Leurre politique et farce électorale dans la société du spectacle…
"Si voter changerait quoi que ce soit ce serait illégal depuis longtemps !"
– Emma Goldman –
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Elections = Distraction
Editorial du Monde Libertaire No 1668 du 12 au 18 Avril 2012
Il y a peu, certains des commentateurs patentés s’agitant autour du barnum qu’est l’élection présidentielle, s’étonnaient de ce que l’État n’ait pas, cette fois, organisé de grande campagne médiatique enjoignant le quidam à s’inscrire sur les listes et à se rendre aux urnes.
« Quoi ? », bramèrent-ils en chœur, on voudrait nous priver de l’hymne à la joie du vote, on n’encenserait pas, cette année, la merveilleuse geste civique qu’est l’élection suprême ? D’aucuns y virent le signe d’une crise de foi touchant jusqu’au plus haut sommet de la pyramide républicaine ; d’autres, plus prosaïques, la simple volonté de faire quelques économies. La vérité, comme d’habitude, est ailleurs, bien que pas très loin.
À quoi servent les élections ? Répondre qu’elles ne servent à rien est de l’ordre de la facilité, étant bien entendu qu’elles ont un but, un objectif, tenant tout entier dans le beau mot, ici galvaudé, de « distraction ». Nous distraire c’est, dans ce cas, nous tenir à distance de l’essentiel, des luttes, de la rue, de la révolution, de nos rêves tout autant que des dures réalités. Or pour qui voudrait juger quel degré de « distraction » vise l’élection en cours, il lui suffirait de s’attarder sur le slogan mélenchonniste, « la révolution par les urnes ». La bonne blague ! Mais qui fonctionne, et puisque, finalement, le Front de gauche fait correctement le boulot, contient la vague et la dirige vers des urnes plus funéraires que jamais, puisque des foules nombreuses semblent ne plus détecter l’oxymore se dissimulant sous cette formule mêlant révolution et urnes comme on mélangerait le feu et l’eau, pourquoi l’état se fendrait-il d’une campagne en faveur du vote ?
Avec des bateleurs de foire tel Mélenchon les isoloirs n’ont pas besoin de promotion, et tant que le peuple continuera de les suivre en aveugles devenus muets du fait de leur avoir confié leurs voix, le capitalisme pourra dormir sans risque de cauchemar, tant veaux d’or et vaches sacrées seront assurément bien gardés.
Source:
http://www.monde-libertaire.fr/images/flippingbook/01.png?%3C?php%20echo%20time()%20?%3E
Cet article a été publié le avril 12, 2012 à 2:27 et est classé dans actualité, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire avec des tags abstention politique élections 2012, anarchie, élections distraction, dégradation sociale france, dissidence a l'oligarchie, dissidence au nouvel ordre mondial, politique française, résistance politique, société état et démocratie, société libertaire. Suivez toutes les réponses à cet article par flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou envoyer un rétrolien depuis votre site.
avril 12, 2012 à 8:46
[...] Resistance71 [...]
avril 13, 2012 à 4:34
Hum, pour qu’ils lachent prise et comprennent : l’échafaud.
Les financiers nous bouffent et nous boufferont.
Faut qu’ils pigent avant, le reste viendra ensuite.
La nuit du 4 aout avant, ils ne nous lacheront pas comme ça.
J’en arrive à cette – triste – conclusion vraiment ras le bol.
avril 15, 2012 à 1:56
L’Histoire a prouvé que le système est au-delà des individus. Il se perpétue indépendamment des hommes. En conséquence, c’est le système qu’il faut abattre en le minant et le rendant obsolète dans la vie pratique, pas les hommes en charge qui sont remplaçables. Le système est conçu pour survivre au delà des personnes.
c’est l’allégorie de l’hydre dont les têtes repoussent en permanence une fois coupées. La guillotine "révolutionnaire" n’a fait qu’éliminer le danger pour le nouveau pouvoir bourgeois, comme les hébertistes et les sections parisiennes. La "terreur" n’avait pour but que de renforcer le pouvoir bourgeois, elle a mené ai 1er Empire et à la dictature d’un arriviste qui n’était qu’un faire-valoir une nécessité des banquiers pour consolider leur puissance et leur hégémonie…
Le bain de sang révolutionnaire qui ne manque jamais du suivre les "prises de pouvoir" ne fait que renforcer la reaction. Du reste il ne s’agit pas temps de "prendre le pouvoir" que de le diluer dans le peuple. Là est la solution à notre sens; cela ne peut venir que des peuples par leur changement d’attitude au sein d’une société organique qui se doit de passer du négativisme étatico-capitaliste à l’égalitarisme libertaire.
La mort naturelle ou non de David Rockefeller ou des Rothschild ne changera rien à la donne, le système continuera, c’est lui qu’il faut attaquer à la racine, ses intervenants n’étant que la chair mortelle des rouages de son fonctionnement.
C’est l’amour, la solidarité et l’union fraternelle qui renverse les systèmes définitivement, pas la guillotine…
Dans un article intitulé: "Mahatma Gandhi’s Vision for the Future of India: The Role of Enlightened Anarchy" le professeur de droit de l’université de Pennsylvanie Joseph Friedman dit ceci (2008):
"Gandhi ne préconisait pas l’anarchie comme une fin en soi, mais plutôt comme une des conditions essentielles pour une autogestion réelle ou swaraj. La tâche la plus immédiate de L’Inde, avant même de poursuivre un changement socio-économique ou politique, était d’atteindre le swaraj. Ceci demandait à la fois une autogestion sur le gouvernement et aussi une autogestion de l’esprit et des passions. En réduisant jalousie et veulerie, violence et lutte inter-communautaire, le swaraj ferait la promotion d’une meilleure prospérité, de la compassion et du bonheur individuel… La renaissance spirituelle rendrait la gouvernance inutile, d’après Gandhi, les pièges du gouvernement civil étaient superflus car une vie faite de bonheur était possible en son absence. Avec l’aide de satyagraha (la résistance spirituelle non-violente), les Indiens pourraient vivre plus rapidement la vie spirituelle éclairée de leurs ancêtres."
Gandhi, ce que peu de personnes savent ou veulent admettre, était un disciple auto-proclamé de Léon Tolstoï, dont "l’anarchisme chrétien", tient une place à lui seul dans le mouvement anarchiste. Souvent ostracisé par les courants anarchistes traditionnels athées.
L’équilibre réside à notre sens dans la synthèse de ces courants de pensée, qui ne sont rien que masturbation intellectuelle s’ils ne sont pas suivis d’une action directe de terrain, rappelons-le.