Nouvel Ordre Mondial: la farce de la "démocratie" occidentale exposée au grand jour dans l’affaire de la dette grecque et du referendum !…

La Démocratie occidentale: une farce et une escroquerie

 

 

Par Dr. Paul Craig Roberts

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27447

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Chaque jour qui passe ajoute à l’image frauduleuse de ce qui est appelée la démocratie occidentale.

Considérez que le monde occidental dans sa totalité est outragé que le premier ministre grec ait annoncé qu’il allait permettre au peuple grec de décider de sa destinée au lieu qu’elle soit décidée par une clique de banksters, de politiciens et de bureaucrates vivant aux crochets de l’argent des contribuables dans des “discussions” qui se tiennent dans la station balnéaire de Cannes sur la Méditerranée.

L’économie grecque fait face à sa quatrième année de déclin et manque de revenus pour honorer sa dette nationale qui est dans les mains des banques privées européennes. Les banques ne veulent pas perdre d’argent, donc une poignée de décideurs ont fait un accord avec les représentants du gouvernment grec: l’effacement d’une partie de la dette en échange de subsides de capitaux par l’Union Européenne, qui seront financées par de sévères mesures d’austérité sur la population grecque. Les salaires, fonds de retraites et sécurité sociale sont amputés alors que le niveau de chômage augmente jusqu’à des niveaux de dépression économique. Les fonctionnaires sont mis au chômage; de très bonnes propriétés publiques sont vendues à des tiers privés pour des queues de cerises. Bref, la Grèce est en passe d’être pillée.

Beaucoup de citoyens grecs sont descendus dans les rues pour protester la politique d’austérité et ont atteint le point de colère suffisant pour commencer à lancer des cocktails Molotov sur la police. Le Grèce est en phase de désintégration politique. Le peuple grec perçoit bien que le “plan de sauvetage” de l’UE ne sauve pas la Grèce. Il sauve les banques françaises, hollandaises et allemandes aux dépends du peuple grec.

Le premier ministre grec, voyant le soutien de son parti et son pouvoir s’effondrer, a annoncé qu’il laisserait les citoyens décider dans un referendum. Après tout, c’est ce que les démocraties sont supposées faire. Mais il faut constater une chose: le “nous avons la liberté et la démocratie” n’est pas supposé être pris au pied de la lettre. Ceci n’est qu’un slogan propagandiste derrière lequel les citoyens sont vraiment gouvernés par leurs des arrangements d’arrière boutique décidés par des intérêts privés très puissants.

L’annonce par le premier ministre grec qu’il allait soumettre le “plan de sauvetage” d’arrière-boutique au vote par referendum a choqué la hiérarchie de l’UE, de Washington et des investisseurs. Mais qui est ce Grec qui pense qu’il va laisser le peuple qui porte le poids de plan, avoir  son mot à dire là-dedans ? Qui a laissé sortir ce Grec de sa cage ? ceci n’est pas du tout la manière dont les démocraties fonctionnent.

Les décideurs de l’UE sont outragés par cette action hors procédure du premier ministre grec. Mais celui-ci compte sur le peuple grec pour approuver le plan, et non sans raison.

Le peuple grec a été conditionné depuis des décennies sur l’importance de “faire partie de l’Europe”. Ce qui veut dire être membre de l’Union européenne. Quand les Grecs vont réaliser que voter “non” à ce plan de sauvetage des banksters veut dire être jetté hors de l’UE, ce qu’il vont apprendre d’ici au referendum, ils voteront alors pour le plan de sauvetage d’arrière-boutique.

Les sondages l’indiquent déjà. Un sondage d’un journal grec indique que bien que si 46% s’opposent au plan de sauvetage, 70% veulent rester dans l’UE, ce que les Grecs voient comme une question de vie ou de mort.

