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Autisme syndical: Lutte des classes ?… Quésaco ?…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , le juin 19, 2013 par Résistance 71

Excellente analyse succinte et directe sur la relation État, forces actives du travail, syndicats et entreprises. Le constat est simple: les syndicats foie jaune ne sont plus là pour lutter, mais pour arrondir les angles de façon à profiter des mannes et privilèges offerts aux moutons serviles.

Arrêtons cette mascarade ! Il est plus que temps de reprendre le chemin de la conscience politique. Question simple: Où est l’intérêt commun et qui s’en occupe ? Qui en a même encore simplement conscience ?…

– Résistance 71 –

 

La société que nous préparent le MEDEF et la CFDT

 

Pierre Bance

 

19 Juin 2013

 

url de l’article:

http://www.autrefutur.net/La-societe-que-nous-preparent-le

 

La loi du 14 juin 2013 sur la sécurisation de l’emploi a été validée pour l’essentiel par le Conseil constitutionnel. La loi est une reprise, sans modification majeure, de l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013. Signé entre le patronat d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC de l’autre, cet accord, pour scélérat qu’il soit, ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une longue marche visant à réformer le droit du travail pour l’adapter aux contraintes d’une économie mondialisée.

Le droit du travail est le reflet de la lutte des classes. Quand les travailleurs avancent l’État et le patronat concèdent des améliorations aux conditions de travail. Quand ils reculent, parce que les conditions économiques sont peu favorables et les syndicats peu combatifs, les employeurs reprennent ce qu’ils avaient lâché.

Jusqu’en 1981, globalement, le droit du travail s’était amélioré, fruit d’un siècle de luttes ouvrières. Avec l’arrivée au pouvoir des socialistes, et dans un contexte de « crises » économiques, les choses vont changer. En la personne de la CFDT, patronat et sociaux-libéraux vont trouver un partenaire syndical qui accepte de collaborer pour construire un autre modèle de société qui n’est pas sans rappeler les systèmes corporatistes ou, si l’on veut être moderne, une version possible de projet libertarien. Patronat et syndicats réformistes adaptent le droit du travail à ce qu’ils considèrent comme les impératifs de l’économie de marché mondialisée, sous le regard bienveillant de l’État maintenu à ses strictes fonctions régaliennes : faire respecter l’ordre social par sa justice, et encore le moins possible ; par la force, si besoin.

C’est la thèse développée par Pierre Bance dans l’article ci-dessous, version actualisée de celle parue dans Le Monde libertaire, n° 1707 du 23 au 29 mai 2013.

À l’origine, l’État se construit par la force, Dieu la légitime, le droit la sert. Celui qui possède les moyens de la contrainte physique impose son État par la violence pour son profit. Celui qui possède la puissance financière achète la violence qui lui permettra de contrôler l’État pour étendre son pouvoir et grossir son capital [1]. L’inégalité et l’injustice entre les tenants du pouvoir, les forts, les riches, leurs protégés et ceux qui les subissent, les exploités, les faibles, les pauvres se révélèrent, au cours des siècles, de plus en plus insupportables avec le progrès des sciences et des techniques, avec les idées nouvelles. Les plus intelligents des exploiteurs comprirent qu’il fallait donner une autre légitimité au pouvoir d’État que la désignation divine. 
Á partir de la Révolution française, se construisit la démocratie inspirée de l’enseignement des philosophes des Lumières. Les révolutionnaires de 1789 décrétèrent que la légitimité du gouvernement de l’État ne viendrait plus de la violence expropriatrice des chefs barbares, du Dieu des rois et empereurs. Elle viendra du peuple. On entrait dans la modernité. La nouvelle puissance politique et économique, la bourgeoisie, conçut en moins d’un siècle cette merveille de l’exploitation paisible qu’est la démocratie parlementaire qu’Alain Badiou appelle le capitalo-parlementarisme [2]. Elle permet à la classe dominante de conserver la propriété des moyens de production et de contrôler le pouvoir tout en laissant croire à une égalité entre tous les citoyens. Le principe électoral est la base de cette illusion. Chacun imagine avoir sa part dans la conduite du pays alors que, quel que soit le gouvernement, l’État joue un rôle régulateur au profit de la propriété ; il veille à ce que certains exploiteurs n’aillent pas trop loin pour éviter des désordres ; il anticipe ou répond à la grogne des exploités pour désamorcer leur révolte. Le droit du travail, agissant sur la relation primaire du capitalisme, l’exploitation du travailleur salarié [3], le plus dangereux pour l’ordre établi, est l’exemple approprié pour comprendre l’enjeu et le mécanisme de la régulation démocratique.

Le droit du travail accessoire du droit des affaires

Quand les travailleurs sont en situation de force, l’État oblige le capital, s’il ne le comprend pas lui-même, à leur concéder des droits ou des avantages ; quand les travailleurs sont en situation de faiblesse, l’État laisse les exploiteurs les leur reprendre ou les limiter. Ce mouvement alternatif est inhérent à la lutte des classes et s’articule avec les fluctuations de l’économie. Quand cette dernière est en expansion, le patronat est disposé à partager pour éviter la confrontation sociale et si celle-ci se produit, il cède. Quand elle est en récession, du fait des dysfonctionnements de sa propre machine, le capital est prompt à inverser la tendance, invoquant la nécessité de réformer pour le bien commun, de restreindre dans l’intérêt général, de faire preuve de réalisme pour revenir à la prospérité.

En 1945, et les années qui suivent, la classe ouvrière, aguerrie dans la Résistance, bien organisée dans ses syndicats, est en mesure de mener une révolution, au moins une insurrection. Pour éviter l’une ou l’autre, l’État lui concède des droits importants : institution des comités d’entreprise et relance des délégués du personnel, statut « avantageux » des salariés des entreprises nationalisées, installation de la sécurité sociale et participation des syndicats à sa gestion, nouvelle loi sur les conventions collectives renforçant le rôle des syndicats par la représentativité, etc.

On pourrait aussi prendre pour exemple l’après-Mai 68 avec la loi sur les délégués syndicaux et la section syndicale d’entreprise, la mensualisation, le développement de la formation professionnelle, la loi de 1973 sur la cause réelle et sérieuse du licenciement, etc.

Á chaque situation comparable, l’État fait ainsi d’une pierre deux coups : en améliorant le sort des salariés, il désamorce la contestation tout en renforçant son emprise sur les organisations ouvrières enserrées dans un filet juridique les contraignant à collaborer au système d’exploitation.

Après la victoire socialiste de 1981, les lois Auroux de 1982, du nom du ministre du travail Jean Auroux, accordent de nouveaux droits non négligeables sur la représentation du personnel, la négociation collective, la durée du travail, la limitation des contrats à durée déterminée et du recours à l’intérim… Dans la foulée sont aussi votées la retraite à 60 ans et la cinquième semaine de congés payés. Mais, parallèlement, ces lois promeuvent des idées consensuelles telles que la « démocratie économique », les travailleurs « citoyens de l’entreprise », l’« entreprise citoyenne » qui préparent, perfidement, la déconstruction du droit du travail. Avant même le « tournant de la rigueur » de 1983, la première pierre en est posée par la loi du 13 novembre 1982 qui permet aux accords d’entreprise de déroger, en moins favorable, à des dispositions législatives et réglementaires lorsque lesdites dispositions l’autorisent. Les socialistes et la fraction éclairée du patronat s’étaient entendus pour, d’un côté, accorder des droits indispensables à la crédibilité des premiers, de l’autre, pour moderniser le droit du travail dans le sens voulu par la mondialisation de l’économie [4]. Le virus d’une remise en cause radicale de cent ans d’avancées sociales était instillé par une gauche phagocytée par les sociaux-chrétiens venus de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Les choses se dégradent au long des années. La précarité de l’emploi pénètre le droit du travail par de multiples fissures légales et conventionnelles dont les plus significatives furent les lois Aubry de juin 1998 et janvier 2000 sur les 35 heures hebdomadaires, échangeant une réduction de la durée du travail contre sa flexibilité et la modération salariale ; cette réduction qui n’était pas une revendication première, fut un mauvais deal dont les salariés ne perçurent pas le vice sur le coup [5]. De retour au pouvoir en 2002, la droite pouvait parfaire le travail et accentuer le repli des droits des travailleurs. Notamment, les lois Fillon du 4 mai 2004 et Sarkozy-Fillon du 20 août 2008 étendent les cas où les accords d’entreprise peuvent déroger à la loi et leur permettent de contenir des dispositions moins favorables que la convention de branche. Pris dans un complexe jeu politique, les syndicats ne bougent pas voire encouragent le repli comme la CFDT approuvant la réforme scélérate des retraites en 2003 ce qui lui vaudra de perdre quelques dizaines de milliers d’adhérents [6]. Le programme de la gauche en 2012 n’a pas à son ordre du jour d’améliorations des droits sociaux. Tout occupé à leur faire accepter les fermetures d’entreprises, le gouvernement socialiste abandonne les travailleurs en rase campagne invoquant une énième crise plutôt que leur impuissance devant les multinationales. Pendant ce temps, la droite se droitise, l’extrême-droite prospère, les organisations syndicales sont bâillonnées par leurs bureaucraties politiciennes, surtout… s’affaiblit la conscience de classe. Le capitalisme oblige les ouvriers au recul : ils acceptent le développement de la flexibilité et de la précarisation, ils concèdent des retours en arrière sur les salaires, la durée du travail, la productivité, sous la menace de fermeture, de chantage aux délocalisations. L’État accompagne le mouvement et le prolonge avec la législation nécessaire en allongeant l’âge des départs en retraite et la durée de cotisation, en diminuant l’indemnisation du chômage comme les remboursements de l’assurance maladie. Les travailleurs fragilisés, menacés ne négocient plus le maintien de l’emploi mais les conditions de sa suppression quelquefois après des luttes dures, souvent désespérées.

L’ANI, comme une résurgence corporatiste

Désormais, la négociation sociale intègre la logique patronale des fatalités économiques telles les contraintes de la compétitivité internationale et la nécessité de délocaliser donc, l’impérative obligation de licencier. L’œuvre dévastatrice s’accélère avec l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013 signé entre le Medef, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et l’Union professionnelle artisanale d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, de l’autre ; accord entériné, sans modification majeure, par la loi du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi [7]. Objet d’un recours de parlementaires UMP pour non-conformité à la Constitution de certaines de ses dispositions, la loi a été validée par le Conseil constitutionnel [8]. Après cette validation, le ministre du Travail, Michel Sapin, a déclaré : « la loi sur la sécurisation de l’emploi fera date dans l’histoire de nos relations sociales, elle contribuera à renforcer notre compétitivité et donc l’emploi en France, tout en s’inscrivant dans la filiation des lois améliorant les droits de salariés » [9]. Oui, Monsieur le ministre socialiste, elle fera date, mais non pour ce que vous dites…

Ce texte était initialement intitulé : projet de loi pour un « nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi ». La sobriété nouvelle de son titre n’en a pas modifié le contenu [10]. Reste la quadrature du cercle : être au service de la compétitivité des entreprises en préservant l’emploi des travailleurs. Reste ce qui paraît le plus probable : construire un nouveau modèle économique et social. D’inspiration néo-libérale, celui-ci tend à remettre l’élaboration de la norme aux partenaires sociaux, de préférence au niveau de l’entreprise qui serait le mieux adapté. La mission régulatrice de l’État est circonscrite au minimum, avec la tentation de limiter son rôle à homologuer ce qui a été négocié, sa justice se chargeant seulement de le garantir. Ainsi, voit-on que la crise, selon un schéma éprouvé, sert l’adaptation du capital aux nouvelles données économiques. S’agissant du droit social, base juridique de l’exploitation, un système, à visée quasi libertarienne, se met en place ; il repose sur trois principaux piliers :

  • Cogestion de la précarisation. L’entreprise doit être gérée par l’employeur avec des syndicats qui adhèrent à cette idée folle de préserver l’emploi en le précarisant [11]. Les accords signés dérogeront de plus en plus largement à la loi et se soustrairont de plus en plus à l’appréciation du juge déclaré incompétent en matière économique, voire hostile au marché. Renaît le mythe du juge rouge.
  • Fait majoritaire. Les accords signés par des syndicats représentant une majorité de salariés, voire moins, s’imposeront à tous les salariés lesquels ne pourront plus opposer les clauses plus favorables de leur contrat de travail et seront légitimement licenciés s’ils rejettent les dispositions conventionnelles [12]. Peut-être, à l’avenir, pourront-ils ne pas être licenciés mais considérés comme démissionnaires au nom de leur liberté individuelle.
  • Privatisation de la protection sociale. Petit à petit le patronat reprend en main la gestion et le contrôle de la protection sociale avec pour objectif de la privatiser ne laissant qu’une sécurité sociale résiduelle, une aide médicale pour ceux qui n’ont rien.

Les ambivalences et les évolutions du droit social se prolongent dans le domaine de la santé, il faut avoir une population bien portante pour bien produire ; de l’éducation qui doit former des corps professionnels compétents et dociles si possible ; du logement pour parquer le bétail salariés ; des transports et des infrastructures dont l’objet principal est de faciliter la circulation des marchandises et l’acheminement de la main-d’œuvre. Entre la rapacité du capital contrariée par ses obligations économiques, sa volonté d’appropriation du commun par la privatisation et la volonté de la population d’améliorer sa vie quotidienne s’établit, au mieux, un consensus qui maintient en place la société capitaliste, et que l’on voudrait provisoire, au pire, une collaboration de classes qui concourt à son adaptation voire à sa transformation. Ce dilemme hante le syndicalisme depuis ses origines mais c’est sa face la plus noire qu’il nous présente aujourd’hui.

