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Résistance politique: Application française de la petite école zapatiste du Chiapas…

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Des Cévennes à l’Ariège en Juillet 2014: La “petite école buissonnière”

 

La Voie du Jaguar

 

20 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/Petite-ecole-buissonniere-des

 

Nous étions quelques-uns à avoir participé à l’école « La Liberté selon les zapatistes » dont les sessions ont eu lieu début août 2013, fin décembre 2013 et début janvier 2014 dans les zones zapatistes des cinq Caracoles au Chiapas. C’était pour nous comme un engagement moral, pris auprès des zapatistes qui nous avaient reçus, de transmettre autour de nous (dans la mesure du possible) ce que nous avions appris au cours de cette semaine de « classe ». Outre cet engagement, nous étions aussi animés par l’idée d’une rencontre avec celles et ceux qui, au cœur du monde capitaliste, dans des conditions difficiles et contraires, cherchent à construire, à inventer une vie commune.

Nous pensions qu’un échange entre les luttes et les résistances des peuples zapatistes du lointain Mexique face à l’offensive du monde marchand et la recherche d’alternatives de vie ici, dans la vieille Europe (limitée au Sud-Ouest français), pouvait être fructueux, cela malgré la disproportion qui pouvait exister entre les deux expériences : celle des peuples indiens cherchant à reconstruire une vie sociale autonome dans des conditions extrêmement hostiles (présence de l’armée mexicaine, groupes paramilitaires) mais en s’appuyant sur une tradition de vie commune forte ; celle de groupes et d’associations d’individus qui trouvent dans la lutte la matière d’un savoir-vivre ensemble. C’est ainsi que des contacts furent pris avec des associations, des collectifs, des groupes et qu’une tournée d’une dizaine de jours fut organisée. Elle nous a conduits des Cévennes aux Pyrénées du 17 juillet au 26 juillet de l’année 2014.

Dans la salle communale de Saint-Privat-de-Vallongue, en Lozère, nous avons guidé la visite d’une exposition de photos et textes sur l’Escuelita et les écoles zapatistes et nous avons informé les gens rencontrés sur la reconstruction de la clinique et de l’école à La Realidad suite à l’agression des paramilitaires.

Nous avons rencontré à Saint-Victor-et-Melvieu, en Aveyron, des membres d’associations en lutte contre un projet de transformateur et contre la construction d’éoliennes. L’opposition des peuples zapotèque et huave de l’isthme de Tehuantepec à l’envahissement de leurs terres communales par les aérogénérateurs, présentée à partir du petit documentaire Somos viento a donné une dimension internationale aux luttes locales.

À Marcillac, nous avons été reçus au Guingois, lieu de rencontre où l’expérience de construction d’une autonomie sociale par les peuples zapatistes a particulièrement intéressé les habitants de la ferme de Pruines, ferme achetée et gérée collectivement depuis trois ans et demi.

Le 21 juillet nous nous trouvions à la librairie Plume(s) à Millau pour la présentation du livre de Guiomar Rovira Femmes de maïs ; un débat s’engagea ensuite avec des membres du réseau des faucheurs volontaires anti-OGM, du réseau antifasciste No pasarán et de la radio libre Radio Larzac sur la place des femmes dans le mouvement zapatiste.

La rencontre avec L’Ouvert du Canal, association de voisins habitant un espace collectif à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse (à laquelle s’étaient joints des amis toulousains), a permis une discussion sur la notion de territoire comme lieu de vie.

Le mercredi 23 juillet, nous étions invités dans le Tarn, à La Fontié, ferme rachetée il y a peu de temps par un collectif inspiré par le mouvement zapatiste cherchant à se doter des moyens d’une vie collective en « ruptures » avec les injonctions du monde marchand. Ils nous ont fait part des difficultés rencontrées et des compromissions qu’ils sont amenés à faire.

Ensuite nous sommes allés à Vaour. Nous avons été reçus à la ferme de Martre où une discussion s’est engagée sur la différence entre le mouvement zapatiste et les expériences de « revitalisation » des liens sociaux entreprises par de petits groupes d’individus de-ci de-là. Le soir, à Vaour, ceux qui avaient participé à l’Escuelita ont raconté leur séjour dans une communauté zapatiste, les initiatives qui y sont prises et l’organisation politique.

L’École buissonnière s’est terminée le 26 juillet à Saint-Girons, en Ariège (Pyrénées). Un passionnant débat s’est engagé au Palmier, lieu autogéré, sur les luttes et les résistances sociales d’un côté à l’autre de l’Océan, entre la résistance des peuples indiens face à l’offensive destructrice de l’environnement du monde capitaliste (mines, éoliennes, barrages, destruction des forêts…) et la résistance des villages pyrénéens (gaz de schiste, exploitation de la biomasse, déforestation…), comme celle de la commune de Camarade s’opposant à l’installation d’éoliennes sur ses terres.

L’impérialisme australien en soutien de son maître américain en Asie

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 octobre 2014 by Résistance 71

Toutes nos traductions et réflexions concernant les peuples indigènes des Amériques, s’appliquent à l’Australie (et la Nouvelle-Zélande) comme nous l’avons déjà signifié ici. Le colonialisme est bel et bien toujours en marche et il est grand temps que nous, les peuples, le reconnaissions et l’enterrions. Il en va de notre survie sur cette planète!

– Résistance 71 ~

 

L’impérialisme australien joue le rôle de chien d’attaque politique dans la marche des Etats-Unis vers la guerre

 

Nick Beams

 

21 Octobre 2014

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/limperialisme-australien-joue-le-role-de-chien-dattaque-politique-dans-la-marche-des-etats-unis-vers-la-guerre/5409130

 

Les récents propos tenus par le premier ministre australien Tony Abbott selon lesquels il avait l’intention de « tomber sur » (« shirtfront ») le président russe Vladimir Poutine lors du prochain sommet des dirigeants du G20 à Brisbane le mois prochain (au sujet de la destruction en vol de l’avion MH17 de Malaysia Airlines) pourrait paraître à première vue un peu étrange.

Mais loin d’être un étrange accès de colère des antipodes, les remarques d’Abbott sont l’expression de tensions géopolitiques grandissantes, en particulier des pressions exercées par les Etats-Unis contre la Russie et de la substitution de plus en plus fréquente de la diplomatie par le militarisme et les bruits de bottes.

Le terme « shirtfront » est tiré des règles du football australien. Il s’applique à un joueur qui fonce tête baissée sur son adversaire dans le but de le plaquer au sol en le blessant éventuellement.

Il se peut qu’Abbott ait fait le choix de se servir de cette expression et que dans ce sens elle soit accidentelle, mais l’agressivité de sa remarque elle, ne l’est pas. C’est là l’expression du rôle de plus en plus en vue joué au niveau mondial par l’impérialisme australien en tant que fer de lance d’une politique guerrière américaine qui vise tant la Russie que la Chine. Le gouvernement russe a clairement dit avoir compris que si la voix était celle d’Abbott, le message lui, venait de Washington.

L’Australie est déjà totalement intégrée dans le « pivot vers l’Asie » des Etats-Unis contre la Chine. Cette intégration fut préparée par le renversement de l’ancien premier ministre travailliste Kevin Rudd lors d’un coup de main politique interne au Parti travailliste en juin 2010, orchestré par des éléments factionnels entretenant des liens étroits avec l’ambassade américaine. L’éviction de Rudd, qui jugeait nécessaire de s’adapter au pouvoir économique croissant de la Chine en Asie orientale, faisait suite à l’éviction du premier ministre japonais Yukio Hatoyama quelques semaines plus tôt, après que ce dernier eut signalé qu’il voulait une politique étrangère orientée vers la Chine.

Depuis les événements de juin 2010, la politique étrangère australienne se fait de concert avec les Etats-Unis. Le pivot vers l’Asie, qui fut annoncé par le président américain Obama devant le parlement australien en novembre 2011, a été suivi par une intégration toujours plus grande de l’Australie dans l’offensive militaire et politique à l’encontre de la Chine. En novembre dernier, après la déclaration faite par la Chine sur une Zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) comprenant le pourtour des îles Senkadu/Diaoyu, au sujet desquelles elle est en litige avec le Japon, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, avait dénoncé de la façon la plus véhémente les actions de Beijing.

En janvier, Bishop, contrairement à la sagesse politique conventionnelle prévalente qui constate que l’Australie dépend économiquement de la Chine, avait insisté pour dire que, vu l’étroitesse des liens financiers et le niveau d’investissement américain, les Etats-Unis étaient non seulement le plus important partenaire stratégique de l’Australie mais encore son plus important partenaire économique.

On a assisté cette année à la recrudescence d’une activité politique, diplomatique et militaire de l’Australie conforme aux intérêts américains et qui prend un caractère de plus en plus belliqueux.