Si ce sondage est un indicateur fiable, le premier ministre grec a pris une décision politique brillante. Le peuple grec votera en faveur de ce contre quoi ils manifestent violemment dans la rue. Comme le peuple grec se mettra lui-même les fers, les politiciens seront alors exonérés. Voilà le pari qu’a pris le premier ministre grec.

Quel qu’en soit l’issue, gardez à l’esprit que tout le monde politique occidental et le monde de l’investissement étaient choqués qu’un politicien a dit qu’il allait laisser le peuple décider, au lieu simplement d’imposer le plan d’arrière-boutique. Laisser les peuples décider est un non-non abslou dans les démocraties occidentales.

Si vous désirez plus de preuve concernant cette créature mythique appelée “démocratie occidentale”, considérez le fait que les gouvernements occidentaux ne sont plus redevables devant la loi. Contrastez par exemple les accusations d’harcèlement sexuel qui minent la campagne présidentielle du candidat Herman Cain avec le passe-droit donné à de hauts officiels du gouvernement qui ont clairement violé la loi statutaire.

Ce qui suit n’est pas une défense de Cain. Je ne prend aucun parti-pris sur les accusations. Le point réel est différent. En Amérique, la seule chose qui peut ruiner la carrière politique d’un(e) politicien(ne) est son intérêt pour le sexe. Un politicien par exemple comme George W. Bush, Dick Cheney ou Barack Obama ne peut pas avoir sa carrière ruinée pour avoir enfreint la loi des Etats-Unis ou la loi internationale ou pour avoir traité la constitution comme un “vulgaire bout de papier”. Bush et Cheney peuvent mener l’Amérique en guerre entièrement sur la base de mensonges et de falsifications orchestrés. Ils peuvent commettre des crimes de guerre, faire massacrer un grand nombre de civils pour la cause de la “guerre contre la terreur”, qui est en elle-même une fraude. Ils peuvent violer les lois américaines et internationales contre la torture, simplement parce que “le président l’a décrété.”

Ils peuvent jeter à la poubelle le habeas corpus, ce requis constitutionnel qui dit qu’une personne ne peut pas être emprisonnée sans preuve présentée à une cour de justice. Ils peuvent refuser le droit à un avocat. Ils peuvent violer la loi et espionner les citoyens américains sans mandats de justice adéquats. Ils peuvent envoyer la procédure judiciaire en enfer. En fait, ils peuvent faire simplement ce qu’ils veulent tout comme Hitler et Staline le faisaient avec leur Gestapo et police secrète. Mais s’ils montrent un intérêt déplacé quelconque pour une femme ou la proposition d’une femme… Ils sont cuits.

Très peu de commentateurs ont dit quoi que ce soit à propos de ceci. La chambre des représentants n’a pas empêché le président Clinton pour ses crimes de guerre contre la Serbie. Elle a monté la procédure à propos du mensonge sur une affaire sexuelle avec une interne à la Maison blanche. Le sénat américain qui avait trop d’affaires de ce type en son sein à défendre, n’a même pas essayé d’obtenir une condamnation.

Ceci est l’Amérike (NdT: Roberts écrit volontairement en anglais “Amerika”) d’aujourd’hui. Un président sans aucune autorité de par la loi et sûrement pas de par la constitution, peut faire assassiner des citoyens américains sur la simple rumeur qu’ils soient des “menaces” pour la sécurité de l’état. Aucune preuve n’est requise. Pas de condamnation. Pas de présentation de preuves devant une cour de justice. Juste un assassinat. Ceci est maintenant possible pour tout président amérikain. Mais qu’il essaie de coucher avec une femme qui n’est pas la sienne, et ses carottes sont cuites.

En Amerike, il n’y a plus ce qu’on appelait la torture; il y a les “interrogatoires améliorés”. Un simple changement de mot a éliminé le crime. Donc la torture est permise.