Pour que l’on se libère de ces dominations économiques, juridiques et idéologiques, il faut que les syndiqués de la CFDT empêchent la poursuite de la rédaction, par leur centrale et le Medef, de la nouvelle Charte du travail, modèle pour une société corporatiste. Le veulent-ils ? Il faut que les syndiqués de la CGT jettent par-dessus bord cette absurdité de « syndicalisme rassemblé » vide de sens, pour revenir au syndicalisme de lutte des classes, au syndicalisme révolutionnaire. Le peuvent-ils ? Seuls les travailleurs organisés sont en mesure de stopper la fuite en avant de l’alliance du patronat et des sociaux-libéraux, de subvertir la passivité des bureaucraties syndicales par la grève générale.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autrefutur.net, espace d’échanges ouvert à toutes les composantes anti-autoritaires, autogestionnaires et libertaires du mouvement ouvrier et révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Pour Norbert Elias, l’État se construit par la force incarnée dans l’armée, la violence légitime, et par la levée des impôts, un racket légitime (La Dynamique de l’Occident [1977], Calmann-Lévy, « Pocket, Agora », 2003, 320 pages).

[2] Pour une lecture militante d’Alain Badiou, voir Pierre Bance, « Badiou cerné par l’anarchisme », Un Autre futur, 2 février 2012 (http://www.autrefutur.net/Badiou-ce…).

[3] Il convient d’ajouter aux travailleurs salariés, les faux indépendants, tous ces travailleurs aux frontières du salariat.

[4] Martine Aubry, alors jeunes conseillère de Jean Auroux, faisait-elle déjà le relai avec le grand patronat chrétien ?

[5] Pour un constat critique, Paul Bouffartigue, Temps de travail et temps de vie. Les nouveaux visages de la disponibilité temporelle, Paris, Presses universitaires de France, « Le travail humain », 2012, 232 pages, voir notamment les pages 64 et suivantes.

[6] Pour Michel Noblecourt dans Le Monde du 20 novembre 2012, les départs dépassèrent les 80 000.

[7] Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9958. Lors du dernier scrutin à l’Assemblée nationale, le 24 avril, ont voté pour le Parti socialiste, les radicaux de gauche et les centristes ; contre le Front de gauche, quatre socialistes et deux UMP ; se sont abstenus l’UMP, les écologistes et seize socialistes. C’est évidemment par pure inhibition politicienne que la droite n’a pas voté pour.

[8] Décision du Conseil constitutionnel n° 2013-672 DC du 13 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9976. Le Conseil constitutionnel a cependant censuré la disposition permettant d’imposer, par une convention de branche, un ou plusieurs organismes chargés d’assurer la couverture complémentaire de tous les salariés de la branche estimant, comme les sénateurs et députés UMP, qu’elle méconnaissait « la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre ».

[9] Communiqué de presse du ministère du Travail du 13 juin 2013 (http://travail-emploi.gouv.fr/actua…).

[10] Sans pouvoir entrer, ici, dans le détail de multiples dispositifs, rappelons quelques points forts du de la loi issu de l’accord : – Mise en place – a minima – d’une mutuelle pour tous les salariés. – Le plan de sauvegarde de l’emploi (plan social assorti de licenciements collectifs) devra faire l’objet d’un accord signé par les syndicats représentant la majorité des salariés à défaut, d’une homologation du plan de l’employeur par l’administration du travail. – Un accord majoritaire pourra proposer une réduction de salaire ou un aménagement du temps de travail contre un maintien dans l’emploi pour une durée maximale de deux ans. En cas de refus individuel, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. – Un accord signé par les syndicats représentant 30 % des salariés pourra autoriser l’employeur à mettre en place une mobilité obligatoire professionnelle ou géographique. Là aussi, en cas de refus, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. Pour un résumé de l’ANI voir La Nouvelle Vie ouvrière du 25 janvier 2013, page 26 ; pour une étude de la loi voir le dossier de La Nouvelle Vie ouvrière du 31 mai 2013, page 19, illustré par Babouse, les titres de chapitre de ce dossier sont éloquents : – Des accords de chantage à l’emploi. – Les salariés contraints à la mobilité. – Temps partiel, une durée minimale mais des dérogations à foison. – L’accès à la justice entravée pour les salariés. – Des contreparties bien modestes pour les salariés. – Les institutions représentatives du personnel fragilisées. – Licenciement, un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi.

[11] Employeur qui n’est souvent, même dans les petites et moyennes entreprises, que le gérant d’une multinationale lointaine, d’un fonds spéculatif mystérieux.

[12] Le résultat des élections de représentativité donnant, au niveau national, une majorité à la triplette CFDT-CFTC-CGC, 44,73 %, contre 42,71 % à la CGT et FO qui ne pourront faire opposition à l’ANI, est une heureuse surprise pour le camp de la collaboration (Voir le site du Ministère du travail : http://travail-emploi.gouv.fr/espac…).

Foire à l’autogestion de Montreuil, grand succés de la seconde édition…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, Internet et liberté, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , le juin 17, 2013 par Résistance 71

Foire à l’autogestion Acte II, le Bilan

 

16 Juin 2013

 

url de l’article:

http://www.autrefutur.net/Foire-a-l-autogestion-acte-II-le

 

 

Avec une fréquentation en hausse, la 2e Foire à l’autogestion, tenue à Montreuil (93) les 8 et 9 juin 2013, a de nouveau été une réussite, en tenant les deux objectifs qu’elle s’était fixée :

  • sur la forme : être une « foire », c’est-à-dire un mélange d’éléments conviviaux (musique, cantine ouverte, espace enfants, discussions informelles), de structures politiques ou syndicales autogestionnaires, d’ateliers d’autonomisation, de coopératives de production autogérées… ;
  • sur le fond : réunir les actrices et acteurs de l’autogestion, dans leur diversité : des associations de recherche sur l’autogestion aux collectifs autogérés, des théoriciens exigeants cherchant à renouveler un projet global de société à ceux qui pratiquent une l’autogestion au quotidien.

La Foire a permis à différentes familles autogestionnaires d’échanger et de confronter leurs approches, pratiques et exigences quotidiennes dans les luttes et sur le projet de société.

À noter que, parmi les 80 structures (syndicats, coopératives, associations, collectifs et organisations politiques) organisant l’événement, une place de plus en plus grande est donnée à l’écologie radicale (confirmant ainsi la tendance de la première foire). Ainsi, notamment, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été le sujet de plusieurs débats.

Nouveauté de cette 2e édition : la venue en force d’ateliers d’autonomisation (récupération ou "do it yourself"), de la fabrication de produits ménagers ou cosmétiques à la réalisation de plusieurs jerrys (ordinateurs réalisées à base de récupération), de l’appropriation du numérique (avec un Village du logiciel libre), d’ateliers vidéo à l’autoréparation de vélo, en passant par une initiation à l’autodéfense féministe.

La Foire a aussi, comme l’année dernière, donné lieu des moments de réalisation collective, comme la gestion horizontale de la cuisine qui a assuré des repas durant les deux jours.

Foire vivante et joyeuse, mais sur laquelle a planée l’ombre de Clément Méric, assassiné quelques heures avant le début de la Foire. Après un hommage public, de nombreuses et nombreux participants se sont rendus à la manifestation organisée à Paris, puis au concert de soutien à l’Action antifasciste Paris-Banlieue.

Ateliers et forums de la foire ont permis d’échanger autour d’un programme dense. Outre les ateliers, débats et forums, du théâtre, avec la pièce Side in/Side out, de la musique, une expo d’affiches… Sans oublier l’excellente bière de la microbrasserie Zymotic.

Nous laissons aux structures participantes le soin de rapporter et de commenter le contenu des débats et forums auxquelles elles ont assisté.

Merci à toutes et tous les participants sans lesquels cette Foire n’aurait pas été pleinement pluraliste, anticapitaliste et autogestionnaire.

Le comité d’organisation de la 2e Foire à l’autogestion, le 12 juin 2013

P.-S.

Pour l’ambiance générale, voir le diaporama photo.

Société contre l’État: Albert Camus l’anarchiste…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , , le juin 16, 2013 par Résistance 71

"Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que le gouvernement et la révolution sont incompatibles au sens direct. ‘cela implique la contradiction, disait Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la raison toute simple qu’il est gouvernement."

"Il est certain d’ailleurs que la capacité révolutionnaire des masses ouvrières a été freinée par la décapitation de la révolution libertaire, pendant et après la Commune de Paris. Après tout le marxisme a dominé facilement le mouvement ouvrier à partir de 1872, à cause sans doute de sa grandeur propre, mais aussi parce que la seule tradition socialiste qui pouvait lui tenir tête a été noyée dans le sang ; il n’y avait pratiquement pas de marxistes dans les insurgés de 1871… Quand on guillotine l’élite révolutionnaire et qu’on laisse vivre Talleyrand, qui s’opposerait à Bonaparte ?"

– Albert Camus, "L’homme révolté", 1951 –

*  *  *

Camus le libertaire et non pas "libertarien", qui représente un dogme capitaliste ultra-libéral, issu de l’école d’économie de Vienne, financée par les Rockefeller. Camus le libertaire et non pas le nihiliste, alors que certains tendent actuellement à volontairement amalgamer l’anarchisme ou communisme libertaire et nihilisme, bien sûr à des fins de confusion politique et d’entretien de la "peur". 

L’Idée libertaire d’une société égalitaire, libre, autogérée et non-coercitive refait surface très vite dans ces temps troublés et à juste titre car la société libertaire, anarchiste, représentant l’ordre moins l’État et les institutions dans sa phase d’autogestion populaire et confédérée, est la seule solution viable à terme pour l’humanité.

– Résistance 71 –

 

Albert Camus le libertaire

Albert Camus et la pensée libertaire

 

Le Monde Libertaire été 1996

 

url de l’article:

http://www.increvables-anarchistes.org/articles/date/1945-1967/albert-camus-le-libertaire

 

Voilà un sujet d’étude que lycéens et étudiants ont peu de chance de se voir proposer. 
Quant aux professionnels de la critique, qu’elle soit littéraire ou philosophique, ce n’est pas sous cet angle qu’ils abordent Camus. On lit Albert Camus, mais on le lit souvent mal. 
Est-ce que sa pensée dérangerait ? Pour les uns, c’est l’écrivain de l’absurde, pour les autres un moraliste bien pensant dissertant sur la révolte sans souci d’efficacité (critique de gauche pour simplifier) ou un adversaire du communisme (essai de récupération de droite). Ces diverses approches, par leur côté réducteur, sont autant de négations d’une pensée de l’équilibre entre justice et liberté, absurdité et révolte, homme et société, vie et mort.

De Bab-el-Oued au prix Nobel

Rien ne prédisposait Camus à obtenir le prix Nobel de littérature. Né en 1913, dans une famille pauvre, il perd son père en 1916, tué à la bataille de la Marne. Elevé par sa mère qui fait des ménages et ne sait pas lire, il est remarqué par son instituteur qui le présente à l’examen des bourses du secondaire. Bachelier, mais aussi footballeur et membre d’une troupe théâtrale, Camus, atteint de tuberculose, ne peut se présenter à l’agrégation de philosophie. 
Qu’importe ! Camus se lance dans l’aventure journalistique avec Pascal Pia. C’est Alger républicain où Camus se fait remarquer par des enquêtes qui dénotent sa volonté de justice et son souci de ne pas renier ses origines. Parallèlement, Camus commence à écrire et à publier L’Envers et l’endroit en 1937, Noces en 1939, L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe en 1942. Commence alors l’aventure de la résistance dans le réseau de résistance " Combat. " Il fait partie de la rédaction de Combat clandestin. A la Libération de Paris en 1944, première diffusion libre du journal Combat dont Camus est rédacteur en chef… et qu’il quittera en 1947 quand ce journal perdra sa liberté de parole. Il publie La Peste en 1947 et L’Homme révolté en 1950.
L’actualité algérienne ne le laisse pas indifférent et comme il avait tenté d’alerter l’opinion métropolitaine lors du soulèvement de Sétif en 1945, il le fait au début de la guerre d’Algérie sans résultat, le processus étant trop avancé. En 1957, l’Académie suédoise lui décerne le prix Nobel. 
Ont eu encore le temps de paraître La Chute en 1956, Réllexions sur la guillotine en 1957 avant que Camus ne trouve la mort dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. 
Quarante-sept ans d’une vie bien remplie !