Lorsque le vol MH17 fut abattu le 17 juillet, la première réaction d’Abbott avait été relativement prudente en indiquant que l’origine de la catastrophe n’était pas claire. Mais quelques heures plus tard, suite à une discussion avec Washington et sans qu’aucun changement ne soit intervenu quant aux faits établis, Abbott publia des communiqués dénonçant la Russie – une position défendue par l’ensemble de l’establishment politique australien au cours des trois derniers mois.

La question fut posée quasiment dès le début de savoir si l’Australie, le pays hôte du prochain sommet du G20, devait annuler l’invitation envoyée au président russe. Cette question fut réglée en marge du Fonds monétaire International durant le week-end du 11 au 12 octobre où les Etats-Unis ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas en faveur d’une exclusion de Poutine. Le facteur de leur motivation avait été l’opposition claire et nette des autres membres du groupe des BRICS (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud) à l’encontre d’une telle décision. Précédemment, la Russie avait été écartée des réunions du G8 mais les Etats-Unis ont décidé que ceci n’était pas possible pour le G20.

Washington est toutefois déterminé à ce que le discours antirusse soit intensifié chaque fois que l’occasion s’en présente. L’Australie joue un rôle unique à cet effet. En qualité de puissance de taille moyenne, totalement tributaire sur le plan stratégique des Etats-Unis et sans liens, économiques ou autres, avec la Russie, elle est libre d’agir en chien d’attaque pour Washington dans sa marche pour établir une domination mondiale des Etats-Unis. Le seul domaine où il pouvait y avoir un conflit c’était à propos de la Chine. Mais cette question fut réglée il y a quatre ans par le coup politique mené contre Rudd.

Le nouveau rôle mondial joué par l’impérialisme australien fut également illustré par son plein appui d’une nouvelle intervention militaire américaine au Moyen-Orient. L’Australie fut l’un des premiers pays à signer la nouvelle « coalition des volontaires » d’Obama et s’engagea à fournir des avions militaires pour les opérations de bombardement en Irak et à utiliser des forces spéciales de l’armée australienne dans ce pays.

Conformément à son rôle sur le front politique et militaire, l’Australie est aussi aux avant-postes pour ce qui est d’étouffer toute opposition antiguerre et de fabriquer en série des alertes à la terreur pour gonfler la prétendue menace émanant de l’Etat islamique (EI). La plus vaste opération policière de l’histoire de l’Australie, menée le 18 septembre soi-disant pour déjouer un complot de l’EI visant à organiser une décapitation publique fut volontiers saisie par le secrétaire d’Etat américain John Kerry au moment où celui-ci cherchait à obtenir le soutien du congrès et sur le plan international pour une action militaire américaine. Les raids conduisirent à l’arrestation de tout juste une personne pour des motifs hautement douteux, liés au terrorisme.

Il existe un autre aspect clé du militarisme croissant du gouvernement australien, qui exprime aussi avec force les processus mondiaux: la tentative de projeter vers l’extérieur des tensions sociales grandissantes.

En raison de ses liens économiques avec l’économie chinoise, le capitalisme australien avait, dans une certaine mesure, été à l’abri de l’impact initial de l’effondrement financier de 2008. Mais maintenant, les effets de la crise mondiale se font sentir dans toute leur intensité et dans certains cas, avec une force redoublée en raison du retard.

Le boom du secteur minier, d’importance cruciale pour soutenir l’économie australienne, est bel et bien révolu. Des licenciements de masse ont lieu dans les mines de charbon et les recettes, provenant de la vente du minerai de fer qui constitue un cinquième des exportations du pays et sont un élément clé de l’impôt sur le revenu du gouvernement, ont été touchées cette année par une chute des prix de l’ordre de 40 pour cent.

L’inégalité sociale est en hausse, les salaires réels continuent de stagner ou sont réduits tandis que la pauvreté ne cesse de croître. Conformément à la situation générale que connaissent les principales puissances capitalistes, l’establishment politique officiel est considéré d’une façon de plus en plus hostile par une partie de plus en plus grande de la population.

Placée dans ce contexte, la confrontation genre « shirtfront » d’Abbott avec Poutine est une nouvelle expression de la montée du militarisme à l’échelle internationale, qui conduira à une nouvelle guerre mondiale à moins d’être stoppée par une intervention politique des travailleurs.

Résistance politique: Entretien sur l’anarchisme avec l’historien Howard Zinn (2008)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 octobre 2014 by Résistance 71

Nous avons déniché cette perle d’entretien qu’Howard Zinn a eu en 2008 et où pour la première fois (à notre connaissance), il déclare être anarchiste dans la première phrase de la première réponse. Zinn a toujours manifesté une sympathie non masquée pour les idées et les concepts de société anarchiste, mais ne s´était jamais ouvertement déclaré comme tel. C’est bien qu’il l’est finalement fait.

– Résistance 71 –

 

Rebelles contre la tyrannie un entretien sur l’anarchisme avec Howard Zinn

 

Mai 2008

 

Howard Zinn avec Ziga Vodovnik

 

url de l’article:

http://howardzinn.org/rebels-against-tyranny/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Interview by Žiga Vodovnik

 

Ziga Vodovnik: Depuis les années 1980 nous assistons au processus de mondialisation économique qui se renforce jour après jour. Bon nombre de personnes de “gauche” sont prises dans un dilemme, soit travailler pour renforcer la souveraineté des états-nations comme barrière de défense contre le contrôle du capital étranger et mondial, ou pousser pour une alternative non-nationale à la forme présente de mondialisation et qui est tout aussi globale. Quelle est votre opinion là-dessus ?

Howard Zinn : Je suis un anarchiste et en accord avec les principes anarchistes, les états-nations deviennent des obstacles à une vraie mondialisation humaniste. Dans une certaine mesure, le mouvement pour la mondialisation où les capitalistes essaient de sauter au dessus de la barrière des états-nations, crée une sorte d’oppotunité pour un mouvement d’ignorer les barrières nationales et de rassembler les gens globalement, à travers les lignes nationales en opposition à la mondialisation et au capital, de créer la mondialisation des peuples, opposée à la notion traditionnelle de mondialisation. En d’autres termes, d’utiliser la mondialisation, dans un sens d’outre-passement des limites nationales et bien sûr qui n’impliquerait pas le contrôle corporatif des décisions économiques qui sont prises pour les peuples dans le monde.

ZV: Pierre-Joseph Proudhon a écrit un jour: “La liberté est la mère et non pas la fille de l’ordre.” Comment voyez-vous la vie après ou au-delà des états (nations) ?

HZ : Au delà des états-nations ? (rires) Je pense que ce qu’il y a au-delà des états-nations est un monde sans frontières, mais aussi avec un peuple organisé. Non pas organisé en tant que nations, mais organisé en tant que groupes, collectifs, sans aucune limite nationale et quelque frontière que ce soit. Sans frontières, sans passeports, sans visas. Rien de tout cela ! Organisation de collectifs de différentes tailles, dépendant de la fonction du collectif, ayant des contacts avec les uns avec les autres (NdT: Ce que nous appelons une “confédération de communes libres” !). Vous ne pouvez pas avoir de petits collectifs auto-suffisants, parce que ces collectifs ont différentes ressources disponibles. C’est ce que la théorie anarchiste n’a pas résolu, et qu’elle ne peut sans doute pas résoudre à l’avance, parce que tout cela devra s’établir dans la pratique.

ZV: Pensez-vous qu’un changement peut se produire au travers des partis politiques institutionalisés ou seulement au travers de moyens alternatifs avec la désobéissance civile, la construction de cadres parallèles, l’établissement de médias alternatifs, etc…

HZ: Si vous travaillez, fonctionnez au sein des structures existentes, vous serez corrompu. En travaillant au travers d’un système politique qui empoisonne l’atmosphère, même les organisations progressistes, comme on peut le voir même maintenant aux Etats-Unis, où les gens de la “gauche” sont englués dans la campagne électorale et s’engagent dans de sévères disputes au sujet de savoir s’ils doivent soutenir tel ou tel candidat. Ceci est une petite preuve qui suggère que lorsque vous travaillez au sein de la politique électorale, vous corrompez vos idéaux. Je pense donc qu’un moyen de bien se comporter n’est pas de raisonner en termes de gouvernemet représentatif, de vote, pas en termes de politique électorale, mais en termes d’organisation de mouvements sociaux, organiser les lieux de travail, organiser les voisinages, les collectifs qui peuvent devenir fort au point de prendre le dessus, d’abord suffisamment fort pour résister ce que l’autorité leur a fait et leur fera et secundo, plus tard, devenir plus fort pour remplacer les institutions.

ZV: Une question personnelle. Votez-vous ?