En Amérike aujourd’hui, ou au Royaume-Uni ou dans l’Union Européenne, quiconque dit la vérité est une “menace”. Julian Assange de Wikileaks, qui a rendu publique des informations fuitées par des sources gouvernementales horrifiées par les actions criminelles du gouvernement des Etats-Unis, va être extradé vers la Suède, suite aux enormes pressions exercées par l’Amérike sur les cours de justice britanniques; conséquemment la Suède en échange de faveurs de la “seule super-puissance au monde”, le renverra aux Etats-Unis en ignorant la loi pour qu’il y soit poursuivit sur des accusations fabriquées.

La “civilisation” occidentale est complètement corrompue par l’argent amérikain. Il n’y a plus d’intégrité nulle-part. Pendant une décennie complète, Washington a tué des femmes, des enfants, des vieillards et des journalistes au nom de l’escroquerie de la “guerre contre la terreur”.

De quelle terreur est le monde témoin en fait ?

Le monde est le témoin de la terreur qu’Israël, protégée par Washington, inflige aux Palestiniens.

Le monde voit la terreur que Washington inflige à la Serbie, l’Irak, L’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, la Somalie, la Libye, l’Amérique latine et maintenant l’Afrique, avec la Syrie, le Liban et l’Iran qui attendent leur tour. “La guerre contre la terreur” n’est rien de plus qu’une excuse inventée de toute pièce et orchestrée de telle façon que L’Amérike et Israël puissent parvenir a l’hégémonie tout en enrichissant leurs industries d’armement.

En Grèce, le premier ministre s’est au moins impliqué à donner au peuple son mot à dire quant à sa destinée. Aux Etats-Unis, les citoyens n’ont absolument rien à dire. Les moutons sont contents d’étre protégés par la “sécurité”, les scanners pornographiques des aéroports, les écoutes illégales, la détention indéfinie et la molestation sexuelle. Pour poursuivre son escroquerie de “guerre contre la terreur”, le gouvernement des Etats-Unis s’est élevé lui-même au dessus de la loi.

L’effort des Américains pour responsabiliser par la loi, le mouvement d’occupation de Wall Street, s’il n’est pas annihilé par le froid, la glace et la neige, le sera vraisembleblement par la violence policière. Une émeute déclanchée par des provocateurs (NdT: ici dans le sens de policiers infiltrés), c’est tout ce que cela demandera pour transformer des manifestants pacifiques en “extrémistes domestiques”, le point de focus numéro 1 du département de la sécurité intérieure (NdT: le fameux Department of Homeland Security, DHS, qui ressemble de plus en plus à la securitate roumaine ou la Stasi Est-Allemande…). La presse prostituée consolidera le cas contre les émeutiers et les moutons avaleront la couleuvre une fois de plus.

La police a été militarisée par Washington. Les forces de police locales ne représentent plus les citoyens qui paient leurs salaires. La police locale représente la guerre de Washington contre les Etats-Unis. Les citoyens américains sont tous suspects. Quiconque passe la sécurité des aéroports le sait. La seule loi à laquelle le gouvernement obéit n’est même pas une loi. C’est une règlementation bureaucratique qui empêche, même en temps de guerre, de faire un profil des suspects par pays d’origine ou ethnicité.

Conséquemment, tout américain super-patriote, agiteur de drapeau, né sur le sol des Etas-Unis est suspect quand ils embarquent sur un avion de ligne. Des citoyens qui ont des classifications secret ou confidentiel défense à vie, sont soumis à des scanners pornographiques ou du harcèlement sexuel. La sécurité des aéroports ne peut pas faire la différence entre un “terroriste” et un analyste de la CIA, un général du corps des Marines ou un sénateur américain.

Des membres bien connectés de la classe élitiste dominante comme Michael Chertoff, peuvent devenir riches en vendant ces scanners pornographiques aux contribuables afin “de protéger le public contre les terroristes”.

