements, et autres organisations représentatives chargées d’assurer la protection des populations, ne résistent pas davantage à ces "pressions" que leurs équivalents nord-américains. Comme le rappelle le chercheur Jacques Testart :

« L’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA ou EFSA en anglais) qui règne sur la culture ou l’importation des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) dans l’Union Européenne en délivrant des avis à la Commission. […] En une quinzaine d’années l’EFSA a donné son feu vert à plusieurs dizaines de PGM, sans en refuser aucune ». (8)

S’ajoute une dimension excessivement nocive de l’action de ces chimistes à l’encontre de nos collectivités et de l’économie planétaire : celle de planifier, organiser, le contrôle absolu et irrévocable de l’alimentation mondiale par le biais des semences. Ce qu’occultent, une fois de plus, nos politiciens et médias soudés dans la même omerta :

« … les multinationales ne souhaitent que maximiser leurs profits en s’appropriant les semences, en couplant leurs plantes brevetées avec des i intrants chimiques obligatoires, en réduisant le travail intelligent du paysan à des pratiques stéréotypées, et finalement en visant le contrôle de l’alimentation mondiale. » (9)

Mainmise sur le patrimoine génétique alimentaire mondial dans un racket à la Al Capone par une poignée de multinationales :

« … les grandes firmes (Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF, DuPont) déposent des containers de brevets sur les gènes dépistés dans les plantes naturelles, celles sélectionnées depuis 10 000 ans par les paysans, dans le but de les inclure dans les plantes transgéniques, lesquelles seront payantes. » (10)

Poussant leurs prétentions tous azimuts, une des grandes spécialités de Monsanto, jusqu’à essayer d’imposer le droit des brevets sur des jambons de porcs nourris avec des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) !… No Limit… (11)

Du pareil au même…

Complicité des Autorités Sanitaires et du Charity Business

Ces groupes chimistes, devenus des apprentis sorciers de la manipulation génétique, en interaction avec l’agro-industrie, imposent effectivement une expansion quasiment incessante de leurs intérêts exclusifs. Au détriment de la santé de l’Humanité et de l’équilibre de l’écosystème de notre Planète.

Bénéficiant, comme nous le savons tous, de la complicité traditionnelle, grassement et discrètement rémunérée, des politiciens et médias. Mais encore plus grave, du fait de son effet accélérateur, du soutien aveugle du "monde scientifique", de plus en plus gangréné au niveau de son expression qui devrait être irréprochable : les "autorités sanitaires", sous toutes leurs formes.

Pire ! Ces métastases du cynisme irresponsable s’étendent, à présent, aux associations caritatives. Que les anglophones ont la lucidité de qualifier pour ce qu’elles sont devenues dans leur réalité quotidienne : le "Charity Business".

i) "Mandarins – - Inquisiteurs"

Malgré les perpétuels obstacles qu’on leur oppose, des chercheurs déterminés à exercer loyalement leurs disciplines, soucieux de préserver la sécurité sanitaire de nos collectivités, essayent d’alerter opinions et responsables politiques. Dénonçant les inadmissibles manquements à l’éthique et au respect élémentaire de toute recherche, expertise et contrôle, scientifiques portant sur les pratiques et produits potentiellement dangereux.

Jacques Testart, dans un témoignage accablant, rappelle que L’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA) a ainsi autorisé le maïs transgénique élaboré par Monsanto – le MON 810 – dans des conditions scientifiques dénuées de tout fondement sérieux, fiable et honnête. Ou encore, fondé ses décisions sur un maïs génétiquement modifié le "Smart Stax", particulièrement redoutable par ses implications à terme (fabriquant 6 insecticides et tolérant 2 herbicides !), d’après une simple étude de 42 jours sur le poulet… (12)

Cette "agence européenne" multipliant les réticences pour améliorer les tests d’évaluation, rendre publiques les études et leurs méthodologies, ignorant les impacts socio-économiques sur les milieux agricoles. S’efforçant, au contraire, d’alléger ces contraintes de "sérieux scientifique" aux conséquences pourtant incalculables pour la protection de la santé et de la sécurité des populations, du monde animal et de l’environnement. (13)

La France, évidemment, n’échappe pas à cette spirale. Loin de là ! Donnant l’exemple des pratiques inquisitoriales d’un autre siècle. Pourchassant, dans l’étalage d’un obscurantisme moyenâgeux, le blasphème et l’hérésie. S’acharnant sur ceux qui contestent les "dogmes" par leur esprit critique, leur conscience professionnelle.

Terrible témoignage : une publication scientifique par un groupe de chercheurs de Caen éditée en septembre 2012 dans une revue spécialisée internationale "Food and Chemical Toxicology", qui aurait dû être considérée avec fierté par la communauté scientifique française, a été l’objet d’une véritable "chasse à l’homme". (14)

Cette étude d’une qualité exceptionnelle avait le tort, il est vrai, d’exposer les résultats de travaux de recherches de 2 ans sur des rats consommant du maïs transgénique (NK 603 de Monsanto) ou du Roundup (l’herbicide que ce maïs tolère grâce à sa modification génétique). Malgré la farouche opposition du fabricant de coopérer à l’étude : refus de procurer des semences transgéniques, de communiquer ses propres études, etc. Prouvant, dans une impeccable rigueur méthodologique, les ravages de ces produits pour les organismes vivants.

Ce qu’on a appelé « l’Affaire Séranili », provoquant un déchaînement des lobbies des groupes chimiques et des mandarins du monde scientifique à leur solde : campagnes de "décrédibilisation" dans tous les médias contre ces chercheurs, diffamations, menaces personnelles en tous genres, jusqu’à vouloir intimider l’éditeur…

Beaucoup de chercheurs scrupuleux et courageux sont ainsi à intervalles réguliers, médiatiquement et académiquement, "assassinés". Citons quelques uns d’entre eux, tombés au champ d’honneur en Europe et ailleurs (15) :

=> Arpad Puztai, exclu de l’Institut Roswell (Aberdeen – Ecosse) : Toxicité d’une pomme de terre GM sur la structure intestinale des rats (1998).

=> Ignacio Chappela, suspendu de l’université de Berkeley (Californie) : Contamination des maïs rustiques mexicains par du maïs GM (2001).

=> Manuela Malatesta, exclue de l’université d’Urbino (Italie), à la suite d’une étude de 2 ans démontrant l’altération des foies de rats nourris de soja OGM (2002).

Qu’en est-il de la défense de nos pays et populations, aux budgets militaires et sécuritaires colossaux (plus d’une cinquantaine de milliards d’euros annuels, rien qu’en France…) en augmentation constante et sans contrepartie en recettes ?… Gouvernements, quels que soient les partis au pouvoir, incapables d’imposer un minimum de contrôles, d’exercer la moindre vigilance, dès lors qu’il s’agit de protéger la santé humaine, animale et environnementale.

ii) “Philanthropes – Spéculateurs”

Le financement partiel de la recherche publique par des groupes privés, de fait un “noyautage”, renforce cette mainmise non seulement sur les orientations de la recherche fondamentale mais, encore plus désastreux, anesthésie complètement l’indépendance des autorités de contrôle sanitaire. Dont les membres, issus du monde académique, se retrouvent en catimini : juges et parties…

Cette double éradication, de l’indépendance de la recherche publique et du pouvoir de décision des autorités sanitaires, représente un des plus pressants et graves dangers posés à nos collectivités.