HZ: Parfois, cela dépend. Je pense parfois qu’il est préférable d’avoir tel candidat plutôt qu’un autre, même en sachant que cela n’est pas la solution. Parfois le moindre de deux maux, n’est pas le moindre, alors vous voulez ignorer cela, alors soit vous ne voter pas ou vous votez pour un tiers en forme de protestation contre le système de partis politiques. Parfois la différence entre deux canditats est énorme en elle-même, alors on peut comprendre le fait de vouloir mettre en place quelqu’un de moins mauvais, de moins dangereux (NdT: Les cas Obama ou Hollande sont la preuve que cela n’a aucun sens…). Mais il ne faut jamais perdre de vue que ce qui est important n’est pas qui est en fonction mais quel genre de mouvements sociaux avez-vous en place ? Nous avons vu dans le passé qu’il importe peu qui est au pouvoir si le contre-pouvoir social est fort. Qui que ce soit est à la Maison Blanche, si vous avez un contre-pouvoir social fort, cette personne devra plier en respect du pouvoir des mouvements sociaux. Nous avons vu cela dans les années 60-70 avec Richard Nixon dont l’administration n’est pas le moindre de deux maux, mais le pire, mais la guerre du Vietnam fut terminée grâce aux mouvements sociaux à la fois du mouvement anti-guerre aux Etats-Unis mais aussi du mouvement politico-social vietnamien. Si je vote c’est toujours avec la notion que ce qui est le plus important n’est pas de voter mais de s’organiser.

Lorsque des gens me demandent au sujet du vote, si je soutiendrais tel ou tel candidat, je réponds toujours: “Je soutiens telle ou telle personne dans l’isoloir au moment du vote, mais avant et après je m’assure que se concentrer sur l’organisation des gens est la vraie priorité et non pas d’organiser une campagane électorale.” (NdT: Nous sommes ici en désaccord avec Zinn, voter c’est cautionner le système, qui avec le temps a complètement muselé les mouvements sociaux à grand renfort de corruption et de société de consommation, même en 2008 lorsqu’il disait cela, l’affaire était déjà entendue… Il avait peut-être raison, en tout cas ce raisonnement avait une certaine validité jusqu’à la fin de la guerre du Vietnam, plus après, idem en Europe…)

ZV: L’anarchisme s’oppose grandement à la démocratie représentative puisque c’est une forme de tyrannie, la tyrannie de la majorité. Les anarchistes objectent à la notion du vote majoritaire, notant que les vues de la majorité ne coïncident pas toujours avec des idées morales. Henry David Thoreau a écrit que nous avons une obligation d’agir en accord avec ce que nous dicte notre conscience, même si celle-ci va contre la majorité ou les lois de la société. Seriez-vous d’accord avec cela ?

HZ: Absolument ! Rousseau a dit que si je fais partie d’un groupe de 100 personnes, 99 d’entr’elles ont-elles le droit de me condamner à mort juste parce qu’elles représentent la majorité ? Non, les majorités peuvent avoir tort, les majorités peuvent prévaloir sur les droits de minorités. Si les majorités règnent, nous pourrions bien toujours avoir l’esclavage en place. 80% de la population ont un jour réduit les 20% restant en esclavage. De par le règne de la majorité, cela serait donc acceptable. Ceci est une notion très pervertie de la démocratie. La démocratie doit prendre en compte pas mal de choses, les requis proportionnels des gens, pas seulement la majorité, mais aussi prendre en compte les besoins des minorités ou de la minorité. Aussi prendre en considération que dans une société où les médias manipulent les gens et l’opinion publique, la majorité peut en fait avoir complètement tort du fait d’être manipulée et être même du côté du mal. Donc oui, les gens doivent agir en accord avec leur conscience et non pas par le vote majoritaire.

ZV: Où voyez-vous les origines historiques de l’anarchisme aux Etats-Unis ?

Un des problèmes avec l’anarchisme est qu’il y a beaucoup de gens qui pensent et agissent en tant qu’anarchistes mais qui n’en revendiquent pas le nom. Ce mot fut utilisé par Pierre Joseph Proudhon en France au XIXème siècle, mais il y a eu en fait des idées anarchistes qui ont précédé Proudhon tant en Europe qu’ici aux Etats-Unis. Par exemple certaines idées de Thomas Paine, qui ne s’appellerait pas lui-même un anarchiste, étaient très suspicieuses de toute forme de gouvernement étatique. Bien sûr H.D. Thoreau, il ne connaît ni n’utilise le mot anarchisme, mais ses idées étaient très proches de l’anarchisme. Il est très hostile à toute forme de gouvernement. Si on trace les origines de l’anarchisme aux Etats-Unis alors Thoreau est sans doute ce qui se fait de plus proche du premier anarchiste américain. On ne rencontre pas l’anarchisme jusqu’à après la guerre civile, lorsque les anarchistes européens viennent sur le continent, spécifiquement des anarchistes allemands qui sont venus aux Etats-Unis. Ils ont commencé à organiser les gens. La première fois que l’anarchisme en tant que force organisée est devenu connu publiquement aux Etats-Unis, ce fut suite à l’affaire du Haymarket de Chicago.

ZV: Où voyez-vous la principale source d’inspiration de l’anarchisme contemporain aux Etats-Unis ? Quelle est votre opinion au sujet du transcendentalisme de Thoreau, Ralph Emerson, Walt Whitman, Margaret Fullet et al. en tant qu’inspiration dans cette perspective ?

Bien le transcendentalisme est, nous pourrions dire, une jeune forme de l’anarchisme, ils ne s’appellèrent pas eux-mêmes anarchistes, mais il y a des idées anarchistes dans leur mode de pensée et leur littérature. Dans bien des cas Herman Melville montre des idées anarchistes. Ils étaient très suspicieux de l’autorité. Nous pourrions dire que le transcendentalisme a joué un rôle de créateur d’une atmosphère de scepticisme envers l’autorité, envers le gouvernement.

Malheureusement auourd’hui il n’y a pas de véritable mouvement anarchiste organisé aux Etats-Unis. Il y a pas mal de groupes ou de collectifs qui se disent anarchistes, mais ils sont petits. Je me rappelle que dans les années 60 il y avait un collectif anarchiste ici à Boston qui consistait en 15 personnes (sic), puis ils se sont séparés. Mais dans les années 60, l’idée d’anarchisme devint plus importante en connexion avec les mouvements sociaux de ces années là.

La plupart de l’énergie créatrice en matière de politique radicale de nos jours provient de l’anarchisme, mais seulement peu de personnes sont impliquées dans le mouvement actuellement et se nommant “anarchistes”, Pourquoi cela à votre avis ? Les activistes sont-ils honteux de s’identifier avec cette tradition intellectuelle ou plutôt sont-Ils vrais avec l’engagement dont a besoin l’émancipation véritable pour s’émanciper de toute étiquette ?

Le terme d’anarchisme est devenu associé avec deux phénomènes auxquels le véritable anarchiste ne veut pas être associé. Le premier est la violence et le second est le chaos. La conception populaire (NdT: aidée en cela par certains faits marginaux certes, mais surtout une abondante propagande du système) de l’anarchisme est d’un côté celle du jeteur de bombe et du terrorisme et de l’autre celle du manque de règles, de discipline, tout le monde fait ce qu’il veut, la confusion etc… C’est pour cela qu’il y a une reluctance à utiliser le terme d’anarchisme. Mais en fait, les idées de l’anarchisme sont incorporées dans la façon dont les mouvements des années 1960 ont commencé à penser.

Je pense que peut-être le meilleur exemple de , fut le mouvement des droits civiques avec le Comité de Coordination Non-Violente des Etudiants le SNCC (sigle américain). Sans en connaître les idées, le SNCC personnifia les caractéristiques organisationnelles anarchistes. Il était décentralisé. D’autres organisations du mouvement étaient en revanche très centralisées avec un leader comme la Seven Christian Leadership Conference avec Martin Luther King. La National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) était basée à New York et avait aussi une forme d’organisation centralisée. Le SNCC en revanche était complètement décentralisé. Il y avait ce qu’on appelait des secrétaires de terrain, qui travaillaient dans les petites villes partout dans le sud des Etats-Unis et ce avec une très grande autonomie. Ils avaient un bureau à Atlanta en Georgie, mais ce bureau n’avait que peu d’autorité. Les gens qui travaillaient sur le terrain en Alabama, en Georgie, en Louisiane dans le Mississippi étaient en fait libres de faire comme bon leur semblait en rapport avec une ligne directrice. Ils travaillaient avec les locaux, avec les groupes de la base populaire. Il n’y avait pas de leader(s) dans le SNCC et il y avait une très grande méfiance vis à vis du gouvernement.

