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Résistance politique: Les mouvements amérindiens soutiennent de plus en plus les palestiniens

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 17 août 2014 by Résistance 71

L’American Indian Movement a le plus souvent vu la cause palestinienne similaire à la cause amérindienne de par le génocide colonialiste subi. Simplement, le parallèle devient de plus en plus vu comme une cause commune et à juste titre.

– Résistance 71 –

 

Les Indiens d’Amérique soutiennent Gaza

 

Al Manar et InfoPalestine

 

15 Août 2014

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=186646

 

On compare souvent la dramatique histoire du peuple palestinien à celle des Indiens d’Amérique. Tony Gonzales du Mouvement des Indiens d’Amérique (AIM), a dit à San Francisco, que “du fait d’une histoire commune de bantoustans (homelands) – les réserves indiennes versus les territoires palestiniens encerclés – les Indiens d’Amérique comprenaient parfaitement la situation des Palestiniens.”

Les Amérindiens sont loin d’être d’accord sur tout en politique, mais ils sont de plus en plus nombreux à ressentir de l’empathie pour le peuple palestinien et à établir un parallèle troublant entre ce qui est arrivé aux peuples natifs d’Amérique du Nord et aux Palestiniens du Levant.

L’association des études des peuples indigènes américains s’est rendue célèbre en décembre 2013 pour avoir été un des trois groupes académiques d’Amérique du Nord à soutenir la campagne palestinienne pour un boycott académique et culturel d’ « Israël ».

En janvier 2013, le Jerusalem Post a publié un article intitulé : “Les Amérindiens se retournent-ils contre Israël ?”

L’article se centrait sur une anecdote : Joy Harjo, la diva poétesse et musicienne appartenant à la nation Muscogee Creek, avait suscité une “tempête de protestation en annonçant sur Facebook qu’elle partait se produire en Israël.”

Mais l’article qui explique le mieux l’ampleur de l’opposition, dans sa communauté d’origine comme dans d’autres, à son soutien à « Israël » et à la politique de ce pays envers le peuple palestinien est celui du célèbre avocat, cinéaste et écrivain amérindien Gyasi Ross, intitulé “Pourquoi moi, un Amérindien, je soutiens le peuple palestinien." Voilà ce qu’il écrit :

"En tant que membre du peuple autochtone de ce pays, je suis arrivé à la conclusion que je dois soutenir les Palestiniens et leur lutte pour un état palestinien autonome.

"Même si beaucoup pensent que ce qui relie les Indiens américains et les Palestiniens est le fait d’être des "peuples autochtones déplacés," ce n’est pas la raison pour laquelle je me sens proche des Palestiniens.

"Ce qui suscite chez moi un sentiment de fraternité pour mes frères et soeurs de Gaza et de Cisjordanie, c’est un sentiment beaucoup plus primaire et viscéral : la peur ; une peur qui vient de la prise de conscience que ce qui arrive à un groupe d’opprimés va inévitablement arriver à d’autres.

"Les peuples indigènes, comme d’autres groupes opprimés dans le monde sans distinction de race ou de religion, ont grandement intérêt à tirer les leçons des atrocités génocidaires commises par le gouvernement d’Amérique du Nord contre les peuples natifs d’Amérique. Tous ceux qui défendent l’humanité doivent aussi oeuvrer à empêcher ces mêmes atrocités de se reproduire ailleurs, à une autre époque, contre d’autres peuples — et dans le cas présent contre les Palestiniens".

"Les Palestiniens, comme les Amérindiens sont prisonniers sur leur propre terre. Eux non plus n’ont nulle part où aller, personne ne veut les accueillir. Le Liban, la Syrie et l’Egypte se sont tous montrés insensibles aux épreuves des Palestiniens et ils les ont utilisés comme des pions contre « Israël ».

"Les Palestiniens, comme les Amérindiens, n’ont d’autre alternative que de continuer à être une épine dans le pied de ces gouvernements à la fois apathiques et oppressifs qui sont arrivés au pouvoir par tous les moyens."

Les militants pour la paix amérindiens participent de plus en plus aux manifestations contre la guerre à Gaza et leur influence grandit. De plus en plus d’Amérindiens se reconnaissent dans ces paroles de Ross.

 

Counter Current

Mike Ahnigilahi

Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

Militarisation des polices terroristes… L’oligarchie fait monter le thermostat dictatorial dans les "démocraties" occidentales…

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Nous avions souligné cette militarisation à outrance de la répression et des systèmes coercitifs étatiques occidentaux depuis quelques années. Nous redisons également qu’il n’y a pas plus de "démocratie" en occident que de beurre en branche… Tous les états sont dictatoriaux par nature, ce n’est juste qu’une question de degré, de thermostat à ajuster, thermostat qui se trouve dans les mains des oligarques de la finance et de a grosse industrie, qui dictent la marche à suivre à leurs larbins, putes politiciens, achetés et payés depuis longtemps et qui servent de paravent dans les "démocraties" fantoches d’occident.

Ce qui se passe au pays du goulag levant (ex-USA) n’es que le début du cauchemar totalitaire du Nouvel Ordre Mondial. Regardez la militarisation de nos pandores franchouillards… Tout ce qui se passe à yankland finit par se passer en Europe ce n’est qu’une question de temps.

Il va être temps de mettre un coup de balais et pour les peuples de reprendre les affaires en main. Il est évident en voyant la militarisation extrême des forces de répression de l’état, que la solution n’est plus sur les barricades.. La solution est dans la négation du système, le rendre illégitime en ignorant les institutions en désobéissant, en refusant notre soutien aux charlatans et criminels de la politique kidnappée et en créant un contre-pouvoir populaire… Il en va de notre survie en premier lieu, puis de la restauration d’un paradigme politico-social viable.

Nous sommes prévenus…

– Résistance 71 –

 

Dans beaucoup de communautés, les flics sont les terroristes

Le militarisme policier en Amérique

 

par DAVE LINDORFF

 

14 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/2014/08/14/police-militarism-in-america/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le meurtre apparent par des policiers blancs du jeune africain-américain non armé de 18 ans, Mike Brown, à Ferguson dans l’état du Missouri, qui fut abattu de plusieurs balles alors qu’il était à genoux les mains en l’air criant “Ne tirez pas je ne suis pas armé!”, expose d’un coup tout ce qui ne va plus du tout avec les actions de police aux Etats-Unis aujourd’hui.

Le département de la police de Ferguson, n’employant pratiquement que des blancs, patrouille une communauté de la banlieue de la ville de St.Louis qui est largement africaine-américaine, ce qui est déjà en soi une recette pour un désastre dans un pays qui est noyé dans le racisme. La police de Ferguson utilise aussi une politique de police musclée, arrêtant les gens pour des infractions mineures, choses qui pourraient facilement dégénérer en confrontations violentes. Dans ce cas particulier, il apparaît que le “crime” de Mike Brown était de traverser en dehors d’un passage clouté (NdT: Ce qui est une contravention de 1ère classe au pays du goulag levant…) et peut=être d’avoir rétorqué à un policier, le premier délit étant une citation (devant un juge de tribunal de police), le second acte n’étant… pas punissable car pas illégal.

Lorsque Brown fut abattu, au lieu de tenter de calmer de suite les choses, la police de Ferguson est passée en mode totalement para-militaire, envoyant un grand nombre de flics armés jusqu’aux dents en tenues de combats militaires, dans la communauté, renforcées par des véhicules blindés (NdT: l’agglomération de Ferguson comprend environ 20 000 habitants et la police y est équipée comme partout ailleurs au pays du goulag levant de VAB, et d’équipement militaire similaire à celui déployé en zones de combat comme l’Irak ou l’Afghanistan…). La police répondait à des protestations légitimes de la commuanuté avec des tirs de gaz lacrymogène (NdT: ce qui est classifié comme “guerre chimique” et interdit par la convention de Genève, qui comme chacun sait “n’est valide que dans le canton de Genève”…), puis par la suite escalada la répression avec des tirs de balles de bois et de caoutchouc, faites pour blesser mais ne pas tuer (même s’il y a danger pour la vie à courte portée…). Quelques autres personnes furent touchés par les tirs de la police, laissant certains dans un état critique.

Le fait que la police ait refusé de divulguer le nom du policier qui a abattu le jeune Brown a ajouté à la colère de la communauté. Le rapport d’autopsie initiale n’a pas non plus été annoncé, alors que ces deux informations seraient directement accessibles si l’assassin n’avait pas été un policier.

Qu’est-ce qui ne va pas ici ? Tellement de choses que c’est difficile de savoir par où commencer.

En premier lieu, sauf en légitime défense ou si un membre ou des membres du public sont directement menacés de mort imminente, il n’y a aucune justification pour un policier de sortir son arme de service et pire, de tirer sur une personne qui aurait commis un délit mineur.

Il n’y a aucune justification non plus pour un policier de continuer de tirer sur quelque de toute évidence désarmé et qui ne met absolument personne en danger, comme cela paraît être le cas lorsque ce policier a continué de tirer sur Brown qui s’agenouillait.

Secundo, lorsqu’une si terrible chose se produit, il est totalement inacceptable pour la force de police incriminée de cacher l’information concernant l’identité du policier meurtrier. Les policiers ne sont pas des agents de la CIA. Ce sont des employés du secteur public responsables devant la communauté pour laquelle ils travaillent. Quand ils s’engagent à devenir des “gardiens de la paix” (NdT: “peace officers” dans le texte original), ils signent un engagement d’être des membres responsagles de la communauté qu’ils policent. Dans une société démocratique, ils ne peuvent pas être autorisés à se cacher derrière leurs badges. La connaissance publique de qui police la communauté est un critère de dissuasion à la tendance dangereuse de la police de se voir dans un rôle d’opposition en respect de la communauté dont elle a la charge de la sécurité et de devenir une sorte d’armée d’occupation (NdT: surtout avec les moyens techniques qui leur sont maintenant donnés. Il est évident que les polices d’occident entrent de plus en plus en guerre contre leur population…).

Le chef de la police de Ferguson, Thomas Jackson, a dit qu’il ne divulgait pas le nom du policier incriminé dans le meurtre de Mike Brown (qui a été placé en congé admnistratif rémunéré de ses fonctions de patrouille), de peur que lui et sa famille ne soient mis en danger, mais ceci n’est en aucun cas une justification acceptable. La police, comme je l’ai déjà mentionné, est employée publique et tous ses membres savent les risques encourus à prendre cette charge. Leurs conjoints connaissent également les risques. Si la police est si concernée au sujet de la sécurité, elle peut fournir une protection pour le policier et sa famille, mais dans un incident comme celui-ci, la communauté et la famille de la victime ont aussi des droits, incluant celui de connaître le nom du policier responsable ainsi que de savoir son historique en tant que fonctionnaire de la communauté ; par exemple, le policier incriminé a t’il un historique d’arrestations abusives, de violences, de voies de fait et autres ouvertures du feu questionables ?

Quant à la non publication du rapport d’autopsie initial, la police dit qu’elle attend les résultats des tests de toxicologie faits sur la dépouille. Ceci est un classique des flingages policiers, fondé sur la théorie qui veut que si la police peut trouver des traces d’alcoolémie ou de drogues chez la victime, cela diminuera quelque peu l’indignation de l’opinion publique sur le meurtre. Mais dans ce cas précis, que Brown ait été ou pas en état d’ébriété n’aura aucune incidence sur la justicifaction de son assassinat. D’après des témoins oculaires, Brown était à genoux, les mains en l’air, lorsque le policier qui lui avait déjà tiré dessus au moins une fois, marcha vers lui et tira plusieurs fois de nouveau dans sa direction, le tuant dans la rue. Les tests de toxicologie n’ont aucune importance. Ce qui est important est de savoir combien de coup de feu ont été tirés, où Brown fut-il touché et quelles furent les trajectoires des munitions. Le public a le droit de savoir tout cela au plus tôt. (NdT: question tout aussi pertinente: Quel est l’état toxicologique du flic ? A quoi carbure ces mecs ? Gros rouge, amphétamines, PCP ?…)

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et le déclenchement de la soi-disante “guerre contre le terrorisme”, la police à travers le pays a été délibérément mythifiée en “héros” et les policiers ont été effectivement transformés de “gardiens de la paix” en “troupes de combat” dans une “guerre” amorphique et très largement imaginaire. Dans cette “guerre”, l’ennemi, initialement des groupes de “terroristes étrangers” largement invisibles ou complètememnt inexistants, s’est peu à peu métamorphosé pour devenir un groupe plus important “d’autres personnes”, particulièrement des immigrants bronzés et aussi les africains-américains. Pas à pas, des blancs ont aussi été ajoutés à cette catégorie “d’ennemis” alors que les forces de police se sont exponentiellement militarisées. A titre d’exemple, l’auteur de ces lignes a été menacé d’arrestation l’an dernier par un policier arrogant d’une banlieue de Pennsylvanie lorsque j’ai questionné de manière pertinente et correcte, la fausse assertion du policier qui disait qu’il était illégal de faire de l’auto-stop dans l’état. Si j’avais continué ou insisté sur le fait que j’avais le droit légal de me tenir sur le bas-côté d’une route secondaire avec mon pouce levé, j’aurai été interpelé violemment, menotté, et emmené en prison pour quelque chose qui, même si j’avais été trop près du traffic, n’aurait pas été un délit ni même une contravention, comme le serait par exemple un mauvais stationnement de véhicule.

Dans bon nombre de communautés de couleur aujourd’hui, la police patrouille les rues de manière routinière complètement équipée avec gilets pare-balles, casques en kevlar, uniformes militaires, armes semi-automatiques. Ils font cela non pas parce qu’ils sont en danger, statistiquement les incidences de policiers blessés ou tués par balles ont chuté à un niveau qu’on n’avait pas vu depuis le XIXème siècle… mais simplement pour être plus intimidant.

Vers le milieu des années 1960, lorsque les forces de police de la plupart des villes étaient presque “blanche comme neige”, les zones noires des villes principales éruptèrent en émeutes à travers le pays à cause de mêmes incidents que celui qui vient juste de se produire à Ferguson. De ces émeutes une forme de résistance est née, incluant la fondation du mouvement des Black Panthers. Cette forme de résistance communautaire, bien qu’elle fit violemment combattue par la police et le FBI, a mené aussi à des réformes, comme le fait d’avoir plus de policiers issus des minorités, l’établisseemnt de comités de surveillance de la police et l’élection de maires et de conseillers municipaux issus des minorités raciales.

Le 11 septembre a défait tout cela.

Dans la plupart des communautés des Etats-Unis, nous avons maintenant une police qui est décrite, ce manière appropriéee il est vrai, comme applicatrice de la loi. Le terme de “gardienne de la paix” semble bien anachronique aujourd’hui.