Apparaissent ainsi, dans le silence de la désinformation : tomates au goût infect, tiges de maïs cassant sous le vent, fibres de coton se délitant dès leur récolte, prunes aux pulpes indécollables de leurs noyaux, melons explosant à l’approche de leur maturité, vaches sans queues, saumons aux têtes monstrueuses, proliférations des cas de diabète chez les bovins ou les porcs. Stérilités et mortalités précoces en augmentation exponentielle…

Malgré tous ces signaux d’alerte, avertissements et témoignages, inconscients du danger d’autres acteurs se ruent dans cette nouvelle chasse au trésor que représentent les fabuleuses marges et marchés “captifs” des pesticides et manipulations génétiques : les associations caritatives ou philanthropiques. Emblématique du niveau d’irresponsabilité atteint par nos nomenklaturas déboussolées de voracité…

Et non des moindres, car on y trouve les plus grands noms du “Charity Business”. Le plus renommé et le plus richement doté, même : La Fondation Bill et Melinda Gates. Adossée à la fortune du principal actionnaire-fondateur de Microsoft…

Pensez-vous que cette fondation au statut fiscal privilégié applique le code de cette nouvelle éthique du monde des affaires qu’on nomme “Investissement Socialement Responsable” (SRI en anglais) ?… Pas du tout. Aux antipodes de ce nouvel apostolat !

En août 2010, la Fondation Bill et Melinda Gates a acquis 500 000 actions de la société Monsanto. Nom associé pourtant aux pires crimes de guerre commis dans l’histoire de l’Humanité, à l’encontre des populations civiles du Vietnam par l’épandage massif de son produit phare : “l’agent orange”… (16)

Pour rire de cette farce, associations et militants de la défense des libertés brocardaient ce mariage caricatural, sous la bénédiction de la “Libre Concurrence” et du “Dieu Marché”, entre 90 % du marché des logiciels informatiques et 90 % du marché mondial des semences transgéniques et des semences commerciales du monde…

Trajectoire logique pour cette fondation qui s’est manifestée, avec ténacité, par ses innombrables financements à destination des recherches transgéniques en faveur d’universités et centres d’études. Du plus modeste : 1,6 million de dollars aux chercheurs de l’Etat de Washington pour développer des variétés de blé OGM résistant à la sécheresse. Au plus plantureux : 26,8 millions de dollars à l’université Cornell (Etat de New York) pour des recherches sur le blé transgénique.

En passant par le plus sophistiqué, genre usine à gaz propice aux "fuites organisées" : création d’un fonds de 880 millions de dollars pour créer un programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, “Global Agriculture and Food Security Program”. Géré par la Banque Mondiale pour prendre en compte le “problème de la faim et de la pauvreté dans le monde”.

Ou s’associant à d’autres associations "philanthropiques". Mentionnons celle, en 2006, avec la Fondation Rockefeller « fervent promoteur des OGM à destination des populations pauvres ». Créant l’Alliance for a Green Revolution in Africa (Agra), “Alliance pour la révolution verte en Afrique”, finançant la distribution des semences OGM et produits chimiques vendus par Monsanto, DuPont et Syngenta, aux “populations pauvres”… (17)

Certaines de ces "populations pauvres" regroupées dans des associations de lutte contre ces manœuvres d’empoisonnement collectif protestent énergiquement, malgré le silence complice de leurs politiciens. Notamment au Kenya :

Agra est un poison pour nos systèmes de production et moyens de subsistance. Sous la bannière philanthropique du développement agricole, l’Agra finira par ronger le peu qui reste de l’agriculture durable en Afrique.” (18)

Face à ces rouleaux compresseurs, comment lutter ?…

Où se trouvent « Démocratie » et « Droits de l’Homme », valeurs fondamentales de nos contrées nous dit-on, dans ces comportements, pratiques, mentalités et combines ?… Excluant tout débat public et recherche publique, en mesure de garantir l’indépendance des décisions politiques impliquant le droit à la santé de la Personne et le respect de son Environnement naturel ?…

En France, comme ailleurs, qu’en est-il de notre libre arbitre, de notre “souveraineté”, ce droit imprescriptible d’autodétermination ?…

En fait, après l’abandon de notre souveraineté diplomatique, militaire, économique, financière, sociale, constatons lucidement la fin de notre : “souveraineté alimentaire et sanitaire”.

Le système mafieux instauré par les actionnaires de l’agrochimie, dissimulant leur rapacité prédatrice sous les vocables sanctificateurs “mondialisation” et "lutte contre la faim dans le Monde", régentant nos institutions politiques par la corruption, ne cesse d’élargir l’emprise du totalitarisme dont nous sommes devenus les adeptes serviles et analphabètes.

Totalitarisme jusque dans nos assiettes, notre métabolisme. Bientôt, dans notre ADN…

« Laissez faire ! – Pas d’entraves à la liberté d’entreprendre ! – Gloire à l’Autorégulation ! », scande dans nos médias le chœur des dévots illuminés du « Dieu Marché » !

Si, nous, citoyens de cette Planète, ne prenons pas à la gorge ce servage oligarchique, ne maîtrisons pas dans une poigne d’acier ce despotisme affairiste,

Si nous n’imposons pas, dans une authentique “laïcité”, la séparation de l’Etat et de cette nouvelle religion, ou fanatisme radical, à prétention scientifique,

Si nous n’agissons pas, prostrés dans la béatitude consommatrice, tête méticuleusement vidée pour la pub, nous finirons, dans une “nouvelle civilisation”, certes.

Mais…

En vaches folles.

 

1. Hannah Arendt, Le Système Totalitaire, Le Seuil, 1972.

2. Pepe Escobar, Erdogan risks the « must go » path, Asia Times, 3 juin 2013, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-030613.html

3. Challenging Monsanto : Over two million march the streets of 436 cities, 52 countries, [Manifestations contre Monsanto : Plus de 2 millions de marcheurs dans les rues de 436 villes, de 52 pays], RT, 24 mai 2013, http://rt.com/news/monsanto-gmo-protests-world-721/ & http://on.rt.com/7def4c

4. From Alaska to Florida: Americans take to streets against Monsanto and GMOs, [De l'Alaska à la Floride : Les Américains manifestent dans les rues contre Monsanto et les OGM], RT, 25 mai 2013, http://on.rt.com/hbbzf7

5. Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto – De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Editions La Découverte/ARTE Editions, 2008. Ouvrage dont je recommande vivement la lecture !

6. Marie-Monique Robin, Op. Cit., pp. 80 – 100.

7. Challenging Monsanto, Op. Cit.

8. Jacques Testart, A qui profitent les OGM ?, CNRS Editions, 2013, p. 19 & 20.

9. Jacques Testart, Op. Cit., p. 71.

10. Jacques Testart, Op. Cit., p. 25.

11. Jacques Testart, Op. Cit. p. 17.

12. Jacques Testart, Op. Cit.

13. Cf. l’analyse critique de Frédéric Jacquemart, Expertise des OGM : l’évaluation tourne le dos à la science, inf’OGM/GIET, 2012, cité par Jacques Testart, Op. Cit., p. 20.

14. Séralini, ouvrage collectif, « Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize », Food and Chemical Toxicology, septembre 2012, p.39.