Ils ne pouvaient pas compter sur le gouvernement pour les aider, pour les soutenir, même si le gouvernement à cette époque au début des années 60, était considéré comme progressiste, libéral spécifiquement avec J.F. Kennedy. Mais ils observèrent JFK et virent comment il se comportait. JF Kennedy ne soutenait pas les mouvements noirs du sud pour l’égalité raciale. Il nommait des juges ségrégationnistes dans le sud, il permettait aux ségrégationnistes du sud de faire ce que bon leur semblait. Donc le SNCC fut décentralisé, devint anti-gouvernement, sans leadership, mais ils n’avaient pas une vision anarchiste du futur. Ils ne pensaient pas sur le long terme, ils ne se posaient pas la question de savoir quel type de société serait bonne pour le futur. Ils étaient vraiment 100% concentrés sur les problèmes du moment et ceux touchant à la ségrégation raciale. Mais leur attitude, la façon dont ils travaillaient, leur organisation étaient grandement sur des lignes anarchistes pourrait-on dire.

ZV: Pensez-vous que l’emploi de manière péjorative du mot “anarchisme” est une conséquence directe du fait que l’idée que les gens peuvent être libres était et est toujours terrifiant pour ceux qui détiennent le pouvoir ?

Sans aucun doute ! Aucun doute que les idées anarchistes sont terrifiantes pour ceux qui détiennent le pouvoir. Les gens du pouvoir peuvent tolérer des idées libérales (NdT: de gauche dans la terminologie américaine). Ils peuvent tolérer des idées qui appellent aux réformes, mais ils ne peuvent pas tolérer des idées qu’il n’y aura plus ni d’État, ni de pouvoir, ni d’autorité centralisés. Il est donc très important pour eux de ridiculiser l’idée de l’anarchisme de créer cette impression que l’anarchisme est violent et chaotique. Cela sert leurs intérêts bien sûr.

ZV: En science politique théorique, nous pouvons identifier analytiquement les deux conceptions principales de l’anarchisme: un soi-disant anarchisme collectiviste limité à l’Europe et un anarchisme individualiste limité quant à lui aux Etats-Unis. Etes-vous d’accord avec cette séparation analytique ?

Pour moi, ceci correspond à une séparation artificielle. Comme cela arrive souvent, les analystes peuvent rendre les choses plus faciles pour eux-mêmes, comme par exemple créer des allégories et classer les mouvements dans des tiroirs, mais je ne pense pas qu’on puisse faire cela. Ici aux Etats-Unis il est indéniable que des gens ont cru et croient encore à l’anarchisme individualiste, mais il y a aussi eu les anarchistes organisés de Chicago des années 1880 ou du SNCC. Je pense que dans ces deux cas, en Europe et aux Etats-Unis, vous avez ces deux manifestations du mouvement, mais peut-être qu’en Europe, l’idée d’anarcho-syndicalisme (NdT: CNT/AIT) y est plus forte qu’aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis vous avez l’Industrial Workers of the World (IWW) qui est une organisation anarcho-syndicaliste et qui n’est sûrement pas en phase avec le courant de l’anarchisme individualiste.

ZV: Quelle est votre opinion sur le dilemme des moyens: révolution contre évolution socio-culturelle ?

Je pense qu’ici il y a plusieurs questions différentes. L’une d’entr’elles est celle de la violence et je pense qu’ici les anarchistes se sont trouvés en désaccord. Ici aux Etats-Unis, vous trouverez un désaccord, et vous pouvez trouver ce désaccord en une personne, Emma Goldman. Vous pourriez dire qu’après sa mort, son œuvre amena l’anarchisme sur le devant de la scène politique aux Etats-Unis dans les années 1960, lorsqu’elle devint alors une figure politique très importane. Mais Emma Goldman était pour l’assassinat de Henry Clay Frock, puis elle décida que cela n’était pas le chemin à prendre. Son ami et camarade Alexandre Berkman, n’a pas totalement abandonné l’idée de la violence. D’un autre côté vous avez aussi des anarchistes qui étaient sur le chemin emprunté par des gens comme Léon Tolstoï et Mohanda Gandhi, qui croyaient en la non-violence.

Il y a une caractéristique centrale de l’anarchisme sur le plan des moyens, et ce principe central est celui de l’action directe, de ne pas céder aux formes que la société vous offre, celles du gouvernement représentatif, du vote, de la législation, mais de directement prendre le pouvoir. Dans le cas des syncicats, de l’anarcho-syndicalisme, cela veut dire que les travailleurs ne se mettent pas seulement en grève générale, mais ils exproprient les industries, et les font fonctionner en auto-gestion. Qu’est-ce que l’action directe ? Dans le sud, lorsque les noirs s’organisaient contre la ségrégation raciale, ils n’ont pas attendu que le gouvernement leur donne le feu vert, ni n’ont été devant les tribunaux après avoir déposé des plaintes ou attendu que le congrès passe des lois. Ils ont pris les affaires en main, directement, ils sont allés dans les restaurants, s’y assirent et refusèrent d’en sortir. Ils montèrent dans les bus et agirent de la façon dont ils voulaient que cela se passe.

Bien sûr la grève est toujours une forme d’action directe. Avec une grève, vous ne demandez pas au gouvernement de vous faciliter les choses en passant une loi, vous prenez une action directe contre l’employeur. Je dirai qu’aussi loin que les moyens sont concernés, l’idée d’une action directe contre le mal que vous voulez éradiquer est une sorte de dénominateur commun de l’action anarchiste, de ses idées et de ses mouvements. Je pense qu’un des plus grands principes de l’anarchisme est que vous ne pouvez pas séparer les fins des moyens ; donc si vous pensez que votre objectif est une société égalitaire, vous devez utiliser des moyens égalitaires. Si votre but est une société non-violente sans guerre, vous ne pouvez pas utiliser la violence pour parvenir. Je pense que l’anarchisme requiert des moyens et des objectifs pour être en ligne les uns avec les autres. Je pense que cela est en fait une des caractéristiques très spéciales de l’anarchisme.

ZV: Noam Chomsky a dit une fois alors qu’on lui demandait au sujet de sa vision spécifique de la société anarchiste et de son plan détaillé pour y parvenir, que “nous ne pouvons pas nous représenter quels problèmes il y aura sans expérimenter avec eux”. Avez-vous le même sentiment que beaucoup d’intellectuels perdent leur temps et leur énergie au sein de disputes théoriques au sujet de la fin et des moyens et qu’ils ne pensent même pas à “expérimenter” ?

Je pense que cela vaut le coup de présenter des idées, comme Michael Albert l’a fait avec son “Parecon” par exemple, tout en maintenant la flexibilité. Nous ne pouvons pas créer un modèle de société du futur maintenant, mais je pense qu’il est bon d’y penser. Je pense qu’il est bon d’avoir un but en tête. C’est constructif, cela aide, c’est sain, de penser à quoi pourrait ressembler la société du futur, parce que cela vous guide en quelque sorte dans ce que vous faites aujourd’hui, mais il ne faut pas que ces discussions deviennent des obstacles à construire et à travailler ardemment à cette société. Il est facile de passer son temps à discuter ce type de société utopiste plutôt que celle-là et se perdre en conjectures en oubliant d’agir de façon à s’en rapprocher au mieux.

ZV: Dans votre livre “Une histoire populaire des Etats-Unis” vous nous montrez que notre liberté, no droits, nos standards d’environnement etc ne nous ont jamais été donnés par les riches et les influents, mais que cela a toujours été le résultat des luttes des gens ordinaires, au moyen de la désobéissance civile. Quel serait à cet égard, nos tous premiers pas vers un monde meilleur ?

Je pense que la première étape est de nous organiser et de protester contre l’ordre existant, contre la guerre, contre l’exploitation économique, sexuelle, contre le racisme etc, mais de s’organiser de telle façon que les moyens correspondent aux fins, de nous organiser de façon à créer le genre de relation humaine qui serait celle de la société à venir. Cela veut dire nous organiser sans autorité centralisée, sans leader charismatique, d’une façon qui représente en miniature la société idéale d’une société égalitaire. De cette façon, même si vous ne gagner pas demain ou l’an prochain, vous avez quoi qu’il en soit créé un modèle, Vous avez agit en façonnant une société future satisfaisante, vous en avez une vision pratique à petite échelle même si vous n’avez pas encore atteint le but ultime de la société égalitaire(NdT: L’exemple des Zapatistes du Chiapas au Mexique est très adapté à ce dont parle ici Zinn…)

ZV: Quelle est votre opinion sur les différentes tentatives de scientifiquement prouver l’hypothèse ontologique de Bakounine que les êtres humains ont “l’instinct de la liberté”, pas seuleemnt la volonté mais aussi le besoin biologique ?

En fait j’y croit ; mais je pense que vous ne pouvez pas avoir une preuve biologique de cela. Vous devriez trouver un gène de la liberté ? Non. Je pense que l’autre façon est de fouiller l’histoire du comportement humain. L’histoire du comportement humain montre ce désir de liberté, montre qu’à chaque fois que les gens ont vécu sous la tyrannie, les gens se sont rebellés contre.