De l’absurde à la révolte

Le thème de l’absurde est au centre de trois œuvres de Camus : L’Étranger, Caligula et enfin Le Mythe de Sisyphe, essai dont l’ambition est de nous faire réfléchir sur notre condition d’homme. 
Cette réflexion, devant la découverte de toute raison profonde de vivre, débouche sur le sentiment de l’absurde. Camus pose alors la question du suicide. Mais c’est pour l’écarter, car le suicide n’est pas seulement la constatation de l’absurde, mais son acceptation. Il écarte également la foi religieuse, les métaphysiques de consolation et nous propose la révolte, seule capable de donner à l’humanité sa véritable dimension, car elle ne fait dépendre notre condition que d’une lutte sans cesse renouvelée. L’absurde n’est pas supprimé, mais perpétuellement repoussé : " La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir le coeur d’un homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux ". 
"L’Homme révolté ", il s’agit là de l’ouvrage majeur de Camus et ce n’est pas un hasard s’il a provoqué tant de remous lors de sa publication. Il ne s’agit pas d’approfondir cette œuvre dans le cadre de cet article, mais simplement d’en dégager quelques éléments essentiels. 
Après avoir analysé La révolte métaphysique, révolte absolue, à travers Sade, Nietzche, Stirner, les surréalistes, Camus en vient à la suite logique, la révolte historique. De Marx au stalinisme, il met à jours les mécanismes qui transforment la révolution en césarisme. il met en cause le dogmatisme et le caractère prophétique de la pensée de Marx aggravée par la pensée léniniste qui instaure l’efficacité comme valeur suprême. Tout est prêt pour que la dictature provisoire se prolonge. 
C’est la terreur rationnelle. La révolution a tué la révolte. 
N’y a-t-il pas d’issue pour Camus ? Camus répond sous le titre La pensée de midi :" Les pensées révoltées, celle de la Commune ou du syndicalisme révolutionnaire, n’ont cessé de nier le nihilisme bourgeois comme le socialisme césarien." 
- " Gouvernement et révolution sont incompatibles en sens direct, car tout gouvernement trouve sa plénitude dans le fait d’exister, accaparant les principes plutôt que de les détruire, tuant les hommes pour assurer la continuité du Césarisme. " 
- " Le jour précisément, où la révolution césarienne a triomphé de l’esprit syndicaliste et libertaire, la pensée révolutionnaire a perdu, en elle-même, un contre poids dont elle ne peut sans déchoir, se priver. " 
Ces quelques citations aux accents proudhonniens, montrent que Camus a choisi sa voie et font comprendre l’accueil hostile réservé à L’Homme révolté par les intellectuels de gauche en pleine guerre froide. Marionnettes du communisme international et volontiers donneur de leçons, ils se déchaînèrent. Peu nombreux, à part les libertaires, furent les défenseurs de Camus à cette occasion.

Convergence entre Camus et les libertaires

On peut multiplier les exemples des interventions de Camus aux côtés des libertaires. Dans le procès contre Maurice Laisant, antimilitariste des " Forces libres de la paix " du meetings et manifestations organisés par les libertaires contre les procès et la répression en Espagne, ainsi que contre le socialisme " césarien " des pays de l’Est, contre la répression de Berlin-Est en 1953, celle des émeutes de Poznan en 1956 et celle de Budapest la même année. Quelques articles d’Albert Camus paraissent dans le Libertaire, puis dans le Monde Libertaire. Il est également très proche des syndicalistes révolutionnaires de la Révolution prolétarienne avec qui il fonda "Les groupes de liaison internationale", pour aider les victimes du stalinisme et du franquisme.
Enfin, quand Louis Lecoin lance en 1958 sa campagne pour l’obtention d’un statut des objecteurs de conscience, Albert Camus participe activement à cette campagne dont il ne pourra malheureusement voir l’aboutissement. 
Quand il trouve la mort en janvier 1960, c’est tout naturellement que le Monde libertaire de février 1960, qui est à l’époque mensuel et paraît sous un format 40X60 de quatre pages, il consacre l’ensemble de sa quatrième page avec, entre autres, des articles de Maurice Joyeux, Maurice Laisant, F. Gomez Pelaez et Roger Grenier. 
La rédaction du Monde libertaire, quant à elle, signe un article intitulé Albert Camus ou les chemins difficiles, ce qui résume bien sa vie et son œuvre.

Groupe Proudhon de Besançon

Le Monde libertaire n°1048s, HS n° 6 (été 1996)

Résistance politique: Les pensées d’un Mohawk ~ 2ème partie ~

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , le juin 15, 2013 par Résistance 71

Les pensées d’un Mohawk

Une série d’écrits et de dessins par Louis Karoniaktajeh Hall

1ère partie

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Message de Ganienkeh état indien indépendant d’Amérique du Nord au secrétaire général des Nations Unies, New York, le 5 Février 1975

RE: Le communiqué de presse des Nations Unies apparaissant dans les éditions courantes des journaux exprimant l’opinion que la repossession de la terre de Ganienkeh par les Indiens d’Amérique du Nord est une “décision de justice interne d’un état membre”.

Sehkon:

Les traités où les Etats-Unis et la Confédération des Six Nations Iroquoises sont impliqués est une affaire internationale. Que seules des nations puissent légalement établir des traités est un fait légal.
Les Hollandais, Français, Anglais puis ensuite les Etats-Unis ont recherché la signature de traités avec les nations amérindiennes. Ceci montre qu’elles étaient reconnues comme nations. D’après le droit international, une nation une fois reconnue comme telle en reste une jusqu’à ce qu’elle se dissolve d’elle-même. Aucune nation ne peut dissoudre une autre nation.

Que les Nations-Unies ont été établies pour corriger et prévenir les méfaits commis par des nations à l’encontre d’autres nations est un but établi. Ce but ne peut pas être rempli si seulement quelques nations bénéficient de cette organisation. Si la paix. l’harmonie, la fin des souffrances de la guerre et la fin de l’inhumanité de l’Homme, doivent être établis, alors toutes les nations devraient avoir le droit de bénéficier du forum international des Nations-Unies pour faire entendre les cas des nations opprimées. L’un des buts de l’ONU est de mettre fin aux discriminations, mais par le fait de refuser d’admettre les cas des nations opprimées au sein du forum des nations-unies, ceci ne pourrait-il pas être vu par les observateurs comme étant de la discrimination raciale dont les Etats-Unis eux-mêmes feraient indulgence ? Ceci ne serait-il pas en faveur et ne viendrait-il pas en aide aux oppresseurs ?

Le 10 Décembre 1948, les Nations-Unies ont proclamé leur déclaration universelle des droits de l’Homme et elle établit dans son article 15: “1. Chacun a le droit à une nationalité. 2. Personne ne peut être privé de sa nationalité arbitrairement ou se voir refuser le droit de changer de nationalité.” Personne n’a le droit de nous priver de notre nationalité Ganienkahaga (Nation Mohawk de la Confédération Iroquoise). Ganienkeh est le territoire de la nation Mohawk et l’a été durant des siècles avant l’arrivée de l’homme blanc. Nous étions une nation bien avant que les colonies anglaises ne tombent du nid et apprennent à voler de ses propres ailes en copiant la confédération des six nations iroquoises et deviennent la nation des Etats-Unis d’Amérique, Nous ne sommes en aucun cas une “affaire intérieure” d’une nation étrangère quelconque, spécifiquement une nation qui n’existe qu’au travers des terres de l’homme rouge.

Nous avons aussi le droit à la véritable propriété. Nous, parmi les autres nations amérindiennes, avons le droit à un état indépendant sur notre propre sol. Quelques 74 nations de par le monde ont reconquis leurs terres, leurs gouvernements et peuvent décider de leur propre destinée. Seuls les Indiens des Amériques ont ce droit qui leur est refusé !! Si l’ONU veut amener la paix, l’harmonie et le droit pour toutes les nations, comment peut-elle ignorer les droits des peuples dont la terre qui leur a été usurpée abrite le siège même des Nations-Unies ? Toute nation qui a signée un traité avec une nation membre de l’ONU devrait automatiquement  et légalement avoir son cas présenté à la cour internationale des Nations-Unies. Que la justice et la sagesse prévalent !

Onen,

(Signé) Louis Hall

Secrétaire – GANIENKEH COUNCIL FIRE (Conseil de feu de Ganienkeh)

Résistance politique… et spirituelle: La sagesse Sioux au secours de l’occident…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , le juin 13, 2013 par Résistance 71

Ils luttent contre le terrorisme depuis 1492 et ils ont beaucoup à nous apprendre ! Il est grand temps d’écouter leurs voix…

– Résistance 71 –

 

Mitakuye Oyasin (Nous sommes tous inter-reliés)

 

Trois chapitres du livre: If You’ve Forgotten the Names of the Clouds, You’ve Lost Your Way : An Introduction to American Indian Thought & Philosophy

 

par Russell Means

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les ancêtres

“Chaque partie de ce monde est sacrée pour mon peuple. Chaque colline, chaque vallée, chaque plaine, chaque bosquet… La poussière sur laquelle vous vous tenez debout maintenant répond plus gentiment à nos pas qu’aux votres, parce qu’elle est riche du sang de nos ancêtres…”

Seattle, Suquamish, mid 1800s

Venez avec nous maintenant, voyagez dans un autre monde… la façon dont c’était sur Terre, quand les gens à travers ce monde vivaient dans un paradis. Aujourd’hui, ce paradis demeure dans seulement quelques endroits disséminés, dans de petites poches qui rétrécissent et des îles isolées oublièes de tous, ou dans des montagnes ou des jungles difficiles d’accès.

Pour comprendre les Indiens d’Amérique, ou du reste tout peuple indigène, il est essentiel de commencer avec les ancêtres. Nos ancêtres sont vitaux à la façon dont les Indiens regardent le monde et ils sont maintenus en très haute estime comme s’ils étaient toujours en vie aujourd’hui et étaient toujours parmi nous.

Nos ancêtres sont nos témoins et compagnons permanents. Ils savent tout. Ils sont des parties de nous-mêmes, tout comme nous sommes parties d’eux. De cette façon, un amérindien n’est jamais seul ou un individu plongé dans la solitude. L’angoisse existentielle nous est inconnue. Nous savons qui nous sommes et ne sommes jamais seuls. Nous sommes parties de quelque chose de bien plus grand que nous.

Ceci nous rend responsables. Une famille entière ou un clan est responsable pour tout acte de violence d’un de ses membres, non seulement dans le présent, le passé, mais aussi dans le futur. L’honneur n’est pas purement individuel, il existe parmi les individus bien sûr, mais il incorpore également nos familles immédiates, nos clans, les Ancêtres et s’étend pour inclure tout l’univers.

Un Améridien est conscient que si la disgrâce ou le déshonneur viennent sur lui, alors notre grand-mère la Terre a aussi été insultée. Ces croyances et principes sont réels. Ils sont fondés sur la claire connexion entre nous-mêmes et la Nature, le monde naturel qui nous nourrit et nous chérit, qui nous soutient dans tous les moments de notre existence. Notre connexion avec les Ancêtres guide nos actions dans chaque situation.

La triste réalité du Patriarche

 “Vendre un pays ! Pourquoi pas vendre l’air, le grand océan aussi bien que la Terre elle-même ? Comment pouvouns-nous faire confiance à l’homme blanc ? Quand Jesus Christ est venu sur Terre, vous l’avez cloué sur une croix… Où sont les Péquots ajourd’hui ? Où sont les Narrangansetts, les Mohicans, les Pocanets et les autres puissantes tribus de nos peuples ? Ils ont disparu devant la veulerie et l’oppression de l’homme blanc, comme la neige au soleil. Les os de nos morts seront labourés et leurs tombes transformées en champs de cultures…”

Tecumseh, Shawnee, 1811

Le patriarcat est l’impérialisme, l’oppression et l’exploitation de “l’autre” qui a commencée dès que le patriarcat a levé sa sale tête il y a environ 6000 ans. Les patriarches sont les maîtres à justifier toute et chaque mauvaise action, on nous a élevé dans les écoles avec les histoires des méchants puritains et comment ils extorquaient de fausses confessions par la torture à des suspectées “sorcières”, et maintenant, d’un seul coup d’un seul l’application du suplice de la baignoire ou autres tortures à de soi-disants “terroristes” est une bonne idée, alors même que toutes évidences ont démontré ces techniques comme inefficaces (sans parler d’immorales..) Vous pouvez dire ceci du patriarche: il est certainement consistant dans son inconsistance irrationnelle.

La science est la religion du patriarche. Ceci ne doit pas être confondu avec la science indienne, qui est fondée sur la collecte de vérités par l’observation du monde naturel en action. Il n’y a rien de naturel au sujet d’une science qui soutient les monumentales mauvaises actions et injustices du système patriarcal. Comme toute religion, la version patriarcale de la “science” est emplie de rituels, de dogmes, de sacro-saints textes, d’articles de foi. Ceci sont les outils qui sont utilisés pour renforcer le patriarcat. Des scientifiques dissèquent des chiens et des singes pour la recherche. Comment ceci peut-il être acceptable à quelqu’un qui possède un gramme “d’humanité” ?

La science est utilisée comme une arme par le patriarche, entre ses mains, la science devient une machine à tuer. Les nazis se vantaient d’être très scientifiques et à quel prix pour l’humanité ? La recherche scientifique est rampante et pour quel résultat ? L’espérance de vie de l’Homme augmente mais reste bien en deçà des sociétés indigènes, les cultures célèbres dans le monde entier pour leur longévité ne sont pas des sociétés scientifiques, mais sont des endroits où les gens vivent naturellement. Dans les sociétés scientifiques, les anciens sont mis en cage dans des mourroirs, la maladie d’Alzeihmer et la démence sont en augmentation constante. La maladie de Parkinson n’existait pas avant le massacre généré par la révolution industrielle.