15. Marie-Monique Robin et Jacques Testart, Op. Cit.

16. Eva Lacoste, Le mariage Gates et Monsanto : attention, danger pour le planète, “Golias Hebdo”, n° 160, semaine du 25 novembre au 1er décembre 2010, http://www.votresante.org/suite.php?dateedit=1291049997

17. Eva Lacoste, Op. Cit.

18. Eva Lacoste, Op. Cit.

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Résistance politique: Les pensées d’un Mohawk ~ 1ère partie ~

Posté dans actualité, N.O.M, philosophie, documentaire, politique française, militantisme alternatif, crise mondiale, guerres imperialistes, altermondialisme, démocratie participative, autogestion, résistance politique, terrorisme d'état, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, France et colonialisme, pédagogie libération avec des tags , , , , , , , , , , , le juin 12, 2013 par Résistance 71

Nous inaugurons ici la traduction de quelques textes d’un des grands activistes amérindiens, Louis Karoniaktajeh Hall, décédé en 1993 et qui a lutté toute sa vie pour un renouveau des traditions autochtones, une véritable auto-détermination et souveraineté des nations indigènes, à commencer par la sienne, la nation Mohawk, partie intégrante de la Confédération Iroquoise.

Activiste, philosophe, artiste, parfois controversif, il a participé à la remise au goût du jour d’un véritable sentiment de décolonisation. Membre actif fondateur de l’American Indian Movement (AIM), il en fut l’artiste officiel et créa de nombreux posters et graphiques pour la promotion du mouvement. Il a créé le drapeau de la "Warrior Society" de la nation Mohawk et le drapeau d’unification des nations de Great Turtle Island (Amérique du Nord).

Dans le texte ci-dessous publié en 1984, il est étourdissant de clairvoyance quant à l’analyse et sa vision du monde moderne et ce, il y a près de 40 ans. Nous ne clamerons pas comme Hall que LA solution aux problèmes du monde est dans la constitution iroquoise, mais en revanche nous défendons l’idée que la solution aux problèmes du monde se situe en grande partie dans une organisation sociétaire non pyramidale, matriarcale, autogestionnaire, non-coercitive et non-autoritaire. Ces qualités sont, bizarrement, très souvent (pas toujours il est vrai) inclues dans le mode sociétaire des nations indigènes des Amériques.

Il est grand temps de lâcher prise de nos erreurs, la plus grosse d’entre elles, source de bien des maux, étant de concevoir, ou plutôt d’avoir été forcés de concevoir que seule la société étatique est garante de progressisme et de bonheur pour tous. L’Histoire nous prouve depuis plus de 2000 ans que cela est un concept totalement erroné, falsifié à dessein pour la préservation des intérêts du plus petit nombre.

La société n’est pas l’État comme l’oligarchie nous le fait croire pour préserver ses privilèges parasitaires… Mais la société est contre l’État. La société n’est pas une société des nations, mais une société des peuples, autonomes, égaux et solidaires. Nous avons beaucoup à apprendre de ceux que nous avons colonisé partout dans le monde, parce que contrairement à nous… Ils savent qu’ils ont été colonisés et le sont toujours. Nous ne le savons toujours pas !

– Résistance 71 –

Les pensées d’un Mohawk

Une série d’écrits et de dessins par Louis Karoniaktajeh Hall

2ème partie

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

INDIAN SURVIVAL CRISIS BULLETIN

NO. 7 AVRIL, 1984

 

La solution indienne aux problèmes du monde

L’homme blanc dit que son gouvernement est un gouvernement de la majorité. Il a aussi été dit que la majorité du monde sont des idiots et que les sages et intelligents sont dans la minorité. Ceci rend donc un gouvernement de la majorité un gouvernement d’idiots. Mais, me direz-vous, la majorité du monde est contrôlée par une minorité maligne d’exploiteurs oppressifs qui rend le gouvernement de la majorité en fait le gouvernement d’une minorité et ainsi, c’est un gouvernement à la fois d’idiots et de petits malins exploiteurs, ces derniers étant les maîtres de cérémonie.

L’armée est l’arme du gouvernement et est entraînée à protéger et à défendre le système, pas les citoyens. Le gouvernement utilise les gens, car les militaires font partie du peuple. Le gouvernement crée des lois faites pour défendre et protéger le gouvernement du peuple et les différentes polices sont établies pour faire respecter les lois, encore et toujours utilisant des gens du peuple au préalable aliénés par endoctrinement des autres personnes afin qu’ils puissent protéger le système contre les personnes exploitées et opprimées. Les personnes exploitées sont requises de payer des impôts en grands nombres afin de payer le coût de ces institutions, le gouvernement, l’armée et les différents départements de police.

Le problème est que le gouvernement de la majorité n’est pas vraiment un gouvernement pour tout le monde, mais pour les super-riches qui sont en contrôle. Puisque les super-riches sont en contrôle du “monde libre”, alors la solution pour les personnes exploitées est de nationaliser et d’internationaliser les corporations des super-riches. Cela paraît être un super truc que de désarçonner de tels super patrons qui sont en contrôle des nations, mais pour chacun qui n’a pas à le faire soi-même, c’est simple. Les exploités ne font que neutraliser les super-riches. Comment  cela demande le non-Indien ? D’abord les plus sages et plus intelligents des exploités vont former un conseil national populaire  par lequel tout le monde peut vraiment exercer sa volonté. Ce conseil national sera alors comme un gouvernement qui ne gouverne pas mais crée un bon chemin à suivre pour les gens. La méthode pour trouver les plus sages et plus intelligents des exploités se fait par une série de tests sur l’étude de l’humanité, de la justice, finance, administration politique, guidage des affaires publiques tout en incitant à suivre le bon chemin pour les gens; ces tests sont passés par les plus capables pour entrer dans le dit conseil national populaire qui sera toujours rendu responsable par les gens et qui rendra toujours des comptes à la population générale,

Pour neutraliser les grosses entreprises super-riches et les nationaliser et internationaliser, il est d’abord nécessaire de mettre de côté les pseudo-gouvernements de la majorité, car ils opèrent sous de faux prétextes et ont misérablement échoué dans leur gestion des peuples. Plutôt que de changer les personnels de ces vils gouvernements non populaires et de non-majorité, il est en fait bien mieux de supprimer tout le système de gouvernement dans sa totalité. Ils ne devraient pas y voir d’objection puisque c’est pour le bien du monde. L’action de retirer de ses fonctions un gouvernement est appelée une révolution. L’action de retirer le pouvoir à tous les gouvernements est appelée une révolution mondiale.