Ziga Vodovnik est assistant professeur de sciences politiques à la facultév de sciences sociales de l’université de Loubjana (Slovénie), où il enseigne et recherche sur la théorie et la praxis des mouvements anarchistes et sociaux sur le continent des Amériques.

Published at CounterPunch • May 12, 2008

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Howard Zinn sur Résistance 71:

http://resistance71.wordpress.com/howard-zinn/

Crime de l’empire: Une journaliste assassinée par la CIA et les services turcs…

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Une journaliste libano-américaine tuée par les services de renseignement turcs

 

Al Manar

 

21 Octobre 2014

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=198097&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=23&s1=1

 

Serena Shim, journaliste américano-libanaise travaillant pour la chaîne iranienne anglophone Press TV, a été tuée dimanche dans un accident de route suspect à la frontière syro-turque.

Agée de 30 ans et mère de 2 enfants, la journaliste couvrait depuis la Turquie les combats dans la ville frontalière de Kobané, (Aïn el-Arab en arabe).

Après avoir achevé un reportage à Suruc (localité turque proche de la frontière syrienne qui accueille des milliers de réfugiés), un poids lourd a percuté sa voiture la tuant sur le coup. Le cameraman Judi July qui l’accompagnait a été blessé.

Press TV a diffusé un message télévisé de Serena Shim qui avait exprimé peu avant sa mort sa peur d’être arrêtée par les services de renseignements turcs qui l’avaient accusée d’être une espionne, vu qu’elle avait accusé -preuves à l’appui- les autorités turques d’entretenir des liens avec Daesh. Elle a fait état d’infiltration des takfiristes en Syrie via la frontière turque.

Elle avait également indiqué sur Press TV détenir des images de ces miliciens traversant la frontière, dissimulés dans des camions d’ONG et du Programme alimentaire mondiale (Pam) de l’Onu. Une affaire qui lui aurait couté la vie.

Dans un entretien avec Press TV, Rodney Martin, président de l’American Nationalist Association, a souligné que  Serena a été « victime d’une opération secrète de l’Agence centrale de renseignements (CIA), très probablement avec la coopération de la Turquie qui avait accusé la journaliste d’espionnage parce qu’elle détenait des images démontrant l’aide des autorités turques à Daesh ».

La journaliste avait rejeté les accusations d’espionnage.

À ce propos et dans une vidéo postée sur le site de Press TV, Serena avait indiqué avant sa mort : « Je suis très surprise de cette accusation. J’ai même pensé à parler aux services de renseignements turcs pour dire que je n’ai rien à cacher et je n’ai fait que mon boulot. Cependant, je suis un peu inquiète parce que la Turquie est considérée par Reporters sans frontières comme une grande prison pour les journalistes, donc j’ai un peu peur. »

Depuis 1950, des accidents de voiture bizarres et toujours mortels sont organisés surtout par des spécialistes de la CIA et du Mossad. Ces incidents visent souvent des journalistes d’investigation.

Le directeur des informations de Press TV, Hamid Reza Emadi, a rejeté lundi la version de l’accident.  « Nous pensons que le gouvernement turc doit être tenu responsable devant la communauté internationale. Il faut savoir exactement ce qui s’est passé », a-t-il souligné.

La famille de la journaliste a également indiqué à Press TV ne pas croire la version turque.

Mascarade à l’ONU… La « Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes » réaffirme le colonialisme sous l’impulsion du Canada et du pays du goulag levant (ex-USA)

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Cet excellent compte-rendu de Glenn Morris est à mettre en parallèle des études de Steven Newcomb sur les Droits Indigènes à l’ONU.

L’ONU est contrôlée et gérée par les gouvernements occidentaux racistes et colonialistes, eux-mêmes contrôlés par de grosses transnationales pour qui le colonialisme est un droit existentiel… L’ONU est le grand Barnum de la diplomatie mondiale en tous les domaines.

– Résistance 71 –

 

Les états envahisseurs ont détourné la Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes (CMPI) de l’ONU

 

Glenn Morris

 

16 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/16/invader-states-hijacked-un-world-conference-indigenous-peoples

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En regardant la frauduleuse “Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes” (CMPI) de l’ONU sur la chaîne UN Web TV les 22 et 23 Septembre dernier, je me remémorais une phrase fameuse de Thomas Pynchon: “S’ils vous poussent à poser les mauvaises questions, ils n’ont pas besoin de se soucier des réponses.” Cette réunion de l’ONU était remplie de membres d’états, de hauts fonctionnaires, qui ont convaincu un bon nombre de participants indigènes de poser une multitude de mauvaises questions. Malheureusement, quelles que soient les questions posées par les indigènes, la réponse fut toujours la même: les forces qui ont envahi vos patries sont fermement en contrôle de l’ONU.

Pire même, la pièce à l’ONU contenait des indigènes qui participèrent à cette réunion depuis une position de peur et non pas depuis cette fière position qui définissait la naissance du mouvement international contemporain de luttes indigènes pour leurs droits, commencé il y a plus de 40 ans. Les spectateurs indigènes semblaient ne participer que mûs par l’insécurité de se voir laisser en dehors de quelque chose de grand. Ils ne savaient pas exactement quoi, mais ils ne voulaient pas le louper. Ils refusèrent de faire valoir leurs droits les plus fondamentaux, de peur d’irriter, de courroucer les membres de l’ONU, ces mêmes états qui ont envahis leurs territoires, massacrés leurs peuples et tenter d’exterminer leurs cultures. Ce fut un spectacle pathétique, vraiment.

La réunion a été un succès prévisible pour les états envahisseurs des Nations-Unies. Elle a aussi marqué un retrait des 40 ans de lutte vers l’auto-détermination des peuples indigènes qui rugît après les 71 jours de libération de la réserve de Wounded Knee en 1973. Ce que la très grande majorité des peuples indigènes du monde ignoraient au sujet de cette CMPI fut que, de manière ridicule, les conclusions finales ou ce qu’ils ont appelés “Le Document Résultant” ou DR de la CMPI, avait déjà été rédigé par les états membres avant même que la conférence ne débute. La réunion elle-même ne fut qu’une farce ayant un résultat pré-déterminé. Il n’y avait aucun besoin de discussion encore moins d’un débat. En fait, il n’y avait absolument aucun besoin de cette réunion, excepté pour servir d’exemple de théâtre kabuki de l’auto-suffisance, pour permettre aux états de perpétrer la fraude de leur attention envers les peuples indigènes.

La réunion fut une régression pour les peuples indigènes car le mouvement international des peuples indigènes ces 40 dernières années a été largement influencé par 4 priorités stratégiques essentielles. Ces quatre positions ont été consciencieusement exclues ou furent rendues sans intérêt dans le document final résultant (précédant devrait-on dire…) la réunion:

  1. L’Auto-Determination. Le droit à l’auto-détermination des peuples indigènes, ce qui veut dire le droit international pour les nations indigènes de déterminer librement leur statut politique et de poursuivre librement un développement économique, politique, social et culturel. Ceci est un point phare par l’article 3 de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU. L’auto-détermination n’est mentionnée nulle-part dans le DR de la réunion.
  2. La personalité internationale des nations indigènes et le caractère international des traités entre les nations indigènes et les états envahisseurs.

Ce principe est une extension de celui de l’auto-détermination et insiste sur le fait que les peuples indigènes ne sont ni conquis et ne sont pas non plus des nations légalement sous la domination de, ou l’occupation des états envahisseurs. De manière similaire, le principe revendique que les traités entre les peuples et nations indigènes et les envahisseurs doivent obtenir le respect international et être sujets à un arbitrage international impartial comme stipulé dans l’article 37 de la DDPI de l’ONU. Il n’y a aucune mention des traités de quelque nature que ce soit dans le DR de la CMPI.

  1. Le droit des peuples indigènes de contrôler nos territoires, nos ressources naturelles et notre connaissance traditionnelle.

Il n’y a aucune garantie dans le DR de la CMPI pour sécuriser le consentememt libre, préalable et informé (CLPI) des peuples indigènes avant l’invasion des territoires par les états. Il n’y a aucune mention dans la CMPI sur le CLPI. Le dernier jour de la conférence, le Canada a explicitement dit qu’il refusait d’abandonner sa présumée suprématie sur les peuples et nations autochtones. L’arrogance coloniale du Canada n’a pas été unique, simplement le Canada l’a admis ouvertement. Les références au CLPI dans le DR sont fortuites car rendues stériles par le pillage des états de la signification même du CLPI.