Nous avons urgemment besoin d’une nouvelle ère de réformes qui remette la police dans son rôle au “service du public” et ces deux mots doivent être mis sur un pied d’égalité. En tant que fonctionnaires publics, les policiers ne doivent pas être autorisés à se cacher derrière leurs badges. Leurs actions doivent être transparentes et ouvertes à l’inspection publique et ils doivent être clairement avertis par leurs superviseurs et leurs élus en charge qui sont leurs patrons, qu’ils sont des “serviteurs” du public et des citoyens dans les communautés dans lesquelles ils travaillent.

Un tel changement ne se produira pas facilement. La police na va pas rendre volontairement ses nouveaux pouvoirs coercitifs renforcés. Ces pouvoirs devront lui être arrachés et pour ce faire, il faudra une sorte de résistance des communautés comme on a vu dans les années 1960.

Je n’appelle pas à la formation de milices et de batailles de rues. J’appelle à une résistance militante pacifique des communautés au militarisme existant de la police.

Cela me rappelle un incident qui s’est produit dans les années 1970 lorsque je vivais à Los Angeles. Je venais juste de sortir d’un cinéma où j’avais vu l’excellent film dystopique de Ralph Bakshi “Wizards”. Alors que je marchais vers ma voiture dans le parking près de la communauté de col bleu interraciale de Silver Lake, je vis des hélicoptères de la police et des douzaines de voitures converger vers un voisinage résidentiel de l’autre côté de la rue principale. Curieux, je me mis à courir pour voir ce qui se passait.

J’arrivais sur place, où noyée de lumière par les hélicoptères tournoyant, une voiture avait été arrêtée par plusieurs véhicules du LAPD. La voiture avait apparemment été volée par trois adolescents latinos qui s’amusaient à la conduire. Alors que je regardais la scène, les trois occupants furent éjectés du véhicules par des policiers manu militari, certains des policiers avaient leurs armes à la main. Le nombre de policiers augmentaient chaque minute qui passait alors que plus de véhicules de patrouille arrivaient sur place.

Cela commençait à devenir moche et je m’inquiètais au sujet des garçons, qui n’étaient pas des costauds, D’un seul coup, une foule commença à apparaître et à grossir alors que le voisinage commençait à affluer dans la rue, la plupart des gens étaient latinos. Ils venaientt de leurs maisons, dans les jardins de devanture pour voir ce qu’il se passait. Ces gens, hommes et femmes confondus, commencèrent à crier vers les policiers:

“Ne faites pas de mal à ces gosses !”

“Nous vous observons et nous voyons qu’ils ne sont pas blessés ! Faites en sorte que cela reste comme cela !”

“Nous vous observons ! S’ils sont blessés, on va vous dénoncer !”

La scène et sa tension visiblement se calmèrent. Les flics arrêtèrent de crier. Les gamins menottés, furent emmenés vers des voitures pour être emmenés en ville et y être placés en détention, mais il n’y eut aucune violence. Aucun de ces gamins ne fut frappé. Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite au Parker Center plus tard au centre ville, mais ce qui commençait à devenir une situation potentiellement moche a été désamorcée par la présence des membres de la communauté qui se tinrent solidaires face à la police.

C’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui: une résistance des communautés aux abus policiers (qui s’acroissent) et une démilitarisation de la police.

Dans bien trop de communautés aujourd’hui en Amérique, comme c’est le cas à Ferguson, Missouri, les “terroristes” parmi nous sont les policiers eux-mêmes.

Nous devons mettre fin à cette situation.

= = =

Article connexe sur le sujet:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/08/16/pentagone-prepare-guerre-les-villes-americaines/

 

L’empire chancelle… La guéguerre des sanctions est en train de mettre l’UE KO debout…

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La Russie met KO l’Union Européenne

 

Piotr Iskenderov

 

14 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.strategic-culture.org/news/2014/08/14/russia-knocks-out-eu.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La commission européenne a formé un groupe chargé d’évaluer les pertes infligées par l’embargo russe sur les produits agricoles. Les dégâts pourraient déjà se chiffrer vers les 12 milliards d’Euros. L’UE n’a que 400 millions de disponibles en fond de compensation. Les experts de la Food and Agriculture Organization de l’ONU (FAO) pensent que l’UE, les USA, le Canada et la Norvège vont devoir trouver rapidement de nouveaux marchés pour leurs produits qu’ils exportaient en Russie jusque maintenant. Concepcion Calpe, une senior économiste de cette organisation estime que les pays sous les sanctions vont devoir trouver de nouveaux marchés en Chine, en Amérique Latine et dans les Caraïbes. Le stockage et la fraîcheur des produits va devenir un problème réel. Bruxelles a suivi servilement la politique américaine sur l’Ukraine et a reçu un choc en retour signifiant contre son secteur agricole comme résultat de cette servilité.

La Pologne et les états baltes, les pays qui ont fait de leur mieux pour mener la campagne anti-Russie des Etats-Unis, sont les plus durement touchés. Varsovie va perdre 800 millions d’Euros par an ou 0,5% de son PIB. L’Estonie a sacrifié 0,3% de son PIB pour soutenir les plans géopolitiques de Washington. Les fermiers lithuaniens ont perdu 927 millions d’Euros et 55 millions pour la Latvie. Laymdota Strauyuma, premier ministre de Lithuanie dénonce l’étendue des dégâts. Certaines branches du secteur agricole vont souffrir grandement surtout la production laitière et de produits laitiers.

La Finlande s’est tirée elle-même une balle dans le pied et le pays plonge dans la crise. Le premier ministre finlandais Alexander Straub pense que la guerre des sanctions va mener à Un “effondrement économique 2.0” La Pologne, la Lithuanie, la Finlande, la République Tchèque et la France ont approché l’UE pour demander des compensations pour leurs pertes, mais l’UE n’en a pas les moyens. EuroMonitor Intl Ltd est une entreprise privée de renseignement de marketing basée à Londres, fournissant des études de marché, des rapports d’affaires et de commerces et des données pour l’industrie. D’après sa recherche, l’Allemagne est le pays le plus affecté par l’embargo. Seule la taille conséquente de l’économie allemande la sauve d’être le plus grand perdant de l’affaire. D’après les calculs, le pays est supposé perdre 600 millions d’Euros par an ce qui aura pour répercussion des pertes d’emploi conséquentes dans les secteurs incriminés.

Lianne van den Bosof d’Euromonitor International explique que l’exportation allemande de viande et de produits dérivés est la plus vulnérable à ces sanctions russes. En 2012, ces exportations rapportèrent 900 milions d’Euros à l’économie allemande.

D’après ARD-Deutschlwill et Trendsurvey, 46% des Allemands s’opposeraient à la politique anti-russe et pro-Ukraine mise en place par Bruxelles et Berlin si les sanctions devaient endommager l’économie et détruire des emplois.

La perspective de trouver de nouveaux marchés n’est pas brillante. Si des pays d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud ouvraient leur porte aux importation de l’UE, les prix de leurs propres produits chuteraient immédiatement.

Bruxelles essaie de faire valoir sa politique de pression déjà éprouvée. L’UE a déjà commencé des pourparlers avec des états d’Amérique Latine pour les dissuader de remplacer avec leurs produits ceux dont l’Europe subit l’embargo. Les sanctions russes ont offert une grande opportunité à l’exportation brésilienne de viande vers la Russie. Environ 90 nouvelles usines de viande de ce pays ont reçu l’accord d’exportation de viande de bœuf, de poulet et de porc vers la Russie et le Chili espère fructifier de l’embargo sur le poisson. Le Financial Times (NdT: la voix de Wall Street et de la CIA) rapporte qu’un tel remue-ménage dans les sphères d’influence agricoles d’Amérique Latine a déclenché une certaine inquiétude à Bruxelles.. “Nous allons parler aux pays qui devraient potentiellement remplacer nos exportations pour leur indiquer qu’ils ne devraient pas profiter de la situation actuelle de manière injuste”, a déclaré un officiel de l’UE dans une réunion sur la situation en Ukraine. L’officiel a dit qu’il comprenait que des entreprises individuelles puissent signer des contrats avec la Russie mais qu’il serait “difficile de justifier la position de pays poursuivant une politique diplomatique pour remplir le vide laissé par l’UE, les USA, la Norvège et l’Australie”. (1). Les attentes à ce que l’Amérique Latine doive suivre la politique de l’UE ne peuvent pas être circonstanciées. Le marché mondial alimentaire est le plus gros marché et le plus dynamique, il a évolué de par ses propres règles et l’UE pourrait bien se retrouver sans rien.

Alors qu’ils dansent servilement sur la musique de Washington, les leaders de Bruxelles tournent le dos et ne veulent pas voir le fait que les intérêts européens ne coïncident pas avec les intérêts fixés et poursuivis par les Etats-Unis, Il est impossible d’aligner la solidarité européenne avec des besoins économiques.

D’après Ric Spooner, chef d’analyse de marché avec la firme CMC Market en Australie, l’embargo russe sur les produits agricoles de l’UE, de la Norvège, des Etats-Unis et de l’Australie, va mettre KO d’autres prix du marché tandis que les exporteurs vont partir à la recherche de nouveaux marchés. (2) C’est certes une situation difficile pour l’UE, mais celle-ci doit récolter ce qu’elle sème.

 

 

[1] http://www.ft.com/intl/cms/s/0/4730c97a-216a-11e4-a958-00144feabdc0.html#axzz3AGf8yos0

[2] AP 080417 GMT Aug 14

Solutions pour lutter contre le fléau mondial que représente le colonialisme à son apogée avec l’occident depuis le XVème siècle (2ème partie)

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Comment la résurgence indigène peut et doit inspirer l’émancipation occidentale de son joug colonialiste

 

Résistance 71

 

15 Août  2014

 

1ère partie

2ème partie

 

“Colonisation: la tête de pont dans une civilisation de la barbarie d’où, à n’importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation.”

“Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur. À l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale et au relativisme moral…”

~ Aimé Césaire (1955) ~

[...]

La reconstruction des systèmes de la connaissance Onkwehonwe et de l’éthique qui en émane est la première étape pour nous réorienter à redevenir Onkwehonwe dans la pratique de nos vies. Apprendre en soi est une lutte. La méthode d’apprentissage Onkwehonwe est véritablement une méthode de transformation, elle est empirique, observationnelle et pratique. Le processus de gagner la connaissance (ce que nous appelons “l’éducation”) est une action radicale, un acte de défi contre la réalité conventionnelle. L’éducation en ce sens définit un guerrier. L’éducation et la transformation au travers de l’acquisition de la connaissance, du pouvoir et de la vision est un processus dynamique d’apprentissage et d’enseignement, le tout combiné avec un désir profond de respecter la complétion du cercle de la transformation: d’observer, d’expérimenter, de pratiquer et ensuite de passer la connaissance en devenant les tuteurs, les mentors de la génération suivante.

[...]

La logique de la réconcilaition entre les peuples colons et indigènes en tant que justice est claire: sans une restitution territoriale massive, incluant terres, transferts financiers des dividendes d’exploitation et autres formes d’assistance en compensation du mal perpétré et des injustices continuelles commises contre nos peuples, la réconciliation incarnera toujours les injustices coloniales et elle sera en elle-même une injustice supplémentaire. La quasi-ignorance par les colons des faits réels concernant la relation de leurs peuples avec Onkwehonwe et leur déni volontaire de la réalité historique distrait de toute possibilité d’une discussion intelligente pour une véritable réconciliation….

Ainsi en considérant le long terme du problème et les faits bien réels, ce qui est appelé par la société coloniale le “problème indien” devient une question de lutte pour le vrai et le faux, pour la justice dans sa forme la plus basique. Quelque chose a été volé, des mensonges ont été dits et rien n’a jamais été corrigé. Voici ce qui est à mon sens le cœur véritable du problème…

Nous devons penser à la restitution (des terres ancestrales) comme la première étape pour une justice réelle et une société morale hors de ce racisme immoral qui est le cœur même de la fondation de toutes ces nations coloniales. Ce qui a été volé doit être rendu, des reconnaissances et des excuses doivent être faites pour les crimes qui ont été commis, crimes qui ont donné aux colons, aux vieilles familles coloniales ainsi qu’aux immigrants plus récents, la facilité d’être des citoyens privilégiés de ces pays coloniaux.

Quand nous disons aux colons “Rendez”, demandons-nous à ce qu’ils abandonnent le pays et s’en aillent ? Bien sûr que non. L’irrédentisme n’a jamais été la vision de nos peuples. Quand nous disons “Rendez ce qui a été volé”, nous demandons aux colons de montrer du respect pour ce que nous partageons, la terre et ses ressources et de rendre les choses meilleures en nous offrant la dignité et la liberté qui nous sont dûes et de nous rendre notre pouvoir (politique et social) et suffisamment de terres pour que nous puissions être auto-suffisants.

La restitution est une purification.

Note du traducteur: Taiaiake Alfred analyse ensuite le contexte de la lutte pour la reconnaissance historique et la possibilité d’une véritable réconciliation entre colons et Onkwehonwe. Il énonce ici un concept qui rejoint tout à fait le notre et le pourquoi nous nous sentons tant en adéquation avec l’analyse et solutions apportées. Voici ce qu’il nous dit:

L’autre aspect du problème est méthodologique: La restitution et la réconcilation ne peuvent être parachevées que par la polémique et la réalisation d’un conflit constructif avec l’état et la société coloniale au travers de la résurgence indigène et la démonstration du pouvoir d’Onkwehonwe dans les sphères politique et sociale. Il est impossible à la fois de transformer la société coloniale de l’intérieur de ses institutions ou de parvenir à la justice et à la coexistence pacifique sans transformer fondamentalement les institutions de la société coloniale elle-même. Plus simplement, les entreprises impérialistes qui opèrent sous le déguisement d’états-nation démocratiques libéraux sont par fabrication et culturellement, incapables de relations justes et pacifiques avec Onkwehonwe. Un changement ne pourra se faire que lorsque les colons seront forcés de reconnaître qui ils sont, ce qu’ils ont fait et ce dont ils ont hérité ; alors seulement ils ne pourront plus fonctionner comme des coloniaux et commenceront à s’engager avec les autres gens sur un plan respectueux et humaniste.”

[...]