L’incidence des mauvais gouvernements, l’insoutenable imposition/taxation, la terreur nucléaire, l’oppression, les persécutions et autres abus seront résolus en dissolvant tous les gouvernements à cause de leur échec à générer le bonheur des populations, ce qui a toujours été l’objectif à très long terme de l’humanité à travers les âges et donc le but supposé de tout gouvernement. N’ayant ni la capacité, ni l’endurance à réaliser cet objectif, les gouvernements présents doivent être immédiatement remplacés par des conseils nationaux populaires, qui auront l’intelligence et la sagesse nécessaires pour remplir l’objectif et les obligations induites. Ils ont prouvé leur capacité en passant le test. Les super-riches ne dépensent pas leurs milliers de milliards de dollars à payer pour les travailleurs du gouvernement (dont un certain nombre n’ont absolument rien à faire), ni à payer pour les dépenses extravagantes des armées et des forces de police. Qui paie pour tout cela ? Les exploités. Les gens qui travaillent. Les gens paient pour la protection des riches contre les opprimés. Ceci représente le paroxysme de l’exploitation. En nationalisant et en internationalisant les super-entreprises des méga-riches, les profits qui en découleront (par les milliers de milliards de dollars), pourront être utilisés pour payer toutes les dépenses nationales et les coûts inhérents, enlevant par là même, la chappe de plomb des impôts des épaules des gens. Il n’y aura plus besoin de taxation, comme le disent les économistes qui font aussi allusion au fait que les gouvernements font très cher payer les peuples pour avoir un gouvernement.

Les gouvernements eux-mêmes sont gouvernés par Wall Street et ses requins de la finance, groupe composé d’une centaine de membre (en 1960), dont chacun d’entre eux dans un très mauvais jour, engrange 1 million de dollars. Un colosse de ce club, avec un énorme portefeuille d’entreprises engrangeait en moyenne 55 millions de dollars par jour. Tous les gouvernements du “monde libre” sont sous le contrôle de cette élite du fric. Il a été dit que les requins de Wall Street regardent l’humanité comme une bête, qui doit être maintenue dans la faiblesse et saignée. L’élite du super-fric est directement impliquée dans la situation intolérable de la prolifération des armes nucléaires. A cette vitesse, la race blanche sera éteinte au même rythme que la race de l’homme rouge qu’elle essaie activement d’anéantir.

Il n’y a aucun besoin d’un ministère de la guerre si cher. Dans la voie iroquoise, chaque individu est un protecteur et un défenseur. Chaque garçon est entrainé à la stratégie militaire. Il est aussi instruit dans la loi et enseigné de la défendre. Une de ses missions en tant que guerrier (NdT: Dans la langue iroquoise, il n’y a pas de mot pour dire “guerrier”, la racine du mot provient du mot “óhstien”, qui veut dire “os”, réferrant le guerrier au porteur des os des ancêtres et donc par extension celui qui a la charge de l’héritage ancestral et de s’assurer de la perpétuation de la nation…) est d’arrêter les crimes et d’arrêter ceux qui enfreignent la loi. Ainsi, chaque homme est un policier. Ceci est la façon de prévenir qu’un gouvernement ne victimise et n’oppresse pas son peuple. Le peuple est le gouvernement et il est aussi la police, tout le monde l’est. Il n’y a pas d’aliénation du policier ou du militaire par rapport au peuple. Dans le système iroquois, appelé “La société guerrière” par l’homme blanc, il n’y a pas de conscription, d’endoctrinement (lavage de cerveau) pour transformer les conscripts en tueurs et après la guerre, les relâcher parmi la population où ils commettront de nombreux crimes.

Les crimes, s’il y en a, sont gérés par les défenseurs en cours d’entrainement et après leur entrainement, ils sont toujours en attente et peuvent intervenir en cas d’urgence comme un incendie, des bagarres, des émeutes, des invasions et toute sorte de troubles possibles. La “société guerrière” apprend également aux jeunes tout ce qui est nécessaire de savoir, des sujets académiques, de la même façon que des techniques de défense et de traitement des problèmes. Tout ceci ne coûte rien aux contribuables, il n’y a pas de conribuables du reste. Tout ceci est défalqué des profits des corporations nationalisées et internationalisées des super-riches. N’est-ce pas ceci un système bien supérieur comparé à celui qui est maintenant en place et pour lequel le public est obligé de payer ?

A présent, l’humanité est sous un nuage de destruction et de mort provenant d’une maladie cruelle causée par la contamination (entre autre) des retombées et pollutions radioactives (NdT: Louis Hall parle ici du cancer bien sûr…) Les gouvernements des blancs en Amérique du nord et du sud, sont si préoccupés à exterminer les Indiens, qu’ils ne réalisent même pas qu’ils font la même chose avec leurs propres peuples. Nous avons lu au sujet de ces tueurs psychopathes qui ne peuvent pas s’arrêter de tuer, même en réalisant qu’ils seront eux-mêmes des victimes de leur folie. Les millions d’innocents et de futures victimes accidentelles de ce monde de folie se doivent de prendre entre leurs mains leur survie et leur défense. Il est de leur devoir de faire cesser cette menace à leur existence même et doivent trouver les moyens et la façon de le faire. Cette longue descente vers la destruction totale ne peut être stoppée qu’en abolissant l’ordre présent qui n’est que désordre total. Cela ne devrait pas être trop difficile. Il n’y a qu’un peu plus d’une centaine de cette élite du gros business, responsables de cet état de fait. Il suffit de procéder à des arrestations citoyennes et à garder les intéressés en détention et leur faire faire quelque chose de profitable véritablement à la société. Détenir leurs scientifiques (nucléaires) et les maintenir dans une science prolifique qui ne met pas en danger permanent l’humanité et la planète.

Après avoir aboli les mauvais gouvernements, leur système économique et après avoir implémenté ce qui est expliqué ci-dessus, le type de gouvernement iroquois, les gens de manière générale pourront bien mieux respirer et être plus relax. L’holocause nucléaire sera évité. Une ère de véritable paix sera expérimentée par tout le monde, partout. Etant parvenus à un meilleur gouvernement et à une meilleure société, les gouvernements des hommes blancs en Amérique seront plus enclins à rendre une bien meilleure justice aux peuples aborigènes du continent. Ils en viendront même sûrement au point de rendre les terres volées aux Indiens et ceux-ci pourront enfin retrouver leur société propre. L’Amérique est un énorme territoire avec beaucoup d’espace non utilisé. Très certainement les européens immigrants pourront le voir en pleine conscience et rendre ce qui est dû aux Indiens Les Etats-Unis et le Canada ne veulent payer que 0,25 $ par acre de terre accordée ; ils n’ont pas assez d’argent pour payer toutes les terres volées aux Indiens, cela se chiffre au delà des 2 500 milliards de dollars à 1000 $ de l’acre.

Résistance politique: Les luttes autochtones pour l’autonomie au Mexique continuent de plus belle…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , le juin 11, 2013 par Résistance 71

Nous l’avons dit à maintes reprises ici et en faisons un de nos chevaux de bataille: La solution pour les peuples du monde aux problèmes croissants posés par le capitalisme et son garde-chiourme de l’État vient des peuples colonisés par l’occident.

Les nations indigènes des Amériques du Nord et du Sud montrent la voie de la résistance en instaurant et en affirmant leur auto-détermination, et certains modèles autogestionnaires au sein de sociétés traditionnelles non pyramidales et non coercitives.

Nous devons comprendre leur lutte, apprendre et assimiler leurs méthodes pour les adapter à nos sociétés. Les mouvements de résistance autochtones des Amériques sont essentiels au futur de la planète. Tendons-leur la main. Unifions nos luttes qui fondamentalement sont les mêmes. Nous sommes tous des colonisés !