Les seuls terroristes dont les citoyens feront l’expérience sont ceux financés par leurs propres impôts au sein de leur “propre” gouvernement. Un peuple qui est incapable de distinguer la véritable menace qui pèse sur lui n’a aucune chance de survivre. L’Amérike est peut-être une super-puissance militaire, mais elle n’existe dorénavant plus comme pays libre avec un gouvernement responsable devant la loi ni même comme état de droit.

 

Addendum du Dr RobertsLe premier ministre grec a été forcé de retirer le referendum sur la "plan de sauvetage" qu’il avait promis au peuple grec. Les dirigeants européens ont indiqué au premier ministre grec que la démocratie n’a aucun rôle à jouer dans cette décision. La Grèce fut sommée de voter le plan qui lui fut agréé ou alors la Grèce est hors de l’UE. Le premier ministre grec refroidit a dit au parlement que la seule façon de rester dans l’UE est de voter pour le diktat du "plan de sauvetage".

 

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20 Réponses to “Nouvel Ordre Mondial: la farce de la "démocratie" occidentale exposée au grand jour dans l’affaire de la dette grecque et du referendum !…”

  1. Quel est le role exact de "Goldman Sachs" dans l’entrée de la Grèce dans l’UE – ?

  2. Quand il y a referendum, on ignore les résultats ou bien encore on réitère celui-ci jusqu’à obtention du résultat voulu.
    Alors, laisser le peuple grec voter : pourquoi faire ?

    Point positif : celles et ceux qui croyaient encore en la légitimité des pouvoirs en place ou bien qui doutaient de l’identité de ceux qui sont aux manettes n’ont plus qu’à lire; et même la bouse people : sur la Croisette le gros buisiness dicte ses désirs.

    Comment ? Zen et non violence vous dites ?
    Il va falloir des sédatifs : c’est devenu plus qu’insuppportable.

  3. G-vain (ça me plait cette formule – personne n’y a pensé !!)

    je viens de lire :

    le Vatican se prononce pour : "une réforme du système financier international dans la perspective d’une autorité publique à compétence universelle" (Le Monde Financier en pleine crise de foi )
    ou de foie

    le Vatican accompagnerait-il l’oligarchie dans son délire de mondialisation ?????

    Sur le même site, concernant la Grèce il est supposé une prise de pouvoir de l’armée ???

    http://www.loretlargent.info

    • Dans tous les cas le premier ministre grec ne pouvait pas ignorer les réactions à l’international suite à sa décision de consulter le peuple.
      Mascarade ou véritable surprise ?
      Maintenant en retirant la possibilité au peuple grec de s’exprimer, il ne pouvait pas non plus ignorer sa réaction : comme provocation on ne peut guère mieux, l’aubergine coince.
      Alors, un coup oui, un coup non, c’est une pièce de théâtre de très mauvais gout. Et pour pousser le peuple à se révolter – puis à le mater – on ne fait pas mieux.
      La coercition militaire ? Hélas, c’est une éventualité

    • Historiquement… où s’est toujours… TOUJOURS… située l’église ?… De quel côté de la barrière ??
      Est-ce si surprenant que les ensoutanés fassent ce genre de déclaration ?

  4. l’empire – l’europe – l’alliance du temportel et du spirituel, c’est CHARLEMAGNE

    mais tout a éclaté et éclatera toujours ……………

  5. il faut revoir l’histoire de la Gréce depuis les soulévements communistes pour voir que les régimes des colonels n’a été en fait préparé que par les anciennes puissances occupantes.

    Il est curieux que même sur internet il y ait très peu de docuemts sur cette période.

    Mais quand on en trouve, on comprend le rôle nauséabond de l’église orthiodoxe et là encore, on comprend l’emprise qu’elle a sur la société grecque. Et on découvre qu’à ce sujet il y a un enfumage par l’histoire officielle et ce pouvoir, elle n’est pas près de le perdre.

    Mais c’est au peuple grec à ouvrir les yeux et à faire le point.