  1. Le démantèlement de la doctrine chrétienne de la découverte. Le lit légal sur lequel les Etats-Unis, le Canada et les autres états colons occidentaux rationalisent leur invasion, leur domination et destruction des peuples et nations indigènes. Cette doctrine “légale”, la fondation de toutes les lois fédérales américaines sur les Indiens, légitimise la suprématie blanche et chrétienne ainsi que le vol sur des continents entiers. La légitimité sans relâche de la doctrine dans la loi des états colonisateurs, viole la charte des Nations-Unies, les deux déclarations des droits de l’Homme et la Convention pour l’Éliminaton de la Discrimination Raciale. Et pourtant, la “Conférence Mondiale” et son DR ont entièrement ignoré cet aspect et ont laissé la doctrine chrétienne de la découverte sans aucun examen et complètement intacte.

Les États ne peuvent aucune anticipation de mise en application de la DDPI de l’ONU en ignorant chacun de ces quatre point de focalisation. De même, les peuples indigènes dans la réunion peuvent à peine demander le manteau du “leadership” après s’être portés volontaires comme piliers d’un processus escroc le tout en permettant aux États de déclarer la réunion un succès. La conférence a prouvé être un succès pour les États, pour l’extension de leur domination et de la domestication des peuples indigènes. Le processus de cette “conférence mondiale” a permis aux état d’esquiver toute responsabilité de leurs crimes contre l’humanité, pour génocide, et pour leur destruction persistante des peuples indigènes (ethnocide), au nom du progrès de la “civilisation”, du développement et de la mondialisation.

Le processus de la CMPI contrôlé par les États a utilisé trois tactiques éprouvées par le temps contre les peuples indigènes afin de parvenir à museler une participation effective indigène et d’arracher un consentement dans cet ersatz de “conférence mondiale”:

  1. Diviser pour mieux régner
  2. Exclusion de l’opposition et…
  3. Fayottage

Certains membres de l’ONU (ainsi que la bureaucratie de l’ONU elle-même, qui opère avant toute chose pour protéger les intérêts des états membres), maîtrisèrent très bien le contrôle de certains gardiens du temple indigènes au sein du système onusien et en privilégiant aussi ceux qui étaient en faveur de la CMPI, les “bons Indiens raisonnables”, tout en marginalisant ceux qui avaient des critiques à formuler comme étant les “mauvais Indiens hostiles”. En légitimisant les indigènes gardiens du temple étatique, L’ONU fournît une couche isolante entre les parties étatiques qui voulaient l’apparence des peuples indigènes “marchant avec la CMPI et ceux des indigènes qui rejetaient la manipulation étatique, qui demandaient le respect et une participation équitable et qui refusèrent de donner leur consentement à cette “conférence mondiale” complètement falsifiée.

Alors qu’il devenait clair que les sbires indigènes du système ne pouvaient pas parvenir à un consensus général pour la collaboration des peuples indigènes dans le plan de la CMPI, l’ONU décida alors d’exclure et de réduire au silence l’opposition. Lorsque le North American Indigenous Peoples’ Caucus (NAIPC) décida qu’il n’allait pas accepter la subordination et l’inégalité dans le design même de la conférence, les représentants du NAIPC (à la fois adultes et ceux de la jeunesse), furent systématiquement exclus de tout débat ou décisions en regard de la réunion. L’ONU commença à marginaliser subrepticement les “mauvais Indiens” et donna plus de pouvoir et de responsabilité aux “Indiens pragmatiques”, qui furent d’accord de se soumettre au programme de la conférence.

Les “Indiens raisonables” comme les représentants de l’Indian Law Resource Center (ILRC), le Native American Rights Fund (NARF), la National Congress of American Indians (NCAI) et l’International Indian Treaty Council (IITC), reçurent leur validation en étant permis de rester dans le circuit de communication de l’ONU ; ils furent récompensés avec de l’information, de l’accès et parfois même du financement, pour faciliter leur participation continue. La tactique prit la forme du refus explicite de financer les délégués de l’opposition, tout en finançant ceux qui étaient en soutien, ceci menant à la censure de certaines voix lors de la planification du programme de la CMPI. La stratégie des États était de fournir l’illusion d’un consensus indigène en excluant ceux qui auraient pu s’y opposer et bloquer ce consensus au travers de la critique ou de perspectives contraires.

La troisième tactique, celle du “fayotage”, fut utilisée sans vergogne par certains délégués indigènes des Etats-Unis et du Canada pour circonvenir aux “mauvais indiens hostile” du NAIPC et pour solliciter les gouvernements américain et canadien. Aux Etats-Unis, l’ ILRC, NARF, NCAI et l’IITC se sont rencontrés ont ont communiqués directement avec le gouvernement et ses représentants du ministère des affaires étrangères un bon nombre de fois avant la tenue du la CMPI. Dans un apparent qui pro quo avec les Etas-Unis, les ONG indigènes sont tombées d’accord pour jouer le jeu à la réunion de l’ONU et en échange le gouvernement américain leur lança quelques miettes. Ces miettes prirent la forme d’un soutien cosmétique sur des postures non controversives de la part des ONG, qui ne défiaient en rien la suprématie du pouvoir plénière américain sur la loi et la politique internes sur les Indiens. Les organisations des “bons Indiens” rejetteront bien sûr cette caractérisation, mais les faits parlent d’eux-mêmes. Ils ont permis eux-mêmes et on cajolé plusieurs représentants de “gouvernement tribal” afin qu’ils soient exploités en tant que figurants sur la scène de théâtre Kabuki des États. Pour leur peine, ils sortirent de la réunion sans rien de substantiel.

Une image spécifique de ces relations confortables peut se voir dans la présentation du représentant des Etats-Unis, Keith Harper, lors de la CMPI le 23 Septembre. Harper, un Cherokee, mais parlant pour le gouvernement des Etats-Unis, fut nommé cette année par Obama comme ambassadeur américain au conseils des droits de l’Homme de l’ONU. Le nombre de similarités dans le discours d’Harper avec les positions circulant de l’alliance ILRC/NARF/NCAI défie toute possibilité coïncidentelle. Il est certain que les “Indiens pragmatiques” jubilent sur le fait que Harper ait mentionné la considération américaine de la “possibilité” pour que les “gouvernements tribaux” puissent être un jour, quelque part, au sein du système des Nations-Unies. Les “Indiens raisonables” (comme ces vieux “bons Indiens” d’autrefois..) seraient pourtant bien avisés de ne pas trop en attendre des Etats-Unis et de ses artifices. Tout ceci est à classer avec les milliers de promesses qui jonchent le lit de la relation historique entre les Etats-Unis et les nations autochtones.

Dans les débats ayant eu lieu ces deux dernières années au sujet de savoir si le NAIPC devait se retirer de la CMPI de l’ONU, l’Amérique du Nord a défendu cette participation se basant sur le fait qu’il était important pour les peuples indigènes de participer à cette conférence en référence au dicton qui dit que “si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu”. En d’autres termes, afin de protéger les gains faits depuis 40 ans nous devons continuer à participer au processus de l’ONU, même, apparemment, sous des conditions qui pourraient être irrespectueuses, inégalitaires et destructrices.

En regardant la conférence sur la chaîne de télé de l‘ONU, je pensais à ces débats et au slogan du “menu”. Une autre citation culinaire me vint à l’esprit, cette fois-ci venant du grand auteur uruguyen Eduardo Galeano: “Votre participation dans ce processus ne vous permet que de suggérer la sauce avec laquelle vous serez mangés.” Malheureusement, tout ce qui est sorti de cette conférence de l’ONU fut, comme l’avait annoncé Galeano, l’ “opportunité” pour les peuples indigènes de participer à un processus qui nous permet seulement de suggérer la sauce avec laquelle nous serons mangés par les états et les corporations, entreprises transnationales.

Nous avons été prévenus.

Glenn Morris (Shawnee) est un membre et porte-parole du conseil de leadership de l’American Indian Movement (AIM) du Colorado. Il est professeur de science politique à l’université de Denver, Colorado, où il dirige le 4ème Centre Mondial pour l’Étude de la Loi et de la Politique Indigène. Il a été un défenseur actif des nations autochtones aux Nations-Unies depuis 1981.

Nettoyage ethnique sioniste de Gaza: Témoignage d’un résistant…

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Témoignage d’un combattant de la résistance palestinienne

 

Asmaa Al-Ghoul

 

17 Octobre 2014

 

url de l”article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14993

 

Dès que la guerre s’est interrompue, Abu Abdel Rahman (un nom d’emprunt), combattant de 26 ans des Brigades Izz ad-Din Al-Qassam, a quitté les tunnels où il avait dirigé des opérations contre les forces israéliennes.

Revenu à sa vie normale, il partage son temps entre le travail dans la force de police palestinienne, les études et sa famille. La guerre, cependant, n’a pas quitté Rahman. « Depuis la fin de la guerre, je suis infesté de cauchemars. Je rêve qu’ils [les Israéliens] ont ouvert le tunnel et nous ont trouvés à l’intérieur, et qu’ils nous tuent tous, » raconte-t-il à Al-Moniteur.