Union et solidarité !…

– Résistance 71 –

 

Géographie de la répression et de la résistance au Mexique

 

10 juin 2013

 

par Francisco López Bárcenas

 

url de l’article original en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Geographie-de-la-repression-et-de

 

Menaces à Pedro Martínez et à sa famille, de la Coordination des peuples unis de la vallée d’Ocotlán, à cause de sa participation à la lutte contre la mine de San José del Progreso ; agressions à main armée contre Celestino Bartolo Terán et menaces à sa fille Sara Bartolo, dans l’isthme de Tehuantepec, à cause de sa participation à la lutte contre les entreprises de construction d’éoliennes ; exécution de Félix Martínez Santiago, un des leaders de l’Organisation des peuples indigènes zapotèques (OPIZ), ce 15 mai dans la communauté de Tierra Blanca, San Vicente Loxicha, tous dans l’État d’Oaxaca ; menaces de mort à l’avocate Estela Angeles Mondragón pour avoir défendu des communautés rarámuris face à l’invasion de leurs terres par des éleveurs de bétail, dans l’État de Chihuahua ; disparition de Teodulfo Torres Soriano, El Tio, depuis le 24 mars, dans le District fédéral ; ce sont là des faits qui dessinent une partie de la géographie de la répression dans ce Mexique. Ce ne sont pas les seuls [1], mais ils montrent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, mais d’une réponse systématique à la résistance des peuples face à l’accaparement de leur terre ou à l’imposition de projets et qui s’étend sur tout le territoire mexicain.

La résistance aussi peut être vue dans bien d’autres endroits et sous une forme très différente. La lutte cyclique des Cucapá, en Basse-Californie, face à la détermination des autorités à les empêcher de pêcher, après leur avoir enlevé leur activité de chasseurs et d’agriculteurs ; les Rarámuris défendant leurs territoires de l’invasion des éleveurs de bétail et des entreprises de déboisement ; des peuples, dans plusieurs États de la République, s’opposant aux mines, aux entreprises de construction d’éoliennes pour la création d’« énergie propre », cela à l’initiative de consortiums privés et pour le bénéfice des entreprises transnationales ; des peuples comme celui de Temacapulin [2] dans l’État de Jalisco ; La Parota [3] dans l’État du Guerrero ; les Cora et les Wixaritari de Nayarit, et les Mixtèques et les Chatino d’Oaxaca se battant contre la construction de barrages ; les paysans de Huexca, dans le Morelos, s’opposant à la construction d’une thermoélectrique et d’un gazoduc [4] ; les peuples yaquis, dans l’État de Sonora, bataillant contre la construction du gazoduc Indépendance [5] ; paysans et indigènes s’opposant aux semences transgéniques, leur sécurité alimentaire de demain dépendant des semences natives et de la pratique d’une culture qu’ils ont développée autour d’elles. Ce sont des luttes très diverses mais elles ont beaucoup de points communs : tous se battent contre l’expropriation et contre les entreprises transnationales.

Les formes de lutte sont multiples. Normalement, elles se structurent en mélangeant plusieurs méthodes, qui dépendent de la capacité d’organisation des collectifs en lutte ainsi que de leur aptitude à établir des réseaux leur apportant un appui. Ainsi nous trouvons depuis les typiques actions de dénonciations publiques, manifestations et occupations d’édifices publics, en passant par des actions en justice de diverses sortes, jusqu’à l’action directe pour défendre leurs biens, comme ce qui s’est passé dans la municipalité de Zautla, dans la Sierra Norte de Puebla ; l’ejido Benito Juarez, dans l’État de Chihuahua, et à Teitipac , dans l’Oaxaca ; ou encore à renforcer leur identité dans leur relation au territoire, comme les Zapotèques de Capulalpan, dans l’Oaxaca, ou les Wixaritari, à San Luis Potosí. Les résultats aussi sont divers, bien que, dans tous les cas, il s’agisse de résultats partiels, on note que ceux-ci dépendent plus de la force des mobilisations que de la justesse de leur cause. Il existe des cas où il a été démontré la légitimité de leur demande, mais qui n’ont pu prospérer en l’absence d’une force suffisante pour se faire entendre, ou, s’ils ont obtenu des résultats favorables, les résolutions en leur faveur n’ont pu être exécutées pour la même raison.

Quand les objectifs que se proposent les mouvements ne sont pas atteints ; cela ne doit pas conduire au découragement, mais les petits triomphes non plus ne peuvent se présenter comme des succès définitifs. La lutte contre la spoliation est de longue durée et les mouvements doivent apprendre à résister dans la lutte même, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent les batailles, pour gagner la guerre. Il est important de tisser des alliances et d’étendre le champ de bataille afin de fortifier la résistance et permettre la résolution des problèmes quotidiens des gens. Il y a cinq ans, quand ce type de luttes commença à pousser comme des champignons en temps de pluie, peu nombreux furent ceux qui pensèrent qu’il pouvait vaincre le capital international, après cinq ans on commence à penser que c’est une utopie possible. Dans la Sierra Norte de Puebla, il y a désormais deux mouvements, qui peuvent arriver à n’être qu’un seul mouvement de résistance ; dans l’Isthme et la Vallée d’Oaxaca aussi, se sont créées des organisations régionales et il est sûr qu’il va s’en construire d’autres. Ce n’est pas encore gagné. Il faut penser à des formes nouvelles d’organisation, et surtout au futur pour lequel on engage la lutte. Il est nécessaire de donner un visage, qui lui soit propre, à la résistance.

Francisco López Bárcenas

Traduction et notes de Georges Lapierre 
Source du texte d’origine : 
La Jornada, Mexico, 
25 mai 2013.

Notes

[1] Nous pourrions ajouter l’assassinat crapuleux de Juan Vázquez Guzmán de Bachajón, Chiapas, qui luttait contre l’accaparement des terres ejidales de Cascadas Azules en vue d’un projet touristique de grand luxe (NdT).

[2] Barrage El Zapotillo, en construction, et qui risque d’inonder le village de Temacapulin s’il atteint la hauteur de 105 mètres au lieu des 80 mètres prévus initialement (NdT).

[3] Projet de construction d’un barrage près d’Acapulco, qui rencontre une forte opposition de la part des communautés directement concernées face à l’opiniâtreté de la Compagnie fédérale d’électricité (NdT).

[4] Qui passera dans une zone considérée à haut risque au pied du volcan Popocatépetl toujours en activité, les travaux sont en cours sous haute protection des forces policières, malgré les risques et une forte opposition de tous les villages et villes concernés (NdT).

[5] Il pourrait s’agir de l’aqueduc Indépendance qui devait amener l’eau du fleuve Yaqui à Hermosillo au grand dam du peuple yaqui — qui a obtenu un jugement en sa faveur dernièrement ; mais un gazoduc est aussi en construction, le gazoduc Nord-Sud qui traverse le territoire des Yaquis pour arriver cette année à Obregón et Navojoa (NdT).

Résistance politique: Communiqué du mouvement anarchiste turc

Posté dans actualité, politique et social, N.O.M, militantisme alternatif, crise mondiale, altermondialisme, démocratie participative, autogestion, résistance politique, terrorisme d'état, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, police politique et totalitarisme, neoliberalisme et fascisme avec des tags , , , , , , , , , , , , , , le juin 6, 2013 par Résistance 71

Appel à la solidarité internationale contre la terreur d’État en Turquie

 

5 juin 2013, par Anarşist Faaliyet

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Appel-a-la-solidarite,1077

 

Les anarchistes révolutionnaires appellent à la solidarité internationale pour organiser une révolte générale contre le terrorisme d’État.