  6. Très bonne analyse du toujours excellent Gerald Celente sur RT:

    http://www.youtube.com/watch?v=qdUpj5s2ZtE

  7. La Grèce n’a jamais cessé d’être occupée depuis 1945 et l’écrasement par toutes les forces en présence de la résistance communiste.

    Et les 2 familles les Caramanlis et les Papandréou qui occupent le devant de la scène depuis 60 ans et désignés par les grecs comme les coupables n’ont été que les ordonnateurs depuis des décennies des problèmes que la Gréce connait.

    On commence à avoir un bout d’explication sur ce bog d’internet :

    Grèce : vingtième siècle: histoire de la Gréce moderne au vingtième siècle.

    les Panpandréou père et grand père de celui-ci sont responsables de la venue des colonels, car après s’être débarassés de Constantin, certainement que cela ne plaisait pas aux puissances occupantes en coulisses, Grande Bretagne, USA et qu’ils ont préféré l’armée à un Papandréou.

    Donc il faut aider le peuple grec !

  8. Comment doit-on interpéter cet extrait de l’histoire de la Grèce, avec un appui des USA et de l’Angleterre aux royalistes dans les parages, un Papandréou et un conflit avec le roi Constantin II qui est contraint à l’exil.

    "A peine la Grèce commençait à se relever de ses ruines, que déferlait sur elle une terrible guerre civile (1946-1949) opposant de nombreux résistants (communistes en particulier) aux royalistes. Ces derniers, soutenus et financés, par l’Angleterre et les Etats-Unis, l’emportèrent en 1949. Un grand nombre de communistes fut alors exilé en Russie et en Pologne.
    En 1952, dirigée par un parti de droite, la Grèce de Kostandinos Karamanlis se rapproche du monde occidental en devenant membre de l’O.T.A.N. Dix ans plus tard, la gauche l’emporte avec Georges Papandhréou qui gouverne le pays et entre en conflit avec le nouveau roi Constantin II.
    Le 21 avril 1967, un coup d’Etat, dirigé par le Colonel Papadhópoulos, instaure un régime dictatorial et entraine l’exil du roi"

  9. Il me semble que la volte-face, forcée ou non face aux pressions extérieures et intérieures, de Papandréou, peut servir à achever de montrer aux béats de la démocratie occidentale que cette démocratie n’a plus d’autres existence et réalité que celles d’une façade de la nouvelle dictature financière, que les populations n’ont plus voix au chapître, que voter ne signifie plus rien, n’a plus aucun poids -rappelons-nous aussi le referendum français de 2005-, et que seule une action déterminée et bien ciblée pourrait encore faire réfléchir les puissances d’argent et modérer un peu leurs appétits prédateurss?

    Ne faudrait-il pas se servir désormais sans répit de cette pantalonnade de Papandréou pour marteler cette vérité afin d’essayer de faire enfin entrer le clou même dans les têtes les plus dures et obtuses, sauf bien sûr celles qui ne sont faites que de mauvaise foi patente….

    Mais j’avoue être assez sceptique et découragé vu la passivité actuelle des opinions et la complaisance suspecte pour ne pas dire la complicité inavouée, avec laquelle elles se laissent manipuler, ces opinions, par les discours de plus en plus grotesques et ubuesques pourtant, face à la réalité, de la propagande officielle, celle des politiques aux ordres de l’argent comme celle des médias au bas de l’échelle des menteurs et faux culs obéissants…

  10. La guerre d’Irak est finie, mais le parti de la guerre persiste

    4 nov

    par Ramzy Baroud pour The Palestine Chronicle

    Dans une déclaration faite à la Maison-Blanche le 21 octobre, le président US Barak Obama a promis que son pays retirerait enfin son armée d’Irak.
    « Après quelque neuf années, la guerre menée par les USA en Irak sera terminée » dit-il.