La résurgence Indigène

“Nous avons considéré au préalable la force de caractère et la clarté comme éléments essentiels pour la régénération de nous-même individuellement et collectivement en tant que peuples et pour la résurrection d’un véritable mouvement de justice autochtone qui soit efficace. Maintenant nous devons nous tourner vers un autre élément tout aussi essentiel: la motivation dans l’engagement. Qu’est-ce que cette qualité ? Force intérieure, persévérance, tenacité et volonté indomptable, sont des traits de caractère de gens et de groupes qui ont eu du succès à se transformer eux-mêmes, leur environnement et leurs adversaires. Ceci reflète une très forte motivation pour la lutte pour la vérité, qui est en fait la colonne vertébrale de tout mouvement pour un changement que ce soit à un niverau personnel ou sociétal. Onkwehonwe a déjà démontré une incroyable tenacité et un immense courage simplement en survivant aux vicieux assauts constants subis de la part des forces coloniales sur leur diginité et l’idée même de leur existence ces 500 dernières années…

Ainsi nous devons faire très attention, car en l’absence d’une décolonisation mentale et spirituelle, tout effort de théoriser ou de mettre en place un modèle relationnel “nouveau” entre Onkwehonwe et les colons, est contre-productif aux buts de justice et de succès à long terme pour cette relation de coexistence pacifique entre nos peuples. Il est devenu tout aussi évident dans les processus (supposés) de décolonisation qui se sont produits dans les pays coloniaux, qui ne sont en fait que des fantasmes de l’imagination pour la libération obscursissant les dures réalités d’un colonialisme persistant, que des changements structurels négociés dans un context culturel de colonisation ne fera que retrancher les fondations politiques et sociales de l’injustice, ceci menant à des réformes qui ne sont que de prétendues modifications de structures pré-existantes de domination.

[...]

Note du traducteur: Suit ici un entretetien entre Alfred et Joan et Stewart Philip de la nation Okanagan, leaders de l’union des chefs indiens de Colombie Britannique (UBCIC), au sujet de la “souveraineté” et de la mentalité du “guerrier” autochtone.

A la question “Qu’est-ce que pour vous être un guerrier ?” Joan Philip répond: “Il y a quatre confiances majeures du guerrier: protéger la terre, protéger le peuple, protéger la spiritualité et protéger la culture, ce qui inclut la langue. Pour nous, être un guerrier, un leader, signifie être capable de protéger ces traits sacrés. C’est ce qui fut passé par les anciens au fil des âges.

Une autre question est posée: “Pensez-vous que la solution à nos problèmes indigènes passe par une lutte mondiale pour la justice économique ?” Joan Philip répond: “Absolument, c’est pourquoi nous, peuples indigènes (d’Amérique du Nord), devons développer des relations avec les peuples du tiers monde. Quand j’ai été au Chiapas (Mexique), je me suis rendu compte que la loi mexicaine sur l’interdiction faite aux Indiens de posséder la propriété communale de la terre, était la même que celle qu’ils essaient de faire passer ici même… et ce afin de pouvoir ouvrir la terre à la vente, la revente et sa distribution à des entités privées.

Stewart Philip: “Nous avons besoin d’une véritable révolution de la base dans ce pays (le Canada), nous avons besoin d’un activisme de défense efficace.

[...]

Toute action politique et économique est un instrument au bout du compte, de la liberté et du bonheur qu’on trouve dans la liberté. Les sources de la liberté sont les attitudes et les actions. Je veux dire ici, des actions d’un certain type, des actions qui restaurent l’altruisme et l’unité de l’être, qui sont au cœur même de la vie culturelle indigène, qui rejettent les définitions matérialistes et individualistes de la liberté et du bonheur et qui créent une communauté en intégrant les vies individuelles dans les identités et expériences partagées des existences collectives.

[...]

Le lien entre la spiritualité et l’action politique pleine et efficace n’a été qu’ignoré dans la politique indigène contemporaine. Le jeu politique est essentiellement une compétition matérielle pour le pouvoir définis en termes d’argent et d’influence au sein du système colonial.

[...]

Note du traducteur: Alfred pose ensuite quatre questions qui se doivent d’être posées afin de provoquer un réel désir de changement chez les gens. Il s’adresse aux autochtones, mais il est important de noter ici à quel point ceci pourrait également s’appliquer aux peuples colonisateurs, simplement parce que pour la très vaste majorité des gens, la contamination idéologique coloniale est de mise et nous sommes également sous une influence néfaste pour ne pas dire toxique. Voici ces quatre questions:

  • Comment convaincre les gens du besoin de la lutte comme voie de sortie de l’aliénation, de la douleur et de l’inconfort qui définissent tant de vies ?
  • Comment faire pour que les gens agissent en fonction de leur connaissance et croyances ?
  • Comment penser efficacement les mouvements qui ont déjà commencé de façon à avoir de bonnes idées et des objectifs clairs, concis et parfaitement réalisables ?
  • Comment faisons-nous pour faire travailler ces gens ensemble et avec tous les autres de nos nations ?

NdT: Alfred tente ensuite d’y répondre… Ceci pourrait également s’appliquer aux peuples occidentaux endoctrinés. De fait, nous devons essentiellement nous poser les mêmes questions et emprunter les mêmes voies de solutionnement, c’est pour cela que nous disons haut et fort que notre intérêt commun pour sortir de l’impérialisme et du colonialisme qui empoisonnent bien plus de 95% des peuples de notre planète depuis le XVème siècle, se trouvent avec celui des peuples autochtones des Amériques et d’ailleurs et que notre alliance de raison historiquement programmée, amènera non seulement la chute de tous les “mauvais gouvernements” pyramidaux totalitaires, mais sera le terreau d’une ère politique et sociale nouvelle sur la Terre-Mère où règneront solidarité, égalité, justice sociale et le partage d’un bonheur émancipatoire et rédempteur.

“Ce qui est le plus crucial et immédiat est de focaliser sur la redéfinition de l’identité et la réorientation des vues sur le monde, sur le comment nous pouvons procéder au changement de nos identités personnelles et collectives, de générer de nouvelles idées sur nous-mêmes (sur ce que nous faisons et en quoi nous devrions croire) et la protection de nos nouvelles identités contre les inévitables chocs en retour et contre-attaques qui viendront immanquablement de l’État (la question du quand et comment combattre)…

[...]

Nous ne pouvons pas espérer établir quelque changement que ce soit au travers des actes de révolte violents dirigés contre l’État. Un concept de révolution fondé sur l’action contre l’état n’a eu pour résultat que le remplacement d’un ordre répressif et oppresseur ou d’une othodoxie par des autres de même nature. Nous avons besoin d’un agenda proactif et non pas réactif pour un changement effectif. Le politologue français Gérard Chaliand, qui vécut et écrivit magnifiquement au sujet des mouvements révolutionnaires post-seconde guerre mondiale dans le monde et a superbement résumé le véritable but révolutionnaire comme étant de: “défier les mythologies de l’état-nation, du culte du travail, de la soumission à l’autorité, de l’imposture des groupes ou partis qui clâment posséder la vérité, bref, passer au tamis très attentivement toutes les croyances établies à la recherche du mensonge se tenant à la racine de beaucoup des servitudes consenties.

Le véritable esprit de la révolte n’est pas la motivation d’écraser ou de renverser des structures coloniales et d’amener des structures de remplacement, mais est une invocation de l’esprit de liberté, une poussée pour se détacher physiquement et mentalement de l’état réactif d’être asservi par le danger et la peur et de commencer à agir sur la vision et l’intelligence de générer une nouvelle identité et ensemble, de relations qui transcandent les assertions culturelles et les impératifs politiques de l’empire et de la sorte d’être LIBRE.

La réponse à la question de savoir comment motiver les gens à opérer le changement dans leurs propres vies et dans nos existences collectives est celle-ci:
Les gens seront motivés à faire des changements quand ils commenceront à réaliser qu’ils ne deviendront libres et émancipés des sources de leurs maux et de leur mécontentement qu’au travers de la lutte anti-colonialiste. La clef de l’affaire est de repositionner la révolution comme un défi constant à la condescendance crasse impérialiste et ses abus spécifiques et ce afin de forcer l’impérialisme à cesser de contrôler la vie des gens, prouvant ainsi que l’empire peut être effectivement vaincu en tant que système à part entière. Nous devons retirer impérialisme et colonialisme de l’espace où nous habitons et transformer ces espaces en quelque chose d’autre que ce pour quoi ils ont été conçus au sein de l’empire. Essentiellement, la rébellion en ces termes recrée la liberté et vise à mettre fin à l’humiliation d’identités vivantes qui ne furent créées que pour servir les autres.

Il est impossible de renverser les schémas militaires et politiques du pouvoir établi existant dans la société actuelle sans une transformation spirtituelle qui brisera le cycle de cette violence qui résulte inévitablement des défis violents contre le pouvoir d’état. Si le but est d’annihiler le pouvoir de l’oppresseur dans son entièreté, quelque défi que ce soit sera voué à l’échec ; si nous cherchons au contraire à initier une autre forme de défi, comme régénérer nos existences propres devant la fausse assertion d’autorité, de légitimité et de souveraineté de l’oppresseur, nous ne pourrons pas échouer et nous forcerons alors l’état à se transformer lui-même.

[...]

Le mouvement révolutionnaire et d’opposition au pouvoir d’état ainsi que l’action pour la défense de la vérité, sont au cœur même de la lutte anti-impérialiste et anti-coloniale.

Ainsi la lutte est le signal d’un peuple, d’une nation opprimée que son cœur bat toujours dans une situation coloniale. L’action, est le signe de vie des peuples dont l’existence est officiellement niée. Le manque de résurgence indigène en opposition à l’état est un indicateur de la soumission à la supposition coloniale de notre défaite. Dans une situation coloniale conçue et régulée par des forces d’oblitération et de consommation, nous devons nous battre pour ce qui nous est précieux ou ce sera volé et utilisé au bénéfice et au plaisir de quelqu’un d’autre. Luttons, ne parlons plus. Parler avec les forces du pouvoir est inutile si cela est divorcé de sources de force politique, économique et spirituelle organisées et coordonnées pour affecter directement le pouvoir colonial. La culture est une arme puissante quand elle rentre dans un cadre de lutte et est organisée comme une force au sein d’une politique de résistance et de défiance.

[...]

De l’investigation philosophique à la considération pratique d’une formule tactique, la ligne est claire: L’autorité coule de la légitimité fondée sur le respect exprimé dans la déférence. Pour déstabiliser l’autorité, la contre-formule est de délégitimiser le système par le disrespect, le mépris et la moquerie. La pierre angulaire de la survie d’un régime est la légitimité et la déférence qu’elles promeuvent parmi ces gens qui sont sujets aux ordres du régime. Délégitimiser le régime est l’action politique la plus fondamentalement radicale qui puisse être effectuée. =[]=

Note des Traducteurs: Notons au passage que tout ce qui est dit dans la dernière partie ci-dessus peut directement s’appliquer à nous, les peuples colonisés de l’intérieur, car pour que l’oligarchie puisse avoir le succès qu’elle a eu ces derniers siècles pour opprimer le monde, il a fallu qu’elle obtienne la validation de son modèle de domination en dominant elle-même ses propres populations, c’est à dire nous en première instance. Elle y est parvenue en imposant uene hégémonie culturelle coloniale et colonialiste chez les sujets en amont comme en aval de la doctrine et de ses croyances sociologiques profondément racistes et anti-sociales. Le cadre de réflexion-action proposé ici par le professeur Taiaiake Alfred peut-être adapté et utilisé par nous, les peuples occidentaux phagocytés par l’idéologie dominante suprémaciste, qui ne peut pas asservir les autres sans asservir d’abord ses sujets.

C’est en cela que nous sommes tous des colonisés et que le combat des peuples indigènes des Amériques, d’Australie, des Etats-Unis, de Nouvelle-Zélande et de Palestine est le notre, bien plus qu’on ne le croît. Si les détails varient, le cadre arrogant, méprisant et oppresseur est le même.

Nous ne le répèterons jamais assez: L’avenir de l’humanité passe par l’alliance de raison des peuples colonisés et colonisateurs émancipés, se tenant côte à côte, libres et passionnés pour vivre ensemble au sein d’un nouveau paradigme politico-social.

 

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Bibliographie:

- “Wasáse, Indigenous pathways of action and freddom”. Alfred. T, 2005, 2009, second edition

- “Heeding the voices of our ancestors”, Alfred T., 1998

- “Peace, Power, Righteousness, an Indigenous Manifesto”, Alfred T., 2009, second edition (extraits en français: http://resistance71.wordpress.com/2013/05/29/resistance-politique-venir-a-terme-avec-notre-culture-colonialiste-ou-la-transcendance-liberatrice-1ere-partie/

 

Traduction du professeur Taiaiake Alfred en français sur Résistance 71:

http://resistance71.wordpress.com/taiaiake-alfred-en-francais/

Média et propagande: La "gonflette" pandémique Ébola comme parfait évènement fausse-bannière ?…

Posted in actualité, désinformation, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, presse et média, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 14 août 2014 by Résistance 71

Excellente analyse de Kevin Barrett à laquelle nous adhérons. Nous l’avions dit en Juillet: Cette affaire d’ébola est loin d’être claire…

– Résistance 71 –

 

La menace Ébola: réelle ou fausse-bannière ?

 

Kevin Barrett

 

13 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2014/08/13/ebola/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les médias de masse sont en train de gonfler la “plus grosse” contagion d’Ébola jamais enregistrée.

On nous dit que la terrible maladie qui produit des symptomes tout droit sortis d’un film d’horreur, se propage aux Etats-Unis. Des Américains annulent leurs vacances et refusent de prendre l’avion, croyant qu’ils pourraient y attraper l’Ébola.

Les gens sont terrorisés (à dessein) par d’horribles images, par la peur de finir rapidement dans d’horribles souffrances et par la peur de prendre l’avion. Les peurs sont menées hors de proportion avec la réalité de la menace. Où avons-nous déjà vu cela ?

Le 11 septembre 2001, le public américain fut soumis à un contrôle de l’esprit par le traumatisme, une forme extensive de technique de lavvage de cerveau appelée coercition, décrite dans un livre du même ttre de Douglas Rushkoff. Le contrôle de l’esprit par le traumatisme utilise des peurs extrêmes ou l’horreur pour façonner le subconscient des victimes. C’est une technique très efficace pour faire soumettre les gens à l’autorité sans qu’ils réalisent qu’ils le fassent ni même pourquoi.

A l’automne 2001, nous fûmes conditionnés pour croire que des musulmans radicaux, utilisant des avions détournés, de l’anthrax et on ne sait quoi d’autre, avaient la volonté de tuer un grand nombre d’Américains. Ceci eut pour résultat que les Etats-Unis prirent le sentier de la guerre contre les Musulmans, les nations musulmanes, les persécutant dans le monde entier, déchirant en mille morceaux la constitution, gaspillant des milliers de milliards de dollars, risquant la banqueroute tant morale que financière.

Depuis lors, la preuve que la peur du 11 septembre/anthrax était une escroquerie a été faite et a laissé beaucoup d’Américians plus tristes mais plus éveillés. Aujourd’hui, dès que le gouvernement et les médias commencent à faire peur aux gens avec une menace gonflée, les observateurs avertis se demandent directement: Est-ce une menace réelle ? Ou est-ce juste encore un faux-drapeau ?