Aujourd’hui, ceux qui protestent contre la recherche scientifique débordante sont appelés terroristes et amalgamés avec ceux qui voudraient détruire la fabrique même de la société et pourtant, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui sont le seul groupe qui menace de vraiment détruire l’équilibre de la vie sur Terre. Les peuples indigènes ont vécu d’innombrables siècles sans déséquilibre ou destruction et en seulement 6000 ans de patriarcat la Terre a été amenée au bord de la destruction totale. Dans le patriarcat, le meurtre de masse et la destrution de toute sorte de vie sont justifiés par les bénéfices d’un petit groupe de privilégiés perchés au sommet de la pyramide. Wall Street n’est pas différent de toutes les tyrannies et les royautés de l’histoire.

La prière matinale Lakotah de remerciement:

O grand mystère sacré, merci de ce jour.

Je te remercie pour l’univers, qui est notre tabernacle, notre maison de culte.

Merci pour les gens des étoiles, qui veillent sur notre eau et toutes les vies, nous donnent une direction et un endroit pour vivre.

Merci pour la lune, qui veille aussi sur notre eau et purifie naturellement les femmes.

Merci pour l’eau.

Merci pour notre grand-mère sacrée, la Terre, mère de tous les êtres vivants, car ils sont notre famille.

Merci pour le vent d’Est, qui nous amène l’étoile du matin, qui nous donne l’aube d’un nouveau jour, pour que nous ne répétions pas les erreurs commises hier. Le vent d’Est amène un renouveau dans nos cœurs, nos corps et nos esprits, renouvelant les forces spirituelles de notre grand-mère sacrée, la Terre et tous les membres de notre famille des vivants.

Merci pour les gens daims à queue noire, qui vivent à l’Est et nous protègent.

Merci pour le vent du Sud qui amène la chaleur et la générosité dans nos cœurs, nos esprits et nos corps, ainsi qu’à notre grandmère la Terre et notre famille du vivant.

Et merci aux gens hiboux qui vivent au Sud et nous protègent.

Merci pour le vent d’Ouest, qui nous donne les esprits du tonnerre et des éclairs, qui amènent le vent de fraîcheur purificateur et la pluie rafraîchissante à notre grand-mère la Terre et à toute notre famille du vivant.

Merci aux gens bisons qui vivent à l’Ouest et nous protègent.

Merci pour le vent du Nord, qui amène des vents forts et endurants qui donnent force et endurance à notre grand-mère la Terre et à toute notre famille du vivant et qui nous donne la force et l’endurance dans nos cœeurs, corps et esprits.

Merci aux gens daims rouges qui vivent au Nord et nous protègent.

Merci à tous les êtres ailés pour leurs enseignements, leur générosité et leur sacrifice. Spécialement merci à l’aigle, qui vole le plus haut, voit le plus loin et est fidèle à son compagnon.

Merci aux animaux à quatre pattes qui nous donnent tant et nous enseignent tant, pour leur sacrifice et leur bonté dans le partage.

Spécialement merci au bison, car là où va le bison, va notre peuple.

Merci à tous les membres de notre famille rampant, nageant et vivant sous la terre pour leur sacrifice et leur générosité. Merci pour leur enseignement et tout ce qu’ils nous donnent.

Merci aussi à toute la verdure qui poussent sur terre. Elle nous donnent et enseigne tant. Merci de son sacrifice et de son partage.

Spécialement merci à l’ arbre à feuilles chuchottantes pour sa force, son indépendance et son enseignement. Et merci à l’arbre sacré de la vie, qui doit être nourri et dont on doit prendre soin pour qu’il fleurisse encore et qu’il permette aux gens de vivre comme ils l’ont voulu.

Merci au saumon et aux autres poissons, qui nous enseigne que c’est notre droit de naissance que de retourner à la maison.

Merci à l’araignée, qui nous enseigne les fables de la vie sous la forme d’Iktomi l’espiègle.

Merci à chaque cérémonie sacrée qui nous a été amenée par la femme bison albino.

Merci pour les maisons de purification, qui nous illuminent de la compréhension de la purification et de la propreté.

Merci pour la Danse du Soleil (Sundance), qui donne une opportunité aux hommes de comprendre le miracle de la nouvelle vie en partageant, de modeste façon, l’expérience de mettre au monde.

Merci pour la lamentation et la cérémonie de la vision, qui nous permet de reconnaître une voie positive et indépendante à suivre durant notre vie.

Merci pour la cérémonie familiale, qui nous permet d’amener de nouveaux citoyens dans notre nation, notre famille, notre clan.

Merci pour la cérémonie de maintenance de l’esprit, qui nous permet de montrer notre respect aux ancêtres et qui amène la communauté ensemble pour partager et célébrer les bienfaits de ceux qui nous ont quittés.

Merci pour la cérémonie du lancer de balle, qui amène un cœur, un esprit et un corps à notre communauté

Merci pour la cérémonie de la femme qui permet aux filles et aux jeunes femmes d’aspirer à être méritantes de l’univers.

Merci pour les cérémonies de soins et de médecines douces produites par les membres verts de notre famille qui poussent. Ensemble ils soignent les infirmes, les handicappés et les malades.

Merci pour la terre, les nuages, pour le manteau blanc qui recouvre notre grandmère les mois d’hiver.

Merci pour les couleurs sacrées, qui rerésentent ensemble ce qui est important dans la vie et qui nous enseignent tant individuellement.

Merci pour le vent tourbillonnant, car il nous enseigne le respect, l’émerveillement et la stupeur.

Je remercie tout ce qui est sacré et bon.

Mitakuye Oyasin ~ Nous sommes tous inter-reliés ~

Prière matinale Lakotah

Dans la société traditionnelle Lakotah, le mari se réveille aux premières lueurs avant l’aube. Il ne dit rien, il ne réveille pas sa femme qui dort près de lui. Il sort, seul et récite la prière de remerciement matinale Lakotah avec l’étoile du matin, lorsqu’elle est la dernière étoile dans le ciel à l’aube. Réciter cette prière libère l’esprit de tous les soucis et de l’angoisse et fait prendre conscience à la personne de sa place dans la mosaïque de la vie. Cela vous rend humble.

Près à commencer la nouvelle journée, le mari retourne dans le tipi et va brosser les cheveux de sa femme. Aucun des deux ne dit un mot. La première interaction du mari dans sa journée et avec sa femme est un échange sacré. Les cheveux sont très importants car ils poussent sur la tête, là où se situe le cerveau. Les cheveux contiennent la mémoire. Ils ne sont coupés seulement qu’en cas de deuil. Le premier échange entre le mari et sa femme est une caresse sur une partie sacrée du corps.

L’auteur:

Russell Means est un Sioux Oglala, en tant que jeune leader du Mouvement Indien Américain (AIM), qui a aidé à réscuciter les nations indiennes depuis les années 1970, il a eu le privilège d’apprendre les enseignements traditonnels Lakotah à la source de la connaissance des anciens qui étaient très versés dans les anciennes traditions.

Russell est décédé le 22 Octobre 2012 à l’âge de 72 ans. Sa femme Pearl, a la responsabilité de passer cet héritage intemporel et tant d’actualité de sagesse dans un monde affamé d’équilibre et de vérité.

 

Source:

http://somosenescrito.blogspot.jp/2013/04/we-are-all-related.html

Résistance politique: Les pensées d’un Mohawk ~ 1ère partie ~

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, philosophie, politique française, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , le juin 12, 2013 par Résistance 71

Nous inaugurons ici la traduction de quelques textes d’un des grands activistes amérindiens, Louis Karoniaktajeh Hall, décédé en 1993 et qui a lutté toute sa vie pour un renouveau des traditions autochtones, une véritable auto-détermination et souveraineté des nations indigènes, à commencer par la sienne, la nation Mohawk, partie intégrante de la Confédération Iroquoise.

Activiste, philosophe, artiste, parfois controversif, il a participé à la remise au goût du jour d’un véritable sentiment de décolonisation. Membre actif fondateur de l’American Indian Movement (AIM), il en fut l’artiste officiel et créa de nombreux posters et graphiques pour la promotion du mouvement. Il a créé le drapeau de la "Warrior Society" de la nation Mohawk et le drapeau d’unification des nations de Great Turtle Island (Amérique du Nord).

Dans le texte ci-dessous publié en 1984, il est étourdissant de clairvoyance quant à l’analyse et sa vision du monde moderne et ce, il y a près de 40 ans. Nous ne clamerons pas comme Hall que LA solution aux problèmes du monde est dans la constitution iroquoise, mais en revanche nous défendons l’idée que la solution aux problèmes du monde se situe en grande partie dans une organisation sociétaire non pyramidale, matriarcale, autogestionnaire, non-coercitive et non-autoritaire. Ces qualités sont, bizarrement, très souvent (pas toujours il est vrai) inclues dans le mode sociétaire des nations indigènes des Amériques.

Il est grand temps de lâcher prise de nos erreurs, la plus grosse d’entre elles, source de bien des maux, étant de concevoir, ou plutôt d’avoir été forcés de concevoir que seule la société étatique est garante de progressisme et de bonheur pour tous. L’Histoire nous prouve depuis plus de 2000 ans que cela est un concept totalement erroné, falsifié à dessein pour la préservation des intérêts du plus petit nombre.

La société n’est pas l’État comme l’oligarchie nous le fait croire pour préserver ses privilèges parasitaires… Mais la société est contre l’État. La société n’est pas une société des nations, mais une société des peuples, autonomes, égaux et solidaires. Nous avons beaucoup à apprendre de ceux que nous avons colonisé partout dans le monde, parce que contrairement à nous… Ils savent qu’ils ont été colonisés et le sont toujours. Nous ne le savons toujours pas !

– Résistance 71 –

Les pensées d’un Mohawk

Une série d’écrits et de dessins par Louis Karoniaktajeh Hall

2ème partie

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

INDIAN SURVIVAL CRISIS BULLETIN

NO. 7 AVRIL, 1984

 

La solution indienne aux problèmes du monde

L’homme blanc dit que son gouvernement est un gouvernement de la majorité. Il a aussi été dit que la majorité du monde sont des idiots et que les sages et intelligents sont dans la minorité. Ceci rend donc un gouvernement de la majorité un gouvernement d’idiots. Mais, me direz-vous, la majorité du monde est contrôlée par une minorité maligne d’exploiteurs oppressifs qui rend le gouvernement de la majorité en fait le gouvernement d’une minorité et ainsi, c’est un gouvernement à la fois d’idiots et de petits malins exploiteurs, ces derniers étant les maîtres de cérémonie.

L’armée est l’arme du gouvernement et est entraînée à protéger et à défendre le système, pas les citoyens. Le gouvernement utilise les gens, car les militaires font partie du peuple. Le gouvernement crée des lois faites pour défendre et protéger le gouvernement du peuple et les différentes polices sont établies pour faire respecter les lois, encore et toujours utilisant des gens du peuple au préalable aliénés par endoctrinement des autres personnes afin qu’ils puissent protéger le système contre les personnes exploitées et opprimées. Les personnes exploitées sont requises de payer des impôts en grands nombres afin de payer le coût de ces institutions, le gouvernement, l’armée et les différents départements de police.

Le problème est que le gouvernement de la majorité n’est pas vraiment un gouvernement pour tout le monde, mais pour les super-riches qui sont en contrôle. Puisque les super-riches sont en contrôle du “monde libre”, alors la solution pour les personnes exploitées est de nationaliser et d’internationaliser les corporations des super-riches. Cela paraît être un super truc que de désarçonner de tels super patrons qui sont en contrôle des nations, mais pour chacun qui n’a pas à le faire soi-même, c’est simple. Les exploités ne font que neutraliser les super-riches. Comment  cela demande le non-Indien ? D’abord les plus sages et plus intelligents des exploités vont former un conseil national populaire  par lequel tout le monde peut vraiment exercer sa volonté. Ce conseil national sera alors comme un gouvernement qui ne gouverne pas mais crée un bon chemin à suivre pour les gens. La méthode pour trouver les plus sages et plus intelligents des exploités se fait par une série de tests sur l’étude de l’humanité, de la justice, finance, administration politique, guidage des affaires publiques tout en incitant à suivre le bon chemin pour les gens; ces tests sont passés par les plus capables pour entrer dans le dit conseil national populaire qui sera toujours rendu responsable par les gens et qui rendra toujours des comptes à la population générale,

Pour neutraliser les grosses entreprises super-riches et les nationaliser et internationaliser, il est d’abord nécessaire de mettre de côté les pseudo-gouvernements de la majorité, car ils opèrent sous de faux prétextes et ont misérablement échoué dans leur gestion des peuples. Plutôt que de changer les personnels de ces vils gouvernements non populaires et de non-majorité, il est en fait bien mieux de supprimer tout le système de gouvernement dans sa totalité. Ils ne devraient pas y voir d’objection puisque c’est pour le bien du monde. L’action de retirer de ses fonctions un gouvernement est appelée une révolution. L’action de retirer le pouvoir à tous les gouvernements est appelée une révolution mondiale.