    Plaçant l’annonce faite par Obama dans son contexte, CBSNews.com disait dans un article publié le même jour : « la guerre d’Irak a entraîné la mort de plus de 4400 soldats étasuniens et a coûté plus de 700 milliards de dollars. »

    Les médias US abordent maintenant uniquement les pertes subies par les USA, eux qui ont semé la guerre et la destruction dans un pays qui avait un besoin urgent de paix et d’aide humanitaire. Pendant les dix années qui ont précédé la guerre, l’Irak pliait sous le poids des sanctions imposées par les Nations unies sous l’impulsion des USA, sanctions qui ont laissé l’infrastructure du pays au bord de l’effondrement.

    Dans son introduction à l’important livre de Ramsey Clark, The Impact of Sanctions on Iraq : The Children Are Dying (Impact des sanctions sur l’Irak : les enfants meurent), Sara Flounders écrivait « les sanctions sont une arme de destruction massive. Depuis le début des sanctions frappant l’Irak, un demi-million d’enfants de moins de cinq ans sont morts de malnutrition et de maladies évitables. Les sanctions provoquent une famine artificielle. Un tiers des enfants irakiens survivants aujourd’hui souffrent de retards de croissance et de carences nutritionnelles qui déformeront leur courte vie ».

    En 1999, j’ai été le témoin direct de l’impact des sanctions sur les enfants irakiens. Je suis rentré de ce pays avec des montagnes de photos et des souvenirs qui me hantent jusqu’ici. Curieusement, ce ne sont pas les sanctions en tant que « armes de destruction massive » qui ont inspiré la fin du siège, mais les prétendues armes de destruction massive (ADM) irakiennes qui ont attiré un autre désastre pour un pays déjà dévasté.

    Il faudra peut-être des années pour véritablement comprendre l’ampleur de ce que l’on a appris depuis sur l’Irak. La mort et la destruction ont plané sur le pays tuant et blessant des centaines de milliers de personnes ; elles en ont envoyé des millions en exil tandis que des millions supplémentaires ont été classés par les organismes des Nations unies comme des personnes intérieurement déplacées (IDP). Ce fut un spectacle épouvantable que l’on ne peut pas décrire avec le langage de la raison, mais qui a été le quotidien de millions de personnes ordinaires, abominablement punies pour un crime qu’elles n’avaient jamais commis.

    Les derniers soldats US quitteront le pays le 1er janvier « la tête haute, fiers de leur succès », selon Obama. C’est ce même président qui dans un discours au Caire déclarait le 4 juin 2009 que « à l’encontre de l’Afghanistan, la guerre en Irak a été le fruit d’un choix ». Y a-t-il de quoi être fier d’une guerre dévastatrice choisie, M. le président ?

    S’adressant à la Chambre des Représentants, le 18 janvier 2007, celui qui est maintenant candidat républicain à la présidence, Ron Paul, a très bien dit que le soutien aux soldats a pour but de « nous faire oublier l’échec de nos politiques, politiques promues par des intérêts spéciaux puissants qui profitent de la guerre. Tout est fait pour détourner le débat des véritables raisons de la guerre en Irak et cela n’est pas sur le point de se terminer. »

    Mais la guerre se termine parce qu’elle ne pouvait pas être gagnée du point de vue militaire, qu’elle était financièrement inabordable et politiquement indéfendable. « Le soutien aux troupes » continuera toutefois à servir de dérobade à ceux qui refusent toujours de discuter de la guerre en Irak d’un point de vue moral et légal. Pour eux, il est essentiel que le camouflage se poursuive, afin de ne pas priver les USA de l’occasion de pousser à d’autres guerres par choix chaque fois que cela leur conviendra.

    Dans une conférence de presse tenue peu après qu’Obama eut annoncé la fin de la guerre, Antony Blinken, conseiller à la sécurité nationale auprès du vice-président Joe Biden, a répondu à quelqu’un qui demandait si la guerre en valait la peine : « ce sera à l’histoire d’en juger ».