3 juin 2013.

 

La semaine dernière, un groupe de manifestants a commencé une action de sauvegarde de l’environnement après que quelques arbres ont été abattus illégalement au nom de projets de gentrification urbaine. Au deuxième jour de la protestation, très tôt le matin, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, des canons à eau et des balles en plastique. De nombreuses personnes ont été blessées. Ce fut l’étincelle de la lutte contre ce terrorisme d’État qui s’est répandue dans tout le pays et s’est transformée en une action massive et organisée de révolte globale. Les gens impliqués contre l’augmentation des attaques, le terrorisme d’État et la violence de la police ont transformé les rues en zones de résistance. Cette révolte générale a grandi pendant quatre jours et se répand.

Des centaines de milliers de manifestants ont résisté, place Taksim, où le gouvernement a bloqué les entrées, et la violence de la police a atteint un sommet. Finalement, le square a été occupé après la construction de barricades autour de la place Taksim et les manifestants ont pris le contrôle de Taksim. Les manifestants à Ankara ont occupé les rues en solidarité avec Istanbul et des barricades ont été construites dans les lieux importants de la ville, diffusant la révolte. Des centaines de manifestants à Izmir, une autre grande ville, ont brûlé le bâtiment du parti au pouvoir.

La solidarité et le soutien aux mouvements de protestation et dans les zones d’affrontements sont très importants. Dans chaque ville où des affrontements sont en cours, les gens ont ouvert leurs maisons aux manifestants et aux personnes blessées. Beaucoup de gens ont mis à disposition des trousses de premiers soins et de la nourriture dans leurs cours pour les manifestants. Les équipes médicales volontaires auto-organisées se sont rendues dans les zones d’affrontements et ont aidé instantanément les manifestants blessés. Des avocats bénévoles aident les manifestants en détention.

Alors que les affrontements se poursuivent, le nombre de morts et de blessés est en augmentation. Les grands médias agissent toujours comme si rien ne s’était passé. Le nombre de morts serait d’une dizaine, mais ce n’est pas certain, car il n’y a pas de déclarations officielles. Un manifestant à Istanbul a été renversé par une voiture alors qu’il bloquait une rue, un autre a reçu un coup à cause des bombes à gaz, un autre encore a été renversé par la police et tous ont perdu la vie. Un manifestant à Ankara a été blessé à la tête par le feu de la police et il est en état de mort cérébrale.

Alors que l’action et les affrontements se poursuivent ici, la solidarité mondiale est en augmentation. Les « Anonymous » ont piraté les sites du parti au pouvoir, de la police d’Istanbul, de la municipalité d’Ankara et de nombreux autres organismes gouvernementaux. Les « Anonymous » ont déclaré qu’ils vont continuer les cyber-attaques tant que le terrorisme de l’État turc se poursuit. Alors que des millions de personnes résistent dans les rues aux attaques de la police dans tout le pays, certains partis de l’opposition tentent de tirer profit, de manipuler l’action en la politisant. Tout comme ce que nous avions vu dans certaines régions au cours du printemps arabe, les partis d’opposition (en particulier les kémalistes) tentent de s’approprier la portée des actions menées. Les partis d’opposition, en profitant de la politisation sociale, tentent de profiter de la situation dans l’espoir de prendre le pouvoir. La révolte en cours a laissé les politiciens et l’État dans une mauvaise position. Alors que le gouvernement tente de manipuler la révolte en la qualifiant d’être la manifestation d’« un groupe de radicaux », la crise se propage dans l’économie. La crise économique a montré de premiers signes dans le marché boursier.

Cependant, c’est une des plus grandes révoltes massives dans l’histoire du pays et les gens sont dans les rues afin de s’opposer à la hausse des politiques d’interdiction, d’oppression et de suppression, à la terreur d’État et à la violence policière qui n’a cessé d’augmenter pendant une longue période. Les personnes que l’État avait essayé de dompter par une oppression de centaines d’années sont maintenant directement en révolte contre lui.

Nous appelons tous les camarades qui luttent partout dans le monde : faites entendre la voix de la révolte générale, partout où vous pouvez, contre l’État turc et les grands médias qui tentent de la réduire au silence. Organisez des actions de solidarité pour être avec les millions de gens dans les rues.

Joignez votre voix à la révolte du peuple que l’État avait ignoré, opprimé et exploité pendant des années. Que le feu de la révolte contre l’État turc que nous avons commencé avec une étincelle et qui ne cesse de croître, se développe davantage.

Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et contre l’exploitation capitaliste.

Nous continuerons à diffuser les informations tant que l’émeute se poursuit.

Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF) 
Action révolutionnaire anarchiste

Source et traduction : 
Fédération anarchiste

Résistance politique: Devant les crimes de l’oligarchie, un changement radical de société est une manœuvre de salubrité publique…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , le juin 6, 2013 par Résistance 71

"La révolte tue les hommes alors que la révolution tue à la fois des hommes et des principes; mais pour ces mêmes raisons, on peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’Histoire. Il ne peut y en avoir qu’une qui serait la révolution définitive… Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct. ‘Ceci implique la contradiction, dit Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la raison toute simple qu’il est gouvernement’ [...] S’il y avait une seule fois révolution, en effet, il n’y aurait plus d’Histoire. Il y aurait unité heureuse et mort rassasiée."

– Albert Camus, "L’homme révolté", 1951

"L’anarchisme a vraiment conduit en 1936, une révolution sociale et l’ébauche la plus avancée qui fut jamais, d’un pouvoir prolétarien… Le mouvement anarchiste organisé (en Espagne) s’est montré incapable d’étendre les demies victoires de la révolution et même seulement de les défendre. Ses chefs reconnus sont devenus ministres et otages de l’État bourgeois qui détruisait la révolution pour perdre la guerre civile."

– Guy Debord, "La société du spectacle", 1967

*  *  *

Une analyse de l’esprit de révolte et des révolutions par Pierre Kropotkine en 1914, texte d’une actualité stupéfiante déconcertante, preuve que rien n’a changé dans le fond depuis bien plus de cent ans et que nous publions en deux parties. A lire et diffuser sans modération.

– Résistance 71 –

 

L’esprit de révolte

 

Pierre Kropotkine, 1914

 

= 1ère partie =

= 2ème partie =

 

Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des Etats, sur les lois d’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le cabaret, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruine ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui.

Un besoin de vie nouvelle se fait sentir. Le code de moralité établi, celui qui gouverne la plupart des hommes dans leur vie quotidienne ne paraît plus suffisant. On s’aperçoit que telle chose, considérée auparavant comme équitable, n’est qu’une criante injustice : la moralité d’hier est reconnue aujourd’hui comme étant d’une immoralité révoltante. Le conflit entre les idées nouvelles et les vieilles traditions éclate dans toutes les classes de la société, dans tous les milieux, jusque dans le sein de la famille. Le fils entre en lutte avec son père : il trouve révoltant ce que son père trouvait tout naturel durant toute sa vie ; la fille se révolte contre les principes que sa mère lui transmettait comme le fruit d’une longue expérience. La conscience populaire s’insurge chaque jour contre les scandales qui se produisent au sein de la classe des privilégiés et des oisifs, contre les crimes qui se commettent au nom du droit du plus fort, ou pour maintenir les privilèges. Ceux qui veulent le triomphe de la justice; ceux qui veulent mettre en pratique les idées nouvelles, sont bien forcés de reconnaître que la réalisation de leurs idées généreuses, humanitaires, régénératrices, ne peut avoir lieu dans la société, telle qu’elle est constituée : ils comprennent la nécessité d’une tourmente révolutionnaire qui balaie toute cette moisissure, vivifie de son souffle les coeurs engourdis et apporte à l’humanité le dévouement, l’abnégation, l’héroïsme, sans lesquels une société s’avilit, se dégrade, se décompose.