Dans un entretien exclusif avec le programme radio Truth Jihad (Djihad pour la vérité), le Dr. Garth Nicolson, un expert de renommée sur les maladies émergentes et la guerre biologique, a suggéré que la menace d’Ébola a été exagérée à cause de la nature très spectaculaire de ses symptomes. En fait, le Dr Nicolson a aussi suggéré que c’est précisément à cause de ces symptomes spectaculaires, qui se voient très rapidement, que la maladie est en fait plus facile à contenir.

Si vous avez une maladie grave, à haute mortalité comme Ébola, cela va gagner beaucoup d’attention. Mais vous pouvez isoler ces patients immédiatement et cela va contenir l’ensemble du processus.

Une maladie spectaculaire, capable de gagner l’attention, mais qui n’est pas capable de tuer un grand nombre de gens, est idéale pour une manipulation psychologique fausse-bannière de l’opinion publique. Un des facteurs dominant d’une psyop fausse-bannière, est la disproportion entre l’impact massif sur l’opinion publique de l’évènement et la faible réalité de la menace supposée (NdT: Jusqu’ici, Ébola dans sa forme “classique” de contamination n’a fait que quelques 1000 morts dans 3 ou 4 pays différents en 6 mois de temps, alors que la grippe commune fait de l’ordre de 300 000 morts par an dans le monde… Aucune commune mesure, par contre si le virus était manipulé pour être transmissible par voie aérienne… Là… Nous pouvons être à peu près certains que l’armée yankee y travaille ou a déjà mis au point ce type de virus génétiquement manipulé afin de potentiellement pouvoir produire un scenario “12 Singes”…)

Ce schéma existe depuis des siècles.

Dans l’Angleterre du XVIIème siècle, le clan de va t’en guerre de Robert Cecil voulait lancé un assaut sur les empires espagnol et portugais, mais il fut contraint par la politique pacifique du roi James et de quelques uns de ses conseillers et aussi par la récalcitrance de l’opinion publique pacifiste. Comme l’Espagne et le Portugal étaient des pays catholiques, Cecil avait besoin de convaincre ses concitoyens qu’ils devaient tous faire face à une “menace catholique” ; il trouva donc un agitateur catholique radical du nom de Guy Fawkes, le mit lui et quelques barrils de poudre à canon mouillée dans un tunnel sous le parlement anglais et le fit arrieter en accord avec un plan préétabli.

Le complot de Cecil marcha à la perfection. De toutes les chaires anglicanes du pays, les prêcheurs dénoncèrent les diaboliques catholiques extrémistes qui avaient presque réussi à faire sauter le parlement britannique L’opinion publique anglaise entra dans une transe anti-catholique similaire à celle que nous avons vécu contre les musulmans après le 11 septembre 2001 et Cecil obtint sa guerre.

En fait, les catholiques britanniques ne posèrent que peu ou pas de menace à quiconque. Mais à cause de l’énorme impact de relation publique du plan de Cecil avec ses barils de poudre sous le parlement, le public fut convaincu qu’une vague de chaos catholique arrivait sur ses côtes.

Le gouvernement américain tout comme le gouvernement britannique a convaincu de manière répétée ses citoyens d’une menace imminente exagérée ou simplement non-existante. En 1847, Washington fabriqua de toute pièce une “invasion mexicaine”. En fait le Mexique était bien plus faible que les USA et ne posait en rien une menace à la nation, mais des manchettes de journaux belliqueuses martelèrent les Américains pour faire la guerre au Mexique et de la sorte, Washington vola presque la moitié du territoire mexicain. En 1898, une fausse “menace espagnole” fut fabriquée par l’envoi par le fond fausse-bannière du navire USS Maine qui mouillait dans le port de la Havanne à Cuba. En réalité, l’Espagne ne posait aucune menace aux Etats-Unis, étant le plus faible des deux camps, elle ne pensait qu’à éviter la guerre, mais une fois de plus les citoyens américains furent lobotomisés pour croire à une menace non-existante renforcée par une attaque fausse-bannière. Les Etats-Unis s’emparèrent une nouvelle fois de larges territoires pour leurs banquiers et leurs capitalistes.

Avant la première guerre mondiale, une menace allemande non-existante pour les Etats-Unis fut fabriquée de toute pièce au moyen de deux manips de relation publique (propagande): La forgerie du télégramme Zimmerman qui a convaincu l’Amérique que les Allemands conspiraient avec le Mexique pour envahir les Etats-Unis et l’envoi par le fond orchestré du navire Lusithania, qui était bourré de passagers… et d’armes et de munitions à destination de l’Europe. Les Américains se levèrent en masse par peur hystérique des Allemands et s’en allèrent guerroyer en Europe pour leurs banquiers sionistes et les britanniques.

Washington et Londres ont aussi dragué les Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale au travers d’une menace fabriquée. Ils utilisèrent le plan en huit points, incluant de couper le Japon de ses vivres afin de forcer le Japon à attaquer les USA à Pearl Harbor. Le filmage de l’attaque, choqua les citoyens et les convainquit que les Etats-Unis faisaient face à une véritable menace avec la Japon et ses alliés Allemands. En fait, si les Etats-Unis étaient restés neutres (comme la population le voulait au départ), une telle menace ne se serait jamais matérialisée.

Dans les années 1960, une autre menace non-existante émergea cette fois-ci du Vietnam. Elle fut fabriquée pour amener les US dans une guerre totale avec le pays. Une fausse attaque sur un navire américian dans le Golfe du Tonkin, appelé “l’incident du Golfe du Tonkin”, fut arrangé.

Ce ne sont là que quelques exemples montrant qu’une hystérie gonflée par les médias est toujours au service d’un agenda caché.

Qu’est-ce qui se cache derrière la peur d’Ébola ?

La scientifique Ann Sullivan argumente qu’une contagion orchestrée par virus Ébola en Amérique pourrait être utilisée pour créer “une urgence pandémique de niveau 6, qui demanderait une vaccination obligatoire, vaccins qui contiendraient leur virus patenté de guerre biologique ébola”. Cette vision d’un scenario du pire cauchemardesque prend en considération la vision de la faction la plus eugéniste de l’élite mondialiste utilisant une fausse menace à l’Ébola pour en créer une bien réelle (NdT: en disant que le “virus a muté rapidement et que les services de santé sont pris de cours”…)

Avec ou sans menace réelle, le gouvernement américain pourrait utiliser le spectre d’une urgence pandémique pour boucler les Américains et retirer les derniers vestiges de leurs droits constitutionnels. Le président Obama vient de signer un amendement au décret 13295 de George W. Bush, qui autorise “l’appréhension, la détention ou la relâche conditionnelle d’individus pour prévenir l’introduction, la transmission ou la dissémination de maladies contagieuses suspectées.” L’amendement d’Obama élargit l’ordre de permission de mise en détention d’un nombre illimité d’Américains sur la simple suspicion qu’ils peuvent être porteurs d’une maladie dangereuse et contagieuse (Ndt: Entrent alors en lice les fameux camps de la FEMA…)

Pourquoi le gouvernement américain voudrait-il manufacturer une menace à la contagion, réelle ou inventée, comme excuse à la loi martiale et à la détention de masse ? Il pourrait le faire en mesure préventive à des troubles sociaux de masse lorsque le dollar va s’effondrer et que l’économie américaine va imploser. En ce moment, les nations des BRICS, emmenées par la Russie et la Chine, sont en train de retirer le bouchon de l’évier sur le dollar, qui commence à tournoyer grandement dans sa préparation à disparaître dans le tout-à-l’égoût. Lorsque le dollar fera son dernier plongeon, les Américains feront face aux pleines conséquences du gaspillage imbécile par leurs gouvernements successifs, de milliers de milliards de dollars depuis le début de la “guerre” après les attentats du 11 septembre 2001. Le résultat plus que probable: Une seconde révolution américaine.

Si le gouvernement américain peut terroriser les Américains avec Ébola, militariser la société et mettre sous les verrous des centaines de milliers, des millions de personnes dans des camps de concentration, alors il pourra peut-être enrayer la révolution avant qu’elle ne commence. C’est ce qui pourrait être leur plan pour le moins.

Mais le virus Ébola dans sa forme naturelle, classique, ne pourra pas créer de situation de pandémie aux Etats-unis, car il n’est pas facilement transmissible, il n’a pas de longue période d’incubation et il ne peut pas survivre en dehors du corps sauf sous un climat très chaud et humide. Alors soyez prévenus: Si les merdias pressetitués rapportent une pandémie Ébola aux Etats-Unis, il ne pourra y avoir que deux possibilités:

  • Soit ils mentent
  • Soit ils auront créé une version militaire synthétique du virus et si cela se produit… Nous avons tout intérêt à commencer la révolution… avant qu’ils ne nous bouclent…

… Ou nous tuent.

Média et propagande: Le pays du goulag levant (ex-USA) dissémine la peur factice de la "menace russe" en préparation de sa population à la guerre… (Paul Craig Roberts)

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Washington étouffe la vérité par des mensonges

 

Paul Craig Roberts

 

13 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/08/13/washington-chokes-truth-lies-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les propagandistes occidentaux ne font-ils que se tromper eux-mêmes ?

La toute dernière absurdité en date en provenance de l’Ukraine, de l’Union Européenne et de Washington est que l’aide humanitaire que la Russie fait envoyer par camions avec l’aide de la Croix Rouge Internationale dans les anciens territoires russes, serait un subterfuge, une manigance, un prétexte pour les forces d’invasion russes. Un tel mensonge éhonté nous dit que les propagandistes occidentaux n’ont absolument aucun respect pour l’intelligence des peuples de l’occident.

Même un parfait inmbécile devrait comprendre que si la Russie veut envoyer des forces militaires en Ukraine, elle n’a besoin d’aucun prétexte, encore moins d’une aventure d’aide humanitaire avec la Croix Rouge. L’Ukraine orientale, suivant l’exemple de la Crimée, a déjà à la fois voté pour son indépendance de l’Ukraine de Kiev et aussi pour son rattachement à la Russie. Si la Russie avait besoin d’une excuse, les décisions politiques prises par les citoyens de cette région il y a des mois suffiraient. Mais la Russie n’a besoin d’aucune excuse pour se porter au secours de Russes et d’empêcher qu’ils ne soient massacrés par les valets de Washington à l’instar des Palestiniens à Gaza.

Par son inaction, le gouvernement russe donne aux états vassaux européens de Washington le temps de comprendre que Washington et non pas la Russie, est le problème et que Washington planifie pour que le coût de son conflit acec la Russie retombe sur les Européens.

L’opposition de Washington, de ses états européens vassaux et de ses larbins de Kiev à l’entrée d’aide humanitaire est dûe à une tentative désespérée de l’occident d’empêcher le monde de savoir au sujet des destructions massives ayant lieu sur les populations civiles, les infrastructures civiles de ces anciens territoires russes, qui sont directemet menacés par les extrémistes russophobes que Washington a installé au pouvoir à Kiev.

La pressetituée occidentale a rajouté un autre échec à sa longue pathétique histoire de ne pas rapporter les atrocités infligées à un peuple qui ne voit aucun futur pour lui-même dans un pays dirigé par une clique d’assassins russophobes, installés au pouvoir par Washington.

Les généraux fous de l’OTAN, le chef du Pentagone et les sénateurs américains diffusent l’hystérie d’une invasion à venir de la Russie non seulement sur l’Ukraine, mais aussi sur la Baltique, la Pologne et en fait, toute l’Europe. Cette hystérie totale est en train de consumer l’occident alors même qu’il n’y a pas l’ombre d’un indice ou d’une preuve d’objectifs ou de préparations russes pour de telles invasions. Washington diffuse le mensonge que Poutine a l’intention de reconstruire l’empire soviétique. Nous parlons du même Poutine qui avait l’ancienne province russe de Georgie dans le creux de sa main… et qui l’a laissé.

La propagande de Washington marche. Des sondages révèlent qu’une majorité des Américains (NdT: sauf des “figures” du spectacle comme Mickey Rourke et Steven Seagal qu’on peut voir afficher leur soutien à la Russie…), qui devrait être éveillée depuis tout ce temps où on leur a menti au sujet de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Somalie, de la Libye, de la Syrie et de l’Iran, ces gens dans leur naïveté infinie, sont tombés une nouvelle fois victimes de la propagande qui veut que la Russie soit une menace.

Dans la population américaine mal informée et victime de la propagande, la question du jour est: “Comment allons-nous arrêter les Russes ?” Ainsi le régime corrompue et fourbe d’Obama a une fois de plus préparé les Américains à la guerre.

L’espoir de paix réside en ce que les contre-sanctions russes, en réponse aux sanctions contre elle que Washington a forcé ses vassaux européens de mettre en vigueur, finissent par retomber sur le contribuable trompé et naïf américain. Le gouvernement polonais a demandé à Washington d’acheter les pommes et les autres produits agricoles que Washington a rendu impossible pour la Pologne de vendre à la Russie. Comme la Pologne est le choix de Washington pour mettre ses bases de missiles directement dirigés sur la Russie, le gouvernement polonais a de fait un levier et un moyen de pression. Une fois que Washington aura cédé à la Pologne, des demandes similaires émaneront de pays durement touchés par la crise comme la Grèce et l’Autriche et de fait le reste de l’Europe afin que Washington les compense des coûts à supporter des sanctions que ces pays ont été obligé de mettre en place contre la Russie.

La fraude perpétrée sur le monde par les Etats-Unis dans ce XXIème siècle est simplement extraordinaire. Rien de comparable n’a jamais été fait dans l’histoire. Non seulement trouve t’on les fraudes des multiples guerres (Afghanistan, Irak, Somalie, Libye, Syrie, Ukraine, l’Iran… presque et les actions militaires illégales américaines au Yémen et à la frontière du Pakistan), mais aussi les vasres fraudes financières perpétrées contre le monde. Parmi les coûts de ces fraudes de Wall Street, nous trouvons la crise de la dette européenne, les violations de souveraineté nationale des pays européens avec le sauvetage de la dette souveraine par le FMI et la paupérisation de pays soi-disant “sauvés” comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, avec les pays d’Europe de l’Est.

Un jour, les Européens vont se réveiller. Lorsqu’ils le feront, ils réaliseront que Washington ne fait rien d’autre que de les “protéger” contre une “menace russe” inexistante, tout en leur imposant des coûts dramatiques et en utilisant les Européens comme un impôt pour les guerres de Washington pour son hégémonie sur le monde. Tôt ou tard, les Européens devront comprendre que le rôle qui leur a été assigné par Washington n’est pas du tout dans leur intérêt et mène directement à la troisième guerre mondiale dans laquelle les Européens seront les premières victimes.