Pouvoir se poser un moment avec Rahman n’est pas chose aisée. Il observe tout autour de lui, notant chaque mouvement, et il reste silencieux dès qu’un étranger s’approche. « Je ne veux pas [laisser n’importe qui] identifier le son de ma voix, » dit-il. Avant de prendre un siège, Rahman enlève tous ses appareils électroniques et les laisse à une distance d’où ensuite il pourra souffler un peu.

Rahman a livré un certain nombre de détails au sujet de la guerre. « Nous pouvions faire sauter six véhicules militaires depuis l’intérieur d’un tunnel qui était seulement de 70 centimètres de large et de 140 centimètres de hauteur. Chaque bombe plantée dans la terre était numérotée. Quand un véhicule militaire s’arrêtait au-dessus de la bombe, nous la faisions exploser en nous basant sur son numéro. S’il était au-dessus de la bombe n° 1, le fil relié à la bombe était lui-même identifié par le même nombre. Si le véhicule était au-dessus de la bombe n°2, il était relié par le fil n°2, » dit-il pour expliquer comment les combattants savaient quel détonateur était appareillé avec quelle bombe.

« Un des mujahedeen sortait sa tête en se camouflant hors du tunnel pour observer l’emplacement des véhicules. Quand un véhicule était au-dessus d’une bombe, nous la faisions alors exploser. À ce moment-là, nous lancions des cris de « Dieu est grand » à l’intérieur du tunnel, lequel faisait des dizaines de mètres sous la terre, » poursuit-il.

Rahman continue à noter ses souvenirs de temps de guerre dans un petit carnet. Il s’est rappelé par exemple comment lui et un autre mujahedeen ont partagé le peu de nourriture et d’eau dont ils disposaient. Il s’est également rappelé comment ils ont prié assis sur leurs genoux. Sa tête est encombrée de tant de souvenirs qu’il lui est difficile de reprendre une routine quotidienne comme si la guerre ne s’était jamais produite. Il est quelque fois distrait parce qu’il est soudain rattrapé par certains moments de la guerre, ne prêtant pas toujours attention à ce qui est autour de lui.

Rahman suit les cours du Centre National D’enseignement à distance de l’Université Al Quds, où il n’est qu’un autre étudiant parmi d’autres discutant de son domaine d’études, les sciences économiques, avec ses collègues et professeurs. Aucun d’eux ne sait qu’il est un membre de la résistance. C’est le cas également quand Rahman descend la rue et rencontre par hasard des personnes qu’il connait. Aucune d’entre elles ne sait qu’il est quelqu’un qui a miraculeusement survécu à la guerre, et qu’il est même resté emprisonné pendant cinq jours avec 14 autres combattants dans un tunnel qui avait été bombardé par des avions de guerre.

« Si nous pouvions retourner à ces jours où nous avons si violemment combattu, je voudrait alors avoir pu empêcher l’ennemi de pénétrer la Bande de Gaza. Je pense à mon ami Abu Ahmed qui est resté seul emprisonné à l’intérieur du tunnel après que ce dernier ait été bombardé. Nous ne pouvions pas le sauver, et beaucoup e temps a passé avant qu’il ne meure… Je suis fier de ce que nous avons fait pendant la guerre, mais quand je vois mes compatriotes [les autres Palestiniens] je n’éprouve rien sinon de l’humilité, » dit Rahman.

Cependant, en dépit de la fierté qu’il éprouve, Rahman ne veut plus de guerre. « Je ne souhaite absolument pas que ces jours reviennent. Je suis constamment inquiet pour ma famille. Je crains que [les Israéliens] ne découvrent mon identité et ne bombarde ma maison. » Rahman considère que sa vie suit en même temps deux chemins côte à côte : d’un côté sa vie de tous les jours, ses études et sa famille, et de l’autre la mort et la résistance à l’occupation. « Le deuxième chemin existera tant que l’ennemi sera là, » dit-il.

L’épouse de Rahman semble être constamment inquiète, comme si son bonheur pouvait n’être que provisoire, seulement possible en période de tranquillité. Parlant de sa femme, Rahman nous dit, « J’essaye toujours de faire tout mon possible pour elle et de passer autant d’heures que possible avec elle et mon fils. »

Rahman a rejoint les Brigades Al-Qassam alors qu’il était encore très jeune, après avoir été influencé à la mosquée qui est à côté de sa maison. Il n’a participé à des combats que dans la dernière guerre, précisant que lors de la guerre de novembre 2012 il n’y avait pas eu d’invasion au sol. Pendant la guerre de 2014, Rahman a supervisé et déclenché des opérations militaires depuis l’intérieur d’un tunnel. Il s’est extrait du tunnel à moitié détruit vers la fin de la guerre.

« Après que les forces d’occupation aient bombardé une nouvelle fois le tunnel avec des fusées contenant un gaz mortel, quatre d’entre nous sont restés emprisonnés à cause du sable qui s’était effondré. Nous avons pu entrer en communication avec nos supérieurs en utilisant un réseau souterrain réservé, et ils nous ont commandé de tous évacuer. Ils nous couvriraient par des tirs d’obus de mortier déclenchés d’un emplacement différent. Dix d’entre nous ont pu s’échapper en courant. Nous nous attendions à être touchés par des tirs à tout moment mais nous pu rejoindre un secteur plus sûr. Dès que la trêve est entrée en vigueur deux jours plus tard, nous avons pu sauver les quatre [combattants] qui étaient restés bloqués. »

De temps en temps, les Brigades Al-Qassam demandent à Rahman de prendre position à la frontière orientale de Gaza avec Israël en vue d’une toujours possible aggravation de la situation. En rencontrant alors d’autres combattants et en discutant avec eux, Rahman a découvert que ceux-ci étaient également poursuivis par des cauchemars dus à la guerre.

 

* Asma al-Ghoul est journaliste et écrivain, du camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Santé et corruption: Une femme médecin parle…

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OGM et vaccins les conclusions qui s’imposent

 

Dr. Kelly Brogan

 

19 Octobre 2014

 

url de l’article:

http://www.alterinfo.net/OGM-vaccins-les-conclusions-qui-s-imposent_a107274.html

 

initialement publié le 12 Novembre 2013

 

La docteur en médecine Kelly Brogan est formée allopathiquement et holistiquement pour les soins aux femmes dans toutes les phases du cycle reproductif faisant l’expérience de symptômes d’humeurs et d’anxiété, incluant le syndrome pré-menstruel, la grossesse et la symptomatologie postpartum, ainsi que les maladies liées à la ménopause.

 

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Je n’ai jamais eu d’attirance particulière pour la politique. Je ne suis pas non plus théoricienne de la conspiration. Je n’ai jamais été arrêtée et je n’aime pas avoir des ennuis.

Par contre, j’ai toujours aimé penser par moi-même. Je suis d’un naturel sceptique et pragmatiste. Ces temps-ci, il y a pas mal de questions qui m’interpellent et en reliant les choses entre elles, je parviens à mieux appréhender la vérité en science.

Je voudrais aujourd’hui vous avertir que dans de nombreux domaines où vous pensiez être protégé par les autorités en place et par le gouvernement, vous avez en fait été mené n’importe où par le bout du nez, et ce sera à vous seul qu’il appartiendra de vous débrouiller quand tout ira mal. C’est la raison pour laquelle je souhaite que les consommateurs deviennent chaque jour plus autonomes et qu’ils réfléchissent bien à tout ce qui doit rentrer dans leur corps.

Les êtres humains ont tendance à souffrir d’un orgueil démesuré – nous pensons que nous savons mieux que la nature, que nous pouvons faire mieux que la nature, que nous pouvons la maîtriser. Il existe (au moins) deux transgressions qui ont des tendances similaires et qui soulèvent pas mal d’inquiétudes : les OGM (aliments génétiquement modifiés)  et la vaccination. Voici ce qu’ils ont en commun :

La guerre contre la nature

Après avoir évolué pendant des milliards d’années on ne peut nier que la nature ait du sens. Il suffit de penser à la complexité des systèmes botaniques, à la relation aux ravageurs, à la complexité de la nature des sols, à tant d’éléments qui permettent une diversité optimale, ainsi que la reproduction.

Ce n’est que lorsque nous avons commencé à industrialiser le processus, à détourner certaines lois pour assurer des rendements et permettre aux fabricants de produits chimiques de « remédier » aux variables perçues comme des échecs, que nous nous sommes retrouvés dans le gâchis que nous connaissons aujourd’hui avec les OGM. – Nous avons, au hasard, injecté de l’ADN animal dans le génome des plantes et perturbé ainsi leur fonctionnement naturel tout en permettant leur saturation en herbicides toxiques qui sont aussi des perturbateurs du système endocrinien et intestinal.