L’incidence des mauvais gouvernements, l’insoutenable imposition/taxation, la terreur nucléaire, l’oppression, les persécutions et autres abus seront résolus en dissolvant tous les gouvernements à cause de leur échec à générer le bonheur des populations, ce qui a toujours été l’objectif à très long terme de l’humanité à travers les âges et donc le but supposé de tout gouvernement. N’ayant ni la capacité, ni l’endurance à réaliser cet objectif, les gouvernements présents doivent être immédiatement remplacés par des conseils nationaux populaires, qui auront l’intelligence et la sagesse nécessaires pour remplir l’objectif et les obligations induites. Ils ont prouvé leur capacité en passant le test. Les super-riches ne dépensent pas leurs milliers de milliards de dollars à payer pour les travailleurs du gouvernement (dont un certain nombre n’ont absolument rien à faire), ni à payer pour les dépenses extravagantes des armées et des forces de police. Qui paie pour tout cela ? Les exploités. Les gens qui travaillent. Les gens paient pour la protection des riches contre les opprimés. Ceci représente le paroxysme de l’exploitation. En nationalisant et en internationalisant les super-entreprises des méga-riches, les profits qui en découleront (par les milliers de milliards de dollars), pourront être utilisés pour payer toutes les dépenses nationales et les coûts inhérents, enlevant par là même, la chappe de plomb des impôts des épaules des gens. Il n’y aura plus besoin de taxation, comme le disent les économistes qui font aussi allusion au fait que les gouvernements font très cher payer les peuples pour avoir un gouvernement.

Les gouvernements eux-mêmes sont gouvernés par Wall Street et ses requins de la finance, groupe composé d’une centaine de membre (en 1960), dont chacun d’entre eux dans un très mauvais jour, engrange 1 million de dollars. Un colosse de ce club, avec un énorme portefeuille d’entreprises engrangeait en moyenne 55 millions de dollars par jour. Tous les gouvernements du “monde libre” sont sous le contrôle de cette élite du fric. Il a été dit que les requins de Wall Street regardent l’humanité comme une bête, qui doit être maintenue dans la faiblesse et saignée. L’élite du super-fric est directement impliquée dans la situation intolérable de la prolifération des armes nucléaires. A cette vitesse, la race blanche sera éteinte au même rythme que la race de l’homme rouge qu’elle essaie activement d’anéantir.

Il n’y a aucun besoin d’un ministère de la guerre si cher. Dans la voie iroquoise, chaque individu est un protecteur et un défenseur. Chaque garçon est entrainé à la stratégie militaire. Il est aussi instruit dans la loi et enseigné de la défendre. Une de ses missions en tant que guerrier (NdT: Dans la langue iroquoise, il n’y a pas de mot pour dire “guerrier”, la racine du mot provient du mot “óhstien”, qui veut dire “os”, réferrant le guerrier au porteur des os des ancêtres et donc par extension celui qui a la charge de l’héritage ancestral et de s’assurer de la perpétuation de la nation…) est d’arrêter les crimes et d’arrêter ceux qui enfreignent la loi. Ainsi, chaque homme est un policier. Ceci est la façon de prévenir qu’un gouvernement ne victimise et n’oppresse pas son peuple. Le peuple est le gouvernement et il est aussi la police, tout le monde l’est. Il n’y a pas d’aliénation du policier ou du militaire par rapport au peuple. Dans le système iroquois, appelé “La société guerrière” par l’homme blanc, il n’y a pas de conscription, d’endoctrinement (lavage de cerveau) pour transformer les conscripts en tueurs et après la guerre, les relâcher parmi la population où ils commettront de nombreux crimes.

Les crimes, s’il y en a, sont gérés par les défenseurs en cours d’entrainement et après leur entrainement, ils sont toujours en attente et peuvent intervenir en cas d’urgence comme un incendie, des bagarres, des émeutes, des invasions et toute sorte de troubles possibles. La “société guerrière” apprend également aux jeunes tout ce qui est nécessaire de savoir, des sujets académiques, de la même façon que des techniques de défense et de traitement des problèmes. Tout ceci ne coûte rien aux contribuables, il n’y a pas de conribuables du reste. Tout ceci est défalqué des profits des corporations nationalisées et internationalisées des super-riches. N’est-ce pas ceci un système bien supérieur comparé à celui qui est maintenant en place et pour lequel le public est obligé de payer ?

A présent, l’humanité est sous un nuage de destruction et de mort provenant d’une maladie cruelle causée par la contamination (entre autre) des retombées et pollutions radioactives (NdT: Louis Hall parle ici du cancer bien sûr…) Les gouvernements des blancs en Amérique du nord et du sud, sont si préoccupés à exterminer les Indiens, qu’ils ne réalisent même pas qu’ils font la même chose avec leurs propres peuples. Nous avons lu au sujet de ces tueurs psychopathes qui ne peuvent pas s’arrêter de tuer, même en réalisant qu’ils seront eux-mêmes des victimes de leur folie. Les millions d’innocents et de futures victimes accidentelles de ce monde de folie se doivent de prendre entre leurs mains leur survie et leur défense. Il est de leur devoir de faire cesser cette menace à leur existence même et doivent trouver les moyens et la façon de le faire. Cette longue descente vers la destruction totale ne peut être stoppée qu’en abolissant l’ordre présent qui n’est que désordre total. Cela ne devrait pas être trop difficile. Il n’y a qu’un peu plus d’une centaine de cette élite du gros business, responsables de cet état de fait. Il suffit de procéder à des arrestations citoyennes et à garder les intéressés en détention et leur faire faire quelque chose de profitable véritablement à la société. Détenir leurs scientifiques (nucléaires) et les maintenir dans une science prolifique qui ne met pas en danger permanent l’humanité et la planète.

Après avoir aboli les mauvais gouvernements, leur système économique et après avoir implémenté ce qui est expliqué ci-dessus, le type de gouvernement iroquois, les gens de manière générale pourront bien mieux respirer et être plus relax. L’holocause nucléaire sera évité. Une ère de véritable paix sera expérimentée par tout le monde, partout. Etant parvenus à un meilleur gouvernement et à une meilleure société, les gouvernements des hommes blancs en Amérique seront plus enclins à rendre une bien meilleure justice aux peuples aborigènes du continent. Ils en viendront même sûrement au point de rendre les terres volées aux Indiens et ceux-ci pourront enfin retrouver leur société propre. L’Amérique est un énorme territoire avec beaucoup d’espace non utilisé. Très certainement les européens immigrants pourront le voir en pleine conscience et rendre ce qui est dû aux Indiens Les Etats-Unis et le Canada ne veulent payer que 0,25 $ par acre de terre accordée ; ils n’ont pas assez d’argent pour payer toutes les terres volées aux Indiens, cela se chiffre au delà des 2 500 milliards de dollars à 1000 $ de l’acre.

Résistance politique: Les luttes autochtones pour l’autonomie au Mexique continuent de plus belle…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , le juin 11, 2013 par Résistance 71

Nous l’avons dit à maintes reprises ici et en faisons un de nos chevaux de bataille: La solution pour les peuples du monde aux problèmes croissants posés par le capitalisme et son garde-chiourme de l’État vient des peuples colonisés par l’occident.

Les nations indigènes des Amériques du Nord et du Sud montrent la voie de la résistance en instaurant et en affirmant leur auto-détermination, et certains modèles autogestionnaires au sein de sociétés traditionnelles non pyramidales et non coercitives.

Nous devons comprendre leur lutte, apprendre et assimiler leurs méthodes pour les adapter à nos sociétés. Les mouvements de résistance autochtones des Amériques sont essentiels au futur de la planète. Tendons-leur la main. Unifions nos luttes qui fondamentalement sont les mêmes. Nous sommes tous des colonisés !

Union et solidarité !…

– Résistance 71 –

 

Géographie de la répression et de la résistance au Mexique

 

10 juin 2013

 

par Francisco López Bárcenas

 

url de l’article original en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Geographie-de-la-repression-et-de

 

Menaces à Pedro Martínez et à sa famille, de la Coordination des peuples unis de la vallée d’Ocotlán, à cause de sa participation à la lutte contre la mine de San José del Progreso ; agressions à main armée contre Celestino Bartolo Terán et menaces à sa fille Sara Bartolo, dans l’isthme de Tehuantepec, à cause de sa participation à la lutte contre les entreprises de construction d’éoliennes ; exécution de Félix Martínez Santiago, un des leaders de l’Organisation des peuples indigènes zapotèques (OPIZ), ce 15 mai dans la communauté de Tierra Blanca, San Vicente Loxicha, tous dans l’État d’Oaxaca ; menaces de mort à l’avocate Estela Angeles Mondragón pour avoir défendu des communautés rarámuris face à l’invasion de leurs terres par des éleveurs de bétail, dans l’État de Chihuahua ; disparition de Teodulfo Torres Soriano, El Tio, depuis le 24 mars, dans le District fédéral ; ce sont là des faits qui dessinent une partie de la géographie de la répression dans ce Mexique. Ce ne sont pas les seuls [1], mais ils montrent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, mais d’une réponse systématique à la résistance des peuples face à l’accaparement de leur terre ou à l’imposition de projets et qui s’étend sur tout le territoire mexicain.

La résistance aussi peut être vue dans bien d’autres endroits et sous une forme très différente. La lutte cyclique des Cucapá, en Basse-Californie, face à la détermination des autorités à les empêcher de pêcher, après leur avoir enlevé leur activité de chasseurs et d’agriculteurs ; les Rarámuris défendant leurs territoires de l’invasion des éleveurs de bétail et des entreprises de déboisement ; des peuples, dans plusieurs États de la République, s’opposant aux mines, aux entreprises de construction d’éoliennes pour la création d’« énergie propre », cela à l’initiative de consortiums privés et pour le bénéfice des entreprises transnationales ; des peuples comme celui de Temacapulin [2] dans l’État de Jalisco ; La Parota [3] dans l’État du Guerrero ; les Cora et les Wixaritari de Nayarit, et les Mixtèques et les Chatino d’Oaxaca se battant contre la construction de barrages ; les paysans de Huexca, dans le Morelos, s’opposant à la construction d’une thermoélectrique et d’un gazoduc [4] ; les peuples yaquis, dans l’État de Sonora, bataillant contre la construction du gazoduc Indépendance [5] ; paysans et indigènes s’opposant aux semences transgéniques, leur sécurité alimentaire de demain dépendant des semences natives et de la pratique d’une culture qu’ils ont développée autour d’elles. Ce sont des luttes très diverses mais elles ont beaucoup de points communs : tous se battent contre l’expropriation et contre les entreprises transnationales.

Les formes de lutte sont multiples. Normalement, elles se structurent en mélangeant plusieurs méthodes, qui dépendent de la capacité d’organisation des collectifs en lutte ainsi que de leur aptitude à établir des réseaux leur apportant un appui. Ainsi nous trouvons depuis les typiques actions de dénonciations publiques, manifestations et occupations d’édifices publics, en passant par des actions en justice de diverses sortes, jusqu’à l’action directe pour défendre leurs biens, comme ce qui s’est passé dans la municipalité de Zautla, dans la Sierra Norte de Puebla ; l’ejido Benito Juarez, dans l’État de Chihuahua, et à Teitipac , dans l’Oaxaca ; ou encore à renforcer leur identité dans leur relation au territoire, comme les Zapotèques de Capulalpan, dans l’Oaxaca, ou les Wixaritari, à San Luis Potosí. Les résultats aussi sont divers, bien que, dans tous les cas, il s’agisse de résultats partiels, on note que ceux-ci dépendent plus de la force des mobilisations que de la justesse de leur cause. Il existe des cas où il a été démontré la légitimité de leur demande, mais qui n’ont pu prospérer en l’absence d’une force suffisante pour se faire entendre, ou, s’ils ont obtenu des résultats favorables, les résolutions en leur faveur n’ont pu être exécutées pour la même raison.

Quand les objectifs que se proposent les mouvements ne sont pas atteints ; cela ne doit pas conduire au découragement, mais les petits triomphes non plus ne peuvent se présenter comme des succès définitifs. La lutte contre la spoliation est de longue durée et les mouvements doivent apprendre à résister dans la lutte même, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent les batailles, pour gagner la guerre. Il est important de tisser des alliances et d’étendre le champ de bataille afin de fortifier la résistance et permettre la résolution des problèmes quotidiens des gens. Il y a cinq ans, quand ce type de luttes commença à pousser comme des champignons en temps de pluie, peu nombreux furent ceux qui pensèrent qu’il pouvait vaincre le capital international, après cinq ans on commence à penser que c’est une utopie possible. Dans la Sierra Norte de Puebla, il y a désormais deux mouvements, qui peuvent arriver à n’être qu’un seul mouvement de résistance ; dans l’Isthme et la Vallée d’Oaxaca aussi, se sont créées des organisations régionales et il est sûr qu’il va s’en construire d’autres. Ce n’est pas encore gagné. Il faut penser à des formes nouvelles d’organisation, et surtout au futur pour lequel on engage la lutte. Il est nécessaire de donner un visage, qui lui soit propre, à la résistance.

Francisco López Bárcenas

Traduction et notes de Georges Lapierre 
Source du texte d’origine : 
La Jornada, Mexico, 
25 mai 2013.

Notes

[1] Nous pourrions ajouter l’assassinat crapuleux de Juan Vázquez Guzmán de Bachajón, Chiapas, qui luttait contre l’accaparement des terres ejidales de Cascadas Azules en vue d’un projet touristique de grand luxe (NdT).