Nouvel Ordre Mondial: la grille de contrôle planétaire s’intensifie…

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Le début du basculement du monde

 

Thierry Meyssan

 

11 Août 2014

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article185021.html

 

L’agression des Anglo-Saxons contre la Russie prend la forme d’une guerre financière et économique. Cependant Moscou se prépare aux hostilités armées en développant l’autarcie de son agriculture et en multipliant ses alliances. Pour Thierry Meyssan, après la création du califat au Levant, Washington devrait abattre une nouvelle carte en septembre à Saint-Petersbourg. La capacité de la Russie à préserver sa stabilité intérieure déterminera alors la suite des événements.

L’offensive menée par les Anglos-Saxons (États-Unis, Royaume-Uni et Israël) pour dominer le monde se poursuit sur deux lignes simultanées : à la fois la création du « Moyen-Orient élargi » (Greater Middle East) en attaquant simultanément l’Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine, et la séparation de la Russie de l’Union européenne à travers la crise qu’ils ont organisée en Ukraine.

Dans cette course de vitesse, il semble que Washington veuille imposer le dollar comme monnaie unique sur le marché du gaz, la source d’énergie du XXIe siècle, à la manière dont il l’a imposé sur le marché du pétrole [1].

Les médias occidentaux ne couvrent presque pas la guerre du Donbass et leur population ignore l’ampleur des combats, la présence des militaires US, le nombre des victimes civiles, la vague des réfugiés. Les médias occidentaux traitent par contre avec retard les événements au Maghreb et au Levant, mais en les présentant soit comme la résultante d’un prétendu « printemps arabe » (c’est-à-dire, en pratique, d’une prise de pouvoir par les Frères musulmans), soit comme l’effet destructeur d’une civilisation violente en soi. Plus que jamais, il serait nécessaire de venir en aide à des arabes incapables de vivre paisiblement en l’absence de colons occidentaux.

La Russie est aujourd’hui la principale puissance capable de conduire la Résistance à l’impérialisme anglo-saxon. Elle dispose de trois outils : les BRICS, une alliance de rivaux économiques qui savent ne pouvoir grandir qu’avec les autres, l’Organisation de coopération de Shanghai, une alliance stratégique avec la Chine pour stabiliser l’Asie centrale, et enfin l’Organisation du Traité de sécurité collective, une alliance militaire d’anciens États soviétiques.

Au sommet de Fortaleza (Brésil), qui s’est tenu du 14 au 16 juillet, les BRICS ont franchi le pas en annonçant la création d’un Fonds de réserve monétaire (principalement chinois) et d’une Banque BRICS, comme alternatives au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au système-dollar [2].

Avant même cette annonce, les Anglo-Saxons avaient mis en place leur réponse : la transformation du réseau terroriste Al-Qaïda en un califat afin de préparer des troubles parmi toutes les populations musulmanes de Russie et de Chine [3]. Ils ont poursuivi leur offensive en Syrie et débordé à la fois en Irak et au Liban. Ils ont par contre échoué à expulser une partie des Palestiniens vers l’Égypte et à déstabiliser plus profondément encore la région. Enfin, ils se tiennent à l’écart de l’Iran pour donner au président Hassan Rohani la chance d’affaiblir le courant anti-impérialiste des khomeinistes.

Deux jours après l’annonce des BRICS, les États-Unis ont accusé la Russie d’avoir détruit le vol MH17 de Malaysia Airlines au-dessus du Donbass, tuant 298 personnes. Sur cette base, purement arbitraire, ils ont imposé aux Européens d’entrer en guerre économique contre la Russie. Se plaçant comme un tribunal, le Conseil de l’Union européenne, a jugé et condamné la Russie, sans la moindre preuve et sans lui donner l’occasion de se défendre. Il a promulgué des « sanctions » contre son système financier.

Consciente que les dirigeants européens ne travaillent pas pour les intérêts de leurs peuples, mais pour ceux des Anglo-Saxons, la Russie a rongé son frein et s’est interdite jusqu’à présent d’entrer en guerre en Ukraine. Elle soutient en armes et en renseignements les insurgés, et accueille plus de 500 000 réfugiés, mais s’abstient d’envoyer des troupes et d’entrer dans l’engrenage. Il est probable qu’elle n’interviendra pas avant que la grande majorité des Ukrainiens ne se révolte contre le président Petro Porochenko, quitte à n’entrer dans le pays qu’après la chute de la République populaire de Donetsk.

Face à la guerre économique, Moscou a choisi de répondre par des mesures similaires, mais concernant l’agriculture et non pas les finances. Deux considérations ont guidé ce choix : d’abord, à court terme, les autres BRICS peuvent pallier aux conséquences des prétendues « sanctions » ; d’autre part, à moyen et long terme, la Russie se prépare à la guerre et entend reconstituer complètement son agriculture pour pouvoir vivre en autarcie.

En outre, les Anglo-Saxons ont prévu de paralyser la Russie de l’intérieur. D’abord en activant, via l’Émirat islamique (ÉI), des groupes terroristes au sein de sa population musulmane, puis en organisant une contestation médiatique lors des élections municipales du 14 septembre. Des sommes d’argent considérables ont été apportées à tous les candidats de l’opposition dans la trentaine de grandes villes concernées, tandis qu’au moins 50 000 agitateurs ukrainiens, mêlés aux réfugiés, sont en train de se regrouper à Saint-Petersbourg. La plupart d’entre eux ont la double nationalité russe. Il s’agit à l’évidence de reproduire en province les manifestations qui ont suivi à Moscou les élections de décembre 2011 —la violence en plus— ; et d’engager le pays dans un processus de révolution colorée auquel une partie des fonctionnaires et de la classe dirigeante est favorable.

Pour ce faire, Washington a nommé un nouvel ambassadeur en Russie, John Tefft, qui avait préparé la « révolution des roses » en Géorgie et le coup d’État en Ukraine.

Il importera pour le président Vladimir Poutine de pouvoir faire confiance à son Premier ministre, Dmitry Medvedev, que Washington espérait recruter pour le renverser.

Considérant l’imminence du danger, Moscou serait parvenu à convaincre Pékin d’accepter l’adhésion de l’Inde contre celle de l’Iran (mais aussi celles du Pakistan et de la Mongolie) à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La décision devrait être rendue publique lors du sommet prévu à Douchambé (Tajikistan) les 12 et 13 septembre. Elle devrait mettre un terme au conflit qui oppose depuis des siècles l’Inde et la Chine et les engager dans une coopération militaire. Ce retournement, s’il est confirmé, terminerait également la lune de miel entre New Delhi et Washington, qui espérait distancier l’Inde de la Russie en lui donnant accès notamment à des technologies nucléaires. L’adhésion de New Dehli est aussi un pari sur la sincérité de son nouveau Premier ministre, Narendra Modi, alors que pèse sur lui le soupçon d’avoir encouragé des violences anti-musulmanes, en 2002, au Gujarat dont il était le ministre-chef.

En outre, l’adhésion de l’Iran, qui représente une provocation face à Washington, devrait apporter à l’OCS une connaissance précise des mouvements jihadistes et des moyens de les contrer. Là encore, si elle était confirmée, elle réduirait la volonté iranienne de négocier une pause avec le « Grand Satan » qui l’avait conduit à élire cheik Hassan Rohani à la présidence. Ce serait un pari sur l’autorité du Guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.

De fait ces adhésions marqueraient le début du basculement du monde de l’Occident vers l’Orient [4]. Reste que cette évolution doit être protégée militairement. C’est le rôle de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), constituée autour de la Russie, mais dont la Chine ne fait pas partie. À la différence de l’Otan, cette organisation est une alliance classique, compatible avec la Charte des Nations unies puisque chaque membre conserve le choix d’en sortir s’il le veut. C’est donc en s’appuyant sur cette liberté que Washington a tenté, au cours des derniers mois, d’en acheter certains membres, notamment l’Arménie. Cependant, la situation chaotique en Ukraine semble avoir refroidi ceux qui y rêvaient d’une « protection » états-unienne.

La tension devrait donc s’accroître dans les prochaines semaines.

 

[1] « Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Syrie et en Libye ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 7 août 2014.

[2] « Vers une nouvelle architecture financière », par Ariel Noyola Rodríguez, Réseau Voltaire, 1er juillet 2014. “Sixth BRICS Summit : Fortaleza Declaration and Action Plan”, Voltaire Network, 16 July 2014.

[3] « Un djihad mondial contre les BRICS ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (México), Réseau Voltaire, 18 juillet 2014.

[4] “Russia and China in the Balance of the Middle East : Syria and other countries”, by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 27 January 2012.

Stratégie impérialiste du Califat ou EI (ex-EIIL)…

Posted in actualité, colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 14 août 2014 by Résistance 71

C’est d’une limpidité sans tache: L’empire et ses vassaux européens, d’Israël et de l’OTAN, aidé financièrement par les monarchies rétrogrades (pléonasme, certes…) du Golfe, créent, arment, entraînent, financent et véhiculent à travers les frontières une armée de mercenaires "djihadistes" qui fait le sale boulot de terrain de division du Moyen-Orient par procuration pour l’empire. Cela a commencé en Libye, a continué en Syrie et se prolonge maintenant en Irak en attendant une tête de pont européenne en Ukraine et un noyautage des pays de l’UE au retour des mercenaires dans leurs pays respectifs (s’ils survivent…): la France, la GB pour ne citer que les plus importants. Cette armée, légion mercenaire soi-disant "djihadiste" de la CIA et du MI6, passe de faction affiliée à Al Qaïda à l’EIIL pour n’être plus maintenant que l’EI ou "État islamique" dont le seul but est d’alimenter par ses crimes et exactions (intéressant de noter que tout comme la tristement célèbre entreprise mercenaire Blackwater, le "califat" passe son temps à changer de nom…), la haine de l’islam et encourager, faire basculer le monde dans l’idéologie appliquée néoconservatrice yankee du "choc des civilisations". Le but est le chaos, généré par la division du monde musulman pour empêcher qu’il ne se ligue contre le colonialisme ravivé occidental, la haine entre les cultures et la précarité socio-économique, le tout cornaqué politiquement par des politiciens occidentaux corrompus, psychopathes, eugénistes, veules, traîtres et totalement inféodés à leurs maîtres banquiers et pétroliers du cartel de contrôle qu’est le cœur du Nouvel Ordre Mondial.

Donc succintement, l’Empire a créé l’EIIL/Daesh devenu Califat, EI, continue de le soutenir, de le financer via l’Arabie Saoudite, de le former militairement, tout en le bombardant pour donner le change et surtout, rendre les chiens fous, drogués, qui constituent la chair à canon du Califat encore plus barjots pour générer toujours plus de chaos constructeur du Nouvel Ordre Mondial et de sa grille de contrôle planétaire. Il suffit ensuite de relier les points entre eux pour voir le plan se dérouler en temps réel: L’EI et le chaos au Moyen-Orient, Gaza et le génocide perpétré par Israël, la crise sanitaire de l’Ébola, vraisemblablement provoquée, la crise migratoire au pays du goulag levant, la guerre civile en Ukraine sur fond de nazisme soutenu par l’occident, les tensions avec la Russie, la poussée chaotique du terrorisme sponsorisé par l’occident en Afrique. Tout ceci n’est pas, ne peut pas être le fruit du hasard… Tout ceci est planifié et suit un scenario bien établi.

Nous devons arrêter de soutenir nos tyrans. C’est le seul moyen. Retirons notre soutien en masse à la fange politique de nos états responsables à 100% de tout cet infâme merdier. Boycott de toute cette fange, réorganisation de notre société avec le peuple souverain aux commandes, pouvoir dilué, n’ayant pour seul vision que l’intérêt général de tous. Assez des intérêts particuliers du plus petit nombre !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il est plus que temps de s’en rendre compte… et d’agir en conséquence !

– Résistance 71 –

 

Pourquoi Obama bombarde le Calife

 

Pepe Escobar

 

13 Août 2014

 

url de l’article en français:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/08/13/loeil-itinerant-obama-bombarde-calife/

 

La Guerre mondiale contre le terrorisme, qui a englouti des milliers de milliards de dollars, ne se terminera pas par une explosion, mais par une super explosion.

Depuis sa conceptualisation, il y a 13 ans, dans le sillage des événements du 11 septembre, la Guerre mondiale contre le terrorisme est le cadeau qu’on nous offre encore et encore, et le plus gros qu’on puisse imaginer, ce sont des transformers d’Al-Qaïda sur stéroïdes, plus puissants, plus effrontés et plus riches qu’Oussama ben Laden et Ayman al-Zaouahiri n’ont jamais imaginé l’être. Voici donc venue l’heure du grand déballage de l’État islamique (ou EI [1], l’ancien État islamique en Irak et au Levant ou EIIL) du calife Ibrahim, alias Abou Bakr al-Baghdadi.

Avant d’entreprendre son séjour de golf à Martha’s Vineyard, le président étatsunien Barack Obama a dit nonchalamment que le bombardement des brutes du calife en Irak prendrait des mois. On pourrait interpréter ses propos comme un nouvel exemple de la doctrine auto déclarée de l’administration Obama en matière de politique étrangère, qui consiste à « ne rien faire de stupide », dont s’est moquée pas très subtilement Hillary Clinton, candidate éventuelle à la présidence. En 2003, l’opération « Choc et effroi » avait détruit toute l’infrastructure de Bagdad en l’espace de quelques heures seulement.

M. Obama a aussi confirmé que les États-Unis feraient pleuvoir de nouveau sur l’Irak des bombes humanitaires « pour protéger les intérêts américains » (d’abord et avant tout) et, comme une réflexion après coup, « les droits de la personne en Irak ».

Il ne faut pas s’attendre à ce que M. Obama déclare que les États-Unis vont bombarder « nos » alliés de la Maison des Saoud [2], qui ont soutenu, financé et armé l’EI en Syrie et en Irak, l’EIIL d’hier qui a si bien su profiter des bienfaits de la formation militaire étatsunienne donnée dans une base secrète en Jordanie.

M. Obama n’arrive pas non plus à expliquer pourquoi les États-Unis, qui ont toujours appuyé l’EIIL en Syrie, ont maintenant décidé de les bombarder en Irak. Ah, les périls [3] de la doctrine « ne rien faire de stupide »...

Une interprétation rapide est ici nécessaire.

Le bombardement des brutes du calife par M. Obama n’a absolument rien à voir avec la doctrine R2P (« responsabilité de protéger »), si chère à Samantha Power, l’ambassadrice étatsunienne aux Nations Unies, rien à voir donc avec la responsabilité de protéger jusqu’à 150 000 Yézidis, sans parler des Kurdes et des Chrétiens qui restent, d’un génocide « potentiel » perpétré par les brutes du calife.