    Pourtant, les Irakiens n’ont pas besoin d’attendre les livres d’histoire états-uniens pour connaître l’ampleur de leur tragédie. L’enquête du Lancet avait déjà conclu que de mars 2003 à juin 2006, 601.027 Irakiens avaient connu une mort violente. Une étude du bureau de sondage Opinion Research Business révèle que de mars 2003 à août 2007, 1.033.000 Irakiens sont morts des suites du conflit. Lors d’une seule de ses révélations, WikiLeaks a dit que « les quelque 400.000 dossiers secrets US diffusés sur l’Irak ont montré qu’il y avait 15.000 décès de civils irakiens de plus qu’on ne l’avait pensé » (Reuters, 24 octobre 2010).

    Tout aussi important est le fait que la violence de ceux qui insistent pour partir en guerre afin de favoriser les intérêts US – plutôt que d’avoir recours à la diplomatie – est toujours profondément enracinée chez les élites étasuniennes. Depuis Washington, Jim Lobe écrivait « les principaux néoconservateurs et les autres faucons de droite qui ont prôné l’invasion US de l’Irak en 2003 réclament des frappes militaires contre l’Iran en représailles pour le prétendu contrat d’assassinat sur la personne de l’ambassadeur saoudien aux USA » (Asia Times, 19 octobre).

    Dans son blogue sur le site de Foreign Policy, Dalia Dassa Kaye écrivait le 21 octobre :« la rhétorique martiale de faucons invétérés était prévisible. Même le président Obama a laissé entendre que les USA n’écarteraient « aucune des options possibles », expression qui suppose que les options militaires sont envisageables. »

    Le battage en faveur d’un nouveau conflit s’est intensifié lors de la première visite que le secrétaire de la défense US, Léon Panetta, a faite en Irak le 1er juillet. Il a dit que son pays « agira unilatéralement » pour confronter ce qu’il a appelé les menaces iraniennes contre les intérêts US en Irak. Les USA étaient « très inquiets au sujet de l’Iran et des armes que celui-ci fournit aux extrémistes ici en Irak » a-t-il dit selon Al-Jazeera (11 juillet).

    Il ne sera pas facile de concilier les observations de Panetta avec l’annonce de la fin de la guerre faite par Obama dans laquelle il a dit que « les Irakiens ont pris l’entière responsabilité de la sécurité de leur pays » et que « la relation entre les USA et l’Irak sera celle de pays souverains, formant une association sur un pied d’égalité, fondée sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel ».

    Rien n’indique que les néoconservateurs changeront d’opinion. Leur appétit pour un conflit est partagé par les élites influentes de Washington qui continuent à diffuser effrontément que la guerre US a été bénéfique pour la société irakienne, malgré toutes les preuves contraires.

    USF-Iraq.com, site Web officiel des forces US en Irak, porte la déclaration ci-après sous le signet The New Face of Iraq (le nouveau visage de l’Irak) : « la nation irakienne a subi des changements politiques économiques et sociaux radicaux depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Des officiels élus sont maintenant au pouvoir et encadrent le développement constant de la sécurité, de l’infrastructure, de l’éducation et des finances. »

    Forts de cet apparent « succès », les néoconservateurs peuvent toujours plaider en faveur d’une autre intervention militaire ou d’une invasion à grande échelle chaque fois que l’occasion se présentera et que l’opération sera envisageable.

    « La marée de la guerre descend » dit Obama. Nous avons de gros doutes.

    Ramzy Baroud

  11. http://www.slate.fr
    article : En Grèce le pouvoir politique est aux mains de trois familles (Daniel Vernet

  12. concernant la Libye, même si je suis contre l’intervention – je viens de voir une petite video sur : Annibal Khadafi et sa femme libanaise –

    intéressant comme mentalité !!!

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