[2] Barrage El Zapotillo, en construction, et qui risque d’inonder le village de Temacapulin s’il atteint la hauteur de 105 mètres au lieu des 80 mètres prévus initialement (NdT).

[3] Projet de construction d’un barrage près d’Acapulco, qui rencontre une forte opposition de la part des communautés directement concernées face à l’opiniâtreté de la Compagnie fédérale d’électricité (NdT).

[4] Qui passera dans une zone considérée à haut risque au pied du volcan Popocatépetl toujours en activité, les travaux sont en cours sous haute protection des forces policières, malgré les risques et une forte opposition de tous les villages et villes concernés (NdT).

[5] Il pourrait s’agir de l’aqueduc Indépendance qui devait amener l’eau du fleuve Yaqui à Hermosillo au grand dam du peuple yaqui — qui a obtenu un jugement en sa faveur dernièrement ; mais un gazoduc est aussi en construction, le gazoduc Nord-Sud qui traverse le territoire des Yaquis pour arriver cette année à Obregón et Navojoa (NdT).

Résistance politique: Devant les crimes de l’oligarchie, un changement radical de société est une manœuvre de salubrité publique ~ 2ème partie ~

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , le juin 8, 2013 par Résistance 71

"Jamais il n’a été permis de mentir aux citoyens avec une si parfaite absence de conséquences. Le spectateur est seulement censé ignorer tout, ne mériter rien."

– Guy Debord , 1988–

"Pour rester libre, il faut sans cesse rester en garde contre ceux qui gouvernent: rien de plus aisé que de perdre celui qui est sans défiance, et la trop grande sécurité des peuples est toujours l’avant-coureur de leur servitude."

"C’est à la violence que les états doivent leur origine; presque toujours quelque heureux brigand en est le fondateur et presque partout les lois ne furent, dans leur principe, que des règlements de police, propres à maintenir à chacun la tranquille jouissances de ces rapines."

– Jean Paul Marat, 1774 –

Une analyse de l’esprit de révolte et des révolutions par Pierre Kropotkine en 1914, texte d’une actualité stupéfiante et déconcertante, preuve que rien n’a changé dans le fond depuis bien plus de cent ans et que nous publions en deux parties. A lire et diffuser sans modération. Dans cette seconde partie, Kropotkine s’appuie sur l’exemple de la révolution française, période historique qu’il avait particulièrement étudiée, pour nous montrer que la voie étatique n’est pas inéluctable. Jean Paul Marat, révolutionnaire méconnu, l’avait lui aussi bien compris. Ce n’est pas par hasard si Marat a été assassiné… Il était de fait, bien plus dangereux pour l’oligarchie pilotant déjà la jeune république que tous les Saint Just, Danton et Robespierre réunis…

– Résistance 71 –

 

1ère partie

 

L’esprit de révolte, 2ème partie

 

Pierre Kropotkine, 1914

III

Une étude serait à faire, — intéressante au plus haut degré, attrayante, et surtout instructive — une étude sur les divers moyens d’agitation auxquels les révolutionnaires ont eu recours à diverses époques, pour accélérer l’écolosion de la révolution, pour donner aux masses la conscience des évènements qui se préparaient, pour mieux désigner au peuple ses principaux ennemis, pour réveiller l’audace et l’esprit de révolte. Nous savons tous très bien pourquoi telle révolution  est devenue nécessaire, mais ce n’est que par instinct et par tatonnements que nous parvenons à deviner comment les révolutions ont germé.

L’état-major prussien a publié dernièrement un ouvrage à l’usage de l’armée, sur l’art de vaincre les insurrections populaires, et il enseigne, dans cet ouvrage, comment l’armée doit agir pour éparpiller les forces du peuple. Aujourd’hui, on veut porter des coups sûrs, égorger le peuple selon toutes les règles de l’art. Eh bien, l’étude dont nous parlons serait une réponse à cette publication et à tant d’autres qui traitent le même sujet, quelquefois avec moins de cynisme. Elle montrerait comment on désorganise un gouvernement, comment on relève le moral d’un peuple, affaissé, déprimé par la misère et l’oppression qu’il a subies.

Jusqu’à présent, pareille étude n’a pas été faite. Les historiens nous ont bien raconté les grandes étapes, par lesquelles l’humanité a marché vers son affranchissement, mais il ont peu prêté d’attention aux périodes qui précédèrent les révolutions. Absorbés par les grands drames qu’ils essayèrent d’esquisser, ils ont glissé d’une main rapide sur le prologue, mais c’est ce prologue qui nous intéresse surtout.

 

Et cependant, quel tableau plus saisissant, plus sublime et plus beau que celui des efforts qui furent faits par les précurseurs des révolutions ! ! Quelle série incessante d’efforts de la part des paysans et des hommes d’action de la bourgeoisie avant 1789 ; quelle lutte persévérante de la part des républicains, depuis la restauration des Bourbons en 1815, jusqu’à leur chûte en 1830 ; quelle activité de la part des sociétés secrètes pendant le règne du gros bourgeois Louis-Philippe ! Quel tableau poignant que celui des conspirations faites par les Italiens pour secouer le joug de l’Autriche, de leurs tentatives héroïques, des souffrances inénarrables de leurs martyrs ! Quelle tragédie, lugubre et grandiose, que celle qui raconterait toutes les péripéties du travail secret entrepris par la jeunesse russe contre le gouvernement et le régime foncier et capitaliste, depuis 1880 jusqu’à nos jours !

Que de nobles figures surgiraient devant le socialiste moderne à la lecture de ces drames ; que de dévouement et d’abnégation sublimes et, en même temps, quelle instruction révolutionnaire, non plus théorique, mais pratique, toute d’exemple à suivre.

Ce n’est pas ici à entreprendre une pareille étude. La brochure ne se prête pas à un travail d’histoire. Nous devons donc nous borner à choisir quelques exemples, afin de montrer comment s’y prenaient nos pères pour faire de l’agitation révolutionnaire, et quel genre de conclusions peuvent être tirées des études en question.

Nous jetterons un coup d’oeil sur une de ces périodes, sur celle qui précéda 1789 et, laissant de côté l’analyse des circonstances qui ont créé vers la fin du siècle passé une situation révolutionnaire, nous nous bornerons à relever quelques procédés d’agitation, employés par nos pères.

 

Deux grands faits se dégagent comme résultat de la Révolution de 1789-1793. D’une part, l’abolition de l’autocratie royale, et l’avènement de la bourgeoisie au pouvoir ; d’autre part l’abolition définitive du servage et des redevances féodales dans les campagnes. Les deux sont intimement liés entre eux, et l’un sans l’autre n’aurait pu réussir. Et ces deux courants se retrouvent déjà dans l’agitation qui précéda la Révolution : l’agitation contre la royauté au sein de la bourgeoisie, l’agitation contre les droits des seigneurs au sein des paysans.

Jetons un coup d’oeil sur les deux.

 

Le journal, à cette époque, n’avait pas l’importance qu’il a acquise aujourd’hui, c’est la brochure, le pamphlet, le libelle de trois ou qutre pages qui le remplaçaient. En conséquence, le libelle, le pamphlet, la brochure pullulent. La brochure met à la portée de la grande masse les idées des précurseurs, philosophes et économistes, de la Révolution ; le pamphlet et le libelle font de l’agitation, en attaquant directement les ennemis. Ils ne font pas de théories : c’est par l’odieux et le ridicule qu’ils procèdent.

Des milliers de libelles racontent les vices de la cour, la dépouille de ses décors trompeurs, la mettent à nu avec tous ses vices, sa dissipation, sa perversité, sa stupidité. Les amours royales, les scandales de la cour, les dépenses folles, le Pacte de famine — cette alliance des puissants avec les accapareurs de blé pour s’enrichir en affamant le peuple, — voilà le sujet de ces libelles. Ils sont toujours sur la brèche et ne négligent aucune circonstance de la vie publique pour frapper l’ennemi. Pourvu qu’on parle de quelque fait, le pamphlet et le libelle sont là pour le traiter sans gêne, à leur manière. Ils se prêtent mieux que le journal à ce genre d’agitation. Le journal est toute une entreprise, et l’on y regarde de près avant de le faire sombrer ; sa chute embarrasse souvent tout un parti. Le pamphlet et le libelle ne compromettent que l’auteur et l’imprimeur, et encore, — allez cherchez l’un et l’autre !…

Il est évident que les auteurs de ces libelles et pamphlets commencent, avant tout, par s’émanciper de la censure ; car à cette époque, si on n’avait pas encore inventé ce joli petit instrument du jésuitisme contemporain, «le procès en diffamation»  qui annihile toute liberté de presse, — on avait pour mettre en prison les auteurs et les imprimeurs, «la lettre de cachet», brutale, il est vrai, mais franche en tout cas. C’est pourquoi les auteurs commencent par s’émanciper du censeur et impriment leurs libelles, soit à Amsterdam, soit n’importe où, —« à cent lieues de la Bastille, sous l’arbre de la Liberté». Aussi ne se gêneront-ils pas de frapper sur, de vilepender le roi, la reine et ses amants, les grands de la cour, les aristos. Avec la presse clandestine, la police avait beau perquisitionner chez les libraires, arrêter les colporteurs, — les auteurs inconnus échappaient aux poursuites et continuaient leur oeuvre.

 

La chanson, — celle qui est trop franche pour être imprimée, mais qui fait le tour de la France en se transmettant de mémoire, — a toujours été un des moyens de propagande des plus efficaces. Elle tombait sur les autorités établies, elle bafouait les têtes couronnées, elle semait jusqu’au foyer de la famille le mépris de la royauté, la haine contre le clergé et l’aristocratie, l’espérance de voir bientôt venir le jour de la Révolution.

Mais c’est surtout au placard que les agitateurs avaient recours. Le placard fait plus parler de lui, il fait plus d’agitation qu’un pamphlet ou une brochure. Aussi les placards, imprimés ou écrits à la main, paraissent chaque  fois qu’il se produit un fait qui intéresse la masse du public. Arrachés aujourd’hui, ils reparaissent demain, faisant enrager les gouvernants et leurs sbires.  «Nous avons manqué votre aïeul, nous ne vous manqueront pas !» lit aujourd’hui le roi sur une feuille collée aux murs de son palais.. Demain, c’est la reine qui pleure de rage en lisant comment on affiche sur les murs les sales détails de sa vie honteuse. C’est alors que se préparait déjà cette haine, vouée plus tard par le peuple à la femme qui aurait froidement exterminé Paris pour rester reine et autocrate. Les courtisans se proposent-ils de fêter la naissance du dauphin, les placards menacent de mettre le feu aux quatre coins de la ville, et ils sèment ainsi la panique, ils préparent les esprits à quelque chose d’extraordinaire. Ou bien, ils annoncent qu’au jour des réjouissances, «le roi et la reine seront conduits sous bonne escorte en Place de Grève, puis iront à l’Hôtel-de-Ville confesser leurs crimes et monteront sur un échafaud pour y être brûlés vifs». — Le roi convoque-t-il l’Assemblée des Notables, immédiatement les placards annoncent que «la nouvelle troupe de comédiens, levée par le sieur de Calonne (premier ministre), commencera les représentations le 29 de ce mois et donnera un ballet allégorique intitulé Le Tonneau des Danaïdes. Ou bien, devenant de plus en plus méchant, le placard pénètre jusque dans la loge de la reine, en lui annonçant que les tyrans vont bientôt être exécutés.

Mais c’est surtout contre les accapareurs de blé, contre les fermiers généraux, les intendants, que l’on fait usage des placards. Chaque fois qu’il y a effervescence dans le peuple, les placards annoncent la Saint-Barthélémy des intendants et des fermiers généraux. Tel marchand de blé, tel fabricant, tel intendant sont-ils détestés du peuple — les placards les condamnent à mort «au nom du Conseil du peuple», etc., et plus tard, lorsque l’occasion se présentera de faire une émeute, c’est contre ces exploiteurs, dont les noms ont été si souvent prononcés, que se portera la fureur populaire.

Si l’on pouvait seulement réunir tous les innombrables placards qui furent affichés pendant les dix, quinze années qui précédèrent la Révolution, on comprendrait quel rôle immense ce genre d’agitation a joué, pour préparer la secousse révolutionnaire. Jovial et railleur au début, de plus en plus menaçant à mesure que l’on approche du dénouement, il est toujours alerte, toujours prêt à répondre à chaque fait de la politique courante et aux dispositions d’esprit des masses ; il excite la colère, le mépris, il nomme les vrais ennemis du peuple, il réveille au sein des paysans, des ouvriers et de la bourgeoisie la haine contre leurs exploiteurs ; il annonce l’approche du jour de la libération et de la vengeance.

 

Pendre ou écarteler en effigie, c’était un usage très répandu au siècle passé. Aussi était-ce un des moyens d’agitation les plus populaires. Chaque fois qu’il y avait effervescence des esprits, il se formait des attroupements qui portaient une poupée, représentant l’ennemi du moment, et pendaient, brûlaient ou écartelaient cette poupée. — «Enfantillage !» diront les jeunes vieillards qui se croient si raisonnables. Eh bien, la pendaison de Réveillon pendant les élections de 1789, celle de Foulon et de Berthier, qui changèrent complètement le caractère de la Révolution qui s’annonçait, — n’ont été que l’exécution réelle de ce qui avait été préparé de longue date, par l’exécution des poupées de paille.