Les compagnies pharmaceutiques et les médecins pensent qu’ils peuvent déjouer le système immunitaire qui, tout au cours de l’évolution, a coexisté avec des microbes; ils pensent qu’ils peuvent maitriser et formater ces systèmes. Nous sommes en guerre avec les maladies infectieuses. En conséquence, notre peur et notre malveillance vis-à-vis des bactéries et des virus nous ont conduits à  modifier, altérer et compromettre notre système immunitaire. Ces perturbations du système immunitaire ont été induites par des agents pathogènes injectés dans nos muscles avec des additifs toxiques qui dépriment les fonctions naturelles du système immunitaire et provoquent de l’inflammation chronique.

Cette idée d’améliorer nos capacités humaines comme nous le comprenons aujourd’hui est abordée par Sayer J. dans GreenMedInfo sous le terme « transhumanisme »

Nous ne pouvons pas duper et déjouer la nature; nous commençons seulement à apprécier son infinie complexité.

« Quelle est cette sorte de « science » qui inflige des dommages neurologiques à plusieurs centaines de milliers d’enfants chaque année ?…La catastrophe des vaccinations infantiles est essentiellement due à l’orgueil démesuré de la profession – cette volonté du médecin (avec les meilleures intentions du monde !) de prendre le contrôle des forces de la nature et de les plier à sa propre volonté. »

Harris Coulter, historien de la médecine dans « Vaccination, Social Violence and Criminality »

Manque d’études de sécurité avant la mise sur le marché

Monsanto prétend que les OGM sont équivalents aux aliments habituels (tout en échappant au devoir de prouver leur innocuité). Monsanto prétend que ces OGM sont suffisamment novateurs pour pouvoir être brevetés. Malgré les effets « Frankenstein » de ces manipulations génétiques, ces aliments n’ont jamais été étudiés sur une population humaine et encore moins évalués à long terme. Ce qui se passe à la suite de cette procédure accélérée pour aboutir à la commercialisation, c’est que petit à petit les dommages au niveau de la population commencent à émerger. La diversité des maladies chroniques en Europe et en Amérique pourrait avoir un rapport avec les limites imposées à ces produits en Europe et en Amérique. Il est un fait qu’il est difficile d’établir la relation de cause à effet pour les maladies chroniques. Toutefois, il est important d’insister sur l’importance des essais de pré-commercialisation à long terme.

Les vaccins n’ont jamais été étudiés par rapport à un groupe de non vaccinés, parce qu’ils sont supposés être à ce point vitaux pour notre santé que ce serait contraire à l’éthique de ne pas les appliquer, même si l’épidémiologie de base montre que l’hygiène et l’alimentation ont joué le rôle le plus important dans l’élimination des maladies infectieuses. Les vaccinations n’ont jamais été complètement étudiées dans leur contexte actuel, pas plus que les additifs (adjuvants) qui comprennent des produits toxiques connus pour le corps tels que l’aluminium, le mercure, le formaldéhyde et le polysorbate 80.

Signal de préjudice

Malgré ce manque d’efforts pour démontrer l’innocuité des produits dans ces deux domaines, un signal a néanmoins été donné qui aurait dû mettre davantage en avant le principe de précaution. Monsanto a surveillé les produits non OGM, ainsi que les produits OGM qui servaient à l’alimentation des rats pendant 90 jours et a déclaré que les modifications des fonctions hépatiques et rénales n’étaient pas cliniquement significatives. Seralini et al. ont repris ce projet mais ont prolongé de plusieurs années la période d’observation. Jetez un coup d’œil à ce qui s’est passé avec ces animaux. La première tumeur est apparue à l’âge de 4 mois. Plusieurs autres études ont reproduit les conclusions provocatrices de l’étude initiale. – Le glyphosate, l’herbicide qui a été pulvérisé en quantités de plus en plus importantes, est en fait un perturbateur endocrinien lié à l’obésité, aux maladies du foie, aux anomalies congénitales, à l’autisme et au cancer. C’est l’étude la plus instructrice sur ces mécanismes toxiques. Il a été observé que la toxine Bt dans le maïs OGM a pu perforer les cellules intestinales et circuler dans les tissus fœtaux.

Que ce soit dans le domaine du développement neurologique, de l’auto-immunité et des décès ou même sur la question de la susceptibilité/la prédisposition à la maladie, problèmes vis-à-vis desquels les vaccins devraient pouvoir assurer une protection, les vaccins ont néanmoins démontré qu’ils pouvaient provoquer des problèmes qui ont fait l’objet de dédommagements s’élevant à plusieurs milliards de dollars par le programme national d’indemnisation des dommages vaccinaux (National Vaccine Injury compensation Program) :

http://het.sagepub.com/content/31/10/1012.full

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22235057

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21880755

Des cas de maladie chronique comme l’atopie et l’autisme ont été mis en évidence et en corrélation avec les taux de vaccination…

Suppression des enquêtes

Séralini a été réduit au silence. Son travail a été vertement attaqué. Il a été censuré par les médias et des demandes de rétraction de ses publications ont été introduites par des gens ayant des liens avec l’industrie. Plusieurs mois après les publications de Séralini, Richard Goodman, ancien employé de Monsanto a été rapidement nommé au poste de rédacteur en chef adjoint au département de biotechnologie.   Comme Monsanto est maintenant à la tête des revues médicales influentes, les perspectives  pour la publication de recherches indépendantes sont de plus en plus réduites.

Le désormais tristement célèbre Andrew Wakefield qui a publié un article sur la présence d’une souche de rougeole vaccinale dans les intestins d’enfants autistes a perdu sa licence d’exercer et accusé de fraude dans une chasse aux sorcières visant à supprimer toute recherche dans cette direction. Heureusement à l’heure actuelle, au moins 28 études indépendantes du monde entier ont confirmé ses conclusions.

Protection des bénéfices corporatistes

Le « Monsanto Protection Act » a été conçu pour fournir une immunité juridique à la technologie GM afin que des citoyens ne puissent jamais introduire de plainte par rapport à des dommages secondaires à une exposition à des aliments génétiquement modifiés. C’est de cette manière que les sociétés seraient protégées par rapport aux agriculteurs et aux citoyens.

Le Programme d’Indemnisation pour Dommages Vaccinaux  a été créé en 1986 pour protéger les sociétés de toute responsabilité de sorte que toute incitation à une politique de sécurité de leurs produits a été éliminée. De la sorte, les citoyens ne pouvaient plus s’engager dans des procès pour demander justice.

Conflits d’intérêt et portes tournantes

C’est là que la situation dérape et que se trouve la véritable source de la corruption.

Lorsque ceux qui règlent un  système qui a besoin de freins et de contrepoids sont les mêmes personnes  qui en profitent et ont profité de sa protection et de sa réussite, nous assistons à une détérioration critique de la situation par rapport à l’intérêt et la patience des consommateurs. […]

La liste des personnes interchangeables entre le CDC, l’industrie pharmaceutique et le Comité consultatif des vaccins contribue à augmenter le nombre de conflits car il ne s’agit nullement d’exceptions. C’est notamment en janvier 2010 que Julie Gerberding, ancienne directrice du CDC (Centres de Contrôle et de Prévention des Maladies) est devenue la présidente de l’Unité vaccins chez Merck. C’est en janvier 2011 qu’Elias Zerhouni, ancien directeur du NIOH (National Institute of Health) est devenu président des laboratoires de recherche chez Sanofi-Aventis. On sait que ces relations sont souvent réglées d’avance. Le porte-parole le plus véhément du programme vaccinal est le Dr Paul Offit,  MD, employé de Merck et titulaire d’un brevet pour le vaccin contre le Rotavirus. Cet article  illustre les nombreuses couches de conflits d’intérêts qui obscurcissent le jugement des régulateurs. Si vous préférez ne pas lire, voici une courte vidéo.

Il est impossible de s’attendre à de l’objectivité dans la recherche ou dans la diffusion de l’information dans pareilles circonstances. Ces conflits d’intérêt minent pratiquement toutes les revendications en matière de sécurité… Ces géants multimilliardaires n’hésitent pas à dépenser quelques dollars quand il s’agit d’influencer les législateurs et les régulateurs. Les projets dont il a été question dans cet article vont finir par se réunir pour produire des vaccins contenant des OGM. Nous faisons déjà partie d’une vaste expérience incontrôlée. Cette situation pourrait ajouter une couche supplémentaire de complexité qui ferait déborder le vase. Si vous pensez comme moi, il n’y a pas de doute que vous vouliez échapper à pareille situation que vous n’avez jamais souhaitée.

Il y a cependant un moyen d’en sortir : faire des choix éclairés, faire confiance à son instinct, à son bon sens et voter selon ce qui vous apparaît financièrement le plus judicieux.

Dr Kelly Brogan, M.D.

Source : Greenmedinfo

http://www.initiativecitoyenne.be/article-ogm-vaccins-les-conclusions-qui-s-imposent-124812517.html

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