Tout ce largage de bombes par des chasseurs et des drones, qui va durer « des mois », est lié essentiellement au syndrome de Benghazi.

Les brutes du calife étaient fermement décidées à conquérir Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Or, le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) est dirigé par le rusé Massoud Barzani, un client et vassal de longue date des États-Unis.

Les États-Unis ont un consulat à Erbil, débordant de types de la CIA. Comme le New York Times le dit si joliment [4], « des milliers d’Américains ».

C’est ici que Benghazi prend tout son sens. Nous sommes en année électorale. M. Obama est terrifié à l’idée d’un autre Benghazi, dont les Républicains essaient sans relâche de rejeter le blâme sur l’incompétence de son administration. Ce que M. Obama veut éviter par-dessus tout, c’est que les brutes du calife tuent des « diplomates » à Erbil.

Pareille chose déclencherait très certainement un nouveau tsunami de questions fusant de toutes parts au sujet de la contrebande d’armes par la CIA, comme l’approvisionnement des « rebelles » de la Syrie en armes provenant de la Libye, lorsque les événements de Benghazi ont eu lieu. La secrétaire d’État de l’époque, Hillary Clinton, était bien sûr au courant de tout cela. Sauf qu’alors, et encore plus maintenant, personne ne devait et ne doit savoir que la CIA fourbissait en armes le noyau de ce qui deviendra l’armée du calife.

Un changement de régime ou rien

M. Obama a dit que son bombardement humanitaire pourrait durer « des mois », alors qu’en fait ce ne serait qu’une affaire de quelques jours.

Le prix à payer est dérisoire : un simple changement de régime, soit d’empêcher le premier ministre irakien Nouri al-Maliki de remplir un troisième mandat.

C’est ce qui explique pourquoi l’enfer s’est déchaîné à Bagdad, lorsque les parlementaires irakiens ont réalisé de quel côté le vent soufflait. Le nouveau président Fouad Massoum, un Kurde, a choisi Haïdar al-Abadi comme nouveau premier ministre, quelques heures après la mobilisation de troupes spéciales dans des lieux stratégiques à l’intérieur et autour de la zone verte par M. Maliki, qui pourrait (ou non) avoir tenté de fomenter un coup d’État. M. Maliki soutient que M. Massoum a violé la constitution irakienne en ne l’invitant pas à former un nouveau cabinet. C’est tout de même sa coalition de l’État de droit qui a obtenu le plus de votes lors des élections parlementaires d’avril dernier.

M. Obama était évidemment ravi [5]. Peu importe ce qui arrivera par la suite, M. Maliki ne partira pas sans réagir, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce qui ressort parmi les Sunnites, pour un nombre substantiel de Kurdes et même au sein des blocs politiques chiites, c’est que M. Maliki s’est mis complètement à dos les Sunnites, poussant ces derniers à soutenir le calife en masse (bien qu’ils soient nombreux à se mordre les lèvres depuis).

En ce qui concerne le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) et M. Barzani, dans la logique de l’administration Obama, ce qui compte, c’est qu’ils ne déclarent pas l’indépendance. Tant que M. Barzani promettra à M. Obama que le Kurdistan restera à l’intérieur de l’Irak, le GRK obtiendra plus de bombes et de drones et l’opération « humanitaire » ira en s’accélérant. Des forces spéciales étatsuniennes sont déjà déployées le long de la vaste zone où le califat jouxte le territoire du GRK, dans les soi-disant emplacements avancés d’opérations dans le désert. À toutes fins pratiques, les États-Unis tiennent lieu d’armée de l’air irakienne contre le calife.

Surveillez « la Hillarator »

La R2P pervertie de l’administration Obama (protection des Étatsuniens d’abord, puis des réfugiés en second lieu) n’accomplira rien pour une raison claire : aucun bombardement, qu’il soit « humanitaire » ou autre, ne peut exterminer un mouvement politique et religieux, même démentiel comme l’est l’État islamique. Le califat prospère, en quelque sorte, et prend de l’expansion, parce que, contrairement à la pathétique Armée syrienne libre (ASL), il gagne du terrain, dans le désert et en milieu urbain, tant en Syrie qu’en Irak. Le territoire conquis est déjà plus étendu que la Grande-Bretagne et compte au moins six millions d’habitants.

Qui plus est, le califat a fait exploser le mythe du « bon » et du « mauvais » djihadiste colporté à outrance par Washington. Pratiquement chaque djihadiste armé et formé par Washington (et Riyad) en Jordanie et à la frontière turco-syrienne fait maintenant partie des brutes du calife, débordant d’argent liquide tiré de la contrebande de pétrole, de l’extorsion extrême et des « dons », et armées jusqu’aux dents après le pillage de quatre divisions irakiennes et d’une brigade syrienne.

Quant à ce cadeau qu’est la Guerre mondiale contre le terrorisme, il explosera toujours et encore plus fort, car c’est ce dont rêve chaque aspirant djihadiste multinational : la défense du califat contre la puissante armée de l’air des Croisés, rien de moins.

Les États-Unis ont perdu lamentablement la guerre en Irak seulement neuf jours après la chute de Bagdad, en avril 2003. Aucun bombardement « humanitaire » ne transformera cette défaite en victoire et aucun bombardement « humanitaire » ne mettra fin au califat.

De son côté, Hillary Clinton [6], la candidate éventuelle à la présidence, ne fait pas de quartier. Elle insiste pour dire que si les États-Unis avaient bombardé la Syrie dès le départ, il n’y aurait pas de califat. Elle craint maintenant que le calife s’en prenne à l’Europe et même aux États-Unis (« Je pense beaucoup à l’endiguement, à la dissuasion et à la défaite »).

Se positionnant de manière prévisible, Mme Clinton se dissocie de la doctrine Obama en matière d’affaires étrangères : « « Ne rien faire de stupide » n’est pas un principe d’organisation ». Le monde devra donc attendre jusqu’en 2017, lorsqu’elle pourra enfin mettre en œuvre la doctrine et le principe d’organisation qui lui sont chers : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ».

Notes :

[1] The Islamic State (Vice News, 07-08-2014)

[2] Iraq crisis: How Saudi Arabia helped Isis take over the north of the country (The Independent, 13-07-2014)

[3] US just not sure who to bomb in the Middle East anymore (Pan-Arabia Enquirer, 10-08-2014)

[4] U.S. Jets and Drones Attack Militants in Iraq, Hoping to Stop Advance (The New York Times, 08-08-2014)

[5] Obama Hails Iraq’s New Government (Time Magazine, 11-08-2014)

[6] Hillary Clinton: « Failure » to Help Syrian Rebels Led to the Rise of ISIS (The Atlantic, 10-08-2014)

Pepe Escobar

Traduit par Daniel pour vineyardsaker.fr

Source : Why Obama is bombing the Caliph (Russia Today, 12-08-2014)

Historien radical pour une histoire radicale garants de la pensée critique et du déboulonnage des dogmes ~ 1ère partie ~ (Howard Zinn)

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“Dans mon enseignement, je n’ai jamais caché mes vues politiques: ma répugnance de la guerre et du militarisme, ma colère envers l’inégalité raciale, ma croyance en un socialisme démocratique, dans une redistribution juste et rationnelle de la richesse du monde. J’ai fait état de ma répugnance pour toute forme de harcèlement, que ce soit de nations puissantes envers de plus faibles, de gouvernements sur leurs citoyens, d’employeurs envers leurs employés ou par quiconque à droite ou à gauche, pense avoir le monopole de la vérité… Qu’ai-je appris au cours de ma vie ? Que les plus petits actes de résistance à l’autorité, s’ils sont persistants, peuvent mener à de larges mouvements sociaux. Que les personnes du commun sont capables d’actes extraordinaires de courage… Peut-être la chose la plus importante que j’ai apprise fut au sujet de la démocratie. Que la démocratie n’est pas nos gouvernements, nos constitutions, nos structures légales ; que bien trop souvent ceux-ci sont de fait, les ennemis de la démocratie.”
~ Howard Zinn
, “On ne peut pas être neutre dans un train en marche”, autobiographie, 1994 ~

 

Qu’est-ce que l’histoire radicale ?

par Howard Zinn (1970)

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

1ère partie

2ème partie

 

L’écriture historique (historiographie) a toujours un effet certain sur nous. Elle peut renforcer la passivité, elle peut nous activer. En tout cas, l’historien ne peut pas choisir d’être neutre, car il écrit dans un train en marche. Parfois ce qu’il/elle dit peut changer la vie d’une personne. En Mai 1968, j’ai écouté un prêtre catholique qui passait en jugement à Milwaukee pour avoir brûlé les archives d’un bureau de conscription militaire, dire (je paraphrase) comment il en était venu à commettre cet acte:

J’ai été formé à Rome. J’étais assez conservateur, je n’ai jamais brisé une règle du séminaire. Puis j’ai lu un livre d’un certain Gordon Zahn intitulé “Les catholiques allemands et la guerre d’Hitler”. Ce livre expliquait comment l’église catholique continuait ses activités normalement tandis qu’Hitler continuait les siennes. Le livre narrait comment les SS allaient à la messe, puis partaient râfler les juifs. Ce livre a changé ma vie. J’ai décidé que l’église ne devait plus jamais se conduire comme elle le fît dans le passé et que je ne devais pas me conduire de la sorte non plus.”

Ceci est incroyablement clair. Dans bon nombre de cas où les gens se tournent vers une autre direction, les causes sont si complexes, si subtiles, qu’elles sont souvent impossibles à tracer. Quoi qu’il en soit, nous sommes tous au courant que d’une manière ou d’une autre, des choses que nous avons lues ou entendues ont changé notre vision du monde et de la façon dont nous devions nous comporter. Nous savons qu’il y a eu beaucoup de gens qui n’ont pas fait l’expérience du mal eux-mêmes, mais qui sont devenus persuadés qu’il existait et qu’ils devaient s’y opposer. Ce qui nous rend humain est notre capacité d’atteindre par notre pensée au delà de nos capacités sensorielles immédiates, de ressentir à un degré moindre ce que d’autres ressentent totalement et peut-être d’agir sur un tel sentiment.

Ainsi je commence depuis l’idée d’écrire l’histoire de telle façon que de l’étendre aux sensibilités humaines et non pas de ce livre vers d’autres livres, mais le conflit de savoir comment les gens doivent vivre et si ils doivent vivre.

J’insiste sur une historiographie de la valeur. Pour ceux qui se rebelle toujours contre cela, malgré mon argument que cela ne détermine pas les réponses, seulement les questions; malgré ma plaidoirie pour qu’un travail esthétique, fait pour le plaisir, ait toujours sa place, malgré mon insistance sur le fait que notre travail est basé sur la valeur que nous le choisissions ou non, me fait pointer vers un secteur de l’éducation américaine où cette idée a été acceptée. Je parle des “études sur la culture noire américaine”, qui, depuis environ 1969, ont commencé a être adoptées à grande vitesse dans les universités de la nation.

Ces programmes sur l’étude de la culture noire-américaine ne prétendent pas introduire juste un autre sujet dans le domaine académique. Ils ont l’intention spécifique d’affecter la conscience des noirs et des blancs de ce pays afin de diminuer dans ces deux groupes la croyance pervasive de l’infériorité des noirs.

Cette tentative délibérée de pousser pour l’égalité devrait être rejointe et cela est ma suggestion, par des efforts similaires pour l’égalité nationale et de classe. Ceci viendra sûrement, tout comme les programmes sur la culture noire-américaine, non pas par une acceptance graduelle des arguments appropriés, mais par une crise si dangereuse qu’elle demandera un changement d’attitude très rapide. L’exhortation intellectuelle ne va probablement pas initier un nouvel élan d’écriture historique, mais cela pourra sûrement le soutenir et le faciliter.

Quel type de conscience fait-il bouger les gens vers des directions plus humanistes et comment des écrits historiques peuvent-ils créer la conscience d’un tel mouvement ? Je peux penser à cinq façons dont l’histoire peut-être utile. Ceci ne constitue qu’un début cahotant. Je ne veut pas étabir de formules. Il y aura des histoires écrites utiles qui ne tomberont pas dans les catégories pré-conçues. Je ne veux qu’aiguiser le point de focalisation pour moi-même et d’autres qui désireraient plutôt avoir leurs écrits guidés par une inspiration humaine plutôt que par une habitude professionnelle.

1- Nous pouvons intensifier, étendre, affuter notre perception d’à quel point les choses sont-elles mauvaises, pour les victimes du monde. Ceci devient un acte de moins en moins philanthropique dans la mesure où chacun d’entre nous, indiféremment de sa race, de sa position géographique ou de sa classe sociale, devient la victime potentielle d’une planète brûlée, irradiée. Mais même notre propre victimisation est séparée de nous par le temps et la fragilité de notre imagination, tout comme celle des autres est séparé de nous parce que nous sommes blancs, prospères et au sein des murs d’un pays si sur-armé que nous avons bien plus de chances d’être agresseurs qu’agressés.

L’histoire peut essayer de surrmonter ces deux cas de séparations. La progression fascinante d’un fait historique du passé peut avoir un plus grand effet sur nous que le cours actuel des choses et les discours sur les possibilités dangereuses de l’époque actuelle et ce pour une bonne raison: parce que nous connaissons la fin de cette histoire. Il est vrai qu’il y a une crainte, un effroi à la contemplation d’une guerre nucléaire, mais ce n’est qu’une contemplation dont les effets terribles et effrayant sont difficiles à accepter. Il est vrai que notre préoccupation de la prolifération des bombes à hydrogène est magnifiée à la lecture des comptes-rendus de Barbara Tuchman sur la venue de la première guerre mondiale. La guerre était pressante de partout. Les gouvernements se débatirent pour l’éviter, mais rien n’y fît.

[...]

D’autres types de séparations des gens défavorisés du monde, les noirs, les pauvres, les prisonniers, sont parfois plus facile à surmonter dans le temps que dans l’espace, d’où la valeur et l’utilité du rappel, de la recollection historique. Les biographies de Malcolm X et de Frederick Douglass sont toutes deux parties intégrantes de l’histoire, une simplement plus récente que l’autre. Toutes deux attaquent notre suffisance. Ainsi que le sont également celles de noirs dans les ghettos brûlant des bâtiments aujourd’hui, mais les autobiographies font quelque chose de spécial: elles nous permettent de regarder de très près, attentivement, personnellement, derrière l’impersonalité de ces noirs sur les écrans. Elles envahissent nos maisons, ce que les noirs des ghettos n’ont pas encore fait et nos esprits, que nous avons tendance à durcir contre les demandes du maintenant. Elles nous disent à un degré moindre, ce que c’est que d’être noir d’une manière dont tous les clichés libéraux au sujet du “Négro” opprimé ne pourront jamais faire. Et ainsi, elles insistent pour que nous agissions, elles expliquent pourquoi les noirs agissent. Elles nous préparent sinon à intitier, du moins à répondre.