Voici quelques exemples sur mille.

Le peuple de Paris n’aimait pas Maupéou, un des ministres bien chers à Louis XVI. Eh bien, on s’attroupe un jour ; des voix crient dans la foule : «Arrêt du Parlement qui condamne le sieur Maupéou, chancelier de France, a être brûlé vif et les cendres jetées au vent ! » Après quoi, en effet, la foule marche vers la statue de Henri IV avec une poupée du chancelier, revêtue de tous ses insignes, et la poupée est brûlée aux acclamations de la foule. Un autre jour, on accroche à la lanterne la poupée de l’abbé Terray en costume ecclésiastique et en gants blancs. A Rouen, on écartèle en effigie le même Maupéou ; et lorsque la gendarmerie empêche un attroupement de se former, on se borne à pendre par les pieds un simulacre de l’accapareur, du blé s’échappant en pluie du nez, de la bouche et des oreilles.

Toute une propagande dans cette poupée ! et une propagande bien autrement efficace que la propagande abstraite, qui ne parle qu’au petit nombre des convaincus.

L’essentiel, c’était que le peuple s’habituât à descendre dans la rue, à manifester ses opinions sur la place publique, qu’il s’habituât à braver la police, la troupe, la cavalerie. C’est pourquoi les révolutionnaires de l’époque ne négligèrent rien pour attirer la foule dans les rues, pour provoquer ces attroupements.

Chaque circonstance de la vie publique à Paris et dans les provinces était utilisée de cette manière. L’opinion publique a-t-elle obtenu du roi le renvoi d’un ministre détesté, ce sont des réjouissances, des illuminations à n’en plus finir. Pour attirer le monde, on brûle des pétards, on lance des fusées «en telle quantité qu’à certains endroits on marchait sur le carton». Et si l’argent manque pour en acheter, on arrête les passants bien mis et on leur demande,  — «poliment mais avec fermeté», disent les contemporains, — quelques sous «pour divertir le peuple». Puis, lorsque la masse est bien compacte, des orateurs prennent la parole pour expliquer et commenter les évènements, et des clubs s’organisent en plein air. Et, si la cavalerie ou la troupe arrivent pour disperser la foule, elles hésitent à employer la violence contre des hommes et des femmes paisibles, tandis que les fusées qui éclatent devant les chevaux et les fantassins, aux acclamations et aux rires du public, arrêtent la fougue des soldats.

Dans les villes de province, ce sont quelquefois des ramoneurs qui s’en vont dans les rues, en parodiant le lit de justice du roi ; et tous éclatent de rire en voyant l’homme à la face barbouillée qui représente le roi ou sa femme. Des acrobates, des jongleurs réunissent sur la place des milliers de spectateurs, tout en décochant, au milieu de récits drôlatiques, leurs flèches à l’adresse des puissants et des riches. Un attroupement se forme, les propos deviennent de plus en plus menaçants, et alors, gare à l’aristocrate dont la voiture ferait apparition sur le lieu de la scène : il sera certainement malmené par la foule.

Que l’esprit travaille seulement dans cette voie, — que d’occasions les hommes intelligents ne trouveront-ils pas pour provoquer des attroupements, composés d’abord de rieurs, puis d’hommes prêts à agir lors d’un moment d’effervescence.

Tout cela étant donné : d’une part, la situation révolutionnaire, le mécontentement général, et d’autre part, les placards, les pamphlets, les chansons, les exécutions en effigie, tout cela enhardissait la population et bientôt les attroupements devinrent de plus en plus menaçants. Aujourd’hui, c’est l’archevêque de Paris qui est assailli dans un carrefour ; demain, c’est un duc ou un comte qui a failli être jeté à l’eau ;  un autre jour, la foule s’est amusée à huer sur leur passage les membres du gouvernement, etc. ; les faits de révolte varient à l’infini, en attendant le jour où il suffira d’une étincelle pour que l’attroupement se transforme en émeute, et l’émeute en Révolution.

— « C’est la lie du peuple, ce sont les scélérats, les fainéants qui se sont ameutés», — disent aujourd’hui nos historiens prudhommesques. — Eh bien, oui, en effet, ce n’est pas parmi la gent aisée que les révolutionnaires cherchent des alliés. Puisque celle-ci se bornait à récriminer dans les salons, c’est bien dans les caboulots mal famés de la banlieue qu’ils allaient chercher des camarades, armés de gourdins, lorsqu’il s’agissait de huer Monseigneur l’archevêque de Paris, — n’en déplaise aux Prudhommes qui sont trop bien gantés pour se compromettre en de pareilles entreprises.

Si l’action s’était bornée à attaquer les hommes et les institutions du gouvernement, la grande Révolution eût-elle jamais été ce qu’elle fût en réalité, c’est-à-dire un soulèvement général de la masse populaire, paysans et ouvriers, contre les classes privilégiées ? La Révolution eût-elle duré quatre ans ? eût-elle remué la France jusqu’aux entrailles ? eût-elle trouvé ce souffle invincible qui lui a donné la force de résister aux «rois conjurés» ?

Certainement non ! Que les historiens chantent tant qu’ils voudront les gloires des «messieurs du Tiers», de la Constituante ou de la Convention, — nous savons ce qu’il en est. Nous savons que la Révolution n’eût abouti qu’à une limitation microscopiquement constitutionnelle du pouvoir royal, sans toucher au régime féodal, si la France paysanne ne se fût soulevée et n’eût maintenu,  — quatre années durant, l’anarchie, — l’action révolutionnaire spontanée des groupes et des individus, affranchis de toute tutelle gouvernementale. Nous savons que le paysan serait resté la bête de somme du seigneur, si la jacquerie n’eût sévi depuis 1788 jusqu’à 1793 — jusqu’à l’époque où la Convention fut forcée de consacrer par une loi, ce que les paysans venaient d’accomplir en fait : l’abolition sans rachat de toutes les redevances féodales et la restitution aux Communes des biens qui leur avaient été jadis volés par les riches sous l’ancien régime. En attendre des Assemblées, si les va-nu-pieds et les sans-culottes n’avaient jeté dans la bascule parlementaire le poids de leurs gourdins et de leurs piques, eût été une duperie.

Mais ce n’est ni l’agitation dirigée contre les ministres, ni par l’affichage dans Paris des placards dirigés contre la reine, que le soulèvement des petits villages pouvait être préparé. Ce soulèvement fut certainement le résultat de la situation générale du pays, mais il fut préparé aussi par l’agitation faite au sein du peuple et dirigée contre ses ennemis immédiats : le seigneur, le prêtre-propriétaire, l’accapareur de blé, le gros bourgeois.

Ce genre d’agitation est bien moins connu que le précédent. L’histoire de France est faite, celle du village n’a jamais été commencée sérieusement : et cependant, c’est cette agitation qui a préparé la Jacquerie, sans laquelle la Révolution eût été impossible.

Le pamphlet, le libelle ne pénétrait pas dans le village : le paysan à cette époque ne lisait presque pas. Eh bien, c’est par l’image imprimée, souvent barbouillée à la main, simple et compréhensible, que se faisait la propagande. Quelques mots tracés à côté, et tout un roman se forgeait avec ces estampes secrètes et ces enluminures populaires concernant le roi, la reine, le comte d’Artopis, Madame de Lamballe, le pacte de famine, les seigneurs, «vampires suçant le sang du peuple» ; il courait les villages et préparait les esprits. Là, c’était un placard fait à la main, affiché sur un arbre, qui excitait à la révolte, promettant l’approche des temps meilleurs et racontant les émeutes qui avaient éclaté dans d’autres provinces, à l’autre bout de la France.

Sous le nom des «Jacques», il se constituait des groupes secrets dans les villages, soit pour mettre le feu à la grange du seigneur, soit pour détruire ses récoltes, ou son gibier, soit pour l’exécuter ; et, que de fois ne trouvait-on pas dans le château un cadavre percé d’un couteau, qui portait cette inscription : De la part des Jacques ! Un lourd équipage descendait le long d’une côte ravinée, amenant le seigneur dans son domaine. Mais deux passants, aidés du postillon, le garottaient et le roulaient au fond du ravin, et dans sa poche on trouvait un papier disant : De la part des Jacques ! Ou bien, un jour, au croisement de deux routes, on apercevait une potence portant cette inscription : Si le seigneur ose percevoir les redevances, il sera pendu à cette potence. Quiconque osera les payer au seigneur, aura le même sort ! et le paysan ne payait plus, à moins d’y être contraint par la maréchaussée, heureux, au fond, d’avoir trouvé un prétexte pour ne rien payer. Il sentait qu’il y avait une force occulte qui le soutenait, il s’habituait à l’idée de ne rien payer, de se révolter contre le seigneur, et bientôt, en effet, il ne payait plus et il arrachait au seigneur, par la menace, la renonciation à toutes les redevances.

Continuellement, on voyait dans les villages des placards annonçant que désormais, il n’y aura plus de redevances à payer ; qu’il faut brûler les châteaux et les terriers (cahiers de redevances), que le Conseil du Peuple vient de lancer un arrêt dans ce sens, etc., etc. — «Du Pain ! Plus de redevances ni de taxes !» voilà le mot d’ordre que l’on faisait courir dans les campagnes. Mot d’ordre compréhensibles pour tous, allant droit au coeur de la mère, dont les enfants n’avaient pas mangé depuis trois jours, allant droit au cerveau du paysan harcelé par la maréchaussée, qui lui arrachait les arriérés des taxes. — «A bas l’accapareur !» — et ses magasins étaient forcés, ses convois de blé arrêtés, et l’émeute se déchaînait en province. — «A bas l’octroi !» et les barrières étaient brûlées, les commis assommés, et les villes, manquant d’argent, se révoltaient à leur tour contre le pouvoir central qui leur en demandait. — «Au feu les registres d’impôts, les livres de comptes, les archives des municipalités ! » et la paperasse brûlait en juillet 1789, le pouvoir se désorganisait, les seigneurs émigraient, et la Révolution étendait toujours davantage son cercle de feu.

Tout ce qui se jouait sur la grande scène de Paris n’était qu’un reflet de ce qui se passait en province, de la Révolution qui, pendant quatre ans, gronda dans chaque ville, dans chaque hameau, et dans laquelle le peuple s’intéressa bien moins aux menées de la cour qu’à ses ennemis les plus proches : aux exploiteurs, aux sangsues de l’endroit.

Résumons. — La Révolution de 1788-1793, qui nous présente sur une grande échelle la désorganisation de l’Etat PAR la Révolution populaire (éminemment économique, comme toute Révolution vraiment populaire), — nous sert ainsi d’enseignement précieux.

Bien avant 1789, la France présentait déjà une situation révolutionnaire. Mais l’esprit de révolte n’avait pas encore suffisamment mûri pour que la Révolution éclatât. C’est donc sur le développement de cet esprit d’insubordination, d’audace, de haine contre l’ordre social, que se dirigèrent les efforts des révolutionnaires. Tandis que les révolutionnaires de la bourgeoisie dirigeaient leurs attaques contre le gouvernement, les révolutionnaires populaires, — ceux dont l’histoire ne nous a même pas conservé les noms,  — les hommes du peuple préparaient leur soulèvement, leur Révolution, par des actes de révolte dirigés contre les seigneurs, les agents du fisc et les exploiteurs de tout acabit.

En 1788, lorsque l’approche de la Révolution s’annonça par des émeutes sérieuses de la masse du peuple, la royauté et la bourgeoisie cherchèrent à la maîtriser par quelques concessions ; mais, pouvait-on apaiser la vague populaire par les Etats Généraux, par le simulacre de concessions jésuitiques du 4 août, ou par les actes misérables de la Législative ? — On apaise ainsi une émeute politique, mais avec si peu de choses on n’a pas raison d’une révolte populaire. Et la vague montait toujours. Mais en s’attaquant à la propriété, en même temps elle désorganisait l’Etat. Elle rendait tout gouvernement absolument impossible, et la révolte du peuple, dirigée contre les seigneurs et les riches en général, a finit, comme on le sait, au bout de quatre ans, par balayer la royauté et l’absolutisme.

Cette marche, c’est la marche de toutes les grandes Révolutions. Ce sera le développement et la marche de la prochaine Révolution, si elle doit être,  —  comme nous en sommes persuadés, — non un simple changement de gouvernement, mais une vraie Révolution populaire, un cataclysme qui transformera de fond en comble le régime de la propriété

Société contre l’état: La guerre est un racket organisé…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , le juin 8, 2013 par Résistance 71

La guerre est un racket

 

Mohawk Nation News

 

Janvier 2013

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/01/28/mnn-war-is-a-racket/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La cabale se rencontre aujourd’hui à Ottawa; ce sera entre les Indiens corporatistes coopérants et les royalistes économiques. Le chef Lakota Sioux Cheval Fou avait dit ceci juste avant d‘être assassiné:

“Combien de fois l’homme blanc doit-il faillir à sa parole ? Pourquoi votre mémoire est-elle aussi courte pour que vous acceptiez encore leurs promesses ? Pourquoi les promesses d’aujourd’hui seraient-elles différentes de celles d’hier ?”