La machine gouvernementale, chargée de maintenir l’ordre existant, fonctionne encore. Mais, à chaque tour de ses rouages détraqués, elle se butte et s’arrête. Son fonctionnement devient de plus en plus difficile, et le mécontentement excité par ses défauts, va toujours croissant. Chaque jour fait surgir de nouvelles exigences. — «Réformez ceci, réformez cela ! » crie-t-on de tous côtés. — «Guerre, finance, impôts, trinunaux, police, tout est à remanier, à réorganiser, à établir sur de nouvelles bases.» disent les réformateurs. Et cependant, tous comprennent qu’il est impossible de refaire, de remanier quoi que ce soit, puisque tout se tient ; tout serait à refaire à la fois ; et comment refaire, lorsque la société est divisée en deux camps ouvertement hostiles ? Satisfaire les mécontents, serait en créer de nouveaux.

Incapables de se lancer dans la voie des réformes, puisque ce serait s’engager dans la Révolution ; en même temps, trop impuissants pour se jeter avec franchise dans la réaction, les gouvernements s’appliquent aux demi-mesures, qui peuvent ne satisfaire personne et ne font que susciter de nouveaux mécontentements. Les médiocrités qui se chargent à ces époques transitoires de mener la barque gouvernementale, ne songent plus d’ailleurs qu’à une seule chose : s’enrichir, en prévision de la débâcle prochaine. Attaqués de tous côtés, ils se défendent maladroitement, ils louvoient, ils font sottise sur sottise, et ils réussissent bientôt à trancher la dernière corde de salut ; ils noient le prestige gouvernemental dans le ridicule de leur incapacité. A ces époques, la Révolution s’impose. Elle devient une nécessité sociale ; la situation est une situation révolutionnaire.

Lorsque nous étudions chez nos meilleurs historiens la génèse et le développement des grandes secousses révolutionnaires, nous trouvons ordinairement sous ce titre : «Les Causes de la Révolution», un tableau saisissant de la situation à la veille des évènements. La misère du peuple, l’insécurité générale, les mesures vexatoires du gouvernement, les scandales odieux qui étalent les grands vices de la société, les idées nouvelles cherchant à se faire jour et se heurtant contre l’incapacité des suppôts de l’ancien régime, rien n’y manque. En contemplant ce tableau, on arrive à la conviction que la Révolution était inévitable en effet, qu’il n’y avait pas d’autre issue que la voie des faits insurrectionnels.

Prenons pour exemple la situation d’avant 1789, telle que nous la montrent les historiens. Vous croyez entendre le paysan se plaindre de la gabelle, de la dîme, des redevances féodales, et vouer dans son coeur une haine implacable au seigneur, au moine, à l’accapareur, à l’intendant. Il vous semble voir les bourgeois se plaindre d’avoir perdu leurs libertés municipales et accabler le roi sous le poids de leurs malédictions. Vous entendez le peuple blâmer la reine, se révolter au récit de ce que font les ministres, et se dire à chaque instant que les impôts sont intolérables et les redevances exorbitantes, que les récoltes sont mauvaises et l’hiver trop rigoureux, que les vivres sont trop chers et les accapareurs trop voraces, que les avocats de village dévorent la moisson du pâysan, que le garde champêtre veut jouer au roitelet, que la poste même est mal organisée et les employés trop paresseux… Bref, rien ne marche, tous se plaignent. «Cela ne peut plus durer, ça finira mal ! » se dit-on de tous les côtés.

Mais, de ces raisonnements paisibles à l’insurrection, à la révolte, il y a tout un abîme, — celui qui sépare, chez la plus grande partie de l’humanité, le raisonnement de l’acte, la pensée de la volonté, du besoin d’agir. Comment donc cet abîme a-t-il été franchi ? Comment ces hommes qui, hier encore, se plaignaient tout tranquillement de leur sort, en fumant leurs pipes, et qui, un moment après, saluaient humblement ce même garde champêtre et ce gendarme dont ils venaient de dire du mal, — comment, quelques jours plus tard, ces mêmes hommes ont-ils pu saisir leurs faulx et leurs bâtons ferrés et sont-ils allés attaquer dans son château le seigneur, hier encore si terrible ? Par quel enchantement, ces hommes que leurs femmes traitaient avec raison de lâches se sont-ils transformés aujourd’hui en héros, qui marchent sous les balles et sous la mitraille à la conquête de leurs droits ? Comment ces paroles, tant de fois prononcées jadis et qui se perdaient dans l’air comme le vain son des cloches, se sont-elles enfin transformées en actes ?

La réponse est facile.

C’est l’action, l’action continue, renouvelée sans cesse, des minorités, qui opère cette transformation. Le courage, le dévouement, l’esprit de sacrifice, sont aussi contagieux que la poltronnerie, la soumission et la panique.

Quelles formes prendra l’agitation ?

— Eh bien, toutes les formes, les plus variées, qui lui seront dictées par les circonstances, les moyens, les tempéraments. Tantôt lugubre, tantôt railleuse, mais toujours audacieuse, tantôt collective, tantôt purement individuelle, elle ne néglige aucun des moyens qu’elle a sous la main, aucune circonstance de la vie publique, pour tenir toujours l’esprit en éveil, pour propager et formuler le mécontentement, pour exciter la haine contre les exploiteurs, ridiculiser les gouvernants, démontrer leur faiblesse, et surtout et toujours, réveiller l’audace, l’esprit de révolte, en prêchant d’exemple.

II

Lorsqu’une situation révolutionnaire se produit dans un pays, sans que l’esprit de révolte soit encore assez éveillé dans les masses pour se traduire par des manifestations tumultueuses dans la rue, ou par des émeutes et des soulèvements, — c’est par l’action que les minorités parviennent à réveiller ce sentiment d’indépendance et ce souffle d’audace sans lesquels aucune révolution ne saurait s’accomplir.

Hommes de coeur qui ne se contentent pas de paroles, mais qui cherchent à les mettre à exécution, caractères intègres, pour qui l’acte fait un avec l’idée, pour qui la prison, l’exil et la mort sont préférables à une vie restant en désaccord avec leurs principes ; hommes intrépides qui savent qu’il faut oser pour réussir, — ce sont les sentinelles perdues qui engagent le combat, bien avant que les masses soient assez excitées pour lever ouvertement le drapeau de l’insurrection et marcher, les armes à la main, à la conquête de leurs droits.

Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. Il se peut qu’au premier abord la masse soit indifférente. Tout en admirant le courage de l’individu ou du groupe initiateur, il se peut qu’elle veuille suivre d’abord les sages, les prudents, qui s’empressent de taxer cet acte de «folie» et de dire que «les fous, les têtes brûlées vont tout compromettre.» Ils avaient si bien calculé, ces sages et ces prudents, que leur parti, en poursuivant lentement son oeuvre, parviendrait dans cent ans, dans deux cents ans, trois cents ans peut-être, à conquérir le monde entier, — et voilà que l’imprévu s’en mêle ; l’imprevu, bien entendu, c’est ce qui n’a pas été prévu par eux, les sages et les prudents. Quiconque connaît un bout d’histoire et possède un cerveau tant soit peu ordonné, sait parfaitmeent d’avance qu’une propagande théorique de la Révolution se traduire nécessairement par des actes, bien avant que les théoriciens aient décidé que le moment d’agir est venu ; néanmoins, les sages théoriciens se fâchent contre les fous, les excommunient, les vouent à l’anathème. Mais les fous trouvent des sympathies, la masse du peuple applaudit en secret à leur audace et ils trouvent des imitateurs. A mesure que les premiers d’entre eux vont peupler les géôles et les bagnes, d’autres viennent continuer leur oeuvre ; les actes de protestation illégale, de révolte et de vengeance se multiplient.

L’indifférence est désormais impossible. Ceux qui, au début, ne se demandaient même pas ce que veulent les «fous» sont forcés de s’en occuper, de discuter leurs idées, de prendre parti pour ou contre. Par les faits qui s’imposent à l’attention générale, l’idée nouvelle s’infiltre dans les cerveaux et conquiert des prosélytes. Tel acte fait en quelques jours plus de propagande que des milliers de brochures.

Surtout, il réveille l’esprit de révolte, il fait germer l’audace. —  L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait. Tel acte audacieux a suffi pour bouleverser pendant quelques jours la machine gouvernementale, pour ébranler le colosse ; telle émeute a mis sens dessus-dessous toute une province, et la troupe, toujours si imposante, a reculé devant une poignée de paysans, armés de pierres et de bâtons ; le peuple s’aperçoit que le monstre n’est pas aussi terrible qu’on le croyait, il commence à entrevoir qu’il suffira de quelques efforts énergiques pour le terrasser. L’espoir naît dans les coeurs, et souvenons-nous que si l’exaspération pousse souvent aux émeutes, c’est toujours l’espoir de vaincre qui fait les révolutions.

Le gouvernement résiste : il sévit avec fureur. Mais, si jadis la répression tuait l’énergie des opprimés, maintenant, aux époques d’effervescence, elle produit l’effet contraire. Elle provoque de nouveaux faits de révolte, individuelle et collective ; elle pousse les révoltés à l’héroïsme, et de proche en proche ces actes gagnent de nouvelles couches, se généralisent, se développent. Le parti révolutionnaire se renforce d’éléments qui jusqu’alors lui étaient hostiles, ou qui croupissaient dans l’indifférence. La désagrégation gagne le gouvernement, les classes dirigeantes, les privilégiés : les uns poussent à la résistance à outrance, les autres se prononcent pour les concessions, d’autres encore vont jusqu’à se déclarer prêts à renoncer pour le moment à leurs privilèges, afin d’apaiser l’esprit de révolte, quitte à le maîtriser plus tard. La cohésion du gouvernement et des privilégiés est rompue.

Les classes dirigeantes peuvent essayer encore de recourir à une réaction furieuse. Mais ce n’est plus le moment ; la lutte n’en devient que plus aiguë, et la Révolution qui s’annonce n’en sera que plus sanglante. D’autre part, la moindre des concessions de la part des classes dirigeantes, puisqu’elle arrive trop tard, puisqu’elle est arrachée par la lutte, ne fait que réveiller davantage l’esprit révolutionnaire. Le peuple qui, auparavant, se serait contenté de cette concession, s’aperçoit que l’ennemi fléchit : il prévoit la victoire, il sent croître son audace, et ces mêmes hommes qui jadis, écrasés par la misère, se contentaient de soupirer en cachette, relèvent maintenant la tête et marchent fièrement à la conquête d’un meilleur avenir.

Enfin, la Révolution éclate, d’autant plus violente que la lutte précédente a été plus acharnée.

La direction que prendra la Révolution dépend certainement de toute la somme des circonstances variées qui ont déterminé l’arrivée du cataclysme. Mais elle peut être prévue à l’avance, d’après la force d’action révolutionnaire déployée dans la période préparatoire par les divers partis avancés.

Tel parti aura mieux élaboré les théories qu’il préconise et le programme qu’il cherche à réaliser, il l’aura beaucoup propagé par la parole et par la plume. Mais il n’a pas suffisamment affirmé ses aspirations au grand jour, dans la rue, par des actes qui soient la réalisation de la pensée qui lui est propre ; il a eu la puissance théorique, mais il n’a pas eu la puissance d’action ; ou bien il n’a pas agi contre ceux qui sont ses principaux ennemis, il n’a pas frappé les institutions qu’il vise à démolir ; il n’a pas contribué à réveiller l’esprit de révolte, ou il a négligé de le diriger contre ce qu’il cherchera surtout à frapper lors de la Révolution. Eh bien, ce parti est moins connu ; ses affirmations n’ont pas été affirmées continuellement, chaque jour, par des actes dont le retentissement atteint les cabanes les plus isolées, ne se sont pas suffisamment infiltrées dans la masse du peuple ; elles n’ont pas passé par le creuset de la foule et de la rue et n’ont pas trouvé leur énoncé simple, qui résume en un seul mot, devenu populaire. Les écrivains les plus zélés du parti sont connus par leurs lecteurs pour des penseurs de mérite, mais ils n’ont ni la réputation, ni les capacités de l’homme d’action ; et le jour où la foule descendra dans la rue, elle suivra plutôt les conseils de ceux qui ont, peut-être, des idées théoriques moins nettes et des aspirations moins larges, mais qu’elle connaît mieux, parce qu’elle les a vu agir.

Le parti qui a le plus fait d’agitation révolutionnaire, qui a le plus manifesté de vie et d’audace, ce parti sera le plus écouté le jour où il faudra agir, où il faudra marcher de l’avant pour accomplir la Révolution. Celui qui n’a pas eu l’audace de s’affirmer par des actes révolutionnaires dans la période préparatoire, celui qui n’a pas eu une force d’impulsion assez puissante pour inspirer aux individus et aux groupes le sentiment d’abnégation, le désir irrésistible de mettre leurs idées en pratique (si ce désir avait existé, il se serait traduit par des actes, bien avant que la foule tout entière ne soit descendue dans la rue), celui qui n’a pas su rendre son drapeau populaire et palpables ses aspirations et compréhensibles, — ce parti n’aura qu’une maigre chance de réaliser la moindre part de son programme. Il sera débordé par les partis d’action.

Volà ce que nous enseigne l’histoire des périodes qui précédèrent les grandes révolutions. La bourgeoisie révolutionnaire l’a parfaitement compris : elle ne négligeait aucun moyen d’agitation pour réveiller l’esprit de révolte, lorsqu’elle cherchait à démolir le régime monarchique : le paysan français du siècle passé le comprenait aussi instinctivement lorsqu’il s’agitait pour l’abolition des droits féodaux, et l’Internationale, — du moins une partie de l’Association —, agissait d’accord avec ces mêmes principes, lorsqu’elle cherchait à réveiller l’esprit de révolte au sein des travailleurs des villes, et à le diriger contre l’ennemi naturel du salarié — l’accapareur des instruments de travail et des matières premières.

A suivre …

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