L’esclavage est terminé, mais sa dégradation prend maintenant d’autres formes du fond desquelles demeure la croyance non-dite que la personne noire n’est pas exactement un être humain. Le rappel de ce qu’est l’esclavage, de ce que sont les esclaves, aide à attaquer cette croyance. Prenez la lettre que Frederick Douglass écrivit à son ancien maître en 1848, au 10ème anniversaire de son évasion:

J’ai décidé d’attendre ce jour pour vous contacter parce que c’est l’anniversaire de mon émancipation… Il y a juste 10 ans, par un beau matin de Septembre, j’étais un pauvre esclave tremblant au son de votre voix, se lamentant d’être un homme. Bien que je ne fus qu’un enfant de six ans, je décidais de m’enfuir. Le tout premier effort mental dont je me souvienne, est cette tentative de résoudre ce mystère: pourquoi suis-je un esclave ? Lorsque j’entendis un gardien fouetter une femme esclave et entendit ses petits cris implorant, je m’en fus vers le coin de la cloture, fondis en larmes et me posai sans cesse ce mystère, c’est alors que je pris la décision de m’enfuir un jour… J’interprête de cette façon la moralité de mon acte: Je suis ce que je suis et vous êtes ce que vous êtes, nous sommes deux êtres différents. Ce que vous êtes, je le suis. Je ne vous suis pas attaché par nature ni vous à moi… En vous quittant, je n’ai fais que reprendre ce qui m’appartenait…”

Pourquoi devons nous regarder en arrière jusqu’à ces jours de l’esclavage ? L’expérience de Malcom X en notre époque n’est-elle pas suffisante ? Je vois deux raisons majeures de faire un retour en arrière. L’une est qu’en devant gérer le passé nous baissons notre garde, parce que nous commençons à penser que c’est fini, que nous n’avons rien à craindre en en absorbant la totalité. Il s’avère que nous avons tort, parce que cela nous touche et nous affecte directement, bien plus que ce que nous le pensons, et quand nous l’avons reconnu, il est trop tard, nous avons été touché, bouleversé. Une autre raison est que le temps ajoute de la profondeur et de l’intensité à un problème qui autrement semblerait être éphémère et susceptible d’être ignoré [...]

L’histoire peut-elle aussi aiguiser notre perception de cette pauvreté cachée de la vue par le feuillage des banlieues ? Les pauvres, comme les noirs, deviennent invisibles dans une société aveuglée par l’éclat de son propre luxe. Il est vrai que nous pouvons être rappelés à leur existence, comme nous le fûmes aux Etats-Unis dans les années 1960 quand nos sensibilités avaient été aiguisées par la révolte des droits civiques et notre tolérance et patience envers le gouvernement, usées par la guerre du Vietnam. A cette époque, des livres comme celui de Michael Harrington “L’autre Amérique”, nous avaient frappé, sans avoir besoin de retourner en arrière, simplement en nous donnant un périscope pour voir au coin de la rue et simplement en demandant que nous regardions.

L’histoire peut aider quand elle nous montre comment d’autres gens en situation similaire, en d’autres temps, furent aveuglés par le comment leurs voisins vivaient, dans la même ville. Supposez qu’au beau milieu de cette “prospérité” des années 1950, nous avions lu à propos des années 1920, une autre époque d’affluence. En regardant bien, on aurait pu trouver le rapport du sénateur Burton Wheeler du Montana, enquêtant sur les conditions de vie en Pennsylvannie pendant les grèves des mineurs de charbon de 1928:

Toute la journée j’ai écouté des histoires à briser le cœur, de ces femmes évincées de leurs maisons par les compagnies minières. J’ai écouté les plaidoiries à faire pitié de jeunes enfants pleurant pour du pain. Je restais médusé à l’audition d’histoires incroyables d’hommes battus par des milices privées. Ceci fut une expérience choquante et déprimante.

Ceci suggérerait-il qu’un voile est aussi tiré sur la vie de bien des Américains de nos jours et que le son de la prospérité noie tout le reste et que la voix des nantis domine l’histoire ? A notre époque, tout comme dans le passé, nous construisons “l’histoire sur la base de la narration de ceux qui parlent le mieux, les membres les plus privilégiés de notre société”. Le résultat en est une image déformée du comment les gens vivent vraiment, une sous-estimation de la pauvreté, un échec de faire le portrait des circonstances dans lesquelles vivent les plus démunis. Si, dans le passé, nous avons pu trouver la voix des sans-voix, ceci peut nous permettre de trouver la voix des laisser-pour-compte de notre propre époque. Il est vrai que nous pourrions accomplir ceci sans avoir à se remémorer le passé. Mais parfois, la divulgation de ce qui est caché dans le passé nous force à regarder avec plus d’insistance dans notre société contemporaine, surtout quand il n’y a pas de raison immédiate de le faire. En ce qui me concerne, lire dans les documents de Fiorello LaGuardia, les lettres des pauvres de Harlem dans les années 1920, m’a fait regarder à deux fois le bon temps que nous avions dans les années 1950…

L’image de la société donnée par ses victimes est-elle véritable ? Il n’y a pas de véritable image de quelque situation historique que ce soit, pas de description objective. Cette recherche d’une objectivité non-existante nous a mené pardoxalement à une régression subjective, celle du badaud. La société possède des intérêts variés et antagonistes, ce qui est appelé “objectivité” est le déguisement d’un de ces intérêts, celui de la neutralité. Mais la neutralité est une fiction dans un monde partial. Il y a des victimes et il y a des bourreaux et il y a aussi des badauds. Dans le dynamisme de notre temps, alors que des têtes roulent dans la sciure toutes les heures, ce qui est vrai dépend de ce qui est vrai pour votre propre tête et l’objectivité du badaud appelle à l’inaction alors que d’autres têtes roulent dans la sciure. Dans le roman d’Albert Camus “La Peste”, le Dr. Rieux dit: “Tout ce que je dis est que sur cette terre il y a des pestilences et il y a des victimes, et il ne tient qu’à nous, aussi loin que possible, de ne pas joindre nos forces avec ces pestilences.Ne pas agir est joindre ses forces avec la peste qui s’étend.

Quelle est la vérité au sujet de la situation de l’homme noir aux Etats-Unis en 1968 ? Des statistiques peuvent être montrées pour affirmer que sa situation s’est améliorée. Des statistiques peuvent être montrées pour affirmer que sa situation est aussi mauvaise qu’elle l’a toujours été. Ces deux ensembles de statistiques sont “vrais”; le premier mène à la satisfaction du degré de changement aujourd’hui, le second mène à un désir d’accélérer le changement. Ainsi, le plus proche que nous puissions être de cette “objectivité” élusive est de faire un rapport adéquat des subjectivités dans une situation donnée. Mais nous insistons sur une, ou une autre de ces vues subjectives dans chaque cas. Je suggère que nous nous détachions de notre position habituelle d’observateurs privilégiés. A moins que nous ne nous extirpions d’être ce que nous aimons appeler, “objectifs”, nous sommes bien plus près psychologiquement, que nous désirions l’admettre ou pas, de l’exécuteur, que de la victime.

Il n’y a pas besoin de cacher les données qui montrent que quelques noirs montent l’échelle sociale américaine plus rapidement qu’auparavant, que cette échelle est plus encombrée qu’avant. Mais il y a un besoin, venant de la détermination de représenter ceux qui veulent toujours les nécessités de l’existence (nourriture, toit, dignité, liberté), d’insister sur les vies de ceux qui ne peuvent pas même approcher de l’échelle.

[...]

Ainsi, une histoire de l’esclavage tirée des narratifs des esclaves fugitifs est très importante. Ceci ne peut en aucun cas monopoliser l’historiographie, parce que les histoires que nous a vons déja sont celles provenant du point de vue des propriétaires d’esclaves (comme ceux d’Ulrich Phillip, basée sur des carnets d’exploitation de plantations par exemple), ou du point de vue de l’observateur détaché (l’historien libéral, critiquant l’esclavage mais sans la passion appropriée pour induire une action ). Une histoire orientée sur l’esclave simplement remplit le domaine de telle façon que cela nous tire de notre léthargie.

Cela est vrai pour raconter l’histoire de la révolution américaine du point de vue du marin plutôt que du marchant et de raconter l’histoire de la guerre avec le Mexique du point de vue des Mexicains. Il ne faut pas omettre le point de vue des privilégiés (qui domine le domaine de toute façon), mais de nous rappeler qu’il y a toujours une tendance, maintenant et auparavant, de ne voir l’histoire que depuis le sommet de la pyramide. Peut-être qu’une histoire de la guerre de l’opium vue à travers les yeux des Chinois suggèrerait aux Américains que la guerre du Vietnam pourrait tout aussi bien être vue du point de vue des Vietnamiens. *

2- Nous pouvons exposer les prétensions du gouvernement soit à la neutralité ou au favoritisme. Si le premier requis pour activer les gens est de développer leur attention sur ce qui n’est pas bien, le second est de les désabuser de la confiance qu’ils ont en ce qu’ils peuvent dépendre du gouvernement pour rectifier ce qui est mal.

Là encore, je pars du principe qu’il y a eu beaucoup de malfaisance de notre part, trop pour que beaucoup d’entre nous soient satisfaits, mais si tout le monde n’a pas été trompé. Les gouvernements du monde n’ont pas été disposés à changer beaucoup de chose; en fait, ils ont souvent été les perpétrateurs du mal occasionné. Marteler ceci nous pousse à agir sur nous-mêmes.

Est-ce que cela veut dire que je ne suis pas “objectif” au sujet du rôle des gouvernements ? Voyons un peu le rôle des Etats-Unis sur le sujet racial. Par exemple, que firent les différents gouvernements américains pour l’homme noir après la guerre de sécession ? Soyons “objectifs” c’est à dire relatons tous les faits afin de répondre à cette question. Ainsi nous devrions noter les 13ème, 14`eme et 15ème amendements de la constitution, le bureau de Freedman, le stationnement de forces armées dans le sud, le passage des lois de droit civique de 1866, 1870, 1871 et 1875; mais nous devons également prendre en compte la décision de justice émasculant le 14 ème amendement, la trahison du nègre dans l’accord de 1877 Hayes-Tilden, la non mise en application des lois de droit civique. Ultimement, même si nous mentionnons tout, notre insistance à la fin serait subjective, cela dépendrait de qui nous sommes et ce que nous voulons. Une préoccupation actuelle, pour laquelle les citoyens doivent agir par eux-mêmes, suggère que nous insistions sur le manque de confiance envers le gouvernement pour sécuriser des droits égaux pour les noirs.

Une autre question: Jusqu’à quel point peut-on faire confiance à notre gouvernement pour que la richesse du pays soit distribuée équitablement ? Nous pourrions prendre en compte les lois passées au cours de ce siècle semblant être faites pour une justice économique: les lois de réglementation des chemins de fer de l’ère progressiste, la création d’un impôt sur le revenu graduel sous le gouvernement du président Wilson, les procès en justice contre les trusts industriels et banquiers intitiés par les administrations de Roosevelt et de Taft. Mais la reconnaissance actuelle du fait que l’allocation de richesse des les cinquièmes supérieurs et inférieurs de la population n’a pas fondamentalement changé depuis cent ans suggérerait que toutes ces lois et réglementations n’ont en fait que préservées le statu quo. Pour changer cela, nous devrions insister sur ce qui n’a pas été jusque ici mis en cause: l’échec persistant du gouvernement de changer les constantes inégalités inhérentes au système économique américain.

[...]

Une histoire radicale exposerait dès lors les limites des réformes gouvernementales, les connexions du gouvernement avec la richesse et le privilège, les tendances du gouvernement vers la guerre et la xénophobie, le jeu constant de l’argent et du pouvoir derrière la présumée neutralité de la loi. Elle illustrerait le rôle du gouvernement à maintenir les choses telles qu’elles sont, soit par la force ou par le mensonge, ou par une subtile combinaison des deux, soit par plan délibéré ou par un enchaînement de situations impliquant des milliers d’individus jouant des rôles en accord avec ce qu’on attend d’eux.

A suivre…

Solutions pour lutter contre le fléau mondial que représente le colonialisme à son apogée avec l’occident depuis le XVème siècle (1ère partie)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 13 août 2014 by Résistance 71

“Un guerrier confronte le colonialisme avec la vérité afin de régénérer l’authenticité et de recréer une vie digne d’être vécue et des principes pour lesquels on peut mourir. La lutte est de restaurer les liens qui ont été coupés par la machine coloniale… Traduire ce sens éthique en une philosophie politique concise est difficile. Je suggérerais en point de départ, de conceptualiser le terme d’ANARCHO-INDIGÉNISME. Pour prendre racine dans l’esprit des gens, la nouvelle éthique va devoir capturer l’esprit du guerrier en lutte et l’amener en politique. Il y a deux éléments fondamentaux: “indigène” qui évoque les racines culturelles et spirituelles de cette terre et de la lutte d’Onkwehonwe pour la justice et la liberté et la philosophie politique et le mouvement qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et totalement impliqué dans l’action pour amener un changement: l’anarchisme.”

~ Taiaiake Alfred ~

 

Comment la résurgence indigène peut et doit inspirer l’émancipation occidentale de son joug colonialiste

 

Résistance 71

 

13 Août 2014        

 

1ère partie

2ème partie

 

Nous avons déjà vu sur ce blog comment pour parvenir à ses fins colonisatrices l’oligarchie occidentale à dû au préalable convaincre ses populations du bienfondé de cette entreprise criminelle au fondement raciste et suprémaciste. Ainsi, la république française érige t’elle en hérauts du progressisme des individus comme Jules Ferry (auquel notre Flamby national a dédié son pathétique quinquennat…), présenté dans les livres d’histoire comme le “père de l’école publique gratuite et obligatoire”, mais omettant à dessein de mentionner ses tirades à l’assemblée nationale sur “la suprémacie de la race blanche”, sur son “devoir de civilisation” de ces contrées barbares que furent immanquablement pour la mythologie officielle, les nations et peuples colonisés au nom du “progrès et de l’humanisme” dont la France et l’occident étaient (et seraient toujours) les porte-étendards.

Le colonialisme est l’épitôme de la barbarie. Il est l’outil de domination du monde par l’occident depuis le XVème siècle et ceci a été rendu possible par notre complicité, notre accord tacite, même si la vaste majorité des populations occidentales n’y participent pas directement, le simple fait de tirer les dividendes du vol, du pillage et de la mise en servage de millions de personnes de par le monde, relève de la complicité volontaire ou tacite. Pourquoi ? Parce que nous avons à la fois été “convaincus” du bienfondé de ces exactions, mais aussi avons été manipulés à les endorser par les enseignements d’une pseudo-science sociale raciste et suprémaciste, présentée aux peuples occidentaux comme étant le résultat d’un “droit divin”, puis d’un “droit naturel” au nom de la “civilisation” et de la “loi de la survie du plus apte” et autres fadaises directement issues du darwinisme-social, fabrication pseudo-scientifique utile à la justification de la domination de l’occident sur le reste du monde.