La pression est mise pour voler nos ressources dont ils ont besoin pour la guerre. Les banquiers dirigent leur PDG de l’entreprise Canada, Stephen Harper, pour faire accélérer l’extraction de matériaux de guerre sur lesquels sont assis et vivent les peuples autochtones. Nous n’en avons jamais cédé une parcelle. Les royalistes de l’économie se préparent à se partager le butin de guerre, le pactole du sang. Les entreprises sous-traitantes du Canada, connues sous le nom des conseils de bandes et de tribus ne sont là que pour donner l’illusion d’une légalité et d’obtenir quelques miettes en récompense.

Mark “carnage” Carney, l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, s’en va en Angleterre avec 3000 milliards de dollars de notre fond de l’Indian Trust à la remorque pour les donner aux banquiers royalistes .

Rien de nouveau sous le soleil. Le général américain du corps des fusiliers marins (Marine Corp) Smedley Butler avait clairement expliqué dans son discours célèbre de 1933 que “La guerre est un racket”.

Butler, un des généraux les plus décorés de la 1ère guerre mondiale (il était alors commandant), a expliqué la planification de la première guerre mondiale. Un an plus tard, Butler témoigna secrètement devant le comité McCormack & Dickstin, qui devint plus tard le comité parlementaire pour les activités anti-américaines. Il y déclara l’existence d’un complot ayant à sa tête un groupe de très riches hommes d’affaires américains (L’American Liberty League), qui voulait instaurer une dictature fasciste aux Etats-Unis, dictature complète avec camps de concentration pour les juifs et autres indésirables.

[ Article complet:  War is a Racket: Smedley Butler ]

Butler fut approché par Gerald T. MacGuire de la compagnie Grayson MP, Murphy and Co de Wall Street. Une armée de 500 000 hommes serait assemblée, constituée de vétérans de la première guerre mondiale sans emploi, armée qui marcherait sur Washington D.C pour mettre à bas le gouvernement. Les ploutocrates voulaient que Butler soit le leader du coup d’état, lui promettant 3 millions de dollars pour commencer, 300 millions plus tard. Butler donna son accord afin d’en savoir plus et de connaître l’identité des comploteurs. Aucun d’entre eux ne fut jamais appelé à témoigner ou fut accusé de trahison. Presque la totalité d’entre eux étaient des membres fondateurs du Council on Foreign Relations (CFR). La Ligue était menée par les gens des cartels des entreprises DuPont et JP Morgan. De gros soutiens étaient Andrew Mellon de Sun Oil (compagnie pétrolière), Rockefeller d’E.F Hutton, US Steel (les aciers américains), General Motors, Standard Oil (NdT: aujourd’hui Exxon, Mobil), la Chase Bank et les pneus Goodyear. L’argent transitait par le sénateur Prescott Bush (NdT: le grand-père de Deubeuliou Bush, qui eut aussi des liens avec les financements d’Hitler par Wall Street) et sa Union Banking Corporation et Brown Brothers Harriman. Les comploteurs se vantaient également des relations de Bush et Hitler. L’Allemagne avait promis les armes pour le coup d’état.

Butler en vint à la conclusion que la guerre est le plus vieux, le plus profitable et le plus vicieux de tous les rackets. Ce racket a des dimensions internationales. Les profits sont enregistrés en dollars et en pertes de vies humaines. Il est perpétré pour le profit du plus petit nombre aux dépends du très grand nombre. Durant la 1ère guerre mondiale, une poignée de personnes collectèrent tous les bénéfices. Au moins 21 000 nouveaux millionnaires et milliardaires furent issus aux Etats-Unis de la 1ère guerre mondiale. Ils admirent leur jeu avec le sang des autres dans leur impôts. D’autres falsifièrent purement et simplement leurs déclarations de revenus. Aucun d’entre eux n’eut une arme dans les mains, creusa une tranchée, eut faim dans un trou à rats, ne souffrit de nuits de cauchemar sans sommeil, échappèrent aux obus, à leurs éclats et aux balles des mitrailleuses; aucun d’entre eux ne para une ataque de baïonnette énnemie ou fut tué dans une bataille.

Le public paya pour les pierres tombales, les corps estropiés, les esprits dévastés et les cœurs brisés à la maison, l’instabilité économique, la dépression et toute sa cohorte de misères, ainsi que l’imposition qui brisa le dos des générations futures.

Maintenant je vois des nuages de guerre internationaux s’amonceler. Les camps sont choisis. La France et la Russie se tiennent côte à côte, l’Italie et l’Autriche également. La Pologne et l’Allemagne travaillent ensemble, oubliant leur dispute sur le couloir polonais (NdT: le couloir de Dantzig, aujourd’hui Gdansk en Pologne). L’assassinat du roi Alexandre de Yougoslavie a compliqué les choses. L’Italie était prête à sauter sur l’occasion. La France et la Tchécoslovaquie attendirent. Tous attendaient la guerre. Pas les peuples qui eux, se battent, paient et meurent, mais ceux qui fomentent les guerres pour le profit. 40 millions d’hommes en armes. Les hommes d’état et les diplomates mentent pour dire que personne ne prépare la guerre. Enfers et damnation ! Ces hommes ne sont pas entraînés pour faire de la danse !

En Italie, Benito Mussolini a dit dans la publication de la Carnegie Endowment for International Peace: “International Conciliation”: “Par dessus tout, le fascisme, plus il observe et considère le futur et le développement de l’humanité, ne croit ni en la possibilité ni en l’utilité d’une paix perpétuelle… Seule la guerre amène toute l’énergie humaine à son plus haut point de tension et appose une estampille de noblesse sur le peuple qui a le courage de la confronter.”

Son armée bien entraînée, sa flotte et ses avions sont prêts à la guerre. Sa prise de position devant la Hongrie suite à la dispute avec la Yougoslavie l’a bien montré. Les troupes furent aussi très vite mobilisées à la frontière autrichienne après l’assassinat de Dollfuss. D’autres européens faisaient la danse du sabre pour la guerre.

Herr Hitler a réarmé l’Allemagne et a constamment demandé plus d’armement. La France a récemment augmenté son temps de service militaire d’un an à 18 mois. Les nations font la veillée des armes. Les chiens fous de l’Europe sont lâchés.

En Orient, quand la Russie et le Japan se battirent en 1904, nous avons viré nos vieux amis russes et soutenu le Japon. Nos banquiers internationaux très généreux finançaient le Japon. Et maintenant nous sommes empoisonnés contre le Japon !

Qu’est-ce que la politique de la “porte ouverte” à la chine représente pour nous ? Notre commerce avec la Chine représente 90 millions de dollars par an. Nous avons dépensé 600 millions de dollars au Philippines sur 35 ans. “Nos banquiers, industriels et spéculateurs” ont des investissements privés là-bas de moins de 200 millions de dollars. Pour sauver le commerce avec la Chine et protéger ces investissements privés, ont nous manipule pour haïr le Japon et partir en guerre, une guerre qui va nous coûter des dizaines de milliards de dollars, les vies de centaines de milliers d’Américains et plusieurs autres centaines de milliers qui seront estropiés à vie et dérangés mentalement des suites de la guerre. Des millions des milliards de dollars seront engranges par les quelques vendeurs d’armes, banquiers, constructeurs navals, indistriels, empaqueteurs de viande et spéculateurs.

Oui, la guerre paie de très hauts dividendes. Mais en quoi cela profite t’il aux hommes qui y sont tués, à leurs mères, sœurs, épouses, fiancées et enfants ? A part pour les quelques ceux pour qui la guerre veut dire énormes bénéfices.

Jusqu’en 1898 nous n’avions pas un territoire en dehors de l’Amérique du Nord. Notre dette nationale était d’un peu plus d’un million de dollars. Depuis, nous sommes devenus “spirituellement internationaux”. Nous avons oublié l’avertissement de George Washington qui nous disait de nous méfier des “alliances trop attachantes”. Nous avons fait la guerre. Nous avons acquis des colonies. Notre dette nationale a fait un bond de plus de 25 millions de dollar. Nous avons perdu pied année après année. Cela aurait été bien meilleur marché de rester en dehors des problèmes à l’´étranger.

La leçon est de ne pas oublier le coup d’état échoué de 1934 par les royalistes économiques de Wall Street, qui sont la propriété et sont gérés par la City de Londres. Personne n’est aller en prison pour ce crime. Ils ont le même agenda aujourd’hui. Nous, les autochtones, nous pouvons arrêter les guerres en occupant les moyens de production pour les priver des denrées dont ils ont besoin.

 

http://www.tomrea.net

 

Résistance politique: Communiqué du mouvement anarchiste turc

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , le juin 6, 2013 par Résistance 71

Appel à la solidarité internationale contre la terreur d’État en Turquie

 

5 juin 2013, par Anarşist Faaliyet

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Appel-a-la-solidarite,1077

 

Les anarchistes révolutionnaires appellent à la solidarité internationale pour organiser une révolte générale contre le terrorisme d’État.

3 juin 2013.

 

La semaine dernière, un groupe de manifestants a commencé une action de sauvegarde de l’environnement après que quelques arbres ont été abattus illégalement au nom de projets de gentrification urbaine. Au deuxième jour de la protestation, très tôt le matin, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, des canons à eau et des balles en plastique. De nombreuses personnes ont été blessées. Ce fut l’étincelle de la lutte contre ce terrorisme d’État qui s’est répandue dans tout le pays et s’est transformée en une action massive et organisée de révolte globale. Les gens impliqués contre l’augmentation des attaques, le terrorisme d’État et la violence de la police ont transformé les rues en zones de résistance. Cette révolte générale a grandi pendant quatre jours et se répand.

Des centaines de milliers de manifestants ont résisté, place Taksim, où le gouvernement a bloqué les entrées, et la violence de la police a atteint un sommet. Finalement, le square a été occupé après la construction de barricades autour de la place Taksim et les manifestants ont pris le contrôle de Taksim. Les manifestants à Ankara ont occupé les rues en solidarité avec Istanbul et des barricades ont été construites dans les lieux importants de la ville, diffusant la révolte. Des centaines de manifestants à Izmir, une autre grande ville, ont brûlé le bâtiment du parti au pouvoir.

La solidarité et le soutien aux mouvements de protestation et dans les zones d’affrontements sont très importants. Dans chaque ville où des affrontements sont en cours, les gens ont ouvert leurs maisons aux manifestants et aux personnes blessées. Beaucoup de gens ont mis à disposition des trousses de premiers soins et de la nourriture dans leurs cours pour les manifestants. Les équipes médicales volontaires auto-organisées se sont rendues dans les zones d’affrontements et ont aidé instantanément les manifestants blessés. Des avocats bénévoles aident les manifestants en détention.

Alors que les affrontements se poursuivent, le nombre de morts et de blessés est en augmentation. Les grands médias agissent toujours comme si rien ne s’était passé. Le nombre de morts serait d’une dizaine, mais ce n’est pas certain, car il n’y a pas de déclarations officielles. Un manifestant à Istanbul a été renversé par une voiture alors qu’il bloquait une rue, un autre a reçu un coup à cause des bombes à gaz, un autre encore a été renversé par la police et tous ont perdu la vie. Un manifestant à Ankara a été blessé à la tête par le feu de la police et il est en état de mort cérébrale.

Alors que l’action et les affrontements se poursuivent ici, la solidarité mondiale est en augmentation. Les « Anonymous » ont piraté les sites du parti au pouvoir, de la police d’Istanbul, de la municipalité d’Ankara et de nombreux autres organismes gouvernementaux. Les « Anonymous » ont déclaré qu’ils vont continuer les cyber-attaques tant que le terrorisme de l’État turc se poursuit. Alors que des millions de personnes résistent dans les rues aux attaques de la police dans tout le pays, certains partis de l’opposition tentent de tirer profit, de manipuler l’action en la politisant. Tout comme ce que nous avions vu dans certaines régions au cours du printemps arabe, les partis d’opposition (en particulier les kémalistes) tentent de s’approprier la portée des actions menées. Les partis d’opposition, en profitant de la politisation sociale, tentent de profiter de la situation dans l’espoir de prendre le pouvoir. La révolte en cours a laissé les politiciens et l’État dans une mauvaise position. Alors que le gouvernement tente de manipuler la révolte en la qualifiant d’être la manifestation d’« un groupe de radicaux », la crise se propage dans l’économie. La crise économique a montré de premiers signes dans le marché boursier.

Cependant, c’est une des plus grandes révoltes massives dans l’histoire du pays et les gens sont dans les rues afin de s’opposer à la hausse des politiques d’interdiction, d’oppression et de suppression, à la terreur d’État et à la violence policière qui n’a cessé d’augmenter pendant une longue période. Les personnes que l’État avait essayé de dompter par une oppression de centaines d’années sont maintenant directement en révolte contre lui.

Nous appelons tous les camarades qui luttent partout dans le monde : faites entendre la voix de la révolte générale, partout où vous pouvez, contre l’État turc et les grands médias qui tentent de la réduire au silence. Organisez des actions de solidarité pour être avec les millions de gens dans les rues.

Joignez votre voix à la révolte du peuple que l’État avait ignoré, opprimé et exploité pendant des années. Que le feu de la révolte contre l’État turc que nous avons commencé avec une étincelle et qui ne cesse de croître, se développe davantage.

Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et contre l’exploitation capitaliste.

Nous continuerons à diffuser les informations tant que l’émeute se poursuit.

Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF) 
Action révolutionnaire anarchiste

Source et traduction : 
Fédération anarchiste

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