Ainsi, pour sortir de ce fléau mondial qu’est la colonisation, il ne suffit pas d’une émancipation néanmoins plus que nécessaire des populations colonisées, mais également de celle des populations des pays colonisateurs, endoctrinées par une propagande toxique, visant à l’acquiescement, au maintien du même consensus du statu quo oligarchique et ayant pour but la domination et l’enrichissement du même infime pourcentage de la population siégeant en haut de la pyramide politico-sociale créée à cet effet.

Comment y parvenir ? Comment sortir de l’étau propagandiste qui colonise idéologiquement à la fois les populations des pays colonisateurs et celles des pays colonisés ? La réponse à ces questions se trouvent en grande partie dans l’analyse et l’action de la résurgence indigène contre le colonialisme. Nous pouvons nous-mêmes puiser les ressources aux mêmes origines et tenir le même raisonnement critique que les peuples et nations colonisés, puisqu’intrinsèquement… Nous sommes tous des colonisés, seuls le degré de violence et d’oppression variant. Il convient aussi ici de noter que contrairement à ce que l’oligarchie veut nous faire croire, nous ne vivons en aucun cas dans un monde “post-colonial”, mais toujours dans un monde bel et bien colonial. Les pays toujours colonisés n’étant pas des moindres: Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zelande, Mexique, Palestine ainsi que toute l’Amérique Latine et Centrale ; leurs populations originelles colonisées étant en lutte permanente, pour certaines depuis 1492, contre le terrorisme d’état et l’oppression coloniale de la culture euro-centrique artificiellement dominante.

Aimé Césaire disait à juste titre: “A mon tour de poser une équation: Colonisation = Chosification”. Peut-on en sortir ?

Pour nous aider à y voir plus clair et à entrevoir les solutions de notre émancipation de ce fléau colonial, tant pour les colonisés que pour nous, occidentaux qui ne désirons rien avoir à faire dans cette ignominie qui n’a que trop durée et opprime tout le monde à des degrés différents, nous utiliserons des extraits d’écrits, traduits par nos soins, du professeur de Science Politique à l’université de Victoria en Colombie Britannique (Canada) et membre de la nation Mohawk de la Confédération Iroquoise Haudenosaunee: Taiaiake Alfred, Ph.D, Docteur ès Science Politique, qui écrivit en 2005 un excellent ouvrage sur le sujet: “Wasáse, indigenous pathways of action and freedom”, University of Toronto Press, 2005, second edition 2009.

Voici le résumé de ce qui est dit dans les chapitres 2 & 3 de son livre: Traduction des extraits: Résistance 71

=[]= “Je pense que la véritable culpabilité (pour un colon) implique une participation plus active dans le processus de colonisation. Ce qui marque la culpabilité d’une personne est qu’elle prenne part dans le processus de dépossession territoriale, du déni politique de l’existence d’Onkwehonwe (NdT: mot Mohawk qui désigne les peuples autochtones d’Amérique du Nord), de la violence raciale et de la coercition, de la déstructuration culturelle et de l’exploitation économique… Sur un plan théorique, l’ennemi de notre lutte est la mixture toxique de la religiosité monothéiste, de la théorie politique libérale, de l’économie capitaliste néolibérale et de leurs théories de soutien sur la supériorité raciale et la fausse présomption de la supériorité culturelle euro-américaine.”

[...]

“De quels types de colons sont composées les sociétés aujourd’hui ?.. Il y a ceux qu’Albert Memmi a appelé ‘les colons qui refusent d’accepter’ leur position et leur rôle dans un état injuste, généralement des intellectuels de ‘gauche’. Leur indignation au sujet des injustices de l’impérialisme et du processus historique, n’est généralement pas accompagnée d’action. Ils sont souvent progressistes de nature, mais demeurent très attachés aux valeurs de la société coloniale à laquelle ils appartiennent. Ils sont souvent réduits au silence par le fait d’être coincés entre leurs déconstructions intellectuelles du pouvoir et leur lâcheté morale lorsqu’il s’agit d’agir contre une injustice dans un véritable sens.

Les colons qui refusent de reconnaître leur privilège et leur héritage de choses mauvaises, pratiquant ainsi une autre forme d’égoïsme et d’hypocrisie… Ces gens sont paralysés par la peur. Leur culpabilité les rend inutiles à nos luttes et deviennent paradoxalement, un des plus gros blocs conservateurs de la société coloniale.”

[...]

“Un autre bras du corps colonial est le colon qui a accepté son rôle, qui a internalisé les mythes coloniaux, souvent des histoires racistes, les notions de supériorité de la race blanche et le mensonge du progrès ou celui de l’espoir des immigrants que l‘accumulation et l’augmentation de la richesse est en fait la formule magique du bonheur, de l’acceptance par l’homme blanc et de la légitimité en tant que citoyen. La vaste majorité de la population se situe dans cette catégorie.

La caractéristique des sociétés coloniales est le retranchement des colons dans des notions irrationnelles de supériorité raciale et culturelle, spécifiquement parmi l’ “élite” économique, les politiciens et universitaires qui les servent.”

[...]

Je suis convaincu que la vaste majorité des colons est dans un état de déni profond. Ils savent que les fondations mêmes de leur pays sont corrompues, ils savent que leurs pays sont “coloniaux” dans le sens historique du terme, mais ils continuent de refuser de voir et d’accepter le fait qu’il ne peut pas y avoir de transcendance réthorique ni de refonte du passé pour arranger les choses sans faire des changements radicaux dans leur pays, leur gouvernement et la façon dont ils vivent. Pour absolument aucune autre raison que celle d’un attachement égoïste à des privilèges économiques et politiques, qui a été hérité collectivement d’un peuple dominant dans une relation coloniale, ces gens donc, par instinct culturel et impératif, nient la vérité. Nier la vérité est un processus culturel et psychologique essentiel dans la société colonialiste (NdT: qu’on retrouve de manière constante aux USA, au Canada, Australie , NZ, Israël/Palestine et les sociétés dominantes blanches d’Amérique du Sud).

[...]

La substance de base du problème du colonialisme est la croyance en une quelconque supériorité et universalité de la culture euro-américaine, spécifiquement les concepts des droits individuels comme la plus haute expression de la liberté humaine, de la ‘démocratie représentative’ comme étant le meilleur garant de la paix et de l’ordre et le capitalisme comme étant le seul moyen de parvenir à la satisfaction des besoins matériels humains. C’est en fait le dogme libéral qui est la plus claire et la plus présente manifestation de l’arrogance euro-américaine, qui s’affiche au travers du spectre politique et de la structure de classe coloniale comme le racisme, le conservatisme et le libéralisme… Nous pouvons schématiser le cadre de la mentalité impérialiste/coloniale qui est devenu la norme dans les sociétés coloniales contemporaines comme suit:

  • Le partage et l’égalité sont de mauvaises choses: Ceci est clarifié dans la société coloniale avec le rejet de toute forme de véritable socialisme.
  • L’égoïsme et la concurrence sont de bonnes choses: Vu au travers de l’attachement colonial à l’argent, aux biens matériels et à la concurrence.
  • La science et la technologie sont progressistes et donc bonnes, tandis que l’humain est mauvais (à cause du pêché originel ou par sa reluctance au contrôle) et la nature est terrifiante: L’homme blanc n’a de cesse de conquérir et d’exploiter le monde naturel afin d’imposer la prédictabilité et l’ordre pour que le capitalisme fonctionne au mieux.
  • L’ordre est supérieur à la vérité et à la justice.
  • La Culture euro-américaine est la forme parfaite d’existence: et toute autre façon de vivre est une menace directe à la civilisation et à la liberté. Ceci est rendu très clair de par le dédain, le déni et l’hostilité flagrante envers les autres peuples et leur façon de voir et d’être dans le monde.

Si nous désirons vraiment une décolonisation et une normalisation des rapports, ces croyances et suppositions doivent être pointées du doigt et problématisées si on désire un processus réel de décolonisation.

[...]

Ainsi, toute notion d’autonomie indigène est rejetée par les états comme étant une “menace à la souveraineté nationale”, le tout fondé sur une fiction totale de préserver une unité nationale et un rejet explicite des droits collectifs inhérents d’Onwehonwe ; l’indigénéité n’est légitimée et négociée qu’en tant que partie d’un état et de ses droits individuels au sein d’un contexte social communautaire, ce qui est un concept bien différent de celui de droits collectifs pré-existants et totalement indépendant de l’état.

[...]

En fait, la reconnaissance et le respect des droits d’Onwehonwe sont mis en conflit avec le sens des valeurs de la propriété blanc et de leur sentiment personnel et émotionnel de sécurité, qui est fondé sur une assertion de convénience et de droit à continuer de bénéficier de crimes initiés par les générations passées sans aucune reconnaissance ni dédomagement (non financier) pour les peuples qui ont physiquement soufferts de cette relation.

[...]

Les blancs qui ne sont pas encore décolonisés doivent en venir à admettre qu’ils ont eu et ont toujours tort. Ils doivent admettre qu’Onkwehonwe a des droits inhérents et collectifs à leur indigénéité, qui sont indépendants et autonomes de la société colonisatrice: les droits aux territoires, à la culture et à la communauté.”

Note du traducteur: Alfred en vient ensuite à discuter de ce que colons et colonisés ont quelque part en commun, ce qui rejoint tout à fait la ligne conceptuelle des grands théoriciens de la décolonisation comme le furent Frantz Fanon, Aimé Césaire et Frederick Douglass avant eux. Il dit ceci:

“Le colon et le colonisé ont tous deux été forcés d’accepter de vivre dans un état de captivité. Ceci correspond au sens plus profond de la tournure qu’a pris le colonialisme moderne. Bien sûr tout ceci est possible parce que le grand mensonge a été incorporé dans tous les aspects de nos vies aussi loin que l’on puisse se rappeler comme étant la mémoire, l’identité et les relations politiques et économiques de domination et d’exploitation. Quelle type de culture a été produite par ce déni de vérité et en érodant l’authenticité des façons de vivre enracinée, saines et intelligentes, pour être au service du pouvoir politique et économique ? Cette question doit être posée non seulement aux assujettis mais également aux dominants.

Le colonialisme est une relation totale au pouvoir et il a façonné l’existence non seulement de ceux qui ont tout perdu mais aussi de ceux qui en ont profité.”

[...]

“Dans ce monde où l’arrogance impérialiste, les mensonges et la fausse conscience sont normaux, les voies Onkwehonwe sont les seules pouvant mener à la liberté. L’aboriginalisme, la redéfinition sociale et culturelle du génocide, ne peut offrir aucun mode de vie à Onkwehonwe. Ceci est basé sur le fait que tout ce qui est intégral à nos peuples est gelé dans le passé (et donc sans intérêt) et que si nous devons avoir un futur, c’en sera un qui sera défini et permis seulement à la totale discrétion de la société dominante.

[...]

Une étude de l’universitaire de droit américaine Deborah Yashar montre qu’en Amérique Latine tout comme au Canada, aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, les processus de négociations sur les droits territoriaux définissent toujours les peuples indigènes dans le contexte de structures coloniales et dans le cadre des valeurs culturelles euro-américaines. A ce moment, les discours sur la décolonisation excluent la discussion sur ce que les colonisateurs considèrent être de leur seul ressort: les éléments constitutifs de l’État… Ainsi, toute discussion s’est heurtée à la réalité fondamentale de la souveraineté d’état et de la notion toute euro-américaine du pouvoir: le contrôle et la pensée monologique. Il semblerait que les idées et croyances plus pluralistes et complexes d’Onkwehonwe soient trop avancées pour les institutions simplettes coloniales et pour les “élites” les contrôlant et qui réduisent le monde en une vision manichéenne simpliste: eux contre nous et le vrai contre le faux. L’aboriginalisme ayant ses racines dans cet essentialisme dichotomique, rentre parfaitement dans le moule de la mentalité euro-américaine.

[...]

Ainsi en chaque circonstance, toute proposition progressiste est toujours formulée dans un cadre étatique. L’État est incapable de se situer par rapport aux autres dans un cadre pluraliste et pacifique. L’acceptation d’une existence Onkwehonwe dans le cadre de l’état colonial, au-delà de toute créativité possible et imaginable, revient à une sentence de mort à terme pour la nation autochtone. L’impératif programmé de l’état est l’homogéinisation et le contrôle du singulier par le monopole de la force coercitive et de la légitimité. Sans une refonte fondamentale de l’État lui-même, il n’y a aucune chance de réformer la relation entre celui-ci et les peuples indigènes.

[...]

La solution du colon, qui assume un total manque de soutien dans la société dominante pour l’adhésion à un cadre de décolonisation de la relation avec Onkwehonwe parmi la population générale de l’état, est de nier le potentiel de la loi internationale comme une avancée bénéfique des droits indigènes. En fait, le Canada, les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont fait câler tout progrès vers une reconnaissance signifiante des droits des peuples indigènes aux Nations-Unies et dans d’autres forums internationaux.

[...]

Il convient de dire que la source principale des problèmes générés par le défaitisme spirituel dans nos nations, est l’effet qu’a eu l’action des églises chrétiennes (NdT: catholique, presbytérienne, anglicane, méthodiste, évangéliste, unifiée du Canada et tout ce ramassis de sectes ensoutannées…) sur nos peuples…

Nous devons considérer ce que la chrétienté institutionnelle, l’effort de convertir Onkwehonwe en chrétiens et de les voir se soumettre à l’autorité des églises, ont fait avec succès de manière générale, sur le collectif indigène. L’apport de l’effet de la chrétienté est clair: les églises ont apporté un soutien financier aux entreprises coloniales ; elles ont aidé à rationaliser le racisme pour leurs paroissiens blancs ; elles ont forcé Onkwehonwe à accepter l’éthique biblique de la souffrance et de normaliser leur oppression dans la recherche d’une rédemption transcendante plutôt qu’immanente ; elles furent responsables de la gestion des pensionnats pour Indiens, qui furent l’outil principal de la politique d’assimilation forcée.

[...]

La bible chrétienne a amené la peur dans les cœurs de nos peuples. Ceci est notre principale faiblesse. Je parle de peur parce que la combinaison d’une lecture autoritaire du texte, avec le manque d’expérience de la polémique et la menace permanente de la rétribution et de la violence, sont des choses terrifiantes. Cette peur a paralysé nos communautés, les empêchant de résister activement à l’agenda colonial de l’église et de l’état.

A suivre…

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